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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:31

Ou le niveau zéro de la compréhension du phénomène national
Par Collectif
Marxisme et nation

Repris sur Comité Valmy

NATURE ET FONCTIONNEMENT D’UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES

Contrairement à la vieille rengaine, l’Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l’être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d’imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.

 

Le paradigme imprescriptible sur lequel les trotskistes fondent leur doctrine politique est une négation pure et simple de l’existence matérielle de la nation. Pour eux, il n’existe au monde que des classes sociales sans aucune distinction résultant de leur histoire ou de leurs modes de vie.

 

Pour faire simple, on pourrait dire que, pour les gauchistes, le marxisme est une sorte de catéchisme dont ils dégagèrent très vite les textes apocryphes qui n’adhèrent pas à leur utilisation dogmatique. C’est en cela que toute l’expérience acquise par le mouvement communiste au XX siècle leur est tout à fait exotique, préférant le slogan et l’incantation stérile des masses qui les laisse propres de toute erreur ou des sales besognes inhérentes à l’exercice du pouvoir.

 

Ils se trouvent en cela incapables de comprendre que le marxisme est une science expérimentale dans laquelle, mêmes les fondateurs du matérialisme historique, Marx et Engels, peuvent se tromper, soit pour n’avoir pas étudié la question dans sa globalité, soit parce qu’ils ne pouvaient prévoir les bouleversements historiques ultérieurs. Ainsi, le paradigme imprescriptible sur lequel les trotskistes fondent leur doctrine politique, est une négation pure et simple de l’existence matérielle de la nation. Pour eux, il n’existe au monde que des classes sociales sans aucune distinction résultant de leur histoire ou de leurs modes de vie.

 

En conséquence, tout ce qui tend à rapprocher les membres d’une même classe à l’intérieur de la nation (des traditions, des combats communs) leur est parfaitement étranger. Dès lors, leur compréhension de la Révolution française reste fort limitée, incapables qu’ils sont de voir le progrès social qu’elle a engendré, malgré son caractère bourgeois et national.

 

Dans la même logique, s’il n’y a plus de nation, il ne peut y avoir de lutte nationale. Ils seront ainsi totalement incapables de comprendre la spécificité des guerres de décolonisation, comme la nécessité de la lutte contre la « construction » européenne. Les conséquences directes de ce point de vue sont connues, Lutte Ouvrière disant ne pas voir de différence entre l’exploitation par le capital au niveau français ou européen, appela à s’abstenir lors du référendum sur Maastricht, pesant lourd dans une balance qui ne pencha en faveur du Oui que pour seulement 54 000 voix [1].

 

De même, il n’est pas étonnant de trouver en la LCR l’un des meilleurs soutiens à « une autre constitution européenne plus sociale », relégitimant du même coup la machine à broyer les peuples.

 

Il est ainsi de bon ton, chez eux, de rabâcher la phrase bien connue de Marx : « Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur prendre ce qu’ils n’ont pas. » Cependant, ils oublient toujours la seconde partie de cette citation du Manifeste : « Comme le prolétariat doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie. » [2] En fin de compte, jamais les trotskistes ne seront capables de comprendre que le développement de l’internationalisme suppose au préalable ... l’existence des nations.

 

Notes
[1] A comparer avec les 600 000 voix obtenues par la candidature Laguiller en 1988 et les 1 600 000 voix obtenues en 1995.

[2] K. Marx, Manifeste du Parti communiste, Editions sociales, Paris 1976, p. 54.

Mise en ligne CV : mars 2009

Source :
Pour citer cet article, merci d’utiliser ces indications :
Collectif, Le « gauchisme » ou le niveau zéro de la compréhension du phénomène national, L’idéologie européenne (http://www.ideologie-europeenne.fr)
http://www.ideologie-europeenne.fr/Le-gauchisme-ou-le-niveau-zero-de.html

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 17:31

Par le Général (2S) Dominique DELAWARDE

(Ancien chef du bureau Situation-Renseignement-Guerre Électronique » de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle).
Repris sur Comité Valmy

L’étude des relations bilatérales de ces trois pays, pris deux à deux, est très intéressante car ces relations conditionnent et expliquent bon nombre d’événements géopolitiques majeurs qui agitent la planète aujourd’hui.

On connaît les excellentes relations USA Israël sans en connaître tous les ressorts, les relations très froides teintées d’hostilité entre les USA et la Russie sans en connaître non plus toutes les raisons, mais ce dont on a moins conscience, c’est que ces relations USA Russie découlent pour une large part des relations Israël Russie dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont, malgré les apparences, tout sauf cordiales.

Examinons donc ces relations très particulières Israël Russie et voyons comment elles conditionnent largement les relations USA Russie, et pourquoi, malgré la volonté affichée de Trump, ces relations USA Russie auront beaucoup de difficultés à s’améliorer.

I - RELATIONS RUSSIE-ISRAEL

Derrière les poignées de main et les sourires de circonstance lors des rencontres bilatérales entre Poutine et Netanyahu, la relation entre la Russie et Israël, ne peut pas être bonne pour au moins dix raisons.

 

1 – La Russie a reconnu, dès novembre 1988, l’état de Palestine dans ses frontières de 1967 à l’ONU en entraînant derrière elle tous ses alliés des BRICS et de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et de très nombreux états indécis (137 pays au total à ce jour).*

 

2 – La Russie milite inlassablement, avec ses alliés BRICS et OCS, pour la reconnaissance par le reste de la communauté internationale (56 pays) du droit des Palestiniens à un État. Ce point est régulièrement évoqué dans les déclarations finales des congrès annuels des BRICS.

 

3 – La Russie a toujours voté à l’ONU pour les palestiniens, contre l’état hébreux sur tous les projets de résolutions opposant les deux parties, et notamment sur la résolution 2334 du 23 décembre 2016 dans le vote unanime du conseil de sécurité de l’ONU (14 à 0, abstention US) condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée.

 

4 – La Russie est un allié fidèle et solide de la Syrie de Bachar el Assad, ennemi déclaré d’Israël. Son intervention militaire, en soutien des forces armées du seul gouvernement légal de Syrie, a entraîné l’échec d’un démembrement programmé de ce pays dont Israël espérait tirer profit (en annexant, entre autre, le Golan, château d’eau de la région).

 

5 – La Russie est un allié solide de l’Iran, principal ennemi déclaré d’Israël, auquel il livre de l’armement défensif (missiles S-300, commande iranienne de 9,3 milliards de $ d’armement en Novembre 2016 pour des chars T 90 et des avions).

 

Vladimir Poutine soutient aussi la candidature de Téhéran qui souhaite être membre à part entière de l’OCS (l’Iran en est « membre observateur » depuis plusieurs années). Une appartenance de l’Iran à l’OCS et les livraisons d’armes et de technologies russes pourraient rendre plus délicate, voire plus coûteuse, une intervention militaire préemptive du binôme israélo-arabe. Quant à la remise en place, contre l’Iran, de sanctions approuvées par l’ONU, elle est peu probable car la Russie, elle même objet de sanctions USA-UE, appliquerait son droit de veto et serait probablement suivie par la Chine).

 

6- La Russie entretient de bonnes, voire d’excellentes relations avec la Turquie et l’Irak, l’Égypte et la Libye, qui ne sont pas vraiment de grands amis d’Israël.

 

7 – La Russie a toujours condamné, avec ses alliés des BRICS et de l’OCS, la politique de colonisation, d’apartheid, de répression brutale et disproportionnée de l’état hébreu en Palestine, notamment à Gaza.

 

8 – La Russie a été, historiquement, terre de très forte présence juive et surtout terre de pogroms, notamment au XIXème et au début du XXème siècle. Une émigration récente et considérable des juifs de Russie (près d’un million depuis 1990) vers Israël ou vers les pays de la coalition occidentale a pu, à tort ou à raison, être perçue comme une forme de désertion par les autorités russes. Elle a considérablement réduit l’effectif et donc le poids politique de la communauté juive en Russie. En 1960 il y avait encore 2,3 millions de juifs en URSS (sur 212 millions d’habitants). Ils ne sont plus que 200 000 aujourd’hui dans la Russie de Poutine (sur 145 millions d’habitants).

 

9 – Pour assurer son pouvoir, Poutine a dû affronter une nomenklatura et une oligarchie ayant une très forte composante issue de la communauté juive (25% sur les 200 principaux oligarques, beaucoup plus sur la nomenklatura héritée de Eltsine). Pour éliminer ses principaux opposants membres de cette oligarchie, Poutine a dû frapper fort et faire des exemples (Berezovski, Goussinski, Mikhaïl Khodorkovski, Vladimir Yevtushenkov…..). S’agissant de la nomenklatura, il remplacé progressivement les proches de Eltsine par des hommes à lui à tous les postes clefs.
L’influence du Congrès juif de Russie s’en est trouvé, peu à peu, considérablement réduite.

 

10- Poutine sait depuis longtemps qui a monté, contre les intérêts russes, le coup d’État de Maidan en Ukraine alors qu’il préparait et tentait de réussir ses jeux olympiques de Sotchi. Il sait que Victoria Nulland, maître d’oeuvre US de ce coup d’état, est une néoconservatrice pure et dure d’ascendance ashkénaze. Il connaît les liens très étroits qui lient les néoconservateurs US à l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Commitee) et l’AIPAC à Israël. Il connaît ceux qui, au Congrès US, s’opposent aujourd’hui à toute amélioration des relations USA Russie, pourtant souhaitée par . Il sait l’influence qu’exerce Benjamin Netanyahu sur ces « néocons » du Congrès US.

 

Au total, le simple examen des faits ci dessus évoqués montre que la Russie de Poutine et l’État Hébreu de Benjamin Netanyahu ne peuvent être que des adversaires irréductibles.

Ces deux hommes qui ne respectent que la force et les chefs d’état forts qui leur ressemblent, ne peuvent que se respecter, voire s’estimer, tout en s’opposant farouchement et froidement l’un à l’autre.

Tous les moyens vont être utilisés par les deux partis pour isoler, affaiblir, neutraliser l’adversaire. S’agissant d’Israël ces moyens utilisés vont inclure l’action conjointe de tous les lobbies qui le soutiennent dans de grands pays (USA, France, GB, Canada, Australie, mais aussi Russie, Brésil, Argentine). Ces lobbies qui lui sont attachés sont particulièrement actifs dans la politique, les médias, les affaires et chez les people.

Le russian bashing dans les médias occidentaux et l’attaque systématique dans ces mêmes médias de tous ceux qui, de près ou de loin, soutiennent la Russie ou veulent simplement dialoguer avec, ou avec tout autre adversaire d’Israël, peuvent facilement se comprendre ainsi.

II - RELATIONS USA-ISRAEL

La relation « fusionnelle » entre les États Unis et Israël est mieux connue, plus ouverte, mais rares sont ceux qui en identifient tous les ressorts et connaissent la véritable ampleur de l’influence de l’état hébreu sur la politique étrangère US.

Il faut se souvenir que le vote de la résolution 181 des Nations Unies sur le plan de partage de la Palestine et la reconnaissance d’un État juif n’a été obtenu le 29 novembre 1947 qu’après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947. Les votes favorables n’étant pas suffisants en septembre et toujours pas le 25 novembre, le Yichouv représentant le mouvement sioniste en Palestine, a fait appel à la riche communauté juive américaine et en particulier à la « Zionist Organization of America (ZOA) » pour faire pression sur le gouvernement US afin qu’il incite certains états, en situation de dépendance, à changer leur vote.

Cet appel a porté ses fruits puisque 8 états (dont la France, fortement dépendante du plan Marshall) ont changé leur vote en 4 jours, entre le 25 et le 29 novembre 1947 permettant enfin la reconnaissance de l’état d’Israël. Notons, pour l’anecdote, que Staline, croyant que Ben Gourion allait faire du nouvel état un état communiste, a fait voter en faveur du plan de partage.

A la suite de cette première réussite dans l’instrumentalisation de la communauté juive américaine, l’état hébreu a compris tout l’intérêt d’organiser et de cultiver sa relation avec les États Unis, pays surpuissant, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto.

Dès 1951, l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Comittee), principal outil d’influence d’Israël sur le gouvernement des États-Unis, est créé. Il se donne six objectifs principaux :

 

• Faire du lobbying auprès du Congrès américain et de la Maison Blanche pour préserver les intérêts israéliens,

• S’assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l’ONU condamnant les actions israéliennes,

• Assurer une aide financière et militaire généreuse envers Israël,

• Préparer la future génération de leaders US pro Israéliens,

• Surveiller les votes et les propos des élus américains concernant les affaires liées de près ou de loin à Israël,

• Coordonner et orienter les donations des juifs américains pour les candidats aux élections, notamment présidentielles.

 

Il est important de noter que ce puissant lobby est riche, bipartisan et plutôt transparent.
Après plus de 65 ans d’existence, il est particulièrement efficace tant chez les Démocrates que chez les Républicains. Il ne cache pas grand-chose de ses objectifs et de ses méthodes.
C’est peut être, en partie, ce qui fait sa force.

Il est également important de noter qu’au travers des donations aux candidats aux élections, l’AIPAC « achète » évidemment le vote du parlementaire élu grâce à son aide, ou la position de politique étrangère du Président des États-Unis élu grâce aux donations de ses membres, ou des postes clefs de conseillers dans la haute administration US, notamment dans la politique étrangère, dans le secteur de la défense et dans le renseignement.

L’AIPAC peut évidemment compter sur une très forte majorité des médias qu’il contrôle et qui lui est dévouée et sur de nombreux « people » qu’il a contribué à promouvoir.

A noter que ce système qui fonctionne de manière ouverte aux USA, existe aussi, mais de manière plus occulte, dans certains autres pays de la « coalition occidentale ».

Pour compléter ce dispositif, le Mossad a mis en place, principalement aux USA mais aussi ailleurs, un dispositif très efficace facilitant le renseignement et l’action directe. Il s’agit du système unique des sayanims, individus de bon niveau et bien placés dans la société, membres de la diaspora et acceptant d’aider Israël. . Ce système est parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa courte conférence consultable sur You Tube : https://www.youtube.com/watch ?v=2FYAHjkTyKU Selon lui, ils seraient environ 15 000 aux USA.

Ce dispositif est également évoqué par Victor Ostrovsky, ancien agent du Mossad ayant fait défection, ou par Gordon Thomas, dans son livre : « l’histoire secrète du Mossad ».

Enfin l’AIPAC, outil d’influence d’Israël au coeur de la gouvernance US, est très lié à l’idéologie néoconservatrice. Ce lien apparaît clairement dans l’article de Laurent Guyenot de mars 2013.

Extrait : « Le néoconservatisme, qui est généralement perçu comme une droite républicaine extrême, est en réalité un mouvement intellectuel né à la fin des années 1960 au sein de la rédaction de la revue mensuelle Commentary, l’organe de presse de l’American Jewish Committee qui a remplacé le Contemporary Jewish Record en 1945.

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, écrit dans un article de 2006 : « S’il y a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux.

Et pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ». L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficience inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré. »

On peut effectivement constater que les principaux néoconservateurs américains qui ont fondé le PNAC ( Project for a New American Century ) en 1997, et rédigé son texte de référence « Rebuilding America’s Defenses » en 2000, sont d’ascendance juive Krauthammer, Kristol, Podhoretz, Perle, Kagan, Horowitz, Wolfowitz, etc.)

Depuis septembre 2001, ce sont bien les néoconservateurs qui ont initié la politique d’ingérence US tous azimuts et tous prétextes de Bush (Irak, Afghanistan), et qui ont continué, à un moindre degré sous Obama, à influencer la politique étrangère (printemps arabes, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine). Si le PNAC est bien mort en 2006 suite au conflit irakien, l’idéologie néoconservatrice, elle, imprègne encore les esprits dans la politique et la haute administration US.

Obama n’a réussi à échapper à cette influence « néoconservatrice-AIPAC » qu’à troisoccasions, lors de son second mandat, alors qu’il ne cherchait plus la réélection :


le refus d’appliquer des frappes sur les forces du régime syrien du 30 août 2013,

l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015,

l’abstention US lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée du 23 décembre 2016.

L’influence incontournable et la puissance de l’AIPAC se sont clairement exprimées lorsque Benjamin Netanyahu a pu se faire inviter par le président du Congrès US à prononcer un discours, devant les parlementaires, le 3 mars 2015, contre la volonté du Président Obama, ce qu’aucun autre chef d’état au monde n’est capable de faire, et ce qu’il a probablement payé le 23décembre 2016.

Quid de la relation entre l’AIPAC et Trump aujourd’hui ?

Le 21 Mars 2016, Hillary Clinton et Trump ont effectué leur « grand oral » à la conférence annuelle de l’AIPAC. Le flamboyant Trump a fait un tabac auprès des congressistes mais pourtant, c’est la prévisible et plus « docile » Hillary qui a été adoubée par la direction de l’AIPAC au grand dam de ses militants.

Notons au passage un élément important de ce choix : H. Clinton affichait son hostilité, voire une véritable agressivité à l’égard de la Russie tandis que Trump proclamait qu’il fallait s’entendre avec les russes et coopérer avec eux dans la lutte contre le terrorisme.

La position de Trump sur la Russie ne pouvait qu’indisposer l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, adversaire de la Russie, et les néoconservateurs (liés à l’AIPAC), partisan d’une suprématie sans partage des USA et donc d’une lutte sans merci contre tout « challenger » pouvant contester leur monopole de superpuissance.

Conformément aux objectifs qu’il s’est fixé, l’AIPAC a orienté les donateurs vers les deux candidats, en privilégiant très fortement H. Clinton. Dans les dix derniers jours de campagne, anticipant une possible victoire de Trump, l’AIPAC a fait un petit effort en sa faveur pour faire valoir son image bipartisane et surtout pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Bien lui en a pris.

Plusieurs journaux de l’état hébreu tel Haaretz, le Jerusalem Post, JSS News, se sont réjouis du niveau des donations de la communauté juive américaine aux deux candidats : Selon JSS News et le Jérusalem Post, 50% des donateurs de Clinton et 25% des donateurs de Trump étaient juifs.
Selon Haaretz qui nous a livré leurs noms, les 5 plus gros donateurs de Clinton étaient également juifs. Cela donne une idée du niveau de l’investissement de l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, dans la campagne présidentielle US. Cela donne aussi une idée du niveau des retours sur investissement attendus par l’AIPAC.

Quels ont été ces retours jusqu’à présent ? Ils semblent à la hauteur de l’investissement mais sans plus. Il y a :


La promesse de campagne de transférer l’ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem, dont nul ne sait si Trump la tiendra,

Le projet de décret présidentiel contre l’ONU qui a osé défier Israël par une condamnation de la politique d’implantation en Palestine occupée, à l’unanimité du conseil de sécurité (14 à 0, abstention US). Nul ne sait encore si Trump va signer ce décret.,

La nomination comme ambassadeur en Israël de David Friedman, soutien de la colonisation israélienne en Cisjordanie et adversaire déclaré d’une solution à deux Etats,

La nomination comme conseiller spécial sur les affaires du Proche et Moyen orient de Jared Kushner, 36 ans, gendre de Trump et mari d’Ivanka, juif orthodoxe, soutien assumé d’IDF (Israeli Defense Forces), sayan dont l’impartialité sur le problème israélo-palestinien est loin d’être évidente.

La nomination de quelques membres du cabinet : Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, Gary Cohn, directeur au budget entre autres.

Mais Trump a également mis en place de puissants contre-pouvoirs en nommant Steve Bannon, haut conseiller à la stratégie. Directeur de campagne de Trump mais trop indépendant de l’AIPAC, Bannon dérange au point qu’une campagne est organisée contre lui pour obtenir son départ. Il est qualifié de raciste, de suppôt de l’extrême droite et d’antisémite par ses opposants dont il n’est pas très compliqué de savoir qui les instrumentalise en sous-main.

Trump a également nommé au département d’État (ministère des affaires étrangères) Rex W Tillerson, un proche de Vladimir Poutine, décoré par lui de l’ordre russe de l’amitié en 2013. Ceci ne fait les affaires ni de l’AIPAC, ni d’Israël. Lors de son audition par la commission des affaires étrangères, Tillerson a dû simuler une prise de distance suffisante avec la Russie pour pouvoir obtenir sa confirmation mais il a du aussi promettre de prendre Elliot Abrams, candidat de l’AIPAC, comme adjoint.

Sur le conseil de Steve Bannon, Trump a refusé d’attribuer le poste d’adjoint de Tillerson à Elliot Abrams, néoconservateur pur et dur, gendre de Norman Podhoretz, gourou de l’idéologie néoconservatrice et membre éminent du lobby pro-israélien. C’est un échec de l’AIPAC qui tentait d’infiltrer l’un des siens au plus haut niveau de la politique étrangère US. Les choses sont parfaitement claires : Trump et Bannon ne veulent pas d’une politique étrangère inspirée par les néocons et par l’AIPAC.

Enfin Trump a nommé à des poste clefs 4 généraux (un record) qui ne semblent pas avoir de liens avec l’AIPAC. Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale ; Mattis, secrétaire à la Défense ; Kelly, secrétaire à la sécurité du territoire ; Zinke, secrétaire à l’intérieur.

Lors de la période de transition et alors que Trump était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump sa vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US.

Ceux qui souhaitent creuser le sujet des relations USA-Israël peuvent se référer à l’excellent ouvrage de John Mearsheimer et Stephen Walt, deux universitaires de très haut niveau en science politique des l’universités de Chicago et d’Harvard : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine ». (Résumé en français sur :
http://republique-des-lettres.fr/10050-mearsheimer-walt.php

Les deux universitaires ont évidemment perdu leur poste et leur carrière (la liberté d’expression a des limites aux USA et les vérités ne sont pas toutes bonnes à dire), mais cela donne de la crédibilité à l’ouvrage qui est intéressant et très argumenté.

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, examinons maintenant où en sont les relations USA Russie et leur possible évolution.

III- RELATIONS USA-RUSSIE.

Sous l’influence des néoconservateurs US, démocrates et républicains, liés à l’AIPAC, et avec l’appui quasi unanime des médias états-uniens dont on sait qui les contrôle, le Russian Bashing (dénigrement systématique de la Russie), est devenu très à la mode Outre-Atlantique. Dans ces conditions, les relations USA-Russie ne peuvent être bonnes et auront bien du mal à s’améliorer.

Il y a, bien sûr, l’héritage lointain de la guerre froide dont on laisse entendre aux populationsoccidentale qu’elle est de retour en raison de la volonté et des actions du « dictateur ( ?) » Poutine ;

Il y a « ce méchant Poutine, allié de Bachar, qui ne combat pas DAESH ???, mais qui massacre les pauvres « terroristes modérés » qui veulent promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Syrie » ; « Ce méchant Poutine qui écrase ALEP sous les bombes, et qu’il faudrait juger au TPO (Tribunal Pénal Occidental) pour crime de guerre et crime contre l’humanité ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui agresse la pauvre Ukraine et annexe la Crimée (on n’ose pas ajouter contre la volonté de sa population) » ; et qui soutient les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk contre le gouvernement légitime ( ?), issu du coup d’état de Maidan ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui provoque l’OTAN et menace l’occident tout entier par ses actions en Ukraine et au Proche orient ; » et qui ose faire transiter sa flotte par la Manche.

Il y a aussi« ce méchant Poutine qui vient perturber les élections US en favorisant l’élection de Trump » et qui, avec Wikileaks et Julien Assange complote contre les États-Unis ; »

Il y a, encore et toujours, « ce méchant Poutine, qui envoie 100 hooligans, super entraînés au combat, rosser 2 000 supporters (et hooligans) anglais lors de la coupe du monde de football ; »

Il y a ce méchant Poutine qui dope ses athlètes et dont le pays doit être interdit de JO, alors que nous, gentils occidentaux, ne dopons jamais nos sportifs (sauf exceptionnellement tout de même : Lance Armstrong et beaucoup d’autres).

Il y a enfin « ce méchant Poutine qui, à l’ONU, met son veto, avec la Chine, à toutes les excellentes résolutions que nous proposons pour favoriser la paix dans le monde et l’instauration de la démocratie ; »

Il y a même, pour les météorologues, ces vagues de froid désagréables qui nous viennent de Sibérie, pays du méchant Poutine.

Depuis que Trump a exprimé sa volonté d’améliorer la relation USA-Russie ..., l’hystérie russophobe a véritablement explosé dans tous les milieux sous forte influence AIPAC (camp démocrate, néocons, médias, sayanims, people).

Qu’on en ait eu conscience ou non, Israël a certainement indiqué sa préférence à la direction de l’AIPAC, son relais aux États-Unis, pour qu’il soutienne prioritairement la russophobe Clinton dans l’élection présidentielle. L’AIPAC l’a fait de manière très officielle en mars 2016. Si Tel Aviv ne l’avait pas voulu, il ne l’aurait pas fait.

Aujourd’hui, Israël n’a pas changé d’avis. Trump, le russophile, élu malgré tous les efforts consentis pour le faire battre, avec 95% des médias contre lui, un budget de campagne de 800millions de $, très inférieur à celui de Clinton (1,3 milliard de $) n’est pas le Président espéré parTel Aviv et il faut donc le mettre dans une situation telle qu’il ne puisse pas réaliser un rapprochement avec la Russie, préjudiciable aux intérêts israéliens.

Soutenus par l’AIPAC, les néoconservateurs et les sayanims de tous les secteurs, les médias et les people sont à la manoeuvre. Le milliardaire SOROS, 87 ans, d’ascendance ashkénaze, bien connu pour avoir financé toutes les « révolutions colorées » dans le monde, expert de classe mondiale dans la création du chaos, fervent soutien et second principal donateur de la campagned’Hillary, dirige la dissidence en finançant très ouvertement les manifestations anti-Trump dans quelques grandes villes à forte majorité démocrate. Ces manifestations sont évidemment relayées et leur ampleur fortement exagérée par des médias complices, y compris en Europe.

Du côté du Congrès, Netanyahu et l’AIPAC comptent aussi sur l’appui de leurs nombreux soutiens néocons démocrates mais aussi républicains.

Dans le propre camp du Président élu, le sénateur Mc Cain, président de la commission de la défense, et le sénateur Lindsay Graham, président de la commission des affaires étrangères, ont déjà déclaré leur opposition déterminée à toute levée par Trump des sanctions contre la Russie.
Ils ont même menacé Trump de passer par la voie législative pour interdire tout rapprochement jugé contraire aux intérêts des États Unis et à la sécurité nationale.

Les jeunes sénateurs Rubio et Cruz, anciens concurrents de Trump à la primaire républicaine, qui souhaitent évidemment poursuivre une brillante carrière politique, se sont prononcés, eux aussi, contre tout rapprochement avec « l’ennemi » Russe.

Dans de telles conditions, Trump aura du mal à faire valoir son point de vue et à tenir ses promesses de campagne. Il rencontrera beaucoup d’obstacles sur le chemin de la normalisation des relations avec la Russie. Il n’a pas la majorité au Congrès sur tous les sujets si l’on tient compte des parlementaires néocons de son propre camp qui travaillent directement pour l’état hébreu.

Pour conclure, sur les relations USA-Israël, le seul homme qui dispose vraiment de la majorité absolue au Congrès US aujourd’hui est bien Benjamin Netanyahu.

Mais Trump est un homme fort, déterminé et malin qui sait parler au peuple américain.
Contre toute attente, il a gagné les primaires républicaine. Contre toute attente, contre 95% des médias et des instituts de sondage, et avec moitié moins de dépenses que son adversaire, il a gagné la présidentielle. Il ne renoncera peut être pas à la normalisation des relations avec la Russie. Son Secrétaire d’État Tillerson est populaire. Il peut, à petit pas, y parvenir en obtenant, par exemple, un nouvel accord sur le désarmement.

En conclusion, on peut vraiment se demander si l’action bipartisane et combinée de l’AIPAC,des néoconservateurs et des sayanims US, tous étroitement unis dans la défense des intérêts de l’état hébreu, ne décide pas souvent de la politique étrangère des États Unis et donc de la paix ou de la guerre dans telle ou telle partie du monde.

Il est aussi fascinant de constater qu’Israël, petit État de 22 000 km² (2 fois le département de la Gironde), peuplé de 8,6 millions d’habitants (30% de moins que l’Île De France) puisse exercer une telle influence au niveau planétaire.

Ce système « pro-Israël » qui fonctionne parfaitement aux États Unis existe-t-il à l’identique dans d’autres pays ? La réponse est oui.

Un tel système existe, mais plus opaque, dans une bonne dizaine de pays au moins, parmi lesquels la France, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie mais aussi le Brésil, l’Argentine et même la Russie où il est, aujourd’hui, maîtrisé par Poutine.

En France, il existe bien un lobby dont l’influence a été évoquée par François Mitterand. Il existe bien des néocons qui influencent les décisions de politique étrangère et de défense. Le journaliste d’investigation Vincent Jauvert en a débusqué tout un groupe qui contrôlerait le Quai d’Orsay et serait gentiment surnommé par leurs collègues : « la secte ».

Quant aux sayanims, ils seraient environ 2000 en France selon Jacob Cohen. On les trouve évidemment dans le gouvernement et la haute administration, au parlement (60 députés francoisraéliens), aux Affaires Étrangères, à la Défense, dans le renseignement, dans la presse, dans l’audiovisuel, à la culture, dans les affaires et chez les people.

Ceci explique que notre politique étrangère soit strictement alignée sur celle des USA depuis 2007. Ceci explique aussi que notre presse se soit strictement alignée sur la presse US pour porter la candidature d’Hillary, la russophobe, contre Trump le russophile. Ceci explique enfin pourquoi nos médias poursuivent le dénigrement systématique de Trump avec leurs partenaires US.

On peut aussi se demander si le « système » décrit ci dessus, en essayant de promouvoir, pour les prochaines présidentielles française, un candidat à sa botte, ne fait pas payer à Mr François Fillon sa volonté affichée de dialogue avec Poutine et Bachar el Assad, deux adversaires d’Israël.

Le simple examen des noms, des CV et des entreprises des patrons des médias les plus agressifs envers Mr Fillon est, en effet, assez révélateur.

Il y a le groupe Le Monde avec Louis Dreyfus, Pierre Berge, et Niel (Le Monde, La Vie, Le Huffington Post, Le courrier international, le Nouvel observateur, rue 89, …etc….)

Mais il y a surtout les médias du franco-israélien DRAHI, sayan émérite, qui a reçu le prix Scopus de l’université hébraïque de Jérusalem le 18 mars 2015 : (L’Express, L’Expansion, L’Étudiant, Libération, BFMTV, RMC, I24 …etc... ),

Le nombre et la notoriété des titres coalisés autour de la candidature de Mr Macron, donc contre celle de François Fillon, sont impressionnants. Le bon peuple sera-t-il dupe ? Rien n’est moins sûr.

A noter, pour l’anecdote, quatre faits incontestables :

1 - Mr Macron, ministre des finances, a aidé Mr Drahi, en lui accordant un feu vert de Bercy le 28 octobre 2014 pour racheter SFR. Ce feu vert avait été refusé par son prédécesseur parce qu’il posait des problèmes importants de surendettement, de fiscalité, et de concurrence. Mr Montebourg, ministre précédant Mr Macron, disait de Mr Drahi : « Il a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey, dans un paradis fiscal, et lui-même est résident suisse ».

2 – L’empire Drahi a aujourd’hui une dette colossale de 50 milliards d’euros, plus élevée que celle de Madoff au moment de sa faillite. Il va avoir besoin de soutien dans les années à venir , pour sortir du surendettement dans lequel il se trouve, d’autant que la valeur de ses actifs ne cessent de chuter en bourse. A moins que l’épilogue de cette aventure Drahi ne ressemble à celle des affaires Stavisky ou Madoff.

3 – Le banquier de Mr Drahi, Bernard Mourad, ancien de la banque Morgan Stanley, devenu patron de Altice média (du Groupe Drahi), a démissionné de ses fonction en Octobre 2016 pour devenir conseiller spécial d’Emmanuel Macron.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/bernard-mourad-ancien-banquier-de-patrickdrahi-rejoint-emmanuel-macron_5008158_823448.html

4 – L’empire médiatique de Drahi soutient aujourd’hui avec une énergie farouche la candidature de Mr Macron en tentant d’écraser Mr Fillon. Il ne s’agit peut être que de coïncidence, mais cela ressemble furieusement à un renvoi d’ascenseur pour le feu vert d’octobre 2014 et à nouvel investissement de l’empire Drahi pour les années à venir. Une campagne électorale coûte cher. Qui donc finance celle de Mr Macron ?

Les médias de Drahi et de Bergé décideront-ils, à eux seuls, de l’issue du scrutin d’avril prochain , en « travaillant » quotidiennement au corps les électeurs français ?

Les français auront-ils un sursaut de lucidité en rejetant cette forte incitation médiatique à voter selon le plan des Drahi, Bergé et consorts, et en faisant mentir les sondages comme ils l’ont fait en novembre et janvier dernier ?

L’avenir nous le dira.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 17:42

Par Karine Bechet-Golovko source   https://russiepolitics

 

 

Les actualités regorgent des exploits de la Russie. Elle fait élire Trump, elle s'apprête à envahir l'Europe, elle fausse les élections en France, elle sauve le tyran Assad, elle soutient les "séparatistes" ukrainiens. Que ne fait-elle encore? Il serait certainement plus rapide d'énumérer les évènements marquants qui ne sont pas le fait de la Russie. Autrement dit, à en croire les politiciens occidentaux, nous sommes entrés dans l'ère d'une gouvernance russe globale. J'ai bien compris? Ce qui, en effet, justifie le renforcement de l'OTAN et des Etats Unis en Europe. J'ai toujours bien compris?

 

Nous apprenons avec beaucoup d'inquiétude que la Russie, après avoir retourné l'équipe de Trump (continuant pourtant la même politique à l'égard de la Russie) et fait perdre H. Clinton, va s'occuper des élections françaises. Ceci est une conclusion très sérieuse de la non moins sérieuse DGSE. D'autant plus que la Russie aurait déjà sévit contre ce divin E. Macron en piratant son site En Marche. Et tout cela pourquoi? Pour faire élire M. Le Pen, what else? Car bien évidemment, les élections ne se gagnent pas avec les voix populaires. Comme toujours, c'est le Canard national qui révèle l'info. Il est très actif en politique cette année, mais peu importe, il remplit sa fonction, qui n'a rien de journalistique. Bref, la Russie constitue une menace en matière de cyberterrorisme.

 

Mais pas uniquement, car bien entendu les pays de l'Est, entrés dans l'UE faute de pouvoir ajouter une étoile au drapeau américain, et pour leur plus grand malheur restant toujours "à l'Est" (la géographie politique a ses limites que la raison reconnaît encore), se font l'écho d'une prochaine invasion russe. Si, si ... les chars arrivent. En l'occurrence, ils sont américains. Mais c'est une chance, c'est l'Atlantic resolve. L'on attend 3500 soldats américains, 87 chars et 550 blindés. Les premiers chars sont arrivés en Pologne et en Bulgarie et les pays baltes sont impatients de recevoir leurs unités de réactions rapides, qui permettent une intervention en 24h vers les frontières russes, évidemment, en cas d'attaque. Bon, pour l'instant, cela reste très théorique, car il faut encore y construire les infrastructures, qui sont inadaptées aux structures de l'OTAN. Et vue la faible importance du contingent, heureusement pour ces pays que la menace est toute virtuelle. En revanche, l'agression politique est bien réelle, mais de celle-là nous garderons un pieux silence, car la Russie est bien sûr responsable d'avoir rapproché ses frontières des bases de l'OTAN. Il ne s'agit donc pas d'une agression, mais d'une défense. Ouf, l'honneur est sauf.

 

Les Etats Unis, eux, se sont bien organisés. La Lituanie et l'Estonie, qui après tant d'années en vain dans l'Alliance viennent enfin de trouver leur place, ont signé avec les Etats Unis les accords SOFA sur le statut des troupes américaines dans ces pays. Ces accords prévoient l'exclusivité de juridiction américaine pour tout ce qui concerne ses soldats. Seuls les crimes graves pourront, peut-être, ressortir de la compétence des juridictions nationales. Les pays qui abritent des troupes américaines depuis longtemps, comme le Japon, savent ce dont ils sont capables au quotidien, dans un pays occupé.

 

Dans tous les cas, les pays de l'Est sont heureux et soulagés. Heureux de trouver une protection contre cette mystérieuse et incontournable "menace russe". Ce qui permet à J. Mattis, le nouveau secrétaire à la défense US, de mettre les points sur les i: si vous voulez notre protection, il faudra jouer selon nos règles, les temps ont changé:

L'Alliance reste un socle fondamental pour les États-Unis. (...) l'Amérique va assumer ses responsabilités, mais si vos nations ne veulent pas voir l'Amérique modérer son engagement envers cette Alliance, chacune de vos capitales doit montrer son soutien à notre défense commune. (...) Les Américains ne peuvent pas se soucier davantage de la sécurité future de vos enfants que vous ne le faites vous-mêmes.

Tout a un prix, les prostituées paient bien leur part à leur protecteur, ici, il s'agit de 2% du budget national. Sinon, les pays de l'Alliance peuvent toujours changer de souteneur ou bien s'autonomiser, ce dont ils ont une peur panique. Aujourd'hui les autres 27 membres sont rassurés, le chef a envoyé son représentant, tout restera comme avant, il faudra juste payer un peu plus cher. Qu'à cela ne tienne, l'indépendance serait par trop dangereuse. Surtout face à cette "menace russe".

 

Mais au fait, quelle est cette "menace russe"? Est-ce le risque pour ce Système, dont la plus grande force est son absence totale de morale, de montrer son visage inique? La rupture réelle qui existe et s'agrandit entre les aspirations des populations et les choix idéologiques des groupes dirigeants? Est-ce le fait que nos sociétés ne sont gouvernées que par une minorité à laquelle il faut donner le masque de la supériorité pour justifier sa position?

 

Quelle est cette "menace russe"? L'excuse sans laquelle il ne serait plus possible de justifier les politiques anti-sociales, les politiques liberticides, les tendances totalitaires - dans le sens où ces sociétés veulent créer un homme nouveau, sans racines, sans passé, qui vit ici et maintenant, donc un être sans avenir?

 

Quelle est la "menace russe"? Sinon la peur que le Système (1) a de lui-même, de son inconsistance et de sa vacuité.

 

Addendum :

1 Système de prédation occidental. En fait le capitalisme qui entend asservir l’ensemble des peuples de la planète à ses appétits de lucre par le mensonge, le sophisme jusqu’à la force des armes et des moyens de destruction les plus massifs. C’est le pouvoir de quelques nantis d’imposer leur volonté, aidés de leurs valets conscients ou inconscients, au détriment du plus grand nombre : C’est cela la règle d’or de la démocratie bourgeoise dont les représentants se font élire sur la base de promesses jamais tenues.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 10:49

Conférence de presse du Dr Bachar al-Jaafari, représentant permanent de la République Arabe Syrienne à L’ONU, suite à la réunion d’Astana 2 :

Reprise sur réseau international

 

Merci à vous tous, je m’exprimerai en arabe, mais je pense que vous aurez la traduction simultanée

Notre évaluation du processus d’Astana est positive tant qu’il sert le noble but pour lequel nous sommes venus jusqu’ici. Et c’est essentiellement :

 

  • la consolidation effective de l’accord de cessation des hostilités,
  • le suivi de la séparation des groupes armés ayant signé cet accord de ceux qui ont refusé de le signer, c’est-à-dire la séparation entre ceux qui croient en une solution politique et les terroristes,
  • pour qu’ensuite, tous les signataires, y compris les trois États garants et les groupes terroristes ayant consenti à signer cet accord, soient obligatoirement engagés à combattre le terrorisme et à soutenir les efforts de l’Armée arabe syrienne, de ses amis et de ses alliés.
  •  

À notre avis, Astana 2 a préparé la voie au prochain congrès de Genève, lequel devra tenir compte des résultats d’aujourd’hui et de la réunion d’Astana 1 [23 et 24 janvier 2017] , de telle sorte que les travaux de ces deux réunions soient au cœur de ce qui sera discuté à Genève, car nous ne pouvons pas éternellement repartir de zéro en faisant mine d’oublier tous les acquis des réunions précédentes.

 

Nos rencontres avec les amis russes et les frères iraniens ont été fructueuses et ont largement contribué à la tenue de la réunion d’aujourd’hui. Nous remercions nos amis kazakhstanais des efforts consentis pour sa préparation.

 

La Syrie, soucieuse d’arrêter l’effusion du sang syrien, s’est engagée à respecter les dispositions de l’accord de cessation des hostilités, mais se réserve le droit de riposter à toute violation de ces dispositions par les groupes terroristes armés. Toute personne qui les violerait sera considérée comme une cible terroriste et légitimement combattue par l’Armée arabe syrienne, ses amis et ses alliés.

 

Mon pays poursuivra ses efforts afin de libérer chaque pouce de son territoire de l’emprise des organisations terroristes notoirement connues, c’est-à-dire Daech, le Front al-Nosra et dérivées, ainsi que celles qui ne se seront pas engagées dans le processus de cessation des hostilités.

 

Je voudrais souligner que la non publication d’un communiqué final est essentiellement due à l’arrivée très tardive de la délégation turque et de la délégation des groupes terroristes armés. Comme vous le savez, elles ne sont arrivées qu’aujourd’hui [non la veille comme prévu], ce qui indique non seulement leur manque de sérieux, mais aussi leur volonté évidente de mettre obstacle à cette réunion et de la faire échouer ; d’autant plus que la délégation turque est arrivée réduite à un niveau de représentativité incompatible avec les prétentions d’un État garant de l’accord tripartite [Russie-Iran-Turquie] et s’est opposée au projet du communiqué final de la réunion d’aujourd’hui.

 

Ici, nous tenons à rendre justice au pays hôte, le Kazakhstan, et aux deux délégations amies russe et iranienne pour avoir réussi à cerner et à contenir ces manœuvres cherchant à bloquer le processus d’Astana et à gaspiller tous les efforts déployés depuis Astana 1, pour nous ramener à zéro. Ceci en ce qui concerne la forme adoptée par la délégation turque, qui a donc lamentablement échoué.

 

Quant au fond, je veux dire que la Turquie est responsable des violations de la souveraineté syrienne. Comme vous le savez tous, le gouvernement turc est censé contrôler une frontière commune de 910 Kms. Il ne le fait toujours pas et continue à faciliter l’entrée de dizaines de milliers de mercenaires étrangers, venus des quatre coins de la planète, dans mon pays. Par conséquent, s’il se prétend garant du processus d’Astana, il doit obligatoirement fermer sa frontière au déferlement de terroristes en Syrie. Il ne peut pas jouer le rôle d’un pyromane et d’un pompier à la fois. Et, actuellement, il joue le rôle de pyromane.

 

La Turquie doit aussi retirer ses forces d’invasion de notre territoire et respecter le communiqué d’Astana 1 « se fondant sur le principe du plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne », comme vous le savez.

 

Voici, globalement, ce que je souhaitais porter à l’attention des médias quant à l’évaluation des travaux d’Astana 2 par la délégation syrienne. Maintenant, je répondrai seulement à quelques questions.

________________________________________________

Question 1 : Un tel comportement de la part des délégations de la Turquie et des factions armées, n’embarrasse-t-il pas les deux autres États garants ? Et dans ce cas, qu’attendent-ils de la prochaine réunion à Genève ?

Bachar al-Jaafari : Évidemment que l’arrivée si tardive de la délégation turque à Astana, sa représentativité réduite et son refus d’adhérer au projet du communiqué final sont embarrassants pour les autres États garants et le pays hôte. Quant à la deuxième partie de votre question, il serait plus opportun de la poser aux trois États garants.

 

Question 2 : Il a été question d’intégrer d’autres régions peuplées au processus de cessation des hostilités. En avez-vous discuté ?

Bachar al-Jaafari : Non, ce sujet n’a pas été discuté. Il sera étudié par les experts militaires.

 

Question 3 : Nombre de fuites parlent de désaccords sur le projet de Constitution et sur d’autres sujets. Pourquoi cette évaluation positive de votre part ? Et s’il existe des points de désaccord, quels sont-ils ?

Bachar al-Jaafari : Je répète que notre évaluation du processus d’Astana est positive. Il est fondé sur l’initiative du président Vladimir Poutine et du président Noursoultan Nazarbaïev, que nous remercions. Il repose, comme je viens de le dire, sur des principes acceptés par le gouvernement syrien : la lutte contre le terrorisme ; la séparation des groupes terroristes armés des groupes armés ayant signé l’accord de cessation des hostilités ; le combat commun contre le terrorisme ; la fermeture des frontières.

Autant de principes censés être respectés par les signataires, car ils constituent l’essence même d’Astana 1. Nous aurons sans doute besoin de patience pour voir la partie turque les mettre en pratique, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. En l’occurrence, s’il y a du « négatif », c’est précisément le comportement turc.

 

Question 4 : Les trois États garants se sont entendus sur la formation d’un groupe de travail chargé de surveiller le cessez-le-feu. Comment cela devrait-il être appliqué sur le terrain ? Et sur ce sujet précis, qu’attendez-vous des factions armées dont les représentants ont participé aux réunions d’Astana ?

Bachar al-Jaafari : Premièrement, le document en rapport avec l’ensemble des opérations communes, auquel vous faites allusion, a été publié au nom des trois États garants et non au nom de l’ensemble des participants. C’est une précision que vous devez prendre en considération. Deuxièmement, ce document a certes fait l’objet de discussions entre les participants. Damas l’étudiera et donnera son avis ultérieurement.

 

Question 5 : [Question inaudible concernant le projet de Constitution russe pour la Syrie…]

Bachar al-Jaafari : Ce sujet de Constitution syrienne n’a absolument pas été discuté à cette réunion Astana 2. C’est un sujet exclusivement syrien qui ne supporte aucune ingérence étrangère.

 

Question 6 : Le chef de la délégation iranienne a parlé d’un accord sur un document et de désaccord sur deux autres, lesquels devront être discutés lors de futures réunions d’ici un mois. Pourriez-vous nous éclairer sur quoi portent ces désaccords et sur votre évaluation du rôle de la Jordanie qui a participé en tant qu’observateur ?

Bachar al-Jaafari : Un seul document a été soumis à discussion entre les trois États garants, les deux autres sont remis aux réunions prochaines à Astana.

Quant à la Jordanie, nous avons naturellement beaucoup, beaucoup de reproches concernant sa politique envers notre pays. Par son accueil de la salle d’opération MOK [de Military Operation Center au royaume de Jordanie, NdT] à Amman [*], comme par les facilités accordées aux mouvements terroristes à travers notre frontière commune, elle porte atteinte aux relations de bon voisinage, de fraternité et d’appartenance qui unissent nos deux pays.

Depuis quatre jours, huit factions terroristes mènent des attaques contre la ville de Daraa. Ces huit factions bénéficient toutes du soutien de la Jordanie. Elles ont lancé des milliers d’obus sur nos concitoyens innocents. C’est pourquoi nous attendons que les paroles de ses représentants soient conformes à ses actes sur le terrain. Les paroles mielleuses ne suffisent pas.

La Jordanie a été et reste une importante source de douleur et de perturbations pour notre peuple. Peut-être que sa participation à la réunion d’Astana en tant qu’observateur, comme je l’ai compris, contribuera à ce que Amman révise sa politique erronée à l’égard de la Syrie.

Merci Mesdames et Messieurs.

Dr Bachar al-Jaafari

Chef de la délégation de la République arabe syrienne à Astana

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo Al-Akhbariya (Syrie)

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1337467149609634/

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Published by jack Freychet
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:42

Par Gearóid Ó Colmáin repris sur Comité Valmy

 

 

 

 

 

 

Trump et la question du fascisme

Les élites européennes n’apprécient pas la victoire de Donald Trump. Les « gauchistes » universitaires pleins de suffisance en sont tout aussi malheureux. Le faux journal de gauche français Libération a dénommé le Président élu Trump « American Psycho » . Ils sont terriblement déçus que le politiquement correct puisse devenir passé de mode. Leurs sophistes professionnels ont été rameutés pour clarifier les choses. La liberté d’expression, écrivent-ils, n’est pas la liberté d’exprimer votre pensée mais le devoir de respecter les pensées des autres que soi : ainsi, je ne peux dire que ce qui plaira aux autres, ce qui n’offensera ou ne blessera personne. Nous sommes tout au fond de la poubelle intellectuelle libérale. Les lecteurs de Bret Easton Ellis seront surpris du choix d’ « American Psycho » pour décrire Trump. Dans le roman d’Ellis, Patrick Bateman est un banquier psychopathe de Wall Street dont le passe-temps est le meurtre – ça ressemble davantage à Hillary Clinton qu’à Donald Trump ! En ces temps de ténèbres, se diffuse la sensation étrange du pressentiment de Macbeth : « Rien n’est, que ce qu’il n’est pas. »

 

Le site web faussement de gauche financé par la haute finance Democracy Now ! déplore et se lamente également de la victoire de Trump. Ils ont publié la Une suivante : « Du premier président afro-américain à un président soutenu par le Klu Klux Klan : Trump l’emporte par surprise ». Democracy Now ! fait référence à David Duke, un « nationaliste blanc » qui fut naguère Grand Sorcier [Grand Wizard, NdT] du Klu Klux Klan. Il existe une différence fondamentale entre David Duke et Amy Goodman, l’animatrice de Democracy Now !. Duke a quitté le KKK il y a de nombreuses années et affirme ne plus les soutenir. Amy Goodman affirme s’opposer au KKK. Toutefois, quand des terroristes appuyés par la CIA ont pris le contrôle de la Libye en 2011, lynchant et décapitant publiquement des Libyens noirs, Amy Goodman soutenait la « révolution » raciste tandis que Duke s’y opposait. Il y a eu depuis lors des milliers de lynchages en Libye et en Syrie, et Goodman n’a pas une seule fois parlé des réelles causes de la guerre ; Goodman n’a pas interviewé une seule fois le moindre journaliste exposant les mensonges et la désinformation des médias corporatistes à l’endroit de deux dirigeants mondiaux de l’anti-racisme, Mouammar Qaddafi et Bachar al-Assad.

 

Duke et Goodman ont beaucoup plus de choses en commun qu’il y paraît à la plupart des gens. Duke fonde toute sa carrière sur le rabâchage de mensonges et de fables à propos de l’Union Soviétique et de l’idéologie communiste. Le même anti-communisme enragé forme le socle de l’idéologie anarcho-libérale de Democracy Now !. Mais j’ai davantage de respect pour Duke. Bien que tout ce qu’il avance sur le communisme repose sur la propagande et les mensonges impérialistes de la Guerre Froide diffusés par des agents du renseignement tel que Robert Conquest et des historiens malhonnêtes comme Timothy Snyder, Duke est honnête vis-à-vis de ses principes : il désire le retour de l’élite chrétienne blanche au pouvoir et la fin de la domination juive en Amérique. Il veut remplacer une caste dirigeante par une autre. Il ne fait pas semblant d’être de gauche.

 

Goodman sera heureuse de voir les États-Unis sombrer dans la guerre civile. Elle n’a pas besoin de s’en faire, étant massivement riche et protégée par la CIA. En fait, la guerre civile profitera à Demcracy Now !. Ils auront peut-être l’opportunité de faire semblant d’être des « révolutionnaires », dans le style « Printemps Arabe ». Quand vous avez d’anciens collabos des Nazis comme George Soros qui vous soutiennent, vous avez déjà de bonnes chances de succès dans la poche. Peut-être Goodman s’en fait-elle pour sa tribu juive, ce qui expliquerait pourquoi le Sionisme la finance. Le Sionisme n’a pas fait grand-chose pour les foules de Juifs des classes laborieuses qui se battent pour survivre dans les déserts du Moyen-Orient sous la férule réactionnaire du Likoud – encerclés par des terroristes wahhabites créés par ce même régime du Likoud – mais vous n’en entendrez pas parler sur le plateau de Democracy Now !. Donc avec Duke et Goodman, il y a le suprématisme blanc et le suprématisme juif. Peut-être ont-ils besoin l’un de l’autre !

 

Et désormais, les « anti-racistes » urbains blancs défilent dans les rues et deviennent de plus en plus violents. Quand Trump visitera l’Europe, nous verrons des manifestations gigantesques et des débordements de violence. Les « révolutionnaires à capuche » seront dans les rues. Les gens affirment que Trump est le nouvel Hitler, ce qui est à peu près aussi stupide que d’affirmer que Sanders est socialiste.

 

La géopolitique et l’extrême-droite

Le fascisme a été un mouvement social et politique réactionnaire créé par la bourgeoisie européenne afin d’empêcher une révolution prolétarienne à une époque où le premier état socialiste du monde était en train de prouver, par le biais d’une planification centralisée par l’état, qu’il était capable de générer un modèle supérieur de production. Les mouvements fascistes étaient une réaction à la menace d’une révolution sociale accomplie par les exploités contre leurs exploiteurs. Les gauchistes petits-bourgeois libéraux aiment pontifier sur la nécessité de l’établissement d’une « république sociale ». En France, l’un des chefs de file du mouvement Nuit Debout, Frédéric Lordon, a plusieurs fois fait référence à cette notion d’une république sociale. Mais une république sociale n’est possible que sur la base d’une alliance des classes sous la direction d’une bourgeoisie nationaliste volontariste et forte.

 

Il est par conséquent ironique de trouver des soi-disant « anti-fascistes » et des « fascistes » comme Marine Le Pen tous appeler de leurs vœux une « république sociale ». La différence entre les années 1930 et maintenant, cependant, est qu’à l’époque tout le monde parlait de socialisme. Les Soviétiques construisaient le socialisme selon les préceptes du marxisme scientifique, alors que l’Italie et l’Allemagne construisaient des états capitalistes dotés d’une orientation sociale. Mais si les petits-bourgeois gauchistes voulaient vraiment une « république sociale » de nos jours, ils devraient voter pour le Front National, qui appelle à la fondation d’une « république sociale » ! Les petits-bourgeois d’extrême-gauche et les petits-bourgeois d’extrême-droite veulent tous une république sociale. Les premiers sont des idéalistes et n’y parviendront jamais tandis que les seconds sont dans une certaine mesure des réalistes, mais profondément cyniques et désespérément obtus.

 

Dans les années 1930, la Grande-Bretagne et les États-Unis avaient besoin d’une Allemagne forte pour contrer l’URSS, ce qui explique leur soutien initial en faveur d’Hitler. Ils avaient également besoin de créer un contre-mouvement pouvant être présenté aux travailleurs comme du « socialisme ». Le national-socialisme en a été le résultat. Le régime national-socialiste fut utilisé par l’Occident pour détruire l’URSS – un fait reconnu par les Soviétiques après la guerre. L’Occident ne pouvait pas soutenir ouvertement le régime allemand car il aurait essuyé des révoltes domestiques de travailleurs. Les partis communistes en Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis étaient bien organisés et des grèves auraient pu bloquer toute l’activité économique dans ces pays. Puisque l’URSS n’existe plus, l’échiquier géopolitique est considérablement différent de nos jours, en comparaison des années 1930.

 

Aujourd’hui, des forces « progressives » sont à nouveau alliées à la Russie mais il existe une différence fondamentale : en Europe, l’extrême-droite est pro-russe. Cela n’exempte pas l’extrême-droite de tout reproche. L’extrême-droite et les partis populistes en général représentent une idéologie nationaliste bourgeoise et ont émergé suite à des décennies d’opposition à l’URSS révisionniste et à la RPC (République Populaire de Chine) d’une part, et au gauchisme trotskiste d’autre part. Lorsque ces deux idéologies anti-communistes sont devenues « La Gauche », il est malaisé de reprocher aux gens d’être de droite ! Un énorme segment du soutien à Donald Trump provient de l’ « Alt-Right » [droite « alternative », NdT], qui consiste en un galimatias d’idées contradictoires et de positions paradoxales. Le populisme d’aujourd’hui est favorable à l’intégration européenne et se présente comme formellement démocratique tandis que les mouvements fascistes des années 1930 étaient dictatoriaux, et ont servi aux puissances atlantiques pour séparer la péninsule européenne de la masse continentale eurasienne.

 

Aujourd’hui, le régime nazi en Ukraine est l’allié de l’élite impériale occidentale. Le fascisme des années 1930 était un instrument géopolitique de l’impérialisme anglo-saxon sur le continent européen. Le populisme de nos jours devient de plus en plus un allié de la diplomatie russe contre l’impérialisme occidental. Les médias russes en France, par exemple, offrent une couverture médiatique beaucoup plus favorable de l’actualité de Marine Le Pen que les médias grand public français. Le Pen a été contrainte de souscrire un emprunt dans une banque russe pour financer sa campagne électorale puisqu’elle affirme que toutes les banques françaises ont refusé de la financer. Les Russes n’ont pas de temps à perdre avec le gauchisme petit-bourgeois : ils ont abattu les Trotskistes dans les années 1930 et même pendant les heures les plus sombres du révisionnisme soviétique, les Russes et leurs frères d’Asie centrale n’ont jamais oublié l’homme que Lénine appelait « Judas Trotsky ». C’est l’une des principales raisons pour lesquelles il faut toujours respecter la Russie !

 

Par de nombreux aspects, la réémergence d’une Russie nationaliste hors des ruines de l’espace post-soviétique a généré une configuration des forces géopolitiques et idéologiques qui est totalement nouvelle. Ce qui était naguère considéré d’extrême-droite et réactionnaire est plus ou moins devenu progressiste et même révolutionnaire de nos jours. En Espagne dans les années 1930, les rebelles fascistes et les ultra-gauchistes trotskistes ont écrasé le front populaire des communistes et des libéraux, conservant l’oligarchie au pouvoir. Dorénavant, la bourgeoisie internationaliste « compradore », « l’élite au pouvoir », les « mondialistes » semblent être menacés par l’essor du populisme de la même manière que les oligarques étaient menacés par les démocrates sociaux dans les années 1930, et une fois de plus les agents de l’oligarchie sont les gauchistes trotskistes, qui appellent à une « république sociale » mais ne voient aucun inconvénient quand les élites occidentales qu’ils affirment combattre bombardent des républiques sociales telles que la Libye et la Syrie ; des gauchistes qui hurlent « fasciste » et « raciste » au service de la forme la plus brutale de néocolonialisme occidental.

 

D’un point de vue communiste, les populistes ne sont pas moins des ennemis de classe que les libéraux progressistes l’ont été durant les années 1930. Mais, contrairement à la situation des démocrates sociaux du siècle dernier, il n’y a aujourd’hui presque plus de communistes pour constituer une menace réelle au capitalisme monopolistique. De nos jours, les marxistes-léninistes manquent de l’unité et de la vision nécessaires pour devenir une force démocratique révolutionnaire. Beaucoup d’entre eux se préoccupent davantage de légitimer la confusion des genres sexuels sur les réseaux sociaux que de stimuler la révolution prolétarienne. Les contradictions du système impérialiste mondial mènent à la montée du populisme. Et il semble de plus en plus probable que le populisme soit en train de devenir la nouvelle phase de transition du capitalisme. Mais cette nouvelle période de transition sera-t-elle porteuse, ou néfaste ? C’est extrêmement difficile à dire. Beaucoup de valeurs sociales promues par le populisme, c’est-à-dire la famille, la tradition, l’authenticité culturelle etc. sont plus proches des valeurs prolétariennes que les valeurs promues par le libéralisme. Par conséquent, les communistes devront jouer un rôle-clé dans la gestion de la transition du populisme au socialisme. Mais il faudra au moins une décennie pour effectuer une révision historique et idéologique, ainsi qu’un activisme infatigable pour que s’opère une telle synthèse. Donc, tandis que le populisme de droite ne reste qu’une nouvelle formulation de la dictature de la bourgeoisie, il exprime néanmoins une capitulation devant des valeurs plus proches de celles du prolétariat. En termes léninistes, il représente une « Nouvelle Politique Économique » de l’impérialisme dans le projet capitaliste mondial : ils veulent faire un pas en arrière pour faire deux pas en avant. Notre objectif doit être de rendre ce pas en arrière celui d’une irrévocable déroute !

 

J’ai déjà théorisé ce schisme au cœur de l’impérialisme comme une guerre civile entre la bourgeoisie nationale et la bourgeoisie « compradore », ou entre le capitalisme financier et le capitalisme industriel. L’étendue du paradoxe mis en exergue par tout cela dans la définition de « la droite » et de « la gauche » trouve un exemple dans la visite de Poutine en Hongrie l’année dernière, où le dirigeant russe a rendu hommage aux soldats de l’Armée Rouge morts pendant la répression de la contre-révolution de la Hongrie populaire et démocratique, en 1956. [Viktor] Orban et ses disciples ont procédé à la réécriture de l’histoire hongroise de façon à présenter la droite horthiste comme des héros nationalistes, pendant que Poutine a apaisé les communistes et les nationalistes en Russie en présentant ses respects à l’Armée Rouge. Orban et Poutine sont idéologiquement similaires, pourtant les deux dirigeants se tiennent à l’intersection de courants historiques, idéologiques et géopolitiques contradictoires.

 

L’émergence d’un nouveau discours

L’ordre mondial impérialiste contemporain est en train de s’effondrer. Nous parvenons au dénouement d’une crise planétaire du capitalisme. Les États-Unis sont confrontés à la réalité qu’ils ne peuvent plus extérioriser toute leur industrie en Asie. Bien qu’il soit vrai que Donald Trump dispose d’une pléthore de néoconservateurs bellicistes en charge de son appareil de politique étrangère, il se profile la possibilité qu’une reconfiguration des alignements géopolitiques issue de l’échec de l’OTAN en Syrie et d’une nouvelle définition de ce qui peut être considéré comme progressif dans les réseaux sociaux, offre l’éventualité d’un changement dans le sens des forces anti-capitalistes. Que le discours soit droitiste ou gauchiste, le consensus croissant s’accorde que le capitalisme est le problème et que comme le disait [William Butler] Yeats, « le centre ne tient plus ».

 

Certaines éventualités sont à considérer vis-à-vis du régime Trump. Il ne fera pas la promotion de la pseudo-science LGBT avec autant de zèle pour lessiver l’esprit de nos jeunes enfants. L’Association Nationale pour la Recherche et la Thérapie de l’Homosexualité [NARTH, National Association for Research and Therapy of Homosexuality, NdT] ne sera peut-être plus poursuivie juridiquement ni mise au ban social par une interdiction judiciaire. Le Vice-Président Pence, bien que belliciste néoconservateur, possède néanmoins une opinion progressiste au regard de la sexualité et approuve le travail de NARTH. Cela ne fait pas de Pence un « progressiste » per se. Mais cela peut permettre aux leaders du mouvement de libération des Afro-Américains de se faire entendre. Ils ont dénoncé le rôle du mouvement LGBT dans son implication dans une guerre dirigée contre le mâle noir pour le compte d’une suprématie blanche – et juive en particulier.

 

Les milliers de scientifiques distingués qui ont exposé les problèmes de la théorie de Roger Revelle sur le réchauffement climatique anthropique sont maintenant peut-être mieux placés pour remettre en cause l’opinion de l’establishment sur la météorologie, qui a des effets dévastateurs sur les vies des gens qui travaillent ; cela serait un coup sérieux porté à la mondialisation, et orienterait également l’attention du public vers le projet mortifère et insensé de la géo-ingénierie – l’un des périls les plus extrêmes qui menacent l’Humanité.

 

Donald Trump s’est tant fait détester de l’establishment au pouvoir, qu’il a dû se tourner vers des sources médiatiques alternatives pour se faire entendre convenablement. Ceci démontre que l’oligarchie régnante, qui dépend tellement du contrôle de l’opinion publique, cherche désormais à coopter les voix alternatives pour les réorienter vers les intérêts de la faction trumpienne [sic] de la classe dirigeante. Alors que des agences d’information comme InfoWars d’Alex Jones diffusent régulièrement des nouvelles importantes et des analyses incisives, leur anti-communisme fanatique et l’influence sioniste y siégeant en fait un atout-clé de l’establishment trumpien en gestation.

 

La part d’Alex Jones dans l’élection de Trump traduit un développement positif dans la mesure où elle démontre le fait que l’appareil médiatique corporatiste traditionnel ne possède désormais plus la moindre crédibilité, et pourtant Jones est fait du même tissu que les ennemis de la classe laborieuse comme Trump. Une grande partie de l’agenda d’InfoWars consiste à déblatérer des mensonges à propos de tout système offrant une alternative au capitalisme. Le fait qu’ils ne proposent même pas de débat ou de discussion sur ce thème témoigne d’un manque de sincérité dans leur activisme en faveur de la « vérité ». Le comportement erratique, agressif et psychotique d’Alex Jones discrédite l’activisme authentique. Dans une nation où des centaines de milliers d’individus travaillent dans la « communauté du renseignement », il importe de conserver une attitude de vigilance scrupuleuse et constante.

 

Une attention poussée mérite d’être portée à la façon dont InfoWars couvrira le prochain attentat terroriste aux USA ou en Amérique, car cela pourra révéler de nombreuses choses à propos de l’establishment trumpien qui émerge. L’ « État Islamique » est d’ores et déjà actif et l’attention sera portée sur l’ « Islam radical ». Le fait qu’Abdul al-Wahhab, le taré qui a fondé la secte anti-islamique violente qui porte son nom – wahhabisme – au dix-huitième siècle était un Juif faussement converti à l’Islam sera gardé sous silence. Mais c’est le Sionisme qui est l’ennemi des États-Unis, pas l’Islam.

 

Un fait notable à propos de Trump et des populistes de droite en général, c’est la fonction caricaturale et vulgaire incluse dans l’articulation de leur discours, estimée être « taboue » ou « politiquement incorrecte » par l’establishment. Faire des appels du pied aux instincts les plus bas des masses lobotomisées est une stratégie classique de la classe dirigeante – surtout pendant une époque où la confiance en l’idéologie de la classe dirigeante est quasi-inexistante parmi la population. Vladimir Poutine de Russie a également eu recours à la vulgarité dans un effort destiné à plaire à « l’homme ordinaire ».

 

Mais la dissonance cognitive trumpienne qui repose sur l’évocation de sujets tabous et la prise de positions controversées comme sur l’agenda du mouvement LGBT et du réchauffement climatique figure des thèmes où l’analyse scientifique marxiste pourrait infiltrer et déconstruire ces débats spécieux, en démontrant comment la prolifération de la pseudo-science et de la perversion sexuelle sont les symptômes d’une économie politique capitaliste en déclin terminal.

 

C’est pourquoi un contre-mouvement issu de la gauche voulant lutter contre Trump ne peut pas « se rallier à » des vendus trotskistes comme Bernie Sanders, comme le plaident les philosophes Alain Badiou et Slavoj Zizek. Les gauchistes ont besoin de comprendre que le trumpisme est plus roche des valeurs prolétariennes telles qu’elles existent dans le régime capitaliste étasunien ; beaucoup de ces valeurs reflètent des attitudes agraires pré-capitalistes et Trump a gagné précisément parce que les travailleurs pouvaient davantage s’identifier à sa démagogie provinciale et raciste qu’avec les postures pseudo-internationalistes des petits-bourgeois. Ils devraient également relever, comme James Petras l’a souligné, que beaucoup d’électeurs ayant voté pour Trump venaient de la classe moyenne éduquée mais déshéritée.

 

Les attitudes agraires pré-capitalistes envers la famille et la sexualité sont plus propices aux relations altruistes d’amour et de parenté nécessaires à la formation d’une société socialiste. Le scepticisme à l’égard de la « science » officiellement admise qui se conforme avec un agenda libéral de capitalisme financier d’imposition de gouvernance mondiale par le biais d’une taxation draconienne ou d’une économie de service parasitaire est un aspect ignoré par de nombreux suiveurs de Trump, et par une faction considérable de la classe dirigeante industrielle.

 

Une faction de l’oligarchie fait la promotion de la pseudo-science pour justifier un agenda de gouvernance mondiale par la taxation, tandis que l’autre faction fait la promotion de l’économie réelle. En ce sens, les climatosceptiques chez les Républicains sont plus « à gauche » que les défenseurs de la taxe carbone à Wall Street. Cela ne signifie pas qu’ils ne s’embrassent pas tous avec effusion quand ils se rencontrent aux sessions du Council on Foreign Relations et de la Commission Trilatérale. Ils servent tous les mêmes intérêts de classe fondamentaux, mais il y a des divergences en termes de politique.

 

Il n’y aura pas de « révolution » en Amérique si les hommes sont tous des hipsters efféminés, sans armes et fumeurs de joints qui réclament de leur gouvernement la fabrication de nuages au-dessus de leurs têtes par la vaporisation de produits chimiques toxiques afin de « sauver la planète ». L’arrogance et l’orgueil sont les traits les plus dominants de nombreux Sanderistas et Sorosites (sic) de gauche ; il n’y a pas d’autre façon de le dire – ils sont incorrigiblement stupides, alors que les suiveurs de Trump ne sont pas tous stupides et beaucoup d’entre eux pourraient devenir une force progressive si et seulement si ils voient Trump pour ce qu’il est : un escroc et un gangster (peut-être encore pire mais j’espère me tromper !) qui a été sélectionné par une section de l’oligarchie pour gérer plus efficacement un empire en effondrement.

 

À beaucoup d’égards, Trump pourrait être décrit comme un autre Obama. Obama jouait le bon flic, noir, libéral et cultivé mais responsable de la tuerie de masse vendue sous le label « interventions humanitaires ». Trump est le méchant flic, blanc, conservateur et brutal qui ne veut pas tuer seulement les terroristes mais leurs femmes et leurs enfants avec. Obama proposait d’être plus conciliant avec Cuba et avec l’Iran et l’a été dans une certaine mesure, mais il a laissé partout ailleurs la destruction dans son sillage. Trump prend la pose d’un Russophile qui soutiendra le Président Assad de Syrie, mais il entend renforcer le Sionisme en ouvrant une Ambassade US à Jérusalem. Il y a même des enragés la bave aux lèvres dans son administration de politique étrangère qui voudraient bombarder l’Iran !

 

Ceci dit, nous devons maintenant réfléchir et tenter de découvrir les perspectives pour la construction d’un front populaire contre l’oligarchie qui prenne en compte les nouvelles luttes géopolitiques et de classes de notre époque. J’ai récemment été interrogé lors d’une émission de PressTV French sur la philosophie du libéralisme. Il m’a été demandé d’expliquer ce qu’est le libéralisme et pourquoi son ère semble s’être achevée. J’ai commencé en évoquant le célèbre essai de Marx « Zur Judenfrage« , « sur la question juive », où le philosophe allemand critique le concept des droits de l’homme comme étant l’expression philosophique des droits de propriété bourgeois – un concept singulièrement juif. Nous avons ensuite écouté un enregistrement du philosophe français de la « droite alternative » Alain de Benoist qui a entrepris, avec beaucoup plus d’éloquence que moi, d’expliquer le même texte. Les communistes et les populistes partagent les mêmes plateformes, que cela nous plaise ou non, et nous sommes en accord sur de nombreux sujets fondamentaux.

 

La nécessité d’un front populaire

Il est temps de mûrir et de confronter la réalité que les forces matérielles de ce monde ont rassemblé des gens issus de traditions philosophiques et politiques opposées, représentant ou pensant représenter des classes antagonistes. Les acquis sociaux du siècle dernier ont été gagnés grâce à la vision stratégique de dirigeants qui ont été capables de plaider la cause de leur classe sur des plateformes où se trouvaient aussi leurs ennemis de classe. S’il y a quoi que ce soit de bon à dire de la victoire de Trump, c’est que le trotskisme, l’anarchisme, la démocratie sociale et leurs trésoriers libéraux démocrates sont en crise et vont perdre l’hégémonie dont ils avaient joui jusqu’ici.

 

Nous communistes sommes face à un choix clair : ni le populisme ni la démocratie libérale (« ni la paix ni la guerre ») mais un front stratégique ou – au moins – l’engagement d’un dialogue avec le populisme contre la réaction sorosite petit-bourgeoise au service de l’impérialisme libéral et du Sionisme. Si nous défendons le slogan ultra-gauchiste antérieur nous deviendrons sans aucun doute des agents de chaos et de destruction. Si nous défendons le second, nous avons au moins la possibilité de mener un mouvement contre la mondialisation, le terrorisme des droits de l’homme, les guerres perpétuelles et la réification de la vie humaine. Les gens vont devoir comprendre qu’il existe de nombreux fronts dans cette guerre – le climat, le genre, les libertés civiques, la santé, et beaucoup d’autres. La guerre est menée par les capitalistes internationalistes qui sont pleinement conscients de leurs intérêts de classe et sont unis sur ces bases. Nous avons besoin de faire la même chose !

 

Gearóid Ó Colmáin is an Irish journalist and political analyst based in Paris. His work focuses on globalisation, geopolitics and class struggle.

Traduit par Lawrence Desforges

Source :http://www.gearoidocolmain.org/trump-question-fascism/

En complément :

http://www.marx.be/fr/content/le-trotskisme-au-service-de-la-cia-contre-les-pays-socialistes

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 18:39

par Thierry Meyssan Réseau Voltaire 11 février 2017

 

Comment ne pas être frappé par la ressemblance entre les campagnes visant à abattre Donald Trump et François Fillon ? Comment ne pas observer que ces deux hommes, à la personnalité et à l’idéologie fort différentes, menacent les mêmes intérêts ?

 

 

Simultanément de très vastes campagnes de presse se développent dans le monde occidental à la fois contre le président états-unien Donald Trump et, à une moindre échelle, contre un candidat à l’élection présidentielle française, François Fillon. Le premier est accusé d’être un suprémacisme blanc irresponsable ; le second est accusé d’avoir commis ce qui est décrit comme une faute morale non sanctionnée par la loi.

 

Jamais, il y a seulement un an, on aurait pu imaginer de telles campagnes contre un ancien Premier ministre français et plus encore contre le président en exercice des États-Unis d’Amérique.

 

Ces campagnes déclinent les dix arguments traditionnels de la propagande de guerre, tels qu’observés en 1928 par Lord Arthur Ponsonby (Falsehood in Wartime) puis précisés par le professeur Anne Morelli (Principes élémentaires de propagande de guerre) :


Nous déplorons cet affrontement avec un président en exercice (USA) et durant une campagne présidentielle (France).


MM. Trump & Fillon sont les seuls responsables de ce qui arrive.


MM. Trump & Fillon sont des personnalités dangereuses.


Nous défendons une noble cause, celle des principes de notre Constitution (USA) et celle de l’égalité (France), tandis que MM. Trump & Fillon ne se préoccupent que de leur fortune personnelle.


MM. Trump & Fillon se comportent très mal. Le premier s’en prend aux musulmans, le second est un voleur. Certes, nous avons nous aussi commis des erreurs, mais pas du tout à la même échelle.


MM. Trump & Fillon utilisent des méthodes non orthodoxes.


MM. Trump & Fillon sont en déroute. Le premier vient d’être désavoué par les tribunaux fédéraux, le second par les sondages.


Les artistes et intellectuels partagent notre indignation.
Notre cause a un caractère sacré.


Ceux qui mettent en doute nos médias ne sont ni de vrais « Américains », ni de vrais Français.

 

Dans les deux cas, cette campagne s’accompagne d’actions judiciaires vouées à l’échec. La première vise à invalider un décret relatif à l’immigration bien que celui-ci soit parfaitement légal et constitutionnel, la seconde à justifier des investigations policières alors que la cible n’est suspectée d’aucun manquement à la loi. Ces actions prospèrent contre toute logique.

 

Qui est en mesure d’actionner à la fois les médias et la Justice ?

Compte-tenu du caractère international de ces campagnes, il est clair que leurs commanditaires ne réagissent pas à des enjeux nationaux et ne sont pas eux-mêmes de simples États-uniens ou Français.

 

Dans les années précédentes, de telles campagnes ont eu lieu à l’instigation de l’Otan. Les plus récentes visaient la République arabe syrienne. Cependant rien ne permet d’accuser cette fois l’Otan d’agir contre la Maison-Blanche, ni de perturber l’élection présidentielle française.

 

Outre l’hypothèse de l’Otan comme donneur d’ordre, on peut imaginer une coalition d’intérêts financiers transnationaux capable d’influer sur les quelques magnats de la presse ; l’effet grégaire provoquant le reste pour entraîner les autres médias.

 

Quels intérêts se sentent-ils menacés par ces deux hommes au point d’organiser de telles campagnes ?

Le seul point commun entre MM. Trump et Fillon est de vouloir mettre fin à l’impérialisme en substituant, partout où cela est possible, de la coopération à de l’affrontement. Si bien d’autres responsables politiques dans le monde défendent cet objectif, MM. Trump et Fillon sont les seuls à aller au bout de cette logique. Selon eux, il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans.

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:11

L’administration Trump est-elle déjà finie ?
par Paul Craig Roberts

Repris sur Comité Valmy

 

Les espoirs pour l’administration Trump ne brillent plus beaucoup. Le militaire en chef de Trump, le général Mattis est en train de prouver que son sobriquet de “chien fou” est bien mérité. Il vient juste de déclarer que “l’Iran est le seul plus gros sponsor du terrorisme dans le monde.”

 

Il a déclaré la Russie être la première menace pour les Etats-Unis.

Il a menacé d’une intervention américaine dans les affaires territoriales de la Chine.

 

J’ai eu tort. J’ai pensé que le Gen. Mattis était un choix raisonnable pour le poste car il rejette l’efficacité de la torture et, d’après Trump, l’a convaincu que la “torture ne marche pas”. Apparemment, Mattis ne peut pas aller au-delà de cette compréhension et s’élever au niveau de la compréhension géopolitique. Trump se doit de virer Mattis qui a placé le Pentagone comme obstacle sur la route de relations normales avec la Russie.

 

Il n’y a aucune preuve dans l’attitude de l’Iran, de la Russie et de la Chine qui pourrait justifier de soutenir le point de vue de Mattis. Sa définition de “menace” est celle des nouveaux cons(ervateurs) : un pays capable de résister à l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. Ceci est une menace très utile pour le complexe militaro-industriel et de la sécurité car elle justifie un budget illimité afin de pouvoir prévaloir contre ces soi-disantes “menaces”. C’est cette impulsion hégémonique qui est la source du terrorisme.

 

En vérité, il n’y a que deux pays au monde qui ont des aspirations hégémoniques : les Etats-Unis et Israël. Ils sont tous deux sources de terrorisme, Israël terrorise les Palestiniens et l’a fait depuis environ maintenant 70 ans. Les Etats-Unis terrorisent le reste du monde.

 

Tous les terroristes musulmans connus sont des créations du gouvernement des Etats-Unis. Al Qaïda fut créé sous l’administration Carter afin de confronter l’occupation soviétique de l’Afghanistan avec des djihadistes, ISIS/E IIL/daesh fut créee par le régime Obama/Hillary afin de renverser Khadafi en Libye, puis fut envoyé par ce même régime en Syrie pour renverser Assad, comme l’a révélé à la télé l’ancien directeur du renseignement militaire US le Gen. Michael Flynn. Les néo-nazis ukrainiens agressant les républiques de Donetsk et Luhansk furent aussi lâchés par le régime Obama/Hillary afin de renverser un gouvernement ukrainien démocratiquement élu. Tout acte de terreur et de terrorisme est associé avec Washington et Israël.

 

Le fait du renversement du gouvernement de l’Ukraine par Washington est incontestable et pourtant une grande fraction du public américain conditionnée et lobotomisée pense toujours que la Russie a envahi l’Ukraine, tout comme elle croit les fausses infos disant qur l’Iran est un état terroriste.

 

La dernière fois que l’Iran s’est lancée dans une guerre d’agression, ce fut dans la dernière décennie du XVIIIème siècle, lorsque l’Iran a reconquis le Caucase et la Géorgie, que l’Iran perdit bientôt au profit de la Russie.

 

Depuis ce temps, l’Iran n’a jamais rien fait si ce n’est de refuser de devenir un état vassal de Washington.

 

De plus, l’Iran et la Syrie, sauvées par la Russie, sont les deux seuls états musulmans au monde qui ne sont pas des états marionnettes des Etats-Unis, qui ne sont pas de simples vassaux n’ayant aucune politique, aucune politique économique indépendantes. Seuls l’Iran et la Syrie ont en fait des politiques indépendantes.

 

L’Iran est un grand pays qui possède de très larges ressources énergétiques. L’Iran a une longue histoire, qui remonte à des millénaires, elle fut indépendante et militairement puissante (Perse).


Aujourd’hui l’Iran est essentielle à la Russie pour faire tampon au plan nouveau con américain de création du djihadisme et de son exportation dans les zones musulmanes de la Fédération de Russie. En conséquence, l’Iran est la cible la plus inopportune pour Trump s’il désire restaurer des relations normales et non-menaçantes avec la Russie. Et pourtant, son chien fou du Pentagone fait de folles déclarations insinuant que l’Iran est “un état terroriste”.

 

Pouvons-nous y voir la main d’Israël au travail derrière ces menaces contre l’Iran ?… L’Iran et la Syrie sont les seuls pays au Moyen-Orient qui ne sont pas des marionnettes des Américains. L’armée syrienne a été endurcie aux âpres combats, ce dont la Syrie a besoin afin de résister à Israël soutenu par les USA. La Syrie et l’Iran sont toutes deux des obstacles sur la route de la politique sioniste d’Israël pour réaliser le Grand Israël du Nil à l’Euphrate. Pour les sionistes, la Palestine et le sud-Liban ne sont que le commencement.

 

Israël a utilisé avec succès les Britanniques corrompus et maintenant les Américains tout aussi corrompus pour se réétablir sur des terres desquelles dieu les avait viré. Ceci n’est pas à l’honneur de la morale ni de l’intelligence des gouvernements britannique et américain.
Mais une fois de plus, qu’est-ce qu’il l’est ?…

 

On entend aussi les menaces de Mattis et de Tillerson d’intervention dans la sphère d’influence chinoise. Les nominés de Trump apparaissent incapables de comprendre qu’il ne peut pas y avoir d’amélioration des relations avec la Russie si le régime Trump a dans sa ligne de mire l’Iran et la Chine.

 

Y a t’il une possibilité pour que le gouvernement Trump développe une réele attention aux problèmes géopolitiques ? Est-ce que l’administration Trump à la grande gueule, l’a aussi suffisamment grande pour renverser le pouvoir que la toute sioniste Israël exerce sur sa politique étrangère et les votes de son congrès ?

 

Si ce n’est pas le cas… La guerre est inévitable.

 

Pendant 24 ans, 8 ans de régime criminel Clinton, 8 ans de régime criminel Bush et 8 ans de régime criminel Obama, le monde a entendu les menaces de Washington, menaces qui ont résulté en la mort et la destruction de millions de personnes et de pays entiers. L’administration Trump doit présenter un Washington différent à la face du monde.

Paul Craig Roberts
6 février 2017

Traduit de l’anglais par Résistance 71

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:19

D’après Spoutnik

Fait marquant  du sommet de l'Union Africaine: le retrait de la plupart de ses membres de la cour pénale international. Un geste qui marque la volonté d'indépendance de ces pays vis à vis de l'occident et celle de peser dans les affaires du monde.

 

Le récent sommet de l'Union africaine qui s'est déroulé dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba a confirmé une fois de plus les clivages qui existent au sein du continent africain, mais aussi que l'Afrique ne sera pas absente des processus du monde multipolaire.

 

En effet, l'organisation panafricaine a adopté une stratégie de retrait collectif de la Cour pénale internationale (CPI). Pourtant et sans surprise, certains pays n'ont pas manqué de se faire les « avocats » de ladite structure, notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore le Nigeria. Des pays dont les leaders actuels sont connus pour avoir des liens très proches avec les élites occidentales. Néanmoins, et malgré leur opposition au processus engagé, l'Afrique semble effectivement décidée à quitter massivement la CPI.

 

Pour rappel, le Burundi avait montré l'exemple en lançant le processus, pour être presque immédiatement suivi par l'Afrique du Sud, puis par la Gambie. Plus que cela, la République sud-africaine semble avoir pris le leadership au niveau continental dans ce mouvement d'opposition face à une structure dite de justice internationale n'ayant pas remplie le rôle qui lui avait été confié. Et vu au regard du le processus désormais engagé au niveau désormais de l'UA, les pressions occidentales n'y feront rien, mis à part les quelques exceptions citées.

Pourquoi ce retrait massif africain de la CPI est-il si important?

Tout d'abord, car pour beaucoup de nations africaines, la cour est une structure défendant des intérêts néocolonialistes et mêmes racistes. Sa caractéristique est de s'attaquer aux leaders africains qui s’opposent aux manœuvres occidentales dans leurs pays et régions, tout en épargnant gracieusement ceux travaillant en étroite « collaboration » avec les élites de l'Occident. Cette hypocrisie est devenue aujourd'hui presque impossible à cacher, d'où la « révolte » africaine. L'autre raison avancée par le leadership des dirigeants de plusieurs pays africains est que plusieurs grandes puissances mondiales ne reconnaissent pas la compétence de la CPI : États-Unis, Chine, Inde, et plus récemment la Russie, qui s'est aussi retirée en intégralité de cette structure.

Un autre argument en faveur des partisans de la sortie, c'est effectivement le fait qu'aucun leader de pays occidental ou satellitaire affilié à ceux-ci, n'ait jamais été visé par une quelconque poursuite à son encontre, même en étant responsable de crimes indéniables, en différents endroits du monde. Plusieurs experts et observateurs reconnaissent aussi l'accusation qui est portée en direction de la Cour pénale internationale est d'être un instrument de punition et de pression politique de l'Occident.


Par ailleurs, de plus en plus de voix s'élèvent actuellement en Afrique pour mettre en place une Cour pénale panafricaine. Un défi de taille, mais qui pourrait effectivement être la solution à terme pour résoudre les problèmes existants au niveau continental. Enfin, il y a aussi les partisans du renforcement des justices nationales, parmi eux beaucoup d'experts africains comme étrangers, notamment Alexandre Mezyaev, un l'expert russe du droit international qui connaît bien l'Afrique. Leur argument: renforcer l'état du droit des juridictions concernées tout en privilégiant la souveraineté nationale.

 

Quoi qu'il en soit et à travers cette initiative panafricaine au niveau de l'UA, l'Afrique confirme qu'elle compte faire partie intégrante du monde multipolaire et des processus qui en découlent. Les pressions extérieures vont certainement se poursuivre, peut-être même s'accentuer, mais c'est effectivement aux États africains de décider de leur avenir, dans un cadre souverain. Si certains pays préfèrent rester dans le giron occidental, il faut leur reconnaître ce droit.

 

Mais ceux ayant qui ont décidé de s'en 'affranchir et de former les alliances qu'ils jugeront eux-mêmes nécessaires, ont eux aussi ce droit que personne ne peut leur dénier. Et c'est dans ce cadre-là qu'il faut voir la suite des événements. Une suite logique: beaucoup d'autres pays africains vont vraisemblablement quitter la CPI, d'autres vont y rester pour encore quelques temps. Le futur montrera qui avait raison.

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 17:32

Une escroquerie absolue Emmanuel Macron

Source RT France 3 févr. 2017

 

La raison pour laquelle le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron refuse de réveler entièrement son programme est qu'il n'a, en effet, rien de neuf à proposer aux électeurs, selon l'économiste Dany Lang.

 

Dany Lang est maître de conférences en économie à l'Université de Paris 13, responsable du groupe de travail Analyses et modélisations post-keynésiennes du Centre d'Economie de Paris Nord (UMR CNRS), membre des Economistes atterrés.

 

RT France : Emmanuel Macron vient d’annoncer qu’il ne dévoilerait pas son projet avant le mois de mars. Pourquoi en reporte-t-il la publication ?

 

Dany Lang (D. L.) : Le Gorafi disait il y a quelques jours qu’il révélerait son programme lorsqu'il serait élu. C’est à peu près cela. Cela fait quand même dix ans qu’Emmanuel Macron est à la manœuvre et il réussit à se faire passer pour un homme neuf. Il faut rappeler que Nicolas Sarkozy lui avait proposé un poste de ministre, qu’il a refusé par ce qu’il pensait pouvoir obtenir mieux. Il a ensuite été nommé rapporteur de la Commission Attali pour la libération de la croissance, qui a inspiré des propositions de loi. Sous François Hollande, Macron a été à la manœuvre dans l’ombre, puis en plein jour. Son programme économique me paraît très clair, même si l’annonce n’a rien d’officiel. Son programme est dans la droite ligne de ce qui s’est fait depuis dix ans et, au-delà, lors des trois dernières décennies. Je ne vois pas comment il pouvait rester populaire et continuer d’avoir le programme que l’on connaît, vu la popularité des politiques qu’il a inspirées. C’est une politique de l’offre, un programme en faveur des très grandes entreprises financiarisées, des grandes banques.

 

Il a suffisamment travaillé sous François Hollande à faire en sorte que la réforme bancaire promise par le candidat soit vidée de tout contenu. La fameuse séparation des banques de dépôts et d’investissement, défavorable aux grandes banques, a été soigneusement enterrée.

 

RT France : Certaines personnes qui ont rejoint son équipe, comme Jean Pisani-Ferry témoignent-elles d'une certaine statégie ?

 

D. L. : Cela ne m’étonne guère. C’est tout-à-fait cohérent. Jean Pisani-Ferry est depuis longtemps sur cette ligne libérale dure qui est celle d’Emmanuel Macron. Les ralliements concernent des personnes qui sont sur une ligne libérale, mais qui ne partagent pas forcément le conservatisme de François Fillon en matière de mœurs, tout en étant sur la même ligne que lui en matière d’économie.

 

Les idées libérales défendues par Macron sont de vieilles recettes du XIXe siècle, recyclées, pour être rendues plus attractives et soutenues par les médias qui appartiennent à des grands groupes

 

RT France : Vous avez dit qu’Emmanuel Macron était dans la politique depuis des années et pourtant dans les médias il est présenté comme un homme neuf et hors système. Pourquoi ?

 

D. L. : C’est une escroquerie absolue. On s’en rend bien compte en voyant ce qu’est Emmanuel Macron – il n’a rien de neuf. Il a été le rapporteur de la commission Attali sous Nicolas Sarkozy et une partie de ses propositions se sont traduites par des propositions de loi sous Nicolas Sarkozy, puis François Hollande.

 

Les idées libérales défendues par Macron sont de vieilles recettes du XIXe siècle, recyclées, pour être rendues plus attractives et soutenues par les médias qui appartiennent à des grands groupes. Il n’y a absolument rien de surprenant. Donnez-mois une seule idée neuve d’Emmanuel Macron, qui soit neuve par rapport au XIXe siècle ?

 

Macron défend la vieille loi de Say, l’idée que l’offre crée sa propre demande, une idée complètement décrédibilisée lors de la crise des années 1930. Macron a quand même réussi à faire prononcer cette loi par l’actuel président de la République ! Macron, c’est la politique de l’offre, c’est la continuation des politiques de baisse des salaires, la baisse des cotisations sociales, c’est l’uberisation généralisée de la société. L’exploitation généralisée des gens qui conduisent des bagnoles, cela n’a strictement rien de neuf ! Il s’agit toujours d’accroître les profits des grandes banques et des 0,1 % les plus riches.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:33

"Les médias occidentaux mentent …"

Source : https://www.kla.tv/index.php?a=showlanguage&lang=fr&id=9856

María Guadalupe Rodrigo est une religieuse argentine qui vivait à Alep dans le diocèse catholique depuis janvier 2011. Elle est également restée dans la ville pendant l’état de siège provoqué par des groupes terroristes.

 

Après son retour, elle a parlé de cette période à Alep. Sur place María Guadalupe Rodrigo a vécu de très près le début du conflit en Syrie.

 

Elle contredit la thèse courante des politiciens et médias occidentaux, selon laquelle le peuple syrien a approuvé « le printemps arabe » et qu’il est descendu pacifiquement dans la rue pour revendiquer la démocratie.

 

A partir de la fenêtre de son évêché elle a pu observer que des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour soutenir leur président Bachar al-Assad. Ce sont exactement ces mêmes images qui ont été prises par les chaînes d’information occidentales en prétendant exactement le contraire, que le peuple syrien descendait dans la rue pour exiger la démission du président.

 

Ensuite, María Guadalupe Rodrigo réfute la compréhension occidentale de la démocratie. Elle explique que les chrétiens en Syrie ont beaucoup plus de liberté religieuse sous Assad que n’en ont les chrétiens en Europe pseudo-démocratique.

 

Ecoutez maintenant un extrait de cinq minutes d’une conférence que María Guadalupe Rodrigo a donnée le 19 décembre 2015 en Espagne et qui donne aujourd’hui encore des éclaircissements sur la guerre en Syrie.

 

Quand ces manifestations ont commencé, la presse internationale, les médias, ont présenté ça comme si finalement le peuple syrien adhérait aussi au printemps arabe et était sorti pacifiquement dans la rue pour demander la démocratie. Mais en réalité les nouvelles qui nous arrivaient… vous voyez, de nos voisins, de ces villages, ne concordaient pas avec ce qu’on voyait à la télévision.

 

Les gens de ces villages disaient que des groupes armés étaient venus de l’extérieur de la Syrie. Ils disaient : « Ils parlent d’autres dialectes ! (Là-bas, chaque pays a son dialecte). Ce ne sont pas des Syriens ! Ils provoquent des troubles dans le peuple ! Ils ont déjà coupé en morceaux plusieurs chrétiens ! » Des chrétiens coupés en morceaux dans des sacs poubelle, dans une benne, avec un panneau : « Ne pas toucher. Il est chrétien ». Et ce serait ça, les manifestations pacifiques, selon la presse !

 

Quand ces choses ont commencé à se produire et à se multiplier très rapidement dans le pays, avec ces groupes armés qui viennent de l’extérieur, les gens sont sortis dans la rue. Là oui, ils sont sortis dans la rue. A Damas, la capitale, (vous voyez là Damas) et à Alep, la 2ème ville du pays – c’est là que nous avons la mission. Les gens sont sortis dans la rue, des milliers de personnes, avec des pancartes, des panneaux, des drapeaux, pour soutenir leur président. Pour exprimer et manifester leur opinion sur le gouvernement qu’ils ont. Et ce n’est pas parce que Bachar Al-Assad serait… je ne sais pas… la meilleure forme de gouvernement, ou un saint (il ne l’est probablement pas). Ce qu’il y a, c’est qu’ils préféraient continuer comme c’était, plutôt que de tomber entre les mains du fondamentalisme islamique.

 

Parce que le résultat de cette guerre n’allait pas être la démocratie, ils le voyaient venir ! Ces mêmes images que nous voyions, c’est-à-dire depuis les fenêtres de l’évêché, où nous étions, nous voyions passer ces gens, ils chantaient, ces mêmes images étaient reprises par des chaînes internationales d’information très importantes et commentées de la manière suivante : Les manifestations pacifiques du peuple syrien continuent ; le peuple sort dans la rue pour demander à son président de s’en aller. C’était ridicule ! Evidemment, qui comprend l’arabe, pour savoir qu’en réalité ils étaient en train de soutenir leur président ?

 

Et c’est pour cette raison qu’une des grandes souffrances de ce peuple, c’est ce grand mensonge qui a été monté autour de cette histoire ; c’est l’abandon de la part de l’Occident. Le peuple l’appelle le silence complice de l’Occident. Toutes les fois où ils ont e

ssayé de se manifester et d’exprimer réellement leur opinion, ça a été totalement inversé.

Et rendez-vous compte : tout ce qui a été monté autour de cette guerre, voyez-vous, en réalité c’est une opération de grande ampleur qui a besoin, pour ainsi dire, du soutien, de l’approbation de l’opinion publique. C’est-à-dire que l’Occident approuve le fait que ces « rebelles » (entre guillemets), que ces « rebelles modérés » se lèvent contre le dictateur.

 

Mais il faut se rendre compte que c’est une erreur de l’Occident ; c’est une erreur que nous commettons en tant qu’Occidentaux de juger les arabes avec nos critères occidentaux. Et alors nous vivons nos démocraties et nous prétendons les imposer aux autres. Nous exportons nos démocraties à ces peuples. Quand en réalité ça fait des décennies qu’ils vivent de cette manière, ils vivaient bien, et je vous garantis qu’à Alep, à Alep avec le niveau de vie qu’il y avait, les gens, ils n’enviaient pas les démocraties, ou pseudo-démocraties occidentales.

 

D’ailleurs c’est plutôt les chrétiens, bien qu’ils soient une minorité, ils avaient une certaine liberté religieuse, y compris pour se manifester, y compris pour être influents dans le gouvernement, pour avoir des postes dans le gouvernement Et comme ils l’ont dit (car ils me l’ont dit, ils sont réfugiés maintenant en Europe ; j’ai rencontré des personnes qui me l’ont dit tel quel) la liberté qu’ils ont ici en pleine démocratie, les chrétiens, ils ne l’ont pas en Europe

 

Alors ça aussi il faut du discernement, quand on écoute les nouvelles, et ne pas être si simpliste, dire que la démocratie vient du ciel et la dictature vient de l’enfer et qu’il n’y a pas de nuances. Et ces gens qui ont une autre mentalité, une autre culture, ils ont toujours vécu comme ça. Et ça a bien fonctionné pour eux. Quel droit avons-nous de fouler aux pieds leur souveraineté ?

de d.d.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 18:38

Hollande, Valls, Macron, Hamon, Mélenchon,  MEDEF , financiers tous d'accord

 

Les syndicats d’EDF mobilisent contre la fermeture de Fessenheim

 

Communiqué du Comité Valmy pour le maintien de la filière nucléaire française et le développement de la recherche

 

Mardi 24 janvier 2017, le conseil d’administration d’EDF a donné son feu vert à la fermeture de la centrale de Fessenheim en votant la première mesure qu’elle implique, l’acceptation de l’indemnisation proposée par l’État pour cette condamnation. (490 millions d’euros pour sa part fixe (soit à peine un peu plus d’un an de revenus engendrés par la centrale)

Lors de ce vote, <

Les 5 représentants es qualité de l’État se sont abstenus, car il y avait "conflit d’intérêt".

Les 6 représentants des salariés, toutes sensibilités confondues, ont unanimement voté contre cette première mesure.

Les 6 membres « indépendants » (de qui ?) ont tous voté pour cette première mesure.

 

Le président Jean-Bernard Levy, considéré comme « indépendant » (bien que nommé par le Président de la République), a aussi voté pour, et sa voix compte pour deux. Il fit une grande partie de sa carrière dans la finance (ODDO)

 

Qui sont ces « indépendants ? Tous des membres grassement rémunérés de nombreux conseils d’administration, directeurs chez Lafarge, Vallourec, Saint Gobain, de Bouygues, etc., voire des personnalités que nous n’avons pas à présenter comme Laurence Parisot, ancienne patronne du MEDEF.

 

La population locale et ses élus étaient contre, les travailleurs du nucléaire sont contre, les citoyens apprécieront cette fermeture et la perte d’indépendance, les pollutions engendrées, les contribuables seront fort satisfaits de voir que l’on paiera pour fermer la centrale et pour l’électricité produite à grand frais grâce au gaz du Qatar, (la première cargaison vient d’arriver à Dunkerque)

 

Selon J.L. Mélenchon, "Il faut fermer la centrale de Fessenheim au plus vite."

 

Valerie Goncalves Andral, une dirigeante nationale du Parti communiste Français en charge de l’énergie, exprimant la vision de son parti, nous rappelle que « le programme de la « France insoumise », c’est la fermeture de la Centrale de Fessenheim, l’abandon de la prolongation de vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans, de tous les projets d’EPR et du centre d’enfouissement des déchets »…

 

« Il a décidé d’en finir avec la 3ème industrie française avec comme conséquence la perte de milliers d’emplois qualifiés et la perte d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier. Melenchon décide désormais à la place des citoyens qu’il nous faudrait abandonner l’atout nucléaire ».

 

« Qu’ira-t-on raconter au million de travailleurs du secteur notamment les 300 000 ouvriers, cadres et ingénieurs de la filière nucléaire, qui par le passé votaient massivement pour le PS et le PCF ».

 

« Cette posture programmatique qui joue sur les peurs expédie aux calendes grecques, la difficile équation énergétique, équation qui doit tenir compte des besoins mondiaux de développement, de l’épuisement des ressources, et du grave problème du réchauffement climatique ».

 

Le Comité Valmy partage ce point de vue du PCF, dont il se félicite. Il insiste aussi sur l’importance décisive que représente le nucléaire civil en termes de souveraineté énergétique pour notre pays et comme atout, dans combat pour un rétablissement rapide de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale.

 

Il est à noter que tous les candidats issus du PS ou satellite, sont favorables à des degrés divers à la sortie du nucléaire y compris Macron, bien qu’il entretienne un flou hypocrite sur cette question comme sur d’autres. A droite François Fillon n’entend pas fermer Fessenheim.

 

Le Comité Valmy est favorable au développement d’une recherche scientifique méthodique dans le domaine énergétique. Cette recherche doit être indépendante des puissances de la finance et des influences étrangères et ne relever que de l’intérêt national.

 

Dans les conditions objectives actuelles, le Comité Valmy défend le maintien et l’amélioration du nucléaire civil, comme un atout actuellement sans alternatives crédibles, pour la France.


Le Bureau national du Comité Valmy 28 janvier 2017

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:51

Par Michel Raimbaud  ancien ambassadeur de France, professeur au Centre d’études diplomatiques et stratégiques, officier de l’ordre national du Mérite, chevalier de la Légion d’honneur

Autrefois respectée et écoutée du monde entier, la France s’est mise elle-même hors-jeu en Syrie

Le gouvernement français s’est enfermé dans une position injuste et déraisonnable à l’égard de la Syrie légitime, choisissant de soutenir des «révolutionnaires» armés et violents, déplore l’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud.

 

RT France : C’est la première fois que les représentants de l’opposition syrienne et du gouvernement se réunissent pour des négociations à Astana. Est-ce effectivement une avancée dans le processus des pourparlers ?

 

Michel Raimbaud (M. R.) : Le simple fait que des représentants de l’opposition syrienne se réunissent avec des représentants du gouvernement pour des négociations constitue bien entendu une avancée indéniable dans la recherche d’une issue politique à la «guerre universelle» qui détruit la Syrie et son peuple depuis maintenant six ans. Le fait que des protagonistes étrangers, qu’ils soient des alliés de l’Etat syrien comme la Russie et l’Iran, ou des parrains de l’opposition armée (pour ne pas dire terroriste) comme la Turquie, y soient impliqués, donne à ce scénario l’indispensable label «diplomatique» susceptible de garantir le sérieux de l’engagement des parties concernées.

 

La question n’est pas simple, dans la mesure où les représentants de «l’opposition» ont un passé ou un pedigree qui, en temps normal, ne leur assurerait pas un ticket d’entrée à une table de négociation. Dans la mesure également où l’un des parrains – le régime de Erdogan, pour ne pas le nommer – se voit gratifié de l’un des premiers rôles dans un processus devant conduire (d’une façon ou d’une autre) à la reconstruction de la Syrie, pays invaincu mais en bonne partie détruit grâce aux bons soins dudit Erdogan.

 

Pour le reste, il ne s’agit que d’un premier pas (celui qui coûte), qui devrait aboutir à une consolidation du cessez-le-feu généralisé et à séparer les «opposants armés» des groupes terroristes. Ce premier épisode devra être suivi de beaucoup d’autres, à Astana ou à Genève, ou ailleurs. Mais le choix du lieu n’est pas anodin.

 

RT France : Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s’est montré assez sceptique à l’égard des pourparlers à Astana, arguant que le vrai progrès ne pouvait avoir lieu qu’à Genève lors de la prochaine étape. D’où vient ce scepticisme ?

 

M. R. : Au fil des cinq cents dernières années, l’Occident s’est progressivement installé dans sa position de maître de l’univers, ce qui lui confère une rente de situation que ses dirigeants trouvent normale, estimant que les questions importantes relatives à la paix et à la guerre ne peuvent se traiter ailleurs que «chez eux».

 

Les Etats européens, alliés des Etats-Unis au sein de l’Alliance atlantique, ont ainsi du mal à admettre que des négociations sur un dossier phare comme celui de la guerre de Syrie puissent se tenir dans un pays comme le Khazakstan.

 

Chef de la diplomatie allemande, Monsieur Steinmeier, a dû se rendre à l’évidence : c’est à Astana, capitale d’une ancienne république soviétique restée proche de la Russie, membre du Traité de sécurité collective de Taschkent (OTSC), où la tradition musulmane se mêle à l’influence slave, que les représentants de l’opposition syrienne et du gouvernement se sont réunis pour un premier round de négociations.

 

Comment voulez-vous qu’un ministre européen sorte des chemins battus de la pensée unique et reconnaisse qu’Astana aura été une étape pionnière en soi ? Le «vrai progrès» ne peut donc avoir lieu qu’à Genève, lors de la prochaine étape.

 

Monsieur Steinmeier a sûrement la mémoire courte. Sans doute oublie-t-il que Genève avait déjà accueilli (en 2012) des négociations sur la Syrie, et que le résultat n’avait pas pu être qualifié de «vrai progrès», certains des signataires de Genève affirmant, avant même que l’encre ne soit sèche, qu’ils n’avaient pas la moindre intention de respecter l’accord qu’ils venaient de signer.

 

Même si elle se trouve hors du champ de l’Union Européenne ou de l’OTAN, Genève reste une ville de «chez nous». C’est, en outre, l’un des sièges de l’ONU, organisation qui n’a jamais démérité en matière de complaisance envers l’Empire atlantique. Les Secrétaires généraux et leurs envoyés spéciaux font preuve d’un dévouement et d’un zèle à toute épreuve au service de «l’opposition» armée, y compris De Mistura, que l’on a pu juger sur pièces à l’occasion de la récente bataille d’Alep.

 

RT : L’administration de Barack Obama a toujours insisté sur le fait que Bachar el-Assad devait partir. Pensez-vous que cela va être également la priorité pour l’administration de Donald Trump ?

M. R. : Sur ce point, permettez-moi de rappeler un point essentiel : il n’appartient ni à Obama, ni à Kerry, ni à Cameron, ni à Sarkozy, ni Juppé, ni à Fabius, ni à Hollande, ni à Ayrault, ni à Donald Trump, ni à Steinmeier de décider si le président Bachar el-Assad doit partir ou rester. Vous constaterez comme moi qu’ils sont tous partis ou sur le point de partir, sauf Trump, qui vient de prendre ses fonctions.

 

C’est au peuple syrien et à lui seul de décider de son avenir.

 

Bien malin qui pourrait deviner quelles seront les priorités du nouveau président américain, qui sera sans doute très «flexible» ou imprévisible, comme il le dit lui-même. Pour la Syrie, il n’est pas déraisonnable d’espérer qu’il mettra en œuvre son intention annoncée de dialoguer avec la Russie, ce qui pourrait influer sur son attitude à l’égard de Bachar el-Assad…et de ses opposants.

 

RT : Quel devrait être le rôle de la France dans la résolution du conflit ? Pourquoi n’est-elle plus protagoniste dans la région ?

 

M. R. : La France bénéficiait en Syrie d’un capital de sympathie indéniable jusqu’à la seconde guerre d’Irak. La situation s’est gâtée en 2003, suite au retour progressif au «bercail atlantique», selon l’expression consacrée.

 

Toutefois c’est depuis le début des «printemps arabes» que le gouvernement français s’est enfermé dans une position injuste et déraisonnable à l’égard de la Syrie légitime, choisissant dès le mois de mars 2011 de soutenir des «révolutionnaires» armés et violents, bientôt terroristes. Des slogans comme «Bachar doit partir» ou des propos déplacés ne peuvent servir de ligne diplomatique…

 

Dans ce contexte, comment voulez-vous que la France, qui s’est mise elle-même hors-jeu, soit un protagoniste dans la région et dans le jeu diplomatique autour des problèmes de ce Grand Moyen-Orient ?

 

En tant qu’ancien diplomate, je déplore cette position et cette attitude négative, qui seront difficiles à amender et à faire oublier. Mais je ne suis sûrement pas le seul à souhaiter que la France retrouve le rôle traditionnel qui lui valait d’être respectée et écoutée partout dans le monde.

Source:https://francais.rt.com/opinions/32958-autrefois-respectee-ecoutee-monde-entier-france-hors-jeu-syrie

via: http://arretsurinfo.ch/michel-raimbaud-la-france-sest-mise-elle-meme-hors-jeu-en-syrie/

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:48

Fausse socialisation mais vraie arnaque !

Origine Association Nationale des Communistes

Par RICHARD PALAO mardi 22 novembre 2016

 

Alors que les inégalités s’accroissent, que 8 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté, que le chômage de masse perdure, que notre système de protection sociale crée par le CNR voit sa couverture se rétrécir dangereusement … certains pensent avoir trouvé la solution pour venir au secours du capitalisme en crise systémique qui ne peut plus rien distribuer sous peine de disparaître.

 

À droite on propose le REVENU UNIVERSEL, financé par l’impôt qui se substituerait à toutes les prestations et allocations actuelles ; ce qui ne peut que recueillir l’assentiment du patronat puisque non seulement cela ne lui coûtera rien mais de plus lui permettra d’exiger la suppression des cotisations sociales.

 

D’autres, issus de la gauche, comme Bernard FRIOT l’économiste du PCF, et des syndicalistes de la CGT comme de la CFDT, proposent de mettre en place un SALAIRE UNIVERSEL qui serait versé à partir de 18 ans et jusqu’à la fin de vie.


Les tenants de ce salaire universel, prétendent l’imposer dans le cadre du système capitaliste, ce qui signifie qu’il ne remettent pas en cause la propriété privée des entreprises et donc que le patronat continuera à déterminer quelle part du profit il entend consacrer aux salaires. Le changement consiste donc à verser les salaires à une ou plusieurs caisses qui se chargeront de les répartir aux salariés.

 

Ce salaire universel n’est donc pas une proposition révolutionnaire susceptible de modifier le rapport capital /travail, puisque le rôle des travailleurs se limitera à se partager les miettes que le patronat aura consenti à leur laisser … ça s’appelle de la cogestion du capitalisme ou encore de la collaboration de classe.

 

De plus pour faire « moderne », les promoteurs du salaire universel assure que ce dernier permettra de « déconnecter » le salaire du travail, mais c’est ce que fait le patronat depuis des siècles en « déconnectant » le salaire des richesses produites et en refusant de payer la force de travail à son juste prix, faisant ainsi du salaire une simple allocation d’assistance permettant de faire tourner la machine.

 

La théorie est une chose, la pratique en est une autre : étant donné la multiplicité des métiers, des qualifications, des compétences ... est-il sérieux de proposer une échelle de salaire de 1 à 4 ( conf. B. FRIOT), la CGT et l’UGICT sont-elles prêtes à « vendre » cela aux salariés des entreprises privées, ces mêmes organisations syndicales sont elles prêtes à demander au personnel des entreprises publiques et aux fonctionnaires de troquer leurs régimes spécifiques de retraite contre un chimérique salaire continué (le salaire universel des retraités) ???

 

Plus grave : en se substituant au prestations du RÉGIME GENERAL, ce salaire universel va le mettre en danger de disparition et donc saper les bases de notre protection sociale UNIVERSELLE, car si tous les objectifs du CNR, notamment, L’ UNICITÉ et la gestion DÉMOCRATIQUE n’ont pas été atteints, celui de l’ UNIVERSALITÉ est une réalité puisque toutes les couches de la population en bénéficient : les familles, les chômeurs, les salariés, les non-salariés (commerçants, artisans, agriculteurs) etc.…

 

Or le salaire universel réservé aux seuls salariés fera sortir ces derniers du système UNIVERSEL actuel puisque les indemnités journalières maladie, les rentes AT, les pensions d’invalidité, les retraites seront remplacées par ce salaire à vie.
Avec ce salaire universel se seront donc les principes d’UNICITÉ, de SOLIDARITÉ ET D’UNIVERSALITÉ qui seront dynamités, et le patronat verra son souhait de supprimer les conquêtes du CNR réalisé.

 

Sans être pessimiste, nous allons vivre encore de nombreuses années sous le règne du capitalisme, en conséquence, faire comme si celui-ci était prêt à abandonner aux salariés la gestion de leur paie relève d’une dangereuse utopie : seule l’éradication du capitalisme permettra la SOCIALISATION intégrale et réelle du salaire.

 

Quel que soit le vocable : REVENU UNIVERSEL ou SALAIRE UNIVERSEL, le résultat est le même : la destruction de l’œuvre majeure du CNR - notre protection sociale UNIVERSELLE.

 

Notre sécurité sociale, notre régime général, ne sont ni ringards ni obsolètes, leur remplacement n’est donc pas à l’ordre du jour, ils doivent au contraire être confortés, améliorés pour aller vers une sécurité sociale UNIVERSELLE à 100 %.

 

Les salarié(e) s doivent donc se montrer vigilants, ne pas se laisser duper par de fausses bonnes solutions comme le salaire universel qui visent à faire croire que le capitalisme peut-être aménagé et qu’il n’est donc pas prioritaire de s’en débarrasser.

 

Addendum : Déjà des questions, mais d’autres à suivre et bien sur des réponses à venir de la part de ses promoteurs en particulier : Quels coûts, quels financement, qu’elles garanties pour ce qui concerne l’existant : S’agirait-il d’un laminage par le bas ou d’un nivelage par le haut des actuelles protections et prestations sociales sociales. S’agit-il, dans une période ou notre économie encadrée par l’union européenne s’étiole, de déshabiller les uns pour s’assurer d’une hypothétique paix sociale en faisant la charité aux autres.

Dans un premier temps ne lâchons pas la proie pour l’ombre. Les bonnes solutions passent par le refus des délocalisations, le retour progressif au plein emploi par la relance de notre production industrielle, manufacturière et agricole pour réduire le déficit de nos échanges avec l’union européenne.

Il est également à noter que la France qui fait la manche sur les médias dispose des moyens nécessaires pour assurer en permanence un logement d’urgence, et des conditions de vie décente pour les personnes en difficultés, les SDF en particulier, elle peut les faire croître en taxant les très  hauts revenus et les mouvements financiers spéculatifs jusqu’à les interdire. Jack Freychet

A suivre  et compléter…

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:52

"HAMONceler" les électeurs pour assurer la victoire d’un "idiot utile"
par Jean Lévy
Comité Valmy

 

 

La "primaire" de "la belle alliance populaire" - en fait celle du PS - consacre la mort clinique du Parti dit ’socialiste’ en tant qu’instrument idéologique majeur du capital financier. L’acte de décès suivra dimanche 29 janvier, avec l’élection bidon de son candidat à la Présidence de la République.

 

C’est en effet une sinistre farce que joue la classe politique en mettant en scène ces ’primaires’ pour tenter de faire croire au bon peuple qu’il est maître du jeu, que l’avenir politique dépend de ses choix, alors que la feuille de route établie par le grand capital, à l’intention de ses hommes sandwiches, est rédigée dans les salons dorés de la Banque Rothschild ou de l’Institut Montaigne, conformément aux voeux du libre marché.

 

Et ce libre marché a des exigences : il ne lui suffit plus de pressurer jusqu’à plus soif le monde du travail, de dépecer le Code qui sanctifiait ses acquis sociaux, de placer les droits de . l’homme en liberté surveillée. Le Capital financier veut aller plus loin et plus vite au rythme de ses besoins de profit . Il lui faut briser tout cadre légal ou juridique qu’il considère comme un obstacle à ses objectifs. Toute réglementation, toute loi qui freine la libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises, lui est insupportable. Et en premier les frontières qui limitent son espace de prédation mondiale, d’où sa volonté de mettre en pièces l’idée même de nation qui cristallise la résistance à ses volontés hégémoniques. Les derniers événements mondiaux,tels le Brexit et l’élection de Donald Trump, que l’oligarchie européenne considère comme d’horribles catastrophes, pousse celle-ci à réagir en accentuant la restructuration à mort de nos sociétés aux seules fins de leurs seuls intérêts.

 

En France, le capital financier a trouvé son sauveur, l’homme-lige des banques d’affaire, Emmanuel Macron, pour piloter cette restructuration en profondeur. Et il a mis en place une nouvelle stratégie pour faire accepter ce choix de le substituer à la social-démocratie. Celle-ci d’avoir trop servi durant ces dernières décennies, en alternance avec le courant conservateur, n’est plus apte à jouer le nouveau rôle attendu du pouvoir politique.

 

Mais comment faire accepter ce changement aux électeurs ?

D’abord, ce fut l’été dernier, la mise sur orbite d’Emmanuel Macron, troquant son ministère pour le rôle d’opposant, accompagné depuis lors par l’ensemble des médias à gage, tous propriétés de grands patrons, faisant d’un presque inconnu le Sauveur suprême !

 

Puis, il y a eu la renonciation de François Hollande, totalement essoré par cinq ans de présidence et la ’primaire’ de la droite, qui sortit du chapeau François Fillon, promettant au bon peuple cinq ans de misère...

 

Enfin, ce dimanche, l’Opération Belle alliance a consacré le succès du candidat de "gauche" du PS, le gentil Benoît Hamon, qui s’opposera au méchant Manuel Valls...Certes, le vote aura lieu le 29 janvier, mais tout donne à penser que l’ex-frondeur sera choisi comme challenger de Manuel Macron, celui-ci, et pour la circonstance, étiqueté "de gauche", comme si la maison-mère d’En marche pouvait recevoir ce label !

 

Le parti des banquiers peut respirer : son candidat n’a guère à craindre de celui, qui avant lui, fut ministre de François Hollande, et envisager ainsi la présence de Manuel Macron au second tour des présidentielles.

 

Mais contre qui ?

La candidature de Benoît Hamon présente aussi cet avantage : prendre des voix à Jean-Luc Mélenchon pour empêcher celui-ci d’accéder à la finale pour l’Elysée. Restent en lice comme postulants Marine Le Pen et François Fillon. L’oligarchie a fait ses comptes : avec ce dernier, tout baigne : Fillon sort de la même écurie que le préféré Macron !

 

Le triste de cette histoire, c’est que le peuple risque fort de rester orphelin du combat à mener : pas de "rouge" en vue pour brandir le drapeau de la souveraineté populaire et du progrès social contre le pouvoir du capital...

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 16:51

Panique générale chez les euro-atlantistes

Origine RT

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy pointe ici la panique des élites mondialisées face à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, et certaines analogies des deux côtés de l’Atlantique.

 

Effarés, affolés, traumatisés, bouleversés, tétanisés, livides… On peine à trouver un qualificatif qui rende compte de l’état d’esprit des dirigeants euro-atlantiques, et de la presse qui leur est fidèle, au moment où Donald Trump accède à la Maison Blanche.

 

Et que dire des quelques poignées d’«idiots utiles» (selon la formule jadis prêtée à Lénine) qui, à Berlin, Paris ou Londres, ont défilé notamment avec ce délicieux slogan : «ce n’est pas mon président»… Que dire, si ce n’est pointer une ligne de fracture fondamentale qui s’esquisse progressivement tout autant dans de nombreux pays européens qu’aux Etats-Unis, et dans bien d’autres contrées du monde : entre des couches moyennes plutôt aisées, urbaines, intellectuelles et aspirant à la mondialisation ; et une classe ouvrière qui subit mépris et atomisation depuis des décennies.

 

Entre les premiers qui pensent «valeurs», et les seconds «intérêt», voire survie sociale pure et simple. Entre d’un côté ceux qui se mobilisent «contre la haine» (!) ; de l’autre ceux qui se rassemblent pour l’emploi. Simplification outrancière ? Peut-être. Mais cette polarisation de classe qui émerge n’en est peut-être qu’à ses débuts. Et tant mieux si les seconds y regagnent cette dignité, cette existence et ce rôle collectifs qui leur ont été déniés par les chantres de la globalisation économique mais aussi idéologique.

 

Si Monsieur Trump passe de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique

 

Pour l’heure, écoutons ces derniers. «C’est la fin du monde», a lâché Manuel Valls (BFMTV, 16/01/17), qui n’évoquait pas les résultats de la primaire socialiste, mais la perspective d’une «alliance entre Trump et Poutine». «Donald Trump [est] décidé à détruire le projet européen», s’épouvante l’éditorial de Libération (18/01/17). Et Le Monde (19/01/07) sonne le tocsin : «le président des Etats-Unis s’est lancé dans une opération délibérée de déstabilisation de l’Allemagne (…) c’est toute l’Europe qui est attaquée».

 

L’UE est confrontée à l’un des «plus grands défis de ces dernières décennies» alerte pour sa part Angela Merkel. Le Commissaire européen Pierre Moscovici s’étrangle : «on a une administration américaine qui souhaite le démantèlement de l’Union européenne, ce n’est pas possible !». Quant au Secrétaire d’Etat américain sur le départ, il a exhorté le gratin des élites mondialisées réuni à Davos à se «rappeler pourquoi nous avons fait ce voyage de 70 ans ensemble». John Kerry semble ainsi évoquer l’axe euro-atlantique… au passé.

 

Cette panique générale – qu’on ne peut s’empêcher de savourer – est compréhensible. Car, dans un entretien publié quelques jours avant sa prise de fonction, Donald Trump a confirmé les éléments qui faisaient déjà trembler tant Bruxelles que l’«establishment» de Washington lors de sa campagne électorale. Or, comme l’a fait remarquer Monsieur Valls, décidément inspiré, «on a oublié qu’un populiste peut vouloir mettre en œuvre son programme».

 

Sera-ce le cas avec le nouvel hôte de la Maison Blanche ? Pour l’heure, la prudence doit rester de mise. Mais si Monsieur Trump passe, ne serait-ce que partiellement, de la parole aux actes, alors oui, ce sera bien la fin d’un monde, l’amorce d’un changement d’ère historique.

 

Car qu’a dit le milliardaire dans l’entretien publié par les quotidien allemand Bild et anglais The Times ? Que le Royaume-Uni a été «intelligent» de quitter l’UE ; que cette dernière n’était que le «véhicule de la puissance allemande» ; qu’il comptait bien que d’autres Etats imitent le Brexit ; qu’il se réjouissait de préparer un accord commercial séparé avec Londres ; que le libre-échange mondial (donc notamment le TTIP) était désormais caduc ; que l’industrie automobile allemande pourrait bien se voir imposer d’importants droits de douane si cela encourage l’emploi aux Etats-Unis ; et que la chancelière avait commis une «erreur catastrophique» avec sa politique de portes ouvertes aux réfugiés.

 

Les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union européenne de plus en plus populaire et légitime

 

Pire – ou mieux : le nouveau président américain a confirmé qu’il jugeait l’OTAN «obsolète» ; qu’un grand accord avec Moscou visant au désarmement nucléaire «serait dans l’intérêt de beaucoup de gens» ; et que, conséquemment, les sanctions contre la Russie pourraient bien être remises en cause. Mobilisant tout son sens de la litote, le Secrétaire général de l’Alliance atlantique s’est dit «préoccupé». Le Monde enrageait déjà fin décembre (22/12/16) : Monsieur Trump «veut être l’homme du renouveau industriel américain, pas le shérif d’un ordre démocratique occidental à maintenir et propager». Impardonnable ! A Davos, Joseph Biden, encore vice-président américain pour deux jours, a lancé un appel désespéré pour «sauver l’ordre libéral international»…

 

Seize anciens chefs d’Etat ou de gouvernement et de ministres – essentiellement issus des pays d’Europe du Nord-est – avaient, peu avant, alerté contre le péril majeur d’un réchauffement des relations avec la Russie : «la confiance et l’amitié seraient une grave erreur», écrivaient-ils sans ciller.

Faut-il dès lors s’étonner de l’hystérie croissante contre la Russie ? Moscou est pêle-mêle accusé de promouvoir (avec un succès grandissant) ses médias publics à destination de l’Occident, d’envahir les réseaux sociaux par de fausses nouvelles, et de pirater les ordinateurs des institutions occidentales. Selon la CIA, la NSA, et le FBI – et Dieu sait que ces nobles échoppes ne peuvent dire que la vérité – Vladimir Poutine aurait ainsi influencé l’élection américaine en faveur de son favori et bien sûr sablé le champagne. Retransmis par Arte (06/01/13), le grand chef (sortant) du renseignement, James Clapper, a ainsi déclaré : «les Russes ont une longue expérience de l’ingérence électorale, qu’il s’agisse de leurs propres scrutins ou de ceux des autres». Humour involontaire ?

Et déjà, l’hôte du Kremlin se préparerait à prendre en main les électeurs néerlandais, français, puis allemands, qui se rendront aux urnes en 2017, pour que les uns et les autres choisissent des formations anti-UE (ou réputées telles).

 

Car, évidemment, sans ces sombres manœuvres, les citoyens seraient enthousiastes pour plébisciter une Union européenne de plus en plus populaire et légitime.

Encore une coupe, Vladimir Vladimirovitch ?

 

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 17:34

Opinions Paul Craig Roberts

 

 

Le bref discours d’investiture du Président Trump est une déclaration de guerre à l’establishment US entier. Contre l’ensemble de ceux qui détiennent le pouvoir.

 

Trump a longuement expliqué que les ennemis des USA sont ici. Ce sont : les mondialistes ; les néocons et les autres partisans de l’unilatéralisme habitués à imposer les USA au monde et à les engager dans des guerres ruineuses et sans fin ; les politiciens qui servent l’establishment dirigeant plutôt que le peuple ; et à vrai dire, l’ensemble de l’aréopage d’intérêts privés qui laissent se dégrader les USA tout en profitant de la chose pour s’enrichir.

 

À vrai dire, le Président Trump s’est engagé dans une guerre bien plus dangereuse pour lui que s’il l’avait déclarée contre la Russie ou la Chine.

 

Qualifiés d’ennemis par Trump, les groupes d’intérêts sont bien ancrés et habitués à être au pouvoir. Leurs puissants réseaux sont toujours en place. Bien que la majorité soit républicaine à la Chambre des députés et au Sénat, la plupart des membres du Congrès sont redevables devant les groupes d’intérêts dirigeants qui leur fournissent les fonds de campagne, plutôt que devant le peuple ou le Président. Le complexe militaro-sécuritaire, les compagnies délocalisées, Wall Street et les banques, ne se soumettront pas à Trump. Pas plus que les médias de la pressetituée, qui appartiennent à des groupes d’intérêt dont le pouvoir est remis en question par Trump.

 

Aucun doute que son discours rassembleur [inclusiveness] sera ignoré par les fielleux de gauche, qui continueront à le traiter de raciste, tout comme les manifestants payés 50 dollars de l’heure, comme je l’ai déjà écrit.

 

À vrai dire, le leadership noir, par exemple, est piégé dans son rôle de victime, d’où il lui sera dur de sortir. Comment rallier des gens qui ont appris toute leur vie durant que le Blanc est raciste et qu’ils sont victimes des racistes ? Est-ce faisable ?

 

J’ai participé juste quelques instants à une émission de Press TV où nous étions censés fournir l’analyse du discours d’investiture de Trump. L’autre commentateur était un Noir de Washington. Le laïus intégrateur [inclusiveness] de Trump ne l’a pas impressionné, et l’animateur de l’émission ne s’intéressait qu’à montrer les manifestants embauchés pour discréditer les USA. Tant de gens ont des intérêts économiques à parler au nom des victimes, que ce genre de propos est disqualifiant.

 

Ainsi, en plus des mondialistes, de la CIA, des compagnies délocalisées, des industries d’armement, du gratin de l’OTAN en Europe, et des politicards étrangers habitués à se faire grassement rétribuer pour leur soutien à la politique étrangère interventionniste de Washington, Trump aura contre lui les leaders des gens discriminés, noirs, hispaniques, féministes, clandestins, homosexuels et autres transgenres. Cette longue liste inclut évidemment aussi les libéraux blancs, car ils sont convaincus que l’intérieur des USA est l’habitat des racistes blancs, des misogynes, des homophobes et des cinglés de la gâchette. Pour eux, ces 84% du pays devraient être placés en quarantaine ou claquemurés.

 

En d’autres termes, reste-t-il assez de bonne volonté dans la population pour permettre à un président d’unir les 16% de haineux aux 84% de forcenés ?

 

Voyez les forces qui s’opposent à Trump :

Comme leur pouvoir et revenu en sont revalorisés, les leaders noirs et hispaniques ont besoin de passer pour des victimes. Ils tourneront un œil désabusé vers l’ouverture de Trump ; elle est bonne pour les Noirs et les Hispaniques, mais pas pour eux.

 

Les dirigeants et les actionnaires des multinationales s’enrichissent avec les emplois délocalisés que Trump veut ramener dans le pays. Si les emplois reviennent, leurs profits, primes de rendement et gains en capital disparaîtront. Mais ce sera le retour de la sécurité économique pour la population US.

 

Le budget annuel de 1000 milliards de dollars du complexe militaro sécuritaire est lié à la « menace russe ». Comme Trump veut le remplacer par des relations équilibrées, son assassinat ne peut être écarté.

 

De nombreux Européens doivent prestige, pouvoir et revenus à l’OTAN que Trump remet en cause.

 

Les profits du secteur financier viennent presque entièrement de la mise en esclavage des gens par la dette et du pillage de leurs pensions privées et publiques. Avec son représentant, la Réserve fédérale, le secteur financier peut déborder Trump avec la crise financière. La Banque de la Réserve fédérale de New York dispose d’un bureau de spéculation complet. Elle peut plonger le marché entier dans la tourmente. Ou soutenir tout marché, car sa capacité à créer des dollars US n’a aucune limite.

 

Tout l’édifice politique des USA s’est coupé de la volonté, des désirs et des besoins du peuple. Maintenant Trump dit que les politiciens seront responsables devant le peuple. Cela signifierait évidemment une importante réduction de leur sécurité au pouvoir, de leur revenu et richesse.

 

Il existe un grand nombre de groupes, financés par on ne sait qui. Par exemple, contre l’énergique engagement de Trump à défendre tout le monde contre l’establishment dirigeant, RootsAction a réagi aujourd’hui par une requête « demandant au congrès d’ordonner au Comité judiciaire de Chambre d’ouvrir une enquête de mise en accusation » et d’envoyer de l’argent pour la destitution de Trump.

 

Human Rights First, un autre groupe fasciste, attaque la protection des frontières voulue par Trump, car elle condamne « l’espoir d’un refuge pour ceux qui fuient la persécution ». Réfléchissez un instant à ceci : Selon les organisations libérales progressistes de gauche et les organisations des groupes d’intérêts raciaux, les USA sont une société raciste, à l’image du président Trump. Et malgré tout, les victimes du racisme se réfugieraient aux USA, là où elles subiront une persécution raciste ? Ça n’a pas de sens. Les clandestins viennent ici pour travailler. Demandez aux entreprises du bâtiment. Demandez aux abattoirs de volaille et d’animaux. Demandez aux services de nettoyage des régions de villégiature.

 

La liste de ceux qui ont déclaré la guerre à Trump est suffisamment longue, bien que l’on puisse encore en rajouter.

 

Nous devrions nous demander pourquoi un milliardaire âgé de 70 ans, propriétaire d’entreprises florissantes, marié à une fort belle femme et père d’enfants intelligents, est prêt à sacrifier ses dernières années à l’extraordinaire stress d’un président porteur de l’angoissant programme consistant à rendre au peuple son pouvoir. Il est certain que Trump s’expose à être assassiné. La CIA ne va pas ramasser ses cliques et ses claques et aller voir ailleurs. Pourquoi quelqu’un entreprendrait-il de restaurer en grand les USA, ce qu’a dit vouloir faire Trump, alors qu’il pourrait plutôt passer ses dernières années à prendre énormément de plaisir ?

 

Quelle que soit la raison, nous devons lui en être reconnaissants, et s’il est sincère, nous devons l’encourager. S’il est assassiné, il nous faudra prendre les armes, réduire en cendres le QG de la CIA de Langley et tous les abattre.

 

S’il réussit, il méritera le titre de Trump le Grand !

Russie, Chine, Iran, Venezuela, Équateur, Bolivie…, tous les pays sur la liste des victimes de la CIA devraient comprendre que l’ascension de Trump ne donne qu’une piètre protection. La CIA est une organisation mondiale. Ses rentables activités génèrent des revenus indépendants du budget US. Cette organisation est capable de lancer des opérations sans le consentement du président, ni même de son propre directeur.

 

La CIA a eu près de 70 ans pour se retrancher. Elle ne ramassera pas ses cliques et ses claques pour aller voir ailleurs.

Paul Craig Roberts
Original : www.paulcraigroberts.org/2017/01/20/trumps-declaration-war/
Traduction Petrus Lombard

Réseau International

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