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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 10:41

Au verbe facile, doté du sens de la répartie, objet d’éloges de la part de nombreux commentateurs pour sa prestation télévisuelle du 12 janvier 2012, Mélenchon est-il pour autant un bon candidat de gauche, ses propositions sont-elles de nature à mettre fin au marasme qui nous environne, à nous sortir de la mouise ? Je serais plus tempéré.

Il est certes brillant, en apparence, mais  n’oublions pas que c’est le fond qui prime et non la forme, les effets de manches ne peuvent remplacer la logique et l’argumentaire, le meilleur outil pédagogique ne peut gommer les lacunes d’un programme, quel qu’il soit, qui transparaissent dès que l’on se donne la peine de gratter le vernis dont il est enrobé, reproche que l’on peut adresser à la quasi-totalité des candidats en présence qui nous promettent toujours monts et merveilles la veille des élections pour nous inciter à la patience le lendemain du scrutin. Ainsi le travaillez plus de Sarkozy pour gagner plus et alimenter le chômage est devenu travaillez plus pour gagner moins, le chômage explose. Chirac disait vouloir réduire la fracture sociale, elle s’est accentuée, Mitterrand et Jospin ne nous ont laissé que la droite et l’austérité en héritage.

Même paré des plumes d’un paon Mélenchon ne reste qu’un paon et  n’a d’autre soucis  que de faire le meilleur score possible pour réintégrer le bercail réformiste en bonne position lors de la  répartition des strapontins.

Le Programme Populaire Partagé du Front de Gauche n’est pas de nature à nous faire retrouver notre souveraineté monétaire dont l’abandon, en 1973, loi Pompidou Giscard dite loi Rothschild, reprise par le traité de Maastricht, a démultiplié la dette au travers des intérêts versés  au profit du capital privé (il faut lire et relire Eric Toussaint). Ce que l’on dénomme aujourd’hui la crise c’est l’abondance pléthorique pour quelques-uns, les sacrifices pour les peuples.

 Il faut dévoiler et dénoncer les responsabilités successives, désobéir à l’UE jusqu’à en sortir, revenir au Franc pour inverser la tendance. Il n’y aura pas de croissance possible sans souveraineté monétaire. Le M’PEP en a clairement énoncé la méthodologie, les délais : Six mois, les conséquences prévisibles. Il faut faire ce que ne prévoient ni le Front de gauche ni Mélenchon qui renvoient à un éventuel référendum, et une modification de la constitution, pour l’après deuxième tour. L’écrire en exergue du PPP eut été plus mobilisateur au premier tour. Si la démarche n’était pas sans arrière pensée pourquoi refuser l’entrée du M’PEP au sein du Front de Gauche? Il ne l’a pas voulu car il est européiste, Hollande ne le fera pas non plus pour la même raison, mais ils ne sont pas les seuls à refuser de s’affranchir des traités européens. Dans ces conditions leurs marges de manœuvre sont  réduites  à peu de choses. En attendant, « Billancourt », les exclus ou en voie de l’être désespèrent certains iront se réfugier dans l’abstention d’autres rejoindre le camp Lepéniste.

J’ai déjà là une première raison de ne pas accorder mon suffrage au candidat du Front de gauche.

 La seconde est motivée par le feu vert donné par le parti de gauche à l’intervention de l’OTAN en Libye, sous l’autorité de l’ONU, pour une nouvelle aventure coloniale à visée planétaire. Il est à noter que les trois députés européens membres du PCF se sont à cette occasion « courageusement » abstenus. Le  PS a applaudi.

La troisième pour son approche du développement durable au travers des thèses fallacieuses du GIEC, l’abandon  du nucléaire civil alors que les réacteurs de quatrième génération, plus sûrs, nous mettraient à l’abri de toute pénurie d’électricité pour plusieurs génération dans des conditions économiques optimales pour les consommateurs individuels et l’appareil productif. Si l’électricité ne peut actuellement être stockée, elle peut être utilisée pendant les heures creuses, de nuit principalement, pour le chauffage par accumulation  et le rechargement des bassins en amont,  alors que les réacteurs ont des disponibilités, restituée ensuite en périodes de plus forte charge.

Beaucoup de scientifiques s’interrogent sur la réalité du réchauffement climatique, ses origines. Mélenchon qui n’est pas un scientifique a tranché, sans preuve, ou ses conseillers pour lui, c’est l’Homme qui serait  responsable, nous plaçant, comme dans le domaine de la santé, devant l’alternative ou payer plus des énergies alternatives aléatoires ou nous chauffer (soigner) moins mais cela il ne l’écrit pas. Si le réchauffement n’est pas d’origine anthropique qui stoppera la dérive des continents et les rayonnements cosmiques ? Les hollandais se sont adaptés en aménageant des polders la planète n'a pas toujours été ce quelle est devenue, essentiellement par la force des éléments. Ne trouve-t-on pas des fossiles marins un peu partout?

Quatrièmement, que Mélenchon réussisse un bon score le rendrait plus exigeant vis-à-vis de ses alliés du premier tour. Nous assisterions dans cette hypothèse à un étouffement encore plus rapide du PCF, qui abandonne déjà ses fondamentaux, et sa transformation définitive en force d'appoint  de  la  social démocratie, jusqu’à la fusion pure et simple. Un bide de sa part pourrait à contrario provoquer une réaction salutaire à la condition d’apporter les bonnes réponses aux vraies questions que se posent les habitants de notre pays. Après tout le PCF, interdit en 39, ses militants pourchassés, internés, déportés, fusillés, était devenus trois années plus tard un acteur politique majeur  incontournable pour la libération, y compris économique, du pays.

L’Union européenne et l’euro sont à l’origine du marasme actuel. Raison suffisante pour nous en débarrasser, rechercher de nouvelles alliances avec les forces de progrès où qu’elles se trouvent dans le monde, nous ne les trouverons pas seulement en Europe ou la gauche, malade, a besoin de se ressourcer.

Cette élection présidentielle offrait la possibilité d’avancer quelques propositions réalistes, l’absence d’un candidat représentatif de la vraie gauche l’interdit et pèsera négativement sur la teneur des débats lors des législatives qui suivront et  resteront, par la force du suffrage universel, à dominante réformiste. Nous avons déjà donné.

Il y avait une opportunité à saisir le Front de gauche, le PCF et leurs alliés ne l’ont pas voulu.

Il faudra alors, dans le meilleur des cas, préparer le grand soir en révisant les fondamentaux, le pire serait d’attendre les élections suivantes, cinq années perdues,  l’arme aux pieds. Tant pis pour les jeunes, les plus vieux seront morts.

Chacun devant agir en son âme et conscience tout ce qui précède n’est en aucun cas une consigne de vote mais un point de vue personnel. Si je me rends aux urnes, en l’état de propositions des uns  et des autres,  ce sera uniquement pour éliminer Le Pen et  éjecter Sarkozy sans illusion, aucune, sur celui qui prendra la succession. Le seul candidats ayant à mes yeux un préjugé favorable est Dupont-Aignan lorsqu’il écrit : L’euro, les banquiers et la mondialisation L’ARNAQUE DU SIECLE mais hélas le PCF n’a plus ni les forces ni la volonté nécessaires pour imposer un compromis social plus favorables au peuple, à l’image, en son temps, du programme du Conseil National de la Résistance dont les acquis sont en cour de détricotage.


Voir les 0 commentaires - Par jack Freychet - Publié dans : présidentielles 2007 premier tour - Ecrire un commentaire
Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:42




Domenico Losurdo est professeur de philosophie à l’Université D’Urbino ( Italie). Il est notamment l’auteur de Révisionnisme en histoire problèmes et mythes (Albin Miche), de Fuir l’histoire (Delga), le péché originel du XX ème siècle, Staline Histoire et critique d’une légende noire.


En 2005 vous avez publié votre livre « Fuir l’histoire ? La révolution russe et chinoise aujourd’hui. » Qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire ?


La première édition du livre a été publiée en 1999. C’était à un moment où la fin de la guerre froide était interprétée comme l’impossibilité irrémédiable de toute tentative pour construire une société socialiste, comme le triomphe définitif du capitalisme et de la « fin de l’histoire ». En Occident, cette manière de voir les choses a fait une brèche au sein même de la gauche : même les communistes, bien qu’ils déclarassent vouloir rester fidèles aux idéaux du socialisme, ont cependant ajouté qu’ils n’avaient rien à voir avec l’histoire de l’URSS ou de la Chine, où, disaient-ils, s’était produit la « restauration du capitalisme ». Pour m’opposer à cette « fuite hors de l’histoire » je me suis proposé d’expliquer l’histoire du mouvement communiste depuis la révolution russe d’Octobre jusqu’à la Chine née des réformes de Deng Xiaoping.


A votre avis, pour quelles raisons l’URSS s’est-elle « désintégré » ?


En 1947, quand a été énoncée la politique du containment, son théoricien, George F. Kennan, expliquait qu’il était précieux d’ « augmenter les tensions (strains) que doit subir la politique soviétique », afin de « promouvoir des tendances qui puissent finir par ébranler ou assouplir le pouvoir soviétique ». De nos jours ce n’est pas très différent de la politique U.S. vis-à-vis de la Chine, bien que la Chine ait entre-temps accumulé une grande expérience politique. Mais au-delà de la politique du containment, ce qui a été déterminant dans l’effondrement de l’URSS, ce sont ses graves faiblesses internes. Il faut revenir sur la célèbre thèse de Lénine selon laquelle « il n’y a pas de révolution sans théorie révolutionnaire ». Le parti bolchevique, sans aucun doute, avait une théorie de la prise de pouvoir ; mais si par révolution nous entendons non seulement la destruction de l’ordre ancien, mais également la construction du nouveau, les bolcheviques et le mouvement communiste étaient substantiellement dépourvus d’une théorie révolutionnaire.
De ce point de vue, nous ne pouvons considérer qu’une théorie de la construction d’une société post-capitaliste se réduise à l’espérance messianique d’un monde ou auraient disparu complètement les États, les nations, le marché, l’argent, etc. Le PCUS a commis la grave erreur de ne pas avoir fait d’effort pour pallier cette lacune.


A votre avis, quelles caractéristiques et signification a la révolution chinoise ?


Au début du XXème siècle, la Chine faisait partie du monde colonial et semi colonial, soumise par le colonialisme et l’impérialisme. La révolution d’Octobre fut un tournant historique, qui a déclenché et impulsé une vague anticolonialiste de dimension planétaire. A la suite de cela, le fascisme et le nazisme ont été la tentative de revitalisation de la tradition coloniale. En particulier, la guerre déclenchée par l’impérialisme hitlérien et japonais, respectivement, contre l’Union Soviétique et la contre la Chine, ont été les plus grandes guerres coloniales de l’histoire. De sorte que Stalingrad en Union soviétique, la Longue Marche et la guerre de résistance contre le Japon en Chine ont été de grandioses luttes de classe, qui ont empêché l’impérialisme le plus barbare d’imposer une division du travail fondée sur la réduction des grands peuples à une masse d’esclaves au service de la supposée race des seigneurs.
Mais la lutte d’émancipation des peuples en situation coloniale et semi coloniale ne s’achève pas avec l’obtention de l’indépendance politique. Dès 1949, alors qu’il allait s’emparer du pouvoir, Mao Zedong avait insisté sur l’importance de l’édification économique : Washington voudrait que la Chine se contente « de vivre de la farine états-unienne », dans ce qui serait « une colonie américaine ». Il va sans dire que sans la victoire dans la lutte pour la production agricole et industrielle, la victoire militaire finira par être fragile et vaine. D’une certaine manière, Mao avait prévu le passage de la phase militaire à la phase économique de la lutte pour la révolution anticolonialiste et anti-impérialiste.
Que se passe-t-il de nos jours ? Les États-Unis sont en train de déplacer le gros de leur arsenal militaire en Asie. L’agence Reuter, le 28 octobre 2011, écrivait qu’une des accusations de Washington à l’égard des dirigeants de Pékin étaient de fomenter ou d’imposer un transfert de technologie occidentale à la Chine. C’est clair : les États-Unis prétendent conserver le monopole de la technologie pour continuer à exercer leur hégémonie, y compris une domination néocoloniale indirecte ; en d’autres mots, de nos jours encore, la lutte contre l’hégémonie se déroule également au niveau de développement économique et technologique. C’est un aspect que, lamentablement, la gauche occidentale n’arrive toujours pas à comprendre. Nous devons réaffirmer avec force : non seulement la longue lutte avec laquelle le peuple chinois a mis un terme au siècle d’humiliation et fondé la République populaire est révolutionnaire, la construction économique et sociale à travers laquelle le Parti communiste chinois a libéré de la faim des centaines de millions d’hommes n’est pas révolutionnaire à elle toute seule, mais également sa lutte pour briser le monopole impérialiste de la technologie. Marx nous l’a enseigné. S’il nous a enseigné que la lutte pour dépasser, au sein de la famille, la division patriarcale du travail, est une lutte révolutionnaire, il serait très étrange que la lutte au niveau international pour casser la division du travail imposée par le capitalisme et l’impérialisme, que la lutte pour achever et liquider définitivement ce monopole occidental de la technologie - qui n’est pas un don de la nature, mais le résultat de siècles d’oppression et de domination - ne soit pas une lutte d’émancipation.


En 2005 vous avez publié votre livre « Une contre-histoire du libéralisme » qui a eu un grand succès (en un an il a été réédité 3 fois et à été traduit en diverses langues). Que signifie ce titre ?


Mon livre ne nie pas les mérites du libéralisme, qui met en évidence le rôle du marché dans le développement des forces productives et souligne la nécessité de limiter le pouvoir (bien que seulement à la faveur d’une communauté réduite de privilégiés). Ma contre-histoire du libéralisme s’oppose à l’auto-congratulation et la vision apologétique auxquelles s’abandonnent le libéralisme et l’Occident libéral. C’est une tradition de pensée dans laquelle l’exaltation de la liberté va de pair avec de terribles clauses d’exclusion au détriment de la classe ouvrière et, surtout, des peuples colonisés.
John Locke, père du libéralisme, légitime l’esclavage dans les colonies et est actionnaire de la Royal African Company, l’entreprise anglaise qui gère le trafic et le commerce d’esclaves noirs. Mais au-delà des personnalités individuelles, ce qui est important c’est le rôle des pays qui incarnent le mieux la tradition libérale. Un des premiers actes de politique internationale de l’Angleterre libérale, née de la Glorieuse Révolution de 1688-1689, est de s’assurer le monopole du trafic d’esclaves noirs.
Le rôle de l’esclavage dans l’histoire des États-Unis est encore plus important. Durant 32 des premiers 36 ans de la vie des États-Unis, la présidence du pays a été occupée par des propriétaires d’esclaves. Et ce n’est pas tout. Durant plusieurs décennies le pays s’est consacré à l’exportation de l’esclavage avec le même zèle avec lequel ils exportent aujourd’hui la « démocratie » : au milieu du XIXe siècle ils ont réintroduit l’esclavage au Texas, récemment arraché au Mexique par la guerre.
Il est vrai que l’Angleterre d’abord et les États-Unis ensuite se sont vus obligés d’abolir l’esclavage, mais la place que les esclaves noirs avaient, a été occupée par les coolies chinois et indiens, à leur tour soumis à une forme à peine déguisée d’esclavage. De plus, après l’abolition formelle de l’esclavage, les afro-américains ont continué à subir une oppression si féroce que l’éminent historien américain, George M. Fredrickson, a écrit : « Les efforts pour préserver la “pureté de la race” dans le Sud des États-Unis furent le prélude de certains des aspects de la persécution faite par le régime nazi contre les juifs dans les années 30 du vingtième siècle ».
Quand commence alors à se fissurer, aux États-Unis, le régime de suprématie blanche, d’oppression et de discrimination raciale ? En décembre 1952 le ministre américain de la justice envoie à la Cour Suprême, en pleine discussion sur l’intégration dans les écoles publiques, une lettre éloquente : « La discrimination raciale donne de l’eau au moulin à la propagande communiste, y sème également des doutes auprès des nations amies à propos de notre dévotion envers la démocratie ». Washington, observa l’historien américain qui a mis à jour cet épisode (C. Vann Woodward), risquait de s’aliéner les faveurs des « races de couleur », non seulement à l’Est et dans le Tiers-Monde, mais aussi dans leur propre pays. C’est alors seulement que la Cour suprême a décidé de déclarer inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Il y a dans cette histoire un paradoxe. Aujourd’hui Washington ne cesse de reprocher à la Chine son manque de démocratie ; mais il convient de signaler qu’un élément essentiel de la démocratie, le dépassement de la ségrégation raciale, n’a été possible aux États-Unis que grâce au défi représenté par le mouvement anticolonialiste dont la Chine faisait et reste partie intégrante.
À mon avis, parmi les nombreuses éditions italiennes du Manifeste du Parti communiste, il y en a trois qui se détachent : celle d’Antonio Labriola, de Palmiro Togliatti et la vôtre de 1999. A votre avis, quel sens a ce chef d’œuvre de Marx et d’Engels pour les marxistes d’aujourd’hui ?
Dans l’introduction de l’édition italienne du Manifeste du Parti Communiste, j’ai tenté de reconstruire le siècle et demi d’histoire parcourue depuis la publication en 1848 de ce texte extraordinaire. Une comparaison peut nous permettre de comprendre sa signification. Huit ans auparavant, une autre grande personnalité de l’Europe du XIXe siècle, Alexis de Tocqueville, publiait le second livre de La démocratie en Amérique, et dans un chapitre central, il affirmait dans le titre que « les grandes révolutions seront de moins en moins fréquentes ». Mais si nous regardons le siècle ou siècle et demi postérieur à l’année (1840) durant laquelle le libéral français fait cette affirmation, nous voyons que c’est probablement le siècle le plus abondant en révolutions de l’histoire universelle.
Cela ne fait aucun doute : ayant prévu la rébellion contre le capitalisme, contre un système qui comporte « la transformation en machines » des prolétaires et leur dégradation en « instruments de travail », en « accessoires de la machine », comme appendices « dépendants et impersonnels » du capital « indépendant et personnel », ayant prévu la rébellion contre ce système, le Manifeste du parti communiste a su voir plus loin. Quand Marx et Engels décrivent avec une extraordinaire lucidité et clairvoyance ce que nous appelons aujourd’hui globalisation, ils savent bien qu’il s’agit d’un processus contradictoire, caractérisé (au sein du capitalisme) par de colossales crises de surproduction qui conduisent à la destruction d’énormes quantités de richesse sociale et à la misère de masses indigentes d’hommes et de femmes. C’est également un processus lourd de conflits qui peuvent même déboucher sur une « guerre d’extermination entre les nations industrielles ». Ce qui nous amène à penser à la Première Guerre mondiale.
Contre ce monde, le Manifeste communiste évoque autant les révolutions prolétariennes que les « révolutions agricoles » et de « libération nationale ». Marx et Engels sont ainsi en avance sur ce qui va plus tard se produire dans le Tiers-Monde, comme en Chine par exemple.
A propos de la Chine, nous pouvons faire une dernière remarque. Le Manifeste du parti communiste prévoit l’émergence d’une économie globalisée caractérisée par « de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui ne produisent plus de matières premières locales, mais des matières premières en provenance des régions les plus éloignées, et dont les produits sont consommés non seulement à l’intérieur du pays mais partout dans le monde ». Par conséquent, bien que le regard se concentre en Europe, le texte de Marx et Engels nous donne des indications précieuses pour les pays du Tiers-Monde qui veulent atteindre un développement économique indépendant.


Quels ont été, à votre avis, les apports d’Antonio Gramsci à la théorie marxiste ?


Je pense que les apports de l’œuvre de ce grand penseur ont été au moins au nombre de quatre :


a. Gramsci a mis en évidence l’importance de l’ « hégémonie » pour la conquête et la conservation du pouvoir politique. Dans un texte de 1926 il explique que le prolétaire atteint une conscience de classe mature lorsqu’il se sent membre de sa classe et en même temps considère sa classe d’appartenance (le prolétariat) comme le noyau dirigeant d’un bloc social beaucoup plus vaste, appelé à conduire la révolution à la victoire.


b. En deuxième lieu, Gramsci se montre pleinement conscient de la complexité qu’entraîne le processus de construction du socialisme. Au début ce sera « le collectivisme de la misère, de la souffrance ». Mais vous ne pouvez pas vous arrêter là, vous avez à entreprendre le développement des forces productives. Dans ce contexte il faut situer l’importance de la position de Gramsci concernant la NEP (Nouvelle politique économique mise en place à la fin du « communisme de guerre »). La réalité de l’URSS de l’époque nous met en présence d’un phénomène « jamais vu dans l’histoire » : une classe politiquement « dominante » vit, « dans son ensemble », dans des « conditions de vie globalement inférieures à celles de certains éléments et des couches de la classe dominée et soumise ». Les masses populaires, qui continuent à faire face à une vie de privation, sont déconcertées par le spectacle du « nepman [l’homme de la NEP] porter son manteau de fourrure, ayant à sa disposition tous les biens de la terre », mais cela ne doit pas être motif à scandale ou rejet ; pour le prolétariat, la conservation du pouvoir est impossible, s’il est incapable de sacrifier ses intérêts immédiats de « l’intérêt général et permanent de la classe ». C’est, bien sûr, une situation temporaire. Ce que Gramsci a suggéré ici peut être utile à la gauche occidentale pour comprendre la réalité d’un pays comme la Chine d’aujourd’hui.


c. Gramsci nous donne quelques indications précieuses sur un autre aspect. Devrions-nous penser le communisme comme la disparition totale des antagonismes de classe, mais aussi du pouvoir d’État et politique, ainsi que des religions, des nations, de la division du travail, du marché, de toute source potentielle de conflit ? En questionnant le mythe de la disparition de l’État et sa dissolution dans la société civile, Gramsci note que la société civile elle-même est une forme d’État et relève également que l’internationalisme n’a rien à voir avec la négation des particularités et les identités nationales, qui subsisteraient longtemps après la chute du capitalisme ; quant au marché, Gramsci considérait qu’il serait utile de parler de « marché déterminé » plutôt que de marché abstrait. Gramsci nous aide à surmonter le messianisme, qui entrave gravement la construction de la société post-capitaliste.


d. Enfin. Tout en condamnant le capitalisme, les carnets de prison évitent d’interpréter l’histoire moderne et des révolutions bourgeoises comme un traité de « tératologie », c’est-à-dire un traité qui a pour objet des monstres. Les communistes doivent savoir critiquer les erreurs, parfois graves de Staline, Mao et d’autres dirigeants, sans réduire ces chapitres de l’histoire du mouvement communiste à une « tératologie », une histoire de monstres.


29 novembre 2011. Entretien réalisé par Tian Shigang
Texte traduit de la version espagnole de l’entretien par Daniel Zamora.
Traduction revue par l’auteur
Lu sur le site "La faute à Diderot


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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 17:03

 sociologue et chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Il est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Il était sur le terrain en Libye durant la guerre. Il vient d'obtenir le Prix du Club de Presse mexicain à Mexico, le 8 décembre 2011.

 

Mahdi Darius Nazemroaya est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Mahdi Darius Nazemroaya publiés par Mondialisation.ca

 

L’expression « printemps arabe » est un slogan concocté dans des bureaux lointains à Washington, Londres, Paris et Bruxelles par des individus et des groupes qui, en plus d’avoir une connaissance superficielle de la région, en savent très peu sur les Arabes. Ce qui se déroule au sein des populations arabes est un enchaînement normal d’événements. L’insurrection comme l’opportunisme en font partie. Là où il ya une révolution, il y a toujours une contre-révolution.


Les bouleversements dans le monde arabe ne constituent pas davantage un « éveil arabe ». Une telle formule implique que les Arabes étaient endormis alors qu’ils étaient entourés par la dictature et l’injustice. Le monde arabe, qui fait partie de l’ensemble plus vaste composé par les Arabes, le Turcs et les Iraniens, a en réalité connu de fréquentes révoltes réprimées par les dictateurs arabes en coordination avec des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. C’est l’interférence de ces puissances qui a constamment agi comme contrepoids à la démocratie et elle continuera à le faire.


Diviser et régner : comment le premier printemps arabe a été manipulé


Les plans de reconfiguration du Moyen-Orient ont commencé plusieurs années avant la Première Guerre mondiale. C’est au cours de cette guerre cependant que les desseins coloniaux ont clairement commencé à se manifester avec la « grande révolte arabe » contre l’empire Ottoman.


En dépit du fait que la Grande-Bretagne, la France et l’Italie étaient des puissances coloniales qui avaient empêché les Arabes de profiter de toute forme de liberté dans des pays comme l’Algérie, Libye, l’Égypte et le Soudan, ces pouvoirs coloniaux ont réussi à se présenter comme les amis et les alliés de la libération arabe.


Durant la « grande révolte arabe », les Britanniques et les Français ont en fait utilisé les Arabes comme fantassins contre les Ottomans pour faire avancer leurs propres plans géopolitiques. Les accords secrets Sykes-Picot entre Londres et Paris représentent un cas typique. La France et la Grande-Bretagne sont simplement arrivés à utiliser et manipuler les Arabes en leur vendant l’idée de la libération arabe de la présumée répression des Ottomans.


En réalité, l’Empire ottoman était multiethnique et accordait une autonomie locale et culturelle à toutes ses populations. Il a toutefois été manipulé et orienté vers une entité turque. Même le génocide arménien qui allait s’ensuivre en Anatolie ottomane doit être analysé dans le même contexte que l’actuel ciblage des chrétiens en Irak, comme faisant partie d’un plan de division confessionnelle lancé par des acteurs externes afin de diviser l’Empire ottoman et ses citoyens, ainsi que l’Anatolie.


Après la chute de l’Empire ottoman, ce sont Londres et Paris qui ont refusé d’accorder la liberté aux Arabes, en semant la discorde au sein de leurs populations. Les leaders arabes locaux corrompus ont également été partenaires du projet et nombreux sont ceux qui n’étaient que trop heureux de devenir des clients de la Grande-Bretagne et de la France. Le « printemps arabe est manipulé dans le même sens aujourd’hui. Les États-Unis, la France et d’autres travaillent maintenant avec l’aide de leaders et de personnalités arabes corrompues afin de restructurer l’Afrique et le monde arabe.


Le plan Yinon : l’ordre à partir du chaos…


Le plan Yinon, qui constitue un prolongement du stratagème britannique au Moyen-Orient, est un plan stratégique israélien visant à assurer la supériorité d’Israël dans la région. Il souligne qu’Israël doit reconfigurer son environnement géopolitique par la balkanisation des États arabes, soit la division de ceux-ci en États plus petits et plus faibles.


Les stratèges israéliens voyaient l’Irak comme l’État arabe représentant leur plus grande menace stratégique. C’est pourquoi l’Irak a été caractérisé comme la pièce maîtresse de la balkanisation du Moyen-Orient et du monde arabe. En Irak, sur la base des concepts du plan Yinon, les stratèges israéliens ont réclamé la division de l’Irak en un État kurde et deux États arabes, l’un shiite, l’autre sunnite. La première étape de ce plan était une guerre entre l’Irak et l’Iran, abordée dans le plan Yinon.


En 2006 et en 2008, les publications de l’armée étasunienne Armed Forces Journal et The Atlantic ont respectivement publié des cartes ayant circulé abondamment et lesquelles suivaient de près les grandes lignes du plan Yinon. Outre la division de l’Irak, également recommandée par le plan Biden, le plan Yinon appelle à la division du Liban, de l’Égypte et de la Syrie. La partition de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan fait également partie de cette vision. Le plan Yinon réclame par ailleurs la dissolution de l’Afrique du Nord et prévoit qu’elle débutera en Égypte et débordera au Soudan, en Libye et dans le reste de la région.


Protection du domaine : redéfinition du monde arabe…


Bien que tordu, le plan Yinon est en marche et voit le jour dans « A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm » (Une nette rupture : Une nouvelle stratégie pour protéger le domaine), un document de politique israélienne écrit en 1996 par Richard Perle et le groupe d’étude sur « Une nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » pour Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël à l’époque. Perle était alors un ancien secrétaire adjoint au Pentagone pour Ronald Reagan et est devenu par la suite conseiller militaire pour George W. Bush et la Maison-Blanche. Le groupe d’étude comprenait par ailleurs James Colbert (Jewish Institute for National Security Affairs), Charles Fairbanks Jr. (Johns Hopkins University), Douglas Feith (Feith and Zell Associates), Robert Loewenberg (Institute for Advanced Strategic and Political Studies), Jonathan Torop (The Washington Institute for Near East Policy), David Wurmser (Institute for Advanced Strategic and Political Studies) et Meyrav Wurmser (Johns Hopkins University).


Les États-Unis réalisent à bien des égards les objectifs précisés dans le texte de politique israélienne de 1996 visant à protéger le « royaume ». Par ailleurs, le terme realm, « domaine » ou « royaume », sous-entend la mentalité stratégique des auteurs. Realm fait soit référence au territoire sur lequel règne un monarque ou aux territoires soumis à son règne mais gérés et contrôlés par des vassaux. Dans ce contexte, le terme realm, est utilisé pour signifier que le Moyen-Orient constitue le royaume de Tel-Aviv. Le fait que Perle, un homme ayant essentiellement fait carrière comme officiel du Pentagone, ait contribué à écrire le document sur Israël soulève la question de savoir si le souverain conceptualisé du royaume représente Israël, les États-Unis, ou les deux.


Protéger le royaume : L’avant-projet israélien pour déstabiliser Damas


Le document de 1996 demande de « repousser la Syrie », aux environs de l’an 2000 ou après, en poussant les Syriens hors du Liban et en déstabilisant la République arabe syrienne avec l’aide de la Jordanie et de la Turquie. Ces événements se sont respectivement produits en 2005 et en 2011. Le document indique : « Israël peut modeler son environnement stratégique en coopération avec la Turquie et la Jordanie, en affaiblissant, en endiguant et même en repoussant la Syrie. Afin de contrecarrer les ambitions régionales de la Syrie, les efforts pourraient viser à expulser Saddam Hussein du pouvoir, un objectif stratégique en soi important pour Israël [1].

 


Comme première étape de la création d’un « nouveau Moyen-Orient » dominé par Israël et encerclant la Syrie, le texte demande de chasser Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad et fait même allusion à la balkanisation de l’Irak et à la formation d’une alliance stratégique régionale contre Damas qui comporterait un « Irak central » sunnite. Les auteurs écrivent : « Toutefois la Syrie entre dans ce conflit avec de potentielles faiblesses : Damas est trop préoccupé par la nouvelle donne régionale pour permettre toute distractions sur le front libanais. De plus Damas craint l’ »axe naturel » avec Israël d’un côté, l’Irak central et la Turquie de l’autre, et la Jordanie, au centre, qui exercerait une pression sur la Syrie et la détacherait de la péninsule saoudienne. Pour la Syrie, ce pourrait être le prélude à la reconfiguration de la carte du Moyen-Orient, ce qui menacerait l’intégrité territoriale du pays [2] ».


Perle et le groupe d’étude « Nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » recommande également de mener les Syriens hors du Liban et de déstabiliser la Syrie en utilisant des personnalités de l’opposition libanaise. Le document dit : « [Israël doit détourner] l’attention de la Syrie en utilisant des éléments de l’opposition libanaise pour déstabiliser le contrôle exercé par la Syrie au Liban [3]. »C’est ce qui arriverait en 2005 après l’assassinat d’Hariri ayant contribué à déclencher la soi-disant « révolution des cèdres » et à créer l’Alliance du 14 mars, un groupe farouchement anti-Syrien contrôlé par le corrompu Saïd Hariri.


Le document demande par ailleurs à Tel-Aviv de « saisir l’opportunité afin de rappeler au monde la nature du régime syrien [4] ». Cela convient parfaitement à la stratégie israélienne consistant à diaboliser ses opposants par des campagnes de relations publiques. En 2009 des médias israéliens ont ouvertement admis que, par le biais de ses ambassades et missions diplomatiques, Tel-Aviv avait lancé une campagne médiatique mondiale et organisé des manifestations devant les ambassades iraniennes pour discréditer les élections présidentielles en Iran avant même qu’elles n’aient lieu [5].


L’étude fait aussi mention de ce qui ressemble à la situation actuelle en Syrie : « Il va de soi, et c’est le plus important, qu’Israël a intérêt à appuyer diplomatiquement, militairement et opérationnellement les actions de la Turquie et de la Jordanie contre la Syrie, comme en protégeant des alliances avec des tribus arabes à travers le territoire syrien et hostiles à l’élite dirigeante syrienne [6]. Les bouleversements de 2011 en Syrie, le mouvement des insurgés et la contrebande d’armes par les frontières jordanienne et turque sont devenus des problèmes majeurs pour Damas.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’Israël, alors dirigé par Ariel Sharon, ait dit à Washington d’attaquer la Syrie, la Libye et l’Iran après l’invasion étasunienne de l’Irak [7]. Finalement, il importe de savoir que le document de 1996 préconise également une guerre préemptive pour modeler l’environnement géostratégique d’Israël et sculpter le « nouveau Moyen-Orient » [8]. Il s’agit d’une politique que les États-Unis adopteraient aussi en 2001.


L’éradication des communautés chrétiennes du Moyen-Orient


Ce n’est pas une coïncidence si les chrétiens égyptiens ont été attaqués au même moment que le référendum sud-soudanais et avant la crise en Lybie. Ce n’est pas non plus une coïncidence si les chrétiens irakiens, une des communautés chrétiennes les plus anciennes, ont été poussées à l’exil, quittant leur patrie ancestrale. L’exode des chrétiens irakiens, sous le regard attentif des forces militaires étasuniennes et britanniques, concorde avec la division confessionnelle des quartiers de Bagdad. Les shiites et les sunnites ont été forcés, par la violence et les escadrons de la mort, à former des enclaves confessionnelles. Tout cela est lié au plan Yinon et à la reconfiguration de la région dans le cadre d’un objectif plus vaste.


En Iran, les Israéliens ont tenté en vain de faire partir la communauté juive. La population juive d’Iran est en fait la plus grande du Moyen-Orient et sans doute la plus ancienne communauté juive du monde à vivre paisiblement. Les juifs d’Iran se voient comme des Iraniens et sont liés à ce pays qu’ils considèrent comme leur patrie, au même titre que les musulmans et les chrétiens iraniens, et, à leurs yeux, le concept voulant qu’ils aient à se relocaliser en Israël parce qu’ils sont juifs est ridicule.


Au Liban, Israël s’est affairé à exacerber les tensions entre les diverses factions chrétiennes et musulmanes, incluant les druzes. Le Liban est un tremplin vers la Syrie et la division du Liban en plusieurs États est également vue comme un moyen de balkaniser la Syrie en plusieurs États arabes confessionnels de moindre envergure. Les objectifs du plan Yinon sont de diviser le Liban et la Syrie en plusieurs États sur la base des identités religieuses sunnite, shiite, druze et chrétiennes. Il est possible que l’exode des chrétiens de la Syrie fasse aussi partie des objectifs.


Le nouveau chef de l’Église maronite, la plus grande Église catholique orientale autonome, a exprimé ses craintes quant à l’expulsion des chrétiens arabes au Levant et au Moyen-Orient. Le patriarche d’Antioche, Mgr Bechara Boutros Rahi, ainsi que bon nombre de dirigeants chrétiens au Liban et en Syrie, craignent que les Frères musulmans prennent le contrôle de la Syrie. Comme en Irak, de mystérieux groupes attaquent actuellement les communautés chrétiennes en Syrie. Les dirigeants de l’Église orthodoxe, incluant le Patriarcat de Jérusalem, ont eux aussi exprimé publiquement leurs sérieuses préoccupations. Outre les arabes chrétiens, ces craintes sont partagées par les communautés assyrienne et arménienne, à majorité chrétienne.


Le cheik Rahi était récemment à Paris où il a rencontré Nicolas Sarkozy. On rapporte que le patriarche maronite et le président Sarkozy ont eu des désaccords concernant la Syrie, ce qui a incité Sarkozy à affirmer que le régime syrien allait s’effondrer. La position du patriarche maronite était que l’on devait laisser la Syrie tranquille et lui permettre de se réformer. Mgr Rahi a par ailleurs dit à Sarkozy qu’Israël devait être considéré comme une menace si la France souhaitait légitimement que le Hezbollah dépose les armes.


En raison de sa position en France, Mgr Rahi a immédiatement reçu des remerciements des dirigeants chrétiens et musulmans de la République arabe syrienne qui l’ont visité au Liban. Le Hezbollah et ses alliés politiques au Liban, dont font partie la plupart des parlementaires chrétiens, ont aussi célébré le patriarche maronite, qui a ensuite fait une tournée au sud du Liban.


En raison de sa position sur le Hezbollah et son refus d’appuyer le renversement du régime syrien, le cheik Rahi fait maintenant l’objet d’attaques politiques de la part de l’Alliance du 14 mars, menée par Hariri. Ce dernier est en train de planifier une conférence des personnalités chrétiennes pour s’opposer à la position de l’Église maronite et du patriarche Rahi. Depuis que celui-ci a donné son opinion, le Parti Tahrir, actif à la fois en Syrie et au Liban, a également commencé à en faire la cible de critiques. On rapporte par ailleurs que des officiels étasuniens de haut rang ont annulé leurs rencontres avec le patriarche maronite en signe de mécontentement envers ses positions sur le Hezbollah et la Syrie.


L’Alliance du 14 mars menée par Hariri au Liban, laquelle a toujours été une minorité populaire (même lorsqu’elle constituait une majorité parlementaire), travaille de concert avec les États-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, la Jordanie ainsi que le groupe ayant recours à la violence et au terrorisme en Syrie. Les Frères musulmans et d’autres soi-disant groupes salafistes de Syrie ont tenu et organisé des pourparlers secrets avec Hariri et les partis politiques chrétiens au sein de l’Alliance du 14 mars. C’est pourquoi Hariri et ses alliés se sont attaqués au cardinal Rahi. C’est aussi Hariri et l’Alliance du 14 mars qui ont amené Fatah al-Islam au Liban et ont aidé certains de ses membres à s’enfuir et aller se battre en Syrie.


Des snipers inconnus ciblent des civils syriens et l’armée syrienne dans le but de créer le chaos et une lutte interne. Les communautés chrétiennes en Syrie sont elles aussi ciblées par des groupes inconnus. Les attaquants sont fort probablement une coalition de forces étasuniennes, françaises, jordaniennes, israéliennes, turques, saoudiennes, et khaliji (arabe du Golfe) travaillant avec des Syriens à l’intérieur du pays.


Washington, Tel-Aviv et Bruxelles planifient un exode des chrétiens du Moyen-Orient. On rapporte que le président Sarkozy a informé le cheik Rahi à Paris que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et du Levant pourront s’établir dans l’Union européenne. Cela n’est pas offert gracieusement. Il s’agit d’une gifle par les puissances mêmes qui ont délibérément créé les conditions visant à éradiquer les anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Il semble que le but soit que les communautés chrétiennes s’établissent à l’extérieur de la région ou de délimiter des enclaves. Il est possible que ces deux hypothèses constituent des objectifs.


Ce projet vise à délimiter les pays arabes en pays exclusivement musulmans et est conforme à la fois au plan Yinon et aux objectifs étasuniens relatifs au contrôle de l’Eurasie. Il pourrait en résulter une grande guerre. Les Arabes chrétiens ont maintenant bien des choses en commun avec les Arabes qui sont des Noirs d’Afrique.


Nouvelle division de l’Afrique : le plan Yinon est en pleine marche


En ce qui concerne l’Afrique, Tel-Aviv cherche à la protéger car elle la voit comme une partie plus vaste de sa périphérie. Cette plus vaste ou soi-disant « nouvelle périphérie » est devenue le fondement géostratégique de Tel-Aviv après la révolution iranienne de 1979. Celle-ci a déformé et engendré l’effondrement de « l’ancienne périphérie » contre les Arabes, qui comprenait l’Iran, et dont les pays étaient les plus proches alliés d’Israël durant la période Pahlavi. Dans ce contexte, la nouvelle périphérie d’Israël a été conceptualisée en incluant des pays comme l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya contre les États arabes et la République islamique d’Iran. C’est pourquoi Israël a été si profondément impliqué dans la balkanisation du Soudan.


Toujours dans le contexte des divisions confessionnelles au Moyen-Orient, les Israéliens ont esquissé des plans de reconfiguration de l’Afrique. Le plan Yinon cherche à délimiter l’Afrique sur la base de trois aspects : 1) l’origine ethnolinguistique, 2) la couleur de peau et enfin 3) la religion. Afin de protéger le domaine, il se trouve que l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), une boîte de réflexion israélienne dont Perle faisait partie, faisait également pression en faveur de la création du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), une division du Pentagone.


On tente actuellement d’anéantir le point de convergence d’une identité arabe et africaine. On cherche à tracer des lignes de division en Afrique entre une soi-disant Afrique noire et une Afrique du Nord prétendument « non noire ». Cela fait partie d’un projet visant à créer un schisme sur le continent entre ce qu’on l’on conçoit comme étant des « Arabes » et des « Noirs ».


Cet objectif explique pourquoi on a fait la promotion des ridicules identités du « Sud-Soudan africain » et du « Nord-Soudan arabe ». C’est également la raison pour laquelle les Libyens noirs ont été ciblés dans une campagne visant à « nettoyer » la Libye des gens « de couleur ». En Afrique du Nord, on détache l’identité arabe de son identité africaine. On tente simultanément d’éradiquer de vastes populations d’Arabes noirs afin qu’il existe une nette démarcation entre « l’Afrique noire » et une nouvelle Afrique du Nord « non noire », laquelle sera transformée en un champ de bataille entre ceux qui restent, les Berbères et les Arabes « non noirs ».


Toujours dans le contexte africain et dans le but de créer des points de rupture et des délimitations, des tensions sont fomentées entre les musulmans et les chrétiens dans des pays comme le Soudan et le Nigéria. En entretenant ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de la religion, de l’ethnicité et du langage, on cherche à alimenter la dissociation et la désunion. Cela fait partie d’une stratégie africaine globale visant à séparer l’Afrique du Nord du reste du continent.


Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations »


À ce stade-ci, on doit rassembler toutes les pièces et faire les liens entre les événements.


On prépare l’échiquier pour un « choc des civilisations » et l’on y place toutes les pièces du jeu. Le monde arabe est sur le point d’être encerclé et de nettes démarcations se tracent. Celles-ci remplacent les frontières invisibles entre les différents groupes ethnolinguistiques, religieux et basés sur la couleur de la peau.


Dans le cadre de ce plan, il ne peut plus y avoir de mélange entre les sociétés et les pays. C’est pourquoi les chrétiens du Moyen-Orient et de l’Afrique de Nord, comme les coptes, sont ciblés. Pour les mêmes raisons, les Arabes et Berbères noirs, au même titre que d’autres populations noires, font face à un génocide en Afrique du Nord.


Après l’Irak et l’Égypte, la Jamahiriya arabe libyenne et la République arabe syrienne représentent toutes deux des points importants pour la déstabilisation régionale respectivement en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Ce qui se passe en Libye aura des répercussions en Afrique, tout comme les événements en Syrie auront des conséquences en Asie du Sud-Est et ailleurs. Dans le cadre du plan Yinon, l’Irak et l’Égypte ont servi d’amorces à la déstabilisation de la Libye et de la Syrie.


On est en train de créer un « Moyen-Orient musulman », une zone exclusivement musulmane (excluant Israël), laquelle sera troublée par les luttes entre shiites et sunnites. Un scénario semblable est mis en œuvre pour créer une « Afrique du Nord non noire » qui sera caractérisée par une confrontation entre les dits Arabes et dits Berbères. En vertu du modèle du « choc des civilisations », on prévoit simultanément un conflit entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’un côté, et l’« Occident » et « l’Afrique noire » de l’autre.


C’est pour cette raison qu’au début du conflit en Libye, Nicolas Sarkozy en France et David Cameron en Grande-Bretagne ont déclaré l’un après l’autre que le multiculturalisme était mort dans leurs sociétés ouest-européennes respectives [9]. Le véritable multiculturalisme menace la légitimité du programme de guerre de l’OTAN. Il représente par ailleurs un obstacle à l’implantation du « choc des civilisations », qui constitue la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis.


À cet égard, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale explique pourquoi le multiculturalisme est une menace pour Washington et ses alliés : « En devenant une société de plus en plus multiculturelle, il se peut que les États-Unis aient de la difficulté à créer un consensus sur les questions de politique étrangère [par exemple, relativement à une guerre contre le monde arabe, la Chine, l’Iran ou la Russie et l’ancienne Union soviétique], sauf si une grande partie de la population perçoit une menace extérieure directe de très grande envergure. Un tel consensus existait de manière générale tout au long de la Seconde Guerre mondiale et même durant la guerre froide [et il existe maintenant en raison de la "guerre mondiale au terrorisme"] [10]. » La phrase suivante de Brzezinski explique pourquoi les populations s’opposent aux guerres ou les appuient : « [Le consensus] était enraciné, toutefois, il ne l’était pas seulement dans des valeurs démocratiques profondément partagées et que le public voyait menacées, mais aussi dans des affinités culturelles et ethniques avec les victimes, principalement européennes, de totalitarismes hostiles [11] ».


Au risque d’être redondant, il faut mentionner une fois de plus que les chrétiens et les Noirs sont ciblés précisément dans le but de briser ces affinités culturelles entre, d’une part, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et le monde soi-disant « occidental », et, d’autre part l’Afrique subsaharienne.


Ethnocentrisme et idéologie : justifier les « guerres justes » d’aujourd’hui


Autrefois, les puissances coloniales de l’Europe de l’Ouest endoctrinaient leurs peuples. Leur objectif était d’acquérir un appui populaire pour les guerres de conquête. Pour ce faire, on prônait l’expansion et la promotion du christianisme et des valeurs chrétiennes avec le soutien des marchands armés et des armées coloniales.


Au même moment, on mettait de l’avant des idéologies racistes. Les peuples des pays colonisés étaient dépeints comme des « sous-humains », des inférieurs ou des personnes sans âmes. Finalement, on a utilisé l’argument de « l’épreuve de l’homme blanc », dont la mission consistait à civiliser les peuples du monde prétendument « non civilisés ». Ce cadre idéologique cohésif a été utilisé pour présenter le colonialisme comme une « cause juste ». Cette dernière a été employée à son tour pour conférer une légitimité aux « guerres justes », afin de conquérir et de « civiliser » des terres étrangères.


Aujourd’hui, les desseins impérialistes des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne n’ont pas changé. Ce qui a changé c’est le prétexte et la justification des guerres de conquête néocoloniales. Durant la période coloniale, les discours et les justifications en faveur de la guerre étaient acceptés par l’opinion publique dans les pays colonisateurs comme la France et la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, les « guerres justes » et les « causes justes » sont menées sous les bannières des droits des femmes, des droits humains, de l’humanitarisme et de la démocratie.


Article original en anglais : Preparing the Chessboard for the « Clash of Civilizations »: Divide, Conquer and Rule the « New Middle East »

 

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

Notes

[1] Richard Perle et al., A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm (Washington, D.C. and Tel Aviv: Institute for Advanced Strategic and Political Studies), 1996.
[2] Ibid.
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Barak Ravid, "Israeli diplomats told to take offensive in PR war against Iran," Haaretz, June 1, 2009.
[6] Perle et al., Clean Break, op. cit.
[7] Aluf Benn, "Sharon says U.S. should also disarm Iran, Libya and Syria," Haaretz, September 30, 2009.
[8] Richard Perle et al., Clean Break, op. cit.
[9] Robert Marquand, "Why Europe is turning away from multiculturalism," Christian Science Monitor, March 4, 2011.
[10] Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (New York: Basic Books October 1997), p.211.
[11] Ibid.

 

 


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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 17:12

Absent lors de la séance du 27 septembre je n’avais  pas d’observation à formuler sur le compte rendu soumis aux élus pour approbation sinon pour demander par écrit un complément d’information en attente de réponse. Par ailleurs ce compte rendu est particulièrement flou sur les conséquences de l’adoption à la majorité de la nouvelle taxe communale  sur la consommation d’électricité. Nul n’a pu dire si elle allait diminuer, ce qui est improbable, stagner ou être en hausse chacun s’en remettant à une vérification à posteriori.

 

Madame le Maire a ensuite donné lecture des décisions qu’elle avait prises depuis la séance précédente, puis elle a abordé les différents points de l’ordre du jour.

 

 AFFAIRES FINANCIRES

 

1)      En fonctionnement les charges ayant été sous estimées lors de la préparation du budget primitif, il était nécessaire de mettre à niveau les crédits destinés  aux cotisation URSSAF,  22 600  euros, aux rémunérations principales des personnels, 12 000 euros, indemnités diverses, 35 000 euros, et dépenses imprévues.

En investissement 45 175 euros  ont  été inscrits pour acquisitions de parcelles.

Les crédits correspondants ont été dégagés.

 

          Décisions approuvées à l’unanimité.

 

 

2)      et 3) La subvention exceptionnelle demandée par Loisirs et Culture a été approuvée à l’unanimité, des élus ont souhaité, en toute logique, le renvoi en commission Sport de la subvention sollicité par Air Speed.

 

 4)     Les élus ont décidé à l’unanimité l’admission en non valeur d’une créance irrécouvrable de  24,20 euros.

 

5)      Attribution par lots du marché de prestations assurances:

- Dommages aux biens et risques annexes

- Responsabilité et risques annexes

- Protection juridique de la collectivité

- Flotte automobile et risques annexes

- Risques statutaires

 

Opposé par principe à l’appel d’offre européen qui a présidé à la consultation, un au moins des prestataires retenus étant en outre  adossé à des fonds lituaniens j’ai voté contre cette délibération après avoir déclaré que le recours à des sociétés étrangère ne devrait se produire que pour d’éventuelles réassurances entre compagnies.

 

URBANISME TRAVAUX

 

- Le CM a décidé à l’unanimité la mise en place d’un service de nettoyage des graffitis sur murs, façades donnant sur le domaine public ainsi que les conditions de mise en œuvre de ce service.

 

- Les documents transmis à l’appui du remplacement de la taxe Locale d’Equipement (TLE) par une nouvelle taxe étant particulièrement opaques avec comme d’habitude le produit attendu en hausse j’ai refusé de cautionner cette démarche.  

 

- Opposé à la solution retenue pour l’augmentation de la capacité d’accueil de l’école primaire André Malraux qui n’est qu’un objectif de fin de mandat, aggravera les problèmes de stationnement aux abords de l’école, et renvoie le dossier à d’éventuels successeurs j’ai encore voté contre.

 

- Rapport annuel 2010 de l’agglo du val d’orge relatif aux services publics de l’eau et de l’assainissement :

 

Ce  rapport valait non pas par ce qui y est écrit,  mais par  ce qui n’y est pas par ex. :

 

Le taux de conformité des branchements assainissement est globalisé  et non présenté  par commune ce qui interdit toute possibilité de comparaison par rapport à la situation initiale. Le document  permettait toutefois de faire une analyse instructive de l’évolution du coût des prestations servies par la communauté d’agglomération du val d’orge pour le compte  de la commune.

 

En particulier sur le  prix TTC  m³ eau + assainissement à Villiers depuis le transfert de compétence à l’agglo (relevé sur facture de février 2002 à février 2011)

 

Il est passé de   3,1825    euros à 4,29375  euros  de février 2003  à février -2011  Soit +  34,91 %

 

 

                                                                                                        2-2003            2- 2011                    hausse

Evolution prix collecte et traitement (m³) :                     0,89025            1,49375              +   35,6   %

Evolution prix eau + abonnement,

vers. Agence de bassin :                                                            1,4955             2,0525               +  37,25 %

Versement organismes publics :                                            0,63075           0,7078125        +   12,22 %

 

A titre de comparaison, durant la même période l’inflation a été de 16,7 %, l’ensemble des salaires, retraites et pensions n’a pas suivi, à titre d’exemple ma retraite n’a progressé que de 15, 44 %.

 

J’ai également noté sur le document  que:

 

 - le prix de la collecte eaux usées a augmenté de 13,4 % de 2008 à 2010

 - Si il y a une commission consultative des services publics locaux attachée à l’agglo il n’y en a pas à Villiers sur orge ni même dans les autres communes.

 

Ainsi que conclut le président de la CAVO dans l’édito du rapport d’activité de 2010 : «  Tout va très bien madame la marquise ».    Il reste que le consommateur doit payer de plus en plus alors qu’il était en droit d’attendre les retombées du regroupement des services au sein d’une même entité mais si vous interrogez peut être vous répondra-t-on qu’il s’agit de la mise en œuvre des directives européennes à moins que ce soient les pesanteurs administratives de la communauté d’agglo les responsables.

 

En d’autres termes la mutualisation des services n’a pas été bénéfique pour les usagers.

 

TARIFICATION DES PRESTATIONS SERVIES PAR LA COMMUNE :

 

Pour ne pas ajouter à la rigueur ambiante, aggravée déjà par le hausse prévue de l’impôt sur les revenus perçus en 2011, j’ai refusé toute augmentation. Par contre, n’étant pas plus royaliste que le roi j’ai avalisé l’actualisation de régime indemnitaire approuvé par le personnel communal ainsi que la mise à jour du tableau des effectifs.

 

REHABILITATION RESIDENCE de la SEIGNEURIE :

 

Selon madame le maire un projet est en cours d’élaboration par le bailleur AEDIFICAT mais à la date du conseil aucun document écrit concernant l’état des lieux  n’avait  été transmis en Mairie.

 

Comment dans ces conditions définir la nature, l’importance des interventions à effectuer et par conséquents les moyens financiers à mettre en œuvre pour  améliorer l’isolation thermique et acoustique des immeubles ?

 

Enfin comme le plus souvent les échanges à fleurets mouchetés entre la majorité, l’Elan  pour Villiers et Renouveau Solidaire ne laisseront pas de cicatrices indélébiles. Leurs divergences sont minimes.


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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 15:20

(ENR = Energies Nouvelles Renouvelables)

EXERCICE D'APPROCHE ECONOMIQUE

 

 

Par Ludovic ZANOLIN

Représentant la Confédération CGT au Comité National de la Géothermie

Le 16 octobre 2011

 

Un débat nécessaire

Le débat nécessaire concernant l'énergie suppose de s'entendre sur les problématiques à considérer, stratégiques, environnementales, économiques et sur les potentialités et inconvénients de chaque source énergétique afin d'aboutir à un mix énergétique raisonné le plus « décarboné » possible. Au lieu de réfléchir aux complémentarités à favoriser dans ce sens, la confusion est particulièrement entretenue autour des potentialités de l'éolien et du photovoltaïque, principales ENR (énergies renouvelables nouvelles), pour la fourniture électrique. Certains vont jusqu'à affirmer que ces sources de production, associées à l'hydraulique, à la biomasse et à quelques autres, pourraient très bien remplacer à la fois l'électronucléaire et les énergies fossiles !

 

La démarche de l'exercice

Sans aucunement vouloir valider la crédibilité et le sérieux  de telles positions et en faisant abstraction des difficultés constituées par l'intermittence du vent (dont sa quasi absence par grand froid en période anticyclonique) et la forte variabilité de l'ensoleillement (journée, nuit, saisons)*,  nous nous proposons de comparer dans le tableau ci-après, à titre d'exercice, les coûts d'investissement (sur 20 à 25 ans) et de fonctionnement annuel pour différentes hypothèses de production des 420 TWh d'électricité correspondant approximativement à la production actuelle du parc nucléaire.

 

Coût annuel de production (nucléaire) ou d’achat (ENR) et investissements associés sur 20 ou 25 ans pour produire420 TW/h par an (niveau actuel de production nucléaire) dans chaque solution       

 

 

 

   Solution

 

Coût

En  € Mwh

Coût de

Production

 En G€/an

Fonctionnement

En h/an**

Capacité

En GW***

Investissement

Unitaire en €/kW

Investissement

Global en G€

Sur 20 à 25  ans

Parc nucléaire actuel avant

 rénovation (1)

 

31

 

 

13,0

 

6640

 

63,3

 

-

 

-

Parc rénové sans EPR (2)

42

17,6

7500

56

900

50

 

Parc EPR

 à 100 % (3)

 

 

50

21,0

8000

52,5

2425 (cas 1)

127

60

25,2

8000

52,5

3030 (cas 2)

159

70

29,4

8000

52,5

3635 ( cas 3)

191

 

Parc rénové

 à 75% Et EPR

 à 25 % (4)

44

18,5

7625

55,1

1280 ( cas 1)

71

46,5

19,5

7625

55,1

1432 ( cas 2)

79

49

20,6

7625

55,1

1585 ( cas 3)

87

 

Eolien terrestre (5)

 

 

85

 

 

37,5

 

2000

 

210

1500

315

1800

378

 

Eolien offshore (6)

135

56,7

 

3000

 

140

3500

490

 

180

 

75,6

 

5000

 

700

 

Photovoltaïque

 (7)

 

300

 

126

 

1200

 

336

3000

1008

5000

1680

 

 

Wh = Watt .heure  (unité d'énergie); W = Watt (unité de puissance)                                                     

 k = kilo; M = million; G = milliard; T = mille milliards

 

Quelques enseignements de l'exercice

La comparaison est sommaire et les hypothèses peuvent se révéler approximatives. Susceptible donc d'être amendé et approfondi, cet exercice est toutefois particulièrement éclairant sur les  énormes surcoûts de production et d'investissement des solutions ENR.                            

 

Il apparaît qu'une combinaison sommaire des coûts d'investissement entre éolien et photovoltaïque (dernière colonne) pour remplacer les 420 TWh nucléaires conduirait à des surcoûts très supérieurs à 500 G€ (500 milliards d'euros!) par rapport aux 50 à 80 G€ correspondants aux solutions en nucléaire les plus vraisemblables, sans prendre en compte les autres coûts ( centrales thermiques fossiles pour assurer la permanence de la production, stockage, réseaux, interconnexions, coûts résiduels du nucléaire), même avec de grands progrès dans le photovoltaïque, l'efficacité énergétique et les économies d'énergie.

 

Cet ordre de grandeur recoupe assez bien les récentes estimations de 250 G€ faites en Allemagne par la banque d'investissements d'Etat KfW (pour sortir du nucléaire en 2020, sans réduction a priori des émissions de gaz à effet de serre) et en France de plus de 750 G€ faites par le haut-commissaire à l'énergie atomique.

 

Concernant les coûts annuels (2ème colonne), les écarts par rapport au nucléaire, qui sont éloquents, conduiraient immanquablement à des augmentations considérables des tarifs de l'électricité.

 

______________ 

 

 

*          Les moyens de stockage massifs qu'appellent ces difficultés restent à inventer pour l'essentiel, les          possibilités de développement des STEP (Stations de Transfert d'Energie par Pompage) étant limitées sans atteintes profondes à l'environnement. Ces moyens de stockage sont indispensables  pour des             productions importantes d'éolien ou de photovoltaïque afin de faire face tant aux excès qu'aux insuffisances de production .Le renforcement des réseaux de  transport et  l'extension des         interconnexions internationales que le développement massif des  ENR implique est aussi             problématique.

**        Les durées correspondent à l'équivalent du temps de fonctionnement à capacité nominale. Les   valeurs             retenues correspondent à l'expérience ou aux objectifs des projets. Pour le photovoltaïque, la      valeur retenue est une valeur haute actuellement.

***       Les capacités sont celles nécessaires pour produire 420 TWh pour les durées de fonctionnement           retenues.

 

(1)        Ce coût de production a été cité dans les débats sur la loi NOME. Il inclut les investissements et les       dépenses obligatoires (déchets, démantèlement) jusqu'aux troisièmes visites décennales. Ces         dépenses ne sont pas indiquées dans la colonne investissement.                                               

(2)        Le coût de production est celui de l'ARENH à partir de janvier 2012. L'exercice ne prend en compte      que 56 des 63,3 GW du parc actuel pour produire 420TWh à 7500h/an. L'investissement unitaire     est supposé inclure la charge des investissements de rénovation du parc nucléaire. Il est supérieur            aux hypothèses actuelles de rénovation pour la prolongation de la durée de fonctionnement (plus           50% pour le post - Fukushima).

(3)        Le cas 3 est basé sur les dernières annonces (6G€) du coût d'investissement du prototype EPR de          Flamanville. Les cas 1et 2 sont deux hypothèses de réduction à 5 et 4 G€ pour une série. Les            coûts de production sont des estimations avec un taux d'actualisation voisin de 5%.

(4)        Les éléments résultent de la combinaison entre les solutions (2) et (3).

(5)        Le coût est celui du tarif d'achat moyen depuis le début de constitution du parc éolien.

(6)        Le premier tarif est celui  arrêté en 2006; le second est celui avancé actuellement dans l'attente du         retour de l'appel d'offres en cours.

(7)        Le prix d'achat correspond à une moyenne des derniers tarifs fixés par le gouvernement, tarifs   dont la baisse a provoqué un tollé.  Le coût d'investissement de  3000 € du kWc (kWcrête) tient compte             d'une prédominance de grandes            installations. Des augmentations conséquentes des rendements   (donc des temps de fonctionnement) jusqu'à un facteur 2 (?) et la poursuite de la réduction des coûts d'investissement sont attendues dans un  futur plus ou moins proche. L'importance des surcoûts         en sera réduite mais restera très certainement considérable


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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 16:28

 

Dans une interview au Figaro publée le 18-11-2011 Virginie Gensel dénonce l'accord EELV-PS sur le nucléaire. Pour sa part, Bernard Thibault, le secrétaire général de la confédération syndicale, a critiqué vendredi sur BFM Business un mélange «entre les engagements en matière de politique énergétique et les relations des partis pour former des majorités dans les Assemblées».  

 

LE FIGARO. - Que pensez-vous de l'accord conclu entre les Verts et le PS prévoyant la fermeture de 24 réacteurs nucléaires d'ici 2025 ?


Virginie GENSEL. - C'est un accord irresponsable. On ne peut pas faire reposer la politique énergétique, l'avenir industriel de la France, sur des considérations d'échanges de circonscriptions, de marchandage de coin de table. À la CGT, nous souhaitons un débat véritable sur la politique énergétique globale, dont l'avenir du nuclé­aire. Ce sont des questions complexes qui engagent le pays entier, qui ne peuvent pas être discutées juste à quelques-uns, entre appareils.

 

Avez-vous été consultés par les Verts et le PS ?


Non. Il y a un an, nous avons écrit à tous les partis politiques pour leur faire part de nos propositions en matière d'énergie. Nous avons rencontré les Verts, le Parti de gauche, le PCF, mais ni le PS ni l'UMP ne nous ont répondu.

 

Qu'est-ce que vous trouvez «irresponsable» dans cet accord ?


Derrière la première intention affichée, réduire le nucléaire, il y a la sortie du nucléaire. Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables, mais elles ne sont pas en capacité, en l'état actuel, de répondre aux besoins. Personne ne fait de réelles propositions pour savoir par quoi on remplacerait le nucléaire. Voyez l'Allemagne, où l'on dit que les énergies renouvelables vont être développées : en attendant, les centrales thermiques sont sollicitées, et l'on augmente tranquillement l'effet de serre.

 

Redoutez-vous les conséquences sociales d'un arrêt des centrales ?


Oui, bien sûr, mais pas seulement pour ce qui concerne les emplois du nucléaire. Il y a en France, 3 ou 4 millions de foyers en précarité énergétique, c'est-à-dire qui consacrent une part importante de leurs ­revenus à s'éclairer et se chauffer. Si les prix de l'électricité augmentent, qu'en sera-t-il pour eux ? Le prix bas du courant en France est aussi un élément de compétitivité pour notre industrie.

 

Les effectifs dans le nucléaire font actuellement l'objet d'une incroyable guerre des chiffres. Combien d'emplois sont concernés ?


La filière emploie quelque 125.000 personnes, auxquelles il faut ajouter un chiffre équivalent pour les sous-traitants. Cela fait déjà 250.000 salariés, sans compter plusieurs dizaines de milliers d'emplois indirects. Mais n'opposons pas ces emplois à ceux des renouvelables. Pour les énergies vertes, il s'agit de développer une vraie filière industrielle.

 

Faut-il poursuivre le chantier de l'EPR à Flamanville ?


Il faut terminer ce projet. Le chantier est aujourd'hui tellement engagé qu'il est impensable de revenir en arrière. Ce serait une folie. L'EPR de Flamanville est un prototype, une tête de série dont il sera très important ensuite d'analyser le retour d'expérience. D'une manière générale, la recherche dans l'énergie, mais également dans le nucléaire, est aujourd'hui insuffisamment poussée. S'agissant de la génération IV des réacteurs, des pays comme la Russie et l'Inde sont en avance par rapport à la France.

 

À la suite de la catastrophe de Fukushima , le recours à la sous-traitance par EDF a été évoqué par les experts de l'État comme un enjeu de sûreté. Votre position ?


C'est la CGT qui est intervenue en ce sens. Nous sommes pour que des métiers liés à la sûreté soient réinternalisés et pour un statut de haut niveau pour tous les salariés. Nous avons demandé à Éric Besson, le ministre de l'Industrie, d'ouvrir des négociations sur la sous-traitance.


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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 15:48

Extrait d’un entretien le vendredi 28 octobre 2005 de Danielle Mitterrand, Présidente de "France libertés" avec Hernando CALVO OSPINA journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique. Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage. Voir : http://www.legrandsoir.info/article8459.html

 

 

Texte repris par http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=liste_articles_derniers&debut_articles=20

 

A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

 

Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?

Danielle Mitterrand  : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.

HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?

DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.

HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire...

DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?

HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?

DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme - juillet 1989 - j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités... ? » Ce fut une honte.

HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes...

DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner... ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !

HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.

DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. »

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.

HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?

DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.

HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?

DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.

Hernando Calvo Ospina.


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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 17:31

 

Mais qui est responsable de la crise ?  L'invisible loi du marché ou les gens qui nous gouvernent ? Ca on ne nous le dit pas.


Et pourtant ce que disait le petit Nicolas avant l’éclatement de la bulle des sub-primes est révélateur.

 

http://www.dailymotion.com/video/x77efv_les-responsabilites-de-mr-sarkozy-d_news#rel-page-4

http://www.dailymotion.com/video/x7bo1g_discours-de-sarkozy-pour-le-credit_news#rel-page-3

 

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) nous informe :

 

L’association Réséda  composée de quelques journalistes indépendants indignés de la manière dont la     «grande» presse rend compte de la crise du système bancaire monétaire et financier a   monté une série de vidéos à partir de personnalités non « orthodoxes », afin de mieux comprendre la situation actuelle.

Elle prépare en outre, avec une société coopérative de production, un DVD qui reprendra le même thème avec pour objectif de le vendre à des télés et de l’utiliser comme support dans des réunions militantes.

4 vidéos pour mieux comprendre la crise bancaire, monétaire et financière et prendre conscience que nous sommes les cocus d’un système qui fait la part belle aux profiteurs et spéculateurs:

 

http://www.dailymotion.com/video/xfuw5w_crise-2008-1-la-creation-monetaire_news

 

http://www.dailymotion.com/video/xi0yr7_crise-2008-2-financiarisation-de-l-economie_news#rel-page-1

 

http://www.dailymotion.com/video/xjdswb_crise-2008-3-endettement-ge-ne-ralise_news#rel-page-2

 

http://www.dailymotion.com/video/xl1kzx_crise-2008-4-quelques-perspectives_news#rel-page-3

 

 Pour aider à la réalisation d’un futur film, devenez souscripteurs en envoyant une participation d’un multiple de 10 euros (chèque libellé à l'ordre de l'association Réséda) :

Association Réséda
Appartement 6
11/13 Boulevard Jeanne d’Arc
95 100 ARGENTEUIL


 reseda.association@laposte.net


Voir les 0 commentaires - Par jack Freychet - Publié dans : Economie et politique la dette - Ecrire un commentaire
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