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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 16:30

Par  Xuan , popularité : 50%

 

Un gouvernement de combat en France et à l’étranger, ou la politique étrangère de Hollande n’est pas étrangère à la situation intérieure de notre pays.

 

Nous avons tous vu ces chiffres qui font état de l’augmentation des dividendes particulièrement élevée en France. Les Echos du 20 août annonçaient

 

« La France [1] se distingue clairement, puisqu’elle est le plus important pays de la zone pour les rémunérations aux actionnaires. Celles-ci atteignent 40,7 milliards de dollars entre avril et juin, en progression de 30 %. Le secteur financier a opéré un retour à la normale avec la reprise des dividendes de Crédit Agricole et une forte hausse pour Société Générale. BNP Paribas, de son côté, a versé des dividendes et indiqué qu’il continuerait malgré la lourde amende infligée aux Etats-Unis. »

 

Au passage on relèvera qu’il s’agit des profits pour les principales entreprises (industrielles, commerciales et financières) et non pour le seul secteur financier. La dénonciation par certains économistes de la financiarisation oublie souvent que les actionnaires industriels ne sont pas plus philanthropes que ceux de la finance. Ce sont parfois les mêmes.

 

Dans le même temps c’est précisément en Europe et tout particulièrement en France que la croissance du PIB avoisine le zéro.

 

La presse économique a signalé la stagnation du PIB en France, l’INSEE relevant au mois d’août que la quasi totalité des moteurs de croissance est en panne.

 

Les investissements sont en recul (-0,8% par rapport au premier trimestre, qui avait déjà vu une baisse de 0,7% et en dépit de l’aide du gouvernement de 40 milliards d’euros en quatre ans).

 

"Le chiffre de l’investissement promet d’être négatif encore un moment. L’objectif du Crédit d’impôt compétitivité et emploi était de le relancer mais jusqu’ici ça ne prend pas"


, constate pour l’AFP Denis Ferrand, directeur général de la société de recherches Coe-Rexecode.

 

Dans ces conditions le chômage n’est pas près de diminuer, mais tant que l’explosion sociale ne menace pas les capitalistes n’en ont cure.

 


Il en résulte que l’orientation du gouvernement socialiste consiste à appliquer la méthode décrite par le futur remplaçant d’Herman Van Rompuy, le premier ministre polonais Donald Tusk :

 

"Mon expérience en tant que Premier ministre montre qu’il est possible d’associer discipline budgétaire d’un côté et croissance économique de l’autre, il est possible de combiner ces deux défis".

 

Evidemment sa nomination relève des menaces européennes envers le peuple ukrainien et envers la Russie, puisque la Pologne est en première ligne du soutien aux USA et au gouvernement fantoche et fasciste de Kiev, voire de l’intervention directe.

 

Mais sur le plan intérieur la combinaison de ces deux défis consiste à augmenter la croissance des profits en exploitant davantage les masses, faisant de la Pologne le pays le plus inégalitaire d’Europe.

 

En France l’offensive réactionnaire se déchaine après la mise au pas du petit chahut des ministres et députés frondeurs :


- Mise en place d’un ministre de l’économie ouvertement anti-social
- Remise en cause des 35 heures et du SMIC
- Démontage de l’encadrement des loyers
- Transformation « de fond en comble » du PS selon le vœu de Cambadélis, évidemment pour en faire un parti discipliné et centralisé.
- Projet de loi d’habilitation à gouverner par ordonnance…

 

On comprend dès lors l’accueil chaleureux de Valls à l’université d’été du MEDEF

 

Cette attitude du gouvernement Hollande est aussi une fuite en avant de la bourgeoisie dont tous les partis ont été compromis dans des scandales et sont déconsidérés dans la population à cause des mesures antisociales appliquées par les uns et par les autres. Au-delà des clivages se dessine nécessairement un front réactionnaire face à nous.


Ecartée du leadership européen et méprisée par l’Allemagne, implorée vainement de faire un geste par Sapin, la bourgeoisie française se montre d’autant plus belliqueuse à l’étranger et se range dans la bande des faucons sous la bannière des USA.

 

Hollande vient de demander l’élévation du niveau des sanctions contre la Russie :

 

« Il y a incontestablement une aggravation de la situation (en Ukraine) : présence de matériels venant de Russie, présence de soldats, c’est probable, en tout cas de séparatistes armés et aidés par la Russie » …« il y a, face à cette aggravation de la tension, de nouvelles décisions à prendre" et "l’Europe doit agir"... "Il n’y a pas de temps à perdre".

 

Se défendant de vouloir la guerre il fait tout pour attiser le conflit.


Nous devrions relier ces deux aspects de la politique bourgeoise : la guerre de classe à l’intérieur et la guerre impérialiste à l’extérieur.

 

Nous devrions aussi nous interroger non seulement sur l’échec de l’Union de la Gauche et ses conséquences (c’est-à-dire sur la stratégie électoraliste), mais également sur le contenu de ses objectifs politiques, objectifs revendiqués par les frondeurs du PS.

 

Par exemple sur le slogan de « la croissance par la consommation », selon lequel le système capitaliste pourrait sortir de la crise selon le modèle du New Deal.

 

La lutte de classe pour les salaires, l’emploi, le logement, la santé, n’a pas besoin de se justifier en promettant que l’économie capitaliste se porterait mieux avec de meilleures salaires.

 

Toute la mobilisation du Front de Gauche et de la CGT s’est faite autour de ce slogan réformiste, et à présent les syndicalistes et les militants se trouvent désemparés.

 

C’est la lutte de classe et l’objectif du socialisme qu’il nous faut promouvoir.

 

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