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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 17:56

L’Economie Sociale et Solidaire se nourrit de l’austérité qui elle-même génère le  chômage, la précarité et des exclusions,  la casse des acquis sociaux  mais n’offre pas les mêmes garanties en matière d’emplois, de pouvoir d’achat et de protection en matière de santé sauf pour ceux qui peuvent se permettre de payer plus, les autres galèrent jusqu’à tendre la main pour survivre…

 

Dans sa publication de décembre  le conseiller général de Sainte Geneviève de Bois  affirmait que  l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) serait un gisement d’emplois d’avenir, et pour cause, sans s’interroger sur les raisons de la stagnation du PIB qui ramené à l’habitant, dans un pays à forte croissance démographique,  est resté à un niveau inférieur à ce qu’il était à la fin du siècle dernier.

 

Dans le même  temps le décile supérieur s’en approprie une part toujours plus importante alors  que le nombre des chômeurs, des exclus ou en voie de l’être ne cesse d’augmenter. Sans vergogne l’apatride Manuel Valls va jusqu’à en faire un argument de vente de notre appareil productif aux entreprises étrangères.

 

Ainsi en termes de salaire, de temps de travail, de flexibilité les travailleurs de France seraient à l’en croire les plus compétitifs de l’Union Européenne. D’ailleurs il s’active pour qu’il en soit ainsi mais ça ne fait que faire croître le  chômage et des déficits. Les autres faisant de même il n’y a que des perdants.

 

Rappelons ensuite que l’ ESS   est l’aboutissement d’un long processus, commencé il y a des milliers d’années par des solidarités inter individuelles   sans lesquelles l’Humanité, qui peine à s’extirper de la barbarie au point de s’y engluer comme dans des sables mouvants, n’aurait pu parvenir  au stade de développement actuel, qu’il convient cependant de relativiser.  Considéré par certains comme étant annonciateur  d’une aube nouvelle, il a toute les caractéristique d’une plongée aux enfers  pour les générations futures, qui  après avoir grappillé les faibles reliefs que leur octroie  la société de consommation  pourraient, faute de lucidité et de réactions rapides,  se retrouver dans les grottes originelles, environnées  de ruines après un séjour sous les ponts de Paris, ou d’ailleurs, pour avoir des  acquis sociaux, cautionné la disparition.

 

Beaucoup se croient encore préservés car, c’est bien connu, ça n’arrive qu’aux autres.

 

Certes il ne s’agit pas de nier le dévouement dont font preuves ces millions de bénévoles, l’équivalent de 950 000 emplois temps plein, qui tentent sur le terrain de soulager la misère et la souffrance : Le Secours Populaire, le Secours Catholique, la Samu social, les resto du cœur  les associations les plus médiatisées, mais il y en a d’autres, toutes répertoriée au sein de l’économie sociale et solidaire, qui s’épuisent face à l’explosion des besoins. D’ici à les représenter comme porteuses de solution d’avenir il y un pas impossible à franchir.

 

Tous  les arguments son bons. Les tenants de la « modernité passéiste », de droite comme de gauche

dénaturent  les bilans, les manipulent,  gonflent celui de l’ESS, en lui imputant des emplois qui ont peu,  ou rien à voir avec elle. En  bref donnent dans l’autosatisfaction au mépris d’une dure réalité dont ils portent la responsabilité mais sont incapables de proposer la moindre alternative.

 

 C’est la démarche relayée par les élus du Val D’orge, le conseiller général du canton de Sainte Geneviève des Bois, auquel Villiers sur orge vient d’être rattaché.

 

Notons tout d’abord que  les 2 300 000 emplois au niveau national dont monsieur Petitta fait état dans une de ses dernières publication ne sont l’équivalent que d’à peine  2 000 000  temps complets car dans ce secteur règne le temps partiel et la précarité. :

 

Soit  9, 46 %  des emplois en France ( 6 à 6,5 % selon le rapport Fremeaux) dont de nombreux territoires ont été désertés par les services publics mais seulement    6,0 % en Ile de France ou sont implantées nombre d’associations dont le champ d’action couvre l’hexagonel. Mais, comme on le verra plus loin  une analyse plus fine fait  encore baisser le ratio.

 

Il ne précise pas au sein les  600.000 emplois qui seraient à pourvoir à horizon 2020 quelle  est la fraction  qui sera consacrée aux  besoins non satisfaits, ceux  à venir du fait du vieillissement de la population, quels sera le nombre de remplaçants destinés à compenser les départs à la retraite  d’un effectif vieillissant, ceux consécutifs à la poursuite de l’érosion de notre système de protection sociale. C’est la bouteille à encre mais c’est encore électoralement porteur.

 

Selon les chiffres avancés par le rapport rapport Fremeaux remis en 2013 à Bernard Hamon le PIB de l’ESS tournerait autour de 6,5 % et non pas 10%. La raison est la conséquence de la faiblesse des rémunérations en particulier dans le secteur associatif, de la précarité et du temps partiel.

 

A ce stade il convient de préciser que le PIB, tel que calculé est la somme des valeurs ajoutées, quelle que soit la nature des activités, de celles qui sont productrices de bien de consommation, les véritables richesses  (Agriculture,  production industrielle et manufacturière), comme de celles qui les utilisent, c'est-à-dire les consomment : Une pandémie peut faire croître le PIB par contre elle vide les caisses de la sécurité sociale.

 

En outre l’ESS, telle que répertoriée, est un fourre tout qui regroupe des activités qui n’ont rien ou peu à voir ni avec le social ni avec  la solidarité stricto sensu.

 

Résumons :

 

1 Agriculture, sylviculture et pêche

2 Industrie + construction

3 Industrie + construction dont industries alimentaires, boissons, tabac

4 Commerce, transports, hébergement et restauration

5 Activités financières et d'assurance

6 Information et communication, activités immobilières, soutien aux entreprises

7 Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale

8 Autres services dont arts, spectacles et activités récréatives

 

Réparties en Ile de France comme suit mais le raisonnement vaut également au plan national:

 

 

 

Coopératives¹

Mutuelles ²

Associations

Fondation ³

Effectifs salariés

en ETP

288 926

 

116 888

 

1 514 375

61 769

 

 

1   Sur 1700 coopératives seulement 170 sont de production, les seules qui créent réellement des richesses, les autres les utilisent. 1220 sont de crédits, ce serait sans doute trop exiger des banques qui spéculent à grande échelle

2  440 mutuelles sont régies par le code de la mutualité 370 par le code des Assurances. Pour les premières il s’agit de solidarité  pour les autres de faire du fric. Elles se développent  au rythme de l’érosion des recettes de la sécurité sociale, mais ne couvrent que ceux qui peuvent encore payer les autres se soignent moins…

 

3  Sur la création et le financement des fondations voir ici

Pour plus de précisions Il convient également de se reporter sur :

Dossier INSEE : Regards sur l'économie sociale et solidaire en Ile de France (2010

Ou encore les tableaux de l'insee pour 2012

 

Statistiques 2012 Ile de France

L’économie sociale et solidaire en Ile de France en 2012 (Insee)

 

Nature

1 Agriculture, sylviculture et pêche

2 Industrie + construction

3 Industrie + construction dont industries alimentaires, boissons, tabac

4 Commerce, transports, hébergement et restauration

5 Activités financières et d'assurance

6 Information et communication, activités immobilières, soutien aux entreprises

7Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale

8 Autres services dont arts, spectacles et activités récréatives

 

Coop : Coopérative – Mut : Mutuelle ­­- Assoc : Association - Fond : Fondation

 

Effectif salarié de l'économie sociale, en équivalent temps plein, par famille de l'économie sociale et par secteurs d'activités Ile de France 2012

Secteur

Coop

Mut

Assoc

Fond

Total

économie

sociale

Hors

 économie

sociale

Total

1

c

0

c

0

200

5049

5249

2+3

2781

c

257

c

3038

687534

690545

3

 

0

 

0

 

40199

40242

4

4 605

c

3999

c

9246

1170841

1180087

5

19 692

17058

c

c

39413

609080

612611

6

2 664

152

11373

3934

18123

271148

310561

7

327

4329

162181

16071

183108

1222876

1240999

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8

c

0

70810

c

72588

70509

173063

8bis

c

 

21973

c

22267

134369

206967

 

 

 

 

 

 

 

 

Total

30273

21904

251405

22107

325689

5121375

5447064

 

 

 

 

 

 

 

 

c : données confidentielles

Champ : postes de travail dans l'année (hors intérimaires)

Source : Insee, Clap

 

 

Répartition des l’emplois de l’économie Sociale et solidaire par rapport au total des emplois

en Ile de France

 

 

1+ 2+ 3 Agriculture, sylviculture et pêche,  Industrie + construction

< 0, 06    %

 

3 Industrie + construction dont industries alimentaires, boissons, tabac

 

4  Commerce, transports, hébergement et restauration

0, 17    %

5 Activités financières et d'assurance

0,723  %

6 Information et communication, activités immobilières, soutien aux entreprises

0, 332  %

7 Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale

3, 35  %

 

8 Autres services dont arts, spectacles et activités récréatives

1, 33   %

Total

5, 965  %

Très loin des chiffres annoncés, d'autant qu'en poussant un peu l'analyse  la part de l'économie apparaît négligeable. A suivre...

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