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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 10:23

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POOL/AFP / Ludovic MARIN

Le président Emmanuel Macron s'exprime lors d'une rencontre avec quelque 600 maires du Sud-Ouest, le 18 janvier 2019 à Souillac

"Je vous mets en garde, monsieur le président : il ne faudra pas que ce débat devienne le grand bluff !": des maires ont averti Emmanuel Macron vendredi que les mots seuls ne suffiraient pas à mettre fin à la crise des "gilets jaunes", à la veille de l'acte 10 du mouvement.

Le chef de l'Etat avait souhaité mardi un débat "sans tabou". Des élus l'ont pris au mot, lors de la deuxième grande consultation organisée devant plus de 600 maires des 13 départements d'Occitanie, à Souillac (Lot).

Le premier a été le président de l'association des maires ruraux du Lot, Christian Venries, qui a prononcé un sévère réquisitoire contre le président et ses prédécesseurs. Ce grand débat, est-ce "une opération de com', une mascarade, de l'enfumage?", s'est interrogé le maire de Saint-Cirgues, en fustigeant les "lois complètement déconnectées", qui sont "pondues dans les bureaux parisiens".

"J'espère que vous n'êtes pas dans la posture du +dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer+". "Il faut arrêter de jeter en pâture les plus faibles", a-t-il lancé au chef de l'Etat, qui prenait des notes, assis au premier rang.

Sur un ton plus mesuré, parfois teinté d'humour, d'autres élus ont égréné les doléances de leurs concitoyens, tout en remerciant le président d'être venu. "Quand on va au contact dans cette terre de rugby, ça a du sens", a salué l'un d'eux.

En introduction, Emmanuel Macron a souhaité que cette consultation nationale ait pour "vocation de recréer par la délibération, cette part de consensus dont nous avons besoin".

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/19752455615d4dcd2c94c97ae0292bfd223641d2.jpg

 

AFP / Pascal PAVANI Heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Souillac dans le Lot avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le 18 janvier 2019

Au premier rang des préoccupations exprimées par les maires figure l'affaiblissement des services publics dans les campagnes, qui se sentent défavorisées. "L'internet haut débit et la 4G font défaut (...). Malgré les assurances d'Orange, les travaux prennent du retard", a dénoncé Agnès Simon-Picquet, maire des Junies, qui demande à l'Etat de "contraindre les opérateurs à tenir les engagements". Une requête applaudie par l'assistance.

L'émotion a ensuite été palpable lorsque Emmanuel Macron et les 600 maires se sont levés et ont longuement applaudi l'édile de Trèbes, commune de l'Aude frappée en 2018 par un attentat ayant fait quatre morts et une crue ayant tué six personnes en octobre.

- "Macronneries" -

Souillac avait été placée sous très haute sécurité. Ce qui n'a pas empêché des dizaines de manifestants - "gilets jaunes", retraités locaux et jeunes masqués - de venir protester : "Manu, arrête tes macronneries, tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat", clamait une banderole des "gilets jaunes aveyronnais en colère".

POOL/AFP / LUDOVIC MARIN

 

Emmanuel Macron lors d'une visite surprise dans une école de Saint-Sozy, près de Souillac, le 18 janvier 2019

Le matin, des heurts ont opposé les manifestants aux forces de l'ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et procédé à deux interpellations, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Comme mardi dans l'Eure, le chef de l'Etat a effectué avant ce rendez-vous une visite surprise dans la matinée, cette fois dans une école de Saint-Sozy, à une quinzaine de kilomètres de Souillac. Accompagné de deux ministres, il a notamment discuté avec des parents, des élèves de CE1-CE2, et signé des autographes sur les cahiers de cours.

À la sortie de l'école, le président a longuement échangé avec des habitants, notamment une étudiante infirmière, qui l'a interpellé sur le handicap, et des retraités. "Je ne suis pas sourd, c'est pour ça que je vais au contact", a répondu le président à un artisan.

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