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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 17:45

Le nouveau mémorandum de paupérisation des travailleurs voté le 12 février comprend entre autres les mesures suivantes :

1 – Salaires :

Diminution du salaire minimum de 22% (Accord collectif général nationale/NGCA ; accords profesionnels et de branche);

Diminution supplémentaire du salaire minimum pour tout nouvellement embauché de 10%, en plus de la diminution de 22%, à savoir une baisse de 32% ;

Suppression des conventions de branche ;

Gel des salaires jusqu'en 2015 ;

Les emplois à temps plein peuvent être transformés en emploi à temps partiel, sur décision du patron ;

Les augmentations automatiques de salaire basées sur l'ancienneté sont suspendues tant que le chômage ne descendra pas en-dessous de 10%, de fait elles sont bandonnées ;

Les conventions collectives auront une durée maximale de 3 ans ;

Toutes les conventions collectives qui s'appliquent aujourd'hui expireront une année après l'adoption du nouveau mémorandum ;

Révision de la nouvelle NGCA d'ici la fin juillet afin de s'aligner sur le salaire minimum des pays concurrents (Portugal, Turquie, Europe centrale et du sud-est) ;

Suppression du recours unilatéral à l'arbitrage prud'hommal ;

 

2 – Retraites – contributions sociales :

Baisse des pensions de 300 millions d'euros par an. Les nouvelles baisses toucheront à la fois les pensions de base et complémentaires ;

De nouvelles baisses dans les retraites de base de plusieurs fonds de pension qui vont s'appliquer rétrospectivement à partir du 1er janvier 2012 ;

Fusion de tous les fonds de pension complémentaires d'ici juin 2012 et le lancement de l’étude "un facteur de durabilité qui ajuste les bénéfices pour rapidement éliminer les déséquilibres futurs qui pourraient se produire " qui conduira à de nouvelles baisses des pensions complémentaires ainsi que des indemnisations de retraite;

Baisse de 2% des cotisations sociales patronales avec suppression des cotisations pour l'Organisme du logement ouvrier et des allocations sociales. Ces organisations vont fermer leurs portes ;

Nouvelle baisse des cotisations que les patrons vont payer pour l'IKA (le plus grand fonds de pension des travailleurs du privé) à partir du 1er janvier 2013 de 3% ;

 

3 – Employés du secteur public, des anciennes entreprises et banques publiques

La suppression des emplois stables dans les anciennes entreprises et banques publiques et baisse des salaires ;

Nouveaux licenciements de 15 000 fonctionnaires en 2012, à travers le dispositif de la «réserve de main d'oeuvre »;

Réduction du nombre de travailleurs du secteur public, travaillant avec des contrats temporaires, par le non-renouvellement des contrats ;

Coupes de 636 millions d'euros des salaires des employés du secteur public payés selon une échelle de salaires spécifique d'ici la fin juillet 2012 ;

Nouvelles coupes dans les salaires du secteur public par la révision de l'échelle des salaires ;

Suppression de 150 000 postes de fonctionnaires d'ici 2015, et non-remplacement de 4 fonctionnaires sur 5 ;

Diminution du nombre général de nouvelles recrues dans les académies (armée, police) qui garantissait un emploi automatique dans le secteur public ;

Fermeture d'organisation et d'entités publiques d'ici juin 2012 ;

 

4 – Nouvelles mesures en 2012 :

Réduction des dépenses dans le secteur de la santé de 1,1 milliards d'euros ;

Coupes dans une série d'allocations sociales, en adoptant des critères de revenu ;

Baisse des allocations pour les familles avec plus de 3 enfants ;

Baisse des dépenses de fonctionnement et de consommation de l’État de 300 millions d'euros ;

Coupes dans plusieurs entités sous contrôle des ministères de l’Éducation et de la Culture de 200 millions d'euros ;

aisse des dépenses sur les heures supplémentaires pour les médecins dans les hôpitaux de 50 millions d'euros ;

diminution du budget des Programmes d'investissement public de 400 millions d'euros ;

Baisse des dépenses militaires pour la défense du pays ;

Un nouveau système fiscal en juin 2012 qui supprimera une série d'exemptions fiscales qui restent au bénéfice des travailleurs. D'importantes exonérations fiscales seront concédées au grand capital.

 

Source: http://fr.kke.gr/news/news2012/2012-02-16metra

 

Note de l'auteur du Blog: Au total huit plans d'austérité imposés depuis janvier 2010, un neuvième à venir en juin. dans le même temps la dette grècque est passée de 12,6 % à plus de 17 % du PIB. décidément c'est le remède  qui nourrit le mal. Il est grand temps pour nous d'être solidaire pour inverser la tendence sinon nous subiront le même sort.

 


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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 16:20

 

Un appel de Mikis Théodorakis

 

Il existe une conspiration internationale, l’objectif est de donner à mon pays le coup de grâce. L’assaut a commencé en 1975 contre la culture grecque moderne ; ensuite il a continué avec la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et, maintenant, on essaie de nous exterminer physiquement avec le chômage, la faim et la misère. Si les grecs ne se soulèvent pas pour les arrêter, le risque d’extinction de la Grèce est réel. Il pourrait survenir dans les dix prochaines années. L’unique qui survivrait à notre pays serait le souvenir de notre civilisation et de nos luttes par la liberté.

Jusqu’à 2009, la situation économique en Grèce n’était pas très grave. Les grandes blessures de notre économie furent la dépense militaire excessive et la corruption d’une partie du monde politique, financier et des médias. Mais quelques pays étrangers sont aussi responsables, parmi ceux-ci l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les USA, qui ont gagné des milliers de millions d’euros aux dépens de notre richesse nationale en nous vendant une année après l’autre de l’équipement militaire. Cette hémorragie constante nous a empêché d’avancer tandis cela enrichissait d’autres pays. On pourrait dire la même chose à propos du problème de corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une agence spéciale dédiée à corrompre les grecs afin que ceux-ci donnent la préférence à ses produits sur notre marché. Ainsi, nous avons été victimes de ce duo de prédateurs, d’Allemands et de grecs, qui se sont enrichis aux dépens du pays.

Il est évident que ces deux grandes blessures auraient pu être évitées si les leaders des deux partis politiques proyanquis ne s’étaient pas permis de corrompre. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, a été drainée vers des pays étrangers et les hommes politiques ont essayé de compenser les pertes grâce à des prêts excessifs qui ont donné lieu à une dette de 300 milliards d’euros, soit 130 % du Produit national brut.

Avec une telle escroquerie, les étrangers gagnaient doublement : en premier lieu grâce à la vente d’armes et de leurs produits et, en seconde lieu, avec les intérêts sur le capital qu’ils prêtaient au gouvernement, non au peuple grec qui, comme nous avons vu, fut la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour le démontrer : en 1986, le gouvernement d’Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de ce prêt ont fini d’être payés en 2010 et se sont élevés à : 54 milliards d’euros !

L’année dernière, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu’il était conscient de la fuite massive de capitaux qui avait lieu en Grèce à cause du coût élevé du matériel militaire, acheté principalement à l’ Allemagne et à la France. Il a ajouté qu’il était arrivé à la conclusion que les fabricants d’armes nous amenaient à une catastrophe certaine. Cependant, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela … : pour ne pas nuire aux intérêts de pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’y a pas échappé. Cependant, le niveau de vie, qui avait été jusqu’alors assez haut (la Grèce était classée entre les 30 pays les plus riches du monde), n’a pratiquement pas changé, malgré l’augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement dans une crise économique. On estime que la dette de pays importants comme les USA et l’Allemagne est de milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si les deux sont positifs, il est possible d’obtenir des prêts bancaires avec n intérêt inférieur à 5 %, jusqu’à ce que passe la crise.

En novembre 2009, quand George Papandreou est arrivé au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour comprendre l’effet de sa politique désastreuse, je mentionnerai uniquement deux pourcentages : en 2009 le PASOK de Papandreou a obtenu 44 % des votes. Maintenant, les enquêtes ne lui donnent pas plus de 6 %.

Papandreou aurait pu faire face à la crise économique (qui était un reflet de celle de l’Europe) avec des prêts bancaires au taux d’intérêt habituel c’est-à-dire en dessous de 5 %. S’il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problèmes. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

Mais en été 2009, quand Papandreou s’est réuni en secret avec Strauss-Kahn pour mettre la Grèce sous la tutelle du FMI, avait déjà commencé leur conspiration contre le peuple grec. C’e fut l’ex directeur du FMI qui m’a fait cette révélation.

Pour l’obtenir, il a été nécessaire de falsifier la situation économique de notre pays pour que les banques étrangères prennent peur et augmentent jusqu’à des niveaux prohibitifs les taux d’intérêt qu’elles exigeaient pour les prêts. Cette opération coûteuse a commencé avec l’ augmentation artificielle du déficit budgétaire, de 12 % à 15 % pour 2009 [André Georgiu, Président de l’Équipe de direction de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans le consentement de son bureau directeur, d’inclure dans le calcul du déficit plusieurs organisations et entreprises qui avant n’avaient jamais été prises en compte dans aucun autre pays européen, à l’exception de la Norvège, et cela avec l’objectif que le déficit de la Grèce dépasse celui de l’Irlande (14 %), pour transformer notre pays en maillon faible de l’Europe, NdT]. Grâce à cette augmentation artificielle du déficit, le procureur d’État, Grigoris Peponis, a mis en accusation il y a vingt jours Papandreou et Papakonstantinou (son ex ministre de Finances).

Ensuite, Papandreou et son ministre des Finances ont commencé une campagne de discrédit qui a duré cinq mois, pendant lesquels ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce, tel le Titanic, coulait et de que les grecs sont corrompus, paresseux et incapables de faire face aux nécessités du pays. Les taux d’intérêt montaient après chacune de leurs déclarations et tout cela a participé à ce que la Grèce cesse de pouvoir contracter des prêts et notre adhésion aux dictats du FMI et de la Banque Centrale Européenne devenait une opération de sauvetage qui est, en réalité, le début de notre fin.

En mai 2010, le ministre des Finances a signé le Mémorandum c’est-à-dire la soumission de la Grèce à nos prêteurs. Selon la loi grecque, l’adoption d’un accord comme celui-ci doit être présentée au Parlement et au besoin à l’approbation des trois cinquièmes des députés. Cela signifie que le mémorandum et la troika qui nous gouverne sont illégaux, pas seulement du point de vue de la législation grecque, mais aussi de l’européenne.

Depuis ce temps-là, si nous considérions que notre voyage vers la mort est un escalier de vingt marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Le Mémorandum offre aux étrangers notre indépendance nationale et la propriété de la nation c’est-à-dire nos ports, aéroports, routes, électricité, eau, toutes les ressources naturelles (souterraines et un sous-marines), etc. A cela, il faut ajouter nos monuments historiques, comme l’Acropole, Delphes, Olympes, Epidaure et les autres, puisque nous avons décidé de ne pas faire valoir nos droits.

La production a diminué, la taux de chômage a augmenté jusqu’à 18 %, 800 000 commerces, des milliers d’usines et des centaines d’artisans ont fermé. Un total 432 000 entreprises ont fait faillite. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques abandonnent notre pays, qui coule de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Âge. Des milliers de personnes qui avaient une bonne situation jusqu’à il y a peu, cherchent maintenant de la nourriture dans les poubelles et dorment sur les trottoirs.

Pendant ce temps, on suppose que nous devons vivre grâce à la générosité de nos prêteurs, les banques européennes et du FMI. En fait, tout le paquet de dizaines de milliers de millions d’euros qui arrive en Grèce sont rendus tout de suite à nos créanciers, tandis que nous nous endettons de plus en plus à cause de ces taux d’intérêt insupportables. Et comme il est nécessaire de maintenir la fonction de l’État, les hôpitaux et les écoles, la troika impose des impôts exorbitants à la classe moyenne basse de notre société, qui mènent directement à la grande famine. La dernière fois que nous avons eu une situation de grande famine généralisée dans notre pays ce fut au début de l’occupation allemande en 1941, avec presque 300 000 morts en seulement six mois. Aujourd’hui, le spectre de la faim revient sur notre pays calomnié et infortuné.

Si l’occupation allemande a coûté aux grecs un million de morts et la destruction totale de notre pays : comment pouvons-nous accepter les menaces de Merkel et l’intention allemande de nous imposer un nouveau «  Gauleiter  », qui cette fois portera une cravate ?

L’occupation allemande, de 1941 jusqu’à octobre 1944, a démontré jusqu’à quel point la Grèce est un pays riche et jusqu’à quel point les grecs sont travailleurs et ont une conscience de leur engagement pour la liberté et l’amour à leur patrie.

Quand les SS et la grande famine ont tué un million de personnes et la Wehrmacht a détruit notre pays, elle a confisqué toute la production agricole et l’or des banques, les grecs ont été capables de survivre au moyen du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de 100 000 combattants, qui ont immobilisé 20 divisions allemandes dans notre pays.

En même temps, les grecs n’ont pas seulement survécu grâce à leur assiduité au travail, mais aussi, sous les conditions dures de l’occupation, grâce au grand développement de l’art grec moderne, spécialement dans les champs de la littérature et de la musique.

La Grèce a choisi le chemin du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.

Nous avons été attaqués, nous avons répondu par la solidarité et la résistance et nous avons survécu. Maintenant nous faisons exactement de même, avec la certitude que, avec le temps, le peuple grec vaincra. Ce message est dirigé à Merkel et à son ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, et je mets bien l’accent sur le fait que je continue à être un ami du peuple allemand et un grand admirateur de sa contribution à la science, à la philosophie, à l’art et, en particulier, à la musique. La meilleure preuve de cela est que j’ai confié toute mon œuvre musicale à deux maisons d’édition allemandes, Breitkopf et Schott, qui sont parmi les plus grandes maisons d’édition du monde, et mes relations avec celles-ci sont très cordiales.

Aujourd’hui, ils nous menacent de nous jeter de l’Europe. S’ils ne nous veulent pas une fois, nous ne voudrons pas dix fois faire partie de l’Europe de Merkel et de Sarkozy.

Aujourd’hui, dimanche 12 février, Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l’Acropolis et a donné par cela le signe qui a marqué le début de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – et moi nous allons participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et places se rempliront de centaines de milliers de grecs qui expriment leur colère contre le gouvernement et la troika.

Hier j’ai écouté notre premier ministre–banquier quand il a, en s’adressant au peuple, dit que nous avons déjà presque touché le fond. Mais : qui est-ce qui nous a emmené à ce fond en seulement deux ans ? Ces sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés de voter un nouveau Mémorandum pire que le précédent. Pourquoi ? Parce que le FMI et l’Eurogroupe nous obligent à le faire avec leur menaces : si nous n’obéissons pas, ce sera la faillite... C’est une situation totalement absurde. Les groupes grecs et étrangers qui nous haïssent et qui sont les uniques responsables de la situation dans laquelle est notre pays, nous menacent et nous font chanter pour continuer à nous détruire jusqu’à notre extinction définitive.

Pendant des siècles nous avons survécu dans de très difficiles conditions. Et voilà que non seulement nous survivrons maintenant, mais nous ressusciterons s’ils nous poussent par la force jusqu’à l’avant-dernière marche de l’escalier qui conduit à la mort.

Dans ces moments je consacre toutes mes forces à unir les grecs. J’essaie de les convaincre de ce que la troika et le FMI ne sont pas une rue à sens unique. Il y a une autre solution : changeons l’orientation de notre nation. Trouvons avec la Russie une coopération économique qui nous aide à mettre en valeur la richesse de notre pays dans des conditions favorables pour nos intérêts nationaux.

Je propose que nous arrêtions d’acheter de l’équipement militaire allemand et français. Faisons tout notre possible pour que l’Allemagne nous paie les réparations de guerre qu’elle nous doit, qui avec les intérêts accumulés s’élèvent à 500 milliards d’euros.

L’unique force capable de faire ces changements révolutionnaires est le peuple grec dans un front uni de Résistance et Solidarité qui expulse du pays la troika (FMI et banques européennes). En même temps, déclarons nul et sans effet tous ses actes illégaux, prêts, dettes, intérêts, impôts et achats de biens publiques). Bien sûr, leurs associés grecs qui notre peuple a déjà condamné comme traîtres recevront le châtiment qu’ils méritent.

Je vis totalement pointé sur cet objectif (l’union du peuple dans un Front) et je suis sûr que nous allons l’obtenir. J’ai lutté avec les armes à la main contre l’occupation nazie. J’ai connu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j’ai fondé le Front Patriotique (Patriotik ò Mètopo, PMA), la première organisation de résistance contre la Junte Militaire. J’ai lutté dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné dans l’« abattoir » de la police de la Junte. Mais je suis ici.

J’ai 87 ans et il est très probable que le jour du salut de ma chère patrie, je ne sois parmi vous. Mais je vais mourir avec la conscience tranquille, parce que je remplirai jusqu’à la fin mon devoir avec les idéaux de liberté et du droit.

Mikis Theodorakis


Article original en grec : Spitha-kap, Athènes, le 22 février 2012.


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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 12:06

 

 

Merci Amnesty France, via mondialisation.ca


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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 16:09

Article de Olivier Mayer - Humanité du 15-12-20 11

   

Les Échos de mardi (13-12-2011) publiaient un point de vue de Charles Beigbeder sous le titre: « Les retraités doivent prendre leur part de la rigueur ».  

Le papier ne mériterait pas tant d'attention si son auteur ne l'avait signé en tant que secrétaire national de l'UMP et vice-président de Fondapol¹, la fondation du parti du président.  

 

Ce qu'il propose: geler les pensions de retraite à leur (bas) niveau actuel. Celles, du moins, supérieures à 1 000 euros. C'est-à-dire une diminution générale du pouvoir d'achat des pensions.  

 

Nicolas Sarkozy s'était solennellement engagé le 12 juillet 2010: « Je dis aux 15 millions de retraités qu'on ne touchera pas à leur pension de retraite. » Les syndicats avaient démontré que sa « réforme », en reculant l'âge de départ, aboutissait de fait à diminuer les pensions des futurs retraités.

 

L'UMP annonce aujourd'hui que ce sont les pensions des actuels retraités qui sont dans le collimateur.  

Quelles justifications avance le secrétaire national de l'UMP?  

 

« Revenir sur cette indexation n'est pas iconoclaste puisque certains de nos voisins l'ont déjà appliquée. » Il rappelle qu'en Italie, la ministre des Affaires sociales, Elsa Fornero, a proposé, les yeux emplis de larmes, « l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, le calcul du montant des pensions sur la base de l’ensemble des salaires et le gel de l'augmentation des retraites ».  

 

« Si les deux premiers points ont été à l'affiche de la réforme de 2010 en France, le gel des retraites n'a jamais été abordé », regrette-t-il. D'autant plus que, prétend-il, ce n'est que depuis la réforme Balladur de 1993 que le montant des pensions est indexé sur les prix. En oubliant de préciser qu'auparavant, ce montant était indexé sur les salaires et que l'indexation sur les prix a déjà contribué à une diminution du pouvoir d'achat des pensions. 

 

« Il ne s'agit pas de toucher au cœur de la pension, répète Charles Beigbeder, mais bien de ne pas l'augmenter automatiquement d'un coup de baguette magique chaque 1er avril. » Selon lui, désindexer les retraites au-delà de 1 000 euros mensuels rapporterait environ 13,5 milliards d'euros par an. Et il ose avancer qu'il y a « des marges de manœuvre importantes pour mieux gérer nos retraites sans pénaliser les plus démunis ».

 

Dans la logique de la « réforme » de Sarkozy, celle dictée par les financiers, il y aura toujours des économies à faire et elles se feront toujours sur le dos des salariés et des retraités. 

 

Posons la question de civilisation: doit-on consacrer une part des richesses qui existent à permettre que les hommes et les femmes puissent vivre leur vie, dont la durée augmente, jusqu'au bout, dignement et confortablement?  

 

L'élection présidentielle est un moment de ce choix qui devrait être un débat gauche droite. Bien plus passionnant et utile que des petites jongleries où l'on dissimule sous des formules habiles des renoncements bien réels.

 

Notes de l’auteur du Blog :

 

¹ FONDAPOL veut également relancer les privatisations pour désendetter la France, réduire les dépenses de santé via la mise en place d'une franchise annuelle à hauteur de 2 % des revenus des ménages, réformer l'assurance-maladie en impliquant davantage les assureurs privés ² et en modulant les cotisations en fonction du risque.

 

² Le clan Sarkozy est à l’affût http://www.sharknews.fr/societe/economie/2379-guillaume-sarkozy-veut-accroitre-le-reseau-commecial-de-malakoff-mederic

 

A poursuivre dans cette voie nous serons bientôt au niveau des grecs.


Voir les 0 commentaires - Par Par jack Freychet - Publié dans : Présidentielles 2012, le libre échange et l'UE - Ecrire un commentaire
Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 14:49

Le procès verbal de la séance du 22 novembre 2011 a été adopté à l’unanimité sans modification majeure puis madame le maire a donné lecture des décisions qu’elle avait prises sur délégation de la majorité du conseil.

 

I Affaires financières, débat d’orientation budgétaire :

 

L’Etat se désengage pour combler son déficit. Les dépenses de la commune progressent plus vite que les recettes. Le temps des vaches maigres se poursuit. J’ai fait la déclaration suivante :

 

Malgré quelques bémols, bien que vous vous défendiez de faire de la politique, les documents que vous nous avez transmis bien que riche d’informations¹  reprennent les thèmes chers à Sarkozy celui qui disait travaillez plus pour gagner plus. Il est aujourd’hui le champion de l’austérité et du chômage et tait ses responsabilités.

 

Ainsi, le marasme économique et financier, le déficit de la France, seraient la conséquence d’une crise mondiale dont nul ne saurait d’où elle vient. Un autre aspect de l’invisible loi du marché en quelque sorte.

 

Je ne partage pas cette analyse. La crise est la conséquence des politiques mises en œuvre par les gens qui nous gouvernent depuis des décennies.

 

La dette française est égale à la somme des intérêts réclamés depuis l’application, en 1973, de la loi Pompidou Giscard, dite loi Rothschild,  qui a supprimé la possibilité de recourir à la banque de France à taux zéro et fait obligation d’emprunter aux banques, ou autres organismes privés qui, au passage,  empochent de juteuses rémunérations.

 

Aujourd’hui le taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) doit être aux alentours de 1,5 %, mais vous empruntez entre 4 et 5 %, la Grèce en est à 6, 7, 8, 9, la différence va alimenter les fonds spéculatifs qui pillent l’économie mondiale.

 

Depuis 1973, à l’exception des candidats présentés par les petits partis, et du Front national qui pour moi n’est pas une référence, aucun des autres aspirants à la magistrature suprême, qui ont tous appartenu  à un moment ou à un autre à une majorité gouvernementale n’a, lorsqu’il était en fonction, proposé de remise en cause  ni manifesté le moindre remord. Ils s’indignent tous depuis soixante six ans (pour les plus âgés)  du sort des SDF et des mal logés pour oublier l’hiver à peine terminé.

 

Souvenez- vous également  d’un candidat à la présidence de la républiques clamant il y a quelques années : «  Endettez-vous sur  hypothèque  » démarche qui a conduit à la crise des sub-primes aux USA et  aux « fonds » toxiques qui ont inondés la planète et mis en difficultés les banques qu’il a fallu renflouer avec les deniers des peuples. Là il y avait de l’argent.

 

Les responsables sont connus, depuis Reagan Thatcher voire avant, ce sont tous ceux qui ont gouverné les USA, l’Union Européenne, jusqu’à Cameron, Obama, Sarkozy, Merckel qui conserve néanmoins la fibre allemande et obtient pour son pays plus avec l’Euro que Hitler n’avait pu le faire avec ses divisions blindées. L’Allemagne tire ses excédents de ses importations de pièces détachées payées en euros aux PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) à monnaies faibles.

 

Il nous faudrait maintenant rembourser les intérêts  capitalisés et pour cela accepter des sacrifices  supplémentaires, hausse de la TVA, rebaptisée sociale,  hausse de l’impôt sur le revenu. Avec la non revalorisation des tranches d’impositions. 100 000 à 200 000 foyers supplémentaires vont être assujettis à l’I.R.P., les couches moyennes en subiront aussi les conséquences : Rentrées attendues  1,5 à 2 milliards d’euros,  ponction sur le pouvoir d’achat qui conjuguera la  croissance au négatif.

 

Vous présentez comme effet d’aubaine,  page 3 premier alinéa, le fait que la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) attribué par l’Etat aux collectivités territoriales ne soit plus indexée sur la croissance qui s’effiloche par contre vous omettez de préciser qu’elle reste entraînée par la décroissance.

 

Nous n’avons rien à attendre du Fonds de Péréquation des Recettes Intercommunales et communales (page 1 premier alinéa et renvoi), il  va monter en puissance sur cinq ans. Nous serons contraint de l’abonder, dès cette année, comme la communauté d’agglo car nous sommes parait-il une « commune riche » mais, si rien ne change, dont les ressources resteront ad vitam aeternam obérées pas ses insuffisances initiales en matière de taxe professionnelle dont le reversement par la communauté d’agglo s’étiole au fur et à mesure des transferts de compétences qui sont suivis, il ne faut pas l’oublier, de transferts de moyens correspondants (de la commune vers l’agglo).

 

Dans ces conditions, il ne vous restera comme à d’éventuels successeurs qu’à pousser une seconde fois le feu des impôts locaux² et l’augmentation des prestation servies par la commune  ce que vous avez  admis lors de la commission des finances ce que vous venez de confirmer.

 

Après, et avec le prix de l’eau qui va poursuivre son ascension, comme celui du gaz, celui annoncé de l’électricité il va falloir, à l’instar du système de santé, payer encore plus pour se chauffer moins.

 

 Pour terminer, un paradoxe, au niveau européen on fait état de la mobilisation de centaines de milliards d’euros pour combler les déficits, en France nos gouvernants peinent à en trouver  cinq cents millions, en déshabillant pierre pour habiller Paul, afin de relancer la croissance.

 

Vous ne pouvez rétorquez que vous n’avez pas été élu(e) s pour entendre cela mais  le document que vous nous avez présenté est une profession de foi éminemment politique, mes observations de même.

¹ Il confirme en particulier que les dépenses progressent plus vite que les recettes, au rythme des désengagement de l’Etat et des transferts de charges qui vont se poursuivre. Jusqu’où pourrons-nous aller comme ça.

 

² Augmentation de 6 % en 2009 plus une revalorisation des bases d’imposition par le gouvernement avait consisté en un transfert d’impôt  entre contribuables. Il est également à noter que les abattements instaurés pour charges de familles, appréciables pour les bénéficiaires, se sont effectués au détriment  d’autres catégories de contribuables y compris celles aux revenus les plus modestes dont le plafonnement d’impôt a, en outre, été réduit.

 

Pour la majorité, en résumé, la situation est certes difficile mais il faut s’adapter, utiliser au mieux  chaque euro disponible, elle n’y peut rien .

 

Les charges transférées à la communauté d’agglo (accompagnées des moyens correspondants ndlr) ont ensuite été entérinées. Il est à noter que l’attribution de compensation versée par la CAVO à la commune  passe en conséquence de 321 345 euros à 103 181 euros.

 

II Urbanisme Travaux :

 

Les solutions retenues n’étant pas de nature à assurer l’accueil des élèves en maternelle comme en primaire sur les long et même moyen terme je n’ai pas approuvé l’Avant Projet Définitif (APD) relatif à l’opération extension- réhabilitation de l’école Pierre Brossolette car la croissance démographique de Villiers sur orge est loin d’être achevée, il reste encore plusieurs dizaines d’hectares à urbaniser et les récentes mesures gouvernementales  incitant à la densification des zones qui le sont déjà. Il faudra rouvrir le dossier lors du prochain mandat ou classer les terrains disponibles en zones naturelles  inconstructibles mais c’est contraire aux orientations actuelles en matière d’urbanisation.

 

J’ai par contre approuvé les demandes de subventions au titre de la dotation des territoires ruraux.

 

III Enfance jeunesse :

 

Les enseignants de Malraux organisent ont sollicité une subvention de la commune pour organiser une classe transplantées. Je me suis étonné de la brièveté du séjour : 48 heures mais néanmoins voté pour l’octroi des aides demandées.

 

De même j’ai approuvé le contrat Enfance Jeunesse 2 ème génération en regrettant que d’année en année les subventions ce la CAF se réduisent comme peau de chagrin.

 

IV Affaires Générales :

 

Le remplacement d’un membre du CCAS par un autre élu étant une affaire interne à la majorité je n’ai pas participé au vote. En l’absence de certification comptable je me suis abstenu lors du vote du compte rendu d’activité de la SORGEM dont il convient cependant de noter qu’elle élargir son champ d’actions très au-delà de la CAVO.

 

J’ai approuvé l’adhésion au groupement de commandes pour la reliure des actes administratifs et d’état civil.

 

Madame le Maire a ensuite donné quelques informations qui seront reprises dans le procès verbal de la séance publié ultérieurement sur le site de la commune.


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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 17:21

des détenus torturés et privés de soins médicaux » Tripoli/Bruxelles, 26 Janvier 2012

MSF suspend ses activités dans les centres de détention de Misrata, en Libye. Les personnes détenues dans la ville de Misrata sont victimes de tortures et ne peuvent recevoir des soins médicaux d'urgence. Ce qui a amené Médecins Sans Frontières à suspendre ses activités dans les centres de détention de la ville.

 

 

Les équipes MSF ont commencé à travailler dans les centres de détention de Misrata, en Libye, en août 2011 pour y soigner les blessés de guerre prisonniers. Depuis lors, les médecins MSF ont vu de plus en plus de patients souffrant de blessures qui avaient été causées par des tortures lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention. Au total, MSF a soigné 115 personnes présentant des blessures liées à la torture et a rapporté l’ensemble de ces cas aux autorités compétentes à Misrata. Depuis le mois de janvier, plusieurs patients qui ont été renvoyés dans les centres d'interrogatoire y ont même été torturés de nouveau.

« Certains responsables ont cherché à instrumentaliser et entraver le travail de MSF, a déclaré Christopher Stokes, directeur général de MSF. Des patients nous ont été amenés au milieu d’un interrogatoire pour recevoir des soins médicaux afin qu’ils soient remis en état pour la poursuite de l’interrogatoire. Ceci est inacceptable. Notre rôle est de dispenser des soins médicaux aux blessés de guerre et aux malades en détention, et non de soigner encore et encore les mêmes patients entre deux séances de torture. »

Il a également été demandé aux équipes médicales de MSF de soigner des patients dans les centres d'interrogatoire, ce que l’organisation a catégoriquement refusé.

Le cas le plus inquiétant s’est produit le 3 janvier dernier lorsque les médecins MSF soignaient un groupe de 14 détenus revenant d’un centre d'interrogatoire situé en dehors des centres de détention. Malgré les demandes répétées de MSF de mettre fin immédiatement à la torture, neuf des 14 détenus souffraient de nombreuses blessures et présentaient des signes évidents de torture.

L’équipe MSF a informé le National Army Security Service - l’organisme responsable des interrogatoires - qu’un certain nombre de patients devaient être transférés d’urgence dans des hôpitaux pour y recevoir des soins spécialisés. Or, tous ces patients, à l’exception d’un seul, ont été de nouveau privés de soins médicaux essentiels et torturés lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention.

Après avoir rencontré différents responsables, MSF a adressé une lettre officielle le 9 janvier au Conseil militaire de Misrata, au Comité de sécurité de Misrata, au National Army Security Service et au Conseil civil local de Misrata, demandant de nouveau l’arrêt immédiat de toute forme de mauvais traitements sur les détenus.

« Aucune mesure concrète n’a été prise, constate Christopher Stokes. Au contraire, notre équipe a reçu quatre nouveaux cas de torture. Nous avons donc pris la décision de suspendre nos activités médicales dans les centres de détention. »

MSF est présente à Misrata depuis avril 2011, au cœur du conflit libyen. Depuis août 2011, MSF travaille dans les centres de détention de Misrata où l’organisation soigne les blessés de guerre, pratique des opérations chirurgicales et assure le suivi orthopédique des patients victimes de fractures. Les équipes de MSF ont donné 2 600 consultations, dont 311 pour des traumatismes liés à la violence.

MSF poursuit son programme de santé mentale dans les écoles et les structures de santé de Misrata, et continue à apporter une aide à quelque 3 000 migrants d’origine africaine, réfugiés et déplacés dans la région de Tripoli.

 

MSF est une organisation humanitaire médicale internationale qui travaille en Libye depuis le 25 février 2011. Pour assurer l’indépendance de son travail médical, MSF ne mobilise que des dons privés pour financer ses activités en Libye et n’accepte aucun financement provenant d’Etats, de bailleurs de fonds, de groupes militaires ou politiques.

http://www.msf.fr/presse/communiques/libye-detenus-tortures-et-prives-soins-medicaux


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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 15:19

NATIONALISER LA POLITIQUE MONÉTAIRE


Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011)
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

La révolution conservatrice, à partir du tournant des années 1970-1980, entre autres choses, a organisé la privatisation de la politique monétaire. Avec le traité de Maastricht de 1992, elle a ouvert la voie à la formule la plus réactionnaire du monde en créant la Banque centrale européenne (BCE). Évidemment, le mot « privatisation » n’a jamais été prononcé », on l’a remplacé par le mot « indépendance ». Un mot qui sonne bien, qui donne en tout cas, spontanément, l’impression d’être préférable à son contraire. Qui choisirait la dépendance plutôt que l’indépendance ?

 

Ainsi le tour était joué, on vendait aux citoyens un concept sympathique pour masquer une politique monétaire entièrement tournée vers les intérêts des détenteurs de capitaux. Un pan essentiel de la souveraineté populaire basculait alors du côté des forces de l’argent. Car cette indépendance de la BCE n’en était pas une, elle devenait en réalité dépendante et soumise aux marchés financiers. Cette politique monétaire est responsable de la mise au chômage de millions d’Européens.

 

La gauche doit revendiquer haut et fort la nationalisation de la politique monétaire et de la monnaie. C’est une question de bon sens car la politique monétaire est un instrument essentiel de la politique économique. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener de politique de gauche sans l’instrument monétaire, et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs. Les conséquences d’une nationalisation de la politique monétaire sont évidemment considérables puisque pour y parvenir il faudra que la Banque de France sorte du Système européen des banques centrales (SEBC). Cependant, cela ne signifie pas la rupture des relations habituelles entre banques centrales. C’est le lien de soumission de la Banque de France à la BCE qui sera rompu. La France redeviendra libre de mener une politique monétaire favorable à l’emploi, au développement économique, social et environnemental. La suite logique sera le retour du franc, car comment nationaliser la politique monétaire sans nationaliser la monnaie ?

 

Le Parti socialiste, poussé par une partie de son électorat et de ses militants de plus en plus critiques avec le système euro libéral de l’Union européenne, de la BCE et de l’euro, lâche un peu de vapeur, mais c’est pour mieux enfumer l’opinion publique. Sa proposition de permettre à la BCE de prêter directement aux États est en effet illusoire. C’est d’ailleurs pour cette raison que le PS fait cette proposition, car il sait très bien qu’elle ne passera jamais. Il peut ainsi se présenter comme euro critique à bon compte ! C’est comme pour la taxe Tobin, ça ne mange pas de pain !

 

Demander que la BCE prête directement aux États  est illusoire, d’abord, car la totalité des 27 pays membres de l’Union européenne ne se mettront jamais d’accord sur une telle réforme si contraire à toute l’orthodoxie néolibérale. Peut-être, un jour, cela sera-t-il possible. Mais certainement pas à court terme. Faut-il attendre ce jour comme le messie et, en attendant, subir les coups de l’euro libéralisme ? Quelle mystification ! Comment faire des propositions aussi invraisemblables ! En outre, jamais les dirigeants allemands – quels qu’ils soient – n’accepteront un tel changement de politique monétaire qui heurterait leur culture au plus profond. C’est ne rien comprendre à l’Allemagne et faire preuve de beaucoup de légèreté que d’entretenir cette illusion.

 

Revendiquer que la BCE prête directement aux États est une illusion, ensuite, car cela sous-entend qu’une politique monétaire de gauche est possible avec des gouvernements de droite. Et aussi avec des dirigeants de la BCE tous issus et dévoués aux marchés financiers ! Comment est-il possible de croire des choses pareilles ? Comment mener une politique monétaire de gauche en gardant le principe de l’indépendance de la BCE ? C’est totalement incompatible puisque par définition l’indépendance de la BCE ne peut pas lui permettre de mener une politique inspirée par les gouvernements (de gauche !). Pour que la BCE prête directement aux États, il faut donc remettre en cause le statut d’indépendance de la BCE.

 

Bien sûr, le Parti socialiste reste muet sur le sujet. S’agissant du PS on ne sera pas surpris. Mais quand c’est le Front de gauche, les bras nous en tombent ! Alors que le Front de gauche dispose de nombreux atouts pour offrir une véritable – alternative – en tout cas c’est le seul rassemblement à la gauche du PS – il reste précisément dans le sillage du PS. Comme le PS, il demande que la BCE prête directement aux États, alimentant la confusion politique. Comme le PS, il ne revendique pas la remise en cause de l’indépendance de la BCE et la nationalisation de la politique monétaire. Il revient à son électorat de continuer la pression sur les dirigeants du Front de gauche pour les aider à se mettre en phase avec les attentes de la population.

 

Un nouveau signe de cette montée de la rage populaire contre le système de Bruxelles a été fourni lors d’une initiative sur la dette organisée par Attac et Médiapart le 15 janvier dernier. Beaucoup de monde, plus de 1 000 participants qui ont bousculé les organisateurs. En effet, pour une fois, une voix discordante avait été invitée à s’exprimer en la personne de l’économiste Frédéric Lordon. Il a prononcé une intervention brillantissime qui a fait un véritable tabac, sous les acclamations du public, alors que les organisateurs restaient silencieux…

 

Une vidéo à voir et revoir en boucle :

http://www.dailymotion.com/video/xnrsv2_leur-dette-notre-democratie-frederic-lordon_news


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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 11:42


Une contribution précise sur la question décisive des conditions d’une autre politique monétaire, dans les réalités des institutions européennes par Citoyen Lambda.

 

Le projet monétaire du Front de Gauche est résumé en 12 pages dans l’opuscule "l’Humain d’abord" (§ 2, pages 29 à 36, et § 7, pages 67 à 71), largement diffusé par les militants.


  Le paragraphe 2 s’intitule : Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers.

 

- En page 29 nous lisons : Nous agirons pour changer les missions de la Banque Centrale Européenne…

-  En page 30 nous lisons : Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant la politique et les critères du crédit. Blocage des échanges de capitaux avec les paradis fiscaux.

 

-Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Banque de France et création d’un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire pour l’expansion des services publics et des qualifications.


- En page 32 nous lisons : reprise du contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union Européenne ; possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics ; obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières ; …
Nous proposons que la BCE (…) finance directement par création monétaire, un fond de développement social, solidaire et écologique européen.


- En page 33 nous lisons : Des titres publics pour le développement social seront rachetés directement par la BCE et les banques centrales nationales.


- En page 35 nous lisons : Nous combattrons la spéculation et la financiarisation de notre économie en interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux, ce qui contribuera à leur disparition.


- En pages 35 et 36 nous lisons : Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés. En page 36 nous lisons : Nous agirons en même temps pour changer les traités européens…


Tous ces points contreviennent aux dispositions des traités européens, et en particulier à celui de Lisbonne.
Les institutions européennes, dont la BCE, sont ainsi faites, qu’il faut l’unanimité des 17 membres de la zone Euro pour modifier les statuts de la BCE, et l’unanimité des 27 membres de l’Union Européenne pour modifier un traité européen.( ndlr du blog: Ils feront l'objet de recours  auprès des juridictions compétentes, les décisions seront annulées).


Alors évidemment, les rédacteurs du programme du Front de Gauche, ne peuvent pas nier l’obstacle, d’où le chapitre 7 (pages 67 à 71) : S’affranchir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe.


Que veut dire "affranchir" ? Pourquoi ce verbe, et non pas simplement "sortir" du traité de Lisbonne. Quand on affranchit un esclave, on n’abolit pas l’esclavage…


- En page 69 nous lisons : Sans attendre cette échéance, nous agirons pour développer des politiques européennes nouvelles libérées des marchés financiers.
… nous refuserons d’appliquer des directives contradictoires à nos engagements, notamment en ce qui concerne la dérégulation des services publics.


Le maître mot est donc "désobéissance".


Notre opinion est très simple finalement.


Si, comme le prétend le Front de Gauche, il veut réellement reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, nous pensons que la voie prise est une très mauvaise voie. Elle consiste en effet à attendre que 17 ou 27 pays soient d’accord avec ce que propose le Front de Gauche français, et donc à espérer que la désobéissance française fasse tache d’huile, comme cela est clairement dit page 69.


Ce disant, ce faisant, le Front de Gauche n’est pas du tout à la hauteur de l’urgence sociale que par ailleurs il décrète. Pire que ça, il envoie ses troupes et ses électeurs à l’assaut de l’Everest, en leur disant qu’il s’agit de la Butte Chaumont.


Abordons le fond des solutions préconisées.


Le programme du Front de Gauche prétend vouloir reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, mais :


- Il ne dit mot sur les mécanismes de la création monétaire ;
- Il n’envisage pas de toucher au prêt à intérêt ;
- Il n’envisage les dettes que comme "publiques" et en fait une analyse budgétaire (page 33), tombant ainsi dans le piège tendu par la droite et le PS ;
 Il préconise de payer, aux créanciers privés, la plus grosse partie des dettes dues à la création monétaire publique et privée-devenue-publique, suite aux "renflouements divers" depuis 2007 (page 70) ;
 - Il est confus et contradictoire à propos des mouvements de capitaux, parlant tantôt de contrôle et de taxation, tantôt de blocage (comme souligné ci-dessus).
- Il ne chiffre rien, et reste très vague sur l’essentiel (il n’y est par exemple question que "de nationalisations de banques et de compagnies d’assurance" (page 35). Combien ? Lesquelles ?) ;
  Etc.


Dans la situation européenne et mondiale actuelle de la finance et des monnaies, nous pensons que les rédacteurs du programme du Front de Gauche sont passés à coté de leur sujet.


Si l’on reste sur le sujet qui est le nôtre, c’est-à-dire la politique monétaire, comment le Front de Gauche entend-il reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, tout en demeurant sous la férule du FMI et de la Banque Mondiale ?...


Inversement, dans le chapitre 8, page 74, nous lisons : Nous mettrons un terme à une politique étrangère de la France basée sur les relations néocoloniales et la Françafrique. Mais alors pourquoi, encore et toujours, éluder la question du Franc CFA ?


Est-ce que l’intention de mettre un terme aux relations néocoloniales est compatible avec le fait de garder la mainmise sur la monnaie de l’Afrique francophone ?


Nous pensons que les rédacteurs du programme du Front de Gauche ne se sont pas encore assez "affranchis", eux, des cogestions désastreuses avec les Partis Socialistes européens depuis 40 ans, et que ce programme en porte encore les plaies. L’enthousiasme de certains militant(e) s, sincères, fera donc encore place à de cruelles déceptions, mais c’est peut-être ça "le programme"...


Approfondir le sujet :  http://www.citoyen-lambda.fr/monnaie-mdcf.html

 

 


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