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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 10:09

Repris sur comité Valmy

 

Extrait vidéo: http://www.ina.fr/video/I00012536


En ces temps moroses, un sourire ne  fait pas de mal. On peut revoir la vidéo de quelques secondes où le général de Gaulle, c’était en 1965, déclarait, gestes à l’appui : « Il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe, l’Europe, l’Europe, mais ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien. »


Oh certes, dira-t-on, les temps ont changé, mais depuis la conférence de presse de François Hollande jeudi et sa pétition de principe en faveur d’un gouvernement économique européen appelé à se réunir tous les mois, le cabri gaullien semble bien sauter encore.

 

« Hollande, champion d’Europe », titrait avant-hier le Journal du dimanche, tandis que Libération, au lendemain de la conférence de presse, affirmait que François Hollande avait trouvé un second souffle et que, l’Élysée entendant réaliser une « union politique » pour sortir l’Europe de sa langueur, Berlin était «séduit », ce qui était aller un peu vite en besogne au regard de la sévérité des commentaires de la presse allemande quelques heures après.

 

En réalité, il est tout de même assez singulier que François Hollande sorte cette proposition de sa mallette à outils, juste après avoir accepté, en contrepartie du report de deux ans de l’objectif de trois pour cent de déficit, les contraintes drastiques qui lui ont été imposées par Bruxelles, en matière de retraites et plus largement de services publics. Ce qui signifie aussi que le déficit à bon dos quand c’est le modèle social français ou ce qu’il en reste qui est en cause.

Il est de ce point de vue assez cocasse, ou plutôt navrant, de voir un commissaire européen comme Michel Barnier déclarer que «nous devons revenir vers l’économie sociale de marché, que l’on a abandonnée depuis trente ans au profit d’une ligne ultralibérale ». Ah, bon ! Michel Barnier, après tout, pense peut-être ce qu’il dit, pourquoi pas, mais la réalité, ou les réalités comme le disait de Gaulle, c’est que cette ligne ultralibérale n’est pas tombée du ciel. Elle a été tracée depuis des années, de Maastricht au traité constitutionnel retoqué mais reconduit par le traité de Lisbonne, et la vérité, c’est qu’à chaque fois le PS y a contribué. Faut-il encore rappeler que François Hollande, qui s’était engagé à ne pas approuver le pacte européen de stabilité s’il était élu, l’a tout aussitôt validé en prétextant avoir obtenu en contrepartie un prétendu volet de croissance que l’on attend toujours.

 

Et un gouvernement économique, dont on ne sait d’ailleurs comment il serait composé, par qui il serait désigné, viendrait changer cette donne comme par un coup de baguette magique au simple motif qu’il serait « un gouvernement » ? Une telle instance, à supposer qu’elle voie le jour, ne serait pas autre chose qu’une nouvelle structure appelée à dicter leur politique aux États en court-circuitant aussi bien les Parlements nationaux que le Parlement européen, comme le fait déjà assez bien, du reste, la Commission de Bruxelles, présidée par José-Manuel Barroso. « L’Europe, l’Europe ». Depuis le général de Gaulle, ce n’est pas l’Europe qui a été construite mais un espace faisant passer les marchés avant les peuples. Ce n’est pas à on ne sait quel gouvernement qu’il faut s’en remettre mais à la démocratie et précisément aux peuples. Cela, c’est une idée neuve.

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