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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 10:34

Nous y parviendrons collectivement

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 17:11

Par Emmanuel Galiero

Origine Le Figaro.fr

Publié

 

INFO LE FIGARO - Gaulliste historique, juriste de formation, ex-députée européenne non inscrite, Marie-France Garaud se qualifie de «solide citoyenne de la France». À dix jours de l'élection présidentielle, l'ex-conseillère de Georges Pompidou, estime que Marine Le Pen est la seule à pouvoir rendre à la France sa souveraineté. Elle explique pourquoi au Figaro.

 

 

LE FIGARO. - Quel est l'enjeu de cette présidentielle?

Marie-France GARAUD. - La souveraineté française. C'est-à-dire, notre liberté.

 

Comment jugez-vous les programmes des deux candidats?

J'ai le sentiment que Monsieur Emmanuel Macron n'a ni amour-propre, ni lucidité. Il étale ses faiblesses avec un extraordinaire masochisme. Il a un petit côté chien battu. Il ne respecte pas la France et il est même en train de détruire le support de son existence politique.

 

Mais ne propose-t-il pas un projet?

Il n'a pas de programme économique. Il ne peut pas en avoir parce que nous ne sommes plus qu'un territoire à l'intérieur de l'Union européenne. Il faut sortir de là le plus rapidement possible, quel qu'en soit le coût, car mieux vaut la liberté que l'esclavage.

 

Est-il réellement possible de sortir de l'UE?

Oui, parfaitement. Il suffit de décider ce que nous voulons. À la fin de la guerre, deux hommes avaient compris cela: De Gaulle et Churchill, qui n'a jamais aliéné les pouvoirs de son pays. Nous assistons à une tentative de domestication des pays européens, nous sommes placés devant l'éventualité d'un IVe Reich.

 

Comment la France doit-elle s'adresser à l'Allemagne?

Elle n'a rien à lui dire. Elle doit sortir de l'UE et ensuite, elle pourra échanger d'égal à égal.

 

Quel regard portez-vous sur cette présidentielle 2017?

Nous n'avons plus d'État. Le quinquennat qui s'achève aura été inexistant et je note une carence historique extraordinaire chez nos dirigeants. Aujourd'hui, l'économie et la finance veulent remplacer la souveraineté. Cela est impossible.

 

Marine Le Pen tient exactement le même discours que vous sur l'UE...

Cela prouve qu'elle a lu ce que j'ai écrit. Je n'ai jamais rencontré Marine Le Pen. Nous avons échangé, jeudi, par téléphone. Aujourd'hui, elle est la seule candidate qui n'est pas pieds et poings liés devant les Allemands. Manifestement, elle est la seule à avoir le tempérament pour rétablir la souveraineté de la France. Elle a, je crois, le sens de l'État au point de préserver notre nation.

 

On vous accusera de faire le jeu de l'extrême droite à la veille de la présidentielle...

Quelle est la caractéristique de l'extrême droite aujourd'hui? Je n'en vois aucune. Et qu'est-ce que représente le Front national en dehors de Marine Le Pen? Les partis politiques ont une importance et une influence mineures. Les Français savent être plus rebelles que cela.

 

Dans la rue, un vent d'hostilité souffle contre Marine Le Pen mais aussi contre Emmanuel Macron. Comprenez-vous les peurs de ces Français?

Oui, on peut les comprendre. Ils ne se sentent pas gouvernés et ils ne le sont pas.

 

Que répondriez-vous aux partisans d'Emmanuel Macron s'ils vous reprochaient d'avoir une vision politique passéiste?

Mais qui est Emmanuel Macron?

 

Avez-vous l'intention de vous afficher à côté de Marine Le Pen d'ici la fin de la campagne?

Non. Je suis quelqu'un de libre. J'ai connu la France quand elle était gouvernée. Et je m'exprime librement.

 

Addendum: Qu'en de termes choisis ces choses là sont dites !  Net et sans bavure. JF

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 17:26

Son Message

 

Chers amis, chers compagnons,

 

Les circonstances exceptionnelles dans laquelle la France se trouve me conduisent à m’adresser directement à vous. Tant d’années passées ensemble, tant d’efforts communs, tant de sacrifices au service de notre pays. Nous avons toujours eu des relations de confiance aussi me dois-je de vous faire part, après la réunion de deux conseils nationaux (lundi et aujourd’hui) de mon choix pour le second tour de l’élection présidentielle.

 

1,7 millions de Français m’ont accordé leur confiance, Debout la France est désormais solidement implanté au cœur du paysage politique français. Ce score nous confère d’immenses responsabilités.

 

Je refuse de laisser la France à Emmanuel Macron, je refuse cette mondialisation débridée que nous promettent ceux qui ont saccagé la France, je refuse de voir notre « cher et vieux pays » soumis à des technocrates et des financiers bruxellois non élus. Je refuse de cautionner la politique menée depuis vingt ans que le candidat Macron veut amplifier au risque de briser définitivement notre pacte social.

 

La France est en danger de mort, menacée dans son essence, ses valeurs.

 

Opposé radicalement aux idées de M. Macron, je supporte difficilement la collusion d’intérêts particuliers qui a saboté la campagne présidentielle au profit d’un seul candidat, celui d’une oligarchie qui se moque du peuple. Je trouve indécente la rapidité avec laquelle de nombreux élus des Républicains et du centre se précipitent pour soutenir celui qu’ils combattaient hier.

 

Notre engagement gaulliste et républicain nous oblige à sauver notre patrie en danger.
Par confort personnel, j’aurais pu choisir une position intermédiaire : le vote blanc ou l’abstention mais j’estime que cela ne serait pas digne de se dérober ainsi.

 

J’ai décidé de m’opposer par tous les moyens à Emmanuel Macron et donc de soutenir Marine Le Pen pour le deuxième tour de cette élection présidentielle.

 

Cet appui n’est pas un chèque en blanc car j’ai négocié un vrai partenariat qui garantit l’indépendance totale de notre mouvement. Nous présenterons d’ailleurs des candidats partout, y compris face à des candidats Front National, aux législatives pour perpétuer notre mouvement et garder notre liberté.

Nous avons aussi conclu un accord de gouvernement qui s’inspire de mon projet présidentiel et permet de surcroît d’éclaircir et d’infléchir le programme de Marine Le Pen, respectant ainsi les fondamentaux du gaullisme social qui est notre colonne vertébrale. Le détail vous sera communiqué demain à l’issue d’une conférence de presse.

 

Je sais combien ce geste politique peut vous surprendre, même pour certains vous ébranler. J’y ai réfléchi plusieurs jours et plusieurs nuits. J’ai entendu pendant près de 10 heures les membres du Conseil national, j’ai écouté chaque intervention avec la plus grande attention.

 

Les polémiques ne vont pas manquer, les caricatures aussi. Mais l’Histoire n’attend pas et il faut savoir dépasser sa personne comme son appartenance partisane pour pouvoir sauver son pays.

 

Vous connaissez mon caractère, je serai le gardien vigilant de notre patriotisme humaniste et je vous dirai toujours la vérité sur le fonctionnement de cette alliance.

 

Je n’ai jamais trahi mes idéaux et ne les trahirai jamais. Quand le destin de la France est en jeu, il est du devoir de chacun de prendre ses responsabilités.

 

Je sais pouvoir compter sur votre abnégation, votre courage et votre amour de la France.

Nicolas Dupont Aignan

Président de Debout la France

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 14:09
«Front républicain»: l’imposture en marche!

Anne-Marie Le Pourhiet


Juriste spécialiste de droit constitutionnel, professeur de droit public à l’Université de Rennes I

Publié le 26 avril 2017 / Politique

 

 

 

Manifestation de SOS Racisme contre Marine Le Pen, 24 avril 2017, Paris, Sipa. Numéro de reportage : 00803751_000002.

 

Jamais, de toute la Ve République, nous n’avons eu une candidature à l’élection présidentielle aussi parfaitement éloignée des valeurs républicaines que celle d’Emmanuel Macron.

 

Sarko l’ambigu

Nicolas Sarkozy a sans doute toujours cultivé une ambiguïté exaspérante sur la question du modèle républicain, girouettant en permanence au gré du vent et passant, parfois au sein d’un même discours, des belles envolées lamartiniennes d’Henri Guaino à la promotion des intérêts économiques mondialisés d’Alain Minc, en passant par quelques provocations clientélistes de nature à faire s’étrangler les républicains authentiques. Promotion de la discrimination « positive », de la laïcité « positive », éloge des curés réputés supérieurs aux instituteurs, envoi de Patrick Devedjian et Roselyne Bachelot à l’inauguration du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) pour y décréter l’avènement du droit à la différence et la fin du modèle républicain (et oui !), recherche active et nomination de « préfets musulmans » et même d’un éphémère et controversé « commissaire à la diversité et à l’égalité des chances ». Nous avons eu le droit à tout et à son contraire, le summum de la versatilité ayant été atteint lorsque l’agité président demanda à une commission présidée par Simone Veil de réfléchir à l’inscription de la diversité, de la parité sexuelle, de la « dignité » (de qui ? de quoi ?) et de l’Europe (laquelle ?) dans le préambule de la Constitution. Ladite commission rendit heureusement et sagement un avis négatif sur ce calamiteux projet. Force est d’admettre cependant qu’en fin de mandat, et dans la perspective de la campagne de 2012, Nicolas Sarkozy sût de nouveau républicaniser son discours face à la gauche Terra Nova qui débarquait en grande parade multiculturelle, avec sa distribution bariolée de « droits » catégoriels « arc-en-ciel » sans limites ni frontières.

 

En 2017, les primaires de la droite ont d’abord clairement opté, contre le multiculturel et très « accommodant » Juppé, pour le modèle républicain-conservateur de François Fillon s’appuyant solidement sur les deux « jambes » de l’identité française, incarnées par Bruno Retailleau et François Barouin, la rose et le réséda.

 

Du bougisme de Macron

À gauche, les primaires ont contribué à clarifier les choses puisqu’Emmanuel Macron s’étant échappé dans un « ni-ni » obscur et Mélenchon s’étant envolé vers une synthèse boîteuse de Marx et Bourdieu, les militants socialistes ont clairement préféré un Hamon multiculturel à un Vals a priori plus républicain, du moins dans le discours.

 

Mélenchon, Hamon et Fillon désormais éliminés, il reste donc un face à face Macron/Le Pen dans lequel l’on essaye encore de nous faire croire que la République serait du côté du premier alors que c’est exactement l’inverse.

 

Repentance coloniale allant jusqu’à accuser la République de Jules Ferry de « crime contre l’humanité », généralisation des discriminations positives, déni stupéfiant et répété de la culture française, négation de toute continuité, culte de l’évanescence, de la mobilité, éloge du mondialisme et du sans-frontièrisme, saupoudrage de « droits » distribués à toutes les communautés, et même un programme pour l’enseignement supérieur résumé à la « généralisation d’Erasmus », c’est-à-dire du bougisme jeuniste et du tourisme estudiantin inconsistants. Tout n’est que désaffiliation républicaine et brouillage des repères dans la bulle macroniste.

 

Au-delà du racolage clientéliste et communautaire distillé au hasard d’une communication désordonnée, c’est la candidature elle-même qui rompt totalement avec la tradition républicaine. La vacuité et la contradiction des propositions sont clairement assumées et revendiquées par un personnage hors-sol qui se dispense d’autant plus volontiers de programme qu’il ignore ce qui sortira des urnes aux législatives et s’en moque d’ailleurs. Sa profession de foi du premier tour est éclairante. On n’y trouve que du bavardage creux sur les deux premières pages et un catalogue désinvolte de commercial paresseux dans la dernière.

 

L’on se souvient qu’il y a quelques années, un fêtard parisien avait parié chez Castel, avec sa bande de noctambules, qu’il réussirait à épouser la célèbre et jolie héritière d’une principauté rocailleuse. Le séducteur parvînt à ses fins, condamnant plus tard la princesse humiliée à plaider à Rome le vice du consentement issu de ce jeu de mauvais garçon. Emmanuel Macron lui ressemble. Il a sans doute parié avec lui-même qu’un Bel Ami pourrait devenir chef de l’État en se payant les électeurs et en se moquant de la République.

 

Marine Le Pen, une républicaine

On peut assurément discuter de la personnalité de Marine Le Pen et de la qualité de son entourage, ainsi que du bien-fondé et de la faisabilité politique et juridique de plusieurs éléments de son programme. L’on peut même constater qu’elle se propose d’ajouter dans nos lois républicaines des règles qui s’y trouvent déjà et que son idée de garantir les crèches de Noël dans la Constitution est aussi ridicule que le service national obligatoire d’un mois proposé par son rival ! Mais ni l’organisation d’un référendum européen, ni la limitation importante de l’immigration, ni les mesures accordant une priorité d’embauche aux nationaux (appliquées en Grande-Bretagne bien avant le Brexit) ne sont contraires aux valeurs républicaines. Il n’existe rien, dans la tradition et les principes républicains, qui impose le droit du sol, oblige à ouvrir les frontières sans limites, interdise les quotas d’immigration ou impose l’égalité entre nationaux et étrangers. Le Conseil constitutionnel le rappelle : « Aucun principe non plus qu’aucune règle de valeur constitutionnelle n’assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d’accès et de séjour sur le territoire national ». Le droit d’asile est strictement réservé par la République à « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté » et l’article 5 de la Constitution affirme solennellement que le Président de la République est le « garant de l’indépendance nationale ». Le Conseil constitutionnel en a déduit en 1986 que les privatisations d’entreprise nationalisées devaient se faire dans le respect de ce principe.

 

Que l’on discute donc, honnêtement et point par point, de la qualité, de l’opportunité, de la faisabilité et de l’efficacité respectives des propositions des deux protagonistes du deuxième tour, c’est un exigence démocratique. Mais que l’on arrête cette imposture consistant à prétendre opposer un prétendu front républicain à une candidate dont les préoccupations sont sûrement moins éloignées de la tradition républicaine que la personnalité et le catalogue de son rival. Michel Onfray a eu bien raison d’observer, dans Le Figaro du 24 avril, la malhonnêteté intellectuelle et l’hypocrisie phénoménale de tous ceux qui crient à un loup qu’ils ont minutieusement fabriqué pour faire triompher au final l’ectoplasme postmoderne si peu républicain qu’ils appellent de leurs vœux.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 17:23
par Jean LEVY

25 avril 2017, repris sur Comité Valmy

 

 

Le 7 mai prochain, les Français n’auront plus le choix qu’entre le candidat officiel des marchés financiers et de l’oligarchie européenne et la candidate du Front National.

 

Contre ce parti, nous menons un combat politique qui date de sa création, en 1972. A l’époque, le FN était l’héritier des rescapés de la collaboration et des "fachos" revendiqués comme tels, issus d’Occident, d’Ordre nouveau et d’autres bandes de nervis. Cela n’avait pas empêché François Mitterrand de se servir du FN contre la droite en permettant à Jean-Marie Le Pen et à ses amis d’entrer en nombre à l’Assemblée Nationale.

 

Aujourd’hui, le mouvement de Marine Le Pen tient-il toujours le même discours ?

 

Pas plus que le PCF actuel ne se réfère au bolchevisme ou à la lutte de classe.

 

Et de nombreux "fachos" des années 60, les Devedjian, Madelin, Longuet et bien d’autres, ont été récupérés par les Giscardiens, d’abord, dans les années 70, puis du RPR ensuite, et sont devenus des députés bon chic bon genre de la droite actuelle. Sans que cette

 

"métamorphose" pose problème.

Aujourd’hui, le panorama politique a bien changé. Les cohabitations successives PS-Droite ont créé un magma politique, que les Français viennent de rejeter : PS et "Républicains" sont - officiellement - mis hors du pouvoir. Mais leurs donneurs d’ordre, le capital financier, l’oligarchie européenne, eux, sont toujours aux commandes. Et ils savent changer de cheval pour poursuivre - et accentuer - leur mainmise sur les forces politiques à leur botte.

 

C’est ce qu’ils ont réalisé avec "l’opération Macron". L’ex-associé gérant de la Banque Rothschild est sorti de leur chapeau tel l’oiseau rare sort du chapeau du magicien. En quelques mois, Emmanuel Macron est apparu au firmament politique. Sa couverture médiatique, la profusion de "Une" des hebdos, les multiples chroniques le portant aux nues, les ralliements de "gauche" comme de droite, lui ont donné l’aura nécessaire pour le parachuter à la Présidence de la République.

 

 

Nous en sommes-là.

 

Le leader d’En Marche ne cache pas ses ambitions : au-delà d’une politique de super régression sociale, certes plus habilement camouflée que celle mise en avant par François Fillon, Macron veut "ubériser" la France. En clair, il veut briser, conformément aux objectifs de l’Union européenne, tous les obstacles légaux qui protègent encore timidement les Français : la fin des Conventions collectives, de la Sécurité sociale, du Code du Travail, de la retraite par répartition. Il menace les privés d’emploi de ne plus les couvrir de la moindre indemnité s’ils n’acceptent pas d’être un esclave consentant. Et sur le plan de l’Europe, c’est une ouverture plus grande du marché où toute protection nationale serait exclue, où les alliances militaires renforcées dans le cadre de l’Otan pourraient rapidement conduire notre pays à la guerre.

 

Peut-on accepter cela ?

La défaite de Macron ne saurait résulter d’un "ni-ni", "ni Macron, ni Le Pen", car cette position conduirait au succès certain du candidat Uber-Macron, et de ses sinistres conséquences pour les Français et la France.

 

Donc, si nous prenons cette menace au sérieux, il faut travailler à sa défaite. Les succès enregistrés dans nombres de villes par Jean-Luc Mélenchon nous prouvent qu’une opposition résolue de la vraie gauche existe face aux plans sinistres d’Emmanuel Macron. L’implantation massive du Front National dans les régions populaires permet de penser que contre le candidat des nantis, des puissances d’argent, les forces existent et que celles-ci ne sont pas prêtes à se laisser faire.

 

Une convergence d’attitude, pas une alliance, entre ces deux électorats est la clef du succès contre la candidature d’Emmanuel Macron.

Jean LEVY
Membre du Comité Valmy
24 avril 2017

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 16:55
Pas de désunion entre la Chine et la Russie
Repris sur comité valmy

Nous sommes un empire désormais, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. (…) Nous sommes les acteurs de l’histoire… et vous, vous tous, vous resterez cantonnés dans l’étude de ce que nous faisons. » — Karl Rove, consultant politique américain et ancien conseiller de George W. Bush

Le Ministère des Affaires étrangères chinois a annoncé que le directeur du Bureau général du Parti communiste chinois, Li Zhanshu, se rendra en Russie du 25 ou 27 avril à l’invitation de son homologue, le chef de l’administration présidentielle du Kremlin Anton Vaino. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, les discussion des deux officiels porteront sur les relations sino-russes, « comme prévu par les leaders des deux pays », et le côté chinois a pleine confiance dans cette visite pour cimenter les liens sino-russes. ( TASS)

 

Li sera le deuxième officiel chinois de haut niveau à visiter Moscou en avril. Le président Vladimir Poutine a reçu le premier vice-premier ministre de la République populaire de Chine, Zhang Gaoli (qui est également membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois) au Kremlin le 13 avril dernier, incidemment le jour suivant la visite du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Moscou.

 

Zhang est l’un des tsars économiques du système chinois et ses réunions avec des officiels russes se sont concentrées sur les investissements chinois en Russie, et sur la coopération énergétique. Mais une part de ces discussions était dévolue à la « visite de travail » de Poutine à Pékin dans le cadre du sommet sur l’initiative One Belt, One Road (nouvelle Route de la soie) prévu pour le 14 et le 15 mai prochains. Le sommet sera inauguré par le président Xi Jinping.

 

Les discussions prévues au Kremlin seront d’une importance exceptionnelle. C’est seulement avec la Russie que le Comité central du Parti communiste chinois (qui est directement placé sous l’autorité du Secrétaire général Xi) a instauré un arrangement de consultations annuelles – bien que la Russie ne soit pas un pays communiste. Li est un des hommes-clé de Xi et son homologue Vaino ne rend de compte qu’à Poutine. Le symbolisme saute immédiatement aux yeux. A un niveau opérationnel, cet arrangement unique assure que la dynamique des relations sino-russes reçoive l’attention personnelle de Xi et Poutine. En résumé, il souligne que les deux pays attribuent une priorité absolue à leur relation.

 

La date de la visite de Li est particulièrement significative. L’administration Donald Trump s’est vantée, la semaine dernière, de l’alchimie spéciale qui s’est développée entre le président américain et Xi à la suite de leur rencontre en Floride du 7 et 8 avril derniers, et de l’aide active apportée par la Chine à la résolution du problème nord-coréen. De plus, Trump et son Conseiller en Sécurité nationale HR McMaster se sont ouvertement flattés de l’abstention de la Chine dans le dernier vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, selon eux un résultat visible de la merveilleuse alchimie entre les deux présidents.

 

Incroyablement, McMaster est allé plastronner à la télévision, sur ABC, dimanche, à propos de la distance créée par Trump entre la Russie et la Chine sur le sujet de la Syrie. McMaster a déclaré que la Russie avait été gravement isolée dans le Conseil de sécurité. (Comme l’a démontré le Communiqué commun des BRICS en soutien à la position russe adopté à Visakhapatnam le 12 avril, c’est une déclaration absurde).

 

Il est probable que McMaster soit un novice en diplomatie internationale et que son inexpérience se soit manifestée dans cette interview d’ABC. Mais, il se trouve que c’est le Conseiller à la Sécurité nationale de Trump, et même si c’est un nigaud et un nourrisson en matière de politique mondiale, il détient une autorité. McMaster a dit :

 

« Ce que nous savons et que, pendant qu’il répondait au massacre de masse du régime syrien, le président Trump et la première dame ont été les hôtes d’une conférence, d’un sommet, extraordinairement positif avec le président Xi et son équipe. Et non seulement ils ont établi une relation très chaleureuse, mais… ils ont aussi travaillé ensemble dans le cadre de la réponse au massacre de masse de la part du régime Assad dans le cadre (sic) du vote de l’ONU. Je pense que le président Xi a eu du courage en prenant ses distances avec les Russes, en isolant les Russes et les Boliviens… et je pense que le monde a vu cela, et que (Xi) a vu, bien, à quel club voulez-vous appartenir ? Le club des Russes et des Boliviens ? Ou le – entrer dans le club avec les États-Unis, pour travailler ensemble à nos intérêts mutuels et aux intérêts de la paix et de la sécurité. »

 

McMaster a probablement naïvement pensé qu’avec ces mots très directs, il allait assommer les Russes. Quels que soient les plans de Trump pour séparer la Chine et la Russie en exploitant les intérêts de Xi dans un « nouveau type de relations majeures » avec les USA, il est absurde d’imaginer que Pékin autorisera la moindre érosion de son entente avec la Russie. Le fait est que, pour la Chine et la Russie, la priorité N°1 consiste à contenir l’hégémonie des États-Unis, et qu’aucune distance entre les deux n’est envisageable dans un avenir prévisible. Pour le dire en termes simples, la relation a créé une ‘profondeur stratégique’ qui permet aux deux pays de sauvegarder leurs principaux intérêts, tout en facilitant la résolution de problèmes spécifiques vis-à-vis des USA, à n’importe quel moment.

 

Nous ne saurons jamais si la visite de Li n’est que de pure routine, ou si elle a été conçue en réponse aux tentatives de l’administration Trump pour semer la zizanie entre Russes et Chinois. Quoi qu’il en soit, Pékin semble souligner clairement l’aspect prioritaire que la Chine attribue à la préservation de ses liens de confiance mutuels avec la Russie. La visite de Li à Moscou et ses discussions au Kremlin sont vouées à faire ressembler Trump et McMaster à deux ploucs perdus dans une grande métropole.

M K Bhadrakumar
Paru dans Indian Punchline

Traduction Entelekheia

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 12:45

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 20:52

A propos d’une vidéo et d’un texte plus récent.

 

Il faut remettre la vidéo, https://youtu.be/P7eXh4PmV_g dans son contexte, une écoute même superficielle permet de la situer dans le temps c'est-à-dire au lendemain du ralliement de Valls à Macron.

 

Sapir y réaffirme le préjugé favorable qu’il a pour les thèses de Mélenchon, qui pour l’auteur de ces lignes n’aurait pas trouvé grâce auprès des médias s’il était véritablement dangereux pour le système. Ce même Sapir n’hésitera pas plus tard à écrire que la mise en œuvre de son plan A est illusoire et qu’il lui faudrait, s’il était élu, revoir sa copie et mettre en œuvre en urgence son plan B dont la présentation pour le moins brouillonne laisse, selon lui, des lendemains d’élection difficiles qui pourrait conduire le candidat de la France dite insoumise, à s’incliner, tel Stipras, face aux mesures de rétorsion de l’Euro groupe contrairement à ses rodomontades actuelles.

 

Voir à ce sujet l’article publié sur Russeurope le 14 avril https://russeurope.hypotheses.org/5906 intitulé : La sortie de l’euro repris par le comité Valmy.

 

Il a toujours formulé des réserves sur une possible intégration du front national, qu’il juge encore porteur de relents du passé, dans le champ politique traditionnel pour la constitution d’une majorité alternative. Il n’écarte pas cependant une telle éventualité à la base tant de nombreux électeurs et électrices de Mélenchon et de Marine Le Pen, qui a, du moins en apparence,  tué le père, partagent les mêmes options voire les mêmes fausses solutions. De cet aspect il note que les factions protestataires anti système de ces deux électorats, pourraient se reporter sur l’un ou l’autre des deux candidats au second tour.

 

Sapir fait également des réserves sur la procédure de sortie de l’Euro adoptée par le FN qui fait reporter la décision sur un référendum à venir, par conséquent les conséquences de l’abandon de l’euro, sur les d’électrices et les électeurs.

 

Sapir critique beaucoup l’un et l’autre, souligne leurs faiblesses respectives mais ne s’engage pas vraiment et surtout ne n’indique pas la méthode pour sortir de la zone euro qui handicape la croissance de l’économie française et creuse le déficit par rapport à l’Allemagne.

 

En fait sur les onze candidats en lice 10 sont peu ou prou européistes. Je n’insisterai pas sur l’indigence de l’extrême gauche, Poutou qui propose rien moins que d’armer les terroristes, criminels, instrumentalisés par l’occident au Moyen Orient , le « y-a qu’à faut qu’on » les promesses qu’ils ne pourront tenir, comme Melenchon en restant dans l’Union européenne et avec l’euro monnaie unique.

 

Une hausse des salaires, et des pensions donnerait vraisemblablement un léger coup de pouce temporaire au PIB dont le produit serait confisqué au titre des profits capitaliste pour être exilés dans les paradis fiscaux ou et être investis dans les pays à plus bas coûts faute de contrôle des mouvements de capitaux.

 

Par ailleurs l’insistance de Melenchon en faveur de la transition énergétique est la preuve d’une méconnaissance totale du sujet : L’abandon progressif du nucléaire que ni l’éolien ni la biomasse, ni le photovoltaïque ne pourront remplacer à des condition économiques équivalentes aura comme corollaire le renchérissement du prix du kilowatt/h, et l’accroissement du déficit de notre balance des échanges. Il faut poursuivre la recherche dans le domaine nucléaire jusqu’à la maîtrise de la fusion thermonucléaire.

 

Passons sur le fondé de pouvoir des banques, des transnationales économiques et financières, le clone d’un Hollande en fin de mandat, Macron qui veut ubériser la France, casser le code du travail, démanteler la protection sociale,qui vient de déclarer qu’il ne regardait pas courbe du chômage, qui pour regagner en compétitivité veut une réduction drastique du pouvoir d’achat et du nombre de fonctionnaires, comme Fillon d’ailleurs, qui est plus honnête intellectuellement en annonçant une austérité renforcée s'il était élu.

 

L’un ou l’autre, opposé à la candidate du Front National au second tour, celui des deux qui n’y serait pas appellera et tous les autres avec lui à faire barrage à l’extrême droite alors que le bulletin Marine Le Pen restera le seul moyen pour beaucoup d’exprimer leur ras le bol des alternances successives sans changement d’orientation politique.

 

Dans l’hypothèse Fillon, son élection étant assurée avec les mêmes ralliements, Dupont Aignan, à moins d’une déclaration de principe pour s'assurer un strapontin de député n’aurait nul besoin d’appeler ses électeurs à lui accorder leurs suffrages.

 

Je cite Hamon pour mémoire car son programme plein de contradiction ignore la réalité nationale et internationale, il appelle à l’ingérence à l’encontre de tous les pays qui n'accepteraient pas de s’agenouiller face à l’impérialisme occidental; ses déclarations ne sont pas dignes d’intérêt.

 

Lassalle, Européiste, Cheminade qui l’est moins sont là pour amuser la galerie et n’apportent rien de plus à la compréhension des enjeux, non plus qu'à  la solution du problème posé.

 

Soyons clairs aucun de ces 10 candidats, petits ou grands, ne propose une démarche de nature à sortir du marasme dans lequel nous resteront englués tant que nous serons assujettis aux critères de Maastricht.

 

François Asselineau lui, indique très clairement la condition sine qua non du retour de la croissance économique et par conséquent du progrès socialsociale : Mise en œuvre de l’article 50 du traité constitutionnel pour sortir de de l’Union européenne puis revenir à notre monnaie nationale, dans na foulée retrait de l’OTAN. Respect du   droit des peuples à s’auto gérer et entretenir des relations dans le cadre des dispositions de la Charte de l’ONU.

 

C’est une démarche Gaullienne compatible avec les luttes sur le terrain de classe, plus faciles à mettre en œuvre que lors de la seconde guerre mondiale dans la France occupée mais il est vrai qu’aujourd’hui le PCF , sa direction en particulier, n’est plus, hélas, ce qu’il était à l’époque. Inaudible, trop longtemps sous perfusion de l’électorat d’un PS, en pleine déliquescence, il tente de se rebrancher sur celui de Melenchon qui est potentiellement tout aussi volatil : Plus dure sera la chute à moins que la partie la plus consciente de sa base ne réagisse pour accompagner la révolte des gueux qui interviendra fatalement tôt ou tard.

 

Quelque soit l’issue du scrutin, en démocratie bourgeoise une consultation électorale n’a d’autre objet que de prendre le pouls de l’opinion à l’instant ou elle se déroule.

 

Rien n’étant définitivement acquis ou perdu, résistons et préparons la contre attaque. Les lendemains qui chantent ne sont pas hors de portée…

 

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:06

A écouter absolument

 

 

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 09:19

Une démarche réaliste, un programme pour stopper le déclin et retrouver le chemin de la croissance économique et par conséquent sociale

 

 

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 19:08

Asselineau dénonce l'arnaque Macron

 

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:11

Par comité Valmy

La préparation de la prochaine élection présidentielle est caractérisée par une accentuation du caractère anti-démocratique, dictatorial et dangereux du régime de trahison nationale qui, au fil des décennies post-gaulliennes, a transformé notre nation en un pays vassalisé à l’atlantisme étasunien.

 

Cette servitude volontaire de la France officielle a été organisée méthodiquement par les maffias de l’UMPS et par ses satellites. Partisans de l’Europe supranationale, germano-américaine et atlantiste, ces organisateurs du renoncement national sont nos adversaires politiques fondamentaux.

 

Du point de vue du Comité Valmy, tous les candidats européistes à cette élection représentent, à des degrés divers, un danger mortel pour la France, et nous incluons Mélenchon et Fillon dans la liste des candidats auxquels les Français devraient éviter d’accorder leur confiance.

 

Lors du premier tour de l’élection, nous estimons que nos compatriotes auront le choix entre l’abstention et le vote pour un candidat patriote et républicain : François Asselineau, avec lequel nous recherchons une alliance et qui est, nous le soulignons, le plus proche des thèses du Comité Valmy.

 

Il existe des sensibilités diverses dans le Comité Valmy, mais la plupart d’entre nous estiment qu’il faut définitivement cesser de voter pour des candidats qui entendent poursuivre la politique de capitulation nationale, au nom d’une catastrophique construction européenne non réformable.

 

Parmi eux, cette année le choix prioritaire de l’oligarchie et de la finance est manifestement Emmanuel Macron, que nous considérons comme l’adversaire principal. Pour favoriser celui-ci, et comme nous l’avons constaté, un coup d’État médiatico-judiciaire a été organisé. Contre Fillon principalement, mais aussi contre Marine Le Pen.

 

L’acharnement politico-médiatique et celui d’une « justice » aux ordres contre Fillon semble indiquer que, parmi les candidats pro-Europe, il n’est pas le pire. De plus, la multitude de drapeaux tricolores lors de la manifestation du Trocadéro était sympathique et positive. Mais Fillon se veut le candidat de la droite et non celui du peuple de France ; cela souligne qu’il ne peut aucunement se réclamer du gaullisme. Il en va de même de son programme antisocial euro-compatible

 

Un petit nombre d’entre nous est tenté par Mélenchon. Ces amis sont troublés par ses talents d’orateur et par l’efficacité de son entrisme républicain pseudo-souverainiste. Lui se présente au nom de la "gauche" alors que selon nous, l’union du peuple de France est aujourd’hui une nécessité historique, pour sortir dans les meilleures conditions du carcan euro-atlantique.

 

En outre nous demeurons convaincus que Mélenchon demeure, malgré sa démagogie relativement habile, un trotskyste partisan du nihilisme national, d’une "nation" et d’une République européennes" ainsi que d’une "souveraineté populaire à l’échelle de l’Europe", comme il le clamait lorsqu’il n’estimait pas nécessaire d’avancer masqué. Le fait qu’il ait toujours refusé le dialogue que nous lui avons à plusieurs reprises proposé nous semble significatif, de même que la permanence de son refus de se prononcer clairement pour le retrait de la France de l’Union européenne et le retour à la monnaie nationale.

 

A ce sujet, nous devons attirer l’attention sur une réalité que les médias domestiqués ignorent méthodiquement, et qui est selon nous en contradiction avec l’intérêt de notre peuple-nation, celui-ci devant prioritairement rétablir sa souveraineté et la liberté de la France. Sur onze candidats à l’élection présidentielle, les quatre qui se réclament de la « gauche » sont des militants trotskystes « anciens » ou actuels. Un cinquième est inspiré par un ancien trotskyste étasunien.

 

Cette année Macron apparaît bien comme "le premier couteau de l’oligarchie". On peut affirmer sans se tromper qu’il représente le principal danger pour le peuple de France, notamment en envisageant de participer à la relance actuelle de l’agression occidentaliste contre la Syrie souveraine.

 

Nous estimons qu’il est souhaitable de cesser d’accepter la logique délétère qui consiste, lors de chaque présidentielle, à chercher un candidat supposé être le « moins pire » au nom de la diabolisation de Marine Le Pen.

 

Le Front National qui, faut-il le préciser, n’est pas notre ami, est utilisé cette année avec encore plus de force comme repoussoir diabolique pour le maintien en place des candidats européistes. Au nom de cette diabolisation du FN et de sa candidate (dont nous avons déjà dit que nous ne la considérions pas comme l’ennemi principal) concocté par le pouvoir en place, nous déclarons encore plus dangereux l’Union européenne, la plupart de ses élu(e)s, l’ensemble de ses chargés de mission et lobbyistes divers.

 

 

Notre démarche d’union du peuple de France, d’Arc Républicain de Progrès reste plus pertinente que jamais. La construction d’un compromis historique alliant au-delà du clivage gauche-droite, autour de la réactualisation du programme progressiste du CNR, les patriotes républicains des deux rives, est susceptible de rassembler l’essentiel de notre peuple victime de la déconstruction nationale européenne.

 

Depuis de longues années, le Comité Valmy s’est prononcé pour la construction d’un front républicain patriotique et progressiste. Face à la double menace néoconservatrice et trotskyste que représente l’actuelle élection présidentielle, ce rassemblement autour de la souveraineté du peuple nation et du progrès social qu’elle conditionne, est manifestement à l’ordre du jour.

Paris le 10 avril 2017
 

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 17:29

La solution, la seule : Application de l’article 50

Question de Thierry Freychet (91) à François Asselineau:
 

Bonjour, est il possible de sortir de l’ UE et de l’euro plus rapidement grâce aux articles 61 et 62 de la convention de vienne sur les traités ? Dans l attente de votre réponse. Merci tf

 

Réponse, le 13/04/2017, à Thierry Freychet. Sujet : Contact via le site internet UPR

Bonjour Thierry,

 

Je vous remercie pour votre question.

 

Effectivement, la Convention de Vienne du 23 mai 1969 a été signée dans le cadre des Nations Unis pour réglementer la passation et l'exécution des traités internationaux. C'est, si l'on peut dire, "le traité des traités".

 

Concernant l'Europe, cette construction est issue d'un accord conclu entre 6 États, puis 12, 15 etc. Donc on pourrait légitimement s'interroger sur l'application de cette convention aux traités constitutifs (Rome créant la CEE, puis Maastricht fondant l'UE et aujourd'hui Lisbonne).

 

La cour de Justice a répondu à votre question : Elle considère que la construction européenne n'est pas le fait d'un traité ordinaire de droit international. Elle qualifie cette union d'États de "sui generis", c'est-à-dire ayant un statut particulier, elle est une forme juridique à elle seule.

 

Plusieurs points pour étayer cela :

1. La Communauté Européenne réalise l'intégration des membres (alors que les organisations internationales inter-étatiques reposent d'ordinaire sur l'idée de coopération).



2. L'une des principales caractéristiques de cette intégration est le principe de la primauté du droit communautaire sur les droits nationaux (principe dégagé par la CJCE dès 1964 dans le célèbre arrêt Costa c.Enel du 15/07/1964,aff.6/64).

 

De plus, si l'on prend en compte le fait que la convention de Vienne n'a qu'une valeur supplétive, c'est-à-dire qu'elle ne s'applique que lorsque le traité conclu est silencieux, alors on voit bien que ce texte n'est absolument pas invocable dans le cadre du droit communautaire.

 

Enfin, la France n'a pas signé cette convention, et a fortiori pas ratifié. Elle l'applique parfois, sans que ce texte ne s'impose à elle de façon contraignante.

 

En l'espèce, seul l'article 50 est donc applicable pour les États membres de l'UE et seul le droit communautaire leur est applicable en matière de droit institutionnel.

 

J'espère que ces éléments ont pu vous éclairer et vous souhaite une bonne journée,

Cordialement…

 

Addendum pour les curieux et les spécialistes:

Arrêt Costa c.Enel du 15/07/1964,aff.6/64).

http://www.cvce.eu/obj/arret_de_la_cour_de_justice_costa_enel_affaire_6_64_15_juillet_1964-fr-cb4154a0-23c6-4eb5-8b7e-7518e8a2a995.html

 

Conclusion : Asselineau, qui propose l’abandon de l’euro, la sortie de l’UE et de l’OTAN, est le seul candidat crédible, il connait ses dossiers.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 09:27

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 20:57

Par Alexis Feertchak

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A Londres, Emmanuel Macron a déclaré : «L'art français, je ne l'ai jamais vu». Pour la philosophe Bérénice Levet, le candidat d'En Marche révèle par cette formule qu'il est le héraut d'un multiculturalisme postnational.

 

FIGAROVOX. - Après avoir déclaré à Lyon qu'«il n'y avait pas de culture française» car les cultures sont «plurielles», Emmanuel Macron, en visite à Londres, a surenchéri: «L'art français, je ne l'ai jamais vu». Avez-vous déjà vu l'art français?

 

Bérénice LEVET. - Assurément. On ne se contentera pas d'égrener quelques noms mais malgré tout, donnons de la chair à cette réalité bien vivante qu'est l'art français. Il s'incarne dans les œuvres de Nicolas Poussin, Watteau, Fragonard, Ingres, Delacroix, Monet, Cézanne, Vuillard, Bonnard, Nicolas de Staël, Picasso.

 

Je conseillerai à Emmanuel Macron, notamment si l'élection présidentielle interrompait sa marche ou plutôt sa fuite en avant, - ce que l'on ne peut qu'espérer pour la France car confier ses destinées à un homme qui nie qu'elle ait quelque identité culturelle serait fort inquiétant , nous y reviendrons sans doute -, je lui conseillerai donc d'aller visiter le musée du Louvre, les salles du département des peintures françaises du XVIIe siècle, il y découvrira l'esthétique classique qui fait la spécificité des peintres de Louis XIII et de Louis XIV ; celles du XVIIIe qu'il gagnera à visiter escorté par les salons de Diderot.

 

Nietzsche a magnifiquement résumé l'esprit du XVIIe siècle qu'il admirait tant : ne jamais se laisser aller, même seul avec soi-même.

 

Il y a une unité et une continuité, une sorte de fil qu'on peut dévider depuis Fouquet jusqu'à Balthus. L'art français, écrit l'historien d'art André Chastel, «se tient à bonne distance de l'extravagance et du ‘'visionnaire'', l'émotion forte n'est pas leur fait. Le lyrisme est toujours un peu bridé (…) les troubles de l'émotion sont toujours filtrés à travers l'élégance rêveuse ou la dignité du ton».

 

Être français, soit dit en passant, devrait signifier se sentir les obligés de cette passion de la forme. Nietzsche a magnifiquement résumé l'esprit du XVIIe siècle qu'il admirait tant: ne jamais se laisser aller, même seul avec soi-même.

 

Cette peinture, son esthétique fait écho à notre philosophie, notre littérature, nos jardins dits précisément «à la française»: Descartes, Corneille, Racine, La Fontaine, Bossuet, Le Nôtre forment une seule et même constellation.

 

Quels rapports existent entre l'art et la nation?

Il n'est pas en France, de Tintoret, de Füssli, de Goya et, puisque M. Macron était en Angleterre, citons des peintres anglais, il n'est pas de Hogarth, pas de Gainsborough. Et c'est cela qui est exaltant, chaque esthétique nous dévoile, nous découvre, nous révèle des aspects du réel qui, lui, nous est commun.

 

Ce qu'ignore plus que tout Emmanuel Macron, c'est que les peintres eux-mêmes se sont plu à exalter notre drapeau tricolore.

 

Ce qu'ignore sans doute plus que tout Emmanuel Macron, c'est que les peintres eux-mêmes se sont plu à exalter notre drapeau tricolore. Dans Les couleurs de la France (Éditions Hoëbeke) , un ouvrage collectif consacré au drapeau français, paru en novembre 2016 mais passé quasi inaperçu - comme si un an après les attentats islamistes du Bataclan et des terrasses de café, brandir l'étendard national n'était plus de mise -, je recommande au candidat d'En Marche, là encore de s'arrêter et de lire l'essai de Jérôme Serri, «Le drapeau célébré par nos plus grands peintres»: «Il se pourrait bien, écrit l'ancien directeur du Fonds Régional d'Art Contemporain, que notre pays soit le seul au monde à posséder un drapeau dont la signification emblématique serait double. Symbole d'une révolution politique, il pourrait l'être d'une autre révolution, esthétique celle-là», hypothèse que l'auteur s'emploie à établir à travers une centaine de tableaux, depuis les impressionnistes jusqu'à Picasso.

 

Paris a été au XIXe siècle le lieu de révolutions picturales décisives pour tout l'art du XXe siècle.

 

On rappellera également, et l'exposition Chtchoukine qui se tient actuellement à Paris en offre une remarquable illustration, que Paris a été au XIXe siècle le lieu de révolutions picturales décisives pour tout l'art du XXe siècle, révolution de la couleur et de la lumière avec les impressionnistes, et révolution de la couleur et de la forme avec Cézanne. Malraux le rappelait, Au XVIIe siècle, les peintres faisaient le voyage de Rome. À la fin du XIXe et au début du XXe, tous feront celui de Paris.

 

Attention, qu'on ne mésinterprète pas mon propos. L'art, le grand art, a une portée universelle, il n'est pas le produit des lieux qui l'ont vu naître ; le peintre, le grand peintre n'est pas l'instrument par lequel le génie d'une nation s'exprimerait. C'est l'inverse qui est vrai, c'est dans les œuvres d'art que nous prenons conscience de nous-mêmes, de ce qui fait l'identité d'un peuple.

 

Jean-Jacques Aillagon a pris sa défense dans Le Figaro en remarquant: «Jean-Baptiste Lully n'est-il pas Florentin? Une grande partie de la grande aventure de l'art français du XXe siècle n'a t-elle pas été accomplie par des étrangers? (...) Cette prodigieuse diversité ne nous vient pas seulement des horizons lointains du monde». Cet argument est-il valide?

 

Non, cet argument n'est en rien valide. Assurément Chagall, Nicolas de Staël, Brancusi sont-ils des émigrés, mais lorsqu'ils choisissent de rejoindre Paris et nulle autre capitale, c'est l'admiration qui les meut. Paris s'impose alors, je l'ai dit, comme le lieu le plus favorable à l'exercice de leur art, elle a été la capitale des arts au XIXe siècle, avec l'impressionnisme, elle est le lieu de la révolution de la couleur, de la lumière, Manet, Monet, Renoir renouvellent notre appréhension du réel - qu'on relise Proust, et ce que le narrateur doit au peintre Elstir - et Cézanne vint, dont tous les courants picturaux du XXe siècle sont issus.

 

Le point essentiel ici, que Jean-Jacques Aillagon et Emmanuel Macron acquis à l'idéologie multiculturaliste ne parviennent plus à penser, est que ces peintres ne viennent pas «enrichir de leurs différences» l'art français, ils viennent s'en nourrir et aspirent à lui donner une suite. Les vertus d'humilité et de fidélité à une histoire sont premières chez les grands artistes. Ils se sentent d'abord les obligés des morts. «Ce sont nous, les peintres, disait Picasso, les vrais héritiers, ceux qui continuent à peindre» et il ajoutait: «un peintre a toujours un père et une mère, il ne sort pas du néant». Le dogme d'une créativité originelle leur est parfaitement étranger. Ils copient Poussin, Delacroix, Cézanne afin de pénétrer le secret de leur art, d'en déchiffrer l'énigme et c'est dans la confrontation avec les maîtres qu'ils découvrent leur originalité, si originalité il y a. Car contrairement à ce que l'égalitarisme contemporain veut nous faire accroire, le don de l'art est extrêmement rare.

 

À travers ces remarques, Emmanuel Macron ou ses proches ne font-ils pas le procès de l'assimilation et n'ouvrent-ils pas la voie au multiculturalisme?

 

Emmanuel Macron est totalement acquis à la conversion de la France au multiculturalisme. Même s'il n'utilise pas le mot, ses déclarations sur la culture, sur l'art sont éloquentes.

 

Il entend présider aux destinées de la France mais notre nation lui est parfaitement indifférente.

 

On pourrait les attribuer à de l'ignorance. Tellement infatué de lui-même, Emmanuel Macron ne se rendrait pas même compte qu'il laisse s'écailler le vernis de l'homme cultivé, philosophe, dont il aime à se recouvrir. Mais non, son propos est idéologique. Il sait ce qu'il fait. La France n'a pas d'identité, dit-il, elle n'est qu'un contenant.

 

Il entend présider aux destinées de la France mais notre nation lui est parfaitement indifférente. Ne nous laissons pas duper: c'est en touriste qu'il se réfère à Jeanne d'Arc, le passé ne l'oblige à rien. Il est résolu au contraire à couper les fils qui nous y relient encore, où il ne voit qu'entraves. Il est le candidat du postnational. Il a programmé l'obsolescence de la France, de la forme de vie proprement française.

 

C'est en touriste qu'Emmanuel Macron se réfère à Jeanne d'Arc, le passé ne l'oblige à rien.

 

On reproche à Emmanuel Macron de n'avoir pas de programme, mais que nous importe? Nous savons parfaitement dans quel monde il entend nous faire vivre. Il s'agit pour lui, d'«adapter la France à la marche du monde». Ce mot d'adaptation est redoutable: il signe la reddition avec ce que nous sommes, avec les exceptions françaises. Emmanuel Macron cite René Char mais il désarme tout esprit de résistance. Hannah Arendt parlait d'une «dégradante obligation d'être de son temps».

 

Être adapté à la marche du monde, exhorte E. Macron, c'est-à-dire à l'ultralibéralisme économique - l'ubérisation de tous les secteurs d'activité est son projet, la flexibilité, la précarité, l'instabilité son programme - mais non moins à l'ultralibéralisme dans le domaine des mœurs. La France sera parfaitement «adaptée» lorsqu'elle aura libéralisé la GPA, et autorisé la PMA pour tous, lorsque l'école ne sera plus du tout une école des savoirs - qui sont autant d'entraves à la maniabilité, à la flexibilité - mais, docile aux injonctions de l'O.C.D.E. et de son test PISA, des «compétences». Il est le candidat de la vie liquide telle que décrite par le philosophe Zygmunt Bauman.

 

Les mœurs françaises, la religion catholique, ne seront plus que des composantes parmi d'autres d'un pays qu'on continuera, par pur nominalisme, d'appeler la France.

 

Adaptation parfaite enfin, lorsque la France sera définitivement convertie au multiculturalisme, de là ses déclarations sonores et répétés sur la culture et l'art français qui n'existeraient pas, autrement dit, lorsqu'elle ne sera plus qu'une mosaïque de communautés vivant les unes à côté des autres, chacune selon ses mœurs, son calendrier et sous l'autorité, pour les unes des salafistes et des Frères musulmans. Les mœurs françaises, la religion catholique, ne seront plus que des composantes parmi d'autres d'un pays qu'on continuera, par pur nominalisme, d'appeler la France. L'identité française s'épuiserait dans la reconnaissance des droits de l'individu, et, bien entendu, de ses crimes!

 

Sa vision du monde est purement économique. Il envisage notre nation comme une start-up qui aurait besoin d'avoir à sa tête un jeune cadre supérieur, dynamique, souriant, «sympa», ouvert, accueillant.

 

On le prétend neuf, il incarnerait le renouveau mais il ne propose qu'une chose: parachever le processus bien en cours de déstructuration, de décomposition de la France selon le mot de Malika Sorel.

 

N'est-ce pas un constat trop pessimiste?

Sans vouloir dramatiser à l'excès, la situation de la France est grave.

 

Sans vouloir dramatiser à l'excès, la situation de la France est grave. Ces élections présidentielles sont les premières après les attentats qui nous ont frappés depuis 2015 et tout se passe comme s'ils n'avaient pas eu lieu. Les études, les témoignages se multiplient confirmant ce que François Hollande, réservant ses assauts de lucidité à ses visiteurs du soir, a appelé la «partition» de la France, et nous regardons ailleurs. Il faut lire toute affaire cessante La France Soumise, qu'a dirigée Georges Bensoussan. Une question devrait être au cœur de la campagne, celle des territoires perdus de la République et de leur reconquête. Or, cette reconquête suppose que nous renaissions comme nation, civilisation et que nous la donnions à connaître et surtout à aimer. Il est totalement irresponsable de travailler, ainsi que le fait Emmanuel Macron, dans le sens de l'effacement de l'identité nationale.

 

Bon nombre de Français sont choqués d'entendre dire que la culture, l'art français n'existent pas.

 

Bon nombre de Français sont choqués d'entendre dire que la culture, l'art français n'existent pas. Mais, il est non moins vrai qu'il est bien difficile de donner un contenu à cet héritage. Depuis la décennie 1970, nous vivons dans l'oubli et la disqualification de notre héritage, aussi devrions-nous nous saisir de cette occasion pour le rendre à sa vitalité et à sa fécondité. Cimenter le peuple français autour de ses peintres venus du plus lointain des siècles, de ses poètes, de ses romanciers en plus de ses grandes figures nationales. Cela a un nom, une politique d'assimilation, et d'assimilation pour tous, dans la mesure où, qu'ils soient de souche, comme on ne doit pas dire, ou non, il n'est plus d'héritiers de notre civilisation!

 

Notre patrimoine artistique et culturel est-il une curiosité de musée ou un élément vital pour la société?

L'identité nationale est une identité charnelle, c'est dans les œuvres littéraires, picturales, musicales que le génie français s'éprouve, le génie c'est-à-dire l'esprit singulier, unique d'une nation et sa grandeur. L'identité nationale est une identité sensible et pas seulement intellectuelle, c'est une sensibilité et les œuvres d'art en sont le vocabulaire. Hannah Arendt disait qu'elle était allemande par la grâce des poètes, de Goethe notamment. Lorsqu'il lui a fallu posséder la langue anglaise, elle s'est mise à l'école d'Emily Dickinson, de Yeats, de Conrad…

 

Dans cet essai, je formule un vœu, il serait grand temps de reconnaître un droit des peuples, et pas seulement des individus, à la continuité historique.

 

Vous venez de publier Le crépuscule des idoles progressistes. Placez-vous la candidature d'Emmanuel Macron dans le cadre de ce crépuscule?

En aucune façon. Au contraire. Emmanuel Macron entretient le culte de ces idoles du progressisme - la désaffiliation, l'affranchissement à l'égard du passé, le postnational… - il se refuse à comprendre que les peuples n'en veulent plus - notons au passage, et c'est accablant, qu'aucun des candidats à gauche ne prend en charge le besoin d'identité nationale, d'inscription dans un lieu, dans une histoire qui se fait de nouveau jour après avoir été disqualifié, criminalisé. Dans cet essai, je formule un vœu, il serait grand temps de reconnaître un droit des peuples, et pas seulement des individus, à la continuité historique.

 

 

Je n'ignore pas qu'Emmanuel Macron remplit les salles, qu'il exerce une certaine fascination mais il me semble que son succès doit être relativisé. C'est l'effet de loupe produit par les caméras braquées sur le phénomène Macron. Maintenant, s'il devait se retrouver au second tour face à Marine Le Pen, rien n'exclut qu'il l'emporte tant les imprécations morales diffusées par les médias qui, en dépit de tout garde le monopole de la parole légitime, seront sonores.

 

Bérénice Levet est docteur en philosophie et professeur de philosophie au Centre Sèvres. Elle a notamment publié La théorie du genre ou le monde rêvé des anges, publié chez Grasset en novembre 2014 et réédité en 2016 dans une version «Poche» chez Hachette, avec une préface inédite de Michel Onfray. Son dernier essai, Le crépuscule des idoles progressistes, vient de paraître chez Stock.


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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 14:21

FIGAROVOX/TRIBUNE- Pour Mathieu Bock-Côté, en égrenant l'origines des citoyens venus à son meeting, Emmanuel Macron a dévoilé sa vision idéologique multiculturaliste.

 

C'est la grande prouesse d'Emmanuel Macron depuis le début de cette campagne présidentielle: il arrive à se faire passer pour un candidat post-idéologique, réconciliant les contraires et faisant éclater les vieux clivages qui étoufferaient la vie politique française. Loin des passions idéologiques, il délivrerait un pays otage des extrêmes et de leurs fantasmes. Il se veut de gauche et de droite, sans être ni à gauche ni à droite. Il confesse par coquetterie une nostalgie monarchiste tout en se voulant le chantre de la modernité la plus radicale. Il applique cette logique à presque tous les enjeux, au point où sa candidature devient l'objet de récurrentes moqueries, comme si le macronisme n'était qu'un hollandisme revampé et relooké, carburant essentiellement à l'art de la synthèse bancale, au point de rassembler sur sa barque bien des éclopés de la politique française des dernières décennies, qu'ils soient communistes, ultralibéraux ou chiraquiens.

 

Il y a un noyau idéologique du macronisme, il s'agit du multiculturalisme.

Il y a pourtant un noyau idéologique du macronisme, à tout le moins lorsque émerge la question identitaire, dont on ne saurait contester l'importance vitale pour notre temps. Et il s'agit du multiculturalisme, que le candidat fait semblant de dénoncer alors qu'il en embrasse la logique. Ce n'est pas surprenant: l'adhésion à l'idéal diversitaire est la marque distinctive du progressisme contemporain. On le sait depuis quelques semaines déjà, il n'y a pas pour Emmanuel Macron de culture française. L'art français ne semble pas lui dire grand-chose non plus. En fait, la culture française ne serait qu'un communautarisme parmi d'autres dans un univers soumis à la loi du multiple. Et on ne voit pas pourquoi ce communautarisme surplomberait les autres et se poserait comme culture de convergence. La déclaration est tellement grosse qu'elle colle à sa candidature depuis. Comment ne pas y voir une représentation presque caricaturale de l'hostilité profonde des élites mondialisées aux nations?

 

À Marseille, Macron en a rajouté. L'homme qui confond manifestement la vocifération avec l'éloquence a terminé son discours en égrenant l'origine des citoyens présents dans la salle, comme s'il avait le souci de n'en oublier aucune. Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Marocains, Tunisiens et bien d'autres: tous étaient convoqués, dans une étonnante célébration d'une république renvoyant chacun à ses origines, ce qui est radicalement contradictoire avec le principe assimilationniste qui invitait chacun à se fondre dans la nation. La nation selon Macron se définit plutôt comme un rassemblement de communautés cohabitant grâce à la magie sémantique du «vivre-ensemble». On se demandera quelle est la place, dans cette mosaïque, des Français que faute de mieux, on dira «d'origine française» - à moins que ce terme aussi ne fasse scandale. De quelle histoire sont-ils les héritiers et quelle origine peuvent-ils revendiquer?

 

On retrouve là le dogme fondamental de l'orthodoxie multiculturaliste : nous sommes tous des immigrants.

On retrouvait là le dogme fondamental de l'orthodoxie multiculturaliste: nous sommes tous des immigrants. La trame fondamentale d'un pays serait d'abord celle des vagues d'immigration l'ayant constitué. Faut-il arracher la France à son histoire pour la rendre inclusive? Ne risque-t-on pas ainsi de radicaliser le sentiment de dépossession de bien des Français qui craignent de devenir étrangers chez eux et qui ne voient pas trop pourquoi ils devraient s'en réjouir? L'angoisse identitaire n'est pas un fantasme régressif, à moins qu'on ne considère que le besoin d'enracinement et de continuité historique relève des pathologies politiques à combattre au nom de l'émancipation. L'histoire du monde serait celle d'une perpétuelle migration et la fixation de certaines populations sur certains territoires serait à la fois arbitraire et provisoire. Un peuple n'aurait pas le droit de vouloir se sentir chez lui: ce sentiment relèverait de l'extrême droite.

 

Poursuivons le décryptage de la logique macronienne: Marseille serait une ville modèle parce qu'elle serait une ville-monde, dont l'histoire serait finalement étrangère, ou du moins distincte, de celle de la nation française. D'ailleurs, dans la philosophie multiculturaliste, la métropole est appelée à se substituer à l'État-nation, une tendance qu'encourage aussi la mondialisation avec laquelle Emmanuel Macron entretient un rapport quasi-euphorique. La philosophie du candidat Macron converge à bien des égards avec celle qui traverse l'Histoire mondiale de la France pilotée par Patrick Boucheron. À tout le moins, la grande ville mondialisée serait un meilleur cadre pour chanter la diversité heureuse que la nation, otage souvent de populations ancrées dans des schèmes culturels dépassés - c'est la fameuse France périphérique qui se reconnaît bien peu dans le candidat Macron, alors qu'il est célébré dans la France mondialisée. Cette grande ville célébrant la diversité serait appelée à s'extraire du cadre national - on a vu cette tentation s'exprimer à Londres et à Paris au moment du Brexit.

 

Il s'agit d'expliquer aux Français qu'ils ont tort de s'inquiéter de la dissolution de leur patrie et de leur civilisation.

Macron suscite le même enthousiasme médiatique qu'Alain Juppé du temps où ce dernier était célébré par les rédactions au nom de sa philosophie de l'identité heureuse, même si nous sommes passés de la célébration du père rassembleur à celle du jeune leader dynamique. Il s'agit chaque fois d'expliquer aux peuples en général et aux Français en particulier qu'ils ont tort de s'inquiéter de la dissolution de leur patrie et de leur civilisation et qu'il leur suffit de s'adapter à la nouvelle époque de bonne foi pour voir leurs craintes se dissiper. Il n'est pas certain que si cette élection se transformait en référendum sur l'avenir de la nation française, la philosophie d'Emmanuel Macron serait majoritaire dans les urnes. De là l'importance pour le système médiatique de centrer pour encore quelques semaines son attention sur les «affaires», pour détourner l'élection des véritables enjeux qui devraient mobiliser la population.

 

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d' Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012), de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007) et de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016).

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