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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 14:43
 Pourquoi l'Europe refuse-t-elle de se battre contre la glorification du nazisme?

Publié par Karine Bechet-Golovko sur russiepolitics

J'aimerais beaucoup savoir pourquoi la France n'a pas voté la résolution présentée par la Russie à l'assemblée générale de l'ONU contre la glorification du nazisme? J'aimerais que l'on m'explique quelles sont ces valeurs soi-disant européennes qui sont portées par l'Union européenne conduisant tous les pays de cette Tour de Babel à s'abstenir face au nazisme? Comment peut-on s'abstenir sans le soutenir? J'aimerais beaucoup que nos dirigeants me l'expliquent.

 

Le 17 novembre, la Russie et 40 pays ont déposé devant le 3e comité de l'assemblée générale de l'ONU une résolution visant à la lutte contre la glorification du nazisme. Face à la résurgence des manifestations d'anciens SS dans les pays baltes, de la glorification ouverte des "héros" nazis en Ukraine, de la montée en puissance de partis et mouvements politiques reprenant cette rhétorique raciste et xénophobe, il est important de ne pas oublier ce qu'était le nazisme. La "tolérancce" doit avoir des frontières. Il s'agit aussi de ne pas laisser réécrire l'histoire, se souvenir qui était dans quel camp. Et c'est manifestement ici que le bas blesse. Depuis 10 ans que la Russie introduit cette résolution chaque année.

 

131 pays ont voté pour. L'Ukraine a évidemment voté contre. Les Etats Unis, qui soutiennent leur "projet" également. Sans oublier les Palaos, qui ont obtenu leur indépendance des Etats Unis le 1er octobre 1994. Se sont abstenus 48 pays, dont tous les membres de l'Union européenne et notamment le Canada ou encore la Suisse. Autrement dit, les pays des droits de l'homme se refusent systématiquement de soutenir la lutte contre la glorification du nazisme, puisque l'année dernière ils avaient également refusé de voter cette résolution, 

 

La fracture de notre monde est flagrante. Ce qui ne la rend pas plus acceptable. Et aucune discussion ne sera possible à ce sujet dans nos sociétés, car le sujet n'est simplement pas traité par la presse qui soit le considère comme insignifiant, soit comme allant de soi.

 

Or, cette abstention n'est ni insignifiante, ni allant de soi. L'on ne peut, en passant, jeter de hauts cris de jeune fille effarouchée face à la radicalisation du discours en matière de racisme, de xénophobie et accepter de fermer les yeux sur la glorification du nazisme. Il n'est pas "normal" dans une société soutenant les "valeurs européennes" de ne pas se battre contre ces phénomènes de plus en plus fréquents dans nos pays. Le fait de ne pas en parler ne les rend pas pour autant inexistant.

 

Mais il est vrai, qu'alors, comment soutenir cette hystérie politique anti-russe, que Obama tente à bout de bras de maintenir en Europe dans sa tournée d'adieu? Car elle repose sur des pays comme les pays baltes, plus que coopératifs avec les nazis, sur l'Ukraine qui se cherche des héros nationaux distincts de la Russie et ne les trouve que dans les rangs des collaborateurs nazis. 

 

L'hystérie anti-russe est censée justifier toute politique, tous les moyens. Pour quelle fin? Revoir des marches aux flambeaux dans nos rues? Elles ont déjà lieu à Kiev, depuis que le pays s'est déclaré pro-européen.

 

Si c'est ça l'Europe, c'est l'Europe des années 30. Ce n'est pas mon Europe.

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 16:48

Par Pierre Levy samedi 19 novembre 2016

Repris sur Comité Valmy

 

 

Admettre ses erreurs, c’est bien ; en tirer les leçons, ça serait mieux. Faute de quoi, la candidature Mélenchon risque de s’avérer plus dangereuse que toutes les autres, car elle peut réanimer des illusions que MM. Hollande, Juppé, Sarkozy et consorts ne sont plus capables – et c’est tant mieux – de porter

 

Combien de Tsipras faut-il à l’« insoumis » Mélenchon pour abandonner l’illusion qu’on pourrait faire tourner l’Europe dans l’intérêt des peuples ?

 

L’Union européenne connaît la plus profonde crise de son histoire. Mais, par delà les drolatiques péripéties pré-électorales françaises, tant le PS que Les Républicains continuent de partager ce mantra qui leur sert de programme commun subliminal : « l’Europe est notre avenir ». Dans la perspective des scrutins du printemps prochain, ils s’efforcent cependant de rester discrets sur ce thème tant il devient de plus en plus repoussoir.

 

Le Front national, quant à lui, cultive pour l’heure l’ambiguïté. Alors que beaucoup d’électeurs pensent utiliser ce vote pour exprimer leur refus de Bruxelles, des responsables de ce mouvement plaident pour adoucir une image « trop anti-européenne » jugée susceptible d’effrayer certains électeurs.

 

Or qui prétendrait conduire des choix tranchant avec les orientations actuelles sans rompre avec l’intégration européenne est soit un naïf, soit un imposteur. La remarque vaut pour tous les candidats. Arnaud Montebourg développe ainsi une certaine schizophrénie en proposant de désobéir à l’UE... en payant des amendes plutôt que d’imaginer quitter la galère.

 

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon lançait le 16 octobre sa nouvelle mouvance baptisée La France insoumise. Une formulation d’apparence prometteuse. Encore faut-il s’assurer de sa portée concrète, car rien n’est pire que de se payer de mots. Or le candidat libre redoublant à la magistrature suprême propose de « sortir des traités européens ». Mais pourquoi ne pas dire tout simplement « sortir de l’UE » ?

 

L’eurodéputé n’a-t-il pas quelque mal à lâcher les rêves qu’il a nourris des décennies durant ? Car il reprend désormais la formule mi-chèvre mi-chou : « l’Europe, on la change ou on la quitte »... ce qui redonne une once de crédibilité à l’hypothèse « on la change ». Pourtant, depuis des lustres, il n’a pas manqué de responsables politiques pour aligner les rodomontades promettant de « changer », d’« infléchir », de « réorienter », de « refonder » l’Europe... Sans autre résultat que de soumettre toujours plus les peuples au carcan communautaire.

 

François Hollande s’était ainsi engagé, en 2012, à « renégocier » immédiatement le traité imposant la gouvernance économique, pour finalement y renoncer dès sa deuxième rencontre avec Angela Merkel ; le Grec Alexis Tsipras était arrivé au pouvoir en janvier 2015 après une campagne promettant de tenir tête à Bruxelles – on connaît la suite.

 

Combien de Tsipras faut-il à l’« insoumis » Mélenchon pour admettre cette réalité : l’Europe n’a été conçue et ne peut fonctionner que dans l’intérêt de l’oligarchie ; et pour abandonner l’illusion qu’on pourrait la faire tourner dans l’intérêt des peuples, alors que son but fondamental est d’aliéner la liberté de ceux-ci ?

 

Il continue imperturbablement de suggérer un « plan A » visant une « sortie concertée » ; et un « plan B » menaçant d’une sortie unilatérale, sortie qu’un forum européen (où Jean-Luc Mélenchon côtoie notamment... Yanis Varoufakis) caractérisait ainsi en septembre 2015 : « si l’euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons : ‘essayez un peu, pour voir !’ »...

 

Mais dans quel monde vit l’ex-président du Parti de gauche ? Laisser entendre qu’il pourrait se dessiner une coalition européenne de gouvernements – actuels ou futurs – susceptibles de s’inscrire dans le sillage de cette « France insoumise », c’est ignorer la réalité politique et juridique de l’UE.

 

« L’Europe de nos rêves est morte » se désole le candidat. Il devrait revenir sur terre : les Français – les classes populaires en particulier – n’ont jamais majoritairement rêvé d’Europe. Lui-même en revanche fut un farouche défenseur du traité de Maëstricht en 1992, avant d’admettre s’être trompé ; il fut un supporter fervent de Syriza, avant de prendre quelques distances...

 

Admettre ses erreurs, c’est bien ; en tirer les leçons, ça serait mieux. Faute de quoi, la candidature Mélenchon risque de s’avérer plus dangereuse que toutes les autres, car elle peut réanimer des illusions que MM. Hollande, Juppé, Sarkozy et consorts ne sont plus capables – et c’est tant mieux – de porter.

 

Par son refus d’énoncer un objectif facilement intelligible par tous – « Frexit veut dire Frexit » pour paraphraser nos amis anglais – le vote proclamé « insoumis » pourrait bien, fût-ce involontairement, apporter une nouvelle caution « de gauche » au principe de l’intégration.

Et constituer ainsi l’ultime roue de secours de Bruxelles en déroute.

Pierre LEVY

Éditorial paru dans l’édition du 25/10/16 du mensuel Ruptures

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:56

Par Thierry Meyssan

Pendant que la presse atlantiste persiste à projeter sur Donald Trump les débats artificiels qu’Hillary Clinton a imposés durant la campagne et que se multiplient les appels à assassiner le président élu, celui-ci se prépare à changer de paradigme, à renverser l’idéologie puritaine qui domine son pays depuis deux siècles. Mais peut-il réussir ?

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 15 novembre 2016

Donald Trump et le général Michael T. Flynn

 

La presse internationale tente de nous persuader que les électeurs de Donald Trump ont exprimé une révolte des Petits Blancs face aux élites. Elle ne fait en réalité que prolonger le discours d’Hillary Clinton que, précisément, ces électeurs ont rejeté. Elle refuse d’envisager que le clivage actuel n’ait aucun rapport avec les thèmes qu’elle a traités durant cette campagne.

 

Pourtant, nous avons tous vu une nouvelle ligne de fracture apparaître non pas entre les deux grands partis, mais en leur sein. De nombreux leaders républicains ont soutenu Clinton et quelques leaders démocrates Trump. Bernie Sanders vient même de lui proposer ses services. De même, l’analyse des votes en fonction des appartenances communautaires (femmes, hispaniques, noirs, musulmans, gays, etc.) n’a pas plus de sens. Bien que l’on nous ait rabâché que voter Trump, c’était voter pour la haine des minorités, au moins un tiers des minoritaires a voté pour lui.

 

 

Quelques journalistes tentent de s’appuyer sur le précédent du Brexit, alors même qu’ils avaient été identiquement surpris par celui-ci et incapables de l’expliquer. Si l’on analyse en fonction des précédents étrangers, on doit au moins tenir compte des élections surprises de Narendra Modi en Inde et de Rodriguo Dutertre aux Philippines (une ancienne colonie états-unienne).Malgré la propagande, les Britanniques n’ont pas voté contre les Européens, les Indiens contre les musulmans, et les Philippins contre les Chinois. Au contraire, chacun de ces trois peuples cherche à sauver sa propre culture et à vivre en paix. Bien que responsable des émeutes anti-musulmanes du Gujarat, en 2002, Narendra Modi a tendu la main au Pakistan, persuadé que les problèmes entre les deux pays ont été organisés et entretenus par les puissances coloniales. De même, Rodriguo Dutertre a-t-il provoqué la stupeur en se rapprochant de l’« ennemi » chinois.

 

J’expliquais, il y a quelques semaines, dans ces colonnes [1] que le clivage qui divise les États-Unis n’est déterminé ni par les appartenances ethniques, ni par les classes sociales, mais par l’idéologie puritaine. Si cette explication est juste, nous devrions assister à une lutte existentielle des partisans de cette idéologie face à l’administration Trump. Tout ce qu’entreprendra le nouveau président sera systématiquement saboté. D’ores et déjà, les manifestations sporadiques contre le résultat de l’élection attestent que les perdants ne respecteront pas les règles de la démocratie.

 

Plutôt que de réfléchir à la manière dont nous pourrions tirer avantage de l’administration Trump, nous devrions nous demander comment nous pouvons l’aider à réussir à libérer son pays de son propre impérialisme, à mettre fin au monde unipolaire et à la « doctrine Wolfowitz » ; comment nous pouvons substituer la coopération à l’affrontement.

 

Alors que la presse états-unienne spécule sur les nominations possibles de personnalités de l’administration Bush au sein de l’administration Trump, nous devons anticiper le rôle politique que joueront les cadres commerciaux de la Trump Organisation, les seuls en qui il puisse avoir confiance.

 

Nous devons nous appuyer sur le général Michael T. Flynn qui, quoique démocrate, fut le principal conseiller en politique étrangère et de défense durant sa campagne. Commandant du Renseignement militaire, de la Conférence de Genève 1 à la conquête de l’Irak par Daesh, il n’a cessé de combattre le président Obama, la secrétaire d’Etat Clinton, les généraux David Petraeus et John Allen, et Jeffrey Feltman à propos de l’usage des jihadistes et du terrorisme pour maintenir l’impérialisme états-unien. Qu’il soit conseiller de Sécurité nationale, directeur de la CIA ou secrétaire à la Défense, il sera le meilleur allié de la paix au Levant.

Thierry Meyssan

Source
Al-Watan (Syrie)

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:52

Ou le retour de Jean  Lecanuet

Origine http://www.librairie-tropiques

 

Certains se souviennent que De Gaulle s'offusquait qu'on puisse lui opposer une publicité ridicule en forme de politicien insignifiant, et on mesure à quel point est loin de nous désormais le temps où les barons de la droite pouvaient proclamer qu'il « faut fuir comme la peste les experts en publicité ou autres spécialistes de marketing. Ils n’ont aucune connaissance des phénomènes politiques et s’imaginent que l’on peut “vendre” un candidat comme une pâte dentifrice. ». Pourtant Lecanuet réussit à mettre le Grand Charles "en balottage". Un Lecanuet "centriste et pro-américain" donc déjà bien aidé par "les puissances d'argent" (comme disait le général) des "milieux d'affaire" encore un peu entravés en France à l'époque, mais qui finançaient déjà le marigot centriste et la médiocratie française encore un peu confinée depuis la fin de la 4ème république; et c'est sans doute ainsi qu'on peut expliquer que ce non-événement absolu occupe aujourd'hui la une des médias, tous contrôlés désormais par les dites puissances et de mémoire de français les plus servilement nuls qu'on ait jamais vus.

 

 

Il est vrai qu'en dépit de "l'autoritarisme du régime", il existait encore, à l'époque du Général, une "presse d'opinion" marquée par une diversité de points de vue qui renvoyait elle-même à une réelle diversité d'opinions que dénotait notamment un PCF à plus de 20% de ces opinions.
Il est vrai aussi, qu'aujourd'hui, en dépit du bide complet des "idées neuves et créatives" de son fringuant crâne d'oeuf favori  (les "bus macron" font faillite les uns après les autres, comme le reste des "innovations modernes" supposées "faire bouger les lignes"), le mage Jacte Ali (alias "voit tout, sait tout"), chargé de la campagne publicitaire par les banques d'affaire, nous le vend depuis le début, non plus seulement comme "dent blanche, haleine fraiche" , mais comme un "rénovant" qui de plus... sait faire mousser...

 


 

Précisons quand même que c'est un peu faire injure à ce bon vieux notable provincial de Lecanuet que de l'assimiler à Macron. Je sais "de source sure" qu'il avait un bon fond petit-bourgeois honnête et qu'il souffrait au fond de lui-même de "failles affectives" que jamais ses (très relatifs) succès électoraux ne purent combler. Bref, on  était encore chez les humains et la trans-humanité de zombies smartefaunisés et ubérisés "adonf" n'était pas (encore) au programme.


"à l'époque" il suffisait de se déclarer pro-américain, pro-européen et libéral pour passer pour "moderne" , du moins par rapport au Grand Charles (et aux communistes).


Maintenant ce qui a changé c'est qu'il n'y a plus ni Grand Charles, ni communistes ....

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 17:40
Mort de la globalisation et renaissance des  nations ?

Par Youssef Hindi http://www.geopolintel.fr/article1913.html

mardi 15 novembre 2016

 

L’une des raisons qui a empêché les grands médias occidentaux de voir venir la victoire de Donald Trump est l’aveuglement idéologique de l’élite oligarchique et globaliste.

En effet, qu’ils appartiennent à la classe dirigeante politique, médiatique ou économico-financière, tous sont acquis à la cause de la globalisation économique dont le centre idéologique et historique est le monde anglo-américain.

L’URSS et le communisme international ont vu leur fin actée par la chute du Mur de Berlin. Peut-on affirmer que la fin de la globalisation économique a quant à elle été signée par l’élection de Donald Trump ?

C’est une interprétation qui fait sens si l’on en croit l’économiste américain James Kenneth Galbraith qui écrivait en 2008 :

« Si le credo soviétique était la planification centralisée, le nôtre était son contraire absolu : le culte du marché libre. Mais aux Etats-Unis la relation entre la théorie et la pratique politique n’est pas simple. A cet égard, la ressemblance avec ce qui se passait dans l’ancienne Union soviétique est troublante : l’action publique américaine n’était pas (et n’est pas) régie par les principes de la doctrine officielle. La doctrine sert plutôt de mythe légitimant – ce qu’on dit et répète aux enfants des écoles, mais que nul ne prend au sérieux au sein des cercles du pouvoir.

Quelle est l’utilité du mythe ? La même ici aujourd’hui qu’hier là-bas : il fixe des bornes à l’opposition, restreint la circulation des idées et réduit la sphère du débat acceptable… L’opposition respectable fait allégeance au système en acceptant son mythe directeur. » [1]

La réussite de Trump tient au fait qu’il n’a pas respecté ce mythe, ce dogme ; au contraire, il a attaqué frontalement le libre-échange généralisé en pointant du doigt ses effets sociaux et économiques désastreux.

 

La globalisation comme outil de domination oligarchique

Ainsi que l’a montré l’économiste James K. Galbraith dans son ouvrage L’Etat prédateur [2], le contrôle de l’économie américaine est passé des mains des industriels à celles des banquiers, remplaçant l’économie réelle par l’économie fictive avec la prééminence d’un capitalisme actionnarial et spéculatif [3] conduisant à une destruction du tissu industriel et à une financiarisation de l’économie américaine, et par suite de celle du monde.

L’Amérique est alors sortie de l’ère du paternalisme bienveillant de type fordien (Henri Ford) – mutuellement profitable aux détenteurs du capital et aux travailleurs – pour entrer dans celle de la rapacité bancaire, dévastatrice et apatride.

L’empire américain, dont l’appareil d’Etat a été investi par une oligarchie multiséculaire et nomade, ne pouvait, comme son prédécesseur anglais, contrôler le monde seulement par une puissante armée (hard power), mais devait s’adapter à un monde de plus en plus vaste (par sa démographie et l’émergence ainsi que la ré-émergence de puissances économiques et militaires), en appliquant les principes du soft power, et notamment en utilisant des relais de pouvoir comme les institutions internationales, les lobbies, les médias internationaux et les réseaux d’influences à caractère occulte, qui se chargeront de soumettre l’Humanité.

Les accords de Bretton Woods de 1944 qui devaient répondre à la crise de 1929 (qui a résulté de la spéculation financière), ont donné naissance à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International. Ce qui déboucha de ces accords était conforme à la volonté des Etats-Unis, à savoir faire du dollar l’instrument de référence international et imposer la libéralisation des mouvements de capitaux.

Les règles du commerce international furent traitées durant la conférence de la Havane la même année. Les Américains avaient refusé de signer l’accord visant à réglementer le commerce sur des bases nationales et protectionnistes, eux qui étaient partisans du libre-échange.

L’Organisation mondiale du commerce qui née en 1995 se chargera de répondre aux désirs des Etats-Unis en favorisant le système de libre-échange généralisé, lequel a ironiquement frappé l’Amérique par le fléau qu’elle a infligé au reste du monde : la désindustrialisation et le chômage de masse.

Dans la présente séquence historique, il apparaît clairement que l’impérialisme américain ne se maintient que par la menace militaire (hard power) et la politique de subversion (révolutions colorées et guerres civiles)… Un tel système de domination ne peut, à l’échelle de l’histoire, ne durer que le temps d’un éclair ; chose qu’avait compris les empires traditionnels depuis l’Antiquité qui se maintenaient sur une base de légitimité, de « supériorité civilisationnelle », et d’acceptation des populations dominées.

La puissance impériale ainsi que ses institutions internationales se sont essoufflés malgré ou à cause de leurs efforts. Le passage d’un soft power sûr de lui à un hard power nerveux et fébrile est la manifestation d’une réelle et profonde faiblesse morale et matérielle qui touche le cœur même de l’empire.

 

L’échec de la globalisation a fait le succès de Trump

C’est cette catastrophe provoquée par le libre-échange et la financiarisation de l’économie – identifié par le peuple américain – que Trump a dénoncé et à laquelle il a proposé des solutions adéquates (que nombre d’économistes proposent depuis plusieurs années).

Répondre aux attentes du peuple américain, prendre en charge ses préoccupations, c’est de là que vient le succès de Donald Trump, et non pas sa personnalité et ses déclarations « racistes » qui auraient poussé les « petits blancs sous-éduqués de sexe masculin » à voter pour lui.

Une analyse de la sociologie électorale met en évidence que la réalité est bien loin de la propagande médiatique voulant masquer la victoire de la question socio-économique par celle du conflit racial [4].

Le journal Atlantico rapporte l’étude post-électorale qu’a faite le New-York Times et qui a démenti les sondages sur l’électorat de Donald Trump :

« Donald Trump a créé la surprise dans cette élection. Le New York Times analyse les évolutions des groupes sociologiques qui expliquent ce résultat, qui ont confondu les analystes.

  • Chez les blancs, Donald Trump a remporté avec une forte marge ceux qui n’ont pas de diplôme d’enseignement supérieur, et a quand même gagné chez les autres.
  • La base électorale de Trump, c’est la classe ouvrière blanche, définie comme les blancs qui n’ont pas de diplôme d’enseignement supérieur. Ce groupe a voté de manière massive pour Trump. Et si les blancs diplômés ont plus voté pour Hillary Clinton, Trump l’a néanmoins emporté chez eux.
  • La division de classe. Hillary Clinton a surperformé parmi les moins riches (revenus inférieurs à 30 000 dollars par an) et les plus riches (plus de 100 000 dollars de revenus par an). Donald Trump a surperformé chez les classes moyennes : ceux qui gagnent entre 50 000 et 100 000 dollars par ans. (ceux qui sont les premiers touchés par les effets du libre-échange)
  • Des minorités moins présentes que prévu. Si Hillary Clinton a enregistré des scores léonins chez les minorités, ces scores furent néanmoins inférieurs à ceux obtenus par Barack Obama en 2012, qui lui ont permis de l’emporter.
  • Les hommes votent Trump, et les femmes votent (relativement) peu Clinton. Si Donald Trump a surperformé chez les hommes, ce qui était prévu, ce qui l’était moins, c’est le soutien des femmes, étant donné qu’Hillary Clinton aurait été la première femme présidente des États-Unis, et que Donald Trump était vu comme misogyne. Il a fait un score très légèrement inférieur à la normale chez les femmes.  » [5]

L’oligarchie, via sa représentante Hillary Clinton – dont la campagne électorale a coûté trois fois plus chère que celle de Trump, et qui a de surcroît bénéficié du soutien de tout l’appareil médiatique –, a voulu imposer des thèmes sociétaux et raciaux – les noirs qui ont voté en faveur de la candidate de l’oligarchie ne furent pas conscients qu’ils allaient à l’encontre de leurs propres intérêts, notamment économiques [6] – pour contrer les thèmes socio-économiques. Et le fait que cette stratégie ait échoué en Amérique même, pays dont l’histoire et la construction se sont fondées en partie sur la race et un inégalitarisme structurel (héritée de la culture anglaise), est tout à fait significatif de la profondeur de la crise.

 

Le moment du choix : la globalisation ou la nation

Dans son ouvrage L’illusion économique [7] (1998), le démographe et historien Emmanuel Todd a mis en évidence la corrélation entre niveau d’éducation et progrès technique et industriel, générateur de la richesse matérielle d’une société. Partant de cette « loi » anthropologique et économique, le recul de l’éducation peut être interprété comme une des causes de la stagnation ou de la régression de la productivité et du progrès technique. Ce qui est le cas des Etats-Unis qui ont vécu un arrêt de leur niveau éducatif à partir du début des années soixante. Le résultat a été aussi brutal que mécanique : le ralentissement du niveau de productivité, suivie d’une décomposition industrielle, le tout faisant le lit de la régression économique.

Cette situation a été aggravée par le système de libre-échange mondialisé qui a mis l’industrie américaine face à des titans de la production quantitative et qualitative comme le Japon et l’Allemagne qui ont, dès les années soixante-dix, accentués – à cause du régime de libre-échange – la destruction de l’industrie Américaine [8].

Le succès de Donald Trump est la réaction à ce lent processus régressif qui a éloignée l’Amérique de son rêve.

Que la question économique se soit combinée à celle de la remise en cause du coûteux et inutile impérialisme est cohérent : le libre-échange est associé à l’impérialisme américain, lesquels s’opposent à l’isolationnisme géopolitique qui est couplé au protectionnisme économique.

C’est cette réalité que Donald Trump a su formuler en langage simple et compréhensif pour la masse.

Mais il ne faut pas s’attendre avec le Président Trump à un démantèlement du système impérial américain et des institutions de la globalisation. Cette énorme machine n’étant pas sous le contrôle de la Maison Blanche.

Toutefois, ce à quoi nous assistons est un tournant idéologique majeure qui aura un impact, d’une manière ou d’une autre, sur la réalité matérielle, car les structures et l’idéologie qui les sous-tend sont interdépendants.

Cette fenêtre historique qui vient de s’ouvrir offre à l’Europe en général et à la France en particulier, une marge de manœuvre (peut-être de courte durée) qui permettra éventuellement au Continent de s’émanciper de la tutelle américaine et ainsi réorienter sa politique (cette fenêtre providentielle, je l’annonçais dans un article de décembre 2015 [9], mais je ne m’attendais pas à la voir s’ouvrir aux Etats-Unis). Mais cela ne sera possible qu’après le balayage pur et simple de la classe politique française.

Les Etats-Unis étant, dans le monde occidental contemporain à l’avant-garde idéologico-politique – puisqu’elle est le centre de la production « culturelle » de l’Occident –, l’élection de Trump peut justement être l’impulsion d’une dynamique « révolutionnaire » ou d’un renversement en Europe de l’ouest. Aujourd’hui les européens exaspérés par une caste politique corrompue et par la dictature technocratique et bancaire du politburo de Bruxelles peuvent se dire « si les américains l’ont fait, c’est possible ».

La politique est l’art du possible.

Youssef Hindi est écrivain et historien de l’eschatologie messianique. Il est l’auteur des ouvrages Occident et Islam – Sources et genèse messianiques du sionisme. De l’Europe médiévale au Choc des civilisations et Les mythes fondateurs du choc des civilisations. 2016, Editions Sigest.

Voir en ligne : arretsurinfo.ch

Notes

[1] James K. Galbraith, L’Etat prédateur, 2008, éd. Le Seuil, 2009, p. 17.

[2] James K. Galbraith, op. cit.

[3] Sur le capitalisme actionnariale voir : Frédéric Lordon, La crise de trop, Fayard, 2009.

[4] Voir l’analyse du sociologue et essayiste Alain Soral au lendemain de l’élection de Donald Trump (9 novembre 2016) : http://www.egaliteetreconciliation....

[5http://www.atlantico.fr/pepites/201...

[6] Voir la conférence qu’Emmanuel Todd a donnée quelques heures avant l’élection américaine*, le 8 novembre 2016 : https://blogs.mediapart.fr/xipetote...

[7] Emmanuel Todd, L’illusion économique : Essai sur la stagnation des sociétés développées, Gallimard, 1998.

[8] Emmanuel Todd, op. cit.

[9] Youssef Hindi, Attentats du 13 novembre, la politique et l’avenir de la France en question, 4/12/2015 : http://www.geopolintel.fr/article99...

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 16:36

Par Jean marie Bourget dimanche 13 novembre 2016

Repris sur http://oumma.com/223911/france-remet-un-prix-de-journalisme-a-un-adorateur-da

 

Tare professionnelle, les journalistes sont trop modestes. Ce qui compte pour eux ce n’est rien d’autre que le combat pour que la vérité aboutisse, et arrive à temps pour le « 20 heures ». Ainsi la presse a trop peu évoqué le palmarès du dernier Prix Bayeux, des récompenses attribuées aux « correspondants de guerre ». Un vocable désuet qui désignait jadis des journalistes qui tuaient le temps sur les champs de bataille. Je ne comprends pas la pudeur de mes confrères ? Pourtant cette année le jury s’est distingué en récompensant, sans hésiter, un compagnon de route du Djihad mondial. Un choix qui aurait mérité plus de lignes, plus de mots.

 

L’heureux confrère, primé pour un reportage signé en commun avec Clarissa Ward de CNN, porte le nom de Bilal Abdul Kareem. Et ce n’est pas n’importe qui. Né en 1970 à New York, Bilal se rêve d’abord acteur. Plutôt que l’écran, il crève la faim. Dans sa pérégrination, en 1997, il déménage à Brooklyn, par hasard près d’une mosquée, et c’est la révélation. Bilal devient un fou de Dieu. Tant même que certains lui accordent le titre d’imam…

 

Il passe ses jours et ses nuits entre le Coran et la grammaire arabe. L’envie de mieux vivre sa vocation le pousse à s’installer au Soudan, à Khartoum, ville bénite où le Congrès Islamique Mondial a son rond de serviette.

 

Un peu mieux nourri de religion, Bilal part alors pour l’Egypte. A force de pratiquer le Tafsïr, c’est-à-dire l’exégèse du Livre, il poursuit son chemin vers la sainteté. D’une sacristie l’autre, le voilà en contact avec les gardiens des Lieux saints. Une télé saoudienne lui propose un job, il va sans dire dans une chaine très halal qui vit au rythme de la prière. Hélas, sans doute sur un désaccord de doctrine, notre confrère quitte la télé et part au Rwanda pour y tourner un documentaire. Le maniement de la vidéo ne fait pas oublier les voies du Seigneur au converti. Le 5 novembre 2009 quand, à l’intérieur du camp de Fort Hodd au Texas, l’officier Nidal Malick Hasan flingue 13 de ses propres collègues, le vidéaste Bilal -par le biais du site « Révolution Islamique »- poste une auto interview signée AIM Films. Le contenu est simple : il approuve la tuerie texane. Pour Bilal le geste de Hasan est « un acte de guerre et non une action terroriste ou criminelle ». Dans la foulée de son aspiration à un Djihad mondialisé, il soutient les rebelles tchétchènes au point que son nom est cité lors d’un procès lié à un marché d’armes.

 

En 2012 la guerre en Syrie arrive à temps puisque Bilal se sent pousser, à lui seul, les ailes d’une brigade internationale. Il s’installe sur le champ de bataille, et assez vite à Alep. Inutile de se laisser pousser la barbe, il l’a longue depuis des mois.  Là sa maison devient une rédaction tenue par un seul homme-orchestre, notre courageux confrère photographie, écrit, blogue, filme. Bilal a la chance d’être le seul « correspondant » accrédité, supporté par les djihadistes, il a le monopole. Médusé par cet homme protée le monde des médias occidentaux lui passe parfois commande. Avoir des nouvelles fraîches de ces rebelles –forcément modérés – est une chose utile.



En novembre 2015, après les massacres de Paris, en tant que phare de la pensée islamique, Bilal rend son jugement : « Je ne condamne les crimes de Paris que si l’on condamne les crimes commis par les tueurs français contre des musulmans innocents ». Un propos venu du front, assez cohérent, mais peu fait pour enthousiasmer les rescapés du Bataclan ou les actionnaires de CNN. Et c’est ainsi que le Prix Bayeux a été décerné à un compagnon de route de tous les salafistes, sauf ceux de Daech. Amnesty International, l’organisation humanitaire qui patronnait ce « Deuxième Prix catégorie TV », doit être enchantée d’avoir porté des lauriers au front de ce magnifique filleul.

 

Décidément l’automne est la période de grande forme pour notre « correspondant de guerre »… Ne voilà-t-il pas, il y a un an, que Bilal Abdul Kareem, sur Facebook relié en forum, répond à 29 questions posées par le web planétaire. Nous nageons là en pleine onction, les mots sont ponctués de références au Coran et au Prophète. De la rude pensée de Bilal, j’ai extrait le bonus qui va suivre.

 

Nous attaquons par une spéculation sur la composition du futur gouvernement de la Syrie, celui qui sera mis en place par les rebelles qui prendront Damas. Le lauréat du Prix Bayeux répond : « Le danger serait alors l’installation d’un nouveau pouvoir qui ne représenterait pas toutes les forces islamiques ».

 

Pas une syllabe pour les mécréants qui, nous dit-on, se battent pour l’avènement d’une démocratie sans Allah. A propos du comportement du groupe Ahrar Asham -une chapelle composée de barbares dont les chefs sont issus d’Al-Qaïda- notre confrère constate que ses frères-là « ont fait couler plus de sang que ce que l’on peut imaginer ». Mais que, sans eux la Révolution « ne serait pas où elle en est. Sans eux elle serait morte ». Bilal Abdul Kareem, le collaborateur de CNN, apprécie vraiment ces sympathiques guerriers qui forment « un groupe très influent qui a fait beaucoup pour le peuple syrien ».

 

A la question posée sur ceux qu’il considère comme de « vrais moudjahidin », Bilal répond : « Tous les groupes islamiques sauf ISIS (Daech) ont plus de vertus que de torts. Je ne peux en distinguer un seul ».

 

A un internaute qui s’étonne de ce que les rebelles de Jaish al islam exposent sur les places publiques des familles enfermées dans des cages, le compréhensif confrère répond : « Je ne suis pas d’accord avec eux mais je sais pourquoi ils ont fait ça. Les bombardements d’Assad et de la Russie transformant leurs familles en pudding, ils utilisent comme boucliers humains ceux qu’ils considèrent comme des supporters du régime. Je n’approuve pas mais je comprends. » Vous avez noté je « n’approuve pas ».

 

Et Al-Nosra, autre succursale d’Al-Qaïda n’est pas absente dans le cœur de Abdul Kareem : « Quand ils réussissent, c’est l’ensemble des factions rebelles qui réussit ». L’avenir ? Bilal le voit en vert : « Le Syrie est un pays musulman qui doit être gouverné par des musulmans. Ici la démocratie est une notion étrangère qui ne peut fonctionner. »…

 

Pourtant, en place de Bachar, Hollande, Obama et Camerone nous ont promis la mise en place d’hommes libres et démocrates… Au terme de la Révolution, ce sera donc Allah. Allah, et la charia, bien sûr. Une sainte charia qui n’est pas l’horreur décrite par les Croisés d’Occident. Mais « qui est d’abord le moyen de faire adhérer toute la Oumma, le monde islamique, au futur régime de Damas. Oui les rebelles adoptent et adopteront la charia dès qu’ils auront repris toute la Syrie ».

 

Sur l’organisation des groupes islamistes, notre journaliste-généralissime s’exprime en guerrier. C’est normal. Il se réjouit de la création d’un comité militaire commun sous l’enseigne de Jaysh Al Fateh, un parapluie qui n’accueille que des unités ayant prêté allégeance à Al-Qaïda « c’est beaucoup plus efficace ». Comment les Syriens vivent-ils l’action et la présence de ces groupes armés ? Très bien : « Les Syriens qui vivent avec Ahrar (milice sponsorisée par l’Arabie et le Qatar) supportent Ahrar, les autres, s’ils sont dans un secteur pris en main par Al-Nosra (Al-Qaïda), se comportent de la même façon ».

 

Ainsi, selon le pigiste de CNN, vivre la guerre à Alep, sous la douce et clairvoyante férule des salafistes, c’est un temps de bonheur.Œcuménique, amis de tout barbu, Abdul Kareem a quand même sa préférence. A lui. C’est Al- Nosra, donc le groupe vassal d’Al-Qaïda. Pour Abdul Kareem ces gens sont, si l’on peut dire, des types au poil. « Il gouverne de larges zones de Syrie… Pour différentes raisons il y a des gens qui n’aiment pas Al-Nosra, mais la réalité est que cette organisation est une part importante dans le conflit et qu’elle a rendu un grand service au peuple syrien ». Dommage que Ben Laden ne soit plus là pour lire un entretien aussi revigorant.

 

« Correspondant de guerre », à contre temps, essentiellement quand les canons grondent moins, le vénéré Jean-Claude Guillebaud, prince de la conscience bonne, président du jury de Bayeux versus 2016, a donc eu la main heureuse en distinguant un journaliste qui est un modèle : engagement total, courage, abnégation, publication sur supports multiples, notes de frais ridicules. Finalement ce dont rêve Bolloré (et autres) pour « I Télé ».

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:30

Repris sur site Librairie Tropiques 12 Novembre 2016

 

 

 

Désormais avéré et notoirement démontré par les circonstances et le contexte de la "surprise" Trump, le formatage idéologique (inepte et servile) de nos médias et de la classe dirigeante qu'ils servent, ce sont les anarchistes "vrais" (donc rationalistes) qui en parlent le mieux. C'est à dire aussi bien que les experts compétents (et généralement de droite) commentant les errements chaotiques et l'amateurisme aveugle de nos élites actuellement "aux affaires", singulièrement  en matière militaire et géopolitique "appliquée".

 

Ainsi devons nous à l'excellent chroniqueur attitré de la coopérative — la plus vieille d'Europe— de Longo Maï, observateur lucide et compétent qui signe "laconique", ce billet, tiré de sa chronique "L"ire des chênaies", qu'il nous a aimablement autorisés à relayer et où il commentait, un peu avant le "coup de tonnerre" électoral américain, les constats alarmants déjà rapportés dans l'article -de Caroline Galacteros-  sur un thème connexe que nous avions reproduit ici, il y a quelques semaines .

 

Story telling et culte de la personnalité en guise d’analyse

Super la soirée théma d’Arte sur les années Obama! Un chef-d’œuvre de documentaire qui remplace avantageusement Nounours, son marchand de sable et son «bonne nuit les petits». Il y était développé trois thématiques, «l’Obamacare», les tensions sécuritaires intérieures (racisme, petits massacres récurrents…) et la situation au Proche-Orient que j’ai suivies avec attention. On y cueille tout de même des indications sur les manières dont les décisions se prennent, mais surtout en creux les informations sur lesquelles il est de bon ton, de faire l’impasse (l’ambition officielle US de «redessiner la carte du Moyen-Proche-Orient»,comme Daech, par ex.), ou de surfer rapidement (les dissensions flagrantes et inquiétantes entre Maison-Blanche et Pentagone), ou d’évoquer comme des certitudes alors qu’elles sont le sujet de très sérieuses controverses, pas mêmes signalées (l’attaque chimique du 13 août 2013 évidemment attribuée «à l’armée de Bachar»).

 

L’infantilisation narrative se joue très sérieusement en une sorte de télé-réalité différée avec une flopée de vrais-faux témoins qui nous racontent dans le détail ce qu’ils ont envie de nous faire savoir des réunions qui se sont tenues dans le bureau ovale avec le président, ses doutes, ses réactions, et ses commentaires. Ils racontent très bien tous ces conseillers, conteurs, raconteurs que l’on ne nous présente même pas (à savoir quels lobbies ils représentent par exemple). En «com» ils sont vraiment très bons, rien à dire. Façonner l’image d’un Obama toujours tiraillé, sympathique, plus humain que ça tu meurs, ça laisse peu de place à la critique, mais ils ne sont pas là pour ça. Inutile d’évoquer ces réunions du mardi matin où Obama et ses conseillers CIA and Co font le listing des suspects à abattre repérés par les drones antiterroristes. Et pourquoi feraient-ils autrement avec des journalistes qui boivent leurs paroles avec la félicité de l’eau bénite? Ça doit faire partie du code d’accès à ces lieux décisionnels, ou prétendus tels.

 

760 milliards de dollars, c’est officiellement le budget militaire US annuel, c’est-à-dire plus que tous les budgets militaires des États du monde réunis, ce qu’un ex-président américain dénonçait comme le lobby militaro-industriel, et que Lavrov nomme «la machine militaire américaine» pour souligner le fait qu’elle ne paraît plus répondre au commandement du président Obama (NTV 26 Sept). D’ailleurs dans une lettre ouverte de 15 anciens responsables du renseignement US adressée à Obama début octobre (site Zéro Hedge) sur la situation explosive en Syrie, l’appelant à «négocier avec la Russie ou les conséquences seront catastrophiques» ces vétérans du renseignement soulignent: «Les différences entre la Maison-Blanche et le Pentagone ont rarement été aussi ouvertement exprimées qu’elles le sont aujourd’hui à propos de la Syrie», «des remarques publiques proches de l’insubordination» de la part de hauts responsables du Pentagone, qu’ils accusent dans leur texte de saboter militairement sur le terrain toutes les négociations russo-américaines. Aussi recommandent-ils à Obama des négociations personnelles directes avec Poutine.

 

Le message semble n’être pas entendu, depuis la crise des missiles de Cuba jamais la tension n’a atteint un tel niveau. Côté américain on déclare que «toutes les options sont sur la table», y compris une guerre totale et meurtrière, côté russe les systèmes de défense anti-aérienne en Syrie ont été très renforcés et le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense a mis en garde «les systèmes russes n’auront pas le temps de déterminer «en ligne directe» le trajet précis des missiles et leur appartenance. Et ceux qui prétendent qu’il existe des avions invisibles vont au devant de graves déconvenues». Les milieux d’affaires ont été avertis par le Wall-Street Journal fin septembre informant que le gouvernement américain envisage désormais ouvertement de participer directement à la confrontation armée contre l’armée syrienne et donc la Russie.

 

Caroline Galactéros, docteur en sciences politiques, colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, et directrice du cabinet d’intelligence stratégique «Planeting» dans un article du 11 octobre dans le Figaro, s’interroge sur le projet de résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU déposé par la France demandant l’arrêt des combats sur l’est d’Alep. «Ce cinéma diplomatique vient évidemment se solder par un veto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou... Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraîne. Daech, dont la barbarie spectaculaire (...) sert d’épouvantail opportun (…), permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’État islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et «capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.»

 

Comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, «Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace ses marges d’Asie centrale et du Caucase» poursuit-elle.

 

«Dans le Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi -qui observe notre incohérence diplomatique et politique- qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique (…). Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad... tout en prétendant profiter du marché iranien entrouvert... et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel». Dommage que ce ne soit pas elle, Caroline Galactéros, ce colonel de réserve opérationnelle, qui ait interrogé les conseillers de Obama!

 

Elle finit son article en fustigeant les entretiens de J-M. Ayrault sur LCI le 5 octobre et celui de Hollande sur TMC dans une émission de divertissement franchissant «un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique», et questionne «si Assad (…) était finalement militairement et politiquement mis hors jeu, par qui compte-on le remplacer? (...) Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe-l’œil de Genève? (…) Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? (…) Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!»

 

Et de conclure son long argumentaire dont je vous recommande l’intégral «Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’État syrien devait tomber sous la coupe de Daech ou sous celle d’Al Nostra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissés advenir?»

 

Au-delà du conflit syrien, comme le titrait, page 9, le Monde Diplo de septembre «Washington réarme face à Moscou et Pékin: Scénario pour un conflit majeur», Michael Klare concluait «l’éventualité d’une guerre ouverte entre grandes puissances se diffuse dans les esprits et conduit les décideurs à s’y préparer». L’arrivée d’Hilary la belliqueuse à la Maison-Blanche ne va rien calmer à ce grand jeu de grands malades.

Détourner le regard, courber l’échine, ou refuser les scénarios du pire, à chacun de prendre ses responsabilités, aussi minimes soient-elles. La première pourrait être d’arrêter avec les story telling à dormir debout et le culte de la personnalité. Lâche ton Syrien laïc et révolutionnaire, et arrête de rêver camarade!

L’Ire des Chênaies              26 octobre, n°652

Laconique
 

Heureusement ... Trump nous aura peut-être procuré un petit délai ... de réflexion.

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 18:20

par Manlio Dinucci

 

Les États-Unis viennent de faire rejeter —par leurs alliés au sein du Premier comité de l’Assemblée générale de l’Onu— une proposition visant à l’élimination totale des armes nucléaires. Cependant, il est possible pour les États abritant illégalement des bombes atomiques états-uniennes d’en exiger leur retrait de leur territoire en application de l’article 2 du Traité de non-prolifération.

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 2 novembre 2016

 

 

« Merci, président Obama. L’Italie va continuer avec une grande détermination son engagement pour la sécurité nucléaire » : c’est ce qu’écrivait le Premier ministre Matteo Renzi dans un message tweeter historique. Six mois après, aux Nations Unies, Renzi a voté « Oui » aux armes nucléaires. Se mettant à la queue des USA, le gouvernement italien s’est rangé contre la Résolution, approuvée à grande majorité dans le premier comité de l’Assemblée générale, qui demande la convocation en 2017 d’une conférence des Nations Unies pour « négocier un outil légalement contraignant pour la prohibition des armes nucléaires, qui amène à leur élimination totale ».

 

Le gouvernement italien a ainsi mangé son chapeau sur ce qu’il avait promis à la Conférence de Vienne, il y a deux ans, aux mouvements antinucléaires « exigeants », en les assurant de sa volonté d’opérer pour le désarmement nucléaire en jouant un « rôle de médiation avec patience et diplomatie ». Ainsi tombe dans le vide l’appel « Exigeons le désarmement nucléaire total », dans lequel on demande au gouvernement « la poursuite cohérente de l’engagement et de la lutte pour la mise au ban des armes nucléaires », dans un parcours « humanitaire et juridique vers le désarmement nucléaire », dans lequel l’Italie pourrait jouer « un rôle plus qu’actif, possiblement de pointe ».

 

Par conséquence tombent dans le vide aussi les motions parlementaires de la même teneur. Les appels génériques au désarmement nucléaire sont facilement instrumentalisables : il suffit de penser que le président des USA, artisan d’un ré-armement nucléaire de 1 000 milliards de dollars, a été décoré du Prix Nobel de la Paix pour « sa vision d’un monde libéré des armes nucléaires ».

 

Le mode concret à travers lequel en Italie nous pouvons contribuer à l’objectif du désarmement nucléaire, énoncé dans la Résolution des Nations Unies, est celui de libérer notre pays des armes nucléaires états-uniennes. À cette fin il faut non pas en appeler au gouvernement, mais exiger qu’il respecte le Traité de non-prolifération (TNP), signé et ratifié par l’Italie, qui à l’article 2 stipule : « Chacun des États militairement non nucléaires, qui soit Partie au Traité, s’engage à ne pas recevoir de quiconque des armes nucléaires ou autres engins nucléaires explosifs, ni le contrôle sur de telles armes et engins explosifs, directement ou indirectement ». On doit exiger que l’Italie cesse de violer le TNP et demande aux États-Unis de retirer immédiatement toutes leurs armes nucléaires de notre territoire et de ne pas y installer les nouvelles bombes B61-12, fer de lance de l’escalade nucléaire USA/Otan contre la Russie, ni d’autres armes nucléaires. Il faut exiger que des pilotes italiens ne soient plus entraînés à l’utilisation d’armes nucléaires sous commandement états-unien.

 

C’est l’objectif de la campagne lancée par le Comité No Guerra, No Nato et d’autres sujet. La campagne a obtenu un premier résultat important : le 26 octobre, au Conseil Régional de la Toscane, a été approuvée à la majorité une motion du groupe Sì Toscana a Sinistra (Oui, Toscane à gauche) qui « engage la Junte à demander au Gouvernement de respecter le Traité de non-prolifération des armes nucléaires et faire que les État-Unis retirent immédiatement toute arme nucléaire du territoire italien et renoncent à y installer les nouvelles bombes B61-12 et autres armes nucléaires ». À travers ces initiatives et d’autres on peut créer un vaste front qui, avec une forte mobilisation, impose au gouvernement le respect du Traité de

non-prolifération.

Il y a six mois nous demandions sur les pages du Manifesto s’il y avait quelqu’un au Parlement disposé à exiger, sur la base du TNP, le retrait immédiat de l’Italie des armes nucléaires états-uniennes. Nous sommes encore en attente de la réponse.

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:20
La Victoire de Trump

Par John Laughland

Source  https://francais.rt.com/opinions/28693-victoire-trump-jamais-vu-etats-unis

 

Donald Trump a été élu président des Etats-Unis, alors qu'il était un ennemi de toute la classe politique américaine. L'historien John Laughland analyse ce qui n'est rien d'autre qu'un «séisme politique».

 

En anglais, le mot «trump» signifie «la carte maîtresse», celle qui l'emporte sur toutes les autres. Jamais le candidat républicain aux élections présidentielles n'aura autant mérité son nom. Vainqueur des élections présidentielles non seulement contre les prédictions des sondages, mais aussi contre une grande partie de son propre parti, Trump est le premier véritable outsider à être élu à la fonction suprême américaine depuis la création des Etats-Unis en 1776. Le 45e président sera le premier depuis plus de deux siècles à n'avoir jamais occupé aucune fonction publique avant son élection. Tous les autres présidents, sans exception, avaient été hommes politiques, militaires ou diplomates avant de se faire élire à la Maison blanche.

 

Il aura remporté la victoire en déclarant ouvertement la guerre à la quasi-totalité de la classe politique américaine

 

La victoire de Trump est donc historique dans le vrai sens du terme. On parle souvent, lors de la victoire d'un candidat, du changement qui s'annonce et d'une nouvelle ère. Ce ne sont souvent que des slogans concoctés par des vieux pros de la politique. Cette fois, c'est vrai. Non seulement le président Trump sera arrivé au pouvoir en venant de l'extérieur du Beltway, le boulevard périphérique de Washington qui incarne le monde enchanté des puissants ; mais aussi il aura remporté la victoire en déclarant ouvertement la guerre à la quasi-totalité de la classe politique américaine.

 

Dans ces conditions, parler de «séisme politique» ne semble guère une exagération. Avec la victoire de Trump, c'est tout un système politique qui est battu. La classe politique américaine s'est avérée incapable de se reproduire. Ce n'est pas un des siens qui va désormais gouverner le pays, mais au contraire un des ses ennemis. La victoire de cet «outsider» est d'autant plus flagrante qu'elle représente la défaite d'une femme qui, ayant été sénateur, ministre et ancienne première dame, était la plus parfaite incarnation de le continuité malgré la fausse nouveauté qu'aurait constitué son sexe.

 

Il a brisé, les un après les autres, tous les tabous que la politique américaine a érigés pendant les décennies récentes

 

Trump incarne la nouveauté non seulement dans sa personne mais aussi par son idéologie politique. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, il a brisé, les un après les autres, tous les tabous que la politique américaine a érigés pendant les décennies récentes. Il est contre l'immigration là ou tant la gauche bobo des démocrates que les grandes multinationales, plutôt à droite, sont pour ; il est contre le libre-échangisme devant lequel tout le monde plie le genou depuis les années quatre-vingts ; et il est contre le néo-conservatisme en politique étrangère, cette hydre qui domine les esprits à gauche comme à droite et qui a abouti à des guerres menées par les Etats-Unis sans interruption depuis la fin de la guerre froide.

 

Elément souvent oublié : Trump est moitié écossais par sa mère originaire de Stornoway. «Le Donald» - prénom presque caricatural de l'Ecossais typiquement typique - a donc un lien charnel et affectif avec le vieux continent que peu de ses prédécesseurs ont eu. Certes, un Reagan ou un Clinton ont pu revendiquer une ascendance irlandaise ou anglaise, mais c'était quelque peu factice. Chez Trump, en revanche, le sang européen coule réellement dans ses veines. C'est peut-être à cause de cela que, malgré son patriotisme incontestable, il croit moins à cette idéologie dangereuse de l'«exceptionnalisme» américain que d'autres.

 

C'est précisément ici que la nouveauté de Trump saute le plus aux yeux. Dans une campagne électorale qui a rompu avec tous les précédents, l'un des aspects les plus surprenants était la présence inattendue de la Russie dans le débat - comme repoussoir, certes. La Russie était accusée d'être à l'origine de fuites au sein de l'appareil du Parti démocrate, le candidat Trump a été attaqué parce que le président Poutine avait exprimé une certaine admiration à son égard.

 

Trump s'est montré un penseur politique plus fin que tous les produits recyclés de la classe politique

 

Quand la Russie est ainsi invoquée, en Europe comme aux Etats-Unis, ce n'est pas seulement la Russie qui est en cause. C'est aussi - et surtout - le projet de consolider la politique de domination américano-européenne sur le monde. Malgré la dominance économique incontestable de la Chine, il n'y a que la Russie qui, sur le plan géopolitique, puisse contester la super-puissance américaine. Quand on évoque de pays, donc, c'est d'autant pour parler de soi-même que pour parler de lui.

 

Or, Trump a dit a plusieurs reprises qu'il préférait s'allier avec la Russie contre l'Etat islamique que de faire le contraire. Avec cette phrase, maintes fois répétées, Trump s'est montré un penseur politique plus fin que tous les autres produits recyclés de la classe politique tel le chef de clan qui est Madame Clinton. Indépendamment de ce qu'on pense de la Russie, l'évidence saute aux yeux, en Syrie et ailleurs, que l'on ne peut pas se battre sur deux fronts - contre Daesh et contre Bachar, par exemple. La politique, c'est le choix entre l'ami et l'ennemi. Dès lors qu'on a désigné l'ennemi, tous les autres ennemis de cet ennemi deviennent, politiquement, des amis.

 

Le plus grand paradoxe de Trump donc, à première vue, c'est que cet homme venu de nulle part sera peut-être un plus grand homme d'Etat que ne l'aurait été son adversaire, pourtant militante politique depuis sa jeunesse. La femme qui a perdu plusieurs états clés qu'Obama avait gagnés entrera dans l'histoire comme la dernière des Mohicans, la représentante d'une classe politique et d'un système politique finissants. Elle aura été balayée par ce dont elle incarnait le contraire - par le retour du politique.

 

John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

Note du site d’origine : Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 16:31
 Wall Street et le Pentagone - et leurs chiens de garde en France - en deuil
par Jean LEVY repris sur
Comité Valmy

Surprise totale en France la candidate de l’oligarchie mondiale battue par le peuple américain

La profonde colère des dizaines de millions de salariés, sacrifiés au bénéfice des transnationales, s’est traduit cette nuit par l’élection du candidat républicain.

Quel chemin parcouru par les foules qui , il y a encore peu d’années, désignaient la finance comme la responsable de la misère populaire et qui scandaient "Occupy Wall Street" et se voyaient - eux les 99% - victimes des 1% les plus riches.


Car hors de la campagne de Donald Trump, dont le programme économique et social a été volontairement occulté en France au profit des propos sexistes du candidat républicain - mis - en avant pour déconsidérer celui-ci, c’est la révolte populaire des exclus qui est sorti des urnes cette nuit.

 

De quoi paniquer en France tous ceux qui considèrent le président des Etats-Unis comme leur ’boss’, devant qui ils sont habitués à se mettre au garde à vous...Quant à notre propre président, qui fait partie de ces gens-là, comment va-t-il faire passer son "haut-le-coeur" à l’idée de l’élection de Trump à la tête des Etats-Unis ?

 

Ce changement historique peut avoir des conséquences au niveau des relations internationales : une période de coexistence pacifique va-t-elle succéder à la nouvelle guerre froide que nous connaissons aujourd’hui entre l’impérialisme américain, avec ses légions étrangères occidentales, et le reste du monde, jusqu’ici considéré que sa chasse gardée ?

 

L’élection du candidat républicain va-t-elle réduire la tension entretenue par Washington à l’égard de Moscou et de Pékin ? Et remettre en cause les provocations de l’Otan vis-à-vis de la Russie ? La défaite de la candidate démocrate, qui incarnait la politique militaire agressive prônée pat le Pentagone, va-t-elle permettre à faire reculer le danger immense d’un nouveau conflit mondial ? Et si les docteurs Folamour, qui fourmillent dans les états-majors US et à la CIA , vont-ils être mis à la raison ? Trump, s’il lui prenait l’envie d’appliquer son programme, aurait tout intérêt à se méfier : il existe un mode opératoire expéditif aux Etats-Unis pour se débarrasser des présidents gênants.

 

En attendant savourons les effets de l’événement en France : l’écoute des médias et des réactions politiques nous rappelle le lendemain du Brexit. Nos "élites" tombent de haut : elles finissaient par croire à leurs mensonges.


Et la réalité leur tombe sur la tête, brutalement. Ecoutons la réaction de l’ambassadeur de France à Washington, à l’élection de Donald Trump alors que les résultats ne sont pas encore définitifs, le diplomate considère sur Twitter qu’"un monde s’effondre". "Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible", partage-t-il. Pour lui, il s’agit de "la fin d’une époque, celle du néolibéralisme".

 

N’est-ce pas un aveu d’une défaite historique ?

 

Et si demain, en France, le peuple suivait l’exemple américain ?

 

Jean LEVY - Comité Valmy
9 novembre 2016

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 10:07
Le point de vue de Paul Craig Roberts
La classe ouvrière a gagné l’élection

 

 

Le peuple ayant été capable de vaincre les oligarques, l’élection présidentielle étasunienne est historique. Malgré la campagne médiatique malveillante contre Donald Trump, Hillary Clinton, le pion de l’Oligarchie, a été vaincue. Cela montre que les institutions médiatiques et des partis politiques n’ont plus de crédibilité auprès du peuple étasunien.

 

Il reste à voir si Trump est en mesure de choisir et constituer un gouvernement qui servira ses objectifs, restaurera les emplois et établira des relations amicales et respectueuses avec la Russie, la Chine, la Syrie et l’Iran.

 

Il reste encore à voir la réaction de l’oligarchie devant la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve fédérale ont la capacité de créer une crise économique afin de mettre Trump sur la défensive, et ils peuvent utiliser la crise pour forcer Trump à nommer l’un des leurs au poste de Secrétaire au Trésor. Des agents sans scrupules de la CIA et du Pentagone peuvent fomenter un attentat sous fausse bannière pouvant perturber les relations amicales avec la Russie. Trump peut faire la faute de conserver les néocons dans son administration.

 

Avec Trump, il y a au moins l’espoir. À moins qu’il ne soit gêné par de mauvais jugements dans ses nominations et par des obstacles, nous devons espérer la fin du conflit orchestré par Washington contre la Russie, le démontage des missiles US aux frontières de la Russie, en Pologne et Roumanie, la fin du conflit en Ukraine et la fin des combines de Washington pour renverser le gouvernement syrien. Mais pareilles réalisations sous-entendent la défaite de l’oligarchie US. Bien que Trump ait battu Hillary, l’oligarchie est encore là, toujours puissante.

Trump a dit qu’il ne voit plus de perspectives pour l’OTAN 25 ans après l’effondrement soviétique. S’il reste fidèle à cette appréciation, il faut s’attendre à de grands changements politiques chez les vassaux de Washington en Europe. L’hostilité à l’égard de la Russie des responsables actuels de l’UE et de l’OTAN devrait disparaître. La chancelière allemande, Merkel, devrait changer d’attitude ou partir. Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, devra être licencié.

 

Nous ne savons pas qui choisira Trump pour servir dans son gouvernement. Il est probable qu’il ne connaît pas les diverses possibilités et les rapports dans les affaires étatiques. Cela dépend en réalité de qui conseille Trump et des conseils qui lui sont donnés. Au moment où nous connaîtrons son gouvernement, nous saurons si nous pouvons espérer que les changements ont des chances de se réaliser.

 

Dans le cas où l’oligarchie ne serait pas en mesure de retenir Trump, s’il réussit réellement à modérer le pouvoir et le budget du complexe militaro-sécuritaire et à tenir politiquement responsable le secteur financier, il se pourrait qu’il soit assassiné.

 

Trump a dit qu’il mettra Hillary en prison. Il devrait d’abord l’assigner en justice pour trahison et crimes de guerre, ainsi que tous les néocons. Cela lui permettrait de se préparer à agir en faveur de la paix avec les deux autres grandes puissances nucléaires, sur lesquelles les néocons cherchent l’hégémonie. Bien que les néocons aient toujours des contacts dans l’État profond caché, il serait difficile pour la vermine d’organiser des opérations sous fausse bannière ou des crimes. Les éléments sans scrupules du complexe militaro-sécuritaire pourraient toujours réussir des forfaits, mais sans les néocons au gouvernement la dissimulation serait plus difficile.

Trump est plus clairvoyant et perspicace que ne le réalisent ses adversaires. Pour qu’un homme tel que Trump risque de se faire autant d’ennemis puissants et expose sa richesse et sa réputation, il a dû comprendre que le mécontentement populaire envers l’establishment dirigeant lui donnait la possibilité d’être élu président.

 

Nous ne saurons pas à quoi nous attendre jusqu’à la nomination des secrétaires et les secrétaires adjoints. Si c’est la clique habituelle, nous saurons que Trump a été soumis.

 

Le discrédit complet des médias est une conséquence bien venue et définitive de l’élection. Ils ont prédit la victoire facile de Hillary et même le contrôle du Sénat par le Parti démocrate. Plus important encore, en dépit de leurs attaques haineuses contre Trump tout au long des primaires et de la campagne présidentielles, les médias ont perdu leur influence et crédibilité, ils n’ont eu aucune incidence ailleurs que sur les côtes Nord-Est et Ouest, lieux favoris des Un Pour Cent. Le reste du pays n’a tenu aucun compte des médias.

Je ne pensais pas que l’oligarchie laisserait Trump gagner. Quoi qu’il en soit, il semble que les oligarques se sont pris à leur propre propagande médiatique. Assurés que Hillary allait gagner, ils ne se sont pas préparés à mettre en œuvre leurs programmes de vol des élections.

 

Hillary est battue, mais pas les oligarques. S’il est conseillé à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de faire entrer l’establishment dans son gouvernement, le peuple étasunien sera de nouveau déçu. Dans un pays dont les institutions ont été si parfaitement corrompues par l’oligarchie, il est difficile de réussir à amener de véritables changements sans effusion de sang.

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a aussi obtenu de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2016/11/09/the-working-class-won-the-election-paul-craig-roberts/
Traduction Petrus Lombard

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 11:56
Coup de tonnerre : mise en accusation probable d’Hillary Clinton concernant les « indélicatesses » de la fondation Clinton
par Jean-Patrick Grumberg

samedi 5 novembre 2016 repris sur Comité Valmy

 

 

Mise en garde : public sensible s’abstenir— vous ne lirez pas ce qui suit dans Le Point ou dans l’Obs.
Oubliez (pour l’instant) l’enquête du FBI sur le scandale des emails, c’est celui de la corruption au sein de la fondation Clinton qui semble être assez solide pour envoyer Hillary Clinton directement à la case prison, sans passer par la case présidente.

Hillary Clinton va sans doute être déférée devant la justice. C’est ce que laissent entendre deux sources différentes venant du FBI, citées par Bret Baier.

La première information confirme que le FBI enquête depuis janvier dernier sur la fondation Clinton, soupçonnée de recel de corruption. Hillary Clinton, en janvier, avait qualifié cela de rumeur conspirationniste de la droite— nous venons d’avoir la confirmation que l’enquête existe bien et avance à grands pas sur la corruption qui a enrichi les Clinton de plus de 130 millions de dollars alors qu’ils étaient ruinés lorsque Bill a quitté la Maison-Blanche.

La seconde information nous dit que l’enquête sur la fondation est maintenant passée au statut « haute priorité » au sein du FBI.

Quelle que soit l’issue de l’élection, l’enquête poursuivra son cours, a déclaré l’une des sources, ajoutant que des agents du FBI entendent pousser l’affaire jusqu’à la mise en accusation de Clinton, malgré les pressions qu’ils subissent de la direction du FBI et du Département de la Justice.

Selon Catherine Herridge, correspondante de Fox News à Washington, qui fut la première journaliste à révéler qu’en janvier 2016 le FBI venait de lancer une enquête sur la fondation Clinton, les soupçons de corruption ont été récemment renforcés par des emails publiés par Wikileaks et d’autres emails, peut-être ceux découverts dans l’ordinateur de l’ex d’Huma Abedin Anthony Weiner. Conséquence de quoi, des témoins vont être entendus dans les semaines qui viennent sur des avantages reçus par des gros donateurs de la fondation alors que Clinton était Secrétaire d’Etat.

Catherine Herridge révèle également que selon trois sources qui ont gardé l’anonymat et sont des agents frondeurs du FBI qui veulent voir l’affaire sortir, l’ordinateur de l’avocate personnelle d’Hillary Clinton, Cheryl Mills, que l’on pensait avoir été détruit par le FBI en échange de son immunité dans l’affaire des emails, a été mis à la disposition des enquêteurs de la fondation, et que des documents précis ont été découverts dans l’ordinateur de Weiner.

Des enregistrements secrets d’une personne soupçonnée de fraude avec la fondation Clinton

Des enregistrements secrets d’un suspect, qui évoque la corruption de la fondation Clinton, ont solidifié les soupçons de corruption des enquêteurs.

Les agents pensent avoir obtenu avec ces enregistrements assez de preuves pour poursuivre « agressivement »— c’est le terme employé par la source— l’enquête, laquelle a reçu l’aide involontaire d’un livre de Peter Schweizer, ancien consultant du Président George W. Bush, «  Clinton Cash*— ou comment les gouvernements étrangers ont enrichi Bill et Hillary Clinton », qui a été longuement interviewé par le FBI.

Le procureur du Département de la Justice a rejeté les enregistrements comme étant des « rumeurs sans valeur ». Les enquêteurs ont refusé de lâcher l’affaire.

L’UBS dans la tourmente

•En février 2009, le fisc américain réclamait à l’UBS les noms de 52 000 clients américains soupçonnés d’évasion fiscale.
•Hillary Clinton, qui venait d’être nommée Secrétaire d’Etat, fut convoquée en Suisse par le Département des Affaires fédérales, son équivalent.
•Le 19 août 2009, Hillary Clinton annonçait que l’UBS ne paierait aucune amende, et produirait uniquement la liste de 4 450 clients d’ici un an.
•A partir de là, les dons de l’UBS à la fondation Clinton « sont passés de moins de 60 000 dollars jusqu’en 2008, à un total de 665 000 dollars jusqu’à fin 2014 », rapporte le Wall Street Journal. La banque suisse a également accordé à la fondation un prêt de 30 millions de dollars, et a versé 1,5 million de dollars à Bill Clinton pour des « conférences privées ».

C’est peut-être ce dossier— mais il en existe d’autres où Hillary Clinton a arrangé des affaires ou avantagé des personnes qui ont ensuite fait de très très gros chèques à la fondation et à Bill Clinton pour des « conférences »— corroboré par les preuves jusque là manquantes et découvertes grâce à Wikileaks et l’ordinateur de Weiner, qui confortent les agents du FBI que Hillary Clinton va être mise en accusation.

La fronde au sein du FBI

De nombreux agents du FBI sont furieux, scandalisés, par la décision de leur patron James Comey, en juillet 2016, de ne pas recommander de poursuites pénales contre Hillary Clinton et son refus, malgré l’accumulation des preuves, de réclamer que Clinton soit présentée devant un grand jury.

Cette fronde et ce qui a été découvert dans l’ordinateur de l’ex-mari de Huma Abedin expliquent pourquoi Comey a décidé de rouvrir l’enquête contre le scandale des emails, mais au-delà, pourquoi il n’a pas été possible d’arrêter les enquêteurs dans l’enquête sur la fondation, et l’on sait maintenant que la ministre de la Justice américaine Loretta Lynch a tenté de la bloquer.

Dans un article publié tard hier, le Wall Street Journal livre les détails de la bataille qui oppose les agents du FBI rebelles qui veulent faire leur travail et conduire leur enquête, à leur direction qui leur a donné l’ordre de l’arrêter, et qui nourrit la fureur… et alimente les fuites.

Depuis février, rapporte le WSJ, les enquêteurs du FBI et les procureurs fédéraux en charge des affaires de corruption s’affrontent. Au centre de la frustration des premiers, le procureur des Etats-Unis de Brooklyn, Robert Capers, qui a été nommé par… Loretta Lynch (quel panier de crabes), et bloque l’enquête, aidé en cela par des hauts responsables du FBI, au prétexte que les preuves ne sont pas suffisantes, alors que les enquêteurs pensent le contraire.

Et plus les enquêteurs sont frustrés, plus les fuites parviennent aux médias…

Parmi les responsables du FBI accusés de bloquer l’enquête, le numéro 2 Andrew McCabe est en bonne place, sa femme ayant reçu 675 000 dollars d’un proche d’Hillary Clinton (quel panier de crabes bis).

Une autre figure importante de la machine Clinton a tenté de bloquer l’enquête. Fin 2015, le FBI a rencontré Leslie Caldwell à Washington, grande militante des droits des LGBT, engagée à l’extrême gauche contre le « grand capital », et directrice de la division criminelle du Département de la Justice nommée par Obama.

A propos de Leslie Caldwell – qui a tenté de bloquer l’enquête – l’ex-inspecteur général du Département d’Etat Howard Krongard l’avait prédit il y a longtemps. Il avait expliqué que même si le FBI référait Clinton au Département de la Justice pour des poursuites criminelles, « celles-ci ne déboucheraient jamais sur une mise en accusation » car :

« le dossier ne pourrait pas dépasser le barrage de quatre femmes démocrates loyales : la ministre Loretta Lynch, la conseillère principale de la Maison-Blanche Valerie Jarrett, Sally Yates, et l’assistante du procureur général Leslie Caldwell, directrice de la division criminelle ».

Il convient en outre de noter que ces femmes ont financièrement contribué à la campagne électorale d’Hillary Clinton (quel panier de crabes ter).

Après cette réunion, rapporte le WSJ, les enquêteurs ont reçu l’ordre de « laisser tomber » leur enquête sur la corruption à la fondation Clinton.

Mais au sein du FBI, les enquêteurs ont considéré qu’ils avaient en main un dossier déjà solide, et ils refusèrent de « laisser tomber », et devinrent de plus en plus frustrés par les résistances des procureurs spécialisés dans les affaires de corruption.

De leur côté, les procureurs refusaient toujours de donner aux enquêteurs les outils dont ils avaient besoin pour poursuivre leur enquête— et devenaient de plus en plus impatients devant ces agents qui refusaient de comprendre qu’il faille fermer le dossier, et paraissaient indifférents aux ordres de leurs supérieurs qui leur demandaient d’agir plus discrètement.

Morale de l’histoire

Les médias sont formidables. La palme revient à Slate cette semaine, qui voit chez Hillary Clinton une seule faute répréhensible : « la mauvaise gestion de son serveur de messagerie »— tandis que Trump en aurait 239 !

En matière de mauvaise foi, Le Monde ma foi ne fait pas toujours la loi.

3 novembre 2016

© Jean-Patrick Grumberg po

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 15:21

comment les oligarques planifient de voler l’élection (Etasunienne)

Par Dr. Paul Craig Roberts

Mondialisation.ca, 03 novembre 2016

 

 

Je suis maintenant convaincu que l’oligarchie qui gouverne l’Amérique a l’intention de voler l’élection présidentielle. Dans le passé, les oligarques n’ont pas pris en charge un quelconque candidat pour le faire gagner car les oligarques possédaient les deux. Mais ils ne sont pas propriétaires de Trump.

Très probablement, vous n’êtes pas au courant de ce que Trump dit aux gens et que les médias ne diffusent pas. Une personne qui parle comme ceci n’est pas cajolée par les oligarques.

Qui sont les oligarques ?

  • Wall Street et les méga-banques trop grandes pour faire faillite et leur agent de la Réserve fédérale, un organisme fédéral qui a préféré sauver cinq banques plutôt que des millions de propriétaires américains en difficulté. C’est la Réserve fédérale qui a permis qu’ils soient jetés dans les toilettes. Afin de sauver les bilans des méga-banques de leur comportement irresponsable, la Fed a nié aux retraités le droit de gagner tout intérêt sur leur épargne pendant huit ans, ce qui oblige les personnes âgées à puiser dans leurs économies, laissant leurs héritiers, qui ont été mis au chômage par des entreprises délocalisant leurs emplois, sans le sou.
  • Le complexe militaro-industriel qui a dépensé des milliards de l’argent des contribuables pendant quinze ans de guerres gratuites entièrement fondées sur des mensonges pour les enrichir eux-mêmes et garder leur pouvoir.
  • Les néo-conservateurs dont l’idéologie folle d’une hégémonie mondiale américaine enfonce le peuple américain dans un conflit militaire avec la Russie et la Chine.
  • Les corporations américaines mondiales qui ont envoyé des emplois américains en Chine et en Inde et ailleurs, afin d’enrichir le 1% avec des bénéfices plus élevés en jouant sur les coûts de main-d’œuvre.
  • L’agro-business (Monsanto & Cie), les sociétés qui empoisonnent le sol, l’eau, les océans et notre nourriture avec leurs OGM, herbicides, pesticides et engrais chimiques, tout en tuant les abeilles qui pollinisent les cultures.
  • Les industries extractives autour des énergies fossiles, utilisant les mines, la fracturation hydraulique et la déforestation, qui maximisent leurs profits en détruisant l’environnement et l’approvisionnement en eau.
  • Le lobby israélien qui contrôle la politique américaine au Moyen-Orient et a commis un génocide contre les Palestiniens tout comme les États-Unis ont commis un génocide contre les Américains indigènes. Israël utilise les États-Unis pour éliminer les pays souverains qui se dressent sur son chemin.

Ce qui me convainc que l’oligarchie entend voler l’élection, c’est la grande différence entre les rapports des presstitués et les faits sur le terrain.

Selon les presstitués, Hillary est si loin devant que les partisans de Trump n’ont pas besoin de prendre la peine d’aller voter. Hillary a gagné l’élection avant le vote. Hillary a été déclaré gagnante avec 93% de chance.

J’attends encore de voir un signe de Hillary sur le terrain, alors que les affiches électorales de Trump sont partout. Les rapports que je reçois sont que les apparitions publiques de Hillary sont ignorées, mais que celles de Trump sont si fortement fréquentées que les gens doivent être refoulés. Voici un rapport d’une femme en Floride :

Trump a attiré un très grand nombre de personne de partout en Floride en faisant sa campagne ici cette semaine. Je ne vois que des affiches électorales de Trump et ses autocollants lors de mes nombreux déplacements. Je dînais dans un restaurant mexicain hier soir. Deux femmes de mon âge assises derrière moi parlaient de comment elles avaient essayé de voir Trump quand il est venu à Tallahassee. Elles ont quitté leur travail tôt, en arrivant sur les lieux à 16h00 pour un rassemblement à 18h00. L’endroit était déjà en surcapacité de sorte qu’elles ont été refoulées. Il s’est avéré qu’il y avait tellement de gens là-bas qu’à 14H00, les portes ont dû être ouvertes pour eux. Les femmes ont dit que les foules présentes étaient un mélange de races et d’âges.

Je connais la personne qui m’a fait ce rapport et je ne doute pas que ce soit la vérité.

Je reçois aussi des rapports de lecteurs de partout dans le pays.

Voici comment le vol de l’élection est censé fonctionner : Les médias sont concentrés dans quelques mains via les corporations et ils ont tout fait pour convaincre non seulement les Américains, mais aussi le monde, que Donald Trump est un candidat tellement inacceptable qu’il a perdu l’élection avant le vote.

Pour affiner l’explication, quand l’élection sera volée, ceux qui contesteront l’élection volée seront sans relais dans les médias. Tous les rapports des médias vont dire que ce fut une victoire par défaut de Hillary pour fuir la haine anti-immigrants et la misogynie de Trump.

Et l’opinion progressiste et libérale sera soulagée et pas sur ses gardes alors que Hillary nous emmènera vers une guerre nucléaire.

Le fait que l’oligarchie entende voler l’élection du peuple américain est vérifiée par le comportement officiellement signalé des machines à voter dans un vote anticipé au Texas. Les presstitués ont déclaré que Hillary est tellement favorite que même les républicains du Texas sont d’accord pour laisser l’élection être truquée.

Si tel est le cas, pourquoi était-il nécessaire de programmer les machines de vote pour changer les votes Trump en votes Hillary ? Les électeurs qui ont noté qu’ils ont voté Trump, mais dont le vote a été enregistré Hillary se sont plaints. Les responsables des élections, clamant à l’incident technique (qui se produit toujours dans le même sens), a changé de système pour des bulletins de vote en papier. Mais qui va les compter ? Aucun «pépin» n’a transformé un vote Hillary en vote Trump, seuls les votes Trump se changent en votes Hillary.

Le film le plus brillant de notre époque était The Matrix. Ce film a montré la vie des Américains manipulés par une fausse réalité. Comme dans la vraie Amérique, il y a une prise de conscience insuffisante et pas de Neo, sauf peut-être Donald Trump, pour contester le système. Toute ma vie, j’ai essayé d’amener les Américains de tous bords, universitaires, chercheurs, journalistes, républicains, démocrates, droite, gauche, représentants des États-Unis, sénateurs américains, présidents, moghols des corporations, Américains aux cerveaux délavés et les étrangers, a sortir de la fausse réalité dans laquelle ils vivent.

Aux États-Unis, aujourd’hui, une élection présidentielle critique est en cours dans laquelle pas une seule question importante n’est évoquée par Hillary et les presstitués. C’est un échec total. La démocratie, qui était l’espoir du monde, a totalement échoué aux États-Unis d’Amérique. Trump a raison. Le peuple américain doit rétablir la responsabilité du gouvernement envers le peuple.

Paul Craig Roberts

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 10:46
La lutte à mort en Europe
Source  Pravda.ru

Faut-il s'attendre à une nouvelle guerre mondiale ? A force de regarder le spectacle désolant des relations internationales contemporaines, de telles idées viennent spontanément à l'esprit. Mais sont-elles justifiées ? L'expert senior du Centre des recherches militaro-politiques Mikhaïl Alexandrov répond aux questions d'Inna Novikova, rédactrice-en-chef de Pravda.ru.

 

Mikhaïl Alexandrov. Pourquoi la Syrie est-elle tellement importante ? Cela semble être un point où les grandes contradictions planétaires s'interfèrent. Pour comprendre pourquoi aujourd'hui le conflit nucléaire est possible entre la Russie et les Etats-Unis, il faut saisir l'essence même de ce qui se passe en Syrie actuellement. A s'en tenir à la logique d'un conflit local, il devient insensé d'anticiper une montée aux extrêmes à cause d'une ville comme Alep. Mais en fait, il n'en est rien, car il s'agit d'un abcès qui traduit le conflit global sous-jacent entre les deux civilisations régissant le monde - orientale et occidentale. Ce conflit ne date pas d'hier : il dure depuis plusieurs siècles.

 

Voici venir maintenant le moment crucial où l'Occident s'est senti en perte des forces et de vitesse un peu partout à travers le monde. La multipolarité progresse, d'autres civilisation se renforcent : islamique, chinoise, hindoue. Et avant toute autre chose, ces tendances se révèlent dans l'économie. Alors pour soutenir ses positions économiques et politiques, l'Occident ne peut faire recours qu'à un seul outil - la force brute.

 

Qui alors peut contrer l'Occident sur le plan militaire? Jusqu'aujourd'hui rien qu'un seul pays en est capable - la Russie. Qui plus est, la civilisation russe est la seule à proposer activement un agenda différent c'est-à-dire une alternative dans les relations internationales. Ainsi, c'est l'avenir même de la civilisation occidentale qui est en jeu. S'ils n'arrivent pas à obtenir la suprématie militaro-politique globale, alors ils sont condamnés à perdre la bataille économique ce qui entraînera évidemment la nécessité de renoncer aux privilèges et préférences qu'ils s'étaient octroyées. Le niveau de vie dans l'Occident va baisser considérablement et ils ne seront plus en mesure d'influencer la prise des décisions au niveau mondial. Se posera alors la question sur leur vrai rang et le vrai rôle qu'ils sont appelés à jouer dans le monde contemporain.

 

La Russie ne peut absolument se faire à l'idée de l'aspiration de l'Occident à dominer le monde. En principe, cette aspiration contredit les intérêts de tout un chacun : ni en Afrique, ni en Amérique Latine, ni ailleurs personne ne semble le vouloir. Mais la plupart a peur de s'insurger parce qu'ils comprennent qu'ils seraient écrasés. L'Occident fait étalage tout le temps des exécutions exemplaires : la mise à mort de Milosevic, ou de Saddam Hussein, ou encore celle de Moammar Kadhafi.

 

Pourquoi la Russie est-elle intervenue alors aujourd'hui en Syrie ? Je crois qu'il s'agit d'un acte de vengeance de la part de Poutine à Obama pour ses exactions en Ukraine. Si les affaires allaient bon train en Ukraine, nous aurions pu ne pas intercéder en faveur de la Syrie. Mais Obama nous a lancé un défi : il a pénétré l'espace post-soviétique, a ourdi un coup d'État et a mis au pouvoir un régime franchement russophobe. Autrement dit, il a créé une situation qui menace ouvertement notre sécurité nationale. L'Ukraine n'est pas la Géorgie - c'est un territoire énorme où nous avons des intérêts substantiels. Alors notre direction a compris : si aujourd'hui nous nous laissons faire, si nous ne réagissons d'aucune manière, alors demain ils se mettront à démanteler la Russie, à son tour. Une réponse s'en est suivie : en Crimée, dans le Donbass et ensuite notre intervention en Syrie. Alors maintenant nous l'emportons en Syrie ce qui signifie qu'il existe une réelle possibilité d'arrêter nos « partenaires ».

 

- Arrêter qui : DAESH ou les Américains ?

 

Mikhaïl Alexandrov. Quel est le vrai but de la soi-disant opposition pro-américaine en Syrie ? Ils doivent renverser le régime d'Assad et créer un régime sunnite pro-occidental qui serait supervisé par les alliés des Etats-Unis, tels que l'Arabie Saoudite et le Qatar. C'est ces pays justement qui sponsorisent l'opposition sunnite en Syrie. Après quoi, le pays se transformera, à proprement parler, en allié de l'Occident et en un vivier du terrorisme international. Il est à comprendre que DAESH et al-Nusra (organisations interdites en Russie), c'est des organismes créés par l'Occident, la CIA dans le but de déstabiliser les régimes. Avant autre chose, le régime chiite, en Irak, quand il s'est mis à progresser en direction de l'alliance avec l'Iran.

 

A leur tour, les Américains ont commis une erreur en résolvant, de façon irresponsable, le problème du changement du pouvoir en Irak post-husseinien et, de fait, y ayant mis aux commandes, la majorité chiite unipolaire. Alors ce pouvoir a entamé, naturellement, le rapprochement avec l'Iran qui est un pays chiite. En Syrie, les mêmes chiites et les alaouites sont, eux aussi, au pouvoir. S'y est instauré alors « un axe chiite », extrêmement dangereux pour l'Occident. Il l'est parce que l'ensemble est présidé par l'Iran, un Etat souverain et indépendant qui milite pour un système polycentrique dans les rapports internationaux. L'Occident rêve d'« écraser » encore l'Iran.

 

En Irak, Les Etats-Unis ont créé DAESH pour enlever au gouvernement local chiite la possibilité de contrôler tout le pays et aussi pour faire pression sur ce gouvernement. C'est un peu comme s'ils disaient : « Si vous n'allez pas coopérer avec nous, nous nous en irons, mais alors DAESH se mettra à notre place et vous égorgera tous. Comme résultat, DAESH « s'est incrusté » en plusieurs villes, y a fait provision d'armes et ensuite s'est mis à faire la guerre en Syrie.

 

Il faut comprendre que DAESH, ou encore al-Nusra, ne sont que des instruments de la politique internationale de l'Occident. Alors quand certains de nos dirigeants proclament une sorte d'alliance avec l'Occident pour lutter contre le terrorisme, c'est une carabistouille. En fait, il s'agit d'un enjolivement diplomatique rendu public par notre direction, mais d'aucuns ont feint de le prendre au sérieux. A vrai dire, existe-t-il un moyen de collaborer avec ceux qui ont mis toutes leurs ressources médiatiques, diplomatiques et politiques au service des organisations terroristes, qui nous imposent un cessez-le-feu pour ravitailler al-Nusra en munitions et denrées alimentaires ? Il nous incombe tout bonnement d'achever l'opposition pro-occidentale à Alep et mettre fin à tout ce babil.

 

- Vous avez dit que la Syrie est notre vengeance pour l'Ukraine. Comment peut-on avoir ce genre de raisonnement ? Est-ce judicieux ?

 

Mikhaïl Alexandrov. J'entendais, bien sûr, une « vengeance politique ». Cela veut dire qu'il s'agissait de renvoyer l'ascenseur et point que notre président s'en est courroucé à titre personnel et a envoyé notre armée en Syrie. Non, ce n'est absolument pas une offense personnelle. Il s'agit d'une réponse stratégique sur l'échiquier dont le but est de châtier l'Occident et endiguer ses ambitions en lui montrant qu'il ne devait plus agir de la sorte, qu'il devait tenir compte de nos intérêts respectifs sinon il lui en cuirait à la puissance 100 et pas qu'en Syrie, mais dans bien d'autres régions du monde aussi.

 

- Je reviens vers l'une de vos déclarations que vous aviez faites dans une interview : « La Russie doit être prête à mener une guerre nucléaire et y vaincre ». Est-il vraiment possible de remporter la victoire dans un conflit nucléaire lorsque, selon vous, tout l'Occident se dresserait contre nous ?

 

Mikhaïl Alexandrov. Je vous explicite mon idée... Les Etats-Unis sont loin de nous et il leur est difficile de transférer une grande quantité de troupes ici. Quand bien même ils le réussiraient, que pourraient faire quelques 5.000 - 6.000 soldats débarqués en Sibérie? Ils y crèveront dans deux semaines. En Europe, ceux qui veulent nous faire la guerre ne sont pas tellement nombreux. Mais quoi, vous croyez vraiment que la Bulgarie en rêve ? Il se peut bien que leur Boïko Borissov (premier-ministre) le veut pour de bon, mais les autres Bulgares - j'en doute fort. Voter c'est une chose, mais guerroyer c'en est une autre. Les Tchèques, les Hongrois, les Slovaques - personne ne partira en guerre. Peut-être bien les Allemands, les Polonais et les Roumains aussi bien que certains pays du Benelux. A bien y regarder, il n'y a qu'une partie peu signifiante du monde occidental qui peut nous faire la guerre.

 

Alors il nous est parfaitement possible d'instaurer une parité quant à la quantité de troupes engagées au combat même s'ils réussissent à faire venir encore des troupes d'ailleurs. Mais c'est là que le facteur des armes nucléaires tactiques entre en jeu. Nous avons une supériorité dans ce domaine par rapport à l'Occident et nous pouvons détruire immédiatement toutes leurs grandes bases militaires, grands centres de production militaro-industrielle, centrales, ponts... Comme résultat, toute leur infrastructure militaire sera désorganisée. Alors comment pourraient-ils nous faire la guerre ? Vous croyez qu'ils viendraient chez nous comme ça, à pied, en hiver ?

 

- Mais ils ont bien un système de défense anti-aérienne ! Ils ont un tas d'armes sophistiquées !

 

M. Alexandrov. Sornettes !

 

- Et que faites-vous du concept de la frappe instantanée globale ?

 

M. Alexandrov. Mais quelle frappe globale ?!! Mais Bon Dieu, c'est d'une sottise ! Tout ça a été monté de toutes pièces par les experts militaires cherchant à semer la pagaille dans la société ! Parce qu'en fait, si on analyse bien les choses, les Américains n'ont pas d'armes pour un tel coup global-éclair. Leurs missiles de croisière de type conventionnel - « Tomahawks » - n'ont qu'une portée limitée de 1.500 km. D'où vont-ils les lancer si vous prenez le soin de regarder une carte ? Bon ! Ils peuvent encore atteindre les frontières de notre Etat. Mais, en vertu du Traité sur les missiles de courte et moyenne portée, ils n'ont pas le droit de les mettre en Ukraine aussi bien qu'en Pologne. Ils peuvent, bien sûr, les disposer dans les bassins de la mer Baltique et de la mer Noire, mais là-bas tout est dans le collimateur de nos systèmes de défense maritime. Une frappe instantanée globale est du domaine des contes de fées. On ne peut le monter au niveau actuel des technologies dont disposent les Etats-Unis.

 

Les théoriciens militaires discutent, bien sûr, de la forme que peut épouser un conflit militaire entre nous et l'Occident. C'est bien parce que l'administration d'Obama se comporte de façon imprévisible. Mais les militaires, quant à eux, raisonnent en termes concrets : ils ne gravitent pas dans les sphères stratégiques. A titre d'exemple, d'aucuns proposent de créer aujourd'hui une zone interdite de survol au-dessus de la Syrie. Ainsi l'Occident pourrait abattre nos avions-intrus et nous promettons de faire de même. Dans l'Occident, ils peuvent considérer qu'ils auraient là-bas plus de bases sur le terrain et qu'ils pourraient abattre tous nos avions. Mais nous n'allons pas nous laisser faire, c'est clair ! Nous les attaquerions alors dans les pays Baltes où nous avons une priorité stratégique. Un couple de nos divisions en viendra à bout en une seule journée en neutralisant leur seule brigade.

 

- Mais notre concept ne prévoit pas de frappe nucléaire préventive - juste une frappe en représailles. Quant aux Américains, leur Livre Blanc comporte bien le concept d'une frappe nucléaire préventive...

 

M. Alexandrov. Je vais vous mettre un peu les points sur les i... C'est vrai que nous avions dorénavant un concept de frappe en représailles, mais cela fut du temps du feu Brejnev quand nous avions une suprématie militaire par rapport à l'Occident en Europe. Nous n'avions alors aucun besoin de porter un tel coup les premiers. Aujourd'hui la situation a changé du tout au tout parce que l'OTAN possède maintenant un potentiel prédominant en Europe. Alors s'ils lancent une offensive, alors notre concept préconise bel et bien le premier tir des armes nucléaires tactiques. C'est écrit en lettres d'or dans notre Livre Blanc sur la Défense.

 

Pour ce qui est de l'Occident, c'est bien ses stratèges qui ne voudraient pas d'utilisation d'armes nucléaires tactiques, c'est pourquoi ils nous appellent à y renoncer. Pour la même raison Obama s'est mis à pérorer à la Brejnev de type « nous nous engageons à ne pas utiliser les armes nucléaires en premiers »...

 

- Je ne sais pour Obama, mais pour ce qui est de vous, vous raisonnez bien comme Ronald Reagan...

 

M. Alexandrov. Affirmatif ! C'était bien les propos de l'OTAN de naguère. Du temps de « la guerre froide », l'OTAN avait le concept d'une réponse souple. Cette doctrine prévoyait qu'au cas où nos troupes s'avanceraient en Europe Occidentale, les Occidentaux pourraient alors avoir recours aux armes nucléaires tactiques. Alors, de fait, nous n'avons fait qu'adapter leur concept à nos conditions locales. La roue a tourné et nous nous retrouvons dans leur situation, comme dans un miroir. C'est pourquoi ils n'ont aucune chance en cas d'une guerre en Europe.

 

- Mais certains généraux américains persistent à affirmer que la guerre avec la Russie sera rapide, mortifère et est presqu'inévitable.

 

M. Alexandrov. Je demande à voir comment ils veulent réaliser tout ça ! Quelles sont leurs ressources ? Où leurs coups seraient-ils dirigés ? Qu'ils nous expliquent comment ils veulent nous vaincre en deux semaines ! Hitler a, lui aussi, escompté faire éclater l'Union Soviétique en deux mois. Mais il avait au moins quelques arguments rationnels. Il espérait que les habitants de l'URSS abhorraient à un tel point le régime bolcheviste qu'au premier coup porté, il s 'écroulerait tout seul. Aujourd'hui c'est l'inverse : toute la nation a fait union autour du président. Vous n'avez qu'à passer en revue son taux de popularité à travers le pays. Ca joue surtout quand le président annonce une initiative politique et qu'il agit avec fermeté comme ça a été le cas en Crimée et en Syrie. Si, à titre d'exemple, il décide de renverser le régime de Kiev, pour ses menées contre le Donbass, j'estime qu'il n'en deviendrait qu'encore plus populaire.

 

- Des propos assourdissants sur la soi-disant occupation du Donbass et de la Crimée par la Russie, sur les gens qui y sont opprimés sont exprimés par la bouche des organismes internationaux du plus haut niveau. S'agit-il là-aussi d'un phénomène de « fissure tectonique civilisationnelle » ?

 

M. Alexandrov. Cela ne témoigne que du fait que nous avions eu tort d'adhérer à ces organismes. A titre personnel, ça fait belle lurette que je me suis prononcé pour le départ de la Russie de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) aussi bien que du Conseil de l'Europe à proprement parler.

 

C'est de vrais organismes russophobes. Notre présence à leur sein relève d'une sottise monumentale. Aujourd'hui nous sommes à couteaux tirés avec l'Occident, mais, en principe, ça ne date pas d'hier. Les réminiscences des idées pro-occidentales bourrées dans les crânes de nos compatriotes par Gorbatchev et Eltsine nous empêchent d'avancer. En fin de compte, déjà en 1812, les Français écrivaient que les Russes mangeaient les enfants. Qu'ils continuent ! Nous nous en soucions comme d'une guigne !

 

- Autrement dit, vous préféreriez que l'on se replie sur nous-mêmes ?

 

M. Alexandrov. Pourquoi se replier ? Il faut juste s'émanciper de l'Occident. Par exemple, l'Inde n'est pas un membre de l'APCE ; et l'Iran non plus ! A mon sens, l'Europe n'est qu'une notion géographique. Nikolaï Danilevski a poussé le bouchon en affirmant qu'il ne s'agissait point d'un concept civilisationnel. Il existe la civilisation occidentale, soit ! Et il existe la civilisation orthodoxe ! Nous sommes une civilisation orthodoxe et nous sommes différents, en maints points, par rapport à la civilisation occidentale. Cela fut la conclusion de tous nos grands philosophes.

 

Et ce n'est pas qu'un conflit entre l'orthodoxie et le catholicisme comme deux branches du monde chrétien. Il y va du conflit entre la civilisation orthodoxe dont le centre est incarné par la nation russe et la civilisation occidentale - polycentrique, mais unie par les valeurs en commun. Ce conflit civilisationnel est inéluctable. Il fut de tous temps et il va se prolonger dans l'avenir. Mais quelle forme épousera-t-il ? C'est là le problème !

 

Je ne comprends pas quel serait le résultat escompté si nous participons au fonctionnement de maints organismes européens... Comptons-nous gagner la civilisation occidentale ? Mais pour ce faire, il faudrait que nous renoncions à notre propre essence civilisationnelle, nous devrions les mimer, nous devrions reconnaître les mariages homosexuels, le féminisme et tout le reste qui fait partie de leurs « valeurs occidentales ». Et pourquoi faire ? Nous avons notre propre civilisation et nous devons en développer les principes. A ne prendre que les Iraniens qui sont sensiblement en retard par rapport à nous, qu'il s'agisse du domaine économique ou technico-scientifique, ou encore les Chinois, ces peuples ne veulent pas adapter leurs civilisations au creusent occidental. Alors pourquoi le ferions-nous ? Sommes-nous les cancres réussis pour copier sur les autres ? En revanche, ce qui est bien, c'est des échanges culturels, des recherches scientifiques en commun, mais pourquoi devons-nous coopérer avec les organismes où on nous passe régulièrement à tabac, ou bien, même si ce n'est pas toujours le cas, où l'on nous fait la morale ?!


Source  http://www.pravdafrance.com/news/defense/02-11-2016/1303788-DEFENSE-0/

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 18:24

 

Cela fait deux semaines que ni la Russie, ni la Syrie ne font voler d’avions au-dessus d’Alep, qu’aucun bombardement ne peut toucher les terroristes pro-occidentaux qui voudraient sortir d’Alep et donc les civils derrière lesquels ils se protègent. Et alors que la coalition américaine a toute marge de manoeuvre pour dissocier les « gentils » des méchants », ils se trouvent que rien ne se passe. Sauf que, tous ensemble, tirent sur les populations civiles. Et l’on parle de la plus grande offensive depuis 5 ans. Contenue par l’armée arabe syrienne.

Malgré la décision présidentielle russe de ne pas reprendre le bombardement des positions terroristes à Alep, la coalition américaine ne veut ou ne peut toujours pas procéder à la dissociation des groupes terroristes modérés et des groupes radicaux. Objectivement, elle est dans une impasse.

Pendant ce temps-là, les groupes terroristes ont tenté une percée dans le sud ouest d’Alep, afin de rejoindre leurs positions à l’est et donc, à terme, de reprendre la ville. Mais l’artillerie syrienne a réussi à les repousser, malgré une offensive de très grande ampleur. Il est évident, vue l’intensité des tirs, qu’ils avaient profité de la pause humanitaire pour prendre livraison d’armes et d’hommes. Pendant 48h, ils ont pilonné à l’artillerie les quartiers habités du sud ouest d’Alep, faisant 40 morts, dont 16 enfants, et 250 blessés.

Par ailleurs, les groupes terroristes ont utilisé des armes avec du chlore. 35 personnes furent amenées d’urgence dans les hôpitaux surchargés en raison de la reprise des combats par les terroristes.

Comme le résume le ministère de la défense russe dans son rapport du 31 octobre:

Dans la province d’Alep, les groupements terroristes ont tiré aux systèmes LRM improvisés, à l’artillerie de tube, aux mortiers et armes d’infanterie contre les cités Ansar (trois fois), Bakirtaia, les quartiers «3000»(trois fois), Al-Macharka, Ramoussi(deux fois), Khai-el-Ansari, Arian, Dakhia-al-Assad, l’académie militaire al-Assad (huit fois), le territoire de  l’ancienne école militaire (deux fois), le centre de commerce «Kastello» et  le point de contrôle dans  Al-Macharka (deux fois) .

Le 30 octobre de la région du quartier « 1070 » des bandes armées ont tiré aux systèmes LRM improvisés, fourrés d’une matière toxique contre les cités Dakhia-al-Assad et Al Hamdaniyah dans la ville d’ALEPPO.

Deux militaires syriens ont été tués, et 37 civils ont été blessés.

Lors de la reprise des combats suite à la pause humanitaire, l’on compte 84 personnes tuées suite aux tirs des groupes terroristes, essentiellement des femmes et des enfants. Encore, plus de 280 personnes sont décédées suite à l’artillerie.

Pendant ce temps, à l’ONU, la communauté internationale cherche à trouver comment rendre la Russie responsable. Pour autant, au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, il n’y a pas de position unanime quant à Alep et petit à petit, selon l’ambassadeur russe V. Tchurkin, l’idée de l’obligation de la dissociation des groupes terroristes radicaux des modérés se fait.

Et c’est ici que commence l’impasse. La Russie ne bombarde pas, donc les morts ne peuvent pas lui être imputés. Or, il y en a de plus en plus. Ce sont donc les groupes terroristes sur place qui tirent. Et comment décider que c’est un gentil terroriste qui a tiré d’un méchant? Et quelle différence? Un terroriste reste un terroriste et les soutenir revient à leur donner des armes pour tirer dans nos villes, sur nos citoyens, sur notre territoire.

Karine Bechet-Golovko

source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2016/11/limpasse-dalep.html

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:34
Quand la rage vous saisit…
Par Michael Moore

Repris sur Comité Valmy

 

L'élection de Trump sera le plus formidable bordel jamais vu dans l’histoire de l’humanité » (note de JF Plutôt que "bordel" j'aurais utilisé "grand chambardement"qui semble mieux correspondre à la teneur du texte)

Je connais un tas de gens dans le Michigan qui envisagent de voter pour Trump et ils ne sont pas nécessairement d’accord avec lui. Ils ne sont ni racistes ni péquenots, ce sont en fait des gens assez décents, et donc, après avoir parlé à un certain nombre d’entre eux, je voulais écrire ceci.

Donald Trump est venu à l’Economic Club de Detroit, il se tenait debout devant les dirigeants de Ford Motor et leur a dit : « Si vous fermez ces usines, comme vous avez l’intention de le faire à Detroit, pour les construire au Mexique, je vais coller une taxe de 35% sur les voitures quand vous les renverrez ici et personne ne les achètera. » Ce fut une chose étonnante à voir. Aucun homme politique, républicain ou démocrate, n’a jamais rien dit de tel à ces cadres, et la musique était douce aux oreilles des gens du Michigan, de l’Ohio, de Pennsylvanie et du Wisconsin – les États Brexit.

Vous vivez ici dans l’Ohio, vous savez de quoi je parle. Que Trump croie ou non ce qu’il dit n’est pas pertinent, parce qu’il dit les choses aux gens qui souffrent, et voilà pourquoi tous les chiens battus, les sans-nom [et sans dents, NdT], les oubliés, durs au boulot, qui faisaient partie de ce qu’on appelait la classe moyenne, aiment Trump. Il est le cocktail Molotov humain qu’ils attendaient ; le grand poing humain qu’ils peuvent légalement brandir contre le système qui a bousillé leur vie. Et le 8 novembre, bien que virés de leurs emplois, puis de chez eux par une saisie bancaire, avec femme et enfants partis – suite au divorce –, la voiture hypothéquée, sans vraies vacances depuis des années, coincés avec le plan de santé merdique d’Obama qui ne permet même pas d’obtenir un putain de tube d’aspirine, ils ont essentiellement perdu tout ce qu’ils avaient, sauf une chose – la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et leur est garantie par la Constitution américaine : le droit de vote.

Ils pourraient être sans un rond, ils pourraient être sans-abri, ils pourraient être baisés par devant et par derrière, cela n’a pas d’importance, parce qu’ils sont égaux ce jour-là – un millionnaire a le même nombre de voix qu’un chômeur : une. Et il y a plus de monde dans l’ancienne classe moyenne qu’il n’y en a dans la classe des millionnaires. Donc, le 8 novembre, les dépossédés vont marcher jusqu’au bureau de vote, recevoir un bulletin, fermer le rideau, et avec la manette, le feutre ou l’écran tactile ils cocheront un grand putain de X dans la case du nom de l’homme qui a menacé de bouleverser et renverser ce système qui a ruiné leur vie : Donald J. Trump.

Ils voient que les élites qui ont pourri leur vie détestent Trump. L’Amérique du Big Business déteste Trump. Wall Street déteste Trump. Les politiciens de carrière détestent Trump. Les médias détestent Trump, après l’avoir aimé et créé, maintenant ils le haïssent. Merci médias : l’ennemi de mon ennemi est celui pour qui je vais voter le 8 novembre.

Oui, le 8 novembre, vous Joe LaRage, Steve LaRage, Bob LaRage, Billy LaRage, tous les LaRage, vous devez y aller pour faire sauter ce système maudit parce que c’est votre droit. L’élection de Trump va être le plus grand bordel jamais enregistré dans l’histoire humaine et ça sera bon.

Michael Moore

– Le 25 octobre – Source zerohedge

Traduction : le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Nous traduisons ici le texte de Michael Moore référencé par dedefensa.org dans son article du 27 octobre intitulé Notes sur une « rage-cosmique »

Addendum:

Michael Moore, né le 23 avril 1954 à Flint dans le Michigan, est un écrivain et un réalisateur américain de documentaires engagés. Wikipédia

 

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