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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:29
Par Avigail Abarbanel

mercredi 26 octobre 2016, repris sur Comité Valmy

 

 

Cher Israël et chers juifs israéliens,

Il est probable que vous écrire soit inutile et, d’ailleurs, je n’attends pas de réponse de votre part. J’écris par une sorte de sens du devoir. Après tout, je viens de chez vous alors, peut être, quelques uns pourraient m’écouter, être curieux, prendre un risque et examiner ce qui vous est impensable.

Je suis partie depuis ce qui me semble être une éternité, vingt-cinq ans. Je ne pense pas que vous ayez beaucoup changé depuis, sauf peut-être pour le pire. Les psychologies comme la vôtre ont la mauvaise habitude de s’aggraver si elles ne sont pas soignées. Je me souviens toujours de vous comme de gens durs, sur la défensive, chauds du collier et prêts à exploser à chaque occasion, bruyants et impitoyables. Vous aviez des moments de calme et peut-être même de bonté, mais ils étaient réservés à ceux qui vivaient dans des endroits plus verts et agréables, et qui avaient plus d’argent que nous n’en avions.

 

Avigail Abarbanel enfant en Israël

 

J’ai grandi à Bat-Yam et c’était terrible là bas. Un amas dense de béton, bruyant et immense ; des blocs résidentiels faits d’appartements aux murs très fins, à perte de vue, séparés par des routes bitumées. Ce n’est pas l’image que vous aimez montrer au reste du monde, et cela ne correspond pas à ce que le reste du monde pense de vous. J’ai grandi rue Hashikma. Quelle cruelle plaisanterie c’était, nommer ce monstrueux dessert de béton, Hashikma… Le sycomore. Il n’y avait aucun arbre là bas. Dans mon enfance, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être un sycomore. Quel que soient les gens qui ont fait cela, pensaient-ils qu’en nommant la rue « sycomore », cela allait rendre les choses plus faciles pour ceux qui y habitaient ? Pensaient-ils pouvoir nous tromper et nous

              

faire penser que c’était plus idyllique que cela ne l’était en réalité ? Cela ne faisait que provoquer embêtements et tourments. Le nom de ma rue me faisait penser à quelque chose auquel je n’avais pas accès et que je ne pensais pas pouvoir atteindre.

Cette dichotomie entre le nom de l’endroit et sa réalité est un symbole de votre existence. Là bas, on ne diffère pas beaucoup des autres quartiers populaires du monde entier, mais on m’a toujours dit que nous étions différents des autres. Nous étions spéciaux, nous étions meilleurs, nous étions plus moraux, plus éthiques et plus civilisés. Et ne me dites pas que vous ne l’avez pas dit. J’en m’en souviens parfaitement ! J’étais très attentive à l’école.

Mais dans mon esprit d’enfant, je ressentais qu’en fait nous n’étions pas si spéciaux que cela. Je pense que beaucoup d’enfants ayant souffert d’avoir été abusés dans leur propre famille, aux mains de leur propre peuple, doutent de leur groupe. Si vous m’aviez plus protégée, peut-être serais-je toujours parmi vous. Mais vous ne pouviez pas me protéger, ni les autres enfants, précisément parce que vous n’êtes pas ce que vous dites, un peuple plus éveillé et plus éthique. Vous n’êtes qu’un groupe d’humains avec des dons et des faiblesses, et plein de lâchetés, comme tout autre groupe. Vous ne différez pas des autres sociétés humaines qui permettent et cachent des crimes contre leurs propres enfants et qui faillissent à la protection des plus vulnérables d’entre eux.

Quelques années après vous avoir quitté, j’ai petit à petit réalisé que j’étais semblable à tous ceux qui suivent un culte. Cela a été un choc pour moi mais, en regardant en arrière, je me demande comment je ne l’avais pas réalisé plus tôt. Bien sûr, les gens pris dans un culte voient rarement où ils en sont. S’ils le pouvaient, les cultes ne seraient pas ce qu’ils sont. Ils pensent être les membres d’un groupe spécial, ayant un destin spécial, et toujours sous une menace. La survie du culte étant toujours le principe le plus important. On enseigne aux membres d’un culte, depuis leur naissance, que le monde extérieur est dangereux, qu’ils doivent se regrouper pour leur sécurité.

À ce moment de la discussion, vous allez sûrement me dire que, culte ou pas culte, tout cela est totalement justifié. Aurais-je oublié l’Holocauste ? Bien sûr que non. La persécution du peuple juif a travers l’Histoire est bien une réalité. Quelle que soit l’identité juive, les juifs étaient un groupe haï et rejeté parmi les autres cultures européennes et les Juifs ont toujours eu une coexistence difficile avec les non-juifs. Tout groupe marginalisé ou persécuté entretient une relation difficile avec la culture dominante. Une fois que vous avez été discriminé, il est difficile de faire confiance.

Mais deux choses importantes me gênent à votre sujet. D’abord, cette histoire de persécution est tellement rattachée à votre identité que vous ne pouvez pas voir au delà. Vous semblez tous être totalement pris dedans, sauf une très petite minorité qui peut voir le sionisme pour ce qu’il est. Quiconque ayant subi un traumatisme tend à se sentir différent et séparé. La psychologie humaine veut qu’une fois que vous avez été abusé, vous vous sentiez différent des autres. Mais toute personne ayant été abusée et traumatisée se doit de guérir et de ne pas permettre à la peur et au sentiment de victimisation de devenir son identité. Ceux comme nous qui avons été traumatisés et abusés ont ce devoir, car s’ils ne guérissent pas, alors nous nous faisons du mal à nous-mêmes et aux autres. C’est là où vous en êtes et c’est ce que vous faites. Vous n’avez pas seulement permis au traumatisme de devenir votre identité intime, vous l’avez glorifié et vous le vénérez comme un dieu.

Le deuxième et plus important sujet qui m’ennuie est le crime que vous avez commis et que vous continuez de commettre au nom de « notre » survie. Vous vouliez une solution à la persécution de votre groupe et c’est justement là que réside le problème. Vous avez décidé de créer un ghetto que vous pensiez comme un havre de paix, alors que la terre était déjà bien occupée. Vous êtes venus et vous l’avez prise, avez perpétué un nettoyage ethnique et vous continuez encore à le faire. Je sais que vous n’aurez pas considéré votre mission comme accomplie avant que vous n’ayez toute la terre, sans son peuple.

Vous êtes le produit d’une colonie de peuplement, un État créé par le déplacement et l’élimination du peuple qui vivait sur cette terre avant vous. La relation que vous entretenez avec vos victimes, les Palestiniens, a toutes les caractéristiques d’une relation entre des colons et ceux qu’ils souhaitent éliminer de leur existence. Les colons ne font pas que retirer un peuple de sa terre, ils effacent leurs endroits historiques, leur monuments, les preuves de leur histoire, matérielles et orales, toute trace de leur existence… S’il n’y a plus de victimes, il n’y a plus de crimes. Si le territoire est nettoyé de toute trace culturelle du peuple qui vivait ici, il devient libre d’être occupé par un nouveau peuple.

Je sais ce que c’est que d’être aveugle au fait d’être un colon, d’être un peuple qui commet un crime terrible. Vous ne pouvez pas vous voir comme les « méchants » ici. Vous êtes tellement enfoncés dans votre propre mythe, que vous avez toujours été et serez toujours la victime la plus tragique de l’Histoire de l’humanité. J’étais quelqu’un comme vous, à l’époque, et je sais qu’il vous est pratiquement impossible de voir au-delà de votre raisonnement : « Nous voulons seulement retrouver nos terres ancestrales. Nous voulons seulement rester en paix entre nous. Qu’y-a-t-il de mal à cela ? Pourquoi est-ce que les autres ne nous laissent pas vivre en paix ? ».

Il y a un puissant champ magnétique, une sorte de cage d’acier en vous, qui protège vos croyances de la vérité, de la réalité. Vous ne niez pas être « revenus » et vous être installés sur cette terre, vous ne pouvez tout simplement pas envisager ce que cela veut dire. Alors laissez-moi-vous le dire encore une fois. Quand un groupe de gens arrive sur un territoire (quelle qu’en soit la raison), élimine le peuple indigène et accapare ses terres et ses ressources, cela s’appelle de la colonisation. La colonisation de peuplement est immorale, un crime contre l’humanité. Les victimes ne s’en vont pas toujours silencieusement dans la nuit, alors les crimes doivent continuer à être commis, jusqu’à ce que la résistance des victimes soit écrasée et qu’ils disparaissent de la vue et de la mémoire. Il n’y a rien d’original ni de spécial dans ce que vous êtes, ni dans ce que vous faites. Vous êtes comme tous les colons avant vous. Même votre capacité à l’auto-illusion ou à illusionner les autres n’a rien de spécial. Cela a déjà été fait avant. Vous n’avez vraiment rien de spécial, du tout.

Admettons que vous soyez « rentrés à la maison », comme votre mythe le dit, que la Palestine ait été votre terre ancestrale. Mais la Palestine était déjà totalement occupée quand vous avez commencé à lorgner dessus. Pour la prendre, vous avez suivi à la lettre l’ordre biblique donné à Joshua de pénétrer et de tout prendre. Vous avez tué, vous avez expulsé, violé, volé, brûlé et tout détruit, et vous avez remplacé la population par votre propre peuple. On m’a toujours appris que le mouvement sioniste était essentiellement non religieux (comment pouvoir être juif sans religion juive me rend perplexe). Pour un mouvement soi-disant non religieux, c’est extraordinaire comment le sionisme – votre créateur et votre identité – a suivi la Bible de près. Bien sûr, vous n’osez jamais critiquer les histoires bibliques, même les plus laïcs d’entre vous. Aucun des bons professeurs de mon école laïque n’a jamais suggéré de mettre en question la moralité de ce que Joshua avait fait. Si nous étions capables de remettre cela en question, l’étape logique suivante serait de remettre en question le sionisme, ses crimes, et la droiture de notre existence dans notre État. Non, nous n’étions pas autorisés à aller si loin. Cela aurait fragilisé la structure déjà fragile qui nous maintient.

Donc, comme dans tout culte ayant déjà existé et ceux qui, sans aucun doute, continueront d’être créés, vous vivez dans un aveuglement auto-imposé. Vous créez et recréez une image de la réalité remplie de trous, mais vous vous sentez très bien comme cela. La possibilité de remplir ces trous vous met face à vos terreurs mortelles, votre peur morbide de l’anéantissement. Et vous ne pouvez pas le supporter. Je sais ce que l’anéantissement veut dire pour vous. Cela ne veut pas dire seulement être tué. L’anéantissement veut dire que le peuple juif, la judaïté elle-même, n’existerait plus. Pour vous, « assimilation » veut dire aussi anéantissement. Ils nous ont appris cela à l’école. On nous a enseigné que l’assimilation était à rejeter, de la lâcheté, de la trahison de notre peuple. Si des juifs se marient avec des non-juifs dans leurs pays et quand toute trace de judaïté, quelle qu’elle soit, se dilue, vous vous inquiétez. Vous pensez que c’est la fin. Parce qu’il n’y a pas d’individus, seulement le groupe, et quand le groupe va bien alors les individus vont bien. Vous prenez alors toute menace contre le groupe comme une menace personnelle. C’est pourquoi vous criez à l’antisémitisme si rapidement et par réflexe, dès que vous percevez la moindre menace envers votre culte nationaliste.

J’ai abandonné le culte parce que je voulais découvrir qui j’étais vraiment. J’ai refusé que le seul objet de ma vie soit de défendre le culte et de lui permettre de continuer. C’est humain, c’est mammifère de laisser son identité être possédée par le groupe, mais cela ne fait pas une vie heureuse. Nous avons survécu en tant que mammifères, en partie parce nous avons vécu en groupe. Sans le groupe autour d’eux, nos ancêtres seraient probablement morts dans ce monde difficile où ils vivaient. Votre psychologie n’est rien de plus que la psychologie du temps des cavernes et cela ne concerne pas que vous. Mais nous sommes une espèce qui a la capacité de faire bien mieux. Dans le monde actuel, notre survie dépend de notre capacité à transcender nos instincts animaux. Nous pouvons développer et utiliser la partie morale et éthique de notre cerveau, cette partie qui nous permet conscience de soi et empathie, cette partie qui peut prendre la responsabilité de ses propres péchés et crimes et qui peut faire pénitence. Ce qui va nous sauver n’est plus de rester dans notre petit groupe mais de se rassembler en tant qu’une seule espèce, l’espèce humaine. Allez, abandonnez le culte et la mentalité de ghetto et rejoignez la race humaine, faites la bonne chose. Vous voulez vraiment être spécial, remplir une destinée spéciale ? Par tous les moyens ! Alors ouvrez le chemin à l’éveil en admettant, en vous repentant et en transformant votre identité en quelque chose de sain et de positif. Montrez ce qui peut se passer lorsqu’on n’est plus que de simples mammifères apeurés.

Je ne m’attends pas à ce que vous m’entendiez ou à ce que vous voyiez ce que vous ne pouvez pas voir. Vous êtes des experts en endoctrinement et êtes trop enfoncés dans votre vision de la réalité basée sur la peur. Vous me décevez beaucoup. C’est pourquoi je soutiens le BDS contre vous. Si vous ne voulez pas vous arrêter de vous même, quelqu’un doit le faire pour vous.

.

Avigail Abarbanel
– Le 8 octobre 2016

– Source Mondoweiss

Traduction : le Saker Francophone.

Avigail Abarbanel est née et a été élevée en Israël. Elle a déménagé pour l’Australie en 1991 et vit maintenant au nord de l’Écosse. Elle travaille comme psychothérapeute et milite pour les droits des Palestiniens. Elle a édité Au-delà des loyautés tribales : histoires personnelles des activistes juifs pour la paix (Beyond Tribal Loyalties : Personal Stories of Jewish Peace Activists, Cambridge Scholars Publishing).

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:45

Par Bruno Guigue le 29 octobre 2016

 

 

Le prince Nawaf Faisal Fahd Abdulaziz, d’Arabie, avec le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon. New York , 6 juin 2013 [AFP]


Élire l’Arabie saoudite au Conseil des droits de l’homme, c’est comme nommer un pédophile directeur d’école. Mais ça y est, c’est fait. Cette monarchie est esclavagiste et corrompue. Pudibonde et obscène, elle se prosterne devant le dieu-dollar et vomit tout ce qui n’est pas wahhabite. Elle diffuse à l’échelle planétaire une idéologie débile et sectaire. Elle invoque le Créateur à chaque virement bancaire, mais elle décapite comme d’autres font un barbecue. Seulement voilà, elle a beaucoup d’amis. Et ils trouvent qu’elle a un excellent pedigree pour se voir confier la promotion des droits de l’homme. Remarquez, on a échappé au pire. On a failli lui confier les droits de la femme.

Voilà donc l’Arabie saoudite chargée, avec notre bénédiction, de soutenir les droits de l’homme comme la corde soutient le pendu. Car les Occidentaux ont voté comme un seul homme pour la candidature de Riyad. Avec une bienveillance de marchands de canons soucieux de la réputation du client, ils ont arrosé d’eau bénite cette fosse à purin. Vus de Paris, les dix milliards de contrats d’armements valent bien cette petite mascarade dont personne ne parlera plus dans 48 heures. On leur a vendu des armes, distribué des médailles, bradé l’honneur national. Tant qu’on y est, on peut aussi leur permettre de parader au sein de ce conseil qui de toutes façons ne sert à rien. Puisqu’ils y tiennent !

 

Le prince héritier Mohamed ben Nayef, reçu par François Hollande à l’Elysée pour lui remettre la Légion d’Honneur, mars 2016 (Reuters)

 

On pourrait craindre, bien sûr, que l’ONU y perde de sa crédibilité. L’organisation internationale s’en remettra-t-elle ? En réalité, aucun risque. L’ONU est une avaleuse de couleuvres professionnelle. Elle n’est pas à un paradoxe près. Elle tente de donner une apparence de réalité à cette fiction qu’est la communauté internationale, mais personne n’est dupe. Le Conseil des droits de l’homme a des attributions ronflantes, mais ce machin onusien est devenu la « bonne-à-tout faire » des ploutocrates. L’arène internationale est un champ de forces où les alliances se font et se défont. Richissime, la monarchie wahhabite a des moyens de persuasion que n’a pas le Burkina Faso.

 

Que cette élection au CDH (28 octobre) ait eu lieu trois semaines après le massacre perpétré à Sanaa par l’aviation saoudienne (8 octobre) ne manque pas de sel. Quel symbole ! L’admission en grande pompe au Conseil des droits de l’homme, c’est la prime à l’assassin. On a heureusement échappé au Prix Nobel de Laurent Fabius, l’apologiste alcoolique des psychopathes d’Al-Nosra. On a frôlé celui des Casques blancs « auto-reverse », brancardiers le jour et tortionnaires la nuit. Mais c’était plus fort que tout. On n’a pas pu éviter l’élection des coupeurs de tête saoudiens au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

On aurait dû surtout demander ce qu’il en pense au peuple yéménite. Il subit tous les jours des bombardements qui ont fait 10 000 morts et provoqué une crise humanitaire sans précédent. Mais on s’est bien gardé de lui demander son avis, à ce peuple arabe martyr, avant de coller ce nouveau fion de hamster au revers du veston wahhabite. Car les droits de l’homme, en fait, c’est bon pour justifier les bombardements, pas pour les interdire. Sauf s’ils sont russes. Et même lorsqu’il n’y a pas de bombardement ! Explication.

 

Comme par hasard, deux jours avant le scrutin onusien, une école a été attaquée à Idlib (Syrie). Selon l’ONU, il y a eu 28 morts dont 22 enfants. L’ONU n’a accusé personne, faute de preuves. Mais les officines de propagande et les médias occidentaux ont accusé la Russie. Niant toute implication, le ministère russe de la Défense a fourni les preuves qu’il n’y avait pas eu de bombardement aérien. Aucune importance ! L’essentiel, c’est le vacarme organisé contre Moscou avant l’élection des membres du conseil des droits de l’homme. Résultat : la Russie a obtenu moins de voix que la Croatie. Contrairement à l’Arabie saoudite, elle ne fait plus partie du CDH. Mission accomplie.

Bruno Guigue (29.10.2016)

  1. Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Source: http://arretsurinfo.ch/les-coupeurs-de-tete-a-lonu/

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 17:35
L’ Archevêque d'Alep  (source réseau international) Joseph Tobij qui vit comme 1,3 million d’autres Syriens, dans la partie Ouest de la ville, qui est contrôlée par le gouvernement a déclaré le 5 octobre 2016 devant la chambre des députés italienne :

« Une chose est certaine, si Assad part maintenant, alors la Syrie finira comme la Libye. »

Il a poursuivi en énumérant les conditions d’un retour à la paix

 

C’est en toute clarté que j’aimerais dire surtout : Arrêtez la guerre ! Je vis dans la partie Ouest d’Alep. Nous sommes confrontés quotidiennement avec la mort, les missiles, les tirs de mortiers et de canons ainsi qu’avec les tireurs d’élite. Les terroristes tirent partout. Quand nous subissons de telles attaques, nous ne pouvons pas dire que les auteurs sont des rebelles. Rien que la semaine dernière, nous avons eu 75 morts et 180 blessés. Hier l’université a été touchée. Il y a eu beaucoup de victimes. Tous les jours il y a des enterrements. Même quand nous restons à la maison, nous ne sommes pas en sûreté : les maisons s’écroulent sur ta tête. Nos deux églises maronites (syro-chrétiennes) n’existent plus, de nombreuses mosquées, des hôpitaux, des habitations, des usines et des magasins sont en ruines. Souvent, à Alep-ouest, nous n’avons pas d’électricité et ça dure comme ça depuis cinq ans. Sans électricité tout s’arrête, on ne peut plus travailler. Depuis cinq ans la centrale électrique est entre les mains des terroristes. Souvent il n’y a pas d’eau courante. C’est pourquoi il est devenu normal de faire la queue devant le puits pour remplir ses bidons. On fait la queue sous les tirs de missiles… Suite à la guerre et aux sanctions, une grande pauvreté règne partout. On parle beaucoup des zones assiégées : la partie Ouest a souvent été assiégée. L’unique rue a été occupée par des groupes (terroristes) armés et rien ne pouvait passer, absolument rien. […] Les médias ne parlent que des souffrances de nos frères dans la partie Est, mais pas de nos souffrances. Ils montrent un pauvre enfant qui est tiré des ruines mais pas les nombreux autres enfants dans la partie Ouest qui sont tués ou mutilés. Je souligne : il ne s’agit pas d’une guerre religieuse. La religion est instrumentalisée.

 

Voici nos revendications pour que la guerre cesse :

1. Arrêter la vente d’armes (aux terroristes).

2. Stopper définitivement le flux de terroristes qui passent la frontière turque.

3. Arrêter de payer des salaires aux terroristes.

4. Lever les sanctions économiques immorales.

5. Aidez-nous à reconstruire la vie. Soutenez la réconciliation et des accords entre des communautés ethniques et religieuses. »

 

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 15:55
Par Frédéric Pichon 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Après une courte trêve humanitaire, la bataille d'Alep a repris. Pour Frédéric Pichon, une victoire du régime de Bachar al-Assad est inévitable et devrait renforcer considérablement le contrôle de la «Syrie utile» par Damas.

Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d'une thèse de doctorat sur la Syrie et chercheur associé à l'Université de Tours, il a publié Géopolitique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (co-aut., éd. PUF, 2012) et Syrie: Pourquoi l'Occident s'est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014).

 

FIGAROVOX. - Après une trêve humanitaire qui n'a duré que trois jours, les combats ont repris entre le régime de Damas, soutenu par Moscou, et les rebelles. Pourquoi cette trêve a-t-elle échoué?

Frédéric PICHON. - Il faut tout d'abord préciser que cette trêve ne doit rien aux gesticulations, notamment françaises, qui ont accompagné l'offensive russe et loyaliste contre les quartiers «rebelles» d'Alep, peuplés sans doute encore de près de 100 000 habitants. Début octobre, la résolution française, rejetée par le veto russe, avait suscité le commentaire suivant de la part du président français: «Un pays qui mettrait son veto à la résolution de la France sur Alep serait discrédité aux yeux du monde». S'il ne reste que la morale pour convaincre, c'est que la diplomatie française est devenue insignifiante… En réalité, durant ces trois jours de trêve humanitaire, Russes et Syriens ont voulu laisser une ultime porte de sortie aux groupes essentiellement djihadistes présents dans la partie Est d'Alep. Plusieurs corridors ont été ouverts pour permettre d'une part la sortie des civils qui le désiraient et d'autre part, la sortie des combattants vers la province d'Idleb.

Le contrôle total de la ville d'Alep signifierait une victoire majeure pour le rétablissement de la légalité du gouvernement central de Damas.

C'est la répétition d'un scénario qui a fonctionné ces derniers mois à Homs et à Madaya, permettant même aux combattants de partir avec leurs armes. Il est évident que politiquement, c'était un échec pour la rebellion en cas d'acceptation: le contrôle total de la ville d'Alep signifierait une victoire majeure pour le rétablissement de la légalité du gouvernement central. Ce que les soutiens occidentaux ont bien vu, en réclamant «le droit pour les civils de rester à Alep Est», tout en minimisant la présence de Jabaht Fatah el-Sham, ex-Front al-Nosra à Alep: un diplomate français évoquait même il y a quelques jours une présence «symbolique» à Alep de l'organisation djihadiste, ex-filiale d'Al-Qaïda, rebaptisée depuis sous la pression du Qatar. Or l'échec de la trêve est dû au refus de ce piège par les groupes armés: il s'agit là d'une véritable prise en otage des civils dans le but de servir de boucliers humains. De nombreux observateurs ont d'ailleurs noté que les tirs qui visaient les civils tentant de s'échapper provenaient des positions rebelles. Avec la bataille de Mossoul, c'est exactement le même scénario qui se produit: les civils sont pris en otage et font les frais des bombardements visant à expulser les djihadistes de leur base urbaine.

 

Quelle est la situation militaire à Alep-Est, la partie de la ville tenue par les rebelles. Le régime peut-il s'attendre à une victoire rapide?

Les pertes civiles qui s'annoncent à Mossoul, l'impossibilité d'une « guerre propre » vont jouer en faveur de Damas et de Moscou.

La situation militaire est assez claire: les groupes armés ne bénéficient plus de l'aide massive qui transitait jadis par la Turquie et qui leur permettait à chaque «trêve» de refaire leurs forces. Encerclés, ils en sont réduits à bombarder massivement les quartiers civils de la partie loyaliste (peuplée encore de près de 800 000 habitants) à chaque avancée de l'armée syrienne et de ses nombreuses forces supplétives, iraniennes notamment. Une de mes sources à Damas me disait récemment qu'à présent, l'armée se préparait à aller véritablement au contact pour obliger les groupes armés à sortir de la ville. Damas semble conscient des limites d'une action militaire essentiellement aérienne: il faut aller au sol à un moment ou à un autre. Mais c'est long et il faut accepter des pertes massives. Étant donné la motivation des groupes djihadistes, cela risque de prendre plusieurs semaines, mais il faut s'y préparer: la reconquête d'Alep Est est inéluctable. L'offensive sur Mossoul va d'ailleurs éclipser quelque peu Alep et Russes et Syriens comptent bien là-dessus. Les pertes civiles qui s'annoncent à Mossoul, l'impossibilité d'une «guerre propre» vont jouer en faveur de Damas et de Moscou.

En cas de victoire définitive à Alep, qu'est-ce que cela changerait pour le régime? Quel pourrait être son prochain objectif?

 

L'espoir de faire d'Alep la capitale de la rébellion au Nord de la Syrie est désormais condamné.

En expulsant la rébellion d'Alep Est, il s'agit de restaurer l'autorité du gouvernement central. L'espoir de faire d'Alep la capitale de la rébellion au Nord de la Syrie est désormais condamné. Reste la province d'Idleb, aux mains de JFS et de ses alliés, mais elle est enclavée et n'est pas viable. Damas pense d'ailleurs qu'assez vite, les différents groupes rebelles s'affronteraient entre eux.

Pour Damas, la reconquête d'Alep Est signifierait aussi de ne pas devoir se résoudre à une partition du pays, comme cela était plus ou moins envisagé: en contrôlant la grande majorité de la Syrie utile et la plus grande partie de la population syrienne, Bachar al Assad réaffirmerait ainsi son autorité symbolique. Dans les faits, cela risque d'être plus compliqué, étant donné la dissémination de l'outil militaire, la présence de l'armée turque sur le territoire syrien et la question kurde. Mais le signal politique serait très fort.

 

Les forces turques et les rebelles qu'ils soutiennent avancent au Nord de la Syrie dans le cadre de l'Opération «Bouclier de l'Euphrate» lancée par Ankara. Peut-on imaginer une conflagration entre les Turcs, les Syriens et les Kurdes, notamment pour la reprise de la ville d'Al-Bab au Nord d'Alep?

La timide réconciliation entre Ankara et Moscou semble se faire sur le dos des Kurdes syriens, et cela semble faire les affaires de Damas.

L'été 2016 a véritablement rebattu les cartes au Nord de la Syrie. Il semble que la timide réconciliation entre Ankara et Moscou se soit faite sur le dos des Kurdes syriens, et que cela a fait les affaires de Damas. Le problème des Kurdes du PYD, c'est qu'ils ont multiplié tour à tour les alliances de circonstance: avec les Américains, les Russes, les Syriens ce qui les a fait passer pour des partenaires non fiables. À présent, la Turquie les vise tout particulièrement car elle a toujours considéré que le problème kurde était prioritaire pour elle: même si Ankara semble s'être convertie tardivement à la lutte anti-Daech, les Turcs ne considèrent pas autrement le PYD que comme une organisation terroriste. Et Damas n'ira pas à leur secours car cela fait partie aussi du «contrat» avec Erdogan qui de son côté a fermé sa frontière.

 

L'opération de reprise de Mossoul en Irak a débuté. Quelles conséquences cette bataille peut-elle avoir sur le théâtre syrien?

La bataille de Mossoul s'annonce longue, beaucoup plus longue que ce que claironnent les politiques et certains États-majors.

La bataille de Mossoul s'annonce longue, beaucoup plus longue que ce que claironnent les politiques et certains États-majors. Pour le moment, elle n'a pas vraiment commencé. Lorsque le tissu urbain dense sera atteint, l'offensive se heurtera inévitablement à des questions opérationnelles et stratégiques. Opérationnelles d'abord parce que les pertes civiles seront considérables, quoi qu'on en dise: la véritable armada déployée par les différents acteurs n'a rien de rassurant sur le déroulement des opérations qui n'auront rien de «propres» ni de «chirurgicales». Il faut rappeler par exemple que les CAESAR déployés par la France à Mossoul tirent du 155mm à près de 30km… et les artilleurs français sont pourtant parmi les plus professionnels.

Daech cherchera à se replier sur l'est syrien en cas d'expulsion de Mossoul.

Stratégiques ensuite parce que les Irakiens (armée et milices chiites entraînées par l'Iran), Peshmergas, Turcs et Occidentaux ont des agendas différents voire divergents. Or l'unité d'action est décisive et risque de faire défaut.

Pour la Syrie, cette bataille éclipsera sans doute un peu la bataille pour Alep mais va poser aussi le problème de l'après-Daech en Irak: très certainement, l'organisation terroriste cherchera à se replier sur l'est syrien en cas d'expulsion de Mossoul. La bataille de Raqqa, même si elle est loin d'être engagée, sera la prochaine étape, avec les mêmes difficultés opérationnelles et stratégiques qu'à Mossoul: car tous voudront aller à Raqqa, Turcs, Syriens, Russes, Kurdes et Occidentaux. Cela risque d'être très compliqué de coordonner tout le monde…

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 11:10

Source : librairie-tropiques

 

Michel Clouscard
extrait de "Lettre ouverte aux communistes"
Éditions Delga 2016

Ce texte a été rédigé à la fin des années 70, à l'aube de la catastrophe mitterandiste.
Il est largement commenté dans la vidéo , ainsi que l'ensemble de l'ouvrage inédit de Michel Clouscard
qui vient d'être publié par les éditions Delga.

 

LES CHOSES pourraient être pourtant si simples, pour les communistes; c’est le seul parti qui dispose d’un corps doctrinal pour analyser l’évolution des sociétés et leurs crises: le marxisme.
Faut-il encore l’actualiser.

La récente métamorphose de la société française peut donc être définie selon ce schéma: le passage du capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance au capitalisme monopoliste d’État de la dégénérescence : la crise.

À l’exploitation par les cadences infernales, qui a permis la croissance, ont succédé l’austérité et le chômage massif. Comment se fait-il que le Parti communiste français n’ait pas su exploiter ces situations, pour accumuler les profits électoraux?

Pour ce faire, il aurait fallu proposer une distinction radicale, celle des nouvelles couches moyennes et celle de la classe moyenne traditionnelle. La plupart des observateurs confondent les deux en cette nébuleuse: classes moyennes. Eux, du moins, ont une excuse: ils ne sont pas marxistes. Mais il faut bien constater que la plupart des communistes identifient aussi ces contraires.

C’est que ces nouvelles couches moyennes sont très embarrassantes pour les doctrinaires marxistes. Elles vont à l'encontre du Vieux schéma qui prévoit la radicalisation des extrêmes: concentration de la grande bourgeoisie et paupérisation (absolue ou relative ?) de la classe ouvrière.

Or, dans les pays dits « post-industrialisés », c’est le contraire.

Le capitalisme monopoliste d’État a procédé a cette géniale « invention » : les nouvelles couches moyennes.

Il faut en proposer l’élémentaire nomenclature. Ce nouveau corps social relève de l’ extraordinaire développement de trois secteurs professionnels très disparates. Celui, très traditionnel, des fonctionnaires, employés du privé, professions libérales, qui a connu un saut quantitatif et du coup une mutation qualitative. Celui des nouveaux services spécifiques du capitalisme monopoliste d’État (concessionnaires, agences de voyages...) Celui des ingénieurs, techniciens, cadres (ITC), qui rend compte du progrès technologique et de sa gestion sous tutelle capitaliste.

Ces nouvelles couches moyennes ont été le support du libéralisme, nouvelle idéologie qui s’oppose radicalement a celle de la classe moyenne traditionnelle, laquelle se caractérise par la propriété des moyens de production. La stratégie libérale consiste a s’appuyer sur ce corps des services et des fonctions. C’est toute une nouvelle culture qui dénonce même l’avoir.

Quel paradoxe: ce sont ces couches moyennes, qui ne sont pas possédantes de leurs moyens de production, qui sont le meilleur support du capitalisme!

Il est vrai qu’elles ont été gâtées. Ce sont elles qui se sont partagé la plus grosse part du gâteau de l’ascendance. Et cela grâce a une savante redistribution du profit capitaliste par la politique des revenus de la société du salariat généralisé.

Ces nouvelles couches moyennes ne sont pas propriétaires de leurs moyens de production, elles ne sont pas - en leur majorité - des forces productives directes mais elles se trouvent au résultat du procès de production, des autres, la gueule ouverte, pour tout engloutir. Elles se paient même le luxe de dénoncer la « Société de consommation ». Cette idéologie est devenue une idéologie dominante, depuis Mai 1968, ce 14-Juillet des nouvelles couches moyennes. Elle a sécrété les nouveaux modèles de la consommation « libérale ».

Cette idéologie de la libéralisation n’est pas le seul support de la contre-révolution libérale. Le management, celui des grands monopoles, prétendra même dépasser... le marxisme. Ne dispose-t-il pas, en son sein, des techniciens supérieurs et des ingénieurs, forces productives directes ? Du coup, nous dira-t-on, la force productive traditionnelle, celle de l’ouvrier non qualifié, deviendrait un simple appoint.

Il est fondamental de comprendre que cette contre-révolution libérale est devenue l’idéologie et la réalité dominantes. Elle a fait éclater les clivages traditionnels de la droite et de la gauche. Maintenant, elle est autant à droite qu’à gauche.

Entre le libéralisme avancé de Giscard [Sarkozy] et la social-démocratie retardée de Mitterrand [Hollande], ou est la différence ?

Le dogmatisme du PCF l’a empêché de comprendre cette métamorphose de la société française, le rôle des nouvelles couches moyennes, la nouvelle stratégie du capitalisme: la contre-révolution libérale, qui n’a pas grand-chose de commun avec la « droite » traditionnelle. Mais la crise peut lui permettre de se rattraper, et même d’inverser la tendance.

Le moment est venu pour les communistes de dire : « C’était formidable, votre combine, dommage que ça se casse la figure. Vous avez Cru que c’était arrivé, alors que vous ne faisiez que vérifier nos analyses: le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance apporte une croissance économique fantastique dans la mesure ou celle-ci propose les conditions d’une crise non moins fantastique. Le capitalisme de l’ascendance n’est que les conditions objectives de la crise. »

C’est le moment de s’adresser a ces nouvelles couches moyennes pour leur montrer qu’elles se sont réparties selon une implacable hiérarchie sociale: grande, moyenne, petite bourgeoisie. Une énorme partie de ces couches a des intérêts de classe analogues à ceux de la classe ouvrière traditionnelle.

Pour sortir ces couches moyennes de leur engourdissement libéral, il faut les prévenir de ce qui les attend: le chômage massif. Autant le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance a créé des emplois artificiels, non productifs, d’encadrement, de plumitifs, autant celui de la crise les liquidera sauvagement pour mettre en place, dans le tertiaire et le quaternaire, l’appareillage de l’informatique et de la robotique.

Il faut montrer aux productifs de ces couches - techniciens, ingénieurs - qu’ils participent au travailleur collectif et qu’ils sont, eux aussi, victimes du management des improductifs. La création d’emplois devrait étre au coeur du débat. Les postes d’encadrement technocratique ne sont-ils pas l’empêchement a priori de la création d’emplois productifs? Tout un cheminement vers l’autogestion est possible, de par la simple recherche des nouveaux critères de gestion.

Autant la montée hégémonique des nouvelles couches moyennes a permis la contre-révolution libérale, autant leur remise en question par la crise devrait permettre la remontée du socialisme et du Parti communiste français. Mais il faudrait alors procéder dialectiquement, se tourner aussi vers la classe moyenne traditionnelle et ne pas rater, non plus, sa « récupération » partielle. Car, que de magnifiques occasions ont été manquées aussi de ce coté-la.

C’est que cette classe sociale participe au travailleur collectif. Et à ce titre, elle a été doublement remise en question, par le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance. Autant celui-ci a fait la promotion des nouvelles couches moyennes, autant il a « enfoncé » une grande partie de la classe moyenne traditionnelle. Comment ne pas s’être rendu compte de ce dispositif contradictoire de la France de la modernité ?

C’est sur le dos du petit et moyen commerçant, paysan, entrepreneur, que se sont édifiés les monopoles puis le capitalisme monopoliste d’Etat. Mais surtout: quelle mise en boite idéologique! Comme ces gens-la se sont fait chambrer par l’idéologie libérale de la libéralisation! Eux, qui défendent les valeurs traditionnelles du mérite, du travail, de l’économie, du réinvestissement, ont vu leur genre de vie totalement remis en question par l’extraordinaire marché du désir nécessaire a l’économie politique du libéralisme, par l’idéologie non moins nécessaire à l’écoulement de la marchandise de cette industrie du loisir, du plaisir, du divertissement, de la mode. On connaît toutes leurs conséquences : délinquance, insécurité, etc.

Alors, pourquoi ne pas avoir proposé à ces éléments du travailleur collectif les arguments théoriques et les modes d’action qui leur auraient permis de dénoncer la suffisance et l’arrivisme de la hiérarchie libérale? Lutter contre le laxisme du libéralisme, c’est programmer toute une reconquête culturelle.

La crise peut donc permettre au Parti communiste de « récupérer » une grosse partie du corps électoral, partie des nouvelles couches moyennes et de la classe moyenne traditionnelle. Il doit lutter contre les deux grands effets pervers du libéralisme, économique et culturel, pour rendre au travailleur sa dignité professionnelle et morale.

C'est d’autant plus urgent que se profile ce qui pourrait devenir un néo-fascisme qui serait la sinistre et hétéroclite collusion des privilégiés du libéralisme, qui ne veulent rien céder de leurs privilèges acquis et de la vieille droite revancharde qui, elle, veut reconquérir les siens.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 17:08

Par Michel Raimbaud

Origine : http://www.afrique-asie.fr

 

En ces temps troublés, la « communauté internationale » - nom de scène des trois Occidentaux qui se piquent d’être les maîtres de droit divin de notre planète - semble perdre les pédales. Voilà donc nos larrons en quête de nouvelles aventures. 

 

Comme d’habitude, l’Amérique, cette nation qui se croit indispensable et dispense aux quatre coins de l’univers ses leçons de morale, de démocratie et de droits de l’homme en faisant oublier qu’elle doit son existence au génocide des amérindiens et sa prospérité actuelle au pillage du monde considéré comme une arrière-cour, donne le ton. Ses sbires, les ci-devant « grandes puissances européennes », qui se plaisent à jouer aux gros poissons dans les petites mares, ne sont pas en reste…Ayant remis les pendules à l’heure avec son Brexit et lancée dans le compte à rebours d’un Scotxit, la perfide Albion peut s’investir à fond dans son rôle traditionnel de cheval de Troie de l’Amérique. Pour sa part, notre « grande nation », qui fait tout pour ne plus l’être, se distingue par son arrogance ordinaire, sa prétention anachronique et le naufrage de sa diplomatie.

 

Nos fanfan-la-tulipe, nos malbroughsmironton-mirontaine,nos lafayette-nous-voilà, prennent de grands airs de chefs de guerre qui nous feraient rire si leurs desseins n’étaient pas aussi sinistres : appeler à envoyer « à six pieds sous terre »Bachar Al Assad, s’acharner à peaufiner la mise à mort du peuple syrien et à détruire la vieille terre qui fut la matrice de notre civilisation, de nos religions et de notre alphabet ne sont pas des objectifs dignes d’un pays à l’histoire prestigieuse, qui se réclame si volontiers des « lumières ». Enchaîner les provocations et les incidents diplomatiques en pensant humilier ou braver ce Vladimir Poutine qui tient tête à l’Amérique, divinité révérée par nos élites, est du plus haut ridicule.

 

La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington

Dans la posture qui est la sienne depuis son retour au « bercail atlantique », la France a perdu sa crédibilité, son prestige et le respect des pays qui jadis la trouvaient « juste même lorsqu’elle est injuste ». La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington,au point d’être tenue à l’écart des grands dossiers et évincée des négociations décisives, tant est évidente sa capacité de nuisance. 

 

Certes, nous rétorquera-t-on, la France a encore des alliés stratégiques qu’elle choisit apparemment selon des critères inovants. Certains de ces critères tiennent à des affinités profondes avec nos valeurs traditionnelles (droits de l’homme, condition de la femme, respect des travailleurs immigrés, tolérance religieuse, démocratie, libertés…), d’autres sont inspirés par une complémentarité naturelle (ils ont du pétrole et des dollars, nous avons des idées et surtout des besoins d’argent frais), d’autres enfin sont en relation avec des facteurs auxquels on ne s’attendrait pas, à savoir la proximité avec des terroristes « modérés » et des « démocrates » djihadistes: c’est ainsi qu’après l’heure du Qatar (merci pour ce moment)et une brève idylle avec Erdogan le Maléfique(gâchée par le souvenir d’un génocide),nous vivons « l’instant saoudien », avec une farandole de princes et d’émirs comme s’il en pleuvait, des promesses de contrats mirifiques, une  «identité de vues totale »propice à tous les mauvais coups. Si Paris valait bien une messe, Riyad vaut bien quelques promesses voire quelques compromissions : la distance nous sépare, mais la volonté de détruire la Syrie et de« neutraliser » Bachar al Assad nous unit…

 

Il y a quelque chose de pourri au royaume des grandes démocraties 

Le déferlement d’inepties, de mensonges, de trucages, de faux pavillons, de références en trompe-l’œil devrait interpeller quelque part nos élites ployant sous le fardeau de leur « mission civilisatrice et bombardière ». Hélas, nous avons beau tendre l’oreille, c’est à peu de choses près le silence radio. N’y aurait-il pas quelque chose de pourri au royaume des grandes démocraties ? N’y aurait-il pas un maillon manquant dans cette sainte trinité occidentale où l’on cherche en vain l’esprit sain qui pourrait inspirer le père anglo-américain et le fils franco-européen.

 

S’il n’y avait que les déclarations martiales, les contre-vérités flagrantes, les mensonges sans vergogne, les imprécations sans foi ni loi, cene serait que le énième tableau de lamauvaise série B que les médias, intellectuels et politiques, de gauche, de droite et du milieu, déversent depuis plusieurs années sur le bon peuple français qui en a vu, entendu et gobé bien d’autres. C’est agaçant et ignoble, c’est inquiétant, mais on s’y fait. L’important n’est pas la rose ou même le rouge au front, c’est de voter, quitte à choisir le plus beau, le plus hâbleur, le plus menteur, le plus martial ou le plus bête…Les campagnes électorales débutantes ou finissantes en témoignent : l’Amérique devra choisir entre la prévisible harpie, Hillary, l’égérie des néocons, faucons et autres variétés du « parti de la guerre », et l’imprévisible Trump, qui a annoncé la couleur.

 

Pour l’instant, il est particulièrement angoissant d’entendre, au sein de ce temple de la diplomatie que devrait être le Conseil de Sécurité,vociférer les mégères et les gorgones qui ont investi la diplomatie US et s’égosiller les diplomates aux longs doigts et aux costumes gris à rayures verticales des « grandes diplomaties », toutes et tous à l’unisson pour répercuter vers les quatre coins de la planète le courroux denos bons maîtres chahutés par l’Histoire.

 

Laréuniondu Conseil consacrée à la Syrie, tenue le dimanche 25 septembre 2016, devrait rester inscrite aux annales de l’arrogance et de la perfidie. Grâce soit rendue aux chevaliers de l’Axe du Bien comme Samantha Power, égérie des néo conservateurs américains, au ministre anglais des affaires étrangères,qui doit sa promotion ahurie au Brexit, et au représentant français au Conseil de Sécurité, relayés de près ou de loin par les Kerry, Ayrault et consorts, le spectacle était prometteur et n’a pas déçu, qu’il s’agisse de la richesse des pauvres réparties, de la majesté du style oratoire, de la haute tenue morale des contre-vérités et acrobaties de langage ( parler sans filet est un exercice de haute volée).

 

De réunion en réunion, le spectacle continue, sans cesse renouvelé comme les vagues de la mer, dans une ambiance de tragédie : ceux qui veulent libérer les habitants d’Alep de la sauvagerie terroriste sont des criminels de guerre passibles de la Cour Pénale Internationale, ceux qui financent et protègent les dits terroristes sont des héros à casques blancs passibles du Nobel de la Paix. C’est beau la dialectique et comprenne qui pourra…  

 

Ban et le sacre de Dame bêtise…  

Pour couronner le sacre de Dame bêtise, nous avons droit à la prestation de Ban. Ce falot personnage, qui s’apprête à nous quitter après avoir brillé par sa servilité, a bien mérité de la patrie (américaine) : il n’aura pas eu besoin de fermer l’électricité derrière lui tant l’obscurité était déjà profonde au Secrétariat Général des Nations Unies, mais il n’aura pas attendu d’avoir rendu sa livrée pour tenir un discours qui, tranchant avec la banalité habituelle de ses propos, témoignait de sa perfidie et de son allégeance au dieu Amérique, accablant l’Etat syrien de ses affirmations mensongères et de ses accusations frelatées.

 

Bref, nous avons droit à une mobilisation générale du ban et de l’arrière-ban de la « communauté internationale » occidentale mobilisée au service des terroristes et de leurs parrains, dans un déferlement de haine et de bassesse qui sied mal à l’ambiance feutrée des instances diplomatiques. Tout ce beau monde, à coup d’effets de manches, de tirades grandiloquentes et patelines, de sorties collectives théâtrales, veut faire croire qu’il essaie de sauver le droit international que depuis vingt-cinq ans les maîtres impériaux de la planète ont dévasté. Est-ce parce qu’ils sont tombés sur la tête qu’ilsvoient le monde à l’envers ? En tout cas, menteurs ils sont, menteurs ils resteront !

 

Pour la France, quel gâchis d’avoir mis un point d’honneur à se complaire dans le déshonneur. Injuste, immorale, suicidaire, la diplomatie française est devenue  si stupide qu’elle nous fait parfois désespérer. Tout se passe comme si nos élites avaient jeté aux orties l’héritage national, les références, les valeurs, les convictions qui nourrissent une politique étrangère digne d’un grand pays…La France n’avait pas de pétrole ; voilà qu’elle semble n’avoir plus d’idées, sa diplomatie en étant réduite à racler dans les tiroirs pour proposer des trucs de concours Lépine. Il ne sera pas dit que l’aménagement de notre diplomatie  est  un aménagement de cuisine : « Lapeyre, y en a pas deux », dit le slogan, mais les ambassadeurs, il pourra y en avoir deux, comme les Croates vont en faire l’expérience. Panne de courant ? Couvre-feu de la pensée ? C’est en tout cas dans une obscurité de mauvais aloi qu’est plongée la « terre des lumières ».Et pour l’instant, il reste bien caché, l’homme d’Etat qui réussira à lui redonner sa place au soleil, levant de préférence.

Pourtant le temps presse : comme l’écrivait Paul Valéry, « le vent se lève et il faut tenter de vivre »...   

 

*Michel Raimbaud est ancien ambassadeur français, écrivain et essayiste. Dernier livre paru : « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » chez Ellipse, Paris

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 14:03
Des chercheurs syriens et français parlent des dimensions géopolitiques de la guerre en Syrie par The Syria Times

Repris sur Comité Valmy le 25 octobre 2016

 

Sous le titre « dimensions géopolitiques de la guerre contre la Syrie », l’Institut Ashtar Ahfad a organisé samedi un symposium à Damas University Center avec la participation des Français Alain Corvez, colonel à la retraite, et Richard Labévière, chercheur.

Les intervenants au colloque ont exprimé leur solidarité avec le peuple syrien et critiqué les politiques étasuniennes et occidentales concernant la guerre contre la Syrie.

Ils se sont également focalisés sur la relation honteuse entre la France et l’Arabie Saoudite, qui est rejetée par la plupart des Français, et ont discuté des changements internationaux.

M. Corvez a dit au Syria Times que le soutien militaire de la Russie à la Syrie a changé beaucoup de choses. "La stratégie des Etats-Unis a échoué et le gros problème est que de nombreux hommes politiques à Washington ne veulent pas reconnaître leur échec ... La mentalité américaine est basée sur gouverner le monde entier et gagner partout », a-t-il ajouté.

Le colonel à la retraite a précisé que le but de sa participation au colloque est de dire que la plupart des Français ne sont pas d’accord avec ce qu’il décrit comme la « mauvaise » politique du gouvernement français envers la Syrie.

Il a visité la Syrie à plusieurs reprises et il va donner des conférences en France, en Allemagne et dans d’autres pays sur les événements qui se déroulent en Syrie et le rôle des médias pour tromper l’opinion publique.

Les relations amicales entre la Syrie et la France

De son côté, M. Labévière nous a dit que la Syrie fait face à une guerre mondiale dirigée par les Etats-Unis, les pays du Golfe et Israël, se référant à la forte incidence d’Israël sur la politique française et l’échec du soi-disant « printemps arabe » en Syrie.

Il a indiqué un communiqué émis par un de ses collègues : « al-Nusra [Jabhat al-Nusra] et ISIS sont nos ennemis, mais l’armée syrienne ne pose aucune menace pour la France et elle combat le terrorisme."

Le chercheur français a également affirmé que sa visite actuelle en Syrie vise à exprimer les relations amicales entre les peuples français et syriens.

Il a souligné la nécessité d’expliquer la réalité des événements en Syrie aux futures autorités en France afin d’arrêter les erreurs et les folies commises par les autorités françaises antérieures et actuelles.

« Nous devons apprendre de l’histoire et prendre en considération les relations de la Syrie avec la France .. En fait, l’Amérique a fait payer à la France un prix élevé pour sa position envers la guerre en Irak en 2003", a déclaré M. Labévière, ajoutant : "le peuple français ressent la douleur du peuple syrien et il y a désaccord entre les diplomates français et le peuple français à cet égard.

Le Dr. Bouthaina Shaaban, Conseiller présidentiel et des médias, qui a donné un bref discours au cours du symposium, a affirmé que les relations amicales entre les peuples de Syrie et de France remontent aux relations historiques entre les deux pays.

« Nous ne doutons pas que il y a beaucoup de personnalités en Europe, qui sont opposées aux politiques occidentales ayant causé des dommages au peuple syrien. Ici, nous nous demandons, l’Europe se place-t-elle sous l’égide des États-Unis ? France et la Grande-Bretagne ont été le fer de lance du projet américain qui a échoué ! " a-t-elle ajouté.

Dr. Shaaban a précisé que la démocratie et la liberté sont de nobles valeurs, mais nous devons consolider la démocratie qui va avec notre culture, religion et peuple.

Elle s’est adressée aux deux chercheurs français du colloque : "votre visite en Syrie ne sert pas le président Bachar al-Assad, il sert votre patrie parce que vous montrez au peuple syrien que le peuple français ne défend pas par les politiques occidentales."

La souveraineté ou le chaos

Un autre court discours a été prononcé par le chercheur syrien Dr. Imad Fawzi Shueibi, qui a dit que le conflit, sur et avec la Syrie conduira soit à la souveraineté du pays soit au chaos.

Il dit qu’il y a des tentatives visant à remplacer le principe de souveraineté par le principe de l’intervention humanitaire.

Dr. Shueibi a également souligné qu’il y a un conflit sur le pouvoir et les pipelines de pouvoir, qui passent à travers la Syrie.

Pour sa part, la présidente de l’« Ahfad Ashtar Institut » Dr. Aysar al-Midani a affirmé que la coalition menée par les USA est un masque pour lutter contre la souveraineté de la Syrie.

« La guerre contre la Syrie a des dimensions politiques et culturelles. Et les terroristes sont les instruments utilisés par les pays qui veulent attaquer la Syrie", a-t-elle ajouté, soulignant que les chercheurs français défendent la souveraineté de la Syrie et un nouveau monde basé sur des relations d’égalité.

Les participants au colloque ont appelé à la tenue d’une conférence mondiale contre le terrorisme à Damas afin de former un groupe pour faire pression sur les pays qui soutiennent le terrorisme et améliorer la compréhension de la reconstruction de la patrie, ainsi que pour renforcer la pensée.

Il est intéressant de noter que le M. Alain Corvez est un expert militaire stratégique ayant servi en tant que chef adjoint du contre-espionnage en France, un conseiller en sécurité auprès du Premier ministre français, un conseiller de commandant des forces de maintien de la paix des Nations Unies au Liban.

Il travaille maintenant comme analyste stratégique et est professeur à l’Académie militaire française. Il a écrit de nombreux articles.

M. Richard Labévière est un chercheur et écrivain français spécialisé dans les affaires politiques. Il a longtemps travaillé pour la télévision et radio françaises et l’Agence de presse. Il a écrit 15 livres sur le terrorisme, l’islam et la Syrie.

Traduction : Claude Roddie
Comité Valmy

http://www.syriatimes.sy

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 17:22

Un aberrant désir de guerre

 

Source : http://www.entrefilets.com/un_aberrant_desir_de_guerre.html

 

13/10/2016 Le pire n’est jamais garanti dit-on. Certes. Sauf que c’est exactement ce que l’on devait dire avant le déclenchement de la Première, puis de la Deuxième guerre mondiale. Et persiste pourtant cette sorte de naïveté qui fait penser à beaucoup que non, finalement non, «plus jamais ça», plus jamais 20 puis 60 millions de morts au nom de la Patrie, c’est-à-dire pour le profit des industriels et des banksters. Or depuis le coup d’Etat perpétré en Ukraine par les barbouzes de l’OTAN, l’Empire US et ses laquais européens n’ont eu de cesse de créer toutes les conditions d’une guerre majeure contre la Russie (et donc la Chine), utilisant parallèlement toute la vermine médiatique aux ordres de part et d’autre de l’Atlantique pour préparer les peuples à l’inéluctable, à l’indicible, en leur assénant quotidiennement leur dose de haine antirusse. Et les menaces ne cessent de gagner en intensité. Sans parler de l'épisode dérisoire d'un Flanby voulant traîner le Président russe devant la CPI, le Général Mark Milley, chef d’état-major de l’US Army, vient ainsi de déclarer à l'adresse de Moscou: «Je veux être clair pour ceux qui, dans le monde entier, veulent détruire notre façon de vivre, nous vous détruirons» ["We will beat you harder than you have ever been beaten before"] (1). Plus que jamais, le Bloc atlantiste sous commandement US est ainsi saturé d’un aberrant désir de guerre que renforce en lui l’évidence de son déclin.

La peur du vide


Deux facteurs principaux se conjuguent et se nourrissent l’un de l’autre pour pousser l’Empire US à vouloir affronter la Russie. D’une part, la restauration de la puissance russe et la crainte grandissante de voir s’opérer à terme une jonction entre Paris, Berlin et Moscou, alliance qui éjecterait de facto l’Empire de l’Eurasie (2) en lui coupant du même coup les vivres, notamment énergétiques.


Le deuxième facteur étant bien sûr le déclin de l’Empire lui-même, déclin dont l’accélération exponentielle ravage désormais toutes les structures sociales, économiques, militaires et politiques. Menacé de banqueroute, de guerre civile, de dislocation ou des trois à la fois, l’Empire est aux abois. De par son caractère explosif avec le seul choix entre une folle ardemment prête pour la guerre nucléaire et un trublion mondialement conspué, l’élection présidentielle à venir ne fera d’ailleurs qu’intensifier le mécanisme d’autodestruction en cours. Mais quoi qu’il en soit l’Empire n’entend manifestement pas mourir dans son lit (3).

Les canons prêts à «entamer leur rouge labeur»


Sur l’échiquier planétaire, le grand jeu prend dès lors une allure de plus en plus sinistre. L’Otan tient littéralement la Russie en tenailles et a déployé des dizaines de milliers d’hommes ainsi qu’un fantastique arsenal en Europe de l’Est. En Roumanie, les Etats-Unis viennent même d’inaugurer une installation de lance-missiles conçue pour une attaque nucléaire de première frappe. Du côté de la Mer de Chine, Washington souffle en même temps sur toutes les braises possibles entre Pékin, Taipeh, Tokyo, Séoul et Pyongyang.


Mais c’est d’une Syrie déjà ravagée par les flammes que se propagera manifestement l’incendie. L’Empire US et ses laquais y entretiennent sciemment une boucherie depuis plus de 5 ans, s’associant aux pires groupes terroristes qu’ils prétendent combattre, avec pour seule obsession de renverser Bachar al-Assad, et contrer ainsi la Russie et ses alliés iraniens ou du Hezbollah libanais.
En face, Vladimir Poutine avance méthodiquement ses propres pions, apparemment convaincu que l’Empire US est bel et bien décidé à l’affrontement final. Dans l’enclave de Kaliningrad, Moscou a donc déployé des missiles Iskander à capacité nucléaire. Dans ses deux bases syriennes, ses systèmes anti-missiles S300V4 «Antey-2500» (4) sont désormais opérationnels et sont capables de détruire aussi bien les avions prétendument furtifs des américains que leurs vieux missiles de croisière Tomahawk.

En attendant l’étincelle


Tout est donc en place pour le grand suicide final et ne manque que l’étincelle.
Or en matière d’étincelle, la bataille d’Alep en cours pourrait bien faire l’affaire. Devant l’efficacité de l’offensive lancée conjointement par le Président syrien et la Russie, le Bloc atlantiste est passé en mode panique. Pour protéger ses gentils terroristes qui s’y font littéralement désosser, l’Empire menace désormais de frapper directement les troupes du Président syrien. Or les Russes ont déjà prévenu qu’en ce cas ils riposteraient immédiatement (5).


Un affrontement direct entre les deux principales puissances nucléaires de la planète est donc désormais envisagé de part et d’autre (6).


Pour mémoire, la Première Guerre mondiale a coûté la vie à 1,15% de la population mondiale.
La Deuxième guerre mondiale a coûté la vie à 2,5% de la population mondiale.
Rapporté en 2016, ce pourcentage correspond à 200 millions de morts.

Se détacher de l’Empire, vite


Le pire n’est jamais garanti, dit-on. C’est vrai. Mais il est toujours possible. Et le présent texte n’a d’autre ambition que de le rappeler.
Car nous avons atteint aujourd’hui un point qui n’est peut-être pas encore celui du non-retour, mais qui commence à y ressembler fortement.
Reste à savoir si dans un Bloc occidental où la pègre dirigeante et son clergé médiatique semblent désormais possédés par le désir de guerre, les peuples accepteront une nouvelle fois d’être conduits à l’abattoir sans broncher.
En Europe, sur 500 millions d’âmes, seule une poignée de riches hallucinés placés aux postes clés sont prêts à suivre l’Empire US dans sa folie suicidaire.
N’est-il pas devenu urgent de les congédier ?

Mis en ligne par entrefilets.com le 13 octobre 2016

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 16:42
La bataille d'Alep: Dos au mur les américains jouent au Dr Folamour

 Extraits

La bataille d’Alep au nord de la Syrie peut être considérée comme le Stalingrad des islamistes coupeurs de tête ayant envahi ce pays.


Chacun devrait s’en réjouir car la coalition menée par la Russie, dont l’aide militaire a été officiellement demandée par le gouvernement syrien, est en train de libérer les territoires occupés par les mercenaires financés par les wahhabites saoudiens sur ordre de l’oncle Sam.

Cependant, cette opinion est loin de faire l’unanimité.
En effet, la victoire prochaine de cette coalition est considérée comme un échec géopolitique pour les Américains qui tentent par tous les moyens de saborder cette dynamique de succès.

Quelques rappels sur la géopolitique américaine

La stratégie long terme des Américains fut théorisée dans les années 40 par les inventeurs de la géopolitique que furent Halford John Mackinder puis Nicholas Spykman.

Dans les grandes lignes, ces derniers ont divisé la planète en 3  zones :
– Le Heartland
– Le Rimland
– les iles périphériques

Le Heartland, cœur du continent européen riche en ressources naturelles correspond en gros à l’ancienne URSS.
Le Rimland est une zone qui encercle cette dernière, soit un croissant qui va de l’Europe de l’ouest jusqu’au au proche et moyen orient (*) incluant également l’Inde et la Chine.
Enfin, les iles périphériques qui correspondent au reste de la planète, États-Unis, Japon, etc.

(*) Avec ses matières premières abondantes

 

 Cette théorie nous enseigne que celui qui contrôle le Hearland et le Rimland contrôle la planète.
Conséquence immédiate, il faut à tout prix éviter une alliance spontanée entre ces deux zones, à savoir la fameuse « Europe de l’Atlantique à l’Oural » chère au Général De Gaulle.

Toute la politique étrangère des USA depuis 60 ans environ est basée sur ces concepts, en commençant par la mise en œuvre de la  doctrine Truman en 1947 qui induisit 40 années de guerre froide entre les blocs Est et Ouest.

Cependant, la perte inéluctable de l’hégémonie américaine et la constitution d’un bloc solide en face du bloc BAO (Bloc Américaniste-Occidentaliste) avec l’OCS (*)  semble éloigner définitivement ce rêve de domination mondiale.

(*) Organisation de Coopération de Shanghai, organisation assez peu connue en occident car nos médias (gênés) en parlent peu. L’OCS devient un contre-pouvoir économique très sérieux au bloc BAO (incluant l’UE) avec de nombreux pays candidats pour y adhérer. L’un des objectifs majeurs de cette organisation est la dé-dollarisation des échanges.

Le début de l’histoire commence à la fin de la Seconde Guerre Mondiale

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis n’ayant subi aucune destruction sur leur sol, étaient devenus la première puissance planétaire. Après avoir consacré près de 40% du PIB à l’effort de réarmement, leur puissance militaire était devenue sans égale ou presque dans le monde .
Il y avait cependant un grain de sable de taille.
En effet, la Russie de Staline avait quasiment vaincu les nazis à elle toute seule en éventrant la Wehrmacht sur le front est.
Les Américains l’avaient certes aidée par envoi de grandes quantités d’armements à partir de 1940.
Cependant c’est par un effort de guerre russe sans précédent que la machine de guerre allemande avait été vaincue. La Russie était donc également devenue une puissance militaire considérable.

Et puisque l’idéologie occidentale capitaliste était opposée à celle de l’URSS marxiste communiste, les deux blocs devinrent des ennemis naturels.

L’équilibre de la terreur nucléaire avait mis les USA dans l’incapacité de détruire militairement le régime soviétique. Cette situation induisit cependant un certain nombre de guerres périphériques dont la plus sanglante fut celle du Vietnam avec près de 20% de la population civile exterminée par les bombes et épandages chimiques massifs des États-Unis (*).

(*) Avec 80 Millions de litres d’agent orange déversés sur le Vietnam, les Américains nous démontrèrent leurs grands talents de comiques lorsqu’ils parlèrent de ligne rouge lors des attaques chimiques de 2013 en Syrie attribuées sans preuves au gouvernement Assad !

Ce contexte a perduré durant presque un demi-siècle jusqu’à la dissolution volontaire du régime communiste d’URSS en 1989.

Chute de l’URSS, un monde unipolaire…durant moins de 10 ans

Lorsque « l’est est passé à l’ouest », le capitalisme ultra-libéral triomphant a cru au concept Hégélien de « fin de l’histoire« , remis au gout du jour par Francis Fukuyama.

Il s’agissait alors pour clore définitivement le chapitre communiste de transformer l’économie Russe en économie de marchés à l’aide des méthodes habituelles du FMI [1].
Et comme à chaque fois, ces méthodes ont échoué.
La Russie s’est retrouvée exsangue à la fin des années 90 avec un PIB qui, en moins de 10 ans, avait chuté plus fortement que durant la guerre [1].
En parallèle, les Américains crurent que le monde était devenu définitivement unipolaire.
Ces derniers eurent alors pendant un temps les mains libres pour continuer leur prise de contrôle du Rimland (première guerre d’Irak), considérant un peu hâtivement qu’ils contrôlaient le principal état du Heartland à travers leur homme de paille, le « pochetron » corrompu Boris Eltsine.

La Russie se redresse grâce à Poutine et la Chine émerge

En 1999, l’élection de Vladimir Poutine dans une Russie sinistrée changea complètement la donne.
En effet, ce dernier en véritable défenseur des intérêts nationaux réussit à mettre en place en Russie un habile compromis entre l’économie de marché et le pouvoir de l’état. En parallèle, il réussit à lutter contre la corruption oligarchique s’étant massivement développée sous Eltsine.
Le résultat fut un doublement du PIB en une décennie et un retour du pays sur la scène des grandes puissances.

Le président Poutine ayant décidé de mener une politique indépendante des USA, la Russie redevint bien entendu pour les Américains un ennemi cette fois créé de toutes pièces.

Quant à la Chine qui refusa également de suivre les règles du FMI, son PIB explosa littéralement dans les années 90 et 2000 grâce à une économie libérale semi-dirigée.

Le bloc BAO, UE, OTAN

Durant les années 90 et 2000, le bloc BAO sous leadership américain poursuivit sa politique de prise de contrôle du Rimland selon deux axes  :
1) remodelage du Moyen Orient par la force grâce à « l’aubaine » du 11 septembre [2].
2) élargissement de l’OTAN vers les ex pays de l’est après avoir trahi la parole donnée aux Russes de ne jamais le faire (*).

(*) La trahison de la parole donnée est une constante dans la culture anglo-américaine, on rappellera seulement le viol systématique d’environ 400 accords signés avec les Amérindiens.

La feuille de route américaine ayant été à peu près respectée avec l’invasion de l’Afghanistan, la destruction de l’Irak puis celle de la Libye, le tour de la Syrie était venu en 2011. Cette action sur la Syrie était planifiée depuis 2009 comme l’a révélé ultérieurement Roland Dumas [5].

En effet, ce dernier a lâché le morceau en déclarant que 2 ans avant le début des hostilités en Syrie, « il se préparait quelque chose en Syrie » et qu’on lui avait proposé d’y participer :

L’invasion militaire directe ayant montré ses limites et surtout ses couts pharaoniques avec l’Irak en 2003, la technique retenue pour la destruction du régime à abattre fut celle de la guerre par procuration à travers des mouvements terroristes financés par l’allié Saoudien de longue date (pacte du Quincy) [3].
En effet, cette méthode avait plutôt bien fonctionné durant la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan avec l’instrumentalisation d’Al-Qaïda. A ceci près que ces derniers se sont ultérieurement retournés contre les Américains.

Le plan américain pour détruire la résistance syrienne, stratégie et propagande

La bonne vieille méthode utilisée lors de la guerre du Vietnam et décrite par Noam Chomsky [4] fut d’abord utilisée pour diaboliser le régime syrien de Bachar El Assad à travers les médias mainstream vassalisés.

L’argumentaire fallacieux basé sur la répétition médiatique repose sur les piliers suivants :
1) Bachar El Assad est un dictateur qui s’en prend violemment à ses opposants
2) De « pacifiques » manifestations de l’opposition en 2011 furent réprimées dans le sang par le gouvernement
3) Les opposants syriens qualifiés de « rebelles » se soulevèrent dans tout le pays pour renverser le gouvernement
4) Ne pouvant masquer le fait que la plupart de ces « opposants » sont en fait des mercenaires islamistes bien organisés (Daech, Al-Qaida, etc…), un oxymore fut inventé pour la circonstance.
Il s’agit bien entendu du concept d’ »islamistes modérés » (*).

 Exemple de décapitation d’un enfant par des « islamistes modérés ».

On oublia cependant soigneusement de signaler les fondamentaux suivants :
1) Le début des troubles en Syrie a coïncidé avec le refus de Bachar El Assad de construire un gazoduc pour transporter le gaz qatari vers l’Europe afin de concurrencer le gaz russe.
2) L’état syrien fut en réalité attaqué sur son sol par des combattants étrangers issus de plus de 100 nationalités différentes. Le groupe le plus important étant l’État Islamique apparu en Irak à l’issue de la destruction de ce pays par les Américains en 2003.
(Bien peu de rapports donc avec une guerre civile).
3) Ces combattants bénéficient de gros moyens militaires et sont encadrés par des gens compétents et expérimentés. Ces derniers étant d’anciens cadres de l’armée de Saddam Hussein libérés à cet usage des geôles irakiennes par les Américains.
4) Cette guerre par procuration est financée par les régimes sunnites extrémistes du golfe et en particulier l’Arabie Saoudite et le Qatar.
5) Les USA et leurs toutous (Grande Bretagne, France) livrent des armes aux islamistes dits modérés de tous poils par l’intermédiaire des Saoudiens et des Qataris. Des « conseillers » occidentaux sont également signalés dans les rangs des islamistes.
6) Les alliés des Américains (Arabie Saoudite, Israël, Turquie,… ) ravitaillent les islamistes, soignent leurs blessés et achètent le pétrole extrait des puits volés aux Syriens.
7] Et enfin, les opérations en Syrie étaient planifiées depuis 2009 (Roland Dumas [5]).

L’objectif des Américains était en réalité de faire chuter le gouvernement de Bachar El Assad en laissant agir les hordes islamistes à leur place et prétendant qu’il s’agit d’une guerre civile.

La célèbre remarque de Fabius en 2012 prend alors tout son sens « Al-Qaida fait du bon boulot«  ou « Bachar ne mérite pas de vivre ».

Ce type de déclarations outre le fait qu’elles soient des incitations à participer au jihad en Syrie, sont également des apologies du terrorisme et des appels au meurtre caractérisés.
Elles constituent un délit puni par la loi pour le vulgum pecus (article 421-2-5 du Code pénal), mais manifestement pas pour un ministre en exercice.

Le plan américain ne se déroule pas comme prévu

Dans un premier temps, tout se passe bien.
Les dizaines de milliers de mercenaires psychopathes recrutés un peu partout dans le monde, drogués au Captagon et encadrés par les anciens généraux de Saddam firent le boulot d’invasion du territoire syrien grâce aux armes livrées en sous main par l’occident.
Ces derniers, motivés uniquement par une poignée de dollars avaient reçu l’assurance que l’armée de l’air syrienne serait clouée au sol par une « no fly zone » à l’identique de celle de l’opération de 2011 en Libye.

L’armée de Bachar El Assad abandonne dans un premier temps de vastes portions du territoire syrien aux islamistes dans une sorte de remake de la blitzkrieg nazie du siècle dernier.
En particulier l’est du pays est occupé ainsi que le nord avec la région industrielle et stratégique d’Alep Est assurant ainsi le ravitaillement des islamistes et la revente de pétrole vers la Turquie.
Cependant, avec l’aide massive du Hezbollah Libanais (ennemi d’Israël), de l’Iran (*) et la forte résistance des Kurdes (en guerre larvée contre la Turquie), l’ouest de la Syrie résiste durant 4 longues années à la poussée des envahisseurs.

(*) Les Iraniens savent que si la Syrie tombe, ils seront les prochains sur la liste

En 2015, la situation devient plus difficile pour l’armée arabe syrienne du fait de la livraison massive de missiles antichars (Tow US et Milan Français) aux forces islamistes. Le président Assad décide donc en septembre 2015 de faire appel à la Russie pour une aide militaire.
Le président Poutine répond favorablement à cette requête et décide, conformément au droit international, de mettre en place un soutien aérien massif aux troupes au sol syriennes et à leurs alliés.

La Russie intervient en respectant le droit international

La Russie possède deux implantations militaires en Syrie avec la base navale de Tartous et la base de Hmeimim dans le nord-ouest de la Syrie, aménagée pour accueillir jusqu’à une centaine d’aéronefs.
Petit détail qui a son importance, cette base est protégée par les redoutables missiles sol air Russes S400.
L’offensive aérienne russe, synchronisée avec l’armée régulière syrienne au sol débute en novembre 2015. Les Russes pilonnent les positions des  divers groupes islamistes à l’aide de leur aviation et autres missiles de croisières tirés depuis la Caspienne.
Les résultats ne se font pas attendre avec la rapide reprise de la région de Lattaquie et surtout la libération chargée de symboles de la cité historique de Palmyre en mars 2016.

L’étape suivante débutée récemment consiste à libérer la région d’Alep des mercenaires jihadistes.
Avant l’invasion, cette région était le poumon économique de la Syrie avec plus de 1500 entreprises qui faisaient vivre plus de 1,5 million de travailleurs.

L’offensive d’Alep, vers la libération totale de la Syrie

Lorsqu’en 2012 les égorgeurs jihadistes ont envahi massivement le nord de la Syrie et en particulier toute la partie est de la région d’Alep, les dirigeants occidentaux et leurs médias n’y ont rien vu à redire, aucun battage médiatique relatant des civils massacrés ou autres hôpitaux attaqués.

Alep est l’une des principales lignes de front où l’armée arabe syrienne réussit à résister à la poussée des mercenaires étrangers durant plusieurs années.
Le mérite de cette armée est d’autant plus grand que les troupes occupantes étaient sans cesse renouvelées à travers le recrutement de nouveaux fanatiques sur toute la planète et le remplacement du matériel militaire détruit par les Saoudiens et le Qatar.

La donne changea radicalement lorsque la Russie vint épauler l’armée arabe syrienne avec son aviation.

Après avoir libéré plus de 15% du territoire occupé par les envahisseurs en seulement quelques mois, la coalition russo-Syrienne décide en juillet 2016 de lancer une offensive pour libérer la partie est de la ville d’Alep, action qui couperait définitivement la route de la Turquie qui sert à ravitailler les islamistes et qui ouvrirait la route de la reconquête de tout l’est de la Syrie en commençant par Raqqa, la capitale autoproclamée de l’État Islamique.
Cette reconquête serait le coup définitif donné aux islamistes avec la jonction de la Syrie libérée avec la frontière irakienne.
Le croissant chiite Syrie, Irak, Iran serait alors reconstitué.

Les premiers succès de l’opération de libération d’Alep rendirent fous de rage les Américains et leurs caniches.
Ils tentèrent alors de torpiller ce succès par tous les moyens à leur disposition.

L’Amérique humiliée devient incontrôlable

Une première phase de pseudo-négociations américaines pour obtenir un nouveau cessez-le-feu humanitaire fut effectuée dans le cadre de l’ONU, l’objectif étant de permettre aux forces d’invasion terroristes en mauvaise posture à l’est d’Alep de recevoir des renforts.
Ce cessez-le-feu entra en vigueur en septembre, il fut définitivement rompu une semaine après par une attaque des forces de l’OTAN à Der ez-Zor contre les troupes … de l’armée régulière syrienne assiégées.
Malgré les excuses de la Maison Blanche qui prétendit que ce fut une erreur, cette exaction semble montrer que le président ne maitrise pas les forces armées sur le terrain, il semblerait que cette frappe fut décidée par les faucons du Pentagone en coordination avec les terroristes locaux qui lancèrent immédiatement une attaque contre les positions syriennes affaiblies.
(Autre hypothèse, Obama est en phase avec le Pentagone et les excuses officielles ne sont que de la manipulation).

Cette tentative un peu désespérée ayant échoué, des déclarations guerrières très virulentes furent lancées par les faucons américains :
– 02/09/2016 : La folle Hillary Clinton menace ouvertement la Russie de lui faire la guerre dans cette déclaration édifiante :

– 28/09/2016 : John Kirby, porte-parole du Département d’État américain déclare :
« Les conséquences (de l’aide Russe, voir la totalité de sa déclaration ici) seront que la guerre civile continuera en Syrie, que les groupes extrémistes profiteront du chaos en Syrie pour étendre leurs opérations, ce qui impliquera des attaques contre les intérêts russes, peut-être même les villes russes. La Russie continuera à renvoyer ses troupes dans des sacs mortuaires et ils continueront de perdre leurs ressources matérielles, sans doute plus d’avions »
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/les-usa-menacent-d-attaques-dans-les-villes-russes/#qxogs2S4pHByBrUI.99

– 04/10/2016 : Général Mark Milley, chef d’état major de l’armée US : « Nous vous détruirons » : Les terrifiantes… par les-crises

Le général Milley qui se croit dans « Starship Troopers »

Extrait :
« …Nous allons vous battre (les Russes) plus durement que vous ne l’avez été auparavant… »
(Ce général ne sait manifestement pas que la Russie n’a jamais été vaincue sur son territoire, demandez à Napoléon ou à Hitler).

Nous attendons toujours les commentaires de nos médias sur ces déclarations d’une incroyable irresponsabilité de la part de nos « amis » américains.

Une désinformation médiatique naïve mais massive

Nos médias ont accompagné ces déclarations non relayées avec une propagande de guerre totalement naïve pour tenter de monter l’opinion occidentale contre le couple Poutine-Assad.
Les médias prétendent donc que ces derniers commettent des crimes de guerre en visant les civils à Alep est, voir Le Point, L’Express, FranceTVinfo et L’Obs ainsi qu’une synthèse ici.
Tout ceci ressemble donc fortement à la préparation des esprits à une guerre contre la Russie.

Bien entendu, les quelques véritables journalistes ou témoins de première main qui sont allés sur le terrain en Syrie tiennent un autre discours :
. témoignage d’un Français aidant la population d’Alep ouest
. Journaliste Britannique Vanessa Beelay de retour de Syrie, interview ici.
. l’archevêque d’Alep

Et une excellente analyse du géopolitologue franco-syrien Bassam Tahhan, interview ici.

Pendant ce temps à Mossoul…

Les élections américaines approchant, il serait opportun de jeter en pâture au public US une petite victoire militaire pour redorer le blason clintonien qui en a bien besoin.
C’est le moment choisi par les USA pour lancer une attaque sur la ville irakienne de Mossoul afin de la libérer de l’occupation des mercenaires de Daech.

Nous avons donc deux batailles similaires en cours, l’une en Irak et l’autre en Syrie :
1) D’un coté la coalition occidentale alliée à l’armée irakienne qui pilonne les positions de l’État islamique pour préparer la reprise de la ville de Mossoul par les troupes gouvernementales.
2) De l’autre coté en Syrie, la coalition russe alliée à l’armée arabe syrienne qui pilonne les positions d’Al-Qaida pour préparer la reprise de la ville d’Alep par les troupes gouvernementales.

On nous présente d’un coté l’attaque en Irak de la coalition  des gentils occidentaux comme une libération contre l’occupant islamiste.
En revanche pour la Syrie, la coalition des méchants Russes s’en prend à l’opposition modérée au régime de Bachar en commettant des crimes de guerre contre d’innocents civils !
Ceci même si la coalition occidentale agit dans l’illégalité la plus totale car n’ayant ni mandat de l’ONU, ni requête officielle du gouvernement irakien et encore moins syrien pour intervenir.
(Contrairement à la coalition russe qui agit en toute légalité sur demande officielle du gouvernement souverain de Syrie.)

A noter par ailleurs qu’il est vraisemblable que les islamistes d’Irak passent en Syrie pour renforcer leurs frères d’armes qui combattent les Russo-Syriens.

Les peuples occidentaux considérés comme des crétins gobes mouches

La propagande médiatique atteint aujourd’hui des sommets jamais vus depuis un siècle, les élites considèrent de plus en plus les population comme de parfaits crétins prêts à gober les pires mensonges.

 

Les Lapins crétin, l’une des réussites d’Ubisoft.

On peut toutefois émettre quelques doutes sur la totale efficacité de cette propagande, en témoigne le sondage du Figaro avec 96% de votes négatifs sur l’opportunité de soutenir les « rebelles » liés à Al-Qaida contre le gouvernement de Bachar.

Attentats sur notre sol et politique étrangère française

Rappelons que la vague d’attentats en cours sur notre sol avec près de 250 morts est directement induite par l’alignement aveugle de notre politique étrangère sur celle des Américains.
Les familles de nos compatriotes sauvagement assassinés peuvent remercier MM Sarkozy et Hollande qui sont les premiers responsables de ces attentats [6].

Et ce dernier, indécrottable, persiste dans la même politique étrangère mortifère.

Notre président et son subalterne Ayrault dans une escalade sans fin du ridicule et de la soumission

Nous avons eu Laurent « Al Nosra fait du bon boulot » Fabius, et pensions avoir atteint le niveau zéro de l’intelligence géopolitique.

Nous avons maintenant Jean Marc Ayrault, et c’est encore pire, ce dernier ne possède même pas le sens de la rhétorique de son prédécesseur.
Notre ministre dans ses œuvres ici (interview par un journaliste de connivence sur LCI du 05/10).

Quelques perles extraites de cette interview édifiante :
« La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes »
« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »
« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. »

Après nous avoir amusés comme premier ministre, il revient avec un autre grand porte-feuille. Et il confirme son impéritie en couvrant de ridicule notre pays aux yeux de toute la planète.
Le meilleur conseil que l’on pourrait lui donner serait de se faire oublier et de retourner à sa mairie de Nantes pour s’occuper de la gestion des ordures ménagères.

Lorsque François « 10% » Hollande bombe le torse, cela donne ceci, une menace de ne pas recevoir le président Russe durant sa visite prévue en octobre, ainsi que des déclarations hallucinantes sur une menace de traduire le président Russe devant le TPI pour « crimes de guerre ».
Devant une telle détermination, on comprend pourquoi Vladimir Poutine a pris peur et a décidé d’annuler sa visite en France !

Compte-tenu de la dimension du président russe et de son ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov qui ne jouent pas dans la même cour que les tocards d’en face, la Russie réagit rationnellement devant cette escalade avec mesure mais également avec fermeté.

Les lapins crétins qui s’abreuvent au journal télévisé de TFI ont tout de même eu droit à la réponse d’un Vladimir Poutine goguenard lorsqu’il entend les paroles des Kerry, Hollande et autres Ayrault.

La chaine LCI lui a accordé 2 petites minutes qui lui ont permis de  synthétiser la situation réelle :

En réponse, la Russie renforce considérablement ses positions militaires au Moyen Orient

S’attendant à une répétition de « l’erreur » de Deir El Zor, et anticipant l’éventualité de la mise en place d’une zone d’exclusion ou d’attaques aériennes par l’OTAN, la Russie a renforcé les défenses anti aériennes de la région.
Après avoir enfin livré ses systèmes de défense aérienne S300 à l’allié iranien, au grand dam des occidentaux, les Russes ont renforcé leurs systèmes S300 et S400 (*) en Syrie après avoir modernisé les S200 déployés par l’armée arabe syrienne.

 

Ce redoutable système de protection du ciel syrien risque de compliquer singulièrement toute tentative des Américains de créer une « no fly zone », ou autres options belliqueuses telles que l’attaque du pays par des missiles de croisières.
La répétition du scénario libyen est donc à exclure, sauf si les Américains sont prêts à subir de lourdes pertes.

(*) Les S300 et S400 sont considérés parmi  les meilleurs systèmes de défense antiaériens du monde, ils sont mobiles, à longue portée et détectent à peu près tout ce qui vole, avions furtifs inclus.

Même si la probabilité d’une guerre nucléaire reste somme toute relativement faible, l’histoire nous montre qu’une situation peut se dégrader rapidement.
Le site « Le Saker » a effectué une très intéressante analyse des options possibles face à une attaque américaine sur les forces russes.
Cinq scénarios sont envisagés entre un incident militaire unique tel que celui du bombardier russe SU 34 abattu par la Turquie jusqu’à la guerre thermonucléaire totale entre les deux puissances

Synthèse

Alors qu’elle ne menaçait aucun pays étranger, la Syrie fut attaquée par des mercenaires jihadistes financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar.
Cette attaque s’inscrivit dans le cadre de la stratégie d’hégémonie américaine au moyen orient.
En effet, après l’Irak et la Libye, le tour de la Syrie et plus précisément du gouvernement de Bachar El Assad était venu.
Une guerre directe étant couteuse et difficile à justifier en terme de communication, on décida d’utiliser des mercenaires islamistes recrutés dans la moitié des pays du monde.
Ces derniers furent alors présentés aux opinions publiques occidentales comme des « rebelles » syriens, terminologie propagandiste empruntée à la saga « La guerre des étoiles », même s’ils ne sont pour la plupart ni syriens ni rebelles.
Ils furent également qualifiés  « d’islamistes modérés », expression vide de sens.

L’armée régulière syrienne, épaulée par le Hezbollah libanais et l’Iran résista contre toute attente à l’invasion durant 4 années.
Lorsqu’il devint probable que cette dernière allait être vaincue devant des troupes d’invasion sans cesse renouvelées et bien armées, le président syrien lança un appel à l’aide au président Poutine.
Ce dernier répondit favorablement dans le respect de la législation internationale.
Il fournit alors un appui aérien relativement limité en nombre d’avions mais très efficace en terme de frappes.
En quelques mois, la situation s’inversa complètement et la coalition ainsi créée reprit de larges portions du territoire syrien occupé.
Après avoir réduit drastiquement l’approvisionnement des islamistes en bloquant la route de la Turquie au Nord, l’offensive pour reprendre la zone stratégique à l’est de la ville d’Alep fut lancée, ouvrant alors la voie à la reconquête de Raqqa, la capitale autoproclamée de l’État Islamique.

Cette situation étant intolérable pour les Américains, la désinformation médiatique occidentale redoubla d’intensité et l’on assista à une escalade verbale belliqueuse sans précédent de la part de hauts responsables États-uniens.

A la tête de ces « faucons », la candidate aux élections de novembre Hillary Clinton -par ailleurs d’une probité sans failles !– multiplie les déclarations guerrières vis à vis de la Russie.

 

Cette femme psychopathe, totalement irresponsable est affublée d’une hystérie qui frôle la pathologie mentale. Elle met la planète entière sous la menace prochaine d’un conflit mondial majeur.

En face, la Russie de Vladimir Poutine, qui bénéficie de la légitimité internationale dans le conflit syrien répond avec une grande maitrise des enjeux mais aussi avec fermeté  aux provocations multiples du camp de la guerre.

Coté français, un président falot qui occupe par hasard le poste qui ne lui était pas destiné est tellement soumis aux Américains que c’en est à vomir.
Il charge son ministre Ayrault, pas moins insignifiant que lui, de défendre l’indéfendable dans la cour des grands.
On constate par ailleurs qu’un seul pays dans ce conflit mérite son appartenance à cette cour et il ne s’agit pas de celui qui possède plus de 95% du total des bases militaires à l’étranger de la planète !

Conclusion

Il semble que nous soyons entrés dans une situation dont la dangerosité rappelle celle de la crise des missiles de Cuba en 1962.
Nous pouvons sans aucun doute parler d’un risque de conflit généralisé, même si pour l’instant il ne s’agit que de rodomontades coté ouest.
La probabilité d’une troisième guerre mondiale augmentera alors très fortement si c’est la « reine du chaos » qui arrache le pouvoir aux États-Unis d’Amérique lors des élections de novembre 2016.

A noter enfin que les États-Unis viennent de passer en mode d’alerte nucléaire « DEFCON 3 » à la date du 13/10/2016, nous n’avions pas atteint une telle tension internationale depuis 1973 à la suite du déclenchement de la guerre du Kippour.

Pendant ce temps, nos médias continuent de nous parler de mièvreries people, de la primaire à droite et du football comme si de rien n’était…

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 17:19

Coordination entre Moscou et Bagdad

Source http://french.almanar.com.lb/57653

 

Rédaction du site

Alors que la Turquie hausse le ton pour trouver une place dans la bataille à Mossoul et Ninive, Moscou a déclaré qu’elle ne peut garder les bras croisés, par crainte de voir les miliciens de Daech passer vers l’Est de la Syrie.


L’Etat-major russe a averti que l’assaut de l’armée irakienne sur Mossoul, « ne doit pas aboutir au transfert des terroristes de Daech de l’Irak vers la Syrie ».

A ce propos, le général russe Valery Girasimov a estimé que l’offensive contre Mossoul « n’a pas effectivement commencé ». Il a dit espérer que « nos partenaires  de la coalition internationale sont conscients de ce qui peut arriver à ces groupes armés pendant leur débandade ».

Selon le général russe, « les satellites militaires surveillent la situation à Mossoul, tout comme une dizaine de drones et d’avions de surveillance ».

 

Bonne communication entre Bagdad et Moscou

Entretemps, et deux jours après l’appel téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre irakien Haydar Abadi, une source proche du gouvernement irakien a qualifié de « bonnes » les communications actuelles entre les deux pays.

S’exprimant pour le journal libanais al-Akhbar, cette source a fait état d’une « coordination des efforts au sujet de la fuite de miliciens de Daech en Syrie. Moscou ayant proposé toutes sortes d’aides ».

A ce propos, le membre de la commission de sécurité parlementaire irakienne Majed Gharraoui, a souligné que « la Russie fournit à l’Irak des images sur les déplacements de Daech, mais sans qu’il n’y ait pour autant de coordination organisée ».

 

Passages sûrs à Daech

En effet, Moscou surveille de près les opérations contre Daech à Mossoul. Rapportant les propos d’une source militaire russe, l’agence de presse russe Sputnik a révélé que « les services de renseignements américains et saoudiens se sont mis d’accord pour assurer une sortie sûre aux miliciens de Mossoul avant le début des opérations de la coalition internationale ».

 

Avancée de l’armée irakienne

Sur le terrain, les forces irakiennes ont avancé sur l’axe al-Hod, alors que la police fédérale a achevé sa mission sur l’axe al-Chor.
Pendant ce temps, les forces irakiennes poursuivent leur avancée vers Qaraqosh, la plus grande région chrétienne du pays. Elles ont pénétré dans ses banlieues, situées à 15 km au sud-ouest de Mossoul.

Par ailleurs, les peshmergas kurdes ont avancé vers le village Bartala à 21 km à l’Est de Mossoul, alors que le membre du conseil de la province de Ninive, Houssam Abbar, a confirmé que les forces kurdes sont à 9 km du centre de la ville de Mossoul du côté de Khazir, soulignant que ces forces s’arrêteront à Bashiqa, donnant le relais au « service de lutte antiterroriste pour entrer au centre-ville à partir de cet axe ».

 

 Abadi à Ninive

Par ailleurs, le Premier ministre Haydar Abadi s’est rendu aux régions libérées  dans la province de Ninive. Il a visité les forces sur les fronts et les a rassurées que la bataille de libération de Mossoul va bon train, la qualifiant de bataille clé contre le terrorisme. Il a appelé les combattants à la vigilance face aux plans ourdis par Daech.

Source: traduit du site al-Akhbar

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 17:18

Texte repris sur http://reseauinternational.net/grece-le-pillage/

 

Le « Fonds de mise en valeur du patrimoine privé de l’État grec », ou TAIPED |1|, a été établi en 2011 dans le cadre du 2e mémorandum. Son statut juridique est celui de société anonyme avec un actionnaire unique : l’État grec. La troïka est fortement impliquée dans toute décision le concernant. Elle assure, avec deux observateurs, le contrôle du conseil d’administration, et nomme trois des sept membres du « Comité d’experts ». Le TAIPED est financé par le produit de privatisations, de concessions d’utilisation ou d’exploitation, estimé à 50 milliards d’euros, un chiffre qui ne se base sur aucune réalité. Les privatisations et les concessions ne prennent pas en compte la valeur réelle des actifs grecs, sous-estimés du fait de l’écroulement économique |2|. Il gère aujourd’hui le plus important programme de privatisation au monde.

 

Au cours des années suivant sa création -des années marquées pour la Grèce par une profonde récession et une crise humanitaire allant en s’aggravant- le TAIPED a souvent été volontairement associé par les dirigeants politiques grecs à un discours vantant les « privatisations » comme des « investissements » nécessaires au pays. Les gouvernements successifs ont cherché à éviter une réelle prise de conscience de la vraie nature de ce programme, baptisé par Syriza, avant sa prise de pouvoir, de « Chenil des scandales » |3|. Pensé par les « instances » non élues de l’Union européenne comme un fonds qui allait permettre de rembourser -sur le court terme- une partie de la dette publique contractée par le pays, le TAIPED conduit aujourd’hui la Grèce à brader une quantité exorbitante de ses biens, ce qui permet aux « acquéreurs vautours », étrangers comme locaux, de s’approprier ou d’exploiter -dans le cadre de concessions d’utilisation et d’exploitation- une très grande partie de son patrimoine.

 

Le portefeuille du TAIPED comprend des infrastructures, aéroports, ports, routes, autoroutes et autres, des sociétés, eau, électricité, exploitation des ressources naturelles, téléphonie, jeux d’argent et de très nombreux biens immobiliers : des milliers d’hectares de terrains –surtout en bord de mer- et un très grand nombre de bâtiments publics abritant des services et des organismes publics.

 

La loi fondatrice stipule que l’utilisation des biens publics grecs peut se faire par vente, location, gestion des affectations, concession… Les biens transférés entrent dans le fonds sans contrepartie. Il reçoit la pleine propriété et la possession immédiate des biens transférés lesquels ne peuvent plus retourner dans le secteur public.

 

Le but du TAIPED est bien le démantèlement et l’exploitation par le privé de l’ensemble du patrimoine de l’État grec. De très nombreux décrets et textes de lois ont été mis en place dès 2010, des procédures rapides visant à contourner le cadre législatif pour la protection de l’environnement et le développement durable ont été adoptées, réduisant d’autant le rôle et le contrôle de l’État. Les textes de lois ont été amputés de la notion de patrimoine « public », ce qui a ouvert la porte aux exploitations incontrôlées, en particulier celle des zones naturelles protégées.

 

Les privatisations s’opposent aux politiques de défense de l’environnement. Alors que tous les sites naturels protégés étaient regroupés dans ce qu’on appelle le « patrimoine public », qu’ils soient publics ou privés, avec le TAIPED ils tombent dans le domaine privé. C’est ainsi que la disparition de la notion de « patrimoine public » ou commun, signe la fin de la protection des sites. Il en va de même de la totalité des ressources énergétiques de la Grèce en cours de privatisation, comme le pétrole, le gaz naturel, l’électricité, l’eau et de très nombreux sites en montagne pour y installer des éoliennes, etc. La politique extractiviste, le pillage des communs pratiqué depuis des siècles dans les pays en développement, par des entreprises privées ou des États colonisateurs, bat son plein dans la Grèce d’aujourd’hui. L’installation de mines privées et autres sociétés extractivistes dans des sites comme Skouries |4| -non gérés par le TAIPED pour l’instant- en sont un exemple caractéristique.

 

Le nombre de terres, d’îles, de sites naturels en bordure de mer ou de lacs en vente est tel qu’en ne prenant en compte que la privatisation des accès –à la mer, aux lacs et rivières- ou la taille des projets futurs, on peut se faire une idée du bouleversement écologique à venir. Son ampleur sera catastrophique à l’échelle du territoire grec. Aucune étude sur l’avenir de ces zones à la suite de ces « plans de privatisation » n’a été réalisée par l’État grec. Les biens mis en vente ont été choisis selon la logique du bénéfice maximum sur le court terme. Les quelques études de faisabilité citées sur le site du TAIPED sont réalisées par des bureaux d’études fantômes qui ne sont là que pour valider les ventes. Le « développement » proposé -une catastrophe certaine- se fait au nom de la croissance du tourisme. Il suffit de jeter un coup d’oeil au site du fonds pour se rendre compte à quel point le « développement » en question sera destructeur pour l’environnement et l’esthétique des lieux, ce qui sera à terme contre-productif.

 

Pour la première fois, au cours de l’histoire grecque, les plages grecques et toutes les terres situées en front de mer sont en danger de perdre leur caractère public autant que leur caractère naturel, à l’image des immenses projets touristiques en Espagne. Des catastrophes écologiques autant que des destructions de paysage. Les sites archéologiques et les bâtiments de grand intérêt culturel ne semblent pas non plus être à l’abri.

 

Un grand nombre de zones « ouvertes à l’exploitation » se trouvent dans des zones de protection internationale (Ramsar, Natura 2000) et la question se pose de savoir qui paiera les amendes des traités internationaux qui ne seront pas respectés. Dans l’ambiguïté générale en matière de bien public, le patrimoine hellénique est pris en sandwich entre ce qui est censé être protégé, une catégorie qui tend pourtant à disparaître, et ce qui peut être considéré comme une propriété privée de l’État. De nombreux sites ont déjà été vendus, certains en bord de mer, d’autres avec des lacs naturels, sans qu’aucune clause de protection, étude des dangers et impacts écologiques ne soit inclue dans les contrats de vente aux investisseurs.

 

Tel est le résultat de la politique impulsée par la Troïka européenne, aujourd’hui Quartet, au nom du remboursement de la dette publique du pays. Pourtant au moment des premiers problèmes, en 2009, son montant était de 127 % du PIB. Un an après le 3e mémorandum signé par le gouvernement socialiste Syriza en 2015, cette fameuse dette publique approche les 185 % du PIB. L’écroulement social et économique de la Grèce, dû à ces politiques imposées de l’extérieur et privilégiant le remboursement de dettes illégitimes et insoutenables, selon les textes internationaux comme la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en est la cause.

 

Nous ne pouvons que constater le mensonge du Quartet prétendant créer les conditions économiques du remboursement. Ce dépeçage de la Grèce au nom du paiement de la dette n’est-il pas le but caché de ces mémorandums ? Cela ne relève-t-il pas d’une époque que l’on pensait disparue, celle de la politique de la « canonnière », de la prison ou de l’esclavage pour dette impayée ? Veut-on faire subir à la Grèce un sort analogue à celui d’Haïti, qui, contrainte de payer pendant un siècle une rançon à la France, est aujourd’hui complètement dominée par des intérêts étrangers, et dont la population vit dans une très grande pauvreté ?

Eleni PANOUSI

Notes :

|1| Remplacé par le HCAP S.A (Hellenic Corporation of Assets and Participations S.A.) Plus d’infos voir : Le triste anniversaire du troisième mémorandum : http://www.cadtm.org/Le-triste-anniversaire-du-3e

|2| « Entre 2010 et 2015, les privatisations grecques n’ont rapporté que 5,4 milliards d’euros ». Romaric Godin, « Grèce : la vraie nature du troisième mémorandum », La Tribune, 15/7/2015

|3| SYRIZA avait publié, avant de prendre le pouvoir, un rapport exhaustif qui faisait état des grands scandales en Grèce. Il s’agit de « la Bible noire de la honte », EEKE, Commission de transparence des Affaires publiques, Syriza, publiée en Mai 2014. Le chapitre dédié au TAIPED avait pour titre « TAIPED, le chenil des scandales ou les bonnes privatisations ! “La Bible noire de la honte », pages 94 à 107. https://issuu.com/blackbook14/docs/mauri_vivlos_dropis_low2

|4| Il s’agit de la mine d’or, « Hellenic Gold », investisseur privé sur le site de Skouries à Halkidiki, ancien site forestier d’une grande beauté, aujourd’hui pillé de ses richesses naturelles et dangereusement pollué.

source: http://www.interet-general.info/spip.php?article23676


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/grece-le-pillage/#oPLA4eZMEzmAy5qM.99

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 09:22
Le plan C de l’OTAN contre la Syrie ?
 

Depuis combien de temps annonce-t-on l’offensive contre l’antre de l’Etat Islamique, capitale d’Al Baghdadi, le calife invisible qui n’a d’autre réalité que dans les contes des journaux télévisés ? Un bon bout de temps, dirons-nous. Si longtemps en tout cas pour ressembler à une annonce de Microsoft pour une nouvelle version de Windows. C’est typiquement la méthode américaine de lancement d’un produit médiatique destiné à accaparer toute l’attention des médias mondiaux. Aujourd’hui nous y sommes, l’offensive tant attendue a commencé. Mais, ô surprise, l’aspect médiatique cachait bien autre chose.

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler encore une fois ce qu’est vraiment Daesh. Beaucoup d’analystes le considèrent encore comme un groupe de fanatiques voulant convertir le monde à leur idéologie religieuse. Si c’était vraiment le cas, ce ne sont pas des bombes ou des chars qu’il aurait fallu leur envoyer, mais une armée de psychiatres et d’infirmiers psychiatriques pour les soigner. Car sinon, comment imaginer que quelques milliers d’individus, ou même un million d’individus, puissent s’imaginer qu’ils peuvent conquérir sept milliards d’humains sur terre avec quelques lance-roquettes, quelques kalachnikovs et des bombes artisanales ? C’est absurde, d’autant plus que les stratèges de ce groupe ont montré qu’ils sont loin d’être des imbéciles et des utopistes.

 

Daech est une armée qui, comme toute armée, est composée de combattants organisés selon une certaine hiérarchie en une structure pyramidale, avec au sommet, des chefs, puis des sous-chefs et, tout en bas, des combattants formés de tous ceux qui sont recrutés un peu partout dans le monde. Il existe principalement trois raisons pour combattre : un salaire attractif, une idéologie (patriotisme, fanatisme religieux ou toute autre forme d’idéologie) et la peur d’être exécuté en cas de refus de combattre une fois recruté, ou de se retrouver en taule après désertion et retour au pays.

 

Que ce soit dans une armée conventionnelle ou dans celle de Daech, les soldats qui tombent au front ne sont animés que par tout ou partie de ces moteurs, mais ne savent généralement absolument rien des vrais raisons pour lesquelles ils se battent. Un analyste superficiel pourra se saisir de l’une de ces trois motivations, la motivation idéologique la plus couramment invoquée, pour dire que les combattants se battent pour la patrie, la liberté, la démocratie, le Wahhabisme ou autre, ce qui est souvent vrai. Mais la superficialité vient du fait que l’analyste en conclut aussitôt que la guerre dans laquelle est impliqué le combattant en question est une guerre idéologique, confondant les motivations du soldat à celles des décideurs.

 

Oublions donc les combattants et leurs diverses motivations et concentrons-nous sur les chefs et les vrais animateurs des groupes terroristes. Leurs liens avec des officiels US/OTAN et les services secrets occidentaux sont apparus peu à peu aux yeux de tous, et toutes leurs actions se font dans le cadre des objectifs du Pentagone/OTAN.

 

C’est en tenant compte de tout cela qu’il faut observer la fameuse offensive de Mossoul telle qu’elle nous est présentée, avec force publicité. Le premier constat est que le scénario est on ne peut plus cynique. Avant l’assaut de la ville, la coalition organise d’abord un couloir de retraite des terroristes pour les diriger en renfort vers la Syrie. Ce couloir ne concerne en rien les 1,5 millions de civils de la ville qui n’ont d’ailleurs d’autre choix que d’attendre sous les bombes larguées contre un ennemi qui n’est plus là et dont on a organisé la fuite. De quelle offensive parle-t-on ? A quoi sert-elle, sinon de mise en scène visant à masquer un transfert de forces de l’Irak vers la Syrie, avec pour bonus l’image redorée d’une coalition dans une de ces victoires bidons telles que les aime Hollywood ?

 

Tout pousse à penser que durant ces deux dernières années, Mossoul n’aurait été qu’une garnison gardant en réserve des combattants qui, en réalité, attendaient leur heure. Les semblants de combat et escarmouches qu’ils livraient contre l’une des plus formidables coalitions militaires, dont les bombes étaient guidées pour tomber dans le désert, n’auraient été destinés qu’à justifier la présence de cette coalition. Il est possible que cette offensive ait été déclenchée un peu plus tôt que prévu, mais il y avait urgence, comme pour l’Allemagne en 1945. Les Russes arrivent ! Evidemment, Mossoul a toutes les chances d’être occupée par les forces américaines après sa « libération », comme ça a presque toujours été le cas quand celles-ci « libèrent » une ville ou un pays. Avec une telle position stratégique (il suffit de regarder la carte), ce serait la cerise sur le gâteau.

Avic

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:14

ou les contradictions de l’occident
 

Source : https://fr.sputniknews.com/international/201610191028272384-mossoul-alep-differences-departement-etat/  (Extraits)

 

 Bien que Washington reconnaisse que la libération de la ville irakienne de Mossoul risque de faire de nombreuses victimes parmi les civils, Daech y ayant déjà réuni les habitants de 16 villages pour en faire des boucliers humains, «ce n’est pas grave», il faut chasser les terroristes ».

 

 Pourquoi donc ce double standard avec Alep? Alors que l'Occident accuse la Russie de faire des victimes civiles à Alep et n'exclut pas d'infliger à Moscou de nouvelles sanctions, il salue dans le même temps l’opération de libération de Mossoul menée par l'armée irakienne et la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

 

 L'armée irakienne s'apprête à libérer Mossoul  pourtant, l'Onu a déjà exprimé son inquiétude pour la sécurité des 1,5 million de personnes vivant à Mossoul, craignant qu'un million de personnes ne quittent leurs foyers pendant les combats alors que de la nourriture n’est prévue que pour 220 000 déplacés.

 

 Les autorités irakiennes semblent minimiser l'ampleur de la crise et appellent les habitants de Mossoul à ne pas quitter leurs maisons et à trouver un refuge dans la ville. De son côté, Daech a interdit aux habitants de quitter la ville du nord de l’Irak. Mais comment les civils obtiendront-ils des vivres, de l'eau et des soins médicaux en cas de combats prolongés à Mossoul? Dans le même temps, Daech a déjà commencé à réunir de force à Mossoul les habitants de 16 villages avoisinants pour s'en servir comme boucliers humains. Pourtant, « il n’y a aucun sens de remettre l’opération à Mossoul à cause des préoccupations sur la situation humanitaire », estime le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

 

A Alep, c’est le Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) qui opère et qui tue des civils chaque jour mais, curieusement, le département d’Etat américain voit les efforts conjoints de la Syrie et de la Russie de libérer la ville assiégée sous un jour différent… Étonnamment, le département d’État a fait deux déclarations diamétralement apposées pour ces deux villes: « le déplacement forcé des civils à l’intérieur du pays est pratiquement inévitable » (Mossoul) et « les civils ne doivent pas être forcés de quitter leurs foyers » (Alep). Qartiers est d'Alep contrôlés par les djihadistes

 

 A Alep, les djihadistes utilisent des civils comme boucliers humains « Quant à Mossoul, tout comme à Alep, la situation doit être réglée sans tarder », a déclaré le porte-parole du département d'État, Mark Toner, dans un entretien à RT.

 

Pourquoi donc la lutte contre les terroristes à Alep ne justifie pas la souffrance des civils, alors qu’elle est toute à fait justifiée à Mossoul? Alors que les combattant du Front al-Nosra décident du destin de quelque 270 000 habitants à Alep, selon l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, et que les quartiers est de la ville syrienne sont complètement bloqués par les terroristes qui ne laissent passer personne en direction des couloirs humanitaires, se servant des femmes et des enfants comme d’un véritable « bouclier humain », Washington veut que la Russie et la Syrie arrêtent leur opération. Les terroristes bloquent les civils dans l'est d'Alep, privés d'aide humanitaire …

 

 Les terroristes bloquent les civils dans l'est d'Alep, privés d'aide humanitaire A la question d’une journaliste de RT de savoir à quel point doivent souffrir les habitants de Mossoul pour que Washington ordonne d’arrêter l’opération et si des limites existaient, M. Toner a évité de répondre concrètement. « Je vois que vous essayez de comparer les situations dans ces deux villes (Mossoul et Alep, ndlr). Premièrement, notre rôle consiste à soutenir le gouvernement irakien et les forces irakiennes, c’est eux qui mènent cette opération, dont le but est de chasser les terroristes de la ville. Nous ne voyons pas la même chose en Syrie », a répondu M. Toner à la question précise concernant les limites éventuelles. Comme quoi les souffrances des civils de Mossoul ne sont que secondaires dans les calculs géopolitiques américains.

 

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:02
Ou le prix de la rétrogradation

par Thierry Meyssan 18-10-2016

Washington tente de tenir ses positions sans avoir à déclencher la Troisième Guerre mondiale. Mais le pari semble impossible à tenir. Moscou lui offre une porte de sortie en Syrie et au Yémen. Mais dans le cas où les États-Unis choisiraient cette voie, ils devraient abandonner certains de leurs alliés.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 18 octobre 2016

 

Depuis la rupture de la cessation des hostilités de l’Aïd, un fossé se creuse entre l’ambiance insouciante des sociétés occidentales et la gravité des sociétés russe et chinoise.

 

À Moscou, la télévision diffuse des reportages sur les abris anti-atomiques et des jeux par équipes de « parcours du combattant ». Tandis qu’à Washington, on se moque de la paranoïa des Russes qui croient à la possibilité d’une Troisième Guerre mondiale.

 

Pourtant, les deux Grands s’envoient des messages à faire dresser les cheveux sur la tête. Après les menaces états-uniennes de frappe en Syrie, Moscou a rompu l’accord sur la limitation des stocks de plutonium et a ajusté son système de lancement de bombes nucléaires en tirant trois missiles intercontinentaux. Le porte-parole de l’armée russe a mis en garde ses homologues et annoncé que son armement était en mesure de détruire tous les aéronefs US, qu’il s’agisse de missiles de croisière ou d’avions fussent-ils furtifs. Le chef d’état-major de l’armée de terre des États-Unis a fièrement répliqué qu’en cas de guerre frontale, les aviations et les marines des deux armées seraient rapidement neutralisées, et que Washington l’emporterait au sol. Son discours martial a peu impressionné les Russes, mais a inquiété les membres du Congrès, au point que 22 d’entre eux ont écrit au président Obama pour lui demander de s’engager à ne pas déclencher en premier la guerre nucléaire. Moscou a donné instruction à ses diplomates en poste dans les pays de l’Otan de rapatrier leurs familles et de se tenir prêts à se replier eux aussi.

 

Jadis les Romains assuraient que « Si tu veux la paix, prépare la guerre ! » (Si vis pacem, para bellum). L’idée est que lors d’un désaccord international, la victoire sera emportée, sans guerre, par celui qui paraît capable de l’emporter par les armes.

 

Or, le fait est que la population russe se prépare à la guerre (par exemple, cette semaine 40 millions de Russes participent à des exercices d’évacuation d’immeuble et de lutte contre l’incendie), tandis que les Occidentaux batifolent dans les centres commerciaux.

 

On peut évidemment espérer que la raison l’emportera et que l’on évitera la Guerre mondiale. Quoi qu’il en soit, ces rodomontades attestent que ce qui est en jeu, ici en Syrie, depuis cinq ans n’est pas ce que nous croyons. Si au début, il s’agissait pour le département d’État de réaliser son plan du « printemps arabe », c’est-à-dire le renversement des régimes laïques de la région et leur remplacement par les Frères musulmans, la Russie et la Chine ont rapidement conclu que le monde ne pouvait plus être gouverné par les États-Unis ; que ces derniers ne pouvaient plus décider de la vie et de la mort des Peuples.

 

En coupant la route de la soie historique en Syrie, puis la nouvelle route de la soie en Ukraine, Washington a stoppé le développement de la Chine et de la Russie. Il les a poussées dans les bras l’une de l’autre. La résistance imprévue du Peuple syrien a contraint les États-Unis à mettre en jeu leur domination mondiale. Le monde, qui était devenu unipolaire en 1991 avec « Tempête du désert », est sur le point de basculer et de redevenir bipolaire, et peut-être par la suite multipolaire.

 

En 1990-91, le changement d’ordre mondial s’était opéré sans guerre (l’invasion de l’Irak n’en était pas la cause, mais la conséquence), mais au prix de l’effondrement intérieur de l’Union soviétique. Le niveau de vie des ex-Soviétiques chuta de manière drastique ; leurs sociétés furent profondément désorganisées ; leurs richesses nationales pillées au prétexte d’être privatisées ; et leur espérance de vie recula de plus de 20 ans. Après avoir cru que cette défaite était celle du soviétisme, nous savons aujourd’hui que la chute de l’URSS était aussi —peut-être surtout— le fruit du sabotage de l’économie par la CIA.

 

Il n’est donc pas impossible de parvenir à un rééquilibrage mondial, sans affrontement généralisé. Et, pour éviter la Guerre mondiale, la discussion entre John Kerry et Sergey Lavrov s’est déplacée de la bataille d’Alep à un cessez-le-feu général à la fois pour toute la Syrie et le Yémen. Ainsi vient-il d’être annoncé une trêve de 8 heures à Alep et de 72 heures au Yémen.

 

Le problème est que les États-Unis ne pourront pas rétrograder de la première place incontestée —dont ils s’étaient emparés et qu’ils ont si mal utilisée— à l’égalité avec la Russie sans en payer le prix, eux ou leurs alliés.

 

Étrangement les cinq États arabes, la Turquie et l’Iran, qui ont été conviés samedi à Lausanne par Kerry et Lavrov sont sortis satisfaits de la rencontre. C’est pourtant de leur avenir qu’il était question. Aucun d’entre eux ne semble penser que des têtes doivent tomber, comme sont tombées celles des dirigeants du Pacte de Varsovie. Dans la situation actuelle, il est possible de s’abstenir d’anéantir une partie de l’Humanité, mais l’importance du recul états-unien se mesurera au nombre et à l’importance des alliés qu’ils sacrifieront.

 

Source
Al-Watan (Syrie)

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 17:02

Par Andre Vltchek

Mondialisation.ca, 15 octobre 2016

 

Il est difficile de lutter contre toute guerre réelle. Et cela exige de vraies tripes, de la discipline et de la détermination pour la gagner. Pendant des années et des décennies, la soi-disant «gauche» en Occident a été modérément critique à l’égard de l’impérialisme et du colonialisme nord-américain (et parfois même de l’européen). Mais chaque fois qu’un individu ou un pays se levait et commençait ouvertement à défier l’Empire, la plupart des intellectuels de gauche occidentaux fermaient tout simplement les yeux et refusaient d’offrir leur soutien total et inconditionnel à ceux qui mettaient leurs vies (et même l’existence de leurs pays) en jeu.

 

Je n’oublierai jamais toutes ces piques insultantes dirigées contre Hugo Chávez, des pointes venant de la «gauche anti-communiste» après qu’il eut osé insulter George W. Bush aux Nations unies 2006, le traitant de «diable» et suffoquant, théâtralement, à cause du soufre qui «imprégnait l’air» après l’apparition du président des États-Unis à l’Assemblée générale.

 

Je ne révélerai pas de noms ici, mais les lecteurs seraient surpris s’ils savaient combien de ces dirigeants emblématiques de la gauche américaine décrivaient Chávez et son discours comme «malpoli», «contre-productif»et même «insultant».

 

Des dizaines de millions de gens sont morts à cause de l’impérialisme occidental après la Seconde Guerre mondiale. Sous la direction épouvantable de George W. Bush, l’Afghanistan, l’Irak ont été réduits en ruines… Mais on doit rester «poli»,«objectif» et garder la tête froide ?

 

Eh bien, ce n’est pas comme ça que les véritables révolutions ont été déclenchées. Ce n’est pas comme ça que les guerres réussies contre le colonialisme sont menées. Lorsque la vraie bataille commence, la «politesse» est en effet inacceptable, tout simplement parce que les masses opprimées sont infiniment exaspérées et qu’elles veulent que leurs sentiments soient enregistrés et exprimés par leurs dirigeants. Même la recherche de l’«objectivité»est souvent déplacée, lorsque des révolutions encore fragiles doivent affronter toute l’énorme propagande hostile du régime – de l’Empire.

 

Mais la question est celle-ci : est-ce que la plupart des gens de gauche en Occident soutiennent vraiment les révolutions et les luttes anti-colonialistes du monde opprimé ?

 

Je crois que non. Et c’est clairement visible à la lecture de la plupart des soi-disant médias alternatifs, tant en Amérique du Nord qu’en Europe.

 

Celui qui se lève, celui qui mène son pays à la bataille contre la dictature mondiale de l’Occident est presque immédiatement défini comme un démagogue. Il ou elle est très probablement baptisé comme «non démocratique»,et pas seulement par les médias de masse et «libéraux», mais aussi dans les pages de la soi-disant presse occidentale «alternative» et «progressiste». Pas tous, mais certains, et franchement : la plus grande partie !

 

Chavez a en effet reçu très peu de soutien des intellectuels «de gauche» occidentaux. Et maintenant, alors que le Venezuela saigne, la République bolivariennene peut compter que sur une poignée de pays latino-américains révolutionnaires, ainsi que sur la Chine, l’Iran et la Russie ; définitivement pas sur la solidarité solide, organisée et militante des pays occidentaux.

 

Cuba a reçu encore moins de soutien que le Venezuela. Après la chute de l’Union soviétique, la gauche européenne n’a fait aucune tentative, en effet, pour sauver cette nation héroïque. C’est la Chine, à la fin, qui a couru à son secours et a sauvé le socialisme cubain (lorsque j’ai écrit à ce sujet, des centaines de gauchistes occidentaux m’ont sauté à la gorge et à la fin, il a fallu que Fidel confirme ce que je disais, dans ses Réflexions, pour qu’ils me lâchent). Ensuite, lorsque l’administration Obama a commencé à faire des avances dangereuses à La Havane, presque tout le monde en Occident a commencé à faire des grimaces cyniques : «Vous voyez, maintenant tout va s’effondrer ! Ils vont acheter Cuba !» Ils ne l’ont pas fait. J’ai voyagé dans la chère île verte, et c’était tellement clair, dès le premier instant, que «la révolution n’est pas à vendre». Mais vous ne le lirez pas souvent dans les médias «progressistes»occidentaux.

 

Il n’y a bien sûr pas que l’Amérique latine pour être «détestée» par les progressistes en Occident. Effectivement, l’Amérique latine y reçoit au moins un certain soutien nominal.

 

La Chine et la Russie, deux nations puissantes, qui se dressent aujourd’hui ouvertement contre l’impérialisme occidental, sont méprisées par à peu près tous les «libéraux» et par la plus grande partie de la «gauche»occidentale. Dans ces cercles, règne une ignorance totale sur le type de démocratie en Chine, sur son ancienne culture et sur sa forme complexe, mais extrêmement réussie de communisme (on l’appelle le «socialisme avec des caractéristiques chinoises»). Comme des perroquets, les «gens de gauche» occidentaux répètent la propagande«libérale» affirmant que «la Chine est capitaliste», ou qu’elle dirigée par le«capitalisme d’État». L’internationalisme de la politique étrangère chinoise est constamment minimisé, et même raillé.

 

L’hostilité de la «gauche» occidentale à l’égard de la Chine a dégoûté de nombreux dirigeants et intellectuels chinois. J’ai réalisé l’étendue de cette révulsion seulement lorsque j’ai parlé, l’an dernier, au Premier forum culturel mondial à Pékin, et que je me suis mêlé aux penseurs de l’Académie chinoise de sciences sociales, le bras droit (intellectuel) du gouvernement et du parti.

 

La Chine peut compter sur ses alliés en Russie, en Amérique latine, en Afrique et ailleurs, mais définitivement pas en Occident.

 

Il est inutile de mentionner même la Russie ou l’Afrique du Sud.

 

La Russie, la «victime» pendant les épouvantables années Eltsine, a été«embrassée» par la gauche occidentale. La Russie guerrière, la Russie adversaire de l’impérialisme occidental, est de nouveau détestée.

 

Il semble que les «progressistes» aux États-Unis et en Europe préfèrent vraiment les «victimes». Ils peuvent, en quelque sorte, ressentir de la pitié et même écrire quelques lignes sur la «souffrance de femmes et d’enfants sans défense» dans les pays que l’Occident pille et viole. Cela ne s’étend pas à tous les pays brutalisés, mais au moins à certains…

 

Ce qu’ils n’aiment pas du tout, ce sont les femmes et les hommes forts qui ont décidé de lutter : de défendre leurs droits, d’affronter l’Empire.

 

Le gouvernement syrien est haï. Le gouvernement de Corée du Nord est méprisé. Le président des Philippines est jugé selon les mesures des médias libéraux occidentaux : comme un monstre vulgaire qui tue des milliers de trafiquants et de consommateurs de drogue «innocents» (certainement pas comme un possible nouveau Sukarno prêt à envoyer le monde entier en enfer).

 

Quoi que la «gauche» occidentale pense de la Corée du Nord et de son gouvernement (et en fait, je crois qu’elle ne peut pas vraiment penser beaucoup, puisqu’elle est totalement ignorante à son sujet), la principale raison pour laquelle la RPDC est tellement haïe par le régime occidental, est due au fait que, comme Cuba, elle a fondamentalement libéré l’Afrique. Elle a combattu pour la liberté en Angola et en Namibie, elle a fait voler des MIG égyptiens contre Israël, elle a combattu en Rhodésie (aujourd’hui le Zimbabwe) ainsi que beaucoup d’autres pays, et elle a envoyé de l’aide, des enseignants et des médecins, au continent entier dévasté par la barbarie colonialiste occidentale.

Elle a reçu beaucoup de bien en retour ! Au mieux de l’indifférence, au pire de la méchanceté totale !

 

Certains disent que la «gauche» occidentale ne veut pas prendre le pouvoir, qu’elle ne veut plus. Elle a perdu toutes ses batailles importantes. Elle est devenue édentée, impuissante et en colère contre le monde et elle-même.

 

Lorsque j’ai parlé au Parlement italien en janvier 2016 (finissant par insulter l’Occident pour son pillage mondial, son hypocrisie), je me suis beaucoup mêlé au Mouvement 5 étoiles, qui m’avait effectivement invité à Rome. J’ai passé du temps avec son aile gauche radicale. Il y a quelques personnes formidables là-bas, mais il est rapidement devenu clair que ce mouvement politique, potentiellement le plus grand du pays, est en fait horrifié à l’idée d’arriver au pouvoir ! Il ne veut pas vraiment gouverner.

 

Mais alors, pourquoi appeler ces faibles entités bizarres et égoïstes occidentales «la gauche» ? Pourquoi confondre les termes et, ce faisant, pourquoi discréditer ces vrais révolutionnaires, ces véritables combattants qui risquent et sacrifient leurs vies, en ce moment, partout dans le monde ?

 

Les guerres sont toutes extrêmement laides. J’en ai couvert beaucoup, et je sais… Mais certaines d’entre elles, celles qui sont menées pour la survie de l’humanité, ou pour la survie de pays particuliers, sont inévitables. Soit on se bat, soit la planète tout entière finit par être colonisée et opprimée, dans les fers.

 

Si on décide de se battre, alors il doit y avoir de la discipline et de l’obstination ; une détermination totale. Sinon, la bataille est perdue dès le début !

 

Lorsque la liberté et la survie de la patrie de quelqu’un est en jeu, les choses deviennent très sérieuses, vraiment graves. La bataille n’est pas un club de discussion. Ce n’est pas du bavardage.

 

Si nous, en tant que personnes «de gauche», avons déjà décidé une fois que l’impérialisme et le colonialisme (ou le néocolonialisme) sont les plus grands maux qui détruisent notre humanité, alors nous devons montrer de la discipline et rejoindre les rangs, et soutenir ceux qui sont en première ligne.

 

Faute de quoi nous deviendrons un sujet de plaisanterie sans intérêt, et l’Histoire nous jugera et devrait nous juger sévèrement.

Andre Vltchek  est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste. Il a couvert des guerres et des conflits dans des douzaines de pays. Ses derniers livres sont : Exposing Lies Of The Empire et Fighting Against Western Imperialism. Conversation avec Noam Chomsky: On Western Terrorism. Il réalise des films pour teleSUR et Press TV. Après avoir vécu des années en Amérique latine et en Océanie, il réside et travaille actuellement en Asie de l’Est et au Moyen-Orient. Il peut être atteint par son site internet ou son compte Twitter.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 13:02
La bataille de la libération de Mossoul est notre bataille
Origine : Agence Sana  18/10/2016

Damas / Le commandement général de l’armée et des forces armées a affirmé que la bataille de la libération de Mossoul  et de tous les territoires irakiens du terrorisme est aussi sa bataille, considérant toute tentative de franchir les frontières comme une agression contre la souveraineté de la Syrie.

 

Dans un communiqué publié aujourd’hui, le commandement a souligné que le plan malin tissé par les commanditaires du terrorisme international, dont les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, afin d’assurer des corridors sécurisés aux terroristes de «Daech» fuyant le Mossoul vers les territoires syriens a commencé de s’éclaircir.

«L’objectif de tels corridors est de protéger ces terroristes et de renforcer leur présence sur les territoires syriens d’une part et d’imposer un nouveau fait accomplit sur le terrain dans la région est en direction de Deir Ezzor, Raqqa et Palmyre de l’autre», a indiqué le commandement.

Le commandement de l’armée a assuré que la bataille de la libération de Mossoul et de tous les territoires irakiens du terrorisme est aussi sa bataille.

«Toute tentative de franchir les frontières sera considérée comme une agression contre la souveraineté de la République arabe Syrienne et celui qui procédera à cette tentative sera aussi considéré comme terroriste et traité ainsi par toutes les moyens disponibles», a conclu le communiqué.

L.A. / A. Chatta

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