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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 18:27
La révolte des masses - par James Petras

Repris sur  Comité Valmy

 

Introduction : Les élections présidentielles de 2016 ont plusieurs caractéristiques uniques qui défient la sagesse ordinaire concernant les pratiques politiques aux États-Unis au 21ème siècle.

Clairement les mécanismes politiques établis – les élites des partis politiques et leurs soutiens du grand capital - ont (en partie) perdu le contrôle du processus de nomination et sont confrontés à des candidats « indésirables » qui font campagne avec des programmes et des déclarations qui polarisent l’électorat.

Mais il y a d’autres facteurs plus spécifiques, qui ont mobilisé l’électorat et évoquent l’histoire récente des É-U. Ils présagent et reflètent un réalignement de la politique dans ce pays.

Dans cet essai, nous décrirons ces changements et leurs conséquences les plus larges pour l’avenir politique des E-U.

Nous examinerons comment ces facteurs affectent chacun des deux principaux partis.

La politique de parti Démocrate :

Le contexte du réalignement

« La monté et le déclin » du Président Obama ont sérieusement détérioré l’attirance de la « politique identitaire » – l’idée que des identités liées à l’ethnie, la race et le genre, peuvent modifier la puissance du capital financier (Wall Street), des militaristes, des sionistes, des fonctionnaires de l’état-policier. Clairement la désillusion manifeste des électeurs avec la « politique d’identitaire » a ouvert la porte à une politique de classe, d’un type spécifique.

 

Le candidat Bernie Sanders fait directement appel aux intérêts de classe des ouvriers et des employés. Mais le « thème de classe » surgit dans le contexte d’une polarisation électorale et, en tant que telle, ne reflète pas une vraie « polarisation de classe », une lutte croissante dans les rues, les usines ou les bureaux.

 

En effet, la polarisation électorale de « classe » reflète les récentes importantes défaites syndicales du Michigan, Wisconsin et Ohio. La confédération syndicale (AFL-CIO) a presque disparu comme facteur social et politique, et ne représente plus que 7% des travailleurs du secteur privé. Les électeurs de la classe ouvrière sont bien conscients que les dirigeants syndicaux qui reçoivent en moyenne des salaires de $500,000 [448.168€] par an, plus d’autres avantages, sont profondément calfeutrés parmi l’élite du parti Démocrate. Alors que des travailleurs individuels et les syndicats locaux sont des défenseurs actifs de la campagne de Sanders, ils le font comme membres d’un mouvement électoral multi-classe amorphe et pas comme un « bloc de travailleurs » unifié.

 

Le mouvement électoral Sanders n’est pas le produit d’un mouvement social national : Le mouvement de paix est virtuellement moribond ; les mouvements des droits civiques sont faibles, fragilisés et localisés ; le mouvement « Black lives matter » [les vies noirs importent] après avoir culminé s’est écroulé, alors que le « Occupy Wall Street Movement » [Mouvement pour l’occupation de Wall Street] n’est qu’un souvenir distant.

 

En d’autres termes, ces mouvements récents, au mieux, fournissent quelques activistes et une certaine impulsion à la campagne électorale de Sanders. Leur présence rehausse quelques-uns des thèmes que le mouvement électoral de Sanders promeut dans sa campagne.

 

En fait, le mouvement électoral de Sanders « n’a pas ses racines » dans les mouvements de masse actuels, bien qu’il comble le vide politique qui résulte de leur démise. L’insurrection électorale reflète les défaites des dirigeants syndicaux alliés aux politiciens Démocrates en exercice, aussi bien que la limitation des tactiques « d’action directe » des mouvements Black lives matter et Occupy Wall Street.

 

Étant donné que le mouvement électoral de Sanders ne met pas en cause directement et immédiatement les profits capitalistes ainsi que les attributions budgétaires publiques, il n’a pas été réprimé par l’état. Les autorités répressives estiment que ce « bourdonnement » d’activité électorale ne durera que quelques mois, puis régressera dans le parti Démocrate ou l’apathie électorale. De plus elles sont contrariées par le fait que des dizaines de millions d’adeptes de Sanders soient actifs dans tous les états et ne soient pas concentrés dans une région particulière.

 

Le mouvement électoral de Sanders rassemble des centaines de milliers de luttes micro-locales et permet l’expression de la désaffection de millions de personnes ayant des doléances de classe, sans risque ni coût (comme la perte de son emploi ou la répression policière) pour les participants. Ce qui est en contraste total avec la répression sur les lieux de travail ou dans les rues urbaines.

 

La polarisation électorale reflète les polarisations sociales horizontales (de classe) et verticales (inter-capita-listes).

 

Au-dessous de l’élite de 10% et particulièrement parmi la jeune classe moyenne, la polarisation politique favorise le mouvement électoral de Sanders. Les patrons syndicaux, l’ensemble des membres noirs du Congrès et du pouvoir établi latino épousent tous le choix oint par l’élite politique du parti Démocrate : Hilary Clinton ; alors que les jeunes Latinos, les travailleuses et les syndicalistes de base soutiennent le mouvement électoral insurgé. Les secteurs significatifs de la population afro-étasunienne, qui ont échoué à avancer (qui ont en réalité régressé) sous le président Démocrate Obama, ou ont constaté l’augmentation de la répression policière sous « le premier président noir », se tournent vers la campagne insurgée de Sanders. Les millions de Latinos désenchantés de leurs dirigeants liés à l’élite Démocrate qui n’a rien fait pour empêcher les déportations massives sous Obama, sont potentiellement une base de soutien à « Bernie » [Sanders].

 

Cependant, le secteur social le plus dynamique dans le mouvement électoral de Sanders, sont les étudiants excités par son programme d’enseignement supérieur gratuit et la fin du péonage postuniversitaire dû à l’endettement.

 

Le malaise de ces secteurs trouve son expression dans « la révolte respectable de la classe moyenne » : une rébellion des électeurs, qui a déplacé temporairement l’axe du débat politique au sein du parti Démocrate vers la gauche.

 

Le mouvement électoral de Sanders soulève les questions fondamentales d’inégalité de classe et d’injustice raciale dans le système juridique, policier et économique. Il accentue la nature oligarchique du régime politique – même lorsque le mouvement dirigé par les Sanders essaye d’employer les règles du système contre ses propriétaires. Ces tentatives n’ont pas été très réussies dans l’appareil du parti Démocrate, où les patrons de l’appareil ont déjà coopté des centaines de soi-disant « méga-délégués » « non élus » à Clinton – en dépit des succès de Sanders au début des primaires.

 

La force même du mouvement électoral contient une faiblesse stratégique : il est dans la nature des mouvements électoraux de se coaliser pour des élections et de se dissoudre ensuite.

La direction de Sanders n’a fait aucun effort pour établir un mouvement social national de masse qui pourrait poursuivre les luttes de classe et sociales, pendant et après les élections. En fait, l’engagement de Sanders de soutenir la direction établie du parti Démocrate s’il perdait contre Clinton, conduirait à la profonde désillusion de ses supporteurs et à la dissolution du mouvement électoral. Le scénario qui suivrait le choix de candidat, particulièrement dans le cas où les « super-délégués » couronneraient Clinton en dépit de la victoire populaire de Sanders, aura un effet très disruptif.

 

Trump et la « Révolte de la droite »

La campagne électorale de Trump a plusieurs caractéristiques d’un mouvement national-populiste latino-américain. Comme le mouvement péroniste argentin, elle combine des mesures économiques protectionnistes et nationalistes qui attirent les propriétaires de petites et moyennes entreprises ainsi que les travailleurs industriels déplacés imbus d’un « chauvinisme ‘grande nation’ » populiste de droite.

 

Ceci se reflète dans les attaques de Trump contre la « mondialisation » – un « antiimpérialisme » péroniste de circonstance.

 

L’attaque de Trump contre la minorité musulmane des é-u est une étreinte légèrement voilée du fascisme clérical de droite.

 

Là où Perón faisait campagne contre « les oligarchies financières » et l’invasion « d’idéologies étrangères », Trump dédaigne les « élites » et dénonce « l’invasion » d’immigrés mexicains.

 

L’attrait de Trump est enraciné dans la colère amorphe profonde de la classe moyenne en déclin, dépourvue d’idéologie… mais regorgeant de ressentiment concernant la baisse de son statut, l’effritement de sa stabilité, ainsi que l’affliction des familles par la drogue (Voire les inquiétudes ouvertement exprimées des électeurs blancs au New Hampshire lors de la récente primaire).

 

Trump projette une puissance personnelle aux travailleurs qui sont freinés par des syndicats impuissants, des groupes civiques désorganisés, ainsi que des associations d’entrepreneurs locales marginalisées, tous incapables de parer au pillage, au pouvoir de la corruption de grande échelle des escrocs financiers qui circulent entre Washington et Wall Street dans une impunité totale.

 

Ces classes « populistes » ont des frissons en voyant Trump casser et gifler aussi bien des politiciens de carrière que des élites économiques, tout en paradant son succès capitaliste.

Ils prisent son défi symbolique de l’élite politique en exhibant ses propres qualifications d’élite capitaliste.

 

Pour beaucoup de ses appuis banlieusards il est le « grand moralisateur », qui dans sa ferveur excessive commet, de temps en temps, par exubérance ardente, des gaffes « pardonnables » – une sorte de rustre « Oliver Cromwell » du 21ème siècle.

 

En effet, il pourrait y avoir un autre attrait ethno-religieux moins manifeste à la campagne de Trump : Son identité blanche-anglo-saxonne-protestante (WASP) attire ces mêmes électeurs confrontés à leur marginalisation apparente. Ces « Trumpistes » ne sont pas aveugles au fait qu’il n’y a pas un seul juge WASP qui siège à la Cour suprême et qu’il y a peu, sinon pas, de WASPs parmi les hauts officiels économiques du Trésor, du département du Commerce, ou de la Réserve fédérale (Lew, Fischer, Yellen, Greenspan, Bernancke, Cohen, Pritzker etc.). Alors que Trump ne met pas en avant son identité – cela soulage son attrait électoral.

 

Parmi les électeurs WASP, qui tranquillement détestent les renflouements de « Wall Street » et la perception de la position privilégiée des catholiques, des juifs et des afro-étasuniens au sein de l’administration d’Obama, la condamnation publique directe par Trump du président Bush d’avoir délibérément trompé la nation avec l’invasion de l’Irak (et l’implication de trahison), lui a donné un grand plus.

 

L’appel national-populiste de l’Trump est assorti de son militarisme belliqueux et de son autoritarisme loubard. Son approbation publique de la torture et des contrôles policiers (« pour combattre le terrorisme ») fait appel à la droite pro-militaire. D’autre part, ses ouvertures amicales en direction du président russe Poutine (« un gars dur prêt à faire face à un autre ») et son appui pour mettre fin à l’embargo cubain, sont attrayantes aux élites parmi les hommes d’affaires ayant l’esprit du commerce. Ses appels à retirer les troupes étasuniennes d’Europe et d’Asie satisfont les électeurs « de la forteresse États-Unis », alors que ses appels de « tapisser de bombes » ISIS fait appel aux extrémistes nucléaires. Est intéressant le soutien de Trump pour la Sécurité sociale et Medicare (Assurance-maladie), ainsi que son appel pour des services vitaux liés au planning familial pour les femmes pauvres ; qui plaisent aux citoyens plus âgés, aux conservateurs compatissants et aux indépendants.

 

L’amalgame gauche-droite de Trump : Ses appels protectionnistes et pro-entreprises, sa ruée contre Wall Street et ses propositions pro-industrielles capitalistes, sa défense des travailleurs étasuniens et ses attaques contre les travailleurs latinos et immigrés musulmans ont brisé les frontières traditionnelles entre la politique populaire et celle de droite du parti Républicain.

Le « Trumpisme » n’est pas une idéologie cohérente, mais un mélange volatil de « positions improvisées », adaptées pour irriter les travailleurs marginalisés, les classes moyennes pleines de rancune (les WASPS marginalisées) et, surtout, pour faire appel à ceux qui ne se sentent pas représentés par les Républicains de Wall Street et les politiciens libéraux-démocrates sur la base d’une politique identitaire (noir, hispanique, femmes et juifs).

 

Le mouvement de Trump est basé sur un culte de la personnalité : il a l’énorme capacité de convoquer des réunions de masse sans organisation ni d’idéologie sociale cohérente.

Sa force fondamentale est sa spontanéité, sa nouveauté et son hostile focalisation sur les élites stratégiques.

 

Sa faiblesse stratégique est l’absence d’une organisation qui pourrait exister au-delà du processus électoral. Il y a peu de cadres et de militants « Trumpistes » parmi ses fans adorateurs. Si Trump perd (ou le résultat est falsifié lors de la nomination, pour un « candidat d’unité » sorti du chapeau, par l’élite du parti, son organisation se dissipera et se fragmentera. Si Trump gagne la nomination républicaine il aura l’appui de Wall Street, particulièrement s’il est confronté à la candidature démocratique de Sanders. S’il remporte l’élection générale et devient président, il cherchera à renforcer le pouvoir exécutif et à s’orienter vers une présidence « bonapartiste ».

 

Conclusion

La montée du mouvement social-démocrate au sein du parti Démocrate ainsi que la montée spontanée d’un mouvement de droite national-populiste au sein du parti Républicain reflète la fragmentation de l’électorat et les profondes fissures verticales et horizontales qui caractérisent la structure ethnique et de classe des États-Unis. Les commentateurs simplifient trop et grossièrement, en réduisant la révolte à des expressions incohérentes de « colère ».

L’éclatement du contrôle de l’élite du pouvoir établi est le produit de profonds ressentiments de classe, ethniques, de groupes anciennement privilégiés dans le déclin, d’hommes d’affaires locaux en faillite à cause de la « mondialisation » (l’impérialisme), ainsi que le ressentiment de citoyens vis-à-vis de la puissance du capital financier (les banques) et de son contrôle extraordinaire de Washington.

Les révoltes électorales à gauche et à droite peuvent s’absorber mais elles auront planté les graines pour une transformation démocratique ou une renaissance de réactionnaire-nationaliste.

James Petras
24 février 2016

The Unz Review
Presidential Elections 2016 : The Revolt of the Masses

[Traduction pour le Comité Valmy Alexandre MOUMBARIS
Relu par Marie-José MOUMBARIS]
democrite@neuf.fr
http://dossiersdubip.wordpress.com/
éditions Démocrite,
6, rue du Haras,
Juvigny /s Andaine
61140 JUVIGNY VAL D’ANDAINE

 

James Petras est professeur émérite de sociologie à l'Université d'État de New York à Binghamton de New York. Il se définit lui-même comme un militant et écrivain « révolutionnaire et anti-impérialiste ». Wikipédia

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 10:23
Par Moon of Alabama

Repris sur  Comité Valmy

Poutine : Les forces russes commenceront à se retirer de Syrie le 15 mars

Voilà une décision très intéressante et certainement fort intelligente. Poutine prend à nouveau tout le monde par surprise.

Selon l’agence TASS :

Poutine ordonne le retrait des forces russes de Syrie à partir du 15 mars

 

14 mars, 20h40 UTC + 3

 

Le dirigeant russe espère que le retrait des troupes russes incitera les différentes forces politiques du pays à lancer les négociations.

MOSCOU, 14 mars / TASS /. Poutine ordonne au ministre russe de la défense de commencer le retrait des forces russes de Syrie le 15 mars.

Le président russe a déclaré qu’il espérait que le commencement du retrait des troupes russes inciterait les différentes forces politiques du pays à lancer les négociations, et il a dit à son ministre des Affaires étrangères que la Russie devait prendre une part plus active dans l’organisation du processus de paix en Syrie.

 

Selon d’autres sources Poutine a déclaré : Les forces armées ont atteint leurs objectifs en Syrie. Les deux bases, aérienne et navale, en Syrie, vont continuer à fonctionner normalement. La décision a été prise en concertation avec le gouvernement syrien.

 

Je crois que cela n’aurait pas été possible sans un accord avec les Etats-Unis pour régler la situation en Syrie. Qu’est-ce que Poutine a obtenu en échange ?

 

Et quelles unités vont effectivement se retirer ? Est-ce qu’on va retirer trois cuisiniers militaires pour les remplacer par trois civils ?

 

Le vent de la guerre en Syrie a tourné. Il n’y a plus de danger qu’Assad perde la guerre.

 

Quelques unités des forces spéciales et de l’artillerie russes participaient aux opérations au sol au nord de Latakia. Latakia est maintenant globalement nettoyée et les bases russes qui s’y trouvent ne sont plus en danger. (La défense aérienne S-400 restera bien sûr en place). Ces troupes vont-elles maintenant être retirées ?

 

Ou s’agit-il, comme cela a été dit, d’une « incitation » à accélérer le lancement des négociations de Genève ? (Une « incitation » sur laquelle on pourrait revenir si elle n’avait pas les résultats escomptés.)

 

On peut aussi penser qu’il s’agit là d’inciter les Etats-Unis à se conduire de manière plus responsable : « Ne croyez pas que notre aide dans la lutte contre ISIS vous soit acquise. Nous pouvons nous contenter de sécuriser Assad et plus partir en vous laissant nettoyer tout seul le gâchis djihadiste que vous avez créé ».

Moon of Alabama
14 mars 2016

Traduction : Dominique Muselet

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 15:38
Lors de sa conférence de presse du 13 mars Monsieur Walid al-Mouallem, vice-premier ministre et ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a déclare à l’intention de Staffan de Mistura envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie :
« Nous n’accepterons plus votre transgression de l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie »

 

Mes frères et sœurs,

Nous nous réjouissons de la présence parmi nous du Docteur Bachar al-Jaafari, chef de la délégation arabe syrienne, ainsi que des membres de cette délégation qui quittera demain [Dimanche 13 mars] pour Genève. Naturellement, que Dieu les protège, car leur mission est nationale.

 

Nous avons reçu une lettre de Stephan de Mistura nous informant que la date de sa réunion avec notre délégation, dans les locaux des Nations Unies, est fixée au lundi matin 14 mars, et que la session débutera par cette première rencontre.

 

C’est une bonne chose, mais notre délégation ne répétera pas les erreurs de la session précédente, c’est-à-dire qu’elle ne restera pas à attendre, à Genève, l’arrivée des autres délégations au siège des Nations Unies plus de 24H avant d’entamer le dialogue.

 

Nous espérons que ce dialogue aura lieu avec la plus grande participation « des oppositions » conformément au mandat confié à M. de Mistura par le Conseil de sécurité et les communiqués de Vienne et Munich, notamment avec la participation des représentants de l’ « opposition nationale », lesquels n’ont pas élu domicile dans les hôtels cinq étoiles à l’étranger et ne sont pas tenus par des agendas étrangers. Raisons pour lesquelles nous espérons leur présence, d’autant plus que nulle opposition ne peut prétendre représenter, à elle seule, toutes les autres.

 

La semaine dernière a vu un flot de déclarations émanant de M. de Mistura, dont sa conférence de presse du 9 courant où il a précisé le programme de la session qui débutera donc le 14 mars, en disant qu’elle concernera le gouvernement, la Constitution, les élections parlementaires et présidentielles, lesquelles devront avoir lieu dans les 18 mois à partir de cette date.

 

Premièrement, les documents des Nations Unies n’accordent pas à M. de Mistura le droit de proposer l’ordre du jour des réunions, car c’est sur ce sujet que doivent s’entendre les interlocuteurs, le dialogue étant censé se dérouler entre Syriens et sous direction syrienne. Notre délégation est prête pour en discuter.

 

Ensuite, lorsque M. de Mistura parle de la Constitution, il sait que c’est au futur « gouvernement d’union nationale » d’en discuter et que c’est à lui de désigner le comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution ou de modifier la Constitution actuelle, avant de la soumettre à l’approbation effective du peuple syrien par referendum.

 

L’autre point sur lequel je voudrais revernir concerne ce que M. de Mistura a déclaré à propos des élections dans les 18 mois à venir. S’agissant des élections parlementaires, elles sont prévues dans les textes des communiqués de Vienne et de la résolution du Conseil de sécurité. En revanche, nul n’a le droit, ni M. de Mistura, ni qui que ce soit d’autre, de parler des élections présidentielles. C’est un droit réservé exclusivement au peuple syrien et, par conséquent, je répète que ce qu’a déclaré M. de Mistura constitue une transgression à l’ensemble des textes des Nations Unies et des communiqués de Vienne et de Munich, lesquels précisent que c’est au peuple syrien de décider de l’avenir de la Syrie.

 

C’est pourquoi, je dis à M. de Mistura :

 

« Dorénavant, nous refuserons que vous transgressiez l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie et que notre délégation rejettera toute tentative visant à mettre cette question des élections présidentielles à l’ordre du jour. Notre délégation n’est pas autorisée à le faire. Ce droit n’appartient qu’au peuple syrien et à lui seul ».

 

Quant aux élections parlementaires, actuellement en cours de préparation, elles répondent à une échéance constitutionnelle qui doit être respectée et ne contreviennent pas au « dialogue » de Genève. C’est pourquoi nous n’acceptons pas les réserves de quiconque sur ce sujet, étant donné que nous attendons de la part de ceux qui préconisent la démocratie de respecter l’application des exigences constitutionnelles, non de s’en offusquer. Nous sommes heureux de constater la motivation populaire avec plus de 11 000 candidats inscrits. Ce qui prouve que les Syriens tiennent à la vie et à façonner l’avenir de leur pays. J’invite donc nos concitoyens à voter massivement lors de cette échéance pour que nous puissions offrir à la communauté internationale une image claire de la nature de notre peuple.

 

Concernant « l’arrêt des combats », nous nous y sommes engagés à partir du 27 février dernier. Nous le sommes toujours. Vous vous rappelez qu’au moment où nous avons cessé les combats, nos Forces armées progressaient sur tous les fronts. Par conséquent, la raison de cet accord consenti par la direction syrienne ne peut être interprétée autrement que par son souci d’arrêter l’effusion du sang syrien. Il n’empêche que des violations de la part des groupes armés ont eu lieu ; certaines violations contre lesquelles l’Armée arabe syrienne a riposté, d’autres qu’elle a négligées.

 

Ici, il nous faut réaffirmer le droit de nos Forces armées de répondre à ces violations et je dis aux membres de la commission compétente à Genève -laquelle, à notre grand regret, compte une majorité de représentants d’États qui ont conspiré et continuent de conspirer contre la Syrie- que le droit de réponse à de telles violations est légitime. Il ne peut être considéré comme une violation par lui-même et c’est ce que notre Armée est amenée à faire.

 

À cette occasion, j’invite tous ceux qui portent illégalement des armes à profiter de l’arrêt des combats et à prendre le chemin de la « Réconciliation » et du règlement de leur situation. Tous ceux qui ont été dupés doivent réaliser que l’arrogance n’est plus de mise et que la crise se dirige vers sa fin. Nous accueillerons donc favorablement tous ceux qui souhaitent participer, aux côtés de notre Armée, à la lutte contre le terrorisme de Daech, du Front al-Nosra et des organisations qui leur sont liées.

 

Ces deux derniers mois nous avons assisté à une guerre médiatique particulièrement féroce. Elle a commencé par des annonces d’intervention militaire au sol, puis est passée aux projets de partition. Je vous dis que nul n’ose prendre le risque d’une intervention terrestre, d’où le recul sur ces propos.

Ils ont dit : « Nous voulons que toutes les forces de la Coalition interviennent… », et la dernière déclaration du Président Obama a prouvé qu’il n’interviendra pas. Que ceux qui veulent intervenir seuls, commencent donc par l’emporter au Yémen. De même, ils ont parlé d’un plan B, et il y a deux jours John Kerry a déclaré qu’il n’y avait pas de plan B.

 

Ces propos sont sans fondement. Ils n’existent que dans l’esprit de certains. Certains à qui je rappellerai l’Histoire et plus particulièrement ce qui s’est passé en Syrie en 1925, lorsque la Grande Révolution syrienne a éclaté parce que le colonialisme français projetait la partition de la Syrie en mini-États.

 

C’est donc en toute confiance que je vous dis que notre peuple refusera toute tentative de partition. D’ailleurs, le Président Al-Assad n’a cessé de dire dans tous ses discours que nous libérerons chaque pouce de la terre syrienne du terrorisme takfiri.

 

Quant à la piste du fédéralisme promue par les médias étrangers citant le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, sachez qu’ils en ont fait une lecture irréaliste, étant donné qu’il a bien dit : « à condition que les Syriens soient d’accord… ».

 

Et moi, je dis en ma qualité de citoyen syrien ma conviction que vous êtes tous d’accord avec moi pour refuser le discours sur le fédéralisme.

 

Nous sommes tous pour l’unité de la Syrie, de sa géographie et de son peuple. Nous sommes tous pour son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale. C’est du moins ce qu’affirment tous les documents internationaux concernant la Syrie, y compris ceux qui tentent de remédier à la situation actuelle.

Je vous remercie.

Walid al-Mouallem

Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Expatriés

Damas

Source : Vidéo / Al-Fadaiya [Syrie]

https://www.youtube.com/watch?v=OMDSvjs3WvA&feature=youtu.be&app=desktop

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 17:45
Repris sur  Comité Valmy

 

Un message de paix

 

Présentation par le Père Elias Zahlaoui

 

Je me réjouis de m’adresser à vous aujourd’hui, alors que je suis sur le point de voyager en France, en compagnie de cent quatorze enfants de la « Chorale de la Joie » et de trente-six musiciens et accompagnateurs.

 

Il s’agit d’une tournée de quatorze jours. Nous l’entreprenons sur invitation d’une institution française qui s’est donnée pour nom : « SOS Chrétiens d’Orient ».

 

En vérité, je me méfie de tout ce qui nous vient de l’Occident, mais lorsque j’ai appris que cette institution avait été agréée par la Syrie, où elle a été accueillie par les plus hauts responsables, par l’Irak, le Liban et la Palestine, j’ai accepté que cette tournée ait lieu.

 

Nous avons préparé un programme fondé sur le patrimoine musulman, syriaque, chrétien, et aussi sur l’ensemble du patrimoine levantin syrien et libanais.

 

Je sais que ceux qui nous ont invités, et qui se sont grandement occupés de cette tournée à tel point que toutes les places sont d’ores et déjà réservées, ont souhaité que les concerts soient payants étant donné qu’ils ont assumé tous les frais de notre voyage.

 

Nous sommes habitués à ce que notre « Chorale de la Joie » offre gratuitement tous nos services à l’intérieur et à l’extérieur de l’église, parce que cela nous offre un plus grand espace de liberté. C’est pourquoi, je serais heureux de rencontrer un grand nombre parmi le public français, car je souhaite que nous allions à la rencontre du peuple.

 

Nous sommes concernés par les peuples. Les gouvernants sont connus pour ce qu’ils sont et pour ce qu’ils planifient, tandis que les peuples n’ont généralement pas voix au chapitre. Par conséquent, en nous adressant au peuple français peut-être pourrions-nous recevoir l’accueil que nous escomptons, car le seul et éternel souci des peuples consiste à vivre dignement et à découvrir les autres dans la sérénité et l’amitié, loin de toute violence.

 

Nous espérons aussi que nos voix montent jusqu’à influencer les responsables français. Mais encore plus que d’être entendues par les responsables français, je souhaite qu’elles touchent de très près tous les Syriens résidant en France, qu’ils soient avec la Syrie ou en dehors de la Syrie. Je souhaite que cette rencontre les amène à accepter de remettre en cause où ils en sont, ce que cherche l’Occident et ce que veulent ceux qui le poussent à la destruction systématique de la Syrie depuis cinq ans.

 

C’est un sujet qui mérite qu’on s’y arrête longuement et qu’on le révise en profondeur, sans laisser place aux émotions et aux haines personnelles, sans réactions hâtives.

 

Nous sommes face à l’Histoire, face à une réalité qui englobe tout le passé ainsi que le présent et qui cherche à supprimer l’avenir. Nous sommes face à une grande question : voulons-nous rester et vivre, ou bien choisirons-nous la mort qu’ils veulent pour nous ?

Je m’attends à ce que la réponse soit, d’une façon ou d’une autre, pour la vie, la dignité, l’Histoire et la Civilisation.

À bientôt

Père Elias Zahlaoui
Damas, le 10 mars 2016

Source : Vidéo / Damas Time جوقة الفرح من سورية الى فرنسا .. رسالة سلام
https://www.youtube.com/watch ?v=TdgwAr2YzkE&app=desktop

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal ***

 

 

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 15:59

Limites, remise en cause, prolongements, un débat nécessaire pour agir efficacement et sortir de l’ornière

 

(Ecrit le 29 avril 2015 ce texte a été publié intégralement sur ACPV le 09-03-2016. Il dépasse le cadre qui lui était imparti à l’origine.)

 

Un peu se sémantique pour commencer :

Si les propositions et les phrases font sens les mots ont aussi le leur.

Selon le petit Larousse  le verbe suivre signifie : 

Être placé, venir après, derrière quelqu'un, quelque chose dans l'espace, le temps ou un ensemble ordonné : Un post-scriptum suit la signature.

Egalement : Rester derrière quelqu'un, un groupe, un animal, en effectuant le même trajet : Suivre une procession.

 

Ainsi à suivre les dossiers, à conditions que toutes ses composantes soient consultables et qu’il n’y ait pas rétention d’informations, ce qui n’est pas le cas d’autant que si les écrits restent les paroles s’envolent, sans autre forme de procès, sans la moindre réflexion critique, ni même proposer une alternative possible, tout en la situant dans le contexte politique, économique, social, administratif qui dépasse largement  le cadre local, même en y incluant l’agglo, notre action sera inopérante, nous ne ferons qu’accompagner la majorité municipale dans  ses dérives, voire son opposition,  en poussant un coup de gueule de temps à autres.

 

Ouvrir nos colonnes sur un pied d’égalité  à quiconque a déjà tout le loisirs d’y exprimer ses points de vues, y compris des thèses opposées à celles que nous avions définies à l’origine,  sur notre site, sous la forme de commentaires ou dans la rubrique Libres Opinions (même si actuellement les conditions pratiques ne sont pas toutes réunies)   ne ferait que nous mettre à la remorque d’une autre organisation ou système de pensée.

 

Notre site a une certaine audience, les visiteurs savent lire, pourquoi ne réagissent t-ils pas, insuffisance de moyens au sens large, manque de disponibilité, désintérêt pour tout ce qui est autre que leur périmètre affectif immédiat,   préoccupations autres que celles dont nous faisons état ? Autant de questions que nous devons nous poser non seulement pour augmenter notre lectorat mais le nombre d’intervenants et pour cela ACPV doit paraître encore plus ouverte à la « contestation-discussion » de nos thèses, mais pas seulement, les propositions venants en second. Notre action n’est jamais qu’un investissement de longue haleine, surtout sur les problèmes civilisationnels. 

 

A l’exclusion des textes qui nous engagent collectivement face à l’opinion ACPV doit être la  plus ouverte possible.

 

Il n’est  pas inutile de rappeler qu’un contributeur (Personne, groupe qui prend part à la réalisation d'un projet, d'une entreprise) doit s’inscrire dans le cadre des objectifs et d’orientations prédéfinies. Lorsque j’exprime un avis qui m’est personnel je ne me réclame pas de l’association à laquelle j’appartiens sauf si je formule une hypothèse qui comme telle demande a être vérifiée.

 

N’oublions pas que la Loi Alur qui date de 2014 laisse les collectivités territoriales démunies face à l’appétit des promoteurs. Il m’étonnerait que ceux qui ont soutenu et  soutiennent encore le gouvernement qui l’a promulguée prennent l’initiative de la mettre en cause. Ils ne le feront que dans la mesure où nous serons capables de  créer le rapport de forces correspondant mais ils n’iront pas plus loin que le toilettage si nous ne poussons à la roue et l’opinion avec nous.

 

Certes (sic) voter n’est pas l’alpha et l’oméga de la démocratie qui depuis la Grèce antique jusqu’à nos jours a toujours conduit à l’oppression d’une majorité par une minorité agissante qui  a  décrété l’interdiction du grand soir pour ne l’autoriser que lorsqu’il lui permet d’atteindre ses objectifs,  ensuite  spolier ses auteurs du moins en occident, mais ce n’est pas une raison suffisante pour condamner le suffrage universel alors qu’il suffit d’en dénoncer les insuffisances, les tares, les manipulations et la cécité de ceux et celles qui s’y laissent prendre, ce qui nous ramène au militantisme, là aussi au sens large, et à la formulation d’alternative crédibles, pour le moins des pistes de recherche.   

 

Ce qui pose évidemment la question de l’éducation populaire qui si elle commence au sein des familles se poursuit à l’école qui aujourd’hui semble plus occupée à promouvoir les thèmes chers aux eurocrates plutôt que les valeurs  de la République en ce qu’elles ont d’universel. Mais comment est-il possible de prolonger si nous nous  « enfermons » dans les  seuls problèmes  locaux que se posent les Villiéraines et les Villiérains très majoritairement conservateurs,  englués dans la société de consommation, pour ceux qui le peuvent encore, incités à la résignation par les pouvoirs successifs et la quasi totalité des médias à en devenir nombrilistes, à l’occasion « dames patronnesses » ?

 

Si je n’avais pas quelques connaissances de la réalité, à lire le passage consacré  au budget sans augmentation des taxes locales,  j’aurais pu dire. : Bravo, ils ont réussi là ou beaucoup d’autres ont échoué.

 

Informer ce n’est pas faire doublon, c’est analyser,  faire ressortir les non dits,  questionner publiquement ensuite dénoncer le double langage, et les faux fuyants. La vente de l’immeuble Impasse Pasteur  fragiliserait l’ensemble de la zone dont la commune possède la majeure partie. Elle n’a d’autre objet que  de pallier temporairement les conséquences de l’austérité de droite puis de gauche en attendant la suivante et dégager des moyens  financiers en vue d’une une réélection à l’échéance suivante. C’est, au mieux, de l’opportunisme quelles qu’en soient les conséquences.

 

Les majorité successives ont bradé une partie du patrimoine de la commune, pas seulement la droite, il ne reste plus aucune emprise foncière disponible pour conforter économiquement le centre ville à un point tel qu’il faut recourir à des capitaux privés pour aménager un espace médical, ou plutôt en favoriser l’accessibilité. Un tel projet devrait s’inscrire dans le cadre d’un service public de santé toujours en cours de démantèlement.

 

Faut-il le dire au risque de ne pas être compris ? Le taire serait être, comme les autres, complices par omission. 

 

Occupons nous  des affaires qui sont les nôtres, certainement,  mais en y incluant tous les paramètres qui influent sur notre vie quotidienne, quelle qu’en soient les origines, à partir de notre environnement, planétaire y compris, qui chacun devrait le savoir  commence à la porte d’à côté, c’est tout dire.

 

En outre comment ne pas dénoncer les responsables du  drame qui se joue en méditerranée. Les médias et les gouvernants de l’Union Européenne versent des larmes de crocodiles face à l’anarchie en Libye, le dépeçage de ce pays à l’initiatives des différents courants islamistes obscurantistes et criminels mais ils oublient qu’ils applaudissaient lorsque Kadhafi fut assassiné pour avoir voulu émanciper l’Afrique de la tutelle et du pillage par l’impérialisme occidental. Pour l’heure ils n’en sont,  tels des hypocrites, qu’au sempiternel  y’a qu’à faut qu’on.  Aucun n’a encore fait son autocritique, exprimé le moindre regret, demandé pardon au peuple libyen, aux syriens aux irakiens non plus. Partout ils contribuent à semer la mort et la désolation et sans être anglophone j’affirme à l’intention des générations futures ou qu’elles se trouveront il n’y aura No future pour elles. Seules quelques individualités passeront aux travers des mailles du filet.

 

Contrairement à ce qu’affirment  les bonnes âmes elles  ne rembourseront pas les dettes car, sans emplois, chômeurs, intermittents, précaires, SDF, retraités  avec quelques centaines d’euros pour survivre misérablement, ou la charité,  elles n’en auront tout simplement pas les moyens, ni même pour garantir la solvabilité du marché qui tend vers des limites proche d’une récession globale.

 

Pendant ce temps là Gouvernants et Médias se félicitant de l’inculpation d’un ancien nazi de 93 ans, comptable dans un camp de concentration nazi, soutiennent ses émules  qui assassinent en Ukraine au nom des mêmes principes xénophobes et racistes. Il a peu j’aurais écrit, cherchez la contradiction, aujourd’hui je suis convaincu qu’il n’y en a pas, ce n’est que de la poudre aux yeux et la continuation de la politique des années trente. On connaît la suite.

 

Ils se fichent de nous. Les laisserons-nous faire encore longtemps ?            Jack Freychet

 

PS : Les textes devant  interpeller tous les interlocuteurs potentiels, y compris ACPV, Libres Opinions devrait  être abordable par une invite du même type que Cahier de doléances, sans passer à priori par la case modération qui peut être assimilée à une censure qui n’ose pas dire son nom. C’est ce que j’aurais fait avec ce texte si la possibilité en était offerte. En l’état je suis contraint d’utiliser la case commentaire alors qu’il  pose  des questions de fond et  appelle  des  réponses argumentées qui  doivent  être débattues urbi et orbi.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:07

par Giulietto Chiesa

 

 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 15:46

Prenant le taureau par les cornes elle nous apprend via son bulletin de février/mars 2016 qu'elle a décidé de:

 

  1. Déposer plainte pour que la justice fasse toute la lumière sur les responsabilités de leurs prédécesseurs de gauche.
  2. Engager un plan d’économies drastiques  de 60 millions d’euros d’ici l’an prochain.
  3. Lutter impitoyablement contre la fraude aux prestations sociales.
  4. Vendre  les bâtiments inutilisés ou  louer ceux qui peuvent l’être.
  5. Demander des efforts aux agents du service public sur leur durée de travail

 

Nous pourrions applaudir à la mutualisation des achats mais à condition que cette démarche ne conduisent pas au lancement d’appels d’offre à l’international comme c’est déjà le cas pour la fourniture d’énergie, au détriment d’entreprises françaises. Ne rêvons pas !

 

L’énumération des 10 mesures « phares » qui en découlent est en page 8 du même bulletin. Et, puisque ce serait  insuffisant pour combler les trous, une hausse de 10 % de l’impôt foncier perçu par le département couronnera l’ensemble et     s’ajoutera  aux conséquences de la suppression de l’abattement de 15 % des bases d’imposition à la taxe d’habitation décidée par la majorité de droite de  Villiers sur Orge.

 

On pourrait applaudir à la dénonciations des malversations, si il y a eu,  mais il y a gros à parier que  les recours ne feront qu’un flop,  tel un pavé dans la mare. Les économies drastiques réalisées au titre de la chasse aux gaspillages  vont se traduire par une réduction tout  aussi drastique des aides accordées à la vie associative ainsi qu’aux aux personnes en difficulté, en particulier avec l’instauration d’un tarif minimal de 0,70 euro pour un  repas dans les collèges( pour les enfants des familles les plus en difficultés), ce n’est qu’une hausse qui n’ose pas  dire son nom.  

 

Faut-il croire que les personnels chargés d’instruire les dossiers d’aide sociale soient incompétents voire corrompus au point de nécessiter la mise en place de cellules antifraudes qui induiront  des dépenses supplémentaires ?

 

Depuis quand  le temps de travail des agents du conseil départemental est-il en deçà de la duréelégale la durée légale ?

 

Pourquoi la droite n’a-t-elle pas dénoncée cette aberration à moins qu’il  s’agisse de préparer l’opinion au démantèlement du code du travail prévu par la loi Khomri.

 

Comment est-il possible de globaliser les dispositifs «  mieux se former au collège », « citoyen collégien », « réussir sa 6ème » alors que les établissements d’enseignements sont disséminés en Essonne ? Par ailleurs de quelle citoyenneté s’agit-il   Nationale ou Unioniste dont chaque jour qui passe nous permet d’apprécier les méfaits.

 

La mise en vente ou la location de Chamarande, de Méréville, du Stade Robert Bobin montre le peu d’intérêt que la droite départementale porte au sport, à la culture, la vie associative en général. Gageons que nos « amis » du Qatar, de l’Arabie Saoudite et des Emirats   moyen Orientaux, qui financent les djihadistes  vont se ruer sur l’aubaine à moins que quelques « sponsors » réfugiés dans les paradis fiscaux y voient l’occasion, eux aussi, d’une bonne affaire.

 

L’Etat a déjà donné l’exemple, pas seulement sous Hollande, Villiers sur Orge brade également son patrimoine à la découpe pour équilibrer ses comptes.

 

La majorité précédente avait mérité une volée de bois verts pour avoir accepté sans la moindre protestation  les transferts de charges de l’Etat vers les collectivités territoriales mais pas de la part de la droite qui fait tout pour s’y  adapter, sans en dénoncer les causes profondes. Elle est, elle aussi, « européiste » et  milite, à tous les niveaux,  en faveur de nouveaux abandons de souveraineté qui ne feront qu’aggraver la situation.

 

Que ferait,  demain, une fois majoritaire au parlement, une droite qui contrôle déjà   le département de l’Essonne, la région D’Ile de France, à défaut de s’émanciper des traités européens et d’abandonner l’euro monnaie unique ? A n’en pas douter la même chose que Hollande, Valls et Macron et leurs amis jusqu’à un nouveau passage de témoin, et pour les mêmes  raisons, a moins que le Front National les renvoient dos à dos. Ils y vraisemblablement mieux à faire…

 

Plutôt que de faire des économies de bouts de chandelles le département ferait mieux d’éviter les dépenses inutiles.

 

Nous lisons page 16 du même bulletin  sous l’intitulé -  de la glace pour étudier le réchauffement - qu’un projet emblématique  de 25000 m², excusez du peu, verra le jour à Saint Aubin, canton de Gif sur Yvette, pour "redécouvrir" ce que nous savons déjà c'est-à-dire que les variations climatiques ne sont pas d’origine anthropique comme le prétendent Le GIEC,  les politiques et les médias à leur solde qui serine bêtement les mêmes antiennes.

 

Le « brillant » climatologue Jean Jouzel bardé de diplôme est bien connu pour ne pas savoir user des connaissances déjà accumulées en la matière par de vrais scientifiques, il suffit de deux clics, ici et ,en particulier, pour s’en convaincre. Les mesures effectuées sur  le terrain, indiquent que depuis 20ans la température est restée stable  alors que le volume de gaz à effet de serre n’a cessé d’augmenter; cet « éminent glaciologue » devrait savoir que les études effectuées sur les carottages de glace ont démontré que, depuis des milliers millénaires,    le climat avait toujours subi d’importantes fluctuations, tout comme le niveau des mers. Si les dinosaures étaient encore là nous n’y serions pas. Cet homme nous prend pour des ignares, hélas il n’est pas le seul.

 

Les mesures préconisées par la COP 21 seront d’une totale inefficience, elles ne stopperont ni les explosions solaires, ni la dérive des continents et  l’érosion des falaises d’Etretat, de cet aspect mieux vaudrait, ainsi que le font les Pays Bas  entretenir les digues. (Pays Bas : Pour ceux qui ne savent pas « la Hollande » surtout ne pas y voir un rapport avec le président du même nom).

 

Enfin, du moins provisoirement, et là nous aurions gagné à la mutualisation, au lieu de  laisser la pose de la fibre en Essonne à l’initiative  des entités territoriales, communes – EPCI, c'est-à-dire à notre charge. Dans ce domaine  la responsabilité est à partager entre tous ceux, de droite et de gauche,    ont laissé le champ libre aux entreprises privées qui, si elles se sont précipitées sur les secteurs les plus rentables, c'est-à-dire les plus denses,  ont délaissé la couverture des zones rurales ou semi rurales pour se satisfaire de récupérer les dividendes au travers de leurs fournisseurs d’accès alors  que par le passé les PTT, entreprise nationale,  avaient été en mesure d’amener une paire téléphonique dans les constructions individuelles des hameaux les plus reculés de France et de Navarre.

 

Autres temps autre mœurs dans le droit  fil de la concurrence dite libre et non faussée définie par les traités européens. Cela durera aussi longtemps que nous laisserons faire.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:16

Le ministre russe des Affaires étrangères a exclu l’existence, présente ou future, d’un plan B concernant le règlement de la crise en Syrie, contrairement à ce qu’a commenté John Kerry, qui a prévu la partition de la Syrie en cas d’échec.

 

 «On a tout dit sur ce plan B : il n’y en a pas, et il n’y en aura pas. Personne [ni la Russie, ni les Etats-Unis] ne l’envisage», a martelé Sergueï Lavrov, en répondant à la question des journalistes lui demandant de commenter la proposition des Etats-Unis sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de la Syrie.

 

Le 22 février, les présidents russe et américain ont annoncé qu’un accord sur un plan de paix en Syrie avait été atteint. Le cessez-le-feu entre les troupes militaires syriennes et les groupes d’opposition entrera en vigueur le 27 février. Cependant, cet accord ne s’applique pas à l’Etat islamique et au Front al-Nosra. Vladimir Poutine a déclaré que ces organisations terroristes seraient prises pour cible jusqu’à leur anéantissement complet.

 

Le 23 février déjà, le secrétaire d’Etat John Kerry avait annoncé que les Etats-Unis discutaient d’un soi-disant plan de sauvegarde qui pourrait avoir des conséquences, notamment sur la fin de l’unité de la Syrie. «Si nous attendons plus longtemps, il risque d'être trop tard pour conserver l'unité de la Syrie», a-t-il déclaré devant la commission du Sénat américain. Dans ce plan alternatif, John Kerry n’a pas écarté le renforcement de l’engagement militaire américain en Syrie.

 

La Russie et la Syrie ont réagi négativement à cette proposition ambiguë. Ainsi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov a déclaré que Moscou ne prévoyait aucun plan alternatif. «Nos partenaires occidentaux nous rendent perplexes, notamment les Etats-Unis, qui mentionnent l’existence d’une sorte de plan B», a-t-il indiqué. Quant à Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, il a déclaré que la priorité russe restait de «réaliser le plan, l’initiative exprimée par les deux présidents».

 

Damas n’est pas non plus au courant du plan B américain, a déclaré un conseiller du président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban. «Je ne sais pas si ces déclarations ont été faites pour exercer une pression. De toute façon, aucune pression n’a besoin d’être exercée sur le gouvernement syrien, qui est d’accord avec l’initiative russo-américaine», a-t-il dit.

23 février 2016

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 17:21
Pourquoi sommes-nous dans une « Nouvelle guerre froide » ?
Par Pepe Escobar

origine  Comité Valmy

 

 

Je me demande parfois si nous sommes bien en 2016 et non en 1962.


Ces propos du premier ministre russe Dmitri Medvedev prononcés devant 60 ministres des Affaires étrangères et de la Défense lors de la 52e Conférence sur la sécurité de Munich samedi dernier (le 13 février) n’avaient pas de quoi étonner.

 

Ce que certains d’entre nous qualifient de Guerre froide 2.0 depuis déjà un bon moment est devenu la Nouvelle guerre froide selon Medvedev, qui a identifié correctement l’Ukraine et la Syrie comme les principaux points chauds.

 

Medvedev a également rappelé que le président Poutine avait dit, lors de la même Conférence de Munich il y a neuf ans, que l’obsession des USA à propos d’un système de défense antimissile risquait de relancer la Guerre froide. Aujourd’hui, la situation est plus préoccupante, la tournure des événements depuis 2007 a été pire qu’on ne le croyait.

 

Lorsqu’il a signalé que les politiques de l’Otan à l’égard de la Russie demeurent hostiles et opaques, Medvedev a utilisé une formulation euphémique. Trois jours plus tôt, le secrétaire général et homme de paille de l’Otan Jens Stoltenberg avait annoncé que l’Alliance, sous le commandement du Pentagone, allait renforcer ses patrouilles navales en mer Noire.

 

Sans surprise, les médias institutionnels occidentaux ont qualifié le compte rendu de Medvedev d’hyperbole, en l’accusant d’exploiter les craintes des Européens. Foutaises ! Les faits sur le terrain débouchent sur un chemin dangereusement glissant qui nous mènerait de la Nouvelle guerre froide à la perspective à faire dresser les cheveux de la tête d’une Guerre chaude à propos de la Syrie, provoquée par les politiques du Pentagone, de l’Otan et du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

 

Les comptes rendus périodiques et hyperboliques de l’Otan à propos de la politique étrangère russe pourraient se qualifier au mieux de discours alarmants. La question qui se pose, c’est si le Pentagone et les gourous du complexe militaro-industriel veulent déclencher une guerre chaude majeure avant que toute l’économie des USA n’implose de manière spectaculaire. Les géants de la finance et les politiciens qu’ils ont achetés et payés disposeraient alors du prétexte idéal pour mettre la catastrophe économique sur le dos de cette guerre plutôt que sur le casino financier.

 

Vers une guerre chaude à faire fondre le métal ?

Medvedev a clairement prévenu que toute intervention terrestre de la coalition dirigée par les USA dans sa prétendue guerre contre Daesh en Syrie mènerait à une autre guerre (il visait la Turquie). Il s’agit là d’une ligne à ne pas franchir établie par la Russie, que Lavrov a signifiée clairement à Kerry lors de leurs multiples réunions. Medvedev a ajouté au suspense en omettant de dire si le navire de patrouille Zelyony Dol qui se dirige vers la Syrie est muni d’ogives nucléaires pour ses missiles de croisière Kalibr.

 

Il est plus qu’évident que le Pentagone, tout comme l’administration Obama, sont bien au fait de la tactique désespérée du sultan Erdogan de la Turquie en faveur d’une offensive militaire directe le long de la frontière turco-syrienne. Ce qui n’est pas clair, c’est jusqu’à quel point le Pentagone et l’Otan soutiendraient cette tactique.

 

Il n’y a aucune preuve tangible (du moins pas encore) d’une invasion possible, sinon imminente, du nord de la Syrie par la Turquie, télécommandée directement de Washington. En pareil cas, Washington dirigerait de l’arrière une fois de plus, une forme de soutien qui transformerait les Turcs et les Saoudiens en chair à canon.

 

Parallèlement, ce qui ne ressort pas du tout des multiples réunions Lavrov-Kerry, ainsi que du coup de fil entre Obama et Poutine, c’est avec quel degré d’insistance Moscou a lancé des avertissements de conséquences désastreuses en cas de folle équipée turque. Au milieu de ces jeux de coulisse, et de la campagne de désinformation en cours, certains à Washington semblent comprendre les implications des avertissements russes.

 

Le sultan Erdogan considère que peu importe ce qu’il fera, il pourra compter sur le plein appui de l’Otan. Dans l’intervalle, comme le Saker l’a déjà analysé, toutes les forces armées russes sont sur un pied d’alerte, y compris la Flotte de la mer Noire. Elles seront donc prêtes au combat si jamais le sultan Erdogan perd les pédales.

 

Les faucons du Pentagone et la nébuleuse néocon calculent que Moscou craint une guerre sur deux fronts, contre la Turquie et l’Otan, et qu’il finira par reculer en Syrie. Foutaises ! Si ça se met vraiment à barder, la Russie peut mettre la Turquie K.O. à la vitesse de l’éclair. Puis si on en vient à une guerre chaude à faire fondre le métal (même hypothétique), l’Europe pourrait être envahie en trois semaines par les forces armées dont dispose la Russie sur le front occidental, d’après des sources militaires allemandes. L’Otan se montrerait alors sous son vrai jour : un déchaînement de fanfaronnades provenant de Bruxelles.

 

Le parti de la guerre est désespéré jusqu’à quel point ?

La diabolisation incessante de Poutine aujourd’hui devenue irrationnelle, conjuguée avec l’obsession des groupes de réflexion néocons au sujet d’une agression russe, suivent une tendance à la hausse depuis des années maintenant. La politique consiste essentiellement à faire progresser inexorablement l’Otan jusqu’à la limite orientale aux frontières de la Russie. Puis au diable le risque bien réel que la Guerre froide 2.0 se transforme en guerre nucléaire !

 

En ce qui concerne le Nouveau grand jeu en Eurasie, Washington veut absolument couper la Russie de l’Allemagne par tous les moyens, et empêcher la Russie de s’aligner complètement avec la Chine. Ce mantra se répétera, peu importe qui occupera la Maison-Blanche en janvier 2017. Cela revient toujours à saboter constamment l’intégration eurasiatique. L’intrigue secondaire capitale est de reléguer la Russie au rôle de puissance régionale (plutôt que mondiale).

 

La diabolisation incessante ne représente que l’aspect relations publiques de ce consensus à l’intérieur du périmètre à Washington. Tous les accoutrements de l’Empire du mal ont été dépoussiérés, du titre de nouvel Hitler conféré à Poutine à la sempiternelle agression russe qui se répète. L’endiguement est la religion officielle, des pays baltes à la Roumanie, d’un bout à l’autre de l’Anatolie, jusqu’au Caucase et à la mer Caspienne. La Pologne, la Roumanie et surtout la Turquie sont devenues les principaux chiens d’attaque de Washington.

 

La crise grave entre la Turquie et la Russie déclenchée après qu’Ankara eut abattu le Su-24 était une véritable aubaine pour le consensus de Washington. Car l’une de ses conséquences (majeures) pourrait être la mise au rancart définitive du Turkish Stream, véritable couteau dans le dos de l’intégration eurasiatique.

 

Moscou sait très bien que ce processus de diabolisation pas très subtil, qui non seulement vise Poutine mais s’est transformé en véritable russophobie, n’est pas prêt de s’atténuer. Car les enjeux sont trop élevés. Le complexe militaro-industriel a besoin d’un ennemi impérial puissant. Les têtes enturbannées dans les caves afghanes ou les faux califats, c’est de la petite bière. L’intégration eurasiatique (alliance entre la Russie, la Chine et l’Iran avec l’Allemagne) doit être évitée à tout prix.

 

Pendant ce temps, le partenariat stratégique russo-chinois progresse à un rythme soutenu. L’Allemagne veut absolument monter dans le train de la Nouvelle route de la soie. Les 4+1 (Russie, Syrie, Iran, Irak plus le Hezbollah) ont changé la donne à propos d’un changement de régime en Syrie. Il faut donc que la crainte de la Russie, cet ennemi primordial, cette menace contre les USA dans tous les domaines, comme les faucons veulent nous faire croire, plane au-dessus de l’ensemble de l’Occident, en tant que symbole de la peur. Ce que nous saurons bientôt, c’est si le parti de la guerre aux USA est désespéré au point de transformer la frontière turco-syrienne en nouveau Sarajevo, en déclenchant une Nouvelle guerre chaude létale et imprévisible.

 

Note de JF: Les conséquences ne sont pas les mêmes selon que l'on est sur le lieu des affrontements ou simple spectateurs, qui plus est par médias interposés mais avec en permanence le dander d'un élargissement du conflit.

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 18:05

Par moon of Alabama

Repris sur Comité Valmy

 

Via l’ancien ambassadeur indien M K Bhadrakumar, nous apprenons que le gouvernement russe se prépare à affronter une tentative de « révolution colorée », lors des élections parlementaires en septembre :

 

La réunion annuelle du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB), l’organisation qui a succèdé au KGB soviétique, est une excellente occasion de prendre la température des relations « Est-Ouest ». (Le cliché de la guerre froide se révèle utile une fois de plus.) Le discours habituel du président Vladimir Poutine lors de la réunion du FSB, vendredi, à Moscou, a couronné cet événement.

 

Il a fait une annonce sensationnelle , à savoir que le FSB était en possession d’informations précises selon lesquelles on élaborerait en Occident des plans pour provoquer de l’agitation politique en Russie, pendant la période qui précède les importantes élections législatives d’octobre. Poutine a évité d’utiliser l’expression « révolution de couleur », mais il y a fait implicitement référence.

 

Les différents services américains et les néo-conservateurs du Département d’Etat aimeraient certainement fomenter des révoltes en Russie. Mais il y a très peu de chances qu’un putsch réussisse à Moscou. Il n’y a pas d’opposition efficace au gouvernement actuel, et quelques difficultés économiques n’inciteront pas les Russes à prendre l’état d’assaut. Ils auraient pendu Eltsine plus d’une fois, si c’était le cas.

 

Ce serait beaucoup plus facile si Washington acceptait la Russie telle qu’elle est et lui faisait un peu de place sur l’échiquier politique international. Mais cela n’arrivera jamais, n’est-ce pas ?

 

En fait, le scénario qui se dessine ici, en ce qui concerne les relations russo-américaines pour le reste de la présidence de Barack Obama, est plutôt sinistre. Le problème principal de la Russie actuellement, c’est que les États-Unis interfèrent dans sa politique interne en vue de créer des dissensions politiques qui affaibliraient le Kremlin, l’obligeant à adopter des politiques en harmonie avec les stratégies régionales et mondiales américaines.

...

Les États-Unis ne peuvent pas accepter une Russie (ou tout autre pays) en mode nationaliste, soufflant un puissant vent contraire à ses stratégies mondiales.

 

La victoire de Trump ou Sanders à la présidence des Etats-Unis pourrait se traduire par des relations plus amicales avec Moscou. Mais il y a beaucoup de monde dans les diverses bureaucraties, en particulier au Pentagone, dont les crédits dépendent d’une relation hostile avec la Russie (et la Chine). Il sera difficile de les réduire au silence. Cela augmente la difficulté de résoudre les crises en cours en Syrie et en Ukraine :

 

Poutine a prévenu que Moscou écrasera dans l’œuf toute tentative américaine de susciter de l’agitation politique en Russie. On peut faire confiance à Poutine pour qu’il le fasse. Cependant, la grande question demeure : comment des conflits régionaux tels que la Syrie ou l’Ukraine pourraient-ils faire l’objet d’un traitement approprié quand les deux grandes puissances sont enfermées dans une lutte existentielle ?

 

Si les États-Unis essayaient vraiment de créer des troubles autour des élections à Moscou, nous pouvons nous attendre à une intensification des conflits dans les deux théâtres d’opérations d’Ukraine et de Syrie, au cours de l’été. Ne serait-ce que pour intensifier le message « Poutine est le Mal » que les médias « occidentaux » sont sommés de propager dans leurs populations.

Moon of Alabama
27 février 2016
Mise en ligne CV : 28 février 2016

Traduction : Dominique Muselet

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 17:22
(Autrement dit analyse... et prospective optimiste, pour nous compris. JF)
Par Pepe Escobar

mardi 1er mars 2016 origine par Comité Valmy

 

Pékin met en place une globalisation à la chinoise qui va défier l’hégémonie américaine non seulement régionale mais aussi mondiale.

La semaine dernière, le premier train commercial chinois, arrimé de 32 containers, est arrivé à Téhéran après un trajet de moins de 14 jours à partir du grand hangar de Yiwu dans le Zhejiang, à l’est de la Chine, après avoir traversé le Kazakhstan et le Turkménistan.

Un trajet de 10 400 km. Un voyage plus court de trente jours que la voie maritime qui relie Shanghai à Bandar Abbas. Et nous ne parlons pas encore du TGV, qui sera installé dans quelques années, de la Chine orientale jusqu’à l’Iran et au delà, vers la Turquie et, crucialement, vers l’Europe de l’Ouest, permettant à des trains de 500 containers ou plus de traverser l’Eurasie en un temps record.

Quand Mohsen Pour Seyed Aghaei, le président des Chemins de fer iraniens, a fait la remarque que « les pays le long de la Route de la Soie se battent pour faire revivre l’ancien réseau de routes commerciales », il ne faisait qu’effleurer un sujet qui va changer bien des choses.

Le président chinois, Xi Jinping a rendu visite à l’Iran exactement le mois dernier, étant ainsi le premier dirigeant mondial à le faire après que les sanctions ont été levées. Les héritiers des anciennes puissances de la Route de la Soie, c’est-à-dire la Perse impériale et la Chine impériale, ont prestement signé un accord pour relancer le commerce bilatéral jusqu’à une valeur de $600 Mds sur la prochaine décennie.

 

Et ce n’est que le début.

 

Guerres commerciales, maritimes et aériennes

Pour comprendre ce processus du point de vue de la stratégie chinoise, il est enrichissant de revenir sur undiscours très important tenu l’été dernier par le général Qiao Liang à l’Université de la Défense, la plus grande école militaire chinoise. C’est comme si les mots de Liang sortaient de la bouche même du dragon, Xi lui-même.

Les dirigeants chinois estiment que les États-Unis ne vont pas se lancer dans une guerre contre la Chine d’ici les dix prochaines années. Regardez bien ce calendrier ; 2025 est l’année où Xi pense que la Chine sera devenue une société modérément prospère comme le prévoit le nouveau Rêve chinois. Alors Xi aura rempli sa mission, cueillir les fruits de l’arbre planté par le petit timonier que fut Deng Xiaoping.

Le secret pour ces dix prochaines années, comme le remarquait le général Liang, est pour la Chine de réajuster son économie (un travail en cours) et d’internationaliser le yuan. Cela implique aussi la mise en route d’un accord commercial de libre échange asiatique, qui ne sera visiblement pas le TTP américain interdit aux Chinois, mais le RCEP mené par les Chinois.

Le général Liang connecte directement l’internationalisation du yuan à quelque chose qui va bien au-delà de la nouvelle Route de la Soie dénommée officiellement par la Chine Une Ceinture, Une Route . Il en parle comme si c’était un accord commercial nord-est asiatique, alors que ce qui est en jeu et ce vers quoi tend la Chine est un accord de libre échange trans-asiatique.

En conséquence, un effet ricochet va diviser le monde.

Si un tiers seulement de l’argent mondial est libellé en dollar, comment la monnaie américaine peut-elle maintenir son hégémonie ? Est-ce que des États-Unis au bout du rouleau, laissés sans avantage monétaire, peuvent continuer à être une puissance mondiale ?

Le déclin de la monnaie américaine est donc la cause explicative, selon les dirigeants chinois, des « récents problèmes de la Chine sur lesquels s’étend l’ombre des États-Unis ».

Entre alors en jeu le pivot américain vers l’Asie. Pékin interprète clairement cet objectif comme une tentative visant à « contrecarrer la puissance montante chinoise ». Et cela nous mène à la discussion sur l’ancien concept de bataille maritime et aérienne (qui s’est maintenant bien bâtardisé) que le général Liang qualifie de dilemme insoluble pour les États-Unis.

« Cette stratégie reflète en premier lieu la faiblesse militaire américaine, affirme Liang. Les troupes américaines pensaient pouvoir utiliser des frappes aériennes et la marine contre la Chine. Tout à coup, les États-Unis réalisent que ni l’armée de l’air ni la marine n’ont l’avantage contre la Chine. »

Ce précédent paragraphe à lui seul serait suffisant pour mettre en perspective le turbulent jeu du chat et de la souris des avancées chinoises et du harcèlement américain en Mer de Chine. Pékin est tout à fait conscient que Washington ne peut plus remettre en question les avancées de l’armée chinoise comme la capacité de détruire des systèmes spatiaux ou attaquer des porte-avions. Les États-Unis doivent donc patienter dix ans de développement avant de pouvoir mettre en place un système de combat moderne qui dépasserait les avancées chinoises. Cela signifie qu’il faudrait encore dix ans avant qu’ils puissent planifier une guerre contre la Chine.

Faites la guerre, moi je monte des projets

Donc, pas de guerre majeure avant 2025, ce qui laisse Xi et le Parti communiste chinois (PCC) libres de progresser très vite. Les observateurs qui suivent les progrès de Pékin en temps réel les qualifient « à couper le souffle » ou « spectacle à ne pas manquer ». Le gouvernement américain est essentiellement désemparé.

La veille du premier jour de l’année chinoise du Singe, le PCC, sous les ordres de Xi, a édité un dessin animé hip hop sensationnel qui a fait le buzz et qui parle du soft power chinois. Voici comment cette période de dix ans, jusqu’en 2023, a été annoncée a la population.

Voici les quatre point clefs : 1) développer une société modérément prospère (c’est-à-dire un PIB/habitant de $10 000) ; 2) continuer d’approfondir les réformes, spécialement dans le domaine économique ; 3) gouverner selon la loi, cela parait évident, mais veut surtout dire la loi telle que l’entend le PCC ; 4) éliminer la corruption qui gangrène le PCC (un long travail en cours).

Rien de tout cela n’implique bien sûr de suivre un modèle occidental ; au contraire, cela montre que Pékin contrebalance le soft power occidental dans tous les domaines.

Et puis, inévitablement, toutes les routes mèneront tôt ou tard vers Une Ceinture, Une Route chinoise. Le général Liang voit cela comme allant bien au-delà d’un processus de globalisation, de globalisation à l’américaine, qu’il qualifie de globalisation du dollar. Car ni lui ni le gouvernement chinois ne voient la Route de la Soie chinoise comme s’intégrant dans le système économique global. Dire que le dollar va continuer sa globalisation et son intégration est une erreur de jugement. En tant que grande puissance montante, Une Ceinture, Une Route est l’étape initiale de la globalisation chinoise.

 

Radicalement ambitieux est un terme encore trop faible. Une Ceinture, Une Route n’est pas seulement le vecteur extérieur du rêve chinois qui repose sur l’intégration économique de toute l’Eurasie sur une base gagnant/gagnant, c’est aussi, « et de loin, la meilleure tactique que la Chine puisse appliquer. C’est une tactique d’esquive face au mouvement américain vers l’est ».

Nous y voilà donc, comme je l’écris depuis que le projet Une Ceinture, Une Route a été lancé. « C’est la tactique d’esquive chinoise de tourner le dos au pivot américain vers l’Asie, vous poussez dans une direction, je vais dans la direction opposée. Ne m’y avez-vous pas poussé ? Je vais vers l’ouest non pas pour vous éviter ni parce que j’ai peur, mais pour intelligemment diminuer la pression que vous exercez sur moi par l’est. » Bienvenue au pivot chinois vers l’ouest.

Libre de s’encercler tout seul.

Le général Liang préfère bien sûr se concentrer sur les questions militaires et non sur les aspects commerciaux. Il ne pouvait l’exprimer plus clairement :

« Étant donné que la puissance navale chinoise est encore faible, le premier choix pour Une Ceinture, Une Route devrait être de s’étendre par la terre », a-t-il déclaré. Liang choisit la Ceinture comme terrain de compétition le plus avantageux, c’est-à-dire les routes terrestres de l’ancienne Route de la soie. Mais cela laisse de préoccupantes questions encore sans réponses quant aux capacités expéditionnaires de l’armée chinoise.

Le général Liang ne s’est pas appesanti sur cette compétition, visiblement contre les États-Unis, le long de cette Route de la Soie. Ce qu’il considère cependant comme certain est « qu’en choisissant la Chine comme rival, les États-Unis choisissent le mauvais ennemi dans la mauvaise direction car, dans l’avenir, le véritable défi pour les États-Unis n’est pas la Chine, ce sont les États-Unis eux-mêmes, un pays qui finira par s’enterrer lui-même. »

Et comment cela va-t-il se passer ? A cause du capitalisme financier. On dirait que le général Liang est un lecteur de Michael Hudson et Paul Craig Roberts (il doit surement l’être). Il remarque que « à cause de l’économie virtuelle, les États Unis ont déjà mangé tous les profits du capitalisme ».

Et pour l’enterrement ? Eh bien, il sera orchestré par « internet, les grosses banques de données et le Cloud » qui sont « poussés à l’ extrême » puis, « vivront leur propres vies et s’opposeront au gouvernement américain ».

Qui aurait pu penser cela ? C’est comme si les Chinois n’avaient plus besoin de jouer au jeu de go. Ils leur suffit de laisser l’adversaire s’encercler tout seul.

 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:26

Pour s’en tenir au bulletin du Villiérain 157  Madame le Maire  nous transmet une image qui n’est pas celle de sa gestion…

 

Je ne m’étendrai pas sur la rétention d’informations dont elle est coutumière, son refus permanent du dialogue public qui ne peut satisfaire que ceux et celles qui n’ont rien à dire  ou qui gobent tout comme argent comptant. C’est sans doute pour économiser du temps de parole qu’un nouveau logiciel servira désormais d’intermédiaire entre les services communaux et les usagers. La suite est connue. Après avoir épuisé en vain les ressources  de la messagerie vocale enregistrée sur le 1, le 2, le 3, la personne que vous obtiendrez à partir du numéro 4 vous répondra « attendez je me renseigne auprès de mon supérieur hiérarchique ou d’un élu… absent. »

 

Le meilleur logiciel  ne remplacera jamais les contacts humains, à la conditions que l’interlocuteur (ou l’interlocutrice) ait une bonne connaissance du dossier et soit autorisé à engager  sa  responsabilité dans le domaine de compétence qui lui est dévolu. C’est illusoire puisque nous savons que madame la première magistrate de la commune, en plus de ne pas vouloir écouter ni même d'entendre , ne délègue pas, ou à minima et sous sa responsabilité, ainsi que la législation lui en donne la faculté, de ce fait les adjoints n’ont pas de marge  manoeuvre,  le personnel encore moins, les uns et les autres  sont aux ordres sans autre possibilité que de se démettre à moins qu’ils ne partagent cette pratique. Nous sommes placés devant le fait accompli.

 

C’est cela l’expression de la démocratie bourgeoise présentée telle la panacée suprême : La rétention de l’information, l’argumentation fallacieuse de nature à tromper l’opinion pour la manipuler,  les prises de décisions dans le secret des cabinets. Seule la partie supérieure de l’iceberg émerge lors des réunions du conseil, selon le bon vouloir de la cheftaine des boy-scouts ( et des girl-scouts),  c’est à dire pas de quoi comprendre le déroulement des  opérations.

 

Ainsi nous serions liés  par des valeurs communes Liberté égalité fraternité. Curieuse interprétation de la réalité qui rejoint celle des gens qui se succèdent au gouvernement et qui ont l’outrecuidance de demander de concert avec l’extrême droite la mise sous haute surveillance des libertés publiques. Officiellement contre l’Islamisme, en réalité pour contenir le  vent de révolte qui couve sous la cendre des « rassurances » médiatiques.

 

Si les  nantis (disons le centile supérieur) ont des libertés à la mesure de leurs revenus qui enflent démesurément jusqu’à s’épandre dans les paradis fiscaux, ou sont celles des chômeurs, des précaires,  des jeunes à la recherche d’un premier emploi, des paysans étranglés financièrement, désespérés jusqu’à se suicider, de tous ceux qui galèrent  contraints de faire la queue devant un  bureau d’aide sociale, les restos du cœur,   quand ce n’est pas la manche au coin d’une rue ?

 

Parler d’égalité dans ces circonstances c’est se ficher du monde mais il est vrai que tant de nos concitoyens passent et trépassent sans avoir jamais rien vu, rien compris.

 

Fraternité, Egalité, Fraternité    resteront des mots vides de sens tant que l’injustice  sociale perdurera dans notre pays, ailleurs aussi.

 

Tous ceux et celles  qui soutiennent ou tolèrent cette politique inique sont coupables. Madame Leroux y compris qui tente de masquer son appartenance au parti républicain dont elle a toujours refusé de dénoncer les turpitudes et  l’austérité à l’égard des collectivités territoriale lorsque Sarkozy était au pouvoir, ses « opposants » de « gauche » font de même, eux aussi  du bout des lèvres, depuis l’avènement de Hollande,

 

Dénoncer en ce début 2016 n’est aujourd’hui qu’une démarche bassement électoraliste dans la perspective des prochaines présidentielles pour nous faire accroire  qu’une fois la droite au pouvoir dans toute les entités territoriales Parlement, Régions, Départements, Communes et EPCI tout irait pour le mieux. Mon œil. Les conditions du  rétablissement de l’abattement sur des bases d’impositions à la taxe d’habitations ne sont pas  pour demain.

 

Souhaitons cependant qu’en 2017 nous n’ayons le choix qu’entre la peste ou le choléra, de   droite ou   de  gauche qui en sont réduites au mimétisme pour tenter de stopper l’irrésistible montée de l’extrême droite sur la plus  haute marche du podium.

 

Gestion communale, sourde oreille, monologue, approximation, désinformation:

 

En sus de ce qui précède il convient d’abord  de rappeler que les conséquences de la suppression de l’abattement de 15 % sur  des bases d’imposition à la Taxe d’Habitation qui avaient été évaluées par les services fiscaux n’ont pas été rendues publiques. La révélation accompagnera les feuilles d’impositions.

 

Ensuite, pour ne retenir que les dossiers qui font l’actualité, nous savons que la structure médicale qui sera accueillie dans l’ensemble immobilier en cours de gestation face à la Mairie ne sera pas un centre de santé, la majorité communale n’en avait  pas la volonté politique, elle a  rejeté l’hypothèse, a priori, au motif qu’elle ne disposait pas des moyen ad hoc.

 

Tout porte à croire qu’il s’agirait d’une Maison de Santé pluridisciplinaire ainsi qu’il est écrit page 19 du bulletin municipal ce que nous subodorions déjà. Elle  offrira de meilleures conditions d’accessibilité aux handicapés.  Par contre il est évident qu’il deviendra beaucoup   plus difficile de  stationner aux abords de la mairie, de la supérette  et de la Chapelle saint Claude en particulier lors des cérémonies funéraires? Nous le savions aussi.

 

La réalisation des maisons de Santé pluridisciplinaire doit remplir plusieurs conditions préalables, les thérapeutes doivent respecter certaines obligations (je tiens le dossier à la disposition de qui en ferait la demande) afin d’obtenir les meilleures aides possibles au financement et faire l’objet de:

 

  1. Un diagnostic territorial pour justifier les besoins,

 

  1. Une étude de faisabilité,

 

  1. Le dossier doit être élaboré en concertation avec  l’Agence Régionale de Santé, lui être remis pour agrément et les  demandes de subventions déposées auprès d’organismes ad hoc tant pour la réalisation  des murs que pour les aides au fonctionnement.

 

Ces études préliminaires ont-elles été réalisées à l’initiative de la commune. Si oui, à la veille du début des travaux elles devraient pouvoir être consultables en mairie. En l’absence les subventions ne sont pas acquises.

 

Dans la négative,  écrire ainsi que l’a fait madame le  Maire) « il a été confié à MJD une mission  pour définir avec les différents personnels médicaux qui occuperont le rez de chaussée leurs besoins  et la façon dont ils souhaitent s’organiser » c'est faire fi de cette première phase d'étude et se défausser de ses responsabilités sans avoir au préalable recensés les besoins des populations sur le secteur alors qu’il faut attendre plusieurs semaines souvent plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous auprès d’un spécialiste et parcourir des kilomètres pour s’y rendre, par ailleurs une emprise a-t-elle été réservée afin d'accueillir un cabinet dentaire. C'est avoir mis la charrue avant les bœufs et pendant ce temps on nous prie de faire des économies de carburant.

 

Qui a pris l’initiative de cette seconde étude, qui la financera, qui paiera, des subventions ont-elles été sollicitées et par qui ? 

 

Urbanisme:

 

Lors de la dernière séance du conseil la mise en mise en vente de la maison 22 Impasse Pasteur a été annoncée. Elle est  implantée sur la  parcelle AE 56 pour partie en zone 2AU constructible, environ 500 m², le solde  zone  UA, en zone  protégé d'aménagement ultérieur  1073 m².

 

La logique aurait voulu que la parcelle soit scindée en fonction du zonage ce qui serait aujourd’hui interdit selon l’autorité municipale. Pressée de vendre pour équilibrer le budget 2016, plutôt que d’attendre le résultat des d’études lancées il y a près de 10 mois en préalable à la procédure de « Révision Elaboration du Plan Local d’Urbanisme », la commune a opté pour la mention d’une « servitude sur l’acte de vente notarié ». Quelle est sa teneur exacte ? On peut légitimement douter qu’elle présente les mêmes garanties que la division en deux lots.

 

Un trait de crayon lors de la révision de ce document d’urbanisme suffira pour que la parcelle actuellement protégée, qui verrouille l’accès aux parcelles détenues par la commune, offre la   zone UA sentier des Senillières aux appétits des promoteurs immobiliers.

 

Pas d’autre possibilité que de demander des éclaircissements et de rester vigilants  lors de la refonte du PLU car la commune ne dispose pas des équipements nécessaires à l’accueil de populations nouvelles, les réserves foncières pour ce faire sont inexistantes et les moyens financiers nécessaires inexistants.

 

Les brèves :

 

Les cabines téléphoniques vont disparaître si ce n’est déjà fait, les boîtes à lettres se raréfient, la déchetterie mobile est en danger. La collecte du verre ne se ferait plus au porte à porte car le bris des bouteilles et autres ustensiles  de même nature génèrerait des poussières dangereuses pour les poumons des ripeurs.

 

A quoi peuvent donc bien servir les masques respiratoires et lunettes de protections?

 

Craignons qu’il ne s’agisse que d’économies de bouts de chandelles  qui ajouteront encore aux difficultés des familles de   la Cavo et du cœur de l’Essonne.

 

Surtout ne  cassons pas  la vaisselle, chez nous, avant d’avoir mis la  protection ad hoc.

 

Tout va très bien madame la Marquise…Ce que confirme Olivier Léonard lorsqu’il écrit en chute de son Edito de février 2016  « C’ est avec le cœur que nous construisons l’avenir ». De toute évidence ça ne sera   suffisant, pas plus que le slogan  «L’Humain d’abord » de l’opportuniste Mélenchon.    

 

En toute innocence. jack Freychet le 29 février 2016

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 17:32

Résistance et contre attaque

 

De la part d’un prolo,  lui même issu de prolétaires de souche paysanne  ce qui, soit dit en passant, fait plonger  la saga familiale dans  la seconde moitié du 19 ème siècle sans autre médiation que la transmission orale du vécu.

 

« La terre à celui qui la travaille » était un slogan repris régulièrement, et pour ces gens là,  le système Kolkhozien, de type coopératif, n’était pas un repoussoir.

 

Compte tenu des contraintes qui pèsent sur eux,  les  agriculteurs et les éleveurs de notre pays contraints de travailler à perte « ou-et » de disparaître, c'est-à-dire de se mettre pieds et poings liés au services d’une entreprise capitaliste ou de lui brader leur  patrimoine foncier et leur cheptel1, regarderaient à deux fois si on leur proposait  l’instauration  d’un système qui leur permette de pérenniser leur force et leur outil de travail tout en améliorant leurs revenus puis de disposer d’une retraite correcte, plutôt que d’aller grandir le nombre des chômeurs, précaires et autres.

 

A défaut de reprise de l’exploitation par les héritiers en ligne directe, le foncier revenant à l’Etat en contre partie d’une juste indemnisation, à charge pour lui d’en concéder à nouveau l’usufruit.

 

Il est possible, sous des formes adaptées, d’étendre le processus à d’autres corps de métiers, dont nul n’est aujourd’hui en mesure d’assurer un emploi durable. D’ailleurs il est prévu que dans le cadre le la concurrence dite libre et non faussée, les CDD, c'est-à-dire la précarité, deviennent la règle et que le code du travail soit réduit à la portion congrue avant  de disparaître de sorte que les salariés deviennent taillables et corvéables à merci, jusqu’à être jetables sans indemnisation. (Voir à ce sujet l’analyse du  projet de loi khomri  par la CGT)

 

Tous dans la même galère

 

Quelle différence entre les producteurs laitier auxquels l’UE interdit de se regrouper pour négocier collectivement le prix de vente de la traite et les salariés qui se voient octroyer la faculté de renoncer aux  35 heures, entreprise par entreprise, service par service, voire individuellement… ? 

 

La mise en concurrence de travailleurs à statuts différents : Les micro entreprises qui bénéficient d’une fiscalité et de taux de cotisations sociales allégés face ne peut que multiplier et exacerber les confits  et les entreprises individuelles classiques. Il est possible de multiplier les exemples (cas des taxis)… L’ubérisation en cours et le système D ne sont pas la solution même si ça permet de temps à autres de mettre du beurre dans les épinards.

 

Le Medef attaque tous azimuts avec la bénédiction d’un pouvoir politique, soi disant de gauche, mais à la solde des financiers (Terme générique) et des transnationales. Pour réduire le coût du travail. Ils  restreignent  de concert les cotisations sociales patronales, partie de salaire mutualisée,  et par conséquent  les prestations qu’elles permettent de couvrir,  ce que les petits patrons, les artisans apprécient en tant qu’ultime bouée de sauvetage sans même percevoir qui subissent les conséquences de l'érosion du pouvoir d'achat des salaires, retraites et pensions...  Les salariés, phagocytés  par ce qu’ils croient être la fatalité payent plus du moins ceux qui le peuvent pour se soigner moins.

 

Il en sera ainsi autant que nous n’auront pas réussi à nous émanciper des contraintes des traités européens pour retrouver notre souveraineté monétaire et les marges de manœuvre qui en découleraient…

 

Tenter de négocier un compromis est voué à l’échec. Cameron n’y a recouru que pour jeter de la poudre aux yeux de l’opinion publique, aux prétextes fallacieux d’une part de défendre un système de protection sociale dont il poursuit le délabrement, d’autre part pour préserver la City et les paradis fiscaux, situés dans les Iles Britanniques, qui ne sont en rien menacés par l’union Européenne dont les nantis tirent  profit à notre détriment au même titre que la famille royale Britannique.

 

C’est la voie dans laquelle s’est engagé la classe politique française dans sa globalité,   y compris ceux et celles qui suivent encore la direction du  PCF dans ses errances droitières.

 

Son opposition interne, morcelée en diverses tendances encore plus que ne l’était le Parti communiste de l’Union soviétique,  manifeste son impuissance à inverser le cours des évènements. Ceux qui l’ont quitté  cherchent en vain quel est le meilleur panache rouge, à défaut le  dénominateur commun acceptable par le plus grand nombre possible de nos concitoyens. Ajoutons cependant à condition  de ne pas  déroger aux  fondamentaux  marxistes, ou il n’est pas écrit que la prise du pouvoir doive être le fait d’une minorité agissante, mais en fonction   de l’état de l’opinion, qui en  l’état interdit toute avancée autrement qu’à petits pas  en évitant les déviances qui conduisent à faire deux pas en arrière après en avoir fait un en avant.

 

Pratique  à ne pas reproduire car dans l’ex Union soviétique elle a progressivement, dès la disparition de Staline, puis très vite dans les années 80 abouti au rétablissement du capitalisme sauvage sous les applaudissements de l’occident jusqu’à ce que Poutine remette un semblant  d’ordre dans la maison. 

 

Tâche ardue pour nous aussi, mais nécessaire, afin d’être à même de soumette une réelle alternative aux électrices et aux électeurs lors des prochaines présidentielles. C’est le préalable à la constitution d’un rassemblement,  d’ou pourrait émerger, à l’exclusion des illusionnistes et des fossoyeurs de la république, un « groupe  dirigeant pluraliste » à même de dépasser des divergences secondaires pour en rester à l’essentiel, chargé de coordonner la préparation des prochaines présidentielles.

 

Ensuite et seulement ensuite, il sera possible de retenir, sur la base d’orientations précises, anticrises et non pas du genre cautère sur une jambe de bois, le candidat ou la candidate, intellectuellement honnête, qui ne renie pas ses engagements dès le lendemain du scrutin,   chargé de les faire vivre durant la campagne électorale.

 

Qui osera s’engager dans cette voie surtout  en prendre l’initiative?

 

ça urge sinon nous n’aurons, en 2017, de choix  qu’entre  l’abstention et la poursuite de l’austérité prônée par les  partisans des mesures d’exceptions, le Parti socialiste, la Droite et le Front National. Mesures, dont chacun devrait le savoir, ne sont pas à l’intention des seuls terroristes islamistes mais également destinées à contenir l’inévitable révolte sociale qui se manifestera tôt ou tard…

 

Il reste dans notre pays des hommes et des femmes qui ont cette envergure en particulier ceux et celles qui animent les luttes contre la casse de l’emploi, l’érosion de notre protection sociale, le délitement de la France

jusqu’à sa disparition en tant qu’Etat.

 

A tous ceux qui refusent l’abandon de la monnaie unique que constitue l’Euro il est aisé de rétorquer que les BRICS  ne disposent pas, du moins pas encore de monnaie unique, et  que les sanctions et la dévaluation du Rouble, comme des autres monnaies de ces pays,   par rapport à celles de l’occident sont une incitation au développement de leurs appareils productifs respectifs pour une moindre dépendance de l’étranger, c'est-à-dire du capitalisme de séduction autre piège à cons.

 

Tous ne l’ont pas encore compris mais ça viendra.

 

Malgré un PIB par habitants, 6 ou 7 fois moindre que le nôtre le nôtre, Cuba est dans le groupe des pays dont l’Indice de Développement Humain (IDH) est le plus élevé. Dans ces conditions cela mérite d’être souligné.

 

Mais à ceux qui prétendent le contraire je rétorque que c’est  à la suite d’une saine gestion de l’embargo qui a incité les dirigeants cubains à diversifier les échanges et  développer les moyens de production intra muros tout en prenant des mesures protectionnistes à l’égard des tentatives d’intrusion des Etats Unis, afin que le ver ne s’insinue dans le fruit et finisse par le dévorer. Affaire de lucidité, de volonté politique et de soutien populaire.

 

Nous avons de la marge à condition de nous émanciper des traités qui régissent l’Union Européenne, d’interdire les mouvements spéculatifs de capitaux, de ranger l’euro monnaie unique dans le placard aux oubliettes et  relancer notre appareil productif afin de réduire nos importations à au strict nécessaire.

 

Cessons d'avaler des couleuvres  Aidons nous le ciel nous aidera…

 

1 Le cheptel comprend les animaux ou cheptel vivent, les bâtiments agricoles, les outils , l'ensemble de la machinerie ou cheptel mort.

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:06
Par Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur de France

Le pire ministre des affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi...

 

Le mensonge, la nausée et les sanctions

Le pire ministre des affaires étrangères jamais offert à la France a déguerpi. Il laisse derrière lui une diplomatie ruinée, décrédibilisée et démoralisée : seraient-ils les meilleurs de la planète, nos diplomates ne peuvent faire de miracles lorsqu’ils sont amenés à ne défendre que des dossiers indéfendables, qui les placent systématiquement du mauvais côté de l’Histoire. C’est là que le bât blesse.


Le départ d’un ministre aussi étranger aux affaires étrangères, qui ne se réveillait qu’au nom de Bachar al Assad, ne fera guère pleurer que lui-même et ses complices. Mais les optimistes inoxydables, inondés d’espoir l’espace d’un adieu, devraient se méfier : si le pire n’est jamais sûr, le meilleur l’est encore moins.


Le partant était un pilier du « groupe des Amis de la Syrie », dont la liste des Etats membres illustrait alors parfaitement la sentence bien connue : avec de tels amis, plus besoin de se chercher des ennemis. Reprenant le flambeau brandi par la France lors du rezzou de l’OTAN sur la Libye, Fabius a tout fait pour propulser notre pays à l’avant-garde des va-t-en guerre de la vertueuse « communauté internationale ». N’est-ce pas lui qui, mi-dépité mi-gourmand, estimait en juillet 2012 qu’il « reste encore quelques renforcements possibles en matière de sanctions », insistant pour que la Grèce cesse d’importer du phosphate syrien ?


Le club Elisabeth Arden (Washington, Londres, Paris), qui prétend depuis un quart de siècle incarner la « communauté internationale », s’est transformé au fil des dernières années en un directoire de pères fouettards ayant pour inspirateurs les néoconservateurs de « l’Etat profond » des pays d’Occident et d’ailleurs, et pour alliés privilégiés les régimes moyen-orientaux les plus portés sur la flagellation. En 2011, après l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, la Yougoslavie, l’Iran ou l’Ukraine et quelques autres, nos pères fouettards, pourtant bien absorbés par leur tâche du moment (protéger les populations civiles de la Jamahiriya libyenne en les bombardant, avant de liquider physiquement Kadhafi – NDLR), vont réserver à la Syrie un traitement de choix. C’est ainsi que les sanctions vont pleuvoir en giboulées dès les premiers beaux jours.


En juillet 2012 (on taira par décence le nom du journal et ceux des journalistes), une vidéo apparaît sur le net avec un titre en forme de question qui tue : « A quoi servent les sanctions contre la Syrie ? » Celle-ci, note le commentaire écrit, « fait depuis plus d’un an l’objet de mesures de rétorsion de la part de la communauté internationale, avec un succès mitigé ». Il faut « punir et étouffer économiquement le régime de Bachar al Assad, qui réprime dans le sang ses opposants : tel est l’objectif ». On n’aura pas fini d’entendre cette rengaine.

 

Notre vidéo précise que, le 23 juillet 2012, l’Union Européenne a adopté un nouveau train de sanctions, pour la 17ème fois en un an (sic). Elle rappelle que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse, la Turquie et la Ligue Arabe (kidnappée par le Qatar et les régimes du Golfe) ont pris des mesures équivalentes.


Sans dresser une liste interminable des sanctions imposées, renouvelées et renforcées les années suivantes, il n’est pas inutile de rappeler au passage, à l’attention des distraits, des ignorants ou des bonnes consciences, le script général du chef-d’œuvre des dirigeants occidentaux et de leurs bureaucraties sadiques :


- 1/ D’abord viennent les sanctions classiques « de mise en situation » par le Conseil de Sécurité, prises en mai 2011 :
Les premières mesures prises par l’Union Européenne concernent la mise au ban (refus de délivrer des visas) et le gel des avoirs de 150 personnalités du « régime syrien ».
Par ailleurs, une cinquantaine de sociétés « soutenant le régime » sont soumises à boycott dont cinq organismes militaires, conformément à l’embargo adopté « sur les exportations d’armes et de matériel susceptible d’être utilisé à des fins de répression ». Il est ainsi interdit d’exporter vers la Syrie des équipements, des technologies ou des logiciels destinés à surveiller ou intercepter des communications sur Internet ou les téléphones.


- 2/ Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas, empêchant les citoyens étatsuniens de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés aux États-Unis sont gelés, autant dire volés. Hillary Clinton annonce dans la foulée un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers en provenance de Syrie. Imitant aussitôt ses maîtres, l’Union Européenne décide de plusieurs trains de sanctions supplémentaires, y compris un embargo sur le pétrole.
La dernière salve visera à réduire les échanges commerciaux afin de finir d’asphyxier l’économie du pays.


- 3/ Viendront ensuite les sanctions diplomatiques (rappel des ambassadeurs en consultation) décidées dès l’automne 2011, après le double véto russo-chinois sur le projet de résolution islamo-occidental visant à provoquer en Syrie un processus à la libyenne. Les Etats-Unis ayant rappelé de Damas leur ambassadeur du troisième type, plusieurs Etats de l’Union Européenne rappellent les leurs.
Juppé rappellera le sien une première fois le 17 novembre 2011 : « erreur fatale » pour le ministre ordinateur. Après un faux retour, ce sera le départ définitif en février 2012. Nommé en mai 2012, Fabius fera encore mieux : à peine intronisé, il expulsera l’ambassadrice de Syrie à Paris, ayant oublié que cette dernière est également représentante auprès de l’UNESCO et qu’il ne peut la contraindre au départ.


- 4/ En 2012, ce sera la fermeture de la compagnie aérienne « Syrianair » à Paris, puis l’interdiction de toute liaison aérienne entre la France et la Syrie et, plus généralement, entre les capitales européennes et Damas. Etc…

 

Hélas, se lamentent des experts pleins d’onction et de componction, tout le monde n’est pas d’accord pour mettre en place un embargo, ce qui en limite la portée. La belle unanimité qui, de 1991 à 2011, a rassemblé les cinq Permanents du Conseil de Sécurité autour des trois Occidentaux n’existe plus et c’est un élément déterminant qui permet de briser l’arrogance et la toute-puissance des puissances atlantiques. Des doigts accusateurs pointent « certains pays qui ne jouent pas le jeu ? (sic). Mais est-ce bien un jeu ? La Russie et la Chine soutiennent le gouvernement et l’Etat syriens : ils seront priés de « rejoindre la communauté internationale » (sic). La Syrie peut également compter sur l’aide multiforme de son allié, l’Iran, mais celui-ci est déjà sous lourdes sanctions. D’autres pays, comme le Brésil, ne soutiennent pas les Occidentaux ? En outre, certains Etats traînent les pieds au sein de l’Union Européenne, et les accrocs aux engagements pris contre Damas se multiplient.

 

Ce blocus qui asphyxie progressivement la Syrie est certes difficile à mettre en œuvre, mais que nos perfectionnistes se consolent : il est indéniable que les résultats escomptés sont là. Après cinq années de sanctions et d’acharnement collectif, le peuple syrien est épuisé et vit dans des conditions terrifiantes. Nos grands dirigeants, si bons et si pudiques, ne connaissent-ils pas la vérité, non pas celle de leurs protégés émigrés qui vivent au chaud ou au frais à l’ombre de leurs protecteurs, mais la vérité des habitants qui ont tenu bon dans leur pays. Loin du paradis de la révolution auquel les premiers feignent de croire, loin du paradis auquel aspirent les djihadistes démocratiques et les terroristes modérés, c’est un enfer que vivent les Syriens de la Syrie réelle, un enfer qu’ils doivent au fanatisme de leurs « libérateurs » et de leurs alliés turcs ou arabes ainsi qu’au sadisme de l’« Axe du Bien », parrain des terroristes et grand déverseur de punitions devant l’éternel.

 

Les sanctions sont parvenues à détruire un pays qui était plutôt prospère, quasiment sans endettement, autosuffisant pour l’essentiel de ses besoins et globalement bien parti. Elles ont fini par entamer le tissu national syrien, soudé par une tolérance « laïque » assez exemplaire, sans réussir toutefois à le déstructurer. Le but de ce politicide était (et reste toujours) de démoraliser les populations, en les amenant à perdre confiance dans la légitimité de leur Etat, de leur gouvernement, de leurs dirigeants, de leurs institutions, de leur armée, tout en leur donnant l’illusion que l’Occident est heureusement là pour les « sauver du tyran qui les massacre » et accueillir en son sein les réfugiés et les transfuges.


Le terrible bilan enregistré en Iraq - un million et demi de morts, dont 500 000 enfants - est là pour rappeler que les sanctions sont une arme de destruction massive, utilisée avec un total cynisme par les « maîtres du monde ». Pour Madeleine Albright évoquant sans doute des « dégâts collatéraux », « cela en valait la peine ». On voit le résultat.

 

En Syrie, les « punitions » occidentales ne sont pas mieux intentionnées. Elles visent à mater un peuple résistant et à le forcer à accepter la fatalité d’un changement de régime, ou bien à l’amener à fuir ou à déserter…Quitte à saigner le pays de sa jeunesse déjà formée, de ses cadres aspirant à vivre mieux dans un climat de paix…Quitte à faire de ces réfugiés un peuple de mendiants, à la merci des trafiquants de toutes spécialités : en témoignent ces femmes et enfants installés la nuit au coin des boulevards parisiens par des équipes inquiétantes.
Depuis cinq ans, nos politiciens combinards, nos journalistes complaisants, nos intellectuels perdus ou dévoyés participent, à quelques exceptions près, à l’énorme conspiration du mensonge qui fait passer la Syrie souveraine et légale pour usurpatrice et massacreuse, et ses agresseurs et leurs parrains, orientaux ou occidentaux, pour des libérateurs révolutionnaires. Outre l’horreur et l’effroi que soulèvent les images de cette guerre sauvage, comment ne pas avoir la nausée devant l’aveuglement, volontaire ou non, de nos élites qui préfèrent donner du crédit aux mensonges de leurs alliés et protégés criminels plutôt qu’aux témoignages innombrables des victimes qui désignent sans ambigüité leurs bourreaux ? Comment ne pas avoir la nausée devant cette complicité assumée, à peine camouflée par une omerta systématique ? Comment enfin ne pas frémir devant cet aplomb et cette bonne conscience bétonnée de nos faiseurs d’opinion ?

 

La solution ne consiste pas à accueillir en Europe les réfugiés que l’on a d’une façon ou d’une autre créés en alimentant la guerre universelle d’agression et le djihad en Syrie. Il faut lever immédiatement, sans délai et sans conditions, les sanctions qui sont destinées à briser tout un peuple. Il faut mettre fin à la guerre et non en décupler l’impact par les moyens minables, sournois et iniques que sont les sanctions à la mode occidentale.

 

Il faut rendre justice à ce peuple martyrisé et humilié. Et la plus élémentaire des justices, la première, est de ne plus couvrir d’un voile de vertu les criminels féroces qui cherchent à détruire au nom de l’intolérance la Syrie tolérante. Elle implique également de ne plus cautionner les impudeurs des maîtres fouettards qui punissent en toute impunité avec la morgue des arrogants. Assez de mensonges, assez d’hypocrisie, assez de leçons.

 

Répétons-le, il faut lever les sanctions criminelles et scélérates qui tuent la Syrie et son peuple. Ni dans un mois, ni dans un an, mais maintenant. Ce n’est pas une question de diplomatie, c’est une affaire d’honneur, et la France s’honorerait en prononçant, pour sa part et à titre national, la levée des sanctions.

Le 22 février 2016
Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur de France

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 18:30

Les conséquences du lessivage « EL KHOMRI »

 

Source La CGT à partir http://www.ugict.cgt.fr/articles/references/reforme-el-khomri

Myriam El Khomri est, depuis le 2 septembre 2015, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social dans le gouvernement Hollande Valls. 

 

Travailler plus pour gagner moins

 

La durée maximale de travail dépassée plus Facilement

 

Aujourd’hui :

 

La durée maximale de travail est de 10 heures par jour. Elle peut monter à 12 heures, mais avec l’autorisation de l’inspection du travail. Sur la semaine, elle est de 48 heures et de 44 heures en moyenne sur 12 semaines. Exceptionnellement, elle peut atteindre jusqu’à 60 heures par semaine, toujours avec l’autorisation de l’inspection du travail.

 

Demain :

La durée quotidienne de travail sera toujours de 10 heures, mais pourra monter à 12 heures par simple accord d’entreprise. A défaut, il sera encore possible pour l’employeur de solliciter l’inspection du travail. Elle sera aussi toujours de 48 heures par semaine, mais pourra atteindre 44 heures sur 16 semaines (contre 12 aujourd’hui) et même 46 heures par accord d’entreprise. Le gouvernement envisageait aussi de pouvoir monter à 60 heures hebdomadaire par simple accord d’entreprise, mais la toute dernière version du texte renvoie le dispositif à une autorisation administrative.

 

Des heures supplémentaires moins payées

 

Aujourd’hui

La durée légale est de 35 heures par semaine et les heures supplémentaires sont  rémunérées 25 % de plus pour les huit premières heures, 50 % au-delà. Par accord collectif, cependant, cette majoration peut être réduite jusqu’à 10 %, à condition qu’aucun accord de branche ne l’interdise.

 

Demain :

La durée légale est toujours fixée à 35 heures. A charge, pour le chef d’entreprise, de fixer, par accord avec les syndicats, le taux de majoration, sans pouvoir descendre, comme aujourd’hui, en dessous de 10 %. Mais un accord de branche ne pourra plus s’y opposer. A défaut d’accord d’entreprise ou de branche, la majoration restera à 25 % pour les huit premières heures et 50 % au delà.

 

Le forfait jour étendu

 

Aujourd’hui

La France est le seul pays d’Europe a avoir un dispositif de forfaits jours qui permet que le temps de travail ne soit plus défini en heures mais en jours, sans apporter de protections sérieuses contre les durées ou charges de travail excessives. C’est la raison pour laquelle la France a été condamnée à 4 reprises par le Comité Européen des Droits Sociaux, que la cour de cassation a annulé 11 accords de branches et appelé le législateur à se mettre en conformité avec le droit européen. Les forfaits jours concernent déjà 50 % des cadres et 13,5 % des salariés et les conduits à travailler 46h30 en moyenne au mépris de leur santé et de leur vie personnelle.

 

Demain :

Le dispositif est assoupli et les employeurs sont sécurisés. • Les entreprises de moins de 50 salariés n’auront plus besoin d’accord collectif.

• Les 11 heures de repos quotidiens consécutifs obligatoires pourront être fractionnées, au mépris des normes européennes et du droit à la déconnexion.

• L’obligation de résultat de l’employeur en matière de santé et de sécurité est remise en cause : il ne pourra plus être tenu pour responsable si un-e salarié ne prend pas ses heures de repos ou ses jours de congés. Comme si les cadres travaillaient pendant leurs congés par choix personnel !

 

Le temps de travail calculé sur trois ans

 

Aujourd’hui :

Pour neutraliser le paiement des heures supplémentaires sur la semaine (au-delà de 35 heures), les chefs d’entreprise peuvent moduler - et donc calculer - le temps de travail sur une période plus longue. Sur un an avec l’accord des syndicats (les heures sup sont alors payées au-delà de 1 607 par an), sur un mois maxi en l’absence d’accord (heures sup payées au-delà de 151,6 heures par mois).

Demain :

Si l’employeur obtient l’accord des syndicats, cette modulation pourra se faire sur une période allant jusqu’à trois ans. En l’absence d’accord, elle ne pourra dépasser un mois comme aujourd’hui, sauf pour les PME qui comptent moins de 50 salariés, qui pourront aller jusqu’à seize semaines, soit quatre mois.

 

Les astreintes décomptées du temps de repos

 

Aujourd’hui :

La France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits Sociaux qui impose que les temps d’astreintes s’ajoutent aux temps de repos.

 

Demain :

Le projet de loi El Khomri s’assoit sur la réglementation européenne et prévoit que les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos.

 

Augmentation du temps de travail pour les apprentis mineurs

 

Aujourd’hui :

Le temps de travail des apprentis de moins de 18 ans ne peut dépasser 8 heures par jours et 35h par semaine, sauf exception décidée par l’inspection du travail.

 

Demain :

Le temps de travail des apprentis de moins de 18 ans pourra atteindre 10 heures par jours et 40h par semaine, sur simple décision de l’employeur.

 

La blague ! Un droit à la déconnexion à minima, reporté au 1er juillet 2017

 

Aujourd’hui :

75 % des salariés se connectent pour travailler en-dehors de leur temps et lieu de travail, 50 % des cadres travaillent pendant leurs jours de congés, 30 % de déconnectent jamais. L’Ugict-CGT propose depuis 2 ans la mise en place d’un droit à la déconnexion  avec des trêves de mails obligatoires pour garantir les temps de repos, des systèmes de report de la charge de travail, et une négociation obligatoire dans l’entreprise sur l’utilisation des outils numériques

 

Demain :

 

Le droit à la déconnexion fait son entrée à minima. Il est intégré à la négociation sur la qualité de vie au travail (sans obligation de définir des périodes de trêve de mails) et renvoyé pour les entreprises de plus de 300 à des chartes d’entreprises qui sont rédigées par l’employeur sans négociation et n’ont pas de valeur contraignante. Cerise sur le gâteau, ces dispositions pourtant minimalistes ne s’appliquent pas avant… juillet 2017.

 

Remise en cause de la hiérarchie des normes

 

Aujourd’hui :

C’est le principe du plus favorable qui prévaut pour l’essentiel avec ce que l’on appelle la hiérarchie des normes : la loi prime sur l’accord de branche qui prime sur l’accord d’entreprise, sauf si l’accord de branche ou d’entreprise sont plus favorables. Ce principe a cependant été entaillé par la loi Fillon de 2008 sur le temps de travail mais prévaut tout de même encore sur de nombreux sujets.

 

Demain :

La hiérarchie des normes est inversée, c’est l’accord d’entreprise qui prévaut sur l’accord de branche, même quand il est moins favorable. Sur de nombreux sujets, la loi ne fixe plus de normes mais délègue ce soin aux accords d’entreprise.

 

 

Le référendum pour contourner les syndicats

 

Aujourd’hui :

Un accord n’est valable que s’il est signé par un ou plusieurs syndicats représentant au moins 30 % des votes exprimés aux élections et si les autres organisations pesant au moins 50 % ne s’y opposent pas. Ils sont conclus pour une durée illimitée.

 

Demain :

Un accord d’entreprise pourra être conclu s’il est paraphé par des organisations représentant au moins 50 % des salariés. Si elles ne sont que 30 %, elles pourront alors demander l’organisation d’une consultation des salariés. Si le référendum va dans le sens d’un accord, ce dernier sera alors validé et les autres syndicats, même s’ils pèsent 70 % du nombre de salariés, ne pourront plus s’y opposer. Autrement dit, le droit d’opposition des syndicats majoritaires est supprimé et remplacé par le référendum d’entreprise. Les règles de validations ne sont plus calculées sur la base des voix exprimées aux élections mais des seules organisations représentatives. Par ailleurs, les accords seront désormais conclus pour une durée limitée - cinq ans - et devront être renégociés à l’issue de cette période.

 

Le groupe pour contourner la négociation d’entreprise, de branche et d’établissement

 

Aujourd’hui :

Les niveaux de négociations reconnus par la loi sont :

• l’échelon interprofessionnel, qui donne lieu à des Accords Nationaux Interprofessionnels qui sont ensuite éventuellement transposés dans la loi ;

• La branche ;

• L’entreprise et l’établissement.

 

Demain :

Des accords de groupe sont possibles, mais sans règles de négociations ou de critères de représentativité précis. Ils ne peuvent .primer sur les accords de branche ou d’entreprise. Avec la financiarisation de l’entreprise, le périmètre des groupes évolue très vite, au gré des rachats, filialisations et montages financiers organisés par les actionnaires.

• Toutes les négociations prévues au niveau de l’entreprise (sans exception) peuvent être menées au niveau d’un groupe, selon les mêmes modalités. Les accords se substituent alors d’office aux accords d’entreprise conclus avant ou après.

• De même, les accords d’entreprise « écrasent » les accords d’établissement.

• C’est donc la liberté totale pour le patronat de choisir le périmètre de négociation qui lui est le plus favorable.

 

Sécurisation des licenciements abusifs

 

La généralisation du chantage à l’emploi

 

Aujourd’hui :

En cas de difficultés conjoncturelles, un employeur peut négocier avec les syndicats un accord de «maintien de l’emploi» pouvant prévoir des baisses de salaires et/ou une hausse du temps de travail, pour une durée de cinq ans maximum. Si le salarié refuse l’application de l’accord, il peut être licencié pour motif économique. Risque pour l’employeur : voir ce motif contesté devant le juge et être condamné à verser de lourdes indemnités.

 

Demain :

En plus du dispositif précédent, de nouveaux types d’accords pourront être conclus ayant pour but la « préservation » ou le « développement » de l’emploi. Ils ne seront donc pas limités aux entreprises en difficulté. Ces seuls motifs permettront d’imposer aux salariés la baisse des garanties prévues par leur contrat de travail (rémunération, temps de travail…). Grosse nouveauté en revanche : si un salarié refuse de voir son contrat de travail modifié suite à cet accord, il sera licencié selon les règles du licenciement pour motif personnel. Une disposition qui permet de sécuriser la procédure pour l’employeur. En effet, la « cause réelle et sérieuse » du licenciement sera impossible à contester devant le juge (à la différence du motif économique) puisqu’elle sera constituée par le refus même du salarié de se voir appliquer l’accord. Cette disposition, en contradiction avec les normes internationales (convention 158 de l’OIT ) permettra de tirer vers le bas les qualifications et de généraliser les logiques de déclassement.

 

Légalisation des licenciements abusifs

 

Aujourd’hui :

Lorsque les juges prud’homaux considèrent qu’un licenciement est abusif, sans motif « réel et sérieux », ils condamnent l’employeur à verser au salarié des indemnités. Les indemnités sont déterminées au regard du préjudice subi, en prenant en compte l’âge ou la situation du salarié et sa capacité à retrouver un emploi. Ainsi, le juge peut décider de donner plus à un parent isolé qu’à un salarié en couple sans enfant. La loi fixe un plancher minimum de 6 mois de salaire (pour les salariés des entreprises de plus de 10 alariés ayant plus de 2 ans d’ancienneté). En 2015, la loi Macron a voulu borner davantage ce système en plafonnant ces indemnités.

Mais le Conseil d’état a retoqué la mesure qui prévoyait un traitement différent des salariés selon la taille de la société.

 

Demain :

Le plancher de condamnation minimum en cas de licenciement abusif est remplacé par un plafond. Pour tous les salariés ayant moins de 5 ans d’ancienneté, ce plafond serait juste égal au plancher actuel (6 mois) ! La condamnation maximum, encourue en cas de licenciement des salariés ayant plus de 20 ans d’ancienneté, ne pourra pas être supérieure à 15 mois de salaire ! De quoi limiter le rôle des juges qui n’auront donc plus, selon le Syndicat des Avocats de France, la possibilité « d’apprécier la réalité du préjudice subi ». Tout en dissuadant les salariés d’attaquer leurs employeurs aux prud’hommes.

 

 

Les licenciements pour motif économique encore facilités

 

Aujourd’hui :

Un licenciement pour motif économique n’est valable qu’en cas de fermeture d’entreprise, de réorganisation nécessaire au maintient de la compétitivité, de mutations technologiques ou de difficultés économiques. Si l’entreprise est incluse dans un groupe, la réalité de ces difficultés est appréciée dans le secteur d’activité du groupe auquel appartient l’entreprise.

 

Demain :

Une baisse du chiffre d’affaire ou du montant des commandes pendant quelques mois suffira à le justifier. De plus, l’examen des difficultés économiques d’une entreprise appartenant à un groupe sera limité aux entreprises du groupe implantées en France, même si le secteur d’activité du groupe est fortement bénéficiaire dans sa totalité. Rappelons que les conséquences d’un licenciement pour cause économique, souvent étendues aux sous-traitants et à l’ensemble de la population d’un bassin d’emploi…sont à la charge de la collectivité.

 

Ubérisation de l’économie

 

Les travailleurs des plateformes numériques (Uber) sont sortis du champ du salariat

 

Aujourd’hui :

Un auto-entrepreneur ou travailleur indépendant peut être requalifié comme salarié dès lors que le lien de subordination avec le donneur d’ordre est établi, que l’on peut prouver que le donneur d’ordre exerce un contrôle sur son travail, définit les tarifs ou

que le travailleur est en dépendance économique exclusive. De nombreux procès sont en cours, en France ou aux états-Unis et la jurisprudence est en train de s’enrichir.

 

Demain ;

Le travailleur ne pourra plus demander à être requalifié comm---e salarié dès lors qu’il :

1. Exerce une activité immatriculée au registre du commerce et des sociétés, au répertoire des métiers, au registre des agents commerciaux, à un registre des entreprises de transport ou auprès des unions de recouvrement des cotisations de sécurité

sociale et d’allocations familiales ;

2. définit librement ses horaires, ainsi que la durée et sa charge de travail ;

3. n’a pas de lien d’exclusivité entre la plateforme et le travailleur.

 

 

Création d’une nouvelle notion, la « responsabilité sociale » de la plate-forme

 

Aujourd’hui:

Les travailleurs indépendants, qui pour certains sont des salariés déguisés, ne bénéficient que d’une retraite et une sécurité sociale à minima (le RSI), et paient seulement 22 % de cotisation. Ils n’ont aucune couverture accident du travail, pas de protection

en cas de baisse d’activité (chômage), pas d’accès à la formation professionnelle…Ils n’ont aucun droit (pas de limitation de temps de travail, de protection en cas de fin de contrat).

 

Demain :

Pour certains travailleurs dits indépendants, mais qui en fait pourraient relever du salariat car ils ont un lien de subordination, des droits sociaux à minima sont créés. Condition : la plateforme détermine les caractéristiques de la prestation de service fournie ou du bien vendu et fixe son prix.

Conséquences :

• prise en charge par la plate-forme de l’assurance accident de travail et de la formation professionnelle ;

• droit de « refus concerté de fournir les services » et de constituer un syndicat ;

• les litiges relèvent du tribunal de commerce.

 

Arrêtons-les, disons stop au désastre

http://https://www.change.org/p/loi-travail-non-merci-myriamelkhomri-loitravailnonmerci

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 17:19

La révision constitutionnelle adoptée à l’Assemblée. Quand les classes dirigeantes abandonnent l’idée de souveraineté nationale et populaire, elles se placent hors de la démocratie et sous la coupe de l’étranger…

Par Jean LEVY sur son blog : canempechepasnicolas"

 

 

D'hier à aujourd'hui...
D'hier à aujourd'hui...

"canempechepasnicolas" revient sur le vote des députés ce 10 février.(2016)

Il permet d’être au fait de l’actualité.

 

Certes, ce dernier scrutin n’est pas définitif : le Sénat, pour que la Loi soit effective, devrait voter le texte exactement dans les mêmes termes votés par l’Assemblée pour pouvoir être transmis au Congrès (Assemblée nationale + Sénat) .

 

Mais, en lisant bien le texte adopté par les députés, un péril menace nos libertés : le flou dans la rédaction des délits envisagés nous fait craindre le pire.

 

Présentée dans les circonstances que l’on sait - la peur engendrée par les actes terroristes - cette Loi permettrait en fait d’être appliquée en cas de vastes manifestations et mouvements de contestation sociale ou politique "paralysant le pays" ou en cas de grève générale, ces actions étant jugées par le pouvoir qui y ferait face comme "une atteinte grave à la vie de la Nation" ou de "d’atteintes graves à l’ordre public".

 

La hâte du pouvoir à faire valider ces textes liberticides et de les inscrire dans le marbre de la Constitution doit alerter tous les Français épris de liberté.

 

Notre histoire vient confirmer nos craintes : les décrets pris en 1938, dans les derniers mois de la Troisième République, la création de camps de concentration pour les ’étrangers indésirables", les lois prises par la chambre des députés à l’automne 39 pour "menées antinationales" contre l’opposition communiste, faisant du PCF des ennemis intérieurs, toutes ces mesures votées par les députés socialistes de l’époque allaient être fourvoyeuses des camps nazis un an plus tard, alors que l’immense majorité des députés et des sénateurs, élus pourtant quatre ans plus tôt comme élus du front populaire, allaient à Vichy le 10 juillet 1940, renverser la république et valider l’Etat français.

 

Trois plus tard, c’était Montoire, la rencontre Hitler-Pétain et l’annonce de la collaboration franco-allemande dans le cadre de la "Nouvelle europe"...

 

Adopté. Après avoir fait couler des flots d’encre et suscité de multiples controverses, le projet de révision constitutionnelle annoncé par François Hollande après les attentats du 13 novembre a été approuvé à l’Assemblée nationale, mercredi 10 février, par 317 voix. Voici les trois points importants à retenir, après plusieurs jours de débats animés.

 

Que prévoit le texte, dans son état actuel ?

La bataille d’amendements (plus de 200 !) qui a eu lieu depuis cinq jours dans l’hémicycle a embrouillé les esprits. Pour y remédier, l’Assemblée nationale publie sur son site le "projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation" tel qu’adopté par les députés en première lecture mercredi 10 février.

 

L’article 1er prévoit que soient insérés dans la Constitution les alinéas suivants sur l’état d’urgence : "L’état d’urgence est décrété en Conseil des ministres, sur tout ou partie du territoire de la République, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique." "La loi fixe les mesures de police administrative que les autorités civiles peuvent prendre pour prévenir ce péril ou faire face à ces événements". "Pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunit de plein droit."

 

L’article 2, lui, grave dans la Constitution la déchéance de la nationalité. Il prévoit que la loi fixe les règles non seulement concernant "la nationalité",mais aussi "les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation" .

 

Qui a voté pour, qui a voté contre ?

L’inscription de l’état d’urgence, et, plus encore, de la déchéance de la nationalité en cas de crime ou délit jugé terroriste ont soulevé une tempête de critiques. Une partie du PS, la plupart des écologistes et le Front de gauche ont dénoncé l’inégalité des Français devant un article qui semble viser les binationaux (même si le mot n’y figure plus). Une frange non négligeable de la droite a également jugé inutile, voire dangereux, ce texte qui risque de créer des apatrides.

 

Au final, le projet a été approuvé par 317 voix, contre 199, et 51 abstentions, soit légèrement plus que les trois cinquièmes des suffrages exprimés (la proportion qui sera exigée à un nouveau Congrès de Versailles, nécessairement convoqué pour toute révision constitutionnelle).

 

L’Assemblée nationale signale sur son compte Twitter qu’elle a mis en ligne l’analyse du scrutin, où est consigné le vote de chaque député.

 

La majorité des groupes socialistes (165 pour, 83 contre, 36 abstentions), des Républicains (111 pour, 74 contre, 8 abstentions) et de l’UDI (25 pour, 4 contre) ont voté pour. L’écrasante majorité des écologistes (13 contre, 4 pour, 1 abstention) et du groupe Front de gauche (12 contre, 2 abstentions, 1 ultramarin pour) ont voté contre. Tout comme presque tous les non inscrits (les deux élus FN, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, le MoDem Jean Lassalle, l’ancien socialiste Thomas Thévenoud). Nicolas Dupont-Aignan, lui, a voté pour.

 

A quel stade d’examen en est le texte ?

Le texte va maintenant passer au Sénat. Alors que plusieurs voix, à droite mais aussi à gauche, doutent que le processus aille à son terme, l’exécutif espère voir adopter le texte lors d’un nouveau Congrès (qui réunit députés et sénateurs) à Versailles. Il faudra alors que le texte passe à une majorité des trois cinquièmes.

 

 

Les députés de l’Essonne :

1ère circonscription Manuel Valls PS - 2e Franck Marlin UMP –

3e Michel Pouzol PS - 4e Nathalie Kosciusko-Morizet UMP
5e Maud Olivier PS - 6e François Lamy PS
7e Eva Sas EELV - 8e Nicolas Dupont Aignan (Debout la République)
9e Thierry Mandon PS - 10e Malek Boutih PS

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