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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 20:32
par Paul Craig Roberts

vendredi 30 octobre 2015, par Comité Valmy

 

la presse prostituée à l'oeuvre

Les médias occidentaux ne disposent que de deux outils. Le premier est le mensonge éhonté. Cet outil surexploité ne fonctionne plus, à part sur les Américains semi débiles.

L’extrême précision des missiles de croisière et les attaques aériennes russes font trembler le Pentagone. Mais selon les presstitués occidentaux, les missiles russes sont tombés du ciel sur l’Iran et n’ont jamais atteint leurs cibles d’État islamique.

D’après les articles des presstitués, les attaques aériennes russes n’ont fait que tuer des civils et fait sauter un hôpital.

 

Les presstitués ne trompent qu’eux-mêmes et les Américains semi débiles.

L’autre outil utilisé par les presstitués consiste à discuter un problème sans se référer à ses causes. Hier j’ai entendu une longue discussion sur la NPR [la radio publique israélienne], un organe de propagande propriété d’Israël, sur le problème des migrants en Europe. Oui, des migrants, pas des réfugiés.

 

Ces migrants ont surgi de nulle part. Ils ont décidé de chercher une vie meilleure en Europe, où le capitalisme, qui offre des boulots, la liberté, la démocratie et les droits des femmes garantit une vie épanouissante. Seul l’Occident offre une vie satisfaisante, parce qu’il ne se bombarde pas encore lui-même.

 

Les hordes qui envahissent l’Europe ont seulement décidé subitement d’aller là-bas. Cela n’a rien à voir avec les quatorze années de destruction de sept pays par Washington, rendues possibles par les idiots Européens eux-mêmes, qui ont offert une couverture pour les crimes de guerre sous des noms tels que la « coalition des volontés », une « opération de l’Otan apportant la liberté et la démocratie ».

 

Vous n’apprendrez jamais des médias presstitués occidentaux que les millions de gens fuyant en Europe fuient les bombes américaines et européennes qui ont indistinctement abattu et déplacé des millions de musulmans.

 

Même le minuscule reliquat de magazines conservateurs, ceux que les nazis néocons n’ont pas repris ou exterminés, ne trouve pas le courage de relier les réfugiés avec la politique au Moyen-Orient.

 

Par exemple, Srdja Trifkovic, écrivant dans le numéro d’octobre de Chronicles : A Magazine of American Culture, voit les réfugiés comme « la troisième invasion musulmane de l’Europe ». Pour Trifkovic, les réfugiés sont des envahisseurs qui vont provoquer l’effondrement de ce qu’il reste de la civilisation chrétienne occidentale.

 

Trifkovic ne mentionne jamais que les Européens sont responsables des millions de réfugiés musulmans, parce que leurs dirigeants politiques corrompus sont des vassaux grassement payés par Washington qui ont encouragé les guerres actives de Washington pour l’hégémonie en déplaçant des millions de musulmans. Pour Trifkovic et tous les autres conservateurs, seuls les musulmans peuvent faire des fautes. Comme Trifkovic le comprend, la seule erreur que commet l’Occident est de ne pas se défendre contre les musulmans.

 

Trifkovic croit que l’Europe vivra bientôt sous la loi de la charia. Il se demande si l’Amérique aura les moyens de reprendre le flambeau.

 

Une majorité d’Américains vivent dans un monde factice créé par la propagande. Ils sont déconnectés de la réalité. J’ai sous les yeux un journal local du nord de l’État de Géorgie, daté d’octobre, qui rapporte qu’« un service en l’honneur de la Journée des patriotes a été célébré à la caserne de pompiers du comté de Dawson le 11 septembre, en souvenir des attaques terroristes qui ont secoué l’Amérique il y a quatorze ans ». Divers dignitaires locaux ont appelé les participants à se souvenir de « tous ceux qui sont morts non seulement ce jour-là, mais depuis lors dans la lutte pour garder l’Amérique libre ».

 

Les dignitaires n’ont pas dit comment le fait d’assassiner et de déplacer des millions de musulmans dans sept pays nous garde libres. Il n’y a aucun doute, la question ne leur est jamais venue à l’esprit. L’Amérique fonctionne sur des platitudes éculées.

 

Les présidents russe et chinois observent avec stupéfaction la stupidité immorale qui est devenue la caractéristique définissant l’Amérique. A un certain point, les Russes et les Chinois réaliseront que peu importe leur patience, l’Occident est perdu et ne peut être racheté.

 

Lorsque l’Occident s’effondrera à cause de ses propres turpitudes, la paix reviendra dans le monde.

Paul Craig Roberts
Le 24 octobre 2015 – Source Strategic Culture

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:29

La crise n'est pas pour tout le monde!

De quoi faire réfléchir les plus naïfs

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 09:41

Par Jacques Sapir · 19 octobre 2015

 

Le discours sur les conséquences catastrophiques que pourrait avoir une sortie de l’Euro pour l’économie française, et celle des autres pays de la zone Euro est commun dans une bonne partie du spectre politique français. On est en présence d’un discours de peur tenu par ceux-là même qui accusent le Front National de jouer sur des peurs. Voilà qui ne manque pas de sel quand certains de ces hommes politiques ne font que reprendre la vieille antienne du gouvernement de Vichy ! Cela montre à quel point la question de l’Euro est devenue une question religieuse dans la politique française. Rester dans l’Euro nous conduirait au paradis et en sortir nous entraînerait en enfer ! Mais, ce discours ne repose pas sur des bases solides. On sait qu’une dissolution de l’Euro poserait deux problèmes immédiats, celui des dettes et celui des flux financiers entre les diverses économies. Ces deux problèmes sont, en réalité, bien moins compliqués que ce que certains hommes politiques, de Nicolas Sarkozy à François Hollande veulent nous faire croire. De plus, est avéré que l’Euro a failli, et dans des proportions importantes, tant à engendrer la croissance qu’à protéger les économies des pays membres contres les fluctuations financières internationales. De cela, on a eu la preuve avec la crise de 2007-2009. On se propose donc de revenir sur ces différents points pour distinguer le vrai du faux.

La question des dettes

Pour ce qui est des dettes, on sait aussi que la dette souveraine de nombreux pays, dont la France à 97%, est émise dans le droit de ce pays. Or, la règle, établie par la cour d’arbitrage internationale depuis la fin des années 1920, est que tout titre émis dans le droit du pays « x » doit être payé dans la monnaie du pays « x », quel que soit le nom de cette monnaie. C’est ce que l’on appelle la lex monetae. Cela veut dire que si la France décide de quitter l’Euro et de revenir au Franc, 97% de notre dette publique sera immédiatement et sans contestation possible, re-dénomminée en Franc. De ce point de vue, le seul pays qui serait obligé de faire défaut sur sa dette souveraine serait la Grèce car plus des deux tiers de sa dette est émis en droit étranger.

 

Parler soit d’une multiplication importante pour la dette française comme le font Nicolas Sarkozy et les dirigeants de l’ex-UMP, ou au contraire parler d’un possible défaut, comme le fait J-L Mélenchon, n’a aucun sens. Pour les uns, cela relève du mensonge pur et simple. Les dirigeants de l’ex-UMP ne peuvent pas ignorer la composition et la nature de la dette souveraine de la France, et donc ignorer qu’une sortie de l’Euro serait ici indolore. Pour ce qui est de J-L Mélenchon, l’erreur provient de son incompréhension du mécanisme des dettes publiques.

 

En ce qui concerne les dettes privées, une grande part de ces dernières est placée auprès d’acteurs français. Il n’y aura aucun problème en cas de sortie de l’Euro. Pour les entreprises multinationales françaises, une large part de leur endettement est souscrite par des non-résidents. Mais, ces entreprises font aussi une large part de leur chiffre d’affaires hors de France. Dès lors, en cas de sortie de l’Euro accompagnée d’une dépréciation du « nouveau » Franc, les dettes seraient réévaluées mais le chiffre d’affaires (et les profits) aussi ! Les calculs qui ont été fait par diverses banques indiquent que les deux mécanismes s’équilibrent.

 

La question des flux financiers

Il reste le problème des flux financiers entre pays, qu’ils soient dans la zone Euro ou hors de la zone Euro. Techniquement, les grandes banques internationales se sont déjà préparées à la perspective d’une dissolution de l’Euro. Il conviendrait de suspendre les transactions financières pour une durée de 24 à 72h, puis de limiter les mouvements à très court terme (qui relèvent essentiellement de la spéculation) pour une période d’environ 6 mois.

 

L’image d’une sortie de l’Euro provoquant un « désastre » relève donc de la fiction. C’est une fiction dont les partisans de l’Euro se servent pour alimenter des peurs au sein des populations. Il faut remarquer que ce sont les mêmes qui accusent Marine le Pen et le Front National de jouer sur la peur qui, en réalité, tiennent un véritable discours de peur et cherchent à provoquer une réaction de panique chez les électeurs. Ce point est important. En fait, la peur semble bien devoir être le seul argument que les partisans de l’Euro peuvent encore utiliser devant la faillite complète de l’Union Economique et Monétaire.

 

 Les avantages d’une sortie de l’Euro

Maintenant, il faut être aussi conscient que les avantages d’une sortie de l’Euro, et ces avantages sont nombreux que ce soit dans le domaine de la croissance, de l’emploi, mais aussi du rétablissement des comptes publiques, seront affectés par les conditions dans lesquelles se fera cette sortie et par la politique qui sera conduite une fois la question de l’Euro résolue. L’Euro peut disparaître par une décision concertée, commune à l’ensemble des pays de la zone, comme il peut disparaître par une succession de crise donnant lieu à des sorties, chacune aggravant la crise et conduisant un nouveau pays à sortir à son tour. Cette hypothèse est la plus défavorable.

 

Mais, même dans cette hypothèse, et en supposant que la France soit l’un des derniers pays à sortir de l’Euro, notre situation serait meilleure que la situation actuelle. Ensuite, un point important sera celui des politiques à mettre en place une fois la sortie de l’Euro effectuée. Il est clair que si le gouvernement alors en place donnait la priorité au désendettement de la France, et cherchait à maintenir le taux de change à un niveau surévalué, les avantages de la sortie de l’Euro seraient très faibles. Mais ils ne seraient pas nuls. Par contre, avec une politique rompant de manière décisive avec les politiques menées depuis ces 25 dernières années et donnant une priorité à l’investissement, les avantages d’une sortie de l’Euro seraient impressionnants[1]. C’est pourquoi j’ai toujours dit que la sortie de l’Euro était une condition nécessaire, c’est à dire que tant que nous restons dans l’Euro rien n’est possible, mais nullement une condition suffisante. Ce point est important car, trop souvent, nombre des adversaires de l’Euro présentent la sortie de la monnaie unique comme une panacée, ce qu’elle n’est pas.

 

Quand fut rédigée la brochure pour la fondation ResPublica où ont été estimées les conséquences possibles d’une sortie de l’Euro, une bonne part des discussions qui se sont déroulées avec Cédric Durand et Philippe Murer, les deux autres co-auteurs de cette dite brochure, portaient justement sur l’ampleur des gains que l’on pouvait attendre d’une telle sortie. Les premiers résultats, donnés automatiquement par le modèle nous avaient semblé fantastiques, au point que nous avons délibérément corrigé à la baisse certains de ces résultats. Même ainsi, une sortie de l’Euro conduirait à près de 2 millions de créations d’emploi supplémentaires à court terme, rien que pour la catégorie « A » de la DARES. Avec les effets induits (plus d’emplois implique plus de cotisation, donc un retour à l’équilibre des régimes retraites et santé, donc la possibilité de baisser les cotisations individuelles, etc…), on arriverait en cinq ans à près de 3,5 millions de créations d’emplois, c’est à dire à un retour au plein emploi. Il faut avouer que l’on peut avoir des doutes sur de tels chiffres, parce que les changements d’échelle impliquent des changements dans les relations économiques. Mais, on peut considérer qu’une baisse du chômage des deux-tiers constitue une prévision robuste et crédible.

 

L’Euro est-il une protection ?

Un dernier argument, fréquemment utilisé dans le débat sur l’Euro est que ce dernier permettrait aux pays membres de s’affirmer face aux Etats-Unis et à la Chine. Mais, cet argument ne correspond nullement à la réalité. La zone Euro, ou l’Union Economique et Monétaire pour l’appeler par son nom véritable, n’a jamais réussi à s’imposer face aux Etats-Unis voire à la Chine. Dans le domaine monétaire, actuellement l’Euro est, certes, la deuxième monnaie de réserve au monde en ce qui concerne les réserves des Banques Centrales. Mais, son poids est de 20%, ce qui est inférieur aux montants cumulés des monnaies des pays de l’UEM avant 1999. Le tout n’est donc pas supérieur à la somme des parties, ce qui témoigne de l’inexistence d’une dynamique de l’Euro.

 

Notons aussi que l’Euro a perdu sa deuxième place face au Dollar en ce qui concerne les monnaies de transactions financières internationales. Cette deuxième place revient désormais au Yuan ! Bien sûr, l’UE est un grand marché, mais ce n’est pas une puissance industrielle, en raison de l’incapacité à formuler une véritable politique industrielle à l’échelle de l’UE. En fait, nombre de projets qui sont présentés comme des projets « européens », ont été conçus dans des cadres bi ou multilatéraux. Il en est ainsi d’Airbus ou d’Ariane. En fait, la réalisation de tels projets serait rendu aujourd’hui si ce n’est impossible à tout le moins très difficile tant par les réglementations européennes que par l’existence de l’Euro.

 

Enfin, il faut se demander si l’UE, et la zone Euro, ont jamais été réellement conçues comme des instruments d’opposition à la politique des Etats-Unis. Cela recoupe la question de « l’Europe-Puissance » dont on a dit qu’elle était un mythe, voire un mensonge. En fait, la CEE et l’UE ont été conçues comme des appendices économiques à l’OTAN. L’UE a été le principal instrument de la mondialisation en Europe, le principal facteur de démantèlement des protections nationales. On le voit encore dans la manière dont se déroule la négociation sur le partenariat transatlantique ou TAFTA. L’UE est en réalité un cheval de Troie des Etats-Unis.

 

Vichy c’est l’Euro ?

Il faut ici réfléchir à ce que révèle ce type d’argument dans l’inconscient de ceux qui l’utilisent. Il y a aujourd’hui un pessimisme profond dans les élites françaises à propos de la survie de la France. Ce pessimisme qu’exprime un François Hollande ou un Nicolas Sarkozy, c’est celui qui pense que sans l’Union européenne il n’y aurait plus de France. Ce pessimisme pense que la France ne peut faire face au monde qu’en disparaissant dans une entité plus vaste. Or, ce discours, nous l’avons déjà entendu dans notre histoire, et en particulier de 1940 à 1944. Ce fut le discours du régime de Vichy, théorisant la défaite de juin 1940. Ce fut par exemple le discours de Pierre Laval, ancien socialiste et partisan de la déflation quand il fut Président du Conseil en 1935, deux points qui le rapprochent de François Hollande, quand il s’exclame sur les ondes de Radio-Paris « je souhaite la victoire de l’Allemagne ».

 

En fait la politique européenne menée par nos deux derniers présidents, que ce soit Nicolas Sarkozy ou François Hollande, s’inscrit, consciemment ou inconsciemment, dans la filiation de la politique de renoncement de Vichy. Il en est ainsi parce que ces deux hommes se sont toujours opposés en réalité au Général de Gaulle, et ne cessent de le combattre quotidiennement quand bien même ils le louent par la bouche ou la plume. Il faut donc ici revenir sur ce que le désastre de 1940 nous apprend sur les élites françaises, dont on sait qu’une partie préférait Hitler au Front Populaire. C’est en réalité ce vieux fond réactionnaire, pétainiste, héritier de Vichy, qui ressort dans l’argument que seul l’UE pourrait nous protéger face aux Etats-Unis et à la Chine.

 

[1] Voir Sapir J., Les scénarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand) Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

 

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 17:03

Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).

Le 2 octobre 2015.

 

Les élections régionales ont pour objet d’élire 1.910 conseillers régionaux. Elles se dérouleront les dimanches 6 et 13 décembre 2015, sous forme de scrutins de listes dans 17 régions, dont le périmètre a été profondément bouleversé depuis les dernières élections régionales survenues en 2010. Ces 17 régions se répartissent en 13 régions métropolitaines et 4 outre-mer.

 

Devenues des collectivités territoriales pleines et entières en 1982, les régions ont vu le champ de leurs compétences s’étendre et se diversifier au fil des lois de décentralisation. Leurs principaux domaines d’intervention sont aujourd’hui le développement économique, la formation professionnelle et les lycées, l’aménagement du territoire et les transports.

 

Le 16 juillet dernier, l’Assemblée nationale adoptait la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), troisième volet de la réforme territoriale, appelée aussi « Acte III de la décentralisation ». Comme toutes les collectivités locales, les régions vont connaître avec cette loi une évolution de leurs compétences et de leurs rôles dans l’organisation des politiques publiques. Les motifs de ces réformes sont soi-disant de rationaliser l’action publique en imposant qui fait quoi, s’adapter aux nouvelles répartitions territoriales et réduire les coûts, notamment grâce à la mutualisation de certains moyens et services. À cela s’ajoute un objectif particulier, conséquence du redécoupage territorial qui sera effectif au 1er janvier 2016 : le renforcement des compétences des nouvelles grandes régions.

 

Aux régions, donc et avant tout, l’économie. Elles seules seront compétentes pour décider des interventions économiques publiques sur leur territoire, ayant par ailleurs le monopole des aides directes accordées aux entreprises. Ces interventions seront encadrées par des schémas régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 31 décembre 2016. Nous sommes en plein néolibéralisme. L’ambition affichée avec ce renforcement des compétences des régions dans le domaine économique est de pouvoir les mettre au niveau des grandes régions européennes pour leur faire concurrence.

 

CINQ  ENJEUX DETERMINANTS

1.- S’opposer à la désintégration de la Nation et de la République mise en œuvre par les réformes euro territoriales.

La réforme territoriale a pour objet de faire disparaître la France comme État indépendant et unifié dans lequel le peuple exerce sa souveraineté. Il s’agit d’éliminer la République, Une et Indivisible, en tant qu’espace politique au sein duquel peut se réaliser, par la lutte, l’égalité entre tous les citoyens, entre tous les territoires, et leur solidarité. Autrement dit, il s’agit de casser le peuple français et le territoire sur lequel il est devenu peuple, de dissoudre la Nation pour dissoudre le peuple et dissoudre la politique elle-même, c’est-à-dire la possibilité offerte au peuple, par le rapport de forces, d’entrer dans les institutions pour les mettre au service de l’intérêt général. La dissolution du peuple et de la Nation, c’est le désossage des acquis du monde du travail, c’est la destruction des conquêtes sociales, c’est un moyen puissant pour détruire la Sécurité sociale et ses 600 milliards d’euros de budget, c’est l’élimination des communes et départements, échelons de proximité et lieux vivants de la démocratie.

 

Les firmes multinationales ont pratiqué un intense lobbying pour parvenir à cet objectif. Elles veulent éviter d’avoir en face d’elles des États forts, car elles savent qu’elles sont toujours perdantes quand les États font preuve de volontarisme et de détermination. Les firmes multinationales préfèrent une atomisation de territoires, ou l’on amuse les habitants par des diversions sur des sujets de second ordre comme les identités et les communautés. Il n’y aura plus de Français mais des Franciliens, des Normands, des Nordistes, des Lorrains et Alsaciens, des Pyrénéens, des Provençaux, des Alpins… L’exaltation des identités régionales et des régionalismes, c’est-à-dire du nationalisme à cette petite échelle et le renforcement des communautarismes seront le prix à payer.

 

Nous aimons nos traditions locales, nos langues et dialectes, nos chants, nos arts et notre artisanat régional. Mais dans le cadre national ! Cette vaste entreprise de division du peuple est favorable au principe néolibéral de la concurrence libre et non faussée, qui passe par la concurrence entre territoires et salariés. En effet, les Régions sous la coupe de Bruxelles s’emploieront à établir des règles qui leur seront propres et qui répondront aux exigences des grandes entreprises pour un moins-disant social, environnemental, fiscal (médecine du travail, SMIC, horaires de travail…). Ces dispositions mettront un coup d’arrêt au principe républicain d’égalité de traitement sur le territoire national (logement, santé, transports, école…) déjà très mal en point. Les firmes multinationales, l’Union européenne et les dirigeants politiques qui cautionnent la réforme territoriale veulent imposer une organisation administrative gravant dans le marbre les politiques néolibérales. En 2005, c’était déjà le projet de l’Union européenne avec le traité constitutionnel européen. Si le peuple français, lors du référendum du 29 mai 2005, a majoritairement voté « non », il faudra aussi voter « non » en 2015 aux élections régionales à tous ceux qui soutiennent cette politique.

 

La réforme territoriale est un projet d’Ancien Régime. Elle vise à reconstruire des féodalités à la tête desquelles se trouveront les nouveaux seigneurs du XXIe siècle. Ce sera affaiblir l’État, le vider au profit de super-régions et de métropoles qui seront autant de petits États. Ils seront dirigés par des politiciens professionnels, à la solde des firmes multinationales, entourés de techniciens de la politique allergiques à la participation populaire. Le gigantisme des euro-régions et des euro-métropoles génèrera bureaucratie et gaspillages. Chaque région sera spécialisée sur quelques niches, la force de travail devra circuler entre les territoires à la recherche des emplois, les régions seront en concurrence, par des aides aux entreprises pour en faciliter l’attractivité, au détriment des politiques sociales. Les impôts seront affectés aux grandes entreprises qui détruiront petits et moyens commerces, petites et moyennes industries, petite et moyenne agriculture. Les euro-métropoles assècheront toutes les villes moyennes autour d’elles, les activités industrielles, les grands commerces, les emplois fuiront pour s’agglutiner dans les euro-métropoles. La ségrégation spatiale accompagnera la ségrégation sociale : les pauvres seront concentrés dans des zones bien délimitées, vides d’emplois et de services publics.

 

La réforme territoriale va éloigner les décisions des citoyens par la disparition programmée en 2020 des départements et, dans la foulée, des communes. Chacun doit être conscient que la réforme territoriale vise la destruction des communes. Les communes sont pourtant la principale structure de proximité et d’efficacité de l’action locale, de bénévolat, d’engagement au service de l’intérêt général. C’est le contraire de la professionnalisation de la vie politique. C’est un lieu unique et irremplaçable de démocratie directe, de participation citoyenne. Les départements et les Conseils départementaux doivent également être supprimés. Ainsi, la « clause de compétence générale » disparaîtra (toute collectivité peut se saisir de tout problème sur son territoire), sauf pour les communes. La gestion du foncier, du logement, de l’eau, de l’assainissement, des ordures ménagères seront retirés aux communes. À ce jour elles ont encore le choix mais avec la réforme territoriale elles ne l’auront plus. Cela permettra d’ouvrir ces réservoirs de profits aux grands groupes capitalistes. Communes et départements seront remplacés par de nouveaux Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) contrôlés par les euro-régions.

 

Notre Parti revendique de rester à l’organisation administrative héritée de la Révolution de 1789 : commune, département, État. Car s’il s’agit vraiment de supprimer les gabegies et le « mille-feuilles » institutionnel, nous proposons d’éliminer les nouvelles institutions qui ont toutes pour caractéristique d’être les plus antidémocratiques et les plus coûteuses : les régions et l’Union européenne.

La souveraineté du peuple, organisée dans la Nation, est ainsi confisquée par en haut (l’Union européenne et l’euro), et par en bas (la réforme territoriale). C’est donc bien contre ces deux jougs qu’il faut se dresser à l’occasion des élections régionales.

 

2.- Infliger une nouvelle défaite historique au Parti socialiste et à ses alliés, Europe-Écologie-Les-Verts et le PRG, qui conduisent notre pays à la déliquescence

Tout ou presque a été dit sur les effets catastrophiques des politiques menées par le gouvernement. On doit à François Hollande 600.000 chômeurs de plus qu’au moment de son élection. Les instituts de prévisions annoncent encore au moins 100.000 chômeurs supplémentaires en 2015. Cette crise semble sans fin, et l’enfermement de la France dans le carcan européen et de l’euro interdit toute solution positive à la crise. Tout doit donc être fait pour balayer le PS, le PRG et EELV à l’occasion de cette élection régionale. EELV, cependant, après avoir quitté récemment le gouvernement, tient aujourd’hui à son égard des propos parfois critiques, sauf les arrivistes qui ont démissionné comme Placé, de Rugy, etc. qui vivent des miettes que leur jette le PS. Ce n’est que posture et imposture ! EELV, en réalité, est en accord avec le PS sur les grandes questions stratégiques : le maintien de la France dans l’Union européenne et l’euro, l’affaiblissement de la Nation et de l’État, par en haut et par en bas, en donnant davantage de pouvoirs à l’Union européenne, aux régions et métropoles régionales conçues pour être des euro-régions et euro-métropoles.

 

Membre du groupe Alliance libre européenne (ALE) au parlement européen, EELV est même la formation qui œuvre de la façon la plus fervente à l’éclatement de la République en soutenant les projets les plus rétrogrades de nouvelles Nations découpées sur des critères ethnolinguistiques.

 

3.- Sanctionner la droite et l’extrême-droite

La débâcle que nous souhaitons au PS et à EELV ne doit pas se traduire par une victoire de la droite ou de l’extrême-droite. La droite a mené la même politique que François Hollande qui ne fait que la continuer, son projet actuel ne se distingue en rien de celui du PS sur les questions importantes. Il y a donc lieu, de la même manière, de sanctionner la droite en ne votant pas pour ses candidats. Quant au Front national, la politique de haine de l’autre, de xénophobie, de discrimination qu’il préconise donnerait des résultats encore plus effroyables que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Il ne faut pas se laisser tromper, le Front national et Marine Le Pen font semblant de vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne. Dès lors, aucune sortie de crise n’est possible avec le FN, le discours de Marine Le Pen n’est que du racolage électoraliste, elle ne met aucunement en cause la mondialisation néolibérale ni le capitalisme.

4.- Sanctionner le Front de gauche et la gauche « radicale » qui portent une très lourde responsabilité dans l’impasse politique actuelle

 

La lutte contre l’austérité que prétendent mener le Front de gauche et la gauche « radicale » n’est que posture. Car la cause principale des politiques d’austérité se trouve dans le système de l’Union européenne et de l’euro. Or le Front de gauche, comme la majorité des organisations se réclamant de la gauche « radicale », refuse avec acharnement d’engager la lutte pour la sortie de l’Union européenne et de l’euro, pourtant seuls moyens de créer les conditions d’une sortie de crise. On l’a vu en Grèce avec l’escroquerie politique Syriza, soutenue par toute la gauche « radicale » européenne. Leur confier des responsabilités, reviendrait à cautionner une résistance de carton-pâte aux oligarques européens. Ils portent une très lourde responsabilité dans l’impasse politique actuelle. Les alliances nouées par le Front de gauche avec EELV dans certaines régions à l’occasion de ces élections est une démarche purement politicienne et électoraliste.

 

5.- Faire émerger les forces politiques nouvelles qui, à l’instar du Parti de l’émancipation du peuple, veulent reconquérir la souveraineté de la France, sortir de l’Union européenne et de l’euro, pour donner le pouvoir au peuple afin de s’attaquer sans plus tarder à la crise, principalement par la suppression du chômage et de la précarité

Les élections régionales constituent une opportunité pour notre Parti de se faire connaître et de faire entendre les idées qu’il défend. C’est une occasion de faire progresser le combat pour la souveraineté et l’indépendance du peuple français, pour le rétablissement de la démocratie. Il n’y a aucune raison de laisser la voie libre aux mouvements leurres qui tournent autour du pot avec des thèmes aussi creux que ceux d’une « autre Europe », la « désobéissance européenne » ou un « plan B ». Pas question pour nous, non plus, de laisser sans réagir le FN enfumer les Français.

 

La seule chose qui fait vraiment peur aux européistes, c’est qu’un Parti comme le nôtre profite des prochaines élections régionales pour s’imposer sur la scène politique nationale. C’est pourquoi nous voulons participer aux élections régionales afin de porter haut et fort l’opposition frontale à l’UE dans la population.

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 13:20

Par Jacques Sapir

 22 octobre 2015

 

On parle beaucoup aujourd’hui, du fait de la crise des réfugiés en Europe et au Proche-Orient, d’un « retour des frontières ». Ceci est assez étonnant, tout en décrivant bien, en creux, l’idéologie dominante dans une partie de la presse et chez certains commentateurs. Il faut en effet constater que les frontières existent aujourd’hui. C’est une évidence mais cela relève de la « découverte » pour certain. De ces frontières, certaines sont plus étanches que d’autres, mais elles sont une réalité générale. Par ailleurs, même au sein de l’Union Européenne l’accord de Schengen est aujourd’hui ouvertement remis en cause. Signe des temps : nous voici bien ramené à la question des frontières. Mais, cette question pose en filigrane celle de la mondialisation et celle de la souveraineté.

 

Du rôle de la frontière

Parler de retour des frontières implique que nous vivrions dans un monde sans frontières, ce qui n’est à l’évidence pas le cas. Cette question est donc très mal formulée. La véritable question n’est pas est-on pour ou contre des frontières, mais à quoi ces frontières doivent-elles servir.

 

La frontière est en réalité la condition de la démocratie. C’est elle qui permet de relier la décision collective et la responsabilité. Sans l’existence de frontières, si nous vivions dans une indétermination territoriale, nous pourrions certes avoir la possibilité de la décision en commune mais pas la responsabilité de long terme qui vient de l’existence sur un territoire donné. Ce fut d’ailleurs, historiquement, le problème qui empêcha les peuples nomades de se donner des institutions sociales et politiques à l’image des peuples sédentaires. La frontière est aussi constitutive de la démocratie en cela qu’elle détermine un peuple (et non une appartenance ethnique ou religieuse). C’est la frontière qui met l’étranger voulant vivre dans un autre pays devant le choix de s’intégrer ou d’être privé de droits politiques. Elle est une séparation entre l’intérieur et l’extérieur, séparation sans laquelle aucune organisation, et je rappelle qu’un Etat est une organisation, ne saurait – tout comme tout être vivant – exister. Même les protozoaires ont une membrane qui les isole de leur environnement.

 

Une frontière doit donc jouer le rôle d’un filtre laissant passer certaines choses, et bloquant certaines autres. Aussi, la question des frontières pose celle du protectionnisme. On sait que ce dernier à mauvaise presse. Mais, la question du protectionnisme est indissolublement liée à celle des politiques de développement. Les travaux d’Alice Amsden[1], Robert Wade[2] ou ceux regroupés par Helleiner[3] montrent que dans le cas des pays en voie de développement le choix du protectionnisme, s’il est associé à de réelles politiques nationales de développement et d’industrialisation[4], fournit des taux de croissance qui sont très au-dessus de ceux des pays qui ne font pas le même choix. Avec l’émergence de la nouvelle théorie du commerce international de Paul Krugman, on peut considérer que le protectionnisme a retrouvé en partie ses lettres de noblesse[5]. Paul Krugman lui-même a récemment reconnu que la globalisation pouvait bien, malgré tout, être considérée comme coupable[6]. Des phénomènes comme le recours massif à une sous-traitance étrangère n’avaient ainsi pas été prévus et ont considérablement modifié l’approche de la globalisation[7].

 

Frontières et mondialisation

Le fait que les pays d’Asie qui connaissent la plus forte croissance ont systématiquement violé les règles de la globalisation établies et codifiées par la Banque mondiale et le FMI a été établi par Dani Rodrik[8]. Ceci renvoie à la question des politiques nationales et à la problématique de l’État développeur qui renaît dans le débat depuis quelques années[9]. Cette problématique est en réalité au cœur du réveil industriel de l’Asie. En fait, ce sont ces politiques nationales qui constituent les véritables variables critiques pour la croissance et le développement, et non l’existence ou non de mesures de libéralisation du commerce international. Mais admettre cela revient à devoir reconsidérer le rôle de l’État dans les politiques économiques et le rôle du nationalisme comme idéologie associée au développement. On touche ici à de puissants tabous de la pensée orthodoxe en économie comme en politique.

 

Pourtant, il est clair que ce protectionnisme, ces politiques de développement national, n’interdisent nullement le commerce international. Le protectionnisme n’est pas l’autarcie. Ceci devrait être évident pour tout le monde. Mais, quand François Hollande, Président de la République, appelle à l’occasion du soulèvement récent des agriculteurs en France à « manger français », ne se fait-il pas, lui l’apôtre de l’autarcie ? Sa formule relève en effet de ce qui s’appelle l’autarcie et qu’aucun économiste ne peut recommander. En réalité, des formes de protectionnisme, égalisant les conditions tant sociales qu’écologiques dans lesquelles les biens sont produits, sont absolument nécessaire. Ces formes de protectionnisme seraient plus efficaces si nous pouvions arriver à un accord commun avec certains de nos partenaires. Mais, même sans cet accord, elles seraient incontestablement efficaces.

 

Du rôle modérateur de la notion de frontière

Il faut ici se souvenir du petit livre publié en 2010 par Régis Debray et qui s’intitulait Eloge des Frontières [10]. Il faut donc lire ou relire ce petit livre qui dit une grande chose. La frontière, parce qu’elle distingue un intérieur d’un extérieur permet le contact avec l’autre comme elle permet la démocratie, cette combinaison de pouvoir et de responsabilité. Dans une interview qu’il donne à l’occasion de la sortie de ce livre au JDD, Régis Debray dit aussi : « La frontière, c’est la modestie : je ne suis pas partout chez moi. J’accepte qu’il y ait de l’autre et pour faire bon accueil à un étranger, il faut avoir une porte à ouvrir et un seuil où se tenir, sinon ce n’est plus un hôte mais un intrus. Un monde sans frontières serait un monde où personne ne pourrait échapper aux exécuteurs de fatwas ou aux kidnappeurs de la CIA. (…)La méconnaissance des frontières relève d’un narcissisme dangereux, qui débouche sur son contraire : les défenses paranoïaques. Une frontière invite à un partage du monde et décourage son annexion par un seul »[11]. On voit que le propos est large. Il faut en tenir compte. Sans l’existence de frontières la distinction entre l’invitant et l’invité cesserait d’exister. Dès lors ne pourrait plus être pensée l’obligation morale qu’il y a à accueillir un étranger poursuivi par u pouvoir tyrannique sur son sol natal, obligation qui – il faut le rappeler – existe dans la déclaration des Droits de l’Homme et dans le préambule de la Constitution en France. Mais, ce que dit Régis Debray va encore plus loin. L’existence de frontières permet de penser la pluralité du monde. Elle s’oppose à la vision unifiante – et terrifiante – de l’empire universel. C’est l’existence de frontières, parce qu’elle permet l’existence de nations, qui permet l’internationalisme et non, comme le confondent beaucoup aujourd’hui, un a-nationalisme, une généralisation du statut d’apatride pour tous.

 

Frontières et souveraineté

Mais, parler de frontière est une autre manière de parler de la souveraineté.

Dès lors, on peut définir le souverainisme étymologiquement comme l’attachement de quelqu’un à la souveraineté de son pays, et donc l’attachement à ses frontières. Cela pourrait en faire un équivalent de patriotisme. Mais, dans sa signification actuelle, le souverainisme définit en réalité un attachement et une défense de la souveraineté du peuple, qui est le fondement principal de la démocratie. Le souverainisme est donc ce qui permet l’expression de la volonté d’une communauté politique (le peuple) à pouvoir décider de lui même, par lui-même et pour lui-même sur les questions importantes[12].

 

C’est donc une notion qui s’enracine profondément dans une vision de gauche de la société. C’est ce qui explique, sans doute, le succès grandissant des idées souverainistes car elles sont les seule qui permettent de rattacher l’aspiration au progrès social à des mécanismes concrets, car fonctionnant au sein d’espaces territorialisés clairement définis. Ce souverainisme ne relève pas d’une quelconque xénophobie. Il permet au contraire de penser la libre disposition d’un peuple de prendre son destin en main.

 

Le souverainisme est donc la position logique, et même la position nécessaire, de tous ceux qui veulent penser la démocratie, non pas comme un rite formelle mais comme une pratique réelle. Qu’il y ait, à partir du moment ou la souveraineté est établie et la démocratie réelle rétablie, des oppositions entre courants se réclamant du souverainisme est chose normale. On peut même dire qu’elle fait partie intégrante du processus démocratique. Mais, ces différents doivent être unis quand il s’agit de défendre la souveraineté et la démocratie. De ce point de vue, et contrairement à ce que d’aucuns écrivent[13], il n’existe pas de souverainisme « de gauche » ou « de droite ». Il existe des opinions, de droite ou de gauche, tenues par des souverainistes. Mais, l’ensemble des « anti-souverainistes » sont en réalité des gens que l’on peut qualifier comme « de droite » car ils se prononcent contre les bases mêmes de la démocratie.

 

Retour des frontières ou retour des Nations ?

Ce à quoi on assiste depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, c’est au contraire à un retour des Nations[14]. Ce retour a commencé avec le rétablissement de la Russie ; il s’est prolongé avec les politiques des Etats d’Asie orientale. Désormais, ce processus concerne directement l’Europe. Face à ce retour des Nations, on peut soit le combattre, mais c’est un combat perdu d’avance, ou l’on peut chercher à fonder de nouvelles formes de coopération entre ces Nations.

 

Car, le retour des Nations n’implique nullement celui du nationalisme et du bellicisme. Les grands projets, dont les européens sont fiers, à juste titre, ont TOUS été le résultat de coopérations multinationales, et non d’un processus fédéral. Qu’il s’agisse d’Ariane ou d’Airbus, au départ ce sont quelques pays qui ont décidé de mettre en commun leurs savoir-faire et leurs compétences. D’ailleurs Airbus n’aurait jamais existé sans l’accord franco-allemand pour la construction de l’avion de transport Transall et sans le Concorde franco-britannique, qui a permis une modernisation décisive de l’industrie française.

 

Aucun de ces grands projets, et de ces grandes réussites, n’est aujourd’hui possible dans le cadre étriqué et étouffant de l’Union européenne. On a tout à fait le droit de penser que les Nations sont des cadres périmés. Mais en ce cas, il faut en tirer les conséquences pour soi-même. C’est pourquoi on ne peut qu’être très choqué de certains propos tenus récemment par François Hollande lors de son discours devant le Parlement européen, non tant par les propos eux-mêmes, mais du fait qu’ils sont contradictoires avec la fonction de Président de la République qu’il occupe. S’il était cohérent, il devrait donc démissionner.

 

[1] A. Amsden, Asia’s Next Giant, New York, Oxford University Press, 1989.

[2] R. Wade, Governing the Market, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1990.

[3] G. K. Helleiner (dir.), Trade Policy and Industrialization in Turbulent Times, Londres, Routledge, 1994.

[4] Voir C.-C. Lai, « Development Strategies and Growth with Equality. Re-evaluation of Taiwan’s Experience », Rivista Internazionale de Scienze Economiche e Commerciali, vol. 36, n° 2, 1989, p. 177-191.

[5] Voir A. MacEwan, Neo-Liberalism or Democracy ? : Economic Strategy, Markets and Alternatives For the 21st Century, New York, Zed Books, 1999.

[6] P. Krugman, « A Globalization Puzzle », 21 février 2010, disponible sur krugman.blogs.nytimes.com/2010/02/21/a-globalization-puzzle.html .

[7] Voir R. Hira, A. Hira, avec un commentaire de L. Dobbs, « Outsourcing America : What’s Behind Our National Crisis and How We Can Reclaim American Jobs », AMACOM/American Management Association, mai 2005 ; P. C. Roberts, « Jobless in the USA », Newsmax.com, 7 août 2003,
www.newsmax.com/archives/articles/2003/8/6/132901.shtml .

[8] D. Rodrik, « What Produces Economic Success ? » in R. Ffrench-Davis (dir.), Economic Growth with Equity : Challenges for Latin America, Londres, Palgrave Macmillan, 2007. Voir aussi, du même auteur, « After Neoliberalism, What ? », Project Syndicate, 2002 (www.project-syndicate.org/commentary/rodrik7).

[9] Voir T. Mkandawire, « Thinking About Developmental States in Africa », Cambridge Journal of Economics, vol. 25, n° 2, 2001, p. 289-313 ; B. Fine, « The Developmental State is Dead. Long Live Social Capital ? », Development and Change, vol. 30, n° 1, 1999, p. 1-19.

[10] Debray R., Eloge des Frontières, Paris, Gallimard, 2010.

[11] Publié dans le JDD du 13 novembre 2010,
http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/Regis-Debray-La-frontiere-c-est-la-paix-interview-233498

[12] Selon la définition donnée par Abraham Lincoln de la démocratie dans la fameuse « Adresse de Gettysburg ».

[13] Voir Plassart P., « Sirènes souverainistes », in Le Nouvel Economiste, 22 octobre 2010,
http://www.lenouveleconomiste.fr/sirenes-souverainistes-28489/

[14] Sapir J., Le Nouveau XXIè Siècle, le Seuil, Paris, 2008

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 09:13

Freychet Jack                                                                                                              le 14 octobre 2015

4, rue Anne Frank

91700 Villiers sur Orge

Objet : Requête contre la délibération

            2015/064 Villiers sur Orge  

En annexe liste des pièces jointes                                                                                                                  

 

                                                                                             Madame le sous Préfet

                                                                                             Avenue du général de gaulle

                                                                                              Palaiseau 91125

 

                                 Madame le sous Préfet

Par courrier en date du 30  septembre enregistré en mairie de Villiers sur Orge le 1º octobre j’avais demandé à madame le Maire de surseoir, à titre gracieux, à l’application d’une décision adoptée à la majorité du conseil municipal le 25 septembre pour ce qu’il était possible de considérer à l’origine comme étant un vice de forme.

 

Il s’agissait de la suppression de l’abattement général à la base, part communale, dont l’application va permettre à la commune de lever en 2016 une somme globale supplémentaire  de 225 000 euros au titre de la taxe d’habitation, soit plus 50,68 % par rapport au produit attendu en 2015. En moyenne 135 euros par assujettis mais avec de fortes disparités ainsi que le feraient apparaître les études préalables effectuées par les services fiscaux dont a fait état  madame le maire en séance.

 

Cette somme permettra de pallier temporairement les désengagements successifs de l’Etat et de ses satellites, ceux  de la CAF, en direction des collectivités territoriales dont rien n’indique qu’ils cesseront  dans le futur  quel que soit la sensibilité politique du pouvoir central.   Le cas de la Grèce est particulièrement significatif en la matière. C’est un autre aspect du problème.

 

L’intitulé de  l’ordre du jour ne pouvait laisser présager une telle issue alors que la convocation (article L2121-10 du CGCT)  si elle doit être adressée aux élus en bonne et due forme,  accompagnée des documents indispensables à la compréhension du dossier traité, doit être rédigée de manière claire et précise, en particulier l’ordre du jour,  afin d’être publié à l’intention des populations concernées.  Ce ne fut pas le cas. En outre, au cours de la séance, des élus  ont déclaré avoir reçu des documents, parfois contradictoires,  quelques heures seulement avant la réunion du conseil. L’enregistrement des échanges est significatif à cet égard.

 

Ainsi qu’en font foi les documents joints,   l’ordre du jour affiché portait  initialement en son point 11, revenu en cinquième position en début de séance :  Abattements de la taxe d’habitation (part communale) ce qui en  français courant signifie réduction de la taxe d’habitation, objectif irréaliste, un non sens pour un observateur averti qu’hélas nous ne sommes pas tous, compte tenu d’une part  du lien entre les taux et d’autre part  du fait que l’abattement à la base des valeurs locatives, part communale, était de  15 % depuis la délibération 078 adoptée le 14 septembre 2001.

 

Reprendre la  formulation de 2001 ainsi que s’en prévaut madame le maire dans sa réponse était  de nature à induire, volontairement ou non, le lecteur en erreur car si l’impôt a été diminué en 2001, le 25 octobre dernier la délibération soumise aux élus et adoptée avait pour objet son contraire, c'est-à-dire son augmentation par la suppression de l’abattement général à la base (part communale) sur les valeurs locatives soumises à la taxe sur l’habitation (TH). 

 

Par ailleurs, s’agissant d’un dossier de cette importance  l’examen en conseil aurait du  être précédé  d’une très large information de la population locale à partir des simulations effectuées par les services fiscaux. Le passage en force n’était pas sans alternatives encore eut-il fallu qu’elles soient exposées.

 

La démocratie à des exigences que n’ont pas les élus de Villiers sur Orge  qui ont voté  en catimini une décision qui va peser financièrement, lourdement, sur les Villiérains et les Villiéraines, la plupart déjà touchés par la hausse du coût des prestations servies par la commune et la réduction des  aides à la vie associative, ils  ne découvriront pour la plupart ses conséquences   qu’à  réception de l’avis d’imposition 2016, placés devant le fait accompli.

 

Mon  premier recours, à   titre gracieux, ayant été rejeté je souhaite  votre   intervention sur ce dossier ou le premier Magistrat de la commune agi  dans le cadre de compétences  qui lui sont dévolues par l’Etat dont vous êtes la représentante dans l’arrondissement, sous l’autorité du Préfet de l’Essonne.

 

Dans l’attente de votre réponse et avec mes remerciements pour l’intérêt que vous porterez  à   cette affaire,

 

Veuillez agréer, madame le sous Préfet, l’expression de mes respectueuses salutations.

 

                                                                                 Signé Jack Freychet

 

Lettre recommandée, références ci après :

 

 

Identifiant

Produit

Date

Localisation

Statut

1A09965285590

Lettre Recommandée AR

15/10/2015

91

Distribué

15/10/2015 Distribué PALAISEAU PDC1 (91)

Le courrier a été remis contre signature du destinataire (ou de son représentant dûment mandaté).

le 15/10/2015

Pris en charge à SAINTE GENEVIEVE DES BOIS GARE BP (91).

 

Convocations des élus et ordre du jour initial du conseil du 25 septembre 2015

Ne nous laissons pas tondre la laine sur le dos, suite.

Compte rendu succinct transmis par madame le maire y inclue la modification, en séance, de la Chronologie de l'Ordre du jour.

Ne nous laissons pas tondre la laine sur le dos, suite.

Délibération objet du recours

Ne nous laissons pas tondre la laine sur le dos, suite.
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 10:14

Stop à la hausse des impôts locaux

 

Lors de la séance du conseil municipal du 25 septembre dernier les élus de la majorité, à deux exceptions près, ont décidé, sur proposition de madame le Maire, la suppression de l’abattement général à la base de 15 % sur les valeurs locatives qui servent  à la détermination de l’impôt local au titre de la taxe d’habitation.

 

Il est à noter que les documents qui nous sont actuellement transmis par la Directions des Services Fiscaux ne portent pas mention de cette décision qui  sans changement de situation de famille, composition, revenu à la hausse ou à la baisse, générerait mathématiquement une hausse de l’impôt  au titre de la taxe d’habitation de 17,77% en 2016 alors que l’ordre du jour du conseil municipal,  à formulation ambiguë, que d’aucuns n’hésiteraient pas à qualifier de fallacieuse, laissait présager un abattement et par conséquent une réduction du produit de la dite taxe.

 

Madame Lamarre Leroux a justifié sa proposition par la baisse des dotations de l’Etat et de ses satellites- politique d’austérité des pouvoirs successifs- démarche contre laquelle elle à toujours refusé de manifester la moindre réserve officielle en tant que première magistrate de la commune lorsque ses amis politiques étaient au pouvoir sous l’égide de Sarkozy, plus nuancée  sous le règne de Hollande elle n’a pas voulu  passer outre à son opposition social démocrate, pardon social libérale. J’y étais, il m’en reste quelques souvenirs.

 

Dernièrement elle nous vantait encore les bienfaits du raz de marée qui a porté ses amis de droite au pouvoir en Essonne qui  présentent comme un changement fondamental la  répartition des 21 millions d’euros excédents de l’exercice précédent que l’ancien président présente comme la conséquence d’une saine gestion. C’est cela l’alternance sans alternative qui préfigure celle qui accompagnera les prochaines élections régionales.

 

Notez encore que l’opposition affichée à madame le maire avait la faculté de pallier ses lacunes en matières d’information et de concertation, et d’alerter les villiéraines et les villiérains, elle n’a jugé bon de le faire pourtant, ses représentants, qui ont paru tomber des nues face au dossier le jour du conseil, avaient eu la possibilité de participer aux travaux de la commission municipale des finances et pouvaient subodorer ce qui se tramait.

 

Dans un souci d’honnêteté intellectuelle il m’a paru nécessaire de déposer d’abord un recours gracieux auprès de madame le maire, celle-ci n’ayant pas accédé à la demande j’ai saisi  madame le sous préfet représentante de l’Etat dans le département sous l’autorité  du Préfet. Vous trouverez ci- après les échanges correspondants et les documents annexés. Vous pouvez procéder de même ou soutenir la démarche,

éventuellement  faire part de votre questionnement et ajouter un commentaire.

 

En complément  vous pouvez écouter l’enregistrement audio INTEGRAL de toute la séance du conseil municipal ainsi que mentionné sur le site ACPVilliers il est riche d’enseignements.

 

 

Documents mis en ligne

Article en cours

  • Recours gracieux auprès de madame le MAIRE de Villiers sur Orge en date du 30 septembre
  • Réponse négative

Article suivant

  • courrier à madame le sous Préfet daté du 14 octobre 2015 qui était accompagné des échanges avec madame le Maire avec en comlémént:
  • Convocation des élus et ordre du jour initial de la séance du conseil municipal du 25 octobre
  • Compte rendu on ne peut plus succinct de la séance y inclue la modification de la chronologie de l’OdJ.
  • Délibération objet du recours

 

 

Freychet Jack                                                                                       le 30 septembre  2015 

Ancien Maire                                                                                                                

4, rue Anne Frank

91700 Villiers sur Orge

Recours gracieux.

Enregistré en mairie le 01-10-2015

 

                                                                                              Madame le Maire                           

                                                                                              Hôtel de ville

                                                                                              Hôtel de ville  

                                                                                              Villiers sur Orge

 

                                                                      

                                                                                       

                Madame le maire

 

L’ordre du jour du conseil municipal du 25 octobre, modifié en séance, comportait en son point 11: Abattements de la taxe d’habitation. Je note tout d’abord que la précision part communale était superfétatoire puisqu’un conseil municipal ne peut  se substituer à une autre collectivité pas plus d’ailleurs qu’à l’Etat.

 

En toute logique, en bon français et sans autre précision, vos administrés  pouvaient  subodorer, une réduction du montant de l’impôt sur l’habitation au titre de la TH  par la baisse du taux ou (et) la réduction des bases d’impositions.

 

Or la suppression de l’abattement à la base (15 %) adoptée par une majorité des membres de l’assemblée locale, même en tenant compte du  plafonnements par l’Etat pour les plus faibles revenus, affectés par votre décision,  dont nous ignorons en outre s’ils seront maintenus à leur niveau actuel par la loi des finances pour 2016, impactera, à la hausse, la quasi-totalité des assujettis à la taxe sur les habitations, en moyenne 135 euros mais avec d’énormes disparités dont vous connaissez le détail puisque vous avez demandé aux services fiscaux d’effectuer   des simulations restées confidentielles.

 

Je ne vous ferai pas j’injure de penser qu’à l’aube de votre troisième mandat vous ignorez les arcanes de la fiscalité locale, j’écrirai plutôt que vous en connaissez l’essentiel des dispositions. Le libelle du point 11 n’était  pas innocent mais destiné à masquer l’objectif que vous poursuivez c'est-à-dire augmenter les recettes fiscales de la commune afin de pallier les transferts de charges et la réduction drastique des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales, pour un montant global d’environ 225 000 euros, soit, si les informations dont je dispose et mes  calculs  sont exacts, plus 50,68 % par rapport au produit attendu en la matière  en 2015.

 

Votre démarche consiste à placer non seulement les contribuables locaux devant le fait accompli, mais  également à minimiser vos responsabilités en renvoyant leur  mécontentement vers le pouvoir central socialiste, ce qui pourrait être considéré comme de bonne guerre si, auparavant, vous n’aviez obstinément toujours refusé de condamner les mesures d’austérité, de même nature, mises en œuvre alors que vos amis Sarkozy et Fillon étaient à la tête de l’Etat. 

 

Vous avez agi en catimini, peut être avec précipitation, souhaitant que nul ne dénonce la manœuvre. Vous avez aujourd’hui le pouvoir de réparer en  suspendant votre décision le temps nécessaire à la remise à plat du dossier pour le  soumettre ensuite,  à nouveau, aux élus locaux, mais après lui avoir donné la publicité nécessaire afin que les villiéraines et les villiérains puissent  évaluer l’enjeu et que la plupart des membres de votre majorité, comme ceux de l’opposition, n’aient pas en séance, l’air de chiens battus jetés d’un véhicule en marche lors du départ en  vacances.    

  N’objectez pas la date fatidique du premier octobre pour que l’application devienne effective en 2016, en d’autres circonstances l’Association des Maires de France a obtenu les reports d’échéances     nécessaire.                                                                                                                                                                                                                   

La  présente  requête ne préjuge en rien des procédures qui peuvent être engagées concomitamment  dans les délais légaux mais il est évident qu’une réponse favorable de votre part les rendrait caduques, dans le cas contraire je vous demande de bien vouloir me remettre un exemplaire de l’ordre du jour affiché, également celui modifié en séance ainsi que  la délibération portant suppression ou modification du ou des abattements des bases d’impositions, l’ensemble en contre partie d’un juste défraiement si vous le jugez nécessaire.

 

Dans cette attente,

 

Veuillez agréer, madame le maire l’expression de mes salutations les meilleures.

                                                                                       signé      jack Freychet

Réponse

 

 

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Ne nous laissons pas tondre la laine sur le dos

L'intervention auprès de madame le maire s'étant traduite par une fin de non recevoir un recours fut adressé à madame le sous Préfet de Palaiseau représentante de l'Etat dans l'Arrondissement sous l'autorité du Préfet de l'Essonne. Voir l'article suivant.

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 09:08

«Traumatisés» d’avoir été «traités comme des bandits», les salariés d’Air France poursuivis pour violence sortent du silence pour la première fois. Ils s’estiment désignés «coupables avant d’être jugés», par le gouvernement et la compagnie, qui a voulu selon eux «faire un exemple» pour éteindre la révolte.

 

Dix jours après le comité central d’entreprise d’Air France interrompu par de violents débordements, quatre d’entre eux ont rencontré un journaliste de l’AFP. Seuls deux ont parlé, lors de cet entretien qui sera «le premier et le dernier» accordé aux médias, prévient Mehdi Kemoune de la CGT, présent à leur côté.

 

Visages fermés, traits tirés, aucun ne souhaite s’étendre sur son rôle dans la manifestation du 5 octobre au siège d’Air France, contre les 2.900 suppressions de postes envisagées, qui a dégénéré.

 

Sous la double menace d’une condamnation pénale et d’un licenciement, les salariés incriminés l’affirment : «on n’a rien fait», d’ailleurs la police n’a «pas assez de preuves».

 

Deux dirigeants d’Air France avaient alors été molestés et obligés de s’enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles. Quatorze plaintes ont été déposées après ces violences: neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l’entreprise.

 

«Je ne regrette pas d’avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot», lâche simplement David (prénom modifié). «On est venu là pour nos emplois, pas pour casser».

 

Le nouveau plan de restructuration, «c’est une catastrophe sociale», dit Mickaël (prénom modifié). «C’est des divorces, des pertes de maison, de vie... c’est injustifié», soupire-t-il.

 

Tous gardent en mémoire la date du «12 octobre», jour de leur interpellation, à l’aube et devant leurs familles.

 

Après une nuit de travail, Mickaël trouve trois policiers devant son domicile, peu après 6H00 du matin. «Ils ont fouillé chez moi, j’avais l’impression d’être un terroriste».

 

«Le pire c’est pour les enfants», qui s’interroge selon lui: «Il a disparu papa, qu’est-ce qu’il a fait?»

 

Direction la Police aux Frontières (PAF) à Roissy, en charge de l’enquête, pour être interrogés.

 

David se dit personnellement «traumatisé par la garde à vue». «Nous aussi on s’est fait violenter», alors qu’une simple convocation suffisait selon eux.

 

Depuis sa sortie, mardi soir, il affirme voir un psychiatre. «Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus», dit-il dans un souffle.

 

«Je n’ai jamais eu de problème avec la justice, c’est vraiment dur psychologiquement d’être traité comme un bandit», poursuit Mickaël.

 

- «Plus bas que terre» -

A plusieurs reprises, ils affirment que leur «présomption d’innocence» a été balayée dans le flot de réactions qui ont suivi le 5 octobre. «Des voyous», avait notamment tonné le Premier ministre Manuel Valls.

 

«Nous sommes coupables avant d’être jugés, même par les médias et par Valls», se plaint Mickaël. S’il est innocenté, espère-t-il un «soutien» du gouvernement? «Si un jour on a des excuses c’est déjà bien, on a été mis plus bas que terre».

 

«Le plus dur à vivre c’est pour la famille, ça passe très mal», ajoute David.

 

Le chef du gouvernement a assuré jeudi au Sénat qu’il «ne peut pas y avoir d’impunité (...), à l’égard d’actes qui méritent une sanction judiciaire et des sanctions dans l’entreprise».

 

Les cinq salariés, âgés de 35 à 48 ans, seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des «faits de violences en réunion». Ils ont également été mis à pied jeudi à titre conservatoire, sans solde.

 

«Une double peine», pénale et disciplinaire, tranche David.

 

Mickaël va plus loin. «On sert de boucs émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement ».

 

En suspendant leurs salaires, la direction de la compagnie «nous prend ce qui nous fait vivre». «Ce qu’on demande, ajoute-t-il, c’est de pouvoir continuer à travailler» pour Air France, «une société que j’aime».

 

José Fort
16 octobre 2015

Le blog de José Fort  via comité Valmy

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 09:13

 

La France sociale à un tournant ?
par Jean LEVY

jeudi 15 octobre 2015, par Comité Valmy...

 

 

Il a suffit d’une prémices de contestation ouvrière publique et médiatisée – à Lyon, Carmaux et Saint-Nazaire – contre un patronat déchaîné, soutenu par les plus hautes autorités de l’Etat, relayée par les médias, pour que le ton des officiels change du tout au tout.

 

Télés, radios, journaux exhibaient depuis des jours « la violence déchaînée » des salariés d’Air France à l’égard de dirigeants victimes d’un « véritable lynchage » - le mot a été colporté en boucle à l’appui d’images choc montrant le DRH de la Compagnie aérienne fuyant la « furie populaire » et dont la chemise blanche a été réduite en lambeaux…

 

Les commentaires scandalisés tant du Premier ministre, traitant de « voyous » les ouvriers incriminés, cloués au pilori et la campagne des médias aux ordres, tendaient à discréditer la contestation des salariés en colère, menacés de 2900 licenciements.

 

Manuel Valls s’affichait auprès de la direction d’Air France, comme les officiels vont visiter les victimes d’un attentat pour leur témoigner leur compassion et celle de la République. Une justice prompte et implacable était promise aux « délinquants ».

 

On parlait pour ceux-ci de cinq ans de prison…Et de cueillir les « coupables » de lèse-patronat, chez eux à six heures du matin…

 

Tout paraissait réglé.

Mais c’était sans compter avec la riposte ouvrière…

 

A Lyon comme à Carmaux, le ministre de l’Economie, Manuel Macron, sûr de lui, se préparait à réciter le crédo de l’économie de marché devant un parterre d’auditeurs qu’il croyait acquis à ces thèses, lorsque dans la salle comme au dehors, des salariés, sans recourir aux politesses d’usage, faisaient connaître au ministre en termes vigoureux, qu’il n’était pas le bienvenu, et que sa belle chemise blanche pouvait vite être mise en lambeaux…

 

Puis à Saint-Nazaire, en visite officielle aux Chantiers STX , après les salamalecs d’usage de la part des représentants CFDT et CGC, le Président sidéré se voyait refuser une poignée de mains par deux militants badgés CGT, avec l’explication de ce geste de classe…François Hollande publiquement pris à partie par un ouvrier, un acte démultiplié par vidéos et photos, annonçait à la France que l’infaillibilité présidentielle était révolue, et que la contestation – jusqu’ici reléguée au-delà d’un périmètre de sécurité – s’exprimait publiquement au sein de l’entreprise visitée, sans souci de politesse d’un autre âge.

 

La parole était ainsi libérée.

L’écho de ce dialogue entre l’exploité et le président de la République, représentant politique des exploiteurs, répercuté à la vitesse du son sur les ondes, le petit écran et dans les journaux, a changé du tout au tout la parole politique du pouvoir. Même le JT de France 2, assez peu suspect d’esprit frondeur, en montrant au public le visage de l’ouvrier CGT contestataire de STX, et en le faisant parler au « 20 heures » en a fait un porte drapeau de la contestation ouvrière.

 

Mercredi 14 octobre, dès le soir, le JT de France 2 comme Le Monde, daté du 16, faisait état des propos de François Hollande, bien conformes au style alambiqué du personnage, déclarant maintenant qu’il déplore la « brutalité », « pas seulement brutalité dans les mouvements, mais aussi la brutalité d’un certain nombre de décisions qui peuvent être celle des patrons ».

 

Autrement dit, violence partagée, et non plus un« lynchage organisé » à l’encontre de la direction d’Air France, jusqu’ici taxée de victimes de furieux ouvriers. Il ne serait plus question, selon Le Monde, d’une « manifestation qui a dégénéré », d’une « violente bousculade », qui n’est pas la première du genre dans les conflits sociau

Ce changement de style s’accompagne, du côté officiel, d’un appel à une nouvelle concertation à Air France, que les 2900 suppressions de postes ne sont pas irrévocable

 

En clair, du jour au lendemain, le gouvernement PS joue l’apaisement.

Pourquoi ?

 

Il n’avait pas prévu la réaction immédiate d’une colère ouvrière qui dépasse largement les murs de la compagnie aérienne. Il n’avait pas envisagé que la campagne haineuse menée contre les militants d’Air France se retournerait contre le pouvoir PS, et prendrait cette forme de contestation publique, expression de cette exaspération populaire, jusqu’ici couvant sous la cendre.

 

Les évènements de Saint-Nazaire, de Lyon et de Carmaux sont les signes avant-coureurs d’un plus vaste mouvement de contestation globale de la politique gouvernementale.

 

François Hollande en a fait les frais.

 

Il voudrait éteindre les flammèches, qui pourraient dégénérer en véritable incendie.

 

Mais les ouvriers déférés au tribunal de Bobigny restent toujours les otages de la contestation ouvrière…Le gouvernement va-t-il les faire condamner pour crime de lèse patronat, le 2 décembre prochain ?

 

Si tel était le cas, il est certain qu’un tel verdict susciterait une violente réaction de la classe ouvrière, de ses militants, de vastes couches de salariés…

 

Le pouvoir PS craint une telle situation.

Que va-t-il se passer d’ici le procès ?

 

Un sursaut de colère contre cette comédie judiciaire doit conduire dès ces jours prochains à la multiplication des actes de solidarité avec les ouvriers inculpés.

 

Déjà, revenant sur une décision dérisoire de présence à la Conférence dite « sociale » organisée par le gouvernement, la direction de la CGT a enfin annoncé son absence le 19 octobre prochain.

 

Première victoire des militants CGT qui se sont placés au premier rang des contestations populaires.

 

Mais cela ne suffit pas.

La colère ouvrière doit exploser dans tout le pays, d’abord contre la répression de l’action syndicale, mais surtout contre la politique de misère imposée à notre peuple par l’oligarchie financière, et sa Commission européenne, mise en musique par les gouvernements successifs de droite comme de « gauche ».

 

La politique a peut-être en France changé de cap ces jours derniers…De bonne espérance, souhaitons-le.

Le 15 octobre 2015

Jean Lévy
Comité Valmy

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:59
Improvisations, revirements et amateurisme…

Source Edit Orient

 

Quelques semaines avant l’élection de François Hollande, un groupe de hauts fonctionnaires français signait une tribune dans un quotidien parisien1, appelant à rompre avec les postures médiatiques de Nicolas Sarkozy. Commentant les propositions du candidat socialiste, ce collectif écrivait : « on ne voit pas encore les axes structurants d’une politique réfléchie. Sans tabous ni autocensure, la première des préoccupations reste la non-prolifération nucléaire et le dossier iranien, mais aussi et peut-être davantage le Pakistan, ainsi que le réarmement d’autres puissances. Quelle est la meilleure politique au regard de nos intérêts? Est-ce pertinent de soutenir Israël quelles que soient les extrémités où l’on risque de nous entraîner? Quelles leçons tire-t-on de l’expédition libyenne – guerre déclenchée au nom des droits humains – dont on ne connaît toujours pas le bilan des victimes, ni l’ampleur des effets déstabilisateurs dans la sous-région sahélienne, sans parler de l’évolution inquiétante des libertés civiles et politiques? Et que penser de la politique de gribouille sur la Syrie, pouvant déboucher sur une militarisation accrue de la crise? L’appel au changement de régime est-il légitime, surtout lorsqu’il est porté par des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite? Ne reproduit-on pas ici les erreurs commises par les Américains et les Britanniques en Irak ? Cela ne ressemble-t-il pas à un vieux remugle de néo-colonialisme? Quant à l’Afghanistan, il restera à dresser un bilan de notre engagement militaire. Ces questions rompent avec le politiquement correct dominant. Il faut cesser de se gargariser des grands discours ridicules sur notre « diplomatie universelle » et de nier béatement le déclin de la France dans le monde. Il est temps d’élaborer une doctrine de redressement, fondée sur des analyses géostratégiques tenant compte de la réalité, de nos moyens d’agir, de nos intérêts ainsi que de ceux de nos voisins européens, méditerranéens et africains ».

 

Une fois élu, François Hollande – qui ne s’était guère intéressé aux relations internationales – nommait à la tête de la diplomatie française l’ « ancien plus jeune Premier ministre de la Vème République ». En confiant le Quai d’Orsay à Laurent Fabius, le nouveau président de la République cédait ainsi à son tropisme d’ancien premier secrétaire du PS : ménager les tribus de la rue de Solferino en considérant que Fabius serait moins nuisible à l’intérieur du gouvernement qu’abandonné à la direction d’un courant qui avait mené la bataille contre le projet de constitution européenne, notamment. Du grand art… et un signal fort adressé à nos partenaires européens. Condition de son acceptation du maroquin des Affaires étrangères, Laurent Fabius favorisait le choix d’un conseiller diplomatique faible pour l’Elysée, en l’occurrence le regretté Paul Jean-Ortiz – homme droit et affable, surtout spécialiste de l’Asie, – ne voulant pas s’encombrer d’un sherpa trop pointu, genre Jean-David Levitte qui géra les dossiers internationaux pour Sarkozy tandis que Bernard Kouchner amusait la galerie du Quai d’Orsay, multipliant les voyages et des affaires pas toujours très claires…

 

Cette inversion hollandaise du dispositif Sarkozy (sherpa fort/ministre faible) pour un ministre fort et un conseiller diplomatique docile ne changea pas grand-chose à une diplomatie qui accentua les évolutions impulsées par une « école française néoconservatrice » qui avait déjà commencé à sévir sous le deuxième Chirac finissant : retour dans le commandement intégré de l’OTAN, alignement sur Washington et Tel-Aviv ! Et l’un de nos grands ambassadeurs de commenter : « avec Laurent Fabius, c’est Guy Mollet, les néo-cons américains et la morgue en prime… » Sans appel, ce jugement s’illustre particulièrement sur les trois grands dossiers proche et moyen-orientaux.

 

La Syrie d’abord ! En mars 2012, Alain Juppé avait curieusement décidé de fermer l’ambassade de France à Damas, contredisant les fondamentaux de la diplomatie qui consistent, justement, à ne jamais perdre le contact avec les pays qui s’éloignent le plus de nos positions, sinon de nos intérêts… Cherchant à corriger les effets désastreux du soutien passé de Michèle Alliot-Marie au dictateur tunisien, Paris se devait de revenir dans le sens de l’Histoire : Ben Ali dégage, Moubarak dégage, Kadhafi idem… Avec Washington et Londres, Paris s’enferma dans le « Bachar dégage ! », personnalisant une situation syrienne, pourtant très différente des autres mal nommées « révolutions arabes ».

 

Sur la Syrie, inaugurant une « ligne Juppé consolidée », selon les propres termes d’un ancien ambassadeur de France à Damas, Laurent Fabius a été principalement inspiré par deux personnes : Eric Chevallier – un copain de Kouchner promu par ce dernier « diplomate professionnel », thuriféraire de Bachar jusqu’en juillet 2011, moment où il fut rappelé à Paris pour se faire expliquer que la suite de sa carrière dépendait d’un complet revirement anti-Bachar2 – et Jean-Pierre Filiu, un ancien diplomate – ayant quelque compte personnel à régler avec le régime baathiste – devenu professeur des universités et militant de la « révolution syrienne ». Fin août, lors de son discours devant la 70ème conférence des ambassadeurs, François Hollande a encore confirmé cette ligne « renforcée » du « ni-ni » – ni Bachar, ni Dae’ch – estimant que bombarder Dae’ch en Syrie pourrait renforcer le « boucher de Damas ».

 

Début Septembre survient la « crise des migrants », soulevant un mélange d’émotions et de craintes dans les opinions européennes, confirmant l’absence de véritable politique de l’Union européenne en la matière. La décision d’accueil massif d’Angela Merkel, qui pense ainsi combler ses déficits démographique et de main d’œuvre, embarrasse François Hollande qui doit pourtant afficher sa convergence avec la dirigeante de l’Europe. Opposée en Mai 2015 à des quotas migratoires contraignants au sein de l’UE, la France se met à en soutenir le principe en Septembre. Après avoir qualifié de « stupide » l’idée de rétablir un contrôle aux frontières, le gouvernement français affirme qu’il « n’hésitera pas » à le faire si nécessaire, après la décision allemande de fermer certaines de ses frontières. Improvisation totale, le regard rivé sur la ligne d’horizon des présidentielles de 2017, ce revirement pathétique s’opèrera naturellement sous la pression des sondages d’opinion.

 

Avec la crise des migrants, le Front national retrouve son « cœur de métier », mais récolte aussi les bénéfices d’une équation relativement simple : les migrants affluent pour fuir la guerre civile syrienne dont Dae’ch est l’un des principaux protagonistes. Deux corollaires s’imposent tout aussitôt : 1) il faut lutter plus efficacement contre l’organisation terroriste d’autant que le bilan d’une année de lutte de la Coalition anti-Dae’ch, regroupant les plus puissantes armées du monde, est particulièrement nul. En effet, comment expliquer aux électeurs que la Coalition n’arrive pas à venir à bout d’une organisation qui compte tout au plus 40 à 45 000 hommes, alors qu’elle signe aussi des attentats en Europe ? 2) il faut parler avec Bachar al-Assad. Les affirmations régulièrement répétées du Quai d’Orsay selon lesquelles le « dictateur de Damas » a enfanté Dae’ch tout seul font sourire depuis longtemps les connaisseurs du pays et de la région. Depuis plusieurs mois, l’Espagne, la Pologne, la Tchéquie et d’autres pays de l’UE, plus récemment l’Allemagne, disent de même. Moscou défend cette position depuis l’hiver 2011/2012 et Washington a commencé à nuancer la sienne à partir de mars 2015.

 

Richard Labévière
28 septembre 2015

http://prochetmoyen-orient.ch/category/lenvers-des-cartes/

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 09:42

Mgr Jacques Hindo, affirme que les raids russes sont efficaces contre les djihadistes. Il critique en revanche la stratégie américaine, décrite comme inefficace et « ambiguë ».

Origine La Croix via Comité Valmy

 

Pour Mgr Hindo, archevêque syro-catholique d’Hassaké, au nord-est de la Syrie, les offensives russes de ces derniers jours ont démontré leur efficacité contre le groupe Daech. Elles auraient provoqué le recul de l’organisation en direction du désert irakien, selon des témoignages locaux.

 

« L’intervention de Moscou est positive, assure l’archevêque syrien, parce qu’elle cible réellement Daech, et la milice est en train de fuir. Ils ont fui la région [d’Hassaké, ndlr.], dans l’empressement, à bord d’environ 20 véhicules. Ils ont dû abandonner 20 autres voitures sur place. C’est le signe qu’ils ont vraiment dû battre en retraite ».

 

Passivité américaine  ?

L’archevêque, cité vendredi 9 octobre 2015 par l’agence de presse américaine CNS, critique en revanche les opérations de Washington, qui seraient juste « pour la galerie » et qui laisseraient les terroristes agir librement. Les Américains ne bombarderaient pas les milices djihadistes, mais le gouvernement syrien.

 

« Il ne s’agit pas d’être pour ou contre le gouvernement, souligne l’archevêque. Mais les gens d’ici n’ont jamais cru dans les attaques américaines. Seuls les Kurdes ont réellement combattu sur le terrain, mais pour tenir leurs positions ».

 

Mgr Hindo relève que les Kurdes ne peuvent pas, à eux seuls, régler le problème. Il affirme que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, mais pas le Front al-Nosra et les autres milices islamistes liées à Al-Qaida.

 

Mgr Hindo déplore en particulier que les frappes américaines n’aient pas empêché l’enlèvement de centaines de chrétiens, notamment après l’offensive de Daech dans la vallée du Khabour, en février. Les inquiétudes pour ces otages sont de plus en plus vives après la récente exécution de trois chrétiens assyriens, dont la vidéo a été diffusée sur les réseaux islamistes.

 

« La nuit du 23 février, quand Daech a attaqué, les avions américains ont survolé la zone pendant longtemps, sans intervenir, assure-t-il. Ensuite, pendant trois jours, nous n’avons plus vu d’avions. Ils ont laissé le champ libre aux militants. Ceci nous fait penser que, d’une certaine manière, les djihadistes ont été aidés par l’attitude ambiguë des Américains ».

 

 » Lire aussi  : En Syrie, trois chrétiens d’Hassaké exécutés par Daech

 

Mgr Hindo accuse les gouvernements occidentaux de « travailler pour la sécurité d’Israël et pour diviser la Syrie et l’Irak, afin de mettre la main sur les richesses de ces pays. Il ne s’agit pas seulement de pétrole, parce que, au large de nos côtes, un très grand gisement de gaz a récemment été découvert. Il existe également un enjeu concernant les pipelines que l’Arabie saoudite et le Qatar voudraient construire vers l’Occident », affirme-t-il. Damas n’a pas accepté leur passage sur son territoire, et voilà le résultat », martèle l’archevêque syro-catholique.

 

Le problème est « extrêmement complexe », avertit Mgr Hindo. Il déplore la vision occidentale selon laquelle il ne s’agirait que d’une guerre de religion entre les sunnites, les chiites, les chrétiens et les musulmans. « Dans cette guerre, Daech dissimule des intérêts économiques et a pour but de diviser le pays, contre la volonté d’un peuple, dont une majorité est unie et veut rester unie », lance l’archevêque

.

L’archevêque vit sous la menace constante de Daech  : « Je réside à moins de trois kilomètres de la ville. Il y a un mois, l’offensive des djihadistes a été repoussée et ils se sont déployés autour de la ville. Ces deux dernières semaines, grâce à l’attaque des Russes, ils ont commencé à se retirer. »

12 octobre 2015

La Croix avec Apic et CNS

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 08:42
Mensonge du pouvoir PS et des médias : le flot qui summerge l’Europe ne fuit pas les villes syriennes mais des camps d’hébergements situés en Turquie...
Qui a ouvert volontairement ceux-ci et pourquoi ?
Par Jean Lévy

jeudi 24 septembre 2015, repris sur Comité Valmy

 

 

 

Les médias du capital - en appui au gouvernement PS - poursuivent leur campagne en faveur de l’accueil dans notre pays de dizaines de milliers de "réfugiés" syriens. Et ce matin, les infos nous apprennent que ceux-ci arrivent d’Allemagne...Aux premiers jours de la campagne, on nous décrivait pourtant le flux comme fuyant par tous les moyens, l’enfer des villes tenues par les forces de Bachar-al-Assad

 

 

Or, l’examen des photos et des vidéos de cet "exode" ainsi décrit, nous montre des hommes, des femmes et des enfants - surtout des hommes jeunes dynamiques - dont la mine et l’équipement ne conforte pas l’image d’une foule sans ressource, au bord de l’épuisement. Nous étions loin de la réalité de la misère de masse des immigrés africains, constatée à Lampedousa et en Italie. Ni de ceux qui s’entassent à Calais ou que la police française refoule à Vintimille.

Mais de ceux-là, qui pensent à les intégrer ? Ils ne sont que les "sans-papiers" bons à être expulser...

En fait, les "réfugiés" qu’on nous presse d’accueillir viennent tout droit des camps de Turquie, et c’est le pouvoir autocratique du président Erdogan qui vient de leur ouvrir largement les portes.

On peut se poser la question : pourquoi cette attitude du gouvernement turc, dont les liens avec les Etats-Unis et plus encore avec les islamistes d’Al-Qaida, voire de Daech, sont étroits ?

Et cela, au moment où Erdogan mène une guerre totale à la population kurde.

Pourtant, nos médias n’étaient pas avares de louanges, il y a seulement quelques mois, pour vanter l’héroïsme des milices kurdes, défendant puis reprenant Kobané aux terroristes de Daech venus tout droit ...de Turquie. Et aujourd’hui, c’est le silence ...radio : aucun journaliste, (ni notre ministre des Affaires Etrangères) ne dénonce le gouvernement d’Ankara comme "assassin de son propre peuple", selon la formule employée naguères par Laurent Fabius à l’égard des dirigeants de Damas...

En fait, nous sommes confrontés à une opération de grande ampleur d’un exode organisé d’une main d’oeuvre de masse formée destinée à combler les millions de salariés qualifiés qui vont manquer à l’économie allemande dans quelques années, dû au faible taux de natalité de l’autre côté du Rhin, c’est pour l’Allemagne une question de survie comme grande puissance, la première de l’Union européenne.

L’0pération" réfugiés syriens" vise également à s’assurer en France un volant de salariés susceptibles de concurrencer les ouvriers et les cadres français, pour peser sur leur salaire et mettre en cause les lois sociales qui protègent encore ces derniers.

Avec la bénédiction des dirigeants du PCF, qui saluent cette immigration imposée comme un acte de solidarité, sans aucun souci de l’opinion des salariés et des ménages aux fins de mois plus que difficiles, pressurés, privés d’emploi, en précarité permanente, dans l’attente vaine d’un logement.

C’est tout benef pour Marine Le Pen qui compte bien en profiter.

Jean Lévy
Comité Valmy

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 17:32
Les appels à négocier avec Bachar al-Assad se multiplient…
Par Frédéric Delorca

La présence croissante de l’armée russe en Syrie, à la demande du gouvernement légal de Bachar al-Assad, et en accord avec l’Iran qui avait envoyé l’un de ses généraux à Moscou début août, donne des sueurs froides aux Occidentaux. D’abord révélée par des sources israéliennes fin août, cette implication du Kremlin a été confirmée par divers rapports faisant état de la création d’une base d’intervention aérienne russe à Lattaquié qui pourrait précéder l’envoi de Mig 29, voire de troupes au sol russes contre Dae’ch.

Le 6 septembre dernier, le secrétaire d’Etat américain John Kerry faisait savoir qu’il avait eu une conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov dans laquelle il lui avait fait part de son inquiétude de voir l’engagement russe « entraîner la perte d’un plus grand nombre de vies innocentes, augmenter le flot des réfugiés et le risque de confrontation avec les forces anti-Dae’ch qui opèrent en Syrie ».

Pourtant cette intervention pourrait avoir pour effet de modérer les élans unilatéralistes des principales puissances militaires occidentales.

Fin août, le mystérieux afflux de réfugiés notamment irakiens et syriens aux portes de l’Europe a relancé les doutes sur la stratégie de bombardement aérien menée par les occidentaux depuis un an. Exploitant notamment l’image de la mort de l’enfant de trois ans d’un réfugié de Kobané – Aylan Kurdi -, des journaux conservateurs britanniques comme « The Sun » et le « Daily Mail » n’ont pas hésité à solliciter une implication plus grande de leur pays. « 52 % des gens disent : bombardez la Syrie maintenant ! » titrait « The Sun on Sunday » du 6 septembre, tandis qu’en France un institut de sondage mettait, lui aussi en avant le soutien majoritaire de l’opinion à l’option d’une intervention au sol. Lundi 7 septembre, le gouvernement britannique répondait à ces pressions en révélant qu’il utilisait des drones tueurs en Syrie dont un avait éliminé deux jihadistes britanniques. Le même jour, le président François Hollande annonçait l’envoi d’avions de reconnaissance au dessus de la Syrie. L’un et l’autre maintenant la position selon laquelle Dae’ch et Assad étaient l’un et l’autre les ennemis à abattre.

L’activisme des Russes pourrait bien aujourd’hui inverser cette tendance.

Contre toute attente, le principal contre-feu est venu de Berlin où le ministre des affaires étrangères Franck-Wakter Steinmeier a réagi aux déclarations françaises et britanniques en estimant que cet engagement militaire sans concertation avec la Russie ne ferait que compromettre les efforts diplomatiques pour mettre un terme au conflit syrien. Appuyant ses dires, samedi 12 septembre, la chancelière Angela Merkel déclarait que l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne devraient travailler avec la Russie et les Etats-Unis pour résoudre la crise syrienne. La veille, Franck-Wakter Steinmeier s’était même offert une tribune dans le New York Times pour dire que l’accord nucléaire entre l’Iran et les six grandes puissances mondiales (P 5+1) ouvrait la voie à une possibilité de débloquer la situation en Syrie : « En moins d’un mois après l’accord nucléaire avec l’Iran, observait-il, la Russie a fait preuve d’une coopération rare en co-patronnant avec les Etats-Unis deux résolutions sur la Syrie. Mais il y a des signes préoccupants indiquant que les chances de progrès en Syrie tendent à disparaître (…) Il serait inexcusable que le monde laisse cette chance historique filer ».

De petits pays européens avaient ouvert la voie de cette option diplomatique quelques jours auparavant.

Au cours de sa visite en Iran, le ministre des affaires étrangères espagnol José Manuel García Margallo, le 7 septembre, n’avait pas hésité à déclarer : « ma position, c’est que la paix s’obtient toujours en négociant avec l’ennemi, comme Nixon l’a fait en Chine et Reagan en Union Soviétique ». « Que Bachar al-Assad plaise ou ne plaise pas », avait-il ajouté, « il est le gouvernement syrien qui siège à l’Assemblée générale des Nations Unies », et d’offrir les bons offices de l’Espagne pour servir d’intermédiaire. Lui emboîtant le pas, le ministre autrichien des affaires étrangères déclarait, vendredi 11 septembre : « l’Occident devrait impliquer Bachar al-Assad et ses alliés l’Iran et la Russie dans le combat contre les rebelles de l’ « Etat islamique » qui cherchent à progresser en Syrie et à établir un ‘califat’ islamique au Proche-Orient ».

Aujourd’hui les gouvernements les plus virulents contre le Kremlin et le président syrien doivent affronter, chez eux, des mouvements d’opinion favorables au dialogue avec le gouvernement légal de Damas. Au Royaume-Uni, Jeremy Corbin, nouveau candidat du parti travailliste au poste de premier-ministre prône le dialogue avec le gouvernement syrien et s’oppose à toute intervention qui ne recevrait pas l’aval des Nations unies. En France, l’ancien président Nicolas Sarkozy – dans une interview accordée au Figaro le 10 septembre 2015 – appelait à réintégrer la Russie dans le G8 pour l’associer, entre autres, au règlement de la crise syrienne. Plus franchement encore, son ancien premier-ministre François Fillon déclarait dans une lettre ouverte au premier ministre actuellement en fonction, le 15 septembre : « il faut sortir de la diplomatie virtuelle et revenir aux réalités géopolitiques. Il y a les Russes, il y a les Américains, il y a les Saoudiens, il y a les Iraniens. C’est avec eux et tous ceux qui ont une influence sur les forces sur le terrain qu’il faut discuter et bâtir une vraie coalition internationale. »

Ces appels au réalisme ne sont certes pas nouveaux. Le général Lord Dannatt, ancien chef d’Etat major britannique, avait lancé – par exemple en août 2014 – un appel à la concertation avec le régime de Bachar al-Assad pour garantir l’efficacité des frappes aériennes contre Dae’ch. Mais cette fois-ci les appels à l’entente avec les Russes et avec le gouvernement de Damas émanent de chancelleries alliées et de leaders d’opinion de grande envergure. Seront-ils entendue par les partisans de la ligne dure, anti-Assad et anti-russe, à qui appartient encore la décision à Londres et à Paris (voire à Washington, quoique la position attentiste d’Obama soulève en ce moment beaucoup d’interrogations) ?

On voit mal comment, avec une présence militaire russe appuyée sur le terrain, les capitales occidentales pourraient prétendre faire cavalier seul, en s’appuyant sur la fantomatique « opposition islamiste modérée » qu’invoque souvent M. Fabius, voire sur Al-Qaïda, comme l’a suggéré dernièrement l’ancien patron de la CIA David Petraeus, et marcher directement sur les plates-bandes du Kremlin sans concertation avec lui, au risque de provoquer des « dégâts collatéraux », par exemple parmi ses conseillers militaires, dans le cadre d’opérations de bombardements non coordonnées.

L’espoir est donc désormais permis (voir notre Editorient). Franck-Wakter Steinmeier pourrait bien cette fois avoir raison : nous avons peut-être une chance qu’enfin le réalisme finisse par prévaloir dans les chancelleries occidentales… grâce à l’implication constructive de Moscou… A n’en pas douter, les négociations de couloirs de la prochaine Assemblée générales des Nations unies à New York vont être déterminantes !

Frédéric Delorca 21 septembre 2015

Proche&Moyen-Orient.ch
Observatoire Géostratégique

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 15:16
Ca va se passer à New York !

 

Les journalistes parisiens sont, parfois proprement désopilants ! La petite Isabelle Lasserre du Figaro, qui nous annonçait régulièrement une chute imminente et souhaitable de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, ose écrire, le 16 septembre dernier : « en décidant de rejoindre la coalition en Syrie, la France, ENFIN, a nettement infléchi sa position… » Gonflée ! Sans fausse honte ni la moindre pudeur, et comme plusieurs de ses collègues qui appelaient la France éternelle à bombarder la Syrie en septembre 2013, voilà les mêmes qui aujourd’hui se félicitent du revirement de François Hollande. Revirement, oui ! Il y a quelques mois encore, le président de la République répétait à qui voulait l’entendre qu’il était absolument exclu de bombarder Dae’ch en Syrie parce que « cela pourrait aider le boucher de Damas… »

 

Que s’est-il passé ? Deux événements ayant totalement échappé à la sagacité de nos plumitifs parisiens, ces « résistants » de la dernière heure, « ENFIN » convertis à une participation à la Coalition en Syrie… Le 28 avril dernier, François Hollande recevait en catimini le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Rahi. Celui-ci pouvait « ENFIN » lui répéter ce qu’il avait eu l’occasion de dire à Laurent Fabius en 2013 et 2014, à savoir les viols collectifs, les décapitations, l’amputation des seins, des mains et des pieds des femmes des villages chrétiens conquis par Dae’ch en Syrie. Tranchant singulièrement avec les descriptions de la gentille rébellion syrienne « laïque et modérée », relayées par le conseiller « arabe » de l’Elysée Emmanuel Bonne (aujourd’hui ambassadeur à Beyrouth), les informations du Patriarche auraient littéralement ébranlé François Hollande, peu habitué à entendre ce genre de vérités… d’autant que les notes de la DGSE allant dans le même sens étaient systématiquement poubellisées par la cellule diplomatique présidentielle ! Regard tourné vers l’horizon 2017, le Président a immédiatement compris que ce dossier évoluerait vite comme une question de politique intérieure. La crise des migrants lui a donné raison et il a dû littéralement botter les fesses de Laurent Fabius pour que ce dernier daigne organiser, le 8 septembre à Paris, une conférence internationale pour la protection des Chrétiens d’Orient et des autres minorités. Sans surprise, cela n’a rien donné de concret, mais il s’agissait surtout de produire un affichage susceptible de préparer l’opinion au « revirement ».

 

Le 29 juin dernier, le patron des services spéciaux syriens – le général Ali Mamlouk (numéro deux du régime) – s’est rendu à Riyad à bord d’un avion russe pour y rencontrer son homologue saoudien en présence du vice-prince héritier Mohammad Ben Salman. Après l’accord sur le nucléaire iranien et encouragés tant par Moscou que par Washington, Saoudiens et Iraniens sont condamnés à instaurer une espèce de « Yalta oriental » entre le pôle sunnite (autour de l’Arabie saoudite et de l’Egypte) et le pôle chi’ite (Iran, Syrie, Hezbollah libanais et factions irakiennes). De plus, et depuis six mois, le nouveau représentant du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, le merveilleux Staffan de Mistura, ne cesse de répéter que « Bachar al-Assad fait partie de la solution… »

 

Dans ce conteste, l’engagement affiché de l’armée russe en Syrie à la veille de la prochaine Assemblée générale des Nations unies (où Vladimir Poutine doit parler cette année), complète le changement de la donne. Sur le plan militaire, la présence de chasseurs, de ravitailleurs en vol et d’avion de renseignement américains (britanniques et ENFIN français), russes et syriens, nécessite un minimum de coordination. Celle-ci est d’ores et déjà en action, étant assurée par un état-major commun américano-russe baptisé « FX-34 ». Bien évidemment Paris ne pouvait rester en retrait, n’en déplaise à Laurent Fabius qui continue d’affirmer qu’ « il n’est pas question d’aider Bachar… » Aux dernières nouvelles, celui-ci pourrait ENFIN passer à la trappe à l’issue du prochain remaniement ministériel qui devrait normalement suivre le désastre des prochaines élections régionales et le résultat mitigé de la COP-21 sur le climat.

 

Depuis plusieurs jours, les couloirs de l’Assemblée générale des Nations unies bruissent de trois rumeurs insistantes : Poutine arriverait avec des propositions (soutenues par la Chine) pour la formation d’un conseil militaire syrien susceptible d’associer l’ « opposition de l’intérieur » à l’ouverture d’une négociation sur la base des acquis de Genève I et II. Pour l’instant : pas question de sacrifier Bachar al-Assad, puisqu’il continue à incarner le gouvernement légal de Damas ! Cette approche rejoindrait celle de Staffan de Mistura qui, ces derniers mois, a multiplié rencontres et échanges avec les représentants de l’ « opposition de l’intérieur » et la plupart des ministres des Affaires étrangères de la région.

 

Sans partager l’ensemble de cette convergence russo-onusienne, le secrétaire John Kerry n’émettrait pas d’opposition majeure afin de laisser s’enclencher le processus, tout en cherchant à consolider un « leadership américain » des opérations militaires contre Dae’ch. Enfin, et c’est une autre des conséquences induites par l’accord sur le nucléaire iranien, Téhéran pourrait être pleinement associé à cette double avancée diplomatique et militaire. Les grands perdants – Ankara et Tel-Aviv – devraient avaler la couleuvre…

 

L’engagement militaire russe et son calendrier anticipent parfaitement la préparation de cette étape newyorkaise. Contrairement à ce que prétendent quelques « experts militaires » – dont l’ancien porte-parole des Forces libanaises (extrême-droite), reconverti dans un improbable Observatoire de pays exotiques -, les soldats russes ne vont pas se contenter de « sécuriser » le réduit alaouite de Tartous et Lattaquié. Cette fantasmagorie, très Wishful thinking, tablant déjà sur la fin du régime syrien et la partition du pays, ne correspond ni à l’état réel des forces sur le terrain, ni aux discussions newyorkaises. Russes, Américains, Britanniques et, ENFIN Français, sont désormais décidés à lutter sérieusement contre Dae’ch en évitant la répétition du désastre des implosions étatiques et territoriales afghane, irakienne, yéménite et libyenne !

 

La mission des forces russes (terre, air, mer) engagées en Syrie est nettement plus large : appuyer l’armée gouvernementale syrienne dans sa défense du « pays utile » – Damas et l’axe Homs, Hama, Alep) – avant d’aider à une stabilisation territoriale complète du pays incluant Deir ez-Zor (à l’est ), la région de Deraa (au sud) et les zones frontalières de la Jordanie, ainsi que Jisr al-Choughour (au nord-ouest), le long de la frontière turque. Vladimir Poutine l’a répété à plusieurs reprises : la stabilisation territoriale et politique de la Syrie constitue l’une des articulations majeures d’une pacification du Caucase et de la Tchétchénie ainsi que d’une lutte efficace contre les factions terroristes qui menacent Moscou et d’autres villes de Russie.

 

Evidemment, à New York tout ne se passe jamais comme initialement prévu, mais cette 70ème session de l’Assemblée générale de l’ONU devrait marquer une étape très importante pour la lutte contre Dae’ch et la résolution de la crise syrienne.

 Richard Labévière
21 septembre 2015

 http://prochetmoyen-orient.ch/editorient-du-21-septembre-2015/

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 15:38

Par Bruno Arfeuille repris sur Comité Valmy

 

Evolution du chômage de mai 2012 à mar 2015

 

 

Chômage en août 2015 : catégories A, B, C, D, E :

France métropolitaine :

6 116 300 inscrits à Pôle Emploi.

France entière, y compris l’outre-mer :

6 452 100 inscrits à Pôle Emploi.

Variation sur un mois : + 0,3 %

Variation sur un an : + 6,2 %

 

Moi président j'inverserai la courbe du chômage!

 

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

- « Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. » (Jacques Attali, sur France 2, débat télévisé « Polémiques » animé par Michèle Cotta)

- « Si le traité de Maastricht était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 14:24
Assez avec le FN, ce n'est qu'un épouvantail.

L’analyse de Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ

 

Je déteste le FN et tout ce qu’il représente. Mais on lui accorde beaucoup trop d’importance. L’ennemi principal des travailleurs, français ou immigrés, c’est le triple pouvoir qui siège à Washington, à Bruxelles, et à Paris. En France, ce sont les partis « mainstream », tantôt UMP, tantôt PS, avec leurs supplétifs écologistes, centristes, etc.

 

Il faut stopper le terrorisme moral de la gauche petite bourgeoise, incapable de rien faire pour défendre les travailleurs, mais toujours prête à donner des leçons. Ceux qui condamnent Jacques Sapir avec des tremolos pour avoir évoqué le rôle éventuel du FN dans un front anti Euro ne lui reprochent pas d’aimer le FN, mais de ne pas aimer l’euro.

 

De qui se moque-ton ? En quoi Marine le Pen est elle pire que Hollande, Sarkozy, Juppé, Fabius, Bernard Henri Lévy, Gattaz, Macron, la CFDT? Elle est pire dans les mots, ils sont pires par leurs actions. Elle propage un discours raciste, mais les autres créent quotidiennement les conditions du racisme en dépouillant les travailleurs et les citoyens de leurs droits. Pourquoi faudrait-il voter pour la cause de la maladie pour contrecarrer le symptôme ? Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, comme disait Jacques Duclos.

 

Sans doute Jacques Sapir a été imprudent, car le FN traine une mauvaise réputation bien méritée. Mais il s’agit de la plus importante force électorale qui prétende s’opposer à l’euro. Ceux qui tombent d’accord qu’il faut quitter l’euro, et le plus tôt possible, car c’est pour la démocratie une question de survie existentielle, se posent forcément la question du rôle éventuel de ce parti dans le processus. Sans les voix du FN, en tout cas, le "non" n'aurait pas emporté le referendum de 2005.

 

Alors les condamnations morales pleuvent sur le baudet. Et signalent une fois de plus le FN, pour sa plus grande joie, comme « parti antisystème », désigné par le système lui-même. Interdire la question de Sapir, c’est en fait y répondre de manière à rejeter dans le camp du FN toute opposition à l'euro, et à lui donner les moyens de progresser encore davantage, à son propre étonnement.

 

Je pense qu’il n’y aura pas de front contre l’euro avec le FN pour une simple raison. On peut rassurer tout de suite les fanatiques de « l’Europe sociale »: une lecture attentive du programme du FN (C’est le PEP de Jacques Nikonoff qui s’en est chargé- Ajout de JF voir http://www.m-pep.org/Le-double-langage-du-Front -,montre qu’il n’a pas du tout l’intention de quitter l’euro, l’UE et l’OTAN; et c’est bien normal : le concept de l’Europe, c’est l’union du continent des chrétiens, des blancs, et des impérialistes. Et bien, c’est aussi celui du FN.

 

Mais quelque soit le racisme de ce parti, fondé il y a quarante ans par des nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française, il ne va pas rouvrir des camps ni des chambres à gaz. S’il en venait à participer au pouvoir, ce qu’il ne pourrait faire que dans une coalition avec l’UMP, ses représentants se borneraient à tenter de marquer l’opinion symboliquement, de la manière que le font aujourd’hui les écologistes, en faisant du bruit pour faire oublier l’abandon pur et simple du socle de leur programme. On peut s’attendre à d’épiques empoignades sur le porc dans les cantines, ou sur l’enseignement à l’école du bon vieux temps des colonies. Mais les électeurs qui votent pour le FN en espérant l’expulsion massive des étrangers (s’il y en a beaucoup) en seront pour leur frais.

 

Une connaissance minimale de l’histoire permet de l’affirmer. Le fascisme historique des années trente n’était rien d’autre qu’une machine de guerre contre la révolution ; sa seule cohérence logique était l’anticommunisme, le reste n’était qu’une logorrhée délirante. Or vu le rapport de force actuel il n’y a guère le risque de voir le MEDEF se mettre à financer en grand crânes rasés et croix gammées, par peur du communisme. Pas d’attaque en vue contre la propriété privée des moyens de production, pas de réaction fasciste. Ce parti, sans aucun appui dans les institutions, soutenu ni par l’armée, ni par l’Eglise, ni par le patronat, ni par l’étranger, dépourvu d’armes et de milice, ne pourrait exercer une dictature qu’au cas où la bourgeoisie lui offrait le pouvoir sur un plateau, comme en Allemagne en 1933, et dans l’état actuel des choses on ne voit vraiment pas pourquoi elle le ferait. Pour le moment elle préfère largement l’UMPS.

 

Bref, dans sa forme actuelle, c’est un épouvantail. Tout comme le rejeton du parti fasciste historique, le MSI en Italie. Qui a participé au pouvoir, avec Berlusconi, pendant des années, sans que personne ne s’en aperçoive.

 

Ceux qui à gauche de la gauche feignent d’avoir si peur du FN et de la contagion de ses idées feraient mieux de cesser de faire sa publicité et de s’occuper vraiment de combattre les reculs sociaux, les privatisations, le pillage des finances publiques, les dénis de démocratie émanant de l’UE, l’étranglement de la Grèce, l’exploitation et la manipulation du terrorisme, la surveillance généralisée sur Internet, les guerres impérialistes déchaînées par les caniches des Américains, la torture et les assassinats de proscrits, et les massacres de migrants qui font aujourd’hui la une. Le FN ne joue aucun rôle dans tout cela. Il rêve sans doute d’y participer mais les forces économiques et impérialistes qui nous gouvernent n’ont pas besoin de lui dans un autre rôle que celui d’opposant de pacotille.

Le FN n’est pas au pouvoir, n’a aucun moyen ni aucune volonté réelle d’y parvenir, et on nous demande constamment de mettre la sourdine sur nos critiques de ces pouvoirs capables de tant de crimes et d’abus, voire de s’allier avec eux, pour combattre ce FN qui n’y participe même pas. En l’état actuel des choses, le FN ne soutient même pas le seul mouvement néonazi au pouvoir en Europe, en Ukraine, contrairement au PS, à l’UMP, aux écolos, et même au NPA.

 

Et les socialistes et l’UMP, qui ne sont pas fascistes, que sont-ils ? Qui a du sang sur les mains dans ce pays ? Qui sont les politiciens français comptables du sang ukrainien, syrien et libyen ? On n’a pas encore trouvé de mot pour les qualifier.

 

Le FN pratique une opposition de façade. Sa couverture médiatique lui permet de capitaliser sur la réaction populaire, égarée et mystifiée, devant les ravages du capitalisme sans contrepoids, qui règne en France et dans le monde depuis la disparition de l’Union soviétique, et l’abandon de la classe ouvrière par le PCF.

 

L’importance du FN s’explique par cet abandon, et se résume à cela. Si on veut vraiment lutter contre le FN, il faut lui ôter son rôle de tribun à bon compte, il faut recomposer un parti communiste pour combattre en priorité et sans rémission les ennemis du genre humain qui nous gouvernent depuis trente ans. Car le FN, au fond, n’est qu’un leurre médiatique. C’est le parti proposé par la soi-disant élite et les médias à ceux qui n’aiment pas l’élite et les médias.

 

Certes si le mouvement communiste redevenait quelque chose, il surgirait dans la rue sans tarder une réaction néofasciste véritablement redoutable, avec nervis, assassins, terroristes, comme elle a existé dans la rue en Italie dans les années 1970, comme elle existe en Amérique latine, mais là, bien loin de susciter la réprobation, elle bénéficierait, comme au Venezuela ou en en Ukraine, des encouragements et des applaudissements du "Monde " et de "Libération", des médias et des intellectuels organiques de la bourgeoisie.

GQ, 21 septembre 2015 (QG: Gilles Questiaux)

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