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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:55
Publie par Descartes samedi 21 mars 2015

A vingt quatre heures d’une élection qui selon toute vraisemblance ne nous apprendra rien que nous ne sachions déjà, l’ambiance politique reste la plus étrange dont j’aie souvenir ou même connaissance par les livres d’histoire. Autant le dire, j’avoue que je suis totalement désorienté. Et si cela m’arrive à moi qui, toute modestie mise à part, observe avec une certaine constance les affaires politiques depuis quelques décennies, j’imagine l’état de confusion dans lequel se trouvent probablement les électeurs et même certains militants politiques.

 

Sommes nous gouvernés ? La question se pose avec une acuité particulière. Nous avons un gouvernement, cela est certain. Mais un gouvernement n’est que le moyen d’une politique. Et les contours de cette politique sont de plus en plus difficiles à percevoir. Que veut exactement le gouvernement ? Quelle est la vision de la France qu’il propose aux français ? Pas grande chose. Le discours électoral de notre Premier ministre est de ce point de vue révélateur. Il a fait le choix de « nationaliser » la campagne. Pourquoi pas. Mais vous remarquerez que cette « nationalisation » n’a nullement pour objet de demander aux français un vote de confiance dans la politique du gouvernement. Pas du tout. La « nationalisation » se fait pour pouvoir agiter l’épouvantail du Front National. Manuel Valls avoue même son « angoisse » est sa « peur » de voir le FN arriver au pouvoir. Que l’homme qui a le pouvoir constitutionnel de « déterminer et de conduire la politique de la nation » avoue ainsi son impuissance n’est pas banal. Car c’est bien d’impuissance qu’il s’agit : si Manuel Valls était lui-même convaincu par la politique qu’il conduit, il n’aurait pas d’inquiétude quant aux résultats et le dirait. Le plus terrible aujourd’hui, c’est que nos dirigeants sont les premiers à admettre qu’on ne peut rien faire. Après deux ans de méthode Coué, ils n’affichent plus aucune illusion sur une amélioration du chômage, des conditions de vie des français. Comment s’étonner alors que les électeurs refusent leur confiance à ceux qui n’ont pas confiance en eux-mêmes ?

 

Convaincu de son incapacité à changer quoi que ce soit de profond, le monde politique en est réduit à faire dans le symbolique. Alors que le pays s’enfonce dans l’austérité, qu’on laisse se dégrader nos infrastructures, qu’on perd notre industrie et qu’on affaiblit notre recherche, on discute au Parlement du sexe des anges. Le gouvernement y envoie des lois-pavés dépassant la centaine d’articles et qui, loin de poser des principes et marquer des choix, sont un ramassis de mesurettes dont l’impact est minime. Croit-on vraiment que le fait d’ouvrir les magasins douze dimanches au lieu de sept fera une véritable différence ? Qu’on « libérera la croissance » en mettant les notaires en concurrence ? Qu’on fera la « transition énergétique » en fixant par la loi une limite de 50% de nucléaire dans la production d’électricité en 2025, objectif dont tout le monde sait parfaitement qu’il est matériellement irréalisable ? Tout cela ne sert à rien, si ce n’est à permettre à nos élus de s’empoigner pour essayer de faire croire au citoyen qu’ils servent à quelque chose.

 

De ce point de vue, le psychodrame du 49-3 a été un summum. Création géniale du comité de rédaction de la constitution de 1958, l’article 49-3 ce n’est pas, loin de là, l’instrument anti-démocratique que certains – parmi eux beaucoup de nostalgiques de la VIème… eu pardon, de la IVème République – dénoncent. Tout au contraire : c’est un instrument permettant à chacun – gouvernement, députés, président de la République – de prendre clairement leurs responsabilités. Responsabilité qui est pour moi l’essence de la démocratie. Voici comment tout cela fonctionne : le président de la République a été élu pour inspirer une politique qu’il a exposé aux français. Elu, il nomme un premier ministre pour conduire cette politique. Ce premier ministre dépose devant les assemblées législatives les projets de loi qu’il estime nécessaires pour l’exécution de cette politique. Le Parlement les examine, et peut parfaitement les rejeter. Il peut aussi, et c’est plus sournois, dénaturer le texte par des amendements qui changent complètement sa nature ou réduisent ses effets à néant. Et cela sans que personne ne prenne clairement de responsabilité devant les électeurs : si la loi est promulguée dans cet état, c’est le gouvernement qui en portera la responsabilité, même s’il ne l’a pas voulue ainsi. Comment le citoyen pourrait-il faire la part de ce qui relève de la faute du gouvernement et de ce qui a été voulu par le Parlement ? Et comment pourrait-il sanctionner ce dernier, alors qu’il ne peut en fait que sanctionner son député ?

 

Le principe de responsabilité exige donc que le gouvernement ait le choix. Puisqu’il assume la responsabilité des conséquences, il faut qu’il puisse en cas de conflit avec le Parlement soumettre le différend au peuple souverain. Et c’est à cela que sert l’article 49-3. En usant de cet article, le gouvernement dit « la loi en discussion est si importante qu’il faut absolument qu’elle passe dans l’état où on l’a conçue, ou avec les modifications que nous pouvons accepter, et c’est pourquoi, si le Parlement persiste, nous irons demander aux électeurs de confirmer notre choix en dissolvant l’assemblée nationale ». Dans cette logique, il est bien entendu admis que si le peuple tranche en faveur du Parlement, le président de la République présente sa démission pour permettre l’élection d’un président qui soit sur la même longueur d’onde que le peuple (1).

 

Manuel Valls a donc été parfaitement cohérent en utilisant l’article 49-3. Il avait toujours déclaré que le dispositif Macron était une pièce absolument essentielle de la politique du gouvernement. Dans cette logique, il ne pouvait pas permettre qu’elle soit dénaturée par le Parlement, et c’est pourquoi le ministre de l’économie a été intraitable pendant le débat parlementaire, au risque de ne pas avoir une majorité pour voter la loi à l’issue du débat. Il ne pouvait pas non plus admettre sans rien faire que la loi soit rejetée par l’Assemblée. Il a donc bien utilisé le 49-3 pour le but pour lequel il a été conçu : mettre le Parlement devant ses responsabilités, en lui demandant si oui ou non il veut changer de politique et donc changer les hommes qui l’exécutent. Honneur à qui honneur est du : ce faisant, Manuel Valls et Emmanuel Macron sortent de la politicaillerie habituelle, celle des ministres qui, comme Marisol Touraine ou Ségolène Royal, sont prêts à transformer les lois qu’elles défendent en coquilles vides pour faire plaisir aux différents groupes de pression. Il renoue avec l’esprit de la Vème République en sommant les députés de le suivre sous peine d’avoir a se justifier devant leurs électeurs, chose qu’aucun élu ne devrait craindre s’il avait la conscience tranquille d’avoir bien servi ceux qui l’ont élu. Bon point donc pour Valls.

 

Mais à la cohérence de Valls a répondu une cacophonie qui a mis péniblement en évidence l’état de décomposition général de la gauche. Commençons par le groupe le plus nombreux : les soi-disant « frondeurs », ces frondeurs qui font penser à la formule de Clemenceau : ils ont franchi le Rubicon, mais c’était pour y pêcher à la ligne. Après avoir expliqué pendant des semaines que la politique du gouvernement nous conduit dans le mur, ils ont décidé qu’ils n’allaient pas voter une motion de censure dont l’effet, si elle avait été votée, aurait été d’enterrer la politique en question. La position des frondeurs est totalement illisible : Ils savent que le gouvernement a choisi une politique, et que tant que Valls sera là elle ne changera pas. Changer de politique implique donc changer de gouvernement. Et si on n’est pas prêt de forcer le gouvernement à la démission, alors à quoi bon les rodomontades ? Les « frondeurs » donnent la désagréable impression de vouloir se laver publiquement les mains de la politique du gouvernement tout en faisant ce qui est nécessaire pour qu’elle puisse continuer. Pour comprendre cette incohérence, il faut laisser de côte les considérations idéalistes et revenir aux fondamentaux. Le Parti Socialiste est d’abord une société mutuelle d’assurances pour élus. Les députés « frondeurs » ont leurs convictions, certes, mais la politique est leur gagne-pain. Il y a bien entendu au PS quelques notables bien installés, élus sur leur nom et donc intouchables – le genre Jean-Noël Guérini. Mais la majorité des « frondeurs » ne sont pas dans cette catégorie. Ils doivent souvent leur siège à des équilibres d’appareil, et sans le soutien de l’appareil ils sont foutus. C’est pourquoi il ne faut pas se faire d’illusions : ils ne franchiront jamais le Rubicon. Jamais ils ne feront quelque chose qui pourrait mettre le gouvernement en danger, et celui-ci le sait. Du coup leur capacité à infléchir la ligne gouvernementale est nulle.

 

Du côté de la « gauche radicale », ce n’est guère mieux. C’en est même pire. Ainsi, le PCF appelle les députés Front de Gauche a voter la motion de censure déposée par la droite, ce qui paraît cohérent avec le discours qui veut que l’austérité conduit la France dans le mur… mais qui provoque immédiatement l’ire du PG qui dénonce son partenaire au nom du sacro-saint « fossé gauche/droite » qui interdirait de mêler ses voix aux siennes. Ceux qui ont un minimum de mémoire apprécieront le paradoxe : aux municipales, le PG avait voué le PCF aux gémonies au prétexte que celui-ci avait accepter, pour « battre la droite », des alliances de premier tour avec le PS. Aujourd’hui, le PG voue encore aux gémonies son allié pour la raison exactement inverse. On va finir par penser que le PG fait ses choix de manière à mettre en porte-à-faux son allié… et on n’aura pas tort.

 

En fait, les partis qui constituent la « gauche radicale » – devenus des groupuscules – n’ont globalement plus rien à dire de sérieux. Ils n’ont pas d’analyse politique, économique, sociale, bref, pas d’idéologie à défendre. La preuve ? Ils constituent aujourd’hui des alliances qui varient de département en département, de canton en canton, en fonction des préférences ou des détestations personnelles et locales. Dans un canton, EELV ira avec le PS alors que le PCF ira avec le PG, Ensemble et le NPA. Dans le canton voisin, le PS ira avec le PCF, alors que EELV se joindra au PG et Ensemble. Dans un troisième, Ensemble et EELV auront fait alliance alors que le PS se retrouve avec le PCF et le PG. Et ainsi de suite.

 

Si le critère dominant pour conclure ou exclure une alliance était la compatibilité des choix idéologiques et des projets, on n’observerait pas une telle variabilité. Si le « projet » d’EELV et celui du FdG étaient compatibles, ils le seraient ici et en Chine. Et s’ils sont incompatibles, idem. Le fait qu’ils soient compatibles à Trifouillis-les-Oies mais incompatibles à Gerson-le-Canard montrent que ce n’est pas d’idées qu’on est en train de discuter. En fait, ces alliances se font en fonction des amours et des détestations personnelles entre candidats, alimentées par l’histoire particulière des rapports entre forces politiques à l’échelon local, le caractère « prenable » ou non du siège voire du Conseil départemental. Tous sujets qui passionnent les militants, mais qui laissent les électeurs de marbre. Et c’est bien là le problème, accentué encore par cette institution stupide qui est le vote par « couples ». Ainsi, dans ma commune je me vois proposer par un « rassemblement de la gauche solidaire et écologiste » (2) deux candidats : une dame qui affiche son appartenance au PCF, un monsieur qui n’affiche rien du tout mais dont on devine sans trop de difficulté qu’il est encarté à EELV. Et bien moi, électeur je ne veux pas manifester par mon vote un quelconque soutien à un projet et à une idéologie écologiste avec la quelle je n’ai rien de commun. Mais je souhaiterais manifester mon soutien au projet communiste, avec lequel je partage bien de points communs donc, par exemple, le soutien au nucléaire. Ce qui n’est pas neutre dans une élection locale dans un département « nucléarisé ». Maintenant, je fais comment ? Comment puis-je marquer par mon vote le choix entre deux projets contradictoires, alors qu’ils se présentent ensemble ?

 

Ces alliances à la gauche du PS sont quelquefois présentées comme les prémisses d’une recomposition à gauche qui ferait apparaître un « pôle de radicalité » à gauche, susceptible de faire jeu égal avec les socialistes, une sorte de « Podemos » ou de Syriza. Remarquez, on peut toujours croire au père Noël, mais ce n’est pas ça qui le fera venir. Pour qu’il y ait recomposition, il faudrait qu’il y ait un débat d’idées, à l’issue duquel les différentes organisations proposeraient à l’électeur un projet cohérent. Or c’est le contraire qu’on fait : des alliances tactiques sans débat d’idées qui conduisent à proposer à l’électeur d’élire d’un coup la carpe et le lapin sur quelques vagues engagements qui permettent de mettre sous le tapis les points de divergence. C’est cette incapacité à mettre sur la table les points de désaccord et à en débattre qui ont plombé dès le départ le Front de Gauche, le réduisant à une alliance tactique entre des gens proposant des projets contradictoires. Mais les dirigeants de la « gauche radicale » sont prêts à recommencer : que Cécile Duflot apparaisse dans une tribune de meeting avec Mélenchon et Laurent, et on commence à nous raconter que le pôle de radicalité est en marche. Personne ne prend la peine d’expliquer comment la position euro-fédéraliste de Duflot et les siens pourrait s’ajuster à l’euro-prudence du PCF. Mais qui se soucie de ce genre de détails ? L’essentiel, c’est qu’on puisse additionner les voix pour avoir beaucoup d’élus. Cela fera toujours quelques apparatchiks de casés.

 

On se prend à penser au slogan de mai 1968 : « assez d’actes, nous voulons des paroles ». Ce qui manque aujourd’hui, ce sont des paroles. La politique dite « politicienne », celle qui évacue les idées et les projets pour ne s’intéresser qu’aux questions tactiques a bouffé l’autre, la vraie, celle qui avait trait aux idées. Et on aurait tort de croire que l’électorat en général et l’électorat populaire en particulier se désintéressent des idées. Au contraire : la meilleure preuve est le succès du Front National. Notre classe politique est prompte à signaler que les mesures proposées par le FN sont « non financées » ou très difficiles à mettre en œuvre. Et pourtant, il caracole en tête. Pourquoi ? Parce qu’il reste le seul parti qui par ses propositions, même si elles sont difficilement réalisables, semble tenir compte des préoccupations de l’électorat populaire. Les autres continuent à débiter leur discours en vase clos, sans tenir le moindre compte des préoccupations de nos concitoyens. Ainsi, dans ma commune, le « rassemblement de la gauche sociale et écologiste » propose sans rire de « défendre le droit de vote des étrangers (…) aux élections locales ». Comment cette promesse peut-elle être ressentie dans l’électorat populaire, à votre avis ?

 

J’entends d’ici les objections : « vous voudriez que nous faisions de la démagogie en mettant sous le boisseau nos idées ». Pas le moins du monde. Mais il faut savoir ce qu’on veut. Si l’on propose des choses dont les électeurs ne veulent pas, ils ne voteront pas pour vous. Faire de la politique implique entraîner les gens derrière vous, pas de leur balancer des propositions « à prendre ou à laisser ». Et pour entraîner, il faut partir des problèmes des gens. C’est cela qui avait fait la force du PCF en son temps, et qui fait la force du FN aujourd’hui.

Descartes
le 21 Mars 2015

(1) Cette logique reçut son premier coup de canif en 1986. Cette année-là, la gauche toute entière admit que le fait que le peuple désavoue le président n’est pas une raison suffisante pour provoquer sa démission. La logique aurait voulu que le président renonce à son droit de dissolution : puisque le président ne peut être désavoué par une élection parlementaire, le Parlement ne devrait pas pouvoir être désavoué par l’élection présidentielle. Mais bien entendu il n’en fut rien, et le Parlement élu en 1986 fut dissout par Mitterrand en 1988 après l’élection présidentielle. Les décisions conjuguées de 1986 et 1988 peuvent être considérées comme la mort de l’esprit, sinon de la lettre, de la Constitution de 1958.

(2) Il faut d’ailleurs aller à la sixième page de leur dépliant pour trouver, en tout petit, les logos de EELV et du Front de Gauche. Un peu comme si le fait d’adhérer à un parti – et donc d’endosser des choix idéologiques - était une maladie honteuse.

 

Descartes "pro rege saepe, pro patria semper"

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:42
« On ne veut pas d’une politique qui sépare l’Europe à nouveau en deux blocs » (VIDEO à suivre)

samedi 21 mars 2015, origine  Comité Valmy

 

18 mars 2015

RT a pu obtenir un entretien exclusif avec l’homme politique français Nicolas Dupont-Aignan, député à l’Assemblée nationale, maire de la ville de Yerres et président du parti Debout la France (DLF), à l’occasion de son séjour à Moscou.

 

Le député a évoqué plusieurs questions d’actualité en lien avec la politique internationale, et surtout les relations franco-russes.

 

La crise en Ukraine

La question de l’Ukraine doit être réglée au plus vite en vue de « lever enfin les sanctions », a déclaré le président de DLF. « Une majorité du peuple français […] ne veut pas d’une politique de sanctions, ne veut pas d’une politique qui sépare l’Europe à nouveau en deux blocs », a expliqué Nicolas Dupont-Aignan. Le but de sa visite en Russie était de faire savoir aux Russes « qu’il y a des personnalités politiques françaises qui veulent une belle relation avec la Russie ».

 

Travailler ensemble est, selon Dupont-Aignan, le seul moyen de « peser dans le monde ». A ce sujet, il a repris à son compte la fameuse expression du Général de Gaulle à propos de l’Europe qui « s’étend de l’Atlantique à l’Oural ».

 

La politique extérieure de la France

La France doit reprendre sa liberté vis-à-vis de Bruxelles, estime Nicolas Dupont-Aignan. « Le problème, c’est qu’on a confié trop de pouvoir à des gens à Bruxelles qui ne sont pas élus » et qui n’ont « aucune légitimité démocratique », a dit l’homme politique, avant de préciser que l’indépendance en matière de politique extérieure ne doit pas forcément impliquer une mauvaise relation avec les Etats-Unis.

 

« La relation d’amitié avec les Etats-Unis ne doit pas empêcher d’avoir d’autres amis et notamment la Russie, notamment la Chine, le Brésil », a dit le chef de DLF.

 

La situation au Moyen-Orient

Selon Dupont-Aignan, la crise en Ukraine monopolise trop l’attention, éclipsant le véritable danger qui est Daesh et la déstabilisation du Moyen-Orient en général. Pour lutter contre les massacres des chrétiens d’Orient et les attentats en Europe, il faut « traiter la cause du mal », qui sont justement les perturbations en Syrie, estime le député. « La France, comme les Etats-Unis, a eu tort de s’attaquer à Assad », a-t-il déclaré, parce qu’on a besoin de coopérer pour « éliminer le foyer terroriste qui est le vrai danger du XXIème siècle ».

 

Nicolas Dupont-Aignan, qui était candidat à l’élection présidentielle de 2012 mais n’a recueilli qu’1,8% des voix, adopte une position ferme sur la nécessité pour la France de sortir de l’Union européenne et appelle à un plus grande rôle de l’Etat dans l’économie. Son parti, « Debout la France », qui a été fondé en 2008, se présente comme étant essentiellement gaulliste et défend des principes national-républicains et indépendantistes.

 

L’homme politique français est venu en Russie pour prononcer un discours devant la Douma d’Etat (le Parlement russe) dans lequel il a réaffirmé l’attachement de la « grande majorité silencieuse du peuple français » au maintien des bonnes relations entre la France et la Russie.

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 14:45
par Stathis Kouvelakis

repris sur  Comité Valmy

 

 Avec son style inimitable, Wolgang Schäuble, le ministre allemand des finances, avait déclaré dès la conclusion de l’accord entre la Grèce et  les autres membres de l’Eurogroupe, le 20 février dernier : « le gouvernement grec aura du mal à faire passer cet accord auprès de son électorat ». En réalité, l’électorat semble se montrer compréhensif vis-à-vis d’un gouvernement soumis à un chantage permanent, qui a tenté un exercice auquel aucun de ses prédécesseurs n’avait sérieusement songé : négocier le plus durement possible dans le cadre de l’euro pour sortir le pays de la cure d’austérité qui l’a plongé dans une dépression sans fin.

 

Selon un sondage récent, Syriza bénéficie d’un solide soutien populaire. En cas de nouvelles élections, il obtiendrait 41,3%, des suffrages, avec 20 points d’avance sur la Nouvelle Démocratie. La même enquête pointe un paradoxe apparent : l’accord conclu avec l’Eurogroupe le 20 février est jugé par 70% des personnes interrogées « meilleur » ou « plutôt meilleur » que le précédent, mais une majorité relative (39%) pense également qu’il est « certainement » ou « plutôt », la continuation des Mémorandums contre 31% qui sont de l’avis contraire et presque autant qui se déclarent « sans avis » sur cette question.

 

Il semble donc bien que l’opinion publique pense que le gouvernement a fait ce qu’il a pu dans le contexte donné sans pour autant adhérer à sa rhétorique autojustificatrice, qui s’efforce de présenter le résultat comme un « succès ». Raison pour laquelle, les taux d’approbation d’options visant à durcir la stratégie suivie lors des négociations sont les plus élevés jamais enregistrés jusqu’à présent, avec 44% se déclarant en faveur de mesures de contrôle des capitaux (52% contre) et 38% en faveur d’une sortie de la zone euro, avec 60% d’avis contraire.

 

Un « coup d’état soft »

Reste que l’accord en question représente un sérieux recul pour le gouvernement Syriza, obligé à des concessions de taille : reconnaissance de l’intégralité de la dette, engagement à éviter toute « mesure unilatérale » susceptible d’avoir un impact budgétaire ou de menacer la « stabilité financière », reconduction enfin de la tutelle de la Troïka elle-même, désormais appelée « Institutions ». La liste des « réformes » envoyée par Yanis Varoufakis le 25 février à ses homologues complète le tableau : le gouvernement grec s’engage à poursuivre les privatisations, à introduire de la « flexisécurité » dans un marché du travail déjà dérégulé et à tenter d’améliorer la qualité des services publics à dépense strictement constante. Les engagements préélectoraux de Syriza paraissent bien loin…

 

Alexis Tsipras a certes obtenu un répit de quatre mois, qui devrait assurer les besoins de financement du pays et de son système bancaire. Mais le discours qu’il a tenu depuis et visait à présenter l’accord comme un « succès » et une « démonstration des possibilités de négociation au sein du cadre européen » n’a pas tardé à sonner faux. Le gouvernement se trouve les mains liées, dans l’incapacité de réaliser la plupart de ses engagements électoraux et de sortir le pays du corset des « Mémorandums » honnis. Il en a résulté une paralysie presque irréelle pour un gouvernement de la gauche radicale, avec un travail législatif au point mort, et un flot de déclaration contradictoires et/ou dilatoires sur la quasi-totalité des mesures emblématiques qui avaient été annoncées lors des premiers jours du gouvernement, tout particulièrement sur le relèvement des salaires, la suppression des taxes foncières particulièrement pénalisantes pour les couches moyennes et populaires, le relèvement du seuil de non-imposition, bref l’essentiel de ce qui aurait permis de donner un bol d’air à une société exsangue.

 

Syriza se trouve en fait confronté à ce que certains qualifient de « coup d’état européen soft », où les armes monétaires et les techniques de manipulation de la communication ont remplacé (pour l’instant en tout cas) les chars d’assaut, et qui lui interdit de mettre en œuvre le programme pour lequel il a reçu un mandat populaire. Plus grave encore : si cet état de choses se perpétue, le « temps gagné » de ces quatre mois couverts par l’accord du 20 février pourrait fort bien jouer contre le gouvernement, conduisant à l’érosion du soutien populaire et permettant à l’adversaire de réorganiser ses forces et de contre-attaquer. Et, surtout, il n’y a aucune raison de penser que, si la même approche que celle que suivie par la délégation grecque à Bruxelles le mois dernier est maintenue, le résultat lors du nouveau round de négociations qui s’ouvrira en juin pourrait être différent. D’autant que ce dont il sera question ne portera pas sur un arrangement transitoire de quelques mois mais sur des engagements de long terme.

 

Vers une « désobéissance contrôlée » ?

Les critiques n’ont donc pas tardé, et elles se sont manifestées au sein même du Syriza, à son plus haut niveau. A l’issue d’une réunion marathon de douze heures, le 27 février, environ un tiers du groupe parlementaire a manifesté son opposition à l’accord lors d’un vote indicatif. Pas moins de six ministres ont marqué leur désapprobation par un votes « blanc », à savoir les quatre ministres issus des rangs de la Plateforme de gauche (Panagiotis Lafazanis, Dimitris Stratoulis, Nikos Chountis et Costas Isyhos), auxquels se sont ajoutés Nadia Valavani (vice-ministre des finances) et Thodoris Dritsas (vice-ministre au développement). Ils ont été rejoints par la présidente de l’Assemblée nationale, Zoé Kostantopoulou, qui n’a pas hésité à voter contre. Cette fronde a obligé Alexis Tsipras à reporter sine die toute idée de soumettre l’accord du 20 février à un vote parlementaire, qui ne ferait que révéler les fractures au sein de sa propre majorité.

 

Les résistances ont franchi un nouveau seuil lors de la réunion du comité central de Syriza, qui s’est tenue le week-end dernier. L’aile gauche du parti, emmenée par l’actuel ministre du redressement productif Panagiotis Lafazanis, s’est livré à une démonstration de force en réussissant à rassembler 41% des voix sur un amendement rejetant aussi bien l’accord de l’Euro que la « liste Varoufakis » des réformes à mener. Pour la Plateforme de gauche, le gouvernement doit sortir du cadre des accords signés et mettre en œuvre certains de ces engagements-phare, en se passant de l’accord préalable des « Institutions ». En vue des négociations de juin, elle propose « un plan alternatif », qui n’hésiterait pas devant des mesures unilatérales, y compris, en cas de nouveau chantage à la liquidité, une rupture avec le cadre de l’euro. Et pour « avancer dans ce sens », et pour la gauche de Syriza propose de s’« appuyer sur les luttes ouvrières et populaires, de contribuer à leur revitalisation et à l’élargissement continu du soutien populaire ». Les médias ont aussitôt fait état d’un parti divisé sur les choix stratégiques et peu enclin à accepter le carcan imposé par les instances de l’UE.

 

C’est toutefois un nouveau point d’équilibre qui semble se dégager aussi bien du discours d’Alexis Tsipras devant le comité central que des annonces ministérielles qui ont suivi. Le gouvernement s’oriente à présent vers une sorte de « désobéissance contrôlée » vis-à-vis de la tutelle européenne. Tsipras a annoncé la présentation imminente de cinq projets de loi, qui porteront sur les mesures d’urgences pour faire face à la crise humanitaire, le règlement des arriérés au fisc selon des modalités favorables aux contribuables modestes, l’interdiction de la saisie des résidences principales pour cause de dette, la reconstitution de l’audiovisuel public et la constitution d’une commission d’enquête sur les responsabilités des politiques qui ont conduit à la signature des Mémorandums.

 

Le projet de loi pour résoudre la crise humanitaire a depuis été présenté au parlement, mais il faut souligner qu’il ne constitue qu’unε version fortement revue à la baisse du « premier pilier » du programme de Thessalonique, du fait notamment des conditions restrictives fixées pour avoir accès aux aides offertes. Son coût est évalué à 200 millions d’euros contre 1,8 milliard pour celui correspondant aux engagements préélectoraux, ou même 1,3 si on enlève les 500 millions prévus pour le rétablissement d’un treizième mois pour les bénéficiaires de la pension minimale. Il est toutefois complété par les mesures annoncées par le ministre des affaires sociales, Dimitris Stratoulis, qui annulent les coupes sur les retraites que le précédent gouvernement s’était engagé à effectuer courant 2015. Stratoulis, l’une des figure de proue de la Plateforme de gauche, a par ailleurs déclaré qu’il ne comptait soumettre le moindre de ses projets à l’accord préalable des « Institutions », seul le ministre des finances étant celui-lui chargé de discuter avec la Troïka relookée. Quant au salaire minimum, le projet de loi visant à le ramener à son niveau de 2009, soit 751 euros brut, en deux étapes (l’une au cours de cette année, la seconde en 2016), ainsi qu’à rétablir les conventions collectives, est attendue d’ici deux semaines.

 

Pour compléter ce tableau de désobéissance sélective, il faut mentionner les initiatives du ministre du redressement productif, et dirigeant de l’aile gauche de Syriza, Panagiotis Lafazanis qui à bloquer la poursuite des trois projets sans doute les plus emblématiques de la politique d’ « accumulation par dépossession » poursuivie à marche forcée par les gouvernements précédents : la poursuite du dépeçage de la compagnie d’électricité qui visait à privatiser sa partie « rentable », l’exploitation à à ciel ouvert de la mine d’or de Skouries dans la Chalcidique, cédée dans des conditions scandaleuses au mastodonte de l’extractivisme Eldorado Gold et la cession du terrain de l’ancien aéroport d’Athènes à un prix dérisoire à un holding constitué par le milliardaire grec Latsis associé à des capitaux qataris.

 

Vers un nouveau round d’affrontement

Cette orientation ne pourrait que compliquer davantage les rapports avec les « Institutions » et cela alors que la situation économique se dégrade fortement. Confronté à un effondrement des rentrées fiscales qui pourrait conduire à un défaut de paiement désordonné, le gouvernement a annoncé son intention de reporter le versement des obligations de la BCE qui viennent à échéance, pour pouvoir honorer celles du FMI.

 

Mais Wolgang Schäuble ne l’entend pas de cette oreille. Dans un entretien accordé à l’édition dominicale de Bild Zeitung, il a averti les dirigeants grecs qu’un quelconque retard dans le remboursement de la dette serait automatiquement considéré comme un défaut de paiement. Il leur a également enjoint de mettre en œuvre immédiatement les « réformes » auxquelles ils se sont engagés sous peine de se voir refuser le moindre financement. Une menace à prendre d’autant plus au sérieux que la BCE n’a toujours pas levé les restrictions à l’approvisionnement en liquidité des banques grecques, plus que jamais dans un état critique. Mario Draghi a même tenu à préciser que ces restrictions ne seraient levées que si le conseil de la BCE « décidait que les conditions pour un achèvement réussi du programme sont réunies », tout en exprimant de fortes « réserves » concernant les réformes envisagées par Athènes.

 

Au total, il apparaît que, loin de résoudre la crise grecque, l’issue de ce premier round de négociations mouvementées n’était qu’une première étape d’un affrontement prolongé entre le premier gouvernement européen de gauche radicale et une Union Européenne plus que jamais retranchée dans la défense de la « cage de fer »* des politiques néolibérales. Il reste à voir si le gouvernement Syriza, mais aussi le parti et les mouvements sociaux, sauront mettre à profit ces quatre mois pour élaborer une stratégie alternative en mesure de briser ce carcan et d’éviter la répétition des déboires de février.

 

*Référence au concept du sociologue allemand Max Weber, qualifiant le capitalisme de "Stahlkäfig", "cage d’acier [Note de Tlaxcala]

Stathis Kouvelakis Στάθης Κουβελάκης

Stathis Kouvelakis enseigne la philosophie politique au King’s College de l’université de Londres. Membre de la rédaction de la revue Contretemps , il a dirigé l’ouvrage Y a t il une vie après le capitalisme ? (Le Temps des Cerises, 2008) et il est l’auteur de La France en révolte : Luttes sociales et cycles politiques (Textuel, 2007) et de Philosophie et révolution, De Kant à Marx (PUF, 2003). Il est membre du comité central de la Coalition de gauche grecque SYRIZA -EKM.

Sources :

https://www.ensemble-fdg.org/content/syriza-sur-la-corde-raide

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp ?reference=14368

Date de parution de l’article original : 05/03/2015

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 08:25

VALLS PERD LES PEDALES -

source site officiel Michel Onfray

 

Manuel Valls, l’ami de BHL, perd les pédales ! Il faut bien que la situation électorale soit catastrophique Place Beauvau pour que cet homme qui côtoya Jankélévitch chez ses parents quand il était enfant délire et panique à ce point face à la Berezina qui s’annonce !

 

Voici ce qu’il a dit : « Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grece, (…) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères ». Ceci a été dit sur Europe 1, I-TELE et Le Monde.

 

Dans le JDD, Jean-Marie Le Guen, me dit-on, s’est lui aussi fait le perroquet de ce qui leur a probablement été fourni ce matin comme élément de langage par les jeunes gominés de leur cabinet de communicants.

 

Si Fleur Pellerin, sa ministre de la culture, n’a jamais eu le temps de lire un seul roman de Modiano, Valls quant à lui n’a pas même pris le temps de lire l’entretien du Point à partir duquel il extravague. Qu’y ai-je dit ?

 

La question était la suivante : «  Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche ? ». Voici ce que j’ai répondu : « Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait… ». Les papous ont donc hurlé, jusqu’à Matignon.

 

S’il faut une explication de texte à Manuel Valls auquel, décidemment la fréquentation de Jankélévitch n’a pas servi à grand chose, je disais que, moi qui suis de gauche,  je préférais une idée juste, fut-elle de droite, à une idée fausse même si elle est de gauche, surtout si elle est de gauche. Quel philosophe, quel citoyen même, pourrait soutenir le contraire d’ailleurs, sauf à préférer l’erreur et le faux pour des raisons idéologiques ?

 

Ne pas souscrire à cette affirmation de bon sens élémentaire revient à dire qu’il vaut mieux une idée fausse avec BHL qu’une idée juste de droite. On voit où tout cela nous conduit, notamment chez Marine Le Pen !

 

Ainsi, pour parler de justice et de justesse, moi qui suis de gauche, puisqu’il faut le répéter dans ces temps où, effectivement ceux qui perdent leurs repères ne sont pas ceux que l’on croit, je ne souscrivais pas au propos de Manuel Valls qui estimait en 2009 sur le marché d’Evry que « ça manquait de blancos », une idée que peut-être Alain de Benoist, lui, trouverait juste, je ne sais pas…

Michel Onfray, 8 mars 2015

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 22:33

Quelques aspects du programme du Binôme UMP Udi mais également de leurs principaux concurrents

 

En nous proposant  une meilleure gestion pour l’Essonne les candidats UMP Udi ne font  qu’enfoncer une porte ouverte  Pouvaient ils écrire le contraire ? 

 

Ils énoncent ensuite  très clairement leur volonté da palier les carences de l’Etat par le recours à des capitaux privés qui ne vont que là ou il y a une rentabilité  garantie par des salaires  et un statut moins protecteur  que pour les emplois qui sont supprimés par la disparition progressive  des vrais services publics.

 

Ils n’écrivent pas autre chose que leur concurrent Petitta (PS) qui se  fait le chantre de   l’économie sociale et solidaires (ESS) qui  se développe au rythme de la casse des acquis sociaux.

 

Contrairement à ce qu’il prétend le poids de  L’ESS est négligeable  en matière de production manufacturière et agricole, absent dans de la production industrielle et manufacturière qui font la puissance d’une économie. Elle   n’équivaut pas à 10 % du PIB mais à peine  la moitié consulter le rapport Fremeaux qui date 2013 :

http://www.economie.gouv.fr/files/rapport-fremeaux-ess.pdf

 

. Elle n’est  qu’au mauvais palliatif malgré le dévouement de ces centaines de milliers de bénévoles qui ne cessent de dénoncer l’insuffisance des moyens dont ils disposent.  

 

 Priorité à l’emploi ajoutent-ils mais lequel ? Dans la production ou la commercialisation de produits importés ?

 

Au-delà de l’autosatisfaction affichée quel est le bilan de la communauté d’agglo du val d’orge en la matière ? Au plan national c’est la dégringolade.

 

Ils dressent un bilan flatteur de leur action en faveur du développement du très haut débit qui tarde à venir mais ne disent pas  que  les fournisseurs d’offres, privés, laissent  aujourd’hui l’aménagement des zones les moins rentables à la charge des collectivités territoriales, département, agglomération, communes , par conséquent aux contribuables  pour s’approprier la part du Roi alors que par le passé le   Service Public elles été en mesure  de raccorder le moindre hameau, une ferme isolée au réseau téléphonique.

 

Transports : Ils proposent de renforcer les réseaux, voire de créer de nouvelles liaisons pour améliorer les transits, est ouest,   nord sud.

 

La solution durable ne consiste pas à élargir l’emprise de la nationale 20 départementalisée, ou à doubler le nombre de voies  entre Orléans et Paris qui n’y résisterait pas, mais à améliorer l’existant en termes qualitatifs tout en réduisant  les migrations biquotidiennes en créant des emplois et des logements sociaux là ou il n’y en a pas assez, en  réaménageant le territoire national pour réduire les disparités de développement et non pas en le saucissonnant  en grandes régions concurrentes sous la coupe de l’Union Européenne. (Voir également l’article: Comment réduire la facture énergétique http://jafreyvil.over-blog.com/2015/03/reduire-la-facture-energetique-est-possible-necessaire-et-urgent.htm

 

Les enfants :

 

Futurs adultes épanouis ou petits boulots, précaires, chômeurs.. ?

 

Pour l’heure c’est l’échec scolaire, toujours des mêmes, qui domine : L’école doit être refondée, la formation des maître, le contenu des programmes, la pédagogie, tout est à revoir mais c’est de la compétence de l’Etat et de la responsabilité  des enseignants et des parents   pour peu qu’ils en prennent collectivement conscience.

 

Remettons l’outil informatique à sa juste place. Il l ne peut combler toutes les lacunes de notre système éducatif car sur le web on trouve tout et son contraire, le pire et le meilleur, ce qui nécessite des médiateurs informés à même de faire le tri et surtout de faire valoir les vrais valeurs de la République que les gouvernants d’hier et d’aujourd’hui bafouent.

 

Les communes et les départements ne sont en charge que de l’intendance et comme le pouvoir central (sic Hollande) a déclaré ne plus  vouloir augmenter les impôts d’ici 2017 pour nous chloroformer d’ici là,  encore une promesse fallacieuses car  la récession va s’accentuer, ce sont les élus locaux qui seront contraints de faire  croître les taxes sur le foncier bâti et l’habitation ainsi que le tarification des services rendus  pour simplement éviter leur dégradation.

 

Garantir de meilleures conditions d’accueil pour les seniors et les familles, répondre aux besoins des personnes handicapées…

 

Tout est possible à conditions d’en avoir les moyens mais il est à craindre  que nous en reparlions dans les mêmes termes à la fin du  mandat. (Voir sur ce sujet l’article pas de miracle à attendre : http://jafreyvil.over-blog.com/2015/03/a-propos-des-elections-departementales-premier-tour-22-mars-2015.html

 

Ils fort louable de vouloir consulter et associer les représentants des handicapés aux décisions qui les concernent, ce serait encore mieux en consultant et en associant les handicapées eux-mêmes, ce que madame le maire Villiers sur Orge, candidate suppléante, a omis de faire pour présenter son projet de maison médicale à la veille du dépôt de permis de construire sans la moindre concertation préalable avec les villiéraines et les villiérains,  pourtant les premiers concernés.

 

Au cours de l’échange qui a clôturé la réunion madame Duranton faisant état d’un projet de maison de retraite départemental à 60 euros jour, 1800 euros mois, il a été observé qu’elle serait difficile d’accès pour les retraités actuels dont le revenu médian est inférieur à 900 euros mensuels. Elle  a rétorqué que c’était encore pire, elle n’a pas été contredite. Dans ces conditions  comment s’étonner que des seniors viennent concurrencer les plus jeunes, précaires ou sans emplois sur le terrain de l’intermittence et des petits boulots ?

 

Pour conclure :

 

Rappelons encore que ces « frères  ennemis » l’espace d’une campagne électorale, partagent la  responsabilité du marasme (la crise) dans laquelle nous pataugeons, ne dégainent les fleurets mouchetés qu’à la veille des consultations électorales, se combattent sur la forme pour obtenir ou préserver quelques strapontins puisque le pouvoir réel est ailleurs.

 

Les réductions de crédits qui asphyxient aujourd’hui les collectivités territoriales ne datent pas d’hier (voir encore l’article pas de miracle à attendre id supra) mais elles ont été accentuées par le gouvernement  Fillon UMP- Udi en 2011, relayées par la Région et le département de l’Essonne à majorité socialiste et apparentes acceptées sans coup férir   par les majorités quelles qu’elles soient.  

 

Pour clore merci aux élus Agir pour Villiers de donner  le bilan de la société spécialement créée pour l’opération  Clos de Brinvilliers. Le présenter après impôt eut été préférable. Mais en en retirant un bon tiers il reste encore confortable : 4,5 millions d’euros  comparé au million du PUP même en y ajoutant le montant de la coulée verte cédée gratuitement à l’agglo du val d’orge pour aménagement.

 

Regrettons d’autant plus que ces chiffres n’aient pas été portés à la connaissance des élus ni par la majorité municipale, dont monsieur Dhondt était partie prenante jusqu’à ce qu’il en soit exclu en fin de mandat, et que madame le maire ait répété à chaque sollicitation « c’est le domaine réservé de l’aménageur privé », monsieur Simons affirmant péremptoirement que cette société pouvait donner plus sans, jamais,  apporter le moindre élément d’appréciation.

 

Les villiéraines et les  villiérains sont en droit d’exiger des explications sur ce qui semble, à partir de ces quelques informations, un marché de dupes. Mais la terre tournera encore, le lendemain des élections  il  sera possible d’apporter les précisions qui s’imposent.

 

Notons enfin que si Marianne Duranton se réclame de l’Udi, son colistier  affublé du label associatif a, en quelques mots, prouvé  à ceux qui pouvaient en douter, qu’il était un  sarkoziste convaincu.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 20:56

La France est en déficit la charge de la dette augmente. Quelques chiffres clés parmi les plus récents mais la tendance à la récession est toujours là.

 

Le Pib 2112 est de 2023  milliards d’euros, le déficit des échanges de 44,5 mds d’euros, imputable à la facture énergétique  à plus de 60 mds d’euros, montant de nos importations de pétrole brut ou raffine et de gaz.

 

Elle sera vraisemblablement réduite en 2015 du fait de la baisse temporaire du prix des hydrocarbures qui n’est qu’une manipulation spéculative de l’occident pour faire pression sur quelques pays producteurs principalement la Russie,  le Venezuela, l’Iran. Il est inéluctable compte tenu de leur raréfaction que les prix ne tardent à s’envoler de nouveau.

 

Notons au passage qu’il est une aberration qui consiste à brûler du pétrole qui, sur le plus long terme, pourrait être utilisé dans les industries de transformations  puis  recyclé. 

 

Il est possible de s’émanciper de ses fluctuations par quelques mesures simples, de bon sens  et peu onéreuses, plutôt que de préparer la guerre des fluides qui pourrait être dévastatrice.

 

A part l’hydraulique les énergies renouvelables ne sont pas une solution pour demain, ni même pour un avenir prévisible. Les agro carburants ont déjà provoqué les émeutes de la faim, les algues vertes, qui envahissent déjà côtes et les plages, doivent subir des manipulations génétiques pour devenir plus productives, imaginons la suite,

 

Avec l’éolien, pour disposer de 1  MW utile il faut en prévoir cinq car les éoliennes ne produisent  que lorsque le  vent atteint  25 km/ heure et se mettent en drapeau à 85 km/h.

 

Citons simplement pour mémoire le photovoltaïque dont la rentabilité n’est assurée que par une taxe sur les autres abonnés qui n’est qu’un impôt déguisé.

 

Lorsque qu’ils annoncent la création de 300 000 emplois  liés au développement des énergies renouvelables pas si vertes que ça puisqu’elles ont comme corollaire le retour aux centrales à charbon en particulier en Allemagne,  savent-ils  qu’en France avec la fin nucléaire c’est  plus de 400 000 emplois qualifiés ou hautement qualifiés qui disparaîtraient, ainsi que tout un potentiel industriel riche de rentrées à l’exportation.

 

Nous disposons encore du KWh  le moins cher d’Europe occidentale à l’exception des pays à forte hydraulicité, tel la Norvège mais les verts, et les roses  veulent nous faire abandonner la proie pour l’ombre en renchérissant nos coûts de production ainsi que la facture des ménages.

 

Ainsi que l’a écrit François Ramade  professeur émérite d’Ecologie à la Faculté des Sciences d’Orsay, président d’Honneur de la Société Française d’Ecologie, membre Honoraire du Conseil scientifique de l’IPSN. « La fermeture de Fessenheim : Pire qu’une erreur, c’est  une faute » voir à l’adresse suivante http://www.lafauteadiderot.net/Comment-remplacer-FESSENHEIM

 

En ce qui concerne les réacteurs de quatrième génération  il faut poursuivre la recherche développement en  particulier ceux au thorium  qui éliminent le plutonium accumulé depuis des décennies, réduisent le volume des déchets et leur durée de vie. La Chine, la Russie, le Grande Bretagne et quelques autres avancent, nous piétinons.

 

Produire plus n’est qu’un aspect du dossier il faut également réduire les gaspillage, les dépenses inutiles.

 

Les constructions neuves doivent répondre à de nombreux critères mais les propriétaires du bâti ancien sont assaillis d’appels de correspondants se présentant en  tant que conseillers, collaborateurs privilégiés de fournisseurs d’énergies ce qui est faux  neuf fois sur dix car ils ne sont que des rabatteurs de clientèle pour entreprises en quête de chantiers, le plus souvent aux compétences limités mais aux qualificatifs officiels les plus ronflants. Les références sur le terrain sont une autre affaire.

 

Le site Rénover Malin, promu par le département  et  l’agglo doit pour le moins parfaire son expression même si ses personnels sont d’un excellent abord les logiciels censés orienter le client ne le sont pas et les crédits publics destinés à aider les ménages épuisées avant le début de l’été.

 

D’autres pistes sont intéressantes mais elles confinent au projet de société et à l’aménagement du territoire et surtout  vont à l’encontre des orientations prises par les gouvernements successifs et leurs satellites territoriaux.

 

Par exemple

 

La réduction des migrations bi quotidiennes, en rapprochement habitat emploi tout en réhabilitant les centres villes en matière d’offres et de services, publics et  privés.  

 

Pour rappel la Relance les productions nationales industrielles et manufacturières pour réduire les échanges internationaux qui gaspillent  de l’énergie et  polluent en outre l’atmosphère et les océans. Ce serait mettre en cause le dogme de la mondialisation qui est à l’origine de la Crise  via la concurrence dite libre et non faussée entre les peuples pour le plus grands profits de quelques millions de privilégiés au détriment du plus grand nombre.

 

Produire durable pour tous et non pas seulement pour les plus aisés ce qui économiserait à la fois l’énergie et les matières premières. Utiliser de préférence le bois, incontournable puit de carbone, par une saine gestion des massifs forestiers pour le mobilier au lieu de dérivés du pétrole.

 

Développer des transports en commun par fer et par route,

 

Réaménager du territoire pour  éviter la désertification d’un côté et de l’autre une   surcharge

démographique  ce qui dans les deux cas nécessite une réhabilitation donc des dépenses d’énergie inutiles.

 

Utiliser  le  solaire thermique là ou c’est possible pour le réchauffement de l’eau, ainsi que les récupérateurs de chaleur..

 

Pour les hameaux isolés, les fermes en particulier il est possible de recourir à des solutions combinant le solaire thermique et voltaïque, l’éolien, la méthanisation  des résidus et déjections, avec en secours un générateur  électrique  entraîné par un moteur thermique, éventuellement au fil de l’eau si la configuration s’y prête,  plutôt que de réaliser une liaison MT ou HT de plusieurs kilomètres, voire plusieurs dizaines de kilomètres, dans des secteurs escarpés.

 

Les solutions ne manquent pas, seules l’imagination et la volonté politique font défaut.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 20:40

 pas de miracle à attendre ou

Les raisons de la désaffection à l’égard su suffrage Universel

 

A la veille de chaque consultation  électorale les candidats en lice promettent, tous, de laver plus blanc que blanc. En général, le lendemain, ils  font pire que leurs prédécesseurs, avec le même entrain, incapable de tenir leurs promesses faute d’apporter les bonnes réponses aux questions de fond.

 

La première est sans contestation possible celle des moyens qui sont obérés par les politiques d’austérité successives imposées par l’Union Européenne. Aucun des partis traditionnels  n’ose les  remettre en cause par ignorance,  incompétence ou volonté délibérée, ce qui revient au même, sous les prétextes les plus fallacieux.

 

En particulier au motif  qu’une sortie de la zone provoquerait une hausse des prix de 25 à 35 %  à la suite de la dévaluation  consécutive à un retour au Franc renchérissant le coût de nos importations. Il suffit d’un peu de logique pour démonter cette aberration.

 

Rappelons que le prix les produits fabriqués  en France n’augmenterait pas, seuls les produits  importés,  à  proportion de la dévaluation, coûteraient plus cher : Posons que sur une  base 100, 70 % des achats soient d’origine nationale, 30 % importés et que la nouvelle monnaie soit dévaluée de 25 % par rapport à l’euro. et aux autres monnaies

 

Le montant   de nos importations serait porté de 30 x 1,25 à 37,5  qui ajoutés au coût des produit fabriqués en France induirait  une hausse des prix moyenne temporaire de 70 + 37,5 = 107,5 -100 égale à 7,5 % bien loin de la catastrophe annoncée. Encore moins sans doute car d’autres pays avec lesquels nous échangeons, encore plus en difficulté, nous suivraient à moins qu’ils ne nous aient précédés: Italie Grèce Espagne Portugal, l’Islande a déjà divorcé…

 

Redevenus plus compétitifs nous exporterions plus ce qui  permettrait   d’augmenter le temps d’utilisation de notre appareil productif aujourd’hui sous employé avec dans un second  temps la nécessité de développer,  d’adapter nos capacité de productions à partir de prêts à taux zéro consentis par le banque nationale comme c’était possible avant 1973 et la loi dite Rothschild,  et non auprès d’organismes privés  qui prélèvent une dîme au passages,  pour satisfaire le demande intra muros consécutive à la hausse de la masse salariale qui ne tarderait à se manifester  et à l’international au travers d’échanges les plus équilibrés possibles.

 

Les directives européennes mises aux oubliettes, la banque nationale réactivée nous mettrait hors de portée de la  pression des banques privées et du chantage des agences de notation à leur service.

 

Au pire la dette actuelle devrait être gelée et étalée dans le temps, au mieux  elle pourrait être annulée, à l’exception des petits porteurs, car elle est indue et n’a profité et ne profite encore qu’aux prêteurs qui font tout pour assurer la pérennité de ce système de prédation.

 

Hors ces quelques mesures de bon sens les promesses sont vaines et les élus, présents ou à venir, sont contraints de gérer la pénurie en déshabillant  Pierre pour habiller Paul d’oripeaux et de faire appel à la Charité qui, si elle soulage quelques souffrances, ne règle rien au fond.

 

Malgré les appels de l’abbé pierre il y a 60 ans les SDF et les mal logés sont encore plus nombreux, les restos du cœur ne peuvent  répondre à la demande croissante, toutes les organisations humanitaires sont en difficulté…

 

Contrairement à la quasi-totalité des élus nombre de nos compatriotes commencent à prendre conscience de la nature et de l’origine de la crise, et commencent à situer les responsabilités. Ne cherchons  pas ailleurs les raisons de leur désaffection à l’égard du suffrage Universel qui est en danger au travers d’abstentions massives voire de bulletins nuls. Le vote  du Front National, de tous les danger car les chants désespérés ne sont pas toujours les plus beaux, est pour l’essentiel, faute de mieux, un vote   de  protestation  contre la situation dans laquelle nous sommes englués  et, surtout l’absence de perspective  de changement offerte par la classe politique traditionnelle qui  répond envers et contre tout : Vous en avez assez de l’euro ?  Vous en aurez encore ad vitam aeternam.

 

Elle y trouve peut être son compte mais pas nous

 

Que chacun agisse en son âme et conscience  et en fonction de  ses besoins, sans se laisser influencer par les professionnels de la politique,   la croissance reviendra.

 

                                                                                  Jack Freychet

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:35

Article récupéré sur Agora Vox http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/norman-finkelstein-charlie-hebdo-n-162441

 

Dans cet article, Norman Finkelstein fait des rappels historiques et éthiques fondamentaux, mais impensables dans une scène médiatique française encrassée d'aveuglement, d'ignorance et de lâcheté (cf. cet échantillon, qui ose notamment prétendre que la France est plus libérale que les Etats-Unis en matière de liberté d'expression). La France en est réduite à recevoir d'Outre-Atlantique des leçons indispensables sur sa propre histoire. 

 

Article original : http://normanfinkelstein.com/2015/01/19/norman-finkelstein-charlie-hebdo-is-sadism-not-satire/

 

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr 

 

Norman Finkelstein (fils de survivants de l’Holocauste), Professeur de science politique de renommée mondiale déclare qu’il n’éprouve « aucune sympathie » pour le personnel de Charlie Hebdo

 

 

Par Mustafa Caglayan, pour Anadolu Agency 

NEW YORK 

 

Dans l’Allemagne nazie, il y avait un journal hebdomadaire antisémite appelé Der Stürmer.

Dirigé par Julius Streicher, il était réputé comme l’un des défenseurs les plus virulents de la persécution des Juifs pendant les années 1930.

 

Tout le monde se souvient des caricatures morbides de Der Stürmer sur les Juifs, le peuple qui était alors confronté à une discrimination et à une persécution généralisées.

Ses représentations validaient tous les stéréotypes communs sur les Juifs – nez crochu, avarice, avidité.

 

« Imaginons qu’au milieu de toute cette mort et de toute cette destruction, deux jeunes juifs aient fait irruption dans le siège de la rédaction de Der Stürmer, et qu’ils aient tué tout le personnel qui les avait humiliés, dégradés, avilis, insultés », se demande Norman Finkelstein, un professeur de sciences politiques et auteur de nombreux ouvrages dont « L’industrie de l’Holocauste. Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs  » et « Méthode et démence  » [consacré aux agressions israéliennes contre Gaza].

 

« Comment réagirais-je à cela ? » se demanda Finkelstein, qui est le fils de survivants de l’Holocauste.

 

Finkelstein dressait ainsi une analogie entre une attaque hypothétique contre le journal allemand et l’attaque mortelle du 7 janvier au siège parisien du magazine satirique Charlie Hebdo qui a causé la mort de 12 personnes, dont son éditeur et ses principaux dessinateurs. L’hebdomadaire est réputé pour sa publication de contenus controversés, y compris des caricatures dégradantes sur le Prophète Muhammad [Mahomet] en 2006 et en 2012.

 

L’attaque a déclenché un énorme tollé mondial, avec des millions de personnes en France et dans le monde qui ont défilé dans les rues pour soutenir la liberté de la presse derrière le cri de ralliement « Je suis Charlie » ou « I am Charlie ».

 

Ce que les caricatures du Prophète Muhammad [Mahomet] par Charlie Hebdo ont réalisé « n’est pas de la satire », et ce qu’ils ont soulevé n’était pas des « idées », a soutenu Finkelstein.

 

La satire authentique est exercée soit contre nous-mêmes, afin d’amener notre communauté à réfléchir à deux fois à ses actes et à ses paroles, soit contre des personnes qui ont du pouvoir et des privilèges, a-t-il affirmé.

 

« Mais lorsque des gens sont misérables et abattus, désespérés, sans ressources, et que vous vous moquez d’eux, lorsque vous vous moquez d’une personne sans-abri, ce n’est pas de la satire », a affirmé Finkelstein.

 

« Ce n’est rien d’autre que du sadisme. Il y a une très grande différence entre la satire et le sadisme. Charlie Hebdo, c’est du sadisme. Ce n’est pas de la satire. »

 

La « communauté désespérée et méprisée » d’aujourd’hui, ce sont les musulmans, a-t-il déclaré, évoquant le grand nombre de pays musulmans en proie à la mort et à la destruction, comme c’est le cas en Syrie, en Irak, à Gaza, au Pakistan, en Afghanistan et au Yémen.

 

 « Donc deux jeunes hommes désespérés expriment leur désespoir contre cette pornographie politique qui n’est guère différente de celle de Der Stürmer, qui, au milieu de toute cette mort et de toute cette destruction, a décrété qu’il était en quelque sorte noble de dégrader, d’avilir, d’humilier et d’insulter les membres de cette communauté. Je suis désolé, c’est peut-être très politiquement incorrect de dire cela, mais je n’ai aucune sympathie pour [le personnel de Charlie Hebdo]. Est-ce qu’il fallait les tuer ? Bien sûr que non. Mais bien sûr, Streicher n’aurait pas dû être pendu. Je ne l’ai pas entendu dire par beaucoup de personnes », a déclaré Finkelstein.

 

Streicher fut l’un de ceux qui furent accusés et jugés au procès de Nuremberg, après la Seconde Guerre mondiale. Il a été pendu pour ses caricatures.

 

Finkelstein a également fait référence au fait que certaines personnes soutiendront qu’elles ont le droit de se moquer de tout le monde, même des gens désespérés et démunis, et elles ont probablement ce droit, a-t-il concédé. « Mais vous avez aussi le droit de dire : ‘Je ne veux pas publier ça dans mon journal…’ Lorsque vous le publiez, vous en prenez la responsabilité. »

 

Finkelstein a comparé les caricatures controversées de Charlie Hebdo à la doctrine des « propos incendiaires », une catégorie de propos passibles de poursuites dans la jurisprudence américaine.

 

Cette doctrine se réfère à certains propos qui entraîneraient probablement la personne contre qui ils sont dirigés à commettre un acte de violence. C’est une catégorie de propos qui n’est pas protégée par le Premier Amendement.

 

« Vous n’avez pas le droit de prononcer des propos incendiaires, parce qu’ils sont l’équivalent d’une gifle sur le visage, et ça revient à chercher des ennuis », a déclaré Finkelstein.

 

« Eh bien, est-ce que les caricatures de Charlie Hebdo sont l’équivalent des propos incendiaires ? Ils appellent cela de la satire. Ce n’est pas de la satire. Ce ne sont que des épithètes, il n’y a rien de drôle là-dedans. Si vous trouvez ça drôle, alors représenter des Juifs avec des grosses lèvres et un nez crochu est également drôle. »

 

Finkelstein a souligné les contradictions dans la perception occidentale de la liberté de la presse en donnant l’exemple du magazine pornographique Hustler, dont l’éditeur, Larry Flynt, a été abattu et laissé paralysé en 1978 par un tueur en série suprématiste blanc, car il avait publié des illustrations de sexe interracial.

 

« Je n’ai pas le souvenir que tout le monde l’ait glorifié par le slogan « Nous sommes Larry Flynt » ou « Nous sommes Hustler », a-t-il souligné. Est-ce qu’il méritait d’être attaqué ? Bien sûr que non. Mais personne n’a soudainement transformé cet événement en un quelconque principe politique. »

 

L’adhésion occidentale aux caricatures de Charlie Hebdo est due au fait que les dessins visaient et ridiculisaient les musulmans, a-t-il affirmé.

 

Le fait que les Français décrivent les musulmans comme des barbares est hypocrite au regard des meurtres de milliers de personnes durant l’occupation coloniale française de l’Algérie, et de la réaction de l’opinion publique française à la guerre d’Algérie de 1954 à 1962, selon Finkelstein.

 

La première manifestation de masse à Paris contre la guerre « n’a eu lieu qu’en 1960, deux ans avant la fin de la guerre », a-t-il rappelé. « Tout le monde soutenait la guerre française annihilatrice en Algérie. »

 

Il rappela que l’appartement du philosophe français Jean Paul Sartre a été bombardé à deux reprises, en 1961 et en 1962, ainsi que les bureaux de son magazine, Les Temps Modernes, après qu’il se soit déclaré absolument opposé à la guerre.

 

Finkelstein, qui a été décrit comme un « Radical Américain », a déclaré que les prétentions occidentales sur le code vestimentaire musulman révèlent une contradiction remarquable lorsqu’on les compare à l’attitude de l’Occident envers les indigènes sur les terres qu’ils occupaient durant la période coloniale.

 

« Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique du Nord, ce qu’ils ont déclaré à propos des Amérindiens, c’est qu’ils étaient vraiment barbares, parce qu’ils marchaient tout nus. Les femmes européennes portaient alors trois couches de vêtements. Puis ils sont venus en Amérique du Nord, et ont décrété que les Amérindiens étaient arriérés parce qu’ils marchaient tous nus. Et maintenant, nous marchons tout nus, et nous proclamons que les musulmans sont arriérés parce qu’ils portent tant de vêtements », a-t-il affirmé.

 

« Pouvez-vous imaginer quelque chose de plus barbare que cela ? Exclure les femmes qui portent le voile ? », a-t-il demandé, faisant référence à l’interdiction du voile dans les emplois de service public français promulguée en 2004.

 

Les travaux de Finkelstein, accusant les Juifs d’exploiter la mémoire de l’Holocauste à des fins politiques et dénonçant Israël pour son oppression des Palestiniens, ont fait de lui une figure controversée même au sein de la communauté juive.

 

Sa nomination en tant que Professeur à l’Université De Paul en 2007 a été annulée après une querelle très médiatisée avec son collègue académique Alan Dershowitz, un ardent défenseur d’Israël. Dershowitz aurait fait pression sur l’administration de De Paul, une université catholique de Chicago, afin d’empêcher sa nomination. Finkelstein, qui enseigne actuellement à l’Université de Sakarya en Turquie, affirme que cette décision fut fondée sur des « motifs politiques transparents. »

 

Voir également :

Norman Finkelstein réagit à l’affaire « Charlie Hebdo » : « Je suis… Gaza ! »

Norman G. Finkelstein : de la culpabilité en politique 

Le spectaculaire échec médiatique à propos de Charlie Hebdo

Terrorisme « islamiste » : à qui la faute ?

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:38
 par Jean Lévy

 

Il a fallu un mois à la direction de Syriza pour trahir ses promesses électorales et l’attente de ses électeurs.

 

PCF Front de Gauche Gauche européenne. Le PCF souhaite l’unité du Front de gauche derrière Alexis Tsipras

 

Le congrès du PGE se conclut dans l‘unité et le rassemblement.

 

La gauche européenne est en marche pour intensifier son combat contre l’austérité avec Alexis Tsipras

 

Les dirigeants du PCF et du Parti de Gauche ont bonne mine. Ils s’annonçaient, triomphant, les sosies de Syriza. Jean-Luc Mélenchon se voyait déjà comme le "Tsipras français"...Or, en quatre semaines, celui-ci troquait sa veste de "chevalier rouge" au sein de l’Europe, en politicien sans principe.

 

Un retournement encore plus rapide que celui opéré par François Hollande ! Un record toutes catégories...

 

Cette leçon va-t-elle conduire les responsables communistes et ceux du PG à tirer la leçon bien amère des évènements ?

 

Vont-ils en conclure qu’aucun ’deal’ n’est possible entre le capital financier, qui est la tête pensante de l’Union européenne, les politiciens de Bruxelles chargés d’exécuter ses "directives" et les forces de progrès qui se prononcent pour un monde différent ?

 

Celles-ci vont-elles enfin déduire de l’expérience de Grèce que nul avancée démocratique, la plus minime soit-elle, ne peut être envisagée dans le cadre de l’Union européenne , celle-ci n’existant que pour réduire à néant tout rêve d’émancipation des peuples ?

 

La réflexion va-t-elle conduire dirigeants PCF et Front de Gauche à considérer enfin que la libération sociale ne peut se concevoir sans libération nationale, et qu’aucun progrès social n’est possible sans que les peuples soient maîtres de leur destin, autrement dit sans que leur souveraineté (soit) entièrement recouvrée ?

 

Au PCF et au Parti de Gauche de répondre.

 

Choisiront-ils Alexis Tsipras ou Manolis Glezos ?

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:11
par Jacques MYARD, Député de la Nation

Adressé par  par Comité Valmy

 

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député de la Nation
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République

Le 27 FÉVRIER 2015

 

A/S : Retour de Damas

J’ai effectué avec trois parlementaires de l’Assemblée Nationale du groupe amitié France Syrie, un voyage à Damas du 23 au 26 février.

 

Ce voyage a été organisé avec le concours d’un certain nombre de personnes connaissant bien le proche orient et ayant des cabinets de consultants pour les entreprises françaises au Liban et en Syrie.

 

Ce voyage a suscité la colère des plus hautes autorités de l’Etat. Si le sujet n’était pas sérieux, je pourrais en rire. En effet, la diplomatie n’est pas l’art de parler qu’avec ses amis mais d’essayer de trouver des solutions politiques à une guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 morts.

 

Camper sur des postures dites morales, la main sur le cœur et refuser d’agir en prenant en compte les réalités est 100 fois pire qu’une faute morale. C’est une faute politique géostratégique qui ne peut aboutir qu’à la continuité de la guerre civile, avec son cortège d’horreurs.

 

Nous avons rencontré sur place du côté des autorités gouvernementales, le Président du Parlement, Jihad Allaham, le ministre des Affaires Etrangères, Walid Moallem, le Vice- Ministre des Affaires Etrangères, le docteur Ayman SOUSSAN francophone, ainsi que l’Ambassadeur de Syrie à Beyrouth et nous avons été reçus à dîner par le grand Mufti, Ahmad Badr Al Din Hassoun, entouré du patriarche catholique Grégorius III et du patriarche Grec Orthodoxe, Ignace IV Hazim. Les deux patriarches chrétiens nous ont fait part de leur soutien à la politique du gouvernement.

 

Nous avons rencontré également Sœur Agnès Mariam de la Croix, de manière inopinée, dans le hall de l’hôtel.

 

Nous avons visité un hôpital généraliste où nous avons malheureusement vu des fillettes entre la vie et la mort. Il nous a été indiqué qu’il y avait un embargo sur les médicaments et les pièces de remplacement des équipements médicaux. Ce n’est pas acceptable .

 

Nous avons visité une ancienne école qui accueille 40 familles de réfugiés, rendu visite au centre sanitaire du Croissant Rouge où nous avons pu obtenir des informations intéressantes sur la situation sanitaire, rencontré la responsable de la Croix Rouge, Mariam Gasser, visité le Lycée Charles de Gaulle où malgré l’adversité, 250 enfants franco-syriens, continuent à apprendre le français dans des conditions périlleuses, deux roquettes étant tombées sur cet établissement sans faire heureusement de morts. Le lycée ne reçoit plus de subsides du gouvernement français : c’est inadmissible.

 

De plus, à l’hôtel où nous étions nous avons rencontré une délégation américaine dirigée par l’ex-Attorney-General à la Cour Suprême, Ramzy Clark ce qui prouve qu’il existe bien des contacts certes indirects avec les Américains.

 

De l’ensemble de ces prises de contact et aussi des entretiens que nous avons eus avec des responsables libanais à Beyrouth, très inquiets de la situation en Syrie, je retiens les éléments suivants à l’exclusion de notre conversation avec Bachar Al Assad dont je rendrai compte personnellement par écrit au Président de la République.

 

1) Il n’existe pas à ce stade de possibilités de victoire militaire sur le terrain d’un parti ou de l’autre.

 

Le gouvernement tient une grande partie du pays (60 % ? ) mais il existe toujours des zones d’insécurité y compris dans le voisinage de Damas. Les terroristes syriens seraient entre 50 et 80 000 selon diverses sources.

 

2) L’ensemble de nos interlocuteurs nous ont clairement indiqué que si la France continue à exiger le départ de Bachar au motif qu’il est infréquentable, la Syrie éclatera car il est le seul à pouvoir maintenir l’unité de l’armée, le Liban sera balayé, le chaos s’installera sur tout le Proche et Moyen Orient.

 

3) Seul un règlement politique peut ramener la paix.

 

A ce titre, il convient de relever :

- que Damas a donné son accord pour un cessez le feu de 5 semaines au représentant de Benkimoun. Stéphane de Mistoura négocie avec 5 groupes d’insurgés à Alep,

 

- qu’il y a eu récemment des négociations directes entre le gouvernement de Damas et des opposants à Moscou,

 

- que le gouvernement a mis en place un comité de conciliation nationale avec des députés Kurdes qui "déclarent leur volonté de rester dans la patrie syrienne".

 

L’amnistie a été accordée à des terroristes repentis qui ont déposé les armes.

 

Il est évident qu’au-delà des postures qui ne font en rien avancer la sortie du conflit, il faut des initiatives pour avancer à petits pas. Le point n’est pas de savoir si on aime ou pas Bachar, il est un élément du conflit incontournable. Exiger son départ, c’est à coup sûr, poursuivre une guerre civile pendant des années.

 

4) Droits de l’Homme : j’avais avec moi une dépêche AFP mentionnant que des défenseurs de la liberté d’expression, membres du centre syrien pour les médias, étaient emprisonnés.

 

J’ai donné cette liste au Vice-ministre des Affaires Etrangères en disant qu’il serait bien de faire un geste. Sur ce point précis, j’en ai personnellement parlé à Bachar Al-Assad lors de notre entretien.

 

De retour à Beyrouth, mercredi soir dans la nuit, j’ai appris qu’Ulaï Hussein avait été libéré sous caution.

 

Je n’ai pas la prétention de dire que c’est à la suite de mon intervention mais je le constate.

 

La France doit urgemment changer de politique en Syrie. Certains experts dénoncent l’incohérence de la France dans la lutte contre les terroristes. Nous luttons contre eux au Sahel, au Mali, au Nord Nigéria, en Irak, mais nous avons une politique confuse et brouillée en Syrie.

 

Je rappelle qu’à l’Assemblée Nationale, Alain Marsaud a montré aux députés des fusils Famas, livrés à l’opposition dite modérée et qui se sont retrouvés dans les mains d’Al Nosra.

 

Tous nos interlocuteurs, au-delà du cercle gouvernemental, ont dénoncé le double langage et la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, ce dernier pays commerce avec Daech et lui permet ainsi d’avoir des subsides financiers importants.

 

5) Un dernier point : nous avons appris qu’un gouvernement arabo-musulman emblématique devrait établir prochainement des relations diplomatiques avec Damas...

A suivre !

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:20
( Note de JF : Mais si mais si, en faisant comprendre à l’opinion quelle est la nature du problème à résoudre)
 

copié  sur Comité Valmy

Par Paul Craig Roberts

 

Le docteur Paul Craig Roberts est extrêmement méticuleux quant à l’examen des problèmes auxquels font face l’Amérique et les économies développées aujourd’hui. Vous pourrez être en désaccord avec ce qu’il dit mais en tant qu’ancien sous-secrétaire au trésor, professeur académique et éditeur au Wall Street Journal, il sait de quoi il parle…
 
Elle est menée sur plusieurs fronts et conduite par différentes personnes qui suivent leurs propres agendas bien qu’elles semblent toutes s’entraider.

 

1 La financiarisation de l’économie par les grandes banques :

« Cela signifie concrètement qu’elles convertissent tous les surplus économiques dans le paiement des intérêts de la dette. Elles siphonnent toute la vitalité de l’économie. Il ne reste plus rien pour alimenter la demande des consommateurs, l’investissement, et les systèmes de retraite. La financiarisation exproprie le surplus économique, qui est créé à travers le maintien du niveau de vie actuel, au profit des intérêts de la dette. »

 

2 La délocalisation des emplois de la classe moyenne par les multinationales et Wall Street.

« C’est ce que les multinationales et Wall Street ont réussi à accomplir en délocalisant le travail manufacturier et les compétences professionnelles, comme dans le secteur de la programmation informatique et des technologies de l’information. En délocalisant ces emplois, elles ont recréé les conditions du marché du travail et de l’exploitation qui avaient cours au 19ème siècle. »

3 La manipulation des marchés de l’or par les banques sur les marchés à terme.

« Il n’y a plus de mécanismes de libre-marché sur les marchés à terme, ils sont entièrement manipulés. »

 

La collusion entre les participants

« Je pense que la collusion est gigantesque. Par exemple, le gouvernement a collaboré avec les grandes banques au niveau de la dérégulation du système financier. Ils ont révoqué le Glass-Steagel Act. Ils ont affirmé cette idée absurde que les marchés financiers étaient auto-régulés. Ils ont transformé le système financier en un gigantesque casino où les paris sont couverts par les contribuables et les banques centrales. »

Le cancer qui a pris naissance dans le système financier US a contaminé l’ensemble des économies. Les métastases de ce cancer ont été les grandes banques internationales.

 

La réponse de Washington à Wall Street

La répression financière passe également par la collusion du gouvernement qui sert les intérêts financiers. Wall Street est en effet un important bailleur de fonds électoral qui place les politiciens dans une situation de dépendance pour être réélus. Ils répondent donc de préférence aux intérêts de leurs donateurs par rapport à l’intérêt public qui lui ne rapporte rien.

Ils répondent principalement aux intérêts :

- de Wall Street

- du complexe militaro-industriel

- de l’agro-business, comme Monsanto

- des industries extractives

Ce sont les groupes d’intérêt les plus puissants qui utilisent le gouvernement à leur profit.

 

Il n’y a plus de contre-pouvoirs à Washington

Avec la destruction des emplois manufacturiers aux USA du fait des délocalisations, le pouvoir des syndicats est devenu très réduit, ainsi que les sources de financement indépendantes du parti Démocrate.

« Vous avez maintenant deux parties avec la même tête et qui répondent aux mêmes maîtres. Il n’y a plus de contre-pouvoir. »

L’opposition traditionnelle entre les démocrates soutenant les travailleurs contre les républicains pro-business n’existe plus. Les deux parties représentent les intérêts financiers.

 

C’est la raison pour laquelle vous ne pouvez rien faire contre la répression financière !

Le contrôle néo-conservateur de la politique étrangère

6 billions de dollars de dette de guerre

Cela fait 14 ans que nous sommes en guerre et nous avons ajouté 6 billions de nouvelles dettes à la dette nationale afin de financer ces guerres « sans dépenser 5 cents d’investissements pour le pays.

« Les néo-conservateurs sont à l’origine de la confrontation avec la Russie (qui est insensée ), avec la Chine (ce qui est également insensé). Les états-unis n’ont pas la puissance nécessaire pour dominer la Russie et la Chine. Particulièrement depuis que les deux pays ont noué une alliance stratégique.

La majeure partie du monde se détourne des états-unis à cause des abus de Washington :

- abus dans la gestion du dollar comme monnaie de réserve mondiale

- abus dans la gestion du système de paiement en dollars

- l’utilisation de sanctions unilatérales comme moyen de guerre économique

- l’instrumentalisation du mécanisme d’apurement des dettes comme moyen de pression

- les BRICS mettent ainsi en place leur propre substitut au FMI

- le scandale du système de surveillance massif de la NSA qui conduit certains à vouloir construire leur propre réseau Internet

 

Tout ceci n’affectera pas seulement le business mais le pouvoir mondial américain. Ce dernier va commencer à péricliter.

 

Si vous mettez en parallèle la volonté des néo-conservateurs de dominer le monde avec le déclin de la puissance américaine, vous ne savez pas où cela peut conduire ! C’est une situation très dangereuse. Je suis surpris que les autres nations aient mis si longtemps à réaliser à quel point les états-unis étaient une menace pour le reste du monde.

 

Le système de paiement international basé sur le dollar est destiné au pillage des autres économies. Le dollar, la globalisation et le néo-libéralisme, sont les outils de l’impérialisme économique américain. Certains pays ont commencé à en prendre conscience. Le pillage des nations par l’impérialisme économique américain à atteint un point où ce dernier devient contre-productif et se retourne contre lui-même – la Grèce en est un bon exemple. »

Traduction Guillaume Borel

Source : Zero Hedge

22 février 2015

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:05
 (Grexit, de Grèce et exit = sortie de la Grèce de l’euro)

Par Jacques Sapir

24 février 2015

La possibilité d’une sortie de la Grèce de la zone Euro, qu’elle soit voulue ou qu’elle soit subie, devient de plus en plus vraisemblable d’ici le début du mois de juillet prochain. Le fait que le gouvernement grec et l’Eurogroupe aient pu trouver un accord pour les quatre mois nous séparant de cette date ne change rien à l’affaire. Il faudra poser la question soit de l’annulation d’une partie de la dette, soit de sa transformation (en réalité un moratoire sur près de trente ans). Or, l’on sait que ces deux hypothèses sont également rejetées par l’Allemagne. Il convient donc de regarder un certain nombre de paramètres de la Grèce pour se faire une idée réelle de ce qu’un « GREXIT » signifierait.

La question fiscale

Le premier point concerne la question fiscale. On affirme que la Grèce a vécu « au dessus de ses moyens » et qu’elle doit « payer » pour ses errements passés. En réalité, quand on regarde les recettes publiques on constate d’une part que la situation de la Grèce n’était pas en 1995 différente de celles du Portugal et de l’Espagne, et qu’elle a fait un effort important de 1995 à 2000 arrivant au niveau des Pays-Bas.

 

Graphique 1

 

Source FMI

Cet effort s’est relâché de 2000 à 2004, mais il a repris par la suite et aujourd’hui la Grèce se trouve avec un même niveau de recettes que l’Allemagne, et un niveau légèrement supérieur au Portugal et aux Pays-Bas, et même très nettement supérieur à celui de l’Espagne. Bien sur, elle reste en-deçà de pays comme l’Italie et la Finlande. Mais rien n’autorise à dire que l’effort fiscal des grecs ne fut pas important, même si on peut penser qu’il est mal réparti et que proportionnellement la partie la plus pauvre de la population paye le plus.

Par contre, les dépenses publiques sont toujours restées très importantes, voire excessive. C’est en partie le problème des JO de 2004, mais pas seulement.

 

Graphique 2

Source FMI

 

En fait, les dépenses publiques explosent de 2007 à 2009 sous l’influence de trois facteurs : d’une part des mesures anti-crises en 2008, mais aussi (et surtout) des libéralités du gouvernement (conservateur) pour gagner les élections de 2009 (ce qui fut politiquement un échec) et d’autre part la montée des taux d’intérêts qui commencent à créer un « effet Ponzi » de la dette. Alors que la croissance économique se ralentit et que la croissance nominale (croissance du PIB réelle x taux d’inflation) diminue, la hausse des taux, sur un volume élevé de dettes publiques, rend insupportable le poids des intérêts. En fait, ce mécanisme Ponzi (appelé ainsi car il évoque les pyramides financières où les intérêts des premiers déposants sont payés par de nouveaux souscripteurs) explique largement la montée régulière de la dette publique à partir de 2009, et une très large part de l’excès des dépenses publiques.

 

On sait que la Grèce a atteint un excédent budgétaire primaire (soit hors les remboursements de la dette). Cela veut dire que si la Grèce faisait défaut sur sa dette, estimant que les intérêts payés depuis 2009 ont éteint une grande partie de cette dernière, elle pourrait financer sur ses propres bases ses dépenses publiques. En d’autres termes, si la Grèce fait défaut, et si elle sort de l’Euro, elle n’a plus besoin d’emprunter pour boucler son budget. C’est un premier point qu’il faut avoir à l’esprit quand on parle d’un possible GREXIT. La Banque Centrale de Grèce n’aurait pas à monétiser des sommes importantes, ce qui exclut le risque d’hyperinflation qui est souvent avancé par les adversaires de la solution du Grexit.

 

Epargne et investissement.

Mais, dira-t-on, la Grèce a besoin d’emprunter pour investir. Elle ne peut se couper des marchés financiers, ce qui arriverait en cas de sortie de la zone Euro. En fait, la chute des investissements a été telle que, depuis 2013, l’épargne interne est supérieure à l’investissement.

 

Graphique 3

Source FMI

 

Si l’on part de l’idée que les recettes fiscales seront égales aux dépenses (et qu’il ne faudra pas emprunter pour couvrir un déficit budgétaire) ce point, bien montré dans le graphique 3 est important. En fait, jusqu’en 1994, l’écart entre les investissements et l’épargne est peu important. Cet écart devient par contre considérable à partir de 1999, très certainement à cause des investissements décidés dans le cadre de la préparation des JO de 2004, mais il continue à croître par la suite. En 2009, le flux d’épargne annule n’est que de 15 milliards alors que les investissements atteignent 37,5 milliards. Aujourd’hui, on est revenu à une situation ou la Grèce exporte son épargne. Ceci est lié à la contraction brutale de l’investissement mais cela signifie AUSSI que la Grèce peut parfaitement vivre « en circuit fermé » d’un point de vue financier. C’est un facteur important quand on cherche à évaluer la possibilité d’un GREXIT.

 

La question de la balance courante.

On rappelle ici que la balance courante confronte les importations et les exportations de biens et de services. On voit que la situation de la Grèce se caractérise par un léger déficit, le pays exportant environ 20-25% de son PIB. Par contre, par la suite, le déficit de la balance courante se creuse de manière astronomique, en particulier de 2004 à 2007, soit sous le gouvernement conservateur. Cette situation s’explique aussi par l’étouffement des exportations grecques du fait du renchérissement de l’Euro. La Grèce exporte à plus de 60% en dehors de la zone Euro. La hausse de l’Euro que l’on constate alors étrangle les industries et services exportant. La Grèce est, en 2013-2014, revenue à l’équilibre mais au prix d’une contraction dramatique des importations.

 

Graphique 4

Source FMI

 

On voit ici qu’une dévaluation de 20% à 30%, rendue possible par une sortie de l’Euro aurait des effets extrêmement positifs sur l’économie[1]. L’effet d’accroissement sur le volume du PIB serait important. La Grèce pourrait donc accroître ses importations (en biens d’équipements notamment) sans compromettre l’équilibre de la balance courante.

 

Ceci confirme donc une analyse intuitive. La Grèce est AUJOURD’HUI bien plus prête à une sortie de l’Euro qu’elle ne l’était en 2009 ou 2010. Une telle sortie, accompagnée d’un défaut sur la dette et d’une dévaluation de 20% à 30% aurait pour effet de dynamiser rapidement et profondément l’économie grecque. Ceci conduirait très certainement à des gains de productivité du travail importants, qui permettrait, dès 2016, des hausses de salaire importante sans compromettre la compétitivité retrouvée de l’économie grecque.

————————————————————————————–

[1] Artus P., « Dévaluer en cas de besoin avait beaucoup d’avantages », NATIXIS, Flash-Economie, note n°365/2012, 29 mai 2012,

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 18:33

Aujourd'hui Il demande au Peuple Grec de lui pardonner d’avoir contribué à cette illusion que constitue le compromis accepte par le gouvernement Tsipras avec l'Union Européenne. Source :  http://www.okeanews.fr/

 

Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu' entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

 

 

Par un article qu’il signe depuis Bruxelles où il se trouve, le député européen SYRIZA, Manolis Glezos, critique de manière particulièrement acerbe les manœuvres gouvernementales.

 

"Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure", écrit le cadre historique de la Gauche qui apparaît déçu des derniers développements entre la Grèce et ses créanciers.

 

"Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion", écrit-il en invitant les amis de SYRIZA à participer dans les plus brefs délais à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause.

 

L’article de Manolis Glezos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement ‘Citoyens Actifs’  :

 

Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.

 

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.

 

Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

 

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

 

Dommage et encore dommage.

 

Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

 

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

 

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.

 

D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

 

Le lendemain le compositeur grec Mikis Theodorakis s’est aligné sur la position de Glezos  :

 

"Alexis, dit Non au NEIN de Schäuble, amende toutes les mesures d’austérité des programmes d’aide maintenant!"

 
 
 
 
 
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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 17:11

la lettre du général Henri Poncet, ancien commandant des opérations spéciales, au Capitaine Djamel

 

 

Posté le samedi 24 janvier 2015

 

Mon  capitaine, cher  Djamel,

Rentrant des Etats-Unis quelques jours après les actions terroristes qui ont frappé la France, j’ai pris connaissance de ta longue lettre. Avant tout, merci pour tes vœux, mais aussi pour ta fidélité qui ne se dément pas. Accepte à ton tour tous mes vœux à partager avec ta petite famille et aussi toutes mes félicitations pour ta troisième citation au feu que tu m’avais cachée selon ta discrétion habituelle. Mais, que veux-tu,  j’ai encore quelques « informateurs ».

 

Tu me dis ton malaise ressenti depuis ces tragiques attentats alors que tu viens de rentrer d’une mission de plusieurs mois particulièrement éprouvante dans le Sahel. Tu as suffisamment d’expérience pour savoir qu’on s’interroge toujours sur le décalage qui peut exister entre la réalité et le vécu d’une mission et les discours et déclarations péremptoires que l’on peut tenir dans les médias ou en battant le pavé. Tu sais très bien que dans quelques jours des millions de Français se précipiteront dans les bouchons qui mènent aux stations de ski, alors qu’à lire les unes des journaux « Nous sommes en guerre ». On l’est sans doute au Sahel ou dans le ciel irakien, mais certainement pas en France. Ou alors, quand des Français tuent des Français, il faut appeler cela une guerre civile. Et, s’ils sont passés dans le camp adverse comme en Syrie, il faut les appeler des traîtres.

 

Je m’étonne par ailleurs que personne n’ait évoqué la possibilité de proclamer l’état d’urgence prévu par la loi, cadre juridique qui simplifierait la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures. Pour mémoire, il a été proclamé en 2005 dans certaines banlieues.

 

Je comprends ton malaise, car je me rappelle ton regard inquiet alors que, jeune sous-officier tu venais d’être affecté à mon état-major et que, dans le cadre du petit tour que j’aimais faire régulièrement, j’étais entré à l’improviste dans ton bureau. Tu avais tout de suite vu que j’avais remarqué ton tapis de prière plié dans un coin.  « Pratiquant ? »,  t’avais-je demandé. Tu m’avais répondu par l’affirmative et j’avais vu ton soulagement quand j’avais ajouté : « Soldat français et musulman, pas de problème ».

 

Tu me dis également que tu t’es refusé de participer à un quelconque rassemblement. Je le comprends. L’élan émotionnel et spontané a été récupéré pour initier une opération de manipulation des foules qui a engendré ces manifestations de très grande ampleur. Je te rassure, si j’avais été en France, je m’en serais également abstenu. La liberté d’expression n’excuse pas tout et ne justifie en rien le droit à la caricature outrancière que j’assimile à  l’insulte la plus méprisable. D’ailleurs, j’ai un peu de mal à comprendre comment l’on peut emboucher les trompettes du  vivre ensemble sans un minimum de respect de l’autre en particulier vis-à-vis de tout ce qui touche à son espace symbolique ou sacré, qu’il soit profane ou religieux. J’ai un peu de mal à comprendre comment on peut brandir l’étendard d’une laïcité dévoyée en insultant l’autre, et tu sais que, chrétien, je suis attaché à une laïcité bien comprise qui rassemble autour de valeurs communes, une laïcité dont la signification doit être repensée. Il faut regarder la réalité en face. La France d’aujourd’hui est faite de communautés.  Gageons qu’avoir porté ces caricatures en valeur républicaine et en symbole de liberté, d’avoir voulu leur donner une caution nationale, va nous entraîner à chercher à marier la carpe et le lapin. Je peux plus sérieusement rappeler ce qu’a écrit Albert Camus dans  L’Homme révolté: « La liberté absolue raille la justice. La justice absolue nie la liberté. Pour être fécondes, les deux notions doivent trouver l’une dans l’autre leurs limites ». Et toujours dans L’Homme révolté,  il évoque cette limite en se référant aux Grecs et à « Némésis, déesse de la mesure, fatale aux démesurés ». Il s’interdit de transgresser la limite pour rester à « hauteur d’homme ».  C’est cela le respect de l’autre, ce message que Lyautey nous a laissé pour conquérir les cœurs.

 

J’ajoute enfin que je comprends ton inquiétude pour la suite de nos engagements militaires au Sahel où il va falloir continuer à combattre un ennemi agressif et manœuvrier tout en sachant qu’il va lui être plus facile de trouver le soutien d’une partie importante de la population.  C’est tout un pan de nos opérations d’action psychologique qui vient de s’écrouler. J’espère que nos autorités ne vont pas oublier que la liberté d’expression se décline aussi avec la responsabilité.

 

Mais la classe politique, toute catégorie confondue, a voulu cacher son incurie et son incapacité à exercer les fonctions régaliennes de l’Etat depuis près de vingt ans. Alors, se serrant les coudes, elle a joué à fond sur l’émotionnel pour ne pas se retrouver en position d’accusé par le peuple. Tu connais bien cela. On avait travaillé là-dessus pour les actions d’environnement et de déception. C’est la sixième stratégie  de manipulation des foules parmi la liste des « Dix stratégies de manipulations » à travers les médias élaborée par le linguiste américain Noam Chomsky.

 

On feint de découvrir que les zones de non droit se sont multipliées en France, que tout ou presque est permis dans les prisons, que l’exercice de l’autorité est devenu un souci majeur dans les établissements scolaires, que le courant le plus rétrograde de l’islam, le wahhabisme financé par des théocraties  arabes, a pénétré nos banlieues. Je pourrais continuer à égrainer ces multiples problèmes de la société française connus depuis des années, mais évacués à coup de rodomontades ou de subventions pour acheter la paix sociale. Tu sais tout cela, toi qui as passé  ta jeunesse dans une de ces banlieues en crise. En fait, je crains que ce ne soit qu’une perception simpliste de nos problèmes. Malheureusement, les faits nous montrent que nous sommes certes confrontés à une internationale ou communauté djihadiste, la plus facile à désigner, mais aussi à une communauté mafieuse, celle de la drogue et du trafic d’armes. Enfin, en raison de notre endettement qui continue de croître, il faut faire face à une communauté financière, celle des paradis fiscaux et de certaines multinationales, la plus difficile à cerner, la plus puissante face aux Etats. Certaines monarchies du Moyen-Orient y occupent une place de choix. Les trois s’imbriquent et affaiblissent notre modèle républicain très mal en point et qu’il faut repenser.

 

Ceci écrit, à toute chose malheur est bon. Nos armées devraient enfin cesser d’être la variable d’ajustement du budget et il semblerait que la déflation des effectifs devrait être plus mesurée. J’emploie le conditionnel à dessein, car il faut attendre de voir si après les mots viennent effectivement les actes.

 

 De ton armée, Djamel, tu as le droit d’être fier, fier de toi-même, de tes frères d’armes. Tu peux regarder le drapeau de ton régiment sans baisser les yeux. Tu as droit au respect de tes concitoyens, de ton pays, de ton commandant en chef, parce que tu te bats pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

                               Mes respects, mon capitaine.

Auteur: Henri PONCET
Officier général (2S)
Source: www.asafrance.fr

 

ASAF : Association de Soutien à l'Armée Française

 

 

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 11:20

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme.

 

Par Rosa Llorens –. Source : lesakerfrancophone.net

 

L’historienne Annie Lacroix-Riz, spécialiste de la première moitié du XXe siècle, prononçait le 14 février, à la Sorbonne, une conférence intitulée: Partages et repartages du monde à l’époque des Première et Deuxième Guerres mondiales. Un point de vue marxiste-léniniste sur les rivalités inter-impérialistes.

 

Mais d’abord, elle a resitué son intervention dans le contexte universitaire et intellectuel français d’aujourd’hui, un contexte de censure proprement maccarthyste, où même les bibliothèques universitaires ne donnent accès aux étudiants qu’aux ouvrages d’une seule ligne politique, la ligne officielle. Alors que, sur l’histoire de l’URSS, le catalogue présente des livres de Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann (dont on connaît le sérieux et les compétences!), le bibliothécaire de Paris I Sorbonne a refusé l’achat d’un livre de référence, Les Guerres de Staline, de Jeffrey Roberts (publié en français en 2014 par les éditions Delga), en prétextant son défaut d’objectivité. Une pétition a été lancée, pour protester contre la censure à l’Université, qu’on peut trouver sur le site d’Annie Lacroix-Riz.

 

Ce climat, du reste, ne s’est pas installé d’un coup; cette censure, pas même étroitement anti-marxiste, mais dirigée contre tous les auteurs qui ne suivent pas la ligne atlantiste, sévit depuis les années 1980, et un épisode marquant s’est déroulé dans les années 1990: sur le refus de plusieurs éditeurs de faire traduire en français le livre d’Eric Hobsbawm, L’Age des extrêmes, histoire du court XXème siècle, le Monde diplomatique s’associa à une initiative privée pour le traduire et le publier, et l’ouvrage fut un grand succès de librairie.

 

Annie Lacroix-Riz, elle, prolonge la tradition marxiste, qui a fait la gloire, en d’autres temps, de l’Université française, et confirme l’impression qu’on ressent confusément: nous vivons une période d’obscurantisme, où les œuvres stimulantes, en littérature comme en histoire, ont du mal à se faire jour. Que peut apporter à la science un historien comme Christopher Clark qui, dans Les Somnambules, explique le déclenchement de la Première Guerre mondiale par les caprices ou les affaires de cœur des dirigeants, quand ce n’est pas par la sauvagerie consubstantielle au Serbe (voire «la culture de l’assassinat politique» chez les Serbes, selon la recension du Monde des livres, pour qui il s’agit d’une «recherche orientée, mais exemplaire dans son genre») ?

 

Annie Lacroix-Riz dénonce enfin l’orientation des manuels d’histoire du secondaire qui, en imposant la notion confusionniste de totalitarisme, qui amalgame nazisme et communisme, habitue les jeunes à ne rien comprendre à leur Histoire et à leur contexte historique.

 

Le fil directeur de la conférence est, lui, rigoureusement clair et argumenté, et appuyé sur l’ouvrage de Lénine, L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme : non, les dirigeants politiques ne se comportent pas en somnambules, ils ne déclenchent pas des guerres par inadvertance; les guerres sont tout, sauf absurdes (oublions les lieux communs à la Voltaire et Prévert). Les guerres du XXe siècle ont été des guerres impérialistes, commandées par une logique économique et géo-stratégique tellement forte qu’elle explique encore, après les guerres de 1914-1918 et de 1940-1945, celles d’aujourd’hui (celles qui sont en cours et cette Troisième Guerre mondiale qui est à nos portes et qu’on redoute de plus en plus).

 

En effet, Annie Lacroix-Riz insiste sur la constance des buts de guerre des deux grandes puissances impérialistes qui ont dominé le XXe siècle, l’Allemagne et les Etats-Unis. Pour la première, Fritz Fischer, en 1961, montrait, dans Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale, l’identité de la politique extérieure du IIe Reich, de la République de Weimar et du IIIe Reich. L’Allemagne luttait déjà avant 1914 pour s’imposer en Afrique, dans l’Est de l’Europe et dans l’Empire ottoman (qui, en 1907, lui attribue la ligne de chemin de fer de Bagdad), et ces luttes sont déjà des luttes pour les minerais et le pétrole.

 

Quant aux Etats-Unis, ils se voyaient déjà comme la grande puissance mondiale au début du XXe siècle. Annie Lacroix-Riz remet les pendules à l’heure en ce qui concerne le mythe de l’isolationnisme des USA: d’abord, il inclut toute l’Amérique latine dans sa zone d’influence intérieure, et il n’exclut pas qu’elle en sorte quand la situation est favorable; ainsi, en 1899, on s’insurge, aux USA, contre le monopole que les Européens se sont taillé en Chine.

 

Mais le point essentiel de la conférence, c’est l’implication des USA en Europe et leurs relations traditionnellement complexes avec l’Allemagne qui, à l’issue de la Première Guerre mondiale, leur sert à la fois de cheval de Troie et constitue pour eux un sérieux rival. Cet axe USA/Allemagne affaiblit les deux autres impérialismes, français et anglais, qui, en 1918, sont déjà épuisés et ne joueront plus qu’un rôle secondaire. Dès 1918, l’Allemagne, appuyée par les USA, part à la conquête des pays baltes et de l’Ukraine (riche, outre sa situation stratégique, de blé, fer, charbon) ; la famine de 1920-1921 lui permettra, sous couvert d’opération humanitaire, d’avancer ses pions.

 

Ainsi, le vaincu apparent, l’Allemagne, est en fait le vrai vainqueur. A partir des années 1920, l’Angleterre et la France, qui ne sont plus en mesure de développer leurs propres intérêts en Europe centrale, se retrouvent, du fait de l’imbrication des intérêts industriels et financiers, les alliés de l’Allemagne. Cette situation les conduira à la politique des concessions à l’Allemagne : en 1935, l’Angleterre lui reconnaît le droit à une marine de guerre, égale au tiers de la sienne, ce qui permettra à l’Allemagne de préparer la guerre contre la Russie dans la Baltique. Puis ce sera le lâchage de la Tchécoslovaquie, dont le Français Schneider contrôle pourtant la sidérurgie, mais il préfère céder Skoda à Krupp, et ce sont les accords de Munich en septembre 1938. En Espagne, c’est l’Angleterre qui joue un rôle de premier plan dans la métallurgie et les chemins de fer, mais elle aussi s’incline devant l’Allemagne. Ce n’est qu’en 1939 que l’exacerbation des rivalités entre Allemagne et USA les contraindra à choisir entre les deux.

 

Il faut cesser de voir la Deuxième Guerre mondiale comme une belle histoire de lutte anti-fasciste. C’est encore une guerre pour les ressources énergétiques et, là encore, les deux grands impérialismes ont le même objectif : l’Ukraine et, au-delà, la Russie. L’Allemagne essaie de l’atteindre par sa puissance militaire, et les USA par leur puissance financière : pendant que les belligérants s’usent, les USA, eux, s’enrichissent et, comme en 1918, ils n’interviendront militairement que le plus tard possible, une fois l’issue acquise, grâce à Stalingrad et au sacrifice de 20 millions de Soviétiques (on ne le répétera jamais assez face aux tentatives de réécriture de l’Histoire, comme celle du responsable polonais qui attribuait la libération d’Auschwitz aux Ukrainiens!). Dès ce moment, les USA visent à arrêter l’avance de l’Armée rouge, et préparent, dès avant la défaite de l’Allemagne, la future guerre contre l’URSS.

 

Ce retour en arrière est essentiel pour comprendre la situation actuelle : nous sommes, dit Annie Lacroix-Riz, dans une situation finlandaise: comme, en 1939, on avait lancé la Finlande contre l’URSS, on lance aujourd’hui l’Ukraine contre la Russie. Et comme alors aussi, Allemagne et USA, tout en étant alliées et complices, s’affrontent sur tous les terrains, comme elles se sont affrontées en Yougoslavie dans les années19 90 (voir Michel Collon, Poker menteur. Les grandes puissances, la Yougoslavie et les prochaines guerres, 1998).

 

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme: toutes les époques de crise présentent les mêmes caractères économiques et politiques, mouvement de concentration du capital, impérialisme virulent, extrême violence dans les rapports politiques et sociaux, renforcement de la propagande, corruption exacerbée. La baisse de la part laissée aux salaires, même si elle descendait à zéro, comme dans les camps de concentration, ne suffira pas à inverser la baisse tendancielle du taux de profit. Selon Annie Lacroix-Riz, le capitalisme, comme le féodalisme avant lui, est moribond parce qu’il ne permet plus le développement des forces productives. Face à cette situation critique, et à ce qui nous attend encore, il faut que le plus grand nombre possible de citoyens comprenne ce qui se joue autour de nous.

Rosa Llorens

Rosa Llorens est normalienne, agrégée de lettres classiques et professeur de lettres en classe préparatoire.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 18:10
Lettre ouverte aux intellectuels de pacotille
Au fond de la caverne. Par Fabrice Aubert

Il ETAIT UNE CAVERNE : « Il était une fois des hommes enchaînes au fond d’une caverne, qui discutaient sur les ombres en mouvement, qu’ils pouvaient discerner, sur les parois. Un d’entre eux put s’affranchir de ses chaînes, et chercha d’abord à gravir le mur pour SE « libérer ». Il tomba de multiples fois, avant de parvenir au sommet. En sortant de la caverne, son premier réflexe fut de se protéger de la lumière du soleil, tellement la luminosité était intense, lui dévoilant un monde inhabituel. S’habituant progressivement à la lumière il découvrit, à l’entrée de la caverne…. un « montreur de marionnettes »….. Ravi de s’être libéré, Il décida cependant de redescendre au fond de la caverne. Sa descente fut, là aussi, difficile, devant à nouveau s’habituer à la pénombre structurante. Enfin, de retour parmi les siens, racontant son aventure, ses ex-codétenus le condamnèrent à mort ».

 

LE MYTHE DE LA CAVERNE : Cette histoire est de Platon, philosophe grec d’Athènes. Il critiqua fortement les sophistes, qui usaient et abusaient de leur connaissance reconnue, pour maintenir le peuple dans l’ignorance. Dans ce texte, « le mythe de la caverne », les hommes enchaînés sont en fait l’Humanité des hommes, à qui on fait miroiter des débats apparents (ombres projetés sur le fond de la caverne). Le philosophe est celui qui se libérant des apparences (des ombres projetées) [1] gravit avec difficulté [2] (expliquant les chutes), la caverne, en sort et découvre ….. la réalité. D’où son besoin de se protéger du soleil, tellement les connaissances réelles sont aveuglantes. Les ombres discutées par les hommes enchaînes, ne sont que des discussions sur le reflet des marionnettes, ce qui ne peut que percuter le philosophe. Le débat avec les sophistes, consiste à se demander ce qu’il faut faire à ce moment-là ? Rester dans le monde des idées en brillant à la télé (c’est ce qui se passe avec les « philosophes médiatiques »), ou redescendre dans l’obscurité de la caverne, pour chercher à amener une réflexion critique ? Est philosophe, celui qui redescend dans la caverne, et qui par avance, sait qu’il subira la condamnation des apparences. C’est ce qui se passe, car les vérités, des « guetteurs sociaux » ne sont pas aimés. Il est toujours difficile aux « grands dirigeants » des structures (y compris progressistes) de reconnaître qu’ils n’ont pas su écouter, leurs « guetteurs sociaux ».

 

LA FAUTE AUX ROMS, AUX IMMIGRES, AUX ISLAMISTES, AUX FONCTIONNAIRES, AUX JEUNES, AUX STATUTAIRES, AUX SERVICES PUBLICS : Depuis la crise de 2008, dont la cause est dû au comportement erratique des marchés et notamment des banques (25 000 milliards de dollars brulé en 10 mois), on n’a jamais vu autant de « chasse aux sorcières » visant à segmenter le monde du travail. Le discours est facile, car s’appuyant sur le mouvement des apparences (des marionnettes), les médias mettent en scène et en boucle la culpabilisation individuelle systémique portée par les gouvernements successifs (reproduction du pouvoir).

 

  • Le chômage c’est la faute aux chômeurs, qui, c’est connu, ne cherchent pas d’emplois (ils font semblant de chercher, juste pour toucher les indemnités). Qu’importe la réalité des statistiques qui disent que seul un chômeur sur deux touche des indemnités, la condamnation est absolue.
  • La délinquance et l’insécurité ce sont les immigrés, et les roms, justifiant les politiques de contrôle au faciès, dans les cités abandonnés par la République, justifiant les politiques pénales,
  • La violence serait due aussi, aux islamistes, qui font de leur religion le glaive de la domination de Mahomet, oubliant au passage combien toutes les religions ont utilisé le glaive (dont la religion catholique), et surtout sans s’interroger sur le pourquoi du retour religieux, dans la République ???
  • La crise serait dû aussi aux fonctionnaires, trop protégés, trop payés, et ne foutant rien…
  • Les Jeunes, qui par nature foutent le bordel la nuit en bas de cités, « ils n’ont qu’à bosser au lieu de traîner »…et ne parlons pas des services publics qu’il faut supprimer pour des services payants.
  •  

Voilà l’ensemble des ombres qui nous sont quotidiennement projetés par les médias, triste spectacle « d’intellectuels de pacotille » vendus au plus offrant… Quel est le salaire de PUJADAS ??? 12.000 euros par mois, pour nous réciter la leçon du marché du marché « libre et non faussé », du journaliste enchaîné.

 

NOTRE COMBAT : Le combat des philosophes d’aujourd’hui (économistes, sociologues, philosophes, intellectuels), n’est pas de dénoncer des « cas particuliers médiatisés », mais de montrer que derrière toutes les injustices et violences individuelles, il y a un système, un système d’exploitation qui porte le nom de « capitalisme mondialisé ». Derrière le théâtre des ombres projetés sur le mur de la caverne des « esclaves de notre temps », dénommés précaires, rmistes, jeunes, immigrés, Roms, S.D.F, fonctionnaires, chômeurs, prolétaires, se cachent dans les faits de l’analyse du mouvement réel, un système d’exploitation inique, jamais encore atteint à aujourd’hui, que les « philosophes de pacotilles » appellent MONDIALISATION [3], qui n’est que le capitalisme, tel que Marx l’a décrit, mais accumulé à l’échelle mondiale, ce que le « spectre » avait aussi analysé et anticipé (relisez les passages du manifeste sur « la mondialisation du capital »).

 

LA COOPERATION DU CAPITAL : Au niveau mondial, les capitalistes ne se font pas la guerre et encore moins concurrence, ils s’entendent entre eux, pour le partage des dividendes, en exploitant le prolétariat à l’échelle du monde, dénommé « libre échange » (ce que les experts appellent Division Internationale du Travail). La phrase terminale du film « le Capital » de Costa-Gavras est : « continuons notre métier de banquier, nous allons continuer d’enrichir les riches en piquant aux pauvres ». Tout est dit. Nul ne peut se prétendre philosophe, économiste, sociologue, intellectuel, s’il ne dénonce pas cette prédation…de la « finance libre » dans un « marché libre et non faussé » sur le « travail libre » (traduisez, « prolétariat esclave »).

 

LE THEATRE DES OMBRES : Les « intellectuels de pacotille » ne sont là, que pour attirer la lumière sur le « théâtre des ombres », autrement dit, la médiatisation des culpabilisations individuelles successives et en boucle, permettant de justifier le capitalisme libéral et l’économie de marché comme système indépassable (thèse sur la « fin de l’Histoire », donc de la fin de « la lutte des classes »)..

 

LA LIBERATION PHILOSOPHIQUE : Comme Diogène, dans son tonneau, « revendiquant son soleil », un « philosophe authentique », ne peut se reconnaître sans ce préalable de la dénonciation de la domination de la finance sur la société, qui a pour effet, de cacher effectivement le soleil, empêchant de ce fait, tout « développement humain durable ». La finance de marché, c’est le « trou noir » de la société. Sans ce préalable fondamental, pas de philosophes, ni de philosophies possibles. La libération philosophique ne vise plus à comprendre le monde, et en discuter entre initiés, mais à le transformer : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il faut désormais le transformer » [4].

 

LA LUTTE DES CLASSES : La seule logique du capital étant l’accumulation du capital « accumulez, accumulez, c’est la loi et les prophètes » [5], le rôle principal du philosophe, de l’économiste, du sociologue, de l’intellectuel, dans ce système imposé de l’extérieur, est de dénoncer cette logique de courte vue, en vue d’inciter les prolétaires du monde [6] à se libérer de leurs chaînes, quitte à être dénoncés par des médias « enchainés » dans leur promotion permanente du système (D’où l’ultra-médiatisation du FN).

 

A L’ECHELLE DE L’HISTOIRE : Le philosophe et la philosophie ne sont pas « une chanson à la mode », car ils combattent le mouvement de l’apparence des ombres projetées sur le fond de la caverne, mais la ritournelle patiente et têtue qui rentre dans l’Histoire. Le philosophe ne vise pas une reconnaissance d’opérette digne du C.A.C 40 et de ses mouvements erratiques, il vise « l’émancipation de l’Humanité », sans se soucier préalablement du jugement premier ou dernier… selon la mode en vigueur.

 

AU FOND DE LA CAVERNE : Le philosophe se juge à l’échelle de « l’Histoire de l’Humanité », pas moins, ce que ne peuvent concevoir et réaliser, vu leurs sauts de lilliputiens, les « intellectuels de pacotilles » promus par des médias « bien en cour » (du pouvoir), qui ne portent comme « discours », que celui des marchés, c’est-à-dire le « croisement entre une courbe d’offres et de demandes », fixant un prix instantané, celui du marché, d’un équilibre des apparences, cause de l’esclavage des temps modernes, matrice des déséquilibres et des crises mondiales de l’Humanité enchaînée… au fond de la caverne.

De ma caverne, le 31 Décembre 2014, Fabrice

 

[1] Dettes publiques, « coût du travail », Roms, « chômeurs tricheurs », « crise », « délinquance », immigration etc…

[2] Accès à la connaissance, chemin difficile, ardue et rempli de pièges.

[3] Qu’ils qualifient de « heureuse »….

[4] Thèse sur Feuerbach / Karl MARX

[5] Karl MARX : LE CAPITAL livre 1

[6] La phrase historique du « manifeste du parti communiste » de Karl MARX est : « prolétaires de tous les pays, unissez-vous ».

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