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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:41

Par Thierry Meyssan

Réseau Voltaire

 

L’opinion publique française a accueilli avec scepticisme la nomination d’un nouveau gouvernement après la défaite électorale des socialistes aux élections municipales. Elle accepte avec résignation les réformes annoncées dans l’intérêt économique général. En réalité, observe Thierry Meyssan, le changement de gouvernement n’a rien à voir ni avec l’échec économique, ni avec l’occasion présentée par cette défaite électorale, mais reproduit un exemple historique permettant au président Hollande de révéler progressivement ses choix politiques personnels. De même la réforme territoriale, telle qu’envisagée, n’a rien à voir avec des économies budgétaires, mais avec le projet de liquidation de la République française.

 

D’anciens ministres de Jean-Marc Ayrault forment le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Seuls deux sont remplacés.

Présenté comme une réponse à la défaite socialiste aux élections municipales des 23 et 30 mars 2014, le nouveau gouvernement de Manuel Valls acte en réalité le virage opéré par François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier. Le président, élu comme ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, ne réfute pas le modèle du colonisateur Jules Ferry dont il s’est inspiré jusqu’ici, mais veut en plus y ajouter le modèle des relations avec les grandes entreprises du chancelier allemand Gerhard Schröder.

 

Lors de son intronisation, le président Hollande plaça son quinquennat sous les auspices de Jules Ferry (1832-1893) qui défendit les intérêts du grand capital français en développant le colonialisme [1]. L’auguste socialiste rendit aussi l’école laïque gratuite et obligatoire pour que les « hussards noirs » (c’est-à-dire les instituteurs et non pas les sergents recruteurs) y forment les jeunes Français afin qu’ils deviennent les soldats de l’expansion coloniale et de la Première Guerre mondiale. Simultanément, Jules Ferry enclencha une lutte contre l’Église catholique, détournant ainsi la colère des classes opprimées de la haute bourgeoisie vers le clergé.

 

La première partie du mandat de François Hollande fut donc marquée par la relance de la guerre en Syrie —dont Nicolas Sarkozy s’était retiré après la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr— [2], l’intervention au Mali à la demande du président mis en place par la France [3], puis l’intervention en République centrafricaine [4]. Toutes ces aventures furent coordonnées depuis l’Élysée, souvent contre l’avis de l’état-major interarmes et du ministre de la Défense, par le chef de cabinet militaire, le général traditionaliste Benoît Puga [5].

 

En outre, le président Hollande réalisa une réforme de la législation sur le mariage pour l’ouvrir aux personnes de même sexe, non que cette loi soit une demande des homosexuels, mais parce qu’elle divisa son opposition politique et assimila la droite à une forme d’obscurantisme. Il s’apprêtait à imposer également la théorie du genre de Judith Butler, mais semble avoir reculé niant même l’existence des travaux de la féministe.

 

La seconde partie du quinquennat, annoncée le 14 janvier, soit deux mois et demi avant les élections municipales, se veut « sociale-démocrate », au sens de l’Agenda 2010 du chancelier allemand Gerhard Schröder : il s’agit de redresser la production en facilitant le travail des grandes entreprises. Menée il y a une décennie, cette politique allégea l’État fédéral, rendit les entreprises exportatrices plus compétitives, mais augmenta considérablement les disparités sociales et la pauvreté. François Hollande reçut même à l’Élysée Peter Hartz, l’ancien conseiller du chancelier Schröder, mais nia vouloir en faire son propre collaborateur : l’ancien directeur du personnel de Volkswagen avait été condamné à deux ans de prison pour avoir corrompu les syndicalistes de son entreprise en leur payant pour 2,6 millions d’euros de prostituées et de voyages exotiques. Il n’a pas été précisé si le président Hollande souhaite suivre l’exemple de Peter Hartz jusqu’à sa quatrième réforme qui limite à trois mois la durée des assurances chômage.

 

Le président annonça également son intention de clore l’épisode du « mariage pour tous » qui commençait à menacer l’unité de sa propre majorité parlementaire.

 

Les élections municipales

Jamais dans l’histoire de France des élections municipales ne débouchèrent sur un changement de gouvernement. Il semblait en effet impossible de tirer des conclusions nationales de scrutins exclusivement locaux. Pourtant, si l’on considère les 788 communes de plus de 50 000 habitants (correspondant à 23 % de la population), on observe une abstention record, principalement parmi les électeurs ayant voté deux ans plus tôt pour François Hollande. L’ampleur du désaveu fut telle que de nombreuses mairies traditionnellement ancrées à gauche passèrent à droite, au profit de l’UMP.

 

Transformant cette défaite en occasion pour réaliser sa mue, le président Hollande annonça la nomination d’un nouveau Premier ministre, Manuel Valls, et le chargea de former un nouveau gouvernement « resserré, cohérent et soudé » afin de mettre en œuvre ses annonces du 14 janvier. Le président pense ainsi suivre les pas de François Mitterrand qui, en juillet 1984, congédia son Premier ministre ouvriériste Pierre Mauroy, abandonna ses 101 propositions, et désigna un grand bourgeois, Laurent Fabius, pour conduire une politique plus « réaliste ».

 

De même que les communistes refusèrent de participer au gouvernement Fabius chargé de brader les promesses sociales de l’élection présidentielle, de même les Verts se retirèrent du gouvernement Valls, refusant de partager son échec prévisible. De même que François Mitterrand avait choisi un Premier ministre juif et sioniste pour apaiser l’hostilité d’Israël, de même François Hollande a t-il choisi une des personnalités les plus engagées en faveur de la colonisation de la Palestine. De même que Laurent Fabius était un Premier ministre trop jeune et inexpérimenté pour s’imposer auprès du florentin François Mitterrand, de même Manuel Valls n’a pas eu la capacité de former lui-même son gouvernement et a dû s’accommoder des suggestions présidentielles.

 

Cependant, si François Mitterrand avait opéré un vrai changement de politique et d’hommes en 1984, François Hollande entend poursuivre la politique qu’il a progressivement fait émerger durant sa première année et demie de mandat. Aussi le nouveau gouvernement comprend-il les mêmes hommes que le précédant, à deux exceptions près, la mère de ses enfants, Ségolène Royal, et son vieil ami, François Rebsamen. Nous pouvons en conclure que son objectif n’est pas d’abandonner le sillage de Jules Ferry, mais d’y ajouter l’exemple des relations avec le Grand capital de Gerhard Schröder.

 

Le gouvernement de manuel Valls

Lors de son discours d’investiture à l’Assemblée nationale, le 8 avril, Manuel Valls a repris consciencieusement les directives du président Hollande : « pacte de responsabilité » avec le Medef (syndicat patronal), « transition énergétique » pour les Verts, et « pacte social » pour les classes populaires [6]. C’est-à-dire des choix ciblés pour satisfaire des catégories d’électeurs et non pas un ensemble politique cohérent.

 

Or les besoins de la France sont faciles à établir : depuis de nombreuses années l’État renonce à ses moyens d’intervention, en abandonnant sa monnaie par exemple, tout en multipliant ses strates administratives, ses lois et ses règlements. Au final, le pouvoir est empêtré par sa bureaucratie et a perdu toute efficacité.

 

Si quelques responsables politiques mettent en cause ce processus, très rares sont ceux qui proposent de le changer. En effet, cette direction a été prise sous l’impulsion du suzerain états-unien et un changement de cap supposerait une crise politique internationale majeure, comme celle ouverte en 1966 par Charles De Gaulle lorsqu’il expulsa soudainement l’Otan hors de France.

 

Il n’est donc pas inutile de relever l’annonce par Manuel Valls d’une réforme majeure qui n’avait pas été évoquée auparavant. Après avoir souligné son attachement à la construction européenne et au couple franco-allemand, tout en contestant les options de la Banque centrale européenne, le Premier ministre déclara vouloir réformer en profondeur le « millefeuille territorial ». Au cours des années, aux communes et aux départements se sont ajoutés des communautés de communes, des pays et des régions. Il a proposé de diviser par deux le nombre de régions, de supprimer les départements avec leurs Conseils généraux, et de favoriser les regroupements de communes probablement en vue de la suppression des plus petites. Si tout le monde s’accorde à considérer que ce « millefeuille » était indigeste et coûteux, le choix des strates supprimées ne correspond pas à l’histoire politique française, mais au projet de transition des États-nations à l’Union européenne. Ce projet, instillé par les États-Unis lors du Plan Marshall, substituerait de grandes régions aux États-nations et transférerait les pouvoirs régaliens à une entité bureaucratique, la Commission européenne. Il s’oppose clairement au projet de régionalisation gaulliste de 1969.

 

Il est pour le moins étonnant de voir cette réforme traitée par le Premier ministre comme une simple variable d’ajustement économique alors que sa finalité ultime est la disparition de l’État français, donc de la République française, au profit de la bureaucratie bruxelloise (Union européenne et Otan).

 

Pourtant, Manuel Valls termina son discours par une ode à la République. Il déclara étrangement que « La France, oui, c’est l’arrogance de croire que ce que l’on fait ici vaut pour le reste du monde. Cette fameuse "arrogance française" que nos voisins nous prêtent souvent, c’est en fait l’immense générosité d’un pays qui souhaite se dépasser lui-même ». Deux phrases ambigües qui peuvent signifier une volonté d’exemplarité, mais aussi au contraire rappeler le « devoir de civilisation » invoqué par Jules Ferry pour attaquer la Tunisie et la Chine.

 

Ou va la France ?

Le changement de gouvernement ne répond pas au vote des Français aux élections municipales, mais correspond à la stratégie personnelle de François Hollande qui révèle progressivement ses véritables objectifs politiques : reprise de la colonisation et défense des intérêts du Medef. Ce dernier ne représentant que le Grand capital (seul le cinquième le plus riche des entreprises est affilié à ce syndicat patronal). Nous sommes loin de la République, c’est-à-dire de la recherche de l’intérêt général.

 

Cette politique a sa logique : en temps de crise, il est impossible d’accroître l’exploitation de la classe ouvrière, il faut aller chercher les super profits à l’étranger, chez des peuples qui n’ont pas les moyens de se défendre. Le sang va encore couler en Syrie et en Afrique, tandis que la misère va continuer à s’étendre en France.

Source Al-Watan (Syrie)

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:12

La Syrie pays de tous les enjeux,

du Moyen Orient à l'Ukraine...

Jérôme HENRIQUES

 

Le 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : "Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL)". Rappelons que l'Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu'elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique ... Si la France et l'Arabie Saoudite sont en "grande convergence" au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d'autres explications.

 

La guerre du gaz

Le gaz apparait aujourd’hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l’avantage d’être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d’énergie du XXIème siècle et l’Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur.

 

Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l’exploitation. L’exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc :


- Nord Stream passant par l’Allemagne et censé alimenter le nord de l’Europe.
- South Stream qui doit se diriger vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.

 

Or, dans le but de concurrencer South Stream, l’Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l’Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La guerre entre South Stream et Nabbuco a nettement tournée à l’avantage de la Russie. Initialement prévu pour 2014, Nabbuco a été sans cesse repoussé en raison de difficultés techniques et de l’absence de clients clairement définis. De plus, l’Azerbaïdjan a finalement choisi le gazoduc Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour acheminer son gaz vers l’Europe au détriment de Nabucco. Cela a peut être signé l’arrêt de mort de ce projet.

 

Au Moyen-Orient, l’Iran est un grand producteur de gaz. En Juillet 2011, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont signé un projet de gazoduc : l’Islamic Gas Pipeline ou "Gazoduc Chiite". Après un temps de réalisation estimé 3 ans, ce projet devrait permettre à l’Iran d’alimenter l’Irak et la Syrie. Grâce aux ports méditerranéens de la Syrie ou du Liban, il pourrait même alimenter l’Union Européenne. Par ailleurs, la Syrie a découvert en Août 2011 un vaste champ gazier à Qaraa, près du port de Tartous. Partenaire économique de la Syrie, la Russie pourrait alors jouer un rôle important, non seulement dans l’exploitation de ce gaz, mais aussi dans son exportation vers l’Europe par la mise à disposition de sa flotte en méditerranée.

 

C’est avec le Qatar que l’Iran partage le plus grand champ gazier du monde (il est nommé South Pars côté Iran et North Dome côté Qatar). Pour l’instant, le Qatar exporte son gaz par des méthaniers, ce qui n’est déjà pas sans risques. En plus, ces bateaux doivent transiter par le détroit d’Ormuz, qui est sous contrôle de l’Iran. En 2009, le Qatar a alors présenté un projet de gazoduc terrestre devant le relier à la Turquie. Le tracé incluait initialement l’Arabie Saoudite, mais après son refus, il devrait finalement passer finalement par l’Irak, la Jordanie et la Syrie. C’est dans cette optique que le Qatar s’est rapproché en 2010 de la Syrie par un "pacte de défense". Mais cette dernière a ensuite préféré se joindre au projet de Gazoduc Chiite.

 

Deux autres puissances régionales sont intéressées par le projet Qatari : la Turquie et Israël. La Turquie cherche a diminuer sa dépendance au gaz Russe et au gaz Iranien. De plus, elle toucherait des royalties pour permettre le transit de gaz vers l’Europe. Partie prenante du projet Nabbuco puis du projet Qatari (qui devait rejoindre Nabbuco sur son territoire) la Turquie a également signé un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de grosses réserves de gaz en 2017. Quant à Israël, il a découvert fin 2010 un énorme champ gazier au large de ses côtes. Il pourrait donc rejoindre le projet Qatari pour l’exportation de son gaz vers l’Europe.

 

Ainsi, le Qatar, la Turquie et Israël voient d’un très mauvais oeil la réalisation du gazoduc Iran-Irak-Syrie, complètement indépendant de leurs routes de transit vers l’Europe. Quant à l’Union Européenne, elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et donc à diminuer sa dépendance au gaz Russe. Comme d’habitude, les USA chapeautent le tout en cherchant à soutenir leurs alliés (Israël, Turquie, Qatar) et affaiblir leurs concurrents (Russie, Iran). Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie. Selon le journaliste Algérien Noureddine Merdaci, le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , "la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe".

 

Un Moyen-Orient instable

Avec les deux tiers des ressources mondiales en pétrole et 40% des réserves de gaz connues, le Moyen-Orient est le lieu majeur de production d’hydrocarbures. Il couvre et couvrira certainement pendant plusieurs décennies encore, la plupart des besoins énergétiques de la planète. Or, ce début de 21ème siècle voit l’apparition de grandes puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont les besoins en énergie ne cessent de croître. La Chine par exemple est aujourd’hui derrière les USA, le deuxième plus gros consommateur mondial de pétrole. Alors que le Moyen-Orient est depuis longtemps le théâtre de tensions et d’affrontements pour le contrôle de ses ressources énergétiques (opération AJAX en 1953, guerre d’Irak en 2003 ...), la situation ne risque pas de s’améliorer.

 

Au sein même de cette région, s’ajoute une fracture religieuse entre musulmans Sunnites et Chiites. Les Sunnites considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’intermédiaires entre le croyant et dieu, tandis que pour les Chiites, c’est l’Iman qui est le véritable guide de la communauté. Dans le monde, la plupart (environ 80-90%) des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires (environ 70%) dans les pays du Golfe. Les deux communautés ne s’aiment pas. Persécutés par les Sunnites, les Chiites minoritaires ont longtemps dû se réfugier dans la clandestinité, tandis que certains Sunnites vont jusqu’à considérer les Chiites comme des mécréants et se méfient de leur expansion. En Iran où le Chiisme est la religion d’état, Khomeini avait présenté en 1979 la révolution comme un "modèle à exporter". Aujourd’hui, l’Iran, l’Irak, les Alaouites de Syrie et le Hezbollah Libanais forment un croissant Chiite, lequel est fortement combattu par l’arc Sunnite qui englobe l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pétromonarchies du golfe dépensent beaucoup d’argent pour la propagation du Wahhabisme (c’est une forme radicale du Sunnisme, il est par exemple interdit d’invoquer le prophète, les saints ou les anges, de sculpter des décorations dans une mosquée ...). Elles n’hésitent d’ailleurs pas à soutenir les impérialistes occidentaux dans les guerres qui les opposent à leurs rivaux régionaux (la Syrie en fait aujourd’hui les frais).

 

Régional, ce clivage devient même national puisqu’il y a dans les pays majoritairement Sunnites des minorités Chiites et inversement (les Chiites d’Arabie Saoudite qui sont d’ailleurs plus nombreux dans les régions pétrolifères de l’est, les Chiites du Pakistan ...). Parfois, ces minorités sont au pouvoir (les Sunnites en Irak sous Saddam Hussein ou au Bahreïn actuellement, les Alaouites en Syrie actuellement ...). Certains pays sont alors le lieu de favoritisme, de discriminations, voire de persécutions ou d’affrontements violents. Actuellement, cette violence touche principalement l’Irak (majorité Chiite) et le Pakistan (majorité Sunnite). L’influence étrangère joue parfois un rôle dans la fracture confessionnelle (la révolution Iranienne de 1979 a radicalisé les Chiites du Pakistan ...), cela pouvant même aller jusqu’à de l’ingérence (l’Arabie Saoudite a soutenu militairement le régime du Bahreïn dans sa féroce répression contre les Chiites lors du printemps Arabe en 2011).

 

La présence Kurde est une autre source d’instabilité au Moyen-Orient. Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Sèvres avait prévu un découpage de l’empire Ottoman comptant un état Kurde. Cependant, les Français et les Britanniques avaient en 1916 signé un accord secret (Sykes-Picot) qui procédait à un autre découpage. Les Kurdes furent répartis dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie) et le Kurdistan n’est resté depuis qu’une simple zone géographique. Mais le nationalisme Kurde est resté présent. Aux soubresauts nationaux (affrontements entre le PKK et le gouvernement Turc depuis 1984, soulèvements Kurdes en Irak durement réprimés avec notamment le massacre par arme chimique à Hallabja en 1988, soulèvements en Syrie durement réprimés en 2004 et 2005) s’ajoute un activisme transnational (projet du PKK d’un grand Kurdistan, soutiens à cette organisation hors de la Turquie ...).

 

Enfin, Israël est depuis sa création un important facteur de tensions régionales : guerre de 1948 après la création de l’état, guerre du canal de Suez en 1956, guerre des six jours en 1967, guerre de Kippour en 1973, guerres au Liban en 1982 et 2006 et surtout l’interminable conflit Israëlo-Palestinien. Si les relations entre Israël et ses voisins ont dès le départ été mauvaises, sa politique de grignotage territorial n’a fait depuis qu’empirer les choses. Actuellement, le projet de création d’un état Palestinien est au point mort. Les territoires Palestiniens sont divisés entre d’un côté la Cisjordanie, partiellement contrôlée par l’autorité Palestinienne (un mur de séparation prive la Cisjordanie d’une partie de son territoire de 1967), et de l’autre la bande de Gaza, entièrement contrôlée par le Hamas. Au Moyen-Orient, la solidarité envers la Palestine dépasse parfois le clivage entre Chiites et Sunnites. l’Iran et le Hezbollah Chiites sont par exemple en bons termes avec le Hamas Sunnite. Mais d’autres pays gardent leurs distances. C’est le cas de l’Egypte (accord de paix avec Israël en 1979) ou l’Arabie Saoudite (qui coopère avec Israël contre l’Iran), pourtant tous les deux Sunnites.

 

Le jeu des alliances

Dans le monde de demain, qui risque progressivement d’échapper à la toute puissance Etasunienne, deux pays sont particulièrement redoutés : la Chine et la Russie. La première est aujourd’hui 2ème puissance mondiale et devrait passer au premier rang d’ici 2040, tandis que la seconde réorganise depuis les années 2000 sa sphère d’influence géopolitique perdue aux lendemains de la guerre froide. Les deux voisins, membres du conseil de sécurité de l’ONU, établissent non seulement des liens avec des pays stratégiques (La Russie est présente au Moyen-Orient où elle vend par exemple des centrales nucléaires à l’Iran, la Chine est très présente en Afrique) mais aussi entre eux (la Russie et la Chine collaborent par exemple dans de grands projets d’acheminement du gaz entre leurs deux pays). Quels pays pourraient rejoindre ces alliances dans le futur ? L’Inde ? Et pourquoi pas le Japon ?

 

C’en est trop pour les maîtres du monde qui se sont donné pour mission de contenir la progression Sino-Russe et d’affaiblir ses alliances. En plus des sanctions diplomatico-économiques (que l’Iran connait bien) et des tentatives de déstabilisation sur les questions des minorités et des droits de l’homme (que la Chine et la Russie ont eux aussi expérimentés), les USA ont une stratégie qu’ils ont bien rôdée pendant la guerre froide : celle de l’encerclement. Pour illustrer cette stratégie, il suffit d’observer le voisinage géographique de l’Iran. En plus des pétromonarchies du golfe et du Pakistan, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont poursuivi l’encerclement de ce pays par des régimes pro-Etasuniens et l’installation de nouvelles bases militaires. Levier de la politique étrangère Etasunienne, l’OTAN met en oeuvre cette stratégie à grande échelle. Du rôle clé de la Turquie qui accueille le grand bouclier anti-missile, en passant par l’Initiative de coopération d’Istambul (Barheïn, Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis) jusqu’aux partenariats militaires en extrême-orient et dans le pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du sud et Japon) c’est toute la partie Moyen Orient – Russie - Chine qui est ainsi prise en étau.

 

Depuis longtemps, les occidentaux sont proches des pétromonarchies du golfe. En 1945, les USA avaient conclu avec l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial de pétrole) le pacte "protection militaire contre accès exclusif au pétrole", puis avaient commencé à y installer leurs bases militaires. Vers 2003, diverses raisons (fin de la guerre d’Irak, sentiment anti-Etasunien croissant dans la population Saoudienne, guerre contre les Talibans dont l’idéologie est proche du régime Saoudien ...) les avaient poussés à un redéploiement de leurs forces au Qatar, pays où ils viennent encore récemment d’installer un radar anti-missile pour contrer l’Iran. Les USA ont quand même conservé des troupes en Arabie Saoudite. Cela leur permet de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, d’autant qu’ils doivent parfois jouer les équilibristes entre Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont tantôt alliés, tantôt rivaux. Quant à la France, est-il besoin de rappeler qu’elle vient de signer en Juillet 2013 un contrat d’un milliard d’Euros avec les Emirats Arabes Unis puis en Août un contrat du même montant avec l’Arabie Saoudite et qu’on ne compte plus dans l’hexagone les investissements Qataris (clubs de foot, banlieues ...) ?

 

L’organisation des Frères musulmans est un autre levier de la politique Etasunienne au Moyen-Orient. Contrairement aux Wahhabites, ceux-ci prônent une progression de l’Islam par le haut, politisée. Rejetant l’influence occidentale et souhaitant des républiques Islamistes dans les pays à majorité musulmane, ils s’opposent parfois durement aux courants laïcs de ces pays (Egypte, Syrie). En Syrie, ils ont été interdits en 1980 suite à une série d’attentats sanglants, puis massacrés dans les soulèvements qui ont suivi (20.000 morts à Hama en 1982). Mais avec un programme politique plutôt bien accepté par l’occident, les Frères musulmans sont des alliés potentiels contre les ennemis du moment. Dès les années 50, les USA s’en étaient rapprochés pour lutter contre les régimes socialistes et panarabes du Moyen-Orient (Nasserisme, parti Baas) ; plus récemment en Egypte (présidence de Mohamed Morsi), les USA se sont bien accommodés de leur association entre conservatisme religieux et libéralisme économique ; aujourd’hui en Syrie, leur rôle est dominant dans le conseil de transition (CNS/CNFOR). Au niveau régional, les Frères musulmans peuvent compter sur le soutien de la Turquie (l’AKP quoique plus laïc, est également Sunnite et libéral), celui du Qatar (essentiellement Wahhabite mais socialement et politiquement stable), mais pas de l’Arabie Saoudite. Touchée par le printemps Arabe (où la police a d’ailleurs tué quelques manifestants), celle-ci redoute en effet leur activisme politique (hier du côté des militaires en Egypte, l’Arabie Saoudite soutient aujourd’hui les Salafistes en Syrie).

 

Pressions, guerres et chaos

Les enjeux au Moyen-Orient permettent de mieux comprendre l’épicentre actuel en Syrie. Partenaire économique de la Russie (qui est elle même proche de la Chine) et intégrée au croissant Chiite où elle participe avec l’Iran et l’Irak à la réalisation d’un grand Gazoduc, la Syrie échappe au Grand maître Etasunien. Les manoeuvres de déstabilisation visant la Syrie ou ses alliés ne sont d’ailleurs pas récentes. A la stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine précédemment évoquée, on peut ajouter les sanctions économiques contre l’Iran (embargo pétrolier, boycott bancaire) ou encore la résolution 1559 (Franco-Etasunienne) votée à l’ONU en 2004 afin d’obtenir le retrait des troupes Syriennes du Liban (qui y étaient déployées depuis la fin de la guerre civile en 1990). Le prétexte pour passer à un niveau supérieur a été fourni pendant le printemps Arabe en Mars 2011. Alors que les premières manifestations étaient pacifistes et légitimes (manque de démocratie, hégémonie du clan Al-Assad et de la communauté Alaouite ...) le parti pris de l’occident a alimenté l’escalade de violence et a fortement contrasté avec son silence lors des répressions sanglantes au Bahreïn, ou au Yémen. En reprenant systématiquement les déclarations de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (proche des frères musulmans et basé à Londres), les occidentaux se sont alors empressés de proposer des résolutions à l’ONU. Mais la Russie et la Chine y ont cette fois-ci opposé leurs vétos, échaudées par l’aventure Lybienne où la résolution censée protéger les populations civiles s’était transformée en blanc-seing pour un renversement de régime.

 

Si le droit international n’est que la codification d’un rapport de forces, Carl Von Clausewitz disait de la guerre qu’elle est "la continuation de la politique par d’autres moyens". Les Etats-Unis ont montré avec la guerre d’Irak en 2003 qu’ils étaient bien capables de se passer de l’aval des Nations Unies. Dans les années 2000, l’administration Bush avait établi un projet de "grand Moyen-Orient" où il était question d’exporter la démocratie par la guerre. Mais cette stratégie a montré ses limites. D’abord, de telles guerres se sont révélées longues, coûteuses et aux issues incertaines. En Afghanistan (2001-), les troupes Etasuniennes ne se sont toujours pas retirées et le gouvernement d’Hamid Karzaï est toujours en lutte contre les Talibans ; en Irak (2003-2011), la guerre directe a ensuite cédé place aux attentats anti-Etasuniens et aux affrontements "Chiites contre Sunnites". Ensuite, il y a le risque d’une déstabilisation régionale qui peut se retourner contre l’occident. L’Iran a par exemple tiré avantage de la chute du pouvoir Taliban en Afghanistan et de celui de Saddam Hussein en Irak (où l’actuel gouvernement est Chiite). Enfin, il y a pour les occidentaux le risque d’une démocratie qui ne les arrange pas (les législatives de 2006 en Palestine ont par exemple été remportées par le Hamas) ; on se souvient aussi de Mohammad Mossadegh renversé en 1953 par l’Angleterre et Etats-Unis pour avoir voulu nationaliser le pétrole Iranien.

 

En Syrie, une guerre directe parait une fois de plus compliquée. Tout d’abord, Bachar al-Assad est soutenu par une majorité de la population. La Syrie compte plusieurs minorités (Druzes, Chrétiens, Kurdes, Alaouites, ...) et l’état laïc leur assurait jusqu’ici la paix civile. De plus, contester le régime en place ne signifie pas soutenir une agression étrangère, laquelle engendre au contraire un fort sentiment d’union nationale. A l’étranger, la Syrie bénéficie de soutiens importants : ceux de l’Iran et du Hezbollah (qui ont reconnu être ouvertement impliqués dans le conflit) et celui de la Russie (qui lui fournit une grande partie de son équipement militaire). Quant aux ennemis d’Al-Assad, ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts dans le conflit. La Turquie soutient les Frères musulmans mais redoute la montée en puissance des Kurdes (qui avaient pu créer un gouvernement régional en Irak après la chute de Saddam Hussein), le Qatar soutient aussi les Frères musulmans tandis que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes ; Israël quant à lui redoute peut être plus la confrérie (le Hamas Palestinien est une branche de cette organisation) que le régime actuel qui ne le menace pas directement ; enfin, si les occidentaux ont montré qu’ils pouvaient s’entendre avec certains courants politiques comme les Frères musulmans, leur présence s’est plutôt révélée impopulaire dans la région où ils ont été la cible de nombreuses attaques.

 

Rien de tel dans ces cas là qu’une guerre indirecte : on économise ses troupes tout en entretenant le chaos à distance, chaos duquel on finira bien par tirer notre épingle du jeu. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont reconnu armer les opposants depuis le début ; la Turquie permet aux combattants étrangers de traverser son territoire puis de s’y replier lors des combats ; quant aux Etats-Unis et à la France, d’abord fournisseurs d’armes "non létales", ils ont décidé plus récemment de passer à la vitesse supérieure. Encourager les défections est aussi un moyen d’affaiblir le régime tout en recyclant le savoir-faire politique et militaire. Si apprendre du plus fort qu’on est dans le mauvais camp donne déjà à réfléchir, l’argument financier fait aussi son effet. Lorsqu’en Mai-Juin 2011, l’Union Européenne et les USA avaient adopté des sanctions financières contre les dignitaires du régime, le parti Baas avait alors connu des défections massives. Quant à l’ancien premier Ministre Riyad Hijab, ses avoirs ont été dégelés au lendemain de sa défection en Août 2011. Enfin, le conseil de transition (CNS devenu CNFOR) est pour les puissances étrangères un moyen de contrôler l’issue du conflit, militairement d’une part (contrôle de la livraison d’armes, pilotage des opposants armés de l’ASL, ...) et politiquement d’autre part (mise à l’écart de certains groupes tels que les Kurdes lors du remodelage du CNS en CNFOR, élection d’un expatrié Etasunien - Ghassan Hito - comme premier ministre, ...).

 

En continuant d’armer l’ASL et en refusant toute négociation avec le régime, l’opposition écarte durablement toute possibilité d’apaisement. L’attaque chimique du 21 Août 2013 fait d’ailleurs figure de prophétie auto-réalisatrice après la menace d’Obama un an plus tôt (franchissement de la "ligne rouge"). Peu importe le manque de preuves, les déclarations de Carla del Ponte (ancienne procureur du TPI, membre de la commission d’enquête en Syrie) ou l’arrestation à la frontière Turque de membres du Front al-Nosra en possession de gaz Sarin ; c’est à mettre une fois de plus sur le compte de Al-Assad. Sauf que la situation n’a pas avancé sur le terrain où les djihadistes (non contrôlés par la CNFOR) semblent par ailleurs devenus la force d’opposition majoritaire. Après le refus du parlement Anglais de toute action militaire, les USA décident eux aussi d’attendre l’avis de leur congrès, tirent quelques missiles en Méditerranée (peut être pour tester la défense anti-aérienne de l’ennemi) puis acceptent finalement la proposition Russe de désarmement de l’arsenal chimique Syrien. Quant à la France, voyant écarté son projet de résolution particulièrement belliciste, elle n’en demeure pas moins déterminée à lutter contre la tyrannie ... avec l’Arabie Saoudite.


http://www.legrandsoir.info/la-syrie-pays-de-tous-les-enjeux.html

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 17:37
MOSCOU, 8 avril - RIA Novosti

La position de l'élite politique occidentale sur la réunification de la Crimée et de la Russie est empreinte de doubles standards, une attitude qui sert les intérêts des USA  mais ne profite en rien à l'UE, considèrent des experts français et suisse interrogés par RIA Novosti.

Evoquant ce "deux poids deux mesures", François Asselineau, président du parti politique Union populaire républicaine (UPR), parle d'une ironie de l'histoire, rappelant que lorsque le chef de la diplomatie américaine actuel John Kerry occupait le poste de président de la commission des Affaires étrangères du Sénat US, il avait soutenu le référendum au Sud-Soudan.

"Il est allé soutenir le référendum en disant que c'est formidable, que c'était la diplomatie (…) alors qu'il s'agissait d'un référendum limité à une petite région du Soudan et maintenant, trois ans après, qu'il est le secrétaire d'Etat, il s'indigne, se scandalise de l'organisation d'un référendum en Crimée qui est exactement de la même chose", a indiqué l'homme politique français avant d'ajouter que les exemples étaient nombreux. 

Charles Sannat, directeur économique du site AuCoffre.com,  partage son avis: "Aujourd'hui on transforme la réalité, on explique que le référendum qui a été fait en Crimée (…) est illégal, tandis que le droit à l'autoidentification des peuples existe. Le résultat du vote est incontestable: la Crimée souhaite se rattacher à la Russie et nous en France nous sommes en train de défendre un pouvoir qui est issu d'un coup d'Etat, et que le président Obama a qualifié lors d'une conférence de presse de gouvernement légitime et élu".

François Asselineau, président du parti politique Union populaire républicaine

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D'après M.Sannat, la France a été entraînée par ses élites politiques dans un "schéma de propagande" antirusse ou plutôt américanophile. 

Pour comprendre ce qui se passe actuellement en Ukraine et dans le monde en général, François Asselineau propose de se souvenir de l'histoire: à l'issue des trois Conférences qui ont suivi à la Seconde Guerre mondiale, "l'Europe a été partagée entre l'URSS et les Etats-Unis comme zones d'influence", rappelle-t-il. 

De son côté, "Joseph Staline a organisé des coups d'Etat dans les pays de l'est européen pour y placer des régimes communistes. Du côté occidental, ce n'était pas aussi facile que ça car les Etats-Unis prétendaient être un pays démocratique. (…) Washington a lancé la construction européenne à partir de 1950". 

Au moment où l'Union soviétique s'est effondrée, l'OTAN devait perdre sa raison d'être, tel était l'avis du le général De Gaulle. Mais c'est le contraire qui s'est produit. Washington a lancé deux projets en même temps: l'OTAN d'une part et l'UE de l'autre, souligne M.Asselineau. 

"Il s'agit d'une entreprise de domination géopolitique. Le programme se poursuit et le projet américain est de faire entrer maintenant l'Ukraine dans l'UE et dans l'OTAN. (…) Les Etats-Unis veulent refouler au plus profond du continent eurasiatique la puissance russe". Quant aux Français, ils sont les jouets de toutes ces opérations, considère-t-il. 

"Du côté occidental, on s'est efforcé depuis vingt ans de gagner, de conquérir, d'annexer idéologiquement, économiquement et militairement, essentiellement en soutenant le nationalisme, ceux des nationalismes qui étaient pro-occidentaux contre des identités qui étaient anti-occidentales", note de son côté Slobodan Despot, écrivain et éditeur suisse. 

La position des pays de l'UE sur la question s'expliquerait par la méconnaissance de la réalité sur le terrain. 

"Je pense que la France et les pays occidentaux, et notamment l'Europe, ne bénéficient pas d'une information objective sur la situation réelle d'une part de la Russie mais aussi de l'Ukraine. Je pense que beaucoup de gens n'ont pas tout à fait intérêt à ce que l'on prenne la mesure de ce qui se passe réellement", précise Christian Cambon, sénateur-maire de Saint-Maurice.

D'après ce dernier, l'Europe reste marquée par l'image que les Américains ont imprimée à la Russie, alors que les temps ont changé et que l'Union soviétique a donné naissance à un autre pays.  

Charles Sannat ajoute de son côté que les médias jouent un rôle important dans la formation de cette image erronée. On "crée un ennemi de toute pièce, on le dépeint d'une manière absolument horrible, on fait monter progressivement le ressentiment". 

Selon lui, les Français commencent à se rendre compte que les choses sont beaucoup plus complexes que la formule "Vladimir Poutine le méchant d'une part et nous, les gentils, de l'autre".

 

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:38

vendredi 4 avril 2014, par Comité Valmy

L’amour fou de Manuel Valls pour Israël, le Qatar et le Maroc
Par : Jacques-Marie Bourget

Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls assistait aux matchs du PSG dans la loge VIP des Qataris et ne ratait pas une occasion de témoigner de son amitié pour l’émir de Doha et ses représentants à Paris. Mais le nouveau premier ministre soignait aussi ses relations avec les représentants du Maroc et d’Israël. Histoire de ne pas insulter l’avenir.

 

Même si d’aucuns voient en Manuel Valls une sorte de Caligula assassinant le père Ayrault, personne n’imagine l’ancien maire d’Évry dans la tunique de Néron… Et pourtant. Récemment, rentrant d’un voyage en Corse, où il était une fois de plus, censé mettre fin aux règlements de compte en série, Valls à bord d’un Falcon voyant dans le ciel de Paris enfumé de particules s’est mis à murmurer : « C’est Matignon qui flambe ». On peut supposer que, dans les rêves de celui qui était encore ministre de l’Intérieur, Jean Marc Ayrault n’avait pu échapper aux flammes. C’est non seulement le matin en se rasant que le natif de Barcelone se voyait déjà en haut de l’affiche, c’est aussi le soir en reposant sa brosse à dents dans le verre à eau.

 

 

Homme de réseaux, et celui de ses frères maçons n’est pas le moindre, Valls bétonne depuis longtemps les piliers de son avenir. Tournant le dos à l’idéologie du Grand Orient de France, où il est en loge, Valls oublie quand il le veut les règles établies par les maîtres qui veulent que la religion soit un opium du peuple. Ainsi, par le truchement de deux états, Manuel n’hésite pas à flirter avec les communautés religieuses. Pour être l’ami des musulmans, Valls s’appuie sur le Qatar, pour être celui des juifs, sur Israël. Finalement ce patron de l’Intérieur était très « extérieur », très braqué depuis longtemps vers l’étranger avant de devenir Premier ministre.

 

 

Aux petits soins pour le Qatar

 

 

Il y a longtemps que les Qataris, qui ne sont pas des sots, ont compris qu’ils pouvaient investir à long terme sur le jeune éléphant socialiste. L’ambassadeur de l’émirat-dictature en France, l’ineffable Mohamed Jaham Al-Kuwari (aujourd’hui affecté à Washington), a depuis longtemps couché le nom de Valls dans la liste de ses « poulains ». Quittant la place de l’Étoile, où il réside, le diplomate fait guider sa limousine jusqu’à Évry où il copine avec Valls. En 2009 le député-maire socialiste est invité au Forum de l’Éducation et de la Culture à Doha, une pantalonnade. En réalité, le but des Qataris n’est pas de mesurer le QI des ministres et députés français, mais de s’attacher, à long terme, leurs bonnes grâces. En 2009, en marge du « Forum », on verra même le jeune Manuel se faire bronzer sur les bords de la piscine de l’Ambassade de France, aux côtés de Fadela Amara, ministre de Sarkozy. Valls pense que le Qatar peut investir dans sa ville. On imagine même une joint-venture pour le lancement d’une entreprise de haute technologie… Le futur Premier ministre, qui ne sait pas tout, ignore que le plaisir du Qatar est d’investir dans la pierre et le sport, pas dans l’industrie française. Tant pis, cette déconvenue n’entame pas l’amitié.

 


Fin décembre 2011, c’est un Valls tout excité qui, en tant que directeur de la campagne de Hollande, travaille pour établir un pont entre son champion et l’émir totalitaire de Doha. À l’hôtel Royal Monceau, propriété qatarie, Valls prend le café avec son ami l’ambassadeur. Finalement, en janvier 2012, dans le plus strict secret, Hollande rencontre « HBJ », Hamad Ben Jassim, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Doha, l’homme le plus riche du monde. Le socialisme ayant la pureté du cristal, il est bien entendu que la conversation n’a pas porté sur un quelconque « sponsoring » qatari à la cause socialiste, mais uniquement sur l’avenir de la Corrèze. Pendant longtemps Valls manifestera une forme d’inquiétude sur une éventuelle fuite à propos de ce rendez-vous, plus discret qu’une rencontre galante.

 

 

« Talent », « gentillesse », « élégance »

 

 

Puis, alors qu’il est devenu ministre de l’Intérieur, Doha va être un fidèle soutien d’un pan de la politique de Valls, celle des Cultes. L’argent du Qatar wahhabite, c’est-à-dire salafiste, va aider le gentil Manuel à tenir en main les musulmans comme Sarkozy avait commencé à la faire. En finançant des mosquées, des centres culturels et autres universités islamiques, Doha assure une sorte de paix coranique. Le ministre semble ignorer que, dans son dos, Doha rêve d’embrigader la jeunesse de nos « quartiers ».


À l’automne 2013, lors de la cérémonie de départ du très regretté Mohamed Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur, la ministre est présent. La fête est œcuménique puisque deux autres anciens « Premier flic » Guéant et MAM sont également présents. Valls, au moment des larmes d’adieu, y va de son couplet : « Nous voulons vous témoigner toute l’amitié que nous vous portons. Plus de dix ans passés en France, ce n’est pas rien. Quand on connaît votre talent, votre gentillesse, votre élégance », au service d’un « partenariat stratégique. Nous savons tous ce que nous vous devons… Le Qatar est un ami de la France ». Tant pis si, de son côté le méfiant Ayrault, que l’on regrettera peut-être bientôt, déclare : « Moi, avant d’aller au Qatar, je réfléchirai »…

 


Après la sortie du livre « Le Vilain Petit Qatar », un peu inquiet de se voir exposé en ami aux côtés de ces nababs de Doha qui financent le jihad au Mali, Valls prend contact avec Nicolas Beau l’un des auteurs du livre : « Vous me décrivez comme un ami du Qatar, mais pas du tout. Je suis contre l’islam wahhabite et l’influence qu’il exerce en France. J’ai l’intention de réformer le mode de financement des mosquées en France… ». La duplicité est une autre face du nouveau Premier ministre.

 

 

La main tendue à Israël

 

 

Son lien avec Israël, qu’il exprime au grand jour dès qu’il en a l’occasion, Valls dit le tenir de la rencontre avec sa seconde épouse qui est de religion juive : « Par ma femme je suis lié pour toujours à la communauté juive et à Israël. » Dès cet instant celui qui est aujourd’hui le Premier ministre vit dans un état fusionnel avec l’état hébreu. En novembre 2012, lors de l’anniversaire de Radio J, celui qui est ministre de l’Intérieur se déclare « résolument engagé aux côtés d’Israël ». De cette prise de position à son combat contre Dieudonné, Valls ne va pas dériver d’un pouce de sa trajectoire. Déjà, en 2011, il signe dans Le Monde une tribune déclarant le boycott d’Israël comme « une arme indigne » avant de s’opposer à la reconnaissance de la Palestine par l’ONU. Le 3 avril 2012, quelques jours avant l’élection présidentielle, le futur patron de Beauvau signe, à la Maison de la Mutualité, « Le Pacte des Amis d’Israël ». Ministre, dès qu’il voyage là où existe une organisation confessionnelle juive, comme aux États-Unis, Valls lui rend visite. En France, ses amis comme le journaliste Claude Askolovitch, le publicitaire Stépane Fouks ou le criminologue et chef franc-maçon Alain Bauer sont autant de passerelles vers la « communauté ».

 


Lors d’une soirée à la grande synagogue de la Victoire, le ministre de l’Intérieur invite les jeunes juifs « à ne pas avoir honte de porter la kipa dans la rue ». Une certitude, cet homme sans convictions restera l’ami numéro 1 d’Israël. Si, par hasard, la diplomatie française devait reprendre du poil de la bête, on se demande comment le Premier ministre de la France pourrait jouer un rôle crédible dans un dossier du Moyen-Orient.

 

 

Son ami le Roi

 

 

Un autre pays ami de Valls, c’est le Maroc. En 2011, après avoir récolté la dernière place à la « primaire » socialiste, le jeune militant « rouge » reçoit les insignes de commandeur du Wissam alaouite, le club très fermé des meilleurs amis du Maroc en France. Voilà qui fait joli au revers de la veste et ouvre bien des portes. Lors de l’une de ces si conviviales cérémonies que le futur chef du gouvernement semble adorer, petite fête présidée par l’ambassadeur du Maroc en France, Mostafa Sahel, le maire d’Évry se dit « ému par le geste de Sa Majesté le Roi Mohamed VI ».


Il n’y a qu’un pas de la République au trône alors qu’au même moment un « printemps » vient d’embraser le monde arabe. Les premières manifestations ont lieu à Rabat et Casablanca. Mohammed VI annonce alors une réforme constitutionnelle… qui sera adoptée à 99 % des voix ! « Ce qui se passe en ce moment au Maroc est un élément très important en termes d’exemplarité pour les autres pays de la région » déclare Valls qui s’entraîne à la politique étrangère. En réalité, sauf aux yeux de Valls et des flagorneurs, cette "exemplarité" était passée inaperçue. Mais saisissant pour en faire un gros titre, le jugement du ministre français de l’Intérieur la presse marocaine, aux ordres, peut entonner son clairon. Manuel avait à se faire pardonner. Pour avoir un jour exprimé qu’au sein d’une manifestation culturelle « ça manquait un peu de blancs », Valls s’était mis à dos bon nombre de marocains résidents à Évry.

 

 

Un clin d’œil aux Algériens

 

 

Si, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, Valls a beaucoup voyagé en Afrique, on ne peut pas dire que l’Algérie ait déroulé sous ses pas des parterres de fleurs. À l’automne 2012, lors d’une rencontre bizarre, le ministre est venu à Alger pour parler du Sahel, prérogative qui, théoriquement, semble dévolue à Laurent Fabius… À cette occasion, le Premier ministre rencontre son homologue de l’Intérieur, mais aussi le Premier ministre, celui des Affaires étrangères et le Président.


Valls avait alors parlé de la « très grande détermination de la France dans sa lutte contre toutes les formes de terrorisme ». Et ajouté : « Sur ce point de vue nos amis algériens partagent la même détermination ». Dans un dossier abordé avec le ministre des Affaires étrangères (l’actuel président du conseil constitutionnel), il y était question d’une résolution pressant les pays de l’Ouest-africain de préciser leurs plans en vue d’une intervention militaire pour reconquérir le nord du Mali contrôlé par des islamistes extrémistes. Sur ce sujet, qui peut fâcher, puisque Alger a la réputation de couver « ses » islamistes » comme des œufs, Valls avait fait une déclaration très conciliante : « Je crois que le ministère des Affaires étrangères de l’Algérie, en disant qu’il se reconnaissait dans cette résolution, indique bien que les divergences entre l’Algérie et la France sont quelquefois surfaites sur ce sujet ».


Contrairement à ce que Hollande avait suggéré maladroitement dans l’une de ses célèbres petites blagues – « Valls est revenu vivant d’Algérie ? » - le pouvoir algérien n’a jamais eu l’intention de retenir Valls en otage. La vraie blague, grandeur nature, c’est que l’ami Hollande ait nommé Premier ministre son directeur de campagne, le plus mauvais candidat à la « primaire » socialiste.

 

Par ailleurs, victime collatérale, avec cette arrivée de Valls à Matignon, Georges Ibrahim Abdallah est en passe de devenir le plus vieux prisonnier politique de la planète. Un haut fonctionnaire en poste dans un cabinet d’un ministère « régalien », aujourd’hui libéré de sa mission, nous a fait des révélations. Selon ce serviteur de l’État, dès que Valls est arrivé au ministère de l’Intérieur, ce ne sont plus les ambassadeurs des États-Unis et d’Israël qui se sont rendus place Beauvau en cas de doléances, mais c’est le ministre lui-même qui se déplaçait directement dans ces ambassades afin d’y discuter des affaires communes. Ainsi, alors que Fabius et Taubira sont favorables à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Manuel Valls se faisant par là le porte-parole de Washington et de Tel-Aviv, met son veto à la libération.


Abdallah est accusé d’avoir commis trois attentats, en France en 1984, contre trois diplomates, deux Américains et un Israélien. Deux seront tués et le troisième grièvement blessé. On peut rappeler que le sort réservé à ce prisonnier libanais a toujours été étrange. Dans ses mémoires Jacques Attali n’évoque, comme accusation, que le fait de « détenir un faux passeport algérien »…


La France s’est plusieurs fois engagée sur la libération de ce responsable des Fractions Armées Libanaises, avant, à chaque fois, de se raviser. Puis, la DGSE a placé, au sein de la défense du militant marxiste, un avocat français lui-même agent des services spéciaux. Enfin, lors du procès, les observateurs médusés ont eu à analyser un dossier d’instruction étrangement monté. Ainsi, Abdallah était-il accusé par l’investigation d’un policier ayant découvert une valise qualifiée « d’accablante », dans une ancienne cache du militant libanais. Première remarque, dès que la valise est ouverte, ce policer magicien s’est montré capable de désigner, entre plusieurs revolvers, celui utilisé pour commettre les attentats… Puis, toujours dans la valise, les enquêteurs ont aussi retrouvé une bouteille de Corrector portant les empreintes d’Abdallah. Mais, hélas pour la bonne marche de la vérité, un dernier élément vient détruire les arguments précédents. Dans cette si bizarre valise, on trouve aussi un journal datant d’une période postérieure à l’arrestation du militant nationaliste arabe… Autrement dit, il est impossible que le guérillero planétaire ait lui-même rempli cette valise. Une main innocente a donc accumulé les objets à l’intérieur du bagage après qu’Abdallah ait été mis en prison…

 

Au mois d’octobre prochain, Abdallah va « fêter » sa trentième année de cellule. Alors que les membres d’Action Directe ont tous été libérés. Ce n’est pas la dernière ascension de Valls qui va faciliter un élargissement de ce nationaliste. Liberté réclamée aussi par de nombreux citoyens français et libanais.

Ainsi va le monde.

Jacques-Marie Bourget

Origine jeune Afrique  

Grand reporter et écrivain, Jacques-Marie Bourget commence sa carrière chez Gallimard à la NRF puis enchaîne l’ORTF, L’Aurore, Le Canard Enchaîné, L’Express, VSD, le Sunday Times, Paris-Match et Bakchich.
 En 1986, il a obtenu le Prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 17:16

Pourquoi Hollande s’est-il senti conforté dans ses orientations

 

Claque, gifle, dès la publication des résultats les commentateurs  n’ont pas été avares de superlatifs pour qualifier l’ampleur du désaveu,  on peut même subodorer que s’ils n’ont pas usé de la terminologie coup de pied au c…  ils l’ont si fortement pensé que beaucoup ont cru l’entendre y compris Hollande qui, plagiant médiocrement un homme  politique de renom a cru devoir tenter de nous faire comprendre qu’il avait compris l’avertissement.

 

C’était un leurre. Il a maintenu le cap et choisi pour l’accompagner Emmanuel Valls,  dont la posture droitière n’a rien à envier à celle de Sarkozy et Copée. C’est l’homme le plus à droite du PS ; il est  plébiscité  par l’UMP et tout ce que la France compte de plus réactionnaire. Quoi  qu’il arrive, y compris  une fronde au sein du PS, ce gouvernement disposera d’une large majorité  pour sabrer le pouvoir d’achat, poursuivre la casse de la protection sociale.

 

Treize des ministres retenus appartenaient à l’équipe précédente. Les mesures annoncées restent les mêmes, seule  l’appellation  change avec un  objectif faire croître les profits : Sans le moindre contrôle sur les mouvements  spéculatifs ils se tourneront immanquablement vers les paradis fiscaux et les pays à plus bas coûts.

 

Le pacte de responsabilité est renommé  réduction des cotisations sociales patronales qui sont accompagnées, pour la forme et surtout  l’alibi, d’une légère  baisse de celles appliquées aux  salaires soit quelques euros en plus pour ceux qui ont encore un emploi, qui verront leurs impôts s’envoler pour tenter de combler les trous, encore moins pour les précaires et les intermittents, rien pour les chômeurs, ne parlons pas des exclus réduits à la soupe populaire…

 

Le MEDEF qui disait déjà "il faut   une amélioration des marges des entreprises, donc une baisse massive du coût du travail et de la fiscalité (Sous entendu sur les entreprises) "  doit être satisfait.

 

Comment sera financée la protection sociale,  santé, maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, famille, retraite, sans même parler de la dépendance ? La réponse est en blanc mais nous savons déjà que, si nous ne nous en mêlons pas, nous devrons supporter des sacrifices supplémentaires.

 

Suspendu le temps de la campagne électorale le train de hausse est reparti  avec effet rétroactif en particulier pour l’électricité. Avec la fin des trente cinq heures c’est l’accélération  du chômage assurée. Il  n’avait pourtant pas besoin de ça pour progresser. 

 

Les gens qui nous gouvernent devraient savoir que la baisse du pouvoir d’achat réduit les débouchés sur le marché et par conséquent les  recettes fiscales, les déficits se creusent la dette augmente et en avant pour un nouveau tour de vis.  Soit ils ignorent les fondamentaux en matière économique soit ils nous prennent pour des imbéciles.

 

A moins qu’ils ne s’agissent d’autre chose.

 

Certes on peut interpréter le résultat du scrutin, des abstentionnistes aux suffrages  exprimés, comme un désaveu cinglant de l’action du gouvernement Ayrault et de la gauche auto proclamée en général. Mais était-ce un scrutin pour un changement d’orientation politique ou pour remplacer le présentoir ?

 

Sans contestation possible c’est le second terme de l’alternative qui l’emporte. En accordant leurs suffrages à la droite les électrices et les électeurs ont validé la seconde hypothèse. Une large majorité des candidats estampillés socialistes ou alliés avec eux ont toujours refusé de dénoncer la politique mise en œuvre depuis 2012. Ils resteront égaux à eux mêmes

 

 Dans ces conditions Hollande assisté cette fois de Valls avait toute latitude afin de  poursuivre dans la même voie. Il ne s’en est pas privé. Les verts ont effectué un replis stratégique en nous enfumant avec un réchauffement climatique qui piétine depuis près de vingt ans malgré l’augmentation des émission de carbone. Le PCF a pratiqué les alliances à la carte, ici dans la majorité présidentielle là dans une opposition  bridée par un européisme sans perspective. 

 

Villiers sur Orge n’échappe pas à la règle, la droite qui a toujours refusé de dénoncer la politique de Sarkozy conforte encore ses positions au second tour. Son  score associé   à celui de Villiers 2014 culmine à près de 62 %; Pire encore croyant  voter à gauche des électrices et des électeurs  ont accordé leurs suffrages  à des gens (messieurs Fraysse et Simons) qui eux aussi ont refusé obstinément de condamner la politique du tandem Ayrault Hollande, ce qui représente au total. 92  % (¹) des suffrages exprimés.

 

Un véritable plébiscite, un blanc seing que le président de la République s’est empressé d’utiliser sur le champ.

 

Seuls les abstentionnistes protestataires et une fraction de l’électorat résiduel de monsieur Chevrier, un européiste convaincu qui a part des mots « pieux » n’a proposée aucune alternative crédible ,  peuvent conserver  le bénéfice du doute mais c’est bien maigre.

 

Allons, le changement par les urnes n’est pas pour demain. A suivre...

 

¹ Résultats Municipales 2014 Villiers sur Orge

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:14

Par    Jacques Sapir

31 mars 2014

 

Au lendemain de ce qu’il faut bien appeler l’une des pires défaites subies par la « gauche de gouvernement » dans des élections locales, une défaite qui vit des villes gagnées par les socialistes il y a plus de 100 ans passer à droite (comme Limoges), le Président s’est décidé à remercier le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault et à nommer à sa place Manuel Valls. Le discours dans lequel cette décision importante fut annoncée fut pénible à entendre et encore plus à regarder. Un homme fatigué, au visage inexpressif, récitait ces banalités que savent trouver les politiques en ces moments-là, tel un oncle de province venu à un enterrement d’un vague cousin et qui récite sans trop y croire des condoléances. On a eu droit à « gouvernement de combat », et « équipe resserrée », des mots qui n’ont strictement aucun sens et qui sont usés d’avoir trop servi. La voix était mal posée et le Président buta à deux reprises sur les mots, comme si la décision lui coûtait. Et il est vrai que pour un homme d’habitudes, dont il est dit qu’il n’aime pas trancher, c’était tailler dans le vif que d’annoncer une telle nomination. Pourtant, cette décision pourrait s’avérer une redoutable erreur, et l’obliger à faire sous peu des choix qui seront autrement plus dramatiques.

 

Une erreur de casting

 

C’est une erreur d’abord car Manuel Valls ne répond pas à l’attente des Français, que ce soit sur le chômage ou le pouvoir d’achat. Non que l’homme soit sans qualités. Simplement, ces dernières ne sont pas la réponse à la question posée par le corps électoral, qu’il se soit manifesté ou qu’il se soit maintenu. Il n’est tout simplement pas en adéquation avec la situation du pays. Même dans la demande de « sécurité », qui est réelle, on mélange la sécurité des biens et des personnes, la sécurité sociale et surtout la sécurité de l’emploi. Or, Manuel Valls n’a pas de réponses aux questions posées. Et ce n’est pas la feuille de route laborieusement balbutiée par le Président qui peut lui en fournir. Il n’est pas possible de conserver le cap défini depuis maintenant plusieurs mois et de lutter contre le chômage. Les chiffres de ces 22 derniers mois le montrent de manière incontestable. Or, aujourd’hui, le chômage est bien la première des préoccupations des Français. La Président n’a pas évoqué sa malencontreuse promesse d’inversion de la courbe, et pour cause. Cette dernière ne cesse de monter. Mais, en plus, cette politique ne réussit même pas à réduire les déficits. Les chiffres publiés par l’INSEE en font foi. En dépit des hausses d’impôts, le déficit pour 2013 atteint 4,3%. Car, à chaque nouvelle ponction fiscale le PIB se réduit, ce qui réduit à son tour et mécaniquement les recettes fiscales. Notons que sans ce déficit, pourtant important, l’économie française serait plongée dans une profonde récession. Mais, c’est bien cher payer la résilience de la croissance, qui aura été de 0,3% en 2013. Si la France avait effectivement réduit son déficit à 3,7%, comme annoncé à Bruxelles en début d’année 2013, il y a gros à parier que nous serions en dessous de 0%. Le pacte de solidarité qui a été annoncé comme un « équivalent » au pacte de responsabilité mal ficelé, bricolé et rejeté par les partenaires sociaux, risque fort de donner lieu à son tour à un nouveau bricolage.

 

Une erreur de politique

Mais il y a erreur derrière l’erreur. En fait, François Hollande cherche à jeter du lest (un peu…) mais il reste persuadé que sa politique est la bonne. Ce en quoi il se trompe lourdement. La France souffre d’une problème de compétitivité, non seulement à l’export, mais aussi sur son marché intérieur. Le « pacte de responsabilité » ne va jouer qu’à la marge. Non seulement l’écart de compétitivité accumulé depuis 2000 du fait de la différence d’inflation structurelle avec l’Allemagne est trop grand, mais la hausse constante de l’Euro (justement dénoncée par Arnault Montebourg) creuse cet écart dans notre commerce avec les pays « hors-zone Euro ».

Graphique 1

 

Source : Bloomberg

Les experts du Ministère des finances ont calculé qu’une dépréciation de 10% par rapport au Dollar aurait un effet sur la croissance globale de 1,5%. Si l’on extrapole avec une dépréciation tant avec les pays « hors-zone » qu’avec les pays de la zone Euro, on aboutit à un potentiel de 5% de croissance avec une dépréciation de -20%. Mais, pour cela il faudrait quitter le zone Euro. Cela, notre Président s’y refuse, tout en sachant pertinemment que c’est la solution à la fois la plus simple et la plus efficace pour que l’industrie française retrouve sa compétitivité. Il ne peut concevoir que la monnaie unique soit un échec quand tout son intellect ne cesse de le répéter. Il y a quelque chose de tragique dans l’obstination d’une volonté contre l’intelligence. Et cette tension aussi était perceptible dans la courte allocution télévisée du Président. Il a même évoqué la possibilité d’une « renégociation » avec l’Europe des conditions économiques faites à la France. Mais ici, on n’est plus dans le domaine de l’erreur mais dans celui du mensonge. Car, ces conditions que François Hollande prétend « renégocier », il les a fait voter par le Parlement. On ne voit pas, dans ces conditions, ce que nos partenaires pourraient bien accepter de « renégocier ». La vérité, et l’on peut penser que François Hollande en est désormais conscient, c’est que l’Euro est un piège qui condamne la croissance et nous contraint à une austérité suicidaire. Mais, cette conscience est étouffée immédiatement par l’illusion que l’Euro est politiquement indispensable à l’Union européenne, alors même qu’il la détruit de manière implacable.

Dès lors, se refusant à prendre le choix logique d’une sortie de l’Euro, il ne reste plus à François Hollande qu’une politique faite d’expédients. Le dernier est la nomination de Manuel Valls à Matignon. Les effets positifs ne se feront sentir que quelques semaines, et le Président se retrouvera, après les élections européennes, dans une situation encore pire que celle qu’il affronte maintenant. Peut-être est-il dans son caractère de ne pouvoir se décider à prendre la mesure qui s’impose. Mais alors, il ne fallait pas briguer la fonction qu’il occupe. Présider, sous la Vème République, c’est gouverner. Et gouverner, c’est choisir.

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 17:32

Elections municipales deuxième tour  Villiers sur Orge

 

Scrutin du 30 mars 2014

 

 

 

Bureaux

 

 

1

2

3

Total

%

Inscrits

1054

  921

1068

 3043

 

Votants

623

588

741

1952

64,15

Bulletins blancs ou nuls

17

16

15

48

2,46

Suffrages exprimés

606

572

726

1904

97,54

 

 

                                                                                     

Ont obtenus

 

 

 

Total      

%

1 Elan solidaire Fraysse Simons             PS- écolo

233

163

227

623

32,72

2 Villiers Village Thérèse Leroux          UMP

242

274

340

856

44,96

3 Une autre voie pour Villiers Chevrier  PCF

51

59

57

167

8,77

4 Villiers 2014 Dhondt                           Droite

80

76

102

258

13,55

 

 

Pourcentages obtenus par les candidats dans les différents bureaux

 

 

Bureaux

1

Mairie

2

Malraux

3

Brossolette

1 Elan solidaire Fraysse Simons     PS- écolo

38,44

28,49

31,26

2Villiers Village Thérèse Leroux     UMP

39,93

47,90

46,83

3 Une autre voie pour Villiers Chevrier PCF

8,41

10,31

7,85

4 Villiers 2014 Dhondt                      Droite

13,20

13,28

14,00

 

Globalement Madame Leroux conforte ses résultats du premier tour,   plus 0,4 en pourcentage, 16 voix supplémentaires malgré une perte de 12 suffrages sur le bureau 3. Elle obtient 20 élus : + 1.

 

Malgré un taux de participation proche de celui du premier tour le nombre de votes blancs ou nuls est ramené de 73 à 48.

 

Elan Solidaire a obtenu 136 voix supplémentaire (4 élus : - 1) proche de l’érosion cumulée des électorats de Villiers 2014 75 voix ( 2 élus) et d’Une autre Voix pour Villiers 58 ( 1 élu) soit au total 133 suffrages.

 

Il est à noter qu’ en 2008 les listes conduites respectivement par messieurs Fraysse (35,42 %) et Simons (23,25 %) avaient cumulé 58,67 % des suffrages alors que cette année, ensemble, ils n’ont obtenu que 32,72 %. Il est vrai qu’ils s’inscrivaient dans la mouvance de l’actuelle majorité présidentielle.

Seule un examen détaillé des listes d’émargements permettrait d’apporter  quelques données complémentaires.

 

 

RESULTATS DU 2ème TOUR 2008 (pour mémoire)

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

2705

 

 

Abstentions

844

31,20

 

Votants

1861

68,80

 

Blancs ou nuls

37

1,37 

1,99

Exprimés

1824

67,43 

98,01

 

 

Liste conduite par

Voix

% Exprimés

Sièges
gagnés

M. Joseph SIMONS

424

23,25

3

M. Gilles FRAYSSE

646

35,42

5

Mme Thérèse LEROUX-LAMARE

754

41,34

19

 
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 21:48

Monsieur Dhondt, renie toujours son propre bilan.

 

 A monsieur Chevrier je dirai,  d’abord qu’on ne cherche pas à faire alliance avec des gens qui vous ont calomnié, ensuite  que le succès de madame Leroux n’est pas du à ses déboires avec son ex adjoint mais plutôt à  l’image qu’elle a su donner d’elle aux nouveaux habitants du plateau des Mollières et à l’impact de la transformation de la Seigneurie en Résidence sociale. Deux opérations, non pas sans reproches, mais  dont l’impact est, pour l’instant, jugé  positif. Les limites  apparaîtront dans un second temps.

 

Enfin je rappelle au tandem Fraysse – Simons que si  une municipalité, au sens large,   est constituée du conseil municipal, assemblée délibérante, ou des courants contraires peuvent s’opposer s’additionner voire s’annuler,  elle désigne également son exécutif, c'est-à-dire le maire et ses adjoints.  Ils ne peuvent, bien sur,  à eux seuls changer une politique nationale,c'est vrai.

 

Mais leurs administrés, qui subissent les conséquences des turpides de leurs amis au sein de  l’actuel gouvernement Hollande, responables de la nouvelle progteesion  du chômage, ne se sont pas privés de leur signifier leur ras le bol  de cette politique.  C’est sur cette base que la dégringolade de la gauche doit être appréciée. La droite étant actuellement sur la touche.

 

C’est la puissance, potentielle, du suffrage universel dont chaque citoyen et citoyenne devrait avoir conscience, qui peut  renvoyer à l’usine,  au bureau ou à la retraite, je ne leur souhaité pas le chômage,  tous ceux et celles qui multiplient les promesses sans lendemains.

 

C’est la raison d’être de l’association Alternative Citoyenne pour Villiers sur Orge  un outil à votre Service afin de promouvoir une gestion participative du plus grand nombre possible, en fait de tous ceux et celles qui souhaitent que ça change. La Délégation de pouvoir a fait son temps.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 21:02

Sur des évènements et des comportements qui ont marqué la décennie écoulée, spécificités villierraines.

 

 

Ils ont été à l’origine de l’échec de Chevrier lors des municipale de 2001, de Fraysse en 2008. Ils ont marqué de leur empreinte le premier tour de 2014.

 

 

L’analyse qui suit n’est pas exhaustive et mérite un prolongement. Il serait également utile pour une meilleure compréhension de lire mon intervention, tant que doyen d’âge, lors de l’élection de madame le maire en mars 2008, Elle est sur ce Blog ainsi que sur le site de la commune (Procès verbal de la séance du conseil mars 2008)

 

 

Ce qui suit ressort d’une réflexion personnelle que j’avais adressée, à l’issue du second tour de mars 2008, aux membres de la liste conduite alors par Gilles Fraysse et à quelques amis.

 

 

Etat des lieux

 

 

En face ne nous, le PS, le Modem, l’UMP et leurs électorats potentiels dont, pour l’UMP, les frontistes convaincus qui se sont reconnus dans la démarche de Sarkozy. Les soutiens extérieurs, politiques pour Lamarre Leroux, opportunistes pour Simons en prévision de l’élection à la présidence de la communauté d’agglo.

 

 

Nos atouts, l’enthousiasme, la bonne volonté, le passé, notre image dans la vie associative, avec cependant quelques bémols en particulier le fait que les parents d’élèves sont aujourd’hui avec des idées de droite en tête, cf. le résultat des élections de représentativité. Le mécontentement provoqué par la politique antisociale de Sarko, la faiblesse de l’équipe UPV, qui au premier comme au second tour est loin des scores réalisés par Duranton. Enfin le rejet de l’équipe Simons pour son absence de relationnel.

 

 

Contre nous la faiblesse de l’analyse politique (non pas au sens politicien mais étymologique) de ceux qui étaient censés avoir un peu d’expérience.

 

 

Sur l’analyse du scrutin proprement dit :

(Une analyse a toujours une dimension psychanalytique)

 

 

Seul un examen approfondi des listes d’émargement pourrait en découvrir plus.

 

 

A première vue :

 

 

Au second tour nous perdons 31 voix, mais en réalité certainement beaucoup plus, que sont venus compenser quelques abstentionnistes du premier tour. En évaluant à une vingtaine cela fait déjà 50 voix qui nous auraient remis dans la foulée de Lamarre Leroux.

 

 

Cette dernière a bénéficié des abstentionnistes du premier tour, à coup sur d’un transfert en provenance de Simons, également des nuls dont le nombre a diminué.

 

 

Sur les raisons :

 

 

Elles sont bien entendu multiples et se sont additionnées :

 

 

En 2008 après le premier tour j’avais adressé le message suivant à tous les colistiers ainsi qu’à Lydie Benoist première secrétaire de la fédération du parti communiste en Essonne :

 

 

…mais n'oublions pas que nous avons quasiment fait le plein sur les mécontents; D'une part ceux qui n'ont pas la mémoire courte, d'autre part ceux qui actuellement encore n'apprécient pas leur relationnel et leurs insufisances

 

 

L'enjeu ce sont les abstentionnistes plus ou moins bien informés qui peuvent inverser la donne avec en outre une partie, même infime de notre électorat du premier tour qui pourrait être déstabilisé. On peut mesurer ou nous a conduit l'utilisation du concept "La force tranquille" dans un contexte de désinformation et de dépolitisation. (ndlr: C’était en référence à la période 81 à 07 qui nous a apporté la droite la plus réactionnaire de ces soixante dernières années et pour cause l’opposition politique, qui a perdu ses fondamentaux, s’est « délitée » )

 


Simons l'a bien compris, il tire à fond sur cet électorat potentiel. Il accumule, sur son site, la matière du tract du samedi soir. Même s'il est hors de question de le démonter point par point il est néanmoins nécessaire de préparer les allumettes du contre feu sinon lundi matin le réveil pourrait se révéler pénible. Jf

 

 

Réponse Lydie

 

Jack,

 


Non, nous n’avons pas fait le plein, aux Régionales 2004 la liste « Unie à gauche » a réalisé 882 voix et Royal 1 060 voix.

 


Comparaison n’est pas raison mais il y a de la marge. Le « concept » « force tranquille » dont tu doutes nous a déjà mené à 39.6% soit 10% de plus que le maire. Si craintes il y a, c’est une poussée possible du score à droite car ils ont eux de la réserve. Sachons comme les colistiers le disent rester dans la « zen attitude » tout
en menant toujours campagne.

 


Quant à lundi matin, c’est le sommeil qui nous aura manqué.



Amitiés

 

 

Commentaires de JF : (après l’élection du maire)

 

 

Tout d’abord mon intervention de samedi matin, en tant que doyen, lors de l’élection du maire, montre qu’on peut exprimer ce que l’on a sur le cœur, être sévère mais juste, aller au fond des choses, tenir le langage de la vérité, sans être outrancier. .

 

 

Sans vouloir nier les influences externes, notre score du premier tour était l’expression de spécificités locales que chacun connaît ou a entendu parler du moins ceux qui vivent ici depuis plusieurs années. Ce n’est pas le concept de Force tranquille qui nous a amené les 676 voix du premier tour : Erreur fondamentale pour un ou une politique.( homme ou femme)

 

 

Dans le score de Ségolène il y avait pas mal de Modem. Quelques voix de « Huchons » étaient à notre portée nous ne sommes pas allés les chercher. Notre réponse au dernier tract de Simons est restée sur notre site qui n’a jamais eu le contenu et l’audience requis pour une telle élection. Le support papier a encore de beaux jours devant lui.

 

 

Patatras, vendredi soir (avant le second tour) sortent deux tracts, celui auquel j’ai fait référence ci- dessus, plus un tract ordurier auquel nous aurions dû nous attendre, dont nous aurions pu anticiper la réponse.

 

 

Discussion samedi matin, conclusion : comme à l’habitude, au nom de la ZEN attitude : « Il est urgent de ne rien faire » alors que Gilles Fraysse, Claude Chevrier et moi-même, nommément mis en cause avions toute latitude pour répondre par écrit tout en ayant - nous étions traînés dans la boue- la possibilité d’organiser une réunion dans la soirée pour rétablir la vérité. Nouveau refus au nom de la force tranquille. Flingués au coin du bois nous avons ainsi tendu la gorge au bourreau, en victimes expiatoires.

 

 

Le tour était joué. Renvoyés dos à dos, nous avons été sanctionnés, Simons encore plus que nous pour cette manipulation tardive, lui je ne l’avais pas prévu, du moins de cette importance, la droite avait le champ libre. Notre dernière ligne droite a été désastreuse. CQFD !

 

 

Est-ce à dire que nous ayons été sans reproches dans la période qui a précédé. Tous ceux qui nous ont rejoints ne doivent pas se sentir concernés par ce qui suit, néophytes, ils n’y sont pour rien. L’apprentissage est rude encore faut-il en tirer les enseignements.

 

 

Je noterai tout d’abord le fait que la droite et Simons ont géré sans réelle opposition structurée durant ce dernier mandat. Quelques exemples : Aucun contre feu sur les accusations portées à l’encontre des anciens élus, l’instauration des abattements à la base en matière de fiscalité locale a consisté à déshabiller, Pierre pour habiller Paul avec comme conséquence de réduire les reversement de l’état au titre des dégrèvement qu’il octroyait alors qu’il aurait fallu dénoncer l’obstruction de la droite et de Villiers Ensemble à l’agrandissement de la zone d’activité dont les rentrées de TP aurait permis de soulager les uns sans pénaliser les autres .

 

 

Rien sur la libération du Coefficient d’occupation des sols, au delà du nécessaire, à l’intention du centre de rééducation fonctionnelle, dont il est prévu, parait-il, mais c’est à vérifier, qu’il soit doté d’un centre de radiologie performant dont on peut imaginer qu’il sera accessible en priorité à ceux qui peuvent financièrement se l’offrir. Rien sur la densification des zones UH sur le PLU…, Thérèse au moins s’est abstenue. Pas grand chose sur le Skate Park communautaire, silence ou presque sur l’abandon du futur point Poste, aucun relais sur la pétition demandant le renforcement du réseau Internet haut débit qui pouvait être l’occasion de relancer le débat sur la casse des services publics.

 

 

Rien sur les raisons profondes qui ont présidées à l’adoption par le parlement de la loi Chevènement puis ensuite à sa mise en œuvre. C’était la panacée parait-il.

 

 

J’ajoute que nous avions Leblanc et moi saisi le maire ( Chevrier) et les élus lors des premières tentatives de privatisation de EGF, la seule intervention en conseil municipal fut celle de Simons.

 

Que dire de l’adoption, dernièrement, du marché pour l’entretien des chaufferies et la fourniture de combustible avec un surcoût près de 50 % par rapport à l’existant ! Qui fut renégocié après mon intervention mais qui reste encore élevé.

 

 

Ensuite l’annonce trop tardive d’une véritable candidature de Gauche les uns étant à la recherche d’un compromis avec Simons dont chacun sait qu’il n’en voulait pas car trop préoccupé par la conservation de ses privilèges, les autres absents ou en attente de je ne sais quoi, peut être du strapontin qui s’est dérobé.

 

 

Premier tract en décembre (2007)? Je crois, date à vérifier, il n’était pas trop tard, à condition de lancer le turbo. Hélas ce ne fut pas le cas. Plus d’un mois pour le 4 page, réécrit trois fois, censé démolir l’équipe sortante, le reste à l’avenant avec la hantise permanente d’égratigner quelqu’un, le souci de rester dans la neutralité, nous avons failli avoir le même programme que Simons et Thérèse alors qu’il s’agissait aussi d’une élection politique, ce que nos adversaires se sont chargé de nous rappeler mais à nos dépends.

 

 

D’aucuns diront oui mais si nous n’avions pas eu Chevrier…Ne pas avoir Claude eut été céder au chantage, passer sous les fourches Caudines. J’assume la position qui a été la mienne dans cette affaire, je regrette seulement qu’elle ne soit pas venue plus tôt sur la place publique à son initiative et à celle de ses conseillers ce qui aurait permis de régler leur compte à tous ceux qui ont été à l’origine de cette vilenie.

 

 

C’est le passé, récent et plus ancien, qui nous a fait rois au premier tour (de 2008), nous aurions du le cultiver, avec humilité et non pas le renier et surtout dénoncer plus fortement la politique de déclin social conduite par Sarkozy pour attirer les mécontents de droite comme de gauche.

 

 

Quelques années de pratique et de luttes syndicales m’ont permis de constater, que contrairement à celui de gauche, une fraction importante de l’électorat de droite ne suit pas benoîtement ceux qu’il a élu sinon il y a longtemps que nous serions tous plumés.

 

L’euphorie du premier tour nous a privé de la lucidité nécessaire.

 

 

Après la réunion de jeudi soir au foyer (après second tour)

 

Autosatisfaction majoritaire.

 

 

La campagne a été super, nous avons perdu car Villiers est à droite alors que pendant la campagne c’était, « ne faisons pas de politique, ou le mois possible ça va nous perdre » pourquoi nous présenter dans ces conditions ? Etait-ce pour que nous donnions l’image d’une frange molle, centriste politiquement asexuée, Modémiste ? Alors que la place était déjà occupée non seulement par Simons mais également par une Thérèse doucereuse.

 

 

On a pu aussi entendre : Nous ne pouvions gagner avec deux listes divers gauche ; ce qui est contradictoire par rapport à l’assertion précédente d’une majorité droitière à VSO. L’électorat PS qui s’était porté sur la liste Chevrier au second tour de 2001 est resté cette fois avec Simons (au premier tour).

 

 

Si Villiers sur Orge est majoritairement à droite pourquoi pouvions nous songer à la victoire sans politiquement combattre alors que nous nous affichions, de gauche, communistes, socialistes verts, progressistes ? Le même raisonnement vaut pour le plan national faut-il attendre, l’arme au pied que Sarkozy poursuive dans la voie du déclin social et qu’un vote significatif de protestation se porte comme hier sur un Le Pen en gestation. Que propose la gauche aujourd’hui (le terme pris dans sa signification actuelle) rien sinon un ravalement de la gauche plurielle sur la base d’un cheval PS et d’une alouette alibi.

 

 

Il y a gros à parier que demain l’échiquier politique français se décomposera comme suit :

 

 

Un rassemblement radical de droite, incluant les déçus de tout, ex et futurs électeurs frontistes sous l’égide de Sarkozy ou de son successeur. Le passé nous a pourtant enseigné que les chants désespérés n’étaient pas toujours les plus beaux.

 

 

Au centre les Modémistes, Bayrouistes, les ex transfuges du PS passés à l’ennemi revenant au bercail, les opportunistes et apparatchiks, carriéristes de tous poils,sentant le vent de la victoires et les postes à occuper, Ségolène et des pans entiers de l’électorat du PS leurrés par le social libéralisme ambiant pour un accompagnement loyal de la mondialisation capitaliste, dont on sait qu’elle n’a d’autre vertu que d’enrichir les riches des pays pauvres, d’appauvrir les pauvres des pays riches et de semer le désordre et la mort pour s’accaparer les ressources naturelles de la planète sous l’égide des Etats Unis.

 

 

A « Gauche », des groupuscules s’échinant pour s’accaparer les miettes, sur la base : « que le mouvement social, (en attente de relais politiques, que comme sœur Anne il ne voit pas venir), s’en mêle » - « luttez nous ferons le reste » mais sans réelles propositions de nature à stopper le déclin économique et social en cours, alors qu’il faudrait ouvrir une perspective en l’absence de laquelle les luttes ne peuvent que s’essouffler.

 

 

 

Et en avant pour une nouvelle alternance. L’alternative, ce sera pour plus tard, lorsque la vieille Europe sera devenue un désert économique et les travailleurs tous précarisés. Les restos du cœur ont encore de beaux jours devant eux, les dames patronnesses aussi.

 

 

En fait la gauche, depuis vingt ans, s’est contenté de répartir les miettes, de proposer ou mettre en œuvre ce qui peut être assimilé à des cautères sur une jambes de bois, alors que la droite, les financiers et le patronat se sont inscrits dans une démarche de classe pour reconstituer leurs profits rognés par les conquêtes sociales des générations

précédentes.

 

 

Passé quand tu nous tiens ! Au risque de me répéter je persiste et je signe.

 

 

Un scrutin, quel que soit son résultat n’est bénéfique que dans la mesure ou la campagne qui l’a précédé est de nature à faire bouger les choses, disons , plutôt les faire avancer dans l’intérêt de ceux qui nous suivrons dans la carrière, nos enfants et petits enfants.

 

 

Hors du contexte notre résultat est plus qu’honorable, beaucoup s’en satisferaient, mais voilà nous sommes à Villiers sur Orge et nous avons perdu sans avoir suffisamment semé le grain qui pourrait lever pour nous conduire vers un futur meilleur.

Jack Freychet

 

 

NB : Nous en sommes là. Je n’avais pas eu de réaction argumentée.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 17:33

Scrutin du 23 mars 2014

 

 

 

Bureaux

 

 

1

2

3

Total

%

Inscrits

1054

  921

1068

 3043

 

Votants

615

593

750

1958

64,34

Bulletins blancs ou nuls

28

17

28

73

3,73

Suffrages exprimés

587

576

722

1885

96,27

 

Ont obtenus                                                                                      Total       %

1 Elan solidaire Fraysse Simons     PS- écolo

184

137

166

487

25,84

2 Villiers Village Thérèse Leroux     UMP

233

255

352

840

44,56

3 Une autre voie pour Villiers Chevrier PCF

62

87

76

225

11,94

4 Villiers 2014 Dhondt                      Droite

108

97

128

333

17,67

             

 

 

Pourcentages obtenus par les candidats dans les différents bureaux

 

 

Bureaux

1

Mairie

2

Malraux

3

Brossolette

1 Elan solidaire Fraysse Simons     PS- écolo

31,34

23,78

22,99

2Villiers Village Thérèse Leroux     UMP

39,69

44,26

48,75

3 Une autre voie pour Villiers Chevrier PCF

10,56

15,10

10,52

4 Villiers 2014 Dhondt                      Droite

18,39

16,84

17,72

 

RAPPEL DES RESULTATS DU 1er TOUR 2008

 

Nombre

% Inscrits

  % Votants

Inscrits

2705

 

 

Abstentions

936

34,60

 

Votants

1769

65,40

 

Blancs ou nuls

62

2,29 

3,50

Exprimés

1707

63,11 

96,50

 

 

Liste conduite par

Voix

% Exprimés

Sièges
gagnés

M. Joseph SIMONS

498

29,17

0

M. Gilles FRAYSSE

677

39,66

0

Mme Thérèse LEROUX-LAMARE

532

31,17

0

 

 

 

 

Résultats comparés 2014/ 2008 premier tour

 

 

 

 Tête de listes

tendance

Suf. exprimés

%

 

2008

 

 Fraysse , Simons (2 listes)

Divers gauche

1175

68,83

    Leroux-Lamarre

Divers droite

532

31,17

 

2014

    Fraysse, Simons, Chevrier(3 listes)

Social libéralisme

712

37,78

    Leroux-Lamarre , Dhondt (2 listes)

Droite

1173

62,22

 

 

Premiers commentaires.

 

En 2008 il y avait 2 listes se réclamant de la gauche l’une avec gilles Fraysse, qui comprenait des candidats de sensibilités diverses allant de la gauche au centre droit, en fait des gens qui pour la plupart étaient connus pour être des opposants à la droite gouvernementale de l’époque,  ligne qu’ils allaient conserver durant le mandat Sarkozy pour s’inscrire ensuite  peu ou prou dans le cadre de la nouvelle majorité gouvernementale Hollandaise accompagnée d’une austérité pire encore que la précédente

 

Monsieur Simons est bien connu pour faire l’essuie glace de gauche à droite sur l’échiquier politique en fonction de ce qu’il pense être son intérêt du moment. Il restera un fervent soutien de la majorité PS écolos tant qu’elle restera au pouvoir.

 

Les 3 élus de Elan pour Villiers et les quatre de Renouveau Solidaire  (en désaccord  j’avais quitté le groupe) ont à deux reprise, en un an, refusé de dénoncer  l’étranglement financier des collectivité territoriales, ils n’ont pas abordé le sujet lors de la campagne électorale.

 

Monsieur Chevrier, un intermittent de la vie politique locale  n’a pas d’alternative à proposer sinon l’attente d’une auto transformation de l’Union européenne  interdite par les traités du même nom, c'est-à-dire le statu quo.

 

Les uns et les autres en ont payé le prix. La gauche Villiéraines sanctionnée par l’électorat s’est effondrée, les contribuables locaux et les usagers des services facturés par la commune en subiront les conséquences. La droite à fait son petit bonhomme de chemin, ses deux  listes ont totalisé 62,22 % contre 31,37 en 2008 pour la seule madame Leroux qui améliore nettement son score pour atteindre 44,56 %cette année malgré la concurrence de Dhondt.

 

Elan solidaire - Fraysse, Simons - ne recueille que 25,84 % des suffrage soit moins que le seul Simons en 2008 ( 29,7 %). Chevrier obtient 11,94. La « gauche » est passée de 68,83 à 37,78   %. C’est une incontestable sanction négative.

 

Qui peut encore oser dire que la politique menée au plan national, n’a pas d’incidence locale alors que les électrices et les électeurs viennent à l’occasion des municipales de manifester majoritairement  leur défiance à l’égard du gouvernement Hollande Ayrault,PS, Verts, écologie…

 

Croyant voter à gauche en 2012, leurs électeurs respectifs  ont contribué à mettre en place un système encore plus dur à leur égard, mais la droite trouve qu’il ne l’est pas encore assez. Ainsi nous savons déjà ce que nous réserve la prochaine alternance.

 

Mais il est une certitude, nous ne retrouverons pas le chemin du progrès économique et par conséquent social en restant sous la tutelle des traités européens, du FMI, de l’OMC, de la banque mondiale,  des Etats-Unis et des financiers qui veulent supprimer toute entrave aux investissements, d’où qu’ils viennent, dans le cadre du grand marché transatlantique (GMT) qui nous laisserait pieds et poings liés face aux puissances dominantes du moment les Etats-Unis et l’Allemagne dont nos gouvernants actuels et ceux qui aspirent à les remplacer, ne sont à de rares exceptions près que les laquais.

 

Il est grand temps de mettre les pieds dans le plat. En fait c’est ce que vous ont déjà proposé les membres de l’association ALERNATIVE CITOYENNE POUR VILLIERS et, au-delà,  c’est nécessaire sinon d’alternance en alternance  nous tomberons en permanence de Charybde en Scylla, nous n’aurions de choix qu’entre la peste ou le choléra.

 

J’avais il y a peu renvoyé les candidats dos à dos et proposer de tirer à la courte paille, aujourd’hui compte tenu arguments des uns et des autres durant la campagne , c’est la compétence qui doit prévaloir et dans ce domaine malgré nos divergences d’appréciations je n’en vois qu’une , je n’opterais pas pour l’aventure.

 

Ensuite ce sera aux villiéraines et aux villiérains de s’investir dans le gestion des affaires de leur cité pour faire valoir, jusqu’au plus haut niveau  des solutions qui leur soient les plus favorables possibles.

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 18:13

Par Mouna Alno-Nakhal (repris par J.Freychet sur Comité Valmy)

 

Attention la vidéo, adresse ci après, présentée à Genève par le comité syrien D.O.K [Défense of Knowledge] est dure, très dure, en particulier la première partie, elle n'est pas destinée aux enfants, personnes trop sensibles  s'abstenir.


https://www.youtube.com/watch ?feature=player_embedded&v=x0uXGoD2rQA

 

La personne qui interroge les témoins est le Docteur Nabil Fayad, citoyen syrien, originaire de la région de Homs mais résidant à Damas. Il est pharmacien, polyglotte, et versé en Théologie comparée des religions monothéistes.

 

La première partie [jusque vers 5’33’’] correspond à des séquences filmées par les terroristes de la brigade dite des soldats du Levant, ou « Jounoud al-Cham », dans l’enceinte du Krak des Chevaliers, libéré le jeudi 20 Mars 2014 par l’Armée arabe syrienne ; ce qui devient « Syrie : le régime reprend le Krak des Chevaliers aux rebelles » sous la plume de Georges Malbrunot du Le Figaro [1].

 

• Le « régime », et non les soldats d’une Armée qui a donné des milliers de vie pour défendre la patrie ! Encore heureux qu’il n’ait pas écrit le « régime alaouite ». Il a sans doute fini par comprendre, ce qui est rare parmi les journalistes et experts de l’Hexagone, que le Gouvernement syrien est non seulement farouchement laïc, mais que les Syriens sont absolument réticents à toute forme de confessionnalisme. Il leur parait donc inconvenant, aujourd’hui comme hier, de préciser le nombre de leurs ministres alaouites. Mais les journalistes ont certainement les moyens d’en faire le décompte. Si ce n’est déjà fait, ils seront vraiment très surpris.

 

• Aux « rebelles » ! Rebelles à quoi et à qui, sinon à « autrui » ? Mais l’inversion de la réalité [2] demeure indispensable pour nier que la Syrie fait face à une sale guerre où le terroriste est devenu rebelle, quand ce n’est pas le respectable révolutionnaire qui fait du « bon boulot » selon M. Laurent Fabius. Espérons, qu’il jugera la qualité de leurs performances, de visu.

 

La deuxième partie correspond aux témoignages des rescapés du massacre de la « Cité ouvrière de Adra » [3]. Elle est sous-titrée en Anglais. Vous constaterez qu’il est inutile de distinguer les Syriens par les malheurs qui frappent telle ou telle communauté. Distinction qui ne correspond pas, non plus, à la réalité. Le terrorisme a logé tous les Syriens à la même enseigne ; les Alaouites étant visés autant, sinon plus, que tous les autres.

 

Mais avant de visionner l’horreur, voici la traduction du « cantique des terroristes » qui ne figure pas en sous-titre.

 

Avez-vous vu les « Jounoud al-Cham » sur le terrain des batailles ?
Les avez-vous vus tracer la route vers le paradis des anges ?
Ils ont refusé de se soumettre aux offenses et humiliations.
Ils ont pris les armes pour la victoire du Miséricordieux.
Ils s’en sont allés rugissant tels des lions : Allah est grand !
Ô toi Homs la fière, reçois la bonne nouvelle,
La patience sera couronnée par la victoire, mes frères !
Ô Dieu, annonce-nous la victoire de notre Cham [Damas ou Levant],
Offre la victoire aux soldats de la justice de tous les temps !

 

Une « justice angélique » en effet, le démon est devenu ange !

Mouna Alno-Nakhal 21/03/ 2014

Notes :

[1] Syrie : le régime reprend le Krak des Chevaliers aux rebelles
http://www.lefigaro.fr/international/2014/03/20/01003-20140320ARTFIG00244-syrie-le-regime-reprend-le-krak-des-chevaliers-aux-rebelles.php

 

[2] « Ce qui se passe en Syrie n’est pas une révolution ». Par le Président Bachar al-Assad.
http://www.mondialisation.ca/president-bachar-al-assad-ce-qui-se-passe-en-syrie-nest-pas-une-revolution/5342188

 

Extrait :
« L’Occident par la voix de ses médias cherche inlassablement à nous faire tomber dans le piège des réalités inversées. Oui, je dirais comme vous que le renversement opéré est radical, que le juste est devenu illégitime et que l’injuste est devenu légitime. Ceux qui ont contribué à légitimer cette réalité inversée ont usé de stratagèmes politiciens et d’une large couverture médiatique. Oui, tout cela est sans doute bel et bien arrivé, mais cela n’implique absolument pas que nous adoptions leur point de vue ou celui de leurs médias ».

[3] Syrie : Un massacre nommé « Adra » http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article4167

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 15:53

Par Salim Lamrani

Région : Amérique latine & Caraïbe

Thème: Désinformation médiatique

 

 

Depuis le triomphe de la Révolution bolivarienne au Venezuela avec l’élection du Président Hugo Chávez en 1998 (jusqu’à 2013) et la victoire de son successeur Nicolás Maduro en 2013, El País, principal quotidien espagnol et leader d’opinion, a délaissé l’impartialité dans le traitement de la réalité de ce pays. Pis encore, le journal espagnol a abandonné le journalisme équilibré et nuancé au profit d’une critique systématique et à sens unique du pouvoir démocratiquement élu de Caracas.

 

Une démocratie ?

 

Dans une tribune du 9 mars 2014, El País expose son point de vue et déclare que « le Venezuela n’est plus un pays démocratique[1] ». Peu importe qu’il y ait eu 19 consultations populaires depuis 1998 et que les chavistes aient remporté 18 de ces scrutins au cours d’élections reconnues comme irréprochables et transparentes par tous les organismes internationaux, de l’Organisation des Etats américains à l’Union européenne, en passant par le Centre Carter. Mieux encore, l’ancien président des Etats-Unis, Jimmy Carter, qualifie le système électoral vénézuélien comme étant le « meilleur au monde[2] ».

 

La liberté de la presse

 

Le quotidien madrilène déplore « une asphyxie systématique de la liberté d’expression ». Là encore, l’affirmation résiste difficilement à l’analyse. Selon un rapport du Ministère de la Communication et de l’Information de 2011, en 1998, il existait au Venezuela 587 radios et télévisions dont 92,5% privées et 7,5% publiques. Aujourd’hui, elles sont 938 dont 70% privées, 25% communautaires et 5% publiques. La Révolution bolivarienne a au contraire multiplié le nombre de médias télévisuels et radiophoniques et le paysage médiatique est toujours dominé par le secteur privé. Loin d’être étouffés, les médias privés ont ainsi augmenté de 28,7% en 12 ans[3].

 

 

La Révolution bolivarienne, un échec ?

 

 

Un an après la disparition d’Hugo Chávez, qui a succombé à un cancer foudroyant le 5 mars 2013, El País dresse un panorama assez sombre de la situation vénézuélienne, par le biais de son correspondant à… Miami : « Chávez a légué une opportunité perdue, une économie en faillite qui ne tient que par l’endettement et la spéculation ». Le quotidien ajoute que « durant la dernière décennie de son gouvernement, le revenu pétrolier du Venezuela a été sept fois plus important qu’en 1998 quand il a assumé le pouvoir ». Cependant, « l’inflation et les pénuries, dont a souffert le pays de façon cyclique durant la dernière décennie, ont atteint des pics alarmants parmi les secteurs les plus pauvres[4] ».

 

 

A la lecture de ce bilan, on en conclut que la Révolution bolivarienne a été un échec. Mais en fait, El País occulte la réalité factuelle. D’abord, le quotidien madrilène omet de souligner que si le prix du pétrole a presque été multiplié par dix, c’est avant tout grâce à Hugo Chávez qui a réussi à réactiver une OPEP moribonde en limitant la production de pétrole et faisant passer le prix du baril de 16 dollars en 1998 à plus de 100 dollars aujourd’hui.

 

 

Ensuite, le journal évoque la situation des « secteurs les plus pauvres » sans fournir de chiffres et présente « l’inflation et la pénurie » comme des conséquences de la politique chaviste. En réalité, l’inflation a caractérisé l’économie vénézuélienne depuis au moins 70 ans et les statistiques disponibles sur la réalité sociale du pays apportent un démenti implacable au point de vue de El País.

 

 

En effet, de 1999 à 2011, le taux de pauvreté est passé de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%. Le taux de malnutrition infantile a été réduit de près de 40% depuis 1999. Cinq millions d’enfants reçoivent désormais une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. Ils étaient 250 000 en 1999. Le taux de malnutrition général est passé de 21% en 1998 à moins 3% en 2012. Selon la FAO, le Venezuela est le pays d’Amérique latine et de la Caraïbe le plus avancé dans l’éradication de la faim[5].

 

 

Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé. Le coefficient de GINI, qui permet de calculer les inégalités dans un pays, est passé de 0,46 en 1999 à 0,39 en 2011. Selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de GINI le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités[6].

 

 

En 1999, 82% de la population avait accès à l’eau potable. Ils sont désormais 95%. Avant 1999, seules 387 000 personnes âgées recevaient une pension de retraite. Elles sont désormais 2,1 millions à en bénéficier. Durant la présidence de Chávez, les dépenses sociales ont augmenté de 60,6%. Depuis 1999, 700 000 logements ont été construits au Venezuela. Le taux de chômage est passé de 15,2% en 1998 à 6,4% en 2012, avec la création de plus de 4 millions d’emplois[7].

 

 

Depuis 1999, le gouvernement a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples aborigènes du pays. La réforme agraire a permis à des dizaines de milliers d’agriculteurs de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres ont été distribués. En 1999, le Venezuela produisait 51% des aliments qu’il consommait. En 2012, la production est de 71%, alors que la consommation d’aliments a augmenté de 81% depuis 1999. Si la consommation de 2014 était similaire à celle de 1999, le Venezuela produirait 140% des aliments consommés au niveau national. Depuis 1999, le taux de calories consommées par les Vénézuéliens a augmenté de 50% grâce à la Mission Alimentation qui a créé une chaîne de distribution de 22 000 magasins alimentaires (MERCAL, Casas de Alimentación, Red PDVAL), où les produits sont subventionnés à hauteur de 30%. La consommation de viande a augmenté de 75% depuis 1999[8].

 

 

Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2047,52 bolivars (330 dollars) en 2012, soit une augmentation de plus de 2000%. Il s’agit d’un des salaires minimum en dollars les plus élevés d’Amérique latine. En 1999, 65% de la population active touchait le salaire minimum. En 2012, seuls 21,1% des travailleurs disposent de ce niveau de salaire. Les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalant à 60% du salaire minimum. Les femmes seules et les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum. Le PIB par habitant est passé de 4 100 dollars en 1999 à 10 810 dollars en 2011[9].

 

 

Depuis 1998, près de 1,5 millions de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 millions en 1998 à 13 millions en 2011 et le taux de scolarité dans l’enseignement primaire est désormais de 93,2%. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. Ainsi, le taux de scolarité dans l’enseignement secondaire est passé de 53,6% en 2000 à 73,3% en 2011. Les Missions Ribas et Sucre ont permis à des centaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. Ainsi, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 en 2000 à 2,3 millions en 2011, avec la création de nouvelles universités[10].

 

 

Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. Entre 2005 et 2012, 7 873 centres médicaux ont été créés au Venezuela. Le nombre de médecins est passé de 20 pour 100 000 habitants en 1999 à 80 pour 100 000 habitants en 2010, soit une augmentation de 300%. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 534 millions de consultations médicales. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. 1,7 millions de vies ont ainsi été sauvées entre 2003 et 2011. Le taux de mortalité infantile est passé de 19,1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012, soit une réduction de 49%. L’espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011. Grâce à l’Opération Milagro lancée en 2004, 1,5 millions de Vénézuéliens atteints de cataractes et autres maladies oculaires, ont retrouvé la vue[11].

 

 

Loin de l’image apocalyptique présentée par El País, la Révolution bolivarienne a été une indéniable réussite sociale. Ainsi, selon le rapport annuel World Happiness de 2012, le Venezuela est le second pays le plus heureux d’Amérique latine, derrière le Costa Rica, et le 19ème au niveau mondial, devant l’Allemagne ou l’Espagne[12].

 

 

Le cas du journal El País illustre l’incapacité des médias occidentaux – dont la plupart sont entre les mains de conglomérats économiques et financiers – à représenter de manière impartiale et équilibrée la Révolution bolivarienne. Il est une raison à cela : le processus de transformation sociale initiée en 1999 a bouleversé l’ordre et les structures établis, a remis en cause le pouvoir des dominants et propose une alternative sociétale où – malgré tous ses défauts, ses imperfections et ses contradictions qu’il convient de ne pas minimiser – les puissances d’argent ne règnent plus en maître, et où les ressources sont destinées à la majorité des citoyens et non à une minorité.

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 15:25

 

 

 

 

Les citoyens de la Crimée ont décidé eux-mêmes de leur destin par référendum et déclaré nettement et clairement leur désir d’être avec la Russie.

La Fédération de Russie n’est pas intéressée à voir l’Ukraine divisée, elle est prête à entretenir les relations amicales avec elle, à continuer à coopérer, mais elle protégera les millions des citoyens russes résidant sur le territoire de ce pays, a déclaré le 18 mars le président Vladimir Poutine au Kremlin dans le message extraordinaire adressé au parlement russe et à la direction de la République de la Crimée.

Immédiatement après l’intervention du président, l’accord intergouvernemental sur le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie a été signé. Ce jour entrera dans tous les manuels d’histoire.

Voici ce que le président a dit au sujet des événements dramatiques en Ukraine.

« Tout ce qui se passe maintenant en Ukraine nous inquiète beaucoup, et cette inquiétude est bien claire : en effet, nous ne sommes pas simplement des voisins proches, nous sommes en réalité un seul peuple. Kiev est la mère des villes russes. L’ancienne Russie est notre source commune. Nous ne pourrons pas nous passer les uns des autres. Je dirai encore une chose. En Ukraine, vivent et vivront des millions de Russes, de citoyens russes. Et la Russie protégera toujours leurs intérêts par des moyens politiques, diplomatiques, juridiques. Cependant, avant tout, l’Ukraine elle-même doit être intéressée à ce que les droits et les intérêts de ces gens soient garantis. C’est le gage de la stabilité de l’État ukrainien et de l’intégrité territoriale du pays. »

Mise en ligne CV : 19 mars 2014

Vladimir Poutine a déclaré que la péninsule avait été et resterait russe, aussi bien qu’ukrainienne, et celle des Tatars de Crimée, et que sa séparation de la Russie et son rattachement à l’Ukraine en 1954 ont été réalisées en violation des normes constitutionnelles et pour des raisons opaques. Le président a promis que chacune des trois langues sur le territoire de la Crimée aurait le statut de langue d’État. Parmi les projets les plus proches, il y a la réhabilitation des Tatars de Crimée qui ont souffert des répressions dans les années soviétiques.

« Après la disparition du système bipolaire, la planète n’est pas devenue plus stable pour autant. Les institutions internationales clés ne s’affermissent pas, elles dégénèrent souvent. Nos partenaires occidentaux, les États-Unis en tête, préfèrent se guider dans leur politique non pas sur le droit international, mais sur le droit du plus fort », a dit le président russe a dit au sujet de l’ordre mondial qui a amené aux événements ukrainiens.

À titre d’exemple, Vladimir Poutine a cité les opérations en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan, en Libye. Selon le président, on a imposé à ces pays des standards étrangers, à la suite de quoi, au lieu de la démocratie et de la liberté, le chaos s’est établi. Un scénario semblable a été réalisé en Ukraine que l’on continue à « entraîner » dans l’OTAN.

Aux dires du chef de l’État, on tente de pousser la Russie dans ses derniers retranchements à cause de sa position indépendante, tandis qu’elle propose sincèrement la coopération sur tous les axes. Cependant, il y a des limites à tout, a résumé Poutine.

« Nous ne voyions pas de démarches similaires de leur côté, au contraire, on nous a constamment trompés, les décisions étaient prises derrière notre dos, on nous mettait devant le fait accompli. C’était le cas avec l’élargissement de l’OTAN vers l’Est, et avec le déploiement du système d’ABM, avec l’éternisation des négociations sur les problèmes des visas, avec les promesses de concurrence honnête et de libre accès aux marchés globaux. »

Le président russe a déclaré que dans le cadre de la situation en Ukraine, les partenaires occidentaux de la Russie avaient franchi la ligne rouge et a réaffirmé que les intérêts de la Russie devaient être respectés.

Le président a spécialement noté que, selon les sondages, plus de 90 % de Russes, ainsi d’habitants de la Crimée, ont soutenu la réunification de la république avec sa patrie historique. L’accord sur le rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie a été soumis au parlement pour ratification. Tout de suite après cette procédure, l’Accord aura force de loi, cependant, comme le stipule le texte du document, il « est appliqué provisoirement » dès le moment de sa signature, c’est-à-dire dès le 18 mars.

Ilia Kharlamov 18 mars 2014

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:20

La Syrie, miroir du Proche et du Moyen-Orient

 

Nous savons depuis Nietzsche que les Etats sont « les plus froids des monstres froids » et qu’ils n’ont pas d’amis à défendre mais des intérêts.

 

La crise syrienne est une illustration tragique de cette réalité brutale qu’il serait dangereux de refuser de voir.

 

Menaces nucléaires

 

Fin août-début septembre dernier, le monde a vécu une dizaine de jours fous avec la menace d’abord, puis la décision et la préparation américaine à des frappes sur la Syrie, la France s’associant à ce projet qui aurait pu déclencher un embrasement de toute la région et même dégénérer en guerre nucléaire. La Russie maintenait en Méditerranée des navires de guerre de détection électronique et dotés de missiles de croisière et avait en effet renforcé sa présence navale au large de la Syrie, trois bâtiments dotés de capacités nucléaires et de missiles anti-missiles franchissaient le Bosphore fin août. Simultanément des navires chinois et iraniens avaient emprunté le canal de Suez pour entrer en Méditerranée orientale. La première réaction salutaire est venue des Britanniques dont le Parlement a refusé le 29 août l’autorisation de participer à l’opération américaine que le Premier Ministre David Cameron lui demandait. Enfin, avec la renonciation à ces frappes après des tergiversations avec le Sénat et finalement le 14 septembre l’acceptation de la proposition russe de destruction de l’arsenal chimique syrien, annoncée le 12 septembre par le gouvernement syrien, puis en signant la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l’ONU le 27 septembre, les Etats-Unis entérinaient un revirement radical de leur stratégie au Proche-Orient et même plus largement à l’échelle de la planète. Le soulagement de la tension internationale qui s’en suivit avait une analogie avec celle qui se produisit en octobre 1962 lors de la renonciation par l’URSS d’installer à Cuba des missiles menaçants face à la fermeté des Etats-Unis que la France de de Gaulle avait soutenus en premier. Khroutchev avait perdu son pari contre Kennedy sans gloire et, le monde communiste s’étant lassé de ses rodomontades répétées et improductives -y compris la Chine de Mao- il devait être renversé deux ans plus tard. Dans l’affaire syrienne au contraire, la diplomatie russe a su offrir à la puissante Amérique une porte de sortie honorable de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée, les services secrets des uns et des autres œuvrant sans doute en coulisses pour donner des informations convainquant les dirigeants américains de la détermination russo-chinoise à ne pas céder.

 

Pour comprendre les évènements de Syrie il faut en effet prendre du recul pour saisir les forces qui s’y affrontent.

 

Le nouvel ordre mondial entériné par les États-Unis

 

S’il est parfois difficile de comprendre et suivre la politique américaine, l’exécutif étant constamment obligé de répondre aux pressions des différents groupes qui agissent au Congrès, à la Maison Blanche, au Pentagone, grâce à des moyens financiers énormes qui utilisent en outre les médias qu’ils possèdent pour parvenir à leurs objectifs, au point qu’on se demande souvent qui emportera la décision, il fut cependant clair pour les observateurs attentifs que le deuxième mandat Obama allait apporter des changements radicaux à une politique qui visait depuis l’époque Bush père à imposer au monde « l’American way of life », ressenti après l’effondrement du bloc soviétique au début des années 90 comme idéal universel, porteur des valeurs du droit et de la justice, ossature d’une civilisation occidentale présentée comme la panacée que les autres cultures du monde, jugées archaïques et même maléfiques, devaient nécessairement accueillir pour le bien de tous.

 

La nomination aux deux postes clés de la Défense et des Affaires étrangères de Chuck Hagel et John Kerry était l’annonce évidente de ce changement, peu à peu confirmé dans les faits, même si les vicissitudes de la vie politique américaine devaient encore produire quelques retours aux errements antérieurs (1)

 

Première puissance militaire pour encore longtemps, les États-Unis sont et seront inattaquables dans une période longue à l’échelle humaine, mais ils subissent déjà une compétition économique qui les oblige à y faire face par divers moyens, notamment du fait de la montée inexorable de la Chine qui entend faire valoir ses droits à la place qui fera d’elle à court terme, du fait de ses dimensions géographique et démographique, de « la capacité patiente, laborieuse et industrieuse de sa population » (2), la première puissance économique mondiale, appuyée par les autres pays émergents ou ré-émergents comme la Russie, l’Inde ou des nations d’Amérique du Sud, pour ne citer que certains des plus importants.

 

Menacée par des problèmes internes structurels, comme la montée des revendications ou simplement les conceptions différentes de minorités de plus en plus agissantes, éloignées de celle des pères fondateurs, la désindustrialisation marquée, même si elle reste limitée, de son économie, la critique de sa politique d’endettement et de sa monnaie comme base des échanges internationaux, l’Amérique doit surtout faire face à la contestation de sa puissance en Asie où la Chine exige avec de plus en plus de force la reconnaissance de sa zone d’influence.

 

Il lui faut donc, pour se concentrer sur ses priorités asiatiques, après avoir mené à grands frais humains et financiers plusieurs campagnes militaires désastreuses au Moyen-Orient qui se sont toutes soldées par des échecs dramatiques, se désengager de la région après l’avoir apaisée au mieux en mettant un terme au conflit instrumenté entre les deux grandes branches rivales de l’islam, ce qui implique la fin de l’ostracisme prononcé contre l’Iran depuis plus de trente ans.

 

Les révoltes arabes initiées en Tunisie, laissant souvent désemparé un Occident qui les interpréta mal mais essaya de les accompagner pour préserver ses intérêts, virent les renversements successifs de chefs d’états jusqu’alors ses alliés, voire ses amis, avec l’assentiment sinon l’appui des Etats-Unis et des pays européens. Il serait trop long de décrire les erreurs d’appréciation et les revirements des pays occidentaux mais on peut dire que le renversement et l’assassinat de Kadhafi en Libye fut l’apogée de la courbe décrivant le déploiement de la stratégie américaine dans la région, les Britanniques et les Français ayant étés dans cette opération les exécuteurs. On sait maintenant que Russie et Chine ont jugé que l’action occidentale avait outrepassé les termes de la résolution 1973 de l’ONU, votée au nom du droit d’ingérence initié par la résolution du 5 avril 1991 au sujet de l’Iraq, désormais considéré comme paravent de la stratégie américaine d’intervention, et ont décidé alors que la limite de l’inacceptable était atteinte et même dépassée. Depuis lors les deux états opposent systématiquement leur veto à tout projet d’opération militaire ou humanitaire en Syrie proposé par l’occident au Conseil de Sécurité. La situation actuelle de la Libye où le chaos s’est installé entre les tribus rivales et les milices islamistes ne peut que renforcer le constat des conséquences catastrophiques de l’intervention, sentiment partagé par les Américains depuis l’assassinat à Benghazi le 11 septembre 2012 de leur ambassadeur Christopher Stevens par un groupe islamiste, dans des circonstances qui ont horrifié tout le pays et même divisé l’exécutif à Washington.

 

Fin du Pacte du Quincy de 1945

 

Apaiser le Moyen-Orient consiste à mettre un terme à la guerre sainte menée par l’islam wahhabite contre non seulement les chiites mais aussi les sunnites opposés à la doctrine rigoriste de cette secte née au XVIIIème et qui aida Mohammed Ibn Séoud à entreprendre l’unité du royaume d’Arabie Séoudite par son alliance avec Abdel Wahhab, le fondateur de la doctrine, et son adhésion ainsi que celle de son peuple à la croyance. De nombreuses péripéties guerrières contre les chiites du Koweït et d’Iraq qui n’étaient pas constitués en états à l’époque, de même contre l’empire ottoman ou égyptien émaillent cette histoire mais c’est vraiment Abdel Aziz Ibn Séoud qui à partir de 1902 réalisa l’unité, notamment en arrachant le trône à la tribu bédouine rivale des Ibn Rachid qui s’en était emparée et parvint ensuite à imposer sa puissance régionale pendant la première guerre mondiale grâce à l’appui des Britanniques, notamment de Lawrence, qui l’utilisa contre les Turcs et aurait voulu étendre son royaume jusqu’à la Syrie et le Liban.

 

En février 1945, Roosevelt rencontra le roi Abdel Aziz Ibn Séoud sur le croiseur Quincy et le reconnut comme seul responsable des lieux saints de l’Islam, chef des croyants et référentiel naturel des peuples arabes, l’assurant de défendre la monarchie séoudienne, y compris contre ses rivaux arabes, tandis que le roi assurait la priorité aux États-Unis pour l’exploitation du pétrole. Ce pacte, renouvelé en 2005 par Georges Bush pour à nouveau 60 ans, qui a permis aux États-Unis de combattre victorieusement les Soviétiques en Afghanistan, continuait de fonctionner encore récemment sur d’autres théâtres comme l’Iraq ou la Tchétchénie, tandis que le minuscule état du Qatar, voisin adepte du même wahhabisme, ajoutait sa richesse immense au financement des guerriers chargés de faire adhérer à leur doctrine tous les musulmans, de gré ou de force, trouvant des alliés de circonstance chez différents types de salafistes mais aussi parfois des rivaux.

 

La Syrie, miroir des rivalités des grandes puissances

 

Les premières manifestations pour réclamer plus de libertés qui se produisirent en mars 2011 à Deraa, ville du sud de la Syrie aux confins jordano-israéliens furent aussitôt instrumentées par les spécialistes de l’escalade, les slogans sur les réseaux sociaux se multipliant et surtout les armes arrivant rapidement pour transformer des revendications pacifiques en révoltes armées.

 

La Syrie, en effet, ne présentait pas les caractéristiques des autres pays qui avaient connu des révolutions car les réformes engagées par le jeune président Bachar el Assad avaient le soutien d’une majorité de la population, même si une frange irréductible de sunnites adeptes des Frères musulmans attendait depuis plus de trente ans l’occasion de venger l’écrasement brutal de la révolte de Hama en 1982.

 

Je voudrais citer ici Annie Laurent, qu’on ne peut soupçonner d’être partisane, puisqu’elle a dénoncé et critiqué dans ses articles la Syrie d’Hafez el Assad occupante du Liban, qui dans une conférence de grande qualité et très documentée à Saint Cyr le 29 novembre 2012, expliquant aux élèves-officiers les erreurs d’appréciation de la situation commises leur a dit :

 

« A cause de cela, je n’hésiterai pas à qualifier la politique française de fautive. Mon jugement est partagé par un élu syrien, Boutros Merjaneh, Député indépendant d’Alep. De Passage à Paris en octobre 2012, il déclarait : « Je pense que ni l’ancien ni le nouveau gouvernement français n’ont bien étudié ce qui se déroule en Syrie. Depuis le début du conflit en mars 2011, ils ont cru que la situation était comparable à celle de la Tunisie, de l’Egypte ou de la Libye. C’était faux. Ils ont gravement sous-estimé la capacité du régime à survivre. Paris aurait dû appuyer davantage les réformes qui allaient dans le sens du pluralisme faites par Bachar El Assad avant que la guerre éclate. Une grande partie du peuple syrien le soutenait dans ces efforts-là. Au lieu de cela, la France a coupé les relations diplomatiques, fermé l’ambassade et commencé à soutenir de facto l’opposition, dont l’Armée Syrienne Libre »

 

Les États-Unis ont cru, eux aussi, qu’après le renversement de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, le renversement de Bachar el Assad ne serait qu’une formalité, quitte à aider la rébellion par une intervention ciblée analogue à celle de Libye. Car, de même qu’autrefois l’Iraq, la Syrie était considérée comme un pays opposé aux États-Unis et à Israël, elle qui avait de tout temps soutenu la cause arabe, accueilli généreusement sur son sol un millions de réfugiés palestiniens et autant de réfugiés iraquiens lors de l’invasion américaine. Un changement de pouvoir à Damas était dans la stratégie américaine qui voyait d’un bon œil l’arrivée des Frères Musulmans comme en Égypte et, contrairement à mes analyses initiales, Israël également.

 

Mais nous savons maintenant que malgré les milliers de combattants étrangers fanatiques le régime a tenu, les institutions sont restées en place, et s’il y a eu quelques désertions non significatives, le personnel diplomatique, politique et militaire est resté fidèle au poste. L’intervention militaire écartée par la fermeté de la Russie et de la Chine s’appuyant sur l’immense majorité des pays et grâce à l’ouverture offerte par Moscou de destruction du stock d’armes chimiques syrien, les États-Unis se sont engagés dans un processus de règlement négocié de la crise avec une première rencontre fin janvier à Montreux puis Genève.

 

Il faut savoir que la coalition occidentale qui menaçait de frapper la Syrie pour punir son Président d’avoir utilisé l’arme chimique sur des allégations qui n’ont toujours pas été prouvées, et dont tout porte à croire que les services de renseignement russes ont donné à leurs homologues américains des informations incriminant les rebelles, cette coalition vertueuse derrière les États-Unis ne représentait que 800 millions de personnes, contre le reste du monde qui y était opposé derrière la Russie et la Chine et j’ajoute le Pape François, même s’il n’a pas de divisions pour appuyer ses prières, c’est-à-dire environ 6 milliards d’habitants. Mais des moyens de communication énormes entre les mains des idéologues de l’atlantisme sont aujourd’hui capables de dire où sont le bien et le mal en définissant les pays voyous et d’en convaincre l’opinion, en allant parfois jusqu’à diffuser des mensonges éhontés à des lecteurs ou auditeurs médusés.

 

La Syrie, révélateur du nouvel ordre mondial

 

Aujourd’hui, la première puissance mondiale a changé son fusil d’épaule et, pour le bien de tous, décidé de s’entendre avec les parties prenantes pour mettre un terme à cette crise syrienne et à d’autres. On ne sait pas ce qui sera négocié en Suisse fin janvier, et sans doute pas grand-chose car les jeux sont faits : en acceptant la résolution 2118 les États-Unis décidaient de mettre un terme au conflit et admettaient que le Président syrien était chargé de mettre en œuvre cette résolution : aux Syriens de Syrie ensuite de dire démocratiquement quel président ils veulent et pas aux groupuscules hétéroclites soutenus par l’Occident, qui se réunissent périodiquement de Paris à Londres, Istamboul, Doha ou Cordoue en étalant leurs désaccords. Désormais, compte tenu de la maîtrise du terrain par les seuls combattants takfiristes, on ne voit pas quelle entité politique autre que le régime actuel pourrait émerger pour mettre en œuvre les décisions d’arrêt des combats, but de la négociation en cours, que la communauté internationale sous l’égide de l’ONU pourrait promouvoir.

 

Les États-Unis ont changé les acteurs zélés de son ancienne politique, comme au Qatar où le nouvel émir s’est empressé d’envoyer à Damas une délégation pour faire amende honorable, et veut reprendre avec l’Iran des relations apaisées ; l’Iran qui voit son influence grandir et reçoit de plus en plus de délégations de pays qui l’ont compris, notamment de la Turquie qui a réalisé que sa politique a échoué et qui cherche à éviter le sort du Qatar. Mais on sent bien que ce qui se passe actuellement dans le pays n’est pas fortuit, surtout lorsqu’on sait que l’influente confrérie de Fethullah Güllen qui soutenait jusqu’ici Erdogan le lâche maintenant. M. Güllen vit dans le Maryland aux Etats-Unis.

 

Lors de la visite à Téhéran fin novembre dernier du ministre des AE turc David O Glu, un communiqué commun, impensable deux mois plus tôt a été publié disant solennellement :

 

-Les deux pays sont d’accord pour travailler à mettre un terme aux combats en Syrie avant la tenue de la conférence de Genève,

-Les deux pays travailleront ensemble pour mettre un terme à la discorde (fitna) entre chiites et sunnites,

-Le Président Rouhani se rendra en visite officielle à Ankara et le Premier ministre Erdogan viendra à Téhéran en visite officielle.

 

Entre les lignes de ce communiqué on comprend que la direction turque est consciente de son erreur stratégique et demande à l’Iran de l’aider à retrouver une posture crédible. Ce n’est pas aller à Canossa mais cela y ressemble beaucoup.

 

En tout cas la Turquie a montré sa bonne volonté nouvelle en arrêtant plus d’un millier de combattants salafistes et des camions chargés d’armes à destination de la Syrie, créant un conflit entre les services de renseignement, les autorités locales administratives, de police et judiciaires.

 

Un autre pays en pointe dans l’ancienne politique américaine est l’Arabie Séoudite, qui se rebiffe contre ce changement et montre son vrai visage de responsable du terrorisme salafite mondial, se rapprochant ouvertement d’Israël, espérant ainsi éviter sa chute, ses responsables critiquant ouvertement le Président Obama, comme le Prince Talal bin Abdel Aziz et son fils Walid pourtant détenteurs d’une immense fortune aux États-Unis et ailleurs, notamment à Paris où ils ont rebaptisé l’hôtel George V du nom de leur chaîne « Four Seasons ». Il est certain que les milliers de terroristes qui mènent leur œuvre de mort, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Iraq en Tchétchénie et ailleurs sont dirigés par les services séoudiens du prince Bandar bin Sultan qui n’a pas hésité à en menacer le Président Poutine lors d’une rencontre en juin dernier, mettant sa menace récemment à exécution à Volgograd, réalisant ainsi la promesse de la Secrétaire d’Etat du précédent mandat d’Obama, Hillary Clinton : « La Russie et la Chine paieront pour leur soutien à Bachar el Assad ».

 

Je crois que c’est surtout l’Arabie qui va devoir payer, sans doute cher, son refus de s’aligner sur la nouvelle stratégie américaine. Mais en attendant un changement de pouvoir à Riyad, l’équipe en place à un pouvoir de nuisance comme elle le démontre aujourd’hui au Liban et en Russie surtout. Nous verrons dans les prochaines semaines ce qui va se passer et il est probable que les services russes ne sont pas inactifs mais on sait la finesse d’analyse de la diplomatie russe qui doit préparer une réponse appropriée. Elle ne saurait tarder car les jeux olympiques de Sotchi sont en février. Le principal acteur de cette politique agressive, le Prince Bandar sera sans doute sacrifié sur l’autel du revirement américain, d’autant qu’il représente un danger pour l’avenir, compte tenu du rôle obscur que les terroristes séoudiens ont joué dans les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, alors qu’il était à l’époque à Washington et contrôlait déjà les agissements dans le monde des différents groupes terroristes, dont Al Qaïda. D’ailleurs, cette nébuleuse, bien plus structurée que certains experts le disent, a le même objectif général d’instaurer le califat wahhabite d’abord dans les pays musulmans, puis dans le monde, et les différentes appellations que les brigades de combattants peuvent prendre, comme en Syrie ou en Iraq, n’indiquent que des rivalités d’organisation mais pas de doctrine.

 

Résultat paradoxal de l’intervention américaine en Iraq la majorité chiite proche de l’Iran est désormais au pouvoir à Bagdad, subissant maintenant chaque jour des attentats et même des prises de villes comme récemment Ramadi et Fallouja. La frontière entre Syrie et Iraq est poreuse et les takfiristes la franchissent régulièrement pour mener le même combat contre les « impurs » dans les deux pays où ils annoncent dans leur appellation même leur projet d’un califat unique. Autrefois rivaux les deux états voisins sont maintenant alliés contre le même terrorisme. Les Etats-Unis qui ont retiré leurs soldats d’Iraq ont promis de soutenir le régime démocratique installé par eux mais on voit que le Sénat est réticent à autoriser la livraison d’hélicoptères et de chasseurs-bombardiers modernes que réclame le gouvernement de Maliki pour lutter contre l’insurrection. L’avenir géopolitique des deux voisins est lié qui se trouvent au centre d’un axe ayant le Liban à l’ouest et l’Iran, voire l’Afghanistan à l’est.

 

Avec le retrait programmé de la coalition de la FIAS d’Afghanistan, le nouvel ordre régional va avoir un impact sur le Pakistan, allié trouble à la fois des Etats-Unis et de l’Arabie Séoudite, dont les liens avec les Talibans peuvent être utiles au gouvernement de Kaboul, suivant la posture qu’il adoptera pendant et après le retrait, notamment lors du changement inéluctable des autorités de Riyad. Face à son ennemi héréditaire indien, l’intérêt stratégique du Pakistan lui impose d’avoir des relations équilibrées avec la Chine, la Russie et l’Iran, mais il a aussi besoin d’entretenir avec les Etats-Unis des relations cordiales, qu’un Moyen-Orient apaisé devrait faciliter.

 

Israël est aussi en position délicate avec la destruction du stock d’armes chimiques syrien et l’accord en vue avec l’Iran, car cela entraînera la réactualisation du projet de Proche-Orient sans armes de destruction massive. En outre les Etats-Unis vont sans doute se montrer désormais plus exigeants à leur égard dans l’interminable processus de paix avec les Palestiniens auxquels le gouvernement actuel refuse toute reconnaissance digne et juste. Mais Israël est capable de s’adapter aux nouveaux équilibres mondiaux, peut-être pas avec l’actuelle direction mais une nouvelle qui reconnaîtra enfin les droits des Palestiniens à un état indépendant sur des terres reconnues par la communauté internationale, sans menace pour autant sur la sécurité d’Israël, prétexte sans arrêt invoqué pour refuser un accord juste avec les Palestiniens. Mais les Etats-Unis, s’ils veulent calmer le Moyen-Orient et s’en désengager pour concentrer ailleurs leurs efforts doivent obtenir, sinon le règlement complet du conflit israélo-arabe, au moins un apaisement qui ne peut se produire que par la reconnaissance d’un état palestinien sur les territoires reconnus par les nations Unies, ce que beaucoup de juifs de la diaspora, et aussi en Israël réclament de plus en plus fort, sans être entendus pour l’instant par l’actuel gouvernement qui ne conçoit l’existence d’Israël que dans une épreuve de force permanente avec ses voisins, les agissements des terroristes wahhabites ne l’ ayant jamais vraiment menacé puisque ceux-ci concentrent finalement leur énergie sur les ennemis de l’état hébreu.

 

Le Hamas avait lui aussi pris l’option perdante sur la Syrie qui hébergeait pourtant depuis des années ses chefs et de nombreux Palestiniens. Khaled Mechaal avait quitté Damas pour Doha en 2012, misant sans doute sur une chute prochaine du régime, et avait organisé une visite à Gaza de ses nouveaux hôtes et amis. Il s’est lui aussi aperçu de son erreur et depuis peu rapproché de l’Iran qui n’a d’ailleurs jamais cessé son soutien à la cause palestinienne, ce qui montre bien que cette lutte est politique, unissant chiites et sunnites pour un même objectif, et non pas religieuse, d’où aussi les liens entre Hamas et Hezbollah qui se sont renforcés. Il est probable que le règlement de la crise amènera le Hamas, lui aussi, à se rappeler le million de ses congénères accueillis dans des camps en Syrie, dont celui d’Al Yarmouk près de Damas où sa direction avait sans doute fomenté les soulèvements avortés de 2012, l’Armée syrienne ayant ramené l’ordre et contrôlant toujours les abords de ce quartier où vivent environ 20.000 Palestiniens dont certains se sont engagés dans les brigades takfiristes. Avec l’aide de l’Iran encore, on doit s’attendre à l’amende honorable des fautifs.

 

Le règlement de la crise syrienne va donc déboucher sur de grands bouleversements dans la région, l’Iran débarrassé des sanctions retrouvant l’influence qu’il n’avait d’ailleurs jamais complètement perdue et invitant le monde à des relations apaisées par la modération dans les règlements des conflits d’intérêts entre les nations, comme le Président Rouhani l’a proposé à l’ONU en septembre dernier. Il paraît probable que l’islam politique de la confrérie Ikhwan a connu son chant du cygne en Egypte après avoir démontré son inadaptation à gouverner des pays qui, s’ils sont musulmans ne veulent pas moins vivre avec le siècle, la Tunisie en apportant aussi la démonstration en ce moment même où l’élaboration d’institutions indépendantes de la charia, ce qui ne veut pas dire non plus laïques à l’occidentale, est en cours. L’Egypte post Morsi a pris une position modérée vis-à-vis de la Syrie, en tout cas hostile aux salafistes qu’elle affronte sur son propre territoire, et s’est aussi rapprochée de l’Iran. Ce grand pays arabe, une fois la période de transition achevée, devrait jouer aussi un rôle clé dans les équilibres régionaux en influant, grâce à son magistère spirituel reconnu dans l’ensemble du monde islamique, sur les règlements des conflits, dès lors que les extrémistes takfiris verront leurs soutiens financiers coupés. Une fois retrouvée, après la période de transition actuelle, la stabilité indispensable au développement de sa principale ressource, le tourisme, ce grand pays de près d’un million de km², peuplé de plus de 80 millions d’habitants, voisin d’Israël et de Gaza dans le Sinaï, héritier d’une ancienne culture et de l’aura de Gamal Abdel Nasser, occupant une place stratégique en Orient, aura besoin de relancer son économie, développer son agriculture et son industrie avec l’appui et la coopération, notamment financière, de l’ensemble des pays qui s’intéressent à son poids géopolitique et au marché potentiel qu’il représente. Dernièrement on a assisté à un rapprochement de la Russie qui s’est engagée à fournir les armements refusés par les États-Unis.

 

Reste à éradiquer les combattants qui sont sur le terrain en Syrie mais aussi en Iraq, en Libye, au Yémen, au Maghreb et ailleurs en Afrique, et ceux qui seraient prêts à venir barouder dans les pays européens ou aux États-Unis. C’est pourquoi il est urgent que les commanditaires de ces fanatiques incapables d’être raisonnés cessent de les financer, or nous savons qu’il n’y a pas que des financements étatiques mais que des fortunes privées alimentent certains groupes combattants. Reste à savoir combien de temps l’Arabie Séoudite tirera ses dernières cartouches meurtrières.

 

Quoi qu’il en soit, il est certain que non seulement les états arabes mais aussi l’Europe et les États-Unis doivent avoir pour priorité de lutter contre la mouvance takfiriste qui utilise la Syrie et l’Iraq maintenant comme terrain d’opération et de formation de ses milliers de combattants, qui sont prêts à déplacer leur action chez eux ou encore en Afrique où ils sont déjà nombreux depuis l’affaire libyenne. Or les services de renseignement les mieux informés sur l’organisation mondiale, les réseaux, les hommes, les « modus operandi » de ces brigades fanatiques sont les services syriens qui en ont fatalement renforcé leur connaissance depuis trois ans, ayant sans aucun doute pénétré certains groupes et étant même capables de les manipuler.

 

Dans l’Orient compliqué, les chrétiens qui étaient sur place six siècles avant l’islam ont un rôle essentiel de liaison et de médiation à jouer entre les différentes composantes musulmanes : s’ils sont minoritaires, ils ont toujours participé à la direction des affaires, servant souvent de passerelle modératrice dans les divergences entre leurs frères musulmans. Je ne parlerai pas du Liban, exemple unique de cohabitation entre chrétiens et musulmans qui mériterait une étude pour lui tout seul, et où les Séoudiens veulent ranimer les conflits confessionnels, mais pour terminer je voudrais citer le Patriarche maronite libanais Bechara el Raï, lui aussi peu suspect d’être un suppôt de la Syrie, mais connaisseur des réalités orientales et observateur avisé, qui disait déjà en Septembre 2012 lors de la visite du Pape Benoît XVI à Beyrouth : « La guerre en Syrie n’est pas une guerre civile entre Syriens, c’est une guerre entre grandes puissances à travers les Syriens ».

Alain Corvez

Notes relatives à l’article :

1-) Voir mon analyse d’avril 2013 parue dans la RDN le 3 mai : « La crise syrienne, révélateur tragique du nouvel ordre mondial ».

2-) Conférence de presse à l’Elysée du Général de Gaulle le 31 janvier 1964 expliquant les raisons pour lesquelles la France a décidé de reconnaître la Chine de Pékin.

3-) Sur le rôle des chrétiens d’Orient, voir mon analyse du 26 octobre 2013 parue dans la RDN : « Syrie-Liban-Iran-Arabie : nouvel ordre mondial ».

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:04

Domenico Losurdo à Algérie patriotique :

Entretien 14. mars 2014

 

 

Algeriepatriotique : Comment analysez-vous la situation en Ukraine en ce moment ?

 

 

Domenico Losurdo : A Kiev, un président démocratiquement élu a été renversé avec violence lors d’un coup d’Etat organisé, financé et encouragé par l’Occident. Le 3 décembre 2013 déjà, Il Giornale, un quotidien italien d’obédience occidentale et atlantiste éprouvée, reconnaissait qu’un coup d’Etat était en cours en Ukraine, exécuté par des groupes nationalistes encadrés de manière paramilitaire et avec des parrains forts comme les voisins Polonais et la puissante Allemagne. Aucun autre pays dit démocratique n’aurait toléré la violence des manifestants qui cherchaient de manière explicite et déclarée à rendre impossible le fonctionnement des institutions, à bloquer les points névralgiques du pouvoir et à imposer le changement de régime.

 

 

Chaque intervention des forces de l’ordre était à priori étiquetée par l’Occident comme une violence inadmissible envers des manifestants pacifistes et non violents. Washington et Bruxelles n’hésitaient pas à menacer de sanctions économiques. Des représentants de premier plan de l’Union européenne accourraient à Kiev pour encourager les manifestants, à savoir les rebelles. Selon une mise en scène soignée, il fallait bloquer le pouvoir et empêcher le rétablissement de l’ordre, il était nécessaire de prolonger le chaos et l’incertitude aussi longtemps que possible. Déjà insatisfaits de leurs conditions économiques, tôt ou tard, les forces de police de l’Ukraine occidentale se seraient rendues compte de l’impuissance de leurs dirigeants et de l’inutilité de résister aux groupes paramilitaires qui jouissaient de l’impunité et de la protection des patrons du monde. Le coup d’Etat en Ukraine jette un éclairage rétrospectif sur la série de coups d’Etat précédents qui se sont vérifiés tels que les prétendues révolutions colorées, et qui ont tous abouti à la création de « protectorats démocratiques » contrôlés par l’Occident.

 

 

Plus le débat sur la fin du capitalisme est devenu inévitable, y compris dans les cercles capitalistes eux-mêmes, plus on a une bourgeoisie compradore qui, elle, s’acharne à vouloir asservir les peuples en liant son sort à une idéologie qui a montré ses limites. Comment l’expliquez-vous ?

 

 

La fin du capitalisme peut être considérée inévitable à long terme, mais agiter ce mot d’ordre aujourd’hui est trompeur et contre-productif. Il est vrai que le capitalisme est frappé par une crise économique grave, mais n’oublions pas que la grande dépression qui a débuté en 1929 a entraîné le fascisme et la guerre, avant de provoquer un grand essor révolutionnaire. Evidemment, chaque situation historique est différente des autres. Et pourtant, l’histoire du siècle dernier nous fournit une leçon précieuse. Nous devons penser à l’avenir de la révolution à partir des défis et des dangers du présent.

 

 

Peut-on dire que nous sommes dans la dérive totalitaire capitaliste qui nous ramène le fascisme dans différents pays, en Ukraine, en Grèce, en Italie même, etc. où l’extrême droite est devenue dans certains cas la première force politique ?

 

 

Dans un pays comme la Grèce, il y a dans l’opposition une présence inquiétante de forces néofascistes et même néo nazies. Mais en Ukraine, ces forces occupent officiellement d’importantes positions au pouvoir grâce au coup d’Etat organisé et mis en œuvre par Washington et Bruxelles. Au Moyen-Orient, l’Occident est prêt à former une alliance avec les forces islamistes les plus réactionnaires comme celles qui réintroduisent la polygamie en Libye, et en Europe de l’Est. Afin de contenir la Russie, l’Occident s’est allié avec les partis néofascistes ou néonazis. C’est de cette politique qu’il faut tenir compte si l’on veut identifier la droite la plus dangereuse. Le fascisme de nos jours doit être discerné en premier lieu dans la politique mise en œuvre par l’Otan qui, avec des guerres, des agressions et des manœuvres de déstabilisation, a recours à tous les moyens nécessaires pour se débarrasser des pays coupables d’entraver sa marche

expansionniste.

 

Les régimes politiques issus du capitalisme sont-ils des modèles de démocratie pour nos peuples du tiers-monde, sachant que leurs propres citoyens, otages de la consommation, sont soumis aux dictats des multinationales, qu’ils sont surveillés par des écoutes téléphoniques, que les syndicats sont soumis aux partis dominants ? Les chantres du capitalisme peuvent-ils nous donner des leçons à nous, citoyens du Sud ?

 

 

En Europe occidentale, la démocratie s’est développée dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est-à-dire dans la période où l’Occident a étendu sa domination coloniale dans tous les coins du monde. En d’autres termes, à la démocratie réalisée dans des pays comme la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, correspondait un despotisme exercé par ces pays sur le plan international au détriment des peuples colonisés. De nos jours, en dépit de la révolution anticoloniale qui a frappé le monde entier au XXe siècle, nous sommes bien loin de la démocratisation des relations internationales. L’Occident, et surtout son pays phare, déchaîne des guerres et des embargos économiques ravageurs de manière souveraine, même sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, menaçant d’installer des bases militaires dans tous les coins du monde, enveloppant la planète entière de son réseau d’espionnage. Imposant en dernière analyse un régime de terreur, l’Occident rend impossible, surtout dans les pays les plus faibles, le développement de la démocratie qu’il dit pourtant vouloir promouvoir.

 

 

Pensez-vous que l’impérialisme, avec ses différentes variantes, peut se passer des guerres de domination pour assurer sa survie ?

 

 

A partir de 1989, c’est-à-dire à partir du triomphe obtenu dans la guerre froide, l’Occident a agressé Panama, l’Irak, la Yougoslavie, la Libye, la Syrie, sans parler du peuple palestinien depuis des décennies sous un régime d’occupation et d’expropriation coloniale, et est à présent plus pressant que jamais. Ces guerres d’agression sont intimement liées aux coups d’Etat déguisés en révolutions colorées. Jusqu’où ira cette politique ? Jusqu’à une intervention en Iran également ? Et que signifie le « pivot américain », à savoir le déplacement annoncé et déjà commencé de la majeure partie de l’appareil militaire étasunien en direction du Pacifique et de la Chine ? Aux Etats-Unis, certains caressent un rêve scélérat dans les cercles politiques et militaires : la seule superpuissance pour quelque temps encore pourrait tenter de consolider et de rendre sa primauté définitive, et de se débarrasser de la crise et du déclin, en déchaînant une attaque dévastatrice et résolue en premier lieu contre la République populaire de Chine.

 

 

A votre avis, pourquoi le monde arabo musulman, dont fait partie mon pays l’Algérie, est devenu un terrain de prédilection pour les guerres impérialistes ? Est-ce à cause de nos richesses naturelles ou y aurait-il une idéologie sous-jacente qui ne dit pas son nom ?

 

 

Certainement, le pétrole joue un rôle considérable. Les Etats-Unis, qui contrôlent déjà avec leurs navires de guerre les principales voies de communication maritimes, espèrent mettre le grappin sur le robinet du pétrole. De cette façon, Washington serait en mesure d’exercer un chantage sur un pays comme la Chine qui, à tout moment, pourrait être soumise à un embargo ou à un blocus naval et être ainsi privée d’une matière première essentielle pour le fonctionnement de l’industrie et de l’appareil productif.

 

 

En même temps, trois facteurs facilitent les agressions de l‘impérialisme au Moyen-Orient. Premièrement, la révolution anticoloniale a eu une extension limitée, elle n’a jamais atteint l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe. En second lieu, l’idéologie qui a conduit à la révolution anticoloniale varie selon les pays et les situations : cette idéologie peut être d’empreinte laïque ou islamique, sunnite ou chiite.

 

 

Troisièmement, si dans un pays comme l’Algérie, la révolution anticoloniale a été un vaste mouvement de masse, dans un pays comme la Libye, la révolution anticoloniale a été conduite par les secteurs patriotiques de l’armée et a eu une base sociale assurément plus restreinte. L’enchevêtrement de ces trois facteurs permet à l’impérialisme de diviser les forces progressistes et d’intervenir relativement facilement au Moyen-Orient.

 

 

Quel est le rôle de l’intellectuel révolutionnaire dans ce monde qui se délabre ?

 

 

L’intellectuel en tant que tel, et à plus forte raison l’intellectuel engagé à critiquer et transformer le système international actuel, doit avoir le courage de résister aux séductions et aux pressions de l’idéologie et du pouvoir dominants. Ce devoir n’a jamais été aisé, mais aujourd’hui il est devenu plus difficile que jamais.

 

 

D’une part, nous avons eu l’écroulement du socialisme en Europe de l’Est, d’autre part, grâce surtout au net avantage militaire dont ils jouissent, les Etats-Unis ont réussi à unifier sous leur tutelle le monde capitaliste et impérialiste dans son ensemble.

 

 

Le résultat est que les Etats-Unis disposent aujourd’hui non seulement d’un appareil militaire gigantesque, mais aussi d’une puissance de feu multimédia sans précédent dans l’Histoire. Promouvoir et organiser une résistance active contre l’industrie impérialiste du mensonge : voilà le devoir prioritaire de l’intellectuel, et principalement de l’intellectuel révolutionnaire.

 

 

Que pouvez-vous dire au peuple algérien dont la souveraineté territoriale est menacée, tant par la bourgeoisie compradore que par les différents impérialismes qui sévissent dans la région ?

 

 

L’Algérie a été protagoniste d’une grande révolution anticoloniale. De plus, un grand théoricien de la révolution anticoloniale algérienne, à savoir Franz Fanon, a clarifié comment se comporte une puissance colonialiste une fois qu’elle est placée dos au mur par le soulèvement de tout un peuple, elle est contrainte à concéder l’indépendance, mais cherche à condamner le pays nouvellement indépendant à la faim, au sous-développement et au chaos. Et donc, la conquête de l’indépendance politique doit être suivie par la conquête de l’indépendance économique.

 

 

Pour citer Lénine : en plus de se débarrasser de l’annexion politique propre au colonialisme classique, un peuple engagé dans la révolution anticoloniale doit se débarrasser aussi de l’annexion économique propre au néocolonialisme. Au Moyen-Orient comme dans le reste du monde, la lutte contre le colonialisme classique qui continue à peser sur le peuple palestinien systématiquement exproprié de sa terre s’entrecroise avec la lutte pour la défense de l’indépendance et de la souveraineté nationale et pour un développement économique et technologique indépendant. A ce nouveau chapitre de la révolution anticoloniale et anti-impérialiste en cours au niveau mondial, l’Algérie peut fournir une contribution précieuse.

 

 

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen

 

Qui est Domenico Losurdo ?


Philosophe italien né en 1941, il a obtenu son doctorat en 1963 et enseigne l’histoire de la philosophie à l’université d’Urbino en Italie. Il est directeur de l’Institut de sciences philosophiques et pédagogiques « Pasquale Salvucci » de la même université. Il est également président de la Société hégélienne internationale « Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken » et membre de la « Leibniz Sozietät ». Auteur de nombreux ouvrages dont Le révisionnisme en histoire : Problèmes et mythes (ed. Albin Michel), Gramsci : Du libéralisme au « communisme critique » (ed. Syllepse), Fuir l’histoire ? : La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui (ed. Delga), Staline : Histoire et critique d’une légende noire (ed. Aden), il publie régulièrement des articles engagés via son blog et participe à des conférences un peu partout en Europe.

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:19

Le procès verbal modifié de la réunion du conseil du 19 septembre, celui du 10 décembre ont été adoptés à l’unanimité sans observation. Les documents seront publiés sur la site de la commune.

 

Les élus ont ensuite été informé des décisions prises par madame le Maire depuis le 10 décembre 2013 , elles seront portées au compte rendu de séance officiel.

 

Affaires générales :

 

1 Débat d’orientation budgétaire

 

Madame le maire a d’abord fait un exposé sur le contexte général de l’élaboration du budget, elle a fait part de son analyse et des conclusions qu’elle en tirait et a donné les grandes lignes de l’évolution des dépenses et des recettes de la commune pour l’exercice en cours conformément à la notice explicative transmise aux élus texte ci dessous:

 

Dans les communes de 3 500 habitants et plus, un débat a lieu au Conseil Municipal sur les orientations du budget de l'exercice dans un délai de deux mois précédant l'examen de celui-ci, conformément à l'article L. 2312-1 du Code Général des Collectivités Territoriales.

 

Ce débat tend à présenter les orientations générales du budget de l'année à venir, et ce préalablement à son examen lors du vote du budget primitif, qui doit intervenir avant le 15 avril de l'exercice auquel il s'applique, ou avant le 30 avril de l'année du renouvellement des organes délibérants au terme de l'article L. 1612-2 du CGCT modifié par l'article 37 de la Loi du 29 décembre 2012 de finances rectificative.

 

Par conséquent, les chiffres figurant dans cette notice sont susceptibles d'être modifiés d'ici le vote du budget.

 

1. Le contexte général de l'élaboration du budget

2. Les grandes masses du budget principal 2014

 

  1. Le contexte général de l'élaboration du budget

 

Zone euro : La sortie de récession se confirme dans la zone euro. Au troisième trimestre 2013, le PIB de la zone euro a progressé de 0,1 %, confirmant sa sortie de récession. Le ralentissement par rapport au deuxième trimestre (+0,3 %) tient à une baisse des exportations touchant l'ensemble des pays de la zone. La consommation privée s'est également tassée, notamment en Allemagne.

 

La BCE continue de soutenir le marché monétaire. Dans la zone euro, la politique monétaire reste expansionniste, avec le souci de maintenir l'accès à la liquidité des banques européennes. Début novembre, réagissant notamment à la faiblesse de l'inflation dans la zone euro (+0,7 % en octobre), la BCE a décidé une baisse de 0,25 point de son principal taux directeur, à 0,25 %. La BCE s'est également déclarée prête à intervenir si les conditions de financement interbancaire venaient à se tendre, y compris par la mise en place d'une nouvelle opération de refinancement à très long terme, sur le modèle de celles effectuées en décembre 2011 et février 2012.

 

Dans la zone euro, selon les enquêtes, le climat conjoncturel se redresse depuis mi-2013. Le climat des affaires dans l'industrie est ainsi dans la zone d'expansion depuis octobre, pour la première fois depuis 2011. L'activité dans la zone euro retrouverait donc un peu d'élan d'ici mi-2014 (+0,3 % par trimestre), portée notamment par la demande intérieure dans un contexte de moindre consolidation budgétaire. La divergence conjoncturelle au sein de la zone euro se résorberait en partie : l'activité serait dynamique en Allemagne et, dans une moindre mesure, en France, tandis que l'Espagne rejoindrait progressivement leur rythme de croissance. En revanche, l'activité ne progresserait que faiblement en Italie.

 

France : La production manufacturière rebondirait au quatrième trimestre 2013 (+0,8 % après -1,0 %), avant de ralentir au premier semestre 2014 (+0,2 % par trimestre). L'activité dans les services marchands resterait relativement dynamique (+0,5 % puis +0,3 % et +0,4 %), selon les chefs d'entreprises de services interrogés en novembre. La production énergétique reculerait légèrement au quatrième trimestre 2013 (-0,3 %), les dépenses de chauffage des ménages ayant diminué en octobre du fait des températures élevées. Elle rebondirait par contrecoup au premier trimestre 2014 (+1,0 %), avant de retrouver une évolution moyenne au deuxième trimestre (+0,7 %), sous l'hypothèse de températures conformes aux normales saisonnières. Enfin, l'activité dans la construction se stabiliserait au quatrième trimestre 2013 (0,0 %). Les mises en chantier ont en effet fortement rebondi en début d'année, et certaines dépenses d'entretien du logement seraient anticipées en amont de la hausse de TVA au 1er janvier 2014. La tendance des autorisations de constructions baisse toutefois depuis début 2013 et le nombre de mises en chantier a rechuté au troisième trimestre, ce qui laisse anticiper une baisse de la production au premier semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 %). Au total, l'économie française rebondirait au quatrième trimestre (+0,4 %), avant de ralentir au premier semestre (+0,2 % par trimestre).

 

Le taux de chômage s'est établi à 10,9 % de la population active en moyenne au troisième trimestre 2013 (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent (revu à la baisse). D'ici mi-2014, le taux de chômage augmenterait de 0,1 point, à 11 %. À l'horizon de la prévision, les créations nettes d'emplois ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse de la population active (+113 000).

 

Inlation "Panier du maire

 

L'indice des prix des dépenses communales reflète le prix du « panier » des biens et services constituant la dépense communale.

L'écart entre « l'inflation » supportée par les communes et celle des ménages demeure élevé sur la période 1999-2012. En effet, alors que l'indice des prix à la consommation hors tabac a progressé en moyenne de 1,7 % par an entre 1999 et 2012, l'indice de prix des dépenses communales a connu une hausse annuelle moyenne de 2,3 %. L'écart observé s'élève ainsi à 0,7 point en moyenne chaque année.

Au 1er semestre 2013, la baisse très marquée des taux d'intérêt depuis le début de l'année 2012 entraîne une évolution de l'indice de prix des dépenses communales exceptionnellement plus faible que l'inflation. Cependant, hors charges financières, elle demeure plus dynamique que l'inflation hors tabac : à la fin du 1er semestre 2013, l'augmentation de l'indice sur un an représente 2,2 % contre 1,2 % pour l'inflation. Cette évolution est notamment* portée par la hausse du prix des dépenses de personnel en raison de l'augmentation du taux de la contribution employeur due à la CNRACL et à la revalorisation des catégories C.

 

Loi de Finances 2014 — Principales dispositions

 

Baisse des dotations

 

Annoncée en début d'année, la baisse historique des concours de l'Etat de 1,5 milliard d'euros est organisée suivant les préconisations faites par le Comité des finances locales.

 

Elle représentera, en 2014 :

 

• 588 millions d'euros pour les communes,

• 252 millions pour les EPCI,

• 476 millions pour les départements

 • et 184 millions pour les régions.

 

Si le principe d'une répartition en fonction des recettes réelles de fonctionnement était acté dès juillet 2013, les députés ont apporté quelques précisions au mécanisme, en confinant le calcul de ces recettes aux seuls budgets principaux, constatés dans les comptes de gestion.

 

Il est également prévu de minorer ces recettes des transferts de fiscalité entre communes et EPCI (attributions de compensation...), des prélèvements effectués sur les recettes fiscales (prélèvements Fonds National de Garantie Individuelle des Ressources, Fonds de Solidarité des communes de la Région d'Ile-de-France, Fonds National de Péréquation des ressources Intercommunales et Communales notamment) et des mises à disposition de personnel.

 

Fonds de Péréquation Intercommunale et Communale

 

Comme prévu, le fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) passera de 360 à 570 millions d'euros en 2014. Comme chaque année depuis sa création, les critères ont légèrement évolué en loi de finances.

 

Cette dernière prévoit de modifier les modalités de calcul du prélèvement des collectivités contributrices avec l'augmentation de 20 % à 25 % de la pondération du revenu par habitant. Elle fixe également un relèvement du plafonnement des prélèvements de 11 % à 13 % des recettes fiscales.

 

Révision des valeurs locatives des logements

 

Alors que la réforme est lancée pour les locaux commerciaux, le gouvernement est à l'origine de l'amendement au projet de Loi de finances rectificative qui lance le volet pour les locaux d'habitation.

 

Une expérimentation doit avoir lieu fin 2014 et début 2015 sur 5 départements et, en fonction des résultats, une généralisation pourra être décidée par le législateur.

 

L'objectif est que les résultats de ce processus puissent intégrer les bases des impôts directs locaux à l'automne 2018.

 

  1. Les grandes masses du budget principal 2014

 

La section de fonctionnement est dédiée aux dépenses de gestion courante de la ville (frais de personnel, fournitures et services extérieurs, participations et frais financiers), alors que la section d'investissement accroit la valeur du patrimoine de la Ville et assure ainsi l'amélioration de l'ensemble des structures communales et du cadre de vie. Chaque section doit être présentée en équilibre, les deux étant liées par l'utilisation de l'épargne, toujours dégagée de la section de fonctionnement.

Inflation « Panier du Maire »

 

L'indice des prix des dépenses communales reflète le prix du « panier » des biens et services constituant la dépense communale.

L'écart entre « l'inflation » supportée par les communes et celle des ménages demeure élevé sur la période 1999-2012. En effet, alors que l'indice des prix à la consommation hors tabac a progressé en moyenne de 1,7 % par an entre 1999 et 2012, l'indice de prix des dépenses communales a connu une hausse annuelle moyenne de 2,3 %. L'écart observé s'élève ainsi à 0,7 point en moyenne chaque année.

Au 1er semestre 2013, la baisse très marquée des taux d'intérêt depuis le début de l'année 2012 entraîne une évolution de l'indice de prix des dépenses communales exceptionnellement plus faible que l'inflation. Cependant, hors charges financières, elle demeure plus dynamique que l'inflation hors tabac : à la fin du 1er semestre 2013, l'augmentation de l'indice sur un an représente 2,2 % contre 1,2 % pour l'inflation. Cette évolution est notamment* portée par la hausse du prix des dépenses de personnel en raison de l'augmentation du taux de la contribution employeur due à la CNRACL et à la revalorisation des catégories C.

 

Loi de Finances 2014 — Principales dispositions

 

Baisse des dotations

 

Annoncée en début d'année, la baisse historique des concours de l'Etat de 1,5 milliard d'euros est organisée suivant les préconisations faites par le Comité des finances locales.

 

Elle représentera, en 2014 :

 

• 588 millions d'euros pour les communes,

• 252 millions pour les EPCI,

• 476 millions pour les départements

 • et 184 millions pour les régions.

 

Si le principe d'une répartition en fonction des recettes réelles de fonctionnement était acté dès juillet 2013, les députés ont apporté quelques précisions au mécanisme, en confinant le calcul de ces recettes aux seuls budgets principaux, constatés dans les comptes de gestion.

 

Il est également prévu de minorer ces recettes des transferts de fiscalité entre communes et EPCI (attributions de compensation...), des prélèvements effectués sur les recettes fiscales (prélèvements Fonds National de Garantie Individuelle des Ressources, Fonds de Solidarité des communes de la Région d'Ile-de-France, Fonds National de Péréquation des ressources Intercommunales et Communales notamment) et des mises à disposition de personnel.

 

Fonds de Péréquation Intercommunale et Communale

 

Comme prévu, le fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) passera de 360 à 570 millions d'euros en 2014. Comme chaque année depuis sa création, les critères ont légèrement évolué en loi de finances.

 

Cette dernière prévoit de modifier les modalités de calcul du prélèvement des collectivités contributrices avec l'augmentation de 20 % à 25 % de la pondération du revenu par habitant. Elle fixe également un relèvement du plafonnement des prélèvements de 11 % à 13 % des recettes fiscales.

 

Révision des valeurs locatives des logements

 

Alors que la réforme est lancée pour les locaux commerciaux, le gouvernement est à l'origine de l'amendement au projet de Loi de finances rectificative qui lance le volet pour les locaux d'habitation.

 

Une expérimentation doit avoir lieu fin 2014 et début 2015 sur 5 départements et, en fonction des résultats, une généralisation pourra être décidée par le législateur.

 

L'objectif est que les résultats de ce processus puissent intégrer les bases des impôts directs locaux à l'automne 2018.

 

2 Les grandes masses du budget principal 2014

  1.  

La section de fonctionnement est dédiée aux dépenses de gestion courante de la ville (frais de personnel, fournitures et services extérieurs, participations et frais financiers), alors que la section d'investissement accroit la valeur du patrimoine de la Ville et assure ainsi l'amélioration de l'ensemble des structures communales et du cadre de vie. Chaque section doit être présentée en équilibre, les deux étant liées par l'utilisation de l'épargne, toujours dégagée de la section de fonctionnement.

 

2.1 Evolution de la section de fonctionnement

 

Les communes font actuellement face à une limitation de leurs marges de manoeuvre financière : leur épargne brute diminue en 2013 pour la deuxième année consécutive. Leurs dépenses courantes sont en effet plus dynamiques que leurs ressources de fonctionnement. Ces dernières vont subir une tension supplémentaire dès cette année en raison de la baisse des dotations de l'État inscrite dans la Loi de finances pour 2014.

 

a. Les dépenses de fonctionnement

 

Les charges à caractère général sont évaluées à ce stade à près de 1,08 millions € soit une légère augmentation par rapport au crédit voté en 2013 (+ 1,45 %).

 

La réforme des rythmes scolaires, la hausse de la capacité d'accueil de l'ALSH maternelle, et les nouveaux marchés publics (balayage mécanique des voiries et entretiens des espaces verts) en expliquent cette augmentation.

Les charges de personnel et frais assimilés augmenteraient de 3,44 % pour atteindre 2 730 k€, à

effectif constant. La prévision intègre :

 

-  l'effet GVT (Glissement vieillesse technicité),

- l'impact de la revalorisation sur les premiers échelons de la catégorie C,

- le maintien de la valeur du point d'indice de la Fonction publique,

- la subvention au CNAS en année pleine,

 

Cette prévision tient également compte de la nouvelle augmentation de la part employeur des cotisations à la CNRACL, qui passe de 28,85% à 30,40 % et des taux de cotisation à l'IRCANTEC (+3,2 % pour la tranche de base), et pour cette année, de l'organisation des élections municipales et européennes.

 

Une provision est prévue pour la mise en oeuvre des rythmes scolaires conformément au dispositif envisagé dans le cadre des réunions du comité de suivi du Pedt.

 

Notons la poursuite de la majoration du taux de cotisation retraite, prévue par la loi sur la réforme des retraites jusqu'en 2020, acquittée par les agents, donc sans impact budgétaire et qui passe au 1e janvier 2014 à 9,14% (+38 points de base par an).

 

Les charges financières (intérêts de la dette) sont évaluées à 126 350 € et augmentent significativement (52 %) suite à la mobilisation d'un emprunt de 2 millions d'euros souscrit fin décembre 2013, auprès de la banque postale.

 

Les autres charges de gestion courante sont constituées par ordre décroissant des subventions aux associations, de la subvention au CCAS, et des indemnités aux élus. La prévision est à ce stade d'une augmentation de 1%

 

Enfin, notons la montée en puissance du FPIC, dont notre prélèvement passera de 10 885 € à 16 550 € (+52 %), et le retour du prélèvement de la Loi SRU à la faveur de l'augmentation du taux de logements sociaux (25 %). Il est de 12 789 euros, pour l'exercice 2014.

 

b. les recettes de fonctionnement

 

Elles sont constituées principalement des produits des services, des impôts et taxes et des dotations, subventions et participations.

 

Les produits des services augmenteraient de 5,49%. Cette prévision à la hausse par rapport au budget primitif 2013 est due à la hausse des effectifs fréquentant les activités périscolaires et extrascolaires proposées par la Commune, ainsi que la restauration municipale.

 

Les impôts et taxes représentent un peu plus de 60% des recettes réelles de fonctionnement.

Les contributions directes constituent 51% de ces recettes. Dans l'hypothèse d'un maintien des taux d'imposition, elles n'augmentent qu'à la faveur de la revalorisation des bases fixée par le parlement (Loi de finances 2014 : +0,9%) et de leur évolution physique (création ou destruction de locaux).

 

 

 

 

 

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Elles sont constituées des dépenses d'équipement et du remboursement du capital de la dette

Les opérations majeures : les trois opérations importantes qui ont fait l'objet d'inscription budgétaire sur le budget 2013 constituent la majeure partie des restes à réaliser 2013, et des dépenses d'investissement 2014.

Le réaménagement des existants et des espaces extérieurs de l'école élémentaire Malraux comprenant la création d'un restaurant scolaire.

Il s'agit d'une part de construire un bâtiment pour assurer le service de la demi-pension de l'école pour 320 rationnaires, en service continu (dimensionné sur 2 services), fonctionnant en office de réchauffage. Il comprendra donc principalement une salle à manger pour les élèves, une zone de distribution de type ((libre-service », des locaux pour le personnel et les divers locaux de service de l'office de réchauffage. La mise en service est prévue pour la rentrée scolaire 2014.

Il s'agit d'autre part de divers réaménagements dans l'enceinte de l'école, réaménagement des locaux libérés à l'étage par le transfert de la demi-pension, amélioration de l'accessibilité par la création d'un ascenseur et d'une plateforme élévatrice et à l'extérieur le reprofilage partiel du terrain de la cour de récréation. La livraison de ces travaux interviendra fin 2014.

L'ensemble de ces travaux intègrent une mise en accessibilité handicapé de l'école.

L'extension de l'école maternelle Brossolette

Le site actuel présente aujourd'hui cinq constructions hétérogènes dans un assemblage complexe résultant des additions historiques successives. L'opération de requalification/extension de l'école a pour objectif la création de deux classes supplémentaires, d'un dortoir, ainsi que d'une salle de motricité et d'éveil, avec pour finalité générale d'apporter une solution simple, rationnelle qui liaisonne ces espaces pédagogiques, valorise le site et solutionne les difficultés actuelles. Elle s'accompagne également de fait d'une restructuration de trois corps de bâtiments existants d'une surface d'environ 426m2.

La Salle d'Éveil et de Motricité est un « trait d'union » en tant qu'espace de transition entre les volumes existants permettant une circulation chauffée continue. Ces locaux neufs développent une vraie façade d'accueil sur le haut du site affichant enfin une entrée claire pour l'établissement autour d'un porche et d'un hall intérieur. Cette nouvelle entrée s'accompagne d'aménagements extérieurs cohérents : nouveaux espaces verts venant en substitution des sols maçonnés existants, auvent de protection au niveau du portail créé, abri vélos ou poussettes, parvis minéral d'attente pour les parents, bancs et éclairage de cet espace public.

L'ensemble de ces travaux intègrent une mise en accessibilité handicapé de l'intégralité de l'école.

Les travaux seront achevés au cours du 2èrne trimestre 2014.

La création d'une salle de danse à l'espace Colette

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En réponse j’ai d’abord observé que si trois des candidats à la gestion des affaires de la cité pour le prochain mandat étaient membres du conseil et avaient par conséquent la possibilité de s’exprimer sur le point traité, j’ai souligné l’absence de monsieur Chevrier qui aurait pu donner son avis en fin de séance lorsque madame le Maire, comme à l’habitude, donne la parole à l’auditoire.

Il n’avait sans doute rien à dire, il est vrai que les problèmes financiers et budgétaires ne sont pas son fort, il préfère en rester aux généralités. C’est d’ailleurs un intermittent de la politique qui n’est revenu sur le devant la scène qu’à l’occasion de la campagne électorale des municipales après son échec de 2001.

J’ai fait ensuite la déclaration suivante :

« Cantonner ce débat d’orientation budgétaire à l’exercice 2014 n’aurait aucun sens car nous savons déjà tous (les élus), que l’équilibre dépense recette ne pourra être réalisé qu’au prix d’économies drastiques, comme c’est déjà le cas mais, a force de compenser l’effet ciseau, il n’y déjà plus rien à couper.

Plus grave le document préparatoire qui accompagnait la convocation annonce le pire pour le mandat suivant, pour ceux qui bien entendu savent décoder.

Je passerai très rapidement sur la première partie intitulée : Le contexte général de l’élaboration du budget, ce n’est qu’un copier coller qui aurait pu sortir de Matignon ou de l’Elysée, un panégyrique de l’action gouvernementale sous l’égide de la commission européenne. Une pure spéculation:

Non la sortie de récession ne se confirme pas dans la zone euro ou même si quelques pays du nord ramassent des miettes, seule l’économie allemande tire son épingle du jeu, mais non son peuple, pour les pays du sud dont la France, c’est la catastrophe.

La BCE soutient certes les marchés monétaires et financiers mais pas les économies des pays du sud.

Le climat conjoncturel, ne se redresse ni en Europe ni en en France ou le PIB par tête est inférieur à ce qu’il était en janvier 2008, ou les délocalisations se poursuivent, ou la production industrielle et manufacturière est inférieure à ce qu’elle était en 1990, base 100 aujourd’hui 0,96. C’est elle qui fait la richesse nationale et non pas la vente de produits importés qui accroît le déficit de la balance commerciale.

En conséquence le chômage n’a pas cessé d’augmenter, les dernières statistiques en apportent la preuve, les chiffres sont sur mon blog. Combien de générations vont-elles êtres sacrifiées sur l’autel du profit?

En 2013, selon le document préparatoire, l’inflation supportée par les communes, en partie imputable au transfert de charges de personnel que constitue l’augmentation des versements à la CNRACL et à L’IRCNTEC, a été plus importante que celle de l’indice des prix à la consommation des ménages malgré la baisse des taux d’intérêts.

A ce stade il convient de noter qu’une inflation limitée ne serait pas mauvaise chose en soi à condition qu’elle soit supérieure à celle de notre environnement géographique mais c’est interdit par la monnaie unique. A persister dans cette voie nous resterons condamnés à l’austérité pour l’éternité c’est en ce sens que monsieur Chevrier ne peut se prévaloir de la vrais gauche, il dénonce mais comme le parti auquel il appartient il ne propose rien de concret pour sortir de la crise et renvoie la solution sine die.

Globalement et pour s’en tenir aux comptes administratifs, documents publics :

En 2009 la commune percevait 176, 58 euros par habitants au titre de la Dotation Globale de Fonctionnement. En 2012 168,96 euros soit une baisse de 4, 32 % aggravée encore par le fait que l’euro 2012 n’est pas l’équivalent en pouvoir d’achat de l’euro 2009.

Par contre les impôts locaux ramenés à l’habitant passent de 512,02 à 538,60 euros sur la même période, soit en progression de 5,2% du simple fait de la revalorisation des bases d’impositions par les lois des finances adoptées chaque année par le parlement. Avec cependant 8% supplémentaires par rapport à 2008 avec la majoration des taxes locales, décidée par la majorité.

Le laisser faire de la majorité municipale, sans mot dire à l’égard de la politique de l’ex président Sarkozy, n’a d’égal que celui de messieurs Fraysse et Simons qui refusaient il n’y a pas si longtemps de dénoncer l’austérité version Hollande relayée par la Région, le Département et la CAF. Mais il est encore temps de le faire.

Prévisions exercice 2014

Les chiffres dont vous faites état sous la rubrique Loi des Finances pour 2014, à part quelques oublis, sont exacts.

Les participations de l’Etat sont encore en baisse les impôts locaux en hausse:

Le budget primitif de l’exercice 2013 n’avait pu être voté en équilibre qu’à la suite de l’utilisation accrue de l’excédent de l’année précédente. Il en sera de même cette année

Les subventions de la région et du département ont été réduites sur la base de nouveaux critères d’attributions il en est de même pour celles de la caisse d’Allocations familiales, à destination de la crèche et de la petite enfance, que les communes sont contraintes de valider sous peine de les percevoir amputées.

J’avais été le seul à ne pas approuver ces mesures présentées comme transitoires mais qui sont appelées à durer tant que nous resterons phagocytés par les traités européens. Elles ne font qu’ajouter au marasme.

Outre les chiffres que vous avez avancés, le gouvernement souhaite supprimer 24 taxes à faible rendement ce qui représente, 475 millions d’euros par an de perte de recettes pour les commune, il s’apprête réformer, c'est-à-dire à réduire voire à supprimer les compensations d’exonération de taxe d’habitation puis à réformer le système d’évaluation des bases d’impositions locales non pas pour diminuer l’impôt mais pour l’augmenter, ce que la droite n’avait pas osé faire

Il a suspendu le blocage des avancements des agents des collectivités territoriales jusqu’aux municipales pour tenter de sauver les meubles.

La réduction de la dotation globale de fonctionnement de 840 millions d’euros cette année sera doublée en 2015 pendant que les prélèvements sur les recettes de la commune au titre de la solidarité intercommunale vont augmenter.

A cela il faut ajouter la perte du bénéfice de la taxe communale sur la consommation finale d’électricité décidée sans concertation et surtout sans compensation soit globalement moins 400 millions d’euros pour les communes, moins 60 000 euros pour Villiers.

Les recettes sont en chute libre alors que de l’autre les dépenses vont s’envoler dans les mois qui viennent.

Je n’insisterai pas sur les charges nouvelles résultants de la croissance démographique globale et de la population scolaire dont je doute cependant quelles puissent être compensées en totalité par l’impôt sur les nouveaux ménages dont vous estimez la progression à 2,9 % pour 2014 alors qu’elle diminuera en euros constants en 2015, tout en étant plus lourde pour les contribuables.

Par contre la charge de la dette va passer de 290 000 euros en 2013 à 420 000 en 2014, pour atteindre 610 000 euros en 2015. (la commune ne retrouvera une réelle capacité d’investissement qu’à la fin du prochain et à condition que la situation ne s’aggrave pas)

Il est à noter que la notice d’information transmise aux élus fait état d’un taux d’endettement relativement faible 6,28 % pour Villiers la limite du supportable est en passe d’être atteinte compte tenu du niveau des recettes de fonctionnement de la commune. Elle sera dépassée en 2015.( ces trois lignes constituent un ajout)

La mise en œuvre de la réforme Peillon, approuvée par les quatre candidats déclarés, équivaut à deux voire trois emplois à temps complets soit de 36 000 à 54 000 euros pour un impact nul à Villiers sur Orge ainsi que l’association Alternative Citoyenne pour Villiers l’a démontré dans un tract récent. A titre individuel et collectif les parents d’élèves ont cautionné : A ceux qui protesteront demain contre l’augmentation du coût des services facturés par la commune je rétorquerai que ce n’est pas au contribuable d’en supporter les conséquences.

Il y a, c’est une évidence, nécessité d’une refondation de l’école car devant les lacunes de nombreuses facultés sont contraintes d’organiser des mises à niveau en matière d’expression orale et écrite, pourtant ce sont des bacheliers, parfois avec mention. Qu’en est-il des autres ?

L’échec scolaire est de la responsabilité de l’Etat. Il lui appartient d’y remédier.

La commune doit déjà faire face à la hausse de la TVA, à sa répercussion sur la restauration scolaire. Elle devra également octroyer des crédits supplémentaires au CCAS pour aider les familles en difficulté.

Je cite pour mémoire la proposition de monsieur Dhondt de créer une police municipale, 150 000 euros selon ses estimations, plus une ménagerie souhaitons qu’il revienne à la raison à défaut d’être écarté.

Par ailleurs sa dérive sécuritaire l’engage sur une pente glissante source de tous les dangers car, sans même lui prêter d’arrières pensées, par les temps actuels il pourrait rapidement se trouver débordé par des forces incontrôlables, nous aussi d’ailleurs si nous n’y prenons garde. Les nazis font à nouveau la loi en Ukraine.

Aucun des candidats, sauf madame le maire, n’a relevé le fait que la commune ne répond pas encore aux critères imposés par la SRU en matière de logements sociaux, il y en a aura 410 environ à l’achèvement des programmes en cour, alors qu’il en faudrait 480 pour être à l’abri des pénalités : Soit 70, beaucoup plus, jusqu’à 200 s’ils sont accompagnés de logements intermédiaires et de lots dits libres comme sur le plateau. Encore 13 000 euros à débourser.

Ils vont générer des besoins qu’en l’état de ses ressources la commune ne pourra satisfaire ni en investissement ni en fonctionnement.

Je ne sais pas si monsieur Fraysse en a fait le compte mais la dissémination qu’il préconise, 10 par ci 10 par là, est irréaliste et antiéconomique.

Il ne pourra reproduire l’opération de la Seigneurie dont la réhabilitation au rabais provoque déjà des plaintes dont il est fait mention dans le compte rendu du bureau municipal du 20 janvier dernier. Je me répète, je l’avais dit lors du CM le 5 février 2013, nous en avons aujourd’hui confirmation.

Comment une majorité quelle qu’elle soit pourrait-elle faire face à de telles charges sans brader le patrimoine ou le laisser à l’abandon, sans augmenter les impôts locaux et le coût des services facturés par la commune ? C’est pourtant, madame le maire, ce que préconisent vos concurrents qui vous reprochent des dépenses de fonctionnement excessives alors que vous avez déjà serré les boulons. Ils nous préparent à affronter le pire.

Comment feront-ils, et monsieur Chevrier, avec eux, qui se réclame d’un parti tout autant social libéral et européiste que ceux de ses amis socialistes et écolos, avec lesquels il espère faire alliance entre les deux tours.

Comment feront-ils pour tenir leurs engagements pré électoraux, certes timides mais bien au-delà de ce que les finances communales peuvent supporter ? Le dire serait préférable tout en soulignant que les impôts locaux sont à Villiers sur orge beaucoup plus élevés que dans les communes de la même strate démographique c’est aussi dans les statistiques, les raisons en sont multiples. Il faudra y revenir mais ce n’est pas l’objet aujourd’hui.

A part quelques bruits de fond, ricanements et autres borborygmes, nul n’a souhaité prolonger le débat.

J’avais en début de séance proposé une motion dénonçant les contraintes financières imposées aux communes sous le précédent et l’actuel mandat présidentiel.

« Déjà durement touchée, les finances des collectivités locales sont asphyxiées.

Le gouvernement Hollande ( ou l’ actuel g) multiplie des décisions visant à réduire encore plus fortement les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales dont les communes.

Ces diminutions s’ajoutent à celles induites par la modification des règles d’attribution des subventions de la région et du département dites de « critérisation », mais également à la réduction des subventions de la CAF que les communes sont contraintes d’approuver.

Elles ont déjà fait perdre des sommes importantes à la commune, contrainte de compenser par emprunt.

Ces mesures qui constituent un recul historique vont conduire à une nouvelle réduction des investissements locaux porteurs d’emplois pour les collectivités territoriales qui participent encore pour plus de 70 % à l’effort d’investissement de la nation (sic l’Union des maires) ainsi qu’à à un resserrements accru de leurs dépenses de fonctionnement.

C’est inadmissible, la croissance va s’en trouver encore réduite, le chômage augmente, ainsi que montrent les statistiques mensuelles.

Ce ne sont pas les ménages dont les revenus stagnent ou baissent qui doivent supporter les transferts de charge dus au désengagement de l’Etat, de la Région, du département et de la CAF sans compter les réformes comme par exemple celle des rythmes scolaires qui vont coûter aux communes sans contre partie.

Les élus exigent à ((l’unanimité, la majorité) ou soussignés….. que l’ensemble de ces réformes soit rapporté.

Fait à Villiers sur orge le … »

C’était un texte de compromis.

La motion a été examinée en question diverse. Sans surprise, à l’unisson, la majorité UMP et Elan Solidaire se sont opposés à ce qu’elle soit soumise au vote, seul monsieur Dhondt et ses amis y étaient favorables ce qui ne préjugeait en rien de leur choix à suivre. Les élus n’ont pas eu à se prononcer.

Il est à noter que la gauche social démocrate locale apporte une nouvelle fois la preuve qu’elle cautionne la politique d’austérité du gouvernement Ayrault Hollande, que les ami(e)s de madame Leroux ne peuvent dénoncer sous peine de se mettre en porte à faux par rapport à l’UMP nationale qui la juge insuffisante. Encartés ou pas leurs comportements respectifs témoignent de leurs convictions politiques et économiques qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

2 Etat récapitulatif des marchés conclus en 2013 par la commune :

Il s’agissait de marches en procédure adaptée (Pour en savoir plus sur les MAPA ) d’un montant compris entre 15 000 et 89 999 euros :

Travaux : Requalification extension école Pierre Brossolette, lot E désamiantage

Services : Nettoyage et entretien bâtiments communaux,

Location et maintenance photocopieurs et imprimantes.

Urbanisme/ Travaux/ Développement durable :

3 Demande d’attribution d’une subvention d’équipement pour travaux de mise en conformité électrique et gaz des bâtiments communaux d’un montant de 18 867,97 euros HT.

La délibération a été approuvée à l’unanimité.

4 Convention de mise à disposition d’un terrain, 12, 00 m², place de la Libération, à la place de l’abri bus, pour y implanter un local technique point de déploiement du réseau fibre optique sur la commune.

Délibération adoptée à l’unanimité mais la structure présentée n’a riend’esthétique.

Enfance / jeunesse :

5 Organisation d’un mini séjour pour les enfants d’âge maternel de l’accueil de Loisirs du 07 au 11 juillet 2014 :

Délibération adoptée à l’unanimité.

6 Organisation d’un mini séjour pour les enfants d’âge élémentaire du 14 au 18 juillet 2014.

Délibération adoptée à l’unanimité.

7 modification du règlement intérieur du multi accueil : En fait il s’agit d’une simple actualisation du précédent document que la commune pour l’essentiel doit valider.

Délibération adoptée à l’unanimité.

Points d’information :

Très haut débit ( fibre) : La réunion d’information qui devait avait lieu le 2 février selon monsieur Dondt, le 1° selon madame le maire a été reportée pour cause de campagne électorale pourtant de nombreuses interrogation subsistent :

Le déploiement de la fibre est financé par l’agglo : Comment sur fonds propres ou par emprunt ? Quelles seront les charges induites pour les contribuables ?

Quel sera le coût du raccordement du dernier boîtier extérieur jusqu’au premier boîtier de raccordement intérieur, quelle sera la technologie proposées par les opérateurs jusqu’aux points d’utilisation : prolongements Wifi, par fibre ou courants porteurs ? Des travaux sont à prévoir quels en seront les coûts ?

Madame le maire rétorque que les réponses seront apportées ultérieurement

Rénovation résidence de la Seigneuries : les travaux avancent au rythme prévu mais des locataires commencent à se plaindre de la qualité des prestations.

Les travaux de construction des 26 logements sociaux en cours de réalisation sur l’ex aire de jeux de la résidence restent dans les délais prévus ainsi d’ailleurs que les travaux dans les écoles primaire et maternelle.

L’ordre du jour étant épuisé madame le maire à donné la parole aux personnes présentes.

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