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  • : Villiers sur Orge- La Vie en Blog
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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 15:23

Chevrier (Liste « Une autre voix pour Villiers ») vient de s’arroger, dans un tract récent, un bilan qui, s’il était réellement le sien, aurait assuré son élection en 2001.

 

Ce fût un échec: La supérette de Villiers a été créée  avant qu’il ne soit élu conseiller municipal, rouverte après avoir périclité, refermée à nouveau, j’avais ensuite, en tant que maire, proposé l’acquisition des murs par la commune, il a signé l’acte correspondant après ma démission. C’est ainsi que le petit casino a été ouvert.

 

S’il a favorisé l’implantation d’un distributeur de billets et de la salle d’activité située à l’étage, après bien des péripéties, il l’a fait dans un immeuble acquis avant qu’il ne soit devenu maire. Il n’est pour rien dans la création du point Poste.

 

Bien que maire adjoint à la culture avant de me succéder, l’Aura passée de la Fête de la musique doit essentiellement à monsieur Bordarier, conseiller municipal, qui avait de nombreuses relations dans le monde du spectacle.

 

Si mes souvenirs sont exacts, il ne me semble pas qu’il ait poursuivi l’aménagement des annexes du tennis couvert après mon départ.

 

A condition de sous estimer l’ apport de madame Mazet, à l’époque maire adjointe à l’enfance, nous pourrions mettre à son crédit une participation à l’élaboration du projet du centre de l’enfance. Son successeur monsieur Théron reprit le dossier avant qu’il ne lui soit retiré par Simons à la suite d’un renversement d’alliance. Inauguré en 2004 le nombre de places offertes par le « Petit Prince » était déjà insuffisant. Je l’avais souhaité évolutif, sur le site actuel, car nous savions que nous nous approcherions de 5000 habitants sur le moyen terme, aujourd’hui nous les dépasserons rapidement. Une réserve foncière vient d’être inscrite au Plan Local d’Urbanisme pour réaliser une structure supplémentaire à quelques dizaines de mètres.

 

Les tentatives de manipulation de l’opinion, les coups tordus, celui de 1983 qui a bénéficié à la composante socialiste de la gauche plurielle, celui de 2001 par les mêmes qui, en mars 2008, en publiant un tract mensonger ont encore fait élire la droite, les récents tags anonymes sur la façade nord de l’Hôtel de ville, ne sont que des armes de politiciens à qui on ne peut faire confiance. La fin ne peut justifier les moyens.

 

A trop contempler son nombril monsieur Chevrier a perdu le sens des réalités

 

Je ne sais si tous ses colistiers sont clairement à gauche, la vraie, lui ne l’est pas plus que le parti auquel il appartient, le PCF, devenu social libéral comme le PS. Il multiplie les ambiguïtés, un jour suçant les roues de l’actuelle majorité présidentielle pour bénéficier des effets d’entraînement, le lendemain, dénonçant sans vergogne la politique d’ un gouvernement qu’il a contribué à mettre en place et qui nous impose des sacrifices au-delà de ce que la droite avait pu faire même si elle en réclame encore plus aujourd’hui.

 

Critiquer est une chose mais que propose monsieur Chevrier pour mettre fin à la crise ? A ceux et celles qui le poussent dans ses derniers retranchements il répond invariablement « il faut réformer l’Union Européenne ». C’est est interdit par les traités Européens. L’Allemagne veille attentivement à ce qu’ils soient scrupuleusement respectés car son économie en tire de substantiels profits pendant que nos dirigeants nous présentent la facture.

 

Il ne leur en tient pas rigueur.

 

En vue d’une alliance entre les deux tours il tend la main à leurs représentants locaux qui viennent par deux fois, en moins d’un an de refuser, en conseil municipal, de dénoncer l’étranglement financier des collectivités territoriales par le gouvernement Hollande: « Que nos concitoyens nous départagent (Au premier tour- ndlr) en connaissance de cause et nous donnent ainsi l’opportunité de créer les conditions d’un rassemblement majoritaire combatif » Ecrit-il !

 

Pourquoi ? La réponse est évidente, pour gérer l’austérité et ses conséquences dommageables pour les ménages comme pour les collectivités. Qui se ressemble tente de s’assembler, logique…

 

Jack Freychet le 16 mars 2014

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 10:06

LA LUCIDITE LA RIGUEUR OUI - L’AUSTERITE NON

 

Une ALTERNATIVE CITOYENNE , Une feuille de route,  réaliste, à faire vivre par tous ceux et celles qui en ont assez des promesses sans lendemains.

 

La date d’une élection n’est qu’un repère dans le temps, l’action populaire qui doit suivre peut être déterminante c’est du moins ce que l’Histoire nous enseigne.

 

En matière de gestion des collectivités territoriales comme partout il n’est pas d’amélioration possible sans avoir décelé la nature du mal.

 

Ne pas disposer des moyens pour y remédier conduit en général ceux qui aspirent à gérer les affaires de la cité à multiplier les promesses qui resteront sans lendemains sauf, lorsqu’ils y sont acculés, à augmenter les impôts locaux et le coûts des prestations servies tout en déclarant « nous n’y sommes pour rien, c’est la crise » alors que depuis des décennies, en élisant et réélisant ceux qui en sont les auteurs, ils en partagent la responsabilité.

 

C’est l’image que nous nous a donné hier la majorité municipale UMP durant le mandat de Sarkozy, celle que nous renvoient les élus PS et Renouveau Solidaire depuis l’élection du président Hollande.

 

Nous savons déjà que faute de le contester ils reproduiront, demain, ce schéma.

 

Oh, certes, ils ne parlent pas d’austérité mais d’économies ce qui revient au même, les aspirants remplaçants trouvant même que la majorité actuelle ne va pas assez loin dans ce domaine depuis deux ans. Au plan national c’est la droite qui trouve que la majorité gouvernementale n’en fait pas assez.

 

Mais comment feront-ils pour ne pas augmenter les impôts locaux alors que les dotations de l’Etat, du Département, de la Région et de la caisse d’allocation familiales baissent régulièrement, que la dette de la commune va doubler, que les transferts de charges sont incessants…

 

Déjà les dépenses de fonctionnement inscrites au budget de 2013 dépassent, et de loin, les recettes prévue de l’exercice. Que restera t-il comme possibilité lorsque les fonds de tiroirs auront été raclés, au plus tard fin 2014 ?

 

Ni les uns ni les autres n’abordent le sujet, pas même les communistes qui, s’il mettent l’austérité en accusation, font le pari stupide d’une possible transformation de l’Union Européenne de l’intérieur mais ne proposent aucune mesure concrète. Nous les mettons au défi de prouver le contraire. Ils sont eux aussi européistes, accompagnent l’abandon de notre souveraineté nationale ce qui nous laisse pieds et poings liés face à la finance et à la concurrence internationales (dumping social). Le déficit n’est pas réduit, la dette augmente…

 

Que faire ?

 

Mieux vaut prévenir que d’avoir à guérir

 

Refusons l’austérité, de droite comme de gauche, qui ajoute aux difficultés des ménages et des collectivités territoriales. Elle n’est en rien une fatalité. Nous affirmons qu’une autre politique, qui n’étrangle pas financièrement les collectivités territoriales et les ménages, qui génère de l’emploi au lieu de le détruire, est possible. Elle doit être mise en oeuvre, c’est une exigence que nous vous proposons de partager avec nous jusqu’à ce quelle devienne majoritaire.

 

D’ici là les candidats à l’élection municipale doivent:

 

  • S’abstenir de toute promesse impossible à tenir si le contexte actuel perdure et par principe refuser tout transfert de charge supplémentaire non accompagné de moyens correspondants. Promettre, comme l’a fait le tandem Simons Fraysse, de ne pas augmenter les impôts locaux est irresponsable il en est de même des promesses de monsieur Chevrier.

 

  • Contribuer à la création du rapport de force qui permette de nous affranchir des traités européens et de retrouver notre souveraineté monétaire afin de regagner en compétitivité. Nous y travaillons déjà au sein de l’association Alternative Citoyenne Pour Villiers sur Orge, non pas apolitique mais indépendante des partis traditionnels et des groupes de pression, les lobbies en franglais, qui nous mènent en bateau depuis des lustres et sont à l’origine du marasme actuel.

 

Ensuite :

 

  • Mettre en œuvre une gestion rigoureuse des services municipaux par une meilleure utilisation des moyens, qui ne conduise pas à pas brader le patrimoine ou à le laisser à l’abandon.

 

  • Enfin, en cas d’absolu nécessité équilibrer les dépenses et les recettes au plus juste y compris par l’augmentation du taux des taxes locales par solidarité intergénérationnelle pour ne pas laisser la hausse du coût des prestations servies par la commune à la charge des seuls bénéficiaires, généralement les parents.

 

L’optimisation des moyens, des efforts utiles, des élus de terrain

 

Pour satisfaire au mieux les besoins prioritaires des villiéraines et des villiérains, toutes générations confondues, il faut prioritairement rationaliser le fonctionnement des services par l’utilisation de l’outil informatique, en particulier au plan administratif, de la réception et gestion des dossiers et courriers à leur archivage en passant par la télétransmission entre services et administrations et en redéfinissant les responsabilités au sein des services non pas pour supprimer des emplois mais pour les réutiliser là ou il sont en nombres insuffisants, en direction de l’enfance, des ados et des jeunes adultes, des activités sociales en général, la préservation et l’entretien de notre cadre vie …

 

C’est possible sans avoir à recourir aux services d’un cabinet spécialisé, la motivation suffit. Les élus apprendront sur le tas, au contact de leurs concitoyens et seront ainsi à même de proposer les ajustements nécessaires dans les instances municipales : bureau, commissions municipales et extra municipales, groupes de réflexions…

 

Cette démarche nécessitera bien sur l’implication forte de la hiérarchie du haut en bas de l’échelle, mais également de l’ensemble du personnel qui, associé à la réorganisation, n’en sera que plus motivé.

 

Créer une police municipale, serait entériner un nième transfert de charge, qui plus est inutile, il faut exiger de l’Etat qu’il remplisse ses missions régaliennes notamment en matières de police, de justice, d’enseignement et de défense nationale.

 

Les élus peuvent également intervenir en première instance, en tant que médiateurs, pour ce qui concerne les problèmes mineurs de voisinage, les incivilités, ainsi que pour prévenir les comportements xénophobes et racistes qui resurgissent en périodes de crises…Sans pour autant se laisser aller à tolérer l’intolérable, c'est-à-dire la remise en cause des valeurs de la République.

 

L’Ecole :

 

La solidarité, la laïcité, passeport pour vivre ensemble dans la diversité des croyances, le développement de l’esprit critique, la citoyenneté, la souveraineté nationale, la solidarité, les valeurs de la République doivent constituer le socle du Programme Educatif Local refondé en concertation avec les parents, les enseignants ainsi que les personnes qui souhaiteraient s’impliquer dans cette démarche citoyenne.

 

Les travaux en cours

En mars prochain les travaux de réaménagement des écoles primaires et maternelles et de leurs annexes ne seront pas terminés mais, pour l’essentiel, les orientations retenues par la majorité actuelle, approuvées par Elan pour Villiers et Renouveau Solidaire, seront figées. Il ne sera possible que d’apporter quelques modifications mineures ne remettant pas en cause l’équilibre financier de l’opération tout en suivant les travaux jusqu’à leur achèvement puis leur réception et la clôture des marchés.

 

Il reste que l’agrandissement des locaux, l’augmentation de l’effectif scolaire de même que la réforme Peillon, à laquelle nous sommes opposes, ajoutés au triplement de la dette vont générer des dépenses qui vont peser lourdement sur le budget communal, tant en investissement qu’en fonctionnement, dès la fin 2014 jusqu’à le déborder l’année suivante. Ce sera rapidement l’heure de vérité et il faut l’écrire des décisions encore plus douloureuses.

 

Petite enfance, enfance et adolescence.

 

Les activités de loisirs sans hébergement (activités pré, post, péri scolaires), seront adaptées, si possible financièrement, en fonction de la réforme Peillon, si elle est imposée.

 

L’utilisation des places disponibles dans les structures doit être optimisée dans la mesure où il sera possible de dégager après réorganisation des services, les personnels nécessaires, tout en restant dans le cadre des contraintes budgétaires.

 

Il va de soi qu’une augmentation des capacités d’accueil restera en attente du retour des capacités d’investissement de la commune, ce qui est inenvisageable sur le court terme.

 

Par contre en cas de besoin des locaux scolaire pourront être utilisés pendant les vacances et les mercredi dans le cadre d’une convention avec l’éducation nationale.

 

Jeunes adultes.

 

Des locaux sont disponibles en soirée après la fin des activités de la maison des jeunes pour les accueillir. Plutôt qu’une police municipale mieux vaut mettre en place une équipe d’animateurs après avoir recensé leurs aspirations et défini d’un commun accord les réponses que la commune sera en mesure d’y apporter. Ils peuvent se rassembler au sein d’une association. Ils doivent avoir un interlocuteur privilégié.

 

Vie associative, sport, culture, loisirs…

 

Les associations sont un des moteurs de la vie locale l’aide qui leur est octroyée doit être maintenu en euros constants, voire augmentée dans l’hypothèse ou elles accepteraient d’accompagner la mise en œuvre de la réforme Peillon, il est cependant prématuré d’affirmer que ce sera possible si l’érosion des ressources de la commune se poursuit. Auquel cas cela pourrait conduire à un recours accru au bénévolat et à l’augmentation des prélèvements sur les ménages. Mais toute décision ne doit intervenir qu’en concertation avec les bénéficiaires et les acteurs concernés, animateurs, usagers, parents et contribuables, y compris pour le définition de nouveaux périmètres destinés à recevoir à terme des équipement collectifs à vocations multiples sportives en particulier.

.

 

Entretien du patrimoine

 

Depuis plusieurs années priorité a été donnée aux investissements mais les crédits destinés à entretien du patrimoine ont été réduits. Il devient urgent de faire un état des lieux et d’établir un échéancier de rénovation ou plutôt de sauvegarde pour éviter des dégradations qui le mettraient en péril.

 

Cela vaut pour, la mairie, le centre Culturel et la Bibliothèque après transfert des activités à l’Espace Colette, également pour les bâtiments anciens des écoles André Malraux et Pierre Brossolette, la voirie, les espaces verts et les réseaux restés de la compétence de la commune. Les dossiers de demandes de subventions devront être constitués rapidement et prendre en compte les économies d’énergie.

 

La chasse aux mauvaises herbes qui fragilisant les revêtements de sols doit redevenir la règle avec l’utilisation de moyens appropriés, sinon ça ne sert à rien, d’une utilisation ciblée et non pas par épandage général de produits polluants. Le recours au privé doit redevenir l’exception.

 

Urbanisme, Développement économique et social, cadre de vie…

 

Pour ceux qui l’on connue il y a une cinquante ou soixante ans Villiers sur orge, malgré sa faible superficie, a préservé des vestiges de son caractère champêtre beaucoup plus que d’autres communes de notre environnement immédiat, néanmoins le plateau a été urbanisé, des quartiers anciens ont été densifiés à l’initiative de monsieur Simons et de ses amis, des maisons d’habitations individuelles sont à touche-touche.

 

Le nombre de logements sociaux dépasse 20 %, grâce surtout à la transformation de la Seigneurie en résidence sociale, la commune n’a plus à verser de pénalités au titre de la Loi SRU qui en exige 5 % de plus. Selon les options retenues cela peut aller jusqu’à la construction de 200 logements supplémentaires sur la commune. Les équipements scolaires actuels, ceux destinés à la petite enfance et à l’adolescence ne permettront pas de faire face à un afflux de population de cette importance. Encore de belles discussions en perspective.

 

Mais Villiers sur Orge est restée pour l’essentiel une ville dortoir dont les commerces de proximité et les services publics sont absents comme dans beaucoup de communes rurales : la librairie a fermé faute de repreneur et de possibilité d’agrandissement, la Supérette étranglée par ses fournisseurs végète malgré l’implantation du point poste, l’extension de la zone d’activité est en panne ce qui prouve que la « crise » pèse sur les collectivités locale la nôtre en particulier pourtant d’un attrait certain au plan économique compte tenu de son implantation.

 

Un plan d’aménagement absent :

 

Pire il n’y a plus de réserves foncières en centre ville. La dernière parcelle a été reclassée en zone urbanisable par la majorité ou elle envisage la réalisation d’un centre de santé en rez-de-chaussée et de quelques logements en étage. Faute de moyens elle a décidé d’en confier la réalisation à un aménageur privé.

 

Une des première tâche du nouveau conseil devrait être de remettre le dossier à plat, de recenser les besoins en matière de médecine générale et spécialisée, d’auxiliaires de médecine, de soins infirmiers, d’aide à la dépendance pour déterminer les surfaces de planchers et de stationnement nécessaires.

 

Il faut également définir les emprises qui permettraient de conforter l’Economie du centre ville, de les situer au Plan Local d’Urbanisme, qui devra être mis en révision, afin d’être en mesure de saisir les opportunités qui pourraient se présenter lors de mises en vente dont la commune est informée via les déclarations d’intention d’aliéner.

 

Il est cependant illusoire d’espérer y parvenir l’absence d’une réforme des circuits de distributions à même de permettre aux petites surfaces commerciales de s’approvisionner à des conditions proches de celles des grandes surfaces afin de trouver sur leurs étals, des produits compétitifs, en particulier les productions maraîchères locales. La distribution alimentaire de proximité est d’intérêt public.

 

La gestion de l’eau l’est aussi, il ne faut pas la livrer aux appétits de gestionnaires privés. Une régie publique doit être créée par la communauté d’agglomération du Val d’orge dès l’expiration des contrats encours c'est-à-dire en mai 2017. Par la suite cette régie devra s’insérer dans un grand service public national de l’eau allant du captage au retraitement. Les gesticulations actuelles, à la veille des élections municipales, ne peuvent masquer l’absence de volonté politique des élus comme des candidats qui quels qu’ils soient buteront toujours les dispositions de l’accord multilatéral sur l’investissement (AMI), le Grand Marché Transatlantique (GMT) qui visent eux aussi à supprimer tout obstacle à la concurrences dite libre et non faussée imposés à la libre implantation d’entreprises transnationales privées.

 

Nous devons agir collectivement pour que cela se concrétise, retrouver notre souveraineté monétaire en particulier. Ne pas le faire serait nous résigner au statu quo.

 

La défense et la promotion des services publics doivent être la priorité pour commencer à faire reculer le « pouvoir du capital » aujourd’hui sans partage.

 

Enfin il convient de noter, celles et ceux, trop peu nombreux, qui assistent aux réunions en sont convaincus, que la salle du conseil municipal, exiguë, permet tout juste d’accueillir les conseillers lorsqu’ils sont au complet (27 bientôt 29 au-delà de 5000 habitants). Les séances sont pourtant publiques mais de moins en moins accessibles aux auditeurs.

 

Une solution doit être recherchée à moins que la commune de Villiers sur orge ne soit condamnée à disparaître, la communauté d’agglomération avec elle dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales pour aller vers la constitution de métropoles sur le modèle des Länder Allemands

 

 

Le Centre Communal d’Action Sociale :

 

Héritier de l'ancien bureau de bienfaisance des communes devenu ensuite bureau d'action sociale (BAS), le CCAS est un établissement public communal qui, aux termes du Code de l'action sociale et des familles exerce dans chaque commune des compétences sociales obligatoires ou définies par son Conseil d'administration.

 

Il a obligation de participer à l'instruction des demandes d'aide sociale légale, notamment celles déposées par les personnes résidant dans la commune ou qui y ont élu domicile. Il doit ainsi effectuer les enquêtes nécessaires pour établir ou compléter les dossiers d'admission et transmettre ceux-ci, quelle que soit son appréciation sur le bien-fondé de la demande, à l'autorité publique chargée de se prononcer.

 

Le CCAS tient à jour un fichier des personnes bénéficiaires d'une prestation de l'aide sociale dont les informations sont protégées par le secret professionnel…

 

Par ailleurs, le CCAS peut exercer les compétences éventuellement déléguées à la commune par le département. Enfin, il est l’opérateur des communes dans le domaine social. Les textes lui confient une « action générale de prévention et de développement social » et une mission d'analyse des besoins sociaux de leur population. Sur cette base, le CCAS mène des actions variées, en fonction des ressources dont il dispose : versement de prestations en nature ou d'aides financières, éventuellement création et gestion d'établissements ou de services sociaux ou médico-sociaux …

 

Comme tout établissement public, le CCAS a une personnalité juridique distincte de celle de la commune dont il relève Ils est géré par un Conseil d'administration qui définit les actions menées…Il dispose d'un budget propre, avec des ressources qui peuvent provenir de subventions ou de participations à des actions partenariales (organismes de sécurité sociale, départements), de la participation des usagers et, pour une partie essentielle, du financement accordé par la commune de rattachement.

 

Il est un des acteurs de toute première proximité dans la lutte contre la pauvreté, un des partenaires actifs du département et de l'Etat pour l'aide aux exclus et aux personnes âgées ou handicapées …La population s'adresse en effet souvent à eux en cas d'urgence sociale, alors même que les communes n'ont pas, en ce domaine, d'obligations précisément définies…

 

Il est vain d’espérer pouvoir réduire la subvention communale au CCAS dans une période ou le pouvoir d’achat des salaires, retraites et pensions est réduit où le chômage et la précarité augmentent.

 

L’écoute, la disponibilité n’ont pas de prix d’autant que le maquis administratif n’est pas d’un accès aisé. Si la situation perdure, les aides de la commune au CCAS devront être renforcées, à tout le moins pour tenir compte de la croissance démographique et de la dépendance suite au vieillissement de la population.

 

L’intercommunalité :

 

La commune adhère à de nombreux organismes intercommunaux, dont l’agglomération du val d’Orge, le SIVOA, le Syndicat de l’électricité, le CIG de la grande couronne etc.., auxquels pour certains elle a délégué partie de ses compétences, elle en utilise d’autres comme supports. Ces organismes sont mal connus de la population voire de certains élus. Quels que soient les modes de transmissions, outil informatique ou support papier quand il y en a, leurs comptes rendus annuels sont rédigés dans un langage ésotérique qui s’inscrit dans le cadre de la pensée unique dominante, ils ont surtout pour objet de faire valoir ceux qui les dirigent, ils sont d’interprétation difficile pour les non initiés.

 

Les représentants des communes au sein de ces organismes devront exiger qu’ils soient rédigés en clair afin que chacun puisse apprécier leurs bilans respectifs, c’est l’A...B...C... d’une démocratie non bafouée (le pouvoir que le peuple ne doit pas déléguer mais reconquérir) dont la commune doit être la cellule de base au plan de l’administration homogène et sans partition du territoire national et non pas inféodée l’Union Européenne dont l’Allemagne est tutrice.

 

Les élus, y compris ceux de l’opposition, devront bénéficier d’un accès à tous les documents numérisés non confidentiels au travers d’une cellule informatique dans un premier temps partagée, ensuite d’une dotation leur permettant d’en acquérir ou d’être indemnisés, s’ils en disposent, pour les frais occasionnés par l’utilisation des consommables.

 

Développement durable, la tarte à la crème…

 

D’abord la coexistence pacifique car ceux qui meurent n’ont pas de lendemain

 

Pour cela il faut:

 

Régler les conflits d’intérêt apparents ou réels par la concertation et non la violence ce qui permettrait d’éliminer les armes de destructions massive qui mettent l’Humanité en Péril.

 

Interdire le recours aux milices privées par les états et les transnationales

 

Reconnaître aux peuples le droit de disposer d’eux-mêmes en dehors d’ingérences dites à vocations humanitaires mais servent de prétextes au rétablissement de rapports coloniaux pour l’accaparement des richesses naturelles de la planète.

 

Sortir la flore et la faune du champ de la loi du profit le plus grand dans le laps de temps le plus court.

 

Revoir les conditions d’élevage, d’engraissement et d’abattage des animaux destinés à la consommation égorgés aujourd’hui sans être anesthésiés (assommés) préalablement.

 

Laisser des espaces libres dans l’hexagone pour le maintien d’espèces naturelles.

 

Le principe de précaution doit être la règle intangible en matière de manipulations génétiques.

 

Economiser l’énergie :

 

Produire durable non seulement pour les plus riches mais pour tous au lieu de gadgets jetés avant d’en avoir utilisé toutes les potentialités.

 

Isoler thermiquement les constructions contre les variations climatiques, extérieures, à la hausse ou à la baisse.

 

Développer les transports en commun à partir de l’électricité. Raccourcir les trajets du domicile au lieu de travail. Répartir les emplois sur le territoire national ce qui éviterait d’avoir à réhabiliter là ou il y a densité de population trop importante, là ou il y a désertification.

 

Faire le point des connaissances scientifiques, faire litière du catastrophisme relayé par les politiques pour nous faire accepter de payer plus ou de nous chauffer moins :

 

Les énergie renouvelables le deviendront peut être mais dans des temps indéterminés. Aujourd’hui elle ne sont pas la solution : la production d’agro carburants a provoqué les émeutes de la faim, les algues doivent subir des manipulations génétiques pour être plus productives, imaginons le risques encouru si par inadvertance le contenu d’une éprouvette était déversée dans l’océan. Ne jouons pas aux apprentis sorciers.

 

La production d’électricité d’origine éolienne ou photovoltaïque est aléatoire et hors de prix en outre l’électricité ne peut être stockée autrement qu’en de très petites quantités.

 

Que reste-t-il? Pour l’essentiel l’hydraulique et le nucléaire ou il faut aller rapidement de la troisième à la quatrième génération de réacteurs au thorium qui ne produisent pas de plutonium. La fermeture prématurée de Fessenheim est un non sens économique, une faute à ne pas commettre.

 

Si, sur 24 heures la consommation d’énergie passe par des pics, l’énergie électrique produite par les centrales nucléaires est étale, sauf manœuvre longues et complexes permanente, elle doit donc être utilisée dans les heures creuses, et à moindre coût pour remonter l’eau de l’aval vers les bassins en amont afin la réutiliser le lendemain s’il n’a pas plu. Il est également possible de développer le chauffage par accumulation pour stocker temporairement les thermies.

 

Il y a par ailleurs un paradoxe qui consiste à prétendre que la production d’énergie d’origine carbonée serait responsable d’un réchauffement climatique inexistant depuis 20 ans, ce qu’indiquent les mesures sur le terrain, par ballons sondes et satellites et remplacer le nucléaire par des centrales au charbon, au lignite ou au gaz, voire au bois qui truffent l’atmosphère de particules…

 

LA VERITE OUI - LE MENSONGE, NE SERAIT - CE QUE PAR OMISSION, NON

 

Demain, nul ne pourra raser gratis à Villiers sur Orge, c’est encore mieux en l’écrivant car les promesses s’envolent et n’engagent que ceux qui y croient.

 

Le local n’est pas déconnecté du national et le national de l’international, encore faut-il préconiser et mettre en œuvre les bonnes réformes et non pas se satisfaire d’incantations pour endormir l’opinion comme le font les représentants des partis traditionnels de gauche comme de droite.

 

Pour faire plus court

Déclaration de georges Moustaki

 extrait de l'album  sorti en 1973 :

Tendres Années  Label : ULM

 

                                                       Je déclare l'état de bonheur permanent
                                                       Et le droit de chacun à tous les privilèges.
                                                       Je dis que la souffrance est chose sacrilège
                                                       Quand il y a pour tous des roses et du pain blanc.
                                                       Je conteste la légitimité des guerres,
                                                       La justice qui tue et la mort qui punit,
                                                       Les consciences qui dorment au fond de leur lit,
                                                       La civilisation au bras des mercenaires.
                                                       Je regarde mourir ce siècle vieillissant.
                                                      Un monde différent renaîtra de ses cendres
                                                      Mais il ne suffit plus simplement de l'attendre:
                                                      Je l'ai trop attendu. Je le veux à présent…

 

 

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 09:20

Un texte qui date un peu, octobre 2011, en commentaire d'un article d' Allain Jules sur la Libye

 

" Arrêtons de spéculer, revenons-en aux faits.

 

A supposer qu’il soit mort Kadhafi avait-il autre chose à dire que nous ne sachions déjà sinon il l’aurait dit ou fait dire à la face du monde.

 

Quel intérêt pour son fils Saïf al Islam de se présenter face à un tribunal aux ordres de l’impérialisme occidental ? Au mieux il serait muselé au pire il subirait le sort de Milosevic. S’il sait ce que nous ne savons pas il y a d’autres moyens pour le diffuser que de se jeter dans la gueule du loup.

 

Même s’il a mis quelques intégristes, djihadistes et autres à la raison, Kadhafi n’était pas un tyran sanguinaire et corrompu et la démocratie bourgeoise n’est pas le pouvoir du peuple. Les libyens selon l’ONU, bénéficiaient d’un Indice de Développement Humain très élevé, le pays dispose de ressources importantes : Pétrole, gaz, eau, il était en pleine expansion y compris la cyrénaïque d’où serait partie la rébellion. Un groupe dirigeant qui ne dispose pas d’un large soutien de sa population ne résiste pas sept mois aux forces conjuguées de l’occident, aux mensonges qu’il répand. Présupposé mort Kadhafi est encore plus grand que vivant, il fait peur à ses assassins qui souhaitent effacer jusqu’au souvenir de son existence. Le CNT se sent si peu assuré sur ses arrières qu’il demande le maintien des forces de l’Otan sur le terrain.

 

Ce n’était pas tant  les ressources naturelles de la Libye que convoitaient les prédateurs occidentaux mais l’usage qui en était fait pour le développement de ce pays et l’émancipation de l’Afrique de la tutelle du FMI et de l’OMC et de leurs satellites, c’était aussi un pavé jeté dans la mare de la francafrique. L’assassinat de Kadhafi est un coup de semonce envoyé à la chine et à la Russie qui n’ont pas encore des moyens militaires à la hauteur de ceux des USA mais ça ne saurait tarder. Les frères musulmans ont donné des gages ils ont le champ libre. L’éclatement de la Syrie laïque est programmé, ensuite l’Iran sera mis au pas et nous serons à l’aube d’une troisième conflagration mondiale.

 

Autre certitude la gauche européenne qui a déjà les mains tachées de sang n’aura rien voulu voir venir engluée qu’elle est dans son union sacrée avec ce qu’il y a de plus rétrograde dans l’opinion.

 

Mais en fait, dans quelque organisme que ce soit, nous n’avons jamais que les dirigeants que nous avons élus ou tolérés. Nous sommes tous coupables soit pour avoir œuvré en faveur du crime soit pour ne pas nous y être opposés avec assez de force. Aujourd’hui la démarche des gens qui nous gouvernent ou aspirent à le faire n’est pas sans de proches similitudes avec celle de ceux qui ont livrés l’Europe à Hitler, la France à Pétain, Lidice et Oradour aux SS, l’Espagne à Franco et à ses intégristes catholiques. Quand je vois Syrte détruite par l’Otan dans l’indifférence quasi générale je me remémore Guernica réduite en cendres par la légion Condor.

 

L’aboutissement sera le même, nous en paierons le prix à courte échéance, mais c’est peut être la condition de la prise de conscience en prévision d’une éventuelle renaissance si l’humanité survit! "

 

L’échéance se rapproche…Jack Freychet (10-mars-2014)

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 18:40

A KIEV ou à PARIS ? 

 

En studio c'est moins dangereux !

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 18:21


Maire de Maisons-Laffitte


Président du Cercle Nation et République

 

Membre de la commission des Affaires Etrangères

 

Le 2 MARS 2014

 

UKRAINE : ON SE CALME !

 

En droit international et conformément à la Charte des Nations unies , aucun Etat n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’un pays indépendant , et encore moins avec la force militaire , sauf

décision du conseil de sécurité ,

en cas de légitime défense individuelle et collective ( article 51 de la Charte )

et en cas d’intervention humanitaire qui doit être proportionnée et limitée ( Kolvesi : 13 mai 1978 )

Ces principes , la France elle-même a failli les oublier dans l’affaire syrienne , alors qu’elle est membre permanent du conseil de sécurité !

 

Cela étant , dans l’affaire ukrainienne une intervention militaire russe est certainement contraire au droit international pour autant que l’on fasse abstraction des réalités géostratégiques et du fort poids de l’histoire entre Kiev et Moscou , l’imbrication des deux peuples est totale.

 

Dans ces conditions l’attitude de certaines personnes de l’Union européenne est plus que problématique , voir Catherine Ashton en compagnie de Oleh Tyahnybok du parti ukrainien Svoboda qui se définit comme anti sémite , dont l’emblème est la "Rune du loup " nazie et qui dénonce la mafia judéo-moscovite laisse pantois !

 

Dans le même registre , laisser entendre que l’Ukraine puisse entrer dans l’UE et même dans l’OTAN est proprement inadmissible et irresponsable !

 

On le sait l’enjeu de la Crimée est pour Moscou non négociable , toute proportion gardée cette situation est comparable au contrôle du canal de Panama pour Washington .

 

Alors inutile de crier au scandale et de vouer aux gémonies Vladimir Poutine , cessons l’activisme pro-ukrainien qui ne peut mener qu’à une impasse . A ce titre posons nous une question , que veut Berlin ?

 

Ouvrons les yeux , notre influence est limitée et sachons l’utiliser avec lucidité en prenant en compte les équilibres géostratégiques qui prévaudront en tout état de cause !

 

Boycotter le G8 ne fera que pousser la Russie à radicaliser sa position , mieux vaut travailler à mettre sur pied une solution juridique pour la Crimée qui peut être la complète autonomie dans une fédération , voire l’indépendance !

 

N’oublions pas que son rattachement à l’Ukraine ne résulte que d’une décision administrative de N. Kroutchev dans le cadre de l’URSS en 1954 .

 

Le réalisme se doit de l’emporter . Personne ne moura pour Kiev !

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:17

En Ukraine il se passe des choses inimaginables depuis quelques années.

 

Le fascisme agit comme pouvoir réel dans un pays qui vit une situation de chaos politique et social.

 

Certains des principaux dirigeants tiennent des discours toujours encapuchonnés, mais leurs chemises exhibent un svastika stylisé (croix gammée) comme symbole de leurs options idéologiques.

 

Des bandes de scories assaillent et détruisent les sièges du parti communiste, exigent l’expulsion des russes et des juifs, l’exécution sommaire des adversaires politiques, envahissent la Rada (Parlement) et en expulsent en les humiliant des députés qui les critiquent.

 

Ces bandes agissent avec une discipline militaire, exhibant un armement moderne, fourni par les pays centraux de l’Union Européenne, et selon certains observateurs par la CIA.

 

L’appui officiel de l’Occident fasciste est transparent.

 

Les dirigeants d’Allemagne, de France, du Royaume Unis ne cachent pas leur satisfaction. La baronne britannique Catherine Ashton, responsable des relations internationales et l’Union Européenne, a couru à Kiev pour offrir son appui au « nouvel ordre » ukrainien.

 

Van Rompuy, le président de l’union Européenne ne cache pas sa joie face à ce nouveau cap de l’Ukraine. Il est question d’allouer une aide de 35 mille millions de dollars de l’U.E., des USA et du FMI dès le moment où sera installé à Kiev un « gouvernement démocratique ».

 

Une étrange conception de la démocratie, que celle que profilent les messieurs de Bruxelles et de Washington.

 

Viktor Yanoukevitch laisse un très coûteux héritage. Totalement négatif. Il a gouverné comme un despote et laissera le souvenir d’un politicien corrompu, qui a accumulé une grande fortune par des commerces illicites.

 

Mais ceux qui contrôlent aujourd’hui la Rada et reçoivent la bénédiction de l’Union Européenne, sont-ils des démocrates ? A quelques rares exception près, les partis qui se présentent aujourd’hui comme des apôtres de la démocratie et défenseurs de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne maintiennent des relations étroites avec l’oligarchie qui, sous la présidence de Yanoukovitch et pendant le gouvernement de Julia Timoshenko, vola le peuple et ruina le pays, le menant au bord de la faillite.

 

Ces gens manquent de légitimité pour se présenter comme des interlocuteurs des gouvernements européens, qui avec hypocrisie, leur transmettent leurs félicitations.

 

La situation existante est en plus tellement chaotique qu’il n’est pas évident de savoir qui exerce le pouvoir partagé par la Rada avec les organisations fascistes, qui décident et disposent et qui dans des dizaines de villes, perpétuent des crimes répugnants face à la passivité de la police et de l’armée.

 

L’hypocrisie de l’Occident

 

L’hypocrisie des dirigeants de l’Union Européenne et des Etats-Unis n ’a rien de surprenant.

 

Le discours sur la démocratie est pharisaïque et circule depuis Washington jusqu’à Londres et Paris.

 

Invoquant invariablement des valeurs démocratiques, ces dirigeants sont responsables des agressions commises contre des peuples sans défense, et quand cela les intéresse, ce sont des organisations islamiques fondamentalistes fanatiques qu’ils arment et financent.

 

C’est ce qui s’est produit en Irak, en Lybie, dans les monarchies féodales du Golf.

 

En Amérique Latine, Washington maintient les meilleures relations avec quelques dictatures, et promeut les coups d’état pour installer des gouvernements fantoches. Entre-temps, ils montent des conspirations contre des gouvernements démocratiques qui ne se soumettent pas toujours au nom de la démocratie dont ils se disent gardiens.

 

Les gouvernements progressistes – Venezuela, Bolivie, Equateur – sont harcelés comme ennemis de la démocratie, pendant que les gouvernements aux matrices fascisantes – Colombie, Honduras – sont traités comme des alliés privilégiés et définis comme démocratiques.

L’ascension du fascisme en Europe n’est pas un phénomène nouveau

Depuis que le Tribunal de Nuremberg a jugé les criminels les plus notables du 3ème Reich on affirme de façon répétitive que le fascisme serait éradiqué dans le monde.

C’est une illusion romantique. Avant même que ne soit énoncées les sentences, déjà l’administration Truman avait organisé l’évasion clandestine menée par les E.U. de célèbres personnalités nazies, quelques-uns contractées par des universités traditionnelles.

Simultanément, les gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis maintenaient d’excellentes relations avec le fascisme ibérique. Salazar et Franco furent traités comme des alliés.

 

Quand la Yougoslavie de désagrégea, la Serbie qualifiée de communiste, fut traitée comme un état ennemi, mais Washington, Londres et l’Allemagne Fédérale établirent des relations d’une grande cordialité avec la Croatie dont le gouvernement était infesté d’ex-nazis.

 

Après la disparition de l’Union Soviétique, quand la Russie se transforma en pays capitaliste, le fascisme commença à relever la tête en Europe Occidentale.

 

En France, Le Pen parvint à disputer la présidence de la République à Chirac au second tour. En Allemagne, le pays néo-nazi affirma publiquement sa nostalgie du Troisième Reich Hitlérien. En Autriche, en Hollande, en Italie, dans les Républiques Baltes les partis d’extrême droite conquièrent des secteurs importants de l’électorat. Dans le premier de ces pays le leader néonazi participe à la coalition gouvernementale.

 

En Espagne, l’extrême droite fait preuve d’une agressivité croissante. Jusqu’à la Suède, le Danemark, la Norvège, des groupes néonazis ressortent dans les rues avec arrogance.

Au Portugal, le fascisme, est infiltré dans les partis de droites qui gouvernent le pays.

 

Raviver la mémoire

 

La tragédie Ukrainienne – j’accomplis un devoir en rappelant cette évidence – n’aurait pas été possible sans la complicité de l’Union Européenne et des États-Unis.

 

Face à sa stratégie de rapprochement avec la Russie (dont le pouvoir nucléaire dérange), les gouvernements impérialistes de l’Occident et leurs services de renseignement catalysèrent les forces extrémistes qui semèrent le Chaos en Ukraine occidentale, ouvrant la porte à l’onde de barbarie en cours.

 

Ce furent les auto dénommées démocraties occidentales qui financèrent et armèrent les bandes fascistes qui rêvaient de programmes de pogroms communistes et exigeaient avec arrogance l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

 

Ces scories ne sont pas apparues comme par magie d’un jour à l’autre.

 

Le fascisme a des racines anciennes en Ukraine, par-dessus tout dans les provinces de Galitzia, en majorité catholique uniate, qui ont appartenu à l’Empire Austro Hongrois et, après la première guerre mondiale furent annexées par la Pologne.

 

Il faut se souvenir des 100 000 Ukrainiens qui luttèrent contre l’Union Soviétique incorporés dans les rangs de la Wehrmacht et des SS nazis.

 

Ces collaborateurs furent, heureusement, une infime minorité. L’écrasante majorité du peuple résista dans cette République Soviétique avec bravoure et héroïsme contre la barbarie allemande, responsable durant l’occupation de la mort de 4 millions d’Ukrainiens et Ukrainiennes.

 

Mais ce n’est pas fortuit que des traîtres comme Stefan Bandera, alliés aux hordes d’envahisseurs, aient été proclamés héros nationaux par les extrémistes de droite de Kiev.

 

Aujourd’hui, la jubilation des gouvernements de l’Union Européenne face aux événements d’Ukraine remet en mémoire la trahison de Chamberlain et Daladier, quand ils célébrèrent les accords de Munich, prologue de l’holocauste de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Loin de moi l’idée d’établir un parallèle entre des époques et des situations tellement différentes.

 

Le proche avenir de l’Ukraine se présente chargé d’inconnus.

 

Mais rappeler Munich, c’est prendre conscience de ce que le fascisme n’a jamais été éradiqué de la Terre, patrie de l’être humain. Il faut combattre sans pitié le fascisme à l’échelle mondiale.

 

Miguel Urbano

Vila Nova de Gaia, le 25 février 2014

Mondialisation.ca
27 février 2014

Article original en espagnol :

La Unión Europea y los EEUU cómplices del fascismo ucraniano – Resumen Latinoamericano

Traduction Anne Wolff

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 16:46

 

Ce débat a revêtira cette année une importance particulière car il sera l’occasion donnée aux candidats à la gestion des affaires de la cité, rattrapé par l’actualité municipale  d’indiquer comment ils prévoient de financer leurs promesses électorales.

 

Trois d’entre eux, élus, sont censées être au fait des affaires de la commune, le quatrième  aura l’occasion de s’exprimer en fin de séance lorsque madame le maire donnera la parole au public.

 

Les contribuables, et les usagers des services facturés par la commune  seront informés de la sauce à laquelle ils vont être accommodés lors du prochain mandat le :

 

 

LUNDI 10 MARS 2014 — 19H30 — SALLE DU CONSEIL HOTEL DE VILLE

 

ORDRE DU JOUR proposé par madame le Maire

 

I Approbation du Procès Verbal de la séance du Conseil Municipal du 19 septembre 2013

 

Il  Approbation du Procès Verbal de la séance du Conseil Municipal du 10 décembre 2013

 

III Décisions prises par Le Maire pour la période allant du 10 décembre 2013 au 9 mars 2014

 

IV Points nouveaux soumis au Conseil Municipal :

 

Affaires Générales:

 

1  Débat d'Orientations Budgétaires 2014

2   Etat récapitulatif des marchés conclus en 2013 par la Commune

 

Urbanisme / Travaux t Développement durable :

 

3. Dotation d'Equipement des Territoires Ruraux — Année 2014

4. Convention de mise à disposition d'un terrain pour l'installation d'un bâtiment technique « point de mutualisation »

 

Enfance /Jeunesse:

 

5. Organisation d'un mini séjour pour les enfants d'âge maternel de l'Accueil de Loisirs — Eté 2014

6. Organisation d'un mini séjour pour les enfants d'âge élémentaire de l'Accueil de Loisirs — Eté 2014

7. Modification du Règlement Intérieur du Multi-Accueil

 

V / Points d'information:

 

> Très haut débit (Fibre optique)

> Résidence de la Seigneurie

> Avancement des travaux des écoles

 

VII Questions diverses:

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 15:22

Catégories de demandeurs d’emploi

 

Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi sont regroupés en différentes catégories. Conformément aux recommandations du rapport du Cnis sur la définition d’indicateurs en matière d’emploi, de chômage, de sous-emploi et de précarité de l’emploi (juin 2008), la Dares et Pôle emploi présentent à des fins d’analyse statistique les données sur les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en fonction des catégories suivantes :

 

  • catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
  • Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
  • catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;
  • catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi ;
  • catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

 

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 3 316 200 en France métropolitaine fin janvier 2014. Ce nombre est en hausse par rapport à la fin décembre 2013 (+0,3 %, soit +8 900). Sur un an, il croît de 4,4 %.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories B et C s’établit à 1 613 700 en France métropolitaine fin janvier 2014. En janvier, le nombre d’inscrits en catégorie B baisse de 0,3 % (+4,1 % sur un an) et le nombre d’inscrits en catégorie C augmente de 1,7 % (+9,3 % sur un an).

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C s’établit à 4 929 900 en France métropolitaine fin janvier 2014 (5 228 800 en France y compris Dom). Ce nombre est en hausse de 0,5 % (+23 600) au mois de janvier. Sur un an, il augmente de 5,3 %.

Le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégories D et E s’établit à 667 800 en France métropolitaine fin janvier 2014. En janvier, le nombre d’inscrits en catégorie D augmente de 1,1 % et le nombre d’inscrits en catégorie E s’accroît de 1,3 %.

Récapitulatif partiel en milliers:

 

 

3/ 2008

12/ 2012

12/ 2013

1/2014

Catégorie A (chômeurs officiels)

1 985, 0

3 125,4

3 303,2

3 316,2

Catégorie B

 

 

645,4

648,1

Catégorie C

 

 

949,5

965,6

Catégorie D

 

 

280,9

281,3

Catégorie E

 

 

384,7

386,5

Chômeurs réels

3 461, 9

5 241, 4

5 563,7

 

5 597,7

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 17:37

VERITES et MENSONGES

Par Jacques Sapir

15 février 2014

 

Les différents journaux proches du gouvernement ont rapporté le vendredi 14 février qu’il y aurait des nouvelles économiquement « encourageantes ». On comprend bien qu’il fallait préparer l’opinion à de nouvelles mesures d’austérité et montrer que le gouvernement, comme son prédécesseur, faisait « quelque chose » pour la croissance. On ne se souvient que trop de l’inénarrable déclaration de Nicolas Sarkozy censé aller chercher « la croissance avec ses dents ». Pauvre homme ; au vu des résultats il avait besoin d’un dentier. Aujourd’hui, MM. Hollande et Moscovici plastronnent, l’un en Californie et l’autre à Paris. Mais les faits sont têtus…

 

CHÔMAGE

On parle beaucoup d’un « indicateur » de l’augmentation de l’emploi que constituerait l’intérim. Il est vrai que l’usage de l’intérim s’est beaucoup développé, et que ce dernier s’était complètement effondré depuis près de deux ans. Néanmoins, un léger redressement sur ce point ne signifie rien de concret et peut très bien n’être qu’une correction après des mois de baisse. Rappelons donc les chiffres du chômage et du quasi-chômage qui sont fournis par l’organisme gouvernemental lui-même, la DARES :

Graphique 1

 

On constate que non seulement la courbe de l’agrégat des catégories A+B+D continue de progresser, mais que le « quasi-chômage », soit les catégories C+E augmente fortement du fait de l’accroissement des emplois aidés. Au total, ce sont 600 000 chômeurs et quasi-chômeurs de plus qui sont venus s’ajouter aux chiffres de juin 2012.

 

CROISSANCE

L’INSEE ayant ajusté ses estimations pour le quatrième trimestre, passant de +0,2% à +0,3%, certains se sont crus autorisés à crier victoire. C’est être bien imprudent, et aussi bien impudent. En fait, le PIB par habitant est toujours inférieur à ce qu’il était en septembre 2008.

graphique 2

La crise affecte plus la forme d’un W et nous en sommes, hélas, loin d’en être sorti. Mon collègue Olivier Berruyer le faisait d’ailleurs remarquer vendredi 14 dans une émission sur BFM-Business à laquelle nous participions tous les deux. Si l’on rapporte maintenant le PIB à la population active, qui produit cette valeur ajoutée que l’on comptabilise, l’image est à peu près la même.

Graphique 3

Cela veut dire que l’économie française est aujourd’hui incapable d’utiliser les ressources en travail dont elle dispose au moins aussi bien que ce qui était le cas en septembre 2008. C’est cet indicateur qui est réellement pertinent de l’état de la production.

 

INDUSTRIE

Dans cette production, l’industrie manufacturière apparaît comme la première victime. Or, c’est elle qui engendre les rémunérations les plus stables et les plus importantes par rapport à un niveau de formation donné.

Graphique 4

On peut lire, sur ce graphique, à la fois les conséquences tragiques de la « politique du Franc Fort » mené au début des années 1990, la quasi-stagnation avec l’euro, et la chute effrayante avec la crise, accentuée bien entendu par l’effet dépressif de la monnaie unique. Mais, aujourd’hui, nous sommes en deçà du niveau que l’on avait atteint en janvier 1990. Cela dit tout sur le marasme que nous connaissons, et qui est le produit direct et immédiat des politiques menées tant par la droite que la gauche.

 

DECENCE

Je rappelle que tous les graphiques présentés ici ont été réalisés à l’aide des tables de l’INSEE. On se demande donc ce que font les journalistes, dont on suppose qu’ils ne sont pas plus bêtes que la moyenne, sachant qu’en deux temps et trois mouvements on débouche sur le site de l’INSEE. Dans ces conditions, le minimum que l’on puisse exiger des politiques ainsi que de certains journalistes et de faire preuve d’un peu de décence. Non, rien ne permet d’être aujourd’hui optimiste, ce que nous déplorons, mais ce que nous constaton ? Oui, la situation de l’économie française est très mauvaise, et la méthode Coué, au lieu d’arranger les choses va finir par rendre les français – à juste titre – absolument enragés !

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 16:57

Ou: Comment la finance, Washington, le FMI ont utilisé Mandela

 

Par : Steve Weissman

 

 

« Mandela mérite une grande admiration pour avoir mis fin au racisme de l’apartheid, dit Patrick Bond, un économiste né à Belfast et formé politiquement en Amérique, mais son héritage inclut la continuation de la pauvreté de masse ».

 

 

Ce texte, dont nous signalons l’importance à nos lecteurs pour comprendre la conjoncture de la période qui a précédé les premières élections démocratiques de 1994, occulte cependant quelques antécédents, voir les choix difficiles que l’ANC avait dû affronter à cette période, y compris le renoncement à la mise en œuvre d’une politique économique socialisante. Ce n’est pas une décision personnelle de Mandela, ni même le simple fruit de pressions directes, mais surtout le constat que l’alternative à un compromis avec le pouvoir blanc était la poursuite de la lutte armée et de la désobéissance civile, etc., avec le coût humain que cela comporterait. Le but immédiat étant de faire sauter le verrou de l’apartheid et de mettre en place un gouvernement représentatif de la majorité.

 

 

Bien sur, les principales multinationales sud-africaines, qui étaient également intéressées à mettre fin à un système devenu ingérable et qui renchérissait de surcroit la main d’oeuvre qualifiée, (la majorité des travailleurs noirs n’ayant pas accès à la formation pour accéder à des postes dans le secteur minier ou l’industrie, les salaires des techniciens Blancs ont fini par exploser) ont tout mis en oeuvre pour convaincre l’ANC de l’intérêt commun d’une transition pacifique et le respect de la propriété privée.

 

 

L’ANC a longuement négocié la première constitution démocratique du pays avec le pouvoir blanc, dont le résultat est un des textes fondamentaux les plus avancées selon les critères démocratiques occidentaux. L’ANC et Mandela avaient, naïvement, peut-on ajouter aujourd’hui, compté sur le pouvoir politique que leur auraient octroyé les urnes pour procéder à des réformes permettant une politique accélérée de redistribution des richesses. Mais le choix d’une orthodoxie financière – destinée à maintenir la confiance des investisseurs et éviter d’être placé sous la tutelle du FMI – ont significativement réduit la marge de manœuvre nécessaire au lancement durable d’une politique volontariste en faveur des plus pauvres, telle celle prévue par le premier programme de reconstruction et développement (RDP). Alors qu’il aurait plus que jamais fallu de l’audace pour imposer des mesures économiques fortes, quitte à froisser le grand capital blanc national, le vice-président et puis président Thabo Mbeki (et son équipe au sein de l’ANC) a fait le choix d’une politique libérale, confiant dans la croissance économique à venir pour réduire, un tant soit peu, les fortes inégalités sociales, tout en cherchant à favoriser l’émergence d’une classe moyenne et d’entrepreneurs noirs. Nelson Mandela, dont la priorité en tant que chef d’Etat avait été d’œuvrer pour la réconciliation nationale, immense tâche à l’époque (pour laquelle il n’a pas eu au début de son mandat le soutien des pays occidentaux que ceux-ci veulent faire croire) n’est pas, en tout cas, le concepteur de ce tournant économique qui pèse encore aujourd’hui dans la gestion du pays par l’ANC et ses alliés.

 

 

« La nationalisation des mines, des banques et des industries monopolistiques, voilà quelle est la politique de l’ANC, et tout changement ou modifications de notre position à ce sujet est inconcevable », écrivait Nelson Mandela en janvier 1990, deux semaines avant d’être libéré de sa longue captivité sur Robben Island. Il rassurait ses camarades de l’ANC qu’il restait loyal au programme socialiste économique, inscrit dans la Charte des Libertés de 1955. L’ANC rendrait, promettait-il, au peuple d’Afrique du Sud les richesses que les Blancs fortunés avaient volées sous le régime colonial britannique et les années d’apartheid afrikaner.

 

 

Quatre années plus tard, il devenait président de toute l’Afrique du Sud, démocratiquement élu dans le cadre des premières élections auxquelles l’écrasante majorité non-blanche était autorisée à voter. Mais à cette époque, Mandela et ses hommes les plus proches avaient secrètement donné leur accord pour précisément changer l’option qu’il estimait « inconcevable » de modifier.

 

 

L’ANC abandonna la nationalisation et une redistribution radicale des richesses. Ils promirent de rembourser les 25 milliards de dettes que le gouvernement d’apartheid avait accumulées. Ils supprimèrent le contrôle des changes, permettant à de grandes corporations et aux riches Blancs d’envoyer leur argent à l’étranger. Et, au lieu d’un socialisme d’État du haut en bas, comme pratiqué par feu l’Union soviétique, ou plutôt d’une économie mixte à la scandinave, ils se précipitèrent vers le tout contrôle par le privé, le « libre marché », une économie de ruissellement, la trickle down economics prêchée par Milton Friedman et l’École de Chicago, et le « Consensus de Washington ».

 

 

Le résultat de ce programme économique néolibéral a été à la fois tragique et prévisible. Malgré son principe juste de démocratie politique « un homme, une voix » l’Afrique du Sud souffre aujourd’hui d’un fossé plus profond entre riches et pauvres, Noirs et Blancs, que pendant l’apartheid. « Mandela mérite une grande admiration pour avoir mis fin au racisme de l’apartheid, dit Patrick Bond, un économiste né à Belfast et formé politiquement en Amérique, mais son héritage inclut la continuation de la pauvreté de masse ».

 

 

La vraie histoire du revirement de Mandela doit être écrite maintenant. Mais une partie est déjà écrite par l’économiste national le plus célèbre et qui a le plus de relations, Sampie Terreblanche, dans son étude souvent citée Lost in transformation : South Africa Search for a New Future since 1986, publié en 2012. Comme il l’explique, il y a eu un coup d’État capitaliste silencieux exécuté par un capitaine d’industrie et l’un des hommes les plus riches du monde, Sir Harry Oppenheimer, le président à la retraite de l’Anglo-American Corporation et De Beers Consolidated Mines.

 

 

Connu comme un opposant du big business au régime d’apartheid, mais non comme un partisan de l’ANC, Oppenheimer commença à tenir en 1991 une série de réunions secrète des dirigeants des industries minières et de l’énergie avec les dirigeants des compagnies américaines et britanniques actives en Afrique du Sud. Il y avait aussi les jeunes économistes de l’ANC formés aux Etats-Unis qui en référaient à Mandela. Les réunions commencèrent dans la propriété d’Oppenheimer à Johannesburg, Little Brenthurst, et se déplacèrent ensuite à la Banque africaine de développement, sur la route de Pretoria, où il était plus facile de garder le secret. Oppenheimer déjeunait aussi régulièrement avec Mandela qui sortir de sa ligne pour consulter le magnat des mines sur des questions d’importance économique.

 

 

Selon Terreblanche, maintenant octogénaire, dans une interview en août dernier, Oncle Sam joua un rôle majeur dans le tandem avec Oppenheimer et son Groupe de Brenthurst. Les Américains, d’abord sous George H.W.Bush et progressivement sous Bill Clinton, « menacèrent l’ANC d’une façon plutôt diplomatique » et leur dirent, « si nous ne voulez pas accepter nos propositions, nous pouvons déstabiliser l’Afrique du Sud ».

 

 

Terreblanche spécule aussi sur le fait que les Américains ont versé des « dessous de table ». Tout ceci est arrivé à un point critique en 1994, quand le Fonds monétaire international accepta de prêter à l’Afrique du Sud 850 millions de dollars pour la transition, mais à condition que l’ANC accepte le plan économique concocté avec Oppenheimer, son Groupe Brenthurst de copains magnats et l’Administration Clinton à Washington. Pour le révolutionnaire blanc le plus célèbre d’Afrique du Sud, Ronnie Kasrils, un dirigeant du Parti communiste et co-fondateur avec Mandela de la branche armée de l’ANC, « Umkhonto we Sizwe », « la lance de la Nation », ce fut un « moment faustien ».

 

 

Avec toutes ses conditions, le prêt interdisait tout programme économique radical, tout comme les concessions faites par l’ANC « pour que les négociations se poursuivent et prendre livraison de la terre promise à notre peuple ».

 

 

Dans la nouvelle introduction de ses mémoires Armed and Dangerous, Kasrils s’en veut autant qu’à Mandela de s ‘être « dégonflé », selon ses propres mots. « Le doute s’installait : nous pensions, à tort, qu’il n’y avait pas d’autre option, que nous devions être prudents, car, en 1991, notre allié autrefois puissant, l’Union soviétique, ruinée par la course aux armements, s’était effondrée. De façon inexcusable, nous avions perdu confiance dans la capacité de nos masses révolutionnaires ».

 

 

S’accrocher aurait-il provoqué le bain de sang que Mandela craignait tant ? « Briser l’apartheid par des négociations, plutôt que par une guerre civile meurtrière, semblait, alors une option trop bonne pour être ignorée », rappelle Kasrils. Mais « craquer n’était pas nécessaire ni inévitable ». Les vastes réserves minières du pays et le déclin moral du vieil ordre auraient permis des avantages bien plus importants à la table de négociation. « Si nous n’avions pas craqué, nous aurions fait davantage pression sans faire les concessions que nous avons faites ».

 

 

Sans recherche historique approfondie, personne ne peut le savoir. Mais le manque de démocratie à l’intérieur de l’ANC légalisée, le caractère secret de l’ensemble des négociations, et la volonté du mouvement de suivre Mandela qui avait été enfermé pendant 27 ans et n’avait jamais réellement compris les conséquences de rejoindre une économie globale contrôlée par le privé, donna à Oppenheimer et ses alliés un avantage énorme dans les négociations.

 

 

Vétéran du Mouvement « Berkeley Free Speech », et du mensuel de la Nouvelle Gauche Ramparts, Steve Weissman a vécu pendant de nombreuses années à Londres. Il travaille comme écrivain et producteur pour la télévision. Il vit et travaille maintenant en France où il fait des recherches pour un nouveau livre : Big Money, How Global Banks, Corporations, and Speculators Rule and How To Break Their Hold.

 

 

Source : (source : Reader Supported News, 11 décembre 2013-12-15 Traduction A.A.)

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:41
Par walid al-Mouallem (traduction intégrale)
Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés 22/01/2014

mardi 4 février 2014, par Comité Valmy

 

À lire la presse française officielle de cette fin de semaine, nous sommes en droit de nous demander si « l’échec consommé », ou encore le « fiasco », de la Conférence internationale dite de Genève 2, concerne uniquement la Syrie. Il est clair, que ces courageux journalistes, qui se sont présentés en grand nombre à Montreux, n’ont pas cherché à savoir le contenu de l’intervention du chef de la délégation de la République arabe syrienne, M. Walid al-Mouallem, et si jamais ils ont fait cet effort, ils n’ont rien voulu entendre. Une fois de plus !

 

Pour mémoire, voici la traduction intégrale de cette intervention. [NdT].

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je vous salue au nom de la délégation de la République arabe syrienne... « République laïque » que certains, présents dans cette salle, ont tenté de ramener au Moyen Âge... « République arabe » fièrement et fortement enracinée dans son arabité, malgré les agissements de certains arabes censés être des frères... Je vous salue au nom de « la Syrie » dont l’Histoire est sept fois millénaire !

 

Je n’ai jamais connu une situation aussi difficile que celle d’aujourd’hui. Sur mes épaules, et celles de la délégation syrienne, pèsent toutes les souffrances qu’a endurées mon pays depuis trois années, tout le sang des martyrs, toutes les larmes des veuves, tous les espoirs des familles qui endurent l’absence d’un proche enlevé ou porté disparu, tous les cris de chaque écolier tétanisé par les explosions visant son école, toutes les attentes d’une génération qui voit ses rêves d’avenir se fracasser, tout le courage des pères et mères qui ont envoyé leurs enfants défendre la patrie, toute la détresse des familles qui ont perdu leur foyer et se retrouvent déplacés ou réfugiés...

 

Sur nos épaules, Mesdames et Messieurs, pèsent les espoirs du peuple syrien pour les années à venir, le droit de chaque enfant de se rendre à l’école en sécurité, le droit de chaque femme de sortir de chez elle sans risquer d’être enlevée ou violée et assassinée, le droit de chaque jeune de construire son avenir comme il l’entend, le droit de chaque citoyen de pouvoir rentrer chez lui en toute sérénité.

 

Aujourd’hui, nous sommes face à un moment de vérité. Une vérité qu’on a systématiquement essayé de défigurer par la désinformation et les mensonges, jusqu’à en arriver aux meurtres et au terrorisme ! Une vérité que nous venons délivrer, debout, à tous les juges et censeurs ; nous, la délégation de la République arabe syrienne qui représentons son peuple, son gouvernement, ses institutions, son Armée, et son Président Bachar al-Assad.

 

Je regrette, Mesdames et Messieurs, oui... je regrette et le peuple de « la Syrie qui résiste » regrette que des représentants de pays ayant le sang syrien sur les mains soient ici présents... Pays qui ont exporté le terrorisme et qui se posent en distributeurs des indulgences, allant jusqu’à empêcher certains fidèles de se rendre à la Mecque ; comme si Dieu les avait chargés d’ouvrir le paradis à certains et de le fermer à d’autres...Pays qui ont encouragés les terroristes, les ont financés, les ont aidés, et ont décidé de la légitimité ou non des uns et des autres comme bon leur semblait... Pays qui ne se sont jamais souciés de leurs maisons de verre fêlées, mais qui se sont mis à lapider nos châteaux forts séculaires et à nous donner, toute honte bue, des leçons de démocratie, de développement et de progrès alors qu’ils sont plongés dans l’ignorance et l’arriération. Pays qui accordent, refusent, légitiment, renient, distribuent dons et gratifications à leur guise et par habitude ; l’habitude de ceux dont le pays appartient à un roi ou à un prince, qui en donne ce qu’il veut à qui il veut, et en prive qui il veut comme il veut !

 

Ils ont vilipendé la Syrie civilisée, souveraine et indépendante... Ils s’en sont pris à l’honneur et à la liberté de ses femmes et de ses filles, alors qu’eux-mêmes se noient dans la fange de leurs discriminations abominables et leur ignorance.

 

Ils ont commis tout cela... Mais maintenant que leurs masques sont tombés, la vraie vérité de leur dessein s’est dévoilée. Celui de déstabiliser la Syrie et de la détruire par l’exportation de leur produit national premier : le terrorisme ! Avec leurs pétrodollars, ils ont acheté les armes, recruté les mercenaires, inondé l’espace médiatique de leurs mensonges, pour dissimuler la sauvagerie de ce qu’ils font sous un voile qu’ils ont fini par appeler : « La Révolution syrienne voulue par le peuple syrien » !

 

Qu’est-ce que tout cela à a voir avec ce qui se passe en Syrie ? Comment un terroriste tchéchène, afghan, saoudien, turc, français ou britannique pourrait répondre aux aspirations du peuple syrien ? Comment ? En installant un État islamique qui ne connaît rien de l’Islam, mais se nourrit de la déviance de l’idéologie wahhabite !?

 

Qui vous a dit, et qui leur a dit, que le peuple syrien cherchait à revenir des milliers d’années en arrière ?

 

En Syrie, Mesdames et Messieurs, les femmes enceintes sont éventrées et les fruits de leurs entrailles sont assassinés... les femmes sont violées avant et après avoir été tuées, selon un rituel hideux et obscène qui n’est inspiré que par les exportateurs de cette idéologie !

 

En Syrie, Mesdames et Messieurs, les pères sont découpés à l’arme blanche devant leurs enfants au nom de la « révolution »... Pire encore, les propres enfants de ceux-là qui les découpent, soi-disant pour répondre à nos aspirations de Syriens, piaillent et dansent.

 

En Syrie, l’on dévore le cœur du Syrien en prétendant réaliser l’ambition de sa victime ; l’ambition d’une vie libre, prospère, tranquille et démocratique ! Quelle absurdité est-ce là ? Et de qui se moque-t-on ?

 

Au nom d’une prétendue « glorieuse révolution syrienne », on massacre des civils parmi les vieux, les femmes et les enfants... On pulvérise les infrastructures et les institutions sans même se soucier de l’orientation politique, idéologique ou intellectuelle de ses victimes... On brûle les livres et les bibliothèques... On farfouille dans les tombes... On vole les reliques et les trésors archéologiques...

 

Au nom de « la révolution », les enfants sont assassinés dans leurs écoles et les étudiants, dans leurs universités... On s’autorise à déshonorer la femme à travers toutes sortes de « fatwas perverses » légitimant le Jihad sexuel, l’inceste ou autres interdits... On bombarde les mosquées pendant que les fidèles sont en prière... On coupe les têtes qu’on exhibe dans les rues... On rôtit des personnes encore vivantes, en un véritable holocauste que l’histoire retiendra et que beaucoup de pays dénonceront, mais sans jamais parler d’antisémitisme !

 

Toujours au nom de la « révolution », un père en est réduit à se faire exploser avec femme et enfants pour échapper à des étrangers ayant pénétré dans sa maison. Des étrangers qui prétendent être venus lui offrir la démocratie et le libérer du joug et de l’oppression « du régime » !?

 

Mesdames et Messieurs ; vous, dont la plupart sont des parents, imaginez les sentiments qui poussent un père à tuer sa famille, de ses propres mains, pour les soustraire à des monstres déguisés en humains et qui disent se battre pour la liberté ! C’est ce qui s’est passé à Adra... Adra, où ces étrangers ont fait irruption dans la Cité et ont tué, pillé, pendu, découpé, brûlé des personnes bien vivantes.

 

Vous n’avez peut-être pas entendu parler de Adra, mais vous avez certainement entendu parler d’autres cités où ils ont commis les mêmes horreurs en désignant de leurs doigts accusateurs, dégoulinant du sang des innocents, l’État et l’Armée syrienne. Ce n’est qu’une fois que leur mensonge insensé n’a plus réussi à convaincre qu’ils ont arrêté de le raconter !

 

En cela, ces monstres ont exécuté ce qu’ils ont été chargés de faire par des États devenus aujourd’hui le fer de lance déchiquetant le corps syrien... Des États finalement arrivés au devant de la scène, après avoir écarté d’autres États... D’autres États qui ont essayé, moyennant tout autant le sang des Syriens, de s’imposer comme des puissances régionales, en achetant les consciences et les influences, en finançant ces monstres d’apparence humaine ; monstres imrégnés de la détestable idéologie wahhabite avant d’être lâchés à l’assaut de tout le territoire syrien.

 

Mais, me voici à cette tribune pour vous dire que vous savez, comme moi, qu’ils ne se contenteront pas de rester en Syrie, bien que nous sachions que certains des participants à cette assemblée ne veulent ni comprendre, ni entendre !

 

Mesdames et Messieurs, tout ce qui ce précède n’aurait pas été possible si, profitant de la crise, des pays voisins de la Syrie n’avaient dérogé aux relations de bon voisinage. Celui du Nord l’a poignardée dans le dos. Ceux de l’Ouest sont restés spectateurs et ont tu la vérité. Ceux du Sud ont dû obéir aux ordres parce que faibles. Alors que celui de l’Est est lui-même éreinté par tout ce qui a été programmé contre lui depuis de longues années, pour le détruire... avant de détruire la Syrie !

 

Tout ce qui précède n’aurait pas été possible si « le gouvernement Erdogan » n’avait usé du territoire turc pour accueillir, entraîner, armer, puis expédier les terroristes vers la Syrie. Un gouvernement qui a refusé de voir que la magie finirait par se retourner contre le magicien. Mais le voilà qui commence à goûter à la coupe de l’amertume, car le terrorisme n’a pas de religion et n’est fidèle qu’a lui-même. Le voilà passé de zéro problème avec ses voisins, à zéro en politique étrangère, en diplomatie internationale, en crédibilité politique et en toute chose ; ce qui ne l’empêche toujours pas de persister dans son ignoble agression.

 

Et ceci, parce que le gouvernement d’Erdogan s’est imaginé que le rêve historique d’Al-Qotb et de son prédécesseur, Mohamed Abdel Wahab, était sur le point de se concrétiser. D’où son offensive semant la corruption depuis la Tunisie, jusqu’en Libye, en Égypte et en Syrie, avec la ferme décision de réaliser une chimère qui n’existe que dans son cerveau malade. Un gouvernement qui, malgré l’échec et la nullité de ses ambitions, persiste et signe. Autant de comportements qu’on ne peut raisonnablement mesurer qu’à l’aune de la bêtise... Celui qui ne tire pas les leçons de l’Histoire perdra le présent... Celui qui allume le feu chez son voisin ne peut espérer rester en sécurité !

 

D’autres voisins ont contribué à allumer le feu, certains allant jusqu’à importer les terroristes du monde entier... Mais là, est apparu un paradoxe drôle, quoique des plus iniques. Quatre-vingt-trois nationalités se battent en Syrie, sans que nul ne s’en plaigne, ne dénonce, ne modifie son regard, ne cesse de parler effrontément de « la glorieuse révolution syrienne » ; alors que lorsque quelques dizaines de jeunes combattants de la Résistance se sont joints à l’Armée syrienne pour défendre certaines régions, tout ce petit monde s’est retrouvé sens dessus-dessous parlant d’« intervention étrangère » et exigeant la sortie de ceux qu’il a qualifiés de « troupes étrangères » venues violer « la souveraineté de la Syrie » !

 

Concernant la souveraineté syrienne, je vous affirme que la Syrie, pays libre et indépendant, fera tout ce qu’exige sa propre défense et par tous les moyens qu’elle jugera nécessaires. C’est une décision strictement syrienne, et elle le restera !

 

Malgré tout ce qui précède, le peuple syrien résiste. Il résiste, malgré les sanctions censées le faire plier en visant son pain quotidien et le lait des ses enfants. Il résiste, malgré les pillages, les destructions et les sabotages de sa nourriture, de ses usines de médicaments, de ses hôpitaux, de ses cliniques, de ses chemins de fer, de ses lignes électriques. Même ses lieux de culte, chrétiens et musulmans, n’ont pas été épargnés par les hordes terroristes !

 

Mais ils ont échoué... Et c’est à partir du moment où ils ont constaté leur échec que les États-Unis ont brandi leur menace d’attaquer la Syrie. Avec ceux qui en Occident et parmi les arabes partagent leurs convoitises, ils ont fabriqué de toute pièce l’histoire nous accusant d’avoir utilisé des armes chimiques ; histoire qui n’a pas convaincu leur propre peuple, pas plus qu’elle n’a convaincu le nôtre.

 

Autant de comportements qui, malheureusement, soulignent le fait que ces États prônant la démocratie, la liberté, et les droits humains ne disposent que d’un langage guerrier, sanguinaire, colonialiste et dominateur. Leur démocratie s’impose par le feu, leur liberté signifie frappes aériennes, leurs droits humains autorisent de tuer l’Humain ! Ils se sont habitués à l’idée qu’ils sont les maîtres du monde, que ce qu’ils veulent sera, et que ce qu’ils ne veulent pas ne sera pas !

 

Ils ont oublié, ou font semblant d’avoir oublié, que ceux qui se sont fait exploser à New York sont de la même veine que ceux qui se font exploser en Syrie... même idéologie... même source ! Ils ont oublié, ou font semblant d’avoir oublié, que ce terrorisme qui était hier aux États-Unis est aujourd’hui en Syrie, sans que l’on sache où il sera demain. Ce qui est sûr c’est qu’il ne s’arrêtera pas là. L’Afghanistan est un parfait exemple pour qui consentirait à retenir la leçon... pour qui consentirait... mais la plupart s’y refusent.

 

Ni les États-Unis, ni certains de leurs alliés occidentaux civilisés - dont celui qualifié de « Pays des Lumières » et celui qui pouvait autrefois s’enorgueillir d’être à la tête d’un « Empire où le soleil ne se couche jamais » – ne veulent y consentir. Et alors qu’ils ont tous goûté à l’amertume du terrorisme, les voilà qui se déclarent subitement solidaires d’un groupe de pays dits « Amis de la Syrie », au côté de quatre royaumes dictatoriaux et répressifs, ne sachant rien de la laïcité ou de la démocratie... Des pays qui autrefois ont colonisé la Syrie, l’ont pillée et l’ont disloquée voilà une centaine d’années ; mais des pays qui, aujourd’hui, se réunissent en congrès pour déclarer, haut et fort, leur amitié au peuple syrien, s’inquiéter de son horrible « situation humanitaire », pendant qu’ils l’assiègent, lui imposent toutes sortes de sanctions possibles, et soutiennent secrètement le terrorisme qui le frappe !

 

Mesdames et Messieurs, si vous êtes tellement inquiets de la situation humanitaire et des conditions de vie en Syrie, arrêtez donc l’afflux des armes... Arrêtez de soutenir les terroristes... Annulez vos sanctions... Levez le siège imposé au peuple syrien... Revenez à la raison et à la logique dans votre politique ! Dès lors, nous vous assurons que nous serons aussi bien que nous l’avons été et vous délivrerons de votre immense inquiétude à notre égard.

 

Maintenant, certains pourraient se demander si tout ce qui se passe en Syrie est de source étrangère. Non, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas le cas ! Des Syriens, présents dans cette salle, ont contribué à tout ce qui précède. Ils ont exécuté et ont tout légitimé, sans pour autant être en accord les uns avec les autres ! Tout cela, aux dépens du sang syrien dont ils prétendent vouloir stopper l’hémorragie !

 

Ces Syriens se sont politiquement divisés une centaine de fois et leurs chefs se sont réfugiés aux confins de la terre. Ils se sont vendus à Israël et sont devenus ses yeux qui enregistrent et ses bras qui détruisent. Et lorsqu’ils ont échoué, Israël est intervenu directement pour leur éviter les coups de l’Armée syrienne et les aider dans l’exécution de ce qu’il a projeté pour la Syrie, depuis des décennies. De l’aveu même de leurs partisans sur le terrain, ils se prélassent dans les hôtels cinq étoiles pendant que notre peuple est saigné. Ils se sont opposés à partir de l’étranger. Ils se réunissent à l’étranger. Ils trahissent la Syrie à partir de l’étranger...

 

Celui qui veut parler au nom des Syriens est invité à venir en Syrie. Qu’il vive comme un parent syrien qui, tous les matins, embrasse son enfant en se demandant s’il rentrera de l’école ou sera emporté d’une bombe lancée par un révolutionnaire instrumenté par l’étranger... Qu’il vienne supporter la morsure du froid parce que nous sommes privés de pétrole... Qu’il fasse la queue pendant des heures pour nourrir les siens parce que les sanctions nous interdisent d’importer du blé, alors que nous étions des exportateurs... Celui qui veut parler au nom de la Syrie, qu’il vienne témoigner de la solidité de celui qui résiste face au terrorisme et le combat, depuis bientôt trois années. Une fois qu’il l’aura fait, qu’il revienne parler au nom des Syriens devant cette assemblée !

 

La République arabe syrienne - État et Peuple - a fait et continue de faire ce qu’on attendait d’elle ! Elle a ouvert notre territoire aux journalistes qui l’ont parcouru pour ensuite vous rapporter la réalité de ce qui s’y passe, mais toujours après être retournés à l’étranger ! Une réalité que nombre de médias occidentaux n’ont pu supporter, parce qu’elle ne correspondait pas à ce qu’il voulait dire ou filmer sur la Syrie. Nous avons autorisé l’entrée d’organisations internationales de secours, mais les instrumentalisés par l’étranger - dont certains sont ici présents - leur ont fait obstacle en les mettant en danger sous les tirs des terroristes ; quand nous, nous faisions notre devoir en les protégeant et en facilitant leur mission. Nous avons libéré, de façon répétée, un grand nombre de prisonniers dont certains avaient usé de leurs armes contre les citoyens, ce qui a suscité le mécontentement de beaucoup de Syriens « de l’intérieur » ; mais ils ont fini par comprendre et accepter l’idée que la Syrie étant plus précieuse que tout le reste, nous devons dépasser nos blessures et surmonter les haines et les rancunes.

 

Et vous qui prétendez parler au nom des Syriens, qu’avez-vous fait ? Quelle est votre vision pour ce merveilleux pays ? Quelles sont vos intentions et quel est votre programme politique ? De quels instruments disposez-vous sur le terrain, mis à part les groupes terroristes armés ? Je suis persuadé que vous ne disposez de rien du tout, ce qui est évident pour tout le monde et notamment dans les régions occupées par vos mercenaires, autrement dit « les régions libérées » selon votre étrange terminologie ?

 

Avez-vous vraiment libéré les habitants de ces régions ? Ou bien avez-vous dérobé leur culture tolérante pour imposer votre extrémisme répressif ? Avez-vous construit des écoles et des centres de soin ? Ou bien avez-vous détruit les hôpitaux et permis à la poliomyélite de ressurgir en Syrie, alors que nos enfants ont vécu indemnes de cette maladie depuis des décennies ? Avez-vous sauvegardé et protégé les trésors archéologiques et les musées de la Syrie ? Ou bien les avez-vous pillés et en avez tiré profit ? Avez-vous respecté les principes de la Justice et des droits humains ? Ou bien avez-vous exécuté des peines de mort par décapitation, et en public ?

 

Pour résumer, vous n’avez rien réalisé de bon, rien du tout ! Vous n’avez amené que le déshonneur et la honte en suppliant les États-Unis de lancer une attaque militaire contre la Syrie. Même l’opposition, dont vous prétendez être les maîtres et les gardiens, ne veut pas de vous ! Elle refuse votre gestion de vous-mêmes, avant même que de songer à ce que vous gériez le pays.

 

Ils veulent un pays d’une seule couleur !? Et je ne parle pas ici d’ethnie ou de confession, car toute personne qui n’est pas d’accord avec eux est autre, et cet autre est un infidèle, quelle que soit sa religion et son environnement. Ils ont donc tué des musulmans de toutes les branches de l’Islam et ont sévèrement ciblé les chrétiens. Mêmes les religieuses en habit ne leur ont pas échappé. Ils les ont enlevées après avoir frappé Ma’aloula, dernier endroit au monde où l’on parle encore couramment la langue du Christ, pour contraindre les Syriens chrétiens à quitter la Syrie !

 

Mais là aussi, ils ont échoué. Car tous les Syriens sont Chrétiens lorsqu’on s’attaque au christianisme ; tous les Syriens sont Musulmans lorsqu’on s’attaque aux mosquées ; et tous les Syriens sont de Raqqa, de Lattaquié, de Soueida, de Homs, ou d’Alep la blessée... quand l’une ou l’autre de ces régions sont frappées. D’où l’horreur devant leurs tentatives de semer la discorde et le sectarisme religieux, la pire des laideurs qu’un syrien ne peut tolérer. Bref, Messieurs, votre prétendue « grande révolution syrienne » n’a laissé aucune transgression condamnable ici bas, sans la commettre !

 

En revanche, derrière la noirceur de ce sombre tableau, la lumière est toujours restée tout au bout du chemin. Ceci, grâce à la détermination du peuple dans sa résistance, grâce à la détermination de l’Armée dans sa défense, et grâce à la détermination de l’État dans sa cohésion et sa continuité... Et aussi, parce que malgré tout, certains États se sont tenus à nos côtés et au côté du Droit et de la Justice. Parmi ces États, la Russie à qui je m’adresse au nom du peuple syrien pour lui exprimer ses plus sincères remerciements, la Chine que nous remercions tout autant que la Russie pour leur respect de la souveraineté et de la liberté de décision de la Syrie.

 

La Russie s’est comportée en véritable ami dans toutes les arènes internationales et a fermement défendu, en paroles et en actions, les principes de l’Organisation des Nations Unies quant à la souveraineté des États et les droits humains. La Chine et les pays du BRICS se sont tenus à ses côtés, ainsi que l’Iran, l’Irak, et certains États arabes musulmans, des États d’Afrique et d’Amérique latine. Autant d’États qui n’ont cessé de protéger, en toute honnêteté, les aspirations du peuple syrien, non celles d’autres États qui voudraient nous imposer ce dont nous ne voulons pas !

 

Oui, Mesdames et Messieurs, le peuple syrien aspire tout comme les autres peuples de la région à plus de liberté, de justice, et de droits humains. Il aspire à plus de pluralisme et de démocratie. Il aspire à une Syrie meilleure, une Syrie tranquille, prospère, et en bonne santé. Il aspire à un État fort reposant sur des institutions, non à la démolition des siennes. Il aspire à protéger ses monuments et ses sites archéologiques ainsi que son patrimoine national, non à leur pillage et leur destruction. Il aspire à ce que son Armée nationale reste forte pour protéger sa terre, son honneur et ses biens, défendre ses frontières, la souveraineté et l’indépendance de son pays ; non à une armée de mercenaires « libre » de kidnapper des civils et de les rançonner ou de les transformer en boucliers humains ; « libre » de s’accaparer les donations, de voler les pauvres et de vendre la partie ; « libre » de s’enrichir par le trafic d’organes prélevés sur des hommes, des femmes et des enfants bien en vie.

 

Une armée de mercenaires dont certains éléments mangent les cœurs et les foies humains, font griller les têtes d’humains sur des barbecues, recrutent des enfants soldats, violent les femmes sous la menace de leurs armes. Des armes expédiées par des États, ici présents, sous prétexte d’un prétendu « soutien aux groupes modérés ». De grâce, dites-nous où est la modération dans tout ce que je viens de vous exposer !

 

Où sont donc ces « éléments modérés », aux dénominations fumeuses, derrière lesquels vous vous cachez et que vous soutenez médiatiquement et militairement, notamment ceux que vous rebaptisez ? Des éléments préexistants sur le terrain, auxquels vous donnez une nouvelle peau, un nouveau nom, prétendant qu’ils combattent le terrorisme alors qu’ils sont encore pire que leurs prédécesseurs, pendant que vos médias retravaillent leur image après les avoir revêtus de l’habit griffé : « modération ». Ils savent, comme nous savons, qu’il s’agit du même extrémisme et du même terrorisme sous des noms différents. Ils savent, comme nous savons, que sous le prétexte du « soutien aux groupes modérés » on continue à armer ceux qui, finalement, appartiennent à Al-Qaïda et à plusieurs de ses organisations sévissant en Syrie, en Irak, et dans d’autres pays de la région.

 

Telle est la vérité, Mesdames et Messieurs. Réveillez-vous ! L’Occident soutient et certains arabes exécutent pour qu’en fin de parcours, les armes tombent aux mains d’Al-Qaïda. Par conséquent, l’Occident prétend lutter contre le terrorisme en public, mais le nourrit en secret. Celui qui ne voit pas cette vérité est aveugle ou ignorant. Ou alors, il ne veut pas la voir et a décidé de poursuivre dans cette voie !

 

Est-ce la Syrie que vous voulez malgré les milliers de martyrs, l’installation de l’insécurité, et les destructions systématiques ? Est-ce cela les aspirations du peuple syrien que vous voudriez réaliser ? Non, Mesdames et Messieurs, la Syrie ne restera pas dans cette situation. Et c’est pour vous le dire que nous sommes ici.

 

Nous sommes venus, malgré tout ce qui a été fait par certains d’entre vous.

 

Nous sommes venus pour sauver la Syrie, pour arrêter les décapitations, les bouffeurs de foie, de cœurs, et les éventreurs.

 

Nous sommes venus pour ramener les mères et leurs enfants chassés de leurs foyers par des terroristes.

 

Nous sommes venus pour protéger notre État laïc, notre civilisation, et l’avancée des Tatars et des Mongols dans notre région.

 

Nous sommes venus pour empêcher l’effondrement de l’ensemble du Moyen-Orient.

Nous sommes venus pour protéger la richesse et la diversité de notre culture, pour protéger le dialogue entre les civilisations et les religions, à la source même de ces religions.

 

Nous sommes venus pour protéger l’Islam tolérant qu’on a défiguré.

 

Nous sommes venus pour protéger et garder les Chrétiens du Moyen orient !

 

Nous sommes venus dire aux Syriens de l’étranger : revenez dans votre pays, car l’étranger reste un étranger, aussi proche soit-il, et le Syrien reste un frère pour le Syrien, quelle que soit l’intensité des adversités.

 

Nous sommes venus pour arrêter le terrorisme, comme l’ont fait tous les États du monde qui ont goûté sa douloureuse amertume. Certes, nous avons dit et nous continuons à dire que le dialogue entre les Syriens est la solution. Mais, nous avons agi et agissons comme tous les autres pays du monde lorsqu’ils ont été frappés par le terrorisme. Nous avons cherché et nous chercherons toujours à défendre notre peuple, car tel est notre devoir constitutionnel... Et, de cette tribune, je vous dis que nous continuerons à frapper le terrorisme qui a gravement nui à tous les Syriens, abstraction faite de leurs affiliations politiques.

 

Nous sommes venus vous mettre, tous, face à vos responsabilités. Car, tant que certains États que vous connaissez, et que nous connaissons, continueront à soutenir le terrorisme, cette conférence ne connaîtra pas le succès ; l’action politique et le terrorisme étant incompatibles lorsqu’il s’agit d’un même terrain. La politique implique « la lutte contre le terrorisme » et ne pousse pas dans son ombre !

 

Nous sommes venus en tant que représentants du peuple syrien. Oui... Monsieur Kerry... je dis que l’expérience prouve que personne au monde n’a le droit d’accorder, de conférer ou de retirer la légitimité à un président, à un État, à une Constitution, ou à quoi que ce soit, sauf les Syriens eux-mêmes !

 

C’est leur droit et leur devoir constitutionnel. Tout ce sur quoi nous pourrions nous accorder ici, et quoi qu’il en soit, sera soumis à un référendum populaire. Nous sommes ici pour faire savoir la volonté du peuple syrien, non pour décider de son avenir ! Par conséquent, celui qui ne veut pas entendre cette volonté ferait mieux de ne pas parler en son nom. Lui seul a le droit de décider de ses dirigeants, de son gouvernement, de son parlement, et de sa Constitution. Toute autre décision est inacceptable.

 

Pour conclure, je m’adresse aux personnes, ici présentes, ainsi qu’au monde entier qui nous regarde et nous écoute : en Syrie nous vivons une guerre contre le terrorisme !

Un terrorisme qui a beaucoup détruit et qui continue de détruire. Un terrorisme contre lequel la Syrie s’est dressée depuis les années quatre-vingt du siècle dernier tout en appelant, haut et fort, à former un front uni pour le combattre ; mais personne n’a voulu entendre.

 

Un terrorisme dont vous avez horriblement souffert aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, en Russie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, et la liste ne fait que s’allonger, car le voici qui se répand partout. Coopérons tous ensemble, main dans la main, pour le combattre et stopper la noirceur de son idéologie obscurantiste, et terrifiante.

 

Quant à nous, les Syriens, dressons-nous comme un seul homme et concentrons-nous sur la Syrie pour commencer à la reconstruire humainement et structurellement. Certes, le dialogue est fondamental, comme je l’ai déjà dit. Mais, bien que nous remerciions ce pays qui nous accueille, nous disons que le vrai dialogue entre les Syriens doit avoir lieu en Syrie, sous le ciel de la patrie !

 

Il y’a un an, le gouvernement exposait sa vision de la solution, mais là aussi personne n’a entendu ! Que de vies innocentes auraient été épargnées si certains États avaient opté pour le langage de la raison, plutôt que pour celui de la terreur et de la destruction ! Une année entière que nous appelons au dialogue, alors que le terrorisme n’a cessé de frapper l’État syrien, ses institutions, son gouvernement et son peuple.

 

Mais, mieux vaut tard que jamais. Aujourd’hui, nous voici réunis pour prendre une très importante décision dont dépendra notre destin, la décision de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme tout en engageant le processus politique ; ce qui est d’autant plus opportun que tous sont là, aussi bien les arabes que les occidentaux !

 

Maintenant, si certains États, parmi vous, continuent à soutenir le terrorisme en Syrie, ce sera votre décision... Vous connaissez la nôtre. Sinon, écartons les obscurantistes et les menteurs qui vous tendent la main et vous sourient en public, mais nourrissent le terrorisme dans l’ombre. Un terrorisme qui frappe la Syrie, mais qui finira par se répandre pour nous brûler tous.

 

C’est donc l’instant de vérité et l’instant du destin, soyons à la hauteur du moment !

Je vous remercie.

Dr Walid al-Mouallem

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Sana / Syrie
http://sana.sy/print.html ?sid=523707&newlang=ara

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:13

Par Ghaleb Kandil

 

Certains milieux politiques pensent que la Russie et les Etats-Unis se sont entendus sur des compromis dans la région, et que tout ce qui se passe sur les plans politique et militaire en Syrie fait parti d’un scénario pour mettre en œuvre ces arrangements.

 

En fait, les relations internationales passent par une période transitoire qui verra se dessiner les contours des nouveaux équilibres. Ceux-ci ont pu émerger grâce à la résistance de l’Etat syrien face à l’agression coloniale conduite par les Etats-Unis. Il est clair que l’ère post-domination unilatérale américaine est en construction. Les règles de la nouvelle guerre froide ne sont pas encore définitivement dessinées. La reconnaissance par les Etats-Unis de la fin de l’hégémonie unilatérale s’accompagne de tentatives continues pour influencer les nouvelles équations et équilibres qui sont en train d’émerger.

 

C’est dans ce cadre que s’inscrivent les pressions et les ingérences américano-occidentales dans l’arrière-cour de la Russie. La crise en Ukraine est la meilleure illustration de cette attitude, au même titre que la poursuite du partenariat entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, pour prolonger le bain de sang en Syrie, dans l’espoir de modifier à l’avantage de leurs agents les rapports de force qui sous-tendent tout compromis politique à venir.

 

Telles sont les réalités qui ressortent de la Conférence de Genève II, où les Américains ont négocié, indirectement, avec la délégation officielle syrienne, à travers une délégation mise sur pied par leur ambassadeur à Damas Robert Ford. C’est dans ce même cadre que s’inscrit la décision d’écarter l’Iran de cette conférence, et qui était un message destiné à la Russie, digne de l’époque de l’hégémonie unilatérale, à travers des ordres donnés au secrétaire général des Nations unies. La réforme de cette organisation et le rééquilibrage des rapports de force en son sein sont d’ailleurs des conditions inévitables pour établir une monde multipolaire.

 

Dans cette période transitoire, la confrontation continue pour l’élaboration des nouveaux rapports de force entre les puissances internationales, et la Syrie constitue le miroir des nouvelles réalités internationales. Aussi, le fait de croire à l’existence de supposés arrangements internationaux et au sérieux des Américains dans la lutte contre le terrorisme, est une pure illusion. Pire, cela peut fausser les calculs et produire des analyses erronées.

 

Ce sont les Etats-Unis qui ont exporté vers la Syrie le terrorisme qaïdiste, en coopération avec le régime saoudien, la Turquie et le Qatar. C’est Washington qui a hébergé et couvé les Frères musulmans, et il continue de le faire bien qu’il sache que cette confrérie promeut la pensée takfiriste et le terrorisme dans le monde musulman. Le refus américain de considérer la lutte contre le terrorisme comme une priorité en Syrie, comme l’a réclamé la délégation officielle syrienne, est un aveu de Washington de sa détermination à utiliser le terrorisme pour saigner l’Etat syrien. Les arguments présentés par Barak Obama, lors d’un entretien au New Yorker, pour expliquer les raisons de son soutien au Front islamique, illustrent parfaitement cette réalité. Il a qualifié de "jihadistes" les combattants de cette organisation terroriste, appelant à faire une distinction entre eux et Al-Qaïda. Ce Front est un pur produit américano-saoudien qui est actif uniquement à l’intérieur de la Syrie et ne constitue pas une menace terroriste, comme le prétend la revue Foreign Policy dans un article publié il y a quelques jours. La revue a couvert de louanges le chef de Brigades "Ahrar al-Cham", Abou Khaled le Syrien, en tentant de minimiser l’importance de propos de ce terroriste rendant hommage à Oussama Ben Laden.

 

La prochaine étape sera caractérisée par une recrudescence des combats sur le terrain et la poursuite du soutien américano-saoudien, qatari, britannique et français aux mouvements extrémistes. En dépit de la dernière manœuvre verbale de Recep Tayyeb Erdogan, lors de sa visite à Téhéran, qui ne s’est accompagnée d’aucune mesure concrète sur le terrain, la Turquie va également poursuivre son appui aux terroristes.

 

L’administration américaine a reconnu l’échec de son pari de la destruction de l’Etat syrien, sous couvert de la chute du régime. Sa nouvelle stratégie consiste à installer durablement des lignes de démarcations entre l’Armée arabe syrienne et les rebelles, à travers un soutien massif en armes, argent, renforts en hommes et en conseils techniques. Certains milieux à Washington évoquent ouvertement le partage de la Syrie en séparant les provinces d’Idleb, d’Alep, de Raqqa, de Deir Ezzor et de Hassaka, de l’Etat central. D’autres projets parlent de la division de la Syrie en trois régions : la première, sous le contrôle de l’Etat central et de ses forces armées ; la deuxième sous l’hégémonie des groupes armés ; et la troisième sous la domination des Kurdes.

 

L’armée arabe syrienne combat donc pour l’unité de la Syrie et pour son indépendance. Les Américains et leurs agents découvriront que tous leurs plans ne sont que des mirages, car quand c’est l’unité et l’indépendance de leur pays qui est en jeu, le peuple syrien son armée sont prêts à consentir autant de sacrifices qu’il le faut.

 

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com
Tendances de l’Orient No 172 lundi 3 février 2014.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 09:43

Par le Général Pierre-Marie Gallois (1911-2010)

Source http://www.comite-valmy.org/spip.php?article35

 

Dans cette analyse datant de mai 2004, reprise sur le site du Comité Valmy le général Gallois exprimait son point de vue à propos de la construction européenne...

Certains, en France se déclarent membres de « l’Alliance pour l’Europe des nations ». C’est le cas de M. Charles Pasqua dont le groupe « Union pour l’Europe des nations » serait un « espace de résistance à la dérive fédéraliste et bureaucratique de l’Union européenne (Le Figaro du 18 mai 2004, p.15 : « Non à la dérive fédéraliste »).

 

Si l’on veut respecter la France, et que lui soit restituée sa pleine souveraineté et son indépendance ce n’est pas de « l’Europe des Nations » qu’il faut parler mais, tout simplement, des « nations d’Europe » ainsi qu’on le faisait avant d’être atteints par le mortel virus Jean Monnet.

 

« L’Europe des nations » est une expression dépourvue de signification politique. Ou bien les nations qui composent cette Europe géographique sont des Etats souverains n’obéissant à d’autres lois que celles adoptées par les représentants de leurs populations respectives ou bien ces populations vivent sur des divisions territoriales administratives d’un Etat qui s’appellerait « Europe ». Il n’existe pas, et il n’a jamais existé de système politique intermédiaire qui fut viable.

 

« L’Europe des nations » conduit à la fédération des « Etats-nations » de M. Jospin, autre expression qui demeure une vue de l’esprit. Pas plus que les précédentes, de telles Institutions n’ont existé. Pas davantage les Institutions confédérales dont on vous rebat les oreilles afin de justifier la « Construction européenne » en faisant mine d’écarter son objectif réel qui est l’Europe fédérale. L’idée confédérale est l’attrape-nigauds usuel des européistes, c’est-à-dire des destructeurs – entre autres nations – de la France souveraine, en spéculant sur l’ignorance institutionnelle de l’opinion et en lui faisant croire que par le confédéral on pourrait à la fois mettre sur pied un Etat européen souverain formé d’Etats nationaux également souverains. Ce qui n’a aucun sens.

 

Outre-atlantique, en 1783, les « pères fondateurs » avaient tenté de s’en remettre à des Institutions confédérales. Leur flagrante inefficacité, le chaos politique et social qui en est rapidement résulté ont conduit à bref délai à un régime fédéral pur et dur avec la Constitution de 1787. Toujours en vigueur, et ayant évolué avec le passage des ans grâce à de nombreux amendements.

 

La « Construction européenne » ne peut que nourrir la « dérive fédéraliste ». Une fois entrés dans l’engrenage européen, ce qui semble être le cas, des membres de l’ « Union pour l’Europe des nations », il n’y a d’autre choix que l’inefficacité, le désordre, le chaos, d’une part, ou le fédéralisme intégral d’autre part avec la disparition de toutes les souverainetés et de toutes les indépendances nationales.

 

Il ne s’agit pas, comme le dit, en conclusion, le signataire de cet article de « défendre les intérêts de la France en Europe », mais de les défendre, ces intérêts, dans le monde, au besoin aux dépens d’un ou de plusieurs de ses voisins géographiques si les circonstances l’exigent et si la France y gagne.

 

On ne défend pas l’intérêt de la France dans l’Europe si l’on cherche à faire de l’Europe une entité politique. A elle seule l’idée européenne suffit à compromettre ces intérêts.

 

La preuve en est que les européistes ont déjà réussi à installer le fédéralisme dans la gestion des plus importantes activités des pays membres de cette désastreuse Union. L’économie et la monnaie unique sont fédéralisées, ce n’est pas une dérive mais un fait accompli. Les directives de Bruxelles ayant force de loi, le droit européen l’emportant sur le droit français, les arrêts de la Cour de Justice européenne invalidant ceux de le l’Institution judiciaire de la France, l’anglais langue européenne supplantant le français, à ranger dans les patois régionaux, sont autant de manifestations du fédéralisme. Parler de « dérive » c’est tromper les Français.

 

La vérité c’est qu’il faut, exercice difficile entre tous, revenir en arrière, redonner aux Français la souveraineté qu’ils exerçaient il y a moins d’un demi-siècle, à leur profit, un peuple de 60 millions étant parfaitement à la mesure de relever souverainement les défis du monde, à commencer, par ceux de l’inéluctable mondialisation.

 

L’ « idée européenne », avec son inévitable fédéralisme final c’est pour les Français :

la vassalité,

la désindustrialisation et la dépendance financière, économique, industrielle

l’appauvrissement, le chômage, l’évasion des capitaux,

le pillage de leurs ressources,

la mainmise par l’étranger sur leurs outils de travail,

l’évasion des capitaux,

la transformation de leur territoire en parc de loisirs

l’invasion par la montée du sud vers le nord et l’insécurité

la fin d’une Histoire millénaire.

 

L’ « idée européenne » ce n’est pas une dérive à contrôler, c’est tout simplement la création d’un super-Etat fédéral, et la « provincialisation » des ex-Etats membres de cette fédération. Le salut exige de reléguer l’idée européenne aux côtés des tentatives avortées et maléfiques de l’Histoire et de redonner à la France la maîtrise de son destin. Tant qu’on parlera d’Europe politique et que des centaines de milliers de prébendiers vivent – grassement – de l’idée européenne et en font la propagande, politiciens compris, les Français seront dépouillés de leurs droits. « Contrôler la dérive fédéraliste » n’est qu’un pauvre artifice conciliant politicaillerie et apparent patriotisme.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 17:12

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 janvier 2014.

Le « Pacte d’avenir pour la Bretagne » a été présenté le 4 décembre 2013 et signé le 13 entre le Premier ministre JM. Ayrault et le président de la région Bretagne Pierrick Massiot. Approuvé à une courte majorité par le Conseil régional (élus PS et communistes), il s’inscrit dans une logique ultra-libérale et de destruction des fondamentaux de la République.

 

 

D’emblée, le pacte situe son orientation en affirmant qu’il faut « des mesures de soutien à la compétitivité des entreprises et des territoires », alors que la nécessité est aujourd’hui de mettre fin à la concurrence entre les peuples et les Etats. En outre, le gouvernement admet qu’il faut licencier et entend à ce titre assurer « un accompagnement des restructurations économiques », alors qu’il faut mettre d’urgence un terme à la destruction de l’outil de travail et des emplois.

 

Le pouvoir socialiste garantit les intérêts patronaux par le biais de « l’activité partielle » et la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) » afin de maintenir les bénéfices réalisés par les entreprises, au détriment des salaires et de l’emploi : 15 millions d’euros sont ainsi dépensés pour « aider les entreprises agroalimentaires des filières élevage à financer leurs investissements (modernisation, automatisation, robotisation, adaptation au marché...) ». Autrement dit l’Etat subventionne les licenciements !

 

A cela il faut ajouter que pour assurer « un soutien effectif à l’activité économique », l’Etat et les collectivités locales s’engagent « à mettre en place en 2014 les financements de toutes les opérations dont l’état d’avancement permet une réalisation rapide, notamment dans le cadre du CPER 2007-2013. » Autrement dit la dépense publique va servir à alimenter les profits privés. Cette attitude ne manque par ailleurs pas de constituer un paradoxe lorsque le gouvernement affirme au niveau national que les dépenses publiques doivent être comprimées pour le bien de tous… Le texte égrène également toutes les dépenses d’infrastructure (très haut débit, chemins de fer…) qui seront aussi aidées par l’Etat.

 

Dans la logique de mise au service des intérêts privés de fonds publics, le Pacte ne manque pas de promouvoir la « recherche partenariale public / privé ». Nul ne doute au vu des résultats des partenariats public-privé mis en œuvre dans la construction de bâtiments publics que ce seront les acteurs privés qui tireront profit de cette organisation.

 

De même, le texte situe le problème économique au niveau de l’insuffisance des profits puisqu’il faut « contribuer à la croissance des entreprises et au développement de l’emploi par la régénération des marges ». Comme si les patrons de l’agroalimentaire ne s’étaient pas enrichis au cours des dernières années.

 

On voit apparaître également une veine libérale, pour ne pas dire poujadiste, dans le « volet de simplification des procédures », notamment « de simplification et de sécurisation du cadre juridique envers les entreprises ». Rappelons que les procédures administratives ne sont pas des gadgets de technocrates ; ce sont des garanties de démocratie et de transparence, qui devraient être renforcées et non supprimées afin de conforter l’Etat de droit ; ce sont également des moyens indispensables pour protéger notre santé, en particulier alimentaire. Le remplacement de ces procédures par une « obligation de résultat », même « renforcée », constitue une véritable attaque contre la démocratie, car elles ne sont pourvues d’aucune sanction légale et ouvre la porte à tous les abus.

 

 

Rien de cela ne fonctionnera, car personne ne veut envisager un seul instant de remettre en cause le « modèle breton » qui n’a d’ailleurs de breton que le nom. Ce « modèle breton », largement représenté par l’agriculture et l’industrie agroalimentaire est basé sur le productivisme, l’agriculture industrielle intensive, privilégiant la quantité sur la qualité, et l’exportation. Cela a fonctionné grâce aux bas salaires, aux exonérations de cotisations sociales et aux subventions à l’export de l’UE.

 

L’agriculture pratiquée ici est coincée dans une chaine de production infernale. En amont, dominée par les fabricants d’intrants – engrais, graines, aliments pour les animaux - de matériels agricoles de plus en plus gros et coûteux, voraces en énergie fossile. En aval par les transformateurs de l’agroalimentaire, eux-mêmes dépendants de la grande distribution qui impose des prix bas au nom de la défense du pouvoir d’achat des consommateurs. Ce mode de production complètement dépendant a conduit de façon mécanique à la disparition de nombreuses exploitations et à l’impossibilité pour les jeunes de s’installer, le ticket d’entrée étant trop élevé. Pour résister à la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire se sont regroupés, ont pratiqué du développement externe, sans que leurs investissements se traduisent par une modernisation de l’outil industriel ni d’innovation dans les produits. Dans ce contexte économique et politique libéral, la concurrence libre et particulièrement faussée joue à plein contre les salariés et les petits agriculteurs.

 

C’est tout ce système qu’il faut remettre en cause. Il faut développer une agriculture qui s’affranchisse d’intrants qui plombent les coûts et détruisent la terre. Sortir de la spécialisation des exploitations pour mettre en place des productions complémentaires, sources d’économies, de meilleure qualité, d’autonomie des exploitations. Il faut sortir de la politique des prix bas qui oppose agriculteurs et consommateurs. Il faut sortir de la politique de l’exportation pour réinvestir le marché national (70% des volailles consommées par la restauration collectives sont importées). Il faut sortir du libre-échange et introduire des mesures protectionnistes pour combattre le dumping social.

 

 

Sous couvert de décentralisation, le gouvernement Ayrault mène une attaque frontale contre le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

 

On peut d’abord noter une hypocrisie dans la posture du Premier ministre et des élus de Bretagne. Si d’un côté ils souhaitent plus de décentralisation, de l’autre ils ne manquent pas de mobiliser les ressources de l’Etat. Par exemple, le gouvernement va installer des institutions nationales en Bretagne : « Le Pacte affirme l’engagement de l’Etat à créer en Bretagne un pôle d’excellence en cyber-défense, priorité nationale inscrite au Livre Blanc pour la Défense et la Sécurité Nationale de 2013. » Le CNAM est lui aussi mis à contribution.

 

Mais ce paradoxe n’empêche pas le projet d’être marqué par une orientation très claire. Il s’agit de défaire les institutions héritées de la Révolution française en mettant en place une organisation à la carte des régions. Ainsi le pacte affirme-t-il : « les propositions innovantes que les acteurs bretons, et notamment les collectivités locales, pourraient bâtir en termes d’organisation différenciée des institutions publiques en Bretagne (transferts de compétences, délégations de compétences, mutualisations de compétences et de moyens, regroupements institutionnels etc...) seront étudiées avec attention, notamment en mobilisant les possibilités ouvertes par la future loi de modernisation de l’action publique ».

 

Cette volonté se manifeste aussi par « une convention spécifique sur les langues de Bretagne [qui] portera notamment sur la formation et le recrutement d’enseignants des langues de Bretagne, sur le développement de l’enseignement bilingue ainsi que sur le soutien à l’action de l’Office de la langue bretonne, établissement public de coopération culturelle. La convention encouragera le développement de l’usage de ces langues dans la vie quotidienne ». Lors du déplacement du Premier ministre en Bretagne le 13 décembre 2013, celui-ci a dévoilé ce que cache cette affirmation : la volonté de faire ratifier la Charte des langues régionales et minoritaires qui conduirait à réintroduire en France la conception ethnoculturelle de la nation, au détriment de son acception politique issue de 1789. C’est l’objectif que poursuivent les autonomistes de tout poil, Bretons, Basques, Corses ou Alsaciens qui, bien que très minoritaires dans leur région, veulent imposer à travers le lobbying de la Fédération peuples et ethnies solidaires auprès de l’Union européenne, une Europe des régions et la destruction des Etats Nations.

 

La possibilité d’adapter la législation va conduire à une mise en concurrence des territoires et à un nivellement par le bas. On peut en avoir un début d’illustration : le pacte prévoit une dérogation aux interdictions de circulation des poids lourds. Outre que cela est contradictoire avec le souci, affirmé de façon récurrente, de protéger l’environnement, on se demande ce qui empêchera d’autres régions et d’autres secteurs de réclamer les mêmes dérogations.

 

On voit poindre les risques que cette « décentralisation » peut comporter à terme pour les normes sociales et environnementales. Le Pacte d’avenir pour la Bretagne est dans la droite ligne de l’acte III de la décentralisation dont la première partie concernant la mise en place des Métropoles a été votée par l’Assemblée nationale et dont les deux autres lois, concernant l’une les régions et l’autre les intercommunalités sont en discussion. Il s’agit à travers ces textes de lois de détruire à terme les Etats-nations et les communes au profit d’euro-régions et d’euro-métropoles « compétitives » au sein de l’Union européenne libérale, dans lesquelles les salariés qui seront en concurrence pour le plus grand profit des entreprises multinationales qui s’empareront de toutes les activités y compris les services publics.

 

De façon significative, alors même que cela constituait un argument phare en matière de décentralisation, le terme de démocratie ne figure pas une seule fois dans le texte.

 

 

Le Pacte d’avenir se situe dans la droite ligne de la politique ultra-réactionnaire menée par le gouvernement du Parti socialiste depuis l’arrivée de F. Hollande au pouvoir : les problèmes de la France résident dans le manque de compétitivité de notre économie. La spécificité du Pacte est qu’il met également l’accent sur le volet institutionnel : à l’évidence, il faut pour le PS reconfigurer les territoires pour les mettre au service des intérêts du capital, les mettre en concurrence et préparer l’avènement des euro-régions, soumises inconditionnellement au droit de l’UE mais plus au droit national.

 

Le Premier ministre a annoncé vouloir aller plus loin en matière de décentralisation lors de son déplacement du 13 décembre 2013. Ce n’est pas anodin : c’est un véritable changement de régime qui est en cours de préparation. Les principes d’unité et d’indivisibilité de la République, celui d’égalité des citoyens devant la loi sont battus en brèche. Ce sont des acquis fondamentaux de la Révolution française qui sont en passe d’être effacés. Le gouvernement PS est en train de ramener notre pays à l’avant 1789. Il s’agit purement et simplement d’un retour à l’Ancien régime.

 

Les vrais ennemis que les salariés, petits agriculteurs, artisans, citoyens de notre pays, y compris les Bretons, doivent combattre ne sont pas les salariés des autres pays d’Europe dans une compétition acharnée. Ce sont le libre-échange et le libéralisme que défendent si bien le Medef et la FNSEA. C’est l’Union européenne qui est leur bras armé.

 

Le M’PEP appelle à dénoncer et combattre les lois de décentralisation en cours de discussion, à sanctionner les socialistes et leurs alliés lors des élections municipales, à boycotter les élections au parlement européen pour délégitimer l’Union européenne et ses institutions.

 

NB: Je ne boycotterai les prochaines élections européennes que dans le mesure ou aucune des listes en présence ne tiendrait compte des préconisation du M’PEP dans le texte ci-dessus. Jack Freychet.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 09:23

Large extraits d’un document transmis par le général Rogerie à la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP) réédité en décembre 1989 Dans son journal Le patriote résistant.

 

L’article initial avait été publié en mars 1934 un an après l'arrivée de Hitler au pouvoir dans le mensuel Lectures pour Tous qui tirait alors à 500 000 exemplaires. Un journaliste, Guillaume Ducher y relatait sa visite au camp de Dachau.

 

Commentaire ci dessous repris à l'adresse suivante: Les camps tragiques

 

L'article de GD à la suite a été numérisé par mes soins.

 

. Il est donc difficile de prétendre, comme certains le font encore, que " personne ne savait " ou que " personne n’avait su " ou que " seuls certains savaient et n’avaient rien fait " et de persister à affirmer que la connaissance de l’existence même de ces camps de concentration et d’extermination date de 1942 ou de la Libération.

Il est statistiquement avéré qu’une revue mensuelle à grand tirage est lue, en moyenne, par quatre à six personnes.

Dans le pire des cas deux millions de lecteurs, de toutes catégories sociales, de toutes professions, de toutes conditions et, surtout, de toutes confessions, donc de toutes religions, avaient donc lu cet article sur " Les camps tragiques ".

Probablement un peu plus.

 

Ils l’avaient également probablement oublié. Lorsqu’ils s’en sont souvenus il était déjà trop tard.

Soit ils étaient déjà dans un camp, soit ils préféraient éviter de s’y retrouver en se posant trop de questions.

On décréta donc l’amnésie générale.

Il est peut-être temps de regarder les choses en face et de retrouver un peu de cette mémoire évaporée.
 

 

Mars1934

 

LA TERRIFIANTE VISITE DE DACHAU

PAR GUILLAUME DUCHER, JOURNALISTE FRANÇAIS

 

(...) C'est bien là l'impression la plus profonde que l'on éprouve; en Allemagne il a y a plus que des hitlériens. Que sont donc devenus tous les autres, les millions d'Allemands qui votaient pour les sociaux-démocrates ou le centre catholique ? Il est bien difficile de les reconnaître, car, parmi les hommes que l'on rencontre, ce sont souvent ces anciens marxistes ou ces anciens modérés qui sont les partisans les plus intransigeants du nouveau régime.

 

Ceux, d'ailleurs, qui hésitaient à montrer leur zèle, ont été mis à la raison. Ils se cachent, quand Ils n'ont pas été expulsés ou envoyés dans des camps de concentration.

 

L'existence de ces camps de concentration est un fait officiellement avoué et reconnu. Mais le mystère qui les entoure est toujours aussi grand et nul ne sait exactement ce qui s’y passe. Les rumeurs qui circulent à l'étranger sont si horribles que l'on hésite parfois à leur accorder créance. L'opinion publique internationale, si prompte à s'indigner, s'est bientôt désintéressée de cette question, faute de renseignement précis.

 

Je suis pourtant en mesure d'affirmer qu'après un an de régime hitlérien, et malgré certaines déclarations prêtées officieusement à Hitler au lendemain du plébiscite de novembre, les camps de concentration allemands sont toujours aussi nombreux et soumis à un régime aussi cruel.

 

Mystère et discrétion

 

Il ne m'a pas été facile d'obtenir des renseignements sur ce sujet passionnant. Le secret est bien gardé.

 

D'ailleurs les Allemands sont persuadés, à force de l'entendre répéter, que le régime des camps est doux et pacifique. Je parlais un jour avec un véritable écclésiastique de Munich, du sort de quelques prêtres, maintenus en arrestation malgré le concordat et internés dans un camp de concentration.

 

« Ils sont, me dit-il, au camp de Fürstenried, entre Munich et le lac Starnberg, dans un site très agréable. Nos prêtres peuvent avoir l'illusion d'être dans une maison de repos en forêt, une maison de repos bien disciplinée » ajouta-t-il en souriant.

 

Un souvenir restait pourtant présent à mon esprit, souvenir lié aux premières heures de mon séjour en Allemagne c'était sur 'la ligne du chemin de fer, un peu avant Stuttgart. Je me promenais dans le couloir du wagon, regardant au dehors, lorsque mon attention fut attirée par un groupe de cinq ou six hommes, vêtus de bourgerons bleus qui travaillaient sur une route. Debout, près d'eux, une sentinelle, un fusil à la main, veillait.

 

C'étaient, à n'en pas douter, des prisonniers politiques...

 

Évidemment, avoua mon interlocuteur, lorsque je lui eus rappelé ce souvenir. Mais sachez bien ceci : Vous croyez que le salut allemand est la main levée. Eh bien, nous sommes nombreux à avoir un autre salut : celui-ci. Et, ce disant, il mit son doigt sur ses lèvres.

 

Himmler donne le feu vert

 

Je ne m'attendais certes pas à ce que l'on me donnât l'autorisation de visiter le camp de concentration de Dachau. J'ai eu la chance à Munich de me trouver, au cours d'une réunion, en présence de plusieurs hauts fonctionnaires hitlériens. Il y avait là notamment, M. Schemm, ministre de l'instruction publique et des cultes de Bavière, et M. Himmler, chef des sections de protection (S.S.) du Reich La conversation portait sur l'attitude de l'opinion mondiale en face de la révolution hitlérienne, et les Allemands marquaient leur étonnement des critiques adressées au nouveau régime et à ses procédés de terreur.

 

« Notre révolution, m'assurait-on, n'est pas faite de violence brutale. Vous ne trouverez pas chez nous de guillotine installée en permanence. Nous luttons seulement pour l'honneur et l'intégrité de la race et de la culture germaniques. Nos seuls adversaires sont les esprits subversifs ».

 

Un autre me dit :

 

« Nous vivons laborieusement et durement, et, au mépris de nos personnes, nous sauverons le peuple allemand. Notre seul désir, c'est de grouper tous nos frères dans une tâche commune. Ceux-là même qui sont dans des camps de concentration, nous espérons les amener à se convertir à nos idées, Ils sont d'ailleurs bien traités... »

 

- Nous n'avons nullement l'intention, lui dis-je, de nous mêler de la vie intérieure de l'Allemagne. Mais nous ne pouvons rester insensible aux récits atroces des réfugiés.

 

- Quelle foi pouvez-vous y ajouter? , me réplique un secrétaire du fameux M. Rosenberg, le chef du bureau de politique extérieure du parti national-socialiste. Ces gens ne cherchent qu'à se venger.

 

- Peut-être, repris-je, mais te mystère qui entoure les camps de concentration est tel que nous ne pouvons contrôler la véracité ou la fausseté des dires des réfugiés. Nous ne pourrons les mettre en doute que le jour où nous aurons des témoignages précis à leur opposer ; car - vous m'excuserez - vos démentis officiels n'ont aucune valeur pour nous. Si le régime des camps est aussi normal que vous le dites, vous auriez tout avantage à permettre à des visiteurs étrangers de s'en rendre compte.

 

-- Je vois où vous voulez en venir. Cela vous intéresserait donc beaucoup de visiter un camp ?

 

-- Certainement.

 

- Eh bien, reprit mon interlocuteur après avoir consulté du regard M. Himmler, rien de plus facile , vous m'accompagnerez demain matin à Dachau. Vous verrez nos prisonniers, et vous pourrez démentir les calomnies qui circulent à notre égard, sur ce sujet comme sur bien d'autres .

 

Aujourd'hui que j'ai visité le camp de Dachau, je crois que les hitlériens étaient sages d'en interdire l'accès aux étrangers. Ceux qui ont dérogé, en ma faveur, à ces règles sévères, mais prudentes, y ont été certainement poussés par une bienveillance sincère à mon égard et une courtoisie naturelle à laquelle je rends hommage, mais il y avait aussi en eux une certaine inconscience, commune sans doute à tous les Allemands.

 

En me quittant. M. Himmler me répétait « Le régime des camps n'est pas bestial. Nous sommes humains. Wir sind human! »

 

Qu'on en juge.

 

L’arrivée au camp

 

Le lendemain matin, à l'heure dite, une puissante automobile battant pavillon à croix gammée, vient s'arrêter devant ma porte; le secrétaire de M. Rosenberg est fidèle au rendez-vous.

 

Il vient à moi, la main largement tendue. Un sourire heureux plisse légèrement sa petite moustache brune. Son visage est franc et sympathique sous la large casquette ornée de la tête de mort. C'est là un des signes distinctifs des membres des sections de protection dont il a revêtu l'uniforme noir pour la circonstance

 

Confortablement installés dans le fond de la voiture, nous devisons de philosophie et de littérature, tandis que nous roulons à vive allure dans la direction de Dachau.

 

Dachau est une modeste cité au nord-ouest de Munich, à une vingtaine de kilomètres de cette ville. Elle n'est guère remarquable que par le Dachauer-Moos, immense terrain marécageux qui l'environne, et, depuis quelques mois, par son fameux camp de concentration.

 

Nous traversons rapidement te village d'aspect simple et propre, silencieux comme la plupart des villages allemands et nous arrivons tout de suite au camp qui se trouve à la limite même de la bourgade. Un paysage désolé s'offre à moi. Le camp s'élève dans une ancienne fabrique de munitions, désaffectée depuis très longtemps et aménagée tant bien que mal en pénitencier. Des murs lépreux, des rangées de fils de fer barbelés forment l’enceinte. Du plus lointain de l'horizon arrivent de grands pylônes électriques amenant le courant de haute tension qui parcourt effectivement ce réseau brun qui enserre le camp, c’est du moins ce que m'affirme mon compagnon — oublieux sans doute des démentis publiés par la presse allemande à ce sujet..

 

Deux grands poteaux surmontés de drapeaux hitlériens marquent l'entrée du camp. Notre venue est annoncée. Le directeur et son état-major nous attendent devant le corps de garde. Ils portent tous le même uniforme noir que mon compagnon. La police du camp et sa direction appartiennent en effet aux sections de protection, troupes d'élite du régime hitlérien. Mon sauf-conduit est examiné. Les appareils photographiques sont interdits : il ne reste que la ressource de les dissimuler, quand on le peut. Puis ce sont les présentations. Le directeur, grand, fort et portant bien l'uniforme, se montre dès l'abord extrêmement empressé. Il est évidemment en service commandé. Mais cet excès d'amabilité me gêne. Je préfère la morgue un peu hautaine et méprisante de ses satellites, beaux jeunes hommes à la carrure Impressionnante, à l'allure martiale, qui ne m'adresseront pas la parole durant toute ma visite et se contenteront de me surveiller, sans me gêner.

 

Comme un troupeau de bêtes pourchassées

 

Nous pénétrons, suivis de toute cette brillante escorte, dans la cour principale du camp. Dans le fond s'élèvent les bâtiments de l'ancienne usine et, de chaque côté, les baraquements de bois construits par les prisonniers eux-mêmes pour leur servir de logement, de cuisine, de cantine, etc. il y a dans le camp deux mille cinq cents hommes environ. On les a rassemblés à l'occasion de notre visite et ils sont là devant nous, en bon ordre et au garde-à-vous.

 

La première chose qui me frappe c'est qu'ils sont à peine vêtus. Déjà, l'a directeur m'explique : « Vous avez devant vous deux députés du Reichstag (la plupart de leurs collègues - subversifs - étant internés au camp d'Oranienburg, près de Berlin), des éditeurs de journaux séditieux, des jeunes gens qui ont dirigé des groupements marxistes, des avocats, des artistes, des médecins, des pacifistes! Les uns sont des ouvriers, d'autres des paysans, beaucoup sont des bourgeois. La moitié est communiste. Deux cents sont juifs, ajoute-t-il en me montrant un petit carré d'hommes séparé des autres. Cent seulement sont d'authentiques criminels ».

 

Je regarde.

 

La plupart de ces hommes sont dans la force de l'âge. Mais je distingue aussi des vieillards et de très jeunes gens qui n'ont pas plus de quinze ou seize ans.

 

Comme un immense troupeau de bêtes pourchassées, ils sont tous réunis, misérables, figés dans un grotesque garde-à-vous dont je m'en veux d'être le prétexte. Invinciblement leurs dos se courbent, leurs têtes tombent, leurs regards se fixent au sol. Je réclame pour eux le repos. Ils vont pouvoir circuler librement parmi leurs gardiens durant le temps de ma visite. Presque tous restent immobiles et mornes. Seuls quelques jeunes gens se mettent à arpenter la cour d'un pas frénétique, semblables à des fauves enfermés dans une cage étroite, sous un climat étranger.

 

(...) La vue de ces prisonniers inspire une pitié infinie. Ils sont épuisés par la fatigue et par les coups. Leurs corps amaigris par les privations et l'absence de nourriture substantielle, portent la marque des mauvais traitements qui sévissent. Sur les membres nus s'étalent des cicatrices. Les visages pâles, les joues creuses et mal rasées, les regards traqués, témoignent assez de l'effroyable misère matérielle et morale de ces hommes. C'est qu'il ne faut pas oublier que presque tous ceux qui sont là ont été amenés sans jugement. Ils ignorent la cause de leur Incarcération. Ils ne savent pas s'ils sortiront jamais de cet enfer.

 

Ils sont à peu près sans nouvelles des leurs, à l'exception de quelques rares correspondances.

 

« Ces cochons-là, me dit un jeune homme, confisquent les paquets que nous envoient nos parents. C'est le règlement. Alors, je crève lentement de faim ».

 

Les gardes m'ont permis d'aborder les prisonniers et de me mêler à eux. J'use de cette liberté relative, tandis que le directeur s'entretient avec mon compagnon.

 

Dans un coin de la cour, sous un petit auvent, se trouve la popotte. On prépare justement le déjeuner sur de vieilles cuisines roulantes du temps de guerre. Le prisonnier qui surveille les marmites me fait signe de m'approcher. Il me tend une gamelle remplie de ce brouet de pommes de terre dont on m'a déjà parlé : Goûtez ! . Je porte une cuillerée à ma bouche. C'est un pâte grise qui serre la gorge et étouffe. Je fais effort pour masquer mon dégoût. L'Allemand doit comprendre mes scrupules, car il sourit et me glisse doucement : « Vous pouvez dire carrément ce que vous pensez de cette saleté ".

 

Voyant que je suis étranger, les prisonniers s'approchent peu à peu, avec curiosité. A voix basse, le mot « Franzose » (Français) se répand. Bientôt plusieurs hommes m'entourent et se pressent autour de moi, Ils désirent me parler sans doute, mais ils n'osent le faire. Ils s'épient les uns les autres, comme s'ils craignaient sans cesse la délation. Je remarque, à l'écart de notre groupe, un vieillard qui gesticule et parle tout seul. Ses gestes saccadés contrastent avec sa grosse tête ronde et rasée de professeur, avec ses yeux bleus au bon regard de myope. « Merci d'être venu à moi, me glisse-t-il à l'oreille, d'une voix courte et précipitée. Ce que j'ai à vous dire est trop affreux pour n’être entendu de personne. Quatorze d'entre nous ont été tués d'une manière horrible. C'est comme au moyen âge. Ses yeux s'embuent de larmes derrière ses lunettes, et ses mains que je serre tremblent dans les miennes. Je voudrais lui poser des questions, obtenir des détails. Mais déjà les autres se sont rapprochés. Je me borne à lui demander : « Que faisiez-vous avant?» Il a tout de même un sourire d'orgueil pour me dire : « Professeur de sociologie ». Mais son sourire s'achève en grimace amère, et le geste las qui le ponctue signifie bien que cela n'a plus d'importance, n'aura plus jamais d'importance.

 

Je sens que je n'obtiendrai pas autre chose que ces phrases échappées, ces gestes de révolte et de dégoût impossibles à maîtriser.

 

Un homme me montre, à travers sa chemise déchirée, des plaies à peine refermées : «J'ai été roué de coups, battu presque jusqu'à la mort et je suis resté quinze jours à l'infirmerie à me tordre et à gémir».

 

L'infirmerie! Elle est dans ces sinistres bâtiments de l'ancienne usine. On ne m’en parle qu'avec terreur. Et là-bas sont les cachots, ajoute un autre ; nous entendons parfois hurler dans la nuit, et les cris viennent toujours de ce côté ».

 

Des mains se tendent. Certains parlent d'une voix si basse et si craintive que je ne comprends que leur plainte. Je leur demande «Que pouvons-nous faire pour vous aider ? » « Nichts! Il n'y a rien à faire pour nous aider ».

 

Celui qui me répond est un grand garçon blond, au visage prématurément usé, qui doit être quelque ancien conscrit de la classe 15 ou 16, Ce « nichts » amer est sorti de sa gorge, aussi rauque qu'un cri de désespoir. Il ajoute : « Ou alors, ce serait si terrible que je n'ose vous le dire ». Et il s'enfuit à longues enjambées.

 

Qu'avait-il voulu dire ? Que n'osait-il préciser? Pensait-il à une guerre future? Je ne le saurai jamais.

 

Paroles d' espoir

 

Je serre toutes ces mains tendues, je donne quelques frappes amicales. J'essaie de prononcer quelques paroles d'espoir. Pauvres gestes, médiocres paroles ! Que puis-je dire, que puis-je faire pour aider ces hommes à supporter de telles souffrances?

 

Mais, déjà, mon compagnon m'appelle. Il nous reste encore beaucoup de choses à visiter et je dois tout voir.

Nous entrons maintenant dans un bâtiment de pierre. Et tout de suite un petit escalier suintant nous aspire. Nous descendons aux cachots. Les nazis qui nous accompagnent ont allumé leurs lampes électriques. Mais nous trébuchons sur les marches usées. Enfin voici le sol de la cave. Un grand couloir s'ouvre devant nous.

 

Tout au fond brille, solitaire, la petite lueur d'une lampe à acétylène. Malgré moi je baisse la tête sous cette voûte écrasante. Alors seulement j'aperçois de grands trous d'ombre de chaque côté du couloir. Mes yeux s'habituent vite à cette demi obscurité et, les nazis dirigeant le faisceau de leurs lampes dans la direction qu'ont prise mes regards, je distingue nettement des cachots derrière de lourds barreaux de fer. C'est là que sont enfermés les récalcitrants et les têtes dures,

 

Mis au régime du pain et de l'eau, ils sont, en outre, condamnés à l'obscurité. Le soupirail qui éclaire et aère chaque cachot n’est entrouvert qu’un demi-heure par jour ; Ces malheureux, traites plus affreusement que des bêtes féroces sont enchaînés par les mollets.

 

Comment supporter cette atmosphère de tombeau, Je n'ai vu que des loques humaines effondrées dans le fond de ces geôles.

 

C'est une délivrance pour moi de remonter vers l'air libre. Je regarde avec stupeur mes compagnons qui n'ont pas cessé de parler et de rire...

 

L’infirmerie maintenant : Sur d’étroits grabats, des hommes – j’en ai compté vingt trois - se tordent et gémissent. Je ne peut m’empêcher de demander : « De quelle maladie souffrent-ils, » Mais personne ne répond et on passe très vite. Je n’avais pas encore vu le pire.

 

Il y a dans le camp un quartier réservé où sont parqués trente-huit tuberculeux qui, privés de liberté, de nourriture et de soins, n'ont d'autre issue que la mort lente devant eux, lis sont dispensés de tout travail, et tout le jour ils se promènent de long en large dans une grande salle de cette lugubre maison.

 

Je n'ai jamais eu sous les yeux spectacle plus horrible que celui de ces agonisants, Je n'oublierai pas de quel ton un grand garçon pâle, aux traits déjà marqués par la mort, m'a dit : « Il vaudrait mieux nous achever tout de suite ».

 

Vision d'enfer

 

Notre visite était terminée. Je crois d'ailleurs que mes nerfs n'auraient pu supporter davantage. Il me fallut pourtant soutenir avec le directeur de la prison une conversation qui mérite d'être rapportée ici.

 

L'homme qui préside aux destinées de ce camp du désespoir est vraiment un personnage doux et affable. entant ma répulsion pour ce que J'avais vu, il tente de me donner quelques précisions destinées sans doute à me faire oublier cette impression mauvaise : « Je n'ai que trois cents hommes pour garder mes prisonniers ; heureusement je dispose, parmi ces derniers, de quarante espions nazis qui partagent la vie des reclus pour me renseigner et me guider dans ma tâche. En effet, nous pratiquons ici la purification intérieure. Il s'agit d'extraire le virus pacifiste et marxiste de ces pauvres têtes malades. Nous faisons des conférences qui permettent aux prisonniers de se familiariser avec les idées nationales socialistes. Je pense aboutir à un grand nombre de conversions. J'ai bon espoir, j'ai bon espoir ".

 

Je profitais de ce que mon compagnon, restait encore quelques instants au camp pour aller à pied jusqu'au village. j' avais besoin de marcher et de retrouver le contact de la vie normale. Les petites maisons confortables et gaies avec leurs balcons ce bois peint et leurs jardins. j' avais hâte de rencontrer quelques braves Bavarois au teint rose et fleuri, vêtus de leur pittoresque costume à culotte courte et coiffés de leur feutre vert à grande plume.

 

Dachau a l'aspect riant de toutes les bourgades de Bavière. Rien n'indique la présence, si proche, du camp de concentration et de ses horreurs. Le voisinage des détenus n'influe pas sur la bonne humeur des Bavarois qui vivent là, tranquilles et heureux, pourvu qu'ils aient de la bière bonne et pas trop chère.

 

Mais, de cette petite brasserie bruyante et enfumée où je m'étais réfugié, ma pensée se reportait invinciblement sur les malheureux prisonniers du camp de concentration.

 

Et, bien souvent depuis, la vision de cet enfer a passé devant mes yeux. Je m'imagine quelle doit être la lente succession des jours, avec son cortège de privations, de mauvais traitements et de travaux serviles, pour ces prisonniers qu'on veut amener à se renier eux-mêmes. Et quand je revois la porte du camp de Dachau, je crois y lire les mots que Dante plaçait au seuil des enfers : « O vous qui entrez, laissez toute espérance".

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:44

Il vient de sortir un tract intitulé : Bas les masques!

 

Que n’enlève-t-il le bandeau qu’il a sur les yeux et les bouchons de cire qui obstruent ses conduits auditifs pour se rendre à l’évidence?

 

Il apprendrait que tous ceux qui ont abandonné la gauche radicale, devenue un ectoplasme, ont renié leurs convictions pour rejoindre ceux qui n’y ont jamais appartenu, des verts au PS jusqu’à la droite via le centre, il s’en trouve parmi ses amis.

 

D’autres encombrent les allées du Front National qui surfe lui aussi sur le sentiment d’insécurité qui se développe à Villiers sur orge, qui n’est pas un coupe gorge, et occupe la une des médias : Pendant ce temps là, on ne va pas à l’essentiel.

 

A l’appui de sa « brillante » démonstration deux document datant de 2008. Ils sentent le réchauffé:

 

Le premier de renouveau solidaire, à l’effigie de Gilles Fraysse. Je m’y étais fait piéger, j’ai donné publiquement les raisons qui m’ont incité à quitter groupe de ses élus qui très rapidement s’est apparenté au social libéralisme dont nous subissons les ravages. Elles ont été publiées dans le bulletin municipal, reprises dans le compte rendu d’une séance du conseil, je les tiens à la disposition de quiconque en demanderait communication. j.freychet@wanadoo.fr

 

Le second est la copie de la dernière page du programme de 2008 des candidats PS et apparentés, dont monsieur Simons était tête de liste. A l’époque il pourfendait l’austérité version Sarkozy, aujourd’hui il soutient, sans vergogne, avec Fraysse, celle de Hollande qui est encore pire. Au plan national, la social démocratie n’est jamais si bonne que dans l’opposition, qu’elle y retourne. A Villiers sur orge, ses représentants ne se sont démarqués de la majorité de droite (très peu) que pour avoir un alibi en prévision des élections suivantes.

 

A utiliser un tel argumentaire la tête de liste -Villiers 2014- doit se sentir aux abois.

 

Mais non monsieur Dhondt, les gens que vous stigmatisez ne sont pas des rouges, le couteau entre les dents qui tenteraient de vous faire de l’ombre, mais tout simplement vos pareils.

                                                                                                Jack Freychet

                                                                                                Conseiller municipal

 

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