Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Villiers sur Orge- La Vie en Blog
  • : Economie, social, environnement, éducation, santé, sciences et techniques, vie dans la cité...Et leurs prolongements politiques, tout peut être sujet d'échanges pour le commun des mortels...Un seul objectif, le dépassement du présent.
  • Contact

Recherche

17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:15

Tarification Eau  des lacs de l’Essonne en régie publique  et à Villiers sur Orge Lyonnaise des Eaux

 

 

2010

2011

2012

2013

Villiers

2013

 

 

SEDIF

 

REGIE

 

REGIE

 

REGIE

Lyonnaise

Des eaux

 

Part fixe (€  HT/an )

 

22,26 €

 

/

 

/

 

/

 

42,48

 

Location compteur (€ HT / an )

 

12,12 €

 

/

 

/

 

/

 

 

Part gratuite ( € HT / m³ )

 

/

 

- 1,10 €

 

- 1,10 €

 

- 1,17 €

 

 

Consommation domestique ( € HT / m³ )

 

 

 

 

 

1,53 €

 

 

 

 

 

 

1,6845

 

< 120 m³

 

1,10 €

 

1,10 €

 

1,166 €

 

id

 

Entre 120 et 200 m³

 

1,35 €

 

1,38€

 

1,463 €

 

id

 

> 200 m³

 

1,50 €

 

1,53 €

 

1,622 €

 

id

 

Préservation des ressources en eau  ( € HT/m³) ou contre valeur

 

0,0700 €

 

0,0591 €

 

0,0718 €

 

0,0718 €

 

0,0663

 

Distribution de l’eau pour 120 m³

 

225,84 €

 

135,53 €

 

137,05

 

144,76

253,7

+75,25%

 

Redevance communautaire (€ HT / m³ )

 

0,300 €

 

0,300 €

 

0,300 €

 

0,300 €

cavo

0,83

 

Collecte et transport des eaux usées  (€ HT / m³ )

 

0,2697 €

 

0,2697 €

 

0,2697 €

 

0,2697 €

sivoa

0,2751

 

Redevance fermière communautaire (€ HT / m³ )

 

0,160 €

 

/

 

/

 

/

 

 

Traitement des eaux usées  (€ HT / m³ )

 

0,440 €

 

0,455 €

 

0,482 €

 

0,525 €

siaap

0,5250

 

Collecte et traitement des eaux usées pour 120 m³

 

140,77 €

 

122,96 €

 

126,20 €

 

132,01 €

195,64

+48,2%

 

Redevance pollution  (€ HT / m³ )

 

0,380 €

 

0,399 €

 

0,399 €

 

0,400 €

 

0,400

 

Modernisation des réseaux de collecte  (€ HT / m³ )

 

0,290 €

 

0,300 €

 

0,300 €

 

0,300 €

 

0,30

 

Voies navigables de France  (€ HT / m³ )

 

0,0100

 

0,0088

 

0,0099

 

0,0099

 

0,0123

 

Organismes publics pour  120 m³

 

81,72 €

 

84,94 €

 

85,07 €

 

85,19 €

 

84,48

 

Total  € HT base de consommation de 120 m³

 

448,33

 

343,43

 

348,32

 

361,96

 

533,70

 

Total  avec tva 5,5 et 7%  base de consommation de 120 m³

 

472,99

 

362,32

 

369,91

 

384,38

 

561,06

 

Soit en € m³  TTC de consommation de 120 m³

 

3,94 €/m³

 

3,02€/ m³

 

3,08 €/m³

 

3,20 €/ m³

4,675

+46,1%

 

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 16:35

Par Salim Lamrani

Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/31578/francois+hollande+e+socialista.shtml

 

            Avec la nouvelle réforme du système des retraites, le gouvernement de François Hollande devient le premier gouvernement de gauche de la Ve République à porter atteinte aux acquis sociaux.

 

            Le Premier Ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé le 27 août 2013 une nouvelle réforme du système des retraites avec un allongement de la durée de cotisations à 43 ans. C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’une majorité de gauche s’en prend à ce symbole du progrès social acquis au prix de nombreuses luttes : le droit à une existence digne pour les dernières années de vie. Ni le Président Jacques Chirac (1995-2007), ni le Président Nicolas Sarkozy (2007-2012) – tous deux de droite et de sensibilité néolibérale – n’avaient osé retarder à ce point l’âge de départ à la retraite

 

            Pourtant, lorsqu’il se trouvait l’opposition, François Hollande avait vigoureusement condamné l’allongement de la durée de cotisations à 41 ans suite aux réformes de 2003 (Loi Fillon) entreprises par Chirac : « Le projet du gouvernement Raffarin appelle trois refus majeurs de la part des socialistes : Le refus d’une philosophie qui consiste à demander aux salariés de travailler plus longtemps pour gagner moins. L’allongement de la durée de cotisations – 40, 41, 42 ans et davantage encore si c’est nécessaire- était la position du Medef, c’est la solution du gouvernement Raffarin ».

 

            Lorsqu’en 2010, Nicolas Sarkozy a de nouveau allongé la durée de cotisations, Hollande n’avait pas manqué de stigmatiser cette atteinte à un acquis social cher aux citoyens français : « C’est la réforme la plus injuste qui a été arbitrée par le Président Nicolas Sarkozy. Il a voulu avant tout envoyer un signal aux marchés et aux partenaires européens. Il a choisi de faire payer les pauvres et ceux qui ont commencé à travaillé tôt. Cette réforme va pénaliser ceux qui sont rentrés tôt dans la vie active qui pouvaient partir à 60 ans, qui avaient tous leurs droits, mais qui devront travailler non plus 41 années, mais 42 ans, 43 ans, voire 44 ans».

 

            Mais une fois au pouvoir, loin d’abroger les réformes Fillon et Sarkozy, François Hollande les a validées et est allé plus loin, portant ainsi atteinte à toute une catégorie de personnes vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées. En effet, pour pouvoir partir avec une retraite pleine, les travailleurs devront cotiser davantage, jusqu’à 43 années. Or, il est de notoriété publique que le chômage des seniors est de plus en plus important, tout comme celui des jeunes. La conséquence prévisible et inévitable sera qu’un nombre de plus en plus élevé de personnes seront contraintes de partir à la retraite sans avoir cotisé assez pour bénéficier d’une pension complète, ce qui entrainera une hausse de la pauvreté et de la précarité des gens du troisième âge.

 

            L’argument brandi par Hollande – d’habitude évoqué par les néolibéraux – est que la hausse de l’espérance de vie, désormais considéré comme un handicap, appelle un allongement de la durée de cotisations. Or, si l’espérance de vie augmente, c’est précisément parce que les gens travaillent moins longtemps et peuvent profiter de leur retraite en bonne santé. Ainsi, la réforme Hollande aura un impact sur l’état de santé des travailleurs et donc sur leur espérance de vie.

 

            Par ailleurs, cette réforme – exigée par la Commission européenne –, qui prévoit également une hausse des cotisations vieillesse et donc une baisse des salaires, est un contresens économique. En effet, elle aggrave l’austérité à la fois pour les personnes âgées n’ayant pas atteint le nombre d’années nécessaires de travail – dont les pensions diminueront automatiquement –, et pour les jeunes qui entreront plus tardivement sur le marché de l’emploi en raison du départ différé de leurs ainés. Ainsi, la baisse des salaires due à la hausse des cotisations et la baisse des pensions de retraite entraineront une diminution de la consommation, donc une réduction de l’activité économique, laquelle se traduira par une hausse du chômage, pour déboucher sur une baisse des recettes de l’Etat (impôts non payés par les nouveaux sans-emploi) et une hausse de ses dépenses (pour payer les allocations-chômage).

 

            Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a multiplié les décisions favorables aux puissances d’argent, avec notamment le crédit d’impôt pour les entreprises de 20 milliards d’euros et le refus de réguler la finance malgré les promesses électorales. Il a également adopté des mesures contre l’intérêt général et les catégories les plus modestes, avec la hausse de la TVA et la réforme du système de retraites. La conséquence a été immédiate : sur les huit élections partielles tenues sous la présidence de Hollande depuis mai 2012, dont cinq circonscriptions étaient tenues par la majorité présidentielle, le Parti socialiste les a toutes perdues.

 

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.


http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A9/dp/2953128433/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1376731937&sr=1-1

 


 

 


 

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 16:06
Origine Comité Valmy

Commençons par la bonne nouvelle : l’hégémonie américaine, c’est fini. La bête est maîtrisée. Nous avons passé le Cap de Bonne Espérance, symboliquement parlant, en septembre 2013. Avec la crise syrienne, le monde à la croisée des chemins a pris le bon virage. C’était un moment aussi risqué que lors de la crise des missiles à Cuba en 1962. Il y avait de fortes chances de déclencher la guerre totale, dans la mesure où les volontés d’acier de l’Amérique et de l’Eurasie s’étaient mesurées en Méditerranée orientale.

 

Par Israël Adam Shamir

 

Il nous faudra un certain temps avant de percevoir la réalisation de ce à quoi nous avons travaillé dans l’ombre, et c’est normal pour des événements d’une telle grandeur. Les turbulences aux USA, depuis la folle course poursuite à Washington jusqu’à la fermeture de l’administration fédérale et la possibilité du défaut de paiement, sont les conséquences de ce moment historique là.

Souvenons-nous de la chute du Mur de Berlin. Quand il s’est effondré, je me trouvais à Moscou, j’écrivais pour Haaretz. Je m’étais rendu à une conférence de presse avec des membres du Politburo à l’hôtel Président, et je leur avais demandé s’ils pensaient que c’était la fin de l’URSS et du système socialiste. On m’avait ri au nez, parce que c’était une situation trop embarrassante pour eux. Mais non, disaient-ils en chœur. Le socialisme va se mettre à fleurir, voilà ce que va donner la chute du Mur. Deux ans plus tard, il n’y avait plus d’URSS. Notre mémoire voit tout cela en raccourci, maintenant, comme une seule courte séquence. Or cela avait pris un certain temps.

Le point de tension culminant, en ce mois de septembre 2013, ce fut la vision, sous le soleil de midi, des cinq destroyers US face aux rivages du Levant, pointant leurs Tomahawks sur Damas, et, leur faisant face, la flotte russe composée de onze navires avec en tête le Moskva, croiseur tueur chargé de missiles, renforcés par des bateaux de guerre chinois. Apparemment, deux missiles ont bel et bien été lancés vers la côte syrienne, et tous deux ont échoué à atteindre leur cible.

Un quotidien libanais citant des sources diplomatiques a prétendu que les missiles étaient partis d’une base de l’OTAN en Espagne et s’étaient vus abattus par le système russe de défense air-air, à partir d’un navire. Une autre explication proposée par Asia Times mentionne un détournement par les Russes, avec leurs GPS puissants et bon marché, qui auraient rendu inutilisables les Tomahawks sophistiqués et chers, en les égarant et en les faisant chuter. Il y a encore une autre version, qui attribue le lancement aux Israéliens, soit qu’ils aient tenté de provoquer le déclenchement des hostilités, soit qu’ils se soient contentés d’observer les nuages, comme ils le prétendent.

Quoi qu’il en soit, après cet étrange incident, la pétarade n’a pas commencé, parce que le président Obama a gardé son sang-froid et rengainé son colt. Cela fut précédé par un vote inattendu au parlement britannique. Ce corps vénérable a décliné l’honneur de se joindre à l’attaque proposée par les US. Pour la première fois depuis deux cents ans, le parlement britannique a refusé une offre bien réelle de prendre l’initiative d’une guerre ; d’habitude, ils ne résistent pas à la tentation.

Puis le président Obama a décidé de refiler la patate chaude au congrès. Il n’avait pas envie d’être celui qui déclencherait l’Armageddon. A partir de là, c’était trop tard. Le Congrès ne voulait pas entrer en guerre, une guerre aux conséquences imprévisibles. Obama a essayé de froncer les sourcils devant Poutine lors du G20 à Saint Petersburg, mais cela n’a pas marché. La proposition russe d’en finir avec les armes chimiques de la Syrie permettait au président Obama de sauver la face. Cette mésaventure a réglé leur compte à l’hégémonie, à la suprématie et à l’exceptionnalisme américains. Fini, le "destin manifeste" des USA. Nous l’avons tous appris des productions hollywoodiennes : le héros ne saurait faire profil bas : viser et tirer, c’est tout ce qu’il peut faire. S’il rengaine, ce n’est plus un héros, c’est un capon.

Après quoi, tout s’est accéléré. Le président US a eu un entretien avec le nouveau président iranien, ce qui ne pouvait que peiner Tel Aviv. Les rebelles de l’Armée syrienne libre ont décidé de discuter avec Assad au bout de deux ans de harcèlement, et leur délégation est arrivée sans encombre à Damas, laissant les extrémistes islamistes le bec dans l’eau. Le Qatar, leur grand soutien, s’écroule à tous les étages. Ce qui se passe maintenant au niveau de l’administration fédérale donne aux citoyens US de vrais soucis pour des enjeux bien réels. Avec la fin de l’hégémonie US, les jours du dollar comme monnaie de réserve mondiale sont comptés.

La Troisième Guerre mondiale a failli avoir lieu, comme le souhaitaient les banksters. Ils ont trop de dettes, sans compter la dette extérieure monstrueuse des USA. Si les Tomahawks avaient fait mouche, les auraient crié "c’est un cas de force majeure !" et en auraient profité pour effacer la dette. Des millions de gens auraient péri, mais des milliards de dollars seraient sains et saufs dans les caves de JP Morgan et de Goldman Sachs. En septembre, le monde a su bifurquer et se tirer de leurs griffes parce que le président Obama a refusé de faire le jeu des banksters. Il se pourrait qu’il l’ait bien mérité, son prix Nobel de la paix, après tout.

Le futur proche s’annonce turbulent mais il n’y a plus d’issue fatale. Les US vont perdre leurs droits à tirer leurs revenus de la planche à billets. Le dollar US cessera de servir de monnaie de réserve au monde entier, mais restera la monnaie de l’Amérique du nord. D’autres parties du monde vont faire appel à leurs euros, yens, roubles, bolivars ou dinars. Le budget de la défense US retrouvera des proportions normales, et la fermeture de bases à l’étranger ainsi que la réduction des armements permettra à la population US de réussir la transition sans trop écoper. Personne n’a envie de courir derrière l’Amérique ; le monde en a juste assez de leurs chevauchées revolver au poing. Les US vont devoir trouver de nouveaux emplois pour tous ces banquiers, gardiens de prison, soldats, sans oublier un certain nombre de politiciens.

Comme j’étais à Moscou pendant la crise, j’ai observé ces événements tels que les ont ressenti les Russes. Poutine et la Russie ont été soumis à des pressions sans relâche, depuis un certain temps :

* Les US ont soutenu et financé l’opposition libérale russe et nationaliste ; les élections ont été présentées comme une immense fraude, en bloc, le gouvernement russe en a perdu une partie de sa légitimité.

* L’Acte Magnitsky au Congrès a permis aux autorités US de confisquer les biens de tous les Russes et d’arrêter tous ceux dont ils subodorent qu’ils pourraient mal agir, et sans qu’ils puissent recourir à la justice.

* Certains fonds russes ont été saisis à Chypre, où les banques avaient de gros soucis.

* Les US ont encouragé les Pussy Riots, les gay parades et autres à Moscou, dans le but de faire passer Poutine pour un dictateur, un ennemi des libertés et un homophobe, dans les media occidentaux et dans les media russes, tenus par l’oligarchie.

*Le soutien de la Russie à la Syrie a été critiqué, ridiculisé et présenté comme un acte brutal de déni d’humanité. Au même moment, les magnats de la presse occidentale affirmaient que la Russie finirait par laisser tomber la Syrie.

Comme je l’ai écrit il y a déjà longtemps, la Russie n’avait pas l’intention de lâcher la Syrie, pour un certain nombre de bonnes raisons : les chrétiens orthodoxes syriens mettent leur confiance dans la Russie, et géopolitiquement parlant, la guerre se rapprochait trop des frontières russes. Mais la raison principale, c’est que les Russes en avaient assez que l’Amérique leur tienne la dragée haute. Les Russes considéraient que des décisions aussi importantes devaient être prises par la communauté internationale, plus précisément par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ils n’appréciaient nullement le rôle d’arbitre mondial que se donnait l’Amérique.

Dans les années 1990, la Russie était très affaiblie, et ne pouvait guère manifester son opposition, mais ils n’avaient pas apprécié le bombardement de la Yougoslavie et l’avancée des troupes de l’OTAN vers l’est, en violation de la promesse donnée par les US à Gorbatchev. La tragédie libyenne a rajouté à l’indignation. Ce malheureux pays s’est vu bombardé par l’OTAN, et s’en est trouvé désintégré. D’État le plus prospère de l’Afrique, la Libye est passée au rang des plus misérables. La présence russe en Libye était des plus limitées, mais la Russie y a quand même perdu quelques investissements. La Russie s’était abstenue de voter lors du vote sur la Libye parce que c’était la position du président Dimitri Medvedev qui croyait au partenariat possible avec l’Occident. Mais Poutine n’était absolument pas prêt à livrer la Syrie au même avenir.

La rébellion russe contre l’hégémonie US a commencé en juin dernier, lorsque le vol d’Aéroflot qui transportait Ed Snowden a atterri à Moscou. Les Américains ont appuyé sur tous les boutons à leur portée pour le récupérer. Tout le spectre de leurs agents s’est déployé en Russie. Et très peu de voix, parmi lesquelles celle de votre serviteur, ont appelé la Russie à offrir un refuge sûr à Snowden, mais ce sont nos voix qui ont prévalu. Malgré les pressions US, l’asile politique a été garanti à Snowden.

Étape suivante, l’escalade syrienne. Je ne veux pas entrer dans les détails des attaques chimiques présumées. Du point de vue russe, cela ne pouvait absolument pas constituer une raison pour que les US entrent en guerre en Syrie ni nulle part ailleurs. En un sens, les Russes ont restauré la loi des nations, à sa place d’autrefois, sa place révérée. Le monde est devenu plus sûr pour ses habitants.

Rien de tout cela n’aurait pu se passer sans le soutien de la Chine. Le géant asiatique considère la Russie comme sa grande sœur, et lui fait confiance pour négocier adroitement avec le monde aux yeux ronds. Les Chinois, avec leur style placide et leur air de ne pas y toucher, ont joué dans le camp de Poutine. Ils ont fait passer Snowden jusqu’à Moscou. Ils ont opposé leur veto aux projets anti-syriens du Conseil de Sécurité, et ont envoyé leurs navires de guerre en Méditerranée. Voilà pourquoi Poutine a tenu bon, pas seulement pour le compte de la Russie, mais pour la masse entière de l’Eurasie.

L’Église a soutenu les efforts de Poutine : pas seulement l’église russe, mais les catholiques et les orthodoxes ensemble se sont élevés contre la campagne yankee parce que les rebelles soutenus par les USA massacraient les chrétiens. Le pape a fait appel à Poutine en tant que défenseur de l’Église ; les églises de Jérusalem et d’Antioche ont fait de même. Et le pape a quasiment menacé d’excommunication Hollande, et la menace voilée a troublé le président français. De sorte que Poutine a bénéficié d’un double soutien : celui des patriarches orthodoxes et celui du pape : c’est un cas de bénédiction double extrêmement rare.

Il y a eu bien des épisodes palpitants dans la saga syrienne, de quoi remplir des volumes. Par exemple la tentative pour contraindre Poutine lors du G8 en Irlande. Il devait y faire face au front uni de l’Occident, mais il s’est débrouillé pour en mettre quelques-uns de son côté, et a semé les graines du doute dans le cœur des autres en leur rappelant les hauts-faits des capitaines anthropophages dans le camp des rebelles.

La proposition d’éliminer les armes chimiques syriennes a été introduite adroitement ; la résolution du conseil de Sécurité bloquait la possibilité d’attaquer la Syrie en se prévalant de l’article 7. Miraculeusement, les Russes ont gagné dans la surenchère grandiose. Le risque était immense : la Syrie allait se retrouver détruite comme la Libye ; une attaque israélo-américaine sur l’Iran devenait inévitable ; la chrétienté orientale perdait son berceau ; l’Europe se voyait envahie de millions de réfugiés supplémentaires ; la Russie aurait prouvé qu’elle ne comptait pas, que sa parole était du vent, qu’elle pesait à peu près autant que la Bolivie, dont on peut se permettre d’arraisonner et de fouiller l’avion présidentiel à tout bout de champ. Incapable de défendre ses alliés, incapable de tenir sa position, la Russie se serait vu gratifier d’une victoire morale, euphémisme pour la défaite. Tout le travail accompli par Poutine en treize ans aurait été à vau-l’eau. La Russie serait revenue à son statut de 1999, quand Clinton bombardait Belgrade.

Le point culminant de la confrontation a été atteint lors de l’échange entre Obama et Poutine à propos de l’exceptionnalisme. Aucun des deux n’était débutant, d’ailleurs. Poutine était estomaqué par l’hypocrisie et le manque de sincérité d’Obama. Dans la mesure où il est parti de très bas pour arriver très haut, Poutine se complaît dans son habileté à parler franchement aux gens les plus divers. Et son franc parler peut être d’une brutalité choquante. Quand il s’est trouvé harcelé par un journaliste français sur la question des séparatistes tchétchènes, il a répondu :

"les extrémistes musulmans (les takfiristes) sont les ennemis des chrétiens, des athées et même des musulmans parce qu’ils considèrent que l’islam traditionnel est hostile aux buts qu’eux-mêmes poursuivent. Et si tu veux devenir un islamiste radical, et que tu es prêt à te faire circoncire, je t’invite à Moscou. Nous sommes un pays multiconfessionnel, et nous avons des experts pour te le faire. Et je leur dirai de t’opérer de façon à ce que rien ne risque de repousser !"

Autre exemple de son style aussi candide que choquant, quand il a répondu à Bridget Kendall, de la BBC, à Valdaï. Elle lui avait demandé : est-ce que la menace des frappes militaires US joue un rôle dans le fait que la Syrie accepte de mettre ses armes sous contrôle ?

A quoi Poutine a répliqué : c’est la Syrie elle-même qui a développé son armement chimique comme alternative à l’arsenal nucléaire d’Israël. Il a appelé au désarmement d’Israël et a invoqué l’exemple de Mordechai Vanunu comme exemple de savant israélien opposé aux armes nucléaires (mon entretien avec Vanunu venait d’être publié dans le quotidien russe le plus important, avec une certaine notoriété ; voir, en russe : http://www.kp.ru/daily/26084.4/2987042/).

Poutine a essayé de parler franchement avec Obama. Nous connaissons la teneur de leur dialogue par un enregistrement du dialogue entre Poutine et Netanyahu qui a fuité. Poutine a interpelé l’Américain et lui a dit : c’est quoi, ton objectif en Syrie ? Obama a répondu : "ce qui m’inquiète, c’est que le régime d’Assad ne respecte pas les droits humains." Poutine a failli vomir devant une telle hypocrisie, et il l’a compris comme un refus de la part d’Obama de discuter avec lui "en le regardant dans les yeux".

Au lendemain de la crise aigüe en Syrie, Obama s’est adressé au monde entier, au nom de l’exceptionnalisme américain. La politique des USA est ce qui "fait la différence de l’Amérique. C’est ce qui nous rend exceptionnels", a-t-il dit. Poutine a rétorqué : "c’est très dangereux d’encourager les gens à se voir comme des exceptions. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous implorons la bénédiction divine, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a fait égaux." Ce n’était pas seulement un débat idéologique, mais théologique.

Comme je l’ai développé dans mon ouvrage PARDES*, les US se sont construits sur la théologie judaïque de l’exceptionnalisme, du peuple élu. C’est le pays de l’Ancien Testament. C’est là une raison très profonde de l’alliance spéciale entre Israël et les USA. L’Europe traverse une étape d’apostasie et de rejet du Christ, alors que la Russie est profondément chrétienne. Ses églises sont pleines, on se souhaite Joyeux Noël et Joyeuses Pâques les uns aux autres, il n’y a pas de morne "saison". La Russie est un pays du Nouveau Testament. Et le rejet de l’exceptionnalisme, de la notion de peuple élu, est le soubassement de la chrétienté.

Voilà pourquoi, tandis que la communauté juive aux USA voulait la guerre, a condamné Assad et appelé à une intervention US, la communauté juive de Russie, assez nombreuse, riche et influente, n’a pas soutenu les rebelles syriens mais plutôt les efforts de Poutine pour préserver la paix. De même en Iran, où la riche communauté juive a choisi elle aussi le Cap de Bonne Espérance. Il apparaît que les pays guidés par une église solidement implantée sont immunisés contre l’influence délétère des lobbies ; alors que les pays qui n’ont pas d’institution comparable, qu’il s’agisse des USA ou de la France, cèdent aux pressions, et adoptent l’interventionnisme illégal comme norme.

Tandis que l’hégémonie US décline, nous voyons s’ouvrir un avenir bien incertain. La puissance militaire américaine, telle un Béhémot de légende, peut encore provoquer ravages et naufrages ; et la bête blessée est la plus dangereuse. Les Américains devraient écouter la voix du sénateur Ron Paul qui appelle à renoncer aux bases à l’étranger, et à couper les crédits militaires. Les normes de la loi internationale et la souveraineté de tous les États devraient être observées. Le monde entier aimera à nouveau l’Amérique quand elle cessera de nous harceler avant de nous piétiner lourdement. Ce n’est pas gagné, mais nous avons su franchir le Cap, et atteindre la Bonne Espérance.

 

Intervention au Forum international de Rhodes, le 5 octobre 2013. Traduction : Maria Poumier Source :
http://www.israelshamir.net/French/NotreCap.htm
Via le site de Silvia Cattori

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:20

 

Lors du dernier sommet du G8, le chanteur de U2 s'est encore une fois autoproclamé "ambassadeur des pauvres". Mais dans son univers de milliardaires et de décideurs économiques, les pauvres ne sont plus invités à s'exprimer.

 

2106-Bono.jpg

 

Le chanteur Bono visite un hôpital dans le township de Soweto, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 24 mai 2002 - AFP

En 2005 déjà, il n'avait pas été très glorieux. Cette année-là, lors du sommet du G8 en Ecosse, Bono et Bob Geldof avaient tressé des lauriers à Tony Blair et George W. Bush, tout auréolés de leur boucherie irakienne. Geldof s'était assis sur les genoux du Premier ministre britannique, au sens propre comme au figuré, et des militants africains les avaient alors accusés de confondre leur campagne pour la justice mondiale avec un vaste mouvement de charité.

Cette fois, c'est pire. Alors que le Royaume-Uni a accueilli un nouveau sommet du G8, la campagne menée par Bono – et avec laquelle Geldof travaille étroitement – semble aujourd'hui absoudre l'action des pays du G8 en Afrique.

L'idée d'une "Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition" a été lancée en 2012 aux Etats-Unis, alors hôte du G8. Cette alliance pousse les pays africains à signer des accords permettant à des sociétés étrangères de faire main basse sur leurs terres, de breveter leurs semences et de verrouiller des monopoles sur leurs marchés alimentaires. Restant sourds aux voix de leurs peuples, six gouvernements africains ont déjà signé des accords avec des entreprises comme Monsanto, Cargill, Dupont, Syngenta, Nestlé et Unilever en échange de promesses d'aides de la part du Royaume-Uni et d'autres nations du G8. 
De nombreux militants, aussi bien en Afrique qu'en Europe, dénoncent les pratiques de cette "nouvelle alliance", mais la campagne ONE – dont  Bono est cofondateur – prend sa défense. Les responsables de ONE ont d'ailleurs publié un article la semaine dernière. Un article remarquable : il laisse complètement de côté l'intérêt des responsables africains et de leurs peuples, il exagère le rôle de petites entreprises africaines, mais surtout il ne mentionne à aucun moment l'injustice au cœur de la "nouvelle alliance", à savoir la nouvelle vague d'accaparement des terres qu'elle soutient. Cela a naturellement piqué ma curiosité. 
Conflits d'intérêt

 

J'ai d'abord découvert que Bono avait déjà fait l'éloge de la "nouvelle alliance" juste avant l'ouverture du sommet du G8 de l'année dernière aux Etats-Unis. J'ai ensuite appris que la campagne One était essentiellement financée par la fondation de Bill et Melinda Gates, dont deux responsables exécutifs figurent parmi les  membres du conseil d'administration . Cette fondation travaille avec le géant de l'agroalimentaire Cargill et le spécialiste des biotechnologies Monsanto (dont elle détient une part importante du capital).

Répondant aux accusations d'accaparement des terres en Afrique, Bill Gates a répondu que "bon nombre de ces accords étaient bénéfiques et qu'il serait dommage d'en bloquer certains à cause de l'approche particulière des sociétés occidentales" (vous remarquerez qu'une fois encore il n'est pas question des Africains).

Enfin, j'ai découvert que tout cela durait depuis bien longtemps. Dans la biographie brillante et caustique de Bono qui vient de paraître au Royaume-Uni (The Frontman : Bono, in the Name of Power), Harry Browne affirme que "depuis près de trente ans, Bono, en tant que personnalité publique, amplifie le discours des élites, défend des solutions inefficaces, fait la leçon aux pauvres et lèche les bottes des riches et des puissants". Son raisonnement est "un mélange habile de colonialisme commercial et missionnaire, dans lequel les pays pauvres ne sont qu'un défi que doivent relever les pays riches".

Browne accuse Bono d'être devenu "le visage compatissant de la technocratie mondiale", un homme qui, sans aucun mandat, s'est autoproclamé porte-parole de l'Afrique et a servi de "couverture humanitaire" aux responsables occidentaux. En présentant les pays occidentaux comme les sauveurs de l'Afrique sans parler des dégâts causés par le G8, il a affaibli les mouvements pour la justice et la transparence tout en apportant une légitimité au projet néolibéral.

Bono dit représenter "les plus pauvres et les plus vulnérables" mais après avoir discuté avec de nombreux militants des pays riches et pauvres depuis la publication de l'article de ONE, j'ai été frappé de voir que tous dénonçaient le même problème : Bono et ses pairs s'expriment au nom des Africains et occupent précisément leur espace politique. Puisque Bono est considéré comme le porte-parole des pauvres dans le monde, les pauvres ne sont pas invités à parler. Tout cela fonctionne à merveille. Sauf pour eux.

Un club de multimillionnaires

La campagne ONE ressemble à mes yeux au genre d'organisation tout droit sortie de l'imagination d'un John le Carré ou d'un Robert Harris.

Elle prétend œuvrer au nom des plus pauvres mais son conseil d'administration se compose essentiellement de multimillionnaires, de grands barons de l'industrie et de défenseurs de l'ordre américain. Vous y trouverez notamment Condoleeza Rice, l'ancienne secrétaire d'Etat de l'administration Bush qui avait promu avec zèle la guerre en Irak, autorisé les agents de la CIA à recourir à la torture et qui a joué la carte de l'intimidation pour obtenir le soutien de plus petites nations aux objectifs américains.

Vous y verrez également le nom de Larry Summers, ancien économiste en chef lors de la période d'ajustement structurel et qui, en tant que secrétaire au Trésor, a contribué à la déréglementation de Wall Street (avec toutes les joyeusetés que cela a entraîné pour la population). Il y aussi Howard Buffett, ancien membre du conseil d'administration du géant Archer Daniels Midland, de Coca-Cola ainsi que de ConAgra et Agro Tech, deux groupes agroalimentaires. 
Alors que l'Afrique est censée être au cœur de la campagne ONE, seuls deux de ses membres sont africains. L'un est un grand nom de la téléphonie mobile, l'autre est le ministre des Finances du Nigeria, ancien responsable de la Banque mondiale. Qui d'autre pourrait mieux représenter les plus pauvres ?

Lorsqu'une organisation ne cesse de répéter qu'elle possède un "ancrage local", ainsi que le font les représentants de ONE, il y a fort à parier que c'est exactement l'inverse. Cet éventail de multimillionnaires et de technocrates me semble être un condensé de puissance industrielle et américaine. 
Je trouve l'appel lancé par Bono la semaine dernière pour "plus de transparence" particulièrement indécent. Ainsi que le rappelle Harry Browne, la nébuleuse de sociétés autour de U2, les arrangements financiers du chanteur avec la campagne Product Red et ses investissements par le biais de sociétés de capitaux privés dont il est cofondateur sont tout sauf transparents. On ne s'étonnera même pas de voir que la justice fiscale ne figure pas parmi les objectifs de ONE. 
On raconte – bien que l'anecdote semble peu vraisemblable – que lors d'un concert à Glasgow, Bono aurait tapé dans ses mains en lançant à la foule : "A chaque fois que je tape dans mes mains, un enfant meurt en Afrique.” Ce à quoi un membre du public aurait répondu : "Ben putain, arrête de faire ça alors !" Un judicieux conseil. J'espère qu'il l'a entendu. 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:32

 Jean ORTIZ

 

Monsieur le ministre,

 

...Je vous ai écouté à France Inter puis à RMC, chez Jean Jacques Bourdin. Mal réveillé, j’ai cru entendre un dirigeant du Front national. J’ai même un moment pensé que, journaliste bien-pensant, vous interviewez le ministre de gauche J.J. Bourdin.

 

...Un peu d’eau fraîche sur le visage comme jadis le matin dans les "camps de concentration" d’Argelès, de Barcarès, où furent accueillis nos parents Républicains espagnols, et me voilà lucide.

 

...Non je ne rêvais pas. Il s’agit bien du ministre hollandien de l’Intérieur, Catalan naturalisé Français en 1982, et pas d’Albert Sarraut ni de Daladier, déjà ministres des barbelés "de gauche" dans les années 1930.

 

...Il y a en France environ 20.000 Roms, oui vous avez bien lu : "seulement" 20.000, mais si l’on en croit le ministre des "expulsions forcées" (dénoncées par l’agence moscoutaire Amnesty International), ils menacent la sécurité de notre pays, plus que le chômage, les huit millions et demi de pauvres, les coûts ravageurs de l’accumulation du capital, la "Françafrique", les ripoux en col blanc, les vampires du CAC40, les licencieurs boursiers....

 

Les Roms, les "voleurs de poules", voilà le danger, voilà le nouveau bouc-émissaire stigmatisé pour faire peur au "petit peuple", pour faire avaler l’austérité "de gauche", les trahisons, les reniements de ce gouvernement "caniche des Etats-Unis", un rôle que ne veulent même plus jouer les Anglais.

 

...Comme nous ne sommes pas aux Etats-Unis, on ne peut pas autoriser le port d’armes contre les Roms...Mais il y a des mots souvent aussi redoutables que les armes. Ecoutons le ministre "socialiste" tourner en rond : "Il est illusoire de penser que l’on règlera le problème (des Roms) par l’insertion". Pas besoin par conséquent de "stratégie d’intégration" comme le demande Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les Roms "ont vocation à retourner en Roumanie et en Bulgarie". Place donc aux pandores. Les Roms sont sans doute insolubles dans la civilisation... "Une majorité doivent être reconduits à la frontière"(M.Valls). Au nom de cette "libre circulation" garantie par les accords et traités européens ? Les Roms, c’est bien connu, sont réfractaires à "l’insertion", au droit à la santé, à l’éducation, au logement...Le ministre se flatte d’avoir démantelé 242 "campements" depuis le premier janvier 2013 ...11.982 migrants jetés à la rue et confrontés à une exclusion et une précarité redoublées. Rien ou si peu leur est proposé à la place.

 

"Etre de gauche" pour vous paraphraser Monsieur, ce n’est pas valser avec Guéant et Hortefeux, ce n’est pas être le chouchou de la droite pour des raisons carriéristes, c’est faire la chasse aux exploiteurs sans foi ni loi, à ceux qui "s’enrichissent en dormant", pas aux pauvres.

 

"Etre de gauche", c’est avoir un coeur solidaire ce n’est pas patauger dans les marécages pourris qui font le jeu du Front National nous resservir la "guerre des civilisations", c’est préférer Jaurès à ce Clémenceau que vous aimez tan,t
c’est être avec les communards contre Thiers et les Versaillais, c’est considérer que l’autre, "l’étranger", est un autre vous-même que vous n’existez que par lui.

 

Mais pour comprendre tout cela, Manolo, il faut être de gauche.

 

...Qu’escomptez-vous Manuel Valls ? Donner des gages à l’extrême-droite pour acquérir le statut de "présidentiable" ? A ce prix, vous vous déshonorez, et avec vous la fonction que vous occupez.

 

Jean Ortiz Hernandez Né en 1948 dans le Tarn,   est le fils d'un combattant républicain espagnol de la guerre d’Espagne, par la suite résistant dans l'Aveyron. Il fait des études supérieures à Montpellier et Toulouse.

Dans le Tarn et l'Aveyron, il participe aux grandes batailles ouvrières pour défendre le textile, la sidérurgie, la métallurgie, la mine… Après un séjour en Amérique latine en tant que journaliste de L'Humanité, il enseig dans ne  l'Aveyron le lot et Garonne et à Toulouse. Il est maître de conférence  de Conférences à l’Université de Pau, syndicaliste  universitaire adhérent au SNESUP, il travaille sur la République espagnole, l'anti-franquisme, les maquis, et sur le vingtième siècle latino-américain (les révolutions cubaine, vénézuélienne, bolivienne…).( Source Wikipédia)

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 14:17

 

En août 2012, le Conseil d'Etat avait confirmé l'annulation de l'élection cantonale partielle de juin-juillet qui avait vu le communiste Claude Gilardo, maire de Brignoles, l'emporter de seulement 13 voix face au candidat du FN, Jean-Paul Dispard.

 

Ce scrutin, marqué par une forte abstention de 66,65% (contre 56,86% et 61,89% lors des précédentes élections de 2011 et 2012), sonne comme un coup de semonce pour l'UMP et le PS à 150 jours des élections municipales.

 

Avec 40,4% des voix pour le candidat FN Laurent Lopez et 9,1% pour celui du "Parti de la France" Jean-Paul Dispard, l'extrême droite a nettement amélioré dimanche le score obtenu en 2011 puis en 2012 par le candidat frontiste (32,97% et 34,9% des voix).

 

La candidate UMP Catherine Delzers est arrivée en deuxième position avec 20,8% des voix, dans ce canton gagné par la gauche en 2012.

 

Le candidat du Parti communiste, Laurent Carratala, soutenu par le Parti socialiste, a obtenu 14,6% des voix, et la candidate d'Europe Ecologie Les Verts, Magda Igyarto-Arnoult, 8,9%.

 

Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait appelé à voter pour le candidat communiste, le PS ne présentant pas de candidat.

 

Sitôt le résultat connu dimanche soir, le Parti socialiste et le PCF ont  appelé à faire "barrage au FN" au second tour.

 

Point de vue personnel

 

Faire barrage au FN, après avoir fait barrage à la Droite c’est tout ce qui reste à la « gauche », désavouée par l’opinion,  en guise de programme . Qu’elle continue, elle est sur «  la bonne voie » et nous ( les exclus ou en voie de l’être et les couches moyennes inférieures), nous pataugeons chaque jour un peu plus dans la merde.

 

Il est de plus en plus nécessaire de prendre  la relève afin  d’ouvrir une perspective progressiste à Villiers comme ailleurs en remobilisant ceux qui se réfugient dans l’abstention ou pensent à tort que le vote Front National pourrait provoquer une réaction salutaire dont  les partis dits de gauche ne peuvent en l’état,bénéficier ; ils ne font,  d’ élection en élection,  que servir d’ascenseur à un dangereux extrémisme, pas seulement à l’initiative du Front National, qui a montré jusqu’à quelles

dérives  il pouvait se laisser aller, mais beaucoup trop  parmi les générations de l’après guerre ne veulent pas  le savoir.

 

Pas plus que le PS, le PCF le PG ne proposent de s’émanciper de la troïka, dont l’Union Européenne, pour retrouver notre souveraineté monétaire afin  regagner en compétitivité.

 

Qui plus est le PG recherche une alliance avec les verts, sans doute dans la perspective d’accélérer l’abandon du nucléaire civil  ce qui est un non sens économique.

                                            

J’ai cru un instant que nous nous étions émancipé de ces fadaises eh bien NON ça revient périodiquement comme le chien dent. Il y aura bientôt beaucoup de résultats électoraux identiques à celui de Brignoles.

 

L’Humain d’abord, cher au Front de gauche,  ne signifie rien si on ne précise pas ce qu’il y a derrière c'est-à-dire, au-delà des déclarations d’intentions, rien de concret qui permette de faire une  politique autre que celle d'austérité  mise en œuvre hier par la droite, aggravée aujourd’hui par le PS les verts et leurs alliés.


A poursuivre nous n’aurons bientôt d’autre alternative que de la boucler, la censure, le désinformation règnent déjà, ou d’entrer dans la clandestinité.

 

 

        Brignoles,suite, après le second tour

 

Négliger l'avertissement qui vient de Brignoles serait suicidaire. La « gauche» y a disparu !

 

                      Taux de participation en hausse (+ 12 %)   47,7 % selon les chiffres de la préfecture,

 

                                                   UMP                                               46,1 %

 

                                                Front national                                53,9 % soit 27,17 % des inscrits,

 

27,17% reportés au corps électoral national représente 11 411 400 suffrages.

 

A rapprocher des 24 % d'intentions de votes pour le Front national à l'occasion des prochaines élections européennes, la tendance est là, mais la courbe n'est pas encore asymptotique. (Une droite asymptote à une courbe est une droite telle que la distance de la courbe à la droite tend vers 0 lorsque l'abscisse ou l'ordonnée tend vers l'infini.).

 

Qui peut  oser dire "Continuons nous sommes sur la bonne voie"


  Souvenons-nous

 

Des démissions morales et politiques de même nature  qui ont conduit les SS à

 

Oradour sur Glane et Lidice,

 

 tous les ingrédients sont là : La Crise, l’austérité, la xénophobie

Construisons une alternative au libéralisme et à la politique du bouc émissaire

 

Les générations suivantes n’ont pas à faire repentance en notre nom.

 

 


Partager cet article
Repost0
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 17:26

Une lette article de Jean-Claude Lefort député Honoraire Fils d'un manouche  brigadiste, transmis par un ancien collègue.

 

 

Manuel, tu avais "vocation" à retourner en Espagne en 1982

 

 

Manuel, tu as déclaré hier soir sur BFM TV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé Français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu Français il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement de même que je comprends totalement ton souhait de devenir Français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms.

Celui qui t’écris, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et Français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme les armes à la main dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que 9 ans et ma sœur 18.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à 16 ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leurs pays d’origine, ces « Etrangers et nos frères pourtant »...

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député je suis allé à Bruxelles auprès de la Commission pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figures- toi.

Et aujourd’hui dans ces pays la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien : aggravée. Et ils ont « vocation » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures ? C’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant.

Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. A juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche on n’a pas la matraque en guise de cœur.

C’est un Français d’origine manouche qui t’écris et qui écris au Français de fraiche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t-en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».

Pour l’heure Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers et nos frères pourtant. »

 

                                                                                                                                                 Le 1 octobre 2013

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 08:52

guy_mollet_francois_hollande.jpg

 

Par Bruno Guigue

 

En 1956, le socialiste Guy Mollet mena contre l’Egypte nassérienne une désastreuse expédition militaire. En 1991, François Mitterrand participa à la coalition internationale contre l’Irak. En 2013, François Hollande rêve de bombarder la Syrie de Bachar Al-Assad. Cette remarquable continuité en dit long sur l’acharnement des socialistes français à combattre le nationalisme arabe, l’une des rares forces politiques de la région à n’avoir jamais pactisé avec Israël.

Résolument moderniste, le régime nassérien entendait assurer le développement de l’Egypte en recouvrant sa souveraineté sur le canal de Suez. Cette nationalisation déchaîna les foudres de la Grande-Bretagne, menacée dans ses intérêts économiques. Ulcérée par le soutien de Nasser au FLN algérien, la France emboîta le pas à son allié britannique. Avant-garde occidentale au cœur du Proche-Orient, Israël, enfin, voulait liquider la résistance palestinienne à Gaza.

La guerre de Suez est née de cette connivence entre les deux puissances européennes et leur clone israélien. Unies par un pacte secret, les trois Etats attaquèrent l’Egypte par surprise, déchaînant leur puissance conjuguée contre une jeune nation à peine sortie du carcan colonial. Militairement victorieux, mais sans gloire, ils subirent un échec retentissant lorsque les Etats-Unis et l’URSS leur intimèrent l’ordre de rapatrier leurs troupes.

Outre le fiasco de l’expédition de Suez, l’héritage socialiste de Guy Mollet, c’est aussi la guerre d’Algérie avec son sinistre cortège (le bourrage des urnes, l’envoi du contingent et la banalisation de la torture). Défenseurs jusqu’au bout d’un empire condamné par l’histoire, les socialistes français ne parviendront jamais à se défaire de ce tropisme colonial. Dans leur vision du monde, l’Occident est le dépositaire de l’universel et la colonisation un généreux tutorat bénéficiant à des peuples attardés.

C’est pourquoi ils ont toujours été les chantres passionnés de l’aventure israélienne : l’Etat d’Israël est leur alter ego colonial. Cet Etat est le seul de la planète qui colonise ouvertement en violation du droit international. Mais ses dirigeants sont reçus à Paris avec les honneurs. Lorsque l’armée d’occupation bombarde Gaza, en novembre 2012, Laurent Fabius incrimine la résistance palestinienne. Et si l’Elysée se montre intraitable à l’égard de Damas, il trouve toujours des circonstances atténuantes aux crimes sionistes.

La diplomatie française se réclame volontiers d’une morale humaniste, mais elle l’applique de façon sélective. Atteinte du syndrome des « deux poids, deux mesures », elle ne convainc que les convaincus. Ainsi l’utilisation présumée du gaz de combat en Syrie est un crime abominable, passible d’une sanction exemplaire, mais on ne dit pas un mot lorsque l’armée d’occupation israélienne assassine les enfants de Gaza en utilisant des bombes au phosphore.

Que les socialistes français mesurent leur responsabilité historique : parti colonial sous la 4ème République, la SFIO est devenue le parti belliciste sous la 5ème. Pour quel résultat ? En jouant le rôle ingrat du boutefeu refroidi (à la dernière minute), la présidence française s’est ridiculisée. Même les opposants au régime syrien ne lui montreront aucune reconnaissance, puisque Paris a dû faire machine arrière, le petit doigt sur la couture du pantalon, à l’instant même où les Américains l’ont décidé.

Inféodée à Washington jusqu’à la caricature, complice du colonialisme israélien, hostile à toute résistance arabe, complaisante à l’égard des dynasties obscurantistes, alliée objective d’Al-Qaida : telle est la politique proche-orientale de François Hollande. Comme sous Guy Mollet, l’invocation sélective de nobles principes, la posture du redresseur de torts, le recours tonitruant à l’intimidation militaire et le mépris pour la légalité internationale tiennent lieu de diplomatie.

Et pourtant, la frustration de la nation syrienne, à l’origine de la conquête du pouvoir par les militaires baasistes, est le fruit de la politique française durant la période mandataire (1920-1946) : amputations territoriales, refus de l’autodétermination nationale, morcellement politique sur une base ethno-confessionnelle. Les conseillers de l’Elysée ignorent sans doute que c’est l’armée française qui a écrasé la révolte arabe à Meyssaloun en 1920 et bombardé Damas en 1925.

Ils feignent de méconnaitre la profondeur des blessures infligées au Proche-Orient arabe par les manipulations dont les puissances occidentales, complices de l’envahisseur israélien, se sont rendues coupables. Ils s’imaginent que l’on peut donner des leçons à ceux que l’on a floués durant des décennies, comme si « la patrie des droits de l’homme », compte tenu de son passé colonial, était habilitée à distribuer des certificats de bonne conduite aux autres nations.

Les Etats arabes issus de la décolonisation sont jeunes, fragiles, en quête d’une stabilité que l’expansion israélienne, l’avidité pétrolière et les interventions militaires occidentales ont mise en péril. La véritable menace qui pèse sur le Proche-Orient, ce n’est pas le régime de Damas, mais l’implosion communautaire dont la guerre civile syrienne est le banc d’essai, au bénéfice des deux entités qui ont intérêt à cette fragmentation : Israël et les pétromonarchies.

Les millions de dollars versés aux factions jihadistes par le nouvel ami de la France, le Qatar, sont autant de bûches jetées dans ce brasier. Comme sous la 4ème République, les socialistes misent sur la diabolisation du nationalisme arabe pour déblayer le terrain en faveur d’Israël. Décidés à liquider le dernier régime laïc du Proche-Orient avec l’aide d’Al-Qaida, les socialistes sont prêts à jeter la France dans une guerre absurde pour perpétuer le rapt sioniste et son frère jumeau, le parasitisme wahabite.

En 1956, Guy Mollet voulait écraser le FLN et humilier Nasser, ennemi d’Israël. Le raïs égyptien a tiré de cette calamiteuse expédition un prestige inégalé, le FLN a arraché l’indépendance de l’Algérie et la SFIO a fini à 5% des voix aux élections. Manifestement, les socialistes n’ont tiré aucune leçon de ce fiasco inaugural qui marqua leur entrée dans l’arène internationale. Et ils oublient qu’à voir le Proche-Orient avec des lunettes israéliennes, on finit par ne plus rien voir du tout.

 

Bruno Guigue

Normalien, énarque, aujourd'hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont "Aux origines du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident (L'Harmattan, 2002).

 

Source : Oumma.com

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 17:42
L’histoire de la CGT est traversée par un bras de fer continu entre réformistes et révolutionnaires

par  auteurs à lire

 

Partie I - Certains ont peut-être encore en mémoire cette image incroyable de Bernard Thibault ovationné et accueilli debout par les congressistes du PS en 2003, alors que l’intervenant à la tribune, Cambadélis, était obligé de s’interrompre. Plus tard, en mars 2005, dans le cadre de la campagne du référendum, le même, alors qu’il s’était positionné ouvertement pour le oui avec la majorité de la direction de la CGT, est invité par la 2ème chaîne pour une étrange interview au soir d’importantes manifestations. La télévision nationale lui ouvre une émission spéciale de 10 minutes, à une heure de grande écoute (juste après le journal de 20 heures), ce qui est un accueil inhabituel pour le représentant d’un syndicat de lutte anticapitaliste, mais qui l’est certainement moins pour un syndicaliste de "proposition". Désormais enlisée dans la CES, à l’instar du PCF devenu PGE, on peut dire que la CGT est sous perfusion des réformistes et de l’Union européenne. La situation est-elle catastrophique ? On peut en avoir l’impression, au sortir d’une longue période au cours de laquelle les révolutionnaires ont fortement influencé le syndicat. Mais la situation est loin d’être désespérée, car il semble aujourd’hui encore, que beaucoup de syndicats de base restent fortement ancrés aux principes qui ont forgé la CGT, dont la lutte des classes. D’ailleurs à y regarder de plus près, l’existence de la CGT n’a jamais été un long fleuve tranquille, et les rapports de force entre révolutionnaires et réformistes ont constamment bougé en fonction de l’évolution de la société et des partis politiques.

A ce sujet, j’ai redécouvert récemment un ouvrage intitulé "Le syndicalisme de classe", paru en 1987 aux défuntes éditions sociales et écrit par Jean Magniadas, docteur en sciences économiques, membre de la commission exécutive de la CGT et directeur du Centre d’études économiques et sociales. Dans cette étude l’auteur présente, entre autres, une brève histoire du syndicat qui montre que les rapports entre réformistes et révolutionnaires ont toujours été un bras de fer continu ; c’est cette partie qui est publiée ci-dessous.

                                                                                                                                                   PB

Une histoire complexe et passionnante

Inséparable de celle de la formation sociale où elle se constitue, qui lui donne ses spécificités, le syndicat a une histoire [1]. Elle est à la fois complexe et passionnante, à l’image des luttes de classe en France.

Les spécificités du syndicalisme français ne manquent pas. Elles se forment très tôt et se dessinent avant même que se crée, en 1895, la CGT. Aboutissement d’un complexe processus de fédéralisation sur le plan professionnel et sur le plan local, sa création est un événement d’une grande importance sociale. La classe ouvrière dispose désormais d’un centre national interprofessionnel pour la coordination et l’animation de ses luttes. Tous les syndicats et unions n’adhèrent pas immédiatement à la nouvelle confédération, mais le mouvement est lancé. C’est une étape tout-à-fait essentielle. Une nouvelle période s’ouvre : le début d’une histoire qui se confond avec celle des luttes de classes en France.

 

Premières tentatives


La création de la CGT a été précédée d’affrontements, conséquences de luttes politiques, qui ont leur reflet dans bien des domaines, y compris dans la centrale.

 

Un premier essai de regroupement syndical à l’échelle nationale avait été tenté par le Congrès socialiste de Lyon de 1886 à l’initiative de syndicalistes « modérés » et de disciples de Jules Guesde, animateur avec Paul Lafargues, du Parti ouvrier français (POF), et donna naissance à la Fédération nationale des syndicats. Celle-ci avait permis de déjouer une tentative de captation des syndicats pour le compte de la bourgeoisie républicaine. Mais la Fédération ne réussit pas à survivre. La conception sectaire d’un syndicalisme étroitement subordonné aux orientations du POF, fut refusée par un grand nombre de militants. Les pratiques autoritaires à l’intérieur de l’organisation et les attaques de l’extérieur des autres groupes socialistes, et surtout des anarchistes, conduisirent à son rapide affaiblissement. On lui doit sûrement d’avoir contribué au développement de la conscience de classe des militants et aussi l’initiative du 1er mai et de la lutte pour les « huit heures ». Au-delà même des limites des conceptions de ses inspirateurs, de leur compréhension mécaniste des rapports partis-syndicats, cet échec tient aussi à ce que l’horizon local et corporatiste l’emportait encore sur le niveau national.

 

Créée en 1892, la Fédération nationale des bourses du travail va concurrencer la Fédération des syndicats. Son principal animateur, F. Pelloutier, ne cachait pas que si elle représentait une exigence d’unité syndicale, elle traduisait une volonté explicite, du moins chez ses fondateurs [2], de faire face à la Fédération des syndicats d’inspiration guesdiste. La Fédération des bourses, s’appuyant sur la structure vivante et simple des bourses, connut un assez rapide développement. Les aspirations à une unité plus complète demeuraient malgré les rivalités très vives. Les deux fédérations acceptèrent de demander aux syndicats nantais de réunir leur congrès en un seul. Ce fut le Congrès de Nantes (1894), qui, en fait, renouvela et même aiguisa les affrontements entre les deux organisations. Cependant, il en sortit un Conseil national ouvrier dont la principale initiative fut de convoquer le Congrès de Limoges (1895) qui donna naissance à la CGT. Il fallut attendre sept années encore pour que l’unification soit vraiment réalisée et que la Confédération commence à assumer réellement sa fonction de coordinateur et d’animateur des luttes.

 

L’anarcho-syndicalisme


On le voit, dès ses origines, le syndicalisme comportait dans ses rangs des militants appartenant à des courants politiques et idéologiques différents, voire opposés, qui se réclamaient de l’une ou l’autre des écoles du socialisme, de l’anarchie ou de l’apolitisme. En prenant plus d’importance, les syndicats devinrent un enjeu pour les groupes politiques qui entendaient gagner la classe ouvrière, et dont la CGT influençait la partie la plus avancée.

 

Les anarchistes imposèrent leur hégémonie à la Confédération et donnèrent naissance à ce que l’on appelle « l’anarcho-syndicalisme » ou « le syndicalisme révolutionnaire », qui n’excluait pas l’existence d’autres courants : réformistes, positivistes, allemanistes, guesdistes, vaillantistes. C’est par la Fédération des bourses que les anarchistes firent pour l’essentiel la conquête de la CGT [3]. Ils s’appuyèrent surtout sur le contrôle des petits syndicats plus facilement influençables.

 

Plus fondamentalement, l’anarcho-syndicalisme s’ancre dans des conditions économiques et idéologiques qui sont celles du retard et de la lenteur de la révolution industrielle dans notre pays, de la prédominance de la petite industrie, d’une activité qui est souvent encore plus proche des métiers que de la grande industrie. Il correspond à une mentalité proche de celle des compagnons. Son influence résulte aussi de la division des écoles socialistes, de la dérive opportuniste et de la faillite que constitua la participation du socialiste Millerand au ministère Waldeck-Rousseau, de la trahison de Briand qui provoqua un rejet des politiciens que les anarchistes surent habilement utiliser.

 

L’idéologie anarchiste conjugue simplisme et radicalisme. Elle prône la grève générale, déjà popularisée dans le mouvement syndical par Pelloutier et Briand, l’anti-autoritarisme, l’antiparlementarisme, l’antimilitarisme et l’action directe – opposée à la démarche parlementaire et aux délégations de pouvoir –, le sabotage, l’utilisation du boycott ou de son contraire, le label [4]. Elle s’oppose aux groupes politiques puis au Parti socialiste après l’unification de 1905, avec l’idée, plus ou moins explicitement affirmée, que le syndicat suffit à tout, qu’il est, lui-même, le seul et vrai parti ouvrier. Cette idéologie, si elle s’attaque à la bourgeoisie, rétrécit considérablement les bases du syndicat. Cela n’empêcha pas la CGT d’organiser des luttes contre la vie chère, pour les huit heures, contre les bureaux de placement et les expulsions de locataires. Menacée de dissolution, elle poursuivit son action et imposa des reculs au patronat et certaines avancées sociales : loi sur les accidents du travail en 1898, ébauche d’une législation sur les retraites.

 

La Charte d’Amiens


Le Congrès confédéral d’Amiens (1906) est, à juste titre, représentatif des conceptions dominantes dans la CGT. La résolution générale du congrès, ultérieurement connue sous le nom de Charte d’Amiens, en offre une représentation synthétique. Elle marquera comme référence historique la plupart des grands débats ultérieurs dans la CGT, s’agissant notamment des rapports du mouvement syndical aux partis politiques. En 1906, elle traduit la nécessité pour la CGT d’affirmer son identité dans un contexte où s’exerce la pression répressive de l’Etat et face à un Parti socialiste qui vient de s’unifier et dont le groupe dirigeant de la CGT redoute l’intervention.

 

La Charte d’Amiens est un tout où la lutte des classes est clairement affirmée. Elle a certes ses limites et ses faiblesses, elle n’échappe pas à l’étroitesse ; mais elle doit avant tout être située dans son époque [5]. FO la revendique et en donne une lecture particulièrement abusive (oublieuse de la lutte de classe), cherchant à en faire un fondement doctrinal de son anticommunisme et de son anticégétisme, de l’apolitisme qu’elle utilise comme mythe et surtout comme paravent idéologique de ses pratiques réformistes. En quête d’une légitimité historique qu’elle ne peut pas trouver dans ses origines, la CFDT a longtemps cherché, en se réclamant de Pelloutier [6] et de la résolution d’Amiens, une filiation avec le syndicalisme révolutionnaire.

 

Comme l’observe l’historienne Germaine Willard : « Dans un cadre chronologique précis, la Charte d’Amiens permet d’appréhender les aspects contradictoires d’un mouvement en développement. Elle révèle, sur fond de proudhonisme latent, l’anti-autoritarisme, le spontanéisme, le volontarisme qui tiennent souvent lieu d’analyse et de réflexion doctrinale. Mais en même temps, elle appelle à construire un syndicalisme de luttes de classe, d’esprit révolutionnaire, position là aussi originale face au réformisme des syndicats anglais, américains et même allemands d’alors » [7].

Il s’agit là d’un point essentiel de l’apport du syndicalisme révolutionnaire du début du siècle, qui doit être souligné. Ce dernier aspect mérite particulièrement l’attention, car une utilisation manœuvrière de la Charte d’Amiens, notamment par les syndicats réformistes, a surtout consisté à oublier l’affirmation de la lutte de classe en opposition aux tendances à l’opportunisme dans le mouvement ouvrier.

 

Malgré son adoption à une majorité très large et composite, la Charte d’Amiens ne suffira pas à assurer la solidité et la cohésion des positions de la CGT. Dans les années qui suivent, on assiste à des progrès du réformisme dans ses rangs en même temps qu’à une évolution de certains anarcho-syndicalistes traduisant une rupture avec la phraséologie révolutionnaire et la spontanéité, et un intérêt plus sérieux pour les problèmes économiques. Ce second mouvement se cristallisera autour de La Vie Ouvrière, créée en 1909 par un groupe de syndicalistes, dont Pierre Monate (1881-1960), l’un des animateurs du courant de lutte de classe dans la CGT aux lendemains de la première Guerre mondiale.

 

De 1914 à 1947 : une histoire mouvementée


 Les conséquences de la guerre de 1914-1918


Depuis 1904, la CGT s’est fortement engagée dans la lutte contre la guerre. La tourmente de 1914-1918 révèle la faiblesse de son idéologie et de ses pratiques, celle de son groupe dirigeant qui, Jouhaux en tête, aux lendemains mêmes de l’assassinat de Jean Jaurès, s’enfonce dans cette forme de collaboration de classes que constitue l’Union sacrée. Seule une minorité, autour de la Fédération des métaux et du groupe de la « Vie Ouvrière », s’en distingue et combat les options de Jouhaux et du groupe dirigeant.

 

Devant l’opposition grandissante à l’Union sacrée à l’intérieur du Parti socialiste et de la CGT, leurs directions, toutes deux ralliées à l’Union sacrée, se rapprochent et des liens étroits se tissent entre la direction de droite du PS et l’état-major de la CGT.

 

Symbole de la collaboration que les dirigeants de la CGT apportent au gouvernement, Jouhaux entre au Comité de secours national et devient, en septembre 1914, délégué à la Nation pour « soutenir le moral du pays et l’effort de guerre ». La guerre s’accompagne d’une aggravation des conditions d’existence des salariés. Elle désorganise le mouvement syndical : de nombreux militants sont mobilisés, beaucoup meurent au combat, la répression se déploie, la censure réduit le droit d’expression... Mais les mouvements revendicatifs reprennent assez tôt et s’amplifient, imposant des concessions au patronat et au gouvernement. La révolution d’Octobre suscite un intérêt grandissant parmi les militants des syndicats et, au fur et à mesure qu’elle est mieux connue en France, exerce une attraction favorable à la mise en mouvement des masses.

 

Après l’armistice, les pays capitalistes connaissent de grands mouvements grévistes. C’est la conséquence de l’hécatombe de la guerre et des souffrances accumulées. En 1919, les grèves atteignent en France leur point culminant. Elles ont pour objectif l’augmentation des salaires, la réduction de la journée de travail. Les syndicats recrutent massivement. Mais la direction réformiste de la CGT manœuvre pour s’emparer de la direction de ces mouvements. Elle met en œuvre une stratégie qui conduira à leur échec. Son activité avait suscité déjà, pendant la période antérieure, une opposition qui va grandir particulièrement parmi les nouveaux militants, d’autant que les pratiques des dirigeants confédéraux et des militants qui les suivent suscitent une réprobation qui s’élargit.

 

— L’exclusion des révolutionnaires

 

Partisans de la lutte des classes, les minoritaires s’organisent et gagnent en influence dans les congrès confédéraux, dans les fédérations et, plus encore, dans les unions départementales qui sont plus sensibles aux réactions de la base. Après le Congrès confédéral de 1920 à Orléans, la minorité crée les Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR). Ils rallient à l’intérieur de la CGT tous les partisans du syndicalisme de lutte de classe. A cette initiative, la direction confédérale réformiste riposte vigoureusement en recommandant implicitement l’exclusion des minoritaires. Elle reconnaît une organisation dissidente née de la scission de la Fédération des cheminots, après que celle-ci soit démocratiquement passée à la minorité et soit devenue pour celle-ci un bastion avec des dirigeants de grande envergure (Gaston Monmousseau, Lucien Midol, Pierre Sémard). Elle exclut aussi les militants et les organisations minoritaires.

C’est dans ce contexte que s’ouvre le Congrès confédéral de Lille, en Juillet 1921, qui se conclut par un nouveau progrès de la minorité. La victoire de celle-ci ne fait plus de doute dans un proche avenir. Elle obtient 1325 voix contre 1572 à la majorité et il y a 66 abstentions lors du vote de la motion d’orientation qui décide pratiquement de l’exclusion des organisations minoritaires.

 

Bien que, pour sauvegarder l’unité, la minorité ait décidé que les syndicats qu’elle anime se retirent des CSR, la direction confédérale maintient sa décision. La scission est bientôt consommée. Elle met fin à l’unité syndicale qui avait vu cohabiter pendant un quart de siècle, non sans tensions ni luttes internes, des militants d’opinions très différentes. La scission est en rapport direct avec l’aggravation de la lutte de classe dont il existe dans cet immédiat après-guerre bien des manifestations. Parmi celles-ci, la réorganisation des forces sociales de la bourgeoisie qui, au cours de 1919, constitue la CGPF (Confédération générale du patronat français), ou bien encore la création, également en 1919, de la CFTC qui, dans l’esprit de ses créateurs, est destinée à faire pièce au mouvement révolutionnaire.

 

La scission signifie, de la part des réformistes, un refus de la démocratie syndicale, position singulièrement grave pour l’unité ultérieure, puisqu’elle indique que les majoritaires n’accepteront pas le jeu démocratique dès lors qu’il risque de les conduire à devenir minoritaires. Situation qui se reproduira en 1947. Dans la CGT demeurent aussi des militants qui, tout en ne partageant pas les options de la minorité exclue, n’acceptent pas cependant la scission comme un fait définitif et qui, ultérieurement, militeront activement pour la réunification de la CGT.

 

— Création de la CGTU, puis la CGT se réunifie

 

Les minoritaires, qui sont loin de former un bloc homogène, vont constituer la CGTU (Confédération générale du travail unitaire) lors du Congrès de Saint-Etienne en juin-juillet 1922. L’intitulé de la centrale montre bien qu’elle ne renonce pas à l’unité syndicale. Le mouvement ouvrier entre dans une phase de repli parallèle à une offensive patronale cherchant à profiter de cet affaiblissement qui se manifeste par une réduction du nombre de grèves de 1924 à 1927. En 1928 et 1930, on observe une remontée des mouvements, mais ils se soldent le plus souvent par des échecs jusque dans le début des années 1930 où ils obtiendront certains résultats.

 

La crise rend l’action plus difficile, tout particulièrement pour les militants de la CGTU, surtout implantée dans l’industrie et directement exposée à la montée du chômage et à la réorganisation du capital. Les pratiques unitaires vont se développer dans l’action, jusqu’au point de rendre l’unité inévitable [8], et permettre la riposte antifasciste de février 1934, le succès de la grève générale qui conduiront au Front populaire et à l’unité syndicale.

 

Après sept mois de pourparlers, en septembre 1935, les congrès de la CGT et de la CGTU, réunis aux mêmes dates, tiennent une séance commune. La voie est définitivement ouverte au congrès d’unité de mars 1936. Pour faciliter l’unité, les minoritaires acceptent le rejet des tendances organisées et s’inclinent devant la décision du congrès déclarant incompatibles le mandat de membre du Bureau confédéral et l’appartenance à l’organisme directeur d’un parti politique. Ils acceptent aussi le maintien de l’affiliation de la CGT à la Fédération internationale des syndicats (FSI), alors qu’ils préconisaient l’autonomie pour contribuer au rapprochement de la FSI et de l’Internationale des syndicats rouges (ISR).

 

Le préambule que les deux délégations inscrivent dans les statuts de la CGT comporte les principes fondateurs du syndicalisme démocratique de classe et de masse. Ils figurent aujourd’hui encore dans les statuts de la CGT.

La CGTU disparaît. Son action n’a sans doute pas été exempte d’erreurs et son histoire reste largement à faire. Elle a eu d’indiscutables mérites, tout particulièrement celui de maintenir bien vivant le syndicalisme de classe, dans ses différentes dimensions, de contribuer à former des dirigeants et des militants syndicaux qui vont jouer un rôle essentiel dans la CGT réunifiée et dans l’émergence d’une pratique et d’une conception du syndicalisme qui ne se concrétiseront pleinement qu’ultérieurement. Parmi eux, venu de l’anarchosyndicalisme, Gaston Monmousseau (1883-1960), qui fut secrétaire général de la CGTU [9].

 

— Le Front populaire et la contre-offensive de la bourgeoisie

 

La CGT réunifiée prend une place décisive dans les grèves massives et les occupations d’usine qui suivent la victoire du Front populaire [10]. Le mouvement gréviste, d’une force inédite, conduit à des résultats sans précédent, aux accords de Matignon, aux nouvelles lois sociales, aux conventions collectives, aux quarante heures, aux congés payés et aux délégués d’ateliers. Les travailleurs affluent dans les syndicats de la CGT qui groupent, en 1937, 5 millions d’adhérents.

 

L’apport de 1936 ne se limite pas aux résultats revendicatifs, il empêche la réorganisation de type fasciste projetée et voulue par la bourgeoisie française. L’ampleur du mouvement et la syndicalisation de masse permettent à un très grand nombre de travailleurs de mesurer la réalité de leur force sociale. La conscience de classe a grandi et 1936 se réfléchira dans la mémoire de la classe ouvrière, des salariés, non sans une certaine idéalisation qui en gomme, sans doute, les contradictions et les limites, pour n’en retenir que les acquis sociaux et la démonstration de la puissance des travailleurs.

 

La politique que met en œuvre le gouvernement Blum contient elle-même les éléments de la désagrégation du Front populaire, l’amoindrissement sinon l’effacement d’une partie de ses acquis sociaux. Elle peut se caractériser par la sous-estimation des problèmes financiers et le refus de s’attaquer au capital, de le taxer, d’organiser le contrôle des capitaux et du crédit, tous objectifs pourtant inscrits au programme du Front populaire. Elle est ainsi contradictoire aux possibilités fournies par la création de pouvoir d’achat et s’inscrit finalement dans la logique du capital. Elle va ouvrir la voie à un processus de régression et d’attaques contre la classe ouvrière qui s’accélèrera quand le gouvernement Daladier, puis celui de Paul Reynaud viendront aux affaires.

 

La bourgeoisie est à la contre-offensive. La classe ouvrière répond par des grèves et des manifestations. C’est cependant dans de très mauvaises conditions que se développe la riposte, freinée par les atermoiements, les lenteurs des dirigeants majoritaires de la CGT, qui permettent au gouvernement et au patronat de prendre des mesures pour en diminuer l’impact. Ainsi en sera-t-il quand le Bureau confédéral de la CGT, dominé par Jouhaux et ses amis, met en application la décision, dont le mandat lui avait été donné par le Congrès de Nantes, d’organiser la riposte aux décrets-lois de Paul Reynaud. Sans être un échec absolu, la grève du 30 novembre 1938 n’a pas l’envergure nécessaire pour atteindre ses objectifs, ce dont profite le patronat pour accentuer la répression.

 

— L’anticommunisme et la deuxième guerre mondiale

 

Les conditions dans lesquelles a été préparée et menée la grève de novembre 1938 révèle l’existence, au sein même de la Confédération, d’un groupe scissionniste animé par Belin, l’un des secrétaires de la CGT, et organisé autour du journal fractionnel Syndicats. Ce journal, violemment anticommuniste, abrite ses visées de collaboration de classe derrière une pseudo-défense de l’indépendance syndicale et sous le masque de la fidélité aux idées de la Charte d’Amiens.

 

Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 est le prétexte à l’exclusion des communistes du Bureau confédéral et de la Commission administrative. Le gouvernement complète l’opération de la scission confédérale, décidée par les majoritaires, en procédant à la dissolution des syndicats dirigés par les communistes (plus de six cents). Arrêtés, traqués, internés, ceux-ci deviendront pour la plupart des cadres de la Résistance, sous la direction de Benoît Frachon. Un grand nombre paieront de leur vie leur participation à ces combats, leur attachement à la lutte de classe et à l’indépendance nationale.

 

S’inscrivant dans une ligne de collaboration de classe et de complaisance envers la capitulation, le Comité confédéral national (CCN) du 20 juillet 1940 renonce à l’article premier des statuts qui assignait comme but à la CGT « l’abolition du salariat et du patronat » et lance l’idée d’une communauté française du travail. La CGT est dissoute le 9 avril 1940, tandis que Belin, le leader de Syndicats, passe du secrétariat de la CGT au ministère de la Production industrielle. Ses amis s’enfoncent dans le soutien à Vichy et dans la collaboration. Un certain nombre des anciens majoritaires adoptent une attitude passive, attentiste, au moins jusqu’à Stalingrad. D’autres s’engagent activement dans la Résistance.

 

Une fois encore, c’est dans la lutte, cette fois-ci dans les conditions difficiles et dangereuses de l’occupation [11], par les accords du Perreux (17 avril 1943) [12], que l’unité syndicale se reconstitue. Respectant le programme qui était celui de la CGT au Congrès de Nantes, le Bureau confédéral est composé de cinq représentants de la majorité et de trois de la minorité [13]. La CGT est partie prenante au Conseil national de la Résistance où la représente Louis Saillant [14] ; elle désigne cinq délégués [15] pour siéger à l’Assemblée consultative d’Alger.

— La Libération

Le 18 août 1944, la CGT donne l’ordre de grève générale dans un appel commun avec la CFTC qui est, elle aussi, représentée au CNR. La France est bientôt libérée. La CGT se reconstitue officiellement. Elle dispose d’une large audience. En tant que classe sociale, le patronat, qui a collaboré étroitement avec l’occupant nazi, sort discrédité de la période de la guerre et de l’occupation.

 

La lutte pour le relèvement économique du pays, pour les salaires et la satisfaction des autres besoins sociaux, pour des réformes structurelles démocratiques sont les tâches que s’assigne la CGT. Elle soutient activement le programme du Conseil national de la Résistance à l’élaboration duquel elle a largement contribué ; elle exige des nationalisations industrielles et bancaires.

 

Le CCN des 4 et 5 septembre 1946 désigne deux secrétaires généraux : Benoît Frachon et Léon Jouhaux. Ces décisions sont confirmées par le premier congrès (8 au 12 avril 1946) qui suit la Libération. Il procède à des modifications des structures de la CGT, la proportionnelle intégrale est instituée, le cumul des fonctions de membre du Bureau confédéral et de parlementaire est interdit. Contrairement aux statuts de 1936, l’appartenance des membres du Bureau aux organismes directeurs d’un parti politique est désormais autorisée.

 

Outre les deux secrétaires généraux, le Bureau comprend onze autres membres. Sur les treize membres, six sont membres du PCF, ce qui est loin de correspondre à l’influence réelle de l’ancien courant unitaire, dans lequel se situent les communistes, qui, au congrès, recueille 80% des voix. Mais la volonté explicite des unitaires est de faire une large place aux nouveaux minoritaires dans la direction confédérale et de leur assurer toute leur place dans la CGT.

En 1946, la CGT compte 6 millions d’adhérents. D’important succès vont être obtenus : l’instauration de la Sécurité sociale, la nationalisation des usines Renault, des Charbonnages, des compagnies d’électricité et du gaz qui donnent naissance à EDF-GDF, celle des quatre grandes banques de dépôt et d’un certain nombre de compagnies d’assurances, la création des comités d’entreprise...

 

Tenu à une certaine discrétion aux lendemains de la Libération, le patronat relève pourtant la tête. La grande bourgeoisie entend bien stopper le processus de démocratisation et même l’inverser à son profit. Le patronat se refuse à signer des conventions collectives, freine le relèvement national. La majorité du gouvernement ne riposte pas fermement à cette entreprise. L’inflation ronge les améliorations de salaires, les conditions de travail se détériorent. Le mécontentement populaire grandit. L’année 1947 est l’une des plus difficiles de l’après-guerre. La pénurie alimentaire se conjugue avec la hausse des prix. Le gouvernement est de plus en plus sensible à la pression des USA qui veulent, au moyen du plan Marshall, renforcer leur hégémonie sur les pays européens affaiblis par la guerre.

 

La scission de 1947


A l’intérieur de la CGT, les minoritaires s’organisent en fraction autour du journal Force ouvrière qui exprime les vues de la minorité qui se groupe autour de Jouhaux et de Bothereau. En recourant à la démagogie, ils tentent d’abord d’utiliser le mécontentement réel que provoque la situation économique et sociale pour l’orienter contre les majoritaires.

 

C’est dans les PTT que dès 1946, une première scission porte atteinte à l’unité de la CGT et bientôt aussi chez les cheminots. Après avoir tenté de radicaliser certaines luttes, les minoritaires essaient ensuite de les freiner. En novembre 1947, alors qu’un puissant mouvement gréviste se développe, les dirigeants de la fraction FO entament des pourparlers avec le gouvernement, en particulier avec Daniel Mayer, ministre socialiste du Travail, et avec le patronat. Ils lancent le mot d’ordre inconsidéré de reprise du travail.

 

Après avoir hésité entre une stratégie de reconquête de la CGT et la scission, devant l’impossibilité de faire partager leurs vues à la masse des adhérents de la CGT, Jouhaux et ses amis choisissent, une fois de plus, la scission. Celle-ci bénéficie de l’appui du Parti socialiste [16], même si, loin s’en faut, elle n’entraîne pas tous les socialistes militants de la CGT. Les scissionnistes reçoivent d’importants subsides financiers. L’AFL, centrale américaine qui avait déjà soutenu les opérations scissionnistes partielles de 1946, subventionne directement la scission [17]. En France même, Daniel Mayer lui attribue une subvention de 40 millions de francs. Les centrales anglaises, belges, contribuent également à soutenir financièrement l’opération de division du mouvement syndical français.

 

Mais celle-ci est condamnée par des dirigeants et des militants qui avaient appartenu ou étaient proches du courant minoritaire, mais qui restaient profondément attachés à l’unité syndicale, tels Edouard Ehni, secrétaire général de la puissante Fédération du Livre, Alain Le Léap, secrétaire général de l’UGFF (Union générale des fédérations de fonctionnaires), Louis Saillant, secrétaire de la CGT, Forgues, secrétaire général de l’UD de Haute-Garonne, Pierre Lebrun qui, avant d’être secrétaire de la CGT, avait été un proche collaborateur de Jouhaux et appartenait avant la guerre au Parti radical de Camille Pelletan, Lucien Jayat des services publics, Jacques Marion de la Fédération du spectacle, d’autres encore. La Fédération du Livre et celle de l’Education nationale, dont les dirigeants appartenaient à l’état-major de la fraction FO, décident pour la première, et à l’issue d’un référendum, de rester à la CGT, pour la seconde de passer à l’autonomie.

 

A la suite de la démission de Jouhaux et de quatre autres secrétaires confédéraux passés à FO, la Commission administrative (CA) de la CGT procède à leur remplacement, en faisant appel à des militants fidèles à l’unité syndicale, qui avaient appartenu au courant de Léon Jouhaux. Alain Le Leap est appelé au secrétariat général aux côtés de Benoît Frachon.

 

La nouvelle centrale née de la scission ne groupe qu’une petite minorité de travailleurs. Les scissionnistes n’ont pu réaliser leur ambition de constituer une centrale réformiste au niveau de la CGT. La CGT affaiblie, voit une partie de ses adhérents choisir l’inorganisation. Mais le syndicalisme de classe demeure la première force syndicale de notre pays et la seule à grouper dans ses rangs des travailleurs d’appartenances politiques diverses, communistes, socialistes et des syndiqués sans appartenance déclarée.

 

La scission perpétrée dans la CGT signifie bien l’entrée dans une nouvelle phase des luttes de classes en France et dans le monde. En France, la bourgeoisie entend rétablir pleinement son hégémonie, en collusion avec les forces réformistes dont elle a cherché par la scission à élargir l’espace, tout en diminuant l’influence du syndicalisme de classe. Au plan international, les USA, rompant l’unité antifasciste, s’engagent dans la politique de guerre froide. Ce n’est d’ailleurs pas seulement contre la CGT que l’offensive est menée, mais aussi contre les autres organisations syndicales de classe ou contre les militants qui, dans les syndicats réformistes, se réclament de positions de classe, en Italie, aux USA, en Belgique, en Angleterre notamment.

 

Malgré tout, la CGT demeure de loin la principale organisation française. Son action se fonde sur une conception originale du syndicalisme et continue de jouer un rôle essentiel dans les luttes sociales de la période. Cet impact tient aux caractères qu’elle a acquis, aux conceptions et aux pratiques qu’elle met en œuvre.

 

Extrait de : Le syndicalisme de classe, Jean Magniadas, Éditions sociales, 1987

 

[1] Cette histoire n’est évoquée ici qu’à grands traits. On se réfèrera à J. Bruhat et M. Piolot, Esquisse d’une histoire de la CGT, aux publications de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, aux Cahiers d’histoire de l’Institut de recherches marxistes, ainsi qu’à la revue Le mouvement social.

[2] « Nous devons, à la vérité, reconnaître qu’elle eut [la Fédération des bourses] une origine plus politique qu’économique. Elle vint à quelques membres de la Bourse de Paris qui, adhérents à des groupes rivaux du Parti ouvrier français et mécontents de ce que la Fédération nationale des syndicats fût entre les mains de ce parti, souhaitaient la création d’une association concurrente dont le siège pût être fixé à Paris et qui devint ainsi leur chose », F. Pelloutier, Histoire des bourses du travail, Alfred Costes, 1946, page 114.

[3] Voir Henri Dubief, Le syndicalisme révolutionnaire, édit. Armand Colin, 1969, page 27.

[4] C’est-à-dire la recommandation aux consommateurs des produits des entreprises ayant accepté le syndicat.

[5] Tel est le sens de la publication par l’Institut d’histoire sociale de la CGT du texte intégral du Congrès d’Amiens accompagné de sept études. Préface de Georges Séguy, 1983

[6] L’historien J. Julliard, qui a été un dirigeant national de la CFDT, a consacré une partie de ses travaux à l’étude de Pelloutier, la CFDT y a manifestement puisé des références à son discours sur elle-même.

[7] Germaine Willard, 1906, Le Congrès de la Charte d’Amiens, page 67.

[8] Dans une lettre à son ami Bertrand (des Employés), qui versera dans la collaboration, Bothereau, qui sera le premier secrétaire de FO, écrit : « Fais appel à tes souvenirs et relis les documents confédéraux. Ignores-tu l’existence des syndicats uniques ? Les pressions subies de toutes parts, l’état d’esprit dans notre mouvement à cette époque ? Quand l’unité s’est faite, elle était inévitable. La vérité est que nous n’avions pas le choix, alors : il fallait accepter avec les garanties obtenues ou bien partir », J. Bruhat et M. Piolot, Esquisse d’une histoire de la CGT, ouvrage cité, page 132.

[9] Directeur de la VO de 1922 à 1960, il sera aussi l’un des principaux dirigeants de la CGT de la Libération à sa mort.

[10] Sur cette période, voir D. Tartakowsky et C. Willard, Des lendemains qui chantent ? Messidor/Editions sociales, 1986.

[11] Sur ces combats, on ne peut que renvoyer au livre d’André Tollet qui en fut un dirigeant éminent, La Classe ouvrière dans la Résistance, Messidor/Editions sociales, 1983.

[12] Ils sont signés par R. Bothereau, Henri Raynaud, Louis Saillant et André Tollet.

[13] Les minoritaires n’étaient que deux dans le Bureau confédéral de 1936. Mais le congrès de Nantes avait décidé de porter à trois leur représentation pour tenir compte de la force accrue des ex-unitaires.

[14] Il appartient à la majorité et est proche de Léon Jouhaux.

[15] Il s’agit de Buisson, Gazier, Bouzanquet (trois ex-confédérés) et de Croizat et Fayet (deux ex-unitaires).

[16] A. Bergougnoux souligne : « le Conseil national socialiste du 14 décembre se prononça en faveur de la Troisième Force... Le siège de la grande majorité du parti était fait dès les premiers jours de novembre, c’est-à-dire un mois environ avant la seconde et dernière conférence de FO. La scission était désormais à l’ordre du jour. », Force ouvrière, Le Seuil, 1975, page 77.

[17] Jack Kantrowitz, « L’influence américaine sur FO », Revue française de science politique, n°4, août 1978.

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 16:11

par  auteurs à lire

 

 

Après avoir lu la "Synthèse nationale de renseignement déclassifié" de la République Française, portant "Programme chimique syrien - Cas d’emploi passé d’agents chimiques par le régime - Attaque chimique conduite par le régime le 21 août 2013" et visionné les vidéos jointes, un ami, Hafid de son prénom, a tenu à faire certaines remarques.

 

D’ordinaire devant un document aussi solennel, émanant de la présidence de l’une des prétendues plus grandes puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, le quidam est figé dans un respect quasi religieux, mais la perspicacité a été plus forte. Se documentant sur le sujet à propos des "fumées blanches" signalées, il constate ceci : "un débutant en chimie affirmera sans l’ombre d’un doute que le Sarin, à température ambiante, est incolore, inodore et liquide". Il ajoute qu’à l’utilisation "il s’évapore rapidement sous la forme d’un nuage incolore et inodore également".


Mieux encore, dans son investigation, Hafid se rend très vite à l’évidence que les vidéos "déclassifiées" (un grand mot) sont en fait les mêmes qui figurent sur Youtube depuis un certain temps. Dans ces vidéos, les corps d’enfants, supposés morts, sont propres et ne présentent aucune crispation des muscles, ni d’autres caractéristiques physiques, consécutives à une exposition au gaz Sarin. Là, notre ami, cite la réaction d’une pédopsychiatre étasunienne qui considère que cela ressemble fort à "une mise en scène de cours d’école", tout en jugeant du caractère "pédopornographique" des images exhibées.

 

Ainsi le pouvoir français n’a pas seulement abusé de son autorité morale pour tromper son peuple et le monde entier, mais a démontré le peu de cas qu’il fait de sa réputation. A telle enseigne que la prestation du secrétaire d’État étasunien, Colin Powell devant le Conseil de sécurité, à propos des armes de destruction massive en Irak, peut paraître moins ridicule. Powell doit même en être soulagé de ne plus se trouver seul dans ce cas.

 

Autre constat de Hafid, l’incapacité des "révolutionnaires" à utiliser le gaz faute de moyens, est rapportée à l’affaire du métro de Tokyo où des illuminés ont pu réaliser l’opération, sans "fumées blanches" ironise-t-il. Mais faut-il croire que le gouvernement français se préoccupe de la vérité ? Même si cela était, de quelle autorité morale dispose-t-il pour se porter en justicier ? Celle peut-être de la longue série de cadavres qui jalonnent l’histoire de la France coloniale et que les "socialistes" avec leurs "pouvoirs spéciaux" ont su faire, il n’y a pas si longtemps ?

 

Question crédibilité, le plus cynique reste quand même le prix Nobel de la paix, Barak Obama, qui nous sert un couplet pathétique : "Ce n’est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des États-Unis et du Congrès est en cause". Lui qui devrait mériter aussi se voir plonger la tête dans les mares de sang versé partout dans le monde, presque exclusivement par son pays. Histoire qu’il use, peut-être, d’un peu plus de circonspection en matière d’humanisme outré et qu’il affiche franchement la barbarie qu’il représente.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

« Les analyses conduites ont confirmé l’emploi de sarin » affirme le document publié sur le portail du gouvernement.

 

Mais, sic nouvel obs

 

Nous avons donc cherché à contacter le centre de recherche du Bouchet ainsi que le Ministère de la défense afin de nous procurer ces rapports d'analyse susceptibles de prouver la présence de sarin dans les échantillons récupérés sur le terrain. Mais ni la Direction Générale de l'Armement ni le ministère n'ont souhaité communiquer à ce sujet.   (lire fin  de page pour  gens pressé)

 

« Les éléments que vous mentionnez ne sont pas publics et n'ont pas vocation à l'être » nous a ainsi répondu Sacha Mandel, le conseiller pour la communication et les relations avec la presse auprès du cabinet de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.


Note de Jack Freychet les preuves ne peuvent être déclassifiées car elles n’existent pas. Le reste n’est que sophisme  destiné à nous induire en erreu de la part de nos dirigeants.

 

Consulter également l’entretien accordé par Le Président Bachar Al-Assad à Russia 24

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 13:43

Par Ghaleb Kandil


La décision de Barak Obama de déclarer la guerre à la Syrie ne vient pas de nulle part. Elle est le résultat d’une série de facteurs qui, du point de vue du président américain, constituent une dernière tentative pour éviter la fin de l’hégémonie unilatérale de l’empire américain sur le monde. L’impasse des Etats-Unis reflète aussi celle d’Israël, qui voit croitre, avec impuissance, la force de dissuasion régionale de l’axe de la résistance, dont le maillon central est la Syrie. C’est ce qui explique largement l’argument de la "sécurité nationale américaine", avancé par Obama pour vanter la guerre contre la Syrie.

 

Le premier de ces facteurs est l’échec de la guerre indirecte menée depuis deux ans pour détruire l’Etat syrien. Un échec d’autant plus retentissant que des moyens colossaux ont été mobilisés par les Etats-Unis et leurs agents pour atteindre cet objectif. Mais l’Etat syrien a résisté, sous le leadership de son président Bachar al-Assad, et toutes les tentatives se sont heurtées à la solidité de l’Armée arabe syrienne, qui a repris l’initiative sur le terrain et a absorbé puis repoussé les vagues successives lancées par des dizaines de milliers de mercenaires étrangers venus de 80 pays. La dernière vague venait de Jordanie, où le prince saoudien Bandar Ben Sultan, le véritable chef d’Al-Qaïda, a massé 20000 extrémistes, entrainés pendant des mois par des troupes spéciales américaines, françaises et britanniques.

 

Les groupuscules d’Al-Qaïda en Syrie sont le principal outil des Américains. Leur dernier plan consistait à opérer une percée à Damas. Mais les vagues de jihadistes-takfiristes se sont brisées sur le rempart de l’armée syrienne, qui a lancé un offensive préventive. autour de la capitale.

 

Deuxième facteur : Il est clairement apparu que la résistance de l’Etat syrien tout ce temps a été le principal catalyseur pour l’émergence de nouveaux équilibres internationaux. Cette résistance a servi de levier aux pays opposés à l’hégémonie unilatérale des Etats-Unis, comme la Russie, la Chine et plus généralement les membres des brics, qui ont fait preuve de dynamisme. Lors des différents épisodes de l’agression contre la Syrie, Washington a dû se plier aux exigences d’un nouveau partenariat international en acceptant, du moins théoriquement, les arrangements conclus avec la Russie, notamment les accords de Genève 1 et 2. Mais très vite, les Etats-Unis ont tenté de vider de leurs contenus ces arrangements, avant d’essayer de les torpiller.

 

L’agression directe contre la Syrie reste donc, pour les Etats-Unis, la seule et dernière voie pour tester leurs capacités de renverser la table, de protéger et de renouveler leur hégémonie unilatérale sur le monde, et de se retourner sur le partenariat qu’ils ont fait semblent d’accepter. Car la fin de l’hégémonie signifie la fin des privilèges et des intérêts que les Américains ont accumulé ce dernier quart de siècle, en tant que puissance unique sur la scène mondiale, depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Accepter un monde multipolaire conduira, forcément, à une révolution dans les rapports internationaux et à un changement de la structure des Nations unies, instrumentalisées toutes ces années par Washington pour servir ses intérêts.

 

Troisième facteur : Le sort d’Israël et des Etats-fantoches arabes se situe au cœur de l’agression contre la Syrie. En effet, l’alliance constituée par l’Occident, Israël, les pétromonarchies rétrogrades et la Turquie, sait pertinemment que la victoire de la Syrie et du président Bachar al-Assad va déclencher une vague nationaliste arabe hostile au mouvement sioniste et aux forces colonialistes dans la région. Cette victoire va renforcer la Syrie, l’Iran et les mouvements de résistance, qui ont déjà réussi à briser la force de dissuasion israélienne lors des guerres successives, notamment celle de juillet 2006, au Liban. C’est, d’ailleurs, le véritable objectif de l’agression contre la Syrie depuis mars 2011.

 

Quatrième facteur : Une éventuelle victoire de la Syrie constituerait un danger stratégique pour les Etats-Unis et leurs auxiliaires, surtout à l’ère des changements décisifs qui sont en train de s’opérer en Egypte, après la chute retentissante des Frères musulmans. Une telle victoire resserrerait forcément l’étau sur Israël. L’Amérique et ses agents n’ont donc plus qu’une dernière carte à jouer : celle de l’intervention militaire directe en Syrie.

 

Mais la Syrie n’est pas seule sur le terrain. Contrairement à l’Irak de Saddam Hussein et à la Libye de Moammar Kadhafi, elle est au cœur d’un axe régional qui a enregistré des victoires successives sur Israël depuis 1982 dans quatre guerres majeures, en plus de dizaines d’autres affrontements militaires et bras de fer politico-diplomatiques. Cet axe est aujourd’hui soutenu par une grande puissance, la Russie, longtemps humiliée par les Etats-Unis, et qui est aujourd’hui déterminée à retrouver sa place centrale sur la scène internationale.

 

Dans ce nouveau bras de fer, imposé par l’Amérique, l’axe de la résistance et ses alliés internationaux font preuve de solidité. C’est surtout la résistance de la Syrie, de son président, de son peuple et de son armée, qui les encourage à ne pas céder aux menaces de l’Amérique. Et lorsque ces menaces se concrétiseront en acte, les Etats-Unis et leurs auxiliaires seront surpris par la capacité de riposte de cet axe qui s’étend de Téhéran à Moscou, en passant par Bagdad, Damas, Beyrouth et Pékin.

 

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com
Tendances de l’Orient No 151 lundi 9 septembre 2013.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Mise en ligne CV : 9 septembre 2013

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:11

Par Mère Agnès-Mariam de la Croix

Mere Marie Agnes-2

dimanche 8 septembre 2013, par Comité Valmy

 

 

Syrie : Sans couverture internationale, les terroristes n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

 

Entretien accordé à la chaîne de télévision « Russia today »


RT : Mère Agnès, soyez la bienvenue. La Syrie est donc menacée d’une frappe militaire sous prétexte que l’Armée nationale syrienne aurait utilisé l’arme chimique dans une région de « la Ghouta est » contre les civils désarmés. Que ressentez-vous ?


Mère Agnès : Je ressens une sorte d’immense désolation face à la dégradation des valeurs universelles qui fait que des grandes puissances, motivées par des intérêts immédiats, en arrivent à vouloir frapper un peuple paisible sans se soucier de la vie des innocents. Je crois néanmoins que nous sommes à un « tournant historique » dans la mesure où l’ensemble des courants de pensée de la communauté internationale disent : assez ! Assez de violations des lois internationales censées garantir la paix. Il n’est plus question d’accepter de soutenir la loi du plus fort.

 

RT : Les États-Unis ont présenté des photos et des séquences de vidéos pour étayer leurs accusations contre le régime syrien. En avez-vous pris connaissance ? Et qu’en pensez-vous ?


Mère Agnès : Cela fait plus d’une semaine, et plus précisément depuis le 22 Août, que j’examine ces éléments nourrissant l’attaque médiatique dirigée contre le peuple syrien. Ce que je peux vous assurer, et que je me prépare à consigner dans un rapport, est qu’ils ont été « délibérément préfabriqués ».

La première preuve en est que Reuters a commencé à diffuser plus d’une dizaine de documents à partir de 6h05 en disant que l’attaque chimique s’était produite entre 3h et 5h du matin. Dans ces conditions, comment est-il possible qu’en l’espace de 3h au maximum on ait pu aller chercher, chez eux, plus de 200 enfants et 300 jeunes adultes, avant de les transporter, de les rassembler, de les aligner comme nous les avons vus, ou encore de prendre le temps de les secourir et de nous le montrer ? Comment se fait-il que nous ayons assisté à toute cette séquence et que les médias ne soient arrivés qu’ensuite ? Comment expliquer que 90% des enfants étaient si jeunes ? Où étaient leurs pères ? Où étaient leurs mères ? Comment a-t-on procédé à une telle sélection pour nous présenter ces horribles images ? J’assume la responsabilité de ce que j’affirme : ces documents ont été préfabriqués !

 

RT : Dernièrement, vous vous êtes rendue à Lattaquié où vous avez recueilli des témoignages sur les massacres commis par des groupes armés de « Jabhat al-Nosra » contre les citoyens de cette région. Que pouvez-nous dire à ce sujet ?


Mère Agnès : Je crierai mon indignation en me demandant encore comment est-il possible que la communauté internationale ait pu fermer les yeux sur le « génocide » qui a eu lieu la nuit du 4 au 5 Août... « La Nuit du Destin » ! Plus de 500 enfants et personnes âgées ont trouvé la mort, sauvagement massacrés à l’arme blanche. Les témoignages sont terrifiants, mais mis à part quelques lignes dans l’Independant je crois, personne n’en a parlé ! Nous avons dépêché une de nos équipes vers ces villages de la région de Lattaquié. Elle a rencontré les familles des victimes... Tout ce que je peux vous dire est que ces massacres sont d’une extrême gravité et que nous ne comprenons toujours pas « les deux poids deux mesures » dans le traitement des massacres, selon qu’ils aient été sanglants ou non !

 

RT : Il semble que les groupes armés aient aussi fait des prisonniers parmi les habitants et qu’ils les retiennent dans les environs de Lattaquié. Savez-vous ce qu’ils sont devenus ?


Ce que nous savons, nous le tenons des familles des victimes. Ainsi, dans le village d’Al-Sarba, les maisons ont été incendiées et tous ceux qui étaient présents ont été passés à l’arme blanche. À Al-Kharata, un lotissement de 67 âmes, 10 seulement ont échappé à la mort. Au total, 12 villages peuplés d’Alaouites ont vécu les décapitations, les démembrements... nous avons même les clichés d’une jeune femme découpée vivante. Les massacres dans cette région de Lattaquié se sont soldés par plus de 400 martyrs et 150 à 200 prisonniers dont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Nous travaillons toujours à leur libération.

 

RT : Que pouvez-vous nous dire sur les victimes supposées avoir succombé à l’attaque chimique du 21 Août dans la Ghouta de l’est de Damas ?


Je ne peux qu’aligner les points d’interrogation et répéter qu’une analyse sérieuse des documents en notre possession - et qui seront inclus dans le rapport que je remettrai en mains propres à la Commission des droits de l’Homme à Genève - aboutit à dire qu’il s’agit d’une production préfabriquée dans le but de criminaliser l’État syrien.

Je ne récuse pas le fait qu’il y ait eu du « chimique », mais qui sont ces victimes qu’on a filmé ? Étaient-elles en vie au moment de l’attaque chimique ? Sinon, d’où sont-elles venues et pourquoi ? Comment se fait-il qu’il n’y aurait qu’une seule femme parmi elles ? S’agissant des enfants, comment se fait-il qu’ils ont tous pratiquement le même âge ?

 

RT : De telles accusations préfabriquées serviraient donc de prétexte pour agresser les États et les peuples ? Qu’en dites-vous ?


Je dis qu’il faudrait requalifier ces crimes d’un genre nouveau. Car s’il est clair qu’il s’agit d’un crime contre l’Humanité, il s’agit également d’un crime contre la crédibilité de la communauté internationale et ses lois !

Un crime qui laisse à penser que ses instigateurs considèrent que le plus fort est au- dessus de ces lois. Si l’ONU est toujours l’organisation qu’elle est censée être, la Loi devrait être par-dessus tous ! Si nous voulons vraiment travailler pour la paix du monde, il ne saurait y avoir des lois pour le petit et des lois pour le grand.

Or, c’est ainsi que cela se passe depuis plusieurs années. Ils fabriquent des « News » pour s’ingérer dans les affaires des peuples. Ils mettent en danger la paix civile, la sécurité des innocents, et l’avenir des peuples. Nous ne pouvons même pas dire qu’ils nous ramènent aux époques des Tatares, des Mongols, et des Barbares qui envahissaient, tuaient et occupaient par la force. En ce XXIe siècle, nous risquons pire encore, car ces comportements anciens reviennent sous la forme d’une « culture » qui autorise la violation des lois et qui fait que tout est permis à ceux qui détiennent la force matérielle !

RT : Quand est-ce que vous publierez votre rapport, surtout qu’une frappe se prépare contre la Syrie ?

Je vais essayer de le remettre à des responsables à l’ONU ou à Genève, le 8 Septembre, autrement dit la veille de la réunion du Congrès des USA.

 

RT : Cette guerre en Syrie a déplacé des millions de citoyens syriens. Abstraction faite de leurs confessions, quel regard porte l’Église sur la situation ?


L’Église est à la fois mère et témoin et il est impossible qu’elle se comporte en « faux témoin », d’où l’appel de sa Sainteté le Pape à prier pour la [bien aimée] Syrie. Lui, ainsi que tous les patriarches, dont le Patriarche de Moscou, s’accordent pour dire que ce qui se prépare contre ce pays est inacceptable, constitue un danger pour la paix du monde, et que nous devons tous nous rassembler en un seul front de refus ; leur prétendue « Responsabilité de protéger » n’étant, dans ce cas, qu’un faux prétexte qui couvre le viol et le génocide de la société civile syrienne. Nous les avons déjà vus à l’œuvre en Irak et en Lybie... ils ne peuvent plus nous abuser.

L’Église a pris ses responsabilités et, en tant que religieuse, je me rendrai à Rome le 7 Septembre pour joindre mes prières à tous ceux qui s’y seront rassemblés pour supplier d’une seule haute voix le Créateur du Ciel et de la Terre qu’Il accorde à l’Humanité la force de se débarrasser de ces « néo-barbares » !

 

RT : Nous recevons sans cesse des informations sur les exactions subies par des hommes du clergé. Hier, Ma’loula, cette ville à majorité chrétienne a vécu une attaque... Est-il vrai que les chrétiens sont désormais menacés en Syrie ?


Tout un chacun est désormais menacé en Syrie. Rappelez-vous combien de religieux musulmans ont été enlevés, torturés, décapités... Rappelez-vous que l’ensemble des communautés ont subi toutes sortes de tortures et de modalités d’extermination groupée... les Ismaéliens, les Druzes, les Chrétiens... les Syriens de toutes les confessions ont été livrés aux massacreurs ; lesquels, s’ils n’avaient disposé d’une « couverture internationale » n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

Oui et c’est malheureux, aujourd’hui existe cette couverture internationale des violations des droits humains travaillant à l’extermination du peuple syrien ! Nous demandons à la communauté internationale qu’elle cesse sa politique de double standard dans l’intérêt exclusif d’une certaine catégorie de « grandes puissances »... Le peuple syrien subit un génocide perpétré par des mercenaires étrangers, entrainés, financés, armés avant d’être envoyés sur son territoire. Et cette aide perdure dans le but d’assassiner autant de Syriens qu’ils pourront atteindre.

C’est en toute honnêteté que je vous dis qu’il n’y a pas une seule région syrienne qui n’ait été menacée. Le peuple syrien est livré à toutes les exactions... on le kidnappe, on le vole, on le viole, on l’atteint dans son honneur. Tout cela sans la moindre sanction parce que les grandes puissances utilisent désormais le « terrorisme international » comme moyen pour attaquer des États souverains. C’est ce qu’elles ont déjà pratiqué dans d’autres pays que la Syrie, et elles continueront cette série de la terreur si la véritable communauté internationale ne se mobilise pour leur dire : « nous en avons assez » !

 

RT : Vous déclarez posséder des éléments de preuve... ne craignez-vous pas pour vous-même ? Avez-vous été menacée ?


Certainement ! En France un livre est en cours de publication... on m’accuse d’être une tueuse... on raconte beaucoup de choses. Mais celui qui agit selon sa conscience, celui qui a foi en l’humanité et qui est témoin de telles exactions se doit d’agir pour, en premier lieu, protéger les innocents. Ma vie n’est pas plus précieuse que celle de n’importe quel enfant syrien massacré pour que son corps serve de pièce à conviction médiatique... c’est là une forme de criminalité des plus odieuses de toute l’Histoire.

 

RT : À votre avis, que doivent faire les Syriens pour mettre fin à cette tragédie ?


Les Syriens ne peuvent pas faire grand chose. C’est à la communauté internationale, aux pays amis, aux grandes puissances telle que la Russie, la Chine, l’Inde et même la Grande Bretagne, dont le parlement a pris la décision honorable de refuser cette « guerre terroriste » contre la Syrie, de l’aider. Tous ceux-là doivent se tenir ensemble pour s’opposer à cette agression par tous les moyens disponibles ; ce danger qui s’est abattu sur la Syrie menace la paix mondiale !

 

RT : Selon vous, qu’attend-on du Vatican et des organisations chrétiennes à travers le monde pour mettre fin à cette épreuve ?


Le Pape a déclaré depuis le Vatican : « Je n’ai ni avions, ni forces militaires... mais une parole de vérité ». Il a dit la parole de vérité... Des voix s’élèvent du monde entier, qu’il s’agisse d’hommes du clergé, de personnalités reconnues ou nobélisées... Toutes déclarent qu’il n’est pas acceptable de prétendre résoudre la guerre par la guerre mais, qu’au contraire, elle ne contribuera qu’à ajouter de l’huile sur le feu...

L’Église a témoigné, mais personne ne veut entendre. Les USA n’entendent pas, alors que l’opinion publique s’exprime contre leurs dirigeants. Les USA prétendent que dix États les soutiennent. Je dis que c’est faux, car les peuples de ces mêmes États les désapprouvent.

 

RT : Dernière question Mère Agnès. Croyez-vous que la Syrie réussira à s’en sortir et redeviendra la patrie de tous, quelles que soient leurs confessions ?


J’en suis certaine ! Je ne suis pas syrienne, mais je vis en Syrie depuis vingt ans et j’ai appris à connaître son peuple... Je vous rappelle que Damas est la plus vieille ville encore habitée de la planète. Je vous rappelle que la Syrie est la terre des civilisations, la Terre sainte qui a vu naître toutes les religions célestes, une « école de coexistence pacifique » depuis toujours.

Je suis certaine que le peuple syrien résiste et résistera. Il dépassera les blessures et la discorde et adoptera le pardon. Il chassera de son territoire chacun des mercenaires terroristes. Il ramènera la paix. Mais pour cela, il a besoin de l’aide de la vraie communauté internationale !

 

                                                                                                             Mère Agnès-Mariam de la Croix

 

Texte transcrit et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo / You Tube http://www.youtube.com/watch ?v=ujtizJxBUGk

Lire aussi :

 

Syrie : les protestations à elles seules ne suffiront pas pour empêcher la guerre. Par Mahdi Darius Nazemroaya
http://www.mondialisation.ca/syrie-les-protestations-a-elles-seules-ne-suffiront-pas-pour-empecher-la-guerre/5348503

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:48

Code INSEE                                               VILLIERS SUR ORGE                               BP 2013

91685                                    Budget de la Commune de Villiers-sur-Orge                                  

 

 

Population totale (colonne h du recensement INSEE) :                                                          3 958

Nombre de résidences secondaires (article R.2313-1 in fine) :                                                    7

Nom de l'EPCI à fiscalité propre auquel la commune adhère:Communauté d'Agglomération du Val d'Orge

 

 

Potentiel fiscal et financier (1)

Valeur par hab. ( population

DGF

Moyenne nationale du potentiel

Financier par habitant de la strate 

Fiscal

Financier

20339 509,00

40162 855,00

590,04

890,81

 

 

Informations financières-ratios(2)

valeurs

Moyennes nationales de la

Strate (Source DGCL) (3)

1

Dépenses réelles de fonctionnement/ population

1 079,95

795,00

2

Produit des impositions directes : population

   571,30

375,00

3

Recettes réelles de fonctionnement/population

1 079,651

973,00

4

Dépenses d’équipement brut/population

 1 914,25

266,00

5

Encours de dette/population

536,45

713,00

6

DGF/population

164,59

51,70

7

Dépenses de personnel/dépenses réelles de fonctionnement (2)

61,74%

51,70%

8

Coefficient de mobilisation du potentiel fiscal (2)

 

 

8 bis

Coefficient de mobilisation du potentiel fiscal élargi (2)(4)

 

 

9

Dépenses de fonct. et remb. dette en capital/recettes réelles de fonct. (2)

104,86%

88,90%

10

Dépenses d'équipement brut/recettes réelles de fonctionnement (2)

177,30%

27,40%

11

Encours de la dette/recettes réelles de fonctionnement (2)

49,69%

73,23 %

 

(1) Il s'agit du potentiel fiscal et du potentiel financier définis à l'article L 2334-4 du code général des collectivités territoriales qui figurent sur la fiche de répartition de la DGF de l'exercice N-1 établie la base des informations N-2 (transmise par les services préfectoraux).

 

(2) Les ratios 1 à 6 sont obligatoires pour les communes de 3 500 habitants et plus et leurs établissements publics administratifs ainsi que pour les EPCI dotés d'une fiscalité propre comprenant au gins une commune de 3 500 habitants et plus.

Les ratios 7 à 11 sont obligatoires pour les communes de 10 000 habitants de plus et leurs établissements publics administratifs ainsi que pour les EPCI dotés d'une fiscalité propre comprenant au lins une commune de 10 000 habitants et plus (cf. articles L.2313-1, L.2313-2, R.2313-1, R.2313-2 et R.5211-15 du CGCT). Pour les caisses des écoles, les EPCI non dotés d'une fiscalité propre les syndicats mixtes associant exclusivement des communes et des EPCI, il conviendra d'appliquer les ratios prévus respectivement par les articles R.2313-7, R.5211-15 et R.5711-3 du CGCT.

 

(1)  Il convient d'indiquer les moyennes de la catégorie de l'organisme en cause (commune, communauté urbaine, communauté d'agglomération...) et les sources d'où sont tirées les informations atistiques de la direction générale des collectivités locales ou de la direction générale de la comptabilité publique ). Il s'agit des moyennes de la dernière année connue.

 

(2) Le CMPF élargi est applicable aux communes appartenant à un EPCI à fiscalité propre.

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:42

Présentation du livre de Salim Lamrani

Paris, Editions Estrella, 2013

 

Cuba et l’impartialité médiatique,
Préface d’Eduardo Galeano


Un article de José Fort  L’Humanité (04/09/2013) 

 

Comment expliquer que Cuba, petit pays par la taille et sa population (11 millions d’habitants) continue de faire régulièrement la « Une » de l’actualité ? Aucun pays de la région n’a eu ces cinquante dernières années une couverture médiatique aussi dense. Les pays d’Amérique centrale, ceux des Caraïbes n’auront pas eu droit au déversement de bile infligé à la Révolution cubaine. En fait, la haine dispensée par les « grands » médias occidentaux, financés et dirigés par l’argent du business et des armes, vise comme l’écrit le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Galeano dans la préface au dernier ouvrage de Salim Lamrani «  un pays bizarre qui ne participe pas à la Coupe du Monde du paillasson », «  une révolution qui a grandi dans le châtiment est ce qu’elle a pu être et non pas ce qu’elle a voulu être » ou encore Cuba « a généré la société latino-américaine la moins injuste » du continent.

 

Dans son livre « Cuba, les médias face au défi de l’impartialité », Salim Lamrani prend appui sur le journal espagnol «  El Pais » pour « étudier la manière dont la presse présente la grande île de la Caraïbe à l’opinion publique ». L’auteur a pris volontairement l’exemple d’El Pais comme symbole de ce qu’écrivent dans le même moule des journaux comme « Le Monde » et bien d’autres.  Salim Lamrani, docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, est un spécialiste de Cuba. Pas des couloirs des cuisines malodorantes mais des chiffres puisés à la source, des enquêtes non pas tirées des fosses communes de Miami mais sur place au contact direct de la population. Contrairement aux « spécialistes » bien calés dans leurs fauteuils parisiens et madrilènes, il peut parler de la vie quotidienne, des politiques d’éducation et de santé, de la protection de l’enfance, d’un secteur biotechnologique de pointe à faire pâlir d’envie les plus grands services de recherches à travers le monde, de l’internationalisme cubain et la formation de milliers de médecins latinos, de la protection de l’environnement, des droits de l’homme, des résultats des nouvelles orientations économiques adoptées récemment. Avec Salim Lamrani vous n’aurez pas droit à un discours incantatoire sur Cuba mais plutôt à un document chiffré, daté, expliqué. Bref, un livre référence. 

 

Paris, Editions Estrella, 2013 230 pages 18€

Disponible auprès de l’auteur : lamranisalim@yahoo.fr

Egalement en librairie : http://www.librairie-renaissance.fr/9782953128437-cuba-les-medias-face-au-defi-de-l-impartialite-salim-lamrani/

Et chez Amazon

http://www.amazon.fr/Cuba-Medias-Face-Defi-lImpartialite/dp/2953128433/ref=sr_1_5?ie=UTF8&qid=1375693527&sr=8-5&keywords=salim+lamrani

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:30
Source Comité Valmy
Par Robert CLAVIJO

 

L’association altermondialiste ATTAC a tenu en juillet 2013 à Nîmes son université d’été. Le thème choisi était « Ruptures et transitions. Le temps est venu ». Alléché par ce titre prometteur j’ai participé de bout en bout aux 4 journées de conférences et de débats. Quoi de neuf sous le soleil altermondialiste ?

L’euro

Notre appartenance à la zone euro nous condamne à l’austérité sans fin et sans rivage avec tous les désastres économiques et sociaux qu’engendre l’austérité. Nous savons tous que l’état de nos finances publiques continue à s’aggraver et que le sort de la Grèce nous menace. Mais si quelques intervenants ont envisagé voire souhaité que la France sorte de la zone euro et si ATTAC n’a pas pu éviter complètement un court débat sur ce point, elle refuse toujours obstinément toute rupture avec l’euro et tout retour au franc.

L’Union européenne

ATTAC n’a jamais été aussi critique envers l’U.E. Il y a quelques années elle considérait l’intégration européenne comme un projet initialement louable et qui aurait par la suite malheureusement dérivé entre les mains de dirigeants maladroits ou malintentionnés. ATTAC sur ce point est devenue plus lucide.


La plupart des conférenciers et des intervenants ont admis que l’union de l’Europe occidentale a été dès l’origine, avec le soutien des USA, non une œuvre de paix mais une machine de guerre pour contenir et repousser le bloc soviétique et d’autre part une alliance contre les travailleurs, pour empêcher tout basculement d’un pays occidental dans le camp socialiste.


De plus certains conférenciers ont démontré que les institutions européennes, outre qu’elles ignorent l’indispensable séparation des pouvoirs, ont été conçues dès l’origine pour tenir les peuples à l’écart des décisions et que les députés européens forment un parlement croupion dont la seule raison d’être est de donner une façade démocratique à une construction radicalement oligarchique et illégitime.

 

Enfin conférenciers et intervenants ont presque tous convenu que l’Union européenne n’est pas réformable. J’étais loin de m’attendre à cet aveu.

 

On devrait en conclure que rester dans l’Union européenne c’est donc renoncer à toute démocratie, à toute justice sociale, à toute indépendance envers les USA et l’OTAN et donc à toute diplomatie de paix. Mais seuls de rares conférenciers non membres d’ATTAC et quelques intervenants ont souhaité que la France quitte l’Union européenne. L’U.E. est inacceptable, la changer est impossible mais ATTAC veut pourtant y rester.

Le libre-échange

Il n’y a pas si longtemps, le libre-échange était considéré par ATTAC comme une fraternelle ouverture aux autres, une composante indispensable de l’internationalisme. Ces naïvetés de bibliothèque rose ont vécu. Ces dernières années ATTAC a pris conscience que le libre-échange n’est rien d’autre que le libéralisme dans le commerce international, la jungle dans les échanges entre nations, une jungle qui permet aux plus compétitifs de ruiner tous les autres. Invité comme conférencier François Ruffin (du périodique « Fakir ») a finement remarqué que le libre-échange punit la vertu et récompense le vice. Les plus compétitifs sur le marché mondial sont en effet les plus vicieux :paradis fiscaux, adeptes du secret bancaire, Etats policiers qui traquent les militants ouvriers, traitent les salariés comme des esclaves, sacrifient leur environnement à la rentabilité industrielle, etc.

 

Les pays socialement et écologiquement en pointe sont donc obligés, s’ils acceptent le libre-échange, de renoncer à leurs avancées et de s’aligner sur les plus pervers pour devenir compétitifs. J’ajoute que les frontières sont à un pays ce que la peau est au corps humain. Notre peau contrôle les échanges entre notre organisme et le monde extérieur. Elle laisse passer ce qui est salutaire (la sueur, par exemple) et fait barrage à ce qui est nocif , par exemple l’eau chargée de microbes quand nous prenons un bain de mer. Un pays qui détruit ses filtres douaniers au profit du libre-échange est comparable à un être humain qui accepterait d’être écorché vif.

 

La seule alternative au libre-échange est le rétablissement des barrières douanières, le protectionnisme. Il n’y a pas de troisième voie. Une minorité grandissante au sein d’ATTAC veut rompre avec le libre-échange mais l’association et surtout ses dirigeants restent globalement hostiles au protectionnisme.


ATTAC se veut de gauche, flétrit continuellement le capitalisme et le libéralisme mais en rejetant les barrières douanières elle reste dans le camp libre-échangiste, donc dans le camp du libéralisme qui est l’idéologie des grandes firmes transnationales. Les penseurs d’ATTAC ne semblent pas torturés par cette incohérence.

La finance

Depuis 2008 – naissance de la crise financière – la plupart des citoyens ont découvert la malfaisance, la perversité profonde de la sphère financière. La moraliser est impossible. La dérégulation, la mondialisation ont rendu la finance incontrôlable. Les Etats ne peuvent plus rien contre elle. C’est elle qui domine, contrôle, asservit les Etats. Rassurer, satisfaire les marchés financiers est devenu l’obsession des gouvernements qui se laissent ainsi quotidiennement dicter leur conduite par la finance. Il faut pourtant en finir avec les paradis fiscaux, le secret bancaire, le blanchiment d’argent sale, l’évasion fiscale. Pour garantir la transparence, mettre fin aux trafics immoraux, soumettre la finance aux Etats, à la puissance publique, à la souveraineté populaire, il est indispensable de nationaliser les banques et les compagnies d’assurance.


Déjà en 1944 dans son programme, le conseil national de la résistance qui pourtant avait bien moins que nous expérimenté la perversité financière, exigeait la nationalisation des compagnies d’assurance et des grandes banques. Par chance, les traités européens n’interdisent aucune nationalisation. C’est la seule action décisive que nous puissions entreprendre sans avoir besoin d’une autorisation de Bruxelles. C’est donc à notre portée. En 2013, en cette sixième année de crise financière, comment se fait-il que les citoyens, les syndicats, les associations ne se soulèvent pas pour exiger cette nationalisation ?

 

Pourtant dans les réunions plénières et dans les nombreux ateliers consacrés par l’université estivale d’ATTAC à la finance et à la monnaie, personne à part moi n’a réclamé cette nationalisation. Consternant. ATTAC peut-elle se contenter d’observer l’activité des banques, leur lobbying à Bruxelles et de dénoncer leurs forfaits ? Susan George, figure de proue de l’altermondialisme, nous a présenté comme « admirable » l’ONG « finance watch », simple observatoire de la finance, sans être gênée par le fait que cette ONG est partiellement financée et donc tenue en laisse par la commission de Bruxelles.

Conclusion

Comment expliquer qu’ATTAC recule devant toutes les ruptures qu’exige la crise du monde contemporain ? Si on s’en tient aux discours oraux ou écrits d’ATTAC on pourrait croire que son ennemi principal est le capitalisme néo-libéral. Erreur. Les vraies bêtes noires de l’altermondialisme sont les nations et le nationalisme, considérés comme l’horreur suprême, le mal pur. Peter Wahl, membre fondateur de la section allemande d’ATTAC, invité comme conférencier à l’université estivale, s’est vanté au micro de n’avoir jamais chanté l’hymne allemand et de systématiquement soutenir, lors des matches de foot, l’équipe étrangère opposée à l’équipe allemande. Il fut chaleureusement applaudi. Les militants d’ATTAC, ONG mondiale, mettent leur fierté à rejeter tout patriotisme et se veulent citoyens du monde. Un altermondialiste est par définition amoureux de la mondialisation dont il ne critique que le caractère libéral. Il croit, comme on croit au père Noël, qu’un « autre monde », une autre mondialisation, sont possibles.

 

L’ennui est que, sans la destruction libérale des frontières par le libre-échange, la mondialisation n’existerait pas. Telle est la contradiction fondamentale qui paralyse ATTAC et l’empêche de faire les choix qui s’imposent. Sortir de l’euroland et de l’U.E. , rétablir aux frontières des protections douanières est devenu indispensable mais ce serait une rupture avec l’intégration européenne et la mondialisation très chères toutes deux à ATTAC. Nationaliser le secteur financier est tout aussi indispensable mais ce serait une issue nationale à la crise mondiale de la finance. ATTAC ne peut rien objecter à cette nationalisation mais répugne affectivement à une solution « nationaliste » de la crise financière.

 

J’aimerais qu’ATTAC réfléchisse à ce qui suit :Rien n’est aussi mondial que l’environnement. Le soleil, le vent, les fleuves, les courants marins, les migrations des oiseaux, les secousses sismiques et le climat ignorent totalement les frontières humaines.

 

Pourtant les écologistes les plus lucides ont depuis longtemps compris queles problèmes mondiaux doivent être résolus localement. Penser globalement, planétairement mais décider et agir localement est leur devise. Car c’est à l’échelon local qu’avec le minimum d’effort on obtient le maximum de résultats. Comme le préconise Pierre Rabhi, soyons tous des colibris accomplissant chacun notre petite tâche locale. Ce sont des milliards de colibris déversant tous, là où ils vivent, leur becquée d’eau sur les flammes qui pourront éteindre l’incendie planétaire. Cultivons chacun écologiquement notre jardin. C’est la meilleure contribution possible à la bonne santé de la planète. Ne gaspillons pas une précieuse énergie et ne multiplions pas les gaz à effet de serre en nous déplaçant sans cesse en foule de Seattle à Cancun et de tous les sommets altermondialistes à tous les forums mondiaux. Nous savons tous dans quel sens les comportements doivent changer pour sortir de la crise. Changeons donc de comportement.

 

Ce sont les firmes multinationales qui ont imposé la destruction des frontières, le libre-échange, l’intégration européenne, l’euro et la mondialisation libérale pour disposer d’un immense marché à leur dimension où ces firmes apatrides puissent se déployer et trafiquer sans entraves. Cette mondialisation, loin d’être souhaitable, uniformise l’humanité, détruisant cette inestimable richesse qu’est la diversité culturelle. La mondialisation détruit aussi toute souveraineté populaire car l’intervention citoyenne, le contrôle des électeurs sur les élus, la participation des citoyens aux décisions publiques, la démocratie directe, ne sont possibles qu’à l’échelle locale. ATTAC a évolué et évoluera sans doute encore. Elle finira tôt ou tard par rompre avec son amour de jeunesse : l’euromondialisme. Le plus tôt sera le mieux.

 

Partager cet article
Repost0
30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 15:37

Alors que la crise frappe de plein fouet les couches populaires et les classes moyennes, en France, les grosses fortunes ont augmenté leur richesse de 25% en un an à peine.

 

Avec une production annuelle supérieure à 1900 milliards d’euros, la France, cinquième puissance mondiale, n’a jamais été aussi riche de son histoire. Pourtant, depuis 1945, le pays n’a jamais compté autant de démunis avec plus de 8,6 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, soit plus de 14% de la population. Un rapport gouvernemental dresse ce constat alarmant et reconnait « la massification d’une précarité qui touche des ménages auparavant protégés [1] ».

 

Les enfants et les jeunes en général sont les premières victimes de la pauvreté. « De plus en plus de jeunes adultes et d’enfants ne connaissent que la pauvreté comme condition d’avenir », admet le gouvernement français de François Hollande. En effet, deux nouveaux pauvres sur trois, c’est-à-dire 65%, sont des enfants de moins de 18 ans. La pauvreté des mineurs atteint 19,6%. Au total, 2,7 millions d’enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, 21,9% des 18-24 ans, soit plus d’un million de jeunes, vivent dans le dénuement. La situation est encore plus dramatique au sein des zones urbaines sensibles (ZUS) où 49% des enfants et 42,5% des 18-24 ans vivent au sein d’un ménage pauvre.

 

Par ailleurs, 12% des jeunes ne disposent pas d’un diplôme et chaque année, plus de 130 000 sortent du système scolaire sans aucune qualification. Plus de 10% des jeunes âgés de 17 ans présentent des difficultés de lecture 

Les femmes âgées de plus de 75 ans sont également les plus vulnérables au dénuement matériel. En effet, 14,1% d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le gouvernement reconnait que « la situation des femmes de plus de 75 ans s’[est] significativement détériorée  ».

 

Il en est de même pour les familles monoparentales, au sein desquelles le chef de famille est majoritairement une femme. Près de 32,2% d’entre elles sont confrontés à la pauvreté, soit un total de plus de 1,8 millions de personnes .

Posséder un emploi ne constitue pas un rempart contre la pauvreté. Ainsi, près d’1,5 million d’actifs, soit 6,2% des travailleurs, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Plusieurs facteu

 

Chez les immigrés en situation régulière, le taux de pauvreté dépasse les 40%. Le rapport note que « les personnes immigrées restent les plus exposées au risque de pauvreté monétaire ».

 

A la pauvreté s’ajoute l’extrême pauvreté (moins de 40% du niveau de vie médian de 1605 euros) qui frappe 2,1 millions de personnes, soit 3,5% de la population française. Les autorités reconnaissent que « les situations d’extrême pauvreté s’étendent depuis plusieurs années ». « La hausse du taux de pauvreté à 40 % […] témoigne également d’une détérioration de la situation des plus pauvres », selon le rapport à la pauvreté monétaire et à l’extrême pauvreté s’ajoute la pauvreté en conditions de vie. Près de 12,6% des Français n’ont pas accès « aux principaux droits fondamentaux, comme l’accès à un logement, au système de santé, au système bancaire, au système éducatif ou à la formation ». Ainsi, 3,5 millions de personnes déclarent souffrir du froid dans leur logement, faute de pouvoir payer leur facture énergétique, et « 15% de la population métropolitaine déclare avoir renoncé à certains soins pour des raisons financières ». La fondation Abbé Pierre note qu’il existe 3,65 millions de personnes mal logées en France [9]. Ainsi, au total, 26,6% de la population française souffre de pauvreté monétaire ou de pauvreté en conditions de vie.

 

En guise de conclusion, le rapport gouvernemental note avec sobriété que « seules les catégories les plus aisées échappent à la stagnation ou à la baisse du niveau de vie ». Il ne s’étendra pas sur le sujet et il y a une raison à cela .

Les riches sont de plus en plus riches.


Si la grande majorité des Français souffrent de la crise économique, les catégories les plus aisées n’ont jamais été aussi riches. En effet, les 500 premières fortunes de France ont vu leur richesse globale croitre de plus de 25% en un an. Celle-ci s’établit désormais à 330 milliards d’euros et n’a jamais été aussi élevée. Elle a même augmenté de 300% sur les dix dernières années et représente désormais plus de 15% du PIB national et 10% du patrimoine financier du pays. Ainsi, 0,000001% de la population possède 10% de la richesse nationale, autrement dit, 1/10e de la richesse se trouve entre les mains d’1/100 000e de la population [12].

 

Cette oligarchie financière compte 55 milliardaires, soit 10 de plus que l’année précédente. Le plus pauvre de 445 millionnaires dispose de 64 millions d’euros de patrimoine. Les dix premiers du classement ont vu leur richesse augmenter de 30 milliards d’euros en à peine un an pour atteindre 135 milliards d’euros. Bernard Arnault, PDG de LVMH, dispose d’une fortune de 24,3 milliards d’euros, en hausse de 3,1 milliards par rapport à l’année précédente. Liliane Bettencourt, héritière de l’Oréal, présente un patrimoine de 23,2 milliards, en augmentation de 7,9 milliards. Gérard Milliez du groupe Auchan avec 19 milliards, Bertrand Puech d’Hermès avec 17,4 milliards, le marchand d’armes Serge Dassault du groupe Marcel Dassault avec 12,8 milliards, François Pinault du groupe Kering avec 11 milliards, Vincent Bolloré du groupe Bolloré avec 8 milliards, Pierre Castel (bière) avec 7 milliards, Alain Wertheimer de Chanel avec 7 milliards et Xavier Niel de Free avec 5,9 milliards, complètent la liste .

 

Cette extrême concentration de richesse contraste avec l’explosion de la pauvreté et de l’extrême pauvreté en France et illustre la nécessité impérieuse d’une répartition juste et équitable des richesses. Une telle puissance financière entre les mains d’une infime minorité d’opulents lui octroie une influence considérable sur les décisions politiques prises par les gouvernants et un pouvoir démesuré sur les destinées de la nation. Dès 1789, Maximilien Robespierre avait mis en garde contre les dangers que représentait l’oligarchie pour la démocratie et dénonçait « le joug de l’aristocratie des riches, la plus insupportable de toutes » : « Les riches prétendent à tout, ils veulent tout envahir et tout dominer. Les abus sont l’ouvrage et le domaine des riches, ils sont les fléaux du peuple : l’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier ». Il serait peut-être temps de méditer ces propos…

 

Salim Lamrani Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.


Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo GaleanoContact : lamranisalim@yahoo.fr 

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

[1]  Ministère des Affaires sociales et de la Santé, « Rapport du gouvernement sur la pauvreté en France », République française, décembre 2012. https://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-pauvrete_gouvernement-decembre2012.pdf (site consulté le 19 juillet 2013).

 [9]  Fondation Abbé Pierre, « Les chiffres du mal-logement en 2013 », 2013. http://www.fondation-abbe-pierre.fr/_pdf/rml-18-chiffres.pdf (site consulté le 19 juillet 2013).

 [12]  Eric Treguier, « Niel débarque dans le top 10 des plus grandes fortunes aux côtés de Arnauld et Bettencourt », Challenges, 11 juillet 2013..

 

URL de cet article 22012
http://www.legrandsoir.info/en-france-les-riches-sont-de-plus-en-plus-riches-et-les-pauvres-de-plus-en-plus-pauvres.html

Partager cet article
Repost0