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  • : Villiers sur Orge- La Vie en Blog
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:54

Compte rendu succint, informations, rappels et commentaires

 

 

Après les drames de Montauban et Toulouse madame le maire a proposé aux élus d’avoir une pensée à l’intention des victimes.

 

J’ai déclaré m’associer cette manifestation de solidarité envers les victimes d’un acte barbare, atroce, inhumain, quelles qu’en soient les motivations.

 

 Ainsi que l’a dit le représentant palestinien on ne répond pas à un crime par un autre crime.

 

J’ai  proposé d’y associer les centaines de milliers d’enfants, handicapés, touchés par les particules des  munitions à uranium appauvri qui font des ravages sur le long terme, la malnutrition, l’absences de soin après  les interventions militaires de l’occident en Irak ou nous ne nous sommes pas compromis par la grâce du président Chirac, mais également en Libye, en Syrie, sans oublier la Côte d’Ivoire, les Balkans, la population palestinienne victime de nettoyage ethnique, pour de simples   intérêts mercantiles qui ne sont pas les nôtres. Paraphrasant l’écrivain Arthur Miller nous pouvons dire qu’ils étaient aussi nos enfants.

 

Personnellement ma pensée ira également vers eux mais je n’en fais pas un préalable.

 

L’indignation  et la solidarité ne doivent pas  être sélectives et limitées dans l’espace malgré la charge émotionnelle ressentie en France du fait des assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban dont l’auteur  a été mis hors d’état de nuire dans des conditions qui ne sont pas à l’honneur de ceux qui en ont donné l’ordre. Il y avait d’autre procédures possibles  qui auraient évité les blessures des policiers la mort du coupable et tout le tapage  fait autour de cette lamentable et douloureuse affaire dont le gouvernement ne sort pas grandi.

 

Les éventuels commanditaires et manipulateurs, directs ou indirects, ou qu’ils soient, doivent être dévoilés,  dénoncés et châtiés.

 

Monsieur Simons a stigmatisé cette déclaration qu’il a qualifié de tentative de récupération politique.

 

Madame le maire a répondu qu’elle n’était pas en mesure de contrôler les pensées des uns et des autres et d’ailleurs  que telle n’était pas sa volonté.

 

Une minute de silence a été observée

 

Affaires générales :


-Actualisation de la liste des Adjoints au Maire au motif que c’était une affaire interne à la majorité.

- la désignation des membres des commissions municipales permanentes.

- La désignation de délégués auprès des organismes extérieurs.

 

Je me suis abstenu car c’était une affaire interne à la majorité

 

Affaires financières :

 

Budget

 

 Vote Les taux ont été adoptés à la majorité, à l’identique, mais il faut rappeler la forte hausse des années précédentes.

 

Mesure budgétaire : Observations

 

J’ai déclaré que le budget pour 2012 a été élaboré dans le contexte de  la poursuite de la politique gouvernementale d’austérité renforcée qui frappe les ménages comme  les collectivités territoriales.

 

Les revenus stagnent ou régressent, les dépensent pour faire face aux dépensent de premières nécessités  augmentent :

 

 La création de la communauté d’agglomération n’a pas stabilisé le prix de l’eau et de l’assainissement qui TTC a augmenté de 34,9% de 2002 à 2011 alors que dans le même temps l’inflation officiellement constatée n’étaient que de  16,7%.Celui de l'électricité a augmenté de 8 % en deux ans le  gaz de 25 %.

 

 Selon le médiateur quatre millions de foyers en précarité énergétique ne peuvent se chauffer correctement.

 

A ce sujet j’ai interrogé sur  l’évolution des dépenses de chauffage des bâtiments communaux : Prix du gaz et de la maintenance fonctionnelle réunis depuis la passation du contrat avec Dalkia? (madame le maire a répondu  que le contrat touchant à sa fin il faudra passer à autre chose)

 

Les prix des carburants se sont également envolés à la pompe pénalisant  les ménages modestes en milieu périurbain ou rural, qui ne peuvent se passer de leur voiture. Il est à noter (ndlr) que l’intervention de l’OTAN en Libye, le soutien apporté aux intégriste musulman et autres salafistes qui multiplient les exactions en Syrie, la pression sur l’Iran mais également la spéculation ne sont pas pour rien dans la flambée des prix du pétrole. En France le recouvrement des taxes sur les produits pétroliers peut être également plafonné.

 

Les restos du cœur et les associations humanitaires ne peuvent plus faire face, les épiceries sociales assaillies sont dans la même situation, tous font appel au peuple…Malgré les promesses réitérées les SDF et les mal logés sont de plus en plus nombreux…

 

La justice sociale est abandonnée remplacée par une charité que l’on croyait il y a seulement quelques années révolue. Décidément notre civilisation qu’on tente d’imposer au monde entier à coûts de bombes se délite.

 

L’Etat, pressé par L’Union Européenne,  réduit les dépenses sociales et les dotations aux collectivités territoriales qui elles mêmes se défaussent en direction des ménages.

 

A Villiers sur Orge

 

La Dotation Globale de Fonctionnement attribuée par l’Etat est en recul cette année de 0,16 % pour une inflation de 2 % mais le produit des taxes locales payées par les ménages augmentera du montant de la revalorisation des bases d’imposition prévues par la loi des finances pour 2012 soit 1,8 %. Premier glissement.

 

En dépenses l’article 60623  -alimentation- progresse de 12,55 %

En recettes le montant des redevances à caractère social (prestations servies par la commune) progresse plus rapidement,  15,5 %, ce qui constitue un second transfert de charges en direction des ménages

 

Si on ne peut reprocher aux élus de la majorité de droite de couper les euros en quatre pour équilibrer les comptes par contre on ne peut que déplorer leur silence de Ponce Pilate face à cette politique qui provoque  la récession économique et le mal vivre pour une partie, chaque année plus importante, de nos concitoyens et ne laisse à  la jeunesse que la perspective d’un avenir dégradé.

 

J’ai signalé une erreur de transcription page 37  du budget rubrique   Foncier non bâti.

 

Madame le maire  a contesté puis déclaré qu’elle demanderait au service municipal compétent de vérifier. A la date de publication de cet article l’erreur était confirmée mais sans conséquence sur l’équilibre dépenses recettes.

 

 J’ai simplement  approuvé l’indemnité de conseil du TPG et les attributions de subventions aux associations.

 

Urbanisme –Travaux :

 

Conformément à mes engagements antérieurs je n’ai pas approuvé les projets d’agrandissement des locaux scolaires pour les raisons déjà développées par le passé et reprises plus loin.

 

Cession de sections de la parcelle cadastrée AL14 à Monsieur et madame Wintenberger et monsieur et madame Robin.

 

Pour mémoire car le passé a aussi des exigences :

 

Le premier plan d’occupation des sols de Villiers sur Orge a été élaboré  à partir de 1971 par les élus d’un conseil municipal se réclamant de la droite, rendu public selon les modalités en vigueur à l’époque par arrêté préfectoral du 16 décembre 1975. Il a été approuvé de même le 27 avril 1979 après enquête publique.

 

Le conseil municipal d’Union de la Gauche élu en 1977 a très rapidement crée les conditions de la création de l’actuel  terrain de football et engagé une négociation en vue d’acquérir, à l’amiable, l’emprise réservée au POS nécessaire à la réalisation d’un gymnase, avec les propriétaires de « Maison Rouge » dont les prétentions n’avaient rien d’exorbitant : La disposition d’un lot construit et –ou  constructible pour  chacun des 5 membres de la famille.

 

Très rapidement les tenants de la négociation (communistes et apparentés) ont été mis en situation de minorité.

 

Monsieur Simons membre de l’actuel parti socialiste a contesté cette version des faits, rejeté la responsabilité sur ses prédécesseurs, il est vrai qu’en règle générale les socialistes d’aujourd’hui ne reconnaissent que l’héritage de Mitterrand en omettant toutefois de préciser qu’il s’agit de l’austérité version Sarkozy, pour couper court  j’ai lu la déclaration  que le groupe des élus socialistes avait fait lors de la séance du conseil du 30 avril 1979 reprise dans le bulletin municipal qui a suivi:

 

« Les élus socialistes restent fidèles à la position qu’ils ont toujours défendue :

- à l’époque de l’ancienne municipalité

- avant et après la campagne pour les municipales

- depuis que l’union de la gauche assure la gestion municipale De Villiers

- pendant la préparation du POS.

 

Cette position peut se résumer en deux phrases :

 

- PAS DE CONSTRUCTION AUTORISEE PAR LA MUNICIPLALTE ET PAR LE GROUPE SOCIALISTE DANS LE PARC DE MAISON ROUGE.

 

- PAS DE COMPROMIS, AVANTAGEUX  OU PAS, NI AUJOURD’HUI AVEC LE PLUS GRAND PROPRI2TAIRE DE VILLIERS,  NI DEMAIN AVEC UN PROMOTEUR QUEL QU’IL SOIT.

 

Nos arguments pour la défense de cette position :

 

- il n’y a pas urgence à traite avec le plus grand propriétaire de Villiers, le parc n’est pas à vendre, il est protégé par le P.O.S., le maintien en l’état n’est pas un objectif aberrant.

 

- le besoin de terrain de sport, c'est-à-dire l’appropriation des 4 hectares des bords de l’Orge, peut être satisfaite à moindre frais sans compromission. Ils sont en réserve municipales sur le P.O.S. , donc facilement appropriables pour un prix dérisoire- environ 80 000 F. l’hectare.

 

Les intérêts des particulier sont suffisamment protégés par la loi  pour que la municipalité .d’union de la gauche n’ait pas à aider le plus grand propriétaire foncier de Villiers à faire une opération  immobilière.

 

Les conséquences de notre position :

 

1° ) le parc – environ 8 hectares – reste en l’état, boisé sans bâtiments nouveaux, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour le rachat et l’appropriation par le département et le syndicat de la vallée de l’Orge.

 

2° ) tout besoin de terrain au bord de l’orge – environ 4 hectares – sera résolu par D.U.P. rachat au prix des domaines – environ 8 F. le m² Ce qui est possible pour deux raisons :

 

- réservations faites au P.O.S.

- dossier complexe sportif déposé en préfecture.

 

                                                                                                   Groupe SOCIALISTE »

 

Dans ces conditions il devenait impossible d’aboutir à un compromis acceptable sur les court et moyen terme. Les sportifs villiérains étant en attente de la concrétisation des promesses préélectorales nous avons été contraints de solliciter la déclaration d’utilité publique préconisée par le groupe PS avec en outre, en perspective, un recours à l’expropriation en cas de désaccord sur le montant des indemnisations proposées par la commune soit une procédure beaucoup plus longue qui n’a pu aboutir avant la fin du mandat.

 

 

L’élection suivante, la liste de gauche composée sur les mêmes bases qu’en 1977, la commune comptant moins de 3500 habitants offrait la possibilité de panachage qui a permis   au groupe des candidats socialistes d’éliminer la composantes communiste ce qui à un élu près à failli faire basculer la majorité à droite.

 

(Si les socialistes villiérains ont la mémoire courte par rapport aux turpitudes de leurs anciens l’anticommunisme, et l’appétit de pouvoir restent chez eux constants au fil des générations.)

 

Le 12 novembre 1984 le nouveau maire d’obédience socialiste, monsieur Alcamo passait une convention avec les consorts Ernault qui prévoyait l’abandon de la procédure d’expropriation qui portait sur 18 267 m² dont 587 m² de lit de la rivière l’Orge, soit trois  fois moins que nous pouvions espérer, au franc symbolique. En contre partie la commune leur octroyait des  facilités compensatoires (sic) (c'est-à-dire des droits à construire qui revalorisaient  le parc de Maison Rouge). L’accord  entériné par arrêté du 20 septembre 1985  autorisait la création d’un lotissement dans le parc de maison Rouge la commune récupérant, gratuitement, en sus, le 7 ème lot, le mur et une bande de terrain de 380 m² environ rue de l'Orge renommé 8ème par arrêté  du 7 avril 1987, l’ancien lot 6 étant divisé et numéroté en 6 et 7 

 

Lorsque les consorts Ernault ont cédé à monsieur et madame Wintenberger une maison du parc de maison rouge et un terrain cadastré D 279 l’acte rappelait  leur engagement de céder gratuitement à la commune le lot n° 8.

 

Suivant un acte reçu par M° Philippe Aubry notaire à Melun 77 les consorts Ernault ont vendu à monsieur et madame Wintenberger les lots 1 et 2 du lotissement ainsi que le lot  8 dont ils souhaitaient se débarrasser. Transcription a été faite au cadastre par les acquéreur. La commune n’a pas réagit

 

Réélu maire  en mars 1989  j’avais engagé une procédure  afin que la commune recouvre ses droits. Le TGI d’Evry a répondu favorablement par décision du 6 septembre 1999. Monsieur Chevrier qui m’avait remplacé  n’a pas fait transcrire au cadastre, j’ai ensuite informé monsieur Théron par courrier avec copie à monsieur Chevrier. J’ai transmis oralement à monsieur Simons qui connaissait bien le dossier puisqu’il était, lors de la création du lotissement, l’un des bras droits de Monsieur Alcamo.  J’ai saisi ensuite madame le maire  qui a enfin fait le nécessaire.

 

Discussion :

 

 Ma démarche actuelle n’est pas de contester la cession mais les conditions dans lesquelles il est prévu qu’elle ait lieu :

 

1°) La valeur du sol en zone UR en façade de parcelle,  est manifestement sous estimée par les services du Domaine.

2°)  Mais là n’est pas l’essentiel La commune envisage de céder le mur au prix du terrain d’assiette, c'est-à-dire gratuitement. Par le passé le vieil adage disait on ne prête qu’aux riches aujourd’hui la majorité propose de  faire un cadeau d’au moins 200 000 euros aux riverains concernés au motif qu’ils ont les ressources nécessaires  à l’entretien de l’ouvrage. Avec une telle démarche c’est la poursuite assurée de la vente à la découpe du patrimoine architectural français.

 

Puisque que ce n’est pas de la compétence du service du domaine le mur doit être évalué par un professionnel de la construction avec éventuellement un abattement pour vétusté ensuite il serait possible d’entamer la négociation avec les acheteurs pressentis. Si l’opération aboutit les Villiérains et les Villiéraines doivent être informés du montant des  largesses de la commune à  leur égard.

 

 En attendant je demande le retrait de ce point de l’ordre du jour car nous ne devons pas brader le patrimoine communal pour un plat de lentilles. J’ai été le seul à voter contre cette cession quasiment gratuite.

 

Majoration de 20% du coefficient d’occupation des sols pour la zone UCs du Plan Local d’Urbanisme pour y construire des logements sociaux (il s’agit de l’ancien terrain de boules et espace de jeux pour enfants de la résidence La Seigneurie):

 

Pour désengorger le centre ville, c'est-à-dire la proximité des écoles aux heures d’affluence, il aurait été préférable de construire une école sur ce site. Il y en avait d’autres pour implanter quelques logements sociaux supplémentaires.

 

Cette majoration intervient après la généralisation du cos à 0,35 sur les zones UH lors de l’élaboration du PLU (sous Simons) qui avait ouvert la boîte de pandore en offrant déjà des possibilités de construction supplémentaires non négligeables imposées selon lui par la  loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, couramment appelée   loi SRU link ce qui est une interprétation pour le moins tendancieuse du texte qui, s’il comportait quelques recommandation en matière de logements sociaux, laissait néanmoins les communes maîtresses des conditions de leur urbanisation..

 

La loi du 25 mars 2009  permet de délimiter des zones à l’intérieur desquelles un dépassement des règles relatives au gabarit, à la hauteur, à l’emprise au sol est autorisé pour permettre l’agrandissement ou la construction de bâtiments à usage d’habitation.

 

A compter du premier mars 2012 le seuil de surface hors œuvre brute à partir duquel un permis de construire est obligatoire passe de 20 à 40 m².

 

La commune risque d’être assaillie de demandes de modification en particulier de la part de vendeurs qui verront dans la mise en œuvre de ces mesures une source de plus value potentielle avec de la part des riverains la multiplication des récriminations suivies de conflits.

 

Un exemple : Terrain de 500 m². 100m² de shon avec cos à 0,25- 140 avec cos à 0,35- 170 m² de shob sans permis de construire avec les dispositions en la matière.

 

Il y aquelques années droite et Parti socialiste clamaient à tout vent à l'intention des élus communistes et apparenté  "Vite vite vite du biume et du béton"? Depuis qu'ils gèrent les pavillons des mollières sont à touche touche avec le cimetière. L'habitat se densifie la croissance démographique a le vent en poupe.

 

Petit à petit la population scolaire va croître et rendre caduque l’agrandissement des locaux scolaires que je suis le seul à ne pas avoir approuvé. Il faudra repartir à zéro dans des conditions beaucoup plus difficiles car les terrains les mieux adaptés auront disparu.

 

Compte tenu de l’approximation du dossier je me suis abstenu sur le point 17 : Création au sein de la communautéb d’agglomération du Val d’Orge d’un groupement de commandes pour l’aménagement de médiathèques et de salles d’activités- A Villiers sur Orge il s’agirait d’aménager une médiathèque  et une salle de danse incorporés à l’Espace Colette rue, des rios. L’absence d’un véritable  cahier des charges   ne permettant pas de vérifier l’adéquation de la réponse aux besoins je me suis abstenu tout en demandant qu’un document de cette nature soit élaboré en urgence pour na pas retarder l’opération

 

. Il est à noter qu’à l’occasion de la commission travaux urbanisme du 15 mars monsieur Simons n’avait pas jugé utile de formuler la moindre observation sur le dossier alors qu’il est également président De Loisirs et Culture. 

 

Enfance jeunesse - Personnel:

 

J’ai approuvé :

– l’organisation d’un mini séjour pour les enfants d’âge élémentaire de l’accueil de Loisirs ainsi que le séjour « espace jeunes » à Arles sur Tech - été 2012-

 

– L’actualisation de l’indemnité pour élections et la modification du tableau des effectifs. Sur le second point  il s’agissait d’une régularisation.

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 15:20

Vidéo de Thierry Meyssan 26 février 2012 : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29504


Articles de réseau Voltaire publiés par mondialisation.ca


27 février 2012

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires (ou agents) français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.

L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas.
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.


 Communiqué du 28 février 2012

Le Réseau Voltaire a appris de source sure qu’un agent français a été fait prisonnier par l’Armée nationale syrienne, lundi 27 février 2012, à Azouz (district d’Idlib, à proximité de la frontière turque).

Cette arrestation porte à 19 (dix-neuf) le nombre de prisonniers français détenus par Damas.

Des négociations pour leur restitution sont en cours via la Fédération de Russie, les Emirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.

Durant cette période, les Émirats arabes unis ont pris leur distance avec la position commune du Conseil de Coopération du Golfe, et ont décidé d’adopter une attitude de stricte neutralité. Ils ont donc interdit toute manifestation pro ou anti-syrienne sur leur territoire.

Selon l’AFP le 1° mars l'armée Syrienne a pris contrôle Baba amr (un quartier de Homs)

D’après ce qui précède c'était prévisible depuis plusieurs jours. Les prolongements actuels nous le confirment. Les rebelles avaient perdu leurs principaux soutiens occidentaux et arabes. Juppé négocie avec Lavrov le ministre russe des affaires étrangères la récupération des 19 militaires ou (et) agents français infiltrés arrêtés pas l'armée syrienne.

Repli tactique disent les rebelles ! Que répondrait Zazie ?

L'AFP et les grands médias sont encore en retard d'une bataille et les moutons de panurge réagissent bêlement (il s'agit bien d'un L) la gauche européenne cautionne dans son ensemble quand elle n’aide pas à la diffusion du mensonge, et pendant ce temps là nous devenons de plus en plus des grecs auxquels on tond la laine sur le dos en attendant les frappes de l’Otan si nous devenons un Etat voyou en nous rebellant contre la descente aux enfers.

Pour trouver la vérité il suffit de la chercher, parfois thèse contre thèse, mais avec un  peu de logique il est toujours  possible de dégager le bon grain de l’ivraie.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 17:45

Le nouveau mémorandum de paupérisation des travailleurs voté le 12 février comprend entre autres les mesures suivantes :

1 – Salaires :

Diminution du salaire minimum de 22% (Accord collectif général nationale/NGCA ; accords profesionnels et de branche);

Diminution supplémentaire du salaire minimum pour tout nouvellement embauché de 10%, en plus de la diminution de 22%, à savoir une baisse de 32% ;

Suppression des conventions de branche ;

Gel des salaires jusqu'en 2015 ;

Les emplois à temps plein peuvent être transformés en emploi à temps partiel, sur décision du patron ;

Les augmentations automatiques de salaire basées sur l'ancienneté sont suspendues tant que le chômage ne descendra pas en-dessous de 10%, de fait elles sont bandonnées ;

Les conventions collectives auront une durée maximale de 3 ans ;

Toutes les conventions collectives qui s'appliquent aujourd'hui expireront une année après l'adoption du nouveau mémorandum ;

Révision de la nouvelle NGCA d'ici la fin juillet afin de s'aligner sur le salaire minimum des pays concurrents (Portugal, Turquie, Europe centrale et du sud-est) ;

Suppression du recours unilatéral à l'arbitrage prud'hommal ;

 

2 – Retraites – contributions sociales :

Baisse des pensions de 300 millions d'euros par an. Les nouvelles baisses toucheront à la fois les pensions de base et complémentaires ;

De nouvelles baisses dans les retraites de base de plusieurs fonds de pension qui vont s'appliquer rétrospectivement à partir du 1er janvier 2012 ;

Fusion de tous les fonds de pension complémentaires d'ici juin 2012 et le lancement de l’étude "un facteur de durabilité qui ajuste les bénéfices pour rapidement éliminer les déséquilibres futurs qui pourraient se produire " qui conduira à de nouvelles baisses des pensions complémentaires ainsi que des indemnisations de retraite;

Baisse de 2% des cotisations sociales patronales avec suppression des cotisations pour l'Organisme du logement ouvrier et des allocations sociales. Ces organisations vont fermer leurs portes ;

Nouvelle baisse des cotisations que les patrons vont payer pour l'IKA (le plus grand fonds de pension des travailleurs du privé) à partir du 1er janvier 2013 de 3% ;

 

3 – Employés du secteur public, des anciennes entreprises et banques publiques

La suppression des emplois stables dans les anciennes entreprises et banques publiques et baisse des salaires ;

Nouveaux licenciements de 15 000 fonctionnaires en 2012, à travers le dispositif de la «réserve de main d'oeuvre »;

Réduction du nombre de travailleurs du secteur public, travaillant avec des contrats temporaires, par le non-renouvellement des contrats ;

Coupes de 636 millions d'euros des salaires des employés du secteur public payés selon une échelle de salaires spécifique d'ici la fin juillet 2012 ;

Nouvelles coupes dans les salaires du secteur public par la révision de l'échelle des salaires ;

Suppression de 150 000 postes de fonctionnaires d'ici 2015, et non-remplacement de 4 fonctionnaires sur 5 ;

Diminution du nombre général de nouvelles recrues dans les académies (armée, police) qui garantissait un emploi automatique dans le secteur public ;

Fermeture d'organisation et d'entités publiques d'ici juin 2012 ;

 

4 – Nouvelles mesures en 2012 :

Réduction des dépenses dans le secteur de la santé de 1,1 milliards d'euros ;

Coupes dans une série d'allocations sociales, en adoptant des critères de revenu ;

Baisse des allocations pour les familles avec plus de 3 enfants ;

Baisse des dépenses de fonctionnement et de consommation de l’État de 300 millions d'euros ;

Coupes dans plusieurs entités sous contrôle des ministères de l’Éducation et de la Culture de 200 millions d'euros ;

aisse des dépenses sur les heures supplémentaires pour les médecins dans les hôpitaux de 50 millions d'euros ;

diminution du budget des Programmes d'investissement public de 400 millions d'euros ;

Baisse des dépenses militaires pour la défense du pays ;

Un nouveau système fiscal en juin 2012 qui supprimera une série d'exemptions fiscales qui restent au bénéfice des travailleurs. D'importantes exonérations fiscales seront concédées au grand capital.

 

Source: http://fr.kke.gr/news/news2012/2012-02-16metra

 

Note de l'auteur du Blog: Au total huit plans d'austérité imposés depuis janvier 2010, un neuvième à venir en juin. dans le même temps la dette grècque est passée de 12,6 % à plus de 17 % du PIB. décidément c'est le remède  qui nourrit le mal. Il est grand temps pour nous d'être solidaire pour inverser la tendence sinon nous subiront le même sort.

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:20

 

Un appel de Mikis Théodorakis

 

Il existe une conspiration internationale, l’objectif est de donner à mon pays le coup de grâce. L’assaut a commencé en 1975 contre la culture grecque moderne ; ensuite il a continué avec la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et, maintenant, on essaie de nous exterminer physiquement avec le chômage, la faim et la misère. Si les grecs ne se soulèvent pas pour les arrêter, le risque d’extinction de la Grèce est réel. Il pourrait survenir dans les dix prochaines années. L’unique qui survivrait à notre pays serait le souvenir de notre civilisation et de nos luttes par la liberté.

Jusqu’à 2009, la situation économique en Grèce n’était pas très grave. Les grandes blessures de notre économie furent la dépense militaire excessive et la corruption d’une partie du monde politique, financier et des médias. Mais quelques pays étrangers sont aussi responsables, parmi ceux-ci l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les USA, qui ont gagné des milliers de millions d’euros aux dépens de notre richesse nationale en nous vendant une année après l’autre de l’équipement militaire. Cette hémorragie constante nous a empêché d’avancer tandis cela enrichissait d’autres pays. On pourrait dire la même chose à propos du problème de corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une agence spéciale dédiée à corrompre les grecs afin que ceux-ci donnent la préférence à ses produits sur notre marché. Ainsi, nous avons été victimes de ce duo de prédateurs, d’Allemands et de grecs, qui se sont enrichis aux dépens du pays.

Il est évident que ces deux grandes blessures auraient pu être évitées si les leaders des deux partis politiques proyanquis ne s’étaient pas permis de corrompre. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, a été drainée vers des pays étrangers et les hommes politiques ont essayé de compenser les pertes grâce à des prêts excessifs qui ont donné lieu à une dette de 300 milliards d’euros, soit 130 % du Produit national brut.

Avec une telle escroquerie, les étrangers gagnaient doublement : en premier lieu grâce à la vente d’armes et de leurs produits et, en seconde lieu, avec les intérêts sur le capital qu’ils prêtaient au gouvernement, non au peuple grec qui, comme nous avons vu, fut la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour le démontrer : en 1986, le gouvernement d’Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de ce prêt ont fini d’être payés en 2010 et se sont élevés à : 54 milliards d’euros !

L’année dernière, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu’il était conscient de la fuite massive de capitaux qui avait lieu en Grèce à cause du coût élevé du matériel militaire, acheté principalement à l’ Allemagne et à la France. Il a ajouté qu’il était arrivé à la conclusion que les fabricants d’armes nous amenaient à une catastrophe certaine. Cependant, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela … : pour ne pas nuire aux intérêts de pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’y a pas échappé. Cependant, le niveau de vie, qui avait été jusqu’alors assez haut (la Grèce était classée entre les 30 pays les plus riches du monde), n’a pratiquement pas changé, malgré l’augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement dans une crise économique. On estime que la dette de pays importants comme les USA et l’Allemagne est de milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si les deux sont positifs, il est possible d’obtenir des prêts bancaires avec n intérêt inférieur à 5 %, jusqu’à ce que passe la crise.

En novembre 2009, quand George Papandreou est arrivé au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour comprendre l’effet de sa politique désastreuse, je mentionnerai uniquement deux pourcentages : en 2009 le PASOK de Papandreou a obtenu 44 % des votes. Maintenant, les enquêtes ne lui donnent pas plus de 6 %.

Papandreou aurait pu faire face à la crise économique (qui était un reflet de celle de l’Europe) avec des prêts bancaires au taux d’intérêt habituel c’est-à-dire en dessous de 5 %. S’il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problèmes. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.

Mais en été 2009, quand Papandreou s’est réuni en secret avec Strauss-Kahn pour mettre la Grèce sous la tutelle du FMI, avait déjà commencé leur conspiration contre le peuple grec. C’e fut l’ex directeur du FMI qui m’a fait cette révélation.

Pour l’obtenir, il a été nécessaire de falsifier la situation économique de notre pays pour que les banques étrangères prennent peur et augmentent jusqu’à des niveaux prohibitifs les taux d’intérêt qu’elles exigeaient pour les prêts. Cette opération coûteuse a commencé avec l’ augmentation artificielle du déficit budgétaire, de 12 % à 15 % pour 2009 [André Georgiu, Président de l’Équipe de direction de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans le consentement de son bureau directeur, d’inclure dans le calcul du déficit plusieurs organisations et entreprises qui avant n’avaient jamais été prises en compte dans aucun autre pays européen, à l’exception de la Norvège, et cela avec l’objectif que le déficit de la Grèce dépasse celui de l’Irlande (14 %), pour transformer notre pays en maillon faible de l’Europe, NdT]. Grâce à cette augmentation artificielle du déficit, le procureur d’État, Grigoris Peponis, a mis en accusation il y a vingt jours Papandreou et Papakonstantinou (son ex ministre de Finances).

Ensuite, Papandreou et son ministre des Finances ont commencé une campagne de discrédit qui a duré cinq mois, pendant lesquels ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce, tel le Titanic, coulait et de que les grecs sont corrompus, paresseux et incapables de faire face aux nécessités du pays. Les taux d’intérêt montaient après chacune de leurs déclarations et tout cela a participé à ce que la Grèce cesse de pouvoir contracter des prêts et notre adhésion aux dictats du FMI et de la Banque Centrale Européenne devenait une opération de sauvetage qui est, en réalité, le début de notre fin.

En mai 2010, le ministre des Finances a signé le Mémorandum c’est-à-dire la soumission de la Grèce à nos prêteurs. Selon la loi grecque, l’adoption d’un accord comme celui-ci doit être présentée au Parlement et au besoin à l’approbation des trois cinquièmes des députés. Cela signifie que le mémorandum et la troika qui nous gouverne sont illégaux, pas seulement du point de vue de la législation grecque, mais aussi de l’européenne.

Depuis ce temps-là, si nous considérions que notre voyage vers la mort est un escalier de vingt marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Le Mémorandum offre aux étrangers notre indépendance nationale et la propriété de la nation c’est-à-dire nos ports, aéroports, routes, électricité, eau, toutes les ressources naturelles (souterraines et un sous-marines), etc. A cela, il faut ajouter nos monuments historiques, comme l’Acropole, Delphes, Olympes, Epidaure et les autres, puisque nous avons décidé de ne pas faire valoir nos droits.

La production a diminué, la taux de chômage a augmenté jusqu’à 18 %, 800 000 commerces, des milliers d’usines et des centaines d’artisans ont fermé. Un total 432 000 entreprises ont fait faillite. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques abandonnent notre pays, qui coule de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Âge. Des milliers de personnes qui avaient une bonne situation jusqu’à il y a peu, cherchent maintenant de la nourriture dans les poubelles et dorment sur les trottoirs.

Pendant ce temps, on suppose que nous devons vivre grâce à la générosité de nos prêteurs, les banques européennes et du FMI. En fait, tout le paquet de dizaines de milliers de millions d’euros qui arrive en Grèce sont rendus tout de suite à nos créanciers, tandis que nous nous endettons de plus en plus à cause de ces taux d’intérêt insupportables. Et comme il est nécessaire de maintenir la fonction de l’État, les hôpitaux et les écoles, la troika impose des impôts exorbitants à la classe moyenne basse de notre société, qui mènent directement à la grande famine. La dernière fois que nous avons eu une situation de grande famine généralisée dans notre pays ce fut au début de l’occupation allemande en 1941, avec presque 300 000 morts en seulement six mois. Aujourd’hui, le spectre de la faim revient sur notre pays calomnié et infortuné.

Si l’occupation allemande a coûté aux grecs un million de morts et la destruction totale de notre pays : comment pouvons-nous accepter les menaces de Merkel et l’intention allemande de nous imposer un nouveau «  Gauleiter  », qui cette fois portera une cravate ?

L’occupation allemande, de 1941 jusqu’à octobre 1944, a démontré jusqu’à quel point la Grèce est un pays riche et jusqu’à quel point les grecs sont travailleurs et ont une conscience de leur engagement pour la liberté et l’amour à leur patrie.

Quand les SS et la grande famine ont tué un million de personnes et la Wehrmacht a détruit notre pays, elle a confisqué toute la production agricole et l’or des banques, les grecs ont été capables de survivre au moyen du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de 100 000 combattants, qui ont immobilisé 20 divisions allemandes dans notre pays.

En même temps, les grecs n’ont pas seulement survécu grâce à leur assiduité au travail, mais aussi, sous les conditions dures de l’occupation, grâce au grand développement de l’art grec moderne, spécialement dans les champs de la littérature et de la musique.

La Grèce a choisi le chemin du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.

Nous avons été attaqués, nous avons répondu par la solidarité et la résistance et nous avons survécu. Maintenant nous faisons exactement de même, avec la certitude que, avec le temps, le peuple grec vaincra. Ce message est dirigé à Merkel et à son ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, et je mets bien l’accent sur le fait que je continue à être un ami du peuple allemand et un grand admirateur de sa contribution à la science, à la philosophie, à l’art et, en particulier, à la musique. La meilleure preuve de cela est que j’ai confié toute mon œuvre musicale à deux maisons d’édition allemandes, Breitkopf et Schott, qui sont parmi les plus grandes maisons d’édition du monde, et mes relations avec celles-ci sont très cordiales.

Aujourd’hui, ils nous menacent de nous jeter de l’Europe. S’ils ne nous veulent pas une fois, nous ne voudrons pas dix fois faire partie de l’Europe de Merkel et de Sarkozy.

Aujourd’hui, dimanche 12 février, Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l’Acropolis et a donné par cela le signe qui a marqué le début de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – et moi nous allons participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et places se rempliront de centaines de milliers de grecs qui expriment leur colère contre le gouvernement et la troika.

Hier j’ai écouté notre premier ministre–banquier quand il a, en s’adressant au peuple, dit que nous avons déjà presque touché le fond. Mais : qui est-ce qui nous a emmené à ce fond en seulement deux ans ? Ces sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés de voter un nouveau Mémorandum pire que le précédent. Pourquoi ? Parce que le FMI et l’Eurogroupe nous obligent à le faire avec leur menaces : si nous n’obéissons pas, ce sera la faillite... C’est une situation totalement absurde. Les groupes grecs et étrangers qui nous haïssent et qui sont les uniques responsables de la situation dans laquelle est notre pays, nous menacent et nous font chanter pour continuer à nous détruire jusqu’à notre extinction définitive.

Pendant des siècles nous avons survécu dans de très difficiles conditions. Et voilà que non seulement nous survivrons maintenant, mais nous ressusciterons s’ils nous poussent par la force jusqu’à l’avant-dernière marche de l’escalier qui conduit à la mort.

Dans ces moments je consacre toutes mes forces à unir les grecs. J’essaie de les convaincre de ce que la troika et le FMI ne sont pas une rue à sens unique. Il y a une autre solution : changeons l’orientation de notre nation. Trouvons avec la Russie une coopération économique qui nous aide à mettre en valeur la richesse de notre pays dans des conditions favorables pour nos intérêts nationaux.

Je propose que nous arrêtions d’acheter de l’équipement militaire allemand et français. Faisons tout notre possible pour que l’Allemagne nous paie les réparations de guerre qu’elle nous doit, qui avec les intérêts accumulés s’élèvent à 500 milliards d’euros.

L’unique force capable de faire ces changements révolutionnaires est le peuple grec dans un front uni de Résistance et Solidarité qui expulse du pays la troika (FMI et banques européennes). En même temps, déclarons nul et sans effet tous ses actes illégaux, prêts, dettes, intérêts, impôts et achats de biens publiques). Bien sûr, leurs associés grecs qui notre peuple a déjà condamné comme traîtres recevront le châtiment qu’ils méritent.

Je vis totalement pointé sur cet objectif (l’union du peuple dans un Front) et je suis sûr que nous allons l’obtenir. J’ai lutté avec les armes à la main contre l’occupation nazie. J’ai connu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j’ai fondé le Front Patriotique (Patriotik ò Mètopo, PMA), la première organisation de résistance contre la Junte Militaire. J’ai lutté dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné dans l’« abattoir » de la police de la Junte. Mais je suis ici.

J’ai 87 ans et il est très probable que le jour du salut de ma chère patrie, je ne sois parmi vous. Mais je vais mourir avec la conscience tranquille, parce que je remplirai jusqu’à la fin mon devoir avec les idéaux de liberté et du droit.

Mikis Theodorakis


Article original en grec : Spitha-kap, Athènes, le 22 février 2012.

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 12:06

 

 

Merci Amnesty France, via mondialisation.ca

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 16:09

Article de Olivier Mayer - Humanité du 15-12-20 11

   

Les Échos de mardi (13-12-2011) publiaient un point de vue de Charles Beigbeder sous le titre: « Les retraités doivent prendre leur part de la rigueur ».  

Le papier ne mériterait pas tant d'attention si son auteur ne l'avait signé en tant que secrétaire national de l'UMP et vice-président de Fondapol¹, la fondation du parti du président.  

 

Ce qu'il propose: geler les pensions de retraite à leur (bas) niveau actuel. Celles, du moins, supérieures à 1 000 euros. C'est-à-dire une diminution générale du pouvoir d'achat des pensions.  

 

Nicolas Sarkozy s'était solennellement engagé le 12 juillet 2010: « Je dis aux 15 millions de retraités qu'on ne touchera pas à leur pension de retraite. » Les syndicats avaient démontré que sa « réforme », en reculant l'âge de départ, aboutissait de fait à diminuer les pensions des futurs retraités.

 

L'UMP annonce aujourd'hui que ce sont les pensions des actuels retraités qui sont dans le collimateur.  

Quelles justifications avance le secrétaire national de l'UMP?  

 

« Revenir sur cette indexation n'est pas iconoclaste puisque certains de nos voisins l'ont déjà appliquée. » Il rappelle qu'en Italie, la ministre des Affaires sociales, Elsa Fornero, a proposé, les yeux emplis de larmes, « l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, le calcul du montant des pensions sur la base de l’ensemble des salaires et le gel de l'augmentation des retraites ».  

 

« Si les deux premiers points ont été à l'affiche de la réforme de 2010 en France, le gel des retraites n'a jamais été abordé », regrette-t-il. D'autant plus que, prétend-il, ce n'est que depuis la réforme Balladur de 1993 que le montant des pensions est indexé sur les prix. En oubliant de préciser qu'auparavant, ce montant était indexé sur les salaires et que l'indexation sur les prix a déjà contribué à une diminution du pouvoir d'achat des pensions. 

 

« Il ne s'agit pas de toucher au cœur de la pension, répète Charles Beigbeder, mais bien de ne pas l'augmenter automatiquement d'un coup de baguette magique chaque 1er avril. » Selon lui, désindexer les retraites au-delà de 1 000 euros mensuels rapporterait environ 13,5 milliards d'euros par an. Et il ose avancer qu'il y a « des marges de manœuvre importantes pour mieux gérer nos retraites sans pénaliser les plus démunis ».

 

Dans la logique de la « réforme » de Sarkozy, celle dictée par les financiers, il y aura toujours des économies à faire et elles se feront toujours sur le dos des salariés et des retraités. 

 

Posons la question de civilisation: doit-on consacrer une part des richesses qui existent à permettre que les hommes et les femmes puissent vivre leur vie, dont la durée augmente, jusqu'au bout, dignement et confortablement?  

 

L'élection présidentielle est un moment de ce choix qui devrait être un débat gauche droite. Bien plus passionnant et utile que des petites jongleries où l'on dissimule sous des formules habiles des renoncements bien réels.

 

Notes de l’auteur du Blog :

 

¹ FONDAPOL veut également relancer les privatisations pour désendetter la France, réduire les dépenses de santé via la mise en place d'une franchise annuelle à hauteur de 2 % des revenus des ménages, réformer l'assurance-maladie en impliquant davantage les assureurs privés ² et en modulant les cotisations en fonction du risque.

 

² Le clan Sarkozy est à l’affût http://www.sharknews.fr/societe/economie/2379-guillaume-sarkozy-veut-accroitre-le-reseau-commecial-de-malakoff-mederic

 

A poursuivre dans cette voie nous serons bientôt au niveau des grecs.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 14:49

Le procès verbal de la séance du 22 novembre 2011 a été adopté à l’unanimité sans modification majeure puis madame le maire a donné lecture des décisions qu’elle avait prises sur délégation de la majorité du conseil.

 

I Affaires financières, débat d’orientation budgétaire :

 

L’Etat se désengage pour combler son déficit. Les dépenses de la commune progressent plus vite que les recettes. Le temps des vaches maigres se poursuit. J’ai fait la déclaration suivante :

 

Malgré quelques bémols, bien que vous vous défendiez de faire de la politique, les documents que vous nous avez transmis bien que riche d’informations¹  reprennent les thèmes chers à Sarkozy celui qui disait travaillez plus pour gagner plus. Il est aujourd’hui le champion de l’austérité et du chômage et tait ses responsabilités.

 

Ainsi, le marasme économique et financier, le déficit de la France, seraient la conséquence d’une crise mondiale dont nul ne saurait d’où elle vient. Un autre aspect de l’invisible loi du marché en quelque sorte.

 

Je ne partage pas cette analyse. La crise est la conséquence des politiques mises en œuvre par les gens qui nous gouvernent depuis des décennies.

 

La dette française est égale à la somme des intérêts réclamés depuis l’application, en 1973, de la loi Pompidou Giscard, dite loi Rothschild,  qui a supprimé la possibilité de recourir à la banque de France à taux zéro et fait obligation d’emprunter aux banques, ou autres organismes privés qui, au passage,  empochent de juteuses rémunérations.

 

Aujourd’hui le taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) doit être aux alentours de 1,5 %, mais vous empruntez entre 4 et 5 %, la Grèce en est à 6, 7, 8, 9, la différence va alimenter les fonds spéculatifs qui pillent l’économie mondiale.

 

Depuis 1973, à l’exception des candidats présentés par les petits partis, et du Front national qui pour moi n’est pas une référence, aucun des autres aspirants à la magistrature suprême, qui ont tous appartenu  à un moment ou à un autre à une majorité gouvernementale n’a, lorsqu’il était en fonction, proposé de remise en cause  ni manifesté le moindre remord. Ils s’indignent tous depuis soixante six ans (pour les plus âgés)  du sort des SDF et des mal logés pour oublier l’hiver à peine terminé.

 

Souvenez- vous également  d’un candidat à la présidence de la républiques clamant il y a quelques années : «  Endettez-vous sur  hypothèque  » démarche qui a conduit à la crise des sub-primes aux USA et  aux « fonds » toxiques qui ont inondés la planète et mis en difficultés les banques qu’il a fallu renflouer avec les deniers des peuples. Là il y avait de l’argent.

 

Les responsables sont connus, depuis Reagan Thatcher voire avant, ce sont tous ceux qui ont gouverné les USA, l’Union Européenne, jusqu’à Cameron, Obama, Sarkozy, Merckel qui conserve néanmoins la fibre allemande et obtient pour son pays plus avec l’Euro que Hitler n’avait pu le faire avec ses divisions blindées. L’Allemagne tire ses excédents de ses importations de pièces détachées payées en euros aux PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) à monnaies faibles.

 

Il nous faudrait maintenant rembourser les intérêts  capitalisés et pour cela accepter des sacrifices  supplémentaires, hausse de la TVA, rebaptisée sociale,  hausse de l’impôt sur le revenu. Avec la non revalorisation des tranches d’impositions. 100 000 à 200 000 foyers supplémentaires vont être assujettis à l’I.R.P., les couches moyennes en subiront aussi les conséquences : Rentrées attendues  1,5 à 2 milliards d’euros,  ponction sur le pouvoir d’achat qui conjuguera la  croissance au négatif.

 

Vous présentez comme effet d’aubaine,  page 3 premier alinéa, le fait que la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) attribué par l’Etat aux collectivités territoriales ne soit plus indexée sur la croissance qui s’effiloche par contre vous omettez de préciser qu’elle reste entraînée par la décroissance.

 

Nous n’avons rien à attendre du Fonds de Péréquation des Recettes Intercommunales et communales (page 1 premier alinéa et renvoi), il  va monter en puissance sur cinq ans. Nous serons contraint de l’abonder, dès cette année, comme la communauté d’agglo car nous sommes parait-il une « commune riche » mais, si rien ne change, dont les ressources resteront ad vitam aeternam obérées pas ses insuffisances initiales en matière de taxe professionnelle dont le reversement par la communauté d’agglo s’étiole au fur et à mesure des transferts de compétences qui sont suivis, il ne faut pas l’oublier, de transferts de moyens correspondants (de la commune vers l’agglo).

 

Dans ces conditions, il ne vous restera comme à d’éventuels successeurs qu’à pousser une seconde fois le feu des impôts locaux² et l’augmentation des prestation servies par la commune  ce que vous avez  admis lors de la commission des finances ce que vous venez de confirmer.

 

Après, et avec le prix de l’eau qui va poursuivre son ascension, comme celui du gaz, celui annoncé de l’électricité il va falloir, à l’instar du système de santé, payer encore plus pour se chauffer moins.

 

 Pour terminer, un paradoxe, au niveau européen on fait état de la mobilisation de centaines de milliards d’euros pour combler les déficits, en France nos gouvernants peinent à en trouver  cinq cents millions, en déshabillant pierre pour habiller Paul, afin de relancer la croissance.

 

Vous ne pouvez rétorquez que vous n’avez pas été élu(e) s pour entendre cela mais  le document que vous nous avez présenté est une profession de foi éminemment politique, mes observations de même.

¹ Il confirme en particulier que les dépenses progressent plus vite que les recettes, au rythme des désengagement de l’Etat et des transferts de charges qui vont se poursuivre. Jusqu’où pourrons-nous aller comme ça.

 

² Augmentation de 6 % en 2009 plus une revalorisation des bases d’imposition par le gouvernement avait consisté en un transfert d’impôt  entre contribuables. Il est également à noter que les abattements instaurés pour charges de familles, appréciables pour les bénéficiaires, se sont effectués au détriment  d’autres catégories de contribuables y compris celles aux revenus les plus modestes dont le plafonnement d’impôt a, en outre, été réduit.

 

Pour la majorité, en résumé, la situation est certes difficile mais il faut s’adapter, utiliser au mieux  chaque euro disponible, elle n’y peut rien .

 

Les charges transférées à la communauté d’agglo (accompagnées des moyens correspondants ndlr) ont ensuite été entérinées. Il est à noter que l’attribution de compensation versée par la CAVO à la commune  passe en conséquence de 321 345 euros à 103 181 euros.

 

II Urbanisme Travaux :

 

Les solutions retenues n’étant pas de nature à assurer l’accueil des élèves en maternelle comme en primaire sur les long et même moyen terme je n’ai pas approuvé l’Avant Projet Définitif (APD) relatif à l’opération extension- réhabilitation de l’école Pierre Brossolette car la croissance démographique de Villiers sur orge est loin d’être achevée, il reste encore plusieurs dizaines d’hectares à urbaniser et les récentes mesures gouvernementales  incitant à la densification des zones qui le sont déjà. Il faudra rouvrir le dossier lors du prochain mandat ou classer les terrains disponibles en zones naturelles  inconstructibles mais c’est contraire aux orientations actuelles en matière d’urbanisation.

 

J’ai par contre approuvé les demandes de subventions au titre de la dotation des territoires ruraux.

 

III Enfance jeunesse :

 

Les enseignants de Malraux organisent ont sollicité une subvention de la commune pour organiser une classe transplantées. Je me suis étonné de la brièveté du séjour : 48 heures mais néanmoins voté pour l’octroi des aides demandées.

 

De même j’ai approuvé le contrat Enfance Jeunesse 2 ème génération en regrettant que d’année en année les subventions ce la CAF se réduisent comme peau de chagrin.

 

IV Affaires Générales :

 

Le remplacement d’un membre du CCAS par un autre élu étant une affaire interne à la majorité je n’ai pas participé au vote. En l’absence de certification comptable je me suis abstenu lors du vote du compte rendu d’activité de la SORGEM dont il convient cependant de noter qu’elle élargir son champ d’actions très au-delà de la CAVO.

 

J’ai approuvé l’adhésion au groupement de commandes pour la reliure des actes administratifs et d’état civil.

 

Madame le Maire a ensuite donné quelques informations qui seront reprises dans le procès verbal de la séance publié ultérieurement sur le site de la commune.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:21

des détenus torturés et privés de soins médicaux » Tripoli/Bruxelles, 26 Janvier 2012

MSF suspend ses activités dans les centres de détention de Misrata, en Libye. Les personnes détenues dans la ville de Misrata sont victimes de tortures et ne peuvent recevoir des soins médicaux d'urgence. Ce qui a amené Médecins Sans Frontières à suspendre ses activités dans les centres de détention de la ville.

 

 

Les équipes MSF ont commencé à travailler dans les centres de détention de Misrata, en Libye, en août 2011 pour y soigner les blessés de guerre prisonniers. Depuis lors, les médecins MSF ont vu de plus en plus de patients souffrant de blessures qui avaient été causées par des tortures lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention. Au total, MSF a soigné 115 personnes présentant des blessures liées à la torture et a rapporté l’ensemble de ces cas aux autorités compétentes à Misrata. Depuis le mois de janvier, plusieurs patients qui ont été renvoyés dans les centres d'interrogatoire y ont même été torturés de nouveau.

« Certains responsables ont cherché à instrumentaliser et entraver le travail de MSF, a déclaré Christopher Stokes, directeur général de MSF. Des patients nous ont été amenés au milieu d’un interrogatoire pour recevoir des soins médicaux afin qu’ils soient remis en état pour la poursuite de l’interrogatoire. Ceci est inacceptable. Notre rôle est de dispenser des soins médicaux aux blessés de guerre et aux malades en détention, et non de soigner encore et encore les mêmes patients entre deux séances de torture. »

Il a également été demandé aux équipes médicales de MSF de soigner des patients dans les centres d'interrogatoire, ce que l’organisation a catégoriquement refusé.

Le cas le plus inquiétant s’est produit le 3 janvier dernier lorsque les médecins MSF soignaient un groupe de 14 détenus revenant d’un centre d'interrogatoire situé en dehors des centres de détention. Malgré les demandes répétées de MSF de mettre fin immédiatement à la torture, neuf des 14 détenus souffraient de nombreuses blessures et présentaient des signes évidents de torture.

L’équipe MSF a informé le National Army Security Service - l’organisme responsable des interrogatoires - qu’un certain nombre de patients devaient être transférés d’urgence dans des hôpitaux pour y recevoir des soins spécialisés. Or, tous ces patients, à l’exception d’un seul, ont été de nouveau privés de soins médicaux essentiels et torturés lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention.

Après avoir rencontré différents responsables, MSF a adressé une lettre officielle le 9 janvier au Conseil militaire de Misrata, au Comité de sécurité de Misrata, au National Army Security Service et au Conseil civil local de Misrata, demandant de nouveau l’arrêt immédiat de toute forme de mauvais traitements sur les détenus.

« Aucune mesure concrète n’a été prise, constate Christopher Stokes. Au contraire, notre équipe a reçu quatre nouveaux cas de torture. Nous avons donc pris la décision de suspendre nos activités médicales dans les centres de détention. »

MSF est présente à Misrata depuis avril 2011, au cœur du conflit libyen. Depuis août 2011, MSF travaille dans les centres de détention de Misrata où l’organisation soigne les blessés de guerre, pratique des opérations chirurgicales et assure le suivi orthopédique des patients victimes de fractures. Les équipes de MSF ont donné 2 600 consultations, dont 311 pour des traumatismes liés à la violence.

MSF poursuit son programme de santé mentale dans les écoles et les structures de santé de Misrata, et continue à apporter une aide à quelque 3 000 migrants d’origine africaine, réfugiés et déplacés dans la région de Tripoli.

 

MSF est une organisation humanitaire médicale internationale qui travaille en Libye depuis le 25 février 2011. Pour assurer l’indépendance de son travail médical, MSF ne mobilise que des dons privés pour financer ses activités en Libye et n’accepte aucun financement provenant d’Etats, de bailleurs de fonds, de groupes militaires ou politiques.

http://www.msf.fr/presse/communiques/libye-detenus-tortures-et-prives-soins-medicaux

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 15:19

NATIONALISER LA POLITIQUE MONÉTAIRE


Jacques Nikonoff est porte-parole du M’PEP et ancien président d’Attac. Derniers ouvrages publiés :

  • « Sortons de l’euro ! Restituer au peuple la souveraineté monétaire » (Mille et une nuits, 2011)
  • « La confrontation. Argumentaire anti-FN » (Le Temps des Cerises, 2012).

La révolution conservatrice, à partir du tournant des années 1970-1980, entre autres choses, a organisé la privatisation de la politique monétaire. Avec le traité de Maastricht de 1992, elle a ouvert la voie à la formule la plus réactionnaire du monde en créant la Banque centrale européenne (BCE). Évidemment, le mot « privatisation » n’a jamais été prononcé », on l’a remplacé par le mot « indépendance ». Un mot qui sonne bien, qui donne en tout cas, spontanément, l’impression d’être préférable à son contraire. Qui choisirait la dépendance plutôt que l’indépendance ?

 

Ainsi le tour était joué, on vendait aux citoyens un concept sympathique pour masquer une politique monétaire entièrement tournée vers les intérêts des détenteurs de capitaux. Un pan essentiel de la souveraineté populaire basculait alors du côté des forces de l’argent. Car cette indépendance de la BCE n’en était pas une, elle devenait en réalité dépendante et soumise aux marchés financiers. Cette politique monétaire est responsable de la mise au chômage de millions d’Européens.

 

La gauche doit revendiquer haut et fort la nationalisation de la politique monétaire et de la monnaie. C’est une question de bon sens car la politique monétaire est un instrument essentiel de la politique économique. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener de politique de gauche sans l’instrument monétaire, et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs. Les conséquences d’une nationalisation de la politique monétaire sont évidemment considérables puisque pour y parvenir il faudra que la Banque de France sorte du Système européen des banques centrales (SEBC). Cependant, cela ne signifie pas la rupture des relations habituelles entre banques centrales. C’est le lien de soumission de la Banque de France à la BCE qui sera rompu. La France redeviendra libre de mener une politique monétaire favorable à l’emploi, au développement économique, social et environnemental. La suite logique sera le retour du franc, car comment nationaliser la politique monétaire sans nationaliser la monnaie ?

 

Le Parti socialiste, poussé par une partie de son électorat et de ses militants de plus en plus critiques avec le système euro libéral de l’Union européenne, de la BCE et de l’euro, lâche un peu de vapeur, mais c’est pour mieux enfumer l’opinion publique. Sa proposition de permettre à la BCE de prêter directement aux États est en effet illusoire. C’est d’ailleurs pour cette raison que le PS fait cette proposition, car il sait très bien qu’elle ne passera jamais. Il peut ainsi se présenter comme euro critique à bon compte ! C’est comme pour la taxe Tobin, ça ne mange pas de pain !

 

Demander que la BCE prête directement aux États  est illusoire, d’abord, car la totalité des 27 pays membres de l’Union européenne ne se mettront jamais d’accord sur une telle réforme si contraire à toute l’orthodoxie néolibérale. Peut-être, un jour, cela sera-t-il possible. Mais certainement pas à court terme. Faut-il attendre ce jour comme le messie et, en attendant, subir les coups de l’euro libéralisme ? Quelle mystification ! Comment faire des propositions aussi invraisemblables ! En outre, jamais les dirigeants allemands – quels qu’ils soient – n’accepteront un tel changement de politique monétaire qui heurterait leur culture au plus profond. C’est ne rien comprendre à l’Allemagne et faire preuve de beaucoup de légèreté que d’entretenir cette illusion.

 

Revendiquer que la BCE prête directement aux États est une illusion, ensuite, car cela sous-entend qu’une politique monétaire de gauche est possible avec des gouvernements de droite. Et aussi avec des dirigeants de la BCE tous issus et dévoués aux marchés financiers ! Comment est-il possible de croire des choses pareilles ? Comment mener une politique monétaire de gauche en gardant le principe de l’indépendance de la BCE ? C’est totalement incompatible puisque par définition l’indépendance de la BCE ne peut pas lui permettre de mener une politique inspirée par les gouvernements (de gauche !). Pour que la BCE prête directement aux États, il faut donc remettre en cause le statut d’indépendance de la BCE.

 

Bien sûr, le Parti socialiste reste muet sur le sujet. S’agissant du PS on ne sera pas surpris. Mais quand c’est le Front de gauche, les bras nous en tombent ! Alors que le Front de gauche dispose de nombreux atouts pour offrir une véritable – alternative – en tout cas c’est le seul rassemblement à la gauche du PS – il reste précisément dans le sillage du PS. Comme le PS, il demande que la BCE prête directement aux États, alimentant la confusion politique. Comme le PS, il ne revendique pas la remise en cause de l’indépendance de la BCE et la nationalisation de la politique monétaire. Il revient à son électorat de continuer la pression sur les dirigeants du Front de gauche pour les aider à se mettre en phase avec les attentes de la population.

 

Un nouveau signe de cette montée de la rage populaire contre le système de Bruxelles a été fourni lors d’une initiative sur la dette organisée par Attac et Médiapart le 15 janvier dernier. Beaucoup de monde, plus de 1 000 participants qui ont bousculé les organisateurs. En effet, pour une fois, une voix discordante avait été invitée à s’exprimer en la personne de l’économiste Frédéric Lordon. Il a prononcé une intervention brillantissime qui a fait un véritable tabac, sous les acclamations du public, alors que les organisateurs restaient silencieux…

 

Une vidéo à voir et revoir en boucle :

http://www.dailymotion.com/video/xnrsv2_leur-dette-notre-democratie-frederic-lordon_news

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 11:42


Une contribution précise sur la question décisive des conditions d’une autre politique monétaire, dans les réalités des institutions européennes par Citoyen Lambda.

 

Le projet monétaire du Front de Gauche est résumé en 12 pages dans l’opuscule "l’Humain d’abord" (§ 2, pages 29 à 36, et § 7, pages 67 à 71), largement diffusé par les militants.


  Le paragraphe 2 s’intitule : Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers.

 

- En page 29 nous lisons : Nous agirons pour changer les missions de la Banque Centrale Européenne…

-  En page 30 nous lisons : Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant la politique et les critères du crédit. Blocage des échanges de capitaux avec les paradis fiscaux.

 

-Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Banque de France et création d’un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire pour l’expansion des services publics et des qualifications.


- En page 32 nous lisons : reprise du contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union Européenne ; possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics ; obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières ; …
Nous proposons que la BCE (…) finance directement par création monétaire, un fond de développement social, solidaire et écologique européen.


- En page 33 nous lisons : Des titres publics pour le développement social seront rachetés directement par la BCE et les banques centrales nationales.


- En page 35 nous lisons : Nous combattrons la spéculation et la financiarisation de notre économie en interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux, ce qui contribuera à leur disparition.


- En pages 35 et 36 nous lisons : Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés. En page 36 nous lisons : Nous agirons en même temps pour changer les traités européens…


Tous ces points contreviennent aux dispositions des traités européens, et en particulier à celui de Lisbonne.
Les institutions européennes, dont la BCE, sont ainsi faites, qu’il faut l’unanimité des 17 membres de la zone Euro pour modifier les statuts de la BCE, et l’unanimité des 27 membres de l’Union Européenne pour modifier un traité européen.( ndlr du blog: Ils feront l'objet de recours  auprès des juridictions compétentes, les décisions seront annulées).


Alors évidemment, les rédacteurs du programme du Front de Gauche, ne peuvent pas nier l’obstacle, d’où le chapitre 7 (pages 67 à 71) : S’affranchir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe.


Que veut dire "affranchir" ? Pourquoi ce verbe, et non pas simplement "sortir" du traité de Lisbonne. Quand on affranchit un esclave, on n’abolit pas l’esclavage…


- En page 69 nous lisons : Sans attendre cette échéance, nous agirons pour développer des politiques européennes nouvelles libérées des marchés financiers.
… nous refuserons d’appliquer des directives contradictoires à nos engagements, notamment en ce qui concerne la dérégulation des services publics.


Le maître mot est donc "désobéissance".


Notre opinion est très simple finalement.


Si, comme le prétend le Front de Gauche, il veut réellement reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, nous pensons que la voie prise est une très mauvaise voie. Elle consiste en effet à attendre que 17 ou 27 pays soient d’accord avec ce que propose le Front de Gauche français, et donc à espérer que la désobéissance française fasse tache d’huile, comme cela est clairement dit page 69.


Ce disant, ce faisant, le Front de Gauche n’est pas du tout à la hauteur de l’urgence sociale que par ailleurs il décrète. Pire que ça, il envoie ses troupes et ses électeurs à l’assaut de l’Everest, en leur disant qu’il s’agit de la Butte Chaumont.


Abordons le fond des solutions préconisées.


Le programme du Front de Gauche prétend vouloir reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, mais :


- Il ne dit mot sur les mécanismes de la création monétaire ;
- Il n’envisage pas de toucher au prêt à intérêt ;
- Il n’envisage les dettes que comme "publiques" et en fait une analyse budgétaire (page 33), tombant ainsi dans le piège tendu par la droite et le PS ;
 Il préconise de payer, aux créanciers privés, la plus grosse partie des dettes dues à la création monétaire publique et privée-devenue-publique, suite aux "renflouements divers" depuis 2007 (page 70) ;
 - Il est confus et contradictoire à propos des mouvements de capitaux, parlant tantôt de contrôle et de taxation, tantôt de blocage (comme souligné ci-dessus).
- Il ne chiffre rien, et reste très vague sur l’essentiel (il n’y est par exemple question que "de nationalisations de banques et de compagnies d’assurance" (page 35). Combien ? Lesquelles ?) ;
  Etc.


Dans la situation européenne et mondiale actuelle de la finance et des monnaies, nous pensons que les rédacteurs du programme du Front de Gauche sont passés à coté de leur sujet.


Si l’on reste sur le sujet qui est le nôtre, c’est-à-dire la politique monétaire, comment le Front de Gauche entend-il reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, tout en demeurant sous la férule du FMI et de la Banque Mondiale ?...


Inversement, dans le chapitre 8, page 74, nous lisons : Nous mettrons un terme à une politique étrangère de la France basée sur les relations néocoloniales et la Françafrique. Mais alors pourquoi, encore et toujours, éluder la question du Franc CFA ?


Est-ce que l’intention de mettre un terme aux relations néocoloniales est compatible avec le fait de garder la mainmise sur la monnaie de l’Afrique francophone ?


Nous pensons que les rédacteurs du programme du Front de Gauche ne se sont pas encore assez "affranchis", eux, des cogestions désastreuses avec les Partis Socialistes européens depuis 40 ans, et que ce programme en porte encore les plaies. L’enthousiasme de certains militant(e) s, sincères, fera donc encore place à de cruelles déceptions, mais c’est peut-être ça "le programme"...


Approfondir le sujet :  http://www.citoyen-lambda.fr/monnaie-mdcf.html

 

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:41

Au verbe facile, doté du sens de la répartie, objet d’éloges de la part de nombreux commentateurs pour sa prestation télévisuelle du 12 janvier 2012, Mélenchon est-il pour autant un bon candidat de gauche, ses propositions sont-elles de nature à mettre fin au marasme qui nous environne, à nous sortir de la mouise ? Je serais plus tempéré.

Il est certes brillant, en apparence, mais  n’oublions pas que c’est le fond qui prime et non la forme, les effets de manches ne peuvent remplacer la logique et l’argumentaire, le meilleur outil pédagogique ne peut gommer les lacunes d’un programme, quel qu’il soit, qui transparaissent dès que l’on se donne la peine de gratter le vernis dont il est enrobé, reproche que l’on peut adresser à la quasi-totalité des candidats en présence qui nous promettent toujours monts et merveilles la veille des élections pour nous inciter à la patience le lendemain du scrutin. Ainsi le travaillez plus de Sarkozy pour gagner plus et alimenter le chômage est devenu travaillez plus pour gagner moins, le chômage explose. Chirac disait vouloir réduire la fracture sociale, elle s’est accentuée, Mitterrand et Jospin ne nous ont laissé que la droite et l’austérité en héritage.

Même paré des plumes d’un paon Mélenchon ne reste qu’un paon et  n’a d’autre soucis  que de faire le meilleur score possible pour réintégrer le bercail réformiste en bonne position lors de la  répartition des strapontins.

Le Programme Populaire Partagé du Front de Gauche n’est pas de nature à nous faire retrouver notre souveraineté monétaire dont l’abandon, en 1973, loi Pompidou Giscard dite loi Rothschild, reprise par le traité de Maastricht, a démultiplié la dette au travers des intérêts versés  au profit du capital privé (il faut lire et relire Eric Toussaint). Ce que l’on dénomme aujourd’hui la crise c’est l’abondance pléthorique pour quelques-uns, les sacrifices pour les peuples.

 Il faut dévoiler et dénoncer les responsabilités successives, désobéir à l’UE jusqu’à en sortir, revenir au Franc pour inverser la tendance. Il n’y aura pas de croissance possible sans souveraineté monétaire. Le M’PEP en a clairement énoncé la méthodologie, les délais : Six mois, les conséquences prévisibles. Il faut faire ce que ne prévoient ni le Front de gauche ni Mélenchon qui renvoient à un éventuel référendum, et une modification de la constitution, pour l’après deuxième tour. L’écrire en exergue du PPP eut été plus mobilisateur au premier tour. Si la démarche n’était pas sans arrière pensée pourquoi refuser l’entrée du M’PEP au sein du Front de Gauche? Il ne l’a pas voulu car il est européiste, Hollande ne le fera pas non plus pour la même raison, mais ils ne sont pas les seuls à refuser de s’affranchir des traités européens. Dans ces conditions leurs marges de manœuvre sont  réduites  à peu de choses. En attendant, « Billancourt », les exclus ou en voie de l’être désespèrent certains iront se réfugier dans l’abstention d’autres rejoindre le camp Lepéniste.

J’ai déjà là une première raison de ne pas accorder mon suffrage au candidat du Front de gauche.

 La seconde est motivée par le feu vert donné par le parti de gauche à l’intervention de l’OTAN en Libye, sous l’autorité de l’ONU, pour une nouvelle aventure coloniale à visée planétaire. Il est à noter que les trois députés européens membres du PCF se sont à cette occasion « courageusement » abstenus. Le  PS a applaudi.

La troisième pour son approche du développement durable au travers des thèses fallacieuses du GIEC, l’abandon  du nucléaire civil alors que les réacteurs de quatrième génération, plus sûrs, nous mettraient à l’abri de toute pénurie d’électricité pour plusieurs génération dans des conditions économiques optimales pour les consommateurs individuels et l’appareil productif. Si l’électricité ne peut actuellement être stockée, elle peut être utilisée pendant les heures creuses, de nuit principalement, pour le chauffage par accumulation  et le rechargement des bassins en amont,  alors que les réacteurs ont des disponibilités, restituée ensuite en périodes de plus forte charge.

Beaucoup de scientifiques s’interrogent sur la réalité du réchauffement climatique, ses origines. Mélenchon qui n’est pas un scientifique a tranché, sans preuve, ou ses conseillers pour lui, c’est l’Homme qui serait  responsable, nous plaçant, comme dans le domaine de la santé, devant l’alternative ou payer plus des énergies alternatives aléatoires ou nous chauffer (soigner) moins mais cela il ne l’écrit pas. Si le réchauffement n’est pas d’origine anthropique qui stoppera la dérive des continents et les rayonnements cosmiques ? Les hollandais se sont adaptés en aménageant des polders la planète n'a pas toujours été ce quelle est devenue, essentiellement par la force des éléments. Ne trouve-t-on pas des fossiles marins un peu partout?

Quatrièmement, que Mélenchon réussisse un bon score le rendrait plus exigeant vis-à-vis de ses alliés du premier tour. Nous assisterions dans cette hypothèse à un étouffement encore plus rapide du PCF, qui abandonne déjà ses fondamentaux, et sa transformation définitive en force d'appoint  de  la  social démocratie, jusqu’à la fusion pure et simple. Un bide de sa part pourrait à contrario provoquer une réaction salutaire à la condition d’apporter les bonnes réponses aux vraies questions que se posent les habitants de notre pays. Après tout le PCF, interdit en 39, ses militants pourchassés, internés, déportés, fusillés, était devenus trois années plus tard un acteur politique majeur  incontournable pour la libération, y compris économique, du pays.

L’Union européenne et l’euro sont à l’origine du marasme actuel. Raison suffisante pour nous en débarrasser, rechercher de nouvelles alliances avec les forces de progrès où qu’elles se trouvent dans le monde, nous ne les trouverons pas seulement en Europe ou la gauche, malade, a besoin de se ressourcer.

Cette élection présidentielle offrait la possibilité d’avancer quelques propositions réalistes, l’absence d’un candidat représentatif de la vraie gauche l’interdit et pèsera négativement sur la teneur des débats lors des législatives qui suivront et  resteront, par la force du suffrage universel, à dominante réformiste. Nous avons déjà donné.

Il y avait une opportunité à saisir le Front de gauche, le PCF et leurs alliés ne l’ont pas voulu.

Il faudra alors, dans le meilleur des cas, préparer le grand soir en révisant les fondamentaux, le pire serait d’attendre les élections suivantes, cinq années perdues,  l’arme aux pieds. Tant pis pour les jeunes, les plus vieux seront morts.

Chacun devant agir en son âme et conscience tout ce qui précède n’est en aucun cas une consigne de vote mais un point de vue personnel. Si je me rends aux urnes, en l’état de propositions des uns  et des autres,  ce sera uniquement pour éliminer Le Pen et  éjecter Sarkozy sans illusion, aucune, sur celui qui prendra la succession. Le seul candidats ayant à mes yeux un préjugé favorable est Dupont-Aignan lorsqu’il écrit : L’euro, les banquiers et la mondialisation L’ARNAQUE DU SIECLE mais hélas le PCF n’a plus ni les forces ni la volonté nécessaires pour imposer un compromis social plus favorables au peuple, à l’image, en son temps, du programme du Conseil National de la Résistance dont les acquis sont en cour de détricotage.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:42




Domenico Losurdo est professeur de philosophie à l’Université D’Urbino ( Italie). Il est notamment l’auteur de Révisionnisme en histoire problèmes et mythes (Albin Miche), de Fuir l’histoire (Delga), le péché originel du XX ème siècle, Staline Histoire et critique d’une légende noire.


En 2005 vous avez publié votre livre « Fuir l’histoire ? La révolution russe et chinoise aujourd’hui. » Qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire ?


La première édition du livre a été publiée en 1999. C’était à un moment où la fin de la guerre froide était interprétée comme l’impossibilité irrémédiable de toute tentative pour construire une société socialiste, comme le triomphe définitif du capitalisme et de la « fin de l’histoire ». En Occident, cette manière de voir les choses a fait une brèche au sein même de la gauche : même les communistes, bien qu’ils déclarassent vouloir rester fidèles aux idéaux du socialisme, ont cependant ajouté qu’ils n’avaient rien à voir avec l’histoire de l’URSS ou de la Chine, où, disaient-ils, s’était produit la « restauration du capitalisme ». Pour m’opposer à cette « fuite hors de l’histoire » je me suis proposé d’expliquer l’histoire du mouvement communiste depuis la révolution russe d’Octobre jusqu’à la Chine née des réformes de Deng Xiaoping.


A votre avis, pour quelles raisons l’URSS s’est-elle « désintégré » ?


En 1947, quand a été énoncée la politique du containment, son théoricien, George F. Kennan, expliquait qu’il était précieux d’ « augmenter les tensions (strains) que doit subir la politique soviétique », afin de « promouvoir des tendances qui puissent finir par ébranler ou assouplir le pouvoir soviétique ». De nos jours ce n’est pas très différent de la politique U.S. vis-à-vis de la Chine, bien que la Chine ait entre-temps accumulé une grande expérience politique. Mais au-delà de la politique du containment, ce qui a été déterminant dans l’effondrement de l’URSS, ce sont ses graves faiblesses internes. Il faut revenir sur la célèbre thèse de Lénine selon laquelle « il n’y a pas de révolution sans théorie révolutionnaire ». Le parti bolchevique, sans aucun doute, avait une théorie de la prise de pouvoir ; mais si par révolution nous entendons non seulement la destruction de l’ordre ancien, mais également la construction du nouveau, les bolcheviques et le mouvement communiste étaient substantiellement dépourvus d’une théorie révolutionnaire.
De ce point de vue, nous ne pouvons considérer qu’une théorie de la construction d’une société post-capitaliste se réduise à l’espérance messianique d’un monde ou auraient disparu complètement les États, les nations, le marché, l’argent, etc. Le PCUS a commis la grave erreur de ne pas avoir fait d’effort pour pallier cette lacune.


A votre avis, quelles caractéristiques et signification a la révolution chinoise ?


Au début du XXème siècle, la Chine faisait partie du monde colonial et semi colonial, soumise par le colonialisme et l’impérialisme. La révolution d’Octobre fut un tournant historique, qui a déclenché et impulsé une vague anticolonialiste de dimension planétaire. A la suite de cela, le fascisme et le nazisme ont été la tentative de revitalisation de la tradition coloniale. En particulier, la guerre déclenchée par l’impérialisme hitlérien et japonais, respectivement, contre l’Union Soviétique et la contre la Chine, ont été les plus grandes guerres coloniales de l’histoire. De sorte que Stalingrad en Union soviétique, la Longue Marche et la guerre de résistance contre le Japon en Chine ont été de grandioses luttes de classe, qui ont empêché l’impérialisme le plus barbare d’imposer une division du travail fondée sur la réduction des grands peuples à une masse d’esclaves au service de la supposée race des seigneurs.
Mais la lutte d’émancipation des peuples en situation coloniale et semi coloniale ne s’achève pas avec l’obtention de l’indépendance politique. Dès 1949, alors qu’il allait s’emparer du pouvoir, Mao Zedong avait insisté sur l’importance de l’édification économique : Washington voudrait que la Chine se contente « de vivre de la farine états-unienne », dans ce qui serait « une colonie américaine ». Il va sans dire que sans la victoire dans la lutte pour la production agricole et industrielle, la victoire militaire finira par être fragile et vaine. D’une certaine manière, Mao avait prévu le passage de la phase militaire à la phase économique de la lutte pour la révolution anticolonialiste et anti-impérialiste.
Que se passe-t-il de nos jours ? Les États-Unis sont en train de déplacer le gros de leur arsenal militaire en Asie. L’agence Reuter, le 28 octobre 2011, écrivait qu’une des accusations de Washington à l’égard des dirigeants de Pékin étaient de fomenter ou d’imposer un transfert de technologie occidentale à la Chine. C’est clair : les États-Unis prétendent conserver le monopole de la technologie pour continuer à exercer leur hégémonie, y compris une domination néocoloniale indirecte ; en d’autres mots, de nos jours encore, la lutte contre l’hégémonie se déroule également au niveau de développement économique et technologique. C’est un aspect que, lamentablement, la gauche occidentale n’arrive toujours pas à comprendre. Nous devons réaffirmer avec force : non seulement la longue lutte avec laquelle le peuple chinois a mis un terme au siècle d’humiliation et fondé la République populaire est révolutionnaire, la construction économique et sociale à travers laquelle le Parti communiste chinois a libéré de la faim des centaines de millions d’hommes n’est pas révolutionnaire à elle toute seule, mais également sa lutte pour briser le monopole impérialiste de la technologie. Marx nous l’a enseigné. S’il nous a enseigné que la lutte pour dépasser, au sein de la famille, la division patriarcale du travail, est une lutte révolutionnaire, il serait très étrange que la lutte au niveau international pour casser la division du travail imposée par le capitalisme et l’impérialisme, que la lutte pour achever et liquider définitivement ce monopole occidental de la technologie - qui n’est pas un don de la nature, mais le résultat de siècles d’oppression et de domination - ne soit pas une lutte d’émancipation.


En 2005 vous avez publié votre livre « Une contre-histoire du libéralisme » qui a eu un grand succès (en un an il a été réédité 3 fois et à été traduit en diverses langues). Que signifie ce titre ?


Mon livre ne nie pas les mérites du libéralisme, qui met en évidence le rôle du marché dans le développement des forces productives et souligne la nécessité de limiter le pouvoir (bien que seulement à la faveur d’une communauté réduite de privilégiés). Ma contre-histoire du libéralisme s’oppose à l’auto-congratulation et la vision apologétique auxquelles s’abandonnent le libéralisme et l’Occident libéral. C’est une tradition de pensée dans laquelle l’exaltation de la liberté va de pair avec de terribles clauses d’exclusion au détriment de la classe ouvrière et, surtout, des peuples colonisés.
John Locke, père du libéralisme, légitime l’esclavage dans les colonies et est actionnaire de la Royal African Company, l’entreprise anglaise qui gère le trafic et le commerce d’esclaves noirs. Mais au-delà des personnalités individuelles, ce qui est important c’est le rôle des pays qui incarnent le mieux la tradition libérale. Un des premiers actes de politique internationale de l’Angleterre libérale, née de la Glorieuse Révolution de 1688-1689, est de s’assurer le monopole du trafic d’esclaves noirs.
Le rôle de l’esclavage dans l’histoire des États-Unis est encore plus important. Durant 32 des premiers 36 ans de la vie des États-Unis, la présidence du pays a été occupée par des propriétaires d’esclaves. Et ce n’est pas tout. Durant plusieurs décennies le pays s’est consacré à l’exportation de l’esclavage avec le même zèle avec lequel ils exportent aujourd’hui la « démocratie » : au milieu du XIXe siècle ils ont réintroduit l’esclavage au Texas, récemment arraché au Mexique par la guerre.
Il est vrai que l’Angleterre d’abord et les États-Unis ensuite se sont vus obligés d’abolir l’esclavage, mais la place que les esclaves noirs avaient, a été occupée par les coolies chinois et indiens, à leur tour soumis à une forme à peine déguisée d’esclavage. De plus, après l’abolition formelle de l’esclavage, les afro-américains ont continué à subir une oppression si féroce que l’éminent historien américain, George M. Fredrickson, a écrit : « Les efforts pour préserver la “pureté de la race” dans le Sud des États-Unis furent le prélude de certains des aspects de la persécution faite par le régime nazi contre les juifs dans les années 30 du vingtième siècle ».
Quand commence alors à se fissurer, aux États-Unis, le régime de suprématie blanche, d’oppression et de discrimination raciale ? En décembre 1952 le ministre américain de la justice envoie à la Cour Suprême, en pleine discussion sur l’intégration dans les écoles publiques, une lettre éloquente : « La discrimination raciale donne de l’eau au moulin à la propagande communiste, y sème également des doutes auprès des nations amies à propos de notre dévotion envers la démocratie ». Washington, observa l’historien américain qui a mis à jour cet épisode (C. Vann Woodward), risquait de s’aliéner les faveurs des « races de couleur », non seulement à l’Est et dans le Tiers-Monde, mais aussi dans leur propre pays. C’est alors seulement que la Cour suprême a décidé de déclarer inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Il y a dans cette histoire un paradoxe. Aujourd’hui Washington ne cesse de reprocher à la Chine son manque de démocratie ; mais il convient de signaler qu’un élément essentiel de la démocratie, le dépassement de la ségrégation raciale, n’a été possible aux États-Unis que grâce au défi représenté par le mouvement anticolonialiste dont la Chine faisait et reste partie intégrante.
À mon avis, parmi les nombreuses éditions italiennes du Manifeste du Parti communiste, il y en a trois qui se détachent : celle d’Antonio Labriola, de Palmiro Togliatti et la vôtre de 1999. A votre avis, quel sens a ce chef d’œuvre de Marx et d’Engels pour les marxistes d’aujourd’hui ?
Dans l’introduction de l’édition italienne du Manifeste du Parti Communiste, j’ai tenté de reconstruire le siècle et demi d’histoire parcourue depuis la publication en 1848 de ce texte extraordinaire. Une comparaison peut nous permettre de comprendre sa signification. Huit ans auparavant, une autre grande personnalité de l’Europe du XIXe siècle, Alexis de Tocqueville, publiait le second livre de La démocratie en Amérique, et dans un chapitre central, il affirmait dans le titre que « les grandes révolutions seront de moins en moins fréquentes ». Mais si nous regardons le siècle ou siècle et demi postérieur à l’année (1840) durant laquelle le libéral français fait cette affirmation, nous voyons que c’est probablement le siècle le plus abondant en révolutions de l’histoire universelle.
Cela ne fait aucun doute : ayant prévu la rébellion contre le capitalisme, contre un système qui comporte « la transformation en machines » des prolétaires et leur dégradation en « instruments de travail », en « accessoires de la machine », comme appendices « dépendants et impersonnels » du capital « indépendant et personnel », ayant prévu la rébellion contre ce système, le Manifeste du parti communiste a su voir plus loin. Quand Marx et Engels décrivent avec une extraordinaire lucidité et clairvoyance ce que nous appelons aujourd’hui globalisation, ils savent bien qu’il s’agit d’un processus contradictoire, caractérisé (au sein du capitalisme) par de colossales crises de surproduction qui conduisent à la destruction d’énormes quantités de richesse sociale et à la misère de masses indigentes d’hommes et de femmes. C’est également un processus lourd de conflits qui peuvent même déboucher sur une « guerre d’extermination entre les nations industrielles ». Ce qui nous amène à penser à la Première Guerre mondiale.
Contre ce monde, le Manifeste communiste évoque autant les révolutions prolétariennes que les « révolutions agricoles » et de « libération nationale ». Marx et Engels sont ainsi en avance sur ce qui va plus tard se produire dans le Tiers-Monde, comme en Chine par exemple.
A propos de la Chine, nous pouvons faire une dernière remarque. Le Manifeste du parti communiste prévoit l’émergence d’une économie globalisée caractérisée par « de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui ne produisent plus de matières premières locales, mais des matières premières en provenance des régions les plus éloignées, et dont les produits sont consommés non seulement à l’intérieur du pays mais partout dans le monde ». Par conséquent, bien que le regard se concentre en Europe, le texte de Marx et Engels nous donne des indications précieuses pour les pays du Tiers-Monde qui veulent atteindre un développement économique indépendant.


Quels ont été, à votre avis, les apports d’Antonio Gramsci à la théorie marxiste ?


Je pense que les apports de l’œuvre de ce grand penseur ont été au moins au nombre de quatre :


a. Gramsci a mis en évidence l’importance de l’ « hégémonie » pour la conquête et la conservation du pouvoir politique. Dans un texte de 1926 il explique que le prolétaire atteint une conscience de classe mature lorsqu’il se sent membre de sa classe et en même temps considère sa classe d’appartenance (le prolétariat) comme le noyau dirigeant d’un bloc social beaucoup plus vaste, appelé à conduire la révolution à la victoire.


b. En deuxième lieu, Gramsci se montre pleinement conscient de la complexité qu’entraîne le processus de construction du socialisme. Au début ce sera « le collectivisme de la misère, de la souffrance ». Mais vous ne pouvez pas vous arrêter là, vous avez à entreprendre le développement des forces productives. Dans ce contexte il faut situer l’importance de la position de Gramsci concernant la NEP (Nouvelle politique économique mise en place à la fin du « communisme de guerre »). La réalité de l’URSS de l’époque nous met en présence d’un phénomène « jamais vu dans l’histoire » : une classe politiquement « dominante » vit, « dans son ensemble », dans des « conditions de vie globalement inférieures à celles de certains éléments et des couches de la classe dominée et soumise ». Les masses populaires, qui continuent à faire face à une vie de privation, sont déconcertées par le spectacle du « nepman [l’homme de la NEP] porter son manteau de fourrure, ayant à sa disposition tous les biens de la terre », mais cela ne doit pas être motif à scandale ou rejet ; pour le prolétariat, la conservation du pouvoir est impossible, s’il est incapable de sacrifier ses intérêts immédiats de « l’intérêt général et permanent de la classe ». C’est, bien sûr, une situation temporaire. Ce que Gramsci a suggéré ici peut être utile à la gauche occidentale pour comprendre la réalité d’un pays comme la Chine d’aujourd’hui.


c. Gramsci nous donne quelques indications précieuses sur un autre aspect. Devrions-nous penser le communisme comme la disparition totale des antagonismes de classe, mais aussi du pouvoir d’État et politique, ainsi que des religions, des nations, de la division du travail, du marché, de toute source potentielle de conflit ? En questionnant le mythe de la disparition de l’État et sa dissolution dans la société civile, Gramsci note que la société civile elle-même est une forme d’État et relève également que l’internationalisme n’a rien à voir avec la négation des particularités et les identités nationales, qui subsisteraient longtemps après la chute du capitalisme ; quant au marché, Gramsci considérait qu’il serait utile de parler de « marché déterminé » plutôt que de marché abstrait. Gramsci nous aide à surmonter le messianisme, qui entrave gravement la construction de la société post-capitaliste.


d. Enfin. Tout en condamnant le capitalisme, les carnets de prison évitent d’interpréter l’histoire moderne et des révolutions bourgeoises comme un traité de « tératologie », c’est-à-dire un traité qui a pour objet des monstres. Les communistes doivent savoir critiquer les erreurs, parfois graves de Staline, Mao et d’autres dirigeants, sans réduire ces chapitres de l’histoire du mouvement communiste à une « tératologie », une histoire de monstres.


29 novembre 2011. Entretien réalisé par Tian Shigang
Texte traduit de la version espagnole de l’entretien par Daniel Zamora.
Traduction revue par l’auteur
Lu sur le site "La faute à Diderot

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:03

 sociologue et chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Il est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Il était sur le terrain en Libye durant la guerre. Il vient d'obtenir le Prix du Club de Presse mexicain à Mexico, le 8 décembre 2011.

 

Mahdi Darius Nazemroaya est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Mahdi Darius Nazemroaya publiés par Mondialisation.ca

 

L’expression « printemps arabe » est un slogan concocté dans des bureaux lointains à Washington, Londres, Paris et Bruxelles par des individus et des groupes qui, en plus d’avoir une connaissance superficielle de la région, en savent très peu sur les Arabes. Ce qui se déroule au sein des populations arabes est un enchaînement normal d’événements. L’insurrection comme l’opportunisme en font partie. Là où il ya une révolution, il y a toujours une contre-révolution.


Les bouleversements dans le monde arabe ne constituent pas davantage un « éveil arabe ». Une telle formule implique que les Arabes étaient endormis alors qu’ils étaient entourés par la dictature et l’injustice. Le monde arabe, qui fait partie de l’ensemble plus vaste composé par les Arabes, le Turcs et les Iraniens, a en réalité connu de fréquentes révoltes réprimées par les dictateurs arabes en coordination avec des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. C’est l’interférence de ces puissances qui a constamment agi comme contrepoids à la démocratie et elle continuera à le faire.


Diviser et régner : comment le premier printemps arabe a été manipulé


Les plans de reconfiguration du Moyen-Orient ont commencé plusieurs années avant la Première Guerre mondiale. C’est au cours de cette guerre cependant que les desseins coloniaux ont clairement commencé à se manifester avec la « grande révolte arabe » contre l’empire Ottoman.


En dépit du fait que la Grande-Bretagne, la France et l’Italie étaient des puissances coloniales qui avaient empêché les Arabes de profiter de toute forme de liberté dans des pays comme l’Algérie, Libye, l’Égypte et le Soudan, ces pouvoirs coloniaux ont réussi à se présenter comme les amis et les alliés de la libération arabe.


Durant la « grande révolte arabe », les Britanniques et les Français ont en fait utilisé les Arabes comme fantassins contre les Ottomans pour faire avancer leurs propres plans géopolitiques. Les accords secrets Sykes-Picot entre Londres et Paris représentent un cas typique. La France et la Grande-Bretagne sont simplement arrivés à utiliser et manipuler les Arabes en leur vendant l’idée de la libération arabe de la présumée répression des Ottomans.


En réalité, l’Empire ottoman était multiethnique et accordait une autonomie locale et culturelle à toutes ses populations. Il a toutefois été manipulé et orienté vers une entité turque. Même le génocide arménien qui allait s’ensuivre en Anatolie ottomane doit être analysé dans le même contexte que l’actuel ciblage des chrétiens en Irak, comme faisant partie d’un plan de division confessionnelle lancé par des acteurs externes afin de diviser l’Empire ottoman et ses citoyens, ainsi que l’Anatolie.


Après la chute de l’Empire ottoman, ce sont Londres et Paris qui ont refusé d’accorder la liberté aux Arabes, en semant la discorde au sein de leurs populations. Les leaders arabes locaux corrompus ont également été partenaires du projet et nombreux sont ceux qui n’étaient que trop heureux de devenir des clients de la Grande-Bretagne et de la France. Le « printemps arabe est manipulé dans le même sens aujourd’hui. Les États-Unis, la France et d’autres travaillent maintenant avec l’aide de leaders et de personnalités arabes corrompues afin de restructurer l’Afrique et le monde arabe.


Le plan Yinon : l’ordre à partir du chaos…


Le plan Yinon, qui constitue un prolongement du stratagème britannique au Moyen-Orient, est un plan stratégique israélien visant à assurer la supériorité d’Israël dans la région. Il souligne qu’Israël doit reconfigurer son environnement géopolitique par la balkanisation des États arabes, soit la division de ceux-ci en États plus petits et plus faibles.


Les stratèges israéliens voyaient l’Irak comme l’État arabe représentant leur plus grande menace stratégique. C’est pourquoi l’Irak a été caractérisé comme la pièce maîtresse de la balkanisation du Moyen-Orient et du monde arabe. En Irak, sur la base des concepts du plan Yinon, les stratèges israéliens ont réclamé la division de l’Irak en un État kurde et deux États arabes, l’un shiite, l’autre sunnite. La première étape de ce plan était une guerre entre l’Irak et l’Iran, abordée dans le plan Yinon.


En 2006 et en 2008, les publications de l’armée étasunienne Armed Forces Journal et The Atlantic ont respectivement publié des cartes ayant circulé abondamment et lesquelles suivaient de près les grandes lignes du plan Yinon. Outre la division de l’Irak, également recommandée par le plan Biden, le plan Yinon appelle à la division du Liban, de l’Égypte et de la Syrie. La partition de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan fait également partie de cette vision. Le plan Yinon réclame par ailleurs la dissolution de l’Afrique du Nord et prévoit qu’elle débutera en Égypte et débordera au Soudan, en Libye et dans le reste de la région.


Protection du domaine : redéfinition du monde arabe…


Bien que tordu, le plan Yinon est en marche et voit le jour dans « A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm » (Une nette rupture : Une nouvelle stratégie pour protéger le domaine), un document de politique israélienne écrit en 1996 par Richard Perle et le groupe d’étude sur « Une nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » pour Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël à l’époque. Perle était alors un ancien secrétaire adjoint au Pentagone pour Ronald Reagan et est devenu par la suite conseiller militaire pour George W. Bush et la Maison-Blanche. Le groupe d’étude comprenait par ailleurs James Colbert (Jewish Institute for National Security Affairs), Charles Fairbanks Jr. (Johns Hopkins University), Douglas Feith (Feith and Zell Associates), Robert Loewenberg (Institute for Advanced Strategic and Political Studies), Jonathan Torop (The Washington Institute for Near East Policy), David Wurmser (Institute for Advanced Strategic and Political Studies) et Meyrav Wurmser (Johns Hopkins University).


Les États-Unis réalisent à bien des égards les objectifs précisés dans le texte de politique israélienne de 1996 visant à protéger le « royaume ». Par ailleurs, le terme realm, « domaine » ou « royaume », sous-entend la mentalité stratégique des auteurs. Realm fait soit référence au territoire sur lequel règne un monarque ou aux territoires soumis à son règne mais gérés et contrôlés par des vassaux. Dans ce contexte, le terme realm, est utilisé pour signifier que le Moyen-Orient constitue le royaume de Tel-Aviv. Le fait que Perle, un homme ayant essentiellement fait carrière comme officiel du Pentagone, ait contribué à écrire le document sur Israël soulève la question de savoir si le souverain conceptualisé du royaume représente Israël, les États-Unis, ou les deux.


Protéger le royaume : L’avant-projet israélien pour déstabiliser Damas


Le document de 1996 demande de « repousser la Syrie », aux environs de l’an 2000 ou après, en poussant les Syriens hors du Liban et en déstabilisant la République arabe syrienne avec l’aide de la Jordanie et de la Turquie. Ces événements se sont respectivement produits en 2005 et en 2011. Le document indique : « Israël peut modeler son environnement stratégique en coopération avec la Turquie et la Jordanie, en affaiblissant, en endiguant et même en repoussant la Syrie. Afin de contrecarrer les ambitions régionales de la Syrie, les efforts pourraient viser à expulser Saddam Hussein du pouvoir, un objectif stratégique en soi important pour Israël [1].

 


Comme première étape de la création d’un « nouveau Moyen-Orient » dominé par Israël et encerclant la Syrie, le texte demande de chasser Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad et fait même allusion à la balkanisation de l’Irak et à la formation d’une alliance stratégique régionale contre Damas qui comporterait un « Irak central » sunnite. Les auteurs écrivent : « Toutefois la Syrie entre dans ce conflit avec de potentielles faiblesses : Damas est trop préoccupé par la nouvelle donne régionale pour permettre toute distractions sur le front libanais. De plus Damas craint l’ »axe naturel » avec Israël d’un côté, l’Irak central et la Turquie de l’autre, et la Jordanie, au centre, qui exercerait une pression sur la Syrie et la détacherait de la péninsule saoudienne. Pour la Syrie, ce pourrait être le prélude à la reconfiguration de la carte du Moyen-Orient, ce qui menacerait l’intégrité territoriale du pays [2] ».


Perle et le groupe d’étude « Nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » recommande également de mener les Syriens hors du Liban et de déstabiliser la Syrie en utilisant des personnalités de l’opposition libanaise. Le document dit : « [Israël doit détourner] l’attention de la Syrie en utilisant des éléments de l’opposition libanaise pour déstabiliser le contrôle exercé par la Syrie au Liban [3]. »C’est ce qui arriverait en 2005 après l’assassinat d’Hariri ayant contribué à déclencher la soi-disant « révolution des cèdres » et à créer l’Alliance du 14 mars, un groupe farouchement anti-Syrien contrôlé par le corrompu Saïd Hariri.


Le document demande par ailleurs à Tel-Aviv de « saisir l’opportunité afin de rappeler au monde la nature du régime syrien [4] ». Cela convient parfaitement à la stratégie israélienne consistant à diaboliser ses opposants par des campagnes de relations publiques. En 2009 des médias israéliens ont ouvertement admis que, par le biais de ses ambassades et missions diplomatiques, Tel-Aviv avait lancé une campagne médiatique mondiale et organisé des manifestations devant les ambassades iraniennes pour discréditer les élections présidentielles en Iran avant même qu’elles n’aient lieu [5].


L’étude fait aussi mention de ce qui ressemble à la situation actuelle en Syrie : « Il va de soi, et c’est le plus important, qu’Israël a intérêt à appuyer diplomatiquement, militairement et opérationnellement les actions de la Turquie et de la Jordanie contre la Syrie, comme en protégeant des alliances avec des tribus arabes à travers le territoire syrien et hostiles à l’élite dirigeante syrienne [6]. Les bouleversements de 2011 en Syrie, le mouvement des insurgés et la contrebande d’armes par les frontières jordanienne et turque sont devenus des problèmes majeurs pour Damas.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’Israël, alors dirigé par Ariel Sharon, ait dit à Washington d’attaquer la Syrie, la Libye et l’Iran après l’invasion étasunienne de l’Irak [7]. Finalement, il importe de savoir que le document de 1996 préconise également une guerre préemptive pour modeler l’environnement géostratégique d’Israël et sculpter le « nouveau Moyen-Orient » [8]. Il s’agit d’une politique que les États-Unis adopteraient aussi en 2001.


L’éradication des communautés chrétiennes du Moyen-Orient


Ce n’est pas une coïncidence si les chrétiens égyptiens ont été attaqués au même moment que le référendum sud-soudanais et avant la crise en Lybie. Ce n’est pas non plus une coïncidence si les chrétiens irakiens, une des communautés chrétiennes les plus anciennes, ont été poussées à l’exil, quittant leur patrie ancestrale. L’exode des chrétiens irakiens, sous le regard attentif des forces militaires étasuniennes et britanniques, concorde avec la division confessionnelle des quartiers de Bagdad. Les shiites et les sunnites ont été forcés, par la violence et les escadrons de la mort, à former des enclaves confessionnelles. Tout cela est lié au plan Yinon et à la reconfiguration de la région dans le cadre d’un objectif plus vaste.


En Iran, les Israéliens ont tenté en vain de faire partir la communauté juive. La population juive d’Iran est en fait la plus grande du Moyen-Orient et sans doute la plus ancienne communauté juive du monde à vivre paisiblement. Les juifs d’Iran se voient comme des Iraniens et sont liés à ce pays qu’ils considèrent comme leur patrie, au même titre que les musulmans et les chrétiens iraniens, et, à leurs yeux, le concept voulant qu’ils aient à se relocaliser en Israël parce qu’ils sont juifs est ridicule.


Au Liban, Israël s’est affairé à exacerber les tensions entre les diverses factions chrétiennes et musulmanes, incluant les druzes. Le Liban est un tremplin vers la Syrie et la division du Liban en plusieurs États est également vue comme un moyen de balkaniser la Syrie en plusieurs États arabes confessionnels de moindre envergure. Les objectifs du plan Yinon sont de diviser le Liban et la Syrie en plusieurs États sur la base des identités religieuses sunnite, shiite, druze et chrétiennes. Il est possible que l’exode des chrétiens de la Syrie fasse aussi partie des objectifs.


Le nouveau chef de l’Église maronite, la plus grande Église catholique orientale autonome, a exprimé ses craintes quant à l’expulsion des chrétiens arabes au Levant et au Moyen-Orient. Le patriarche d’Antioche, Mgr Bechara Boutros Rahi, ainsi que bon nombre de dirigeants chrétiens au Liban et en Syrie, craignent que les Frères musulmans prennent le contrôle de la Syrie. Comme en Irak, de mystérieux groupes attaquent actuellement les communautés chrétiennes en Syrie. Les dirigeants de l’Église orthodoxe, incluant le Patriarcat de Jérusalem, ont eux aussi exprimé publiquement leurs sérieuses préoccupations. Outre les arabes chrétiens, ces craintes sont partagées par les communautés assyrienne et arménienne, à majorité chrétienne.


Le cheik Rahi était récemment à Paris où il a rencontré Nicolas Sarkozy. On rapporte que le patriarche maronite et le président Sarkozy ont eu des désaccords concernant la Syrie, ce qui a incité Sarkozy à affirmer que le régime syrien allait s’effondrer. La position du patriarche maronite était que l’on devait laisser la Syrie tranquille et lui permettre de se réformer. Mgr Rahi a par ailleurs dit à Sarkozy qu’Israël devait être considéré comme une menace si la France souhaitait légitimement que le Hezbollah dépose les armes.


En raison de sa position en France, Mgr Rahi a immédiatement reçu des remerciements des dirigeants chrétiens et musulmans de la République arabe syrienne qui l’ont visité au Liban. Le Hezbollah et ses alliés politiques au Liban, dont font partie la plupart des parlementaires chrétiens, ont aussi célébré le patriarche maronite, qui a ensuite fait une tournée au sud du Liban.


En raison de sa position sur le Hezbollah et son refus d’appuyer le renversement du régime syrien, le cheik Rahi fait maintenant l’objet d’attaques politiques de la part de l’Alliance du 14 mars, menée par Hariri. Ce dernier est en train de planifier une conférence des personnalités chrétiennes pour s’opposer à la position de l’Église maronite et du patriarche Rahi. Depuis que celui-ci a donné son opinion, le Parti Tahrir, actif à la fois en Syrie et au Liban, a également commencé à en faire la cible de critiques. On rapporte par ailleurs que des officiels étasuniens de haut rang ont annulé leurs rencontres avec le patriarche maronite en signe de mécontentement envers ses positions sur le Hezbollah et la Syrie.


L’Alliance du 14 mars menée par Hariri au Liban, laquelle a toujours été une minorité populaire (même lorsqu’elle constituait une majorité parlementaire), travaille de concert avec les États-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, la Jordanie ainsi que le groupe ayant recours à la violence et au terrorisme en Syrie. Les Frères musulmans et d’autres soi-disant groupes salafistes de Syrie ont tenu et organisé des pourparlers secrets avec Hariri et les partis politiques chrétiens au sein de l’Alliance du 14 mars. C’est pourquoi Hariri et ses alliés se sont attaqués au cardinal Rahi. C’est aussi Hariri et l’Alliance du 14 mars qui ont amené Fatah al-Islam au Liban et ont aidé certains de ses membres à s’enfuir et aller se battre en Syrie.


Des snipers inconnus ciblent des civils syriens et l’armée syrienne dans le but de créer le chaos et une lutte interne. Les communautés chrétiennes en Syrie sont elles aussi ciblées par des groupes inconnus. Les attaquants sont fort probablement une coalition de forces étasuniennes, françaises, jordaniennes, israéliennes, turques, saoudiennes, et khaliji (arabe du Golfe) travaillant avec des Syriens à l’intérieur du pays.


Washington, Tel-Aviv et Bruxelles planifient un exode des chrétiens du Moyen-Orient. On rapporte que le président Sarkozy a informé le cheik Rahi à Paris que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et du Levant pourront s’établir dans l’Union européenne. Cela n’est pas offert gracieusement. Il s’agit d’une gifle par les puissances mêmes qui ont délibérément créé les conditions visant à éradiquer les anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Il semble que le but soit que les communautés chrétiennes s’établissent à l’extérieur de la région ou de délimiter des enclaves. Il est possible que ces deux hypothèses constituent des objectifs.


Ce projet vise à délimiter les pays arabes en pays exclusivement musulmans et est conforme à la fois au plan Yinon et aux objectifs étasuniens relatifs au contrôle de l’Eurasie. Il pourrait en résulter une grande guerre. Les Arabes chrétiens ont maintenant bien des choses en commun avec les Arabes qui sont des Noirs d’Afrique.


Nouvelle division de l’Afrique : le plan Yinon est en pleine marche


En ce qui concerne l’Afrique, Tel-Aviv cherche à la protéger car elle la voit comme une partie plus vaste de sa périphérie. Cette plus vaste ou soi-disant « nouvelle périphérie » est devenue le fondement géostratégique de Tel-Aviv après la révolution iranienne de 1979. Celle-ci a déformé et engendré l’effondrement de « l’ancienne périphérie » contre les Arabes, qui comprenait l’Iran, et dont les pays étaient les plus proches alliés d’Israël durant la période Pahlavi. Dans ce contexte, la nouvelle périphérie d’Israël a été conceptualisée en incluant des pays comme l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya contre les États arabes et la République islamique d’Iran. C’est pourquoi Israël a été si profondément impliqué dans la balkanisation du Soudan.


Toujours dans le contexte des divisions confessionnelles au Moyen-Orient, les Israéliens ont esquissé des plans de reconfiguration de l’Afrique. Le plan Yinon cherche à délimiter l’Afrique sur la base de trois aspects : 1) l’origine ethnolinguistique, 2) la couleur de peau et enfin 3) la religion. Afin de protéger le domaine, il se trouve que l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), une boîte de réflexion israélienne dont Perle faisait partie, faisait également pression en faveur de la création du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), une division du Pentagone.


On tente actuellement d’anéantir le point de convergence d’une identité arabe et africaine. On cherche à tracer des lignes de division en Afrique entre une soi-disant Afrique noire et une Afrique du Nord prétendument « non noire ». Cela fait partie d’un projet visant à créer un schisme sur le continent entre ce qu’on l’on conçoit comme étant des « Arabes » et des « Noirs ».


Cet objectif explique pourquoi on a fait la promotion des ridicules identités du « Sud-Soudan africain » et du « Nord-Soudan arabe ». C’est également la raison pour laquelle les Libyens noirs ont été ciblés dans une campagne visant à « nettoyer » la Libye des gens « de couleur ». En Afrique du Nord, on détache l’identité arabe de son identité africaine. On tente simultanément d’éradiquer de vastes populations d’Arabes noirs afin qu’il existe une nette démarcation entre « l’Afrique noire » et une nouvelle Afrique du Nord « non noire », laquelle sera transformée en un champ de bataille entre ceux qui restent, les Berbères et les Arabes « non noirs ».


Toujours dans le contexte africain et dans le but de créer des points de rupture et des délimitations, des tensions sont fomentées entre les musulmans et les chrétiens dans des pays comme le Soudan et le Nigéria. En entretenant ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de la religion, de l’ethnicité et du langage, on cherche à alimenter la dissociation et la désunion. Cela fait partie d’une stratégie africaine globale visant à séparer l’Afrique du Nord du reste du continent.


Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations »


À ce stade-ci, on doit rassembler toutes les pièces et faire les liens entre les événements.


On prépare l’échiquier pour un « choc des civilisations » et l’on y place toutes les pièces du jeu. Le monde arabe est sur le point d’être encerclé et de nettes démarcations se tracent. Celles-ci remplacent les frontières invisibles entre les différents groupes ethnolinguistiques, religieux et basés sur la couleur de la peau.


Dans le cadre de ce plan, il ne peut plus y avoir de mélange entre les sociétés et les pays. C’est pourquoi les chrétiens du Moyen-Orient et de l’Afrique de Nord, comme les coptes, sont ciblés. Pour les mêmes raisons, les Arabes et Berbères noirs, au même titre que d’autres populations noires, font face à un génocide en Afrique du Nord.


Après l’Irak et l’Égypte, la Jamahiriya arabe libyenne et la République arabe syrienne représentent toutes deux des points importants pour la déstabilisation régionale respectivement en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Ce qui se passe en Libye aura des répercussions en Afrique, tout comme les événements en Syrie auront des conséquences en Asie du Sud-Est et ailleurs. Dans le cadre du plan Yinon, l’Irak et l’Égypte ont servi d’amorces à la déstabilisation de la Libye et de la Syrie.


On est en train de créer un « Moyen-Orient musulman », une zone exclusivement musulmane (excluant Israël), laquelle sera troublée par les luttes entre shiites et sunnites. Un scénario semblable est mis en œuvre pour créer une « Afrique du Nord non noire » qui sera caractérisée par une confrontation entre les dits Arabes et dits Berbères. En vertu du modèle du « choc des civilisations », on prévoit simultanément un conflit entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’un côté, et l’« Occident » et « l’Afrique noire » de l’autre.


C’est pour cette raison qu’au début du conflit en Libye, Nicolas Sarkozy en France et David Cameron en Grande-Bretagne ont déclaré l’un après l’autre que le multiculturalisme était mort dans leurs sociétés ouest-européennes respectives [9]. Le véritable multiculturalisme menace la légitimité du programme de guerre de l’OTAN. Il représente par ailleurs un obstacle à l’implantation du « choc des civilisations », qui constitue la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis.


À cet égard, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale explique pourquoi le multiculturalisme est une menace pour Washington et ses alliés : « En devenant une société de plus en plus multiculturelle, il se peut que les États-Unis aient de la difficulté à créer un consensus sur les questions de politique étrangère [par exemple, relativement à une guerre contre le monde arabe, la Chine, l’Iran ou la Russie et l’ancienne Union soviétique], sauf si une grande partie de la population perçoit une menace extérieure directe de très grande envergure. Un tel consensus existait de manière générale tout au long de la Seconde Guerre mondiale et même durant la guerre froide [et il existe maintenant en raison de la "guerre mondiale au terrorisme"] [10]. » La phrase suivante de Brzezinski explique pourquoi les populations s’opposent aux guerres ou les appuient : « [Le consensus] était enraciné, toutefois, il ne l’était pas seulement dans des valeurs démocratiques profondément partagées et que le public voyait menacées, mais aussi dans des affinités culturelles et ethniques avec les victimes, principalement européennes, de totalitarismes hostiles [11] ».


Au risque d’être redondant, il faut mentionner une fois de plus que les chrétiens et les Noirs sont ciblés précisément dans le but de briser ces affinités culturelles entre, d’une part, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et le monde soi-disant « occidental », et, d’autre part l’Afrique subsaharienne.


Ethnocentrisme et idéologie : justifier les « guerres justes » d’aujourd’hui


Autrefois, les puissances coloniales de l’Europe de l’Ouest endoctrinaient leurs peuples. Leur objectif était d’acquérir un appui populaire pour les guerres de conquête. Pour ce faire, on prônait l’expansion et la promotion du christianisme et des valeurs chrétiennes avec le soutien des marchands armés et des armées coloniales.


Au même moment, on mettait de l’avant des idéologies racistes. Les peuples des pays colonisés étaient dépeints comme des « sous-humains », des inférieurs ou des personnes sans âmes. Finalement, on a utilisé l’argument de « l’épreuve de l’homme blanc », dont la mission consistait à civiliser les peuples du monde prétendument « non civilisés ». Ce cadre idéologique cohésif a été utilisé pour présenter le colonialisme comme une « cause juste ». Cette dernière a été employée à son tour pour conférer une légitimité aux « guerres justes », afin de conquérir et de « civiliser » des terres étrangères.


Aujourd’hui, les desseins impérialistes des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne n’ont pas changé. Ce qui a changé c’est le prétexte et la justification des guerres de conquête néocoloniales. Durant la période coloniale, les discours et les justifications en faveur de la guerre étaient acceptés par l’opinion publique dans les pays colonisateurs comme la France et la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, les « guerres justes » et les « causes justes » sont menées sous les bannières des droits des femmes, des droits humains, de l’humanitarisme et de la démocratie.


Article original en anglais : Preparing the Chessboard for the « Clash of Civilizations »: Divide, Conquer and Rule the « New Middle East »

 

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

Notes

[1] Richard Perle et al., A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm (Washington, D.C. and Tel Aviv: Institute for Advanced Strategic and Political Studies), 1996.
[2] Ibid.
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Barak Ravid, "Israeli diplomats told to take offensive in PR war against Iran," Haaretz, June 1, 2009.
[6] Perle et al., Clean Break, op. cit.
[7] Aluf Benn, "Sharon says U.S. should also disarm Iran, Libya and Syria," Haaretz, September 30, 2009.
[8] Richard Perle et al., Clean Break, op. cit.
[9] Robert Marquand, "Why Europe is turning away from multiculturalism," Christian Science Monitor, March 4, 2011.
[10] Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (New York: Basic Books October 1997), p.211.
[11] Ibid.

 

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 17:12

Absent lors de la séance du 27 septembre je n’avais  pas d’observation à formuler sur le compte rendu soumis aux élus pour approbation sinon pour demander par écrit un complément d’information en attente de réponse. Par ailleurs ce compte rendu est particulièrement flou sur les conséquences de l’adoption à la majorité de la nouvelle taxe communale  sur la consommation d’électricité. Nul n’a pu dire si elle allait diminuer, ce qui est improbable, stagner ou être en hausse chacun s’en remettant à une vérification à posteriori.

 

Madame le Maire a ensuite donné lecture des décisions qu’elle avait prises depuis la séance précédente, puis elle a abordé les différents points de l’ordre du jour.

 

 AFFAIRES FINANCIRES

 

1)      En fonctionnement les charges ayant été sous estimées lors de la préparation du budget primitif, il était nécessaire de mettre à niveau les crédits destinés  aux cotisation URSSAF,  22 600  euros, aux rémunérations principales des personnels, 12 000 euros, indemnités diverses, 35 000 euros, et dépenses imprévues.

En investissement 45 175 euros  ont  été inscrits pour acquisitions de parcelles.

Les crédits correspondants ont été dégagés.

 

          Décisions approuvées à l’unanimité.

 

 

2)      et 3) La subvention exceptionnelle demandée par Loisirs et Culture a été approuvée à l’unanimité, des élus ont souhaité, en toute logique, le renvoi en commission Sport de la subvention sollicité par Air Speed.

 

 4)     Les élus ont décidé à l’unanimité l’admission en non valeur d’une créance irrécouvrable de  24,20 euros.

 

5)      Attribution par lots du marché de prestations assurances:

- Dommages aux biens et risques annexes

- Responsabilité et risques annexes

- Protection juridique de la collectivité

- Flotte automobile et risques annexes

- Risques statutaires

 

Opposé par principe à l’appel d’offre européen qui a présidé à la consultation, un au moins des prestataires retenus étant en outre  adossé à des fonds lituaniens j’ai voté contre cette délibération après avoir déclaré que le recours à des sociétés étrangère ne devrait se produire que pour d’éventuelles réassurances entre compagnies.

 

URBANISME TRAVAUX

 

- Le CM a décidé à l’unanimité la mise en place d’un service de nettoyage des graffitis sur murs, façades donnant sur le domaine public ainsi que les conditions de mise en œuvre de ce service.

 

- Les documents transmis à l’appui du remplacement de la taxe Locale d’Equipement (TLE) par une nouvelle taxe étant particulièrement opaques avec comme d’habitude le produit attendu en hausse j’ai refusé de cautionner cette démarche.  

 

- Opposé à la solution retenue pour l’augmentation de la capacité d’accueil de l’école primaire André Malraux qui n’est qu’un objectif de fin de mandat, aggravera les problèmes de stationnement aux abords de l’école, et renvoie le dossier à d’éventuels successeurs j’ai encore voté contre.

 

- Rapport annuel 2010 de l’agglo du val d’orge relatif aux services publics de l’eau et de l’assainissement :

 

Ce  rapport valait non pas par ce qui y est écrit,  mais par  ce qui n’y est pas par ex. :

 

Le taux de conformité des branchements assainissement est globalisé  et non présenté  par commune ce qui interdit toute possibilité de comparaison par rapport à la situation initiale. Le document  permettait toutefois de faire une analyse instructive de l’évolution du coût des prestations servies par la communauté d’agglomération du val d’orge pour le compte  de la commune.

 

En particulier sur le  prix TTC  m³ eau + assainissement à Villiers depuis le transfert de compétence à l’agglo (relevé sur facture de février 2002 à février 2011)

 

Il est passé de   3,1825    euros à 4,29375  euros  de février 2003  à février -2011  Soit +  34,91 %

 

 

                                                                                                        2-2003            2- 2011                    hausse

Evolution prix collecte et traitement (m³) :                     0,89025            1,49375              +   35,6   %

Evolution prix eau + abonnement,

vers. Agence de bassin :                                                            1,4955             2,0525               +  37,25 %

Versement organismes publics :                                            0,63075           0,7078125        +   12,22 %

 

A titre de comparaison, durant la même période l’inflation a été de 16,7 %, l’ensemble des salaires, retraites et pensions n’a pas suivi, à titre d’exemple ma retraite n’a progressé que de 15, 44 %.

 

J’ai également noté sur le document  que:

 

 - le prix de la collecte eaux usées a augmenté de 13,4 % de 2008 à 2010

 - Si il y a une commission consultative des services publics locaux attachée à l’agglo il n’y en a pas à Villiers sur orge ni même dans les autres communes.

 

Ainsi que conclut le président de la CAVO dans l’édito du rapport d’activité de 2010 : «  Tout va très bien madame la marquise ».    Il reste que le consommateur doit payer de plus en plus alors qu’il était en droit d’attendre les retombées du regroupement des services au sein d’une même entité mais si vous interrogez peut être vous répondra-t-on qu’il s’agit de la mise en œuvre des directives européennes à moins que ce soient les pesanteurs administratives de la communauté d’agglo les responsables.

 

En d’autres termes la mutualisation des services n’a pas été bénéfique pour les usagers.

 

TARIFICATION DES PRESTATIONS SERVIES PAR LA COMMUNE :

 

Pour ne pas ajouter à la rigueur ambiante, aggravée déjà par le hausse prévue de l’impôt sur les revenus perçus en 2011, j’ai refusé toute augmentation. Par contre, n’étant pas plus royaliste que le roi j’ai avalisé l’actualisation de régime indemnitaire approuvé par le personnel communal ainsi que la mise à jour du tableau des effectifs.

 

REHABILITATION RESIDENCE de la SEIGNEURIE :

 

Selon madame le maire un projet est en cours d’élaboration par le bailleur AEDIFICAT mais à la date du conseil aucun document écrit concernant l’état des lieux  n’avait  été transmis en Mairie.

 

Comment dans ces conditions définir la nature, l’importance des interventions à effectuer et par conséquents les moyens financiers à mettre en œuvre pour  améliorer l’isolation thermique et acoustique des immeubles ?

 

Enfin comme le plus souvent les échanges à fleurets mouchetés entre la majorité, l’Elan  pour Villiers et Renouveau Solidaire ne laisseront pas de cicatrices indélébiles. Leurs divergences sont minimes.

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 15:20

(ENR = Energies Nouvelles Renouvelables)

EXERCICE D'APPROCHE ECONOMIQUE

 

 

Par Ludovic ZANOLIN

Représentant la Confédération CGT au Comité National de la Géothermie

Le 16 octobre 2011

 

Un débat nécessaire

Le débat nécessaire concernant l'énergie suppose de s'entendre sur les problématiques à considérer, stratégiques, environnementales, économiques et sur les potentialités et inconvénients de chaque source énergétique afin d'aboutir à un mix énergétique raisonné le plus « décarboné » possible. Au lieu de réfléchir aux complémentarités à favoriser dans ce sens, la confusion est particulièrement entretenue autour des potentialités de l'éolien et du photovoltaïque, principales ENR (énergies renouvelables nouvelles), pour la fourniture électrique. Certains vont jusqu'à affirmer que ces sources de production, associées à l'hydraulique, à la biomasse et à quelques autres, pourraient très bien remplacer à la fois l'électronucléaire et les énergies fossiles !

 

La démarche de l'exercice

Sans aucunement vouloir valider la crédibilité et le sérieux  de telles positions et en faisant abstraction des difficultés constituées par l'intermittence du vent (dont sa quasi absence par grand froid en période anticyclonique) et la forte variabilité de l'ensoleillement (journée, nuit, saisons)*,  nous nous proposons de comparer dans le tableau ci-après, à titre d'exercice, les coûts d'investissement (sur 20 à 25 ans) et de fonctionnement annuel pour différentes hypothèses de production des 420 TWh d'électricité correspondant approximativement à la production actuelle du parc nucléaire.

 

Coût annuel de production (nucléaire) ou d’achat (ENR) et investissements associés sur 20 ou 25 ans pour produire420 TW/h par an (niveau actuel de production nucléaire) dans chaque solution       

 

 

 

   Solution

 

Coût

En  € Mwh

Coût de

Production

 En G€/an

Fonctionnement

En h/an**

Capacité

En GW***

Investissement

Unitaire en €/kW

Investissement

Global en G€

Sur 20 à 25  ans

Parc nucléaire actuel avant

 rénovation (1)

 

31

 

 

13,0

 

6640

 

63,3

 

-

 

-

Parc rénové sans EPR (2)

42

17,6

7500

56

900

50

 

Parc EPR

 à 100 % (3)

 

 

50

21,0

8000

52,5

2425 (cas 1)

127

60

25,2

8000

52,5

3030 (cas 2)

159

70

29,4

8000

52,5

3635 ( cas 3)

191

 

Parc rénové

 à 75% Et EPR

 à 25 % (4)

44

18,5

7625

55,1

1280 ( cas 1)

71

46,5

19,5

7625

55,1

1432 ( cas 2)

79

49

20,6

7625

55,1

1585 ( cas 3)

87

 

Eolien terrestre (5)

 

 

85

 

 

37,5

 

2000

 

210

1500

315

1800

378

 

Eolien offshore (6)

135

56,7

 

3000

 

140

3500

490

 

180

 

75,6

 

5000

 

700

 

Photovoltaïque

 (7)

 

300

 

126

 

1200

 

336

3000

1008

5000

1680

 

 

Wh = Watt .heure  (unité d'énergie); W = Watt (unité de puissance)                                                     

 k = kilo; M = million; G = milliard; T = mille milliards

 

Quelques enseignements de l'exercice

La comparaison est sommaire et les hypothèses peuvent se révéler approximatives. Susceptible donc d'être amendé et approfondi, cet exercice est toutefois particulièrement éclairant sur les  énormes surcoûts de production et d'investissement des solutions ENR.                            

 

Il apparaît qu'une combinaison sommaire des coûts d'investissement entre éolien et photovoltaïque (dernière colonne) pour remplacer les 420 TWh nucléaires conduirait à des surcoûts très supérieurs à 500 G€ (500 milliards d'euros!) par rapport aux 50 à 80 G€ correspondants aux solutions en nucléaire les plus vraisemblables, sans prendre en compte les autres coûts ( centrales thermiques fossiles pour assurer la permanence de la production, stockage, réseaux, interconnexions, coûts résiduels du nucléaire), même avec de grands progrès dans le photovoltaïque, l'efficacité énergétique et les économies d'énergie.

 

Cet ordre de grandeur recoupe assez bien les récentes estimations de 250 G€ faites en Allemagne par la banque d'investissements d'Etat KfW (pour sortir du nucléaire en 2020, sans réduction a priori des émissions de gaz à effet de serre) et en France de plus de 750 G€ faites par le haut-commissaire à l'énergie atomique.

 

Concernant les coûts annuels (2ème colonne), les écarts par rapport au nucléaire, qui sont éloquents, conduiraient immanquablement à des augmentations considérables des tarifs de l'électricité.

 

______________ 

 

 

*          Les moyens de stockage massifs qu'appellent ces difficultés restent à inventer pour l'essentiel, les          possibilités de développement des STEP (Stations de Transfert d'Energie par Pompage) étant limitées sans atteintes profondes à l'environnement. Ces moyens de stockage sont indispensables  pour des             productions importantes d'éolien ou de photovoltaïque afin de faire face tant aux excès qu'aux insuffisances de production .Le renforcement des réseaux de  transport et  l'extension des         interconnexions internationales que le développement massif des  ENR implique est aussi             problématique.

**        Les durées correspondent à l'équivalent du temps de fonctionnement à capacité nominale. Les   valeurs             retenues correspondent à l'expérience ou aux objectifs des projets. Pour le photovoltaïque, la      valeur retenue est une valeur haute actuellement.

***       Les capacités sont celles nécessaires pour produire 420 TWh pour les durées de fonctionnement           retenues.

 

(1)        Ce coût de production a été cité dans les débats sur la loi NOME. Il inclut les investissements et les       dépenses obligatoires (déchets, démantèlement) jusqu'aux troisièmes visites décennales. Ces         dépenses ne sont pas indiquées dans la colonne investissement.                                               

(2)        Le coût de production est celui de l'ARENH à partir de janvier 2012. L'exercice ne prend en compte      que 56 des 63,3 GW du parc actuel pour produire 420TWh à 7500h/an. L'investissement unitaire     est supposé inclure la charge des investissements de rénovation du parc nucléaire. Il est supérieur            aux hypothèses actuelles de rénovation pour la prolongation de la durée de fonctionnement (plus           50% pour le post - Fukushima).

(3)        Le cas 3 est basé sur les dernières annonces (6G€) du coût d'investissement du prototype EPR de          Flamanville. Les cas 1et 2 sont deux hypothèses de réduction à 5 et 4 G€ pour une série. Les            coûts de production sont des estimations avec un taux d'actualisation voisin de 5%.

(4)        Les éléments résultent de la combinaison entre les solutions (2) et (3).

(5)        Le coût est celui du tarif d'achat moyen depuis le début de constitution du parc éolien.

(6)        Le premier tarif est celui  arrêté en 2006; le second est celui avancé actuellement dans l'attente du         retour de l'appel d'offres en cours.

(7)        Le prix d'achat correspond à une moyenne des derniers tarifs fixés par le gouvernement, tarifs   dont la baisse a provoqué un tollé.  Le coût d'investissement de  3000 € du kWc (kWcrête) tient compte             d'une prédominance de grandes            installations. Des augmentations conséquentes des rendements   (donc des temps de fonctionnement) jusqu'à un facteur 2 (?) et la poursuite de la réduction des coûts d'investissement sont attendues dans un  futur plus ou moins proche. L'importance des surcoûts         en sera réduite mais restera très certainement considérable

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:28

 

Dans une interview au Figaro publée le 18-11-2011 Virginie Gensel dénonce l'accord EELV-PS sur le nucléaire. Pour sa part, Bernard Thibault, le secrétaire général de la confédération syndicale, a critiqué vendredi sur BFM Business un mélange «entre les engagements en matière de politique énergétique et les relations des partis pour former des majorités dans les Assemblées».  

 

LE FIGARO. - Que pensez-vous de l'accord conclu entre les Verts et le PS prévoyant la fermeture de 24 réacteurs nucléaires d'ici 2025 ?


Virginie GENSEL. - C'est un accord irresponsable. On ne peut pas faire reposer la politique énergétique, l'avenir industriel de la France, sur des considérations d'échanges de circonscriptions, de marchandage de coin de table. À la CGT, nous souhaitons un débat véritable sur la politique énergétique globale, dont l'avenir du nuclé­aire. Ce sont des questions complexes qui engagent le pays entier, qui ne peuvent pas être discutées juste à quelques-uns, entre appareils.

 

Avez-vous été consultés par les Verts et le PS ?


Non. Il y a un an, nous avons écrit à tous les partis politiques pour leur faire part de nos propositions en matière d'énergie. Nous avons rencontré les Verts, le Parti de gauche, le PCF, mais ni le PS ni l'UMP ne nous ont répondu.

 

Qu'est-ce que vous trouvez «irresponsable» dans cet accord ?


Derrière la première intention affichée, réduire le nucléaire, il y a la sortie du nucléaire. Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables, mais elles ne sont pas en capacité, en l'état actuel, de répondre aux besoins. Personne ne fait de réelles propositions pour savoir par quoi on remplacerait le nucléaire. Voyez l'Allemagne, où l'on dit que les énergies renouvelables vont être développées : en attendant, les centrales thermiques sont sollicitées, et l'on augmente tranquillement l'effet de serre.

 

Redoutez-vous les conséquences sociales d'un arrêt des centrales ?


Oui, bien sûr, mais pas seulement pour ce qui concerne les emplois du nucléaire. Il y a en France, 3 ou 4 millions de foyers en précarité énergétique, c'est-à-dire qui consacrent une part importante de leurs ­revenus à s'éclairer et se chauffer. Si les prix de l'électricité augmentent, qu'en sera-t-il pour eux ? Le prix bas du courant en France est aussi un élément de compétitivité pour notre industrie.

 

Les effectifs dans le nucléaire font actuellement l'objet d'une incroyable guerre des chiffres. Combien d'emplois sont concernés ?


La filière emploie quelque 125.000 personnes, auxquelles il faut ajouter un chiffre équivalent pour les sous-traitants. Cela fait déjà 250.000 salariés, sans compter plusieurs dizaines de milliers d'emplois indirects. Mais n'opposons pas ces emplois à ceux des renouvelables. Pour les énergies vertes, il s'agit de développer une vraie filière industrielle.

 

Faut-il poursuivre le chantier de l'EPR à Flamanville ?


Il faut terminer ce projet. Le chantier est aujourd'hui tellement engagé qu'il est impensable de revenir en arrière. Ce serait une folie. L'EPR de Flamanville est un prototype, une tête de série dont il sera très important ensuite d'analyser le retour d'expérience. D'une manière générale, la recherche dans l'énergie, mais également dans le nucléaire, est aujourd'hui insuffisamment poussée. S'agissant de la génération IV des réacteurs, des pays comme la Russie et l'Inde sont en avance par rapport à la France.

 

À la suite de la catastrophe de Fukushima , le recours à la sous-traitance par EDF a été évoqué par les experts de l'État comme un enjeu de sûreté. Votre position ?


C'est la CGT qui est intervenue en ce sens. Nous sommes pour que des métiers liés à la sûreté soient réinternalisés et pour un statut de haut niveau pour tous les salariés. Nous avons demandé à Éric Besson, le ministre de l'Industrie, d'ouvrir des négociations sur la sous-traitance.

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