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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 09:40

La majorité fourbit ses armes en vue de la poursuite de la guerre économique

 

Extraits du rapport Balligand (PS) Laffineux (UMP) enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 21-09- 09-  http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i1859.pdf - Plus quelques  commentaires.

 

…Pour des raisons historiques la taxe professionnelle apparaît aujourd’hui comme le vestige fiscal d’une économie industrielle nationale dans une économie de services désormais ouverte sur le monde (page 17).

 

Son assiette obsolète, et sa complexité, abouti à une répartition profondément insatisfaisante du poids de l’impôt elle comprend en principe deux fractions:

 

D’une part une taxe foncière due par tous les redevables et assise sur la valeur locative des immeubles calculée comme en matière de Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties ( TFPB).

 

D’autre part pour certains redevables :

 

Soit la valeur locative de leurs autre immobilisations corporelles (Les Equipements ou Biens Mobiliers EBM).

 

Soit pour la plupart des professionnels libéraux une fraction des recettes...

 

Il convient d’abord de noter qu’aucun distinguo n’est fait entre les entreprises soumises à la concurrence étrangère et celles qui ne le sont pas ;

 

Les objectifs affirmés sont évidents :

 

1° réduire les charges qui pèsent sur les entreprises pour augmenter leur compétitivité au plan international dans une économie décrétée ouverte et par conséquent concurrentielle pour tenter de préserver quelques parts de marché.

 

2° réduire, mais à la marge seulement, les inégalités des  entreprises devant l’impôt.

 

Sur le premier point il est aisé de rétorquer que la concurrence étrangère pourrait être aisément jugulée, sans plus de blabla, par le recours aux droits de douanes et le rééquilibrage de nos échanges, je t’achète tu m’achètes, sur la base des principes énoncés dans  la charte de la Havane - http://www.m-pep.org/IMG/pdf/Charte_de_La_Havane_1_.pdf. - même si elle devait être dépoussiérée, que les Etats-Unis n’ont jamais voulu appliquer et leurs commensaux non plus car elle s'opposait  aux principes du libre échange de l'actuelle OMC  le développement de chaque pays étant fondé sur la coopération   en opposition avec les critères de l’Union Européenne qui imposent la concurrence dite libre et non faussée

 

La mise en oeuvre des  règles de L’Organisation Mondiale du Commerce et de l’UE   détruit le pouvoir d’achat et l’emploi,  multiplie les délocalisations, spolie et affame les pays sous développés. Aucun des candidats à l’élection européenne n’ayant  jugé bon d’aborder concrètement le sujet une très large majorité d’électrices et d’électeurs s’est logiquement abstenue.

 

Le second point paraît de prime abord frappé du bon sens en effet réduire les bases d’imposition des entreprises de main d’œuvre serait de nature à favoriser l’emploi mais sachant que les dégrèvements déjà accordés par les gouvernements successifs ont été impuissants à stopper les délocalisations et les importations de produits manufacturés on voit mal  comment une réforme annoncée à produit constant, ce qui ne sera pas le cas, et bénéfique  pour la quasi-totalité des entreprises, pourrait, sans taxer les capitaux spéculatifs ni remettre en cause le bouclier fiscal, changer la donne.

 

Dans ces conditions

 

Soit les collectivités locales percevront moins qu’avec l’ancienne taxe professionnelle et dans cette hypothèse les communes devront augmenter les taxes  d’habitation et de foncier bâti et les communautés d’agglomérations voter des taxes additionnelles pour équilibrer leurs dépenses.

 

Soit l’Etat prendra la différence à sa charge et devra dans ce cas laisser filer le déficit ou surimposer les contribuables, réduire le nombre d’enseignants et autres personnels autant de chômeurs en plus, accélérer les transferts de charges en direction des collectivités territoriales, augmenter le forfait hospitalier…Chacun complétera.

 

 Dans tous les cas les ménages seront les dindons de la farce, les salariés toujours harcelés, les salaires, pensions et la protection sociale revus à la baisse, les chômeurs en plus grands nombre les exclus aussi ;  pour tous le développement durable deviendra progressivement un slogan vide de sens.

 

Enfin rappelons que si les effets escomptés de la baisse de la TVA dans la restauration n’ont pas été à la hauteur des attentes par contre les conséquences qui en découlent au niveau de la baisse des recettes de l’Etat seront  supportées par tous les contribuables y compris   ceux et celles qui  n’ont pas les moyens d’aller au restaurant. Les bénéficiaires du bouclier fiscal, eux, n’en seront pas affectés.

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 17:48

 

Le point de vue du Groupe communiste, alternative citoyenne, républicain et parti de gauche

 

 

 

Avenir de la métropole et de la Région Ile-de-France :

Non à la société du grand Paris,

oui à un projet solidaire et démocratique!


 

Le groupe CACRPG a dénoncé l’offensive gouvernementale en insistant sur la relation entre la brutalité de la méthode et la nocivité des projets mis en avant. L’intervention de l’Etat ne serait pas en soi problématique si elle se faisait de façon coopérative. Mais il est inacceptable que le gouvernement la conduise en niant les apports des collectivités, notamment ceux de la Région et de Paris Métropole.

 

Pire, le gouvernement ramène le développement de l’Ile-de-France à quelques pôles supposés d’excellence relié par un métro automatique rapide. Il s’arroge des prérogatives essentielles en matière d’aménagement et d’urbanisme autour des 40 gares du grand huit imaginé par Christian Blanc. Il promeut une vision d’une métropole inégalitaire sous tutelle là où le SDRIF  croise l'impératif économique, l'exigence sociale et la réorientation du développement économique. C’est donc du pilotage de l’aménagement dont les collectivités sont dessaisies, pour faire place à  une vision qui s’enferme dans la compétition entre métropoles mondiales, dans la promotion de quelques territoires et la relégation de tous les autres.

 

On trouve là des choix qui s’inscrivent dans une politique globale de remise en cause des services publics, d’asphyxie des collectivités et de reculs sociaux douloureux.

C’est pourquoi le groupe CACRPG a appuyé fortement :

 

n L’interpellation du gouvernement pour exiger la validation du SDRIF issu de quatre ans de concertation et nécessaire à la mise en œuvre de nombreux projets sur le terrain.

n L’avis défavorable sur le projet de loi instaurant la « société du Grand » Paris et en a demandé le retrait.

 

Le groupe CACRPG a ainsi mis en évidence que l’affrontement en cours n’était pas un simple conflit de légitimité institutionnelle… mais bien un conflit de projet. Il porte quant à lui une conception d'une région et d'une métropole populaire, solidaire, ouverte, démocratique, écologique, dynamique et citoyenne. Face à cette offensive autoritaire, il entend contribuer à un vaste débat démocratique sur l’avenir de la métropole et de la Région Ile-de-France.

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 17:58

Texte d'Annie Lacroix Riz publié sur le blog de Danielle Bleitrach (2008) : 



L’Union soviétique par pertes et profits

Il y a soixante ans, 57 % des Français considéraient l’URSS comme le principal vainqueur de la guerre. En 2004, ils n’étaient plus que 20 %. Amplifié par les médias, cet oubli progressif du rôle de Moscou tient aussi aux polémiques sur la politique de Staline entre 1939 et juin 1941, que des travaux historiques récents éclairent d’un jour nouveau. Mais, quoi qu’on pense du pacte germano-soviétique, comment nier que, trois ans durant, les Russes ont porté une grande partie de la résistance, puis de la contre-offensive face à la Wehrmacht ? Au prix de 20 millions de morts.
Par Annie Lacroix-Riz  Deux ans après sa victoire sur le nazisme, l’Armée rouge devint, pour les peuples de l’Ouest, pour cause de guerre froide, une menace (1). Six décennies plus tard, l’historiographie française, sa mutation proaméricaine  achevée, voue l’Union soviétique aux gémonies tant pour la phase du pacte germano-soviétique que, désormais, pour celle de sa « grande guerre patriotique ». Nos manuels, assimilant nazisme et communisme, surenchérissent sur les historiens d’Europe orientale (2). Mais les recherches originales qui nourrissent cette mise au point dressent un tout autre tableau de l’URSS dans la seconde guerre mondiale.

 

Le principal acte d’accusation contre Moscou concerne le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 et, surtout, ses protocoles secrets : de fait, la victoire fulgurante et écrasante remportée sur la Pologne par la Wehrmacht donna le signal de l’occupation par l’URSS de la Galicie orientale (est de la Pologne) comme des pays baltes (3). Volonté d’expansion, Realpolitik ou stratégie défensive ?

Reprenant la thèse des prestigieux historiens Lewis B. Namier et Alan John Percivale Taylor, ainsi que du journaliste Alexander Werth, les nouveaux travaux d’historiens anglophones éclairent les conditions dans lesquelles l’URSS en est arrivée à cette décision. Ils montrent comment, encouragé par les Etats-Unis, l’entêtement de la France et de la Grande-Bretagne dans leur politique d’« apaisement » – autrement dit de capitulation face aux puissances fascistes – a ruiné le projet soviétique de « sécurité collective » des pays menacés par le Reich. D’où les accords de Munich (29 septembre 1938), par lesquels Paris, Londres, et Rome permirent à Berlin d’annexer, dès le surlendemain, les Sudètes. Isolée face à un IIIe Reich ayant désormais les mains libres à l’Est, Moscou signa avec Berlin le pacte de non-agression qui l’épargnait provisoirement.

Ainsi s’achevait la mission franco-britannique envoyée à Moscou (du 11 au 24 août) pour calmer des opinions réclamant – après l’annexion allemande de la Bohême Moravie et la satellisation de la Slovaquie – un front commun avec l’URSS. Moscou exigeait l’alliance automatique et réciproque de 1914, qui devrait associer la Pologne et la Roumanie, fiefs du « cordon sanitaire » antibolchevique de 1919, et les pays baltes, vitaux pour la « Russie d’Europe (4) ». L’amiral britannique Drax et le général français Doumenc devaient faire porter à Moscou seule le chapeau du fiasco : il fallait simplement « laisser l’Allemagne sous la menace d’un pacte militaire anglo-franco-soviétique et gagner ainsi l’automne ou l’hiver en retardant la guerre ».

Quand le chef de l’Armée rouge Klement Vorochilov, « précis, direct », leur proposa, le 12 août, « l’“examen concret” des plans d’opérations contre le bloc des Etats agresseurs », ils s’avouèrent sans pouvoirs. Paris et Londres, résolus à ne fournir aucune aide à leurs alliés de l’Est, avaient délégué la tâche à l’URSS tout en la lui rendant impossible : Varsovie (surtout) et Bucarest avaient toujours refusé un droit de passage à l’Armée rouge. Ayant « garanti » la Pologne sans la consulter, Paris et Londres se dirent ligotés par le veto (encouragé en sous-main) du germanophile colonel Josef Beck, qui invoquait le « testament » de son prédécesseur Josef Pilsudski : « Avec les Allemands nous risquons de perdre notre liberté, avec les Russes, nous perdons notre âme. »

L’affaire était plus simple. La Pologne avait arraché aux Soviets, en 1920-1921, avec l’aide militaire française, la Galicie orientale (5). Aveugle depuis 1934 aux appétits allemands, elle tremblait que l’Armée rouge ne s’emparât aisément de ces territoires. La Roumanie, elle, redoutait de perdre la Bessarabie prise aux Russes en 1918 et gardée grâce à la France. L’URSS n’obtint pas non plus de garantie des pays baltes, dont l’indépendance de 1919-1920 et le maintien de l’influence allemande devaient tout au « cordon sanitaire ».

Depuis mars et surtout mai 1939, Moscou était courtisée par Berlin, qui, préférant – d’expérience – une guerre sur un seul front, lui promit, avant de se jeter sur la Pologne, de respecter sa sphère d’influence en Galicie orientale, en Baltique et Bessarabie. Elle céda, au dernier moment, mais pas à un fantasme de révolution mondiale ou de « Drang nach Westen » (cette poussée vers l’Ouest chère au publiciste allemand d’extrême droite Ernst Nolte) : elle refusa, Londres et Paris cajolant toujours Berlin, d’« être impliquée toute seule dans un conflit avec l’Allemagne » – selon les termes du secrétaire au  Foreign Office, Charles Lindsley Halifax, le 6 mai 1939. L’Occident mima la stupeur devant « la sinistre nouvelle explosant sur le monde comme une bombe (6)  » et dénonça une trahison. En réalité, Français et Britanniques en poste à Moscou jouaient les Cassandre depuis 1933 : faute de Triple Entente, l’URSS devrait composer avec Berlin pour gagner le répit nécessaire à la mise sur pied de guerre de son économie et de son armée.

Le 29 août 1939, le lieutenant-colonel Luguet, attaché aérien français à Moscou (et futur héros gaulliste de l’escadrille Normandie-Niémen), certifia la bonne foi de Vorochilov et posa Staline en « glorieux successeur (…) d’Alexandre Nevsky et de Pierre Ier » : « Le traité publié est complété par une convention secrète, définissant, à distance des frontières soviétiques, une ligne que les troupes allemandes ne devront pas dépasser et qui serait considérée par l’URSS en quelque sorte comme sa position de couverture (7).  »

L’Allemagne ouvrit le conflit général, le 1er septembre 1939, en l’absence de l’Entente qui avait, en septembre 1914, sauvé la France de l’invasion. L’historien Michael Carley incrimine la politique d’apaisement née de « la peur de la victoire contre le fascisme » des gouvernements britanniques et français, effrayés que le rôle dirigeant promis à l’URSS dans une guerre contre l’Allemagne n’étendît son système à tous les belligérants : l’« anticommunisme », décisif à chaque phase-clé depuis 1934-1935, fut donc « une cause importante de la seconde guerre mondiale (8)  ».

Le 17 septembre, l’URSS, inquiète de l’avance allemande en Pologne, proclama sa neutralité dans le conflit, non sans occuper la Galicie orientale. Elle exigea en septembre-octobre des « garanties » des pays baltes, « occupation “déguisée”, accueillie avec résignation (9)  » par Londres, que le Reich inquiétait désormais autant que « la poussée russe en Europe ». Et, ayant demandé – en vain – à Helsinki, alliée de Berlin, une rectification de frontière (contre compensation), elle entra en guerre contre la Finlande et fit face à une sérieuse résistance. La propagande occidentale plaignit la petite victime et exalta sa vaillance. Weygand et Daladier planifièrent – « rêve », puis « délire »,selon l’historien Jean-Baptiste Duroselle – une guerre contre l’URSS dans le Grand Nord, puis dans le Caucase. Mais Londres applaudit le compromis finno-soviétique du 12 mars 1940, ainsi que la nouvelle avance de l’Armée rouge qui suivit l’effondrement français (occupation à la mi-juin 1940 des pays baltes, fin juin de la Bessarabie-Bucovine du Nord). Après quoi elle envoya à Moscou Stafford Cripps, seul soviétophile de l’establishment : Londres préférait désormais une avance soviétique en Baltique à une allemande.

Après des décennies de polémiques, les archives soviétiques ont confirmé qu’environ 5 000 officiers polonais, dont les cadavres furent découverts par les Allemands en 1943 à Katyn (près de Smolensk), avaient bien été exécutés en avril 1940 sur ordre de Moscou. Féroces avec les Polonais, les Soviétiques sauvèrent plus d’un million de juifs des zones réannexées et en organisèrent l’évacuation prioritaire en juin 1941 (10).

Cette période, qui va du 23 août 1939 au 22 juin 1941, fait l’objet d’un autre débat, qui concerne la mise en œuvre par Staline du pacte germano-soviétique. Certains spécialistes soulignent, par exemple, la fourniture de matières premières soviétiques à l’Allemagne nazie, le changement de stratégie imposé à l’été 1940 au Komintern et aux partis communistes invités à dénoncer la « guerre impérialiste », etc. Les historiens cités ici minorent, voire contestent cette interprétation (11). Notons que les Etats-Unis – même après leur entrée en guerre contre Hitler en décembre 1941 – et la France, officiellement belligérante depuis le 3 septembre 1939, assurèrent au Reich d’abondantes livraisons industrielles (12).

En crise depuis juin 1940, les rapports germano-soviétiques frôlèrent la rupture en novembre. « Entre 1939 et 1941, l’URSS avait considérablement développé ses armements terrestres et aériens et massé de 100 à 300 divisions (soit de 2 à 5 millions d’hommes) le long ou près de ses frontières occidentales (13). » Le 22 juin 1941, le Reich lança l’assaut annoncé par l’entassement de ses troupes en Roumanie. Alexander Werth parle d’un « effondrement militaire de 1941 », auquel aurait succédé (en 1942-1943) « un sursaut du régime et de la société ».

Mais, le 16 juillet, le général Doyen annonçait à Pétain, à Vichy, la mort du « Blitzkrieg » : « Si le IIIe Reich remporte en Russie des succès stratégiques certains, le tour pris par les opérations ne répond pas néanmoins à l’idée que s’étaient faite ses dirigeants. Ceux-ci n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications. (…) Sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flammes ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations (14).  »

Le Vatican, meilleur réseau de renseignement mondial, s’alarma d’ailleurs, début septembre 1941, des difficultés « des Allemands » et d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt » : il situa donc « le tournant de la guerre »avant l’arrêt de la Wehrmacht devant Moscou (fin octobre) et bien avant Stalingrad. Fut ainsi confirmé dès l’invasion le jugement que portait l’attaché militaire français à Moscou Auguste-Antoine Palasse depuis 1938 sur la puissance militaire soviétique inentamée, selon lui, par les purges qui avaient suivi le procès et l’exécution du maréchal Mikhaïl Toukhatchevski et du haut état-major de l’Armée rouge, en juin 1937 (15).

L’Armée rouge, écrivait-il, se renforçait et développait un « patriotisme » inouï : le statut de l’armée, la formation militaire et une propagande efficace « mainten[aient] tendues les énergies du pays, et lui donne[aient] l’orgueil des exploits accomplis par les siens (…) et la confiance inébranlable dans [s]a force défensive ». Palasse avait relevé, depuis août 1938, les défaites nippones dans les affrontements à la frontière URSS-Chine-Corée. La qualité de l’Armée rouge ainsi attestée servit de leçon : à la fureur de Hitler, le Japon signa à Moscou, le 13 avril 1941, un « pacte de neutralité » libérant l’URSS de son obsession – depuis l’attaque contre la Mandchourie (1931) puis toute la Chine (1937) – d’une guerre sur deux fronts. Après avoir plié, pendant de longs mois, sous l’assaut de la formidable machine de guerre nazie, l’Armée rouge allait à nouveau pouvoir passer à l’offensive.

Si, en 1917-1918, le Reich fut défait à l’Ouest, et surtout par l’armée française, de 1943 à 1945, il le fut à l’Est et par l’Armée rouge. Pour soulager celle-ci, Staline réclamait, depuis août-septembre 1941, un « second front » (envoi de divisions alliées en URSS ou débarquement sur les côtes françaises). Il dut se contenter des louanges du premier ministre britannique Winston Churchill, bientôt suivi du président américain Franklin D. Roosevelt, sur « l’héroïsme des forces combattantes soviétiques »et d’un « prêt-bail » américain (remboursable après-guerre), qu’un historien soviétique a évalué à 5 milliards de roubles, soit 4 % du revenu national en 1941-1945. Le refus de ce second front et la mise à l’écart de l’URSS des relations interalliées (malgré sa présence au sommet de Téhéran, en novembre 1943) ravivèrent sa hantise du retour au « cordon sanitaire » et aux « mains libres à l’Est ».

La question des rapports de forces en Europe s’aiguisa quand la capitulation du général Friedrich von Paulus à Stalingrad, le 2 février 1943, mit à l’ordre du jour la paix future. Washington comptant sur son hégémonie financière pour échapper aux normes militaires du règlement des conflits, Franklin D. Roosevelt refusait de négocier sur les « buts de guerre » présentés à Winston Churchill par Joseph Staline en juillet 1941 (retour aux frontières européennes de l’ancien empire atteintes en 1939-1940) : une sphère d’influence soviétique limiterait l’américaine ; le financier Averell Harriman, ambassadeur à Moscou, pensait en 1944 que l’appât d’une aide économique à l’URSS ruinée « éviterait le développement d’une sphère d’influence (…) soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans ».

Mais il fallut compter avec Stalingrad, où s’étaient affrontés depuis juillet 1942 « deux armées de plus d’un million d’hommes ».La soviétique gagna cette « bataille acharnée » – suivie au jour le jour par l’Europe occupée – « dépassa[n]t en violence toutes celles de la première guerre mondiale (…) pour chaque maison, chaque château d’eau, chaque cave, chaque morceau de ruine ». Sa victoire « mit l’URSS sur la voie de la puissance mondiale », comme celle « de Poltava en 1709 [contre la Suède] avait transformé la Russie en puissance européenne ».

La véritable ouverture du « second front » traîna jusqu’en juin 1944, période à laquelle l’avance de l’Armée rouge – au-delà des frontières soviétiques de juillet 1940 – exigea la répartition des sphères d’influence. La conférence de Yalta, en février 1945, sommet des acquis de l’URSS, belligérant décisif, ne résulta pas de la ruse de Staline spoliant la Pologne martyre contre un Churchill impuissant et un Roosevelt mourant, mais d’un rapport de forces militaires.

Ce dernier bascula alors dans la course-poursuite négociée de reddition de la Wehrmacht « aux armées anglo-américaines et de report des forces à l’Est » : fin mars, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental (…) contre 170 divisions sur le front de l’Est (16)  », où les combats firent rage jusqu’au bout. En mars-avril 1945, l’opération Sunrise ulcéra Moscou : le chef de l’Office of Strategic Services (ancêtre de la CIA) à Berne, le financier Allen Dulles, y négocia avec le général SS Karl Wolff, chef de l’état-major personnel de Himmler, responsable de l’assassinat de 300 000 juifs, la capitulation de l’armée Kesselring en Italie. Mais il était politiquement exclu que Berlin revînt aux Occidentaux : du 25 avril au 3 mai, cette bataille tua encore 300 000 soldats soviétiques. Soit l’équivalent des pertes américaines totales (292 000), « militaires uniquement », des fronts européen et japonais de décembre 1941 à août 1945 (17).

Selon Jean-Jacques Becker, « mis à part qu’elle s’est déployée sur des espaces bien plus vastes, mis à part le coût extravagant des méthodes de combat surannées de l’armée soviétique, sur un plan strictement militaire, la seconde guerre a été plutôt moins violente que la première (18)  ». C’est oublier que la seule URSS a perdu la moitié des victimes de l’ensemble du conflit de 1939-1945, du fait notamment de la guerre d’extermination que le IIIe Reich avait planifiée pour y liquider, outre la totalité des juifs, de 30 à 50 millions de Slaves (19). La Wehrmacht, fief pangermaniste aisément nazifié, tenant « les Russes [pour] des « asiates » dignes du mépris le plus absolu », en fut l’artisan essentiel : sa sauvagerie antislave, antisémite et antibolchevique, décrite au procès de Nuremberg (1945-1946), mais longtemps tue à l’Ouest et récemment rappelée en Allemagne par des expositions itinérantes (20), priva l’URSS des lois de la guerre (conventions de La Haye de 1907).

En témoignent ses ordres : décret dit « du commissaire » du 8 juin 1941 prescrivant l’exécution des commissaires politiques communistes intégrés à l’Armée rouge ; ordre de « ne pas faire de prisonniers » qui causa l’exécution sur le champ de bataille, combats terminés, de 600 000 prisonniers de guerre, étendu en juillet aux « civils ennemis » ; ordre Reichenau d’« extermination définitive du système judéo-bolchevique », etc. (21). Ainsi 3,3 millions de prisonniers de guerre, soit plus des deux tiers du total, subirent en 1941-1942 la « mort programmée » par la famine et la soif (80 %), le typhus, le travail-esclave. Des prisonniers « communistes fanatiques » livrés à la SS furent les cobayes du premier gazage au Zyklon B d’Auschwitz, en décembre 1941.

La Wehrmacht fut avec les SS et la police allemande un agent actif de la destruction des civils, juifs et non-juifs. Elle aida les Einsatzgruppen SS chargés des « opérations mobiles de tueries » (Raul Hilberg), comme celle perpétrée par le groupe C dans le ravin de Babi Yar, fin septembre 1941, dix jours après l’entrée de ses troupes à Kiev (près de 34 000 morts) : un des innombrables massacres perpétrés, avec des « auxiliaires » polonais, baltes (lettons et lituaniens) et ukrainiens, décrits par le poignant Livre noir d’Ilya Ehrenburg et Vassili Grossman (22).

Slaves et juifs (1,1 million sur 3,3) périrent dans des milliers d’Oradour-sur-Glane ainsi que dans les camps. Les neuf cents jours de siège de Leningrad (juillet 1941-janvier 1943) tuèrent 1 million d’habitants sur 2,5, dont « plus de 600 000 » durant la famine de l’hiver 1941-1942. Au total, « 1 700 villes, 70 000 villages et 32 000 entreprises industrielles furent rasés ». Un million d’Ostarbeiter (travailleurs de l’Est) déportés vers l’Ouest furent épuisés ou anéantis par le travail et les sévices des SS et des kapos dans les kommandos des camps de concentration, mines et usines des Konzerne et des filiales de groupes étrangers, tel Ford, fabricant des camions 3 tonnes du front de l’Est.

Le 8 mai 1945, l’URSS exsangue avait déjà perdu le bénéfice de la « Grande Alliance » qu’avait imposée aux Anglo-Américains l’énorme contribution de son peuple, sous les armes ou non, à leur victoire. Le containment de la guerre froide, sous l’égide de Washington, pouvait renouer avec le cordon sanitaire, première guerre froide que Londres et Paris avaient dirigée de 1919 à 1939.

Annie Lacroix-Riz.Armée, Communisme, Histoire, Nazisme, Seconde guerre mondiale, Allemagne, Pays Baltes, Europe de l’Est, France, Pologne, Royaume-Uni, Russie, Union soviétique (URSS)

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Annie Lacroix-Riz
Professeur d’histoire contemporaine, université Paris-VII, auteure des essais Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944, Armand Colin, Paris, 1996, et Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, paru chez le même éditeur en 2007.
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(1) « 1947-1948. Du Kominform au “coup de Prague”, l’Occident eut-il peur des Soviets et du communisme ? », Historiens et géographes (HG) n° 324, août-septembre 1989, pp. 219-243.

(2) Diana Pinto, « L’Amérique dans les livres d’histoire et de géographie des classes terminales françaises », HG, n° 303, mars 1985, pp. 611-620 ; Geoffrey Roberts, The Soviet Union and the Origins of the Second World War, 1933-1941, Saint Martin’s Press, New York, 1995, introduction.

(3) Lire aussi Geoffrey Roberts, op. cit., p. 95-105, et Gabriel Gorodetsky, « Les dessous du pacte germano-soviétique », Le Monde diplomatique, juillet 1997.

(4) Sauf indication, les sources citées ici se trouvent dans les archives du ministère français des affaires étrangères ou de l’armée de terre (SHAT) et les archives publiées allemandes, britanniques et américaines. Quant aux nombreux livres, souvent peu connus en France, sur lesquels s’appuie cet article, le lecteur en trouvera une large bibliographie sur le site.

(5) NDLR : Comme de nombreuses « marches », la Galicie est passée, à travers l’histoire, entre les mains russes, mongoles, polonaises, lituaniennes, autrichiennes et, à nouveau, russes et polonaises. En 1919, lord Curzon avait attribué la Galicie orientale à la Russie (ligne Curzon).

(6) Winston Churchill, Mémoires, vol. I, The Gathering Storm, Houghton Mifflin Company, Boston, 1948, p. 346.

(7) Lettre à Guy de la Chambre, ministre de l’air, Moscou, 29 août 1939 (SHAT).

(8) Michael J. Carley, 1939, The Alliance That Never Was and the Coming of World War 2, Ivan R. Dee, Chicago, 2000, pp. 256-257.

(9) Lettre 771 de Charles Corbin, Londres, 28 octobre 1939, archives du Quai d’Orsay (MAE).

(10) Dov Levin, The lesser of two evils  : Eastern European Jewry under Soviet rule, 1939-1941, The Jewish Publications Society, Philadelphia-Jérusalem, 1995.

(11) Lire notamment les ouvrages déjà cités de Geoffrey Roberts et Gabriel Gorodetsky mais aussi Bernhard H. Bayerlin et al., Moscou-Paris-Berlin, 1939-1941,Taillandier, Paris, 2003. La communiste libertaire Margarete Buber-Neumann a accusé, dans ses Mémoires, le régime soviétique d’avoir livré des antifascistes allemands à la Gestapo.

(12) Charles Higham, Trading With the Enemy 1933-1949, Delacorte Press, New York, 1983 et Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Armand Colin, Paris, 1999.

(13) Geoffrey Roberts, op. cit., pp. 122-134 et 139.

(14) La Délégation française auprès de la commission allemande d’armistice de Wiesbaden, 1940-1941, Imprimerie nationale, Paris, vol. 4, pp. 648-649.

(15) NDLR. Ces purges sont considérées comme ayant considérablement affaibli l’Armée rouge.

(16) Gabriel Kolko, The Politics of War, Random House, New York, 1969, chap. 13-14.

(17) Pieter Lagrou, dans Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La Violence de guerre 1914-1945, Complexe, Bruxelles, 2002, p. 322.

(18) Ibid., p. 333.

(19) Götz Aly et Susanne Heim, Vordenker der Vernichtung, Hoffmann und Campe, Hambourg, 1991, résumé par Dominique Vidal, Les historiens allemands relisent la Shoah, Complexe, Bruxelles, 2002, pp. 63-100.

(20) Edouard Husson, Comprendre Hitler et la Shoah, PUF, Paris, 2000, p. 239-253.

(21) Omer Bartov, German Troops, MacMillan, Londres, 1985, L’Armée d’Hitler, Hachette Pluriel, Paris, 1999 et Tom Bower, Blind Eye to Murder, André Deutsch, Londres, 1981.

(22) Actes Sud, Arles, 1995.

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 17:51

Jack Freychet                                                                                          le 1 septembre 2009


                                                      à                     Madame le maire de villiers sur orge

 

 

 

Vous le savez, une consultation populaire, organisée à l’initiative d’un comité national qui regroupe qui regroupe 50 organisations (associations, syndicats et partis politiques) aura lieu 3 octobre en vue d’obtenir le retrait du projet gouvernemental de réforme du statut de La Poste première étape avant sa privatisation.

 

Comme beaucoup d’élus locaux , de toutes sensibilités, j’ai décidé de m’associer à cette démarche citoyenne aussi je vous serai très obligé de bien vouloir mettre à ma disposition  la salle Suzanne Simon ainsi que deux urnes samedi prochain.

 

Certain de votre compréhension et avec mes remerciements anticipés,

 

Veuillez agréer madame le Maire l’expression de mes sentiments démocratiques .

 

Reponse de monsieur le premier adjoint, le 2 octobre

 

 

              Réponse à la réponse                                                              le 2 octobre 2009

                                                                                                                     

 

                                                                     madame le Maire

                                                                      Copie à monsieur Redon

 

 

 

                                                                       

Je suis très  surpris par les termes de la réponse, signée de votre  premier adjoint, à mon courrier  concernant le prêt d’une salle communale à l’élu local que je suis.

 

Je vous rappelle que cette demande n’a pas été formulée en vue d’organiser une manifestation festive privée mais à l’occasion d’une consultation nationale et comme telle  ouverte aux villiéraines et aux villiérains  dans leur ensemble sur la transformation de la Poste en société anonyme en vue de sa privatisation.

 

Cette destination justifiait pleinement une mise à disposition à titre gracieux ainsi que le  permet l’article L 2121 – 27 du CGCT. Vous avez négligé cette possibilité qui permet à un élu du peuple d’assumer pleinement les responsabilités qui lui ont été confiées par le suffrage universel, c’est un déni de démocratie, une mesure ségrégative.

 

Permettez moi également de vous faire part de ma désapprobation concernant le barème  de faveur que votre majorité, à laquelle est venu s’ajouter monsieur Simons, a instauré à l’intention des élus locaux par délibération 2008-108 dont vous avez fait état.

 

Vous aviez fait état lors de la réunion du conseil ou cette décision a été voté du dévouement dont faisait preuve les élus de votre majorité ; je vous rappelle d’une part que vous avez la possibilité de les récompenser, si vous le jugez nécessaire, au travers d’une meilleure répartition des indemnités que vous et vos adjoints percevez et d’autre part que les animateurs de la vie associative sont bénévoles, c'est-à-dire interviennent à titre gracieux.

 

Je n’utiliserai donc pas le foyer Macquigneau, par contre et dans la mesure ou vous maintiendriez  votre manifestation de soutien à l’initiative médiatique parisienne de monsieur Kofi Annan  je  me ferais un plaisir d’être parmi vous afin de vous faire part de mon engagement en faveur du développement durable qui passe nécessairement par l’arrêt du pillage des ressources des pays les moins avancés et de l’ingérence dans leurs affaires internes, par l’abandon de la violence armée en tant que mode de règlement des conflits d’intérêts , le désarmement, équilibré, général et contrôlé, à commencer par les pays qui détiennent les moyens de destructions massives ou autres les plus sophistiqué les Etats-Unis et leurs amis de l’OTAN, mais ils ne sont pas les seuls, dont la production provoque l’émission de gaz à effets de serre, et l’utilisation tue mais aussi pollue journellement par delà les frontières avec des conséquences désastreuses prévisibles pour les générations à venir avec en particulier l’utilisation de munitions à uranium appauvri sans écarter à priori  l’utilisation de l’armement nucléaire conventionnel et le recours à des projectiles  de même nature miniaturisées, des études sont en cours...

 

Le rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, le SIPRI, publié lundi 8 juin, constate que les dépenses militaires à travers le monde n'ont jamais été aussi importantes. Le document rapporte qu'en 2008, malgré la crise financière qui a frappé la planète, l'enveloppe consacrée aux dépenses militaires a augmenté de 4 % en un an, pour atteindre un nouveau record de 1 464 milliards de dollars au niveau mondial, 607 pour les  Etats-Unis, le coût des conflit en cours venant en sus  alors que La Banque Mondiale, l’OMS, le  PNUD, l’UNESCO,  l’UNICEF  estiment à 80 milliards de dollars par an (dollar de 1995) la somme supplémentaire à consacrer, mondialement et  annuellement, pendant 10 ans, aux dépenses relatives aux services sociaux de base pour remédier aux lacunes en matière d’éducation primaire, de santé, de fourniture d’ eau potable et d’ assainissement….

 

Guerre et développement durable sont incompatibles.

 

 Certain de votre compréhension et restant disponible pour prolonger  l’échange

 

Veuillez agréer, madame le Maire, l’expression de mes sentiments démocratiques,   solidaires à l’égard de tous ceux qui souffrent ou qu’ils soient sur la planète Terre.                                                                      

 

 Commentaires supplémentaires: Des trois contitions posées la première était inacceptable, la troisième se voulait ironique, elle était farfelue.

 

  Suite

 

Réponse en attente de réponse:

 

Jack Freychet                                                                                          le 13 octobre 2009


                                                         à     

 

                                                                                     Madame le maire

                                                                                     Hôtel de Ville

                                                                                     Villiers sur orge

 

 

 

                      Madame le maire

 

 

Vous comprendrez aisément ma profonde stupeur à la lecture de votre courrier du 13 octobre référencé : TLE/CC/09/0909/048 ou vous écrivez  que la demande d’attribution de salle que j’avais formulée en vue d’organiser une votation citoyenne sur le devenir de la Poste aurait été à l’origine de l’annulation de la réunion que vous aviez prévue en vue de relayer la pétition mondiale lancée par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi ANNAN sur les enjeux et problèmes liés au changement climatique.

 

Permettez moi de vous rappelez les faits en quelques lignes :

 

Lorsque, le 29 septembre, en conseil, j’ai sollicité le prêt, c'est-à-dire la mise à disposition à titre gracieux, d’une salle vous avez répondu qu’il me fallait auparavant vous adresser une demande écrite, le courrier correspondant fut enregistré en Mairie le 1°  octobre.

 

Le 2 votre premier adjoint, monsieur Redon, vous étiez en province m’a-t-on dit, m’opposait une fin de recevoir  aux termes d’une délibération prévoyant un tarif de faveur à l’intention des élus (111 euros) pour l’utilisation d’une salle communale à des fins privée, ce qui pour ma part n’était pas le cas,  et me priant en outre de prendre l’engagement de ne mentionner aucune appartenance à quelque parti politique, syndicat ou association que ce soit, à l’intérieur ou à l’extérieur de la salle. En effet nous avons bien noté le caractère totalement apolitique de cette opération citoyenne et, afin d’être cohérent avec cette démarche toute ambiguïté doit être levée auprès de administrés.

 

Mais m’expliquerez vous peut être comment on peut être citoyen tout en faisant abstraction de tout engagement politique, syndical  et associatif. Ce n’est évidemment pas sérieux d’autant qu’il est des instants ou même le silence peut être complice.

 

Les délais dont nous disposions les uns et les autres étaient certes réduits, mais les mêmes, j’ai répondu sur le champ à votre adjoint, d’abord par mail, le 2 à 16 h 04 et confirmé par lettre. Vous aviez ainsi tout le loisir de relayer l’initiative de Kofi Annan que vous aviez préparé et  à laquelle je me serais fais un plaisir de participer  si je n’avais trouvé porte close lorsque je me suis rendu au foyer Henri Macquigneau le samedi 3 octobre.

 

Votre adjoint avait, conformément aux dispositions  offertes par  l’article l 21.21-27 du CGCT, possibilité de répondre favorablement à ma requête, il a botté en touche,  votre dernier courrier procède de la même démarche.

 

Certain de votre compréhension,

 

Veuillez agréer madame le Maire mes salutations les meilleures.

                                                                                                                                     Jack Freychet

 

 

                                                                                    


 

 

 

 

 

 

 

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 18:24

Un communiqué du groupe Communiste, alternatif, Citoyen, Républicain et Parti de gauche du conseil régional

 

 

 

La commission Carrez vient de dévoiler ses projets de financement des transports en Île-de-France. La crise pèse sur les habitant(e)s et les salarié(e)s mais c’est encore et toujours les citoyennes et les citoyens qui sont mis à contribution ! Pour les élus CACRPG, c’est inadmissible.

 

Le gouvernement a annoncé que pour protéger l’environnement, il faut que les ménages payent « la taxe carbone ». Et bien aujourd’hui, la commission du député UMP Carrez envisage un nouvel impôt pour les Franciliens : « une taxe spéciale d’équipement Grand Paris ». Cette dernière s’ajouterait aux impôts locaux et est évaluée à 20€ annuels par ménage.

 

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, une augmentation du tarif des transports est préconisée, mais celle-ci ne devrait pas dépasser « le pouvoir d’achat ». Peut-être qu’avec un peu de chance, on pourra même voir baisser le prix du ticket de transport s’il s’aligne réellement sur l’évolution du pouvoir d’achat…

 

Les collectivités ne sont pas oubliées, bien au contraire ! D’un côté le gouvernement leur supprime des revenus essentiels : taxe professionnelle. De l’autre, il envisage d’augmenter les contributions publiques à un rythme de 4,2 points au-dessus de l'inflation, "exigeant un effort au niveau de la fiscalité régionale et départementale". Prises dans cet étau les collectivités n’auront d’autres choix que d’augmenter leur fiscalité, et les contribuables, vous et nous, paieront.

 

On jugera de la cohérence de ces mesures au moment où la crise énergétique et environnementale exige une forte mobilisation sur la question de la mobilité, et sur l’incitation à réduire l’utilisation de la voiture au bénéfice des transports publics. Une fois de plus la droite met en œuvre une politique profondément injuste et inefficace.

 

D’autres solutions existent pour dégager de nouveaux financements. Les élus CACRPG les proposent depuis longtemps:

-          appliquer un taux modeste de 0,5% sur les actifs financiers, et les flux financiers, ce sont 15 milliards d’euros qui seraient immédiatement disponibles.

-          revoir le périmètre du versement transport, non seulement en fonction du nombre de salariés mais surtout en fonction des profits que dégagent les entreprises.

-          sur la tarification, il faut revoir le zonage qui est totalement inégalitaire et étendre la tarification sociale.

-          créer un pôle financier public qui permettrait d’effectuer l’emprunt nécessaire hors des spéculations et des fonds de pensions.

 

Enfin, ce rapport confirme bien les menaces gouvernementales de privatisation de la RATP, en envisageant la séparation des activités d’exploitant et de gestionnaire de cette entreprise.

 

Les élus CACRPG rappellent leur opposition à toutes mesures de privatisations des entreprises publiques.

 

C’est pourquoi ils réclament la création d’un grand pôle de service public national des transports, associant RATP, SNCF et RFF, partenaires d'un STIF renforcé, doté de plus de ressources et élargi à des représentants des usagers et les salariés: tout le contraire de ce que le gouvernement prévoit et met en œuvre !

 

                                                                                                          Paris 1er octobre 2009

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 17:31
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 16:30

Comme d’habitude, hormis des bavardages sur quelques  points de détails nous n’avons assisté sur l’essentiel qu’à des débats tronqués quant ils n’étaient pas  reportés ou tout simplement évacués.

 

Madame le maire a énuméré les décisions qu’elle avait été amenée à rendre depuis le dernier conseil municipal en fonction des délégations de pouvoir que lui avait octroyé sa majorité.

 

Le procès verbal  23 juin a été adopté après quelques  modifications mineures qui devront être transcrites  le document  actualisé sera  publié sur le site de la commune, à pâque ou à la trinité car il est en panne d’actualisation depuis de nombreux mois.

 

Points divers :

 

Nous avons appris que les vestiges archéologiques  découverts ayant été jugé insuffisants, sans plus de détail le rapport n'a pas été remis à la commune, pour justifier des recherches complémentaires les travaux devraient pouvoir

commencer sur le site des Mollières, dès que l’aménageur sera prêt c'est-à-dire quand le marché le permettra. Nous passons vraisemblablement à côté de découvertes plus importantes.

 

L’opération dite de centre ville, qui longe le Clos du Verger (13 logements sociaux, 7 lots libres), touchée par la crise immobilière est au point mort. Les lots libres dont la vente devait équilibrer financièrement l’opération ne trouvent pas d’acquéreurs, trop chers. La SORGEM qui agit pour le compte de la commune cherche une solution quelle ne trouvera pas dans le contexte actuel sauf à augmenter le nombre de logement.

 

Le projet Voie des mares est en attente de règlement d’un problème foncier.

 

Bonnes nouvelles les logement sociaux de la rue Louise Michel devraient être réhabilités, VALOPHIS ex OPAC du Val de Marne doit organiser une consultation des locataires. La chasse aux mauvaises herbes aura lieu avec des produits non agressifs pour l’environnement. L’équipe des espaces a été renforcée par une personne du sexe dit faible.

 

Le Directeur des services technique dont nul ne s’était aperçu du départ, pas plus que de celui du   «chef d’équipe administratif »   jamais vu sur le terrain, sera  remplacé par un agent titulaire d’un BTS. La maison de l’Enfance, le CLSH, la Maison des jeunes sentier des Senillières seront chapeautés par un coordinateurs, pour doubler sans doute l’adjoint responsable, alors qu’il disposent déjà chacun d’une  directrice. Encore uns dépense superflue.

 

Affaires financières :

 

Le l’article 6574 à été provisionné afin d’une de reverser au comité des fêtes les droits de places perçu par la commune au titre de la brocante, d’autre part pour octroyer une subvention de 700 euros à une association nouvellement crée / Air  Speed qui consiste à pratiquer le badminton, sans filet, éventuellement dans le noir avec un volant fluorescent.

 

Sur le principe aucune objection à formuler dans la mesure ou l’attribution des salles  se ferait en accord avec le COV qui a en charge le sport  soumis à un calendrier officiel de  compétitions, ce qui n’est pas encore  cas de Air Speed par contre les critères retenus par la majorité pour la détermination du montant de cette subvention sont sujets à caution, elle est en outre intitulée annuelle sur le projet de délibération mais a été présentée en séance comme étant à caractère exceptionnel.

Selon la majorité le montant est égal a la subvention perçue par le COV, divisée par le nombre d’adhérents, soit 31500 : 868 =  36 x 20 = 720 euros, ramenés à 700. Or il convient de noter que la subvention du COV comporte  une fraction destinée à l’application du quotient familial non pratiqué par Air   Speed, cette aide une fois défalquée   la subvention du COV n’est plus que de 28 000 euros soit selon la formule 32 euros par adhérent  ce qui ne représenterait pour Air Speed, et en année pleine ce qui n’est pas le cas semble-t-il, 640 euros  auxquels pouvait éventuellement venir s’ajouter subvention exceptionnelle de démarrage.

 

La majorité ayant rejeté un mode de calcul plus équitable, j’ai refusé de prendre part à un vote qui constitue un dénie de justice à l’égard des adhérents du COV qui est en droit, dès cette année, de réclamer que les aides qui lui ont octroyées augmentent de 8,5 % pour être à   la parité de traitement. Après avoir critiqué ce dossier de manière assez virulente monsieur Fraysse a voté pour.  

 

Enfin dorénavant la commune acceptera les CESU (Chèque Emploi Service Universel) pour les activités telles que la crèche, la halte garderie, la garderie ainsi qu le forfait étude.

 

Travaux Urbanisme :

 

Trois avenants adoptés à la majorité sont venus alourdir la note du centre de Loisirs et de Culture d’un montant global de 18 855,42 euros, la trouvant déjà suffisamment salée je me suis abstenu, une voix n’aurait pas changé la donne.

 

Le CM à l’unanimité a décidé de régulariser administrativement la construction du auvent du chalet des boules.

 

Affaires générales :

 

La motion  refusant le projet de schéma directeur de la ligne C du RER a été adopté à l’unanimité, pour un peu plus de clarté sur ce dossier j’ai été conduit à faire la déclaration suivante :

 

« Certes je voterai cette délibération au motif de l’insuffisance de dialogue entre le Syndicat des transports parisiens et les communes de la vallée de l’Orge mais il y a beaucoup de non dits dans ce texte en effet ce qui se profile au travers de cette passe d’arme est un prélude aux élections régionales, alors que c’est  le devenir du service public des transports en région parisienne qui est en jeu.

 

Que le STIF se fasse taper sur le bec, comme dirait la comtesse, soit mais il ne faut pas oublier l’essentiel c’est à dire l’ouverture à la concurrence dans le cadres des directives de l’union européenne que les instances gouvernementales veulent mettre en œuvre avec l’amendement au projet de loi sur l’organisation et la régulation des transports ferroviaires adopté le 22 septembre 2009 en catimini, sans aucune concertation avec les collectivités territoriales d’Ile de France et dont le STIF vient de demander le retrait.

 

Il s’agit, en l’occurrence, de transférer  les infrastructures  du STIF à la RATP afin de les ouvrir à la concurrence comme le RFF. Le Stif ne conservant que  le matériel roulant.

 

La concertation  ne doit pas se limiter à la recherche de quelques gains de temps appréciables mais limités mais appréhender le dossier dans sa globalité en y incluant les aspects liés à l’urbanisation croissante de la région parisienne, en particulier celui du Grand Paris¹ voulu par le président Sarkozy. Dans cette perspective il est nécessaire d’organiser une très large consultation afin que les usagers et leurs représentants  puissent exprimer leurs besoins et leurs points de vues en matière de transports publics face au décideurs gouvernementaux, régionaux, départementaux et locaux en y associant RATP, SNCF, RFF partenaires d’un Stif renforcé, doté de plus de ressources en particulier de l’Etat car c’est lui qui tire les ficelles en matière de développement et d’urbanisme, afin de ne pas avoir à ponctionner encore plus durement les contribuables locaux. » 

 

Questions diverses :

 

Trois points avaient été retenus, par madame le maire en début de séance:

 

Deux dont  j’avais demandé l’inscription par courrier du 22 septembre annexé à la convocation il s’agissait de l’examen des incidences  financières de l’abandon du tarif régulé du gaz par la commune lors du mandat précédent et des conséquences de la privatisation de la Poste initiée par le gouvernement. Prétextant une transmission tardive du courrier annexé à la convocation et par conséquent parvenu dans les délais et du dossier élaboré par la commune dont les éléments constitutifs devraient être  connus de tous les protagonistes, les élus de l’opposition, messieurs Simons et  Fraysse aux noms de leurs équipes respectives ont demandé le renvoi en commission ce qui constitue pour le moins  une tentative de noyer le poisson et de fuir leurs responsabilités d’élus. Nul n’a été à même d’indiquer quelle avait été la décision communale à l’origine du passage au tarif dérégulé : est-ce un accord tacite entre l’ancien Maire et Dalkia, une initiative de cette société nous n’avons pu le savoir, rien n’apparaît sur les délibérations et les comptes rendus de conseils, rien sur le marché et les documents annexés.

J’ai alors proposé deux motions, l’une pour demander le maintien des taris régulés gaz et électricité dont la disparition est programmée pour 2010 ; l’autre sollicitant l’abandon du projet de privatisation de la Poste. Elles n’ont pas été soumises au vote.

 

Les uns et les autres sont restés insensibles aux arguments présentés notamment le fait que les privatisations sont toujours suivies, voire même précédées, de hausses du coût des prestations, le prix de revient du gaz qui alimente les chaufferies communales a augmenté de 221 % en 10 ans, et de transferts de charges en direction des collectivités territoriales par exemple pour généraliser le haut débit Internet,  pour maintenir la supérette, commerce de centre ville, la commune a été contrainte d’acquérir le local ou est Petit Casino. 

 

Dans le même temps les conditions de travail se détériorent, la répression bat son plein dans les entreprises, les personnels soumis à la pression de hiérarchies, obnubilées par la concurrence et le carriérisme, stressent et  se suicident, pas seulement chez France Télécoms.

 

C’était trop demander l’indifférence à prévalu. Bien sur ça ne peut arriver qu’aux autres.

 

La séance s’est terminée par un échange sur la prévisible disparition de la librairie pour cause de départ à la retraite. Les repreneurs éventuels sont freinés par la faiblesse du chiffre d’affaire obéré par la présence des grandes surfaces à la périphérie, encore un emploi qui va disparaître, un chômeur supplémentaire à indemniser…si nous ne parvenons pas à modifier nos comportements, laisser la voiture au garage pour  faire vivre le commerce local et limiter la croissance du volume des gaz à effets de serre et faire en sorte que  Villiers sur Orge ne devienne pas exclusivement une cité dortoir. C’est aussi une démarche citoyenne qui nous concerne tous.

 

¹ Voir la déclaration du Groupe CACRPG au conseil Régional, dans la rubrique Région, transports STIF.

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 06:35

Jack Freychet                                                                                le  22  septembre 2009

Conseiller municipal             à

                                                                            Madame le maire

                                                                            Villiers sur orge

 

 

Lors de la dernière réunion de la commission travaux Urbanisme Développement durable vous avez laissé entendre que la prochaine réunion du conseil municipal aurait lieu le 29 prochain.

 

Dans cette perspective je vous serais très obligé de bien vouloir porter à l’ordre du jour les deux points suivants :

 

Examen des conséquences financières pour la commune du contrat, conclu par votre prédécesseur avec l’entreprise Dalkia, qui a été à l’origine de l’abandon du tarif régulé pour la fourniture de gaz . Je vous rappelle que je reste en attente des renseignements complémentaires dont j’avais réitéré la demande  par courrier du 7 juillet.

Examen des conséquences  de la privatisation de la Poste. Ce projet initié par le gouvernement fait l’objet de déclarations contradictoires en son sein, le ministre de l’industrie dément toute volonté de privatisation, celui du travail  déclare qu’il n’est pas question de renoncer au changement de statut, dans ces conditions nous savons tous que la transformation de cet établissement en SA sera, comme pour GDF et France Télécoms, un  premier pas vers la privatisation totale avec les conséquences que l’on sait, au niveau de la qualité du service rendu au public, la dégradation des conditions de travail qui conduisent des travailleurs à la déprime jusqu’au suicide ce qui émeut aussi, semble-t-il,  dans  les rangs de la majorité gouvernementale. Dans ces conditions, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, ne vaudrait-t-il pas mieux  prévenir plutôt que d’avoir à regretter des morts inutiles et augmenter le nombre de préposés plutôt que celui des DRH chargés de mettre en œuvre des directives fondées sur la concurrence libre et non faussée.

Vous en êtes témoin comme moi, la multiplication des fournisseurs d’accès n’a pas conduit,  en Essonne comme partout ou la densité de population n’est pas à la hauteur des profits escomptés, au renforcement des réseaux, qui peinent sauf exceptions à acheminer 512 Ko, il en est ainsi à Villiers sur Orge malgré les promesses de votre prédécesseur, les vôtres aussi.

 

Dans ces conditions ce sont les collectivités territoriales qui doivent se substituer aux opérateurs défaillants pour financer les structures nécessaires avec le produit des impôts locaux au détriment de leurs missions traditionnelles. C’est ainsi  que le conseil général vient d’engager (sic la chambre de commerce de l’Essonne bulletin Sept/oct.. 2009) un premier programme afin de garantir  une connexion haut débit d’au moins 512 Ko en tout point du département en 2010, un second volet suivrait pour atteindre  2 mégas octets en 2014. Il s’agit d’un subventionnement abusif d’opérateurs privés.

 

Les PTT avait été à même d’amener une paire téléphonique jusque dans les coins les plus reculés de la France rurale, les actionnaires se contentent aujourd’hui d’empocher la rente, à ce rythme les communes devront bientôt rémunérer les facteurs qui voient leurs tournées s’allonger ; le libéralisme est à l’œuvre.

 

Si la seconde proposition vous agrée, ainsi qu’à votre majorité, nous pourrions, après débat, mettre au point une motion centrée sur la défense de la Poste, l’amélioration des conditions de travail de ses personnels et par conséquent de la qualité du service rendu aux usagers qui passe à Villiers sur Orge par la création, à minima, d’une agence.

 

Je reste à votre disposition pour tout échange préalable.

 

Dans l’attente de votre réponse,

 

Veuillez agréer madame le Maire mes salutations les meilleures.                                               

                                                  

                                 

                                                                                    

                                                                                    

 

 

 

 

                    

 

 

 

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 17:38

Les uns sont partis, beaucoup du fait de la baisse du pouvoir d’achat ont écourté leurs vacances,  les autres plus nombreux que l’année précédente sont, pour les mêmes raisons restés, à la maison.

 

La période estivale terminée les problèmes demeurent, le chômage augmente au rythme des délocalisations et des suppressions d’emplois dans le public comme dans le privé, des travailleurs harcelés dépriment et se suicident à France télécom. dans l’indifférence, alors que dans d’autres temps la levée de bouclier eut été générale dans l’entreprise, ce n’est pas la faute aux seuls « patrons ».  Les plus faibles sont éliminés, l’avenir, on nous le ressasse, appartient aux compétiteurs les mieux armés que les autres crèvent ils auront de belles paroles, soulageant les consciences, pour épitaphe...

 

Sarkozy, l’UMP, la droite dans son ensemble, quelques autres aussi horrifiés par le poids de la dette que nous pourrions laisser aux générations futures s’étaient engagés à la réduire, elle a plus que doublé et continue d’augmenter sans que rien ne laisse présager une embellie: La faute à la crise prétendent ces braves gens oublieux que cette situation découle de politiques mises en œuvres ces dernières décennies par les tenants du capital libéralisme qu’ils soient de droite ou de gauche. Pourtant depuis longtemps les avertissements n’ont pas manqué quant aux dérives prévisibles, ceux qui les ont formulés ont été pris pour des imbéciles.

 

Les laudateurs de l’Europe de la vie chère et de la casse des acquis sociaux multiplient les effets de manches,  jurent qu’on ne les y reprendra plus, mais tentent de replâtrer le système jusqu’à l’inéluctable  prochaine crise financière encore plus lourde de conséquence que la précédente. Lorsque qu’une chambre à air est mitée, une seule solution : La remplacer.

 

Le libéralisme devait assurer la prospérité durant le premier quart du 21 ème siècle, ses exégètes ont menti sciemment et nous incitent aujourd’hui  à la patience. En attendant il faut se serrer la ceinture, accepter de nouveau sacrifice, payer plus pour se soigner moins, travailler plus longtemps pour une moindre retraite, accepter les conséquences de la concurrence libre et non faussée,  de la loi du marché etc. L’antienne est connue.

 

L’Etat de l’UMP et de ses comparses se désengage, réduit le nombre de fonctionnaires et d’enseignants pour tenter vainement de  rééquilibrer les comptes, les collectivités territoriales doivent boucher les trous lorsque c’est devenu indispensable.  A Villiers sur Orge, la majorité municipale a emboîté le pas; elle a fait croître cette année les impôts locaux de 8 % et ajouté 3 % au coût des prestations servies par la commune : restaurations scolaire, l’accueil des jeunes enfants.

 

Rien ne l’imposait de manière si urgente l’arrêt des comptes en fin d’année en apportera la preuve. Nous y reviendrons.

 

2010 devrait être encore plus difficile avec la taxe carbone, plus de 4 milliards d’euros attendus, qui  n’aura d’autre effet que d’alourdir les charges qui pèsent sur les ménages en particulier les personnes qui n’ont pas d’autre alternative que le recours à un véhicule personnel pour leurs déplacements quotidiens ou le fuel et le gaz pour le chauffage. La forte taxation de l’essence et du gaz oïl déjà en place n’a jamais empêché les automobilistes d’aller à la pompe. En outre à qui peut-on faire croire que ce qui sera pris d’une main sera rendu de l’autre. En réalité il s’agit de la pédagogie dite du coup de trique dont-on sait qu’elle ne donne jamais rien de bon.

 

Le volume des gaz à effet de serre ne peut être réduit qu’à une triple condition :

 

Développer les sources d’énergie les moins polluantes et les plus sures.

 

L’hydraulique et le nucléaire civil qui produit certes des déchets mais qui peuvent être confinés alors que les gaz issus de la combustion des hydrocarbures dont il ne reste des que pour quelques decennies, du charbon voire même de la bio masse ne le peuvent  pas.

 Généraliser l’usage du nucléaire civil pour la production l’électricité dans les pays ayant déjà développé l’arme atomique et quelques autres dotés de  ces technologies, éventuellement par transfert, permettrait de réduire l’émission des gaz à effet de serre de  30% à l’échelle de la planète, ce n’est pas négligeable mais il est un paradoxe qui consiste à jeter l’anathème sur le nucléaire civil et laisser sans mot dire proliférer l’armement du même nom. Le solaire thermique peut venir en complément par contre le photo voltaïque et les éoliennes sont d’un intérêt limité car l’électricité ne se stocke pas et doivent par conséquent être accompagné de sources d’énergie de substitution qui en l’état ne peuvent être que du gaz, du fuel ou du charbon donc polluantes.

 

Economiser l’énergie. Les possibilités sont multiples.

 

 Il faut impérativement :

- Développer les transports en commun, le ferroutage, rapprocher autant que faire se peut les emplois des lieux de vie et réciproquement ce qui aurait comme conséquence de réduire les migrations bi quotidienne comme le nombre de camions sur les routes, d’avions cargo,  de porte-conteneurs sur les océans.

- Améliorer l’isolation thermique des  logements individuels et collectifs, revoir les règles d’urbanisme à cet effet.

L’énumération n’est pas exhaustive.

 

Augmenter les crédits destinés à la recherche.

 

C’est possible et mieux encore en supprimant le bouclier fiscal ; le bonus des traders serait ainsi ramené à de plus justes proportions de même que les stocks options qui devraient être supprimées etc.

 

Il reste qu’au-delà de la taxe carbone se profile, à un horizon pas si lointain, la suppression de la taxe professionnelle actuellement supportée par les entreprises. Il  faudra bien compenser cette perte de recette pour les communautés d’agglomérations, encore 8 à 10 milliards à trouver, peut être plus. Si rien ne change qui paiera, sinon encore une fois les mêmes  c’est- à -dire  les ménages contribuables locaux. Il convient également de noter l’incongruité de la réduction de la TVA sur la restauration, qui sauf sur les régions frontalière n’est pas soumise à la concurrence étrangère, encore moins au voisinage des plages du Midi et de l’Atlantique. L’emploi et les prix sont restés,   pour l’essentiel, ce qu’ils étaient, par contre les recettes de l’Etat baissent, son déficit se creuse encore plus.

 

En fait si les prélèvements sociaux n’augmentent pas comme on nous l’affirme, voire même diminuent par toutes sortes d’artifices pour faire croître la manne des actionnaires, les prélèvements sur les prélèvements sociaux sont démultipliés. Si nous laissons faire, ils iront jusqu’à vider les caisses de la retraite par répartition et de sécurité sociale en général. Ceux qui pourront encore payer garderons la faculté de s’adresser aux assurances privées, transnationales ou non  aux autres la charité publique, corollaire de  l’injustice sociale, mais il devient de plus en plus difficile pour le commun des mortels de mettre la main à la poche, resteront le mécénat et les dames patronnesses d’un temps que l’on croyait révolu, rendant d’une main une infime fraction ce qu’ils ont perçu indûment de l’autre : En quelque sorte le système actuel des Etats-Unis que Obama peine à réformer.

 

Décidément  les jeunes générations ont du mouron à se faire…Elles saurons qui remercier,  mais elle doivent se préparer à vivre plus mal que celle qui les a  précédés.

A moins que…

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 19:32

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De 1961 à 1971, l’armée américaine a déversé sur le sud Vietnam 80 millions de litres de défoliants, dont le tristement célèbre Agent Orange, qui contient de la dioxine. Il en est résulté un désastre écologique et une catastrophe sanitaire sans précédent, dont les conséquences persistent : Aujourd’hui l’Agent Orange tue encore.

Un déni de justice de la Cour Suprême américaine

En janvier 2004, les victimes vietnamiennes ont intenté un procès contre 37 firmes de produits chimiques (Monsanto, Dow Chemical, etc.), qui ont fourni les défoliants à l’armée américaine et en ont retiré des profits considérables. Les Vietnamiens ont été déboutés en première instance (10 mars 2005) et en appel (22 février 2008). Les jugements statuaient que
 la disposition législative (l’ATS) dont se réclamaient les Vietnamiens ne s’applique pas à leur cas ;
 les firmes ont agi sur commande du gouvernement américain et sont de ce fait à l’abri de toutes poursuites ;
 les défoliants ont été utilisés pour protéger les soldats américains et non comme armes contre la population.

En conséquence la plainte des Vietnamiens était jugée irrecevable, tout comme la plainte analogue déposée par les Vétérans américains.

Le dernier recours était d’obtenir de la Cour Suprême des États-Unis (requête du 8 octobre 2008) que ces décisions soient remises en question et que les procès sur le fond puissent enfin s’ouvrir.

Le 27 février 2009 : la Cour Suprême des États-Unis a rejeté la requête des victimes vietnamiennes et américaines  sans donner aucun motif. Sans doute a-t-elle cru mettre ainsi un point final à l’affaire.

Mais le monde entier continue à demander justice. En dépit de la décision scandaleuse de la Cour Suprême, la lutte ne cessera pas tant que justice n’aura pas été rendue aux victimes vietnamiennes et américaines des épandages d’Agent Orange.

Pour sa part, après sa Conférence internationale sur les effets de l’Agent Orange (Paris, Palais du Sénat, mars 2005), après de multiples campagnes d’information et de pétitions soutenant les victimes vietnamiennes et leur organisation la VAVA l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne (AAFV) poursuit son combat.

AAFV, Paris 2 mars 2009 www.aafv.org.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 15:39

 

Le rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, le SIPRI, publié lundi 8 juin, constate que les dépenses militaires à travers le monde n'ont jamais été aussi importantes. Le document rapporte qu'en 2008, malgré la crise financière qui a frappé la planète, l'enveloppe consacrée aux dépenses militaires a augmenté de 4 % en un an, pour atteindre un nouveau record de 1 464 milliards de dollars au niveau mondial.

Plusieurs éléments expliquent ce chiffre, montre le rapport du SIPRI : la concrétisation du concept de "guerre contre le terrorisme", qui "a poussé plusieurs pays à voir leurs problèmes à travers une perspective fortement militarisée", ainsi que les guerres menées en Irak et en Afghanistan, qui "ont coûté 903 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires pour les seuls Etats-Unis".

Les chiffres d’affaires des fabricants d’armes sont en hausse.

Washington est un de ceux qui contribuent le plus à l'explosion de l'enveloppe destinée à l'armée, et reste en tête du classement établi par le SIPRI avec 607 milliards de dollars dépensés en 2008, soit près de 41 % des dépenses militaires mondiales.

 

La Chine qui, avec la Russie, a quasiment triplé son budget militaire depuis dix ans, est pour la première fois le deuxième pays dans ce classement, avec 6 % du total, devant la France (4,5 %) et le Royaume-Uni (4,5 %). L’Amérique du Sud a augmenté ses dépenses militaires de près de 50 % en dix ans, notamment en raison de "la course de fond engagée par le Brésil pour le statut de puissance régionale et l'escalade des dépenses en Colombie liée à son conflit intérieur".

En 2007, les cent plus grandes entreprises du secteur, parmi lesquels l'américain Boeing, devant le britannique BAE Systems et Lockheed Martin, ont connu un d'affaires de 347 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport à 2006.

 

http://translate.google.com/translate?hl=fr&u=http%3A%2F%2Fwww.sipri.org%2Fyearbook

 

On peut déduire de ce qui précède  (ndlr):

 

Pays

Population

Dépenses militaires globales

  -Hors conflits- 2008

Dépenses militaires

Par habitant

Ensemble des pays de la planète

6 500 000 000

1464 milliards de dollars

   225      dollars

Etats Unis

   302 074 000

 607   milliards de dollars

 2 000     dollars

Chine

1 321 900 000

   88   milliards de dollars    

      66,5  dollars

Russie

   142 400 000

   88   milliards de dollars

    620     dollars

Angleterre

     60 000 000

   65   milliards de dollars

 1 080     dollars   

France

     64 102 000

   65   milliards de dollars

 1 014     dollars

 

 

La somme supplémentaire à consacrer, mondialement et  annuellement, pendant 10 ans, aux dépenses relatives aux services sociaux de base (éducation primaire, santé, eau, assainissement) a été estimée à 80 milliards de dollars (dollar de 1995)

Sans commentaire.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 17:21

Les armes à uranium appauvri

www.armees.com/Les-armes-a-l-uranium-appauvri.html  (extraits)

 

Envisagée depuis 1943 par les Etats-Unis les armes à uranium appauvri ont été utilisées dans les Balkans par l’OTAN, au Liban et à gaza par Israël, durant les deux guerres du Golfe et en Afghanistan par les Etats-Unis.

 

L’uranium appauvri est un métal à forte densité utilisé pour cette raison afin de perforer, selon leurs poids de quelques centaines de grammes à plus d’une tonne,   les blindages les plus épais des chars et des plaques de bétons de plusieurs mètres des abris souterrains. Elles peuvent également être miniaturisées

 

Il est radioactif et pyrophore c'est-à-dire qu’il s’enflamme à l’impact ce qui entraîne une destruction totale intra muros et une dispersion de particules radioactives ultrafines (micro et nano particules) qui sont inhalées par les populations avoisinantes ainsi que par les belligérants des deux camps. Elles peuvent être transportées par les vents et de ce fait ignorent les frontières.

 

Elles se logent dans les cellules, provoquent des lésions, des cancers et des malformations congénitales. La sous commission des Droits de l’Homme des Nations Unies a en 1996, classé les armes à uranium appauvri parmi celles considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs, frappant sans discrimination les populations civiles et causant des dommages graves et durables à l’environnement.

Décrit comme le Cheval de Troie de la guerre nucléaire, l’uranium appauvri est l’arme qui continue à détruire. La demie vie de l’uranium-238 est de 4.5 milliards d’années, l’age de la Terre. Et, comme l’uranium-238 dégénère en sous-produits radioactifs, en quatre étapes avant de se transformer en graphite, il continue d’émettre plus de radiations à chaque étape. Il n’y a pas moyen de l’arrêter, et il n’y a pas moyen de le nettoyer. Il s’accorde avec la propre définition du Gouvernement US des Armes de destructions massives.

 

La contamination radioactive mondiale issue des essais atmosphériques équivalait à 40.000 bombes d’Hiroshima, elle continue à contaminer l’atmosphère et la basse altitude aujourd’hui. La quantité de pollution de basse radioactivité à l’uranium appauvri depuis 1991 est de nombreuses fois supérieure (déposée à l’intérieur du corps) aux retombées émises lors des tests atmosphériques.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 10:00

Extraits d’un texte de Samir Amin  un éminent professeur d’économie politique du développement. Il est le directeur du Forum du Tiers Monde, président du forum mondial des alternatifs il  a beaucoup publié sur le droit, la société civile, le socialisme, le colonialisme et le développement, particulièrement en Afrique et dans le monde arabe et islamique…


 http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=NF&ID_NUMPUBLIE=NF_007&ID_ARTICLE=NF_007_0204 

 

…Le capitalisme est parvenu à un stade de son développement où sa victime n’est plus constituée exclusivement par la classe des prolétaires dont il exploite le travail mais par l’humanité tout entière dont il menace la survie. Cette évolution signifie que le sujet historique porteur des transformations souhaitables doit désormais se conjuguer au pluriel. La pluralité grandissante des domaines d’intervention des mouvements et des luttes de résistance et de protestation témoigne de cette multiplicité des sujets historiques à vocation anticapitaliste. Mais cette pluralité à travers laquelle s’exprime une puissance potentielle invincible du mouvement social est en même temps, par sa fragmentation, la manifestation de la faiblesse immédiate de ce même mouvement.

 

Pour l’Europe, le défi s’articule autour de la question centrale des institutions européennes. Ces institutions ont annihilé les pouvoirs souverains des États, fondement sans lequel l’exercice de la démocratie, faute de prise sur le réel, tourne à la farce, sans leur substituer la construction d’un pouvoir fédéral pour lequel les conditions d’existence ne sont d’ailleurs pas réunies.

 

C’était évidemment réduire l’Europe réellement existante à n’être que le volet européen du projet politique américain (l’atlantisme et le rôle décisif de l’OTAN, dirigé par Washington, dans la politique extérieure réelle de l’Europe). L’Europe sera de gauche – engagée sur la voie de la longue transition socialiste – ou ne sera pas. Déconstruire l’Union européenne pour la reconstruire autrement constitue l’option stratégique incontournable d’une gauche authentique.

 

Les peuples des trois continents (Asie, Afrique, Amérique latine) sont confrontés aujourd’hui au projet d’expansion du système impérialiste dit néolibéral mondialisé, qui n’est rien de moins que la construction de l’« apartheid à l’échelle mondiale ». Le nouvel ordre impérialiste en place sera-t-il remis en question? Par qui peut-il l’être ? Et que produira cette remise en question ?

 

Sans doute, l’image de la réalité dominante ne permet-elle pas d’imaginer une remise en question immédiate de cet ordre. Les classes dirigeantes des pays du Sud, défaites, ont largement accepté de s’inscrire dans leur rôle de compradores subalternes; les peuples désemparés, engagés dans la lutte pour la survie quotidienne, paraissent souvent accepter leur sort ou même – pis –se nourrir des illusions nouvelles dont ces mêmes classes dirigeantes les abreuvent (l’islam politique en est l’exemple le plus dramatique). Mais, d’un autre côté, la montée des mouvements de résistance et de luttes contre le capitalisme et l’impérialisme à travers les cinq continents, les succès remportés – jusqu’à leurs termes électoraux – par les gauches nouvelles en Amérique latine (quelles que soient les limites que comportent ces victoires), la radicalisation progressive de beaucoup de ces mouvements, l’amorce de positions critiques prises par les gouvernements du Sud au sein de l’OMC constituent le gage qu’un « autre monde », meilleur, devient effectivement possible. La stratégie offensive nécessaire de reconstitution du front des peuples du Sud exige la radicalisation des résistances sociales face à l’offensive du capital impérialiste.

 

Les classes dirigeantes de certains pays du Sud ont visiblement opté pour une stratégie qui n’est ni celle de la soumission passive aux forces dominantes dans le système mondial ni celle de l’opposition déclarée à celles-ci : une stratégie d’interventions actives sur lesquelles elles fondent leurs espoirs d’accélérer le développement de leur pays. La Chine, par la solidité de la construction nationale que sa révolution et le maoïsme ont produite, par son choix de conserver le contrôle de sa monnaie et des flux de capitaux, par son refus de remettre en question la propriété collective du sol (principal acquis révolutionnaire des paysans), était mieux équipée que d’autres pour faire ce choix et en tirer des résultats incontestablement brillants. L’expérience peut-elle être poursuivie ?  Et quelles sont ses limites possibles ? L’analyse des contradictions portées par cette option m’a conduit à la conclusion que le projet d’un capitalisme national capable de s’imposer à égalité avec celui des puissances majeures du système mondial se nourrissait largement d’illusions. Les conditions objectives héritées de l’histoire ne permettent pas la mise en oeuvre d’un compromis social historique capital/ travail / paysannerie garantissant la stabilité du système qui, de ce fait, ne peut à terme que soit dériver à droite (et être alors confronté à des mouvements sociaux grandissants des classes populaires) ou évoluer vers la gauche en construisant le « socialisme de marché » comme une étape de la longue transition au socialisme. Les options apparemment analogues choisies par les classes dirigeantes d’autres pays dits « émergents » sont encore plus fragiles.

 

Ni le Brésil ni l’Inde – parce qu’ils n’ont pas accompli de révolution radicale comme la Chine – ne sont capables de résister avec autant de force aux pressions conjuguées de l’impérialisme et des classes locales réactionnaires.

 

VERS UNE VE INTERNATIONALE? La mondialisation des stratégies du capital dominant appelle celle de la riposte de ses victimes. Alors pourquoi ne pas concevoir qu’une nouvelle Internationale puisse fournir un cadre efficace pour la construction des convergences nécessaires au succès des luttes engagées par les peuples contre le capital ?

La réponse que je fais à cette question est positive, sans hésitation, mais à condition que l’Internationale envisagée soit conçue comme le fut la première, et non la deuxième, la troisième ou la quatrième. Autrement dit, une Internationale socialiste-communiste ouverte à tous ceux qui veulent agir ensemble pour construire la convergence dans la diversité. Le socialisme (ou le communisme) est, dans cet esprit, conçu comme le produit du mouvement, non déduit d’une définition préalable. Dans cet esprit, je suggérerai que soient définis les objectifs immédiats communs suivants.

1. Mettre en déroute le libéralisme à tous les niveaux, du national au mondial. Cet objectif implique la restauration des droits souverains des peuples, la condamnation de la conception impérialiste- coloniale de la gestion libérale mondialisée. Des propositions d’objectifs à terme immédiat sont concevables dans cette pers p e c t ive, comme l’exclusion de l’agriculture de l’agenda de l’OMC, l’abrogation des décisions imposées par les puissances impérialistes concernant les droits de propriété intellectuelle et industrielle, l’abrogation des décisions qui entravent le développement de méthodes de gestion non marchande des ressources naturelles et des services publics, l’abrogation des interdictions de régulation concernant les mouvements de capitaux, la proclamation du droit des États à répudier les dettes qui, après audit, se révéleraient immorales ou odieuses, etc.

 

2. Mettre en déroute le programme de contrôle militaire de la planète par les forces militaires des Etats-Unis et/ou de l’OTAN. Cet objectif implique la condamnation sans réserve de la répudiation du droit international par les États-Unis, de l’« autorisation » qu’ils se sont donnée de conduire les guerres préventives de leur choix, la restauration de l’ONU dans ses fonctions

 

3. Mettre en déroute en Europe les conceptions libérales et atlantistes qui constituent le fondement des institutions de l’Union européenne. Cela implique la remise en question de fond en comble de toute la construction institutionnelle européenne et la dissolution de l’OTAN.

Des initiatives ont déjà été prises dans le sens de la précision des objectifs de stratégies de convergence qui correspondent à la vision générale du défi proposée ici. La journée du 18 janvier 2006, organisée à Bamako à la veille de l’ouverture du Forum social mondial polycentrique 2006 (Bamako et Caracas), a été consacrée précisément à débattre de ces propositions de stratégie de lutte et de construction de la convergence dans la diversité. L’objectif de la Ve Internationale suggérée, ou plus modestement et en attendant des propositions de stratégies d’action de l’Appel de Bamako auxquelles je renvoie ici, est de contribuer à la construction de l’internationalisme des peuple.

 

Elle concerne donc tous les peuples, du Nord et du Sud, puisqu’elle fait référence non au seul prolétariat, mais à l’ensemble des classes et couches populaires victimes du système, à l’humanité dans son ensemble, menacée dans sa survie. Cet internationalisme n’exclut pas le renforcement de la solidarité des peuples des trois continents (Asie, Afrique, Amérique latine) contre l’agression de l’impérialisme de la triade. Au contraire, ces deux internationalismes ne peuvent que se compléter et se renforcer. La solidarité des peuples du Nord et du Sud ne peut être fondée sur la charité, mais sur l’action commune contre l’impérialisme. Le renforcement de l’internationalisme des peuples créera des conditions favorables facilitant des avancées dans trois directions qui, conjuguées, en association étroite et non dissociées, construisent l’alternative : le progrès social, l’approfondissement de la démocratisation, l’affermissement de l’autonomie nationale dans une mondialisation négociée.

 

Voir aussi : http://www.medelu.org/spip.php?article233

http://www.dailymotion.com/video/x5i3p1_11-samir-amin-partie-1_news

http://www.dailymotion.com/video/x5i3t3_11-samir-amin-partie-2_news

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 09:02

Collectif Vietnam Dioxine

Les organisations participant au collectif Vietnam Dioxine sont à ce jour :
L'Association Républicaine des Anciens Combattants • Le Comité pour le village de l’amitié Vân Canh • Droit et Solidarité (membre de l’Association Internationale des Juristes Démocrates) • Enfant du Monde - Droit de l’Homme • Mouvement National de Lutte pour l’Environnement • Le Mouvement de la Paix • MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)•  Viêtnam les enfants de la dioxine • Le Collectif Tâm Viêt • L'Union des Etudiants Vietnamiens en France • L'Union Générale des Vietnamiens de France • L'Union des Jeunes Vietnamiens de France • D.E.F.I. Viêt Nam
• Américans against the war


Adresse : 16 rue du Petit Musc 75004 Paris (M° Sully Morland ou Bastille)

http://www.vietnam-dioxine.org/

 

L'Agent Orange en 10 Questions

1 > Qu'est-ce que l'Agent Orange ?
C'est l'herbicide le plus utilisé par l'armée américaine durant la guerre du Việt Nam. Les herbicides servaient à défolier les forêts (afin d'empêcher la guérilla vietnamienne de se cacher), à dégager les installations militaires et à détruire les récoltes ennemies. L'Agent Orange est en fait rose-brunâtre. Il doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les barils dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les Agents Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.

2 > Pourquoi l’Agent Orange est-il dangereux pour l’homme ?
Deux tiers des herbicides utilisés pendant la guerre du Vietnam, notamment l'Agent Orange, contenaient de l'acide 2,4,5-T pour ses capacités de défoliation. Or les procédés de fabrication industrielle de cet acide étaient tels que l'acide produit était contaminé par des doses plus ou moins fortes d'une substance extrêmement toxique : la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-para-dioxine (TCDD).

3 > Combien de dioxine a-t-il été déversé au Viêt Nam ?
La quantité de dioxine variait selon les herbicides. Selon les dernières estimations [1], entre 1961 et 1971, l'armée américaine aurait à elle seule déversé près d’une centaine de millions de litres d’herbicides contenant plus de 300 kilos de dioxine TCDD, sur des centaines de milliers d'hectares, dans le sud et le centre du Việt Nam principalement, mais aussi au Laos et au Cambodge. Or les normes internationales fixent les seuils de dioxine à ne pas dépasser par personne en millionième de millionième de gramme.


4 > Quels sont les effets de la dioxine ?
La dioxine est une substance cancérigène et tératogène (produisant des malformations chez les nouveaux-nés). Elle provoque des maladies de peaux, et porte atteinte au système immunitaire, reproductif et nerveux.

5 > Combien de personnes ont-elles été touchées par les herbicides au Viêt Nam ?
Selon les dernières estimations [1], de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides entre 1961 et 1971, auxquels il faut rajouter un nombre inconnu de Cambodgiens, de Laotiens, de civils et militaires américains, et de leurs divers alliés australiens, canadiens, néo-zélandais, sud-coréens. Mais le nombre total de victimes va sans doute au-delà car la dioxine se transmet par contamination de la chaîne alimentaire : lait maternel, lait de vache, consommation de viandes ou poissons contaminés.


6 > Qu'est-ce que l'opération Hadès ?
C'est le nom originel de l'opération américaine de défoliation par voie aérienne au sud du Viêt Nam, qui fut ordonnée par la présidence Kennedy en 1961, et se termina en 1971. Comme le nom Hadès était trop "explicite" (Hadès, dieu des morts), il fut changé peu après en Ranch Hand (« ouvrier agricole »).

7 > Les Etats-Unis ont-il admis leur responsabilité pour les dommages causés par les herbicides au Viêt Nam ?
Non, ils réfutent toujours toute responsabilité, et n'ont jamais versé le moindre centime aux victimes vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes de l'Agent Orange et autres herbicides.

8 > Les victimes de l'Agent Orange ont-elles porté plainte ?
Les vétérans américains victimes de l’Agent Orange ont porté plainte contre les fabricants de l'Agent Orange, car ils n’avaient pas le droit de poursuivre le gouvernement américain. En 1984, ces fabricants ont signé un accord à l'amiable avec les associations de vétérans : en échange de l'arrêt de toute poursuite, les fabricants ont versé 180 millions de dollars à un fonds de compensation aux vétérans américains victimes de l'Agent Orange. Début 2004, l’association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange/dioxine a porté plainte contre les fabricants de l’Agent Orange. Les deux principaux fabricants sont Monsanto et Dow Chemical.

9 > Et aujourd’hui ?
Trente ans après la fin de la guerre, les symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Việt Nam, et il reste une quantité non négligeable de dioxine dans certaines zones très localisées. On compte aujourd’hui trois générations de Vietnamiens touchées par les herbicides.

10 > La dioxine, un problème mondial ?
La dioxine n’est pas un problème qu’au Viêt Nam. En effet, plusieurs activités industrielles courantes produisent involontairement de la dioxine, notamment la combustion d’ordures ménagères et le blanchiment de pâte à papier. L’accident industriel de Seveso en Italie (1976) peut témoigner des dangers de la dioxine dans le monde

 

[1] J.M. Stellman, S.D. Stellman, R. Christian, T. Weber et C. Tomasallo, "The extent and patterns of usage of Agent Orange and other herbicides in Viêt Nam", Nature, Volume 422, Avril 2003.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 08:32

Tel était le thème traité par la section locale de l'ARAC lors de la journée des associations, à villiers sur Orge le 06 septembre 2009 avec comme support une exposition sur le village de l'Amitié, ouvert en 1994, près d’Hanoi à l’initiative d’anciens combattants d’Allemagne, des Etats-Unis, de France dont l’ARAC, (Villiers sur orge a contribué au financement), de Grande-Bretagne et du Japon; c' est un centre de soins contre les effets de l’Agent Orange, la dioxine contenue dans les 89 millions de litres de défoliant utilisés par les Etats Unis pendant le guerre du Vietnam de 1962 à 1971.

 

Cette substance a des effets redoutables, elle s’attaque au système immunitaire qui reste sans défense face aux cancers et autres maladies mais surtout elle a une action sur l’ADN et peut provoquer une reproduction anarchique de cellules et des mutations génétiques, des handicaps qui peuvent se transmettre de génération en génération, actuellement la 3ème génération est toujours atteinte.

 

Plusieurs millions de vietnamiens ont été atteint mais également des combattants des Etats

Unis et de leurs alliés.

 

A ce jour près de 200 enfants et adultes séjournent au village en rotation allant de 3 mois à 2 ans la priorité étant d’établir un  diagnostic, de trouver un traitement curatif et d’effectuer de la rééducation motrice.

 

Alors que de nombreuses personnes s’inquiètent, à tort ou à raison, des pollutions multiples, le plus souvent civiles qui portent atteintes à l’intégrité de notre environnement planétaire, trop peu s’interrogent, à notre avis sur les conséquences de l’utilisation d’armements de plus en plus sophistiqués et pernicieux tels que la dioxine et ses dérivés, l’uranium appauvri qui a des effets similaires utilisé dans les Balkans, au Liban, en Irak, à Gaza et en Afghanistan, sans oublier les bactéries et autres virus qui fourmillent dans les laboratoires spécialisés, y sont peut être mélangées, s’en échappent parfois sans oublier les manipulations génétiques. Véhiculées par les vents et les tempêtes ces substances ne respectent pas les frontières, nul ne peut se croire à l’abri d’une contamination.

 

Par ailleurs, la course aux armements les plus destructeurs, qui n’est pas hypothéquée par la crise, 1464 milliards de dollars us lui ont été consacrés en 2008, en hausse de 4 % sur la période précédente, génère elle aussi des gaz à effet de serre non seulement pour la production de ces armes de destruction massives, rapides ou différées, mais également la fabrication   de leurs vecteurs, chars, fusées, artillerie, avions, navires de guerres …et des moyens de transports de troupes et de matériels : Maritime, terrestre, aérien.

 

En cette période ou le devenir de notre environnement planétaire interpelle à la suite des conséquences annoncées du réchauffement  consécutif à l’accroissement du volume des gaz à effet de serre dans l’atmosphère il nous a semblé nécessaire de revisiter l’énoncé du problème pour y inclure des paramètres qui, jusqu’alors semble avoir été un peu négligé par l’opinion, mais également par ceux qui se veulent les meilleurs propagandistes du développement durable.

 

Notre démarche citoyenne n’a d’autre objet que d’informer y compris sur les risques encourus, de démêler, tant faire se peut, le vrai du faux et de susciter le débat pour la recherche collective  des solutions les plus appropriée. C’est bien volontiers que nous avons saisi l’opportunité offerte par la journée des associations pour la faire partager.

 

Nous sommes tous concernés   nos enfants et petits enfants aussi, après il sera top tard.

                                                                                    ARAC Villiers sur Orge

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 15:34


Par Aurélien Bernier, auteur du livre « Le climat, otage de la finance » et secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)


Nous ne connaissons pas encore tous les détails de la mise en oeuvre de la future taxe carbone préparée par le gouvernement français, mais une chose est sûre : une nouvelle fois, les plus pauvres paieront à la place des vrais responsables de la crise écologique. Le principe est en effet de taxer les énergies fossiles en fonction des gaz à effet de serre qu’émettent leur combustion à hauteur de 32 euros par tonne de carbone dans un premier temps, puis d’accroître progressivement le niveau des prélèvements. Les factures de carburant, de gaz, de fuel et peut-être d’électricité, augmenteront donc à partir de 2010. Le gouvernement tente de faire passer la pilule en promettant un chèque « vert » censé compenser la taxe pour les ménages les plus modestes. Mais la ficelle est grosse. D’une part, cette compensation sera calculée sur les consommations directes d’énergie. Or, si le prix de l’énergie augmente, les prix des biens et des services augmenteront proportionnellement. Le chèque vert ne compensera jamais intégralement ces hausses. D’autre part, ce type de mesure peut prendre fin à tout moment. Aucune garantie n’a été donnée sur la pérennité de ce chèque, et nous pouvons parier qu’il sera de courte durée. Enfin, la baisse des cotisations patronales est déjà programmée, avec ses conséquences prévisibles : aucune embauche, aucune augmentation de salaire, mais une bénédiction pour les profits des grands groupes.

 

Pourtant, le scandale ne s’arrête pas là. Les principaux émetteurs de gaz à effet de serre dans l’industrie sont déjà soumis au système des droits à polluer échangeables. Ils se voient allouer des quotas carbone qui peuvent être vendus et achetés en Bourse, la loi de l’offre et de la demande fixant le prix « optimum » pour la pollution. Or, les firmes en question seront exonérées de taxe carbone. Alors que le citoyen ou la PME paiera 32 euros à chaque tonne de carbone émise, ces grandes entreprises reçoivent leurs droits à polluer gratuitement. Par exemple, Arcelor-Mittal dispose d’environ 8 millions de quotas par an pour six usines implantées en France, ce qui équivaut à un droit à émettre gratuitement 8 millions de tonnes de carbone. A 32 euros la tonne, le cadeau fait à cette multinationale en l’exonérant de taxe carbone dépasse les 250 millions d’euros par an. Mais ce n’est pas tout. Si ces firmes manquent de droits à polluer, elle les achètent sur le marché où le prix actuel est d’environ 14 euros par tonne, soit moins de la moitié du tarif qui sera appliqué aux particuliers. Enfin, les grands groupes qui ont habilement su pratiquer le lobbying ont obtenu bien plus de quotas qu’il ne leur en fallait. Pour l’année 2008, Arcelor-Mittal disposait d’un excédent de droits à polluer d’un million de tonnes en France. Vendus sur le marché au comptant, ils représentent plus de 15 millions d’euros de bénéfices.

 

Voilà donc à quoi sert le discours dominant sur l’écologie qui culpabilise le citoyen et sensibilise au problèmes de la planète grâce aux images dépolitisées d’Arthus-Bertrand. A faire accepter des mesures totalement antisociales. L’imposteur Cohn-Bendit, en passe de devenir le meilleur porte-parole du gouvernement, applaudit des deux mains. Il ose même parler de « révolution ». Et tout laisse à penser que nous n’en sommes qu’au début. Grâce à l’argument de la concurrence internationale, les grandes firmes parviendront toujours à éviter la contrainte en Europe tout en redéployant leur activité dans les pays à bas coût de main d’oeuvre. A l’inverse, les petites ou moyennes entreprises et les populations paieront... jusqu’à l’explosion sociale qui pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense.

 

Pourtant, la taxe carbone n’est pas intrinsèquement mauvaise. Elle est comme tous les outils de fiscalité environnementale qui sont utilisés toutes choses égales par ailleurs : injuste et donc inacceptable. Il faut prendre le problème à l’envers. C’est une répartition équitable des richesses qui permettra de promouvoir ou d’exiger des comportements plus écologiques. Il faut taxer le capital et augmenter les revenus du travail avant de mettre en place des contraintes environnementales que les citoyens pourront alors assumer. Pour cela, l’objectif premier doit être de casser le chantage aux délocalisations et de reconstruire une économie locale capable d’amener le plein emploi. Il existe un outil qui permettrait d’y parvenir : le protectionnisme écologique et social. Mais les dizaines d’articles parus récemment dans les médias sur la future taxe carbone ne présentent jamais cette mesure comme un préalable à tout véritable programme de protection de l’environnement. A regarder les profits de multinationales comme Arcelor-Mittal, on comprend très bien pourquoi.

 

Article publié dans l’Humanité Dimanche, le 27 août 2009.

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