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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 08:26

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 17:32

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 11:52

mardi 19 février 2019 par Coordination nationale de l’UJFP

Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.

Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.

Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.

Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».

Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi … préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme, 

Nous ne nous tairons pas.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 18 février 2019

Je partage sans aucune réserve.Macron ira-t-il jusqu'à interdire l'UJFP ?

Jack Freychet

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 18:16

Un point de vue qui en vaut bien un autre.

Pour des raisons que chacun devrait connaître tous les habitants de la planète appartiennent à la même espèce ; Le racisme, dont l’antisémitisme, n’est qu’une manifestation d’ignorance.

 Doit-on condamner la bêtise qui en résulte ?

Mieux vaudrait éduquer auquel cas il faudrait commencer par ceux qui  censés transmettre les savoirs et développer l’esprit critique mais qui, abreuvés aux mêmes sources que le vulgum pecus, reprennent  les lieux communs  des  médias,  des apprentis sorciers  qui   font des ravages dans l’opinion pour le plus grand bonheur des transnationales financières et économiques dont les gens qui nous gouvernent sont les agents.

Le sionisme par contre est un mouvement politique lui aussi transnational de soutien à Israël, bras armé de l’occident au Moyen Orient,  qui se livre à un véritable ethnocide en Palestine dont l’Histoire témoigne qu’elle n’est pas la terre promise aux hébreux le reste n’est que mythologie. Tolérer ou ne rien  dire est être complice.

Or  Finkielkraut  a déclaré avoir été interpellé  en tant que sioniste pour ses prises de positions en faveur du gouvernement israélien. Ou va-t-on si la cohorte des moutons de panurge s’arroge le droit de censurer la réalité?

 D’une censure à l’autre, de manipulation en manipulation  toute critique politique deviendra délictueuse et sera condamné comme telle.  C’est ce à quoi rêvent Macron et ses sbires mais également quasiment toutes les organisations politiques de France et de Navarre.

18 février 2019

 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 17:08

Cet article fait suite à :

Gilets jaunes » :Le gaullo-communisme contre-attaque ?

De Gaël Brustier repris sur comité valmy

Un « gilet jaune » évolue dans cet univers-là. Inconsciemment, il est fils de De Gaulle, Thorez et Croizat. Il ne veut plus payer plus pour recevoir moins –moins par individualisme que par frustration quant à l’égalité mythifiée par nos républiques.

Le sens commun d’une société est le produit d’une accumulation d’éléments divers, parfois contradictoires, intégrés à celui-ci au fil des décennies. Les évidences en vigueur changent progressivement. On ne fait pas muter la vision du monde dominant une société comme on fait du café instantané.

Les ronds-points sont marqués, comme le reste du pays, par la sédimentation d’éléments idéologiques successifs dont, nous le savons, celui des années 1980. Mais est-ce tout ? Assurément en révolte contre le code des impôts, ce mouvement est-il simplement anti-fiscaliste, à l’image de ce que furent les mouvements animés par des groupes conservateurs dans l’Amérique pré-Reagan des années 1970 ? C’est douteux. Rappelons déjà que le gouvernement de la Libération, gaullo-communiste, a été précédé en France –avant même le débarquement du 6 juin 1944– d’un important et massif mouvement de défection fiscale du peuple français, dont le régime de Pétain et Laval aurait eu des difficultés à venir à bout.

Les « gilets jaunes » sont-ils les agents d’un gaullo-communisme revigoré par la rébellion contre la fiscalité écologique ? À l’évidence, le peuple des ronds-points n’est ni gaulliste, ni communiste, mais certainement marqué par l’héritage gaullo-communiste. Les différents reculs des services publics dans les zones rurales sont si durement vécus qu’ils motivent un début de mouvement réfractaire à l’impôt. En gros, ce qui ressort des propos collectés –certes imparfaitement– des « gilets jaunes » et apparentés, c’est qu’il n’est plus légitime de « payer plus d’impôts pour moins de services publics ». Cela donne un indice partiel d’une des motivations des « gilets jaunes » : la désillusion par rapport à des fondamentaux remontant à 1945 ou 1958, qui postulaient l’extension des services publics et l’application scrupuleuse du principe d’égalité.

La société française est parcourue par des influences sédimentées au fil du temps dans son inconscient. Le gaullo-communisme en fait partie, mais partie seulement.

Évidemment, cette influence gaullo-communiste, cette foi en l’idée de la Sécurité sociale, l’idéalisation d’EDF ou de la SNCF d’antan, et bien d’autres éléments, cohabitent avec d’autres éléments, comme les évidences assénées au cours des années 1980 sur la responsabilité de l’individu, la défiance envers l’État et la glorification de l’entreprise.

Trop d’État, plus d’État, mieux d’État, moins d’État, le peuple des ronds-points, privé de toute direction politique, hésite. La société française est parcourue par des influences sédimentées au fil du temps dans son inconscient. Le gaullo-communisme en fait partie, mais partie seulement. Les trente années passées l’ont assurément émoussé, mais il fait partie des éléments composant la vision du monde des Français et Françaises. Thorez et De Gaulle rejoignent alors Bernard Tapie, Jacques Attali et Jacques Delors dans la potion idéologique nourrissant espoirs comme frustrations.

De la réalité à l’ennemi orwellien

Le gaullo-communisme tire son existence d’un accord politique bien réel entre forces gaullistes et communistes au sein de la Résistance, à partir de 1943. Ces forces, inspirées par le Conseil national de la résistance, ont appliqué un programme politique touchant aux domaines économiques et sociaux de 1943 à 1946. Nous en héritons, notamment, la Sécurité sociale.

Plus tard, le gaullo-communisme a été réifié aux besoins d’une démarche politique autre, dont le polémiste Éric Brunet est le représentant actuel le plus connu, visant à déconstruire les piliers politiques, économiques et sociaux hérités de la période 1944-1946. Dans cette perspective, évidemment, les taches maculant la geste gaullienne ou l’exhumation des crimes staliniens sont plus qu’utiles aux fins d’un projet politique dévolu à la conversion radicale de la France au capitalisme globalisé.

Le gaullo-communisme comme fait historique est à relativiser, sa réification et son instrumentalisation aux fins d’un projet politique authentiquement néolibéral est en revanche à considérer comme l’un des pions du grand jeu de la guerre culturelle qui se livre des ronds-points du pays aux cercles germanopratins et plateaux bavards en continu.

Les « gilets jaunes » ne sont pas moins que le reste du peuple français imprégnés de ce projet gaullo-communiste ; ils l’intègrent à leur idéologie propre. Oui, les « gilets jaunes » sont aussi les enfants de De Gaulle et Thorez.

 



 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 16:55

par Gaël Brustier

lundi 18 février 2019,repris sur Comité Valmy

 

Gilets jaunes » :Le gaullo-communisme contre-attaque ?

Hantise des élites politiques et économiques depuis des décennies, le gaullo-communisme,liquidé sommairement depuis trente ans, serait-il revenu sur le devant de la scène ?

Le gaullo-communisme est de retour, et il n’est pas content. C’est probablement ainsi que certains membres des élites du pouvoir les plus idéologisés vivent la crise des ronds-points.

Le courant politique, dont on devra un jour dire une bonne fois pour toutes s’il fut fantasmé ou réel, revient effectivement frapper à la porte de celles et de ceux qui pensaient l’avoir enterré définitivement, avec la liquidation du gaullisme politique et l’effondrement du communisme.

Selon Emmanuel Todd, promoteur du concept d’« idéologie zombie », celle-ci essayerait actuellement –comme dans un film d’horreur– de forcer opiniâtrement les portes du pouvoir, malgré flashballs, individus parasitaires et éditorialistes aux jugements expéditifs.

Le gaullo-communisme serait né pendant la Seconde Guerre mondiale du contact opéré entre le représentant du Parti communiste français, Fernand Grenier, futur député de Saint-Denis, et les autorités gaullistes de Londres. Icône de la Résistance gaulliste, Jean Moulin lui-même a parfois été taxé de sympathies communistes, voire d’adhésion au communisme soviétique.

Surtout, la géopolitique joue un rôle déterminant. C’est le renoncement de Staline à instaurer un régime communiste à Paris qui aurait été le moment-clé de la mise au monde du gaullo-communisme, compromis politique et programmatique entre les deux piliers de la Résistance. L’année 1945 serait ainsi l’an I de cette idéologie qui aurait imprégné le pays à travers l’instauration d’institutions fixant les contours d’un État-providence « à la française ».

Combattu par Brunet, et par Balladur avant lui

Quelque soixante-dix ans plus tard, en avril 2017, c’est au gaullo-communisme que s’en prenait l’animateur radio Éric Brunet dans La Revue des deux mondes. Reconstruisant l’histoire des dernières décennies sous forme de train fantôme, il conclut son article –évidemment plus qu’hostile– par cette sentence : « En ne dynamitant pas le logiciel gaullo-communiste, en n’imposant pas à la France le logiciel naturel de toutes les droites européennes, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont laissé la gauche transformer le pays en une grande nurserie administrée, où des syndicats peu représentatifs empêchent l’économie française de se déployer librement. »

Le dextrisme des trente dernières années se caractérise par le fait qu’à droite, on postule l’idée que l’on a été jusqu’à présent imparfaitement ou pas assez à droite. À l’appui de sa démonstration visant à la promotion d’une hypothétique « normalisation » de la France, Brunet vante les mérites politiques de Margaret Thatcher, Gerhard Schröder, David Cameron, George Osborne ou Matteo Renzi –la litanie habituelle des expériences supposément couronnées de succès.

Ce qu’écrit Eric Brunet est significatif, et l’on retrouve au bout de sa logique une véritable croisade contre le gaullo-communisme ou l’héritage du Conseil national de la Résistance engagée par quelques personnalités de la droite classique française, au premier rang desquelles figure Édouard Balladur, tête pensante du RPR des années 1980 et Premier ministre de 1993 à 1995.

Dans Le pouvoir ne se partage pas, ce dernier écrit que l’enjeu est de combattre « les effets ravageurs d’un catéchisme appliqué durant un demi-siècle, composé d’alluvions divers : Front populaire, économie de guerre, idéologie du Conseil national de la Résistance, domination intellectuelle de la gauche » –on ne saurait être plus explicite. Sa campagne de 1995 contre Jacques Chirac et Lionel Jospin, orchestrée par Nicolas Sarkozy, est le moment de réalisation de cet objectif tant politique que métapolitique. Las, Édouard Balladur est éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle.

La droite devra attendre les années 1980, et surtout 1990, pour mettre en place une lente mais efficace politique de déconstruction de l’édifice gaullo-communiste.

Brunet, qui croit dur comme fer que la France est un pays communiste, n’est donc pas le seul à être entré en guerre contre le gaullo-communisme. De façon plus surprenante –encore que–, il est également rejoint par Daniel Cohn-Bendit, qui en 2005, en plein débat référendaire sur la Constitution européenne, dénonçait la « République gaullo-communiste ».

Il faut dire qu’un courant intellectuel et politique bien ancré dans le monde germanopratin communie également dans le rejet de l’héritage gaullo-communiste, des fondamentaux de 1944-1945. On parle ici de la France des Francs-tireurs et partisans puis des Forces françaises de l’intérieur, des réalisations de Marcel Paul et d’ Ambroise Croizat, des comités d’entreprises forgés par René Capitant et de la Sécurité sociale, qu’une partie de la société française abhorre en silence.

Pour quelques décennies, la droite ne va oser se dire et s’assumer de droite. Comme en Italie, elle devra attendre les années 1980, et surtout 1990, pour mettre en place une lente mais efficace politique de déconstruction de l’édifice gaullo-communiste, pour s’assumer, s’afficher, diriger et gouverner.

Le gaullo-communisme donne le loisir à des essayistes comme Éric Brunet de nourrir leur production d’une collection feuilletonisée de reproches composant un apparent réquisitoire contre une France qui n’a eu pour seul tort que de ne pas adhérer au Comité ouvrier de secours immédiat et à la Charte du travail et d’adhérer à un projet qui, avant-guerre, était moins communiste que lié aux travaux des élites techniciennes naissantes au sein des milieux proches, souvent, du Front Populaire.

Matrice dominante de la société française

Le gaullo-communisme, c’est donc, dès 1945, la matrice qui fait –apparent– consensus au sein des élites du pouvoir pour diriger la société française, et au sein de cette dernière comme idéologie dominante.

Tout le monde ne parle alors que de « socialisme ». Charles Pasqua, jeune gaulliste, futur droitier réputé du RPR, adhère à l’ Union démocratique et socialiste de la Résistance, qui se proclame « socialiste ».

Cette domination du gaullo-communisme nourrit au moins la vision d’un certain nombre de personnalités, d’intellectuels, de repentis ou proscrits de Vichy, de grands patrons, qui souhaitent d’abord mettre à bat une domination embarrassante que l’État ne doit alors pas au Front Populaire, pourtant honni, mais bien à l’alliance très politique entre De Gaulle et Thorez, à la main tendue d’anciens du Parti social français ou d’organisations nationalistes aux camarades de Jacques Duclos et de Fernand Grenier.

De surcroît, cette alliance gaullo-communiste semble lier PCF et Rassemblement du peuple français / Républicains sociaux / Union pour la nouvelle République (etc.) par une forme de pacte tacite, dont les conversations entre le jeune secrétaire d’État Chirac et le déjà rodé responsable de la CGT Henri Krasucki en mai 1968 seront le point d’orgue.

Jamais, si l’on y regarde bien, la confrontation entre gaullistes et communistes n’ira trop loin. Jamais la rupture ne sera, finalement, irrémédiable –au point que même Fidel Castro fera la leçon aux ludions de Mai 68 l’été suivant.

Les réalisations des gouvernements de la Libération ont durablement marqué la France. La Sécurité sociale, notamment, est évidemment le fruit d’un accord entre le Général de Gaulle et les communistes, mais c’est aussi le cas d’autres nationalisations, comme celle de l’électricité.

Le gaullo-communisme ne saurait être mieux défini que par ce que fut la vie quotidienne en France dans les années 1960.

Bien d’autres réalisations ont non seulement contribué à la relance productive de l’économie française, mais également affermi l’unité de la société française, soumise –soulignons-le– aux privations et aux rationnement en même temps qu’aux injonctions à l’effort et à la productivité, Thorez n’étant alors pas le dernier à asséner au peuple français des leçons relatives au travail et à la production : « Produire, produire, produire ! ». C’est effectivement le fort encadrement de l’économie par l’État qui dérange les milieux d’affaires et les officines anticommunistes les plus idéologiques de l’Hexagone.

Le gaullo-communisme ne saurait être mieux défini que par ce que fut la vie quotidienne en France dans les années 1960. Éric Brunet, Édouard Balladur, Daniel Cohn-Bendit tiennent leur adversaire transformé en diable : il s’agit donc de l’abattre.

 

Gilets jaunes » :Le gaullo-communisme contre-attaque ?

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 16:50

 Interview de Michael Hudson par Le Saker sur le Venezuela – 7 février 2019

 

 Introduction : La controverse fait rage sur le point de savoir quel est l’état réel de l’économie vénézuélienne et si les réformes et la politique d’Hugo Chavez et de Nicolas Maduro ont été décisives pour le peuple vénézuélien ou s’ils se sont fourvoyés et sont responsables de la crise actuelle. Tout le monde semble avoir des opinions très arrêtées sur la question. Mais moi je n’en ai pas, tout simplement parce que je manque des compétences qu’il faudrait pour en avoir. C’est pourquoi je me suis décidé à interroger un des économistes indépendants les plus considérés, Michael Hudson, pour qui j’ai un immense respect, et dont les analyses (y compris celles qu’il a écrites en collaboration avec Paul Craig Roberts) semblent les plus crédibles et les plus honnêtes qu’on puisse trouver. En fait, Paul Craig Roberts tient Hudson pour « le meilleur économiste au monde » ! Je suis très reconnaissant à Michael Hudson de ses réponses, qui contribueront, je l’espère, à permettre une compréhension honnête et objective de ce qui est en train de se passer au Venezuela.  Le Saker

 

 Le Saker : Pourriez-vous résumer l’état dans lequel se trouvait l’économie vénézuélienne quand Chavez est arrivé au pouvoir ?

 

Michael Hudson : Le Venezuela était un pays à monoculture pétrolière. Ses recettes provenant de l’exportation servaient majoritairement à importer des denrées alimentaires et autres marchandises de première nécessité qui n’auraient pu être produites dans le pays. Il commerçait surtout avec les États-Unis. Par conséquent, malgré sa richesse en pétrole, il a accumulé une dette extérieure

Dès l’origine, les compagnies pétrolières US ont craint que le Venezuela puisse, un jour, utiliser ses revenus pétroliers au bénéfice de sa population, au lieu de laisser l’industrie pétrolière US et son aristocratie nationale « compradore » siphonner ses richesses à leur gré. Donc, l’industrie du pétrole,  soutenue par la diplomatie US, a pris le Venezuela en otage de deux manières.

Avant tout, il faut savoir que les raffineries de pétrole n’ont pas été construites au Venezuela, mais à Trinidad et sur les côtes US du Golfe du Mexique. Cela a permis aux compagnies pétrolières – ou au gouvernement US – de laisser le Venezuela sans aucun moyen de faire cavalier seul et de se doter d’une politique pétrolière indépendante, puisqu’il a besoin de faire raffiner son pétrole au dehors pour qu’il soit utilisable.

Deuxièmement, les banquiers centraux du Venezuela ont été persuadés de donner en gage leurs réserves de pétrole et tous les actifs de l’État dans le secteur pétrolier, y compris CITGO [Citgo Petroleum Corporation, ndt], comme caution financière pour garantir le remboursement de la dette extérieure. Ceci signifie que, si le Venezuela fait faillite (ou est poussé à la faillite par le refus des banques US d’effectuer dans les délais prévus les paiements nécessaires au remboursement de sa dette extérieure) les actionnaires et les principales compagnies pétrolières US ont la possibilité de prendre possession des actifs pétroliers vénézuéliens.

Cette politique pro-US a fait du Venezuela une oligarchie latino-américaine typiquement polarisée. Quoique le Venezuela soit nominalement très riche en réserves de pétrole, sa richesse a été concentrée dans les mains d’une oligarchie pro-US qui a laissé le soin de son développement national à la Banque Mondiale et au FMI. La population indigène, en particulier sa minorité raciale rurale et sa sous-classe urbaine, a été exclue du partage des richesses pétrolières du pays. Le refus arrogant de l’oligarchie de partager ces richesses ou même de rendre le Venezuela auto-suffisant en produits de première nécessité a fait de l’élection d’Hugo Chavez une issue naturelle.

 

Le Saker : Pourriez-vous esquisser les grandes lignes des diverses réformes et changements apportés par Hugo Chavez ? Qu’a-t-il fait de bien et qu’a-t-il fait de mal ?

 

Michael Hudson : Chavez a essayé de restaurer une économie mixte au Venezuela en se servant des revenus du gouvernement – principalement ceux du pétrole, bien sûr – pour développer les infrastructures et pour consacrer les dépenses intérieures à la santé publique, à l’éducation et à l’emploi, pour élever le niveau de vie et la productivité de son électorat.

Ce qu’il n’a pas été en mesure de faire, c’est assainir la pratique profondément enracinée des détournements de fonds et des pots-de-vin dans le secteur pétrolier. Et il n’a pas été capable d’endiguer l’évasion des capitaux par l’oligarchie qui a transporté ses richesses et elle-même à l’étranger.

Ce n’est pas quelque chose qu’il a « mal fait ». Parce qu’il faut très longtemps pour redresser la mise en coupe réglée d’une économie, alors que les USA usent d’une foule de « sanctions » et de sales tours pour en saboter le processus.  

 

Le Saker : Quelles sont, à votre avis, les causes de la crise économique actuelle au Venezuela ? Celle-ci est-elle principalement due aux erreurs de Chavez et de Maduro ou au sabotage, à la subversion et aux « sanctions » US ?

 

Michael Hudson : Il était totalement hors de question que Chavez et Maduro pussent poursuivre une politique pro-vénézuélienne visant à atteindre l’indépendance économique sans provoquer la fureur, la subversion et les « sanctions » des États-Unis. La politique étrangère de l’Amérique reste aussi focalisée sur le pétrole qu’elle l’était quand elle a envahi l’Irak sous le régime de Dick Cheney. La politique US consiste à traiter le Venezuela comme une simple extension de l’économie US avec un excédent commercial en pétrole à dépenser aux États-Unis ou une épargne à transférer dans les banques US. En imposant des « sanctions » qui empêchent le Venezuela  d’avoir accès à ses dépôts bancaires aux États-Unis et aux actifs de  CITCO, propriété d’État, les USA font en sorte que le Venezuela soit dans l’incapacité de rembourser sa dette extérieure. C’est le contraindre de force à une faillite, que les diplomates US espèrent utiliser comme excuse pour mettre la main sur les ressources pétrolières du Venezuela et pour saisir ses actifs à l’étranger, tout à fait comme les fonds spéculatifs de Paul Singer ont tenté de le faire avec les actifs à l’étranger de l’Argentine.

Comme la politique US sous Kissinger était de « faire hurler l’économie » du Chili, elle fait de même aujourd’hui avec le Venezuela. Les USA se servent de ce pays comme d’un exemple pour avertir les autres pays de ce qu’il pourra leur en coûter s’ils ne laissent pas siphonner leurs excédents économiques par les investisseurs US.

 

Le Saker :À votre avis, que devrait faire Maduro maintenant (à supposer qu’il reste au pouvoir et que les USA ne le renversent pas), pour sauver l’économie vénézuélienne ?

 

Michael Hudson : Je ne vois rien que le président Maduro devrait faire qu’il ne fasse pas déjà. Au mieux, il doit rechercher des soutiens à l’étranger et, ainsi, démontrer au monde entier la nécessité d’un système économique et financier international alternatif.

Il a d’ailleurs commencé à le faire en essayant de retirer l’or du Venezuela de la Banque d’Angleterre et de la Réserve Fédérale américaine. Ceci est en train de tourner à la « guerre asymétrique », avec la menace de dé-sanctifier l’étalon-dollar dans la finance internationale. Le refus de l’Angleterre et des États-Unis de laisser un gouvernement élu contrôler ses actifs à l’étranger a pour but de faire savoir au reste du monde que, seuls, les diplomates et les Cours US peuvent contrôler et contrôleront les pays étrangers comme s’ils étaient de simples extensions du nationalisme US.

Le prix à payer pour l’attaque économique US contre le Venezuela est donc la fracture du système monétaire international. La manœuvre défensive de Maduro montre aux autres pays la nécessité de se protéger pour ne pas devenir « un autre Venezuela », en se trouvant d’autres refuges et d’autres agents payeurs pour leur or, leurs réserves de change et le financement de leur dette extérieure, loin des zones dollar, sterling ou euro.

La seule manière, pour Maduro, de se battre avec succès est de le faire au niveau institutionnel, de mettre la barre encore plus haut en portant la lutte « hors du cadre et des sentiers battus ». Son plan – et bien entendu c’est un plan de longue haleine – doit être d’aider à catalyser un nouvel ordre économique international, indépendant du dollar-étalon US. Il ne peut marcher à brève échéance que si les États-Unis croient pouvoir émerger de cette lutte en honnête intermédiaire financier, en système bancaire honnête et en  honnête soutien des régimes démocratiquement élus. L’administration Trump est occupée à détruire toute illusion de ce genre plus totalement que ne pourrait le faire n’importe quel critique anti-impérialiste ou rival économique !

À plus longue échéance, Maduro doit développer l’agriculture vénézuélienne, plus ou moins comme les USA ont protégé et développé leur agriculture par la législation du New Deal dans les années 1930 – services d’assistance à l’extension agricole, caisses de crédit rurales, conseils en semences, organisations de marketing d’État pour l’achat des récoltes et la fourniture d’outillage mécanique, et le même genre de soutien des prix qui a été longtemps utilisé aux États-Unis pour subventionner les investissements au niveau des exploitations et augmenter la productivité.

 

Le Saker : Qu’en est-il du plan pour l’introduction d’une crypto-monnaie ? Est-ce que ce sera une alternative efficace au bolivar vénézuélien mourant ?

 

Michael Hudson : Seul un gouvernement national peut émettre une monnaie. Une « crypto » monnaie liée au prix du pétrole deviendrait un véhicule spéculatif, sujet à manipulations et à fluctuations considérables des prix, sous l’action des vendeurs et des acheteurs à terme. Une monnaie nationale doit se baser sur la capacité de lever l’impôt, et la source d’impôts principale du Venezuela, qui est le pétrole, est actuellement bloquée par les États-Unis. Ce qui fait que la situation présente du Venezuela est identique à celle de l’Allemagne sortant de son hyper-inflation des années 1920. La seule solution possible implique un soutien à la balance des paiements. Il semble bien qu’un tel soutien ne viendra que du dehors de la sphère « dollar ».

La solution à une hyperinflation doit être négociée diplomatiquement et être soutenue par d’autres gouvernements. Mon histoire du commerce international et ma théorie financière Trade, Development and Foreign Debt (« Commerce, développement et dette extérieure ») décrit le problème des réparations allemandes et montre comment l’hyperinflation de l’Allemagne a été résolue par le Rentenmark.

L’impôt sur la rente économique du Venezuela frapperait nécessairement le pétrole, les sites immobiliers de luxe, les prix monopolistiques et les hauts revenus (surtout les revenus financiers et ceux des monopoles [souvent multinationaux, ndt]). La charpente d’une telle taxe et d’une politique financière adéquate requiert une logique. Il y a un demi-siècle que j’essaie d’expliquer comment s’y prendre pour atteindre l’indépendance monétaire, donc politique. La Chine est en train d’appliquer cette politique avec beaucoup d’efficacité. Elle est capable de le faire parce que son économie est vaste et auto-suffisante en produits de première nécessité et qu’elle possède suffisamment de surplus à l’exportation pour payer ses importations alimentaires. Le Venezuela n’est pas du tout dans une situation de ce genre. C’est pourquoi il se tourne vers la Chine dont il espère un soutien.

 

Le Saker : Quelle aide lui apportent la Chine, la Russie et l’Iran, et dans quelle mesure ces pays peuvent-ils l’aider ? Croyez-vous que l’aide conjointe de ces trois pays peut réussir à neutraliser les sabotages, la subversion et les « sanctions » US ?

 

Michael Hudson : Aucun de ces trois pays ne possède en ce moment la capacité de raffiner le pétrole vénézuélien. Il leur est donc très difficile d’accepter d’être payés en pétrole vénézuélien. Seul un contrat de fourniture à long terme (payé à l’avance) serait réalisable. Et même dans ce cas, que feraient la Chine et la Russie, si les États-Unis s’emparaient tout simplement de leurs biens au Venezuela ou refusaient par exemple de laisser les compagnies pétrolières russes prendre possession de CITCO ? La seule réponse, dans ce cas, serait de saisir les investissements US dans leurs propres pays, en guise de compensation.

La Chine et la Russie sont au moins capables de fournir un mécanisme de compensation interbancaire autre que le SWIFT, de sorte que le Venezuela puisse contourner le système financier US et empêcher les autorités et les actionnaires US de s’emparer à volonté de ses avoirs. Et, bien entendu, elles peuvent offrir des abris sûrs où conserver ce que le Venezuela réussirait à arracher de son or à New York et à Londres.

Par conséquent, si on se tourne vers l’avenir, il est nécessaire que la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres pays se mettent d’accord pour instituer une nouvelle Cour internationale apte à émettre des jugements dans la crise diplomatique en cours, ses conséquences financières et militaires. Il faut qu’une telle Cour – et sa banque internationale associée, en remplacement du FMI et de la Banque Mondiale contrôlés pars les USA – ait une idéologie claire, pour encadrer un jeu de principes relatifs aux droits nationaux et internationaux, avec pouvoir d’imposer et d’appliquer ses jugements.

Ceci mettrait les stratèges financiers US devant le seul choix (s’ils continuaient à traiter le FMI, la Banque Mondiale, l’ITO et l’OTAN  comme des extensions de la politique extérieure de plus en plus agressive des USA) d’isoler les États-Unis. L’Europe devra choisir soit de rester un satellite économique et militaire des USA, soit d’unir son destin à l’Eurasie.

Cependant, Daniel Yergin rapporte dans le Wall Street Journal du 7 février que la Chine serait en train de tenter d’assurer ses arrières en ouvrant des négociations en coulisses avec le groupe de Guaido, dans le but, apparemment, d’obtenir le même marché qu’elle a obtenu du gouvernement Maduro. Mais un marché de ce genre aurait peu de chances de se voir honorer dans la pratique, étant donnée l’animosité US envers la Chine et la totale sujétion de Guaido au soutien secret US.

 

Le Saker : Le Venezuela a gardé beaucoup de son or en Angleterre et de ses fonds aux USA. Comment Chavez et Maduro ont-ils pu faire confiance à ces pays ou est-ce qu’ils n’avaient pas d’autre choix ? Y a-t-il des alternatives en remplacement de New York et de Londres, ou ces deux places sont-elles la seule possibilité qui existe pour les Banques Centrales du monde ?

 

Michael Hudson : Il n’y a jamais eu aucune confiance dans la Banque d’Angleterre ou dans la Réserve Fédérale, mais il paraissait impensable qu’elles refuseraient un jour de laisser un dépositaire officiel retirer l’or qui lui appartient. La devise courante est « Faire confiance et vérifier ». Mais la mauvaise volonté (ou l’incapacité) de la Banque d’Angleterre à vérifier signifie que l’impensable est arrivé. Ces banques centrales ont-elles vendu cet or à terme dans le Pool de l’Or post-Londonien et les marchés en matières premières qui lui ont succédé, en essayant de maintenir les prix de l’or au plus bas, pour tenter de sauvegarder l’apparence d’un  dollar-étalon solvable ?

Paul Craig Roberts a expliqué comment ce système fonctionne. Il y a des marchés à terme pour les monnaies, les actions et les obligations. La Réserve Fédérale peut offrir d’acheter des actions à trois mois, à, disons 10% au-dessus du prix courant. Des spéculateurs achèteront ces actions en enchérissant sur le prix, de façon à tirer parti de la promesse des « marchés » de les acheter. Si bien qu’au bout de trois mois, le prix aura monté. C’est en grande partie comment le « Plunge Protection Team » US a soutenu jusqu’ici le marché boursier américain.

Ce système fonctionne en sens inverse pour maintenir les prix de l’or au plus bas. Les banques centrales qui détiennent de l’or peuvent s’entendre pour vendre de l’or à trois mois à bas prix. « Le marché » se rendra compte que, si on vend l’or à bas prix, il n’y a aucun intérêt à acheter de l’or et donc à en faire monter le prix. C’est ainsi que le marché des règlements à terme façonne le marché d’aujourd’hui.

La question qui se pose est : les acquéreurs d’or (comme les gouvernements de la Russie et de la Chine) ont-ils acheté tellement d’or que la Réserve Fédérale et la Banque d’Angleterre aient été obligées de réellement exécuter leurs ventes à terme et d’épuiser ainsi progressivement leur or ? Dans ce cas, elles auraient « vécu au jour le jour », maintenant les prix de l’or au plus bas aussi longtemps que possible, en sachant qu’une fois que le monde reviendrait au taux de change de l’or d’avant 1971 pour les règlements inter-gouvernementaux des déficits en balance des paiements, les USA se retrouveraient à court d’or et seraient incapables de maintenir leurs dépenses militaires d’outremer (sans parler de leur déficit commercial et des désinvestissements étrangers dans les marchés boursiers et obligataires US).

Le refus de l’Angleterre et des États-Unis de payer ce qu’ils doivent au Venezuela signifie que les réserves d’or d’autres pays peuvent aussi être prises en otage par la politique américaine, et même que des jugements, par des Cours US, peuvent adjuger leur or à des créditeurs étrangers ou à quiconque introduirait une action en justice contre eux devant les lois US.

Cette prise d’otages transforme en urgence pour les autres pays la nécessité de déveloper une alternative viable, surtout à l’heure où le monde dé-dollarise et où un étalon de change-or reste la seule possibilité d’imposer des limites au déficit de balance des paiements d’origine militaire des USA ou à celui de n’importe quel pays se lançant dans une attaque militaire. Un empire militaire est très coûteux – et l’or est une contrainte « pacifique » apte à imposer des limites aux déficits de paiements d’origine militaire. (J’explique clairement les détails de tout ceci dans mon Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire  Super Impérialisme : la stratégie économique de l’empire américain ») de 1972, mis à jour en allemand sous le titre Finanzimperium en 2017.

Les USA ont trop présumé en détruisant l’ordre financier mondial centré sur le dollar. Cet ordre a permis aux États-Unis de devenir « la nation exceptionnelle » capable de gérer le déficit de leur balance-des-paiements et une dette extérieure qu’ils n’ont aucune intention (ou aucune possibilité) de rembourser, en prétendant que les dollars semés à tout vent dans leurs dépenses militaires lointaines « fournissent » aux autres pays les réserves de leurs banques centrales (réserves détenues sous forme de prêts – en actions et obligations – du Trésor US) pour financer le déficit du budget US et ses dépenses militaires, de même d’ailleurs que le déficit, très largement militaire,  de la balance-des-paiements US.

Étant donné que l’U.E. agit comme une succursale de l’OTAN et du système bancaire US, cette alternative serait de s’associer à l’Organisation de coopération de Shanghaï et que l’or soit mis en sécurité en Russie ou en Chine.

 

Le Saker : Que peuvent faire les autres pays d’Amérique Latine tels que la Bolivie, le Nicaragua, Cuba et peut-être l’Uruguay et le Mexique, pour aider le Venezuela ?

 

Michael Hudson : La meilleur chose que puissent faire les pays voisins est de s’associer pour participer à la création d’un véhicule dont le but soit de promouvoir la dé-dollarisation et, dans la foulée, à celle d’une institution internationale dont la tâche soit de surveiller l’apurement des dettes qui dépassent les capacités de remboursement des pays, sans leur imposer des programmes d’austérité qui détruisent automatiquement leurs économies.

On a grand besoin aussi d’une alternative à la Banque Mondiale, qui accorderait des prêts en monnaies nationales, surtout pour subventionner les investissements dans la production intérieure de produits alimentaires, de manière à protéger les économies des « sanctions » étrangères, équivalent actuel des sièges militaires qui forçaient jadis une place à se rendre en affamant sa population. Cette Banque Mondiale pour l’Accélération Économique mettrait en tête de ses objectifs le développement de l’auto-suffisance de ses membres, au lieu de promouvoir la concurrence à l’exportation qui, en accablant les emprunteurs d’une dette extérieure, les expose au chantage financier dont le Venezuela est aujourd’hui victime.

En sa qualité de pays catholique romain, le Venezuela pourrait faire appel à un soutien papal pour obtenir l’effacement de sa dette extérieure, mais aussi pour la création d’une institution internationale chargée de surveiller la capacité de remboursement des pays débiteurs, sans que leur soient imposées l’austérité, l’émigration, la dépopulation et la privatisation forcée de leurs domaines publics..

Deux principes internationaux sont nécessaires.

Le premier – Aucun pays ne devrait être forcé de rembourser sa dette extérieure dans une monnaie (comme le dollar ou ses satellites) dont le système bancaire agit pour en empêcher le remboursement.

Le second – Aucun pays ne devrait être obligé de rembourser une dette extérieure qui lui fasse perdre son autonomie en tant qu’État : le droit de déterminer sa propre politique étrangère, de lever l’impôt et d’émettre sa propre monnaie, et celui de ne pas avoir à privatiser ses actifs publics pour rembourser des créditeurs étrangers.

Le Saker :  Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Source : https://thesaker.is/saker-interview-with-michael-hudson-on-venezuela-february-7-2019/

Source d’origine : http://www.unz.com/tsaker/saker-interview-with-michael-hudson-on-venezuela/

Traduction : c.l pour Les Grosses Orchades

 

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 14:39
 Syndicat France Police - Policiers en colère

Avant tout le monde, France Police - Policiers en colère a alerté l'opinion publique sur l'incroyable répression ordonnée contre les manifestants Gilets jaunes par la Macronie.

Notre syndicat de police a été le premier à introduire dans le débat public les notions de blessures de guerre et de mutilations suite à une lettre ouverte adressée au premier ministre Edouard Philippe.

Au moins 133 enquêtes visant nos collègues pour des faits supposés de violences policières sont actuellement diligentées par l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN).

Que nos collègues ne s'y trompent pas, personne ne les soutiendra et surtout pas les syndicats de police, tous macronistes jusqu'à l'os. Le ministre de l'Intérieur Castaner a d'ailleurs personnellement exigé que les 133 enquêtes aillent vite..

Comme il serait facile en effet de vite passer à la moulinette nos collègues instrumentalisés par le pouvoir politique pour mieux dédouaner les donneurs d'ordres et faire oublier que cette terrible répression n'est pas celle de la police mais celle d'une poignée d'individus détenant toute la puissance publique entre ses mains.

Selon le Canard Enchaîné, lors de l'acte 13 à Paris, un casseur particulièrement connu de la direction du renseignement de la Préfecture de Police a été interpellé très tardivement en fin de manifestation après avoir, à lui seul, multiplié les saccages dans la capitale.

Selon l'hebdomadaire satirique, nos collègues du renseignement en filature auraient demandé

l'intervention d'un détachement d'action rapide (DAR) pour interpeller le casseur d'ultragauche mais la hiérarchie policière n'aurait pas donné suite, faute d'effectifs disponibles.

Etonnant de se retrouver en manque d'effectifs lorsque l'exécutif annonce un dispositif d'au moins un policier pour un manifestant à en croire les chiffres officiels..

Au moins 8.000 interpellations pour 1.800 condamnations depuis le 17 novembre, à minima 2.000 blessés chez les manifestants pour 1.200 du côté des forces de l'ordre selon les chiffres du gouvernement.

On déplorerait une vingtaine d'éborgnés, cinq mains arrachées et près de 200 blessures à la tête selon un comptage indépendant.

Et là ? Des enquêtes IGPN rapides seront-elles ouvertes pour faire toute la lumière sur la gestion délétère de certains maintiens de l'ordre par l'autorité administrative elle-même ?

Syndicat France Police - Policiers en colère | 16 février 2019 à 9 h 12 min | Catégories : Non classé | URL : https://wp.me/p7V30P-I2

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 14:20

Source : Dr. Tim Ball & Thomas Harris PJ Media - Traduction Sott

https://fr.sott.net/article/33440-Dommage-pour-le-rechauffement-climatique-Un-froid-record-oblige-a-repenser-les-changements-de-la-planete#

Partout dans le monde, les manchettes font état de conditions exceptionnellement froides et de chutes de neige exceptionnellement abondantes au cours des dernières semaines. Ils présentent ces événements comme des records, mais peu de gens comprennent à quel point ces records sont courts - habituellement moins de 50 ans, un simple instant dans les 4,6 milliards d'années de l'histoire de la Terre. La réalité est que, dans un contexte plus large, il n'y a rien d'inhabituel dans les conditions météorologiques actuelles.
Malgré cela, les médias - directement, indirectement ou par déduction - attribuent souvent le climat actuel au réchauffement climatique. Oui, ils l'appellent maintenant changement climatique. Mais c'est parce que les militants ont réalisé, vers 2004, que le réchauffement prédit par les modèles informatiques sur lesquels la peur est basée, ne se réalisait pas. Les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) ont continué d'augmenter, mais la température a cessé d'augmenter. Donc, les preuves ne correspondent plus à la théorie. Le
biologiste anglais Thomas Huxley a commenté ce dilemme il y a plus d'un siècle :
« C'est la grande tragédie de la science, le meurtre d'une belle hypothèse par un vilain fait. »
Pourtant, les conditions météorologiques récentes nous rappellent brutalement qu'un monde plus froid est une menace beaucoup plus grande qu'un monde plus chaud. Alors que les gouvernements se préparent au réchauffement, tout indique que le monde se refroidit. Et, contrairement aux proclamations des activistes du climat, chaque année, plus de gens meurent du froid que de la chaleur.
Une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet est parvenue à la conclusion suivante : « Le froid tue 20 fois plus de gens que la chaleur, selon une étude internationale analysant plus de 74 millions de morts dans 384 endroits dans 13 pays. »
Comment cette situation bizarre s'est-elle développée ? C'était une tromperie délibérée et orchestrée. Les résultats de l'enquête du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU ont été délibérément prémédités pour se concentrer sur les impacts négatifs du réchauffement. Dans leur mandat initial de 1988 de l'ONU, le réchauffement de la planète est mentionné trois fois, alors que le refroidissement n'est pas mentionné une seule fois. L'ONU le note : « Une augmentation continue des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère pourrait entraîner un réchauffement de la planète et, à terme, une élévation du niveau de la mer, dont les effets pourraient être désastreux pour l'humanité si des mesures ne sont pas prises à tous les niveaux. »
Ce point de vue étriqué a été renforcé lorsque la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 1992, un organisme que le GIEC est tenu de soutenir, a défini les changements climatiques comme étant causés par l'activité humaine.
Quand un modèle climatique est-il « utile » ?
Le Groupe de travail 1 (GT1) du GIEC a produit la preuve que le CO2 d'origine humaine est à l'origine du réchauffement climatique. Cette constatation est devenue la prémisse du Groupe de travail 2 (GT2), qui a examiné l'impact négatif, et du Groupe de travail 3 (GT3), qui a proposé des politiques et des mesures d'atténuation pour arrêter le réchauffement. Le GIEC n'a pas suivi la méthode scientifique obligatoire pour tenir compte de l'hypothèse nulle, à savoir, que faire si les preuves montrent que le CO2 ne provoque pas de réchauffement.
Comme l'a dit Richard Lindzen, professeur émérite de météorologie atmosphérique au MIT, ils sont parvenus à un consensus avant même que la recherche ne commence. Le consensus a « prouvé » que l'hypothèse était correcte, quelle que soit la preuve. Pour renforcer ce point, le gouvernement britannique a engagé Lord Nicholas Stern, un économiste britannique, pour faire une étude économique de l'impact du réchauffement de la planète. Au lieu de faire une analyse coûts-avantages normale comme le ferait n'importe quel économiste apolitique, il a produit ce que l'on a appelé
le rapport Stern de 2006, qui ne portait que sur les coûts.
Si Stern et le GIEC faisaient une étude appropriée, ils constateraient que l'impact du refroidissement est beaucoup plus néfaste pour toutes les formes de vie sur Terre, en particulier les humains. Les anthropologues nous disent que deux grandes avancées dans l'évolution humaine nous ont permis de mieux contrôler le froid. Le feu et les vêtements ont créé des microclimats qui nous ont permis de vivre dans des régions normalement inaccessibles. Prenons l'exemple de la ville de Winnipeg, avec trois cordons ombilicaux technologiques : l'électricité du nord, le gaz de l'ouest et le pipeline d'eau de l'est. Trois grenades tirées à 2 heures du matin un matin de janvier par des températures de -30°C rendraient la ville congelée et solidifiée en quelques heures.
Entre 1940 et 1980, les températures mondiales ont baissé. En 1970, on s'entendait pour dire que le refroidissement mondial était en cours et qu'il se poursuivrait. Le livre de Lowell Ponte, The Cooling, paru en 1976, illustre bien l'alarmisme :

C'est un fait indéniable : le refroidissement mondial représente pour l'humanité le défi social, politique et adaptatif le plus important que nous ayons eu à relever depuis dix mille ans. Votre intérêt dans les décisions que nous prenons à ce sujet est d'une importance capitale ; la survie de nous-mêmes, de nos enfants, de notre espèce.

Changer le septième mot en réchauffement, et c'est la même menace qu'on entend aujourd'hui. La grande différence est que le refroidissement est une menace beaucoup plus grande. Pour étayer cette affirmation, l'ICA a produit au moins deux rapports examinant les troubles sociaux et politiques aggravés principalement par les mauvaises récoltes dues à des conditions de refroidissement. L'Organisation météorologique mondiale a également réalisé plusieurs études sur l'impact historique du refroidissement sur certaines régions agricoles et a prévu un refroidissement mondial plus important.
Ce qui est triste dans tout cela, c'est qu'il y avait une stratégie que les gouvernements auraient pu, et auraient dû, adopter. C'est ce qu'on appelle la théorie des jeux, et elle vous permet de prendre la meilleure décision dans des circonstances incertaines. Elle exige des informations précises et l'exclusion d'un programme politique biaisé. La première information précise est que le froid est une plus grande menace et d'une adaptation plus difficile que le réchauffement. Après tout, si vous vous préparez au réchauffement, comme le font actuellement la plupart des gouvernements, et que le froid s'en vient, les problèmes seront dix fois plus graves. Cependant, si vous vous préparez au froid et qu'il fait plus chaud, l'ajustement sera beaucoup plus facile.

Le temps froid qui règne actuellement dans une grande partie du monde devrait nous inciter à réexaminer les réalités climatiques, et non les opinions fausses, trompeuses et biaisées créées et promues par les bureaucrates d'État par l'intermédiaire de leurs gouvernements respectifs.

 

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 13:54

Alors que l'acte 13 des Gilets jaunes se profile, Sputnik France a reçu François Boulo, le Gilet jaune qui monte. Avec l'avocat de 32 ans, il a été question de grève générale, syndicats, violences policières, médias et "foulards rouges". Entre critique acerbe du gouvernement et évolution du mouvement, entretien avec une grande gueule éloquente.

«Le mouvement des Gilets jaunes constitue la pointe avancée de la lutte. Que l'ensemble des énergies qui voudraient s'agréger le fasse derrière le mouvement.»

François Boulo a 32 ans, il est avocat et est en train de devenir une des figures incontournables des Gilets jaunes. Au même titre que le chauffeur routier Éric Drouet, il a l'écoute d'une bonne partie des contestataires aux vestes fluo. Porte-parole des Gilets jaunes de Rouen, il multiplie les passages dans les médias sans perdre de sa crédibilité auprès du mouvement. Un sondage réalisé sur les réseaux sociaux par Éric Drouet le place largement en tête comme meilleur «représentant à la télé». Il faut dire que l'avocat est à l'aise à l'oral, lui qui a été finaliste du concours d'éloquence de la conférence du stage au barreau de Rouen en 2014. Un talent qui lui permet de diffuser les revendications des Gilets jaunes.

Invité par Sputnik France, il a livré sa vision de l'évolution du mouvement, qui passera selon lui par la grève générale et illimitée. Nous avons également parlé du début d'alliance de circonstance formée avec les syndicats, des violences policières, des «foulards rouges», du traitement médiatique de la fronde sociale et de son avenir politique. Place au débat.

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 10:59

 La mayonnaise Guaido ne prend pas

 

Caracas. 7 heures du matin. Le soleil se pose sur les montagnes de l’Avila entourant la ville, qui commence à fourmiller. Des files de personnes descendent la colline où se perche le barrio El Manicomio pour rejoindre l’avenue Sucre, l’artère principale qui se faufile entre les quartiers populaires de l’Ouest de la Capitale. Des dizaines d’enfants en uniforme scolaire, certains cavalant d’autres aux mains de leurs mamans prennent le chemin de l’école. Je pense à ma fille qui elle, en raison d’un conflit social en France, restera à la maison.

A quelques encablures de là, des militaires en armes boivent un café au check point qui mène à Miraflores, le Palais Présidentiel. L’image de Caracas respirant la normalité contraste brutalement avec celle que l’on peut avoir d’un pays menacé d’intervention militaire par l’administration Trump.

Une vie quotidienne à mille lieux des annonces de la « révolution vénézuélienne » qui commence à s’imposer dans nos médias.

Juan Guaido, nouveau Frankenstein politique crée par la Maison Blanche, est un produit médiatique qui se vend surtout à l’extérieur du pays. Un peu comme nos mauvais vins, ou les médicaments anti-paludisme produits par Sanofi. Ça n’a aucun intérêt pour la population locale. La majorité des vénézuéliens ne semblent pas vouloir consommer ce produit. Croisé par hasard, Alejandro, un jeune boxeur vénézuélien opposant à la Révolution Bolivarienne me confiera : « J’aime pas Maduro, il est nul, mais vraiment nul. Mais aujourd’hui, on a le choix entre ça et retourner à l’esclavage. Il n’y a pas de sortie ». Alejandro résume assez bien le point de vue d’une partie de l’opposition. Malgré l’intransigeance de Guaido, la guerre civile n’est pas une option. 

La mayonnaise putschiste ne prend pas au pays. Peu importe, elle est un rouage essentiel dans la story-telling occidentale pour justifier un renversement de régime. Un cynisme absolu, imposé par les États-Unis, et récemment validé par le président Macron.

Plus occupé à résoudre un quotidien affecté par un infâme blocus économique, les habitants de la Capitale ne semblent guère prêter attention aux gesticulations des députés de l’opposition, réunis ce mardi 5 février en session plénière. Sur la place Bolivar, situés à cent mètres, un spectacle de break dance capte l’attention de plusieurs centaines de personnes. 

Le Capitole est un symbole de la confrontation des pouvoirs et des tensions de la vie politique vénézuélienne. Passé l’entrée principale, les députés à l’Assemblée Nationale rejoignent l’hémicycle, situé sur leur gauche. Les députés à l’Assemblée Nationale Constituante eux prennent la direction opposée, vers le salón Elíptico, siège de l’ancien sénat. Les deux salles se font face, comme pour ancrer symboliquement le conflit de pouvoirs et de légitimité. Les députés des deux assemblées se croisent à l’entrée, ne se saluent pas, se défient. « C’est assez symbolique en effet, nous dit Tania Diaz, vice-présidente de l’Assemblée Constituante. La seule chose qui ne l’est pas, c’est que, passé l’entrée, nous devons aller à droite, et eux à gauche », ajoute-t-elle en riant. 

Une situation certes inédite, dans l’histoire de cette République, mais qui balaie les accusations d’État failli, de « dictature totalitaire », ainsi que tous les éléments de langage mis en place par Washington et repris à l’unisson par le système médiatique. 

Ce mardi, l’opposition a retouché et voté sa loi sur la Transition pour tenter de masquer sous un vernis officiel la construction de leur para-Etat. Étrangement, aucune personnalité politique ni aucun média ne relève que cette « loi sur la Transition » autorise l’Assemblée Nationale à s’arroger illégalement tous les pouvoirs de la République Bolivarienne du Venezuela. Comment appelleriez vous ca ? Un coup d’Etat ? Dans la novlangue trumpienne, désormais parlée dans l’Union européenne, on considère ça comme « une transition démocratique ». Et qu’importe le Peuple. 

Le pouvoir de Guaido va donc nommer un Pouvoir électoral parallèle dans le but d’organiser un simulacre d’élection. Ce scénario aurait plus de succès sur Netflix, mais là encore il est nécessaire pour imposer leur légitimité dans l’opinion publique internationale. Soit les politiciens d’opposition réalisent une élection sans aucun contrôle, et médiatiquement ils pourront légitimer un pouvoir fantoche dans l’opinion publique internationale, soit ils poussent Nicolas Maduro à interdire un scrutin illégal et truqué d’avance, et l’image du président sera dégradée à l’étranger. Pile ou face, tu gagnes. 

Notons au passage, que le « chavisme critique » soutient cette tentative de coup d’Etat institutionnel. Ce mouvement politique est un regroupement d’universitaires dont les voix sont abondamment relayées par leurs pairs européens malgré leur manque absolu de responsabilités politiques et de légitimité démocratique. Lorsqu’ils décident de soutenir électoralement un candidat, celui-ci peine à arriver à 0,5% des voix. 

Le 5 février, les représentants les plus éminents de l’extrême gauche intellectuelle vénézuélienne ont rencontré Guaido pour ne pas être exclus de la partie si jamais le coup d’Etat réussissait. Cette réunion met un terme définitif à la fable d’un « chavisme critique », censé représenter un courant politique indépendant. Imagine-t-on un « gaullisme critique » négocier avec Pétain leur participation au régime de Vichy ? Cette « troisième voie » imaginaire tant promue hors du pays (encore une fois) a désormais choisi son coté de la tranchée. Le slogan « Ni Maduro Ni Guaido », scandés par leurs réseaux internationaux vient de voler en éclats. Il serait donc judicieux que les soutiens étrangers de ce courant de l’opposition adoptent la position de leurs mentors vénézuéliens et s’alignent ouvertement sur les positions de Trump, de Bolsonaro, d’Uribe, de Macron.

Comme la marque Guaido n’arrive pas à s’imposer dans le marché politique vénézuélien, l’opposition prépare une nouvelle action destinée à ternir l’image du président Maduro au niveau international. La demande d’aide humanitaire est un leurre. Les 20 millions de dollars promis par Trump pour résoudre les problèmes des vénézuéliens est une faible aumône. Cette somme représente l’équivalent de 800.000 caisses de nourritures CLAP. En comparaison, le gouvernement bolivarien en achète 6 millions par mois. Et ces miettes ne sont rien en comparaison des 23 milliards de dollars de pertes économiques dues aux sanctions financières et au blocus

Encore une fois, il s’agit d’une opération politique visant à décrédibiliser Nicolas Maduro au niveau international. Soit le président autorise le passage de convois et assume la violation de la souveraineté territoriale depuis la Colombie, soit il refuse et les médias ne manquerons pas de dénoncer l’infâme Maduro, affamant son peuple. Répétons le encore une fois : les pays qui feignent de se préoccuper du sort des vénézuéliens ferait bien de lever le blocus qui les martyrise

Face à ce scénario, la grande inconnue reste la patience de l’Oncle Sam. Quelle sera la prochaine étape lorsqu’ils admettront que le médiatique Guaido ne parviendra pas à s’imposer sur la scène nationale ? 

Romain Migus

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 10:23

Estimation de la participation à l’acte 12 des Gilets jaunes à 16 h : 290.000 manifestants à travers toute la France selon le syndicat France Police – Policiers en colère

2 février 2019Syndicat France Police - Policiers en colère

 

Notre syndicat de police félicite le service d’ordre interne des Gilets jaunes à Paris pour avoir expulsé du cortège une vingtaine de casseurs à 11H55 à l’angle Félix Eboué – avenue Daumesnil.

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 12:03

Gilets Jaunes et Syndicats.
par Jean-Pierre Page (1)

samedi 2 février 2019, repris sur  Comité Valmy

 

http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/Gilets_Jaunes_ET_cgt.jpg

Gilets Jaunes et Syndicats.

Voici plus de 11 semaines que les gilets jaunes rythment par leurs initiatives la vie politique et sociale française. Le 26 janvier a été une grande journée de mobilisation à travers toute la France. Elle a aussi été marquée par une répression sans précédent violente, délibérée et orchestrée.

Emmanuel Macron, son gouvernement, le Parlement, les partis politiques, les médias, les analystes commentent et se déterminent quotidiennement en fonction de ce mouvement inédit dans sa forme, ses objectifs et sa durée. La plupart d’entre eux ont été totalement pris au dépourvu et ont toujours autant de mal à le caractériser et plus encore à y faire face, fut-ce par la contrainte et les représailles ! Dans les couloirs du pouvoir, on est chaque fin de semaine, proche du mode « panique ».

Les syndicats n’échappent pas à ce constat. Pire, bien que par leur rôle, ils se doivent d’être en phase avec les préoccupations et l’état d’esprit réel des travailleurs, ils n’ont pas vu venir cette vague populaire qui a pris l’ampleur d’un tsunami social et politique. Celui-ci est sans précédent dans l’histoire française. Plutôt, que d’en tirer les conséquences, le choix des dirigeants syndicaux a été de se réfugier dans un rôle d’observateur, non sans espérer fut ce au prix d’un lâche soulagement de voir les choses en finir au plus vite.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, considère toujours « que le mouvement des gilets jaunes n’est en rien capable, de réunir les gens, de les faire débattre entre eux, de hiérarchiser les revendications, de s’engager dans la recherche de solutions. Il n’a rien inventé affirme-t-il, ni est capable de mobiliser en masse. Nous devons éteindre collectivement l’incendie ». 2)

On ne saurait pas être plus clair, chasser le naturel, il revient au galop ! En fait, et c’est bien là le problème, quand « tout remonte à la surface3) » , les syndicats ne rêvent-ils pas de continuer à faire comme si de rien n’était ! « Il faut que tout change pour que rien ne change »4) .

Pourtant et dorénavant tout le monde est au pied du mur et dans l’obligation de se déterminer par rapport à l’existence, aux débats et aux initiatives des gilets jaunes. Leur action est à ce point incontournable que non-content d’ébranler les bases d’un pouvoir politique qui se voulait conquérant, arrogant et sur de lui, elle révèle l’étendue d’une crise sans précédent autant sociale, politique, économique que démocratique. Elle renvoie également à la crise du syndicalisme et pas seulement à la représentation de celui-ci.

Macron, quant à lui, cherche à gagner du temps et à reprendre la main, mais de l’avis général les deux mois de débats, et d’enfumage dont il a pris l’initiative ne régleront rien. En guise d’exorcisme et d’incantations, il ne suffit pas d’affirmer qu’on ne changera pas de politique pour s’en persuader. C’est sans doute pourquoi les Français ne se font aucune sorte d’illusions sur les vertus de son « one-man-show », ce long monologue ou il bavarde sans écouter. Les gilets jaunes avec détermination ont décidé de poursuivre leur action contre vents et marées tout en déjouant les multiples pièges qu’on leur tend. Faisant preuve là, d’une rare intelligence politique !

Ils apprennent vite, tout en faisant face à une répression de masse, déchaînée et meurtrière 5) . Celle-ci est sans précédent depuis presque 60 ans. On se souvient du massacre de Charonne ou celui du 17 octobre 1961 6) qui couta la vie a des centaines de travailleurs algériens ! Pourtant, le 6 décembre à la stupéfaction et la colère de nombreux militants, les confédérations syndicales y compris la CGT ont été jusqu’à condamner comme coupables les victimes des représailles policières et« toutes formes de violences dans l’expression des revendications » 7) ! Fallait-il donner de cette manière choquante une nouvelle justification au concept de « syndicalisme rassemblé » ? 50 ans plus tard Macron n’en demandait pas tant ! Faut il rappeler qu’en 1968 la CGT s’est honoré en appelant à la grève générale contre la répression à l’égard du mouvement étudiant. Depuis, l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation criminelle de « flash-ball » par les forces de l’ordre, à montrer un rejet net de cette manière de renvoyer tout le monde dos à dos 8).

Dans de telles circonstances, il y a urgence pour le Capital et la bourgeoisie, à trouver une issue à cette crise majeure, ils leur faut anticiper, car les problèmes s’enchaînent les uns après les autres ! Alain Minc et Jacques Attali parmi d’autres s’inquiètent du creusement des inégalités.

Comme au sein d’une « Cupola mafieuse sicilienne », les « parrains » de Macron comprennent, que cette situation ne peut perdurer indéfiniment. Déjà, dans un temps très bref, moins de deux ans, elle a fragilisé à l’extrême le pouvoir du jeune banquier de chez Rothschild, dont ils avaient fait le choix .

Faut-il ajouter au tableau, que le mouvement peut faire tâche d’huile et devenir contagieux ! Déjà en Belgique, au Portugal, en Pologne, en Grand Bretagne, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Irlande, et même au Liban, en Afrique du Sud, en Irak, on revêt le gilet jaune de la colère populaire 9).

Dans ce contexte, les instances supranationales comme celle de l’Union européenne déjà à l’avenir incertain, voit celui-ci s’assombrir un peut plus à fortiori avec la perspective des prochaines élections européennes. Le moteur franco-allemand se met à tousser au point que l’on se demande s’il ne va pas caler. Le traité d’Aix la Chapelle entre la France et l’Allemagne que viennent de signer dans l’urgence et le secret Macron et Merkel consacre une capitulation française sur sa souveraineté au bénéfice d’une Europe des « Landers » et d’une armée allemande baptisée « européenne ». Comment ne pas remarquer que deux mois auparavant, par anticipation et sans consultations de leurs affiliés les syndicats français et le DGB allemand avaient décidé de soutenir ce grand projet d’intégration européenne 10) sous le pavillon d’Outre-Rhin.

Pour la France qui est encore admise comme 5e puissance mondiale, l’onde de choc internationale créée par le mouvement des gilets jaunes fait vaciller la crédibilité d’un système en question, plus encore que celle d’un président dont la suffisance et la morgue font dorénavant sourire, tant elle apparaît dérisoire. A Paris, Macron, à la remorque de Trump soutient les putschistes de l’extrême droite vénézuélienne, il ne tarit pas d’admiration et d’éloges pour leurs manifestants et ordonne à Maduro de respecter la démocratie et des élections sous 8 jours. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! » Imaginons Nicolas Maduro, exigeant de Macron l’organisation d’élections en France sous 8 jours au risque de voir le Venezuela reconnaître Eric Drouet des Gilets jaunes comme le président en charge.

Par conséquent, il est difficile de contester que les enjeux se soient singulièrement aiguisés ! On ne choisit pas la période dans laquelle on vit, il faut être à la hauteur de ce qu’elle exige. Pour le mouvement syndical et particulièrement pour la CGT ce nouvel épisode des « luttes de classes en France » n’est pas sans risques. Le paradoxe, c’est qu’il n’est pas non plus sans opportunités ! A condition, bien sur d’en avoir la volonté politique et de s’en donner les moyens si toutefois l’on veut créer le rapport de force nécessaire pour gagner. Dans de telles circonstances la seule stratégie qui vaille est donc de contribuer à fédérer et faire converger les luttes dans les entreprises avec celle des gilets jaunes. L’objectif, (encore, faut-il avoir un objectif), doit être de bloquer les entreprises, les centres de productions stratégiques, tout autant que les voies de circulation, faire pression sur le patronat ,le gouvernement et Bruxelles « là ou ça fait mal ! » .

Nous n’en sommes pas tout à fait là, pourquoi ?

Il devrait aller de soit que le mouvement populaire agisse et parle d’une seule voix tant les objectifs légitimes de justice sociale, de démocratie et de respect sont massivement partagés dans et hors les entreprises, c’est d’ailleurs ce que souligne la CGT. Les gilets jaunes quand ils ne sont pas retraités ou chômeurs sont aussi des salariés. Toutefois, il ne suffit pas de répéter que les revendications sont voisines sinon identiques, quand toute la question est de savoir quelles conséquences pratiques l’on en tire en termes d’actions. Or, il aura fallu deux mois pour que la direction de la CGT finisse par accepter sous la pression d’un grand nombre de ses organisations : syndicats, fédérations, régions et départements d’appeler nationalement à la grève et aux manifestations le 5 février. Il faut se féliciter que l’Assemblée des Assemblées de Commercy(Meuse) des gilets jaunes réunissant une centaine de délégations est adoptée un Appel qui soutient une grève reconductible à partir du 5 février .11)

Prenons acte positivement de cette importante décision de la CGT soutenu par des gilets jaunes, tout en ajoutant que la question qui se pose dorénavant est celle de la suite qui sera donnée et de quelle volonté l’on va faire preuve pour que cette journée se poursuive en grève générale reconductible. Doit-on se satisfaire de grèves par procuration, s’accommoder de l’éparpillement des luttes, de leur pourrissement comme d’une fatalité ? Va-t-on reprendre le controversé chemin des « grèves saute-mouton » dont la faillite est consommée ? « Ne faut-il pas reconsidérer les vertus des grèves reconductibles » ? Philippe Martinez, a déclaré que « la mobilisation aux ronds-points, c’est bien, la mobilisation dans les entreprises, c’est mieux » 12). Prenons-le au mot : Chiche ! Passons des paroles aux actes ! « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange » 13)

En fait-tout cela ne renvoie t’il pas à la capacité des syndicats à anticiper, à apprécier de qui change, bouge à la qualité de leurs liens avec les travailleurs dans leur ensemble et leur diversité, à l’activité depuis le lieu de travail c’est à dire là où se noue la contradiction capital/travail, là où se concrétise l’affrontement de classes. Ne faut-il pas par exemple, s’interroger sur la capacité des syndicats à prendre en compte le fait que nous sommes passés en quelques années d’une société de pauvres sans emplois à une société avec en plus des pauvres avec emplois, une société capitaliste dont les jeunes sont les premières victimes. A leurs côtés l’on trouve les retraités actifs et présents depuis longtemps dans les manifestations, ils se battent pour le droit de vivre dignement d’autant qu’ils sont de plus sont fréquemment les seuls soutiens matériels et financiers de leurs enfants et petits enfants frappés par la précarité et le chômage de masse. La France compte plus de 11 millions de demandeurs d’emplois et de travailleurs pauvres occasionnels. Dans le même temps, 40 milliardaires pèsent 265 milliards d’euros soit la richesse globale des 40% les plus pauvres. Les 15 ultras riches détiennent 22% de la richesse nationale et bénéficient avec Macron au pouvoir de 300 milliards de cadeaux fiscaux, dont 100 milliard s’évadent chaque année vers les paradis fiscaux.

C’est ce que disent les cahiers de doléances, ils mettent en avant les inégalités criantes sociales et territoriales, le besoin impératif de rétablir et revaloriser avec des moyens les services publics, en particulier ceux de proximité. La contradiction capital/travail est posée fortement et l’on revendique l’exigence de justice sociale d’augmentation du salaire minimum à 1800 euros, la revalorisation des retraites et pensions, une fiscalité qui fait payer les riches et les entreprises, l’annulation de la CSG, le rétablissement de l’impôt sur la fortune ou encore l’abrogation du CICE ce crédit d’impôt aux entreprises remplacé par un allègement des charges sociales voulu dès le début de son mandat par Macron. En fait-tout cela traduit l’aspiration à une société française de notre temps, une société de progrès et non de régression sociale

Dans ces conditions, le pouvoir d’achat est une priorité vitale pour des millions de gens et leurs familles. Cette exigence légitime doit s’articuler avec une démocratie qui implique l’implication de chacun et chacune à tous les niveaux, la reconnaissance, le recours et l’usage de droits sans privilèges d’aucune sorte. Le peuple veut être entendu et respecté. Cette évidence s’est imposée devant l’unilatéralisme qui caractérise autant la vie dans les entreprises qu’hors les entreprises. Le moment est venu d’y répondre, par de nouvelles formes de consultations et de prises de décisions comme le revendiquent les gilets jaunes ! C’est ainsi pensent-ils que l’on fera reculer dans tous les domaines les injustices croissantes de la société française.

Car c’est le système capitaliste qui cadenasse les libertés, c’est le néo libéralisme mondialisé, qui impose la pensée unique et la voix de son Maitre, qui pille les richesses du travail, saccage la nature et l’environnement. Tout cela se fait au bénéfice d’une oligarchie corrompue de riches toujours plus riches, ou encore de ceux qui s’en sortent le mieux ! Faut-il continuer à parler de partage des richesses et des ressources, quand dans la réalité il s’agit de la recette du pâté d’alouettes où le travail enrichit le centile le plus riche de la population et que les inégalités explosent ?

La France est passée championne dans la distribution des dividendes aux actionnaires. 46,8 milliards d’euros ont ainsi été distribués en 2018, de loin supérieur à 2017 de plus de 12%. Les groupes automobiles et les entreprises de luxe, dit-on se sont particulièrement montrés généreux.14)

N’est-il pas remarquable que le mouvement des gilets jaunes coïncide avec l’inculpation et l’emprisonnement au Japon pour fraude fiscale de Carlos Ghosn le patron de Renault-Nissan au salaire de 15,6 millions d’euros par an. Cette rémunération « surréaliste », n’est-elle pas précédée par celle de Bernard Charles, de Dassault qui gagne 24,6 millions d’euros annuel devant Gilles Gobin de Rubis du groupe Rubis qui lui empoche 21,1 millions d’euros ? Ce sont ceux-là et près de 150 patrons de multinationales, avec qui voici quelques jours, Macron de manière provocatrice a festoyé au Château de Versailles. Comble de l’ironie jour pour jour avec la décapitation de Louis XVI. Ainsi, l’on semble être passer « d’une royauté à une autre. » !

Dans un tel contexte, apparaissent bien dérisoires les arguties de certains dirigeants syndicaux sur les prétendues tentatives de récupération et l’influence de l’extrême droite raciste sur le mouvement des gilets jaunes, comme le répète à satiété les dirigeants de la CFDT et de la CGT. A ce sujet, les propos affligeants, les rapports, les interviews ne manquent pas et témoignent d’un décalage saisissant comme d’une profonde ignorance de ce que représente un mouvement social ! 15) Il est inquiétant de noter que certains dirigeants de la CGT ont cru bon, se saisir de ce contexte pour traquer les idées de ceux qui refusent la mise en conformité, comme par exemple un regard critique sur l’Europe et l’Euro, le prêt-à-porter de la pensée dominante et de l’air du temps 16). La pratique de l’amalgame à l’égard de l’historienne Annie Lacroix-Riz 17) accusée de complotisme, et de voisinage avec l’extrême droite a suscité une telle indignation que Philippe Martinez a du lui présenter des excuses et s’engager à retirer de la circulation une note infamante portant le sigle de la CGT. 18) Va-t-on dorénavant faire le tri chez les travailleurs, ou les militants exiger de leur part pour participer aux grèves et manifestations (comme on l’a vu) qu’ils présentent une identification politique ou un laissez passer conforme aux désidératas du dialogue et du partenariat social voulu par un syndicalisme d’accompagnement et de propositions en quête d’« union sacrée ».

N’y a t’il pas pour le mouvement syndical à réfléchir autrement et avec modestie sur lui-même sur ses insuffisances, son fonctionnement, ses retards, sur son approche des problèmes dans leur globalité, leur dimension européenne et internationale par ces temps de mondialisation néo-libérale à marches forcée. Se débarrasser enfin de cet esprit de suffisance, de condescendance, de donneurs de leçons qui minent la relation qui devrait être celle entre les syndicats, les travailleurs en général, les gilets jaunes en particulier, ceux dont les sacrifices de toutes sortes méritent le respect. Plutôt que porter sur eux des jugements de valeurs ne devrait-on pas faire preuve de plus de retenue ?

Car au départ, il aura fallu une taxe sur les carburants suscitant la colère pour que cette fois ci, la goutte fasse déborder le vase des mécontentements accumulés, des colères légitimes, des rêves refoulés, des frustrations que l’on taisaient depuis si longtemps. « Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine ».

Si ne pas l’avoir compris ne peut être sans conséquence pour la classe politique, comment ne le serait-elle pas pour les syndicats. Comment s’étonner alors de l’ampleur de cette crise de confiance, car il faut bien reconnaître que ce mouvement des gilets jaunes s’est construit hors de l’intervention et de l’implication syndicale. Par conséquent, on ne saurait pas être surpris à entendre les critiques qui montent d’en bas, qui placent les syndicats et les politiques dans le même sac, et à qui l’on fait payer le prix fort des compromissions. Doit-on faire comme si cela n’existait pas. Déjà en son temps, Benoit Frachon parlait des « porteurs de serviettes, l’air affairé, le plus souvent trônant dans un bureau, parfois hypocritement installé par le patron » 19) . Qu’en est-il aujourd’hui ?

C’est vrai en France et ailleurs comme à une tout autre échelle. Ainsi la CES (Confédération Européenne des Syndicats) déjà totalement dévaluée démontre dans ces circonstances et une fois encore sa parfaite incapacité à saisir ce qui est essentiel ! Son silence est assourdissant ! C’est dire, son décalage avec le monde réel, sans doute parce que sa fonction n’est rien d’autre que celle d’être un rouage des institutions bruxelloises. Son fonctionnement et sa dépendance financière à cet égard semblent sans limites.

On parle beaucoup de l’ignorance dans laquelle Macron tient ce que l’on appelle les corps intermédiaires comme les syndicats. Ce qui est un fait, mais l’institutionnalisation du syndicalisme, sa bureaucratisation, sa professionnalisation, ne l’a t’elle pas rendu invisible et inaudible ? Comment alors être surpris de voir aujourd’hui beaucoup de salariés s’en détourner, questionner sa crédibilité, son utilité, son existence même et finir par voir ailleurs ? Pour se rassurer faudrait-il en l’appliquant au syndicalisme reprendre la formule de Brecht « puisque le peuple vote contre le gouvernement, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre »20) .

Comment en est-on arrivé là ? Peut-être faudrait-il se poser la question du pourquoi ? On ne peut évidemment pas se satisfaire de cette situation, elle appelle des réponses autres que la culpabilisation des militants sur lesquels repose l’existence de l’organisation syndicale à fortiori dans les entreprises. Cela ne saurait se réduire à la seule prise en charge des problèmes « de carreaux cassés » dont il faudrait s’inquiéter pour répondre à la crise du syndicalisme ! On a besoin sur ce sujet comme sur d’autres, d’une autre hauteur de vue. A la lumière d’évènements qui sont un formidable révélateur, il y a urgence pour le mouvement syndical de classe à tirer les leçons et à faire les bilans qui s’imposent. Il faut espérer que le prochain congrès national de la CGT 21) apportera des réponses convaincantes, une stratégie et une direction à la hauteur de cette situation. Faire preuve de lucidité ce n’est pas s’accabler, c’est voir les faits, la réalité telle qu’elle est pour la transformer.

Evidemment ce mouvement des gilets jaunes est pétri de contradictions, il est à l’image de notre société avec ses préjugés, ses faiblesses, ses erreurs, et même ses idées réactionnaires. Faut-il faire comme si cela n’existait pas ? Evidemment non ! Mais dans le même temps, comment concevoir autrement une lutte de masse qui soit conséquente ?

Un grand nombre de gilets jaunes font l’expérience de l’action pour la première fois, la plupart d’entre eux n’a jamais participé à une grève, à une manifestation. On s’étonne de leur spontanéisme, de leur absence d’organisation ce qui semble être de moins en moins le cas, mais comment ne pas voir qu’entre son début et le point où il est arrivé aujourd’hui, ce mouvement a fait un véritable bond qualitatif en avant. C’est vrai, dans la définition de ses objectifs, dans ses méthodes comme dans son organisation. Non sans erreurs ? Certes et alors ? Le mouvement syndical a aussi la responsabilité de partager et faire partager son expérience de la lutte de classes avec tous ceux et toutes celles qui font le choix d’agir collectivement.

Pour un grand nombre de gilets jaunes, et même si c’est parfois confusément, ce qui est en question au fond c’est la nature de cette société inégale, brutale, prédatrice et criminelle. Cette société-là, c’est le capitalisme lui-même. Qui va le dire ? Faut-il le considérer comme un horizon indépassable ou faut il au contraire l’abolir ? Pour le syndicaliste faudrait-il se plaindre d’une telle prise de conscience ? On peut comprendre qu’un tel changement des esprits n’est pas sans déranger les tenant d’une adaptation du syndicalisme-partenaire d’un capitalisme à visage humain. Certains, comme la CFDT, préférant négocier le poids des chaines plutôt que d’exiger l’abolition de l’esclavage. Mais, ne doit-on pas voir dans ce mouvement des gilets jaunes une prise de conscience qui s’affirme, celle qui conduit à la conscience d’appartenir à une classe et par conséquent des opportunités à saisir ! N’y t’il pas là pour le syndicalisme une responsabilité à assumer pour qu’il en soit ainsi.

Aussi et comme cela est souvent le cas dans les grands mouvements sociaux, il y a urgence pour le mouvement syndical à prendre en compte combien les consciences ont progressé quant aux causes, aux responsabilités et à la nature du système capitaliste lui-même

Ce constat renvoie à la « double besogne », cette double fonction qui doit être celle du syndicat : luttant tout à la fois pour les revendications immédiates comme pour le changement de société. Contrairement à ce qu’affirme Philippe Martinez 22) , la CGT n’est pas trop « idéologique ». Cette singularité qui est la sienne, cette identité, elle se doit de la prendre en charge en toutes circonstances. Ne voit-on pas que la CGT paye aujourd’hui 25 années de recentrage, de désengagement du terrain de la bataille des idées, en fait de dépolitisation 23) ? . Ceci, la pénalise grandement aujourd’hui face à un mouvement qui va marquer durablement la période que nous vivons.

Ce débat nécessaire donne raison à ceux des militants de la CGT qui depuis longtemps alertent, se mobilisent et interpellent leur Confédération sur la perspective « d’une explosion sociale », hors de toute intervention syndicale, tant la désespérance est à son comble 24). Il est heureux de constater que parfois à contre-courant des positionnements officiels et de l’impuissance de nombreux dirigeants, ils sont ceux qui ont fait le choix dès le début de se tourner vers le peuple en lutte, mêlant leurs gilets rouges à ceux des gilets jaunes comme on l’a vu dans bien des ville à Bourges, Créteil, Toulouse, Marseille, Lille, Paris, Montbéliard, Nantes, etc.

En fait, cette insurrection sociale, à laquelle nous assistons, tire sa force dans sa capacité à fédérer le peuple : les ouvriers, les employés, les paysans, les classes moyennes, les petits artisans, les chômeurs, les retraités, les ruraux et les citadins, ceux des banlieues. Fait significatif les femmes sont au premier rang des manifestations, des blocages routiers, des parkings des centres commerciaux. Tout un peuple d’en bas est entré en révolte, la CGT devrait se comporter comme un poisson dans l’eau et considérer qu’en dernière analyse, « il est juste de se rebeller » !

Voici plusieurs années, on parlait de fracture sociale, mais sans en tirer les conséquences. Celle-ci n’a cessé de s’élargir, au point que ce à quoi nous assistons couvait depuis longtemps, en particulier dans la jeunesse. Cette génération sans perspective, tous ces laissé-pour-comptes réduits à monter à l’échafaud de l’exclusion sociale et parmi eux les précaires, ou encore les enfants d’immigrés de plusieurs générations. Ils sont aux avants-postes de cette bataille. Comment ne pas se trouver à leurs côtés ?

L’on sait maintenant qu’à la fracture sociale, il faut associer la fracture politique et démocratique. Elle révèle l’étendue d’une rupture entre le peuple et ses représentants, les institutions nationales et supranationales, les partis politiques, les syndicats, les parlementaires de droite comme de gauche, le gouvernement et singulièrement le chef de l’état sur qui se focalise l’ensemble du rejet exprimé à travers le mot d’ordre « Macron démission ». En une année la confiance dans le président de la République s’est effondrée de 23%. Jamais en France, un homme politique aura fait l’objet d’une telle détestation pour ne pas dire d’une haine.

Un récent sondage25° fait ainsi apparaître que 88% des Français ne font pas confiance aux partis politiques, 73% ne font pas confiance aux médias et 70% aux banques, 55% se déclarent prêt à participer à des manifestations pour défendre leurs idées,. Deux mois après le début de l’action des « Gilets jaunes » 57% continuent à leur apporter leur soutien. Plus de 70% des Français n’attendent rien du grand débat voulu par Macron.

.

Le mouvement des gilets jaunes est fondamentalement une révolte contre la situation intolérable qui est faite aux classes les plus défavorisée, à l’appauvrissement qui touche dorénavant les classes moyennes ceux qui arrivaient encore à s’en sortir, mais dont les fins de mois se terminent dès le 15 et qui n’ont d’autres alternatives que les privations pour presque tout. « Dans les fins de mois, le plus dur ce sont les 30 derniers jours ! » disait Coluche. Le combat des gilets jaunes est aussi une résistance contre ce recul de civilisation voulu par le Capital en crise.

Les politiques néo libérales des gouvernements successifs de droite comme de gauche, les injonctions de l’Union européenne ont détricoté de manière systématique le tissu social. Macron dans un volontarisme aveugle a accéléré ce processus y associant l’insulte, la condescendance, l’humiliation et le mépris du peuple souverain. La nature monarchique et de classe du régime est ainsi apparue dans toute sa brutalité. Il ne faut pas chercher plus loin le rejet de cette société inhumaine.

Il ne fait aucun doute que les « Gilets Jaunes » feront leur entrée au Panthéon des grands mouvements sociaux, annonciateur de ruptures avec le système dominant. Leur empreinte est indiscutable et marque déjà notre époque par la radicalité progressiste de leurs objectifs, par leur détermination, leur esprit d’initiative, les formes d’organisation dont ils ont fait le choix, la continuité qu’ils donnent à leur action. Ils ont réussi à gagner la sympathie et la solidarité d’une très large majorité de Français, mais aussi des peuples d’Europe et d’ailleurs.

Ils font la démonstration de cette exception française, celle d’un pays où comme disait Marx, « les luttes de classes se mènent jusqu’au bout ». La filiation des « Gilets Jaunes » est bien celle qui trouve ses racines dans les « Jacqueries »26) , dans la grande Révolution de 1789 à 1793, de la Commune de Paris, des combats de la Libération et plus près de nous de 1968, 1995, et de ces milliers de luttes sociales et politiques souvent anonymes, de grèves, de manifestations innombrables. Macron n’a pas tort de reconnaître l’esprit « réfractaire » 27) frondeur et indocile des Français ! Non sans raison les « Gilets Jaunes » le revendiquent ! Après tout, « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »28) . 225 ans plus tard, les gilets jaunes légitiment et rappellent publiquement souvent d’ailleurs cette vision ambitieuse des révolutionnaires de 1793. L’honneur du mouvement ouvrier français et de la CGT en particulier est d’avoir toujours été fidèle à ces principes. C’est aussi à elle de les défendre !

Jean-Pierre Page
jean.pierre.page@gmail.com

1) Jean-Pierre Page est l’ancien responsable international de la CGT Membre de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT, auteur de plusieurs livres dont « CGT : pour que les choses soient dites » (Delga-2018).

2) « Certains syndicats fragilisent la démocratie » Laurent Berger, Le Figaro, 22 janvier 2019 et JDD du 26 janvier 2019.

3) « Quand tout remonte à la surface », Serge Halimi, Le Monde diplomatique janvier 2019.

4) Giuseppe Tomasi de Lampedusa (1896-1957), Le Guépard.

5) Depuis le 17 novembre, on compte 11 morts, plus de 2000 blessés dont plusieurs manifestants seront amputés, plus de 8000 arrestations, des centaines de condamnation y compris à la prison ferme, des emprisonnements. Il faut remarquer toutefois l’initiative de la CGT Paris de saisir la justice contre l’utilisation incontrôlée de « flahball » par les forces de l’ordre.

6) Le 17 octobre 1961 la police réprima à Paris une manifestation de travailleurs algériens qui avaient répondu à l’Appel du FLN.

7) Déclaration commune « les syndicats condamnent la violence » CGT-CFDT-CGC-CFTC-FO-UNSA-FSU. 6 décembre 2018.

8) Déclaration UD CGT de Paris sur la répression. 22 janvier 2019.

9) « Ces pays en Europe ou les gilets jaunes ont défilé »JDD 18 décembre 2018

10) Déclaration commune « L’Europe que nous voulons ! »Forum syndical franco- allemand (DGB+CFDT+CGT+CFTC+FO+UNSA) 8 et 9 novembre 2018.

11) « L’appel pour le 5 février de l’Assemblée des Assemblées de Commercy »(Meuse), Syndicollectif ,28 janvier 2019.

12) « La CGT est parfois trop idéologique ! » Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Ouest France, 4 janvier 2019.

13) Friedrich Engels (1820-1895)

14) « CAC40 : 46,8 milliards d’euros de dividendes versés en 2018 », Le Revenu, 9 mars 2018

15) Intéressant de ce point de vue l’interview croisée et l’approche divergente de deux dirigeants de la CGT, Sonia Porot des Yvelines et Cedric Quintin du Val de Marne. NVO de janvier 2019 « Gilet jaune, du social au syndical »

16) Rapport de Pascal Bouvier, commission exécutive confédérale de la CGT du 8 janvier 2019

17) Au sujet d’Annie Lacroix Riz, voir le dossier complet que l’on peut consulter sur le site du Front Syndical de classe en date du 28 janvier 2019,
www.frontsyndical-classe.org/

18) CGT-Activité confédérale 009 du 14 janvier 2019, lettre de Philippe Martinez à Annie Lacroix Riz.

19) « Parlons des porteurs de serviettes » Benoit Frachon (1883-1975), ancien Président de la CGT, l’Humanité, 1 er janvier 1949.

20) Bartold Brecht (1898-1956)

21) Le 52e congrès national de la CGT aura lieu du 13 au 17 mai 2019 à Dijon.

22) Philippe Martinez : déjà cité.

23) Stéphane Sirot, Regards, 21 septembre 2017

24) « Le spectre des jacqueries sociales » Michel Noblecourt, Le Monde, mars 2013

25) « CEVIPOF » (Centre d’étude de la vie politique française) pour qui le rejet de la classe politique a atteint un niveau historique. 11/01/2019

26) « Les Jacqueries » révoltes paysannes dans l’Occident médiéval et l’Ancien régime. La « grande Jacquerie » de 1358 conduite par Jacques Bonhomme, fût violemment réprimée.

27) En voyage officiel au Danemark en aout 2018, Macron avait affirmé que « les Français sont des Gaulois réfractaires au changement ».

28) Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 08:42

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 13:34

18:13 31.01.2019(mis à jour 09:24 01.02.2019) URL courte

Fabien Buzzanca

11300

Spuntik France a reçu Gabriel Serville, député de Guyane, dans le cadre du grand débat national. Avec lui, nous avons abordé les problématiques liées à sa collectivité et ce presque deux ans après le mouvement social qui a frappé la Guyane. Il nous a également livré son sentiment sur la gestion par le gouvernement de la crise des Gilets jaunes.

«La priorité, c'est l'éducation. Je crois que tout passe par l'éducation et par la formation.»

Gabriel Serville, député de la première circonscription de Guyane, considère que le temps des débats doit laisser place à l'action. Il ne répondra pas présent à l'invitation lancée par Emmanuel Macron à plusieurs élus d'outre-mer à venir à Paris le 1er février pour le grand débat national. En 2018, les États généraux de Guyane avaient fait suite au mouvement social qui avait frappé le département et région. De nombreux débats avaient également eu lieu pour les Assises de l'outre-mer. Un événement qui «n'a pas abouti à grand-chose» pour le député. Il demande de mettre le paquet sur l'éducation dans un territoire à la population jeune et où le taux de chômage est très élevé. Formation, délinquance, coût de la vie, développement durable, Gabriel Serville a analysé pour Sputnik France les problématiques guyanaises. Il nous parle également de la loi anticasseurs, qu'il juge «démocraticide» et d'un Président de la République dont «la priorité n'est pas de redorer le porte-monnaie des petites gens». Entretien.

NB: Très bon début d'analyse qui néanmoins s'arrête au milieu du chemin car un pays, tel la France, dont toute les décisions aux plans financier et économique  sont tenues de respecter les critères de Maastricht; qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour combler les écarts de ressources entre les différentes composantes des territoires qu'elle est censée administrer en est réduite à déshabiller Pierre pour habiller Paul ou et à faire croître son déficit budgétaire.

Pour Macron , le président des riches , la solution  consiste  réduire la protection sociale et détricoter le code du travail pour faire baisser les salaires et regagner des parts de marché à l'international mais tous les pays occidentaux font de même , ça ne peut fonctionner, et ne fait qu'ajouter à la précarité de l'emploi et au mal vivre d'une part toujours de plus en plus importante de la population d’où le mouvement des gilets jaunes que tous les mécontents du système doivent rejoindre, à tout le moins soutenir car il y va de l'intérêt du plus grand nombre.

Les européistes, dont les communistes,  accédant  au pouvoir , après  multiplié les promesses préélectorale seraient contraints de se renier , de faire la même politique que leurs prédécesseurs, ou de se démettre à défaut de nous avoir émancipé des contraintes de Bruxelles pour retrouver notre souveraineté monétaire. Jack Freychet

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 19:58

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