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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 08:27

 

De L'enfumage, par Emmanuel Todd (vidéo)

 


  Emmanuel Todd  publié avec Hervé le Bras ont écrit "Le Mystère français" (Editions du Seuil)un un ouvrage  très critiquevis à vis de la classe politique et de sa politique européenne

La France ne se sent pas bien. Pour comprendre son mal, nous l’avons passée au scanner de la cartographie la plus moderne. Cent vingt cartes permettent d’observer, renaissant sans cesse, la diversité des mœurs françaises.

 

Entre 1980 et 2010, une mémoire des lieux a bizarrement guidé, dans l’Hexagone, une transformation sociale accélérée. Ascension éducative, émancipation des femmes, bouleversement du mariage, fécondité, crise industrielle, immigration, mutation des classes sociales, inégalités, chômage, problèmes scolaires, métamorphose politique : tous les changements respectent, retrouvent ou revivifient des espaces anthropologiques et religieux anciens. Leur examen permet un diagnostic : notre pays souffre d’un déséquilibre nouveau entre les espaces anthropologiques et religieux qui le constituent. Son cœur libéral et égalitaire, qui fit la Révolution française, est affaibli. Sa périphérie, autrefois fidèle à l’idéal de hiérarchie, et souvent de tradition catholique, est désormais dominante. Nos dirigeants, parce qu’ils ignorent tout du mode de fonctionnement profond de leur propre pays, aggravent sa condition par des politiques inadaptées.



Hervé Le Bras est démographe et historien. Parmi ses ouvrages : The Nature of Demography (Princeton University Press, 2008), Naissance de la mortalité (Gallimard-Le Seuil, 2000), Le Sol et le Sang (L'Aube, 2006).

 

Emmanuel Todd est historien et anthropologue. Il a notamment publié L'Illusion économique (Gallimard, 1998), Après la démocratie (Gallimard, 2008) et L’Origine des systèmes familiaux (Gallimard, 2011).

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 20:13

Pour s’assurer de l’éviction de Sarkozy il  fallait voter Hollande. C’est chose faite, de justesse, grâce aux marchandages préélectoraux du PS avec les Chevènementistes et les verts.

 

Oubliant la réalité tant du point de vue de la qualité de vie qui se détériore que du risque d’embrasement du Moyen Orient qui ne nous laisserait pas indemnes, les médias  s’adonnent à nouveau à la politique spectacle tout en nous assurant, la main sur le cœur, qu’il n’est d’autre solution pour résoudre la « Crise de la dette » que de consentir à de nouveaux abandons de souveraineté nationale, au profit d’une Europe fédérale, pour s’abandonner au diktat des financiers et des banquiers via les hiérarques de l’Union Européenne . Qu’auraient-ils à dire s’ils ne se faisaient l’écho de la voie de leurs maîtres. De cet aspect c’est la continuité. Nous n’avons pas gagné au change.

 

 A part les effets d’annonces, les premières mesures, plutôt le  saupoudrage,   reportées au lendemain des législatives  ne sont pas le signe qu’elles seront orientées vers la relance du pouvoir d’achat et de l’emploi.

 

En l’absence de croissance, interdite par les traités européens, à part quelques ajustements  fiscaux mineurs, qu’elle autre solution  que de poursuivre la politique d’austérité développée par son prédécesseur et de transférer les dépenses de l’Etat vers les collectivités territoriales et par conséquent le contribuable local ?

 

Par contre en matière de politique internationale il n’a pas attendu en expulsant l’ambassadrice Syrienne, qui il est vrai ne porte pas le tchador, sur des informations dont il aurait pu vérifier la véracité auprès des services de renseignements français ou sur des sites documentés, pour montrer qu’il se situait, et son gouvernement avec  lui,  dans le camp de l’impérialisme colonialiste  occidental  qui tente, après la Libye, de détruire l’Etat laïc Syrien à l’aide de mercenaires étrangers liés à Al Qaïda et aux intégristes islamistes  qui y commettent des crimes plus atroces les uns que les autres. Son conseiller pour le Moyen Orient n’est autre chargé d’Affaires de la France auprès des Nations unies du temps de Sarkozy, en quelque sorte un clone de BHL

 

Ci après, quelques articles pour mieux appréhender la réalité syrienne : Témoignage d'un religieux français,  massacres "préparés" pour torpiller le processus politique, la liste n’est pas exhaustive. Il y a également la conférence de presse de l’ambassadeur de Syrie à l’ONU et ce que dit ou ne dit pas le conseil de sécurité de l’ONU. Ou encore La Syrie demain sera-t-elle à l’image de la Libye dévastée par l’OTAN avec l’aval de la gauche européenne, française y compris ².

 

Alors même que dans une lettre adressée au Conseil, Ban Ki-moon écrivait : « si les circonstances exactes des évènements ne sont pas encore connues, nous pouvons confirmer que des tirs d'artillerie et de mortier ont été effectués. D'autres formes de violence sont également à déplorer, notamment des tirs à bout portant et de graves violences physiques¹.» Lors de son intervention télévisée de 29 le président Hollande n’a pas exclu une intervention militaire en Syrie dès lors qu’elle serait autorisée par l’ONU en l’absence de veto russe et Chinois, ainsi les troupes françaises pourrait passer d’Afghanistan en Syrie avant de rentrer en métropole, du moins les survivants. Ce  n’est pas là faire preuve d’une très grande originalité par rapport à son prédécesseur, c’est une fois de plus la preuve que la France  est inféodée aux va-t-en guerres de l’impérialisme occidental, ses dirigeants ont abdiqué toute souveraineté et nous en font payer le prix.

 

Ils sont bien les dignes héritiers de ceux qui,  élus pour faire la paix,  avaient envoyé le contingent en Algérie pour y faire la guerre avant que le général De Gaulle ne revienne au pouvoir pour y mettre un terme (attention ne pas confondre : L’expression actuelle du gaullisme Historique  et celle de la droite financière c'est-à-dire de l’UMP.

 

De la traite négrière à nos jours le bilan de l’impérialisme français, seul ou en association avec ses alliés européens et étatsuniens est lourd  de dizaines millions de victimes, tuées , déportées, torturées, « génocidées » auprès desquelles celles du stalinisme ne sont qu’un infime détail de l’Histoire et ça continue, pour l’heure au Moyen Orient, en Afrique et ça reprendra en Amérique du sud, en Europe centrale et en Asie si l’OTAN c'est-à-dire les mêmes réussissent à supprimer la Syrie et l’Iran de la carte géopolitique de la planète pour en faire des valets serviles à leurs ambitions économiques et à l’appétit des bourgeoisies compradores héréditaires sur lesquelles les colonialistes se sont toujours appuyés. 

 

Les personnes intéressées peuvent également se documenter sur Internet, à partir de l’invite Google, pour en avoir le détail et se documenter sur l’origine des opération Northwoods, Moctingbird, Sarkozy et les tentatives de déstabilisation des pays de l’Est avant et après la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’Union Soviétique, les « révolutions » colorées et les dessous du 11 septembre par exemple. A condition de bien chercher on peut tout savoir.

 

N’oublions pas non plus que « …Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, les propagandistes nazis ont fait passer leurs agressions militaires destinées à la conquête de territoires, pour des actes justes et nécessaires de légitime défense. Ils ont décrit l’Allemagne comme une victime effective ou potentielle d’agresseurs étrangers, comme une nation attachée à la paix, mais obligée de prendre les armes pour protéger sa population et défendre la civilisation européenne contre le Communisme. Les objectifs de la guerre affichés pratiquement à chaque étape des hostilités camouflaient presque systématiquement les véritables intentions d’expansion territoriales nazies et leurs luttes raciales... » Extrait d’un article de Tony Cartalucci (landdestroyer.blogspot.com)  repris par mondialisation.ca le premier juin 2012.

 

Les méthodes sont toujours les mêmes mais cette fois les occidentaux  ont pris le relais. Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde disait Brecht… Elle emprunte aujourd’hui des chemins où on ne l’attendait pas. A quoi cela servirait-il de commémorer Le 19 mars, La déportation et La Shoah, Le 8 mai 1945, Le 18 juin si nous ne dénoncions encore et encore la genèse de ces  drame car les nouvelles générations font preuve d’autant de naïveté que celles qui les ont précédé. Pendant ce temps nos dirigeants brandissant  d’une main le petit livre des droits de « l’hommniste »ont  l’autre crispée sur les boutons de largage des armes de destruction massives sur tous ceux qui tentent de  résister à leur tentative d’expansion planétaire.

 

¹ les traces de violences physiques et les tirs à bouts portants démontrent bien que ce ne sont pas les forces gouvernementales syriennes qui en sont responsables et qu’il s’agit encore d’une tentative de manipulation de l’opinion.

 

² Melenchon sans doute échaudé par ses prises de positions en faveur du bombardement de la Libye par l’OTAN vient quand même de déclarer qu’il était opposé à une intervention militaire en Syrie. Les dizaines  de milliers de victimes  libyennes, tuées, torturées poussées à l’exil lui  sauront gré d’avoir sollicité de l’ONU  l’autorisation de bombarder la Libye…Très peu de députés européens sont sortis grandis de cette affaire. 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:21

des détenus torturés et privés de soins médicaux » Tripoli/Bruxelles, 26 Janvier 2012

MSF suspend ses activités dans les centres de détention de Misrata, en Libye. Les personnes détenues dans la ville de Misrata sont victimes de tortures et ne peuvent recevoir des soins médicaux d'urgence. Ce qui a amené Médecins Sans Frontières à suspendre ses activités dans les centres de détention de la ville.

 

 

Les équipes MSF ont commencé à travailler dans les centres de détention de Misrata, en Libye, en août 2011 pour y soigner les blessés de guerre prisonniers. Depuis lors, les médecins MSF ont vu de plus en plus de patients souffrant de blessures qui avaient été causées par des tortures lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention. Au total, MSF a soigné 115 personnes présentant des blessures liées à la torture et a rapporté l’ensemble de ces cas aux autorités compétentes à Misrata. Depuis le mois de janvier, plusieurs patients qui ont été renvoyés dans les centres d'interrogatoire y ont même été torturés de nouveau.

« Certains responsables ont cherché à instrumentaliser et entraver le travail de MSF, a déclaré Christopher Stokes, directeur général de MSF. Des patients nous ont été amenés au milieu d’un interrogatoire pour recevoir des soins médicaux afin qu’ils soient remis en état pour la poursuite de l’interrogatoire. Ceci est inacceptable. Notre rôle est de dispenser des soins médicaux aux blessés de guerre et aux malades en détention, et non de soigner encore et encore les mêmes patients entre deux séances de torture. »

Il a également été demandé aux équipes médicales de MSF de soigner des patients dans les centres d'interrogatoire, ce que l’organisation a catégoriquement refusé.

Le cas le plus inquiétant s’est produit le 3 janvier dernier lorsque les médecins MSF soignaient un groupe de 14 détenus revenant d’un centre d'interrogatoire situé en dehors des centres de détention. Malgré les demandes répétées de MSF de mettre fin immédiatement à la torture, neuf des 14 détenus souffraient de nombreuses blessures et présentaient des signes évidents de torture.

L’équipe MSF a informé le National Army Security Service - l’organisme responsable des interrogatoires - qu’un certain nombre de patients devaient être transférés d’urgence dans des hôpitaux pour y recevoir des soins spécialisés. Or, tous ces patients, à l’exception d’un seul, ont été de nouveau privés de soins médicaux essentiels et torturés lors d’interrogatoires conduits en dehors des centres de détention.

Après avoir rencontré différents responsables, MSF a adressé une lettre officielle le 9 janvier au Conseil militaire de Misrata, au Comité de sécurité de Misrata, au National Army Security Service et au Conseil civil local de Misrata, demandant de nouveau l’arrêt immédiat de toute forme de mauvais traitements sur les détenus.

« Aucune mesure concrète n’a été prise, constate Christopher Stokes. Au contraire, notre équipe a reçu quatre nouveaux cas de torture. Nous avons donc pris la décision de suspendre nos activités médicales dans les centres de détention. »

MSF est présente à Misrata depuis avril 2011, au cœur du conflit libyen. Depuis août 2011, MSF travaille dans les centres de détention de Misrata où l’organisation soigne les blessés de guerre, pratique des opérations chirurgicales et assure le suivi orthopédique des patients victimes de fractures. Les équipes de MSF ont donné 2 600 consultations, dont 311 pour des traumatismes liés à la violence.

MSF poursuit son programme de santé mentale dans les écoles et les structures de santé de Misrata, et continue à apporter une aide à quelque 3 000 migrants d’origine africaine, réfugiés et déplacés dans la région de Tripoli.

 

MSF est une organisation humanitaire médicale internationale qui travaille en Libye depuis le 25 février 2011. Pour assurer l’indépendance de son travail médical, MSF ne mobilise que des dons privés pour financer ses activités en Libye et n’accepte aucun financement provenant d’Etats, de bailleurs de fonds, de groupes militaires ou politiques.

http://www.msf.fr/presse/communiques/libye-detenus-tortures-et-prives-soins-medicaux

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 13:51

 

On espère que le coup de colère de Danielle Bleitrach réagissant à la furie militariste médiatique sur la Libye ne sera pas le dernier. On peut discuter de sa conclusion sur l’utilité du vote en France. En tout cas, la claque mise à tous les partis politiques par une abstention qui bat tous ses records devrait interpeller et sur ce point, le coup de colère de Danielle peut aider les communistes à réfléchir sur le niveau d’abstention...

Mais il semble qu’à Marseille (malheureusement comme dans trop d’endroits !), les directions du PCF n’aiment pas les débats dérangeants pour leur "ligne" politique. Ils n’ont gardé de l’histoire du PCF que cette pratique que Lucien Sève dénonçait avec raison comme le "centralisme autocratique".

Si le réseau "Faire Vivre et Renforcer le PCF" était engagé partout pour le vote communiste au premier tour et pour battre la droite et le FN au second, le coup de colère de Danielle nous intéresse, car il illustre ce qui est une souffrance pour de nombreux militants constatant la tenace transformation de leur parti en un "truc de gauche".      Lepcf.fr


Pas un commentaire sur le mur commun, toujours les mêmes conneries, l’impossible dialogue, on parle de n’importe quoi, on se passe des photos des disques, pas un cri d’indignation, serai-je la seule à éprouver de la colère, de la peur vers où on nous conduit inexorablement, rien de ce qui est secondaire ne vous est étranger. La France, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont obtenu ce qu’ils cherchaient depuis le début, intervenir en Libye, utiliser la force, et on ne peut que frémir en lisant ce "par tous les moyens". Ils ont appliqué cette saloperie néo-colonialiste intitulé "devoir d’ingérence" au nom duquel ils jugent de qui mérite d’être "secouru"

Non seulement le risible Bernard Henri Levy est venu, comme prévu, hurler sur les plateaux de télévision, mais il a illustré par sa seule présence ce que la médiacratie française imposait à une opinion débile, incapable de la moindre réaction, des citoyens en état de coma dépassé civique. Son cri de hyène qui a accompagné toutes les aventures mensongères de l’empire, cet individu parfaitement déconsidéré par ses mensonges au Nicaragua, en Afghanistan, en Bosnie, son entrée triomphale dans Gaza martyr m’est insupportable en tant que Française, mais il me l’est encore plus en tant que juive. Il est celui qui légitime toutes les horreurs de l’antisémitisme, ce racisme terrible qui un jour se terminera inexorablement par un bain de sang pour un peuple israélien victime et désormais bourreau parce qu’incapable de choisir la justice, le dialogue, se réfugiant dans la fausse sécurité de la force et le mensonge et je pleure déjà tout ce que ce peuple issu de la Shoah et de la volonté colonialiste des occidentaux sur les peuples arabes. Je suis envahie d’une immense pitié non pas pour les palestiniens, car je sais qu’inexorablement ils vaincront, mais pour ces gens à courte vue qui creusent leur tombe. Choisir de se ranger derrière un Bernard Henri Levy, c’est se condamner à finir dans les poubelles de l’histoire, souvenez-vous de ce que disait Einstein, je cite de mémoire : "Si nous ne sommes pas capable de tirer partie de ce que 2000 ans de martyr nous ont enseigné et tout faire pour une entente avec nos voisins arabes, alors nous mériterons ce qui nous arrivera". Et je sais que le jour du massacre, si je suis encore en vie, moi qui me suis battue toute ma vie pour le choix du respect, du dialogue, d’un destin commun avec les Palestiniens, j’irai me ranger à vos côtés pour dire que s’il existe un seul juste et il en existe beaucoup que les BHL font taire, les juifs égarés sur la terre de Palestine, conduits par de mauvais bergers doivent être sauvés.

Ce que l’on fait des juifs en ce moment, voici qu’on le fait des français, les moutons derrière les appétits du capitalisme, derrière les choix impérialistes. Peu importe qui est Kadhafi, le vrai problème est l’avidité du monde occidental pour l’énergie, le refus de changer de pouvoir et de mode de vie, la manière dont dans le fond comme au temps du colonialisme on a su rallier les masses occidentales à l’exploitation coloniale. Pour conserver vos gadgets, vous êtes capables de n’importe quoi, du meurtre, de feindre de ne pas voir l’évidence..

Oui mais vous semblez oublier que le monde n’en peut plus et vous refusez de voir que ce qui se passe au Japon est prémonitoire, cette centrale comme une cocotte minute, cette énergie privatisée, ce désordre généralisé et les chaînes de production de gadgets électroniques arrêtées, un peuple qui se réfugie à Hiroshima, tout cela n’est-il pas à l’image du futur que ce système engendre tandis que nous enfonçons la tête dans le sable. En attendant Godot, ah ! les beaux jours de l’ultime domination colonialiste. Ou ils iront jusqu’à faire sauter la planète, ou les peuples l’emporteront et leur colère sera aussi terrible qu’un tsunami.

Vous inventez que vous soutenez le vent de liberté qui s’est répandu sur le monde arabe comme s’il avait surgi d’autre chose que du corset terrible de la politique néolibérale que vous imposez aux plus pauvres, à une jeunesse sans avenir, vous voulez dire que cette jeunesse rêve de vos gadgets, que facebook est à l’origine de ces révoltes pour mieux effacer cette note de chômage, d’impossibilité de se loger, de trouver un travail à la mesure de leur formation que cette jeunesse vous présente. Vous croyez qu’ils aspirent à votre "démocratie", vous qui ne savez que piller, étouffer, et vous osez comme Juppé revendiquer cette révolte contre vous, votre domination, vos pillages, vos humiliations, vos guerres.

Vous avez trouvé un nouveau bouc émissaire, mais vous accordez au même moment votre aval aux vieillards immondes qui tiennent le destin du Golfe, vous acceptez que les troupes saoudiennes viennent traquer jusque dans les hôpitaux des manifestants ouvriers désarmés qui ne réclament qu’une véritable citoyenneté.

Et de ce fait vous avancez déjà vos pions vers l’Iran, vers une guerre chiite-sunnite qui risque de ce terminer par une monstrueuse déflagration. Tous les imbéciles qui s’agitent en ce moment autour d’un référendum sur la sortie du nucléaire sont incapables de poser la question du nucléaire militaire et du fait qu’il y a désormais assez de bombe pour faire sauter la planète et que pour le grand bonheur des trusts de l’armement on continue à en fabriquer. Vous revendiquez un référendum là-dessus alors que vous êtes incapables de protester contre le fait que l’on peut vous faire entrer en guerre, une guerre qui peut conduire à la nuit nucléaire et qui déjà en Afghanistan coûte des milliers de morts civils, de femmes, d’enfants et dit-on un million d’euros par jour. Vous acceptez d’être dessaisi de vos prérogatives citoyennes face à ce qui peut devenir une guerre nucléaire avec l’Iran, vous cautionnez les assassins saoudiens et vous trouvez un bouc émissaire pour mettre un doigt dans l’engrenage, vous acceptez la manipulation, non pas parce que vous êtes totalement cons mais parce que vous êtes complices, depuis des siècle vous avez accepté que le monde crève pour que vous puissiez pourrir dans vos gadgets et comme aujourd’hui le chômage, la mal vie, gagne une part croissante de la population française sur le fond vous êtes déjà d’accord avec Marine Le Pen ou Rocard : la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. A la seule différence près que la France a sa part dans cette misère et que cela ne date pas d’aujourd’hui, que son rôle hier à l’ONU est dans le prolongement, le tout enveloppé du papier kraft de notre grande révolution française.

Je méprise les Israéliens qui se rangent derrière l’extrême-droite, les Bernard Henri Levy et autres salopards qui semblent ne pleurer que sur les enfants israéliens en oubliant que les enfants du monde, ceux des palestiniens sont les nôtres tout autant, mais je méprise tout autant les français, plus encore qui hier ont été capable d’applaudir majoritairement la poignée de main de Montoire, la rafle du Vel d’hiv et aujourd’hui applaudissent de la même manière au rôle immonde de leur pays et se donnent de surcroît des prétextes hypocrites et imbécile.

Je sais que dimanche je n’irai pas voter parce que ce cirque électoral est une hypocrisie de plus quand on me dépouille à tel point de ma citoyenneté.                                                                          Danielle Bleitrach

 

Pour en savoir plus sur les manigances http://0z.fr/GVXI3

 



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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 15:29


1. Humanitaire, mon oeil! Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu'ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahrein ? L'Occident soucieux de démocratie alors qu'il protège la répression du dictateur au Yemen ? Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la « brutalité » d'Israël. C'est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.

 

 2. Qui a le droit de « changer de régime » ? Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu'un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés. D'un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c'est pour ça que l'Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette. Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n'applaudirait pas ? Mais si c'est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l'Irak et l'Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ? Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n'appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.

 

3. Les buts cachés. S'il n'y avait pas de pétrole en Libye, jamais l'Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble. Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c'est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n'utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l'or noir dans le monde entier. Commeinstrument d'hégémonie. Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

 

     Dociles envers Washington

     Conciliants avec Tel-Aviv

   Refusant d'appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.

 

4. La « communauté internationale » existe-t-elle ? Manipulé par l'argent et les chantages des USA, l'ONU n'est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ». Mais leur agression n'est soutenue ni par l'Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l'Europe avait exigé que l'Union africaine donne son acord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l'intervention. Et toute l'Amérique latine a soutenu l'idée d'une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n'était pas de sauver des gens, mais de s'emparer du pétrole. En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s'agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d'œuvre, destruction de l'agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l'humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices. Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il

trouvera la force de le renverser. Mais s'il s'agit d'une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n'est pas dans l'agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s'est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s'ils l'emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité. Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?

 

 5. Chaque guerre est précédée d'un grand média-mensonge. Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L'argument  massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l'opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s'imposer. Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l'Empire décide une guerre, l'info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N'est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d'un grand média mensonge pour faire basculer l'opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l'Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d'Al-Qaida, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d'un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l'Afghanistan, ce fut en prétendant qu'il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.

 

S'informer est la clé Il est temps d'apprendre les grands média mensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.  

                                                                                        Source : michelcollon.info

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 18:17

 

les députés du Front de gauche Jean Luc Mélenchon et Marie-Christine Vergiat ont approuvé le jeudi 10 mars la résolution concernant la Libye qui précise notamment : "les gouvernements de l’UE doivent se tenir prêts pour une décision du Conseil de sécurité des Nations-Unies concernant des mesures supplémentaires, y compris la possibilité d’une zone d’exclusion aérienne".Le texte a été adoptée par 584 voix pour, 18 voix contre et 18 abstentions.1


 

 

Prétendre que cette décision est un soutien politique à la rébellion est fallacieux car elle entérine l’intervention armée autorisée par L’ONU à la demande de Sarkozy.

 

A vous en croire les troupes de Kadhafi devraient lutter à mains nues contre des civils armés de kalachnikovs, de canons antichars et de batteries de DCA, sans oublier les couteaux de bouchers, destinés à égorger le dictateur, brandis à la télévision, ce n'est pas sérieux.

 

Pouvez vous m'expliquez comment faire respecter des zones d'exclusion aériennes décidés par l'ONU sans avoir recours aux armes qui provoqueront l'escalade et des bains de sang?

 

Secondement quel intérêt pour Kadhafi d'utiliser des mercenaires pour faire tirer sur son peuple? Il me semblerait plutôt que ces gens là,  jusqu'à preuve du contraire,  sont des gens à la solde de la CIA, des pétroliers et de leurs affidés. Cette opération s'est accompagnée d'une manipulation médiatique, destinées à attiser la haine, à la manière de reporter sans frontières, qui ne pouvait que tromper  les ignorants et les naïfs que vous n'êtes pas. Qu'est-ce alors? Au mieux  de l'opportunisme. L'extrême droite ne fait pas pire.

 

Mais vous avez la mémoire courte.

 

Souvenez-vous des cadavres sortis de la morgue de Timisoara pour abattre les Ceausescu jugés,  condamnés puis assassinés en moins d'une heure, de Sadam Hussein pendu pour des armes de destructions massives dont il ne disposait pas, après avoir été manipulé par la CIA. Comme Milosevic ils méritaient de vrais procès à charge et à décharge qui auraient permis de situer les responsabilités et de démonter le double langage du french Doktor. Est-il utile de vous rappeler le soutien apporté par les USA aux talibans pour abattre le régime progressiste en place en Afghanistan les femmes étaient alors médecins , professeurs, d'autres travaillaient en usine elles portent aujourd'hui le Tchador, le pavot fleurit, les centres de santé et les coopératives bombardées au Nicaragua pour défendre sans doute la démocratie bourgeoise, la loi du profit le plus grand dans le laps de temps le plus court dans le cadre des directives du FMI, de L'OMC et de l'union européenne dont vous refusez de vous affranchir.

 

N'oubliez pas non plus le progressiste Mossadegh viré par les USA pour être remplacé par le Shah d’Iran, l'intervention militaire Franco anglaise en Egypte après la nationalisation du canal de Suez par Nasser...je n'irai pas remonter jusqu'au lâche soulagement de Munich qui a donné le feu vert à Hitler pour s'engager à l'est contre l'Union Soviétique, l'abandon de la république espagnole, les guerres coloniales ou les justifications apportées ont  été de même nature que celles utilisées contre Kadhafi qui s’il n’est pas un saint a moins de sang sur la conscience que les Bush père et fils et nombre de dirigeants occidentaux ...

 

Les interventions de l'occident n'ont d'autre objet que la préservation de ses  intérêts  et de ceux des  transnationales qu’il contrôle et non pas la défense de la démocratie qui nulle part n'existe à l'état pur surtout pas là ou les candidats se font élire sur des programmes abandonnées dès le lendemain du scrutin...

 

J'avais déjà moult raisons de ne pas accorder mon suffrage à Mélenchon (j'ai acheté et lu son bouquin) à l'occasion des prochaines présidentielles vous venez,  de m'en donner une autre de voter blanc et pendant ce temps là le peuple, abandonné par ceux censés le défendre, se tourne vers les apprentis sorciers de sinistre mémoire.

 

J'en ai d'autres à votre disposition, je persiste et je signe.   j.freychet@wanadoo.fr

 

Votes des députés européens membtes de la Gauche Unitaire- GUE/ NGL:

 

Pour :

Lothar Bisky (Die linke/Allemagne)

Jaromir Kohlicek (Parti communiste/République tchèque)

Kartika Liotard (Parti socialiste/Hollande)

Jiri Mastalka (Parti communiste/République tchèque)

Marisa Matias (Bloc de gauche/Portugal)

Jean-Luc Mélenchon (PG-Front de gauche/France)

Miguel Portas (Bloc de gauche/Portugal)

Vladimir Remek (Parti communiste/République tchèque)

Soren Bo Sondegaard (Mouvement populaire contre l’UE/Danemark)

Rui Tavares (Bloc de gauche/Portugal)

Marie-Christine Vergiat (PG-Front de gauche/France)

Contre :

Charalampos Angourakis (KKE/Grèce)

Cornelis de Jong (Parti socialiste/Hollande)

Cornelia Ernst (Die linke/Allemagne)

Joao Ferreira (Parti communiste-CDU/Portugal)

Ilda Figueiredo (Parti communiste-CDU/Portugal)

Takis Hadjigeorgiou (AKEL/Chypre)

Thomas Handel (Die linke/Allemagne)

Jurgen Klute (Die linke/Allemagne)

Sabine Losing (Die linke/Allemagne)

Willy Meyer (Parti communiste d’Espagne-Izquierda Unida/Espagne)

Miloslav Ransdorf (Parti communiste/République tchèque)

Helmut Scholz (Die linke/Allemagne)

Georgios Toussas (KKE/Grèce)

Sabine Wils (Die linke/Allemagne)

Abstention :

Alfreds Rubiks (Parti socialiste/Lettonie)

Kriacos Triantaphyllides (AKEL/Chypre)

Absents :

Nikolas Chountis (Synapsismos/Grèce)

Bairbre de Brun (Sinn Fein/Irlande)

Jacky Hénin (PCF-Front de gauche/France)

Joe Higgins (Parti socialiste/Irlande)

Elie Hoarau (Parti communiste réunionais/France)

Patrick Le Hyaric (PCF-Front de gauche/France)


 


 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:53

L’humanité le 7 Février 2011, entretien réalisé par Rosa Moussaoui Dakar envoyée spéciale


Pour Amin Samir « Moubarak a intégré l’islam politique dans son système »

 

Les événements qui secouent la Tunisie et l’Égypte relèvent-ils de simples « révoltes populaires » ou signent-ils l’entrée de ces pays dans des processus révolutionnaires ?

Samir Amin. Il s’agit de révoltes sociales potentiellement porteuses de la cristallisation d’alternatives, qui peuvent à long terme s’inscrire dans une perspective socialiste. C’est la raison pour laquelle le système capitaliste, le capital des monopoles dominants à l’échelle mondiale, ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières jusqu’à la menace militaire. Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires. Il ne faut pas croire un mot de ce que dit Obama. Obama, c’est Bush, mais avec un autre langage. Il y a là une duplicité permanente. En fait, dans le cas de l’Égypte, les États-Unis soutiennent le régime. Ils peuvent finir par juger plus utile le sacrifice de la personne de Moubarak. Mais ils ne renonceront pas à sauvegarder l’essentiel : le système militaire et policier. Ils peuvent envisager le renforcement de ce système militaire et policier grâce à une alliance avec les Frères musulmans. En fait, les dirigeants des États-Unis ont en tête le modèle pakistanais, qui n’est pas un modèle démocratique mais une combinaison entre un pouvoir dit islamique et une dictature militaire. Toutefois, dans le cas de l’Égypte, une bonne partie des forces populaires qui se sont mobilisées sont parfaitement conscientes de ces visées. Le peuple égyptien est très politisé. L’histoire de l’Égypte est celle d’un pays qui tente d’émerger depuis le début du XIXe siècle, qui a été battu par ses propres insuffisances, mais surtout par des agressions extérieures répétées.

Ces soulèvements sont surtout
le fait de jeunes précarisés, 
de diplômés chômeurs. Comment 
les expliquez-vous ?

Samir Amin. L’Égypte de Nasser disposait d’un système économique et social critiquable, mais cohérent. Nasser a fait le pari de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation de coton. Ce système a su assurer une bonne distribution des revenus en faveur des classes moyennes, mais sans appauvrissement des classes populaires. Cette page s’est tournée à la suite des agressions militaires de 1956 et de 1967 qui mobilisèrent Israël. Sadate et plus encore Moubarak ont œuvré au démantèlement du système productif égyptien, auquel ils ont substitué un système totalement incohérent, exclusivement fondé sur la recherche de rentabilité. Les taux de croissance égyptiens prétendument élevés, qu’exalte depuis trente ans la Banque mondiale, n’ont aucune signification. C’est de la poudre aux yeux. La croissance égyptienne est très vulnérable, dépendante du marché extérieur et du flux de capitaux pétroliers venus des pays rentiers du Golfe. Avec la crise du système mondial, cette vulnérabilité s’est manifestée par un brutal essoufflement. Cette croissance s’est accompagnée d’une incroyable montée des inégalités et du chômage, qui frappe une majorité de jeunes. Cette situation était explosive, elle a explosé. Ce qui est désormais engagé, au-delà des revendications initiales de départ du régime et d’instauration des libertés démocratiques, c’est une bataille politique.

Pourquoi les Frères musulmans tentent-ils désormais de se présenter comme des « modérés » ?

Samir Amin. Parce qu’on leur demande de jouer ce jeu. Les Frères musulmans n’ont jamais été des modérés. Il ne s’agit pas d’un mouvement religieux, mais d’un mouvement politique qui utilise la religion. Dès sa fondation en 1920 par les Britanniques et la monarchie, ce mouvement a joué un rôle actif d’agent anticommuniste, antiprogressiste, antidémocratique. C’est la raison d’être des Frères musulmans et ils la revendiquent. Ils l’affirment ouvertement : s’ils gagnent une élection, ce sera la dernière, parce que le régime électoral serait un régime occidental importé contraire à la nature islamique. Ils n’ont absolument rien changé sur ce plan. En réalité, l’islam politique a toujours été soutenu par les États-Unis. Ils ont présenté les talibans dans la guerre contre l’Union soviétique comme des héros de la liberté. Lorsque les talibans ont fermé les écoles de filles créées par les communistes, il s’est trouvé des mouvements féministes aux États-Unis pour expliquer qu’il fallait respecter les « traditions » de ce pays. Ceci relève d’un double jeu. D’un côté, le soutien. De l’autre, l’instrumentalisation des excès naturels des fondamentalistes pour alimenter le rejet des immigrés et justifier les agressions militaires. Conformément à cette stratégie, le régime de Moubarak n’a jamais lutté contre l’islam politique. Au contraire, il l’a intégré dans son système.

Moubarak a-t-il sous-traité la société égyptienne aux Frères musulmans ?

Samir Amin. Absolument. Il leur a confié trois institutions fondamentales : la justice, l’éducation et la télévision. Mais le régime militaire veut conserver pour lui la direction, revendiquée par les Frères musulmans. Les États-Unis utilisent ce conflit mineur au sein de l’alliance entre militaires et islamistes pour s’assurer de la docilité des uns comme des autres. L’essentiel est que tous acceptent le capitalisme tel qu’il est. Les Frères musulmans n’ont jamais envisagé de changer les choses de manière sérieuse. D’ailleurs lors des grandes grèves ouvrières de 2007-2008, leurs parlementaires ont voté avec le gouvernement contre les grévistes. Face aux luttes des paysans expulsés de leur terre par les grands propriétaires fonciers, les Frères musulmans prennent partie contre le mouvement paysan. Pour eux la propriété privée, la libre entreprise et le profit sont sacrés.

Quelles sont leurs visées à l’échelle du Proche-Orient?

Samir Amin. Tous sont très dociles. Les militaires comme les Frères musulmans acceptent l’hégémonie des États-Unis dans la région et la paix avec Israël telle qu’elle est. Les uns comme les autres continueront à faire preuve de cette complaisance qui permet à Israël de poursuivre la colonisation de ce qui reste de la Palestine.


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 15:20

Dans le cas où le Front de gauche ne s’ouvrirait pas à d’autres forces politiques de la gauche radicale, qu’il ne clarifierait pas sa position sur la crise de l’Union européenne, et n’engagerait pas un large débat sur la nécessaire sortie de l’euro, laissant ainsi le chemin libre au Front national et à des gaullistes de droite, le M’PEP n’écartera pas l’hypothèse de présenter ses propres candidates et candidats aux élections présidentielle et législative de 2012. Il prendra la décision lors d’un congrès extraordinaire début 2012.

La lutte pour la sortie de l’euro est la suite logique du « non » de gauche au référendum sur le traité de Maastricht en 1992 qui avait notamment pour but d’adopter le principe de la monnaie unique. Elle est également dans la continuité du « non » de gauche au référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005 qui a donné le traité de Lisbonne. Toutes les raisons qui avaient justifié le « non » de gauche à l’euro en 1992 se confirment aujourd’hui : remise en cause de la souveraineté populaire et nationale, l’euro n’avait pas qu’une vocation monétaire mais il était aussi un prétexte pour forcer la main aux États et les contraindre à s’engager dans une voie fédéraliste ; nivellement par le bas des salaires, de l’emploi et de la protection sociale ; accélération de la circulation des capitaux, alimentant le développement de la bulle financière au détriment de l’économie réelle ; complication dans la mise en œuvre de politiques de gauche ; retrait de la politique et des institutions monétaires du champ de la sphère politique et leur remise entre les mains des marchés financiers au motif de leur « indépendance »…

Dix ans après la mise en place de l’euro, son bilan est accablant. Les plans d’austérité qui frappent la quasi-totalité des pays membres de l’Union européenne, particulièrement dans la zone euro, sont présentés pour « sauver » la monnaie unique alors que cette dernière devait être un « bouclier » contre la spéculation. Jamais le niveau de vie des populations n’avait été si brutalement attaqué.

Face à cette situation lourde de menaces sur les plans social, économique, environnemental, démocratique, la gauche de gauche reste ambigüe vis-à-vis de l’Union européenne. Elle ne propose que de « changer les statuts de la Banque centrale européenne » pour, notamment, lui permettre d’acheter des titres des États sur le marché primaire obligataire. Cette perspective n’est pas réaliste ni crédible, en tout cas dans un délai bref. Car pour changer les traités européens il est nécessaire d’obtenir l’accord unanime des vingt-sept pays membres de l’Union européenne. Comment imaginer un seul instant que ces pays, dirigés pour la plupart par la droite ou la « gauche » social-libérale, se transmutent brutalement pour mener une politique monétaire de gauche à l’échelle européenne alors qu’ils mènent une politique très à droite dans leurs pays respectifs ? Il est particulièrement démobilisateur de faire croire que la seule issue à la crise de l’Union européenne serait une modification des traités, en refusant par principe et sans débat toute initiative nationale unilatérale comme, par exemple, la désobéissance européenne.

Le M’PEP ne laissera pas la bataille pour la sortie de l’euro dans les seules mains de l’extrême droite et des gaullistes de droite. Le Front de gauche doit combattre clairement et frontalement l’Union européenne qui fait partie des piliers de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce et l’OCDE. La sortie de l’euro est une revendication de gauche, elle permet de sortir de l’ordre monétaire néolibéral et de restaurer la souveraineté monétaire. Il existe en effet des politiques monétaires de gauche et des politiques monétaires de droite. En cas de victoire électorale de la gauche - quel que soit le pays -, il n’y a aucune raison de laisser la politique monétaire aux mains de la droite et des marchés financiers en épargnant la Banque centrale européenne et son « indépendance ». Il faudra au contraire s’émanciper de la Banque centrale européenne et renationaliser la politique monétaire autour de la Banque de France.

Mais il y a plus, car si la sortie de l’euro est un acte politique fondateur nécessaire, ce n’est pas suffisant. Une véritable politique de gauche, s’engageant dans la perspective d’un socialisme du XXIe siècle, doit également mener la lutte sur trois autres fronts principaux :

1.- La gravité de la crise a rendu obsolète la simple revendication de la « régulation » des marchés financiers ou de taxes sur les transactions financières. Il faut, aujourd’hui, s’attaquer réellement à la domination des marchés financiers et organiser leur démantèlement, arrêter le financement des États par les marchés financiers en supprimant le marché obligataire, organiser le dépérissement de la Bourse, etc. Le M’PEP dispose de propositions solides qu’il met à la disposition du débat public.

2.- Aucune politique salariale ambitieuse, ni le redressement de la protection sociale, ne seront possibles dans un univers qui restera dominé par la guerre commerciale et la concurrence entre les travailleurs qu’est le libre-échange. Des mesures protectionnistes aux frontières de l’Union européenne, telles qu’elles sont parfois évoquées, seraient inefficaces puisque les deux tiers du commerce de l’Union européenne sont intra-européens, l’ « élargissement » ayant précisément été décidé pour offrir des bases de délocalisations à des pays comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni… Il faut des mesures protectionnistes unilatérales, dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane de 1948. La gauche doit le dire clairement et se libérer du tabou du protectionnisme.

3.- La suppression du chômage et de la précarité, et non leur simple diminution, doivent devenir des perspectives crédibles. C’est en effet pour rediscipliner le salariat des pays occidentaux, après les grandes luttes syndicales des années 60 et 70, que les classes dirigeantes ont organisé consciemment le chômage et la précarité de masse. Le M’PEP met en débat le droit opposable à l’emploi. Ce n’est pas le travail qui manque, c’est l’emploi. Il existe en effet suffisamment de besoins individuels et collectifs non satisfaits pour y répondre par la création d’emplois, en particulier dans le secteur non-marchand : éducation, santé, culture, transports, logements, environnement, agriculture, sport, loisirs… Grâce à la mise en place de tuteurs en entreprise, ces emplois seront notamment un moyen efficace d’insérer socialement et professionnellement les centaines de milliers de jeunes sortis du système éducatif sans diplôme ni qualification et qui végètent sans aucun espoir. Dans le secteur marchand, il faudra interdire les délocalisations et généraliser la relocalisation industrielle et agricole de la France, tout en organisant la mutation écologique du mode de production de ces secteurs. Le financement de ces emplois reposera sur un partage plus juste des richesses : ce sont dans un premier temps 10% du PIB qui devront être mobilisés (170 milliards d’euros chaque année) pour financer au moins 4 millions de salaires.

Malgré toutes ses réticences vis-à-vis des institutions de la Ve République et particulièrement de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, le M’PEP n’écartera donc pas l’hypothèse de présenter ses propres candidates et candidats aux élections présidentielle et législative de 2012 si le Front de gauche ne s’ouvre pas à d’autres forces de la gauche radicale et ne clarifie pas sa position sur la crise de l’Union européenne et la nécessaire sortie de l’euro. Le M’PEP prendra la décision lors d’un congrès extraordinaire au premier trimestre 2012. Il conduira une réflexion approfondie sur une nouvelle République.

Le M’PEP rappelle qu’il est favorable à la construction d’une grande force politique de gauche, rassemblant toutes les sensibilités de la gauche de gauche. Il se veut un partenaire du Front de gauche dans la mesure où ce dernier préfigurera cette grande force politique, ouverte, pluraliste, démocratique, efficace, dynamique.

Résolution adoptée par le Congrès du M’PEP le 29 janvier 2011.

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:35

Déclaration d'Anicet Le Pors ancien ministre lors du 54ème Congrès de l’Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre ARAC) – Gennevilliers, 19 février 2010.

 

RGPP: Réforme Générale des Politiques Publiques

 

La stratégie du Président de la République c’est la « banalisation » de la France selon le philosophe Marcel Gauchet. La France, semble être aux yeux du pouvoir actuel une somme d’ « anomalies » telles que le modèle d’intégration, la laïcité, les collectivités territoriales, etc ?

La manière est celle d’un « pragmatisme destructeur ». Nous sommes loin de l’ « ardente obligation » que représentait la « planification à la française » pour le général de Gaulle. La campagne sur l’ « identité nationale » apparaît dès lors comme un contre-feu à la stratégie de normalisation du pays selon les critères économiques qui président aujourd’hui à la construction de l’Union européenne.

L’existence en France de services publics importants, mis en œuvre par des salariés régis non par le contrat mais par des statuts, c’est-à-dire par la loi, expression de la volonté généralke, représentant un quart de la population active est l’une des « anomalies » que le pouvoir entend réduire ; de même qu’un système de protection sociale et de retraite acquis au fil d’une longue histoire de luttes, mais aussi d’une recherche rationnelle en faveur de l’égalité et de la justice sociale.

La mise en place de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) est à contre-courant de cette histoire et de l’effort de rationalisation des politiques publiques.

1. La mise en place de la RGPP

Dès le 10 mai 2007, le Premier ministre, sur injonction du Président de la République, a lancé la Révision générale des politiques publiques (RGPP) présentée en Conseil des ministres du 20 juin. Elle s’est traduite, dans un premier temps, par un ensemble d’audits réalisés par des équipes constituées de représentants des inspections générales et du secteur privé fournissant la matière d’un Conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP) le 12 décembre 2007 arrêtant 96 mesures sur lesquelles je reviendrai ; puis d’un deuxième CMPP le 4 avril 2008 retenant 166 mesures mettant l’accent, en dehors de toute problématique d’efficacité sociale et de service public, d’une part sur la réduction de la dépense publique recherchée à travers le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, d’autre part la révision des politiques d’intervention concernant notamment le logement, l’emploi, la formation professionnelle, la santé et la sécurité ; enfin un troisième CMPP le 11 juin 2009 annonçant 69 nouvelles mesures concernant notamment les administrations de l’État au niveau départemental, soit au total plus de 300 mesures. Simultanément , les ministères ont été invités à revoir leurs missions et leur organisation. Cette opération a été développée dans une importante mise en scène où la communication se substitue à la volonté de rationalisation. Il importe néanmoins de faire la clarté sur les objectifs poursuivis par cette entreprise qui aura des conséquences importantes sur les structures administratives et les statuts des personnels.

Les promoteurs de la RGPP mettent en avant trois objectifs :

- mieux adapter les administrations au service des usagers ;
- valoriser le travail des fonctionnaires ;
- réduire les dépenses publiques pour revenir à l’équilibre budgétaires et gagner des arges de manœuvre.

Les deux premiers des objectifs énoncés sont si incontestables qu’ils apparaissent comme des banalités, trompe-l’œil de la troisième proposition qui est le leitmotive des libéraux. La réduction de la dépense publique est en effet conforme aux normes monétaires et financières introduites par le traité de Maastricht en 1992 (critères de niveau d’endettement, de taux d’inflation, de taux d’intérêt, etc.).

Il faut rechercher les origines de la RGPP dans les techniques de gestion des grandes entreprises privées mises en œuvre notamment dans les années 1970 par Toyota. Elle repose sur une dissociation de la décision stratégique, qui est politique, de la gestion opérationnelle qui relève de l’appareil d’État et qui tend, de plus en plus, à être mise en œuvre par des contrats de prestation de services. Dès lors le fonctionnaire n’est plus un serviteur de l’intérêt général qui suppose qu’il en ait une haute conscience, mais un prestataire qui n’a pas de spécificité et peut donc être remplacé par un agent privé au métier équivalent.

Plutôt que de se situer dans une démarche de satisfaction des besoins, il s’agit au contraire de s’installer dans une gestion d’économie de moyens, de pénurie, en pesant sur la dépense publique. À cette fin, la nouvelle gestion publique (NGP) est constituée de 374 mesures qui ne constituent pas un ensemble cohérent mais sont toutes dictées par cet objectif recherché par sommation de réductions de dépenses qui devront être accomplies d’ici à 2011. Les moyens développés dans ce but sont organisés par un comité de suivi coordonné par Claude Guéant , secrétaire général de l’Élysée, soutenu par nombre de cabinets de conseil privés. La DGME a d’ailleurs comme directeur général un ancien de Mac Kinsey . On a pu évaluer à quelque 200 millions d’euros le coût de ces cabinets pour les finances publiques.

Ainsi, s’il importe de contester chacune des réductions de crédits qui n’a aucun fondement sérieux au regard d’une politique générale de satisfaction des besoins et de l’intérêt général, la RGPP doit être principalement combattue sur le plan politique en tant qu’elle installe dans notre pays un modèle de société contraire tout à la fois à notre histoire, à la démarche de rationalisation des politiques publiques, à l’éthique qui doit guider la responsabilité publique.

Les mesures de RGPP ont été inscrites dans une loi de programmation budgétaire pluriannuelle 2009-2012 adoptée le 21 janvier 2009. Elle précise les plafonds de chaque mission. L’opération est baptisée « Service public 2012 ». Chaque ministère doit se doter d’un comité de pilotage avec chefs de projets, d’un calendrier et d’une batterie d’indicateurs de moyens dont on ne précise pas quels rapports ils auront avec ceux également définis dans le cadre de la LOLF (ci-après).

Les pays qui ont engagé des réformes budgétaires restrictives de l’emploi public au cours des dernières années ont, pour la plupart d’entre eux, du réviser leur politique. Si l’Allemagne a enregistré une baisse de ses effectifs, le Royaume-Uni les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, ont connu une vive hausse (800 000 agents publics britanniques recrutés entre 1997 et 2006). Après une forte baisse, la Suède a suivi le même mouvement. Le Canada, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Japon comptent plus de fonctionnaires en 2006 que vingt ans auparavant. On observe en outre que dans la plupart des pays précités, la baisse de la masse salariale des fonctionnaires est approximativement compensée par la hausse des coûts de la sous-traitance et de l’externalisation des missions de service public au secteur privé (1).

2. La France n’est pas suradministrée

L’objectif de la RGPP est le plus souvent énoncé sous la forme triviale de la suppression d’un emploi sur deux des fonctionnaires partant à la retraite au cours des prochaines années. Aucune justification rationnelle n’est donnée du taux ainsi arbitrairement retenu. Les dépenses de personnel de l’État sont en baisse dans le budget général : 43 % pour 119,6 milliards d’euros en 2008 dans un budget de 278,2 milliards d’euros (43,6 % en 2006). Le total des dépenses des administrations centrales de l’État s’établit à 6 % du PIB (1950 milliards d’euros) en 2008, proportion en baisse. Si la rémunération moyenne des fonctionnaires de l’État est supérieure de 11 % à celle du secteur privé, c’est en raison d’une qualification moyenne supérieure. En revanche, les salaires des cadres sont 58 % plus élevés dans le privé que dans le public, de 31 % pour les professions intermédiaires, mais inférieurs de 11 % pour les employés (2).

Y a-t-il trop de fonctionnaires comme on l’entend dire parfois ? Le raisonnement pourrait être aisément critiqué car les mêmes qui soutiennent qu’il y a y a trop de fonctionnaires en général se plaignent qu’il n’y en ait pas assez dans le détail. L’étude précitée montrait que le nombre d’agents publics (en entendant par là les salariés financés par prélèvements obligatoires pour éviter les comparaisons basées sur des statuts différents d’un pays à l’autre) pour 1000 habitants plaçait la France en position moyenne dans l’ensemble des pays développés, avec 93 de ces emplois, entre un minimum de 41 au Japon et un maximum de 154 au Danemark. Il n’y a pas de « nombre d’or » des effectifs de la fonction publique, mais il est vrai qu’une gestion prévisionnelle des effectifs des compétences et des emplois serait nécessaire ; je m’étais engagé dans cette voie en 1982 avec le Projet CHEOPS.

Plus généralement, la plupart des organismes statistiques et d’étude économique ont montré que la part des salaires dans le PIB a régressé depuis un quart de siècle : selon la Commission européenne cette part a baissé de 8,6 % dont 9, 6 % pour la France, représentant un transfert au détriment du travail de quelque 150 milliards d’euros (3). Créé en 1987 au niveau 1000, le CAC 40 est aujourd’hui, en dépit de sa forte baisse du fait de la crise financière au voisinage de 3 800, il a donc presque quadruplé. Pendant ce temps en euros courants, les salaires ont, en moyenne, augmenté de 60 %. Si l’on tient compte de la hausse des prix, le CAC 40 a progressé de 120 % en vingt ans contre seulement 15 % pour les salaires à temps plein. Le rapport du directeur général de l’INSEE Jean-Philippe Cotis, remis au Président de la République au printemps dernier, a confirmé cette évolution.

Il n’est pas sans intérêt, pour les fonctionnaires, de marquer l’origine de cette évolution. Pour ma part, je la situerais au 16 mai 1983 lorsque Jacques Delors, alors ministre de l’économie et des finances accepte de signer un accord à Bruxelles par lequel il obtient un prêt de 4 milliards d’écus en échange d’un engagement du gouvernement français de supprimer l’indexation des salaires et des prix. C’était marquer la fin de la pratique des négociations salariales dans la fonction publique qui ne s’en est jamais véritablement remise et qui a eu les graves conséquences que l’on a rappelées sur l’ensemble des salaires des secteurs public et privé. Dans ce domaine comme en d’autres on peut regretter qu’aucun des gouvernements qui se sont succédés n’ait remis en cause ce funeste engagement.

Il résulte de tout ce qui précède une exigence de transparence sur les comptes publics qui n’est pas satisfaite aujourd’hui.

Qu’une réflexion générale soit engagée sur la recherche de la meilleure efficacité dans l’utilisation de l’agent public ne saurait être contesté. Il est même permis de penser qu’au-delà de l’opération de communication à laquelle donne lieu la RGPP, ce devrait être la préoccupation permanente de l’État, conformément comme nous l’avons rappelé à la disposition de l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 enjoignant tout agent public de devoir rendre compte de sa mission à la nation.

Un telle entreprise se justifierait si elle était la conséquence de la mise en œuvre d’une démarche méthodologique susceptible d’introduire plus de rationalité dans la gestion des deniers publics au nom de la recherche d’une meilleure efficacité sociale. On ne voit rien dans la RGPP qui réponde à cette justification. L’objectif de réduction de moitié des effectifs de fonctionnaires partant à la retraite au cours des prochaines années n’a jamais été justifié rationnellement. Il n’y a pas de « nombre d’or » des effectifs de la fonction publique ; qu’ils doivent baisser ou augmenter doit fait faire l’objet d’une démonstration qui, en la circonstance, n’a toujours pas été apportée.

3. Une démarche obscure et irrationnelle

Cette nouvelle pratique croit pouvoir se dispenser de toute justification méthodologique pour fonctionner sur la seule évidence de la nécessité, jamais démontrée, de la réduction du nombre de fonctionnaires. C’est une nouveauté politique. Ainsi, la Loi organique sur les lois de finances (LOLF) entrée en vigueur le 1er janvier 2006, aussi contestable qu’elle puisse apparaître aujourd’hui, comportait néanmoins ce souci de justification rationnelle, absent de la politique actuelle. Avec ses 34 missions, ses 132 programmes, ses 620 actions, ses responsables de budgets de programmes, son articulation aux structures ministérielles, ses batteries d’indicateurs, etc., la LOLF avait fait l’objet d’une présentation intelligible bien que critiquable sur de nombreux points et finalement contestable par la pratique de la « fongibilité asymétrique » des crédits (4).

Il y a eu dans l’immédiat après guerre des instances visant expressément la réduction des dépenses publiques (Commission de la Hache). La LOLF est en réalité le dernier avatar d’une tentative administrative récurrente pour réduire sous couvert de rationalisation la gestion budgétaire publique qui avait connu une notoriété particulière dans les années 1960 sous le thème de la Rationalisation des chois budgétaire (RCB). Cette volonté était alors largement partagée et ses instruments faisaient l’objet de vifs débats entre spécialistes (5). De façon résumée, la RCB reposait sur une analyse de système (inspirée du plannig-programming-budgeting system américain), des budgets de programmes (analogues à ceux de la LOLF mais de caractère plus fonctionnel) et d’un programme d’études analytiques sur les questions les plus complexes (6). Elle prolongeait la vision planificatrice en vogue dans les débuts de la V° République. Elle se développa au cours des années 1970 en se dénaturant progressivement, les comportements budgétaires classiques (primauté de l’annualité budgétaire notamment) finissant par l’emporter. Il n’en resta, dans les meilleurs des cas, qu’une volonté sporadique d’évaluation des politiques publiques.

Autres temps autres mœurs. La rationalité tend aujourd’hui à être chassée de la conduite des politiques finalisées par l’intérêt général. C’est ainsi que, sous couvert de modernisation, le Conseil de modernisation des politiques publiques du 12 décembre 2007 a, parmi les 96 mesures de réforme de l’État qu’il a retenues, prévu en tête de celles-ci : la suppression du Haut conseil du secteur public, du Conseil national de l’évaluation, du Haut Conseil à la coopération internationale, de huit des neuf centres interministériels de renseignements administratifs (CIRA) ; également : le transfert de la direction générale de l’administration et de la fonction publique au ministère du Budget, l’intégration du Comité d’enquête sur les coûts et les rendements des services publics à la Cour des comptes. Ces suppressions et restrictions venant après l’intégration de la direction de la Prévision dans la Direction générale du Trésor et de la politique économique et surtout l’emblématique disparition du Commissariat général du Plan créé au lendemain de la Libération. Ajoutons-y aujourd’hui la délocalisation de l’INSEE à Metz, ce qui de l’avis général va contrarier sa mission de service public, la suppression de plusieurs dizaines de centres météorologiques départementaux, la perte d’identité des Archives de France (création de la Révolution française) dans une vaste direction du patrimoine. Ajoutons-y encore le projet de la loi organique prise en application de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui va supprimer la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui rendait public les abus des forces de sécurité (mal vue pour cette raison du ministère de l’Intérieur) et la mission de défense des enfants.

Le fondement scientifique de la rationalisation de la gestion publique devient ainsi un enjeu car tout l’effort du Président de la République et du gouvernement semble être aujourd’hui de trancher la « main visible » pour laisser le champ libre à la « main invisible ».

4. Une contre-offensive nécessaire

Le démantèlement des services publics et de la fonction publique, môle de résistance au marché n’a pas commencé avec l’actuel Président de la République : citons la loi Galland du 13 juillet 1987 (avec la suppression de la 3° voie d’accès à l’ENA, de la loi sur droit de grève 19 octobre 1982). Le changement de statut de la Poste et de France Télécom en 1990 (P. Quilès), d’Air France en 1999 (J-C. Gayssot), le rapport du Conseil d’État 2003 proposant de faire de la contractualisation une « source autonome du droit de la fonction publique », les lois de modernisation du 2 février 2007, sur la mobilité du 3 août 2009. Constatons que les gouvernements de gauche ne reviennent pas sur les atteintes de la droite lorsqu’ils reviennent au pouvoir.

Le Président de la République avait annoncé une « révolution culturelle » le 19 septembre 2007. Il avait diligenté à cet effet le Livre Blanc de J-L. Silicani (le contrat contre la loi, le métier contre la fonction, la performance individuelle contre l’efficacité sociale). La crise a l’inverse a été révélatrice du rôle d’ « amortisseur social » du service public (emploi, pouvoir d’achat… éthique). Le « Grand soir statutaire » n’aura pas lieu.

La réforme des collectivités territoriales est un autre exemple de la volonté de normalisation de la France historique. Il n’y a pas de « mille-feuilles » mais deux triptyques : l’ensemble commune-département-nation (politique) contre l’ensemble agglomération-région-Europe (économique). L’extérieur (délocalisation, régions, métropoles) est pour la première fois invoqué comme justification de l’aménagement du territoire (St-Dizier 20 octobre 2009).

Des dispositions majeures pernicieuses sont en visagées : conseillers territoriaux, métropoles, suppression de la taxe professionnelle. Les conséquences seront particulièrement graves : détérioration de la situation matérielle et morale des fonctionnaires (effectifs, contractualisation, clientélisme), des services publics (8 directions dans les régions, 2 à 3 dans les départements, intrusion du privé), le préfet de région est institué véritable véritable proconsul.

Il faut sans doute défendre les services publics, mais surtout inscrire leur promotion dans une perspective.

En premier lieu, se positionner sur les valeurs et principes Le pouvoir ne néglige pas les valeurs : 75 des 146 pages du Livre Blanc Silicani y sont consacrées mais sans qu’il en tire de conséquences. Il convient de réaffirmer les valeurs et principes de l’intérêt général du service public, de la fonction pièces maîtresses du pacte républicain. Plus généralement, notre peuple doit se réapproprier l’histoire, la science, la morale.

En deuxième lieu, faire des propositions constructives à tous niveaux. Ce pouvoir peut être tenu en échec ; il l’a été sur la révolution culturelle dans la fonction publique, sur la suppression du classement se sortie des écoles de la fonction publique, je rappelle aussi la critique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux par Philippe Séguin. Des issensions existent, on le sais, sur la taxe professionnelle, l’élection des conseillers territoriaux. Il importe donc de faire des propositions concernant le service public et la fonction publique (par exemple reclassement indiciaire, fin contractualisation, double carrière, conditions de mobilité, dialogue social, égalité hommes-femmes, etc. Il faut plus généralement entreprendre un approfondissement de questions majeures : planification, nationalisations, institutions, laïcité, etc. dans l’esprit des « États généraux du service public » (Mutualité, 17 décembre 2009).

En troisième lieu ne devons-nous pas affirmer le service public comme « valeur universelle » ? Notre époque peut être considérée comme marquée par la montée de l’ « en commun » (protection de l’écosystème mondial, propriété des ressources du sol et du sous-sol, des produits alimentaires, projets industriels internationaux, mondialisation de services, des échanges, de la culture, etc.). Il s’ensuit une prise de conscience de l’unité de destin du genre humain caractéristique majeure du moment historique (« Terre-Patrie » d’Edgar Morin, le « Tout-Monde » de Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, « Patrimoine commun de l’humanité », « Biens à destination universelle », etc.) Le service public, dans ces conditions, pourrait être érigé en valeur universelle. La contribution de la France à la conception et à la mise en œuvre pourrait être éminente. Le XXI° siècle peut et doiit être l’« âge d’or » du service public.

 

(1) Centre d’analyse stratégique, La note de veille, Quelles évolutions de l’emploi public dans les pays développés ?, n° 96, avril 2008.
(2) Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2008-2009, la Documentation française, 2009.

(3) La baisse est de 5,8 % selon le FMI, de 8,4 % selon l’INSEE. C’est sans doute en raison de cette présentation formellement rationnelle qu’en dépit de nombreuses réserves, la LOLF avait été adoptée sans opposition au Parlement.

(4) Au point que la RCB fut traduite par « Révolution cubaine au budget » à la direction de la Prévision du ministère de l’Économie et des Finances pendant les évènements de 1968.

(5) C’est dans le cadre de ce programme que j’ai conduit l’étude Immigration et développement économique et social, Rapports interministériels, La Documentation française, 1976.

 

19 février 2010 Publié Politique | Pas de commentaire » | Lien permanent | Erreur ! Référence de lien hypertexte non valide.

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 15:10

L’identité au sens strict du terme, c’est être égal à soi même, au risque de tourner en rond, voire de  contempler son nombril…

 

On peut qualifier l’Identité nationale comme étant  le produit de l’histoire d’une entité géographique  constituée au fil du temps  (d’un peuple voire de plusieurs à partir des régions françaises par exemple )  et par conséquent la résultante des forces qui s’y sont exprimées par les armes ou par le verbe comme de celles, venues de l'extérieur, qu’elle a été amenée à subir, au cours des siècles et des millénaires qui nous ont précédés, et qui font de nous déjà le fruit d’un métissage génétique et culturel.

 

C’est un état transitoire qui,  faute d’évoluer et d’être à même d’intégrer tout ce qui est compatible avec ce que nos valeurs ont d’Universel, peut se scléroser jusqu’à disparaître.

 

Citons :

 

La Paix et son corollaire le désarmement sans lesquels il ne peut y avoir de développement durable possible.

 

La Laïcité passeport pour vivre ensemble sur  cette terre.

 

L’Egalité entre les hommes et les femmes par la justice sociale, un système de protection   du même nom, du moins ce qu’il en reste, qui, selon le président de la République, aurait permis   d’amortir la crise dans notre pays.

 

L’accès à la culture, qui rapproche et unit les Hommes, alors que la profession est trop souvent ce qui les oppose. L’enseignement de disciplines, telles l’histoire et la géographie,  qui permettent de se situer dans l’espace et dans le temps.

 

La solidarité entre les individus comme entre les peuples, le rejet de la xénophobie…

 

La démocratie, qui en est à ses balbutiements…

 

Mais n’est-il pas vain de disserter d’identité Nationale alors que nous perdons notre libre arbitre par la volonté de la commission européenne, des lobbies financiers et industriels qui l’influencent , des politiques qui en sont les relais…

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 17:38

Les uns sont partis, beaucoup du fait de la baisse du pouvoir d’achat ont écourté leurs vacances,  les autres plus nombreux que l’année précédente sont, pour les mêmes raisons restés, à la maison.

 

La période estivale terminée les problèmes demeurent, le chômage augmente au rythme des délocalisations et des suppressions d’emplois dans le public comme dans le privé, des travailleurs harcelés dépriment et se suicident à France télécom. dans l’indifférence, alors que dans d’autres temps la levée de bouclier eut été générale dans l’entreprise, ce n’est pas la faute aux seuls « patrons ».  Les plus faibles sont éliminés, l’avenir, on nous le ressasse, appartient aux compétiteurs les mieux armés que les autres crèvent ils auront de belles paroles, soulageant les consciences, pour épitaphe...

 

Sarkozy, l’UMP, la droite dans son ensemble, quelques autres aussi horrifiés par le poids de la dette que nous pourrions laisser aux générations futures s’étaient engagés à la réduire, elle a plus que doublé et continue d’augmenter sans que rien ne laisse présager une embellie: La faute à la crise prétendent ces braves gens oublieux que cette situation découle de politiques mises en œuvres ces dernières décennies par les tenants du capital libéralisme qu’ils soient de droite ou de gauche. Pourtant depuis longtemps les avertissements n’ont pas manqué quant aux dérives prévisibles, ceux qui les ont formulés ont été pris pour des imbéciles.

 

Les laudateurs de l’Europe de la vie chère et de la casse des acquis sociaux multiplient les effets de manches,  jurent qu’on ne les y reprendra plus, mais tentent de replâtrer le système jusqu’à l’inéluctable  prochaine crise financière encore plus lourde de conséquence que la précédente. Lorsque qu’une chambre à air est mitée, une seule solution : La remplacer.

 

Le libéralisme devait assurer la prospérité durant le premier quart du 21 ème siècle, ses exégètes ont menti sciemment et nous incitent aujourd’hui  à la patience. En attendant il faut se serrer la ceinture, accepter de nouveau sacrifice, payer plus pour se soigner moins, travailler plus longtemps pour une moindre retraite, accepter les conséquences de la concurrence libre et non faussée,  de la loi du marché etc. L’antienne est connue.

 

L’Etat de l’UMP et de ses comparses se désengage, réduit le nombre de fonctionnaires et d’enseignants pour tenter vainement de  rééquilibrer les comptes, les collectivités territoriales doivent boucher les trous lorsque c’est devenu indispensable.  A Villiers sur Orge, la majorité municipale a emboîté le pas; elle a fait croître cette année les impôts locaux de 8 % et ajouté 3 % au coût des prestations servies par la commune : restaurations scolaire, l’accueil des jeunes enfants.

 

Rien ne l’imposait de manière si urgente l’arrêt des comptes en fin d’année en apportera la preuve. Nous y reviendrons.

 

2010 devrait être encore plus difficile avec la taxe carbone, plus de 4 milliards d’euros attendus, qui  n’aura d’autre effet que d’alourdir les charges qui pèsent sur les ménages en particulier les personnes qui n’ont pas d’autre alternative que le recours à un véhicule personnel pour leurs déplacements quotidiens ou le fuel et le gaz pour le chauffage. La forte taxation de l’essence et du gaz oïl déjà en place n’a jamais empêché les automobilistes d’aller à la pompe. En outre à qui peut-on faire croire que ce qui sera pris d’une main sera rendu de l’autre. En réalité il s’agit de la pédagogie dite du coup de trique dont-on sait qu’elle ne donne jamais rien de bon.

 

Le volume des gaz à effet de serre ne peut être réduit qu’à une triple condition :

 

Développer les sources d’énergie les moins polluantes et les plus sures.

 

L’hydraulique et le nucléaire civil qui produit certes des déchets mais qui peuvent être confinés alors que les gaz issus de la combustion des hydrocarbures dont il ne reste des que pour quelques decennies, du charbon voire même de la bio masse ne le peuvent  pas.

 Généraliser l’usage du nucléaire civil pour la production l’électricité dans les pays ayant déjà développé l’arme atomique et quelques autres dotés de  ces technologies, éventuellement par transfert, permettrait de réduire l’émission des gaz à effet de serre de  30% à l’échelle de la planète, ce n’est pas négligeable mais il est un paradoxe qui consiste à jeter l’anathème sur le nucléaire civil et laisser sans mot dire proliférer l’armement du même nom. Le solaire thermique peut venir en complément par contre le photo voltaïque et les éoliennes sont d’un intérêt limité car l’électricité ne se stocke pas et doivent par conséquent être accompagné de sources d’énergie de substitution qui en l’état ne peuvent être que du gaz, du fuel ou du charbon donc polluantes.

 

Economiser l’énergie. Les possibilités sont multiples.

 

 Il faut impérativement :

- Développer les transports en commun, le ferroutage, rapprocher autant que faire se peut les emplois des lieux de vie et réciproquement ce qui aurait comme conséquence de réduire les migrations bi quotidienne comme le nombre de camions sur les routes, d’avions cargo,  de porte-conteneurs sur les océans.

- Améliorer l’isolation thermique des  logements individuels et collectifs, revoir les règles d’urbanisme à cet effet.

L’énumération n’est pas exhaustive.

 

Augmenter les crédits destinés à la recherche.

 

C’est possible et mieux encore en supprimant le bouclier fiscal ; le bonus des traders serait ainsi ramené à de plus justes proportions de même que les stocks options qui devraient être supprimées etc.

 

Il reste qu’au-delà de la taxe carbone se profile, à un horizon pas si lointain, la suppression de la taxe professionnelle actuellement supportée par les entreprises. Il  faudra bien compenser cette perte de recette pour les communautés d’agglomérations, encore 8 à 10 milliards à trouver, peut être plus. Si rien ne change qui paiera, sinon encore une fois les mêmes  c’est- à -dire  les ménages contribuables locaux. Il convient également de noter l’incongruité de la réduction de la TVA sur la restauration, qui sauf sur les régions frontalière n’est pas soumise à la concurrence étrangère, encore moins au voisinage des plages du Midi et de l’Atlantique. L’emploi et les prix sont restés,   pour l’essentiel, ce qu’ils étaient, par contre les recettes de l’Etat baissent, son déficit se creuse encore plus.

 

En fait si les prélèvements sociaux n’augmentent pas comme on nous l’affirme, voire même diminuent par toutes sortes d’artifices pour faire croître la manne des actionnaires, les prélèvements sur les prélèvements sociaux sont démultipliés. Si nous laissons faire, ils iront jusqu’à vider les caisses de la retraite par répartition et de sécurité sociale en général. Ceux qui pourront encore payer garderons la faculté de s’adresser aux assurances privées, transnationales ou non  aux autres la charité publique, corollaire de  l’injustice sociale, mais il devient de plus en plus difficile pour le commun des mortels de mettre la main à la poche, resteront le mécénat et les dames patronnesses d’un temps que l’on croyait révolu, rendant d’une main une infime fraction ce qu’ils ont perçu indûment de l’autre : En quelque sorte le système actuel des Etats-Unis que Obama peine à réformer.

 

Décidément  les jeunes générations ont du mouron à se faire…Elles saurons qui remercier,  mais elle doivent se préparer à vivre plus mal que celle qui les a  précédés.

A moins que…

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 10:37

 

                                                         1er mai 2009

 

 

                DENFERT ROCHEREAU - BASTILLE

 

                                            14 heures

 

 

  Ordonnancement du cortège :

 

CGT - UNSA - CFDT - FSU - FO - CFTC - Solidaires -  CEF/CGC

 

 

  Banderole de tête :


   Ensemble face à la crise défendons l'emploi, le pouvoir d'achat et les services publics.

       Arrêt des suppressions d'emploi et augmentation des salaires et des retraites

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 11:50

Proche-Orient : plus jamais ça ! Poursuivre l'action pour la paix


Le Mouvement de la paix vous propose une cyber-pétition adressée au Président de la République :


La mobilisation des opinions publiques dans le monde a contribué à ce que des cessez-le-feu unilatéraux soient appliqués depuis le 18 janvier par l'Etat d'Israël et le Hamas. Après 22 jours meurtriers, la bande de gaza est dans un état effroyable. La période demeure à hauts risques, faute de mesures tangibles permettant enfin d'avancer vers une paix juste et durable au Proche-Orient. Les négociations avec le Hamas et Israël sont en cours pour établir une trêve durable qui débuterait le 5 février par l'intermédiaire de diplomates égyptiens. Il y a maintenant urgence d'aboutir à un règlement politique global sur la base des résolutions de l'ONU et aller très vite vers la création de l'état palestinien.
C'est le sens de la lettre au Président de la République que le Mouvement de la Paix vous invite à signer et à faire signer.


Voir et signer la lettre en ligne
Télécharger la lettre (doc 32 Ko)

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 16:42
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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 18:08

A défaut de pouvoir d'achat l'année qui s'achève est riche... d'enseignements. La loi du marché dont on nous a tant rebattu les oreilles a-t-elle à peine ébauché son œuvre de remise à niveau, par le bas, des marché financiers, que ses plus fervents laudateurs, devenus soudain anxieux pour leurs privilèges, affirment la main sur le cœur qu'on ne les-y reprendra plus.


C'est juré  l'Etat retrouve ses vertus pour combler les fredaines des organismes spéculateurs qui se voient offrir, sans réelle contre partie, des centaines de milliards d'euros, qui en fin de compte seront prélevé sur les richesses créées  par les travailleurs  qui devront faire de nouveaux sacrifice en matière de salaires, retraites, pensions, de protection sociale et de santé...


La droite ne change pas de cap il faudra travailler plus intensément et plus longtemps pour gagner de moins en moins, payer plus pour se soigner, faire la queue devant les hôpitaux en attendant qu'un lit se libère ! C'est ça sa modernité. Prendre un aller simple vers la morgue serait  moins dispendieux...


La survie du système capitaliste serait à ce prix il faut accepter des sacrifices supplémentaires pour  faire grandir la manne des nantis dont on nous disait, hier, mensonge éhonté, qu'elle ferait les richesses d'aujourd'hui mais qui s'est envolée en partie sur les places boursières alors que la France est en cours de désindustrialisation : Sa balance commerciale est en déficit non seulement avec la Chine mais également avec ses partenaires européens, le chômage explose.


La droite, c'est sa logique, propose une relance par l'offre d'on ne sait quoi, ni pour qui alors qu'il y a tant de besoins réels non satisfaits qui pourraient être autant de facteurs de croissance pour peu que le pouvoir d'achat retrouve un peu de vigueur ; elle prétend préserver l'emploi par la baisse des  coûts pour tenter de regagner  d'hypothétiques parts de marché que d'autres nous disputent encore plus âprement, à ce jeu là, les couches moyennes s'épuisent, la jeunesse désespère, les organisations humanitaires s'essoufflent, il risque de ne rester bientôt que des SDF et des cadavres sur le bord des routes ou sous les ponts.


La gauche proteste à des degrés divers c'est toujours ça mais ne propose rien qui soit de nature à inverser le cours des choses Au PS ce fut le combat des cheftaines pour la prise du pouvoir, mais ce parti n'a pas cru bon de se doter d'un  programme, il en est de même de Besancenot et de ses amis qui d'ailleurs refusent de gouverner.


Le parti  communiste oscille entre  rénovateurs unitaires  qui n'aspirent qu'à rejoindre la social-démocratie au sein du PS pour nous refaire le coup de la gauche plurielle dont le principal titre de gloire est d'avoir assuré le retour de la droite au pouvoir  et d'autres qui peinent à s'en affranchir pour enfin retrouver les fondamentaux qui permettraient d'élaborer une alternative progressiste à la crise que nous subissons presque tous à des degré divers.


Il avance quelques propositions intéressantes, mais l'ensemble manque encore  de cohérence. Réorienter l'Europe dans un sens plus social serait sans conteste une bonne chose mais alors que le temps presse c'est oublier qu'il est utopique de penser que le rapport de forces nécessaire afin d'y parvenir pourrait être atteint dans un proche avenir ce qui ne peut mobiliser ceux et celles, de plus en plus nombreux  qui n'ont plus les moyens d'attendre des jours meilleurs.


A défaut d'être à même de réorienter l'Europe de Bruxelles de l'intérieur, il faut donc proposer d'en sortir, pour remettre le dossier à plat et bâtir un ensemble plus solidaire et harmoniser enfin vers le haut. C'était déjà le sens du NON au traité constitutionnel de mai 2005 que les dirigeants de tous bords n'ont pas voulu entendre d'ailleurs est-ce en couchant dans le lit du loup même déguisé en mère-grand que l'on peut échapper à ses crocs, en l'occurrence à la mondialisation capitaliste dont l'Europe n'est qu'un avatar ?


Passons rapidement sur la nécessité reconnue (trop timidement et presque rattrapé par les opportunistes de tous poils, Sarkozy compris) par le PCF  de la suppression des paradis fiscaux et la taxation des mouvements spéculatifs pour en arriver  au pouvoir d'achat et à l'utilisation du crédit bancaire en particulier et la démocratie participative au sein de l'entreprise qui induisent  des questions qui restent sans réponses satisfaisantes.


Sur le premier point, il y a gros à parier qu'une hausse substantielle du pouvoir d'achat des salaires retraites et pensions aurait comme conséquence première une nouvelle  accélération de la dégradation de notre balance commerciale, plus de 39 milliards d'euros en 2007 dont 18,1 milliards avec l'Allemagne (source Insee) en l'absence de mesures d'accompagnement pour rééquilibrer nos échanges sur un principe d'équité pour dans un premier temps stopper le déclin industriel puis relancer la production intra muros.


Sur le second point, nos gouvernants qui viennent de mobiliser près de 400 milliards d'euros pour répondre à la crise du système bancaire démontrent s'il le fallait encore que le crédit réapparaît lorsque l'Etat apporte sa garantie, le problème n'est donc pas là mais dans l'utilisation qui en est faite au sein de l'entreprise pour répondre ou non à des besoins réels et faire en sorte que la plus value n'aille pas à la spéculation ou s'investir à l'étranger mais dans des dépenses socialement utiles.


Résumons : Europe, Utilisation du crédit, Pouvoir d'Achat, trois thèmes, et tout ce qui en découle, indissociablement liés, à débattre dans l'urgence, avant les élections européennes, urbi et orbi,  une réponse à trouver et à construire non pas au sommet mais à la base pour être comprise et acceptée par  celles et ceux qui devront la mettre en œuvre sur le terrain. Ils utiliseront alors les rares droits dont ils bénéficient encore dans l'entreprise,  ils s'en arrogeront de nouveaux pour jeter à bas et remplacer un système inique qui règne par défaut en l'absence d'alternative réelle crédible. Ils seront, employés, ouvriers ,cadres techniciens, avec d'autres, chômeurs, travailleurs précaires, jeunes en quête d'insertion sociale, retraités, pensionnés, professions libérales,  artisans et petits commerçants qui ressentent eux aussi, durement, les conséquences de la détérioration du tissu industriel la force tranquille, car très largement majoritaire, d'un renouveau plus solidaire.


Ainsi la nouvelle année pourrait être meilleure que la précédente, c'est du moins le vœu que nous pourrions formuler ensemble et faire en sorte qu'il se concrétise.

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 09:22

Interview parue dans l’Humanité le 12 juillet 2008

Du temps pour construire une démocratie

L’annonce de la participation de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin a été pour certains un prétexte pour relancer la polémique sur les relations avec la Chine.

Pierre Picquart, docteur en géopolitique, spécialiste de la Chine et du monde chinois, auteur entre autres de la Forme olympique de la Chine, paru aux Éditions Favre, recadre le débat.

Que vous inspire la polémique actuelle sur les JO de Pékin ?

Pierre Picquart. Elle était attendue. Toute manifestation internationale est maintenant politisée et sert de levier pour les prises de position d’associations et de groupes d’intérêt. C’est un phénomène nouveau lié à la globalisation et à l’utilisation de la communication comme un outil de marketing. Évènement mondialisé, les jeux Olympiques de Pékin ne devaient pas échapper au phénomène. Les critiques sont très dures, mais face aux détracteurs qui contestent l’attribution des JO à Pékin nous devons garder notre liberté de paroles, bien entendu, mais nous avons aussi le devoir de rester lucides, positifs et calmes.

Comment ?

Pierre Picquart. En scindant ce que représentent les JO, c’est-à-dire une trêve mondiale depuis l’origine des temps, du contexte politique. Pour sortir de cette crise médiatique où l’on joue sur les sentiments, il faut éviter d’avoir un débat conflictuel. Les JO sont les jeux de toutes les nations du monde. C’est la raison pour laquelle je pense que Sarkozy a eu raison de décider de se rendre à Pékin et de ne pas céder aux pressions de groupes associatifs qui certes ont le droit de s’exprimer sur les droits de l’homme mais ne peuvent accaparer à eux seuls le débat sur la Chine.

Jugez-vous ces critiques justifiées ?

Pierre Picquart. On a tendance à diaboliser la Chine alors qu’elle essaie avec 1,3 milliard d’habitants de créer son propre cheminement vers un État de droit. Avec une mentalité, une culture différente des nôtres et un temps de parcours beaucoup plus court que celui que nous avons eu. Nos pays dits démocratiques ne sont pas forcément des modèles à copier-coller pour la Chine et de plus nous avons mené le processus sur deux ou trois siècles. On voit bien que si demain une démocratie s’instaure en Chine - on le souhaite et c’est possible -, elle ne sera pas forcément comme la nôtre et cela ne se fera pas en deux ou trois semaines. Je pense d’ailleurs qu’on ne valorise pas assez la complexité de l’exercice du pouvoir en Chine actuellement. Il faut recadrer le débat et le continuer. Pour construire un monde multipolaire, on a besoin du cinquième de l’humanité. Ce n’est pas en rejetant la Chine qu’on y arrivera. Elle se développe très vite. Beaucoup de Chinois se posent eux-mêmes des questions sur cette croissance galopante. Laissons-leur le temps de construire leur propre histoire démocratique.

Pensez-vous qu’un accord est possible sur le Tibet ?

Pierre Picquart. Les analyses sur la Chine et le Tibet ont souvent été stéréotypées. Il faut savoir que Taïwan et le Tibet sont deux sujets très sensibles pour la Chine. Il faut les aborder diplomatiquement. Les débats actuels sont très orientés avec beaucoup d’amalgames. Si beaucoup de gens reconnaissent le statut de leader spirituel du dalaï-lama, il n’est pas le seul. Il y en a d’autres.

Le gros problème est que derrière sa personnalité spirituelle il y a dans son entourage une revendication politique inquiétante. On ne se souvient pas assez de ce qu’était la société tibétaine, avec un état de servage et d’esclavage jusque dans les années 1950. Le projet de Constitution mis en route par le gouvernement tibétain en exil n’est pas de nature progressiste. Il se prononce contre l’homosexualité, contre la mixité des sexes et contre les mariages entre Tibétains et non Tibétains. Il défend une théorie du sang pur qui nous rappelle d’autres époques. Donc ce modèle de société revendiqué par les proches du dalaï-lama n’est pas un modèle démocratique. Je ne crois pas que dans nos nations modernes on ait envie de revoir des États religieux s’installer avec de telles règles et risquer de déstabiliser le monde entier. La spiritualité doit être librement exercée dans toutes les conditions sur un terrain à la fois social et personnel, mais voir revenir des régimes religieux ne me semble pas dans l’ordre des choses.

Entretien réalisé par Dominique Bari

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