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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 12:52

Cette adresse au PCF est facile à situer dans le temps, je n'ai rien à y ajouter si ce n'est que Trump n'a pas fait pire que Hillary Clinton et s'est même montré  plus précautionneux , soucieux vraisemblablement de ne pas être livré à la vindicte publique, à moins que le jugement, à postériori,  de l'Histoire pèse sur sa conscience..QUI sait ? Les voies du Seigneur sont impénétrables...

Ci après ma réponse au dossier qui m’a été adressé par la section économique du PCF et Denis Durand dont vous devez avoir eu connaissance. En tant que natif de la Creuse j’en ai transmis copie à la fédé du 87, elle reste en attente de modération mais il est vraisemblable qu’elle restera censurée.
« Je n’ai pas attendu votre état comparatif des programmes du PCF et de la France insoumise pour tirer un trait sur Mélenchon, plus communiste que les communistes plus écolos que les écolos; qui multiplie les ambiguïtés et porte trop de casseroles à la queue pour être jugé crédible. C’est un opportuniste de première qui n’hésite pas, après avoir sans vergogne demandé à L’ONU d’autoriser le bombardement des forces libyennes pour laisser le champs libre aux « djihadistes » manipulés par l’occident, à l’époque principalement Cameron, Blair, Clinton, Obama, Sarkozi puis Holande) à se réclamer de Poutine pour ce qui concerne son action au Moyen Orient. Le moins qu’on puisse dire est que la lucidité n’est pas son fort.
Comme tous les trotskistes, c’est un globaliste mondialiste, à l’image des néos cons étasuniens, défenseurs de la démocratie bourgeoise, mais il y en a aussi beaucoup chez nous, en réalité tous ceux ou presque qui peuvent encore surfer sur la « crise » environ 60 % de la population, pendant que les poussés vers le chômage, la précarité, l’exclusion crèveraient la gueule ouverte à défaut de faire appel à la charité publique. .
Lors des manifestations anti Khomry j’ai rencontré suffisamment de militants du parti de gauche pour être convaincu qu’ils n’avaient rien dans le cigare au-delà du – y a qu’à faut qu’on –
Je n’ai pas été déçu car je n’attendais rien de leur part sinon confirmation de mon analyse, d’ailleurs les communistes n’ont fait que seriner les antiennes sur l’Europe sociale, la leçon venues de plus haut, que comme soeur Anne nous ne verrons pas venir.
En outre les uns et les autres ont débité le couplet sur le réchauffement climatique qu’ils prétendent d’origine anthropique ce qui, pour un observateur un tant soi peu informé, est manifestement faux. La meilleure solution en matière d’énergie est le recours au projet Myrrha et Guinevere voir https://www.youtube.com/watch?v=lvk4wj_T9v0&feature=youtu.be et au travaux de même type pour le développement de générateurs nucléaires à même de recycler le plutonium plutôt que de l’enfouir, effectués un peu partout dans le monde mais pour cela il faut chercher. Par ailleurs l’augmentation du co2 n’est pas un handicap mais un atout pour la végétation qui reverdit, les cultures en général…Consulter à ce sujet www.pensee-unique.fr Rédigé par un scientifique, ce site traque les nombreuses distorsions des connaissances scientifiques en matière de réchauffement climatique et d'autres sujets ...Il vaut mieux commencer par les références de l’auteur
Votre état comparatif ne m’apprend rien de plus par rapport à ce que je savais déjà sur la dérive droitière
de la direction du PCF. Une lecture rapide m’a permis d’y retrouver les thèses que vous défendiez dans votre bouquin Un autre crédit est possible le temps des Cerises 2005 (ISBN 2-84109-583-5).
Nous sommes en 2016, la situation s’est encore aggravée. N’est-ce pas la preuve que votre argumentaire de l’époque était inopérant ou à tous le moins qu’il n’a pas été jugé crédible ? Et pendant ce temps là Marine Le Pen a fait son chemin à un point tel qu’au lendemain du premier tour lorsque vous demanderez à tous ceux et celles qui vous ont alerté de faire barrage au Front National, alors que vous partagez la responsabilité de sa montée en puissance en filant le train à la social démocratie, je vous rétorquerai tel Jean Sallem : « ELECTIONS PIEGES A CONS » Editions Flammarion Antidote.
L’Union européenne supra nationale sous l’égide étasunienne a été créée pour conforter la main mise du Capital mondialisé (sens générique) sur les richesses de la planète et pour l’asservissement des peuples. Elle plonge ses racines bien avant la seconde guerre mondiale une première tentative de concrétisation fut L’Amgot (Allied Military Government of Occupied Territories ) qui prévoyait la mise de la France sous protectorat étasunien, Giraud pour remplacer De Gaulle ce que le poids de la résistance intérieure n’a pas permis avec le soutien des Soviétiques. Nous sommes aujourd’hui gouverné par les clones de ceux qui ont livré jean Moulin à la gestapo à cet effet.
Que faire ? Sinon sortir de l’UE, quitter l’Otan, abandonner l’euro en tant que monnaie unique, retrouver notre souveraineté économique et monétaire, exiger le respect de la charte des nations unis bafouée par l’occident et ses valets, dénoncer la cour pénale internationale qui n’est qu’un instrument au service des pays riche de l’occident au détriment des autres ( Penchez vous sur les cas Bagbo et Milosevic) et laver notre linge sale en famille sur une base de classe que le la direction du PCF a déserté alors que les nantis (le 1%) accompagnés des mercenaires à leur solde sonnent la charge à chaque aube qui se lève.
Le crédit est nécessaire, mais d’abord il faut contrôler tous les organismes financiers prédateurs, emprunter directement à la BCN, ensuite éviter les fuites en contrôlant les mouvements de capitaux inutiles. Ma grand-mère en son temps me disait « ne t’acharnes pas, tu ne rempliras jamais une passoire » affaire de bon sens…Des mesures protectionnistes sont indispensables mais incompatibles avec les traités européens. Que proposez-vous en la matière?
De même il n’est pas possible de réduire le déficit de notre balance commerciale, essentiellement avec les pays de l’UE, hors énergie, sans relancer notre appareil productif et recourir aux droits de douane.
Pour ce qui concerne les migrants il y a ceux qui fuient la misère, d’autres la guerre, il faut cesser de nous ingérer dans les affaires des autres pour y semer le désordre la mort et les exactions de toutes natures, les assassinats ciblés, chacun aspirant à vivre et travailler au pays, ils y resteraient très majoritairement surtout si nous les aidons dans leur développement plutôt que de piller leurs ressources naturelles et le fruit de leur travail. Originaire du centre de la France j’ai été très jeunes témoins direct du flux et reflux des gens du nord lors de la seconde mondiale, mes aïeux avaient fait le même constat de lors de la première.
Les Africains ne tentaient pas de traverser la méditerranée dans des embarcations de fortune sous Kadhafi.
Les exemples sont légion.
La lutte des classes, dont l’enjeu pour les travailleurs est l’appropriation collective des moyens de productions et d’échanges, ne se décrète pas, elle se pratique au jour le jour, sur le terrain, dans les entreprises, personnellement j’y ai laissé mon déroulement de carrière, au sein de la vie associative, partout ou une occasion de dialoguer se présente. Le suffrage universel venant a posteriori valider les acquis consécutifs aux luttes que les contestataires du système, qui doivent comprendre que la condescendance ne leur sera d’aucun secours à priori, doivent mener pour sortir de ce qui n’est qu’un nouvel esclavage.
Pour cela il faut revenir aux fondamentaux :
" Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté; ces rapports de production correspondent à un degré du développement de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports forme la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s'élève un édifice juridique et politique, et à quoi répondent des formes déterminées de conscience sociale. Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuel. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. À un certain degré de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en collision avec les rapports de production existants, ou avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors, et qui n'en sont que l'expression juridique. Hier encore formes de développement des forces productives, ces conditions se changent en de lourdes entraves. Alors commence une ère de révolution sociale...." Karl Marx, Contribution à la Critique de l'Économie Politique, 1859 ( Repris sur Wikipédia)
Nous vivons une période pré révolutionnaire, qui exige des changement fondamentaux encore faudrait-il populariser ce concept ce dont jadis le PCF se chargeait, aujourd’hui il n’en a plus, collectivement, ni la capacité ni la volonté, à de rares individualité près la classe Oeuvrière reste l’arme au pied, la plupart des salariés ne se réveillent que lors d’une délocalisation pour améliorer les plans sociaux, mais c’est déjà trop tard les emplois son perdus.
A propos : la lutte des classes selon Staline http://jafreyvil.over-blog.com/2016/02/entretien-staline-hg-wells.html qui s’il n’avait jeté, a marche forcée, les bases d’un industrie lourde n’aurait pas été en mesure de résister aux hordes nazies que l’occident avait lancé vers l’est en juin 1941. Avait-il d’autre solution que de faire vite ?
Toute pathologie, quelle que soit sa nature nécessite un bon diagnostic (un état des lieux et de leur environnement) incluant tous les paramètres à pendre en compte au sein de l’énoncé du problème posé. La thérapie doit être énoncée, pédagogiquement, le plus simplement possible de manière à être comprise du plus grand nombre, la plus brève possible pour de même être accessible. Pour les présidentielles un recto verso devrait y suffire. Le dossier que vous m’avez adressé est loin du compte, à mon humble avis votre remède s’apparente à un cautère sur une jambe de bois.
Que diable comme Alexandre de Macédoine tranchez le noeud Gordion qui vous relie à la globalisation mondialisation via l’Union européenne sinon demain nous seront tous des grecs. Ne laissez pas le champ libre à la droite et à ses extrêmes prolongements, au fascisme rose qui les nourrit et s’accommode des nazis ukrainiens.
Je reste bien entendu disponible pour débattre contradictoirement et prolonger la réflexion mais je n’est jamais été un béni oui oui et ne le serai jamais. Aux Etats-Unis entre l’extrême calamité Hillary Clinton folle va-t-en guerre, ne serait-ce que pour cela j’aurais opté sans hésitation pour Trump

 

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 13:41

J’ai beaucoup d’estime pour Bassam Taham  ses analyses et prises de positions sur les événements au moyen orient et en Syrie voire ailleurs. Mais que va-t-il faire dans cette galère européenne, et sur quelle bases, aux côtés de l’UDMF alliée de l’UDI lors des municipales de 2014 à Bobigny.

Etait-ce une alliance de circonstance ou plus profondément un alignement sur les orientations politiques et économiques de L’UDI  très proches pour ne pas dire identiques à celles de Macron ?  Des précisions s’imposent,  pour en savoir plus il faut aller à la source:

UDI : La droite et le centre de progrès

http://parti-udi.fr/une-economie-libre-et-competitive/#

 

Un rapide détour vers le programme de l’UDMF (l’Union des démocrates musulmans de France) ou le flou et les ambiguïtés dominent n’est pas de nature à apporter les apaisements nécessaires. Plutôt que la création d’un  label halal ou kasher,  les conditions d’abattage d’un autre âge sans étourdissement, réminiscence du sacrifice d’Abraham,  doivent être interdites, de même que le transport d’animaux vivants, au-delà de quelques kilomètres, sauf cas exceptionnels et dans des conditions adaptées.  Les conditions d’élevage doivent être améliorées.

 

 Rien ne peut justifier des souffrances inutiles infligées au monde animal  sous couvert de préceptes religieux obscurantiste et barbares. Raison suffisante pour m’interdire d’accorder mon suffrage  à des candidats  qui s’en réclament. En outre   aucun des aspects de notre environnement ne doit pas non plus  être soumis à la loi du profit le plus grand dans le laps de temps le plus court qui autorise toute les dépravations.

 

Qui plus est Bassam Taham se fend d’une contre vérité lorsqu’il laisse entendre que l’UE serait réformable,  alors que  la règle de l’unanimité le rend impossible et que  son statut prévoit que les Etats  membres ne peuvent valablement délibérer qu’après avoir obtenu son feu vert. En  fait l’UE a été conçue de manière à ce que son  parlement n’ait aucun pouvoir, ce qui rend également toute élection vaine puisque les parlements des pays membres  n’ont d’autre faculté que de transcrire les directives européenne en droit national : C’est  la commission européenne, organisme non élu qui commande. Il est à noter que  son premier président fut en 1958 Walter Hallstein, un ancien nazi qui en 37 et 38 avait jeté de concert avec Hitler et Mussolini les bases de l’Europe des Lander à laquelle se  sont  longtemps opposés  les Gaullistes et les communistes, une espèce en voie de disparition. Depuis la France a été découpée à cet effet pratiquement sans opposition de l’ensemble de la classe politique.

Il a certes beaucoup à dire et à écrire mais en résumé si les nazis ont perdu la seconde guerre mondiale  les transnationales économiques et financières via l’impérialisme Allemand sont toujours  à la barre de l’UE, Macron et quelques autres ne sont que des supplétifs. N’oublions pas non plus le rôle pervers joué  par le sionisme, lui aussi mouvement politique transnational, que Macron et ses sbires voudrait assimiler à de l’antisémitisme alors que le racisme est le fait  des  ignorants de ce  que furent les grandes et lentes migrations des sapiens qui font que nous sommes tous de la même espèce sur l’ensemble de la planète.

N’oublions pas non plus les provocations de casseurs à l’instigation de ceux qui veulent museler l’opinion à l’aide d’une législation encore plus répressive.

 

Tenter de rassembler dans la diversité sur des objectifs identifiés est certes louables encore faut-il qu’ils soient réalistes pour être crédibles et répondent à l’attente d’une majorité de l’opinion pour obtenir un rapport de force permettant l’appropriation collectives, ne serait-ce que progressive, des grands moyens  de productions et d’échanges y compris médiatiques. A ce sujet lire ou relire Le talon de fer, ou l’analyse marxiste à la portée du commun des mortels, un ouvrage de Jack  London 1908. Il avait été publié dans l’Humanité, en feuilleton, 10 ans plus tard. Il peut encore servir de bréviaire.

 Même s’il n’a pas réponse à tout, Asselineau en disant  que la France ne peut retrouver le chemin de la croissance en l’absence de souveraineté monétaire, touche juste,  c’est pourquoi il préconise un Frexit et ses modalités. J’ai là au moins une raison d’accorder mon suffrage à la liste de l’UPR lors de la prochaine présidentielle tout en ayant conscience des limites d’une telle démarche dans le contexte actuel.

Plutôt que de multiplier de vaines déclarations tous azimuts mieux vaudrait  tenter de rassembler autour de ce concept,  l’élargir et l’expliciter, il  finira par s’imposer mais de temps perdu et de cadavres inutiles au bord du chemin.

Mais pour rassembler au-delà des sensibilités et des confessions il faut des  dénominateurs communs :

  • D’abord la laïcité car, si  les croyances sont respectables lorsqu’elles ne conduisent pas au crime, nombre de leurs  excès  sont condamnables, leur instrumentalisation par les profanes, ou non, de même. La mythologie, même si elle a pu influer par le passé sur de multiples générations et continue à le faire  n’est pas l’Histoire. Le monothéisme, concept récent,  n’est pas de génération spontanée…
  • Ensuite  l’analyse économique et politique avec en finalité un objectif à atteindre, en l‘occurrence nous fournir les moyens d’éradiquer les inégalités sociales et de développement chez nous bien évidemment tout en reconnaissant aux autres le droit d’avancer dans la même voie. 

Pour ce qui concerne la Laïcité  l’Ecole pourrait être le facteur décisif qui permette la remise à l’heure de la réalité des faits qui commence à se faire jour dans des cercles encore trop restreints. Cela nécessite  une refonte totale de notre système éducatif, qui passe par la formation des enseignants, qui pour la plupart véhiculent souvent des inepties reprises des médias, le contenus des programmes, la pédagogie.

S’en tenir au programme de l’UDI, celui de l'ADMF ne  changeraient rien au film actuel.

L’accueil des exilés politiques doit être maintenu mais les critères d’appréciations doivent être conforme aux valeurs de la République en ce qu’elles ont d’universel, la vraie, pas celle de Macron, sinon nous seront submergés par les rebuts de tous ceux qui ont fait le djihad version islamiste actuelle,  en Tchétchénie, dans l’ex Yougoslavie, en Albanie, en Afrique et au moyen Orient dont Fabius a dit qu’ils faisaient du bon boulot en Syrie ainsi que par  les mercenaires potentiels en quête d’un pactole de survie.

 Laisser  Schengen en l’état comme le préconise  Bassam Taham n’est pas la solution.

Il nous faut arrêter de nous ingérer dans les affaires des autres, condition    sine qua non du rétablissement de la paix là ou nous avons semé la désolation, pour faciliter le  retour des expatriés dans leur pays d’origine qui est aujourd’hui freiné par l’occident qui refuse et combat la  multipolarité pour s’assurer d’une domination sans partage de la planète, de ses ressources naturelles et humaines au bénéfice du Capitalisme transnational et de ses avatars.

Personnellement j’apprécie la multipolarité comme une  tentative de découpage de la planète   en zones d’influences ce qui en l’absence de réactions nationales pour de nouvelles solidarités (Ce dont l’UE de par sa nature est incapable)  nous ferait au mieux tomber d’une dépendance dans une autre. Tout ce qui peut permettre d’affaiblir l’impérialisme occidental est bon à prendre mais temporairement.

Nous devons :

  1. Rétablir le contrôle aux frontières car il n’est pas possible d’accueillir toute la misère du monde alors qu’il y a déjà près de 10 millions de chômeurs totaux ou partiels en France et que les manifestations de  désespoir frappent à nos oreilles via les gilets jaunes.
  2. Faire en sorte que tous les résidents sur la terre de France soient traités sur un pied d’égalité en matière d’emploi et de protection sociale. A travail égal salaire égal, cela vaut aussi pour les femmes ce qui ne revient pas à dire que l’égalité consiste à opposer une équipe féminine de rugby à une équipe masculine, en de nombreux domaines, en termes de procréation en particulier, les hommes et les femmes sont complémentaires et le resterons au moins aussi longtemps qu’il a fallu aux premiers hominidés pour devenir sapiens.  
  3. Rétablir les relations diplomatiques avec le gouvernement  Syrien pour traiter du cas des femmes et des enfants, par contre les auteurs de crimes ou d’actions délictueuses  doivent être jugés et rendre des comptes  là ou ils ont été commis. Ceux qui les  y ont incité doivent être déférés en justice là ou ils se trouvent y compris aux plus hautes fonctions.
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 11:52

mardi 19 février 2019 par Coordination nationale de l’UJFP

Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.

Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.

Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.

Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».

Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi … préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme, 

Nous ne nous tairons pas.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 18 février 2019

Je partage sans aucune réserve.Macron ira-t-il jusqu'à interdire l'UJFP ?

Jack Freychet

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 16:50

 Interview de Michael Hudson par Le Saker sur le Venezuela – 7 février 2019

 

 Introduction : La controverse fait rage sur le point de savoir quel est l’état réel de l’économie vénézuélienne et si les réformes et la politique d’Hugo Chavez et de Nicolas Maduro ont été décisives pour le peuple vénézuélien ou s’ils se sont fourvoyés et sont responsables de la crise actuelle. Tout le monde semble avoir des opinions très arrêtées sur la question. Mais moi je n’en ai pas, tout simplement parce que je manque des compétences qu’il faudrait pour en avoir. C’est pourquoi je me suis décidé à interroger un des économistes indépendants les plus considérés, Michael Hudson, pour qui j’ai un immense respect, et dont les analyses (y compris celles qu’il a écrites en collaboration avec Paul Craig Roberts) semblent les plus crédibles et les plus honnêtes qu’on puisse trouver. En fait, Paul Craig Roberts tient Hudson pour « le meilleur économiste au monde » ! Je suis très reconnaissant à Michael Hudson de ses réponses, qui contribueront, je l’espère, à permettre une compréhension honnête et objective de ce qui est en train de se passer au Venezuela.  Le Saker

 

 Le Saker : Pourriez-vous résumer l’état dans lequel se trouvait l’économie vénézuélienne quand Chavez est arrivé au pouvoir ?

 

Michael Hudson : Le Venezuela était un pays à monoculture pétrolière. Ses recettes provenant de l’exportation servaient majoritairement à importer des denrées alimentaires et autres marchandises de première nécessité qui n’auraient pu être produites dans le pays. Il commerçait surtout avec les États-Unis. Par conséquent, malgré sa richesse en pétrole, il a accumulé une dette extérieure

Dès l’origine, les compagnies pétrolières US ont craint que le Venezuela puisse, un jour, utiliser ses revenus pétroliers au bénéfice de sa population, au lieu de laisser l’industrie pétrolière US et son aristocratie nationale « compradore » siphonner ses richesses à leur gré. Donc, l’industrie du pétrole,  soutenue par la diplomatie US, a pris le Venezuela en otage de deux manières.

Avant tout, il faut savoir que les raffineries de pétrole n’ont pas été construites au Venezuela, mais à Trinidad et sur les côtes US du Golfe du Mexique. Cela a permis aux compagnies pétrolières – ou au gouvernement US – de laisser le Venezuela sans aucun moyen de faire cavalier seul et de se doter d’une politique pétrolière indépendante, puisqu’il a besoin de faire raffiner son pétrole au dehors pour qu’il soit utilisable.

Deuxièmement, les banquiers centraux du Venezuela ont été persuadés de donner en gage leurs réserves de pétrole et tous les actifs de l’État dans le secteur pétrolier, y compris CITGO [Citgo Petroleum Corporation, ndt], comme caution financière pour garantir le remboursement de la dette extérieure. Ceci signifie que, si le Venezuela fait faillite (ou est poussé à la faillite par le refus des banques US d’effectuer dans les délais prévus les paiements nécessaires au remboursement de sa dette extérieure) les actionnaires et les principales compagnies pétrolières US ont la possibilité de prendre possession des actifs pétroliers vénézuéliens.

Cette politique pro-US a fait du Venezuela une oligarchie latino-américaine typiquement polarisée. Quoique le Venezuela soit nominalement très riche en réserves de pétrole, sa richesse a été concentrée dans les mains d’une oligarchie pro-US qui a laissé le soin de son développement national à la Banque Mondiale et au FMI. La population indigène, en particulier sa minorité raciale rurale et sa sous-classe urbaine, a été exclue du partage des richesses pétrolières du pays. Le refus arrogant de l’oligarchie de partager ces richesses ou même de rendre le Venezuela auto-suffisant en produits de première nécessité a fait de l’élection d’Hugo Chavez une issue naturelle.

 

Le Saker : Pourriez-vous esquisser les grandes lignes des diverses réformes et changements apportés par Hugo Chavez ? Qu’a-t-il fait de bien et qu’a-t-il fait de mal ?

 

Michael Hudson : Chavez a essayé de restaurer une économie mixte au Venezuela en se servant des revenus du gouvernement – principalement ceux du pétrole, bien sûr – pour développer les infrastructures et pour consacrer les dépenses intérieures à la santé publique, à l’éducation et à l’emploi, pour élever le niveau de vie et la productivité de son électorat.

Ce qu’il n’a pas été en mesure de faire, c’est assainir la pratique profondément enracinée des détournements de fonds et des pots-de-vin dans le secteur pétrolier. Et il n’a pas été capable d’endiguer l’évasion des capitaux par l’oligarchie qui a transporté ses richesses et elle-même à l’étranger.

Ce n’est pas quelque chose qu’il a « mal fait ». Parce qu’il faut très longtemps pour redresser la mise en coupe réglée d’une économie, alors que les USA usent d’une foule de « sanctions » et de sales tours pour en saboter le processus.  

 

Le Saker : Quelles sont, à votre avis, les causes de la crise économique actuelle au Venezuela ? Celle-ci est-elle principalement due aux erreurs de Chavez et de Maduro ou au sabotage, à la subversion et aux « sanctions » US ?

 

Michael Hudson : Il était totalement hors de question que Chavez et Maduro pussent poursuivre une politique pro-vénézuélienne visant à atteindre l’indépendance économique sans provoquer la fureur, la subversion et les « sanctions » des États-Unis. La politique étrangère de l’Amérique reste aussi focalisée sur le pétrole qu’elle l’était quand elle a envahi l’Irak sous le régime de Dick Cheney. La politique US consiste à traiter le Venezuela comme une simple extension de l’économie US avec un excédent commercial en pétrole à dépenser aux États-Unis ou une épargne à transférer dans les banques US. En imposant des « sanctions » qui empêchent le Venezuela  d’avoir accès à ses dépôts bancaires aux États-Unis et aux actifs de  CITCO, propriété d’État, les USA font en sorte que le Venezuela soit dans l’incapacité de rembourser sa dette extérieure. C’est le contraindre de force à une faillite, que les diplomates US espèrent utiliser comme excuse pour mettre la main sur les ressources pétrolières du Venezuela et pour saisir ses actifs à l’étranger, tout à fait comme les fonds spéculatifs de Paul Singer ont tenté de le faire avec les actifs à l’étranger de l’Argentine.

Comme la politique US sous Kissinger était de « faire hurler l’économie » du Chili, elle fait de même aujourd’hui avec le Venezuela. Les USA se servent de ce pays comme d’un exemple pour avertir les autres pays de ce qu’il pourra leur en coûter s’ils ne laissent pas siphonner leurs excédents économiques par les investisseurs US.

 

Le Saker :À votre avis, que devrait faire Maduro maintenant (à supposer qu’il reste au pouvoir et que les USA ne le renversent pas), pour sauver l’économie vénézuélienne ?

 

Michael Hudson : Je ne vois rien que le président Maduro devrait faire qu’il ne fasse pas déjà. Au mieux, il doit rechercher des soutiens à l’étranger et, ainsi, démontrer au monde entier la nécessité d’un système économique et financier international alternatif.

Il a d’ailleurs commencé à le faire en essayant de retirer l’or du Venezuela de la Banque d’Angleterre et de la Réserve Fédérale américaine. Ceci est en train de tourner à la « guerre asymétrique », avec la menace de dé-sanctifier l’étalon-dollar dans la finance internationale. Le refus de l’Angleterre et des États-Unis de laisser un gouvernement élu contrôler ses actifs à l’étranger a pour but de faire savoir au reste du monde que, seuls, les diplomates et les Cours US peuvent contrôler et contrôleront les pays étrangers comme s’ils étaient de simples extensions du nationalisme US.

Le prix à payer pour l’attaque économique US contre le Venezuela est donc la fracture du système monétaire international. La manœuvre défensive de Maduro montre aux autres pays la nécessité de se protéger pour ne pas devenir « un autre Venezuela », en se trouvant d’autres refuges et d’autres agents payeurs pour leur or, leurs réserves de change et le financement de leur dette extérieure, loin des zones dollar, sterling ou euro.

La seule manière, pour Maduro, de se battre avec succès est de le faire au niveau institutionnel, de mettre la barre encore plus haut en portant la lutte « hors du cadre et des sentiers battus ». Son plan – et bien entendu c’est un plan de longue haleine – doit être d’aider à catalyser un nouvel ordre économique international, indépendant du dollar-étalon US. Il ne peut marcher à brève échéance que si les États-Unis croient pouvoir émerger de cette lutte en honnête intermédiaire financier, en système bancaire honnête et en  honnête soutien des régimes démocratiquement élus. L’administration Trump est occupée à détruire toute illusion de ce genre plus totalement que ne pourrait le faire n’importe quel critique anti-impérialiste ou rival économique !

À plus longue échéance, Maduro doit développer l’agriculture vénézuélienne, plus ou moins comme les USA ont protégé et développé leur agriculture par la législation du New Deal dans les années 1930 – services d’assistance à l’extension agricole, caisses de crédit rurales, conseils en semences, organisations de marketing d’État pour l’achat des récoltes et la fourniture d’outillage mécanique, et le même genre de soutien des prix qui a été longtemps utilisé aux États-Unis pour subventionner les investissements au niveau des exploitations et augmenter la productivité.

 

Le Saker : Qu’en est-il du plan pour l’introduction d’une crypto-monnaie ? Est-ce que ce sera une alternative efficace au bolivar vénézuélien mourant ?

 

Michael Hudson : Seul un gouvernement national peut émettre une monnaie. Une « crypto » monnaie liée au prix du pétrole deviendrait un véhicule spéculatif, sujet à manipulations et à fluctuations considérables des prix, sous l’action des vendeurs et des acheteurs à terme. Une monnaie nationale doit se baser sur la capacité de lever l’impôt, et la source d’impôts principale du Venezuela, qui est le pétrole, est actuellement bloquée par les États-Unis. Ce qui fait que la situation présente du Venezuela est identique à celle de l’Allemagne sortant de son hyper-inflation des années 1920. La seule solution possible implique un soutien à la balance des paiements. Il semble bien qu’un tel soutien ne viendra que du dehors de la sphère « dollar ».

La solution à une hyperinflation doit être négociée diplomatiquement et être soutenue par d’autres gouvernements. Mon histoire du commerce international et ma théorie financière Trade, Development and Foreign Debt (« Commerce, développement et dette extérieure ») décrit le problème des réparations allemandes et montre comment l’hyperinflation de l’Allemagne a été résolue par le Rentenmark.

L’impôt sur la rente économique du Venezuela frapperait nécessairement le pétrole, les sites immobiliers de luxe, les prix monopolistiques et les hauts revenus (surtout les revenus financiers et ceux des monopoles [souvent multinationaux, ndt]). La charpente d’une telle taxe et d’une politique financière adéquate requiert une logique. Il y a un demi-siècle que j’essaie d’expliquer comment s’y prendre pour atteindre l’indépendance monétaire, donc politique. La Chine est en train d’appliquer cette politique avec beaucoup d’efficacité. Elle est capable de le faire parce que son économie est vaste et auto-suffisante en produits de première nécessité et qu’elle possède suffisamment de surplus à l’exportation pour payer ses importations alimentaires. Le Venezuela n’est pas du tout dans une situation de ce genre. C’est pourquoi il se tourne vers la Chine dont il espère un soutien.

 

Le Saker : Quelle aide lui apportent la Chine, la Russie et l’Iran, et dans quelle mesure ces pays peuvent-ils l’aider ? Croyez-vous que l’aide conjointe de ces trois pays peut réussir à neutraliser les sabotages, la subversion et les « sanctions » US ?

 

Michael Hudson : Aucun de ces trois pays ne possède en ce moment la capacité de raffiner le pétrole vénézuélien. Il leur est donc très difficile d’accepter d’être payés en pétrole vénézuélien. Seul un contrat de fourniture à long terme (payé à l’avance) serait réalisable. Et même dans ce cas, que feraient la Chine et la Russie, si les États-Unis s’emparaient tout simplement de leurs biens au Venezuela ou refusaient par exemple de laisser les compagnies pétrolières russes prendre possession de CITCO ? La seule réponse, dans ce cas, serait de saisir les investissements US dans leurs propres pays, en guise de compensation.

La Chine et la Russie sont au moins capables de fournir un mécanisme de compensation interbancaire autre que le SWIFT, de sorte que le Venezuela puisse contourner le système financier US et empêcher les autorités et les actionnaires US de s’emparer à volonté de ses avoirs. Et, bien entendu, elles peuvent offrir des abris sûrs où conserver ce que le Venezuela réussirait à arracher de son or à New York et à Londres.

Par conséquent, si on se tourne vers l’avenir, il est nécessaire que la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres pays se mettent d’accord pour instituer une nouvelle Cour internationale apte à émettre des jugements dans la crise diplomatique en cours, ses conséquences financières et militaires. Il faut qu’une telle Cour – et sa banque internationale associée, en remplacement du FMI et de la Banque Mondiale contrôlés pars les USA – ait une idéologie claire, pour encadrer un jeu de principes relatifs aux droits nationaux et internationaux, avec pouvoir d’imposer et d’appliquer ses jugements.

Ceci mettrait les stratèges financiers US devant le seul choix (s’ils continuaient à traiter le FMI, la Banque Mondiale, l’ITO et l’OTAN  comme des extensions de la politique extérieure de plus en plus agressive des USA) d’isoler les États-Unis. L’Europe devra choisir soit de rester un satellite économique et militaire des USA, soit d’unir son destin à l’Eurasie.

Cependant, Daniel Yergin rapporte dans le Wall Street Journal du 7 février que la Chine serait en train de tenter d’assurer ses arrières en ouvrant des négociations en coulisses avec le groupe de Guaido, dans le but, apparemment, d’obtenir le même marché qu’elle a obtenu du gouvernement Maduro. Mais un marché de ce genre aurait peu de chances de se voir honorer dans la pratique, étant donnée l’animosité US envers la Chine et la totale sujétion de Guaido au soutien secret US.

 

Le Saker : Le Venezuela a gardé beaucoup de son or en Angleterre et de ses fonds aux USA. Comment Chavez et Maduro ont-ils pu faire confiance à ces pays ou est-ce qu’ils n’avaient pas d’autre choix ? Y a-t-il des alternatives en remplacement de New York et de Londres, ou ces deux places sont-elles la seule possibilité qui existe pour les Banques Centrales du monde ?

 

Michael Hudson : Il n’y a jamais eu aucune confiance dans la Banque d’Angleterre ou dans la Réserve Fédérale, mais il paraissait impensable qu’elles refuseraient un jour de laisser un dépositaire officiel retirer l’or qui lui appartient. La devise courante est « Faire confiance et vérifier ». Mais la mauvaise volonté (ou l’incapacité) de la Banque d’Angleterre à vérifier signifie que l’impensable est arrivé. Ces banques centrales ont-elles vendu cet or à terme dans le Pool de l’Or post-Londonien et les marchés en matières premières qui lui ont succédé, en essayant de maintenir les prix de l’or au plus bas, pour tenter de sauvegarder l’apparence d’un  dollar-étalon solvable ?

Paul Craig Roberts a expliqué comment ce système fonctionne. Il y a des marchés à terme pour les monnaies, les actions et les obligations. La Réserve Fédérale peut offrir d’acheter des actions à trois mois, à, disons 10% au-dessus du prix courant. Des spéculateurs achèteront ces actions en enchérissant sur le prix, de façon à tirer parti de la promesse des « marchés » de les acheter. Si bien qu’au bout de trois mois, le prix aura monté. C’est en grande partie comment le « Plunge Protection Team » US a soutenu jusqu’ici le marché boursier américain.

Ce système fonctionne en sens inverse pour maintenir les prix de l’or au plus bas. Les banques centrales qui détiennent de l’or peuvent s’entendre pour vendre de l’or à trois mois à bas prix. « Le marché » se rendra compte que, si on vend l’or à bas prix, il n’y a aucun intérêt à acheter de l’or et donc à en faire monter le prix. C’est ainsi que le marché des règlements à terme façonne le marché d’aujourd’hui.

La question qui se pose est : les acquéreurs d’or (comme les gouvernements de la Russie et de la Chine) ont-ils acheté tellement d’or que la Réserve Fédérale et la Banque d’Angleterre aient été obligées de réellement exécuter leurs ventes à terme et d’épuiser ainsi progressivement leur or ? Dans ce cas, elles auraient « vécu au jour le jour », maintenant les prix de l’or au plus bas aussi longtemps que possible, en sachant qu’une fois que le monde reviendrait au taux de change de l’or d’avant 1971 pour les règlements inter-gouvernementaux des déficits en balance des paiements, les USA se retrouveraient à court d’or et seraient incapables de maintenir leurs dépenses militaires d’outremer (sans parler de leur déficit commercial et des désinvestissements étrangers dans les marchés boursiers et obligataires US).

Le refus de l’Angleterre et des États-Unis de payer ce qu’ils doivent au Venezuela signifie que les réserves d’or d’autres pays peuvent aussi être prises en otage par la politique américaine, et même que des jugements, par des Cours US, peuvent adjuger leur or à des créditeurs étrangers ou à quiconque introduirait une action en justice contre eux devant les lois US.

Cette prise d’otages transforme en urgence pour les autres pays la nécessité de déveloper une alternative viable, surtout à l’heure où le monde dé-dollarise et où un étalon de change-or reste la seule possibilité d’imposer des limites au déficit de balance des paiements d’origine militaire des USA ou à celui de n’importe quel pays se lançant dans une attaque militaire. Un empire militaire est très coûteux – et l’or est une contrainte « pacifique » apte à imposer des limites aux déficits de paiements d’origine militaire. (J’explique clairement les détails de tout ceci dans mon Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire  Super Impérialisme : la stratégie économique de l’empire américain ») de 1972, mis à jour en allemand sous le titre Finanzimperium en 2017.

Les USA ont trop présumé en détruisant l’ordre financier mondial centré sur le dollar. Cet ordre a permis aux États-Unis de devenir « la nation exceptionnelle » capable de gérer le déficit de leur balance-des-paiements et une dette extérieure qu’ils n’ont aucune intention (ou aucune possibilité) de rembourser, en prétendant que les dollars semés à tout vent dans leurs dépenses militaires lointaines « fournissent » aux autres pays les réserves de leurs banques centrales (réserves détenues sous forme de prêts – en actions et obligations – du Trésor US) pour financer le déficit du budget US et ses dépenses militaires, de même d’ailleurs que le déficit, très largement militaire,  de la balance-des-paiements US.

Étant donné que l’U.E. agit comme une succursale de l’OTAN et du système bancaire US, cette alternative serait de s’associer à l’Organisation de coopération de Shanghaï et que l’or soit mis en sécurité en Russie ou en Chine.

 

Le Saker : Que peuvent faire les autres pays d’Amérique Latine tels que la Bolivie, le Nicaragua, Cuba et peut-être l’Uruguay et le Mexique, pour aider le Venezuela ?

 

Michael Hudson : La meilleur chose que puissent faire les pays voisins est de s’associer pour participer à la création d’un véhicule dont le but soit de promouvoir la dé-dollarisation et, dans la foulée, à celle d’une institution internationale dont la tâche soit de surveiller l’apurement des dettes qui dépassent les capacités de remboursement des pays, sans leur imposer des programmes d’austérité qui détruisent automatiquement leurs économies.

On a grand besoin aussi d’une alternative à la Banque Mondiale, qui accorderait des prêts en monnaies nationales, surtout pour subventionner les investissements dans la production intérieure de produits alimentaires, de manière à protéger les économies des « sanctions » étrangères, équivalent actuel des sièges militaires qui forçaient jadis une place à se rendre en affamant sa population. Cette Banque Mondiale pour l’Accélération Économique mettrait en tête de ses objectifs le développement de l’auto-suffisance de ses membres, au lieu de promouvoir la concurrence à l’exportation qui, en accablant les emprunteurs d’une dette extérieure, les expose au chantage financier dont le Venezuela est aujourd’hui victime.

En sa qualité de pays catholique romain, le Venezuela pourrait faire appel à un soutien papal pour obtenir l’effacement de sa dette extérieure, mais aussi pour la création d’une institution internationale chargée de surveiller la capacité de remboursement des pays débiteurs, sans que leur soient imposées l’austérité, l’émigration, la dépopulation et la privatisation forcée de leurs domaines publics..

Deux principes internationaux sont nécessaires.

Le premier – Aucun pays ne devrait être forcé de rembourser sa dette extérieure dans une monnaie (comme le dollar ou ses satellites) dont le système bancaire agit pour en empêcher le remboursement.

Le second – Aucun pays ne devrait être obligé de rembourser une dette extérieure qui lui fasse perdre son autonomie en tant qu’État : le droit de déterminer sa propre politique étrangère, de lever l’impôt et d’émettre sa propre monnaie, et celui de ne pas avoir à privatiser ses actifs publics pour rembourser des créditeurs étrangers.

Le Saker :  Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Source : https://thesaker.is/saker-interview-with-michael-hudson-on-venezuela-february-7-2019/

Source d’origine : http://www.unz.com/tsaker/saker-interview-with-michael-hudson-on-venezuela/

Traduction : c.l pour Les Grosses Orchades

 

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 14:39
 Syndicat France Police - Policiers en colère

Avant tout le monde, France Police - Policiers en colère a alerté l'opinion publique sur l'incroyable répression ordonnée contre les manifestants Gilets jaunes par la Macronie.

Notre syndicat de police a été le premier à introduire dans le débat public les notions de blessures de guerre et de mutilations suite à une lettre ouverte adressée au premier ministre Edouard Philippe.

Au moins 133 enquêtes visant nos collègues pour des faits supposés de violences policières sont actuellement diligentées par l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN).

Que nos collègues ne s'y trompent pas, personne ne les soutiendra et surtout pas les syndicats de police, tous macronistes jusqu'à l'os. Le ministre de l'Intérieur Castaner a d'ailleurs personnellement exigé que les 133 enquêtes aillent vite..

Comme il serait facile en effet de vite passer à la moulinette nos collègues instrumentalisés par le pouvoir politique pour mieux dédouaner les donneurs d'ordres et faire oublier que cette terrible répression n'est pas celle de la police mais celle d'une poignée d'individus détenant toute la puissance publique entre ses mains.

Selon le Canard Enchaîné, lors de l'acte 13 à Paris, un casseur particulièrement connu de la direction du renseignement de la Préfecture de Police a été interpellé très tardivement en fin de manifestation après avoir, à lui seul, multiplié les saccages dans la capitale.

Selon l'hebdomadaire satirique, nos collègues du renseignement en filature auraient demandé

l'intervention d'un détachement d'action rapide (DAR) pour interpeller le casseur d'ultragauche mais la hiérarchie policière n'aurait pas donné suite, faute d'effectifs disponibles.

Etonnant de se retrouver en manque d'effectifs lorsque l'exécutif annonce un dispositif d'au moins un policier pour un manifestant à en croire les chiffres officiels..

Au moins 8.000 interpellations pour 1.800 condamnations depuis le 17 novembre, à minima 2.000 blessés chez les manifestants pour 1.200 du côté des forces de l'ordre selon les chiffres du gouvernement.

On déplorerait une vingtaine d'éborgnés, cinq mains arrachées et près de 200 blessures à la tête selon un comptage indépendant.

Et là ? Des enquêtes IGPN rapides seront-elles ouvertes pour faire toute la lumière sur la gestion délétère de certains maintiens de l'ordre par l'autorité administrative elle-même ?

Syndicat France Police - Policiers en colère | 16 février 2019 à 9 h 12 min | Catégories : Non classé | URL : https://wp.me/p7V30P-I2

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 13:54

Alors que l'acte 13 des Gilets jaunes se profile, Sputnik France a reçu François Boulo, le Gilet jaune qui monte. Avec l'avocat de 32 ans, il a été question de grève générale, syndicats, violences policières, médias et "foulards rouges". Entre critique acerbe du gouvernement et évolution du mouvement, entretien avec une grande gueule éloquente.

«Le mouvement des Gilets jaunes constitue la pointe avancée de la lutte. Que l'ensemble des énergies qui voudraient s'agréger le fasse derrière le mouvement.»

François Boulo a 32 ans, il est avocat et est en train de devenir une des figures incontournables des Gilets jaunes. Au même titre que le chauffeur routier Éric Drouet, il a l'écoute d'une bonne partie des contestataires aux vestes fluo. Porte-parole des Gilets jaunes de Rouen, il multiplie les passages dans les médias sans perdre de sa crédibilité auprès du mouvement. Un sondage réalisé sur les réseaux sociaux par Éric Drouet le place largement en tête comme meilleur «représentant à la télé». Il faut dire que l'avocat est à l'aise à l'oral, lui qui a été finaliste du concours d'éloquence de la conférence du stage au barreau de Rouen en 2014. Un talent qui lui permet de diffuser les revendications des Gilets jaunes.

Invité par Sputnik France, il a livré sa vision de l'évolution du mouvement, qui passera selon lui par la grève générale et illimitée. Nous avons également parlé du début d'alliance de circonstance formée avec les syndicats, des violences policières, des «foulards rouges», du traitement médiatique de la fronde sociale et de son avenir politique. Place au débat.

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 10:23

Estimation de la participation à l’acte 12 des Gilets jaunes à 16 h : 290.000 manifestants à travers toute la France selon le syndicat France Police – Policiers en colère

2 février 2019Syndicat France Police - Policiers en colère

 

Notre syndicat de police félicite le service d’ordre interne des Gilets jaunes à Paris pour avoir expulsé du cortège une vingtaine de casseurs à 11H55 à l’angle Félix Eboué – avenue Daumesnil.

Navigation des articles

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 13:34

18:13 31.01.2019(mis à jour 09:24 01.02.2019) URL courte

Fabien Buzzanca

11300

Spuntik France a reçu Gabriel Serville, député de Guyane, dans le cadre du grand débat national. Avec lui, nous avons abordé les problématiques liées à sa collectivité et ce presque deux ans après le mouvement social qui a frappé la Guyane. Il nous a également livré son sentiment sur la gestion par le gouvernement de la crise des Gilets jaunes.

«La priorité, c'est l'éducation. Je crois que tout passe par l'éducation et par la formation.»

Gabriel Serville, député de la première circonscription de Guyane, considère que le temps des débats doit laisser place à l'action. Il ne répondra pas présent à l'invitation lancée par Emmanuel Macron à plusieurs élus d'outre-mer à venir à Paris le 1er février pour le grand débat national. En 2018, les États généraux de Guyane avaient fait suite au mouvement social qui avait frappé le département et région. De nombreux débats avaient également eu lieu pour les Assises de l'outre-mer. Un événement qui «n'a pas abouti à grand-chose» pour le député. Il demande de mettre le paquet sur l'éducation dans un territoire à la population jeune et où le taux de chômage est très élevé. Formation, délinquance, coût de la vie, développement durable, Gabriel Serville a analysé pour Sputnik France les problématiques guyanaises. Il nous parle également de la loi anticasseurs, qu'il juge «démocraticide» et d'un Président de la République dont «la priorité n'est pas de redorer le porte-monnaie des petites gens». Entretien.

NB: Très bon début d'analyse qui néanmoins s'arrête au milieu du chemin car un pays, tel la France, dont toute les décisions aux plans financier et économique  sont tenues de respecter les critères de Maastricht; qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour combler les écarts de ressources entre les différentes composantes des territoires qu'elle est censée administrer en est réduite à déshabiller Pierre pour habiller Paul ou et à faire croître son déficit budgétaire.

Pour Macron , le président des riches , la solution  consiste  réduire la protection sociale et détricoter le code du travail pour faire baisser les salaires et regagner des parts de marché à l'international mais tous les pays occidentaux font de même , ça ne peut fonctionner, et ne fait qu'ajouter à la précarité de l'emploi et au mal vivre d'une part toujours de plus en plus importante de la population d’où le mouvement des gilets jaunes que tous les mécontents du système doivent rejoindre, à tout le moins soutenir car il y va de l'intérêt du plus grand nombre.

Les européistes, dont les communistes,  accédant  au pouvoir , après  multiplié les promesses préélectorale seraient contraints de se renier , de faire la même politique que leurs prédécesseurs, ou de se démettre à défaut de nous avoir émancipé des contraintes de Bruxelles pour retrouver notre souveraineté monétaire. Jack Freychet

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 08:34

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 10:23

Réinformation source plus sure

POOL/AFP / Ludovic MARIN

Le président Emmanuel Macron s'exprime lors d'une rencontre avec quelque 600 maires du Sud-Ouest, le 18 janvier 2019 à Souillac

"Je vous mets en garde, monsieur le président : il ne faudra pas que ce débat devienne le grand bluff !": des maires ont averti Emmanuel Macron vendredi que les mots seuls ne suffiraient pas à mettre fin à la crise des "gilets jaunes", à la veille de l'acte 10 du mouvement.

Le chef de l'Etat avait souhaité mardi un débat "sans tabou". Des élus l'ont pris au mot, lors de la deuxième grande consultation organisée devant plus de 600 maires des 13 départements d'Occitanie, à Souillac (Lot).

Le premier a été le président de l'association des maires ruraux du Lot, Christian Venries, qui a prononcé un sévère réquisitoire contre le président et ses prédécesseurs. Ce grand débat, est-ce "une opération de com', une mascarade, de l'enfumage?", s'est interrogé le maire de Saint-Cirgues, en fustigeant les "lois complètement déconnectées", qui sont "pondues dans les bureaux parisiens".

"J'espère que vous n'êtes pas dans la posture du +dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer+". "Il faut arrêter de jeter en pâture les plus faibles", a-t-il lancé au chef de l'Etat, qui prenait des notes, assis au premier rang.

Sur un ton plus mesuré, parfois teinté d'humour, d'autres élus ont égréné les doléances de leurs concitoyens, tout en remerciant le président d'être venu. "Quand on va au contact dans cette terre de rugby, ça a du sens", a salué l'un d'eux.

En introduction, Emmanuel Macron a souhaité que cette consultation nationale ait pour "vocation de recréer par la délibération, cette part de consensus dont nous avons besoin".

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/19752455615d4dcd2c94c97ae0292bfd223641d2.jpg

 

AFP / Pascal PAVANI Heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Souillac dans le Lot avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le 18 janvier 2019

Au premier rang des préoccupations exprimées par les maires figure l'affaiblissement des services publics dans les campagnes, qui se sentent défavorisées. "L'internet haut débit et la 4G font défaut (...). Malgré les assurances d'Orange, les travaux prennent du retard", a dénoncé Agnès Simon-Picquet, maire des Junies, qui demande à l'Etat de "contraindre les opérateurs à tenir les engagements". Une requête applaudie par l'assistance.

L'émotion a ensuite été palpable lorsque Emmanuel Macron et les 600 maires se sont levés et ont longuement applaudi l'édile de Trèbes, commune de l'Aude frappée en 2018 par un attentat ayant fait quatre morts et une crue ayant tué six personnes en octobre.

- "Macronneries" -

Souillac avait été placée sous très haute sécurité. Ce qui n'a pas empêché des dizaines de manifestants - "gilets jaunes", retraités locaux et jeunes masqués - de venir protester : "Manu, arrête tes macronneries, tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat", clamait une banderole des "gilets jaunes aveyronnais en colère".

POOL/AFP / LUDOVIC MARIN

 

Emmanuel Macron lors d'une visite surprise dans une école de Saint-Sozy, près de Souillac, le 18 janvier 2019

Le matin, des heurts ont opposé les manifestants aux forces de l'ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et procédé à deux interpellations, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Comme mardi dans l'Eure, le chef de l'Etat a effectué avant ce rendez-vous une visite surprise dans la matinée, cette fois dans une école de Saint-Sozy, à une quinzaine de kilomètres de Souillac. Accompagné de deux ministres, il a notamment discuté avec des parents, des élèves de CE1-CE2, et signé des autographes sur les cahiers de cours.

À la sortie de l'école, le président a longuement échangé avec des habitants, notamment une étudiante infirmière, qui l'a interpellé sur le handicap, et des retraités. "Je ne suis pas sourd, c'est pour ça que je vais au contact", a répondu le président à un artisan.

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 10:09
«Arrêtez de stigmatiser, d'opposer, de mépriser»

© AFP 2018 Ludovic MARIN / POOL

France

21:15 18.01.2019(mis à jour 21:16 18.01.2019) URL courte

36611

«Casse-toi, pauvre con» et maintenant «des illettrés qui n’ont pas de permis», lors de la deuxième étape du grand débat, un maire a passé en revue les phrases «stigmatisantes» que font entendre des Présidents de la République à l’encontre du peuple. «Mais il faut vraiment arrêter de jeter en pâture les plus faibles», a-t-il demandé.

Le maire de Saint-Cirgues, commune du Lot, Christian Venriès a reproché au Président de la République et à ses prédécesseurs quelques-unes des phrases qu’ils avaient prononcées ou qu’on leur avait attribuées, créant ainsi la polémique. Comme il l’a souligné, ces expressions méprisantes ne suscitent que violence et incompréhension.

«Arrêtez de stigmatiser, d'opposer,  de mépriser  parce que cela ne fait que générer de l’incompréhension et de la violence. Nous avons eu Monsieur Sarkozy («Casse-toi, pauvre con»), nous avons eu monsieur Hollande ("Les sans-dents") et vous maintenant ("Les salariés de GAD, des illettrés qui n'ont même pas de permis"). Une gare, c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien», a-t-il lancé ce vendredi lors de la deuxième étape du grand débat.

https://fr.sputniknews.com/france/201901181039694393-maire-macron-arretez-stigmatiser/

Et de poursuivre:

 «Vous traitez ceux qui ne sont pas d’accord avec vous de fainéants, de cyniques et d’extrêmes, on doit être nombreux, et cette semaine les gens en situation de difficulté, on va les responsabiliser, car il y a ceux qui vont bien et ceux qui déconnent. Mais enfin, monsieur le Président, mais il faut vraiment arrêter de jeter en pâture les plus faibles, les plus précaires et les plus démunis».

«Je ne stigmatise personne», lui a répondu Emmanuel Macron, ajoutant que, selon lui, la société pouvait «parfois conduire à sortir des phrases de son contexte».

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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 10:27

Le Grand Débat de monsieur est avancé…
par Descartes

vendredi 18 janvier 2019, repris sur Comité Valmy

 

http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/armes_letales_vs_gl2.jpg

« On ne se refait pas », dit la sagesse populaire, et c’est vrai. La lecture de la lettre du président de la République publiée par l’ensemble des médias et destinée à lancer le « Grand Debat » ne nous apprend rien de bien nouveau sur notre président et ses idées. Ni sur la forme, ni sur le fond ce document ne marque une rupture avec le style, avec la pensée présidentielle. Tout juste peut-on y lire un effort surhumain pour montrer une humilité qui est souvent absente dans ses interventions. Mais pour le reste, rien que du classique. Y compris dans la pauvreté du style.

Le document m’a déçu. Non pas que j’attendisse l’annonce d’un changement de politique, ni même des mesures concrètes répondant à la colère populaire qui se manifeste depuis neuf semaines. Mais je m’attendais au moins à un document ayant un certain souffle, une certaine hauteur, un certain style. Et qu’est ce qu’on a ? Un document dont la première partie est digne d’un – mauvais – devoir scolaire et dont la deuxième partie est une alternance d’affirmations à l’emporte-pièce et d’une litanie de questions qui évitent soigneusement d’aborder les points fondamentaux pour se concentrer sur le symptôme.

Mais commençons par le commencement. C’est-à-dire, le devoir de l’élève Macron sur le thème « Pourquoi il faut être fier d’être Français ». Vous vous souvenez sans doute que l’élève en question, dans des devoirs précédents, avait déjà plusieurs exprimé tout son mépris à l’égard de notre pays et de ses habitants – comparés à des « gaulois réfractaires au changement », vous vous en souvenez sans doute – et qu’il avait manifesté sa volonté de les changer pour en faire des Américains dynamiques – la « start-up nation » en anglais dans le texte – ou des Allemands disciplinés. Il semblerait que le petit Emmanuel ait décidé de faire amende honorable. Celui qui n’a de cesse de nous expliquer que nous devrions faire comme les Américains, comme les Allemands, comme les Finlandais et que sais-je encore nous dit maintenant que « la France n’est pas un pays comme les autres » et que cela est un motif évident d’être « fier d’être Français ». Quitte à surjouer la partition : ainsi, par exemple, on apprend dans cette lettre que dans notre pays « les difficultés de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés (sic), grâce à l’effort partagé par tous », ce qui ne manquera pas de surprendre les chômeurs fort nombreux dans notre pays qui attendent quelquefois plusieurs années avant de « surmonter » cette petite « difficulté de la vie ». Ou bien que « chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune ». Macron vit-il vraiment dans le même pays que le reste de nos concitoyens ?

J’ignore si le mouvement des « gilets jaunes » sauvera la France, mais il a en tout cas déjà fait au moins un miracle : grâce aux « gilets jaunes », Macron s’est mis à aimer la France. Fini le Macron qui fustigeait le conservatisme français qui empêche les « réformes », l’égalitarisme français qui empêche les « premiers de cordée » de réaliser leur potentiel, les spécificités françaises qui empêchent l’insertion du pays dans la globalisation à l’anglo-saxonne. Grâce à l’occupation des ronds-points et les manifestations hebdomadaires, Macron a découvert la richesse qu’est notre passion égalitaire, notre réactivité toute gauloise… D’autres, plus cyniques, diront que le président a su faire de nécessité vertu, que ce n’est pas la conviction mais la peur qui a provoqué ce changement de discours, qu’il ne faut pas confondre avec un changement d’opinion. Des méchants, sans doute…

Mais une fois qu’on a été fiers ensemble, il faut passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire, au « grand débat ». Grand débat qui se trouve qualifié dans le texte présidentiel de « national ». Comme quoi, la nation semble faire son grand retour dans le discours macronien, alors que l’Europe sort discrètement par la porte de derrière. C’est d’ailleurs l’élément le plus remarquable de cette « lettre », celui qui montre peut-être le mieux une prise de conscience : alors qu’il n’y a pas si longtemps Macron ne voyait pas d’autre avenir pour notre pays qu’une intégration de plus en plus étroite dans l’Union Européenne, la question est totalement absente de la lettre. Le texte ne contient aucune référence à la construction européenne, à l’Union européenne, aux institutions européennes, à la construction européenne, aux traités européens. Et si on fait référence ici ou là timidement à notre « projet national et européen » ou au fait de porter nos questions « au niveau européen et international », aucune des questions posées pour orienter le débat ne porte sur ce sujet. Si pour Macron le fait d’être « fier d’être Français » s’impose comme une évidence, il est clair que la fierté d’être Européen n’est plus à l’ordre du jour.

Mais la question que la lettre ne permet pas de trancher est celle de savoir ce que son auteur entend précisément par « débat ». Car les mots ont un sens : un « débat » est une confrontation dans laquelle les participants échangent arguments et contre-arguments, dans le but d’exposer une démonstration et de convaincre un auditoire. Ce n’est ni une « consultation », qui est du registre de l’expression, ni un « vote », qui est du registre de la décision. Le problème, c’est que l’auteur de la lettre a beaucoup de mal à choisir entre ces trois registres.

Ainsi, à certains moments la lettre semble indiquer que l’objectif du « grand débat » est la consultation des citoyens : « C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici attendue, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance (…) » (c’est moi qui souligne). On se situe donc dans une logique de consultation : les citoyens sont appelés à une « expression personnelle » de leurs opinions, leurs priorités. Il ne s’agit pas d’argumenter et de convaincre, mais d’exprimer une vérité subjective qui, comme toute vérité subjective, est hors du champ de l’argumentation et donc du débat.

A d’autres moments, on semble se placer dans une logique de décision : « Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines ». Car répondre à une question implique de choisir parmi toutes les réponses possibles celle qui sera retenue. Mais comment un « débat » au sens véritable du terme pourrait « répondre à une question » ? Certains argumenteront une position, d’autres argumenteront une position contraire. Et à la fin du débat, certains auront changé d’avis, d’autres pas. Mais il y aura toujours plusieurs réponses possibles à la question posée. Comment le « débat » pourrait-il trancher entre toutes ces réponses ? Alors que l’objectif fixé implique une décision, aucune procédure de ce type n’est prévue. Pire, elle est exclue, puisqu’il est explicitement indiqué que le « débat » n’est « ni une élection, ni un référendum » et que les conclusions du « débat » seront tirées par le gouvernement.

En fait, à la lecture de la lettre on s’aperçoit que le processus proposé est tout sauf un véritable « débat ». L’idée d’argumentation, de conviction, de persuasion est totalement absente du texte. Le rôle décisionnaire étant exclu, il ne reste plus du « grand débat » qu’un grand forum d’expression. Cet exercice, inédit selon ses organisateurs, est en fait dans la droite ligne des grands et petits débats publics organisés régulièrement partout en France sur les sujets les plus divers depuis des années. Et a chaque fois, c’est le même scénario : une suite d’interventions, généralement préparées à l’avance et par conséquence n’apportant ni argumentation ni contradiction les unes aux autres. Ce sont des exercices d’expression ou chacun vient pour exposer sa marotte, pour dire sa vérité, pas pour écouter celle des autres. Et pour peu qu’on pratique souvent, on finit par connaître par cœur les gens qui s’expriment, car c’est toujours les mêmes : militants politiques locaux, associatifs, enseignants… et comme leurs marottes changent peu, on sait ce qu’ils vont dire avant qu’ils ouvrent la bouche. On imagine mal comment, à partir de tout ce matériel – on peut imaginer le travail de rédaction du compte-rendu d’une telle réunion – on arrivera à produire quelque chose.

Il n’y a aucune raison de penser que le « grand débat national » auquel on est conviés par le président de la République puisse être autre chose. Tout simplement parce que le vrai débat, qui met en jeu argument et contre-argument, nécessite une longue préparation, une formation des participants, et n’est donc raisonnablement concevable que sur une question très précisément délimitée. Cela suppose par exemple de fournir aux « débatteurs » des dossiers analysant les questions mises sur la table, les explications des experts – éventuellement leurs désaccords. Le débat sur le Traité constitutionnel européen en 2005 eut cette qualité, et on a pu observer d’ailleurs comment les arguments des uns et des autres ont emporté la conviction et changé le résultat. Mais imaginer qu’on puisse en deux mois faire un débat productif sur des questions aussi vastes que l’organisation de l’Etat ou la fiscalité, sujets en plus extrêmement techniques… non, ce n’est pas sérieux.

La préparation d’un véritable débat exige par ailleurs une rigueur dans le traitement des faits et des concepts. On ne peut pas commencer le débat avec des affirmations approximatives ou fausses. Exemple : pour préparer les questions sur la transition écologique, le président écrit : « Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports ». Cette affirmation est tout simplement fausse : pour le moment, les moyens de chauffage, les carburants et les transports « sales » sont moins coûteux que les alternatives « propres ». A performance égale se chauffer au charbon est moins cher que se chauffer au bois bio ou que faire des dépenses d’isolation, conserver son vieux diesel est plus économique qu’acheter une nouvelle voiture fut-elle électrique. Raconter que la transition écologique permet de gagner sur le plan environnemental à coût nul, c’est se moquer du monde.

Quant aux questions posées pour guider le débat… elles sont surtout intéressantes par le nombre de prémisses cachées qu’elles contiennent, et qui illustrent assez bien les préjugés qui sont ceux de Macron mais aussi de la classe à laquelle il appartient. L’exemple le plus amusant concerne la fiscalité. La question est ainsi libellée : « Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? ». Pour le rédacteur de cette question il est évident que pour « rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace » il faut réduire les impôts. L’idée qu’on pourrait réduire certains impôts et en augmenter d’autres ne semble pas l’avoir effleuré…

Comme souvent, les questions les plus révélatrices sont celles qui manquent. Rien sur la rémunération du travail – comme si le pouvoir d’achat était une simple question de fiscalité. Rien sur l’éducation, l’industrie, la recherche, la sécurité, le cadre de vie. Rien sur les rapports avec les institutions européennes. La législation du travail, les politiques de l’emploi et la lutte contre le chômage, sont absentes en dehors d’une question cryptique sur « Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ? ». On aurait bien envie d’ailleurs de savoir ce qu’est ce « pacte social » qu’il s’agirait de mieux organiser (1).

En d’autres termes, si l’on suit le questionnaire proposé par le président on ne parlera surtout pas des thématiques lourdes qui touchent la vie et l’avenir des Français, les plus modestes comme les autres. A la place, on pourra utilement échanger sur des sujets aussi vitaux pour notre avenir que le fait de savoir si le vote blanc doit être reconnu, si le vote doit être rendu obligatoire, quelle est la bonne dose de proportionnelle et s’il faut limiter le nombre d’élus, tous sujets qui passionnent les militants et les élus mais qui laissent parfaitement indifférents les neuf dixièmes de nos concitoyens. Sur l’immigration, on nous propose de débattre sur l’intégration – mais surtout pas sur l’assimilation – et sur l’intérêt de fixer des quotas pour l’immigration légale, vieille mesure poudre aux yeux venue de la droite alors que le véritable problème se situe du côté de l’immigration clandestine et du regroupement familial.

Mais le plus glaçant sans doute est de constater qu’au détour d’une phrase le président expose une vision de la citoyenneté particulièrement étriquée : « Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen ». Non, monsieur le président, être citoyen c’est bien plus que ça. C’est participer à la vie démocratique dans un parti, dans un syndicat, dans une association. C’est de contrôler l’action des gens qu’on a élus en usant du droit de pétition, de manifestation, de grève. C’est aussi se présenter aux élections et exercer un mandat – car, aussi surprenant que cela puisse vous paraître, les élus sont aussi des citoyens. C’est enfin, last but not least, de remplir les devoirs qui sont attachés à la qualité de citoyen. Car même si cela peut vous surprendre, être citoyen, ce n’est pas seulement avoir des droits…

le 15 janvier 2019

Descartes
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"pro rege saepe, pro patria semper"

(1) On se croirait revenus aux années 1960, quand travail et capital se partageaient les fruits de la croissance sous la houlette d’un Etat-arbitre. Mais de ce « pacte » il ne reste plus rien : nous avons aujourd’hui un capital qui dicte sa loi, et un Etat dont la fonction essentielle est d’expliquer au monde du travail qu’il faut accepter le diktat sous peine de perdre la bataille de la « compétitivité » et donc de perdre des emplois. De quel « pacte social » parle-t-on quand des salariés sont mis devant le choix entre sacrifier leurs salaires et leurs conquêtes sociales ou le chômage ?

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 17:44

C'est noyer le poisson le débat est déjà corseté  vidé de sa substance: L'ISF ne sera pas rétabli. Donner  toujours  plus au plus riches, à ceux qui n'investissent pas en France, rechercher le maximum de profit  à l'étranger et courir les paradis fiscaux creuse le déficit de la balance commerciale.

Soyons lucides. L'économie française souffre de l'insuffisance du pouvoir d'achat qui pousse à l'achat de produits importés et du taux de l'euro qui handicape nos exportations. Il nous faut impérativement retrouver notre souveraineté monétaire.

Secondement la transition énergétique est un leurre, un piège à cons. Il y a toujours eu au fil des âges des variations de températures sur la planète qui n'avaient rien d'entropiques, ça n'a pas changé. Depuis 25 ans la température est restée stable malgré l'augmentation de gaz à effet de serre, n'oublions pas non plus l'optimum médiéval. Lutter contre les pollutions oui, réduire la part du nucléaire est une ânerie il faut par contre développer la recherche dans ce domaine pour développer des technologies toujours plus sures. La recherche est d'ailleurs sur le point d'aboutir  mais nos dirigeants n'en parlent pas.

Macron et ceux qui le conseillent, les transnationales économiques et financières, sont des hommes et des femmes de la droite la plus radicale c'est à dire extrême. Les partis dits de gauche ont tous perdu leurs repères.

Il nous faut rapidement jeter les bases d'une alternative économique ainsi que nous y incitent confusément les  gilets jaunes. Ce n’est plus de l’ordre du débat mais une nécessité.

Addendum: Ce texte a été remis ce jour 14/01/2919 en mairie de Villiers sur orge à une employée administrative j'y avais préalablement indiqué manuscritement que j'étais disponible pour tout échange. J'ai demandé si d'autres interventions avaient été réceptionnées il m'a été répondu par l'affirmative par contre  il m'a été refusé de les consulter le dossier étant entre les mains de madame le maire absente. Il s'agit de toute évidence d'un déni de démocratie, d'une  censure, l'un et l'autre étant inscrits dans les gènes de madame Leroux.

Jack Freychet

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 11:03

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 09:39

Souverainisme de conviction,
souverainisme d’opportunité

Par Descartes

repris sur Comité Valmy

 

http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/marianne-souverainete_democratie.jpg

 

Si j’avais écrit ce texte il y a seulement quelques jours, il aurait certainement été très différent. Encore une illustration du fait que, comme disait Harold Wilson, « a week is a long time in politics » (« en politique, une semaine c’est longtemps »). Il y a une semaine, l’alliance souverainiste entre la Lega et le M5S se voyaient refuser la possibilité de former un gouvernement sur le refus du président italien de nommer un anti-euro au ministère de l’économie, et on s’acheminait vers de nouvelles élections qui dans ces conditions avaient tout d’un référendum sur l’Euro. En une semaine, tout à changé : les « souverainistes » ont accepté de mettre de l’eau dans leur vin, nommant un économiste certes eurosceptique mais acceptable pour Bruxelles et pour les marchés au ministère de l’économie. Plus de référence à l’Euro dans le programme, et plus d’élections à l’horizon. Les « souverainistes » auront donc tout le temps de s’user au pouvoir en faisant une politique qui n’est pas la leur.

Je ne suis pas un expert ni même un connaisseur de politique intérieure italienne, et mes propos ne sont donc que ceux d’un observateur attentif et rien de plus. Cependant, on retrouve dans le drame italien des points communs tellement significatifs avec d’autres expériences partout en Europe, qu’il faut s’interroger sur la vraie nature du populisme « souverainiste ». Car ce n’est pas la première fois qu’un parti, qu’une alliance hostile à l’Euro recule devant l’obstacle dès que la perspective d’accéder au pouvoir – et même à un certain pouvoir – est proche. Marine Le Pen, pour ne donner qu’un exemple, a eu la même réaction entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un peu comme si la sortie de l’Euro était un rêve dont on se débarrasse dès que la réalité du pouvoir est proche.

La tragédie du souverainisme, c’est qu’il n’y a pas de partis politiques dont le souverainisme soit un souverainisme de conviction. Les partis dits souverainistes n’adoptent souvent cette position pour des raisons purement opportunistes (1). Le rejet de la supranationalité et la défense de la souveraineté nationale n’est pas chez eux une conviction profonde, mais le résultat d’un calcul purement électoral : puisqu’il y a un secteur important de l’électorat – notamment des couches populaires – en déshérence politique et de plus en plus sceptique devant le discours des eurolâtres, des politiciens ambitieux cherchent à le récupérer en tenant un discours souverainiste. Mais sans pour autant adhérer intellectuellement.

Les conséquences de cet état de fait sont dramatiques. Non seulement la pensée souverainiste est portée par éclipses, pervertie pour faire place aux éléments idéologiques disparates portés par les mouvements qui l’adoptent, mais surtout on tend à l’abandonner au fur et à mesure qu’on se rapproche du pouvoir, c’est-à-dire, du moment où il faudra traduire ses paroles en actes. Beaucoup de ces souverainistes en peau de lapin ne veulent pas en leur for intérieur la sortie de l’Euro, ou si l’on veut être plus charitable, ne la croient pas possible. Et dans tous les cas, ils ne sont pas prêts à en prendre le risque.

L’exemple le plus achevé de ce double discours est probablement Jean-Luc Mélenchon. Le chef des « insoumis » est considéré en effet – et cela malgré une histoire politique qui témoigne du contraire – comme un « souverainiste ». Que propose-t-il ? Une « rupture avec les traités européens ». Mais cette « rupture » est-elle le début d’un projet souverainiste ? Que nenni. Cette « rupture » n’annonce en rien le rejet du principe de supranationalité. Mélenchon s’accommode parfaitement d’une Europe supranationale, à condition qu’elle soit « sociale et écologique ». C’est pourquoi il ne propose pas une sortie franche des traités, mais un « plan A » qui consiste à négocier de nouveaux traités établissant une « autre Europe » tout aussi supranationale que celle que nous avons aujourd’hui. Ce n’est qu’en cas d’échec de cette négociation qu’on se résignerait à mettre en œuvre un « plan B » impliquant une sortie de l’UE et de l’Euro. En autres termes, le projet souverainiste n’est pas la solution préférée, mais un pis-aller dans le cas où la solution supranationale serait impossible. Et il y a de bonnes raisons de penser que le « plan B » n’est là que pour attirer les électeurs souverainistes de gauche égarés, et qu’il serait abandonné sans vergogne au cas où le pouvoir approcherait. Et ce n’est pas là un procès d’intention : Dans sa longue vie politique, Mélenchon n’a été « souverainiste » que dans l’opposition, et redevenu eurolâtre chaque fois qu’il a été du côté du pouvoir.

On peut lire les derniers évènements en Italie à la lumière de ce qu’on peut appeler « souverainisme opportuniste ». L’alliance Lega-M5S aurait pu rester ferme et forcer des élections à la fin de l’année qui auraient eu du fait du conflit avec le président Matarella le caractère d’un référendum pour ou contre l’Euro. Mais faire cela, c’était amorcer un processus qui pouvait les conduire à devoir gérer une sortie de l’Euro. Alors que c’est tellement plus commode pour le couple Salvini-Di Maio de profiter des ors de la Répubique tout en faisant ce que font tous les politicards : beaucoup promettre et rien faire ou plutôt laisser faire ceux qui à Bruxelles prétendent faire notre bonheur à notre place.

Plus je le pense, et plus je suis convaincu que la sortie « politique » de l’Euro ou de l’UE ne sera pas le fait de dirigeants politiques sincèrement convaincus que c’est la voie à emprunter, et soutenus par une opinion publique consciente et informée. Le système politico-médiatique tel qu’il est ne laisse aucune place pour les politiciens de conviction. La génération qui aujourd’hui a entre 40 et 60 ans n’aura produit ni un Jean-Pierre Chevènement, ni un Philippe Seguin, eux-mêmes deux politiques marginalisés au sein de leur propre camp. Et elle ne les a pas produit parce que le système de sélection qui conduit aux plus hautes responsabilités écarte impitoyablement ceux qui auraient des convictions. Les convictions, les principes sont des boulets qui vous entrainent inévitablement vers le fond. Pour atteindre le sommet, mieux vaut éviter d’en être lesté. Et ce n’est pas notre président « en même temps » qui me contredira.

Et pourtant, je suis optimiste. Parce que, comme disait Lénine, les faits sont têtus. Chaque jour qui passe montre de façon plus éclatante l’échec du projet d’une Europe supranationale. Et cet échec conduit probablement à une crise qui provoquera l’effondrement de l’édifice malgré tous les efforts pour le sauver. La seule question sera alors de savoir si nos politiques sont suffisamment intelligents pour se préparer à l’inévitable, ou s’ils persisteront à se boucher les yeux et les oreilles au risque d’être balayés par la crise.

Pour ceux que mon discours laissera sceptiques, je propose quelques considérations, quelques indicateurs qui montrent qu’une crise est devant nous. Pour commencer, il y a la question de la dette. En effet, la politique d’austérité voulue par les Allemands et voulue par la Commission n’a pas réussi à endiguer la montée des dettes publiques. Pratiquement tous les grands pays de la zone Euro ont vu leurs dettes publiques augmenter en proportion de leur PIB malgré les tours de vis successifs. Même la Grèce, soumise pourtant à une austérité drastique, voit sa dette dériver pour atteindre 180% de son PIB. L’Italie avec 130%, la France et l’Espagne frôlant les 100% sont à peine moins bien loties. Et rien n’indique que le processus doive s’arrêter. Lorsque la conjoncture se retournera – et beaucoup d’indicateurs montrent qu’on arrive à la fin du cycle de croissance – cette dette deviendra un fardeau insupportable. Et tôt ou tard il faudra que les créanciers se résignent au fait que leurs créances ne seront pas payées. Car il n’y a pas d’exemple dans l’histoire ou des dettes d’une telle proportion aient été remboursées.

Mais il y a aussi une crise de confiance, et pas seulement dans les couches populaires. Même le patronat le plus libéral commence à s’apercevoir que le projet européen échoue à protéger leurs intérêts. Ce qui est en train de se passer en Iran est de ce point de vue très intéressant. Malgré les rodomontades de la « diplomatie européenne » avec ce « ministre des affaires étrangères » qu’on nous avait tant vanté lors de la signature du traité de Lisbonne, les entreprises françaises quittent l’une après l’autre – hier c’était Total, aujourd’hui c’est Peugeot – l’Iran, effrayées par les sanctions que les Américains pourraient leur infliger en représailles. Mais, me direz-vous, qu’est devenu cette « Europe de 350 millions de citoyens », ce « premier marché du monde », dont la puissance devait protéger les intérêts de nos entreprises là où la France toute seule serait impuissante ? De toute évidence ni Total, ni Peugeot, ni la BNP n’y croient. Si ces entreprises quittent l’Iran, c’est parce qu’elles anticipent – et l’expérience va dans leur sens – que l’Europe ne fera absolument rien pour les protéger. L’Europe est un continent de vieux riches, qui n’aspire qu’à la tranquillité et ne veut pas d’ennuis. Or, la volonté de peser sur les affaires du monde, cela coute de l’argent et amène des tracas. Autant se trouver un protecteur puissant qui vous assurera la paix en échange de votre soumission. « L’Europe qui protège » n’existe que dans l’imagination de ceux qui veulent y croire.

Les républicains de conviction ne pesaient pas grande chose en 1789. Quelques années plus tard, on coupait la tête au roi. Les régicides de 1792 n’étaient pas tant des républicains de conviction que des républicains d’opportunité, qui après avoir fait tous les efforts pour essayer de sauver la monarchie ont compris qu’il n’y aurait pas de paix civile aussi longtemps que Louis XVI serait vivant. En cela ils étaient les dignes descendants des régicides qui en 1649 avaient exécuté Charles Ier d’Angleterre pour les mêmes raisons et qui n’étaient eux non plus des républicains de conviction. Dans les deux cas, la monarchie de droit divin ne s’est jamais remise. Il se pourrait bien que le projet supranational ait le même sort, abattu non pas par des souverainistes de conviction, mais par des opportunistes entraînés par les circonstances. C’est moins satisfaisant pour l’intellect, mais qu’importe le flacon…

Descartes
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"pro rege saepe, pro patria semper"

(1) L’exception ici est l’Angleterre, où il existe un courant souverainiste de conviction qui s’exprime d’ailleurs dans tous les partis politiques, et qui repose sur une vision des rapports de l’Angleterre avec le reste du monde qui façonne l’histoire britannique depuis le temps d’Elizabeth Ière…

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 14:05
repris sur Comité Valmy

Quand Daech ajoute des victimes à sa tragique litanie d’attaques par des « loups solitaires » et/ou des « réseaux » – à Manchester, à Paris, Londres, Nice, Berlin – l’Occident fulmine contre ces « perdants malfaisants » (copyright Donald Trump).

 

Quand la formidable machine militaire de l’Occident ajoute des victimes à sa tragique litanie de « dommages collatéraux » – à travers la Libye, le Yémen, la Somalie, les zones tribales du Pakistan – le silence règne. Pas de noms de victimes musulmanes en Unes.

 

Quand les forces par procuration de l’OTAN-CCG ajoutent des victimes à leur litanie de massacres prémédités – à travers la Syrie, l’Irak – les responsables sont excusés parce que ce sont « nos » rebelles « modérés » et des « combattants de la liberté ».

 

Cette logique perverse, inexorable, ne changera pas. Au contraire, s’y est ajouté un déni de réalité supplémentaire quand le président Trump a déclaré à un monde effaré, via son rédacteur de discours, l’islamophobe Stephen Miller, que tout est de la faute de l’Iran.

 

Trump a émis cette profession de foi en prêtant serment sur un globe terrestre lumineux niché à Riyad, la matrice de toutes les formes de terrorisme wahhabite ou salafiste.

 

Et il a émis cette profession de foi juste après avoir vendu un nouveau stock d’armes, pour plusieurs millions de dollars, à la clinquante maison théocratique totalitaire des Saoud.

 

Ces armes seront utilisées par la maison des Saoud pour effacer le Yémen de la carte ; aggraver une guerre fratricide entre sunnites et chiites sur tous les fronts possibles, et donner un pouvoir de nuisance accru à leurs « combattants de la liberté » en Syrie.

 

Il n’est jamais superflu de répéter, encore et encore, que Daech et la maison des Saoud sont les deux faces cadavériques de la même pièce frappée de la même tête de gorgone ; une théocratie totalitaire à imposer nolens volens, y compris par le djihad.

 

Les « élites » et l’État profond des USA, aussi bien que du Royaume-Uni, ne l’admettront jamais. Tant de contrats de ventes d’armes, si peu de temps.

 

Et qui, dans le monde occidental, paie au prix du sang la dépravation de ce cercle vicieux ?

 

Des jeunes filles à Manchester. Des jeunes filles à Manchester. Pour citer tristement Morissey et Marr, des Smiths, au sommet de leur gloire : « Des landes fraîchement fleuries de lilas/ne peuvent pas cacher la puanteur de la mort ».

 

Le califat déterritorialisé

Les stratèges de Daech se moquent éperdument du globe terrestre lumineux – le centre de contre-information – de Riyad (et la maison des Saoud aussi, au passage). Terrés dans une salle d’attente du désert du « Syrak », impatients de recevoir leur tout nouveau matériel américain – appelons ça le tunnel clandestin saoudien – ils ont imaginé de nouvelles tactiques.

 

Que ce soit à Mossoul ou Raqqa, Daech n’est par resté oisif à attendre son extermination. Protégés par des tribus locales loyales et pieuses, des ingénieurs expérimentés et des techniciens ont été envoyés au milieu de nulle part, dans le désert qui s’étend à travers le « Syrak ».

 

La stratégie a été mise au point à Sirte, en Libye, dans les montagnes du Sinaï, et aujourd’hui dans le « Syrak ». Parce que le champ de bataille privilégié, aujourd’hui, est la terre infidèle d’Europe.

 

Sur le front occidental, Daech peut compter sur des myriades de résidents de l’UE prêts à se muer en djihadistes, radicalisés sur Internet, et à travers un réseau de mosquées et de madrassas financées par les habituels riches et généreux donateurs du Conseil de coopération du Golfe.

 

L’auteur de l’attentat de Manchester correspond à un profil bien défini : né au Royaume-Uni, d’ascendance libyenne, avec une connexion indirecte (des supposés voyages secrets en Libye) avec l’acheminement clandestin du Takfiristan Libye-Syrie approuvé en son temps par Hillary Clinton. La connexion implique un passage d’al-Qaïda à Daech, parce que la route clandestine originelle était le fait du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), une entité affiliée à al-Qaïda et totalement soutenue par Washington et Londres.

 

Et ensuite, Daech peut compter sur les spécialistes qui dirigent en arrière-plan.

 

Toutes les agences de renseignements occidentales avaient prévu qu’il y aurait quelque chose comme un total de 6000 djihadistes tués en Libye à cette étape. En fait, pas vraiment ; seulement quelques centaines. C’est la conséquence d’une retraite organisée – qui a libéré Daech et lui a permis de mener des missions de recherche et de destruction ciblées ; de la guérilla du désert. A mesure de l’avancée de la guerre civile en Libye, Daech trouvera des moyens sûrs de transférer de nouvelles vagues de djihadistes expérimentés à travers la Méditerranée.

 

Ceux qui ont été abandonnés à leur sort à Mossoul posent un problème différent. Des documents trouvés dans l’université de Mossoul détaillent un programme artisanal de production d’armes chimiques, développé sur place, y compris avec des expériences sur des prisonniers. Pour conduire de telles expériences, il faut des spécialistes – dont nombre peuvent être occidentaux. Où sont-ils ? Ils ont été transférés vers le milieu de nulle part, dans le désert du « Syrak », entre Deir ez-Zor et Al-Qaïm.

 

La propagande reste omniprésente. La dernière vidéo de Daech, sortie la semaine dernière, montre des djihadistes occidentaux, y compris un Américain, Abou Hamza al-Amriki. Ils en appellent à la vengeance après que des « femmes et des enfants aient été tués par des bombardements sauvages américains ». Ainsi, selon leur logique, il est « juste » de tuer des civils occidentaux – y compris des filles de Manchester.

 

La vidéo montre aussi du nouveau matériel artisanal de Daech fabriqué dans la région de Mossoul – de drones jusqu’à des lance-roquettes faits maison.

 

Ainsi, stratégiquement, Daech s’adapte vite à un nouveau champ de bataille ; tout est dorénavant une question de combattre les missiles et les bombes au phosphore des « croisés » avec des vagues de plus en plus importantes d’attentats-suicides menés par des terroristes isolés.

 

Daech peut bien avoir été expulsé, ou être en voie d’expulsion, de Falloujah, Sirte, Mossoul et Raqqa. Arrive le califat déterritorialisé ; des cellules fantômes dans des zones désertiques au long de l’Euphrate, dans le désert libyen, dans les montagnes du Sinaï.

 

Cela va beaucoup plus loin qu’une bataille de Mossoul ou qu’une bataille à Raqqa.

 

Cela va beaucoup plus loin qu’une politique de Flingues-contre-Dollars menée par l’administration Trump au profit d’un complexe militaro-industriel avide de dollars.

 

Cela va beaucoup plus loin qu’un Trump ignare à un point létal, qui croit qu’un « OTAN arabe » sunnite composé de despotes du pétrodollar obsédés par la destruction de l’Iran chiite – et de leurs alliés – est destiné à ouvrir la voie à la « paix » entre les Arabes et Israël.

 

Daech se moque de toutes ces nuances géopolitiques. Les fils prodigues du djihadisme salafite-wahhabite sont aujourd’hui des Morts-vivants déterritorialisés. Pour une habile répartition des tâches, c’est une habile répartition des tâches ; pendant que leurs progéniteurs se goinfrent d’armes américaines, leur mission d’extension de la puanteur de la mort se développe à travers l’Occident.

Pepe Escobar
26 mai 2017

Paru sur Sputnik News sous le titre Daesh and the West’s Solid Stench of Death

Traduction Entelekheia
 

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