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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 09:56

Par Thierry Meyssan

Pendant que la presse atlantiste persiste à projeter sur Donald Trump les débats artificiels qu’Hillary Clinton a imposés durant la campagne et que se multiplient les appels à assassiner le président élu, celui-ci se prépare à changer de paradigme, à renverser l’idéologie puritaine qui domine son pays depuis deux siècles. Mais peut-il réussir ?

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 15 novembre 2016

Donald Trump et le général Michael T. Flynn

 

La presse internationale tente de nous persuader que les électeurs de Donald Trump ont exprimé une révolte des Petits Blancs face aux élites. Elle ne fait en réalité que prolonger le discours d’Hillary Clinton que, précisément, ces électeurs ont rejeté. Elle refuse d’envisager que le clivage actuel n’ait aucun rapport avec les thèmes qu’elle a traités durant cette campagne.

 

Pourtant, nous avons tous vu une nouvelle ligne de fracture apparaître non pas entre les deux grands partis, mais en leur sein. De nombreux leaders républicains ont soutenu Clinton et quelques leaders démocrates Trump. Bernie Sanders vient même de lui proposer ses services. De même, l’analyse des votes en fonction des appartenances communautaires (femmes, hispaniques, noirs, musulmans, gays, etc.) n’a pas plus de sens. Bien que l’on nous ait rabâché que voter Trump, c’était voter pour la haine des minorités, au moins un tiers des minoritaires a voté pour lui.

 

 

Quelques journalistes tentent de s’appuyer sur le précédent du Brexit, alors même qu’ils avaient été identiquement surpris par celui-ci et incapables de l’expliquer. Si l’on analyse en fonction des précédents étrangers, on doit au moins tenir compte des élections surprises de Narendra Modi en Inde et de Rodriguo Dutertre aux Philippines (une ancienne colonie états-unienne).Malgré la propagande, les Britanniques n’ont pas voté contre les Européens, les Indiens contre les musulmans, et les Philippins contre les Chinois. Au contraire, chacun de ces trois peuples cherche à sauver sa propre culture et à vivre en paix. Bien que responsable des émeutes anti-musulmanes du Gujarat, en 2002, Narendra Modi a tendu la main au Pakistan, persuadé que les problèmes entre les deux pays ont été organisés et entretenus par les puissances coloniales. De même, Rodriguo Dutertre a-t-il provoqué la stupeur en se rapprochant de l’« ennemi » chinois.

 

J’expliquais, il y a quelques semaines, dans ces colonnes [1] que le clivage qui divise les États-Unis n’est déterminé ni par les appartenances ethniques, ni par les classes sociales, mais par l’idéologie puritaine. Si cette explication est juste, nous devrions assister à une lutte existentielle des partisans de cette idéologie face à l’administration Trump. Tout ce qu’entreprendra le nouveau président sera systématiquement saboté. D’ores et déjà, les manifestations sporadiques contre le résultat de l’élection attestent que les perdants ne respecteront pas les règles de la démocratie.

 

Plutôt que de réfléchir à la manière dont nous pourrions tirer avantage de l’administration Trump, nous devrions nous demander comment nous pouvons l’aider à réussir à libérer son pays de son propre impérialisme, à mettre fin au monde unipolaire et à la « doctrine Wolfowitz » ; comment nous pouvons substituer la coopération à l’affrontement.

 

Alors que la presse états-unienne spécule sur les nominations possibles de personnalités de l’administration Bush au sein de l’administration Trump, nous devons anticiper le rôle politique que joueront les cadres commerciaux de la Trump Organisation, les seuls en qui il puisse avoir confiance.

 

Nous devons nous appuyer sur le général Michael T. Flynn qui, quoique démocrate, fut le principal conseiller en politique étrangère et de défense durant sa campagne. Commandant du Renseignement militaire, de la Conférence de Genève 1 à la conquête de l’Irak par Daesh, il n’a cessé de combattre le président Obama, la secrétaire d’Etat Clinton, les généraux David Petraeus et John Allen, et Jeffrey Feltman à propos de l’usage des jihadistes et du terrorisme pour maintenir l’impérialisme états-unien. Qu’il soit conseiller de Sécurité nationale, directeur de la CIA ou secrétaire à la Défense, il sera le meilleur allié de la paix au Levant.

Thierry Meyssan

Source
Al-Watan (Syrie)

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 16:36

Par Jean marie Bourget dimanche 13 novembre 2016

Repris sur http://oumma.com/223911/france-remet-un-prix-de-journalisme-a-un-adorateur-da

 

Tare professionnelle, les journalistes sont trop modestes. Ce qui compte pour eux ce n’est rien d’autre que le combat pour que la vérité aboutisse, et arrive à temps pour le « 20 heures ». Ainsi la presse a trop peu évoqué le palmarès du dernier Prix Bayeux, des récompenses attribuées aux « correspondants de guerre ». Un vocable désuet qui désignait jadis des journalistes qui tuaient le temps sur les champs de bataille. Je ne comprends pas la pudeur de mes confrères ? Pourtant cette année le jury s’est distingué en récompensant, sans hésiter, un compagnon de route du Djihad mondial. Un choix qui aurait mérité plus de lignes, plus de mots.

 

L’heureux confrère, primé pour un reportage signé en commun avec Clarissa Ward de CNN, porte le nom de Bilal Abdul Kareem. Et ce n’est pas n’importe qui. Né en 1970 à New York, Bilal se rêve d’abord acteur. Plutôt que l’écran, il crève la faim. Dans sa pérégrination, en 1997, il déménage à Brooklyn, par hasard près d’une mosquée, et c’est la révélation. Bilal devient un fou de Dieu. Tant même que certains lui accordent le titre d’imam…

 

Il passe ses jours et ses nuits entre le Coran et la grammaire arabe. L’envie de mieux vivre sa vocation le pousse à s’installer au Soudan, à Khartoum, ville bénite où le Congrès Islamique Mondial a son rond de serviette.

 

Un peu mieux nourri de religion, Bilal part alors pour l’Egypte. A force de pratiquer le Tafsïr, c’est-à-dire l’exégèse du Livre, il poursuit son chemin vers la sainteté. D’une sacristie l’autre, le voilà en contact avec les gardiens des Lieux saints. Une télé saoudienne lui propose un job, il va sans dire dans une chaine très halal qui vit au rythme de la prière. Hélas, sans doute sur un désaccord de doctrine, notre confrère quitte la télé et part au Rwanda pour y tourner un documentaire. Le maniement de la vidéo ne fait pas oublier les voies du Seigneur au converti. Le 5 novembre 2009 quand, à l’intérieur du camp de Fort Hodd au Texas, l’officier Nidal Malick Hasan flingue 13 de ses propres collègues, le vidéaste Bilal -par le biais du site « Révolution Islamique »- poste une auto interview signée AIM Films. Le contenu est simple : il approuve la tuerie texane. Pour Bilal le geste de Hasan est « un acte de guerre et non une action terroriste ou criminelle ». Dans la foulée de son aspiration à un Djihad mondialisé, il soutient les rebelles tchétchènes au point que son nom est cité lors d’un procès lié à un marché d’armes.

 

En 2012 la guerre en Syrie arrive à temps puisque Bilal se sent pousser, à lui seul, les ailes d’une brigade internationale. Il s’installe sur le champ de bataille, et assez vite à Alep. Inutile de se laisser pousser la barbe, il l’a longue depuis des mois.  Là sa maison devient une rédaction tenue par un seul homme-orchestre, notre courageux confrère photographie, écrit, blogue, filme. Bilal a la chance d’être le seul « correspondant » accrédité, supporté par les djihadistes, il a le monopole. Médusé par cet homme protée le monde des médias occidentaux lui passe parfois commande. Avoir des nouvelles fraîches de ces rebelles –forcément modérés – est une chose utile.



En novembre 2015, après les massacres de Paris, en tant que phare de la pensée islamique, Bilal rend son jugement : « Je ne condamne les crimes de Paris que si l’on condamne les crimes commis par les tueurs français contre des musulmans innocents ». Un propos venu du front, assez cohérent, mais peu fait pour enthousiasmer les rescapés du Bataclan ou les actionnaires de CNN. Et c’est ainsi que le Prix Bayeux a été décerné à un compagnon de route de tous les salafistes, sauf ceux de Daech. Amnesty International, l’organisation humanitaire qui patronnait ce « Deuxième Prix catégorie TV », doit être enchantée d’avoir porté des lauriers au front de ce magnifique filleul.

 

Décidément l’automne est la période de grande forme pour notre « correspondant de guerre »… Ne voilà-t-il pas, il y a un an, que Bilal Abdul Kareem, sur Facebook relié en forum, répond à 29 questions posées par le web planétaire. Nous nageons là en pleine onction, les mots sont ponctués de références au Coran et au Prophète. De la rude pensée de Bilal, j’ai extrait le bonus qui va suivre.

 

Nous attaquons par une spéculation sur la composition du futur gouvernement de la Syrie, celui qui sera mis en place par les rebelles qui prendront Damas. Le lauréat du Prix Bayeux répond : « Le danger serait alors l’installation d’un nouveau pouvoir qui ne représenterait pas toutes les forces islamiques ».

 

Pas une syllabe pour les mécréants qui, nous dit-on, se battent pour l’avènement d’une démocratie sans Allah. A propos du comportement du groupe Ahrar Asham -une chapelle composée de barbares dont les chefs sont issus d’Al-Qaïda- notre confrère constate que ses frères-là « ont fait couler plus de sang que ce que l’on peut imaginer ». Mais que, sans eux la Révolution « ne serait pas où elle en est. Sans eux elle serait morte ». Bilal Abdul Kareem, le collaborateur de CNN, apprécie vraiment ces sympathiques guerriers qui forment « un groupe très influent qui a fait beaucoup pour le peuple syrien ».

 

A la question posée sur ceux qu’il considère comme de « vrais moudjahidin », Bilal répond : « Tous les groupes islamiques sauf ISIS (Daech) ont plus de vertus que de torts. Je ne peux en distinguer un seul ».

 

A un internaute qui s’étonne de ce que les rebelles de Jaish al islam exposent sur les places publiques des familles enfermées dans des cages, le compréhensif confrère répond : « Je ne suis pas d’accord avec eux mais je sais pourquoi ils ont fait ça. Les bombardements d’Assad et de la Russie transformant leurs familles en pudding, ils utilisent comme boucliers humains ceux qu’ils considèrent comme des supporters du régime. Je n’approuve pas mais je comprends. » Vous avez noté je « n’approuve pas ».

 

Et Al-Nosra, autre succursale d’Al-Qaïda n’est pas absente dans le cœur de Abdul Kareem : « Quand ils réussissent, c’est l’ensemble des factions rebelles qui réussit ». L’avenir ? Bilal le voit en vert : « Le Syrie est un pays musulman qui doit être gouverné par des musulmans. Ici la démocratie est une notion étrangère qui ne peut fonctionner. »…

 

Pourtant, en place de Bachar, Hollande, Obama et Camerone nous ont promis la mise en place d’hommes libres et démocrates… Au terme de la Révolution, ce sera donc Allah. Allah, et la charia, bien sûr. Une sainte charia qui n’est pas l’horreur décrite par les Croisés d’Occident. Mais « qui est d’abord le moyen de faire adhérer toute la Oumma, le monde islamique, au futur régime de Damas. Oui les rebelles adoptent et adopteront la charia dès qu’ils auront repris toute la Syrie ».

 

Sur l’organisation des groupes islamistes, notre journaliste-généralissime s’exprime en guerrier. C’est normal. Il se réjouit de la création d’un comité militaire commun sous l’enseigne de Jaysh Al Fateh, un parapluie qui n’accueille que des unités ayant prêté allégeance à Al-Qaïda « c’est beaucoup plus efficace ». Comment les Syriens vivent-ils l’action et la présence de ces groupes armés ? Très bien : « Les Syriens qui vivent avec Ahrar (milice sponsorisée par l’Arabie et le Qatar) supportent Ahrar, les autres, s’ils sont dans un secteur pris en main par Al-Nosra (Al-Qaïda), se comportent de la même façon ».

 

Ainsi, selon le pigiste de CNN, vivre la guerre à Alep, sous la douce et clairvoyante férule des salafistes, c’est un temps de bonheur.Œcuménique, amis de tout barbu, Abdul Kareem a quand même sa préférence. A lui. C’est Al- Nosra, donc le groupe vassal d’Al-Qaïda. Pour Abdul Kareem ces gens sont, si l’on peut dire, des types au poil. « Il gouverne de larges zones de Syrie… Pour différentes raisons il y a des gens qui n’aiment pas Al-Nosra, mais la réalité est que cette organisation est une part importante dans le conflit et qu’elle a rendu un grand service au peuple syrien ». Dommage que Ben Laden ne soit plus là pour lire un entretien aussi revigorant.

 

« Correspondant de guerre », à contre temps, essentiellement quand les canons grondent moins, le vénéré Jean-Claude Guillebaud, prince de la conscience bonne, président du jury de Bayeux versus 2016, a donc eu la main heureuse en distinguant un journaliste qui est un modèle : engagement total, courage, abnégation, publication sur supports multiples, notes de frais ridicules. Finalement ce dont rêve Bolloré (et autres) pour « I Télé ».

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:30

Repris sur site Librairie Tropiques 12 Novembre 2016

 

 

 

Désormais avéré et notoirement démontré par les circonstances et le contexte de la "surprise" Trump, le formatage idéologique (inepte et servile) de nos médias et de la classe dirigeante qu'ils servent, ce sont les anarchistes "vrais" (donc rationalistes) qui en parlent le mieux. C'est à dire aussi bien que les experts compétents (et généralement de droite) commentant les errements chaotiques et l'amateurisme aveugle de nos élites actuellement "aux affaires", singulièrement  en matière militaire et géopolitique "appliquée".

 

Ainsi devons nous à l'excellent chroniqueur attitré de la coopérative — la plus vieille d'Europe— de Longo Maï, observateur lucide et compétent qui signe "laconique", ce billet, tiré de sa chronique "L"ire des chênaies", qu'il nous a aimablement autorisés à relayer et où il commentait, un peu avant le "coup de tonnerre" électoral américain, les constats alarmants déjà rapportés dans l'article -de Caroline Galacteros-  sur un thème connexe que nous avions reproduit ici, il y a quelques semaines .

 

Story telling et culte de la personnalité en guise d’analyse

Super la soirée théma d’Arte sur les années Obama! Un chef-d’œuvre de documentaire qui remplace avantageusement Nounours, son marchand de sable et son «bonne nuit les petits». Il y était développé trois thématiques, «l’Obamacare», les tensions sécuritaires intérieures (racisme, petits massacres récurrents…) et la situation au Proche-Orient que j’ai suivies avec attention. On y cueille tout de même des indications sur les manières dont les décisions se prennent, mais surtout en creux les informations sur lesquelles il est de bon ton, de faire l’impasse (l’ambition officielle US de «redessiner la carte du Moyen-Proche-Orient»,comme Daech, par ex.), ou de surfer rapidement (les dissensions flagrantes et inquiétantes entre Maison-Blanche et Pentagone), ou d’évoquer comme des certitudes alors qu’elles sont le sujet de très sérieuses controverses, pas mêmes signalées (l’attaque chimique du 13 août 2013 évidemment attribuée «à l’armée de Bachar»).

 

L’infantilisation narrative se joue très sérieusement en une sorte de télé-réalité différée avec une flopée de vrais-faux témoins qui nous racontent dans le détail ce qu’ils ont envie de nous faire savoir des réunions qui se sont tenues dans le bureau ovale avec le président, ses doutes, ses réactions, et ses commentaires. Ils racontent très bien tous ces conseillers, conteurs, raconteurs que l’on ne nous présente même pas (à savoir quels lobbies ils représentent par exemple). En «com» ils sont vraiment très bons, rien à dire. Façonner l’image d’un Obama toujours tiraillé, sympathique, plus humain que ça tu meurs, ça laisse peu de place à la critique, mais ils ne sont pas là pour ça. Inutile d’évoquer ces réunions du mardi matin où Obama et ses conseillers CIA and Co font le listing des suspects à abattre repérés par les drones antiterroristes. Et pourquoi feraient-ils autrement avec des journalistes qui boivent leurs paroles avec la félicité de l’eau bénite? Ça doit faire partie du code d’accès à ces lieux décisionnels, ou prétendus tels.

 

760 milliards de dollars, c’est officiellement le budget militaire US annuel, c’est-à-dire plus que tous les budgets militaires des États du monde réunis, ce qu’un ex-président américain dénonçait comme le lobby militaro-industriel, et que Lavrov nomme «la machine militaire américaine» pour souligner le fait qu’elle ne paraît plus répondre au commandement du président Obama (NTV 26 Sept). D’ailleurs dans une lettre ouverte de 15 anciens responsables du renseignement US adressée à Obama début octobre (site Zéro Hedge) sur la situation explosive en Syrie, l’appelant à «négocier avec la Russie ou les conséquences seront catastrophiques» ces vétérans du renseignement soulignent: «Les différences entre la Maison-Blanche et le Pentagone ont rarement été aussi ouvertement exprimées qu’elles le sont aujourd’hui à propos de la Syrie», «des remarques publiques proches de l’insubordination» de la part de hauts responsables du Pentagone, qu’ils accusent dans leur texte de saboter militairement sur le terrain toutes les négociations russo-américaines. Aussi recommandent-ils à Obama des négociations personnelles directes avec Poutine.

 

Le message semble n’être pas entendu, depuis la crise des missiles de Cuba jamais la tension n’a atteint un tel niveau. Côté américain on déclare que «toutes les options sont sur la table», y compris une guerre totale et meurtrière, côté russe les systèmes de défense anti-aérienne en Syrie ont été très renforcés et le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense a mis en garde «les systèmes russes n’auront pas le temps de déterminer «en ligne directe» le trajet précis des missiles et leur appartenance. Et ceux qui prétendent qu’il existe des avions invisibles vont au devant de graves déconvenues». Les milieux d’affaires ont été avertis par le Wall-Street Journal fin septembre informant que le gouvernement américain envisage désormais ouvertement de participer directement à la confrontation armée contre l’armée syrienne et donc la Russie.

 

Caroline Galactéros, docteur en sciences politiques, colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, et directrice du cabinet d’intelligence stratégique «Planeting» dans un article du 11 octobre dans le Figaro, s’interroge sur le projet de résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU déposé par la France demandant l’arrêt des combats sur l’est d’Alep. «Ce cinéma diplomatique vient évidemment se solder par un veto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou... Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraîne. Daech, dont la barbarie spectaculaire (...) sert d’épouvantail opportun (…), permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’État islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et «capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.»

 

Comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, «Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace ses marges d’Asie centrale et du Caucase» poursuit-elle.

 

«Dans le Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi -qui observe notre incohérence diplomatique et politique- qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique (…). Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad... tout en prétendant profiter du marché iranien entrouvert... et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel». Dommage que ce ne soit pas elle, Caroline Galactéros, ce colonel de réserve opérationnelle, qui ait interrogé les conseillers de Obama!

 

Elle finit son article en fustigeant les entretiens de J-M. Ayrault sur LCI le 5 octobre et celui de Hollande sur TMC dans une émission de divertissement franchissant «un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique», et questionne «si Assad (…) était finalement militairement et politiquement mis hors jeu, par qui compte-on le remplacer? (...) Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe-l’œil de Genève? (…) Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? (…) Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!»

 

Et de conclure son long argumentaire dont je vous recommande l’intégral «Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’État syrien devait tomber sous la coupe de Daech ou sous celle d’Al Nostra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissés advenir?»

 

Au-delà du conflit syrien, comme le titrait, page 9, le Monde Diplo de septembre «Washington réarme face à Moscou et Pékin: Scénario pour un conflit majeur», Michael Klare concluait «l’éventualité d’une guerre ouverte entre grandes puissances se diffuse dans les esprits et conduit les décideurs à s’y préparer». L’arrivée d’Hilary la belliqueuse à la Maison-Blanche ne va rien calmer à ce grand jeu de grands malades.

Détourner le regard, courber l’échine, ou refuser les scénarios du pire, à chacun de prendre ses responsabilités, aussi minimes soient-elles. La première pourrait être d’arrêter avec les story telling à dormir debout et le culte de la personnalité. Lâche ton Syrien laïc et révolutionnaire, et arrête de rêver camarade!

L’Ire des Chênaies              26 octobre, n°652

Laconique
 

Heureusement ... Trump nous aura peut-être procuré un petit délai ... de réflexion.

 

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 18:20
La Victoire de Trump

Par John Laughland

Source  https://francais.rt.com/opinions/28693-victoire-trump-jamais-vu-etats-unis

 

Donald Trump a été élu président des Etats-Unis, alors qu'il était un ennemi de toute la classe politique américaine. L'historien John Laughland analyse ce qui n'est rien d'autre qu'un «séisme politique».

 

En anglais, le mot «trump» signifie «la carte maîtresse», celle qui l'emporte sur toutes les autres. Jamais le candidat républicain aux élections présidentielles n'aura autant mérité son nom. Vainqueur des élections présidentielles non seulement contre les prédictions des sondages, mais aussi contre une grande partie de son propre parti, Trump est le premier véritable outsider à être élu à la fonction suprême américaine depuis la création des Etats-Unis en 1776. Le 45e président sera le premier depuis plus de deux siècles à n'avoir jamais occupé aucune fonction publique avant son élection. Tous les autres présidents, sans exception, avaient été hommes politiques, militaires ou diplomates avant de se faire élire à la Maison blanche.

 

Il aura remporté la victoire en déclarant ouvertement la guerre à la quasi-totalité de la classe politique américaine

 

La victoire de Trump est donc historique dans le vrai sens du terme. On parle souvent, lors de la victoire d'un candidat, du changement qui s'annonce et d'une nouvelle ère. Ce ne sont souvent que des slogans concoctés par des vieux pros de la politique. Cette fois, c'est vrai. Non seulement le président Trump sera arrivé au pouvoir en venant de l'extérieur du Beltway, le boulevard périphérique de Washington qui incarne le monde enchanté des puissants ; mais aussi il aura remporté la victoire en déclarant ouvertement la guerre à la quasi-totalité de la classe politique américaine.

 

Dans ces conditions, parler de «séisme politique» ne semble guère une exagération. Avec la victoire de Trump, c'est tout un système politique qui est battu. La classe politique américaine s'est avérée incapable de se reproduire. Ce n'est pas un des siens qui va désormais gouverner le pays, mais au contraire un des ses ennemis. La victoire de cet «outsider» est d'autant plus flagrante qu'elle représente la défaite d'une femme qui, ayant été sénateur, ministre et ancienne première dame, était la plus parfaite incarnation de le continuité malgré la fausse nouveauté qu'aurait constitué son sexe.

 

Il a brisé, les un après les autres, tous les tabous que la politique américaine a érigés pendant les décennies récentes

 

Trump incarne la nouveauté non seulement dans sa personne mais aussi par son idéologie politique. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, il a brisé, les un après les autres, tous les tabous que la politique américaine a érigés pendant les décennies récentes. Il est contre l'immigration là ou tant la gauche bobo des démocrates que les grandes multinationales, plutôt à droite, sont pour ; il est contre le libre-échangisme devant lequel tout le monde plie le genou depuis les années quatre-vingts ; et il est contre le néo-conservatisme en politique étrangère, cette hydre qui domine les esprits à gauche comme à droite et qui a abouti à des guerres menées par les Etats-Unis sans interruption depuis la fin de la guerre froide.

 

Elément souvent oublié : Trump est moitié écossais par sa mère originaire de Stornoway. «Le Donald» - prénom presque caricatural de l'Ecossais typiquement typique - a donc un lien charnel et affectif avec le vieux continent que peu de ses prédécesseurs ont eu. Certes, un Reagan ou un Clinton ont pu revendiquer une ascendance irlandaise ou anglaise, mais c'était quelque peu factice. Chez Trump, en revanche, le sang européen coule réellement dans ses veines. C'est peut-être à cause de cela que, malgré son patriotisme incontestable, il croit moins à cette idéologie dangereuse de l'«exceptionnalisme» américain que d'autres.

 

C'est précisément ici que la nouveauté de Trump saute le plus aux yeux. Dans une campagne électorale qui a rompu avec tous les précédents, l'un des aspects les plus surprenants était la présence inattendue de la Russie dans le débat - comme repoussoir, certes. La Russie était accusée d'être à l'origine de fuites au sein de l'appareil du Parti démocrate, le candidat Trump a été attaqué parce que le président Poutine avait exprimé une certaine admiration à son égard.

 

Trump s'est montré un penseur politique plus fin que tous les produits recyclés de la classe politique

 

Quand la Russie est ainsi invoquée, en Europe comme aux Etats-Unis, ce n'est pas seulement la Russie qui est en cause. C'est aussi - et surtout - le projet de consolider la politique de domination américano-européenne sur le monde. Malgré la dominance économique incontestable de la Chine, il n'y a que la Russie qui, sur le plan géopolitique, puisse contester la super-puissance américaine. Quand on évoque de pays, donc, c'est d'autant pour parler de soi-même que pour parler de lui.

 

Or, Trump a dit a plusieurs reprises qu'il préférait s'allier avec la Russie contre l'Etat islamique que de faire le contraire. Avec cette phrase, maintes fois répétées, Trump s'est montré un penseur politique plus fin que tous les autres produits recyclés de la classe politique tel le chef de clan qui est Madame Clinton. Indépendamment de ce qu'on pense de la Russie, l'évidence saute aux yeux, en Syrie et ailleurs, que l'on ne peut pas se battre sur deux fronts - contre Daesh et contre Bachar, par exemple. La politique, c'est le choix entre l'ami et l'ennemi. Dès lors qu'on a désigné l'ennemi, tous les autres ennemis de cet ennemi deviennent, politiquement, des amis.

 

Le plus grand paradoxe de Trump donc, à première vue, c'est que cet homme venu de nulle part sera peut-être un plus grand homme d'Etat que ne l'aurait été son adversaire, pourtant militante politique depuis sa jeunesse. La femme qui a perdu plusieurs états clés qu'Obama avait gagnés entrera dans l'histoire comme la dernière des Mohicans, la représentante d'une classe politique et d'un système politique finissants. Elle aura été balayée par ce dont elle incarnait le contraire - par le retour du politique.

 

John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

Note du site d’origine : Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 16:31
 Wall Street et le Pentagone - et leurs chiens de garde en France - en deuil
par Jean LEVY repris sur
Comité Valmy

Surprise totale en France la candidate de l’oligarchie mondiale battue par le peuple américain

La profonde colère des dizaines de millions de salariés, sacrifiés au bénéfice des transnationales, s’est traduit cette nuit par l’élection du candidat républicain.

Quel chemin parcouru par les foules qui , il y a encore peu d’années, désignaient la finance comme la responsable de la misère populaire et qui scandaient "Occupy Wall Street" et se voyaient - eux les 99% - victimes des 1% les plus riches.


Car hors de la campagne de Donald Trump, dont le programme économique et social a été volontairement occulté en France au profit des propos sexistes du candidat républicain - mis - en avant pour déconsidérer celui-ci, c’est la révolte populaire des exclus qui est sorti des urnes cette nuit.

 

De quoi paniquer en France tous ceux qui considèrent le président des Etats-Unis comme leur ’boss’, devant qui ils sont habitués à se mettre au garde à vous...Quant à notre propre président, qui fait partie de ces gens-là, comment va-t-il faire passer son "haut-le-coeur" à l’idée de l’élection de Trump à la tête des Etats-Unis ?

 

Ce changement historique peut avoir des conséquences au niveau des relations internationales : une période de coexistence pacifique va-t-elle succéder à la nouvelle guerre froide que nous connaissons aujourd’hui entre l’impérialisme américain, avec ses légions étrangères occidentales, et le reste du monde, jusqu’ici considéré que sa chasse gardée ?

 

L’élection du candidat républicain va-t-elle réduire la tension entretenue par Washington à l’égard de Moscou et de Pékin ? Et remettre en cause les provocations de l’Otan vis-à-vis de la Russie ? La défaite de la candidate démocrate, qui incarnait la politique militaire agressive prônée pat le Pentagone, va-t-elle permettre à faire reculer le danger immense d’un nouveau conflit mondial ? Et si les docteurs Folamour, qui fourmillent dans les états-majors US et à la CIA , vont-ils être mis à la raison ? Trump, s’il lui prenait l’envie d’appliquer son programme, aurait tout intérêt à se méfier : il existe un mode opératoire expéditif aux Etats-Unis pour se débarrasser des présidents gênants.

 

En attendant savourons les effets de l’événement en France : l’écoute des médias et des réactions politiques nous rappelle le lendemain du Brexit. Nos "élites" tombent de haut : elles finissaient par croire à leurs mensonges.


Et la réalité leur tombe sur la tête, brutalement. Ecoutons la réaction de l’ambassadeur de France à Washington, à l’élection de Donald Trump alors que les résultats ne sont pas encore définitifs, le diplomate considère sur Twitter qu’"un monde s’effondre". "Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible", partage-t-il. Pour lui, il s’agit de "la fin d’une époque, celle du néolibéralisme".

 

N’est-ce pas un aveu d’une défaite historique ?

 

Et si demain, en France, le peuple suivait l’exemple américain ?

 

Jean LEVY - Comité Valmy
9 novembre 2016

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 10:07
Le point de vue de Paul Craig Roberts
La classe ouvrière a gagné l’élection

 

 

Le peuple ayant été capable de vaincre les oligarques, l’élection présidentielle étasunienne est historique. Malgré la campagne médiatique malveillante contre Donald Trump, Hillary Clinton, le pion de l’Oligarchie, a été vaincue. Cela montre que les institutions médiatiques et des partis politiques n’ont plus de crédibilité auprès du peuple étasunien.

 

Il reste à voir si Trump est en mesure de choisir et constituer un gouvernement qui servira ses objectifs, restaurera les emplois et établira des relations amicales et respectueuses avec la Russie, la Chine, la Syrie et l’Iran.

 

Il reste encore à voir la réaction de l’oligarchie devant la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve fédérale ont la capacité de créer une crise économique afin de mettre Trump sur la défensive, et ils peuvent utiliser la crise pour forcer Trump à nommer l’un des leurs au poste de Secrétaire au Trésor. Des agents sans scrupules de la CIA et du Pentagone peuvent fomenter un attentat sous fausse bannière pouvant perturber les relations amicales avec la Russie. Trump peut faire la faute de conserver les néocons dans son administration.

 

Avec Trump, il y a au moins l’espoir. À moins qu’il ne soit gêné par de mauvais jugements dans ses nominations et par des obstacles, nous devons espérer la fin du conflit orchestré par Washington contre la Russie, le démontage des missiles US aux frontières de la Russie, en Pologne et Roumanie, la fin du conflit en Ukraine et la fin des combines de Washington pour renverser le gouvernement syrien. Mais pareilles réalisations sous-entendent la défaite de l’oligarchie US. Bien que Trump ait battu Hillary, l’oligarchie est encore là, toujours puissante.

Trump a dit qu’il ne voit plus de perspectives pour l’OTAN 25 ans après l’effondrement soviétique. S’il reste fidèle à cette appréciation, il faut s’attendre à de grands changements politiques chez les vassaux de Washington en Europe. L’hostilité à l’égard de la Russie des responsables actuels de l’UE et de l’OTAN devrait disparaître. La chancelière allemande, Merkel, devrait changer d’attitude ou partir. Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, devra être licencié.

 

Nous ne savons pas qui choisira Trump pour servir dans son gouvernement. Il est probable qu’il ne connaît pas les diverses possibilités et les rapports dans les affaires étatiques. Cela dépend en réalité de qui conseille Trump et des conseils qui lui sont donnés. Au moment où nous connaîtrons son gouvernement, nous saurons si nous pouvons espérer que les changements ont des chances de se réaliser.

 

Dans le cas où l’oligarchie ne serait pas en mesure de retenir Trump, s’il réussit réellement à modérer le pouvoir et le budget du complexe militaro-sécuritaire et à tenir politiquement responsable le secteur financier, il se pourrait qu’il soit assassiné.

 

Trump a dit qu’il mettra Hillary en prison. Il devrait d’abord l’assigner en justice pour trahison et crimes de guerre, ainsi que tous les néocons. Cela lui permettrait de se préparer à agir en faveur de la paix avec les deux autres grandes puissances nucléaires, sur lesquelles les néocons cherchent l’hégémonie. Bien que les néocons aient toujours des contacts dans l’État profond caché, il serait difficile pour la vermine d’organiser des opérations sous fausse bannière ou des crimes. Les éléments sans scrupules du complexe militaro-sécuritaire pourraient toujours réussir des forfaits, mais sans les néocons au gouvernement la dissimulation serait plus difficile.

Trump est plus clairvoyant et perspicace que ne le réalisent ses adversaires. Pour qu’un homme tel que Trump risque de se faire autant d’ennemis puissants et expose sa richesse et sa réputation, il a dû comprendre que le mécontentement populaire envers l’establishment dirigeant lui donnait la possibilité d’être élu président.

 

Nous ne saurons pas à quoi nous attendre jusqu’à la nomination des secrétaires et les secrétaires adjoints. Si c’est la clique habituelle, nous saurons que Trump a été soumis.

 

Le discrédit complet des médias est une conséquence bien venue et définitive de l’élection. Ils ont prédit la victoire facile de Hillary et même le contrôle du Sénat par le Parti démocrate. Plus important encore, en dépit de leurs attaques haineuses contre Trump tout au long des primaires et de la campagne présidentielles, les médias ont perdu leur influence et crédibilité, ils n’ont eu aucune incidence ailleurs que sur les côtes Nord-Est et Ouest, lieux favoris des Un Pour Cent. Le reste du pays n’a tenu aucun compte des médias.

Je ne pensais pas que l’oligarchie laisserait Trump gagner. Quoi qu’il en soit, il semble que les oligarques se sont pris à leur propre propagande médiatique. Assurés que Hillary allait gagner, ils ne se sont pas préparés à mettre en œuvre leurs programmes de vol des élections.

 

Hillary est battue, mais pas les oligarques. S’il est conseillé à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de faire entrer l’establishment dans son gouvernement, le peuple étasunien sera de nouveau déçu. Dans un pays dont les institutions ont été si parfaitement corrompues par l’oligarchie, il est difficile de réussir à amener de véritables changements sans effusion de sang.

Paul Craig Roberts

Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a aussi obtenu de nombreux postes universitaires.

Original : www.paulcraigroberts.org/2016/11/09/the-working-class-won-the-election-paul-craig-roberts/
Traduction Petrus Lombard

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 11:56
Coup de tonnerre : mise en accusation probable d’Hillary Clinton concernant les « indélicatesses » de la fondation Clinton
par Jean-Patrick Grumberg

samedi 5 novembre 2016 repris sur Comité Valmy

 

 

Mise en garde : public sensible s’abstenir— vous ne lirez pas ce qui suit dans Le Point ou dans l’Obs.
Oubliez (pour l’instant) l’enquête du FBI sur le scandale des emails, c’est celui de la corruption au sein de la fondation Clinton qui semble être assez solide pour envoyer Hillary Clinton directement à la case prison, sans passer par la case présidente.

Hillary Clinton va sans doute être déférée devant la justice. C’est ce que laissent entendre deux sources différentes venant du FBI, citées par Bret Baier.

La première information confirme que le FBI enquête depuis janvier dernier sur la fondation Clinton, soupçonnée de recel de corruption. Hillary Clinton, en janvier, avait qualifié cela de rumeur conspirationniste de la droite— nous venons d’avoir la confirmation que l’enquête existe bien et avance à grands pas sur la corruption qui a enrichi les Clinton de plus de 130 millions de dollars alors qu’ils étaient ruinés lorsque Bill a quitté la Maison-Blanche.

La seconde information nous dit que l’enquête sur la fondation est maintenant passée au statut « haute priorité » au sein du FBI.

Quelle que soit l’issue de l’élection, l’enquête poursuivra son cours, a déclaré l’une des sources, ajoutant que des agents du FBI entendent pousser l’affaire jusqu’à la mise en accusation de Clinton, malgré les pressions qu’ils subissent de la direction du FBI et du Département de la Justice.

Selon Catherine Herridge, correspondante de Fox News à Washington, qui fut la première journaliste à révéler qu’en janvier 2016 le FBI venait de lancer une enquête sur la fondation Clinton, les soupçons de corruption ont été récemment renforcés par des emails publiés par Wikileaks et d’autres emails, peut-être ceux découverts dans l’ordinateur de l’ex d’Huma Abedin Anthony Weiner. Conséquence de quoi, des témoins vont être entendus dans les semaines qui viennent sur des avantages reçus par des gros donateurs de la fondation alors que Clinton était Secrétaire d’Etat.

Catherine Herridge révèle également que selon trois sources qui ont gardé l’anonymat et sont des agents frondeurs du FBI qui veulent voir l’affaire sortir, l’ordinateur de l’avocate personnelle d’Hillary Clinton, Cheryl Mills, que l’on pensait avoir été détruit par le FBI en échange de son immunité dans l’affaire des emails, a été mis à la disposition des enquêteurs de la fondation, et que des documents précis ont été découverts dans l’ordinateur de Weiner.

Des enregistrements secrets d’une personne soupçonnée de fraude avec la fondation Clinton

Des enregistrements secrets d’un suspect, qui évoque la corruption de la fondation Clinton, ont solidifié les soupçons de corruption des enquêteurs.

Les agents pensent avoir obtenu avec ces enregistrements assez de preuves pour poursuivre « agressivement »— c’est le terme employé par la source— l’enquête, laquelle a reçu l’aide involontaire d’un livre de Peter Schweizer, ancien consultant du Président George W. Bush, «  Clinton Cash*— ou comment les gouvernements étrangers ont enrichi Bill et Hillary Clinton », qui a été longuement interviewé par le FBI.

Le procureur du Département de la Justice a rejeté les enregistrements comme étant des « rumeurs sans valeur ». Les enquêteurs ont refusé de lâcher l’affaire.

L’UBS dans la tourmente

•En février 2009, le fisc américain réclamait à l’UBS les noms de 52 000 clients américains soupçonnés d’évasion fiscale.
•Hillary Clinton, qui venait d’être nommée Secrétaire d’Etat, fut convoquée en Suisse par le Département des Affaires fédérales, son équivalent.
•Le 19 août 2009, Hillary Clinton annonçait que l’UBS ne paierait aucune amende, et produirait uniquement la liste de 4 450 clients d’ici un an.
•A partir de là, les dons de l’UBS à la fondation Clinton « sont passés de moins de 60 000 dollars jusqu’en 2008, à un total de 665 000 dollars jusqu’à fin 2014 », rapporte le Wall Street Journal. La banque suisse a également accordé à la fondation un prêt de 30 millions de dollars, et a versé 1,5 million de dollars à Bill Clinton pour des « conférences privées ».

C’est peut-être ce dossier— mais il en existe d’autres où Hillary Clinton a arrangé des affaires ou avantagé des personnes qui ont ensuite fait de très très gros chèques à la fondation et à Bill Clinton pour des « conférences »— corroboré par les preuves jusque là manquantes et découvertes grâce à Wikileaks et l’ordinateur de Weiner, qui confortent les agents du FBI que Hillary Clinton va être mise en accusation.

La fronde au sein du FBI

De nombreux agents du FBI sont furieux, scandalisés, par la décision de leur patron James Comey, en juillet 2016, de ne pas recommander de poursuites pénales contre Hillary Clinton et son refus, malgré l’accumulation des preuves, de réclamer que Clinton soit présentée devant un grand jury.

Cette fronde et ce qui a été découvert dans l’ordinateur de l’ex-mari de Huma Abedin expliquent pourquoi Comey a décidé de rouvrir l’enquête contre le scandale des emails, mais au-delà, pourquoi il n’a pas été possible d’arrêter les enquêteurs dans l’enquête sur la fondation, et l’on sait maintenant que la ministre de la Justice américaine Loretta Lynch a tenté de la bloquer.

Dans un article publié tard hier, le Wall Street Journal livre les détails de la bataille qui oppose les agents du FBI rebelles qui veulent faire leur travail et conduire leur enquête, à leur direction qui leur a donné l’ordre de l’arrêter, et qui nourrit la fureur… et alimente les fuites.

Depuis février, rapporte le WSJ, les enquêteurs du FBI et les procureurs fédéraux en charge des affaires de corruption s’affrontent. Au centre de la frustration des premiers, le procureur des Etats-Unis de Brooklyn, Robert Capers, qui a été nommé par… Loretta Lynch (quel panier de crabes), et bloque l’enquête, aidé en cela par des hauts responsables du FBI, au prétexte que les preuves ne sont pas suffisantes, alors que les enquêteurs pensent le contraire.

Et plus les enquêteurs sont frustrés, plus les fuites parviennent aux médias…

Parmi les responsables du FBI accusés de bloquer l’enquête, le numéro 2 Andrew McCabe est en bonne place, sa femme ayant reçu 675 000 dollars d’un proche d’Hillary Clinton (quel panier de crabes bis).

Une autre figure importante de la machine Clinton a tenté de bloquer l’enquête. Fin 2015, le FBI a rencontré Leslie Caldwell à Washington, grande militante des droits des LGBT, engagée à l’extrême gauche contre le « grand capital », et directrice de la division criminelle du Département de la Justice nommée par Obama.

A propos de Leslie Caldwell – qui a tenté de bloquer l’enquête – l’ex-inspecteur général du Département d’Etat Howard Krongard l’avait prédit il y a longtemps. Il avait expliqué que même si le FBI référait Clinton au Département de la Justice pour des poursuites criminelles, « celles-ci ne déboucheraient jamais sur une mise en accusation » car :

« le dossier ne pourrait pas dépasser le barrage de quatre femmes démocrates loyales : la ministre Loretta Lynch, la conseillère principale de la Maison-Blanche Valerie Jarrett, Sally Yates, et l’assistante du procureur général Leslie Caldwell, directrice de la division criminelle ».

Il convient en outre de noter que ces femmes ont financièrement contribué à la campagne électorale d’Hillary Clinton (quel panier de crabes ter).

Après cette réunion, rapporte le WSJ, les enquêteurs ont reçu l’ordre de « laisser tomber » leur enquête sur la corruption à la fondation Clinton.

Mais au sein du FBI, les enquêteurs ont considéré qu’ils avaient en main un dossier déjà solide, et ils refusèrent de « laisser tomber », et devinrent de plus en plus frustrés par les résistances des procureurs spécialisés dans les affaires de corruption.

De leur côté, les procureurs refusaient toujours de donner aux enquêteurs les outils dont ils avaient besoin pour poursuivre leur enquête— et devenaient de plus en plus impatients devant ces agents qui refusaient de comprendre qu’il faille fermer le dossier, et paraissaient indifférents aux ordres de leurs supérieurs qui leur demandaient d’agir plus discrètement.

Morale de l’histoire

Les médias sont formidables. La palme revient à Slate cette semaine, qui voit chez Hillary Clinton une seule faute répréhensible : « la mauvaise gestion de son serveur de messagerie »— tandis que Trump en aurait 239 !

En matière de mauvaise foi, Le Monde ma foi ne fait pas toujours la loi.

3 novembre 2016

© Jean-Patrick Grumberg po

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 15:21

comment les oligarques planifient de voler l’élection (Etasunienne)

Par Dr. Paul Craig Roberts

Mondialisation.ca, 03 novembre 2016

 

 

Je suis maintenant convaincu que l’oligarchie qui gouverne l’Amérique a l’intention de voler l’élection présidentielle. Dans le passé, les oligarques n’ont pas pris en charge un quelconque candidat pour le faire gagner car les oligarques possédaient les deux. Mais ils ne sont pas propriétaires de Trump.

Très probablement, vous n’êtes pas au courant de ce que Trump dit aux gens et que les médias ne diffusent pas. Une personne qui parle comme ceci n’est pas cajolée par les oligarques.

Qui sont les oligarques ?

  • Wall Street et les méga-banques trop grandes pour faire faillite et leur agent de la Réserve fédérale, un organisme fédéral qui a préféré sauver cinq banques plutôt que des millions de propriétaires américains en difficulté. C’est la Réserve fédérale qui a permis qu’ils soient jetés dans les toilettes. Afin de sauver les bilans des méga-banques de leur comportement irresponsable, la Fed a nié aux retraités le droit de gagner tout intérêt sur leur épargne pendant huit ans, ce qui oblige les personnes âgées à puiser dans leurs économies, laissant leurs héritiers, qui ont été mis au chômage par des entreprises délocalisant leurs emplois, sans le sou.
  • Le complexe militaro-industriel qui a dépensé des milliards de l’argent des contribuables pendant quinze ans de guerres gratuites entièrement fondées sur des mensonges pour les enrichir eux-mêmes et garder leur pouvoir.
  • Les néo-conservateurs dont l’idéologie folle d’une hégémonie mondiale américaine enfonce le peuple américain dans un conflit militaire avec la Russie et la Chine.
  • Les corporations américaines mondiales qui ont envoyé des emplois américains en Chine et en Inde et ailleurs, afin d’enrichir le 1% avec des bénéfices plus élevés en jouant sur les coûts de main-d’œuvre.
  • L’agro-business (Monsanto & Cie), les sociétés qui empoisonnent le sol, l’eau, les océans et notre nourriture avec leurs OGM, herbicides, pesticides et engrais chimiques, tout en tuant les abeilles qui pollinisent les cultures.
  • Les industries extractives autour des énergies fossiles, utilisant les mines, la fracturation hydraulique et la déforestation, qui maximisent leurs profits en détruisant l’environnement et l’approvisionnement en eau.
  • Le lobby israélien qui contrôle la politique américaine au Moyen-Orient et a commis un génocide contre les Palestiniens tout comme les États-Unis ont commis un génocide contre les Américains indigènes. Israël utilise les États-Unis pour éliminer les pays souverains qui se dressent sur son chemin.

Ce qui me convainc que l’oligarchie entend voler l’élection, c’est la grande différence entre les rapports des presstitués et les faits sur le terrain.

Selon les presstitués, Hillary est si loin devant que les partisans de Trump n’ont pas besoin de prendre la peine d’aller voter. Hillary a gagné l’élection avant le vote. Hillary a été déclaré gagnante avec 93% de chance.

J’attends encore de voir un signe de Hillary sur le terrain, alors que les affiches électorales de Trump sont partout. Les rapports que je reçois sont que les apparitions publiques de Hillary sont ignorées, mais que celles de Trump sont si fortement fréquentées que les gens doivent être refoulés. Voici un rapport d’une femme en Floride :

Trump a attiré un très grand nombre de personne de partout en Floride en faisant sa campagne ici cette semaine. Je ne vois que des affiches électorales de Trump et ses autocollants lors de mes nombreux déplacements. Je dînais dans un restaurant mexicain hier soir. Deux femmes de mon âge assises derrière moi parlaient de comment elles avaient essayé de voir Trump quand il est venu à Tallahassee. Elles ont quitté leur travail tôt, en arrivant sur les lieux à 16h00 pour un rassemblement à 18h00. L’endroit était déjà en surcapacité de sorte qu’elles ont été refoulées. Il s’est avéré qu’il y avait tellement de gens là-bas qu’à 14H00, les portes ont dû être ouvertes pour eux. Les femmes ont dit que les foules présentes étaient un mélange de races et d’âges.

Je connais la personne qui m’a fait ce rapport et je ne doute pas que ce soit la vérité.

Je reçois aussi des rapports de lecteurs de partout dans le pays.

Voici comment le vol de l’élection est censé fonctionner : Les médias sont concentrés dans quelques mains via les corporations et ils ont tout fait pour convaincre non seulement les Américains, mais aussi le monde, que Donald Trump est un candidat tellement inacceptable qu’il a perdu l’élection avant le vote.

Pour affiner l’explication, quand l’élection sera volée, ceux qui contesteront l’élection volée seront sans relais dans les médias. Tous les rapports des médias vont dire que ce fut une victoire par défaut de Hillary pour fuir la haine anti-immigrants et la misogynie de Trump.

Et l’opinion progressiste et libérale sera soulagée et pas sur ses gardes alors que Hillary nous emmènera vers une guerre nucléaire.

Le fait que l’oligarchie entende voler l’élection du peuple américain est vérifiée par le comportement officiellement signalé des machines à voter dans un vote anticipé au Texas. Les presstitués ont déclaré que Hillary est tellement favorite que même les républicains du Texas sont d’accord pour laisser l’élection être truquée.

Si tel est le cas, pourquoi était-il nécessaire de programmer les machines de vote pour changer les votes Trump en votes Hillary ? Les électeurs qui ont noté qu’ils ont voté Trump, mais dont le vote a été enregistré Hillary se sont plaints. Les responsables des élections, clamant à l’incident technique (qui se produit toujours dans le même sens), a changé de système pour des bulletins de vote en papier. Mais qui va les compter ? Aucun «pépin» n’a transformé un vote Hillary en vote Trump, seuls les votes Trump se changent en votes Hillary.

Le film le plus brillant de notre époque était The Matrix. Ce film a montré la vie des Américains manipulés par une fausse réalité. Comme dans la vraie Amérique, il y a une prise de conscience insuffisante et pas de Neo, sauf peut-être Donald Trump, pour contester le système. Toute ma vie, j’ai essayé d’amener les Américains de tous bords, universitaires, chercheurs, journalistes, républicains, démocrates, droite, gauche, représentants des États-Unis, sénateurs américains, présidents, moghols des corporations, Américains aux cerveaux délavés et les étrangers, a sortir de la fausse réalité dans laquelle ils vivent.

Aux États-Unis, aujourd’hui, une élection présidentielle critique est en cours dans laquelle pas une seule question importante n’est évoquée par Hillary et les presstitués. C’est un échec total. La démocratie, qui était l’espoir du monde, a totalement échoué aux États-Unis d’Amérique. Trump a raison. Le peuple américain doit rétablir la responsabilité du gouvernement envers le peuple.

Paul Craig Roberts

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:34
Quand la rage vous saisit…
Par Michael Moore

Repris sur Comité Valmy

 

L'élection de Trump sera le plus formidable bordel jamais vu dans l’histoire de l’humanité » (note de JF Plutôt que "bordel" j'aurais utilisé "grand chambardement"qui semble mieux correspondre à la teneur du texte)

Je connais un tas de gens dans le Michigan qui envisagent de voter pour Trump et ils ne sont pas nécessairement d’accord avec lui. Ils ne sont ni racistes ni péquenots, ce sont en fait des gens assez décents, et donc, après avoir parlé à un certain nombre d’entre eux, je voulais écrire ceci.

Donald Trump est venu à l’Economic Club de Detroit, il se tenait debout devant les dirigeants de Ford Motor et leur a dit : « Si vous fermez ces usines, comme vous avez l’intention de le faire à Detroit, pour les construire au Mexique, je vais coller une taxe de 35% sur les voitures quand vous les renverrez ici et personne ne les achètera. » Ce fut une chose étonnante à voir. Aucun homme politique, républicain ou démocrate, n’a jamais rien dit de tel à ces cadres, et la musique était douce aux oreilles des gens du Michigan, de l’Ohio, de Pennsylvanie et du Wisconsin – les États Brexit.

Vous vivez ici dans l’Ohio, vous savez de quoi je parle. Que Trump croie ou non ce qu’il dit n’est pas pertinent, parce qu’il dit les choses aux gens qui souffrent, et voilà pourquoi tous les chiens battus, les sans-nom [et sans dents, NdT], les oubliés, durs au boulot, qui faisaient partie de ce qu’on appelait la classe moyenne, aiment Trump. Il est le cocktail Molotov humain qu’ils attendaient ; le grand poing humain qu’ils peuvent légalement brandir contre le système qui a bousillé leur vie. Et le 8 novembre, bien que virés de leurs emplois, puis de chez eux par une saisie bancaire, avec femme et enfants partis – suite au divorce –, la voiture hypothéquée, sans vraies vacances depuis des années, coincés avec le plan de santé merdique d’Obama qui ne permet même pas d’obtenir un putain de tube d’aspirine, ils ont essentiellement perdu tout ce qu’ils avaient, sauf une chose – la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et leur est garantie par la Constitution américaine : le droit de vote.

Ils pourraient être sans un rond, ils pourraient être sans-abri, ils pourraient être baisés par devant et par derrière, cela n’a pas d’importance, parce qu’ils sont égaux ce jour-là – un millionnaire a le même nombre de voix qu’un chômeur : une. Et il y a plus de monde dans l’ancienne classe moyenne qu’il n’y en a dans la classe des millionnaires. Donc, le 8 novembre, les dépossédés vont marcher jusqu’au bureau de vote, recevoir un bulletin, fermer le rideau, et avec la manette, le feutre ou l’écran tactile ils cocheront un grand putain de X dans la case du nom de l’homme qui a menacé de bouleverser et renverser ce système qui a ruiné leur vie : Donald J. Trump.

Ils voient que les élites qui ont pourri leur vie détestent Trump. L’Amérique du Big Business déteste Trump. Wall Street déteste Trump. Les politiciens de carrière détestent Trump. Les médias détestent Trump, après l’avoir aimé et créé, maintenant ils le haïssent. Merci médias : l’ennemi de mon ennemi est celui pour qui je vais voter le 8 novembre.

Oui, le 8 novembre, vous Joe LaRage, Steve LaRage, Bob LaRage, Billy LaRage, tous les LaRage, vous devez y aller pour faire sauter ce système maudit parce que c’est votre droit. L’élection de Trump va être le plus grand bordel jamais enregistré dans l’histoire humaine et ça sera bon.

Michael Moore

– Le 25 octobre – Source zerohedge

Traduction : le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Nous traduisons ici le texte de Michael Moore référencé par dedefensa.org dans son article du 27 octobre intitulé Notes sur une « rage-cosmique »

Addendum:

Michael Moore, né le 23 avril 1954 à Flint dans le Michigan, est un écrivain et un réalisateur américain de documentaires engagés. Wikipédia

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:45

Par Bruno Guigue le 29 octobre 2016

 

 

Le prince Nawaf Faisal Fahd Abdulaziz, d’Arabie, avec le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon. New York , 6 juin 2013 [AFP]


Élire l’Arabie saoudite au Conseil des droits de l’homme, c’est comme nommer un pédophile directeur d’école. Mais ça y est, c’est fait. Cette monarchie est esclavagiste et corrompue. Pudibonde et obscène, elle se prosterne devant le dieu-dollar et vomit tout ce qui n’est pas wahhabite. Elle diffuse à l’échelle planétaire une idéologie débile et sectaire. Elle invoque le Créateur à chaque virement bancaire, mais elle décapite comme d’autres font un barbecue. Seulement voilà, elle a beaucoup d’amis. Et ils trouvent qu’elle a un excellent pedigree pour se voir confier la promotion des droits de l’homme. Remarquez, on a échappé au pire. On a failli lui confier les droits de la femme.

Voilà donc l’Arabie saoudite chargée, avec notre bénédiction, de soutenir les droits de l’homme comme la corde soutient le pendu. Car les Occidentaux ont voté comme un seul homme pour la candidature de Riyad. Avec une bienveillance de marchands de canons soucieux de la réputation du client, ils ont arrosé d’eau bénite cette fosse à purin. Vus de Paris, les dix milliards de contrats d’armements valent bien cette petite mascarade dont personne ne parlera plus dans 48 heures. On leur a vendu des armes, distribué des médailles, bradé l’honneur national. Tant qu’on y est, on peut aussi leur permettre de parader au sein de ce conseil qui de toutes façons ne sert à rien. Puisqu’ils y tiennent !

 

Le prince héritier Mohamed ben Nayef, reçu par François Hollande à l’Elysée pour lui remettre la Légion d’Honneur, mars 2016 (Reuters)

 

On pourrait craindre, bien sûr, que l’ONU y perde de sa crédibilité. L’organisation internationale s’en remettra-t-elle ? En réalité, aucun risque. L’ONU est une avaleuse de couleuvres professionnelle. Elle n’est pas à un paradoxe près. Elle tente de donner une apparence de réalité à cette fiction qu’est la communauté internationale, mais personne n’est dupe. Le Conseil des droits de l’homme a des attributions ronflantes, mais ce machin onusien est devenu la « bonne-à-tout faire » des ploutocrates. L’arène internationale est un champ de forces où les alliances se font et se défont. Richissime, la monarchie wahhabite a des moyens de persuasion que n’a pas le Burkina Faso.

 

Que cette élection au CDH (28 octobre) ait eu lieu trois semaines après le massacre perpétré à Sanaa par l’aviation saoudienne (8 octobre) ne manque pas de sel. Quel symbole ! L’admission en grande pompe au Conseil des droits de l’homme, c’est la prime à l’assassin. On a heureusement échappé au Prix Nobel de Laurent Fabius, l’apologiste alcoolique des psychopathes d’Al-Nosra. On a frôlé celui des Casques blancs « auto-reverse », brancardiers le jour et tortionnaires la nuit. Mais c’était plus fort que tout. On n’a pas pu éviter l’élection des coupeurs de tête saoudiens au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

On aurait dû surtout demander ce qu’il en pense au peuple yéménite. Il subit tous les jours des bombardements qui ont fait 10 000 morts et provoqué une crise humanitaire sans précédent. Mais on s’est bien gardé de lui demander son avis, à ce peuple arabe martyr, avant de coller ce nouveau fion de hamster au revers du veston wahhabite. Car les droits de l’homme, en fait, c’est bon pour justifier les bombardements, pas pour les interdire. Sauf s’ils sont russes. Et même lorsqu’il n’y a pas de bombardement ! Explication.

 

Comme par hasard, deux jours avant le scrutin onusien, une école a été attaquée à Idlib (Syrie). Selon l’ONU, il y a eu 28 morts dont 22 enfants. L’ONU n’a accusé personne, faute de preuves. Mais les officines de propagande et les médias occidentaux ont accusé la Russie. Niant toute implication, le ministère russe de la Défense a fourni les preuves qu’il n’y avait pas eu de bombardement aérien. Aucune importance ! L’essentiel, c’est le vacarme organisé contre Moscou avant l’élection des membres du conseil des droits de l’homme. Résultat : la Russie a obtenu moins de voix que la Croatie. Contrairement à l’Arabie saoudite, elle ne fait plus partie du CDH. Mission accomplie.

Bruno Guigue (29.10.2016)

  1. Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Source: http://arretsurinfo.ch/les-coupeurs-de-tete-a-lonu/

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 15:55
Par Frédéric Pichon 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Après une courte trêve humanitaire, la bataille d'Alep a repris. Pour Frédéric Pichon, une victoire du régime de Bachar al-Assad est inévitable et devrait renforcer considérablement le contrôle de la «Syrie utile» par Damas.

Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d'une thèse de doctorat sur la Syrie et chercheur associé à l'Université de Tours, il a publié Géopolitique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (co-aut., éd. PUF, 2012) et Syrie: Pourquoi l'Occident s'est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014).

 

FIGAROVOX. - Après une trêve humanitaire qui n'a duré que trois jours, les combats ont repris entre le régime de Damas, soutenu par Moscou, et les rebelles. Pourquoi cette trêve a-t-elle échoué?

Frédéric PICHON. - Il faut tout d'abord préciser que cette trêve ne doit rien aux gesticulations, notamment françaises, qui ont accompagné l'offensive russe et loyaliste contre les quartiers «rebelles» d'Alep, peuplés sans doute encore de près de 100 000 habitants. Début octobre, la résolution française, rejetée par le veto russe, avait suscité le commentaire suivant de la part du président français: «Un pays qui mettrait son veto à la résolution de la France sur Alep serait discrédité aux yeux du monde». S'il ne reste que la morale pour convaincre, c'est que la diplomatie française est devenue insignifiante… En réalité, durant ces trois jours de trêve humanitaire, Russes et Syriens ont voulu laisser une ultime porte de sortie aux groupes essentiellement djihadistes présents dans la partie Est d'Alep. Plusieurs corridors ont été ouverts pour permettre d'une part la sortie des civils qui le désiraient et d'autre part, la sortie des combattants vers la province d'Idleb.

Le contrôle total de la ville d'Alep signifierait une victoire majeure pour le rétablissement de la légalité du gouvernement central de Damas.

C'est la répétition d'un scénario qui a fonctionné ces derniers mois à Homs et à Madaya, permettant même aux combattants de partir avec leurs armes. Il est évident que politiquement, c'était un échec pour la rebellion en cas d'acceptation: le contrôle total de la ville d'Alep signifierait une victoire majeure pour le rétablissement de la légalité du gouvernement central. Ce que les soutiens occidentaux ont bien vu, en réclamant «le droit pour les civils de rester à Alep Est», tout en minimisant la présence de Jabaht Fatah el-Sham, ex-Front al-Nosra à Alep: un diplomate français évoquait même il y a quelques jours une présence «symbolique» à Alep de l'organisation djihadiste, ex-filiale d'Al-Qaïda, rebaptisée depuis sous la pression du Qatar. Or l'échec de la trêve est dû au refus de ce piège par les groupes armés: il s'agit là d'une véritable prise en otage des civils dans le but de servir de boucliers humains. De nombreux observateurs ont d'ailleurs noté que les tirs qui visaient les civils tentant de s'échapper provenaient des positions rebelles. Avec la bataille de Mossoul, c'est exactement le même scénario qui se produit: les civils sont pris en otage et font les frais des bombardements visant à expulser les djihadistes de leur base urbaine.

 

Quelle est la situation militaire à Alep-Est, la partie de la ville tenue par les rebelles. Le régime peut-il s'attendre à une victoire rapide?

Les pertes civiles qui s'annoncent à Mossoul, l'impossibilité d'une « guerre propre » vont jouer en faveur de Damas et de Moscou.

La situation militaire est assez claire: les groupes armés ne bénéficient plus de l'aide massive qui transitait jadis par la Turquie et qui leur permettait à chaque «trêve» de refaire leurs forces. Encerclés, ils en sont réduits à bombarder massivement les quartiers civils de la partie loyaliste (peuplée encore de près de 800 000 habitants) à chaque avancée de l'armée syrienne et de ses nombreuses forces supplétives, iraniennes notamment. Une de mes sources à Damas me disait récemment qu'à présent, l'armée se préparait à aller véritablement au contact pour obliger les groupes armés à sortir de la ville. Damas semble conscient des limites d'une action militaire essentiellement aérienne: il faut aller au sol à un moment ou à un autre. Mais c'est long et il faut accepter des pertes massives. Étant donné la motivation des groupes djihadistes, cela risque de prendre plusieurs semaines, mais il faut s'y préparer: la reconquête d'Alep Est est inéluctable. L'offensive sur Mossoul va d'ailleurs éclipser quelque peu Alep et Russes et Syriens comptent bien là-dessus. Les pertes civiles qui s'annoncent à Mossoul, l'impossibilité d'une «guerre propre» vont jouer en faveur de Damas et de Moscou.

En cas de victoire définitive à Alep, qu'est-ce que cela changerait pour le régime? Quel pourrait être son prochain objectif?

 

L'espoir de faire d'Alep la capitale de la rébellion au Nord de la Syrie est désormais condamné.

En expulsant la rébellion d'Alep Est, il s'agit de restaurer l'autorité du gouvernement central. L'espoir de faire d'Alep la capitale de la rébellion au Nord de la Syrie est désormais condamné. Reste la province d'Idleb, aux mains de JFS et de ses alliés, mais elle est enclavée et n'est pas viable. Damas pense d'ailleurs qu'assez vite, les différents groupes rebelles s'affronteraient entre eux.

Pour Damas, la reconquête d'Alep Est signifierait aussi de ne pas devoir se résoudre à une partition du pays, comme cela était plus ou moins envisagé: en contrôlant la grande majorité de la Syrie utile et la plus grande partie de la population syrienne, Bachar al Assad réaffirmerait ainsi son autorité symbolique. Dans les faits, cela risque d'être plus compliqué, étant donné la dissémination de l'outil militaire, la présence de l'armée turque sur le territoire syrien et la question kurde. Mais le signal politique serait très fort.

 

Les forces turques et les rebelles qu'ils soutiennent avancent au Nord de la Syrie dans le cadre de l'Opération «Bouclier de l'Euphrate» lancée par Ankara. Peut-on imaginer une conflagration entre les Turcs, les Syriens et les Kurdes, notamment pour la reprise de la ville d'Al-Bab au Nord d'Alep?

La timide réconciliation entre Ankara et Moscou semble se faire sur le dos des Kurdes syriens, et cela semble faire les affaires de Damas.

L'été 2016 a véritablement rebattu les cartes au Nord de la Syrie. Il semble que la timide réconciliation entre Ankara et Moscou se soit faite sur le dos des Kurdes syriens, et que cela a fait les affaires de Damas. Le problème des Kurdes du PYD, c'est qu'ils ont multiplié tour à tour les alliances de circonstance: avec les Américains, les Russes, les Syriens ce qui les a fait passer pour des partenaires non fiables. À présent, la Turquie les vise tout particulièrement car elle a toujours considéré que le problème kurde était prioritaire pour elle: même si Ankara semble s'être convertie tardivement à la lutte anti-Daech, les Turcs ne considèrent pas autrement le PYD que comme une organisation terroriste. Et Damas n'ira pas à leur secours car cela fait partie aussi du «contrat» avec Erdogan qui de son côté a fermé sa frontière.

 

L'opération de reprise de Mossoul en Irak a débuté. Quelles conséquences cette bataille peut-elle avoir sur le théâtre syrien?

La bataille de Mossoul s'annonce longue, beaucoup plus longue que ce que claironnent les politiques et certains États-majors.

La bataille de Mossoul s'annonce longue, beaucoup plus longue que ce que claironnent les politiques et certains États-majors. Pour le moment, elle n'a pas vraiment commencé. Lorsque le tissu urbain dense sera atteint, l'offensive se heurtera inévitablement à des questions opérationnelles et stratégiques. Opérationnelles d'abord parce que les pertes civiles seront considérables, quoi qu'on en dise: la véritable armada déployée par les différents acteurs n'a rien de rassurant sur le déroulement des opérations qui n'auront rien de «propres» ni de «chirurgicales». Il faut rappeler par exemple que les CAESAR déployés par la France à Mossoul tirent du 155mm à près de 30km… et les artilleurs français sont pourtant parmi les plus professionnels.

Daech cherchera à se replier sur l'est syrien en cas d'expulsion de Mossoul.

Stratégiques ensuite parce que les Irakiens (armée et milices chiites entraînées par l'Iran), Peshmergas, Turcs et Occidentaux ont des agendas différents voire divergents. Or l'unité d'action est décisive et risque de faire défaut.

Pour la Syrie, cette bataille éclipsera sans doute un peu la bataille pour Alep mais va poser aussi le problème de l'après-Daech en Irak: très certainement, l'organisation terroriste cherchera à se replier sur l'est syrien en cas d'expulsion de Mossoul. La bataille de Raqqa, même si elle est loin d'être engagée, sera la prochaine étape, avec les mêmes difficultés opérationnelles et stratégiques qu'à Mossoul: car tous voudront aller à Raqqa, Turcs, Syriens, Russes, Kurdes et Occidentaux. Cela risque d'être très compliqué de coordonner tout le monde…

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 17:19

Coordination entre Moscou et Bagdad

Source http://french.almanar.com.lb/57653

 

Rédaction du site

Alors que la Turquie hausse le ton pour trouver une place dans la bataille à Mossoul et Ninive, Moscou a déclaré qu’elle ne peut garder les bras croisés, par crainte de voir les miliciens de Daech passer vers l’Est de la Syrie.


L’Etat-major russe a averti que l’assaut de l’armée irakienne sur Mossoul, « ne doit pas aboutir au transfert des terroristes de Daech de l’Irak vers la Syrie ».

A ce propos, le général russe Valery Girasimov a estimé que l’offensive contre Mossoul « n’a pas effectivement commencé ». Il a dit espérer que « nos partenaires  de la coalition internationale sont conscients de ce qui peut arriver à ces groupes armés pendant leur débandade ».

Selon le général russe, « les satellites militaires surveillent la situation à Mossoul, tout comme une dizaine de drones et d’avions de surveillance ».

 

Bonne communication entre Bagdad et Moscou

Entretemps, et deux jours après l’appel téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre irakien Haydar Abadi, une source proche du gouvernement irakien a qualifié de « bonnes » les communications actuelles entre les deux pays.

S’exprimant pour le journal libanais al-Akhbar, cette source a fait état d’une « coordination des efforts au sujet de la fuite de miliciens de Daech en Syrie. Moscou ayant proposé toutes sortes d’aides ».

A ce propos, le membre de la commission de sécurité parlementaire irakienne Majed Gharraoui, a souligné que « la Russie fournit à l’Irak des images sur les déplacements de Daech, mais sans qu’il n’y ait pour autant de coordination organisée ».

 

Passages sûrs à Daech

En effet, Moscou surveille de près les opérations contre Daech à Mossoul. Rapportant les propos d’une source militaire russe, l’agence de presse russe Sputnik a révélé que « les services de renseignements américains et saoudiens se sont mis d’accord pour assurer une sortie sûre aux miliciens de Mossoul avant le début des opérations de la coalition internationale ».

 

Avancée de l’armée irakienne

Sur le terrain, les forces irakiennes ont avancé sur l’axe al-Hod, alors que la police fédérale a achevé sa mission sur l’axe al-Chor.
Pendant ce temps, les forces irakiennes poursuivent leur avancée vers Qaraqosh, la plus grande région chrétienne du pays. Elles ont pénétré dans ses banlieues, situées à 15 km au sud-ouest de Mossoul.

Par ailleurs, les peshmergas kurdes ont avancé vers le village Bartala à 21 km à l’Est de Mossoul, alors que le membre du conseil de la province de Ninive, Houssam Abbar, a confirmé que les forces kurdes sont à 9 km du centre de la ville de Mossoul du côté de Khazir, soulignant que ces forces s’arrêteront à Bashiqa, donnant le relais au « service de lutte antiterroriste pour entrer au centre-ville à partir de cet axe ».

 

 Abadi à Ninive

Par ailleurs, le Premier ministre Haydar Abadi s’est rendu aux régions libérées  dans la province de Ninive. Il a visité les forces sur les fronts et les a rassurées que la bataille de libération de Mossoul va bon train, la qualifiant de bataille clé contre le terrorisme. Il a appelé les combattants à la vigilance face aux plans ourdis par Daech.

Source: traduit du site al-Akhbar

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:02
Ou le prix de la rétrogradation

par Thierry Meyssan 18-10-2016

Washington tente de tenir ses positions sans avoir à déclencher la Troisième Guerre mondiale. Mais le pari semble impossible à tenir. Moscou lui offre une porte de sortie en Syrie et au Yémen. Mais dans le cas où les États-Unis choisiraient cette voie, ils devraient abandonner certains de leurs alliés.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 18 octobre 2016

 

Depuis la rupture de la cessation des hostilités de l’Aïd, un fossé se creuse entre l’ambiance insouciante des sociétés occidentales et la gravité des sociétés russe et chinoise.

 

À Moscou, la télévision diffuse des reportages sur les abris anti-atomiques et des jeux par équipes de « parcours du combattant ». Tandis qu’à Washington, on se moque de la paranoïa des Russes qui croient à la possibilité d’une Troisième Guerre mondiale.

 

Pourtant, les deux Grands s’envoient des messages à faire dresser les cheveux sur la tête. Après les menaces états-uniennes de frappe en Syrie, Moscou a rompu l’accord sur la limitation des stocks de plutonium et a ajusté son système de lancement de bombes nucléaires en tirant trois missiles intercontinentaux. Le porte-parole de l’armée russe a mis en garde ses homologues et annoncé que son armement était en mesure de détruire tous les aéronefs US, qu’il s’agisse de missiles de croisière ou d’avions fussent-ils furtifs. Le chef d’état-major de l’armée de terre des États-Unis a fièrement répliqué qu’en cas de guerre frontale, les aviations et les marines des deux armées seraient rapidement neutralisées, et que Washington l’emporterait au sol. Son discours martial a peu impressionné les Russes, mais a inquiété les membres du Congrès, au point que 22 d’entre eux ont écrit au président Obama pour lui demander de s’engager à ne pas déclencher en premier la guerre nucléaire. Moscou a donné instruction à ses diplomates en poste dans les pays de l’Otan de rapatrier leurs familles et de se tenir prêts à se replier eux aussi.

 

Jadis les Romains assuraient que « Si tu veux la paix, prépare la guerre ! » (Si vis pacem, para bellum). L’idée est que lors d’un désaccord international, la victoire sera emportée, sans guerre, par celui qui paraît capable de l’emporter par les armes.

 

Or, le fait est que la population russe se prépare à la guerre (par exemple, cette semaine 40 millions de Russes participent à des exercices d’évacuation d’immeuble et de lutte contre l’incendie), tandis que les Occidentaux batifolent dans les centres commerciaux.

 

On peut évidemment espérer que la raison l’emportera et que l’on évitera la Guerre mondiale. Quoi qu’il en soit, ces rodomontades attestent que ce qui est en jeu, ici en Syrie, depuis cinq ans n’est pas ce que nous croyons. Si au début, il s’agissait pour le département d’État de réaliser son plan du « printemps arabe », c’est-à-dire le renversement des régimes laïques de la région et leur remplacement par les Frères musulmans, la Russie et la Chine ont rapidement conclu que le monde ne pouvait plus être gouverné par les États-Unis ; que ces derniers ne pouvaient plus décider de la vie et de la mort des Peuples.

 

En coupant la route de la soie historique en Syrie, puis la nouvelle route de la soie en Ukraine, Washington a stoppé le développement de la Chine et de la Russie. Il les a poussées dans les bras l’une de l’autre. La résistance imprévue du Peuple syrien a contraint les États-Unis à mettre en jeu leur domination mondiale. Le monde, qui était devenu unipolaire en 1991 avec « Tempête du désert », est sur le point de basculer et de redevenir bipolaire, et peut-être par la suite multipolaire.

 

En 1990-91, le changement d’ordre mondial s’était opéré sans guerre (l’invasion de l’Irak n’en était pas la cause, mais la conséquence), mais au prix de l’effondrement intérieur de l’Union soviétique. Le niveau de vie des ex-Soviétiques chuta de manière drastique ; leurs sociétés furent profondément désorganisées ; leurs richesses nationales pillées au prétexte d’être privatisées ; et leur espérance de vie recula de plus de 20 ans. Après avoir cru que cette défaite était celle du soviétisme, nous savons aujourd’hui que la chute de l’URSS était aussi —peut-être surtout— le fruit du sabotage de l’économie par la CIA.

 

Il n’est donc pas impossible de parvenir à un rééquilibrage mondial, sans affrontement généralisé. Et, pour éviter la Guerre mondiale, la discussion entre John Kerry et Sergey Lavrov s’est déplacée de la bataille d’Alep à un cessez-le-feu général à la fois pour toute la Syrie et le Yémen. Ainsi vient-il d’être annoncé une trêve de 8 heures à Alep et de 72 heures au Yémen.

 

Le problème est que les États-Unis ne pourront pas rétrograder de la première place incontestée —dont ils s’étaient emparés et qu’ils ont si mal utilisée— à l’égalité avec la Russie sans en payer le prix, eux ou leurs alliés.

 

Étrangement les cinq États arabes, la Turquie et l’Iran, qui ont été conviés samedi à Lausanne par Kerry et Lavrov sont sortis satisfaits de la rencontre. C’est pourtant de leur avenir qu’il était question. Aucun d’entre eux ne semble penser que des têtes doivent tomber, comme sont tombées celles des dirigeants du Pacte de Varsovie. Dans la situation actuelle, il est possible de s’abstenir d’anéantir une partie de l’Humanité, mais l’importance du recul états-unien se mesurera au nombre et à l’importance des alliés qu’ils sacrifieront.

 

Source
Al-Watan (Syrie)

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 14:43
Par Richard Labévière

http://prochetmoyen-orient.ch/petrole-les-coulisses-de-l-accord-d-alger/

Alger, le 5 octobre 2016.

Salué par l’ensemble des pays producteurs d’hydrocarbures, c’est bien un « accord historique » qui a été conclu à Alger le 28 septembre dernier. La décision des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a pris investisseurs et observateurs par surprise. Au terme d’une réunion de près de six heures et de plusieurs semaines de tractations, l’OPEP a annoncé le retour de sa production à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour, contre 33,47 mbj en août selon l’Agence internationale de l’Energie (AIE).

 

C’est effectivement à la surprise générale que l’OPEP est parvenu à cette décision historique d’Alger, afin de réduire la production d’or noir (quelque 750 000 barils par jour) pour soutenir les prix durablement affaiblis par une offre excédentaire depuis plusieurs années. Il s’agit de la plus grosse réduction de production depuis celle décidée après la chute des cours durant la crise de 2008. « Aujourd’hui, l’OPEP vient de prendre une décision historique », s’est félicité le ministre algérien de l’Energie, Noureddine Boutarfa, « l’OPEP retrouve ainsi sa fonction de régulation du marché. C’est un rôle qu’elle avait perdue depuis plusieurs années ».

 

La concrétisation effective de l’accord d’Alger se jouera à Vienne (Autriche), à l’occasion de la prochaine réunion de l’OPEP prévue le 30 novembre prochain. « Ce faisant, l’organisation se met elle-même sciemment sous pression pour se contraindre à retrouver son rôle de gendarme de la production », nous explique Pierre Terzian1, le PDG de Pétrostratégie, « d’une part la problématique est difficile à résoudre, notamment pour ce qui est de la répartition de ce nouveau niveau de production entre les 14 pays membres de l’organisation et, d’autre part, l’échec serait catastrophique parce qu’il provoquerait une nouvelle baisse des prix du pétrole et par conséquent une crise supplémentaire aux effets destructeurs durables ».

 

En deçà d’une répartition technique des quotas de réduction, c’est bien plusieurs enjeux politiques, sinon géopolitiques qui sont en œuvre. Les incertitudes demeurent quant à plusieurs pays comme l’Irak et l’Iran dont les productions sont en phase d’augmentation depuis plusieurs années. D’autres, comme la Libye et le Nigéria sont confrontés à des problèmes politiques internes d’une extrême gravité. « La tâche sera donc extrêmement difficile », ajoute Pierre Terzian, « et c’est probablement pour cette raison que l’OPEP a voulu se contraindre en annonçant d’ores et déjà qu’elle se donnait ce seuil symbolique d’une production de 32,5 à 33 millions de barils/jour ». Mais les deux facteurs diplomatico-politiques majeurs concernent, d’une part la détérioration de la relation bilatérale Arabie saoudite/Iran et, d’autre part le rôle essentiel de la Russie non membre de l’OPEP.

 

Depuis plus de deux ans, la monarchie wahhabite est soumise à une conjoncture économique difficile doublée d’un environnement régional et international défavorable. Le pays résiste de moins en moins à l’effondrement des cours, étant obligé de puiser dans ses réserves stratégiques pour faire face à un déficit budgétaire record sans précédent. Celui-ci se monte à près de 90 milliards de dollars, les réserves ayant chuté de 560 milliards… La monarchie s’est donc imposée un plan d’austérité après avoir vécu durant des années dans une opulence dispendieuse : augmentation du prix du carburant, de l’électricité, de l’eau et des services, réductions drastiques des salaires, etc. Ses dépenses de guerre au Yémen et en Syrie aggravent dangereusement cette situation d’autant que la reconquête d’Alep par l’armée nationale syrienne sonne le glas de sa diplomatie régionale de la canonnière !

 

Dans ce contexte où sa diplomatie dicte l’agenda et la reconfiguration de l’ensemble des Proche et Moyen-Orient, la Russie pourrait être amenée à favoriser un retour à la stabilité des marchés. D’ores et déjà, plusieurs négociations sont engagées entre Moscou et les principaux pays membres de l’OPEP. Dans cette partie multilatérale, la diplomatie algérienne a joué un rôle essentiel et devrait être amenée à poursuivre sa fonction historique de facilitatrice, notamment entre Riyad et Téhéran. Toujours est-il que l’accord d’Alger qui change aujourd’hui la donne a été préparé de longue date…

 

Dès mai 2015, le président algérien Adbelaziz Bouteflika a adressé une série de messages à l’ensemble des pays de l’OPEP afin de les sensibiliser aux conséquences destructrices de cours artificiellement réduits. Dernièrement, une lettre de cinq pages a été envoyée au roi Salman d’Arabie saoudite, le président algérien jouant de sa relation d’amitié historique avec la monarchie afin de l’amener à davantage de solidarité avec les autres pays arabes. Simultanément, l’actuel président de l’Assemblée nationale algérienne Mohamed Larbi Ould Khelifa – qui fut ambassadeur d’Algérie en Iran – a fait plusieurs fois le voyage à Téhéran afin de convaincre les autorités iraniennes de venir à Alger, malgré leur volonté initiale de boycotter la rencontre.

 

Celle-ci s’est déroulée en deux temps. Se réunissant tous les deux ans le Forum de l’énergie a d’abord réuni quelque 600 experts dans la capitale algérienne afin de discuter des dossiers environnementaux, des énergies de substitution et des transitions énergétiques. Initialement peu enthousiaste, la ministre française de l’environnement Ségolène Royale, chargée du suivi de l’accord onusien de la COP/21, s’est finalement félicitée du niveau et du sérieux des débats d’Alger qui « auront une influence durable sur la mise en œuvre de l’accord environnemental des Nations unies, notamment à l’approche de la COP/22 qui se tiendra en novembre prochain ».

 

En marge du Forum s’est tenu la réunion du Conseil des pays de l’OPEP, la diplomatie algérienne ayant œuvré afin que tous les membres soient présents. Trois options étaient sur la table : 1) gel des niveaux de la production ; 2) réduction de la production ; 3) ne rien décider… Au maximum de leur production, trois pays – Nigéria, Venezuela et Angola – avaient annoncé vouloir se caler sur la position iranienne cherchant à retrouver son niveau optimum de production antérieur aux sanctions internationales. Autrement dit, une majorité de pays membres de l’OPEP se déclaraient résolument opposés à l’option 2 d’une réduction significative.

 

Lors du Forum, le « non iranien » anticipé était déjà au centre de nombreuses discussions, Téhéran prenant le risque diplomatique de se retrouver en position de porter la plus grande responsabilité d’un blocage à toute évolution, sinon d’être accusé d’affecter la fonction structurelle de régulation de l’OPEP, voire de décrédibiliser durablement l’organisation… De son côté, le premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a rencontré la délégation iranienne à deux reprises, porteur de messages tant de l’ensemble de son gouvernement que du président Abdelaziz Bouteflika qui suivait – heure par heure – l’évolution de la négociation.

 

De sources autorisées, prochetmoyen-orient.ch sait que le premier ministre algérien a, ardemment milité pour que « l’OPEP retrouve tout son rôle historique de conciliation, de régulation et d’accompagnement des cours dans des contextes régionaux et internationaux extrêmement préoccupants ». Compte-tenu de la bonne relation bilatérale Alger/Téhéran, la délégation iranienne aurait reçu le signal « pour lâcher du lest », directement et conjointement du Guide de la Révolution Ali Khamenei et du président Hassan Rohani. Plusieurs hauts diplomates arabes et occidentaux ont estimé que cet accord d’Alger ouvrait des perspectives susceptibles d’influencer plusieurs autres dossiers sensibles touchant aux guerres faisant actuellement rage au Yémen et en Syrie.

 

En effet, chacun se souvient du rôle de médiation joué par l’Algérie durant la crise des otages de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran dans les années 1979/19802. Plus récemment, les médiations jouées par Alger dans les crises du Mali, du Niger, de Libye et de Tunisie témoignent de l’efficacité bénéfique de la diplomatie algérienne. Dans les coulisses du Conseil de sécurité des Nations unies, plusieurs diplomates et hauts fonctionnaires internationaux, au premier rang desquels Staffan de Mistura – représentant spécial du Secrétaire général pour la Syrie – estiment que l’Algérie pourrait jouer un rôle bénéfique dans le rééquilibrage de la relation bilatérale Arabie saoudite/Iran, verrou des conflits de Syrie et du Yémen…

Dans une région poudrière, entourée d’Etats faillis, de crises, de guerres asymétriques et de menaces terroristes récurrentes, l’Algérie est résolument un Etat-nation stable, sûr de lui, créateur de stabilités régionales et internationales. Nous aurions tort de ne pas en profiter…

Richard Labévière

 

Addendum :

http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/opep  (Extrait)

L’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), dénommée OPEC en anglais (Organization of Petroleum Exporting Countries), est une organisation intergouvernementale fondée à l’issue de la conférence de Bagdad le 14 septembre 1960 par le Venezuela, l’Irak, l’Arabie saoudite, le Koweït et l’Iran.

Cette organisation est créée à l’initiative de Juan Pablo Pérez Alfonzo, alors ministre du développement du Venezuela, qui souhaite en faire une force de régulation du marché pétrolier. Elle vise à rééquilibrer les relations entre les pays producteurs et les compagnies pétrolières occidentales qui régissent le marché depuis sa création à la fin du XIXe siècle. L'OPEP réunit aujourd'hui 14 pays membres : l'Algérie, l'Angola, l'Arabie saoudite, l'Équateur, le Gabon, l'Indonésie, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigéria, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Venezuela.

 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 16:05
par Jean LEVY,
membre du Bureau national du Comité Valmy

vendredi 30 septembre 2016, source Comité Valmy

 

 

Chacun, aujourd’hui, cherche comment sortir du trou dans lequel la France et les Français plongent.

Les temps ont changé.

 

Le capitalisme, à notre époque, se concentre toujours plus au niveau mondial. De nouveaux horizons lui sont nécessaires pour accélérer la rotation de ses profits. Aussi, il lui faut détruire ce qu’il considère comme des obstacles, des freins à sa boulimie économique : les frontières, les nations, la souveraineté des états, les droits sociaux acquis par la lutte des masses populaires, et jusqu’aux procédures encore parlementaires, qui retardent les décisions à prendre pour atteindre les objectifs attendus...

 

Cette stratégie impose au capital de recourir à de nouvelles formes de domination et de représentation politique. Les gouvernements de droite et Ps sont encore contraints de composer avec une opposition populaire...Cela ne convient plus aujourd’hui aux ambitions de l’oligarchie. Il lui faut aller vite et faire appliquer ses lois sans délais.

 

Il lui faut donc appliquer une nouvelle stratégie et de nouvelles têtes pour l’assumer.

 

Au-delà de Sarkozy et de Hollande, déconsidérés et donc jugés plus assez efficaces, l’oligarchie tient peut-être avec Emmanuel Macron - la banque sans intermédiaire - l’homme qu’elle juge le plus utile et plus habile pour détruire la législation en vigueur qui freine encore leur besoin d’aller vite. L’ancien gérant de la banque Rothschild, délaissant les vocables "gauche" et droite", se prévaudra alors de "la liberté pour chacun" de se dégager des réglements et des "contraintes", tels le Code du Travail (la loi Macron en est un exemple), la Sécurité Sociale ( au nom du droit pour chacun de choisir sa Cie d’Assurances), le système de retraite par répartition ( afin de permettre’ à toute personne de préférer un fonds de pensions jugé plus’ rentable’).

 

En un mot, Emmanuel Macron préconisera une "Ubérisation" de l’ensemble de la société, une "bergerie librement ouverte aux moutons et aux loups" !

 

Telle est, à mon sens, le monde que nous prépare le capital financier, seul aux commandes.

Et la prochaine élection présidentielle peut en constituer l’occasion.

Donc, face à cette vision, ce n’est pas le Front national qui constitue le danger principal.

Et ceux qui le prétendent font le jeu conscient ou non des projets de l’oligarchie.

Le débat est ouvert !

Un autre débat doit s’ouvrir sur les moyens d’échapper au piège.

28 septembre 2016

Jean Lévy
Membre du Bureau national du Comité Valmy.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 15:23

Par Pepe Escobar – Le 22 septembre 2016 – Source Strategic Culture

 

Le sommet des pays non alignés (PNA) s’est réuni à Isla Margarita, au Venezuela, sans la moindre référence dans les médias grand public occidentaux.

De nos jours, les PNA regroupent tous les pays africains sauf le Sud-Soudan, la majorité de l’Amérique latine sauf le Brésil, l’Argentine et le Mexique (qui y sont membres observateurs) et la plupart de l’Asie et du Moyen-Orient (la Chine est un observateur).

 

Qu’est il sorti de ce formidable rassemblement de nations globalement représentatives ? Apparemment pas grand-chose, sauf un long document que peu de gens liront, rappelant les thèmes habituels de non-ingérence et plaidant pour une paix et une coopération mondiale.

 

Après que l’Iran a passé le témoin au Venezuela qui dirige les PNA pour les trois prochaines années – années qui seront secouées par des turbulences socio-économico-politiques (voici un bon résumé de là où nous en sommes) – le président Maduro n’a pas hésité à dénoncer l’offensive de Washington contre l’Amérique latine et son administration en particulier, offensive centrée sur des changements de régime par le biais d’une guerre économique. Son diagnostic est globalement exact.

 

Et cela amplifie les problèmes si vous êtes un non-aligné dans une époque de modernité liquide, digitale. Géopolitiquement et géo économiquement, vous êtes alors une proie facile pour toutes sortes de manipulations algorithmiques.

 

La guerre du pétrole, conduite surtout par l’Arabie saoudite et qui repose sur la spéculation électronique, a dévasté l’économie vénézuélienne dont le budget dépend à 96% du pétrole. Le manque de nourriture et de médicaments atteint des niveaux alarmants, tout comme le taux d’inflation, un des plus fort au monde actuellement.

 

Au cours de réunions parallèles, Caracas a désespérément cherché un consensus pour geler la production de pétrole avant la prochaine réunion cruciale de l’OPEC d’Alger, à la fin du mois. Le gouvernement vénézuélien a correctement analysé que l’OPEC a été politisée pour faire chuter le prix du pétrole pour cette guerre économique saoudienne, dans le but de frapper l’Iran, la Russie et le Venezuela. Maduro demande maintenant que l’OPEC arrête d’opérer sur le marché libre, à cause de cette surproduction.

 

Mais c’est la manipulation électronique qui décide. Même si la politique, bien sûr, joue encore un rôle : dans les discussions sur le prix du pétrole, mais aussi dans la récente décision du Mercosur d’empêcher le Venezuela d’exercer la présidence temporaire du bloc commercial sud-américain.

 

Alors, Maduro a, durant ce sommet des PNA, cherché un soutien auprès de ses quelques alliés restants, comme Rafael Correa d’Équateur, Evo Morales de Bolivie et Hassan Rouhani d’Iran. Pourtant, aucun d’eux n’a la possibilité d’influencer le jeu de l’Arabie saoudite et de son maître.

 

Mais il n’y a pas eu que le Venezuela. D’autres nations ont, pendant ce sommet, accusé les exceptionnalistes d’interférence. C’est la Corée du Nord qui a chopé le pompon, en menaçant de tout faire péter sans prévenir.

 

Où est le nouveau Sukarno ?

Le début des années 1960 fut l’époque des Nehru, Sukarno, Nasser et Tito. Sans oublier l’événement fondateur du mouvement des PNA, la conférence de Bandung de 1955, hébergée par l’Indonésie de Sukarno. Ce fut là que le gratin de l’ancien Tiers Monde, devenu maintenant le Sud global, Sukarno, Nasser, Nehru, Tito, Ho Chi Minh, Zhou Enlai, Sihanouk, U Thant et Indira Gandhi, adoptèrent une «déclaration pour la promotion de la paix et coopération mondiale» en demandant collectivement de pouvoir rester neutres dans la Guerre froide de l’époque.

 

L’esprit de Bandung est encore vivant, car les PNA restent engagés contre l’impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, le racisme, l’interférence et l’agression étrangère, l’occupation et l’hégémonie. On pourrait appeler cela les PNA contre l’Empire. Pourtant, l’empire postmoderne est beaucoup plus subtil dans ses mécanismes d’interférence, utilisant les myriades de déclinaisons de la guerre hybride, des révolutions de couleur aux guerres économique, jusqu’à la dernière farce institutionnelle/parlementaire/judiciaire/médiatique/changement de régime brésilienne.

 

La Guerre froide continue, ré-étiquetée Guerre Froide 2.0, mettant surtout l’OTAN face à la Russie, en parallèle à l’endiguement de la Chine grâce au Pivot vers l’Asie. La Russie et la Chine sont les deux menaces annoncées ouvertement par le Pentagone, ces deux pays devraient donc, dans un but pragmatique, aligner leur propre partenariat stratégique avec celui des PNA.

 

L’esprit des PNA les empêche de s’aligner avec une structure géopolitique militaire ; alors que le projet chinois Une Ceinture, une Route (OBOR) progresse, les nouvelles Routes de la soie vont finalement se joindre à l’Union économique eurasienne (UEE) conduite par la Russie ; tout cela est un progrès conforme aux intérêts des PNA.

 

Ces projets sont les seuls projets d’intégration mondiale dans un futur prévisible, centrés bien sûr sur l’Eurasie, mais avec de multiples ramifications à travers l’Asie, l’Afrique et même l’Amérique latine. Le projet chinois de ligne de chemin de fer reliant le Pérou sur la côte Pacifique, au Brésil sur la côte Atlantique, par exemple, peut être perçu comme une ramification sud-américaine des Routes de la soie.

 

La sainte trinité des PNA, le multilatéralisme, l’égalité et la non-agression est aussi reprise par les BRICS, dont le sommet du mois prochain à Goa devrait faire avancer le développement pratique de mécanismes tels que la Nouvelle banque de développement (NBD) qui, pour des raisons bien pratiques, devrait aussi progresser dans l’intérêt du Sud global.

 

L’un des chemins de sortie pour le Venezuela est de renforcer ses alliances avec les groupes d’intégration latino-américains, côte à côte avec les PNA et en connexion avec les BRICS et le G20, tous recherchant un monde multipolaire, loin du pathétique genre de punition médiévale incarnée par les sanctions du Pays exceptionnel.

 

Un sujet non ordinaire fut discuté pendant ce sommet. Un processus de réorganisation, comme l’a nommé Maduro, du système des Nations unies, en particulier le Conseil de sécurité. En realpolitik, cela n’arrivera pas, car la Russie est actuellement le seul membre ouvert à ce genre de discussion.

 

La realpolitik va aussi faire que les nations des PNA continueront à être marginalisées, et rudement exploitées, par des mécanismes néocoloniaux sophistiqués, engrainés dans la logique unipolaire. C’est donc les PNA contre le Pays exceptionnel. Les PNA contre la globalisation néolibérale et ses torrents d’inégalités. Les PNA contre l’économie casino.

 

La route sera longue et sinueuse. Les PNA n’ont pas grand-chose, à part un Centre pour la coopération Sud-Sud basé à Jakarta et un certain nombre de comités conjoints entre ce groupe de 77 nations en développement. Mais le moral reste bon dans ce combat pour un monde plus égalitaire, équilibré et décent.

 

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

Article original publié dans Strategic Culture.

Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone.

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