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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:01
Berlin et Paris veulent relancer l’intégration militaire européenne

Par Pierre Levy https://francais.rt.com/opinions/26260-berlin-paris-integration-militaire    (RT)

13 sept. 2016

 

 «L’Europe de la Défense», le «Quartier général» européen et l'académie militaire commune : manœuvre politique pour rassurer les peuples européens ou projet prometteur ? Le spécialiste des questions européennes Pierre Lévy  livre son analyse.

 

Les ministres allemand et français de la Défense ont jeté, dimanche 11 septembre, un pavé dans la mare. Ils l’ont fait discrètement, comme c’est souvent le cas en matière européenne, en envoyant une missive commune à Federica Mogherini, le chef de la politique étrangère de l’UE.

 

Le document devrait être présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet informel du 16 septembre, à Bratislava. Si la manière est discrète, le contenu n’a rien d’anodin. Il s’agit de donner un brusque coup d’accélérateur à ce qu’il est convenu d’appeler «l’Europe de la Défense», en réalité l’intégration militaire. Depuis des années, on se lamente à Bruxelles des «avancées bien trop lentes» dans ce domaine.

 

Car du côté du Royaume-Uni, la perspective d’une «défense européenne» ne suscitait qu’un enthousiasme très modéré. A Londres, on a longtemps estimé que cette ambition doublonnerait inutilement les structures de l’Alliance atlantique.

 

A Berlin comme à Paris, on s’appuie sur une supposée aspiration des citoyens à un renforcement des outils militaires censés les «protéger»

 

Or le 23 juin, les dirigeants européens ont encaissé l’un des coups les plus rudes du dernier demi-siècle : le peuple britannique décidait de sortir de l’UE, et entendait ainsi reprendre la main sur les décisions déterminant son propre avenir. En plein désarroi, le Conseil européen décidait alors de tenir en septembre un sommet «informel» avec un objectif : tenter de convaincre que l’Union européenne pourra survivre, malgré ce choix britannique potentiellement contagieux.

Le thème général a finalement été choisi : marteler que l’UE est capable «de répondre aux aspirations de sécurité des citoyens». Discourant le 14, le président de la Commission, l’a abondamment répété.

 

Outre la «sécurité intérieure» (un thème sur lequel il y eut déjà  un «papier franco-allemand» en août), c’est donc la «sécurité extérieure» qui est mise en avant. A Berlin comme à Paris, on s’appuie sur une supposée aspiration des citoyens à un renforcement des outils militaires censés les «protéger» ; et on fait de nécessité vertu : puisque le Royaume-Uni s’en va, c’est le moment où jamais d’accélérer en matière de «défense».

 

Le moment est mûr pour un «Schengen de la Défense», ont déclaré les ministres allemand et français D’autant que les Vingt-sept semblent plus que jamais divisés sur de nombreuses questions importantes : économie (plus ou moins d’austérité), réfugiés (qui doit en supporter le poids), institutions (plus ou moins de pouvoir à la Commission)… Sur la défense en revanche, les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie) disent être prêts à une «avancée» européenne – voire à une armée européenne.

 

Bref, le moment est mûr pour un «Schengen de la Défense», ont indiqué les ministres allemand et français, marquant ainsi l’ampleur de leur ambition (de manière au demeurant quelque peu maladroite, tant les accords de Schengen sur la libre circulation sombrent actuellement de toutes parts…).

 

Concrètement, le document signé par Ursula Van der Leyen et Jean-Yves Le Drian propose la mise en place d’un Quartier général permanent européen et d’un commandement médical conjoint, le partage d’un centre logistique pour les équipements stratégiques, de même que le partage du renseignement et de la surveillance satellitaires.

 

L’Eurocorps, à Strasbourg, pourrait contribuer à la planification d’opérations. La capacité de déploiement des «groupements tactiques» (jusqu’ici jamais utilisés) serait facilitée. Et un budget européen unique serait consacré à la recherche militaire commune, ainsi qu’au développement de matériels communs (satellites, drones, cyberdéfense…).

 

Rien ne dit en effet que les bruits de bottes soient de nature à amadouer des peuples toujours plus rétifs à l’intégration européenne. Cerise sur le gâteau, une académie militaire commune serait créée afin de favoriser un «esprit de corps».

 

Ces projets ambitieux pourraient être menés à bien même si certains pays ne souhaitaient pas s’y joindre : le mécanisme dit de « coopération structurée », prévu par les traités, permettrait à un groupe pionnier d’aller de l’avant, même sans unanimité.

 

Il reste que le chemin pourrait être semé d’embûches. Rien ne dit en effet que les bruits de bottes – même affublés du prétexte de «plus de sécurité» – soient de nature à amadouer des peuples toujours plus rétifs à l’intégration européenne, bien au contraire.

 

De nombreux propagandistes de l’UE ont longtemps justifié cette dernière par la nécessité de «faire contrepoids aux Etats-Unis». Hélas pour cette thèse (absurde), il s’avère que le projet franco-allemand a été mis au point en marge… du sommet de l’OTAN tenu à Varsovie en juillet dernier.

 

Et à propos dudit projet, Mme Van der Leyen a confié à Reuters : «c’est ce que les Américains attendent de nous».

 

A défaut d’être rassurant, voilà qui a au moins le mérite de la clarté.

 

Note de JF: "Qui a dit charbonnier doit rester maiître chez lui ?" mais il est vrai que les détenteurs de tous les pouvoirs sont ailleurs !

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 16:57
Révélations : Julian Assange promet d’exclure Hillary Clinton de la présidentielle avant le débat du 26 septembre

lundi 5 septembre 2016, par Comité Valmy

 

Le lundi 26 septembre, 2016 Donald Trump et Hillary Clinton se retrouveront à l’université Hofstra à Hempstead, New York, pour expliquer au public américain comment ils vont gérer le pays en tant que président des États-Unis.<P/>

 

Le débat, qui est le premier débat entre les deux candidats en lice pour les élections présidentielles le 8 novembre, devait initialement avoir lieu à l’université d’État Wright dans l’Ohio, mais il a plus tard été déplacé à Hofstra, en raison de problèmes budgétaires.

Cependant, avant que le débat n’ait lieu, Julian Assange, le fondateur et rédacteur en chef de l’organisme journalistique sans but lucratif WikiLeaks, a déclaré que sa prochaine publication sur Clinton la mettra hors de la course présidentielle.

WikiLeaks publie des informations secrètes, des documents « fuités », et des médias classifiés de sources anonymes. La dernière fuite par l’organisation est les emails du Comité national démocrate (DNC), publiés en juillet 2016, révélant comment les hauts responsables du Parti démocratique se sont associés pour faire en sorte que Clinton obtienne la nomination du parti de Bernie Sanders.

La divulgation par Wikileaks a placé le Parti démocrate dans le désarroi. De plus en plus de gens présentent leurs lettres de démission, se retirant du DNC. Avant que le sénateur Sanders ne quitte le Parti démocratique, il a déclaré que la publication par WikiLeaks a montré un DNC corrompu qui n’est pas digne de confiance. Le sénateur du Vermont a ensuite appelé à une refonte totale du DNC.

Dans le même temps Sanders a appelé à un nouveau DNC, alors président de l’organisme à ce moment, Debbie Wasserman Schultz a démissionné. Beaucoup d’autres fonctionnaires subalternes du DNC ont aussi démissionné plus tard.

Politico a rapporté récemment que le directeur financier du DNC, Jordan Kaplan se retire également en raison de son implication dans les e-mails publiés par WikiLeaks.

La révélation par WikiLeaks a provoqué la colère de nombreux partisans de Sanders, qui ont depuis dit qu’ils ne voteront pas pour Clinton parce qu’elle a triché au concours pour devenir candidate du parti.

Bien qu’il ait perdu, Sanders a tiré plus de 12 millions de votes lors du concours avec Clinton. Les commentateurs politiques disent que si beaucoup de ceux qui ont voté pour Sanders refusent de voter pour Clinton dans les élections présidentielles de novembre, elle va perdre le concours avec Trump.

Cependant, il semble que Clinton pourrait même ne pas avoir la chance de figurer sur le bulletin de vote contre Trump. Assange a dit que Clinton a commis une « extorsion » par un battage médiatique autour des craintes sur la possibilité d’une victoire républicaine, afin d’attirer les électeurs de gauche.

 

 

Assange a également affirmé qu’il a en sa possession des emails condamnant la façon dont Clinton a fait des accords secrets avec les sponsors de l’organisation terroriste, l’Etat soi-disant islamique d’Irak et de Syrie (ISIS). Assange a dit que les transactions secrètes de Clinton avec ce commanditaire ISIS ont donné lieu à d’énormes fonds donnés à la Fondation Clinton venant du sponsor.

Il a poursuivi que le Federal Bureau of Investigation ne peut ignorer ces documents accablants qui seront bientôt rendus publics. Assange a fait cette dernière demande dans une interview avec le journaliste britannique, Afshin Rattansi de Russian Today.

« Nous avons plus d’informations et nous publierons tout quand le moment sera venu, certains de ces documents peuvent mettre Hillary Clinton hors concours », a dit Assange à Rattansi dans l’interview.

Assange a ajouté que Bernie Sanders obtiendra la nomination après le départ de Clinton, comme il est celui qui détient le reste des voix des délégués du parti.

Ci-dessous une transcription de l’entrevue de Rattansi qui a eu lieu avec le fondateur de WikiLeaks sur la prochaine divulgation, qui exclura Clinton de la course présidentielle.

Rattansi : « S’il y a une illégalité dans les e-mails en suspens, le président Obama pourrait vraisemblablement agir et porter des charges contre Hillary Clinton ? Indépendamment de si vous êtes sur le point de publier tout courriel qui signifierait que James Comey et le FBI n’auraient pas d’autre choix que d’arrêter Hillary Clinton ? »

Assange : «  Notre point de vue est que le FBI possède déjà la preuve pour qu’un grand jury l’inculpe… Mais un procureur doit demander à un grand jury d’inculper. Et si le procureur ne fait pas la demande, le grand jury ne fera pas la mise en accusation. Mais notre prochaine divulgation peut être importante pour son exclusion car c’est quelque chose que le FBI ne peut pas négliger ! »

Rattansi : « Quelle sera la date à laquelle vous publierez cette divulgation ? »

Assange : « Je ne vais pas révéler la date exacte mais je peux vous promettre que cela mettra Hillary Clinton hors de la course présidentielle avant le débat du 26 septembre. »

Selon les commentateurs politiques, si les documents qui seront publiés par Assange justifient l’acte d’accusation de Clinton, le sénateur Sanders va la remplacer par les règles du Parti démocrate. À l’heure actuelle, tout le monde est tranquillement en attente qu’Assange et son équipe publient cette bombe, l’exclusion de Clinton et son remplacement par le sénateur Sanders.

dimanche 4 septembre 2016

Sources : AnonHQ

Traduction : Anguille Sous Roche

http://fawkes-news.blogspot.fr

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 17:20

Burkini: Le choc des civilisations à l’heure du pastis,

Par Bruno Guigue


Curieux pays que la France. Ses dirigeants tentent d’abattre depuis cinq ans, par tous les moyens, le seul régime non confessionnel du Moyen-Orient. Ils livrent des armes aux djihadistes au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Ils bombardent les populations civiles en prétendant lutter contre le terrorisme qu’ils soutiennent par ailleurs. Ils distribuent des médailles honorifiques et vendent des avions de chasse aux sponsors saoudiens de la terreur planétaire. Mais cette absurdité permanente de notre politique étrangère n’offusque personne. Elle ne suscite dans les médias dominants que des débats feutrés. Aucun mouvement de foule n’en dénonce la nocivité. Pour peu elle passerait inaperçue, faisant place à d’autres préoccupations.

 

Car ce ne sont pas les événements d’Alep qui passionnent les foules. Ces affrontements exotiques auxquels on ne comprend rien n’intéressent personne. Loin de nous, ils sont comme frappés d’insignifiance. Le vrai sujet est ailleurs, son urgence saute aux yeux. Son extrême gravité nous pétrifie d’angoisse. Le burkini ! Ce costume de bain ne devrait provoquer, au pire, qu’un sourire narquois ou désabusé. Il ne devrait susciter, au mieux, qu’une souveraine indifférence. Mais voilà qu’il se transforme en casus belli pour estivants déchaînés, qu’il devient le motif extravagant d’une bataille de parasols. Portée à l’incandescence par l’atmosphère corse, la discorde frôle même le paroxysme, à coups de jets de canettes et de fléchettes de harpon.

 

Aurait-on tort de ne pas prendre au sérieux cette invraisemblable querelle ? Oui, nous dit-on, car elle serait symboliquement décisive. Elle serait lourde de signification implicite, grosse d’une menace existentielle. A croire certains, elle s’élèverait même au rang du combat suprême pour la défense de nos valeurs. Menacée de submersion, l’identité européenne jouerait son va-tout dans cette rixe saisonnière aux relents de pastis. Congédiant la pétanque et les épuisettes, elle reléguerait les passions vacancières au magasin des accessoires. Alors que dans les piscines allemandes on s’en moque, ce maudit vêtement émeut l’opinion, chez nous, avec une singulière intensité.

 

On a parfaitement le droit, bien sûr, de ne pas aimer cette tenue de bain pour ce qu’elle représente. Car cette version balnéaire du voile intégral n’est pas étrangère à un rigorisme qu’il est légitime de combattre sur le plan des idées. Mais la vie en société implique aussi l’acceptation de la différence culturelle. Dès lors qu’elle n’entrave la liberté de personne, une pratique sociale, vestimentaire ou autre, ne peut faire l’objet d’une interdiction que si elle déroge à un principe fondamental. Mais dans le cas d’espèce, lequel ? On peine à le trouver. Et l’on interdit la pratique des uns parce qu’elle ne plaît pas aux autres. Ce qui soulève cette question : dans un Etat laïc, les prohibitions légales ont-elles vocation à épouser les aversions subjectives des uns et des autres ?

 

Effet collatéral du climat créé par les attentats, cette interdiction, en réalité, renvoie sans le dire à la lutte contre le terrorisme. Que le burkini entretienne un rapport de connivence implicite avec l’idéologie wahhabite, au demeurant, n’est pas faux. Que cette idéologie soit la matrice originelle du djihadisme non plus. Mais les femmes qui adoptent cette tenue par conviction religieuse ne sont pas pour autant des adeptes du terrorisme. Et le motif de l’interdiction, il faut le reconnaître, demeure juridiquement faible, puisqu’on ne peut même pas invoquer le fait que le visage est masqué, contrairement à la burqa.

 

Il n’empêche que pour une partie de la population française cet argument est de peu de poids. A ses yeux, cette lutte symbolique est le baroud d’honneur de l’Occident en proie aux barbares. La guerre du maillot intégral, c’est le choc des civilisations mis à la portée des plagistes, le grand frisson identitaire à l’heure de l’apéro aux olives. On croit combattre le fanatisme en faisant la chasse au burkini, mais on ne poursuit que des ombres, sans voir la diversion à laquelle on prête la main. Nourrie par des médias rapaces, cette bataille dérisoire, une fois de plus, détourne de l’essentiel. Cette vaine dispute est un écran de fumée dont des politiciens véreux font leur miel. Et elle montre notre incapacité politique à prendre au sérieux l’islamisme radical pour mieux le combattre.

 

 

 

Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Traduit en anglais par Marcel Baranghttp://arretsurinfo.ch/burkini-clash-of-civilizations-at-pastis-time/

Source: http://arretsurinfo.ch/burkini-le-choc-des-civilisations-a-lheure-du-pastis-par-bruno-guigue/

 

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 17:41

Par Alexis Feertchak  origine http://www.lefigaro.fr

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Après le coup d'Etat manqué en Turquie, Erdogan se rapproche de Poutine tandis que Moscou et Washington semblent avoir trouvé un équilibre en Syrie. Pour le général Pinatel, les Etats européens devraient tenir compte de cette nouvelle donne.

Le général (2S) Jean-Bernard Pinatel est expert en géostratégie et en intelligence économique. Il tient le blog Géopolitique - Géostratégie. Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages, dont Carnets de guerres et de crisesaux Éditions Lavauzelle en 2014.

 

FIGAROVOX. - Recep Erdogan devrait rencontrer Vladimir Poutine en août dans la capitale russe. La Turquie est historiquement la base avancée du Sud de l'Alliance atlantique. Dans quelle mesure la nouvelle alliance entre Moscou et Ankara pourrait perturber l'OTAN?

 

Général (2S) PINATEL. - L'OTAN est une organisation issue de la Guerre froide entre l'URSS et l'Occident démocratique. Son maintien et son extension aux anciens pays de la CEI procède de la volonté des Etats-Unis de conserver ouvert le fossé entre l'Europe et la Russie. En effet si l'Europe et la Russie étaient alliées, elles leur contesteraient la primauté mondiale qu'ils ont acquise en 1990 à l'effondrement de l'URSS et qu'ils veulent conserver à tout prix. Mais la menace islamique a changé la donne. Cette menace, présente en Russie depuis les années 1990, s'est étendue à l'Europe en juin 2014 avec la proclamation du Califat par l'irakien Al Bagghadi puis récemment en Turquie quand Erdogan a dû fermer sa frontière à Daech après les attentats commis en France et les pressions que les américains ont du faire sur Ankara pour ne pas perdre le soutien de l'opinion européenne.

 

Si l'Europe et la Russie étaient alliées, elles contesteraient aux Etats-Unis la primauté mondiale.

 

Dans ce contexte d'actes terroristes meurtriers, la déstabilisation du régime syrien et son remplacement par un régime plus favorable aux intérêts américains, européens, saoudiens et qataris passe au second plan face à l'urgence de maîtriser ce nouveau Califat qui menace la stabilité du Moyen-Orient et favorise la montée en puissance des partis nationalistes anti-atlantistes en Europe. Par ailleurs, l'intervention massive et victorieuse de la Russie en septembre 2015 pour soutenir son allié syrien contraste avec les hésitations ou le double jeu des Etats-Unis qui essaient de ménager tout le monde. Ils se condamnent ainsi à une faible efficacité opérationnelle qui, finalement, inquiète leurs alliés traditionnels et les poussent à ménager la Russie. Enfin les liens et les enjeux économiques entre la Russie et la Turquie sont très importants malgré une opposition géopolitique historique.

 

Contrairement à la guerre que mène la Russie en Syrie, l'OTAN ne sert à rien face à la menace islamique.

 

Plus que le rapprochement entre Moscou et Ankara, ce qui fragilise cette organisation, ce sont ces récents événements. Ils font la démonstration éclatante aux yeux des Français et des Européens que l'OTAN ne sert à rien face à la menace islamique. En revanche, la guerre efficace que même la Russie contre l'Etat islamique fait penser à de plus en plus de français et d'hommes politiques que la Russie est notre meilleur allié. Et cette évidence, acquise dans la douleur de nos 234 morts et de nos 671 blessés depuis 2012, devrait non seulement perturber l'Otan mais conduire à sa disparition ou à son européanisation complète car son maintien en l'état ne sert que des intérêts qui ne sont pas ceux de la France.

 

Que se passe-t-il aujourd'hui en Syrie? Russes et Américains semblent se rapprocher ou à tout le moins se coordonner davantage, notamment sur la question du Front Al-Nosra, très présent près d'Alep. Un nouvel équilibre dans la région est-il en train de se constituer?

 

Dès leur intervention en septembre 2015 sur le théâtre syrien, les Russes ont proposé aux Américains de coordonner leurs frappes contre Daech et Al Nostra. Mais les Américains ont refusé car au niveau politique, Obama voulait maintenir la fiction qu'il existait encore un potentiel de forces modérées sur le territoire syrien qui n'avaient pas été absorbées ou qui ne s'étaient pas alliées à Al-Nostra et qui ainsi pourraient prétendre, un jour, à être partie prenante à la table de négociation. C'est clairement une fiction contestée non seulement par la Russie, mais par d'autres voix y compris aux Etats-Unis. Ces experts affirment que les unités qui existent encore en Syrie servent d'interface avec Al Nostra à qui elles revendent les armes qu'elles reçoivent via la CIA. C'est le bombardement d'une de ces bases en Syrie par la Russie, qui a eu l'habileté de prévenir les américains à l'avance pour qu'ils puissent retirer en urgence les agents de la CIA présents, qui a permis ce rapprochement opérationnel. Il est clair qu'un nouvel équilibre est en voie de se constituer au Moyen-Orient. La Russie qui y a été historiquement présente est de retour en force. La Chine, et c'est une nouveauté, y pointe plus que son nez et la France qui y avait une position privilégiée de médiation, l'a perdue par suivisme des Etats-Unis.

 

Quelle pourrait être la place de l'Europe dans les relations avec ces deux grands pays que sont la Russie et la Turquie? Peut-on imaginer un nouvel équilibre sécuritaire aux marches de l'Europe?

 

C'est vrai, nos portes orientales sont verrouillées par la Russie et la Turquie.

Avec la Russie nos intérêts économiques et stratégiques sont totalement complémentaires. La France a une longue histoire d'amitié avec la Russie que symbolise à Paris le pont Alexandre III et plus récemment l'épopée de l'escadrille Normandie Niemen que le Général de Gaulle avait tenu à envoyer en Russie pour matérialiser notre alliance contre le nazisme. Je rappelle aussi que c'est parce que l'armée allemande était épuisée par trois ans de guerre contre la Russie et la mort de 13 millions de soldats russes et de 5 millions d'allemands que le débarquement de juin 1944 a pu avoir lieu. Ce rappel ne veut en aucun cas minimiser le rôle des Etats-Unis et le sacrifice des 185 924 soldats américains morts sur le sol européen. Mais la volonté des Etats-Unis de restaurer un climat de Guerre froide en Europe qui se développe notamment au travers de l'OTAN ne sert que leurs intérêts et ceux des dirigeants européens qui sont soit des corrompus soit des incapables.

 

La volonté des Etats-Unis de restaurer une Guerre froide en Europe au travers de l'OTAN ne sert que leurs intérêts et ceux des dirigeants européens qui sont soit des corrompus soit des incapables.

 

Avec la Turquie, c'est l'Allemagne qui a des relations historiques comparables aux nôtres avec la Russie. La Turquie et l'Allemagne étaient des alliés au cours des deux guerres mondiales car les allemands espéraient avec leur aide couper la route du pétrole aux alliés. Les Turcs de leur côté espéraient ainsi récupérer le contrôle du Moyen-Orient et notamment celui de l'Irak et de la Syrie.

 

Ce rappel historique met en évidence l'importance du couple franco-allemand pour définir une politique européenne commune face à ces deux puissances et éviter de revenir à des jeux du passé comme a semblé le faire récemment Angela Merkel avec l'affaire des réfugiés en négociant directement avec Erdogan sans se concerter avec ses partenaires européens.

Alexis Feertchak

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 15:38
L’attentat de Nice rappelle l’Opération Gladio
par Paul Craig Roberts

Repris sur  Comité Valmy

 

Information Clearing House, 18/7/16 - Des commentateurs, qui ont appris à se méfier des explications officielles, tels que Peter Koenig et Stephen Lendman, ont soulevé des questions au sujet de l’attentat de Nice.Il semble vraiment étrange qu’une personne seule conduisant un gros camion ait pu accéder à des zones sécurisées où les Français s’étaient réunis pour regarder les feux d’artifice commémorant la prise de la Bastille. Il semble aussi étrange, que cet événement soit qualifié de terroriste lorsque la famille de l’auteur présumé soutien qu’il n’était pas du tout religieux et n’avait aucune motivation religieuse.Le saurons-nous jamais ? Encore une fois l’auteur présumé est mort, ayant laissé, complaisamment, derrière lui sa carte d’identité.

 

Il semblerait qu’une des conséquences pour la France sera l’instauration permanente de l’état d’urgence. Cette mise au pas de la société servira également à la marionnette capitalise Hollande d’évacuer les protestations contre l’abrogation des protections du droit de travail en France. Ceux qui protesteront contre la perte, si durement gagnés, de leurs acquis seront restreints par l’état d’urgence.

 

C’est incroyable de voir comme cette attaque a été commode pour le capitalisme mondial, qui est le principal bénéficiaire de cette nouvelle « réforme » du Code de travail d’Hollande.

 

Les questions soulevées par Koenig et Lendman rappellent l’Opération Gladio, nom de code donné à une opération secrète de l’OTAN, mise en place par Washington après la Seconde Guerre mondiale en réponse à la crainte de l’Europe occidentale quant à une éventuelle invasion de celle-ci par l’Armée rouge. Initialement Gladio consistait en la création de caches d’armes et à celle d’une organisation devant mener la guérilla contre l’armée d’occupation soviétique.

 

Au lieu d’une invasion soviétique, la menace qui a émergé fut la popularité du Parti communiste en France et surtout en Italie. Washington craignait que des partis communistes gagnent suffisamment de voix pour former un gouvernement, que l’Empire de l’Europe occidentale qu’elle dirigeait soit brisé et que ces gouvernements communistes s’alignent avec Moscou.

 

Par conséquent, Gladio a été tourné contre les Partis communistes européens. Le service de renseignement italien en collaboration avec la CIA a commencé à commettre des attentats en Italie dans les lieux publics, comme dans la gare de Bologne où 285 personnes ont été tuées, mutilées ou blessées.

 

L’opérateur du Gladio Vincenzo Vinciguerra fut le premier à révéler l’existence de Gladio lors de son procès de 1984 pour le bombardement de la gare de Bologne en 1980. Interrogé sur l’attentat de Bologne, Vinciguerra a déclaré : « Il existe en Italie une force secrète parallèle aux forces armées, composée de civils et des militaires, qui dans un but antisoviétique, organisent une résistance sur le sol italien contre l’armée russe ... Une organisation secrète, une super-organi-sation, avec un réseau de communication, des armes, des explosifs, et des hommes formés pour les utiliser ... Une super-organisation qui, faute d’une invasion militaire soviétique, qui pourrait ne jamais se produire, a pris pour tâche, au nom de l’OTAN, d’empêcher un glissement de l’équilibre politique du pays vers la gauche. C’est bien ce qu’ils ont fait, avec l’aide des services secrets officiels et les forces politiques et militaires » (https://en.wikipedia.org/wiki/Vincenzo_Vinciguerra)

 

Il a fallu attendre 1990, six ans plus tard ans, pour que le Premier ministre italien, Giulio Andreotti, reconnaisse officiellement l’existence de Gladio.

 

Le général italien Gerardo Serravalie commandait la participation italienne de Gladio dans la première moitié des années 1970. Wikipédia rapporte qu’il a déclaré que les responsables de la planification et la coordination « étaient des officiers responsables des structures secrètes de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas et d’Italie. Ces représentants des structures secrètes se rencontraient tous les ans dans l’une des capitales ... Aux réunions de ‘stay-behind’ des représentants de la CIA étaient toujours présents. » (https://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Gladio)

 

Des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980 il y eu beaucoup d’attentats à la bombe avec de nombreuses victimes civiles. Vinciguerra a déclaré : « On était censé attaquer des civils, des femmes, des enfants, des personnes innocentes en dehors de l’arène politique, pour une raison simple : forcer le public italien à se tourner vers l’état, vers le régime et demander une plus grande sécurité…. Telle était la logique politique derrière tous les attentats. Ils restent impunis parce que l’Etat ne peut pas se condamner. » (https://www.youtube.c om/watch ?v=vaMUbCpaRyc).

 

Les attentats ont été imputés à des groupes terroristes communistes, tels que les Brigades rouges et la bande Baader-Meinhof ; des groupes qui auraient pu être réels ou des couvertures inventés par les services secrets pour discréditer des partis communistes européens.

 

En 1984, le juge Felice Casson a rouvert une enquête vieille de 12 ans qui concernait une voiture piégée à Peteano, en Italie. Le juge a conclu que l’affaire avait été falsifiée et le blâme jeté sur les Brigades rouges, mais en fait avait été le travail des services secrets militaires, Servizio Informazioni Difesa (SID) en conjonction avec Ordine Nuovo, une organisation d’extrême droite créée ou cooptée par Gladio. Le responsable de la police qui a falsifié l’enquête a été condamné à la prison. L’enquête du juge Casson a conclu que le bombardement Peteano faisait partie d’une série d’attentats menés par Gladio, qui comprenaient l’attentat de Milano Piazza Fontane ayant tué 16 personnes et en ayant blessé 80 autres et l’attentat à la bombe à Bologne en 1980 qui a fait 85 morts et 200 blessés.

 

Sur la base des révélations italiennes, les gouvernements belges et suisses ont entrepris des enquêtes sur les Opérations Gladio dans leurs pays. Le gouvernement des États-Unis a nié toute participation aux attentats. Cependant, la recherche du juge Casson dans les archives des services secrets militaires italiens a mise au jour des preuves de l’existence du réseau Gladio, et le reliait à l’OTAN et aux États-Unis. (https://wikispooks.com/wiki/Operation_Gladio)

 

Les peuples occidentaux dont les démocraties ont dégénéré en ploutocraties sont inoculés contre la croyance que le gouvernement pourrait tuer ses propres citoyens. Clairement ils ont à apprendre concernant l’Opération Gladio.

 

L’Opération Gladio serait-elle encore bien vivante ? Les événements terroristes d’aujourd’hui sont rejetés sur les musulmans plutôt que sur les communistes. Est-il possible que les attentats terroristes en France et en Belgique soient des Opérations Gladio ?

Paul Craig Roberts

 

Addendum :

Cette grande collection de photos dans le Daily Mail du Royaume-Uni sur l’attentat de Nice ( http://www.dailymail.co.uk/news/article-36 91019/Several-people-injured-truck-c rashes-crowd-Bastille-Day-celebratio ns-Nice.html) ne semble pas montrer le sang dans les rues où le carnage est sensé avoir eu lieu, ou le sang associé aux corps qui ont été photographiés. Le camion blanc signalé comme avoir été l’arme du crime ne semble pas porter des traces de sang ou d’être endommagé. Un collègue avait une fois heurté un cerf, sa voiture a été totalement esquintée. Comment peut-il y avoir 186 personnes touchées et aucun dommage au camion ? En outre, parmi les reportages il y a une vidéo d’un policier exposé aux tirs à quelques mètres de la cabine du camion. Pour que la police s’expose devant un fou, signalé armé, cela implique que soit il n’était pas armé, soit que la cabine du camion était vide. Pourquoi la police n’a pas ouvert la porte pour le saisir ou s’il était armé attendre qu’il épuise ses munitions ? Dans tous ces attentats, l’auteur présumé est toujours abattu. Il est à noter également, qu’il y a déjà les noms et les photos des victimes et une histoire de l’auteur. Comment est-il possible que tant de photos de tant de personnes différentes soient si rapidement collectées et tellement d’informations recueillies à propos de l’auteur ? Les médias ne posent jamais aux autorités publiques de telles questions, ni ne fournissent de réponses. Il semblerait que l’histoire ait été préparée et prête à être déclenchée quand l’événement s’est produit, et que ce sera tout ce que nous n’obtiendrons jamais.

Et que faisons-nous de ceci :
(http://www.globalresearch.ca/the-paris-bataclan-terror-attack-six-french-military-were-present-instructed-not-to-intervene-people-died/5534527). Pourquoi des soldats français armés sur scène susceptibles d’arrêter le carnage au Bataclan ont reçu l’ordre de se retirer ?

 

Le Dr Paul Craig Roberts était Secrétaire-adjoint du Trésor sur la Politique économique et rédacteur associé au Wall Street Journal. Il contribue à Business Week, Scripps Howard News Service, and Creators Syndicate. Il a eu plusieurs postes universitaires. Ces colonnes sur internet ont attiré un intérêt mondial. Ses derniers livres sont : The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West, How America Was Lost, and The Neoconservative Threat to World Order.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 10:47
Derrière la tentative désespérée de coup d’état de la CIA en Turquie
par F. William EngdahL

 

Repris sur Comité Valmy

 

Dans la soirée du 15 juillet un groupe d’officiers de l’armée turque annonçait avoir accompli un coup d’Etat et pris le contrôle du pays. Ils prétendaient qu’Erdoğan était en fuite pour sauver sa vie et qu’ils étaient maintenant en train de rétablir l’ordre. Le seul problème de ces officiers et de leurs commanditaires, loin, à Langley [Siège de la CIA – NdT] en Virginie, et à Saylorsburg en Pennsylvanie où l’opérateur politique turc Fetullah Gülen est réfugié protégé par la CIA, est qu’ils n’ont pas réussi. Derrière la tentative de coup, ourdit une histoire beaucoup plus significative, une dramatique évolution géopolitique que l’imprévisible survivant politique qu’est le Président (encore) Recep Erdoğan était en train de fomenter lorsque des loyalistes de Gülen ont amorcés leur tentative de coup d’état désespérée, qui en toute apparence fut raté. Ce qui suit est une série de questions et de réponses sur l’arrière-scène des événements dramatiques qui se déroulent dans ce pays pivot dans l’ordre géopolitique.

 

Q : Quel commentaire feriez-vous sur les événements de vendredi à samedi, quand l’armée a mené une tentative de coup d’État ? Ces événements étaient-ils prévisibles ?

W.E. : Le coup d’État était une réaction à la récente évolution géopolitique dramatique d’Erdoğan. Il a été instigué par des réseaux turcs fidèles à la CIA. C’était clairement un geste désespéré, mal préparé.

 

Q : Qu’elles sont les véritables raisons de cette tentative de l’armée ? Qu’en pensez-vous ?

W.E. : Il s’agissait d’un réseau d’officiers dans l’armée fidèles au mouvement de Fetullah Gülen. Celui-ci est un instrument que la CIA contrôle à 100%. D’ailleurs il vit depuis des années en exil à Saylorsburg en Pennsylvanie, après avoir obtenu une carte verte [carte d’immigration aux é-u - NdT] grâce à d’anciens pontes de la CIA et à l’ancien ambassadeur étasunien à Ankara.

Gülen a été depuis des décennies un projet fou de la CIA d’armer l’Islam politique comme instrument de changement de régime. Rappelons qu’en 2013, il y avait des protestations de masse contre Erdoğan à Istanbul et ailleurs. C’est alors que Gülen, qui auparavant avait conclu une entente avec le Parti de la Justice et du développement [AKP] d’Erdoğan, rompait avec lui et le critiquait dans les médias qu’il contrôlait comme Zaman, le taxant de tyran. Depuis lors, Erdoğan s’est efforcé à déraciner son plus dangereux adversaire interne et ses amis, y compris avec des descentes sur Zaman et d’autres médias contrôlés par lui. Il ne s’agit pas d’une lutte entre le bon et le méchant chevalier. Cela concerne le pouvoir dans la vie politique turque. Si les lecteurs sont intéressés par les détails du projet Gülen et de la CIA je les invite de consulter mon livre, The Lost hegemon (en allemand : Amerikas Heilige Krieg).

 

Q : Pensez-vous que ces événements pourraient conduire à la guerre civile, comme certains commentateurs l’interprètent ?

W.E. : Je doute de cela. Le mouvement Gülen au cours de ces deux dernières années a été sévèrement réduit en influence par Erdoğan et son chef du renseignement — des purges etc.. La prétendue armée traditionnelle d’Atatürk, en tant que gardienne de l’État, est depuis longtemps révolue...depuis les années 1980.

Ce qu’il sera intéressant à observer maintenant est l’évolution de la politique étrangère d’Erdoğan : Rapprochement avec la Russie, réouverture des pourparlers à propos du gazoduc Turkish Stream vers la frontière grecque. Simultanément il y a son rapprochement avec Netanyahu, et celui plus critique, son accord apparent, à une partie des exigences de Poutine pour la reprise des liens, à savoir que la Turquie cesse ses efforts de renverser Assad en soutenant secrètement Daech ou d’autres organisations terroristes en Syrie, en les entrainant en Turquie et en vendant leur pétrole sur le marché noir. C’est une énorme défaite géopolitique pour Obama, probablement le Président le plus incompétent de l’histoire étasunienne (bien qu’il ait une concurrence sérieuse à ce titre de la part de George W. Bush et de Clinton).

 

Q : Croyez-vous qu’Erdoğan pourrait en effet de cette façon être renversé ?

WE : Probablement pas, vu ce que l’on voit actuellement. Même au petit matin lorsqu’Erdoğan a pu dire aux media qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’état fomenté par Gülen, j’étais convaincu que ce dernier échouerait. Aujourd’hui, le 16 juillet, il semble qu’il n’ait pas réussi. La CIA a été entartrée et Obama et l’OTAN tentent de se couvrir en étreignant chaleureusement le très démocratiquement élu Erdoğan (sic !) ». Ils ne se souciaient pas en Ukraine, quand la CIA perpétrait le coup d’état de la place Maïdan en février 2014, que Viktor Yanoukovitch était le « Président démocratiquement élu de l’Ukraine ». Regardez le chaos qu’a laissé Washington dans ses efforts de provoquer une scission entre la Russie et l’UE.

 

Q : Comment devrions-nous interpréter l’allégation qu’Erdoğan aurait demandé asile à l’Allemagne, et pensez-vous que celle-ci le lui aurait accordé ?

W.E. : Il y a beaucoup de rumeurs farfelues. Je n’ai aucune information là-dessus.

 

Q : Comment positionnez-vous les États-Unis et la Russie par rapport aux récents événements ?

W.E. : Cela devrait être clair avec ce que j’ai dit. Washington était derrière le coup d’État, manifestation de leur impuissance devant l’évolution géopolitique majeure effectuée par Erdoğan depuis juin, quand il a limogé Davutoğlu son Premier ministre et nommé le loyaliste Binali Yıldırım à sa place. À ce moment Erdoğan s’est simultanément détourné de la stratégie anti-Assad de Washington en Syrie et s’est tourné vers Israël (qui ces jours-ci est en conflit géopolitique aigu avec Washington), vers la Russie et maintenant, même vers Assad en Syrie.

 

Q : Quel sera l’impact des événements sur le fait que la Turquie soit membre de l’OTAN ?

W.E. : C’est difficile à évaluer. Washington pour sa stratégie globale a désespérément besoin de la Turquie dans l’OTAN, en particulier pour le contrôle des flux de pétrole du Moyen-Orient et maintenant son gaz naturel. C’est pourquoi au moment où il est devenu clair que le coup d’État échouerait, Obama et compagnie ont « embrassé » leur « ami » Erdoğan. Dans les milieux du renseignent on appelle cela le « contrôle des dégâts ».

 

Q : Croyez-vous qu’il soit bon pour la Turquie qu’Erdoğan et l’actuel gouvernement perdent le pouvoir de cette façon, plutôt que par des élections ?

W.E. : Au moment où j’écris ceci, il semble qu’il soit toujours fermement au pouvoir, peut-être plus fermement qu’auparavant.

 

Q : Comment estimez-vous que les événements en Turquie pourront affecter l’Union européenne ?

W.E. : Le projet d’UE est en voie de dissolution. Ce projet a toujours été une idée monstrueuse, encouragée dans les années 1950 par Churchill, la jeune CIA et certains de leurs amis européens comme Monnet, pour que les États-Unis contrôlent mieux Europe. Ce fait est devenu une évidence lorsque le président Obama par son intervention effrontée dans la politique britannique, a demandé aux britanniques de ne pas quitter l’Union européenne. L’Union européenne est une monstruosité bureaucratique, sans visage, ubuesque, non élue, n’ayant aucun compte à rendre au peuple, avec des assises à Bruxelles, à côté du siège de l’OTAN.

Le Brexit a commencé la dissolution, qui ira maintenant assez rapidement selon mon sentiment. La Hongrie peut-être suivra, si la CIA n’arrive pas à faire une révolution de couleur contre Orban avant leur référendum d’octobre sur un « Huexit. » La France ? Les partisans de Marine Le Pen et des millions de Français en ont assez des diktats de Bruxelles. Regardez la récente décision criminelle sur le désherbant « glyphosate », le plus largement utilisé en UE. Malgré l’énormité des preuves scientifiques le démontrant comme cancérigène Bruxelles a décidé d’ignorer toutes ces preuves sur la santé et la sécurité provenant des autres gouvernements de l’UE, et approuver arbitrairement l’empoisonnement de l’alimentation de la population pour 18 mois de plus. Ce n’est pas cela que la population européenne ou de n’importe quel autre pays attend de ses fonctionnaires. Elle ne mérite pas cela.

 

Q : Comment pensez-vous que les événements en Turquie pourraient influer sur la crise migratoire, et qu’attendez-vous de la réouverture de la soi-disant route des Balkans pour les réfugiés ?

W.E. : il est encore trop tôt pour le dire. Si Erdoğan et Assad, par l’intermédiaire de Poutine et de la Russie, et peut-être avec la coopération d’Israël, parviennent à établir une véritable paix en Syrie, le flux de réfugiés de la guerre pourrait cesser. Les gens veulent rentrer chez eux, reconstruire leur vie dans leur propre pays.

F. William Engdahl
18 juillet 2016

F. William Engdahl est conférencier et consultant en risques stratégiques, il est diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de Best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour magazine en ligne New Eastern Outlook.

—————————————————-

http://www.informationclearinghouse

Traduction Alexandre MOUMBARIS
relu Marie-José MOUMBARIS
pour le Comité Valmy]

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 08:44
Par Paul Craig Roberts

Repris sur  Comité Valmy

 

Washington et son vassal canadien tentent d’utiliser un scandale de dopage sportif russe créé par les médias occidentaux pour interdire aux Russes de participer aux Jeux olympiques au Brésil. Washington et le Canada font pression sur d’autres pays pour les inciter à participer à la vendetta de Washington contre la Russie. Cette vendetta est menée sous le prétexte de « préserver un athlétisme propre ».

 

Vous pouvez parier votre vie que Washington n’est pas motivé par le respect de la justice dans le sport. Washington est occupé à l’intérieur du pays à détruire la justice pour les pauvres, et Washington, qui ne tient pas compte de la souveraineté des pays ni du droit international contre l’agression nue, est occupé à l’étranger à détruire des millions de vies à des fins hégémoniques.

 

Nous pourrions conclure que Washington veut l’hégémonie dans le sport exactement comme il le fait dans les affaires étrangères et veut que les athlètes russes dégagent de son chemin pour que les Américains puissent gagner davantage de médailles. Mais cela manquerait le point véritable de la campagne de Washington contre la Russie. Le scandale du dopage fait partie de l’effort en cours de Washington pour isoler la Russie et construire une opposition à Poutine en Russie même.

 

Il y a une minorité connue comme les intégrationnistes atlantistes au sein du gouvernement russe et dans le secteur des affaires, qui croit qu’il est plus important pour la Russie d’être intégrée à l’Occident que d’être souveraine. Cette minorité de Russes veut troquer l’indépendance de la Russie contre l’acceptation occidentale. Fondamentalement, ce sont des traîtres que Poutine tolère.

 

Avec l’interdiction de la participation de la Russie aux Jeux olympiques, Washington tente de renforcer cette opposition à Poutine. Maintenant, l’opposition peut dire : « L’intransigeance de Poutine a mis la Russie à l’écart des Jeux olympiques. Poutine a isolé la Russie. Nous devons coopérer − un euphémisme pour céder − avec l’Occident ou devenir parias. »

 

C’est le jeu de Washington. L’interdiction des Jeux olympiques est destinée à saper la réputation de Poutine auprès des Russes. « Il nous a écartés des Jeux olympiques ! ».

 

Les intégrationnistes atlantistes sont prêts à trahir soit Assad soit la Crimée pour être acceptés par Washington. Donc Washington travaille à renforcer ses alliés russes.

 

Les Européens sont perturbés par la politisation des Jeux olympiques par Washington. Le président du Comité olympique européen Pat Hickey s’est opposé à la tentative de Washington d’imposer une punition « avant la présentation de toute preuve. Une telle interférence et des appels avant la publication du rapport McLaren vont totalement à l’encontre de la procédure légale équitable internationalement reconnue et pourrait avoir complétement compromis l’intégrité et donc la crédibilité de cet important rapport ».

 

Hickey a dit qu’il ressort clairement de l’effort de Washington et du Canada que «  tant l’indépendance que la confidentialité du rapport ont été compromises ». Il poursuit  :

« Il est clair que seuls des athlètes et des organisations connus pour soutenir une interdiction de l’équipe olympique russe ont été contactés. »

« Je dois demander en vertu de quelle autorité les agences anti-dopage étasuniennes et canadiennes ont préparé leur lettre et quel mandat elles ont pour lancer un appel international à l’interdiction d’un autre pays dans la famille olympique. »

« Alors que je comprends totalement et partage les préoccupations internationales quant aux récentes allégations de dopage, nous ne pouvons pas permettre à des individus ou à des groupes d’interférer ou de nuire à l’intégrité d’une procédure judiciaire équitable et régulière. »

Washington, évidemment, n’a aucun respect pour les procédures judiciaires régulières aux États-Unis eux-mêmes, ou en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie, au Yémen, au Pakistan, en Syrie, en Ukraine, au Honduras, au Venezuela, en Argentine, au Brésil, en Bolivie, en Équateur ou en Grande-Bretagne, un vassal dont Obama dit qu’il ne sera pas autorisé à quitter l’Union européenne. Pourquoi Washington serait-il concerné par le fait que la Russie puisse bénéficier d’une procédure régulière ?

 

Dans son article, le New York Times, la mère maquerelle du bordel des médias américains, n’a pas mentionné les préoccupations de Hicky.

 

Le rapport McLaren est censé être une enquête sur l’accusation que l’usage de drogues par les athlètes russes pour améliorer leurs performances est largement répandu et soutenu par le gouvernement russe. Washington a trop d’argent et trop de menaces à disposition pour que n’importe quel rapport utilisé pour discréditer la Russie puisse être honnête. Lisez mon article d’aujourd’hui sur le MH-17, ou souvenez-vous de la description par Washington d’un vote indépendant en Crimée, où les électeurs choisissent à la quasi unanimité de rejoindre la Russie dont la province fait partie depuis les années 1700, comme étant une « invasion et une annexion russe ».

Il faut une personne très courageuse, comme Pat Hickey, pour résister à Washington, et nous ne savons pas si Hickey succombera aux pressions de Washington qui seront très certainement exercées maintenant sur lui. ?

 

Washington continuera à diaboliser la Russie jusqu’à ce qu’une guerre soit provoquée ou jusqu’à ce que le gouvernement russe capitule et accepte une vassalité partielle, trahissant soit Assad soit la Crimée. ?

 

Peut-être la Russie et la Chine devraient-elles organiser les Jeux olympiques eurasiatiques et quitter les Jeux occidentaux. Comme Washington a relancé la Guerre froide et tente de la faire devenir chaude, la compétition peut porter sur comment les pays d’Amérique latine et d’Afrique s’alignent. S’ils sont libres de choisir, il est peu probable que les Africains et les Latino-américains rejoignent les jeux de l’homme blanc occidental raciste. ?

 

Nous devons nous demander quand viendra le moment où la Russie et la Chine cesseront de rester assises là à encaisser des affronts et des provocations sans fin, au nom de la paix. Lorsque ce moment arrivera, s’il arrive, l’Occident cessera d’être l’arbitre des affaires humaines.


– Le 17 juillet 2016
– Source :

Paul Craig Roberts
Institute for Political Economy

Traduction : le Saker francophone

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 17:17

 

Pourquoi le Parquet demande l'effacement total des vidéos?

 

 

A la surprise de la ville de Nice, le Procureur de Paris en charge de l'enquête sur le massacre de la Promenade des anglais demande à la ville de supprimer totalement 24h d'images visant le déroulement de l'acte de terrorisme sur la Promenade des anglais. Estrosi refuse et la ville se dit incompétente pour le faire.

 

La ville de Nice compte plus de 1200 caméras de surveillance, c'est une des villes les mieux équipées. en France. Environ 140 d'entre elles ont filmé les lieux de l'attentat terroriste, ce qui fait en gros 30 000 heures cumulées de bandes.

 

Le mercredi 20 juillet, la sous-direction antiterroriste adresse une réquisition urgente demandant à la ville de Nice de détruire toutes les images de la Promenade des anglais, citant certaines caméras en particuliers et également demande de détruire toutes les copies non judiciaires. Voir la demande de réquisition sur le site du Figaro:

 

la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement «complet» de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet.

 

La ville est surprise, c'est la première fois qu'une telle demande leur est adressée. Et pour cause, l'art. 56 du Code de procédure pénale, qui règle la question de la préservation des éléments de preuves, dispose: 

Il est procédé à la saisie des données informatiques nécessaires à la manifestation de la vérité en plaçant sous main de justice soit le support physique de ces données, soit une copie réalisée en présence des personnes qui assistent à la perquisition.

 

Si une copie est réalisée, il peut être procédé, sur instruction du procureur de la République, à l'effacement définitif, sur le support physique qui n'a pas été placé sous main de justice, des données informatiques dont la détention ou l'usage est illégal ou dangereux pour la sécurité des personnes ou des biens.

 

Quelle est la logique de ce texte? Après avoir travaillé les preuves, vu lesquelles étaient utiles à l'enquête et lesquelles non, un tri peut être fait à la fin de l'enquête: les éléments utiles sont gardés, les autres peuvent être détruits. Or, nous sommes en tout début d'enquête, c'est ce qui surprend.

 

Le Parquet, pour une raison ou pour une autre, veut avoir la maîtrise totale de l'image et des preuves. Soit. Mais il invoque pour cela une raison étrangère aux motifs prévus par le Code de procédure pénale. Or, même s'il s'agit de terrorisme, la légalité républicaine n'a pas totalement été suspendue.

 

Selon le Parquet de Paris: 

 

« Cette réquisition de la Sdat, avec l'accord du parquet, correspond à la nécessité impérieuse d'éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images, profondément choquantes pour la dignité et l'intégrité des victimes. »

 

L'autre argument avancé est celui de ne pas voir ces images sur les sites de propagande terroriste.

Certes, l'intention est très louable. Mais cela signifie-t-il qu'il n'est pas suffisant de demander à la mairie de Nice de ne pas vendre ses vidéos aux médias ou les diffuser sur internet? A moins que les serveurs de la mairie ne soient à ce point faciles à craquer et le Parquet est beaucoup mieux protégé. Le maire, ses adjoints ou les personnes travaillant à la mairie de Nice auraient-ils l'idée saugrenue de vendre ces vidéos aux terroristes pour leur propagande? Cela semble absurde.

 

Sur le plan juridique, l'art. 56, qui règle cette question, pose comme critères aurotisant la destruction: 

  • la détention illégale: la mairie de Nice détient ces bandes légalement;
  • l'usage illégale: la mairie n'en a fait aucun usage illégal et elle n'a aucun moyen de contrôler les personnes privées ayant filmé des images de la scène;
  • un danger pour la sécurité des personnes et des biens: ces images ne présentent pas un danger, elles ne montrent pas de témoins dangereux qu'il faudrait retrouver avant les truands, comme dans les films de mafias.

La réquisition du Parquet est donc très étrange. Et techniquement, cet ordre présente un danger pour la sauvegarde des images:

 

La demande paraît d'autant plus étonnante que la SDAT a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30.000 heures de vidéosurveillance liées aux événements. Une opération de sauvegarde qui va s'étendre encore sur plusieurs jours. «Nous ne savons pas si donner un ordre de destruction alors que nous sommes en pleine sauvegarde ne va pas mettre en rideau tout le système», s'inquiète-t-on dans l'entourage du dossier.

 

L'avocat de la ville de Nice a affirmé que la ville refusait de répondre à cette demande et que les vidéos seraient mises sous séquestres, en vue d'une possible utilisation ultérieure lors de l'enquête. Etrange demande en effet. Alors que des copies circulent déjà dans tous les services, notamment à l'Elysée, le Président ayant voulu avoir les images. Lui aussi devra-t-il les détruire de peur qu'elles ne filtrent dans la presse?

 

Sans oublier que toutes les vidéos possibles et imaginables sont déjà sur la Toile, chacun y allant de son téléphone portable. Alors que cherchent les enquêteurs? La maîtrise totale de l'image est impossible aujourd'hui. C'est plus une question de morale publique que de réquisition urgente. Avec un peu de chance l'on pourra au moins éviter de chercher des Pokémons dans la morge de Nice. Quoique ...

 

Publié par Karine Bechet-Golovko

russiepolitics

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 17:24

Qu'en termes peu diplomatiques ces choses là sont dites !

Par Soraya Hélou

 

De façon instinctive, les Libanais croient qu’une ambassadrice pourrait être plus sensible à leurs problèmes qu’un ambassadeur. Pourtant leur expérience avec les diplomates américaines n’est pas très encourageante. Il y a eu d’abord Michel Sison, puis Maura Connelli et à chaque fois, les ambassadrices suivaient la même politique, cherchant à augmenter les divisions des Libanais pour favoriser les politiques américaines et israéliennes. Elles commençaient toutefois par afficher leur ouverture en direction des Libanais et leur volonté d’aider ce pays. Cette fois, la nouvelle ambassadrice Elizabeth Richard, qui vient de prendre ses fonctions à Beyrouth n’a pas pris la peine de cacher ses intentions ou son programme. A peine arrivée au Liban et après une réunion protocolaire avec le ministre des Affaires étrangères Gebrane Bassil, l’ambassade a publié un communiqué au nom de Mme Richard pour affirmer que celle-ci souhaite démanteler le réseau financier du Hezbollah. Mme Richard ne s’est embarrassée de formules de courtoisie, se souciant visiblement peu du fait que cette déclaration pourrait être interprétée comme une ingérence directe dans les affaires internes du pays. Elle a depuis le début annoncé clairement ses couleurs et au moins, les choses ont le mérite d’être claires. Dans un langage bien peu diplomatique, que seuls les Etats-Unis peuvent se permettre, elle a annoncé son programme d’action au Liban, visant à affaiblir, sinon à détruire, le Hezbollah.

 

Qu’est-ce qui pousse l’ambassadrice des Etats-Unis à dévoiler aussi rapidement et aussi clairement ses objectifs ? Certes, l’arrogance des Etats-Unis est connue, surtout depuis que ce pays a pris le commandement du monde après la chute de l’empire soviétique. Mais il y a plus que cela. Les Américains croient qu’ils peuvent se permettre de faire ce genre de déclaration car les Libanais sont divisés sur la question du Hezbollah. En affirmant qu’elle cherche, au cours de sa mission au Liban, à détruire le réseau financier du Hezbollah Mme Richard ne choisit pas seulement son camp au Liban, mais elle pousse aussi les Libanais à le faire, disant indirectement que si les Libanais veulent être les amis des Etats-Unis, ils doivent s’aligner sur cette position.

 

Mme Richard a voulu ainsi rallumer la mèche du conflit qui avait opposé un moment le Hezbollah aux banques libanaises avant d’être réglé à l’amiable par des négociations calmes et réalistes, tenant avant tout compte de l’intérêt du Liban. Car, n’en déplaise à Mme Richard et à l’administration qu’elle représente, le Hezbollah et sa large base populaire ne sont pas un acteur secondaire sur la scène libanaise. Les ostraciser, les exclure et les pousser dans leurs derniers retranchements ne sont pas dans l’intérêt des Libanais et du Liban. Les banques libanaises, ainsi bien sûr que le gouverneur de la Banque centrale l’ont bien compris puisqu’après que certaines d’entre elles ont pris des mesures improvisées, ils sont revenus à la négociation et à l’idée du compromis, d’abord pour préserver leurs propres intérêts et ceux du Liban et des Libanais.

 

Combattre le Hezbollah aujourd’hui, c’est mettre en cause la stabilité interne du pays, à un moment où celui-ci a plus que jamais besoin de l’unité de tous ses fils, face à un ennemi barbare et fou, le terrorisme radical. Dans la même déclaration, Mme Richard précise d’ailleurs qu’elle souhaite œuvrer pour la stabilité du Liban et pour le renforcement de la coopération entre son pays et le Liban. La seule question qui se pose est la suivante : comment compte-t-elle s’y prendre alors qu’elle vise à diviser les Libanais et à mettre au ban du pays une de ses composantes les plus importantes, à savoir le Hezbollah et sa base populaire ?

 

Il est clair que la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis au Liban ne veut pas comprendre que le Hezbollah est un facteur de stabilité au Liban. D’abord, son intervention en Syrie, même si elle fait l’objet d’une controverse politique, a permis concrètement de fermer les frontières du Liban aux combattants des groupes terroristes, facilitant ainsi la mission de l’armée libanaise déployée à la frontière du côté libanais. Si les combattants du Hezbollah n’avaient pas participé aux côtés de l’armée syrienne à la libération de Qousseyr et de la plus grande partie du Qalamoun, des miliciens terroristes de «Daech» et du «front Al Nosra», l’armée libanaise aurait dû subir des centaines d’assaut de leur part vers le Liban. Elle aurait peut-être réussi à les repousser mais à quel prix pour elle et pour le pays, surtout après la suspension du don saoudien ? Ensuite, son rôle sur le plan interne est de faciliter l’entente, de chercher des solutions aux nombreux problèmes politiques, sans toutefois faire des compromis sur ses convictions et sur ses principes. Si ce n’était pas le cas, pourquoi le Courant du Futur, en dépit de ses positions politiques en flèche et de l’hostilité déclarée de l’Arabie saoudite, continue-t-il de dialoguer avec lui, s’il n’y trouvait pas son compte et celui du Liban ?

 

Dans ce cas, comment interpréter la déclaration de l’ambassadrice des Etats-Unis autrement que comme une volonté indirecte de déstabiliser le Liban et de semer la zizanie entre ses composantes ? Alors que certaines parties libanaises commençaient à être convaincues que les Etats-Unis seraient en train de se dissocier de la politique israélienne dans la région, et au Liban en particulier, la déclaration d’Elizabeth Richard a donné une preuve éclatante du contraire. L’administration américaine, quelle qu’elle soit, se désintéresse complètement des intérêts du Liban et ne songe qu’à ceux des israéliens qui voient dans le Hezbollah leur principal ennemi car il est le seul à les avoir vaincus. La guerre de 2006, voulue et planifiée par la secrétaire d’Etat américaine de l’époque Condoleeza Rice se poursuit donc sous une autre forme. Le plan reste le même, les objectifs aussi et c’est une fois de plus, une femme qui le porte. Elle connaîtra probablement le même sort que les autres. Sa mission au Liban se terminera et le Hezbollah restera, allant de victoire en victoire...

Source : French.alahednews

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:46

 

Réflexions au retour de la XIIéme et dernière
manifestation de l’été contre la loi Khomri...

 

Métro aux stations fermées, parcours imposé dont les rues adjacentes sont entièrement bouclées par des hommes en armes dont ils interdisent l’accès, fouille systématique des manifestants aux seules entrées autorisées : les citoyens, dans leur propre ville sont en liberté surveillée.

Et tout ça à cause d’une loi non votée qui s’en prend aux salariés !

 

Une loi décidée à Bruxelles par et pour les financiers, leurs hommes à tout faire, une loi qui, de toute façon, doit être appliquée en faveur des salles de marché, du profit-roi où tout se joue à la roulette à coups de milliards, où tout s’achète, où tout se vend, les marchandises comme les consciences, les entreprises, les monuments, les devises, le Parlement

 

Dans quel monde vivons-nous ? Une République réduite à un état policier, un gouvernement massivement désavoué, un président détesté, les Français se retrouvent pris au piège dans un état vichyssois, soumis à des autorités étrangères pour le compte desquelles il gère les affaires.

 

Cela nous rappelle de tristes années et les évènements qui les ont précédées.

Les lois décrétées et non plus votées, les syndicats muselés, les militants incarcérés, les libertés envolées, le droit social piétiné, les étrangers internés, la République étranglée, la perte de la souveraineté, les députés alignés...

 

Il ne reste plus qu’à résister !

 

La CGT, ses militants, ses organisations, ont fait œuvre de résistance tout au long de ces quatre mois passés. Ensemble, sur le pavé de nos villes, dans les ports, les raffineries, les transports, des bataillons de notre peuple ont dit NON à la politique scélérate mise en oeuvre par un gouvernement traître à ses engagements.

 

Mais le refus populaire doit prendre plus d’ampleur pour être en mesure de triompher. Il ne suffit plus de cibler une ministre, Matignon ou l’Elysée. Ce ne sont là que les fondés de pouvoir d’un pouvoir beaucoup plus grand qu’eux. Celui de la finance tenant conseil à Bruxelles en sa Commission européenne. Ce sont ces gens-là, l’oligarchie, la sainte alliance du monde des affaires, de la politique et des médias, qui tirent les ficelles. C’est eux que nous devons viser. Pas seulement leurs obligés. Et sortir de leurs griffes où ils nous retiennent prisonniers en retrouvant notre souveraineté, celle de la France, celle de son peuple ensembles libérés.

 

Ignorer cette réalité retarde le nécessaire rassemblement qui nous fera triompher.

 

par Jean Lévy

jeudi 7 juillet 2016, origine Comité Valmy

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 14:04
le Frankenstein de la République
Par Bruno Guigue

repris sur  Comité Valmy

 

 

Après ce nouvel attentat terroriste qui frappe cruellement notre pays, vous avez exprimé au nom de la nation tout entière, avec émotion et dignité, votre compassion pour ses victimes. Désignant aussitôt le coupable, et nous vous supposons bien informé, vous avez appelé les Français à faire preuve d’unité et de solidarité face au « terrorisme islamiste ». Vous nous avez conviés à serrer les rangs et à faire face, en mobilisant toutes nos énergies contre cette terrible menace.

 

Mais cet appel légitime à la cohésion nationale en ce moment où le pays entier se sent meurtri ne saurait interdire aux citoyens d’interroger la politique qui est la vôtre. Depuis votre élection, vous prétendez lutter sans ménagement contre les organisations terroristes. Mais, en réalité, tout donne à penser que vous avez fait exactement le contraire. Car au lieu de combattre le mal, vous avez concentré vos efforts contre ceux qui tentaient de le terrasser. Vous nous disiez que vous combattiez le terrorisme, mais vous n’aviez de cesse de diaboliser et de combattre la Syrie de Bachar Al-Assad.

 

Cet Etat souverain, détesté de vos amis américano-sionistes parce qu’il refuse de se plier à leur diktat, vous l’avez sciemment désigné à la vindicte des mêmes criminels que ceux qui mitraillent les terrasses de nos cafés. Les mercenaires du djihad cherchaient une cible, et vous avez cyniquement désigné Damas. Oui, des milliers de jeunes ont été encouragés, par votre propagande de guerre, à aller se battre contre cet Etat honni que vous rêviez d’anéantir sous les bombes. Et c’est votre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, qui donna le signal de cette curée, lorsqu’il déclara que Bachar Al-Assad « ne méritait pas de vivre » et que la branche syrienne d’Al-Qaida faisait du « bon boulot » en Syrie.

 

Vous aurez beau  tenter d’occulter vos responsabilités, chacun voit que les attentats commis en France sont le résultat de votre politique. Pourquoi n’y a-t-il aucun attentat en Italie, en Argentine, au Japon ? Les Français ont-ils pris la mesure de votre refus de coopérer avec les services syriens afin d’identifier les djihadistes français susceptibles de revenir en France ? Nos compatriotes savent-ils que vous interdisez tout transfert de fonds au profit de cette majorité de Syriens vivant dans les régions sous contrôle gouvernemental ? Réalisent-ils que vous n’avez jamais eu un mot de compassion pour les nombreuses victimes syriennes des attentats d’Al-Qaida, et que vous persistez à infliger des sanctions économiques à ce peuple victime du terrorisme de masse ?

 

Vous étiez décidé à prendre parti dans le conflit syrien, et vous l’avez fait sous des prétextes humanitaires qui se sont effondrés comme un château de cartes, exhalant surtout un âcre parfum d’hydrocarbures. Vous embourbant, et nous avec, dans cette ornière qu’il eût fallu éviter avec prudence, vous avez exposé les Français à un effet boomerang dont on mesure à peine le potentiel destructeur. Cette violence que vous avez déchaînée chez les autres par votre politique néo-coloniale, vous l’avez ramenée à domicile !

 

Je doute que les Français vous en remercient, surtout lorsqu’ils auront renoué les fils de cette dramatique affaire. Au lendemain de ce drame, M. Hollande, passé le moment de la compassion devant les caméras et de la célébration de l’unanimité patriotique, allez-vous remettre de nouvelles médailles aux banquiers de la terreur ? Condamnant le crime terroriste côté cour, irez-vous encore dîner, côté jardin, avec ses sponsors saoudiens ? Avec George W. Bush, les USA ont eu leur Dr Frankenstein, l’apprenti-sorcier de la géopolitique du chaos. Avec vous, c’est match nul. Les Français ont désormais le leur.

 

En rangeant la France du côté d’une rébellion sectaire, mafieuse et manipulée, en vous croyant habile alors que vous n’êtes qu’un semi-habile, vous avez nourri le monstre qui nous frappe aujourd’hui de ses tentacules. Allié objectif de Daech tant qu’il combattait Assad, vous avez juré sa perte après les premiers assassinats d’Occidentaux en Irak, nourrissant alors le ressentiment de cette mouvance criminelle dont vous attendiez sans doute davantage de compréhension !

 

Conseillé par de pseudo-experts dont l’indépendance intellectuelle est proportionnelle au chèque que vous leur versez, vous êtes désormais condamné à persévérer dans l’erreur faute de pouvoir vous déjuger. Vous allez continuer à nous jeter de la poudre aux yeux avec l’état d’urgence et à faire des moulins avec vos petits bras. Mais, à neuf mois d’une élection présidentielle où vous allez faire de la figuration, vous nous léguez surtout les fruits pourris de votre politique de gribouille, les manifestations d’incompétence d’un ministre qui confond Saddam Hussein et Bachar Al-Assad ne parvenant même plus à nous faire rire en ce jour de malheur.

15 juillet 2016

Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion, est l’auteur de cinq ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002 », et de centaines d’articles.

Source : Arrêt Sur Info

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:46

par Jean-Pierre Garnier origine Librairie Tropiques

 

L'ex-ambassadeur de France
chargé par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique avec nos amis indigènes et autres formes de vies à protéger sur ces terres vierges et encore préservées, avait minutieusement ordonnancé les émouvantes et fastueuses cérémonies républicaines qui ont évidemment interpellé notre chroniqueur spécialisé.

 

À lire les innombrables hommages rendus — et attendus — au leader de la « deuxième gauche » au lendemain de sa mort et à considérer l’identité des auteurs de ces hommages, nul doute que Michel Rocard a joué un rôle majeur dans la disparition de ce que l’on appelait « la gauche » en France. Certes, on sait, du moins depuis Marx, que ce ne sont pas les hommes qui font l’histoire, et qu’il serait donc abusif de savoir gré à un seul individu d’avoir mis provisoirement un terme à celle du socialisme dans notre pays. C’est en tant que représentant politique éminent d’une classe, la petite bourgeoisie intellectuelle, structurellement inféodée au capitalisme après avoir cru pouvoir politiquement s’en dissocier, que Rocard a achevé de vider le mot « socialisme » de son sens premier. Et cela avant même que Mitterrand, Fabius, Jospin, Hollande et autres olibrius de la même couleur rose pâle prennent le relai pour faire signifier à ce mot le contraire de ce qu’il était censé désigner.

 

S’il est, en effet, un reproche que l’on ne saurait adresser à l’ancien leader du PSU (Parti Socialiste Unifié), c’est l’inconstance. Comme la plupart des membres de sa classe et en particulier de ceux qui en constituent l’élite, il n’a fait que suivre en tous points la trajectoire qu’avait bien résumée le sociologue Pierre Bourdieu, d’une fraction dominante des classes dominées passée peu à peu au rang de fraction dominée des classes dominantes. Une évolution que l’on retrouve dans tous les pays de l’Europe du sud où, contrairement à ce qui s’était passé dans le nord du continent, cette classe dont l’importance était allée croissante dans les années d’après guerre sur les plans démographique, économique et culturel, avait néanmoins été tenue à l’écart du pouvoir en raison de l’existence de régimes peu propices à l’alliance de classes nécessaire à la bourgeoisie pour renouveler son hégémonie. D’où la radicalisation idéologique de l’intelligentsia qui conduira celle-ci à embrasser pendant quelque temps les causes socialistes voire communistes les plus «extrémistes», jusqu’à ce que les éléments les plus lucides de la classe dirigeante l’associent à la direction de la société et la fassent ainsi rentrer dans le rang. À cet égard, Rocard est sans doute le produit le plus accompli sinon exemplaire de cette conjoncture socio-historique particulière, et c’est à ce titre que « les fondés de pouvoir du capital », comme aurait dit Marx, les plus en vue de la sphère politique, suivis ou précédés par le complexe médiatico-intellectuel, se sont rués pour tresser des lauriers au cher disparu.

 

 

Parmi les politiciens, les journalistes et les intellectuels de cour, sans oublier les bureaucrates syndicaux, qui ont jugé bon d’y aller de leur oraison funèbre, il serait difficile de choisir celui qui mériterait de remporter la palme de la flagornerie post-mortem. Il faut dire que vu l’âge de l’intéressé et la maladie dont il était la proie, les chroniques nécrologiques louangeuse étaient prêtes bien avant qu’il passe de vie à trépas. Et, comme il fallait s’y attendre, un véritable déluge apologétique a déferlé sur les ondes, les écrans et dans les pages de journaux au cours des heures et les jours qui ont suivi l’annonce du décès. Outre, comme il se doit, le gratin du Parti Solferino (PS) dont on épargnera au lecteur les larmoiements grandiloquents obligés, Hollande, comme à l’accoutumé, surpassant les autres dans ce registre, c’est à qui parmi des dirigeants que l’on aurait qualifié naguère de « réactionnaires » quand la «gauche de gouvernement» n’était pas passée à droite, se montrerait rétrospectivement le plus admiratif pour l’œuvre accomplie par Michel Rocard.

 

À tout seigneur tout déshonneur, Chirac-le-menteur, comme le surnommait le bébête show télévisuel, a fait assaut de cordialité pour saluer par écrit son « ami de jeunesse », qu’il avait croisé à Sciences Po avant de le faire maintes fois par la suite dans les allées du pouvoir : « La France perd un homme d’État qui unis­sait, de manière rare, le goût des concepts et capacité d'action et de réali­sa­tion ». Un autre cacique de la droite, Alain Juppé, fera part de sa « grande tristesse » : « Nous n’étions pas faits pour nous entendre […] et pourtant nous sommes devenus amis ». Et même des collaborateurs lorsque Nicola Sarkozy, alors Président de la République, confiera à tous deux en 2009 la mission de rédiger un rapport baptisé «Investir pour l’avenir» pour lancer un « grand emprunt» qui ne fera que grever davantage les finances publiques au profit des entreprises privées. Sarkozy, précisément, ne pouvait faire moins qu’en rajouter une louche en discernant dans la personnalité de Rocard l’incarnation d’« une certaine gauche qui refusait d’abord le sectarisme au profit d’un plus grand réalisme économique dans le cadre de la construction européenne ». L’autre rival de Sarko, avec Juppé, à savoir François Fillon, lui faisait écho, félicitant Rocard d’avoir voulu « ancrer la gauche dans l’économie de marché », tout en déplorant qu’il n’ait « malheureusement pas été prophète en son parti » et se soit « heurté aux conservateurs qui refusèrent le tournant de la social-démocratie ».

 

 

 

Une fois encore, néanmoins, l’ancien Premier ministre, plus ringard et donc déphasé que jamais, retardait d’une période : outre que le lot des prophètes n’est pas toujours d’être écoutés au moment où il émettent leurs prophéties, le « tournant social-démocrate » avait déjà été effectué dès la fondation du PS au Congrès d’Épinay, la « rupture avec le capitalisme » inscrite au programme n’étant qu’une clause de style à usage électoral pour rallier une petite bourgeoisie intellectuelle encore marquée par ses engagements soixante-huitards et un prolétariat encore largement sous l’emprise du Parti Communiste. Quand Rocard intégrera le PS en 1974 avec une partie des maigres troupes prélevées sur le PSU, ce sera pour fournir les idées neuves qui manquaient au premier, censées donner une consistance théorique à un réformisme clairement orienté à droite sous couvert de promouvoir la naissance d’une « nouvelle gauche » à tonalité « morale » distincte d’une gauche « classique » prisonnière des « revendications quantitatives » de sa base prolétarienne. Si tournant il y eut, en réalité, ce fut celui de la « rigueur », dès la fin 1982, dont Rocard se fit l’un des avocats les plus ardents aux côtés de son mentor et ami Jacques Delors, alors ministre de l'Économie et des Finances. Ajoutons que ledit tournant ne fut pas « social-démocrate », mais « social-libéral », encore que le qualificatif « sociétal-libéral » conviendrait mieux, toute trace de préoccupation en faveur des classes populaires disparaissant par la suite pour complaire aux aspirations égocentrées de l’électorat « bobo », bien résumées dans les «notes» de la fondation Terra Nova dont Rocard présidait le conseil scientifique.

L’œcuménisme louangeur dont Rocard a bénéficié sitôt répandue la nouvelle de sa mort a gagné jusqu’aux extrêmes de l’échiquier politicien. Du côté droit, Marine le Pen s’est cru obligée de saluer l’« homme de convictions », qu’était Rocard, convictions changeantes, toutefois, aurait-elle pu préciser, si l’on confronte ses discours anticolonialistes, anti-impérialistes et anticapitalistes de jeunesse quand il officiait à la tête du PSU à ceux qu’il débitera à partir du milieu des années 70 à la gloire de l’« économie de marché », de l’« Europe » et de l’« Occident ». Il est vrai que son « gauchisme débridé » initial, pour reprendre une appréciation de L’Immonde, synchrone avec celui de son compère syndical Edmond Maire, visait à déborder sur la gauche le PCF et la CGT, pour minorer leur rôle dans la coalition des forces progressistes susceptibles de bouter enfin la droite des sommets de l’État qu’elle squattait depuis des années.

Du côté gauche, Mélanchon n’était pas en reste. L’« insoumis » de la dernière heure, qui se fait fort, après bien d’autres, de « refonder la gauche », y alla de son coup de chapeau à la mémoire du grand timonier de la dérive à droite du PS. « Un éclaireur nous a quitté. Sa vie est une leçon. À chacun de la méditer. En ce temps-là, tous les socialistes étaient de gauche, même différemment ». Il y aurait lieu de commenter ce commentaire, ne serait-ce qu’en tirant une « leçon » de la vie, déjà bien remplie en matière de retournements de veste et d’accommodements en tous genres, de l’ancien militant de l’OCI (Organisation Communiste Internationale), « la secte la plus débile » du trotskysme des années 60 — qu’ont également fréquentée Jospin et Cambadélis —, comme le lui rappellera venimeusement, à l’occasion des élections européennes de 2014, un autre renégat de haute volée, Daniel Cohn-Bendit. « En ce temps-là », par ailleurs, nombre de socialistes autoproclamés étaient de droite, n’en déplaise à Mélanchon, selon une tradition bien établie qui remontait au moins à Guy Mollet, artisan avec son compère « socialiste» Robert Lacoste, de la sanglante «pacification» de l’Algérie, pour ne pas aller jusqu’à Jules Moch, le fusilleur des mineurs du nord en grève de 1948 lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’Intérieur.

Il n’est pas jusqu’à Jean-Pierre Chevènement qui n’ait manifesté sa « grande peine » en apprenant le décès de Michel Rocard, « avant tout un militant sincère qui croyait à la force des idées et à bien des égards, l’espoir de sa génération ». Le fondateur du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste) poussa cependant un peu trop loin le bouchon de l’hommage de circonstance en augurant que Rocard « restera comme une figure idéologique majeure du socialisme français dans la seconde moitié du XXème siècle ». En effet, pour qui a été mêlé de près à la furieuse bataille idéologique opposant, après le Congrès de Metz du PS en 1977, le leader de la «gauche jacobine», c’est-à-dire «archaïque», à celui de la «gauche autogestionnaire», donc «moderne», le second apparaissait bel et bien au yeux du premier comme le fossoyeur du socialisme. Pour Jean-Pierre Chevènement et ses amis, la « deuxième gauche n’était, comme ils se plaisaient à le répéter, qu’une « gauche américaine » c’est-à-dire atlantiste et pro-capitaliste. Et il n’a pas changé d’avis sur ce point aujourd’hui, même si la décence l’oblige à laisser croire le contraire.

 

 

 

De fait, Rocard était plutôt mal placé pour critiquer la « gauche passéiste » pour son étatisme et son autoritarisme, et déplorer que la « récusation des restes administratifs du marxisme » au sein du PS ne soit « pas finie ». Si l’on compte le nombre de fois où il a eu recours au 49,3 pour faire passer une mesure gouvernementale lorsqu’il était Premier ministre, ce grand démocrate qui avait voté contre l’élection du Président le la République au suffrage universel lors du referendum de 1962, pour cause d’insupportable « porte ouverte à l’instauration du pouvoir personnel », l’emporte haut la main (de fer) devant ses prédécesseurs et ses successeurs à Matignon : 28 fois ! Un beau score face à un Jacques Chirac ou une Édith Cresson qui le suivaient de loin — 8 fois seulement l’un et l’autre — dans la liste des dirigeants qui en prenaient ainsi à leur aise avec capitalo-parlementarisme. Et que dire de l’appui bruyamment donné, dans un entretien au Parisien, peu avant sa mort, comme s’il voulait partir en beauté, à la « loi travail » — loi exploitation,  plutôt —, « une chance pour la France », selon lui, au moment où la deuxième droite gouvernementale battait la droite traditionnelle à plate couture en matière de répression brutale des manifestations.

 

Les panégyriques sans fin où l’emphase boursouflée prédomine — « La gauche perd un géant », titrait par exemple, apparemment sans rire, le rédacteur en chef de L’Obs, bible hebdomadaire de la deuxième droite — ne seraient au demeurant pas pour déplaire à l’intéressé si une deuxième vie l’attendait après que ces cendres aient été déposées dans le cimetière de Monticello, en Corse. Car, quoiqu’en disent certains de ses thuriféraires, ce n’est pas la modestie qui étouffait Rocard. Déjà, il y a cinq ans, une partie du Tout-Paris politique, patronal, syndical, médiatique et artistique avait été conviée à dîner — 220 couverts — au cabaret de Pigalle la Nouvelle Êve pour célébrer son quatre-vingtième anniversaire. « Michel peut tout se permettre aujourd’hui », s’était exclamée son épouse. Que du beau monde, en effet ! Jospin, Huchon, le trio social-facho Valls-Bauer-Fouks, le trio cédétiste Maire-Chérèque-Notat, les intellos organiques de la deuxième droite Jacques Julliard, Jean-Luc Parodi, Gérard Grunberg et Pierre Rosanvallon, le duo patronal du Medef Ernest-Antoine Seillières-Laurence Parisot, les bouffons de la scène Bedos-Lucchini, les chanteurs Michel Fugain, Patrick Bruel, Françoise Hardy, et bien d’autres. Bref, la fine fleur de ce « réformisme radical » qui, selon Jean-Daniel, présent lui aussi lors de ces agapes, définirait la « gauche moderne ». Il fallait donc, pour Rocard, placer très haut la barre des mondanités officielles lorsque sa dernière heure viendrait.

 

De ce fait, pour que sa mort ne passe pas inaperçue, il avait « laissé un testament très précis », comme le révéla le chef de file actuel du parti dit « socialiste », l’inénarrable Cambadélis. Y figuraient des souhaits en formes de directives adressées aux plus hautes autorités de l’État. Dans la série « on n’est jamais si bien servi que par soi-même », il était stipulé entre autre, qu’un hommage national soit rendu aux Invalides au « père de la deuxième gauche » avec allocution du président de la République mais aussi, pour faire bon poids, une autre de l'ancien secrétaire général de la CFDT, Edmond Maire, qui avait donné le coup d’envoi au jaunissement du syndicat, sans compter, en prime, un « culte d’adieu » dans un temple protestant parisien qui réunira, entre autres, Valéry Giscard d'Estaing, Claude Bartolone, Jean-Marc Ayrault, Pierre Joxe, Roland Dumas, François Bayrou, Bernard Kouchner, Marisol Touraine, et, pour couronner le tout, un second hommage à Solferino avec intervention du Premier ministre Manuel Valls, de l'historien de service — terme à prendre dans ses deux sens — du PS, Alain Bergounioux et de l’incontournable Cambadélis soi-même. « Nous sommes en république », paraît-il ! Que serait-ce alors si l’on rétablissait la royauté !

 

   Mais, cessons d’avoir l’air surpris par ce culte de la personnalité exacerbé digne d’une autre variété de socialisme réellement inexistant, celui des pays de l’est européen voué aux gémonies par ceux-là mêmes qui se souciaient de ne pas être confondus avec lui. Au travers de cette glorification tous azimuts de Rocard et du rocardisme, c’est elle-même, en fin de compte, qu’une deuxième droite à bout de souffle encense, pourtant désavouée par les travailleurs et discréditée aux yeux des nouvelles générations. Et, au-delà, une caste politique, toutes « sensibilités » comme on dit confondues, déconnectée d’un peuple qu’elle méprise, et réduite, dans le vain espoir de retrouver une légitimité perdue, à tresser avec frénésie des couronnes à celui qui, il est vrai, a le plus contribué à rendre impensable toute alternative réelle au capitalisme. Aussi peut-on interpréter comme un gag terminal, la réponse de Rocard à propos du changement d’appellation du PS que son poulain Valls ne cesse de préconiser depuis plusieurs années : «C'est absurde et non nécessaire. Abandonner un nom qui a 150 ans, qui a rassemblé l'espoir dans le monde, je ne jouerais pas ça. Combien de décennies faudrait-il pour trouver un accord sur un nom qui ait l'ampleur de celui-là ? » Sans changer pour autant, évidemment, le cours ultra droitier du parti. En septembre 2013, sortait en librairie le dernier ouvrage de Rocard avec pour intitulé : Que reste t-il du socialisme ? Pour ce qui est de la France, s’il n’en tenait qu’à lui et ses pareils de la deuxième droite, la réponse va de soi : absolument rien.

 

Jean-Pierre Garnier

 

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 08:52

(Le Monde Diplomatique) à un meeting intersyndical au HAVRE contre la loi TRAVAIL 2 JUIN 2016

 

 

 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 09:35

Image reprise sur le site de Marianne: ou, la vérité ne sort pas que de la bouche des enfants

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 16:59
par Jacques Sapir

repris sur Comité Valmy

 

Monsieur Macron, en visite dans un bureau de la Poste de Montreuil ce lundi 6 juin, a essuyé des œufs, que l’on espère point pourris[1], et a dû se réfugier dans le dit bureau de poste d’où il a dénoncé les « agitateurs professionnels » responsables de cette atteinte à son auguste personne. Et certes, il faut l’avouer, un œuf avait atterri sur sa chevelure : petit désordre et immense indécence. Ou, plus précisément, un immense double indécence.

 

Indécence de comportement

La première, la plus évidente, tient aux réactions de l’individu. Oh, assurément, on comprend que cela ne soit pas agréable. Mais, somme toute, cela est moins grave que de perdre un œil dans une manifestation, ce qui est arrivé à deux lycéens lors de confrontations avec la police dans le cadre du mouvement contre la loi El Khomri. C’est aussi moins grave que les blessures infligées par les grenades dites « de désencerclement » utilisées par la police, et dont certaines ont été délibérément lancées à hauteur de tête ou de visage alors que le règlement stipule qu’elles doivent être uniquement lancées dans les jambes. C’est enfin moins grave que les blessures infligées à des journalistes couvrant ces manifestations, dont l’un est toujours dans le coma. Indécence donc d’un Ministre qui ose se plaindre, et il faut voir en quels termes, alors que les manifestations font parties des « risques du métier » pour tout membre du gouvernement. Oublie-t-il que le gouvernement auquel il appartient a usé de l’article 49.3 pour faire passer, en première lecture cette loi qui rassemble aujourd’hui contre elle une majorité de français, ce qui est d’une autre violence, bien supérieure, que l’œuf qui a atterri sur son crâne ? Oublie-t-il qu’en tant que membre de ce même gouvernement, il est solidaire de son Premier-ministre dans la décision d’user de l’article 49.3 ? Visiblement Monsieur Macron ne connaît pas le droit constitutionnel ni la commune décence en cette affaire.

 

Indécence d’attitude

Mais il y a une autre indécence. La visite du sieur Macron venait alors que la Poste se préparait à sortir un timbre commémorant les 80 ans du Front Populaire. Or, le sieur Macron représente dans sa politique comme dans ses idées, l’exact opposé de ce qu’a pu représenter le front populaire. Non qu’on lui conteste le droit d’avoir ses idées, même si elles sont nocives et mauvaises. Mais la commune décence, oui cette « common decency » dont parlait George Orwell – et que plusieurs philosophes ont exhumée – aurait dû lui faire comprendre que sa venue ne pouvait manquer de provoquer des protestations. Et parmi les formes de protestation qui sont communes en France, il y a le jet d’œuf, les pommes cuites et les tomates pourries. C’est la première qui a donc été utilisée. Le ci-devant ministre peut s’estimer heureux que les manifestants n’aient pas utilisé des pavés ou des boulons, autres formes de protestation à l’honneur dans la classe ouvrière. Alors, que le sieur Macron n’ait pas apprécié ce geste, on peut le comprendre. Mais qui ne puisse comprendre que sa venue, avec tout ce qu’il représente en matière de politique d’abandon des services publics, en matière de régression sociale, soient insupportables pour de très nombreuses personnes de notre pays, cela on avoue ne pas pouvoir le comprendre. Voici donc le membre d’un gouvernement qui a brutalisé une large partie des travailleurs de notre pays, dont les idées sont aux antipodes du progrès social, qui vient parader dans une banlieue ouvrière et qui s’étonne des réactions que cela provoque. Voici bien une autre indécence, une indécence bien aussi grave que la première.

 

Du respect et des gens respectables

Si les membres du gouvernement veulent donc être respectés, il faut qu’ils soient respectables. Sur ce point aussi Emmanuel Macron est coupable. Ses déclarations sur le « costume » en sont l’une des multiples preuves. Nous ne reprochons pas au sieur Macron de faire de la politique. Son mouvement « En Marche », lancé avec la complaisance des grands médias et alimenté par de l’argent collecté à l’étranger, nous indiffère. Nous ne reprochons pas au sieur Macron ses manœuvres avec le maire de Lyon, Monsieur Gérard Collomb[2], pour se trouver une circonscription accueillante. Nous ne lui reprochons pas ses ambitions présidentielles, au demeurant bien risibles dans l’état actuel des choses. Ce que nous lui reprochons c’est de ne pas comprendre que quand on a ces ambitions, quand on a ces projets politiques, on se doit d’être respectable chose qu’à l’évidence il ne comprend pas. Le respect n’est entré dans son crâne de « fort-en-thème », pour ne pas dire son crâne d’œuf, que sous la forme de ce qui lui est dû et non pas de ce qu’il doit aux autres. Comme il ne comprend pas toute l’indécence qu’il y a à venir parader pour ce qui représente dans les faits un enterrement symbolique de ce qu’a pu représenter le Front Populaire dans ce qui fut justement un des bastions de la gauche historique, et à se plaindre de manifestation quand d’autres de nos concitoyens souffrent dans leur chair des conséquences des violences policières.

Ce comportement est bas, il est petit ; de la taille d’un micron.

 

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2016/06/06/25005-20160606ARTFIG00115-macron-accueilli-par-des-jets-d-oeufs-lors-d-un-deplacement-a-montreuil.php

[2] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/06/02/25002-20160602ARTFIG00319-gerard-collomb-cajole-ce-cher-emmanuel-macron.php

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 16:56

Les réflexions de "canempechepasnicolas"

par Jean LEVY :

 

Ainsi, le Premier ministre ose évoquer l'interdiction des manifestations syndicales sous prétexte que le "service d'ordre de la CGT" n'effectue pas, vis-à-vis des 'casseurs' le rôle dévolu à la police ! 

 

Mais le SO de la Confédération n'est pas une milice armée. Elle vise simplement à protéger les manifestants CGT d'agressions des commandos cagoulés et entrainés pour les combats de rue. 

 

C'est aux CRS et aux gendarmes mobiles, en tenue de guerre et armés jusqu'aux dents, à interdire le regroupement de ces bandes "incontrôlées". Or, à chaque manifestation, celles-ci peuvent impunément prendre la tête du cortège, bien équipées et qui brisent  systématiquement les abribus, les devantures des magasins, face aux multiples forces de polices qui, manifestement, ont la consigne de regarder ailleurs. Et ce n'est que quand celles-ci sont l'objet d'attaques, et que l'ordre leur en soit donné, qu'elles réagissent à coup de bombes lacrymo, qui tombent indistinctement sur les manifestants pacifiques... Le pouvoir politique, Manuel Valls en premier, peut alors dénoncer les violences et en rejeter la responsabilité sur les organisations syndicales, sur la CGT, en particulier. 

 

Coup double pour le gouvernement PS : celui-ci peut ainsi tenter d'opposer l'opinion publique aux organisations syndicales accusées d'être responsable du désordre, et tenter ainsi de d'isoler celles-ci pour faire passer sa loi patronale au nom de 'l'ordre républicain'.

 

Pour cet objectif, François Hollande et ses ministres sont prêts à tout, car la loi appelée "El Khomeri" n'est que le copié-collé des directives bruxelloises imposées par la Commission européenne à tous les gouvernements sous contrôle : réduire à néant toutes les protections sociales - le Code du Travail, en France - qui sont autant d'obstacles à la "concurrence libre et non faussée" des marchés, le crédo sacré de l'Union européenne. 

 

Chaque Français doit être averti des enjeux de la bataille sociale en cours dans notre pays : c'est la menace d'un Etat policier, totalitaire pour contraindre le peuple français à passer sous les fourches caudines du Medef, et, au-delà, de l'oligarchie financière européenne.

 

C'est à travers l'affrontement capital-travail que connaît notre pays, le combat pour la souveraineté de notre peuple et l'indépendance de la France qui sont en cause.

 

Ce n'est pas sans rappeler les années 1938-1940 où l'écrasement de la classe ouvrière, le 30 novembre 1938, a précédé de peu l'interdiction des organisations démocratiques, la défaite, la guerre, l'Occupation et la dictature de l'Etat français.

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