Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Villiers sur Orge- La Vie en Blog
  • : Economie, social, environnement, éducation, santé, sciences et techniques, vie dans la cité...Et leurs prolongements politiques, tout peut être sujet d'échanges pour le commun des mortels...Un seul objectif, le dépassement du présent.
  • Contact

Recherche

4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 17:43
et puçage de masse : vers la dictature intégrale.

A côté de la société de demain, le cauchemar d’Orwell risque fort de ressembler à une aimable plaisanterie. Dans l’indifférence générale, l’oligarchie est en train de dresser les plans d’un monde totalement transparent où nul citoyen ne pourra échapper au regard intrusif de l’État. Et ses deux piliers sont déjà en place : la puce RFID sous-cutanée et le paiement digitalisé.

 

Vivre avec une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible et même recommandé à en croire ses promoteurs. Le stockage de données personnelles  permettrait d’améliorer nos capacités d’êtres humains par la biotechnologie et d’optimiser notre rapport à l’environnement, en bref  nous faciliter la vie et nous rendre plus efficaces. Plus besoin de badge pour s’identifier, de code pour déverrouiller son smartphone ou son ordinateur ni de carte bancaire pour payer.

 

Le paiement sans contact qui acte de la disparition programmée des espèces est vanté par des arguments du même type : commodité et économie. Epargner les frais de la traque de la fausse monnaie ou les coûts de fonctionnement des distributeurs de liquidités, entraver les opérations illicites (drogue, prostitution, commerce des armes, évasion fiscale et travail au noir) et faciliter les paiements sont les principales raisons avancées par les décideurs financiers et politiques.

 

Mais, dans les deux cas, il s’agit surtout de préparer les esprits à ce qui sera demain la norme quand les pouvoirs publics rendront le puçage obligatoire, interdiront tout paiement en liquide ou rendront impossible le stockage personnel d’espèces tandis que les établissements bancaires taxeront les dépôts ou ponctionneront les comptes des particuliers.

 

Pratiqué aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années, le puçage cutané s’étend rapidement en Europe. Certaines entreprises suédoises proposent déjà l’implant de puces à leurs employés afin de les rendre plus productifs et en Espagne elles servent de moyens de paiement dans certaines discothèques. Mais l’affichage promotionnel du procédé cache mal sa finalité réelle. Les volontaires de ce marquage électronique dernier cri sont en réalité les cobayes d’un projet d’envergure qui vise ni plus ni moins qu’à rendre l’individu totalement transparent et à le livrer pieds et poings liés aux dispositifs de surveillance et de contrôle.

 

Identifier et suivre les objets

La technologie RFID (Radio Frequency Identification) permet d’identifier un objet ou un être vivant, d’en connaître les caractéristiques et d’en suivre le cheminement, le tout à distance et sans contact, grâce à une étiquette émettant des ondes radio, attachée ou incorporée à l’objet. Les informations sont stockées sur le produit où l’étiquette est collée ou implantée, et transmises au lecteur RFID par ondes radio. La RFID est utilisée pour la traçabilité de certains produits ou objets, l’identification des animaux d’élevage (remplaçant le tatouage) ou des individus (par stockage des données biométriques dans les badges électroniques, passeports, cartes d’identité, de paiement ou d’assurance maladie, titres de transport ou permis de conduire). De plus en plus présentes dans la vie quotidienne, leur usage est amené à s’étendre toujours plus car il est encouragé par les pouvoirs publics. Plusieurs pays européens imposent ainsi la pose de puces sous-cutanés pour l’identification des animaux domestiques et, en France, des maternités proposent des bracelets électroniques visant à prévenir l’enlèvement des nourrissons.

 

Une technologie à hauts risques

Certains dangers liés à l’usage de la RFID ont déjà été relevés. Si elle ne permet pas théoriquement la surveillance continue des individus, contrairement aux GPS dont sont pourvus les smartphones, l’ensemble des données à caractère personnel contenues dans les puces RFID que nous utilisons, souvent à notre insu, pourrait permettre par recoupement une identification à distance des personnes et de leur pratiques de consommation. De plus, le piratage est toujours possible : ces ondes étant rarement cryptées, il est très facile de les intercepter et même de les copier sur un autre support, et ainsi d’usurper l’identité d’autrui. Et rien n’interdit d’y placer des “cookies”, comme ceux qu’envoient les sites web, afin de suivre à la trace le trajet des objets ou des personnes ainsi identifiés. Le risque de traçabilité des individus et le faible niveau de protection de leurs données personnelles ont suscité l’inquiétude de la CNIL.

 

L’aspect sanitaire pose également problème, la dangerosité des ondes électromagnétiques émises par ce nouveau procédé s’ajoutant à celle des ondes déjà présentes dans la téléphonie mobile et les systèmes Wi-Fi. Ainsi, un rapport de l’AFSSET déconseille une exposition continue aux ondes de la RFID et préconise une distance minimale d’au moins 20 centimètres, deux recommandations bafouées par le procédé de l’implantation cutanée. De fait, de nombreuses études révèlent déjà un lien entre implant et survenue de cancers et au vu de leurs résultats on peut légitimement penser que cette nouvelle technique sera l’un des prochains scandales sanitaires.

La société sous l’oeil des puces

Mais le danger principal est surtout d’offrir aux récents projets de surveillance généralisée des populations un outil parfaitement adapté et efficient. Implanté dans le corps de l’individu, la RFID devient l’instrument de contrôle social sans doute le plus redoutable jamais conçu. Le stockage quasi-illimité des données personnelles permet de l’identifier à distance, de savoir (presque) tout de lui et de le suivre dans tous ses déplacements. Le gouvernement anglais confronté à la surpopulation des prisons étudie la possibilité de remplacer le bracelet électronique, jugé encombrant, par un implant pour surveiller les personnes sous contrôle judiciaire. En France, la surveillance électronique par RFID viendra compléter les dispositifs de surveillance numérique prévus dans la loi sur le renseignement en facilitant le profilage électronique et la géolocalisation des personnes jugées à risque, ainsi que les dispositifs de surveillance de l’espace public, notamment l’usage de la vidéosurveillance intelligente permettant d’identifier les individus dans une foule par reconnaissance faciale et de repérer les comportements « suspects ».

 

Soumission au lobby bancaire

Ce n’est évidemment pas le fuit du hasard si la Suède, le pays européen le plus avancé dans le projet d’implantation des puces sous-cutanées est aussi le premier à interdire le paiement en espèces.  Et ce n’est évidemment pas un cas isolé : à l’échelle de l’Europe, le paiement par le procédé du Near Field Communication (NFC) dérivé des puces RFID prend peu à peu le relais des transactions en espèce et de nombreux établissements commerciaux n’accepte,t plus le paiement en liquide. Même si 70% des paiements se font encore en espèces, il est fort probable que le cash disparaisse purement et simplement en Europe d’ici la prochaine décennie, entièrement remplacé par le paiement via smartphone ou carte bancaire. Au total, près de deux milliards de transactions sans contact ont été enregistrées en 2015 en Europe, où l’on compte désormais près de 3 millions de terminaux de paiement compatibles avec cette technologie, soit la moitié du parc total. En France, pas moins de 100 millions de transactions sans contact ont été enregistrées en 2015, soit 5 fois plus que l’année précédente, et plus de 30 millions de cartes sans contact sont en circulation. On recense désormais 500 000 terminaux compatibles avec la technologie sans contact dans l’hexagone, soit plus du tiers du parc total, et d’ici à 2020, la totalité du parc français devrait être compatible avec cette technologie. Et avec la généralisation du paiement sans contact, la société sans cash que le gratin de l’oligarchie appelle de ses voeux devient possible. Comme l’affirment les acteurs du paiement sans contact : « la révolution est en marche et rien ne saurait l’arrêter ».

 

Pourquoi cette fuite en avant ? La raison en est simple : il s’agit d’empêcher les ménages de retirer, de stocker et d’utiliser des espèces quand les établissements financiers taxeront les dépôts bancaires, voire ponctionneront les comptes des particuliers en ças de crise grave. C’est-à-dire très prochainement. En effet, la politique monétaire décidée par les banques centrales (faire baisser les taux d’intérêts à un niveau proche de zéro, voire négatif) conduit inéluctablement les établissements financiers à appliquer un taux d’intérêt négatif sur les dépôts bancaires des entreprises et des ménages. Les raisons avancées d’une telle politique sont connues : inciter ces agents à utiliser la monnaie disponible pour tenter de relancer la consommation et contenir la déflation rampante, l’austérité budgétaire érigée en dogme privant les États nationaux des autres leviers.

 

Supprimer les billets et les pièces tout en taxant les dépôts afin de doper la croissance réelle est la dernière folie imaginée par les banquiers centraux. Les conséquences pour les populations ainsi livrées pieds et poings liés au lobby bancaire et au regard intrusif des États nationaux seront dramatiques. La société sans cash qu’on nous promet grâce à la révolution numérique donnerait aux décideurs financiers  les moyens de contrôler tout le système au détriment des particuliers qui n’auraient alors plus aucune porte de sortie. Le verrouillage récent des retraits de cash en Grèce est un avant-goût de ce qui attend désormais les européens en cas de faillite bancaire.

 

La RFID et la fin du cash, armes de destruction massive des libertés

Puce RFID ou suppression du cash, l’objectif est le même : contraindre les populations à se soumettre aux diktats de la finance. Et le moyen aussi : leur laisser le moins de liberté possible, ce à quoi s’emploient activement les gouvernements successifs depuis une quinzaine d’années en promulguant une série ininterrompue de lois qui réduisent toujours plus les libertés publiques sous couvert de « guerre contre le terrorisme ». La RFID et le paiement électronique, comme les autres outils technologiques de surveillance, de contrôle et de traçabilité, servent le projet totalitaire d’une société d’individus dans laquelle toute notion de vie privée aura été abolie et placée sous la domination totale et permanente de l’appareil d’État et de l’oligarchie financière.

Source Nicolas Bourgoin  https://bourgoinblog.wordpress.com/2016/05/26/disparition-de-largent-liquide-et-pucage-de-masse-vers-la-dictature-integrale/#more-5483

Partager cet article
Repost0
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 17:28

La haine de classe sous le vernis social. Par Bruno Guigue

 

En faisant grève, le monde ouvrier se bat pour la défense des droits de tous les salariés. Il utilise le seul moyen légal dont il dispose pour combattre un projet imposé par le dogmatisme libéral de l’Union européenne. Face à cette crise, que fait le Front national ? Il salue le courage de ces compatriotes attachés à un modèle social conquis de haute lutte ? Il soutient le combat difficile de ces ouvriers et de ces employés appauvris par la crise et menacés dans leur emploi ? Il affirme une solidarité sans faille avec des Français qui défendent leurs intérêts contre le rouleau compresseur de la mondialisation capitaliste ?

 

Non, le FN fait chorus avec les chiens de garde de la presse bourgeoise. Il dénonce la CGT. Il réclame qu’on rétablisse l’ordre. « Certains représentants syndicalistes, qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui sont toujours aux abonnés absents quand il s’agit de combattre les vrais problèmes portent une lourde responsabilité dans le chaos que connaît aujourd’hui le pays », écrit Marine Le Pen. Et Marion Maréchal-Le Pen en rajoute : « Ces syndicalistes, ultimes adeptes d’une lutte des classes périmée, n’ont aucun scrupule à infliger à leurs concitoyens des difficultés supplémentaires dans leur quotidien. » (pages fb officielles).

 

Sans vergogne, le FN exige à la fois le retrait du projet gouvernemental et la répression contre ceux qui le combattent. « Que Manuel Valls cesse d’avoir la main qui tremble et assume son autorité en faisant cesser cette stratégie du chaos alors que nous vivons sous état d’urgence », exige Marion Maréchal-Le Pen. Ce parti prétend protéger le peuple français de la jungle libérale ; il se veut la seule alternative au système oligarchique ; il se rêve en ultime recours contre la décadence de la nation. Mais à la première escarmouche avec l’oligarchie financière, le FN détale comme un lapin. Héroïque en paroles contre les diktats de l’Europe libérale, il prend la poudre d’escampette dès il s’agit de passer aux actes.

 

Ainsi prône-t-il la restauration de la souveraineté nationale, mais il la range au vestiaire lorsque Bruxelles veut liquider le modèle social français. Quand les conquêtes historiques du salariat français sont menacées par la finance, le FN jette le masque et se range du côté du manche. Lorsque les droits des travailleurs sont en cause, il se précipite de l’autre côté de la barricade. Comme si l’abandon des prérogatives nationales était condamnable en matière monétaire et acceptable en matière sociale, le FN joue de l’accordéon. Il fustige le libre-échangisme mondial côté cour, et il crache sur les travailleurs qui le combattent côté jardin. Il est contre l’alignement de la France sur les standards libéraux de l’UE, mais il couvre d’insultes ceux qui s’y opposent en faisant grève.

 

Au fond, la crise actuelle agit sur le FN comme un révélateur chimique. Elle fait craquer le vernis social d’un parti dont la ligne « anti-système » n’est que poudre aux yeux. En décrétant l’urgence sociale, la grève ouvrière réactive son fonds de commerce réactionnaire. L’inspiration sociale que Florian Philippot prétend incarner ne pèse pas lourd lorsque les vieux réflexes de classe prennent le dessus. Sous l’effet de la mobilisation populaire, l’écran de fumée de la rhétorique frontiste se dissipe. Projetée par les événements au cœur du débat, la question sociale provoque le réalignement du parti sur son ADN.

 

Grâce aux travailleurs en lutte, le voilà donc dénudé, le roitelet lepéniste : il nous montre ce qu’il a dans le ventre, exhalant mépris de classe et anticommunisme de bas étage. Loin d’être surannée, la lutte des classes est un fil à plomb redoutable. Le conflit en cours rappelle à ceux qui l’auraient oublié ce qu’enseigne l’expérience historique : une barricade n’a que deux côtés, et l’extrême-droite n’a jamais été du côté des travailleurs. Dès demain, elle enfourchera à nouveau son cheval de bataille identitaire à seule fin de les diviser, avec la complicité d’un parti socialiste qui s’est vendu au plus offrant.

Bruno Guigue | 29/05/2016

 

Normalien, énarque, Bruno Guigue est aujourd’hui professeur de philosophie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

Source: http://arretsurinfo.ch/le-fn-et-la-greve-la-haine-de-classe-sous-le-vernis-social-par-bruno-guigue/

Partager cet article
Repost0
18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 12:28

Le cercle des volontaires 

Par Alexandre Karal

 

Hier se tenait l’édition 2016 du concours de l’Eurovision. Comme d’habitude, les chansons présentées étaient assez médiocres, presque toutes écrites dans le même anglais d’aéroport, et l’événement en soi avait peu d’intérêt. Pourtant, il s’y est passé quelque chose de notable : les peuples et le jury ont voté très différemment, pour des raisons qui semblent politiques. En effet, le vainqueur désigné fut l’Ukraine, avec un total de 534 votes pour la chanson 1944 de Jamala à propos de la déportation des Tatars de Crimée par l’Union Soviétique au cours de l’année éponyme… dans un contexte de tensions entre l’Ukraine et la Russie autour, précisément, de la Crimée.

 

 

Mais examinons de plus près les résultats :

Haut du classement de l’Eurovision 2016, en fonction du nombre de points attribués par le jury et les téléspectateurs. Source : http://eurovisionworld.com/?eurovision=2016

 

Comme on peut le constater sur ce graphique, si l’Ukraine a bel et bien remporté le plus de points au total, le gagnant du concours par classement populaire est… la Russie ! Celle-ci n’a cependant obtenu que 130 points du jury, tandis que l’Ukraine en a remporté 211. Il est difficile de ne pas voir là un choix politique de la part du jury, qui est d’autant plus cocasse que le pays qui a obtenu le plus de votes (12) de la part des téléspectateurs ukrainiens est… encore la Russie.* Le jury est semble-t-il plus royaliste que le roi. Il a par ailleurs été très généreux envers Israël, et très dur pour la Pologne. Faut-il y voir une réaction à l’accession au pouvoir du parti Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość) en Pologne, tant décrié en Europe occidentale ? Évidemment, il est difficile de lire dans les pensées des membres du jury (désignés dans chaque pays par la chaîne de télévision disposant des droits de diffusion du concours) mais la disproportion entre le vote des téléspectateurs et celui du jury est tout de même troublante. Il est possible que l’explication soit au moins partiellement à aller chercher de l’autre côté : peut-être les diasporas russe et polonaise se sont-elles montrées plus actives que les autres, et beaucoup plus actives que la diaspora ukrainienne, pour une raison qui nous échappe. Quoi qu’il en soit, cette chanson politique de la candidate ukrainienne a eu beaucoup de succès auprès du jury.

 

Pourtant, les règles du concours stipulent assez clairement que les chansons politiques sont interdites :

  • The lyrics and/or performance of the songs shall not bring the Shows, the Eurovision Song Contest as such or the EBU into disrepute. No lyrics, speeches, gestures of a political or similar nature shall be permitted during the Eurovision Song Contest. No swearing or other unacceptable language shall be allowed in the lyrics or in the performances of the songs. No messages promoting any organisation, institution, political cause or other, company, brand, products or services shall be allowed in the Shows and within any official Eurovision Song Contest premises (i.e. at the venue, the Eurovision village, the Press Centre, etc.). A breach of this rule may result in disqualification.
  •  

Manifestement, les responsables de l’Eurovision ont jugé que cette chanson n’était pas politique. La presse, elle, n’est pas du même avis. Certes, tout ceci est bien trivial, mais c’est aussi l’illustration de la déconnexion entre les peuples et les « élites » désignées. On l’a vu avec le référendum sur le traité constitutionnel de l’Union Européenne comme on le voit dans un concours de chant. La vraie démocratie serait-elle effrayante au point de chercher à la tenir éloignée, même à l’Eurovision ?

 

Mise à jour du 18 mai 2016 : Dans un article du 13 mai 2016, dont nous venons de prendre connaissance, le Mirror expliquait, citant une source au sein de l’Eurovision, que l’Union européenne de radio-télévision « savait à quel point une victoire de la Russie serait impopulaire, et ferait tout pour aider les autres favoris à remporter la victoire ».

 

* Les téléspectateurs russes ont d’ailleurs (presque) renvoyé l’ascenseur en attribuant 10 points à l’Ukraine. Sans doute faut-il y voir un signe que l’inimitié entre les responsables politiques ne se retrouve pas forcément dans les peuples. Le Telegraph a produit un outil de visualisation des résultats assez utile.

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 14:42

 

Par Will Summer

Origine Mondialisation.ca, 13 mai 2016

 

 

Photo : La Place de la République à Paris, « Quartier-Général » du mouvement « Nuit Debout », un soir d’avril 2016

 

Un facteur central de la stratégie impérialiste contemporaine implique la création de mouvements « anti-capitalistes » portés par la jeunesse qui serve la mondialisation plutôt que la défier. De tels contre-mouvements reçoivent fréquemment les accolades enthousiastes d’intellectuels gauchistes « radicaux » qui, à travers un amalgame d’orgueil et d’ignorance, accordent l’adoubement à une forme de dissidence en fait conçue pour exacerber les injustices du statu quo.

 

Un article collectif publié dans le journal Le Monde et intitulé « Nuit Debout contribue à la création d’un autre monde », affirme que le mouvement social actuel français, qui prétend s’être formé par opposition à des réformes du droit du travail nuisibles aux intérêts de la classe laborieuse, est l’amorce d’une chose d’une grande ampleur. L’article, curieusement affublé d’un autre titre dans sa version en ligne, est co-signé par plusieurs intellectuels dont les Trotskyistes Tariq Ali et Tony Negri. Donc, quelle est la nature de cette transformation sociale prétendument mise en œuvre par ce nouveau mouvement social?

 

L’article du collectif plaide que le Front National d’extrême-droite joue la carte anti-système tout en refusant de défier la « loi du marché ». Penchons-nous un peu sur ces allégations. Bien qu’il soit assurément vrai que le Front National est un parti de menteurs et de tricheurs qui misent sur le désespoir de la classe laborieuse dans leur quête de pouvoir, – cela a toujours fait partie de leur histoire et de leur mode opératoire – il est inexact de suggérer que le Front National prenne toujours publiquement la défense de politiques propices à l’expansion du capitalisme.

 

Il reviendra à l’esprit des auteurs qu’alors que les terroristes d’al-Qaeda soutenus par les monarchies du Golfe Persique ainsi que par Israël et par l’OTAN décapitaient et lynchaient les Noirs libyens dans les rues de Benghazi en 2011, la tête de file de la « gauche » anti-mondialiste, Jean-Luc Mélenchon, est apparu à la télévision française défendre la campagne de bombardements français en appui aux escadrons de la mort, tandis que Marine Le Pen, la dirigeante du Front National, avait dénoncé cette intervention.

 

Marine Le Pen a décrit l’emprise française sur la finance africaine sous la forme du FCFA (Franc des Colonies Françaises d’Afrique) comme une « tragédie » pour les Africains, et elle s’est engagée à abolir ce système financier néocolonial; tandis que Jean-Luc Mélenchon a constamment préféré éviter le sujet. Il est facile de voir pourquoi une proportion de gens des classes laborieuses préfère ladite extrême-droite, à ladite extrême-gauche. Soyons clairs: aucun des deux candidats précités ne sert les intérêts des classes laborieuses. Mais il est possible de pardonner leur confusion dans leur choix pour décider lequel des deux représente l’extrême-droite.

 

Mais qu’en est-il des intellectuels « anti-capitalistes » de « Nuit Debout »? Les auteurs ont-ils pris la défense du Président Laurent Gbagbo de la République de Côte d’Ivoire en 2010, quand l’impérialisme français et sa « loi du marché » ont attaqué son peuple avec des escadrons de la mort après qu’il ait entrepris de mettre un terme à l’esclavage financier de l’Afrique sous le joug du système monétaire du FCFA? Que nenni. Nous pouvons distinguer les contours d’une idéologie gauchiste curieusement similaire au système qu’elle prétend combattre.

 

L’impérialisme a été défini par Lénine comme le capitalisme monopolistique, ou le dernier stade du capitalisme. Le capitalisme monopolistique décadent procède par l’accélération de l’accumulation primaire; c’est à dire, en volant et en pillant, et en envahissant et en bombardant de nouveaux territoires, de nouvelles nations et de nouveaux continents. La guerre est essentielle à la prolongation du mode de production capitaliste. C’est une loi élémentaire de l’économie politique capitaliste, de la « loi du marché » qui ne semble pas avoir été saisie par ces intellectuels enthousiasmés par « Nuit Debout ». Ces guerres se sont perpétuées pendant longtemps, mais elles se sont accélérées depuis la crise financière de 2008.

 

Soutenir la révolution bolivarienne et tous ses adversaires

Les auteurs proclament que le « néo-libéralisme » a été assailli de plusieurs façons depuis la chute du Mur de Berlin. Ils font les louanges du virage à gauche de l’Amérique Latine, illustré par la Révolution Bolivarienne. Ils mentionnent également le Printemps Arabe de 2011. Mais les auteurs ne parviennent pas à démontrer comment une révolution populaire, de gauche et venant de la base au Venezuela, qui a défié le Consensus de Washington et apporté un haut degré de progrès social et de démocratie, peut ressembler à des putschs ochlocratiques fabriqués par les USA en Tunisie et en Égypte suivis par des guerres impérialistes d’agression et de génocide en Libye et en Syrie – criminellement déguisées en interventions humanitaires et en révolutions.

 

Ces intellectuels échouent tout autant à expliquer comment ils parviennent à soutenir le Printemps Arabe tout en chantant les louanges de l’ancien Président du Venezuela, Hugo Chávez, qui entretenait des liens étroits avec Mouammar Qaddafi et Bachar al-Assad, et qui avait dénoncé le Printemps Arabe pour ce qu’il était en réalité: une série de coups d’État néocoloniaux d’extrême-droite contrôlés par des agences étasuniennes contre le développement du Tiers-Monde.


Ces coups d’État appuyés par les USA ont été, comme l’a confirmé l’ancienne Secrétaire d’État US Condoleeza Rice dans ses mémoires, le fruit de la tentative par l’ancien Président US George W. Bush de « démocratiser » et remodeler le Moyen-Orient. Quiconque a soutenu le Printemps Arabe soutient donc l’impérialisme US.

 

L’accession au pouvoir des Frères Musulmans d’ultra-droite en Tunisie et en Égypte n’était pas due à l’échec de ce que les auteurs attestent avoir été des révolutions « anti-néolibérales », mais plutôt à leur réussite. La Banque Mondiale, ainsi que des analystes politiques d’élite, se sont souvent lamentés de la nature fermée de l’économie tunisienne, tout comme de la manière dont Ben Ali favorisait la bourgeoisie nationale aux dépens des compradors au service d’investisseurs étrangers. La rémanence persistante d’un militantisme syndical dans le style français en Tunisie est une autre raison qui a mené les analystes politiques d’élite du Financial Times à dire de la révolution tunisienne qu’elle était « inachevée ».

 

Bien que ce soit peu reconnu, le « Fonds de Solidarité National » de Ben Ali en avait presque autant fait que les politiques de Hugo Chávez pour réduire la pauvreté; le modèle tunisien était sur le point d’être adopté par les Nations Unies dans son programme mondial contre la pauvreté – une politique qui aurait sans doute fait que des milliers d’ONG douteuses auraient dû mettre la clé sous la porte. Le Fonds de Solidarité National fut immédiatement aboli par les « révolutionnaires » du Printemps Arabe.

 

Dans la révolution égyptienne, les travailleurs y ont aussi perdu. L’une des premières mesures appliquées par les adeptes du Printemps Arabe au Caire aurait recueilli l’approbation de la Ministre du Travail française, Mme. El Khomri: ils ont réformé les lois du travail de sorte que les employés ne touchent plus leur salaire s’ils se mettent en grève, et que les patrons n’aient plus à les payer quand la production s’arrête par manque de commandes. Rien de mieux qu’une révolution fomentée par la CIA pour défier la « loi du marché »!

 

Pour ce qui est des autres pays du virage à gauche latino-américain, le Brésil a fait l’expérience d’un début de « Printemps Arabe » en 2013 pendant la « Révolution de Vinaigre » – une autre tentative de coup d’État par flash-mobs interposés, menée par des ONG et dirigée par les USA avec pour objectif de renverser un pays qui se rapprochait de la Russie et de la Chine. Quand à eux, tous ces auteurs anti-mondialistes avaient aussi soutenu cette révolution – tant qu’elle était confortablement revêtue d’un déguisement d’ultra-gauche.

 

Loin d’avoir été un soulèvement contre le néolibéralisme, le Printemps Arabe était une affaire d’expansion et d’approfondissement de l’emprise du capitalisme financier sur les pays en développement, à travers l’éruption d’un chaos « révolutionnaire ». Cette stratégie géopolitique a connu un succès stupéfiant et n’aurait pas pu réussir sans l’adhésion exubérante de l’infanterie prétentieuse et complètement délirante d’universitaires gauchistes, dont l’ignorance de la politique étrangère US et de la géopolitique dégoulinent sans cesse de leurs contributions écrites et orales aux non-débats politiques des médias grand public. Le philosophe marxiste français Michel Clouscard avait souligné, au cours des événements de 1968, que le capitalisme avait viré à gauche au niveau de la culture politique mais à droite au niveau socio-économique. Clouscard était le seul philosophe à comprendre entièrement et à théoriser les conséquences de ce paradoxe.

 

Les auteurs font la louange du mouvement anti-mondialiste parce qu’il défie le néolibéralisme, et en même temps ils reconnaissent que c’est un échec total. Ils ne comprennent pas que ces mouvements anti-mondialistes sont conçus pour échouer; c’est pourquoi des capitaines de la finance les subventionnent copieusement!

 

Les auteurs concèdent que le mouvement « Nuit Debout » est principalement blanc et issu des classes moyennes, et qu’il a échoué à attirer des gens provenant de pays post-coloniaux et/ou qui viennent du militantisme de la classe laborieuse. Citant le philosophe italien Antonio Gramsci, ils avancent que ces problèmes sont en cours de discussion parmi les « intellectuels organiques » de la Place de la République, et que par conséquent ils n’ont besoin d’aucune aide de la part des intellectuels traditionnels de l’intelligentsia – encore une aberration monumentale.

 

Ayant interviewé des douzaines de personnes du mouvement « Nuit Debout » et écouté de nombreux débats, je peux sans conteste affirmer qu’il y en a peu là-bas qui comprennent le capitalisme contemporain. Les activistes du mouvement « Nuit Debout » ne correspondent certainement pas à la conception de l’intellectuel organique de Gramsci.

 

Au contraire, des personnes comme Kémi Seba, un intellectuel français d’origine béninoise ou le rappeur Mathias Cardet, dont le nouveau livre expose l’idéologie réactionnaire et capitaliste du rap contemporain; ou les monologues en vidéo de l’Algérien Aldo Sterone commentant les problèmes de la jeunesse maghrébine en Europe – ces voix des exclus, du prolétariat post-colonial sont, mutatis mutandis, beaucoup plus proches de la notion de l’intellectuel organique de Gramsci que les activistes de « Nuit Debout ».

 

Hélas, si de tels auteurs essayaient de parler au mouvement « Nuit Debout », ils seraient probablement escortés hors de la place sous la contrainte, labellisés de « fascistes ». Le problème, par conséquent, ne se situe pas entre intellectuels organiques et traditionnels, mais plutôt dans l’occupation de l’espace académique et populaire par des pseudo-intellectuels pour celui-ci, en face d’une jeunesse désorientée et manipulée pour celui-là – et ce, au détriment dans les deux cas de ceux qui s’emploient à ériger la théorie sociale et l’action politique positive sur les fondations concrètes d’une analyse basée sur les rapports de classes. Si la classe laborieuse et les minorités ethniques de France ne s’intéressent pas à « Nuit Debout », c’est parce qu’ils comprennent l’internationalisme néocolonial, raciste et bidon de l’idéologie gauchiste petit-bourgeois; ils ne sont pas dupes!

 

Les auteurs redoutent que le mouvement soit submergé par des forces « réactionnaires ». Font-ils référence à ceux qui manifestent contre les guerres fascistes de l’OTAN et les mensonges médiatiques utilisés pour les justifier? Beaucoup de « Nuit-Deboutistes » croient que les authentiques activistes anti-guerre sont, vous l’avez deviné, des fascistes! Et l’un des gourous du mouvement, Frédéric Lordon, a pris la défense de la police de la pensée des fascistes antifascistes se nommant eux-mêmes: les « Antifas »!

 

Le problème n’est pas comment des mouvements sui generis sont repris par des forces réactionnaires, mais plutôt comment des forces réactionnaires du complexe militaire, industriel, médiatique et du renseignement de l’impérialisme préemptent la résistance organique de la base à travers la création de contre-mouvements et de sous-cultures qui trompent, leurrent, démoralisent, découragent, divisent et défont tous les efforts entrepris pour briser le pouvoir du capital sur le travail, de la minorité sur la majorité. Quand l’intelligentsia organique occupera un espace public, produira une analyse concrète des classes et aura expulsé les réactionnaires gauchistes et bourgeois  de nos universités, notre jeunesse pourra dormir la nuit et faire la révolution pendant la journée!

Will Summer

Article original en anglais : http://ahtribune.com/world/europe/888-nuit-debout.html

Traduit par Lawrence Desforges

Partager cet article
Repost0
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 14:45
Deux chefs d’État face à leurs concitoyens

par Thierry Meyssan

Bien que la situation économique de la Russie soit beaucoup plus difficile que celle de la France, les téléspectateurs russes ont plébiscité l’émission « Ligne directe avec Vladimir Poutine », tandis que les Français ont boudé « Dialogues citoyens avec François Hollande ». Les deux programmes ont eu des scores d’audience comparables aux soutiens dont disposent ces deux personnalités. Pour Thierry Meyssan, contrairement à la vulgate des conseillers en communication, les téléspectateurs et les électeurs ne sanctionnent pas les mauvais indices économiques. Ils se déterminent sur la capacité de leurs leaders à présider le pays ou à simplement l’administrer.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 18 avril 2016

 

 

Le 14 avril 2016, les présidents Vladimir Poutine et François Hollande répondaient à la télévision, chacun dans leur pays, aux questions de leurs concitoyens [1]. Dans les deux cas, il s’agissait d’un pur exercice de communication, aucune nouveauté ne devant être annoncée.

Un format européen

En premier lieu, ce type de programme se développe depuis quelques années sur le continent européen, mais n’existe pas dans d’autres pays, comme aux États-Unis.

 

Si le président Barack Obama accepte de répondre à des questions de concitoyens lors de manifestations publiques, cela reste une exception et ne saurait être organisé à la télévision une soirée durant. Pour montrer sa proximité avec son peuple, il préfère manger de la pizza en famille dans un fast-food, entouré d’une myriade de photographes. Une fois installé à la Maison-Blanche, le président US ne doit de compte à personne, ni au Congrès (sauf pour des crimes justifiant sa destitution), ni à ses électeurs. Au contraire, en Europe, il existe une longue tradition d’interpellation du chef de l’État. Celui-ci ne doit pas craindre le contact direct avec le peuple. Ainsi est-il fréquent de voir un leader européen prendre un bain de foule, tandis que le président des États-Unis ne se déplace qu’en voiture blindée, encadré par de très nombreux gardes du corps.

Deux mises en scènes

Vladimir Poutine avait choisi une mise en scène grandiose : une vaste salle avec un large public, une émission de 3 h 30 (qui déborda même de 10 minutes). François Hollande avait opté, quant à lui, pour un décor moins solennel, un petit espace avec juste quelques dizaines de citoyens dans le public, et un format deux fois plus court, d’1 h 30 seulement. Dans les deux cas, il ne s’agissait pas de studios permanents, mais de salles spécialement aménagées pour l’émission, à la Cour des hôtes de Moscou et au Musée de l’homme à Paris.

 

Évidemment, les personnes habilitées à prendre la parole avaient été soigneusement sélectionnées. Au dernier moment, deux citoyens invités à s’exprimer sur France2 avaient été remerciés sur instruction de l’Élysée. Il semble qu’il s’agissait d’éviter une forme de colère et d’acharnement. En définitive, seuls quatre citoyens ont été autorisés à prendre la parole. La sélection par Télévision russe et le Kremlin fut plus simple, même si les intervenants furent bien plus nombreux, dans la mesure où les citoyens se succédaient rapidement au micro et que leur face-à-face avec leur président s’en trouvait d’autant plus limité.

 

Le studio russe recevait des téléspectateurs que l’on avait fait venir de province sous prétexte d’assister à un show, mais qui ignoraient jusqu’au dernier moment qu’ils participeraient à Ligne directe avec Vladimir Poutine. Cette procédure a considérablement allégé le travail des services de sécurité. En outre, la chaîne avait invité de nombreuses figures connues des sciences et de l’économie. Enfin, le président russe avait invité ses ministres et généraux à se joindre au public comme il est d’usage lors d’une conférence de presse officielle. Au total cela faisait 300 personnes. Au contraire, le public français n’était composé que d’anonymes ; François Hollande ayant choisi d’apparaître comme un citoyen ordinaire.

 

Dans les deux cas, il était possible de poser des questions par SMS ou par téléphone. En Russie, ce phénomène a pris une ampleur démesurée avec plus de 22 000 appels vidéos, 50 000 SMS et plus de 3 millions d’appels téléphoniques.

 

 

 

Deux présidents face à de mauvais résultats économiques

Les deux présidents se présentaient à leurs concitoyens avec un mauvais bilan économique. La Russie subit une forte récession (plus de 4 %), tandis que la France poursuit sa lente désindustrialisation et sa montée du chômage. Le contexte international, notamment le cours extrêmement bas du pétrole, est malheureusement défavorable à la Russie exportatrice, mais constitue une aubaine pour l’agriculture et l’industrie françaises importatrices. Pourtant, le président Poutine était à l’offensive lorsque son homologue français était sur la défensive.

Cependant, les Russes sont conscients que la récession est délibérément provoquée par les sanctions occidentales, tandis que les Français observent les bons résultats économiques de leurs partenaires de l’Union européenne.

 

Deux manières différentes de répondre aux questions

Le président Poutine a répondu aux questions en précisant ses positions. Lorsqu’un cas d’injustice lui était soumis, il a pris l’engagement de s’en occuper personnellement, ce qu’il a fait dès le lendemain. Mais il n’a jamais répondu en évoquant la création d’allocations sociales ou leur montant ; un sujet qu’il laisse à ses ministres. Il concevait son rôle comme celui d’un dirigeant qui expose les conséquences des diverses options dont il dispose, puis décide ce qui lui parait le mieux.

 

Au contraire, le président Hollande a répondu aux questions en listant les différentes mesures prises dans le même secteur par son gouvernement. Il s’agissait pour lui de montrer qu’il travaille efficacement en évoquant quantité de subventions et d’allocations, crées ou modifiées. Mais il n’a jamais répondu en évoquant des choix stratégiques qu’il faudrait trancher. Il concevait son rôle comme celui d’un redistributeur, n’intervenant pas dans la marche des événements, mais corrigeant des inégalités qu’elle produit.

 

Ce faisant, François Hollande a dés lors abdiqué de sa fonction et s’est abaissé au niveau d’un directeur d’administration centrale. Il n’était plus un leader, mais un haut-fonctionnaire appliquant une politique.

 

En matière intérieure, le président Poutine a souligné l’importance des différents partis comme contribuant à défendre des point de vue en définitive complémentaires et tous utiles au pays. Il apparaissait donc comme faisant une synthèse au-dessus des partis. Il n’a jamais évoqué ses ambitions personnelles.

 

En choisissant de débattre avec deux citoyens qui ont été présentés comme des opposants —un électeur du Front national et un participant à Nuit debout—, le président Hollande s’est jeté dans l’arène partisane. Même s’il a essayé de se placer en défenseur des institutions républicaines plus qu’en candidat de la gauche. Ce dispositif visait à le faire entrer dans la prochaine campagne électorale au cours de laquelle il souhaite briguer sa propre succession. Pourtant en sélectionnant un électeur du FN qui disait voter pour cette formation par colère, il semblait livrer une ancienne bataille. En effet, aujourd’hui, le vote Front national n’est plus une expression contestataire, mais traduit l’adhésion à un programme.

 

Pour manifester leur proximité, les deux présidents ont eu des stratégies fort différentes.

Vladimir Poutine a accordé la parole à des enfants. L’un d’entre eux lui a demandé s’il mangeait du porridge au petit-déjeuner et si ses goûts avaient varié avec le temps. Il a répondu avec gentillesse, montrant qu’il restait à la disposition de tous.

 

François Hollande a choisi de montrer ses émotions, évoquant l’annonce qui lui avait été faite quelques jours auparavant de la mort de trois jeunes soldats en mission. Là encore, il était en décalage avec la fonction présidentielle, un chef d’État n’ayant pas à justifier une position prise pour son pays par une émotion personnelle. On ne comprenait pas son trouble : si ces soldats s’étaient sacrifiés pour la Nation, il aurait dû les célébrer avec fierté comme des héros. Devait-on alors comprendre qu’il les avait envoyés mourir pour autre chose et qu’il s’en sentait coupable ?

 

Une question d’autorité

Au final, le message des deux hommes était radicalement différent.

Vladimir Poutine faisait preuve de disponibilité. Lorsqu’un citoyen lui pose une question qu’il avait déjà abordée, il demande aux journalistes de le laisser continuer et il précise qu’il n’est pas venu avec sa montre, prenant le temps pour chacun.

 

François Hollande préparait sa succession. Il venait, selon sa propre expression, « rendre des comptes » aux électeurs pour pouvoir les solliciter à nouveau. Il ne se pensait pas en président exposant les choix qui s’offrent au pays, mais se trouvait implicitement en position de quémandeur cherchant à prouver sa bonne foi.

 

Environ 60 % des téléspectateurs russes ont regardé, durant 3 h 40, le marathon du président Poutine. Moins de 15 % des téléspectateurs français se sont intéressés 1 h 30 à la campagne électorale de François Hollande. Ces chiffres correspondent globalement au soutien dont les deux hommes disposent dans leur pays ; un soutien sans rapport avec la situation économique, mais uniquement fondé sur leur autorité naturelle, leur manière de concevoir leur fonction.

Thierry Meyssan

Partager cet article
Repost0
25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:29

Ne pas se laisser distraire, ne pas baisser la garde toujours revenir à l’essentiel qui  consiste pour les communistes encore encarté à tenter de ramener le PCF sur le terrain de la Lutte des Classes ensuite, en cas d’avancée non significative en ce sens  lors du prochain congrès, à créer une structure politique alternative à même de prendre le relais….

 

Il y a les hommes, les femmes, les fondamentaux pour cela, seules  la volonté politique et la détermination sont absentes. A  défaut nous en serions réduits à une éternelle reconduction de type soixante-huitard.

 

Quelques remarques lapidaires sur les expressions récentes d’origines diverses.

 

Lordon (sic le Monde diplomatique de mars 2016) roule pour Mélenchon. Ce  n’est pas une énième constitution, ou une nouvelle république  qu’il nous faut qui, d’une part ne peuvent émaner d’un melting pot ou chacun ne représente que Soi même, d’autre part d’un parlement élu à une date indéterminée, ou qui ne le sera peut être jamais,  mais développer les luttes sur une base de classe.

 

Contrairement à ce que j’ai lu « Merci patron »  de François Ruffin, l’expression ne date pas d’hier, n’a pas fait et ne fera pas mordre la poussière à Bernard  Arnault du groupe LVMH.

 

Hervé Kempf, est un « bon écolo » dans la foulée du GIEC et de Fabius,  j’en passe, propagateurs de fausses informations, les variations climatique ne sont pas d’origine anthropique mais la conséquences de phénomènes contre lesquels nous ne pouvons rien faire d’autre que lutter contre les pollutions et économiser les ressources fossiles. C’est un antinucléaire primaire,   pour connaître les conséquences de Tchernobyl mieux vaut visiter les sites scientifiques spécialisés tel http://www.irsn.fr/FR/Pages/Home.aspx , mais il y en a d’autres, plutôt que de lire sur le sien le témoignage d’une liquidatrice qui ayant passé, sic, 4 années à dépolluer, le couteau des rouges sur la gorge, est encore de ce monde, trente ans plus tard,  à 71 ans. Gageons que  la chute  de l’Union Soviétique qui a été suivie d’une baisse de l’espérance de vie de 15 à 20 ans en Russie, Biélorussie et en Ukraine a provoqué un nombre de victime beaucoup plus important.

 

Ce n’est pas cependant une raison suffisante pour faire n’importe quoi, situer les problèmes là ou ils ne sont pas et surtout jeter le nucléaire civil aux orties. Les centrales de 4ème génération au thorium  seront beaucoup plus sures et économes de matières premières, le projet franco belge ( https://youtu.be/lvk4wj_T9v0 ) , GUINEVER et MYRRHA, pilotés par ADS permettra de « brûler » les déchets et de faire en sorte que les résidus aient une durée de vie radioactive plus courte, source par ailleurs de progrès pour la médecine voire même pour le développement d’énergies renouvelables aujourd’hui hors de prix.

 

Sans oublier le projet international YTER  portant sur la fusion thermonucléaire, source d’énergie inépuisable. A traîner les pieds les Chinois, les russes les USA seront sur le marché avant nous. Il y a beaucoup à développer sur le sujet.

 

Il y a parmi les adeptes de nuit debout beaucoup de jeunes qui aspirent au changement, l’important est de les informer des véritables enjeux  afin qu’ils échappent aux chevaux de retour qui  s’agitent pour dévoyer le mouvement. Il ne faut pas leur laisser le champ libre comme à ces militant du Front et du parti de gauche qui  polluent  les défilés de la CGT à chaque manif. Je les ai rencontré, pratiqué,   j’y retournerai le 28 avril.

 

Les dirigeants auto proclamés de nuit debout n’ont pas à imposer leurs slogans lors du défilé du premier mai mais les associations de collégiens, lycéens, étudiants peuvent s’y associer à partir de leurs spécificités.

 

Je serais plus tendre avec Emmanuel Todd car je pense qu’un système d’économie mixte maîtrisé, tel que le keynésianisme, nous permettrait d’avancer à petits pas avant que les conditions du grand soir soit enfin réunies …

 

En urgence  il faut réactiver un système d’éducation populaire militant pour que chacun remette les pendules à l’heure de la nécessité d’aller jusqu’à l’appropriation collective des moyens de productions et d’échanges pour mettre un terme au servage moderne que constitue l’actuelle  condition salariale.

 

Tâche à la mesure de la déculturation de notre système éducatif, qui incite plus souvent à la soumission qu’à la remise en cause de l’exploitation de l’Homme par L’Homme, et des manipulations médiatiques au service des  financeurs et des décideurs apatrides qui jettent les peuples les uns contre les autres à seule fin de faire grossir leurs profits.

Partager cet article
Repost0
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 18:55

Par Thierry Meyssan, réseau Voltaire

« Nuit debout », un mouvement à dormir debout

 

Le mouvement « Nuit debout » qui vient de se créer en France, mais aussi en Espagne et en Allemagne, ambitionne de faire barrage au projet de loi El-Khomri sur la réforme du Code du travail et, plus généralement, de lutter contre le néolibéralisme. Thierry Meyssan dénonce des discussions creuses et incohérentes. Il relève les références explicites des organisateurs aux manipulations de l’équipe de Gene Sharp, qui a organisé pour le compte de la CIA les révolutions colorées et le printemps arabe.

 

 

La presse parisienne se pâme devant la naissance d’un mouvement politique, « Nuit debout ». Des centaines de personnes se rassemblent sur les grandes places des principales villes françaises pour discuter et refaire le monde.

 

Ce mouvement « spontané » s’est organisé en quelques jours. Il dispose désormais de deux sites internet, d’une radio et d’une télévision web. À Paris, place de la République, 21 commissions ont été constituées comme dans un inventaire à la Prévert : animation artistique, climat, cantine, création d’un manifeste, dessin debout, jardin des savoirs, manifestations, campement, démocratie, science debout, gréve générale, éducation, économie, féminisme, LGTBI+, TV debout, vote blanc, transparence, Françafrique, infirmerie, communication. C’est dans ce bavardage que se jouerait l’avenir du pays.

 

« Nuit debout » aurait surgi de la projection d’un film militant «  Merci patron  » de François Ruffin, le 23 février. Les spectateurs auraient constitué un collectif « Convergence des luttes », avec l’idée de rassembler les préoccupations des salariés, des migrants, etc. [1]

 

Cependant, la lecture de l’appel rédigé par « Convergence des luttes » ne manque pas de surprendre. On peut y lire :


« Ce mouvement n’est pas né et ne mourra pas à Paris. Du printemps arabe au mouvement du 15M, de la place Tahrir au parc de Gezi, la place de la République et les nombreux autres lieux occupés ce soir en France sont l’illustration des mêmes colères, des mêmes espoirs et de la même conviction : la nécessité d’une société nouvelle, où démocratie dignité et liberté ne sont pas des déclarations vides » [2].

 

Si ce mouvement n’est pas né à Paris, comme l’affirment ses initiateurs, qui en a eu l’idée ?

 

Les références au « printemps arabe », au « mouvement du 15M », à la « place Tahrir » et au « parc de Gezi » renvoient toutes quatre à des mouvements clairement soutenus, sinon initiés par la CIA. Le « printemps arabe », c’est le projet du département d’État de renverser les régimes laïques arabes et de les remplacer par les Frères musulmans. Le « mouvement du 15M », en Espagne, c’est la contestation de la politique économique des grands partis tout en affirmant l’attachement aux institutions européennes. La « place Tahrir » en Égypte est habituellement considérée comme un des lieux du printemps arabe, et l’en distinguer ne peut faire référence qu’à son occupation par les Frères musulmans de Mohamed Morsi. Quant au parc Gezi, ce fut le seul mouvement laïque des quatre, mais il était instrumenté par la CIA pour mettre en garde Recep Tayyip Erdoğan, qui n’en a pas tenu compte.

 

Derrière ces quatre références et bien d’autres, on trouve un même organisateur : l’équipe de Gene Sharp, jadis baptisée Albert Einstein Institute [3] et aujourd’hui Centre for Applied Nonviolent Action and Strategies (Canvas), exclusivement financée par les États-Unis [4]. Des gens très organisés, directement liés à l’Otan et ayant une sainte horreur du spontanéisme de Rosa Luxembourg.

 

La non intervention de la préfecture de police, le discret soutien de l’Union européenne à Radio Debout, et la présence parmi les organisateurs de personnalités jadis soutiens d’Action directe [5] ne semblent pas poser de problème aux participants.

 

Bien évidemment, le lecteur se demande si je ne force pas la dose en voyant ici aussi la main de Washington. Mais les manipulations de l’équipe de Gene Sharp dans une vingtaine de pays sont aujourd’hui largement attestées et étudiées par les historiens. Et ce n’est pas moi, mais les organisateurs de « Nuit debout » qui font référence à ses actions.

 

L’équipe de Gene Sharp intervient avec des recettes toujours identiques. Selon les cas, les manifestations manipulées visent soit à changer le régime, soit au contraire à stériliser l’opposition, comme c’est le cas ici. Depuis 2000, cette équipe utilise un logo emprunté aux communistes pour mieux les combattre : le poing levé. C’est évidemment le symbole qu’à choisi « Convergence des luttes ».

 

 

 

Le slogan de « Nuit debout », « On ne rentre pas chez nous », est nouveau dans la longue succession des opérations de Gene Sharp, mais il est tout à fait typique de sa manière d’intervenir : ce slogan ne comprend aucune revendication positive, ne propose rien. Il s’agit juste d’occuper la rue et de distraire les médias pendant que les choses sérieuses se déroulent ailleurs.

 

Le principe même de « Nuit debout » exclut toute participation des travailleurs. Il faut être bien noctambule pour pouvoir passer ses nuits à discuter. Les « salariés et les précaires » que l’on est censé défendre travaillent, eux, le matin et ne peuvent pas se permettre de nuits blanches.

Ce ne sont pas les commissions de « Nuit debout » —où l’on s’intéresse à tout sauf aux ravages de l’exploitation et de l’impérialisme— qui mettront fin à la domination de la France par une coterie de nantis, qui l’ont vendue aux Anglo-Saxons et viennent d’autoriser le Pentagone à y installer des bases militaires. Imaginer le contraire serait croire une histoire à dormir debout.

Thierry Meyssan

FacebookTwitterDeliciousSeenthisDiggRSS

[1] « Nuit debout : genèse d’un mouvement pas si spontané », Eugénie Bastié, Le Figaro, 7 avril 2016.

[2] « Appel de la Nuit Debout », place de la République le 8 avril 2016, Paris.

[3] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[4] La présence de l’équipe de Gene Sharp est attestée au moins dans : la chute des Caucescu (1989), la place Tian’anmen (1989), la Lituanie (1991), le Kosovo (1995), la « révolution des Bulldozers » en Serbie (2000), l’Irak (2002), la « révolution des roses » en Géorgie (2003), l’« insurrection de Maafushi » aux Maldives (2003), la « révolution orange » en Ukraine (2004), la « révolution du cèdre » au Liban (2005), la « révolution des tulipes » au Kirghizistan (2005), la « marche du désaccord » en Russie (2006-7), les « manifestations pour la liberté d’expression » au Venezuela (2007), la « révolution verte » en Iran (2009), « Poutine doit partir » (2010), la « révolution de jasmin » en Tunisie (2010), la « journée de la colère » en Égypte (2011), « occupy Wall Street » aux États-Unis (2011), le « mouvement du 15M » en Espagne (2011), le « sit-in » de Mexico (2012), « le départ » à nouveau au Venezuela (2014), la « place Maidan » à nouveau en Ukraine (en 2013-14), etc.

[5] Action directe fut un groupe d’extrême gauche, qui organisa 80 attentats et assassinats dans les années 80, et fut en définitive manipulé par le Gladio, c’est-à-dire les services secrets de l’Otan.

Partager cet article
Repost0
5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 15:46

Prenant le taureau par les cornes elle nous apprend via son bulletin de février/mars 2016 qu'elle a décidé de:

 

  1. Déposer plainte pour que la justice fasse toute la lumière sur les responsabilités de leurs prédécesseurs de gauche.
  2. Engager un plan d’économies drastiques  de 60 millions d’euros d’ici l’an prochain.
  3. Lutter impitoyablement contre la fraude aux prestations sociales.
  4. Vendre  les bâtiments inutilisés ou  louer ceux qui peuvent l’être.
  5. Demander des efforts aux agents du service public sur leur durée de travail

 

Nous pourrions applaudir à la mutualisation des achats mais à condition que cette démarche ne conduisent pas au lancement d’appels d’offre à l’international comme c’est déjà le cas pour la fourniture d’énergie, au détriment d’entreprises françaises. Ne rêvons pas !

 

L’énumération des 10 mesures « phares » qui en découlent est en page 8 du même bulletin. Et, puisque ce serait  insuffisant pour combler les trous, une hausse de 10 % de l’impôt foncier perçu par le département couronnera l’ensemble et     s’ajoutera  aux conséquences de la suppression de l’abattement de 15 % des bases d’imposition à la taxe d’habitation décidée par la majorité de droite de  Villiers sur Orge.

 

On pourrait applaudir à la dénonciations des malversations, si il y a eu,  mais il y a gros à parier que  les recours ne feront qu’un flop,  tel un pavé dans la mare. Les économies drastiques réalisées au titre de la chasse aux gaspillages  vont se traduire par une réduction tout  aussi drastique des aides accordées à la vie associative ainsi qu’aux aux personnes en difficulté, en particulier avec l’instauration d’un tarif minimal de 0,70 euro pour un  repas dans les collèges( pour les enfants des familles les plus en difficultés), ce n’est qu’une hausse qui n’ose pas  dire son nom.  

 

Faut-il croire que les personnels chargés d’instruire les dossiers d’aide sociale soient incompétents voire corrompus au point de nécessiter la mise en place de cellules antifraudes qui induiront  des dépenses supplémentaires ?

 

Depuis quand  le temps de travail des agents du conseil départemental est-il en deçà de la duréelégale la durée légale ?

 

Pourquoi la droite n’a-t-elle pas dénoncée cette aberration à moins qu’il  s’agisse de préparer l’opinion au démantèlement du code du travail prévu par la loi Khomri.

 

Comment est-il possible de globaliser les dispositifs «  mieux se former au collège », « citoyen collégien », « réussir sa 6ème » alors que les établissements d’enseignements sont disséminés en Essonne ? Par ailleurs de quelle citoyenneté s’agit-il   Nationale ou Unioniste dont chaque jour qui passe nous permet d’apprécier les méfaits.

 

La mise en vente ou la location de Chamarande, de Méréville, du Stade Robert Bobin montre le peu d’intérêt que la droite départementale porte au sport, à la culture, la vie associative en général. Gageons que nos « amis » du Qatar, de l’Arabie Saoudite et des Emirats   moyen Orientaux, qui financent les djihadistes  vont se ruer sur l’aubaine à moins que quelques « sponsors » réfugiés dans les paradis fiscaux y voient l’occasion, eux aussi, d’une bonne affaire.

 

L’Etat a déjà donné l’exemple, pas seulement sous Hollande, Villiers sur Orge brade également son patrimoine à la découpe pour équilibrer ses comptes.

 

La majorité précédente avait mérité une volée de bois verts pour avoir accepté sans la moindre protestation  les transferts de charges de l’Etat vers les collectivités territoriales mais pas de la part de la droite qui fait tout pour s’y  adapter, sans en dénoncer les causes profondes. Elle est, elle aussi, « européiste » et  milite, à tous les niveaux,  en faveur de nouveaux abandons de souveraineté qui ne feront qu’aggraver la situation.

 

Que ferait,  demain, une fois majoritaire au parlement, une droite qui contrôle déjà   le département de l’Essonne, la région D’Ile de France, à défaut de s’émanciper des traités européens et d’abandonner l’euro monnaie unique ? A n’en pas douter la même chose que Hollande, Valls et Macron et leurs amis jusqu’à un nouveau passage de témoin, et pour les mêmes  raisons, a moins que le Front National les renvoient dos à dos. Ils y vraisemblablement mieux à faire…

 

Plutôt que de faire des économies de bouts de chandelles le département ferait mieux d’éviter les dépenses inutiles.

 

Nous lisons page 16 du même bulletin  sous l’intitulé -  de la glace pour étudier le réchauffement - qu’un projet emblématique  de 25000 m², excusez du peu, verra le jour à Saint Aubin, canton de Gif sur Yvette, pour "redécouvrir" ce que nous savons déjà c'est-à-dire que les variations climatiques ne sont pas d’origine anthropique comme le prétendent Le GIEC,  les politiques et les médias à leur solde qui serine bêtement les mêmes antiennes.

 

Le « brillant » climatologue Jean Jouzel bardé de diplôme est bien connu pour ne pas savoir user des connaissances déjà accumulées en la matière par de vrais scientifiques, il suffit de deux clics, ici et ,en particulier, pour s’en convaincre. Les mesures effectuées sur  le terrain, indiquent que depuis 20ans la température est restée stable  alors que le volume de gaz à effet de serre n’a cessé d’augmenter; cet « éminent glaciologue » devrait savoir que les études effectuées sur les carottages de glace ont démontré que, depuis des milliers millénaires,    le climat avait toujours subi d’importantes fluctuations, tout comme le niveau des mers. Si les dinosaures étaient encore là nous n’y serions pas. Cet homme nous prend pour des ignares, hélas il n’est pas le seul.

 

Les mesures préconisées par la COP 21 seront d’une totale inefficience, elles ne stopperont ni les explosions solaires, ni la dérive des continents et  l’érosion des falaises d’Etretat, de cet aspect mieux vaudrait, ainsi que le font les Pays Bas  entretenir les digues. (Pays Bas : Pour ceux qui ne savent pas « la Hollande » surtout ne pas y voir un rapport avec le président du même nom).

 

Enfin, du moins provisoirement, et là nous aurions gagné à la mutualisation, au lieu de  laisser la pose de la fibre en Essonne à l’initiative  des entités territoriales, communes – EPCI, c'est-à-dire à notre charge. Dans ce domaine  la responsabilité est à partager entre tous ceux, de droite et de gauche,    ont laissé le champ libre aux entreprises privées qui, si elles se sont précipitées sur les secteurs les plus rentables, c'est-à-dire les plus denses,  ont délaissé la couverture des zones rurales ou semi rurales pour se satisfaire de récupérer les dividendes au travers de leurs fournisseurs d’accès alors  que par le passé les PTT, entreprise nationale,  avaient été en mesure d’amener une paire téléphonique dans les constructions individuelles des hameaux les plus reculés de France et de Navarre.

 

Autres temps autre mœurs dans le droit  fil de la concurrence dite libre et non faussée définie par les traités européens. Cela durera aussi longtemps que nous laisserons faire.

Partager cet article
Repost0
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 17:19

La révision constitutionnelle adoptée à l’Assemblée. Quand les classes dirigeantes abandonnent l’idée de souveraineté nationale et populaire, elles se placent hors de la démocratie et sous la coupe de l’étranger…

Par Jean LEVY sur son blog : canempechepasnicolas"

 

 

D'hier à aujourd'hui...
D'hier à aujourd'hui...

"canempechepasnicolas" revient sur le vote des députés ce 10 février.(2016)

Il permet d’être au fait de l’actualité.

 

Certes, ce dernier scrutin n’est pas définitif : le Sénat, pour que la Loi soit effective, devrait voter le texte exactement dans les mêmes termes votés par l’Assemblée pour pouvoir être transmis au Congrès (Assemblée nationale + Sénat) .

 

Mais, en lisant bien le texte adopté par les députés, un péril menace nos libertés : le flou dans la rédaction des délits envisagés nous fait craindre le pire.

 

Présentée dans les circonstances que l’on sait - la peur engendrée par les actes terroristes - cette Loi permettrait en fait d’être appliquée en cas de vastes manifestations et mouvements de contestation sociale ou politique "paralysant le pays" ou en cas de grève générale, ces actions étant jugées par le pouvoir qui y ferait face comme "une atteinte grave à la vie de la Nation" ou de "d’atteintes graves à l’ordre public".

 

La hâte du pouvoir à faire valider ces textes liberticides et de les inscrire dans le marbre de la Constitution doit alerter tous les Français épris de liberté.

 

Notre histoire vient confirmer nos craintes : les décrets pris en 1938, dans les derniers mois de la Troisième République, la création de camps de concentration pour les ’étrangers indésirables", les lois prises par la chambre des députés à l’automne 39 pour "menées antinationales" contre l’opposition communiste, faisant du PCF des ennemis intérieurs, toutes ces mesures votées par les députés socialistes de l’époque allaient être fourvoyeuses des camps nazis un an plus tard, alors que l’immense majorité des députés et des sénateurs, élus pourtant quatre ans plus tôt comme élus du front populaire, allaient à Vichy le 10 juillet 1940, renverser la république et valider l’Etat français.

 

Trois plus tard, c’était Montoire, la rencontre Hitler-Pétain et l’annonce de la collaboration franco-allemande dans le cadre de la "Nouvelle europe"...

 

Adopté. Après avoir fait couler des flots d’encre et suscité de multiples controverses, le projet de révision constitutionnelle annoncé par François Hollande après les attentats du 13 novembre a été approuvé à l’Assemblée nationale, mercredi 10 février, par 317 voix. Voici les trois points importants à retenir, après plusieurs jours de débats animés.

 

Que prévoit le texte, dans son état actuel ?

La bataille d’amendements (plus de 200 !) qui a eu lieu depuis cinq jours dans l’hémicycle a embrouillé les esprits. Pour y remédier, l’Assemblée nationale publie sur son site le "projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation" tel qu’adopté par les députés en première lecture mercredi 10 février.

 

L’article 1er prévoit que soient insérés dans la Constitution les alinéas suivants sur l’état d’urgence : "L’état d’urgence est décrété en Conseil des ministres, sur tout ou partie du territoire de la République, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique." "La loi fixe les mesures de police administrative que les autorités civiles peuvent prendre pour prévenir ce péril ou faire face à ces événements". "Pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunit de plein droit."

 

L’article 2, lui, grave dans la Constitution la déchéance de la nationalité. Il prévoit que la loi fixe les règles non seulement concernant "la nationalité",mais aussi "les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation" .

 

Qui a voté pour, qui a voté contre ?

L’inscription de l’état d’urgence, et, plus encore, de la déchéance de la nationalité en cas de crime ou délit jugé terroriste ont soulevé une tempête de critiques. Une partie du PS, la plupart des écologistes et le Front de gauche ont dénoncé l’inégalité des Français devant un article qui semble viser les binationaux (même si le mot n’y figure plus). Une frange non négligeable de la droite a également jugé inutile, voire dangereux, ce texte qui risque de créer des apatrides.

 

Au final, le projet a été approuvé par 317 voix, contre 199, et 51 abstentions, soit légèrement plus que les trois cinquièmes des suffrages exprimés (la proportion qui sera exigée à un nouveau Congrès de Versailles, nécessairement convoqué pour toute révision constitutionnelle).

 

L’Assemblée nationale signale sur son compte Twitter qu’elle a mis en ligne l’analyse du scrutin, où est consigné le vote de chaque député.

 

La majorité des groupes socialistes (165 pour, 83 contre, 36 abstentions), des Républicains (111 pour, 74 contre, 8 abstentions) et de l’UDI (25 pour, 4 contre) ont voté pour. L’écrasante majorité des écologistes (13 contre, 4 pour, 1 abstention) et du groupe Front de gauche (12 contre, 2 abstentions, 1 ultramarin pour) ont voté contre. Tout comme presque tous les non inscrits (les deux élus FN, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, le MoDem Jean Lassalle, l’ancien socialiste Thomas Thévenoud). Nicolas Dupont-Aignan, lui, a voté pour.

 

A quel stade d’examen en est le texte ?

Le texte va maintenant passer au Sénat. Alors que plusieurs voix, à droite mais aussi à gauche, doutent que le processus aille à son terme, l’exécutif espère voir adopter le texte lors d’un nouveau Congrès (qui réunit députés et sénateurs) à Versailles. Il faudra alors que le texte passe à une majorité des trois cinquièmes.

 

 

Les députés de l’Essonne :

1ère circonscription Manuel Valls PS - 2e Franck Marlin UMP –

3e Michel Pouzol PS - 4e Nathalie Kosciusko-Morizet UMP
5e Maud Olivier PS - 6e François Lamy PS
7e Eva Sas EELV - 8e Nicolas Dupont Aignan (Debout la République)
9e Thierry Mandon PS - 10e Malek Boutih PS

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 09:08

«Traumatisés» d’avoir été «traités comme des bandits», les salariés d’Air France poursuivis pour violence sortent du silence pour la première fois. Ils s’estiment désignés «coupables avant d’être jugés», par le gouvernement et la compagnie, qui a voulu selon eux «faire un exemple» pour éteindre la révolte.

 

Dix jours après le comité central d’entreprise d’Air France interrompu par de violents débordements, quatre d’entre eux ont rencontré un journaliste de l’AFP. Seuls deux ont parlé, lors de cet entretien qui sera «le premier et le dernier» accordé aux médias, prévient Mehdi Kemoune de la CGT, présent à leur côté.

 

Visages fermés, traits tirés, aucun ne souhaite s’étendre sur son rôle dans la manifestation du 5 octobre au siège d’Air France, contre les 2.900 suppressions de postes envisagées, qui a dégénéré.

 

Sous la double menace d’une condamnation pénale et d’un licenciement, les salariés incriminés l’affirment : «on n’a rien fait», d’ailleurs la police n’a «pas assez de preuves».

 

Deux dirigeants d’Air France avaient alors été molestés et obligés de s’enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles. Quatorze plaintes ont été déposées après ces violences: neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l’entreprise.

 

«Je ne regrette pas d’avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot», lâche simplement David (prénom modifié). «On est venu là pour nos emplois, pas pour casser».

 

Le nouveau plan de restructuration, «c’est une catastrophe sociale», dit Mickaël (prénom modifié). «C’est des divorces, des pertes de maison, de vie... c’est injustifié», soupire-t-il.

 

Tous gardent en mémoire la date du «12 octobre», jour de leur interpellation, à l’aube et devant leurs familles.

 

Après une nuit de travail, Mickaël trouve trois policiers devant son domicile, peu après 6H00 du matin. «Ils ont fouillé chez moi, j’avais l’impression d’être un terroriste».

 

«Le pire c’est pour les enfants», qui s’interroge selon lui: «Il a disparu papa, qu’est-ce qu’il a fait?»

 

Direction la Police aux Frontières (PAF) à Roissy, en charge de l’enquête, pour être interrogés.

 

David se dit personnellement «traumatisé par la garde à vue». «Nous aussi on s’est fait violenter», alors qu’une simple convocation suffisait selon eux.

 

Depuis sa sortie, mardi soir, il affirme voir un psychiatre. «Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus», dit-il dans un souffle.

 

«Je n’ai jamais eu de problème avec la justice, c’est vraiment dur psychologiquement d’être traité comme un bandit», poursuit Mickaël.

 

- «Plus bas que terre» -

A plusieurs reprises, ils affirment que leur «présomption d’innocence» a été balayée dans le flot de réactions qui ont suivi le 5 octobre. «Des voyous», avait notamment tonné le Premier ministre Manuel Valls.

 

«Nous sommes coupables avant d’être jugés, même par les médias et par Valls», se plaint Mickaël. S’il est innocenté, espère-t-il un «soutien» du gouvernement? «Si un jour on a des excuses c’est déjà bien, on a été mis plus bas que terre».

 

«Le plus dur à vivre c’est pour la famille, ça passe très mal», ajoute David.

 

Le chef du gouvernement a assuré jeudi au Sénat qu’il «ne peut pas y avoir d’impunité (...), à l’égard d’actes qui méritent une sanction judiciaire et des sanctions dans l’entreprise».

 

Les cinq salariés, âgés de 35 à 48 ans, seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des «faits de violences en réunion». Ils ont également été mis à pied jeudi à titre conservatoire, sans solde.

 

«Une double peine», pénale et disciplinaire, tranche David.

 

Mickaël va plus loin. «On sert de boucs émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement ».

 

En suspendant leurs salaires, la direction de la compagnie «nous prend ce qui nous fait vivre». «Ce qu’on demande, ajoute-t-il, c’est de pouvoir continuer à travailler» pour Air France, «une société que j’aime».

 

José Fort
16 octobre 2015

Le blog de José Fort  via comité Valmy

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 08:42
Mensonge du pouvoir PS et des médias : le flot qui summerge l’Europe ne fuit pas les villes syriennes mais des camps d’hébergements situés en Turquie...
Qui a ouvert volontairement ceux-ci et pourquoi ?
Par Jean Lévy

jeudi 24 septembre 2015, repris sur Comité Valmy

 

 

 

Les médias du capital - en appui au gouvernement PS - poursuivent leur campagne en faveur de l’accueil dans notre pays de dizaines de milliers de "réfugiés" syriens. Et ce matin, les infos nous apprennent que ceux-ci arrivent d’Allemagne...Aux premiers jours de la campagne, on nous décrivait pourtant le flux comme fuyant par tous les moyens, l’enfer des villes tenues par les forces de Bachar-al-Assad

 

 

Or, l’examen des photos et des vidéos de cet "exode" ainsi décrit, nous montre des hommes, des femmes et des enfants - surtout des hommes jeunes dynamiques - dont la mine et l’équipement ne conforte pas l’image d’une foule sans ressource, au bord de l’épuisement. Nous étions loin de la réalité de la misère de masse des immigrés africains, constatée à Lampedousa et en Italie. Ni de ceux qui s’entassent à Calais ou que la police française refoule à Vintimille.

Mais de ceux-là, qui pensent à les intégrer ? Ils ne sont que les "sans-papiers" bons à être expulser...

En fait, les "réfugiés" qu’on nous presse d’accueillir viennent tout droit des camps de Turquie, et c’est le pouvoir autocratique du président Erdogan qui vient de leur ouvrir largement les portes.

On peut se poser la question : pourquoi cette attitude du gouvernement turc, dont les liens avec les Etats-Unis et plus encore avec les islamistes d’Al-Qaida, voire de Daech, sont étroits ?

Et cela, au moment où Erdogan mène une guerre totale à la population kurde.

Pourtant, nos médias n’étaient pas avares de louanges, il y a seulement quelques mois, pour vanter l’héroïsme des milices kurdes, défendant puis reprenant Kobané aux terroristes de Daech venus tout droit ...de Turquie. Et aujourd’hui, c’est le silence ...radio : aucun journaliste, (ni notre ministre des Affaires Etrangères) ne dénonce le gouvernement d’Ankara comme "assassin de son propre peuple", selon la formule employée naguères par Laurent Fabius à l’égard des dirigeants de Damas...

En fait, nous sommes confrontés à une opération de grande ampleur d’un exode organisé d’une main d’oeuvre de masse formée destinée à combler les millions de salariés qualifiés qui vont manquer à l’économie allemande dans quelques années, dû au faible taux de natalité de l’autre côté du Rhin, c’est pour l’Allemagne une question de survie comme grande puissance, la première de l’Union européenne.

L’0pération" réfugiés syriens" vise également à s’assurer en France un volant de salariés susceptibles de concurrencer les ouvriers et les cadres français, pour peser sur leur salaire et mettre en cause les lois sociales qui protègent encore ces derniers.

Avec la bénédiction des dirigeants du PCF, qui saluent cette immigration imposée comme un acte de solidarité, sans aucun souci de l’opinion des salariés et des ménages aux fins de mois plus que difficiles, pressurés, privés d’emploi, en précarité permanente, dans l’attente vaine d’un logement.

C’est tout benef pour Marine Le Pen qui compte bien en profiter.

Jean Lévy
Comité Valmy

Partager cet article
Repost0
28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:12
Par Descartes

repris sur  Comité Valmy

 

Merci monsieur le président !

Cette ouverture pourra surprendre ceux de mes lecteurs qui connaissent mon opinion sur François Hollande. Il n’empêche que, dans un éclair de franchise, notre président de la République a par inadvertance ouvert une porte sur l’histoire politique récente qui reste d’habitude, et pour des raisons qui apparaîtront évidentes dans ce qui suit, soigneusement fermée.

 

Qu’a fait donc notre président ? Participant à une émission d’info-divertissement (1) il s’est permis, en réponse à une question, le commentaire suivant :

 

« Mme Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 70, parce que c’est ça en réalité, en pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les industries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans qu’il y ait de risque (…). Sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres, parce que même les pauvres finissent par penser qu’il y a plus pauvre qu’eux qui leur prennent le peu qu’ils ont. »

 

La lecture de ce paragraphe est nécessaire. Elle devrait être rendue obligatoire. Elle montre combien la gauche a changé en quarante ans, et combien sa mémoire sur sa propre histoire est fragmentaire. Hollande a tout simplement oublié que dans les années 1970 le PCF n’était pas seul à croire qu’on pouvait « fermer les frontières », « nationaliser les industries », « sortir des capitaux sans qu’il y ait de risques ». Tout ce qu’il est convenu d’appeler « la gauche » y croyait à l’époque. Y compris le Parti Socialiste. Toutes ces mesures figuraient dans le Programme Commun que socialistes, communistes et radicaux de gauche ont ratifié en 1972 et défendu devant les électeurs jusqu’en 1977. C’est bien Mitterrand qui proclame au congrès d’Epinay, en juin 1971, « Celui qui n’accepte pas la rupture - la méthode, ça passe ensuite -celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi - politique, ça va de soi, c’est secondaire- avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ». En 1981 encore le PS y croyait suffisamment pour chercher à mettre en œuvre « la fermeture des frontières » et « les nationalisations ». C’est bien le Parti socialiste au pouvoir qui a instauré en 1981 le contrôle des changes, qui instaure des barrières à l’importation (souvenez-vous du dédouanement des magnétoscopes à Poitiers…) et qui nationalise par la loi du 13 février 1982 l’ensemble du secteur bancaire non encore nationalisé ainsi que les plus importantes compagnies industrielles.

 

Ce qui fait froid dans le dos dans le discours de Hollande, c’est de constater à quel point la gauche a changé en quarante ans. Combien elle stigmatise avec dégout et horreur les idées qu’elle considérait comme allant de soi il y a seulement quarante ans. Et je dis bien « la gauche » et non pas le PS, car cette attitude est également partagé par la « gauche radicale ». Trouverait-on beaucoup de gens à gauche pour soutenir aujourd’hui les idées-force du programme commun – idées qui, rappelons-le, ont attiré en son temps la moitié du corps électoral ? Qui trouverait-on aujourd’hui pour s’opposer à l’Europe maastrichienne ?

 

Vous me direz que changement ne veut pas dire dégradation. Qu’il est tout à fait normal que le temps fasse son œuvre. Admettons. Mais alors venons-en à la première partie de la phrase présidentielle. Pourquoi tous ces cris d’orfraie devant la comparaison du discours de Mme Le Pen en 2015 avec celui du PCF des années 1970 ? Si la gauche d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle de l’époque, pourquoi s’en formaliser ? Pourquoi en faire tout un fromage ? En quoi le « nouveau PCF » peut-il se sentir concerné par les attaques contre « l’ancien PCF » ?

 

Parce que la mémoire de la gauche en général et celle du PCF en particulier n’est pas tant mauvaise que sélective. Le « nouveau PCF » est très soucieux de toucher le capital politique de son ancêtre, et cela suppose de réaffirmer à chaque instant sa filiation. Mais dans les faits, le « nouveau PCF » a trahi la filiation dont il se réclame : pour le dire vite, le PCF tel qu’il est aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de 1940-1990. De ce PCF « ancien », il a tout renié : l’organisation, le marxisme, l’attachement à la nation, au progrès, à la vision humaniste des lumières, à la logique jacobine de la Révolution, à la subordination du syndical au politique et aussi, à une vision bienveillante des expériences socialistes et, last but not least, à son rôle de représentation des couches populaires. Il est aujourd’hui comme ces magasins du Marais qui ont conservé le décor et l’enseigne d’une ancienne boucherie, pour vendre des téléphones portables. Or, la mémoire a cela de terrible qu’elle met les choses en perspective. Rappeler ce que fut « l’ancien PCF », c’est mettre en évidence combien le « nouveau PCF » en a tourné le dos non seulement les principes, mais aussi ses électeurs. Et ce n’est guère mieux au PS, ou l’on se revendique en permanence de l’héritage d’Epinay alors qu’on piétine quotidiennement les principes qui y ont été proclamés. La « trahison » des principes socialistes en 1983 était réelle, et pour beaucoup de dirigeants socialistes de l’époque ce fut une tragédie personnelle avant de devenir une question politique. Aujourd’hui, les dirigeants socialistes font des choses infiniment plus éloignées de l’héritage qu’ils revendiquent, et tout cela sans le moindre état d’âme.

 

C’est pour toutes ces raisons que les cris d’orfraie de la « gauche radicale » sur cette affaire me laissent perplexe. Voire Clementine Autain sur une demie-page du « Monde » (2) prendre sa lance pour défendre le PCF, non pas celui d’aujourd’hui mais celui de toujours, a quelque chose de surréaliste. Mais l’article en question vend assez vite la mèche. Il ne s’agit pas de l’honneur perdu du PCF. Ce qui intéresse Clémentine, c’est de se placer du côté des victimes, elle qui « n’a jamais été membre du PCF », en faisant du commentaire présidentiel une attaque « qui vise tous les tenants d’une gauche de transformation sociale ». Comme si la « transformation sociale » telle que la conçoivent Clémentine Autain et consorts avait le moindre rapport avec ce qu’était vraiment le PCF des années 1970.

 

Quant à Pierre Laurent, il s’est fendu d’une déclaration pour demander à François Hollande des « excuses publiques ». Mais s’excuser de quoi, exactement ? D’avoir dit la vérité ? Parce que cela plaise ou non à Pierre Laurent, le FN a effectivement repris le discours économique qui était celui du PCF dans les années 1970. Et si l’on regarde bien, cette reprise est un hommage du vice à la vertu. Pensez donc : dans les années 1970 le PCF avait si bien analysé les besoins et les intérêts de l’électorat populaire pour construire son discours, que lorsqu’un autre parti, un parti dont que tout oppose au PCF, souhaite s’adresser à ce même électorat il n’a de meilleur choix que de reprendre ce discours. N’est là un hommage rendu à la qualité de la réflexion du PCF, surtout si l’on tient compte du fait que ce discours tient encore la route plus de quarante ans après avoir été inventé ?

 

Mais pour prolonger la réflexion, il faut se poser une question bien plus intéressante : quelle serait la réaction de Pierre Laurent, de Jean-Luc Mélenchon, de Clémentine Autain si une organisation politique « de gauche » venait à reprendre les positions qui étaient celles du PCF dans les années 1970 ? Et bien, je pense qu’ils seraient les premiers à dénoncer là des positions « racistes », « nationalistes », « xénophobes » et autres termes du même acabit. Prenons par exemple la politique migratoire. Dans les années 1970, le PCF était bien loin de la vision irénique qui est la sienne aujourd’hui. Oui, le PCF a défendu une politique de contrôle strict de l’immigration, de fermeture de l’immigration légale et de répression de l’immigration clandestine. Pas parce que le PCF fut « raciste » ou « xénophobe », mais parce qu’il avait correctement analysé le fait que les flux migratoires permettaient de pousser les salaires et les avantages sociaux dont bénéficient les couches populaires à la baisse, en changeant le rapport de force à l’avantage du patronat, et que le sort des couches populaires était pour lui prioritaire par rapport aux bonnes consciences des « classes moyennes ». Le patronat avait d’ailleurs fait la même analyse, et c’est pourquoi il était, lui, unanime pour réclamer au contraire des politiques d’ouverture des frontières à l’immigration légale et une moindre répression du travail clandestin. En d’autres termes, la position de la « gauche de la gauche » en 2015 est proche de celle du CNPF des années 1970 (remarquez, c’est la même que celle du MEDEF aujourd’hui). Quel dommage que notre président de la République ait omis de le rappeler…

 

Oui, le PCF pouvait en 1970 imprimer des affiches dont la formule serait impensable aujourd’hui : « soutenez le Parti communiste français, parti de la classe ouvrière, du peuple, de la nation ». Comment les Laurent, Mélenchon, Autain et consorts réagiraient-ils devant une telle affiche ? Certainement en critiquant son « nationalisme ». Quelle serait leur réponse à un maire qui agirait comme le fit Paul Mercieca le fit a Vitry-sur-Seine le 24 décembre 1980 avec le plein appui de son Parti ? Il serait certainement taxé de « racisme et xénophobie ». Quelle est leur réponse à ceux qui proposent une sortie de l’Euro ? C’est une position « maréchaliste ». En d’autres termes, s’il avaient à juger « à l’aveugle » les positions du PCF de l’époque, ils le jugeraient certainement un parti « nationaliste », « raciste » et « maréchaliste »… ca ne vous rappelle pas quelque chose ?

 

De cette époque, on ne voit que les documentaires-fleuves de Moati sur la gauche au pouvoir, visite du Panthéon rose en main à l’appui. On oublie une face beaucoup plus sombre, celle du « deuxième McCarthysme français », qui commence avec la rupture du programme commun en 1977 et connaît son apogée dans la période 1981-86. Période au cours de laquelle rien n’a été épargné pour dépeindre le PCF sous les traits d’un parti stalinien, dictatorial, populiste. Rien n’aura été alors épargné à la direction de l’époque, ni par les socialistes – y compris les gauchistes nouvellement ralliés, comme Mélenchon – ni par les « ennemis de l’intérieur », « juquinistes », « rénovateurs » et autres « refondateurs » dont Ensemble est le lointain héritier. Entendre ces gens-là – n’est ce pas, n’est ce pas Jean-Luc Mélenchon, n’est ce pas Roger Martelli ? – défendre l’honneur perdu du PCF « Marchaisien » des années 1970 tout en se scandalisant que le FN lui ait « volé » son discours… franchement, mieux vaut être sourd.

 

Que cela vous plaise ou pas, camarades, le FN a repris le discours du PCF des années 1970, ce même discours qui matérialisait politiquement la défense des intérêts des couches populaires. Et si le FN a pu le faire, c’est parce que vous l’avez laissé tomber, fascinés que vous étiez par le discours « sociétal ». Il est temps d’assumer.

 

(1) « Supplement » sur Canal+, le dimanche 19 avril 2015.

(2) « Le Monde » daté du jeudi 23 avril 2015

 

Ajout de jack Freychet

Ci après page de couverture du proramme commun ratifié le 12 juillet 1972 par:

 

Georges Marchais                                 Françoid Miterrand                   Robert Fabre

Pour le Parti                                          pour le parti socialiste            Pour les Radicaux

communiste français                                                                                 de gauche

 

 

Partager cet article
Repost0
22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:42
« On ne veut pas d’une politique qui sépare l’Europe à nouveau en deux blocs » (VIDEO à suivre)

samedi 21 mars 2015, origine  Comité Valmy

 

18 mars 2015

RT a pu obtenir un entretien exclusif avec l’homme politique français Nicolas Dupont-Aignan, député à l’Assemblée nationale, maire de la ville de Yerres et président du parti Debout la France (DLF), à l’occasion de son séjour à Moscou.

 

Le député a évoqué plusieurs questions d’actualité en lien avec la politique internationale, et surtout les relations franco-russes.

 

La crise en Ukraine

La question de l’Ukraine doit être réglée au plus vite en vue de « lever enfin les sanctions », a déclaré le président de DLF. « Une majorité du peuple français […] ne veut pas d’une politique de sanctions, ne veut pas d’une politique qui sépare l’Europe à nouveau en deux blocs », a expliqué Nicolas Dupont-Aignan. Le but de sa visite en Russie était de faire savoir aux Russes « qu’il y a des personnalités politiques françaises qui veulent une belle relation avec la Russie ».

 

Travailler ensemble est, selon Dupont-Aignan, le seul moyen de « peser dans le monde ». A ce sujet, il a repris à son compte la fameuse expression du Général de Gaulle à propos de l’Europe qui « s’étend de l’Atlantique à l’Oural ».

 

La politique extérieure de la France

La France doit reprendre sa liberté vis-à-vis de Bruxelles, estime Nicolas Dupont-Aignan. « Le problème, c’est qu’on a confié trop de pouvoir à des gens à Bruxelles qui ne sont pas élus » et qui n’ont « aucune légitimité démocratique », a dit l’homme politique, avant de préciser que l’indépendance en matière de politique extérieure ne doit pas forcément impliquer une mauvaise relation avec les Etats-Unis.

 

« La relation d’amitié avec les Etats-Unis ne doit pas empêcher d’avoir d’autres amis et notamment la Russie, notamment la Chine, le Brésil », a dit le chef de DLF.

 

La situation au Moyen-Orient

Selon Dupont-Aignan, la crise en Ukraine monopolise trop l’attention, éclipsant le véritable danger qui est Daesh et la déstabilisation du Moyen-Orient en général. Pour lutter contre les massacres des chrétiens d’Orient et les attentats en Europe, il faut « traiter la cause du mal », qui sont justement les perturbations en Syrie, estime le député. « La France, comme les Etats-Unis, a eu tort de s’attaquer à Assad », a-t-il déclaré, parce qu’on a besoin de coopérer pour « éliminer le foyer terroriste qui est le vrai danger du XXIème siècle ».

 

Nicolas Dupont-Aignan, qui était candidat à l’élection présidentielle de 2012 mais n’a recueilli qu’1,8% des voix, adopte une position ferme sur la nécessité pour la France de sortir de l’Union européenne et appelle à un plus grande rôle de l’Etat dans l’économie. Son parti, « Debout la France », qui a été fondé en 2008, se présente comme étant essentiellement gaulliste et défend des principes national-républicains et indépendantistes.

 

L’homme politique français est venu en Russie pour prononcer un discours devant la Douma d’Etat (le Parlement russe) dans lequel il a réaffirmé l’attachement de la « grande majorité silencieuse du peuple français » au maintien des bonnes relations entre la France et la Russie.

 

Partager cet article
Repost0
21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 08:25

VALLS PERD LES PEDALES -

source site officiel Michel Onfray

 

Manuel Valls, l’ami de BHL, perd les pédales ! Il faut bien que la situation électorale soit catastrophique Place Beauvau pour que cet homme qui côtoya Jankélévitch chez ses parents quand il était enfant délire et panique à ce point face à la Berezina qui s’annonce !

 

Voici ce qu’il a dit : « Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grece, (…) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères ». Ceci a été dit sur Europe 1, I-TELE et Le Monde.

 

Dans le JDD, Jean-Marie Le Guen, me dit-on, s’est lui aussi fait le perroquet de ce qui leur a probablement été fourni ce matin comme élément de langage par les jeunes gominés de leur cabinet de communicants.

 

Si Fleur Pellerin, sa ministre de la culture, n’a jamais eu le temps de lire un seul roman de Modiano, Valls quant à lui n’a pas même pris le temps de lire l’entretien du Point à partir duquel il extravague. Qu’y ai-je dit ?

 

La question était la suivante : «  Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche ? ». Voici ce que j’ai répondu : « Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait… ». Les papous ont donc hurlé, jusqu’à Matignon.

 

S’il faut une explication de texte à Manuel Valls auquel, décidemment la fréquentation de Jankélévitch n’a pas servi à grand chose, je disais que, moi qui suis de gauche,  je préférais une idée juste, fut-elle de droite, à une idée fausse même si elle est de gauche, surtout si elle est de gauche. Quel philosophe, quel citoyen même, pourrait soutenir le contraire d’ailleurs, sauf à préférer l’erreur et le faux pour des raisons idéologiques ?

 

Ne pas souscrire à cette affirmation de bon sens élémentaire revient à dire qu’il vaut mieux une idée fausse avec BHL qu’une idée juste de droite. On voit où tout cela nous conduit, notamment chez Marine Le Pen !

 

Ainsi, pour parler de justice et de justesse, moi qui suis de gauche, puisqu’il faut le répéter dans ces temps où, effectivement ceux qui perdent leurs repères ne sont pas ceux que l’on croit, je ne souscrivais pas au propos de Manuel Valls qui estimait en 2009 sur le marché d’Evry que « ça manquait de blancos », une idée que peut-être Alain de Benoist, lui, trouverait juste, je ne sais pas…

Michel Onfray, 8 mars 2015

Partager cet article
Repost0
14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 17:05
le décryptage de Jacques Sapir
Alexandre Devecchio
Figaro magazine

source Comité Valmy

Jacques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l’Institut de prévision de l’économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Vous pouvez lire ses chroniques sur son blog RussEurope.

 

Pour l’économiste Jacques Sapir, les crises qui secouent l’Europe de la Russie à la Grèce témoignent de la faillite d’une certaine forme de construction européenne.

 

Au terme de plusieurs heures de négociations à Minsk, les présidents ukrainien, russe, Angela Merkel et François Hollande se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu à partir du 15 février tandis qu’à Bruxelles, les dix-huit ministres des finances de la zone euro ne sont pas parvenus à trouver un accord sur la dette grecque. Ces deux crises, bien que très différentes, témoignent-elles d’un bouleversement des rapports de force en Europe ?

 

Ces deux crises n’ont pas le même objet, le même contexte et ne mettent pas en présence les mêmes acteurs. Dans le cas de la crise ukrainienne, nous sommes en présence d’un problème de sécurité, tant dans le sens étroit (il y a une guerre civile actuellement dans le Donbass) que dans un sens plus large (comment penser la sécurité sur le continent européen). Cette crise n’est pas réglée par l’accord de Minsk même si, et pour la première fois, on peut faire preuve d’un relatif optimisme.

 

À Minsk, il y a un vainqueur, et il faut le reconnaître, c’est Vladimir Poutine.

Dans le cas de la crise grecque, ce qui est en cause est à la fois la manière dont on a traité ce pays depuis maintenant près de 5 ans ET la question des choix économiques et des choix institutionnels qui ont été faits en Europe. À Minsk, il y a un vainqueur, et il faut le reconnaître, c’est Vladimir Poutine. Dans le cas de la Grèce ce sera, de toutes les manières, bien plus complexe. Ce que l’on peut dire c’est que nous vivons un moment historique marqué à la fois par un retour de la Russie sur le jeu européen et par la crise, voire la faillite, d’une certaine forme de construction européenne.

 

En cas d’échec des négociations avec l’Union européenne, la Grèce peut-elle se tourner vers la Russie ?

C’est une possibilité. Le Ministre des Finances de la Fédération de Russie, M. Siluanov, a évoqué la possibilité d’un prêt direct de la Russie à la Grèce. Mais, cette option n’est pas aujourd’hui la plus probable. Néanmoins, si la Grèce devait faire défaut et sortir -de fait- de la zone Euro, on peut parfaitement imaginer un accord de swap entre la Banque Centrale de Grèce et la Banque Centrale de Russie pour permettre à la Grèce de revenir à sa monnaie nationale avec des réserves de change suffisantes. Il est très probable que ceci a été évoqué lors des entretiens qui se sont déroulés entre le ministre des affaires étrangères grec et son homologie russe.

 

Nous vivons un moment historique marqué à la fois par un retour de la Russie sur le jeu européen et par la crise, voire la faillite, d’une certaine forme de construction européenne

 

À terme, cela peut-il déboucher sur une recomposition complète du paysage géopolitique en Europe ?

 

En tout les cas, il est clair que les équilibres géopolitiques sont en train d’évoluer très vite en Europe. L’Allemagne constate aujourd’hui l’impasse de sa politique. Elle a acceptée un mécanisme fédéral, l’Euro, mais à la condition que ce mécanisme ne l’entraîne pas vers ce que l’on appelle une « union de transfert », c’est à dire une logique réellement fédérale qui verrait l’économie allemande financer à hauteur de 8% à 10% de son PIB le reste de l’Europe. Elle a beaucoup, et certainement trop, bénéficié de cette situation. Mais aujourd’hui elle se trouve coincée entre une revendication légitime grecque qui, si elle aboutit, la conduira vers cette union de transfert qu’elle veut éviter par dessus tout et un éclatement de la zone Euro dont elle porterait la responsabilité.

 

Ces deux issues terrifient les gouvernants allemands. En un sens, ils terrifient aussi les gouvernants français qui sont sommés par la victoire de Syriza aux élections, de prendre leurs responsabilités. Aucun n’en a envie, et le statu-quo actuel leur convient. Mais, ce statu-quo est devenu impossible à reproduire. C’est une des raisons de l’hystérie diplomatique qui a saisie les dirigeants de nos deux pays ces derniers jours. Mais, en réalité ils n’ont aucun projet de recomposition du paysage géopolitique européen. Nous allons vers une crise grave du fait du manque d’imagination, mais par dessus tout du manque de courage, de ces dirigeants.

 

Le vieux rêve du général de Gaulle d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural est-il en train de renaître ?

Nous allons vers une crise grave du fait du manque d’imagination, mais par dessus tout du manque de courage, de ces dirigeants.

 

De fait, quand vous lisez le préambule de l’accord qui a été signé à Minsk, vous voyez une allusion très claire à un espace humanitaire et économique commun allant de l’Atlantique au Pacifique.

 

Mais, pour qu’une telle perspective ait une chance de se réaliser, il faudrait que les dirigeants européens, et bien entendu les dirigeants allemands et français en premier lieu, comprennent ce qu’exige la situation. De fait, l’Europe est en train de périr de la zone Euro. Il est paradoxal, mais ce fut dit par bien des économistes, que l’incomplétude de la zone Euro puisse entraîner l’Europe dans sa perte. C’est ce qui arrivera si l’on ne se décide pas aujourd’hui de dissoudre dans le calme l’Euro.

 

Les tensions montent en Europe, et l’image de l’Allemagne s’est profondément dégradée. Nous vivons en réalité un « moment national » qui se caractérise dans de nombreux pays par une révolte populaire contre les dénis de souveraineté organisés et perpétrés à Bruxelles. Si l’on veut sauver l’Europe il faut soit imposer un changement radical de politique économique, ce que propose Syriza mais que refuse et refusera Berlin pour des raisons que l’on peut comprendre soit redonner de la flexibilité aux relations entre les pays, et permettre à ces derniers de recouvrer leur monnaie et de dévaluer si la situation l’impose. Le choix de l’une ou l’autre de ces solutions permettrait de repartir de l’avant et de tendre la main à la Russie. Mais, les dirigeants allemands et français sont incapables de faire l’un ou l’autre. Ils présideront donc à la destruction de ce qu’ils ont cru construire.

 

L’Europe est en train de périr de la zone Euro.

 

Un scénario catastrophe est-il néanmoins totalement à exclure ? Les crises peuvent-elle déboucher sur une explosion sauvage de l’Europe, voire sur une guerre ?

 

Il faut dire tout de suite qu’une guerre généralisée, sur le modèle de la Seconde Guerre mondiale, est impossible aujourd’hui en Europe. Outre le fait que des puissances nucléaires seraient directement impliquées, la densité des installations civiles mais dont la destruction aurait des effets comparables à des armes atomiques (centrales nucléaires, usines chimiques, etc…) est telle que cela exclu tout scénario de guerre généralisée. Par contre, un scénario d’explosion de l’Europe est pensable, et peut-être même probable. Il faudrait, dès aujourd’hui réfléchir sur les contours de ce que serait une « autre Europe », une Europe plus démocratique, plus proche des peuples, et qui serait plus efficace. Il est d’ailleurs frappant que les grands succès ont été le fait de coopérations multilatérales autour d’un maître d’œuvre, qu’il s’agisse d’Airbus, de l’Agence Spatiale Européenne, d’Ariane, et non de projets mis en œuvre par la commission européenne. Cela devrait inciter les politiques à réfléchir.

12 février 2015

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:24

face à Philippe Gildas, Gérard Carreyrou et Olivier Duhamel il déclare « je suis capable de dire que je souhaite une victoire russe ».

 

Partie 1 : L’impopularité de Hollande et mea culpa sur le "hollandisme révolutionnaire"

Partie 2 : L’UE, la Russie et la crise ukrainienne

Partie 3 : L’affaire Fillon/Jouyet, révélateur de la réalité du système.

Partie 4 : L’establishment déconnecté de la réalité. Rencontre imprévue avec Florian Phillipot.

Partager cet article
Repost0