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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 09:46

Source Zebuzzeo 7 décembre 2014

 

 

Lors d'un samedi lugubre à la porte de la Villette (XIX e arrondissement de Paris), les délégués socialistes ont acclamé leur nouvelle charte pour le progrès humain.

« PS, Medef, même combat ! » C'est sous les huées et protégés par un cordon de CRS les séparant de manifestants précaires et chômeurs, que les délégués du parti socialiste ont quitté leurs états généraux, ce samedi à Paris. Depuis le dernier conseil national du parti sous la direction de Harlem Désir, qui avait vu les salariés de PSA-Aulnay perturber les débats (lire ici), toutes les réunions internes du PS s'étaient tenues à huis clos. Sauf à La Rochelle, où les universités d'été du parti avaient aussi été sécurisées de façon similaire, pour empêcher de pourtant bien pacifiques manifestations de la CGT puis de militants de la cause palestinienne.

Et ce samedi, donc, c'est une partie de la « coordination chômeurs et précaires», rassemblée peu avant et non loin, qui a voulu faire entendre au PS son désaccord avec la prochaine loi Macron sur la réforme du marché du travail.

Que les hiérarques socialistes se rassurent, les prochaines échéances du parti vont à nouveau retrouver ce huis clos qui leur sied si bien. Peut-être n'auront-ils dès lors pas besoin de faire appel aux CRS pour protéger leurs futurs échanges...

Tenus à distance de cette tentative d'irruption de la réalité sociale dans le cénacle socialiste hors-sol, environ 500 personnes (1 500 étaient inscrites et de nombreuses chaises sont restées vides) ont écouté sans entrain de nombreux et ternes plaidoyers en faveur de l'écologie et de l'égalité des droits, dans une salle impersonnelle de la porte de la Villette mais amplement décorée d'écrans géants et d'oripeaux au poing et aux roses...

Du moment que les dirigeants du PS semblent satisfaits d'eux- mêmes, de leur aggiornamento superficiel et de sa mise en scène interne protégée par les forces de l'ordre...

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 16:30

Par  Xuan , popularité : 50%

 

Un gouvernement de combat en France et à l’étranger, ou la politique étrangère de Hollande n’est pas étrangère à la situation intérieure de notre pays.

 

Nous avons tous vu ces chiffres qui font état de l’augmentation des dividendes particulièrement élevée en France. Les Echos du 20 août annonçaient

 

« La France [1] se distingue clairement, puisqu’elle est le plus important pays de la zone pour les rémunérations aux actionnaires. Celles-ci atteignent 40,7 milliards de dollars entre avril et juin, en progression de 30 %. Le secteur financier a opéré un retour à la normale avec la reprise des dividendes de Crédit Agricole et une forte hausse pour Société Générale. BNP Paribas, de son côté, a versé des dividendes et indiqué qu’il continuerait malgré la lourde amende infligée aux Etats-Unis. »

 

Au passage on relèvera qu’il s’agit des profits pour les principales entreprises (industrielles, commerciales et financières) et non pour le seul secteur financier. La dénonciation par certains économistes de la financiarisation oublie souvent que les actionnaires industriels ne sont pas plus philanthropes que ceux de la finance. Ce sont parfois les mêmes.

 

Dans le même temps c’est précisément en Europe et tout particulièrement en France que la croissance du PIB avoisine le zéro.

 

La presse économique a signalé la stagnation du PIB en France, l’INSEE relevant au mois d’août que la quasi totalité des moteurs de croissance est en panne.

 

Les investissements sont en recul (-0,8% par rapport au premier trimestre, qui avait déjà vu une baisse de 0,7% et en dépit de l’aide du gouvernement de 40 milliards d’euros en quatre ans).

 

"Le chiffre de l’investissement promet d’être négatif encore un moment. L’objectif du Crédit d’impôt compétitivité et emploi était de le relancer mais jusqu’ici ça ne prend pas"


, constate pour l’AFP Denis Ferrand, directeur général de la société de recherches Coe-Rexecode.

 

Dans ces conditions le chômage n’est pas près de diminuer, mais tant que l’explosion sociale ne menace pas les capitalistes n’en ont cure.

 


Il en résulte que l’orientation du gouvernement socialiste consiste à appliquer la méthode décrite par le futur remplaçant d’Herman Van Rompuy, le premier ministre polonais Donald Tusk :

 

"Mon expérience en tant que Premier ministre montre qu’il est possible d’associer discipline budgétaire d’un côté et croissance économique de l’autre, il est possible de combiner ces deux défis".

 

Evidemment sa nomination relève des menaces européennes envers le peuple ukrainien et envers la Russie, puisque la Pologne est en première ligne du soutien aux USA et au gouvernement fantoche et fasciste de Kiev, voire de l’intervention directe.

 

Mais sur le plan intérieur la combinaison de ces deux défis consiste à augmenter la croissance des profits en exploitant davantage les masses, faisant de la Pologne le pays le plus inégalitaire d’Europe.

 

En France l’offensive réactionnaire se déchaine après la mise au pas du petit chahut des ministres et députés frondeurs :


- Mise en place d’un ministre de l’économie ouvertement anti-social
- Remise en cause des 35 heures et du SMIC
- Démontage de l’encadrement des loyers
- Transformation « de fond en comble » du PS selon le vœu de Cambadélis, évidemment pour en faire un parti discipliné et centralisé.
- Projet de loi d’habilitation à gouverner par ordonnance…

 

On comprend dès lors l’accueil chaleureux de Valls à l’université d’été du MEDEF

 

Cette attitude du gouvernement Hollande est aussi une fuite en avant de la bourgeoisie dont tous les partis ont été compromis dans des scandales et sont déconsidérés dans la population à cause des mesures antisociales appliquées par les uns et par les autres. Au-delà des clivages se dessine nécessairement un front réactionnaire face à nous.


Ecartée du leadership européen et méprisée par l’Allemagne, implorée vainement de faire un geste par Sapin, la bourgeoisie française se montre d’autant plus belliqueuse à l’étranger et se range dans la bande des faucons sous la bannière des USA.

 

Hollande vient de demander l’élévation du niveau des sanctions contre la Russie :

 

« Il y a incontestablement une aggravation de la situation (en Ukraine) : présence de matériels venant de Russie, présence de soldats, c’est probable, en tout cas de séparatistes armés et aidés par la Russie » …« il y a, face à cette aggravation de la tension, de nouvelles décisions à prendre" et "l’Europe doit agir"... "Il n’y a pas de temps à perdre".

 

Se défendant de vouloir la guerre il fait tout pour attiser le conflit.


Nous devrions relier ces deux aspects de la politique bourgeoise : la guerre de classe à l’intérieur et la guerre impérialiste à l’extérieur.

 

Nous devrions aussi nous interroger non seulement sur l’échec de l’Union de la Gauche et ses conséquences (c’est-à-dire sur la stratégie électoraliste), mais également sur le contenu de ses objectifs politiques, objectifs revendiqués par les frondeurs du PS.

 

Par exemple sur le slogan de « la croissance par la consommation », selon lequel le système capitaliste pourrait sortir de la crise selon le modèle du New Deal.

 

La lutte de classe pour les salaires, l’emploi, le logement, la santé, n’a pas besoin de se justifier en promettant que l’économie capitaliste se porterait mieux avec de meilleures salaires.

 

Toute la mobilisation du Front de Gauche et de la CGT s’est faite autour de ce slogan réformiste, et à présent les syndicalistes et les militants se trouvent désemparés.

 

C’est la lutte de classe et l’objectif du socialisme qu’il nous faut promouvoir.

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 17:45

Par Bruno Guigue
22 avril 2014 Source  site de Silvia Cattori (relayé par comité Valmy)

 

En politique internationale, dès qu’il s’agit de l’essentiel, les socialistes ont toujours fait le choix des puissances dominantes. Serviteurs zélés, ils ont l’art de se placer du côté du manche. Mais à quoi bon, si c’est pour finir dans les poubelles de l’histoire ?

 

Voici l’exposé des neuf erreurs historiques du "parti socialiste".

 

A l’aube de la Première Guerre mondiale, Jean Jaurès appelle les nations à refuser la boucherie qui se prépare. Son assassinat lève le dernier obstacle qui interdisait le ralliement de ses camarades socialistes à cette « Union sacrée » au nom de laquelle la jeunesse française sera massacrée entre 1914 et 1918.

 

Dans les années 1930, le parti socialiste SFIO est l’ardent partisan d’une « politique d’apaisement » face à la montée des périls nazi et fasciste. Lorsque le gouvernement Daladier signe les accords de Munich qui cautionnent l’expansionnisme allemand en Europe centrale, les socialistes l’approuvent majoritairement.

 

En 1936, le nouveau président du conseil issu de la majorité de Front Populaire, Léon Blum, livre l’Espagne républicaine aux franquistes massivement soutenus par Hitler et Mussolini : contre les communistes français, il opte pour la "non-intervention" dans la guerre civile, offrant aux nazis un formidable terrain d’expérimentation.

 

En 1940, le maréchal Pétain est investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale pour signer l’armistice et instaurer un nouveau régime. La majorité des députés socialistes votent pour. Grâce à cette investiture, le chef de l’Etat français peut engager le pays dans la voie de la collaboration avec l’occupant.

 

De 1946 à 1958, les socialistes sont les principaux responsables des guerres coloniales qui, de Madagascar à l’Algérie, font des centaines de milliers de morts. Président du conseil en 1956, le secrétaire général du parti socialiste SFIO, Guy Mollet, envoie le contingent en Algérie et couvre l’usage de la torture.

 

En 1949, avec la signature du traité atlantique, les socialistes sont les artisans de l’alignement de la France sur les USA. En 1966, François Mitterrand reproche au général de Gaulle la sortie des forces françaises du commandement intégré de l’OTAN. Nicolas Sarkozy y met fin en 2007. François Hollande, aujourd’hui, s’en félicite.

 

Après François Mitterrand, François Hollande est le deuxième président français à effectuer une visite d’Etat en Israël, seul Etat de la planète qui colonise en toute impunité une terre qu’il veut vider de ses habitants. Il y proclame son « amitié éternelle » avec l’occupant-colonisateur.

 

En 1991, François Mitterrand engage la France au côté des USA dans une guerre contre l’Irak. En 2013, François Hollande soutient la rébellion islamiste en Syrie et prône une intervention militaire contre Damas. Alliés des pétromonarchies obscurantistes, les socialistes combattent le nationalisme arabe laïc, comme en 1956 ils combattaient le président égyptien Nasser.

 

Depuis la signature de l’Acte unique en 1986, de traité en traité, les socialistes sont les partisans enthousiastes d’une « union économique et monétaire » européenne. Cette entité supranationale prive les Etats européens de leur souveraineté et impose le dogme libéral de la libre concurrence. Au nom du « grand marché », la construction européenne conduit à la récession économique et conforte la dictature de la finance mondialisée.

 

Bruno Guigue est un haut fonctionnaire, essayiste et politologue français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Guigue

 

Voir également en ligne : Les socialistes et l’« American connection » blog de Bernard Gensane -

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 17:38

vendredi 4 avril 2014, par Comité Valmy

L’amour fou de Manuel Valls pour Israël, le Qatar et le Maroc
Par : Jacques-Marie Bourget

Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls assistait aux matchs du PSG dans la loge VIP des Qataris et ne ratait pas une occasion de témoigner de son amitié pour l’émir de Doha et ses représentants à Paris. Mais le nouveau premier ministre soignait aussi ses relations avec les représentants du Maroc et d’Israël. Histoire de ne pas insulter l’avenir.

 

Même si d’aucuns voient en Manuel Valls une sorte de Caligula assassinant le père Ayrault, personne n’imagine l’ancien maire d’Évry dans la tunique de Néron… Et pourtant. Récemment, rentrant d’un voyage en Corse, où il était une fois de plus, censé mettre fin aux règlements de compte en série, Valls à bord d’un Falcon voyant dans le ciel de Paris enfumé de particules s’est mis à murmurer : « C’est Matignon qui flambe ». On peut supposer que, dans les rêves de celui qui était encore ministre de l’Intérieur, Jean Marc Ayrault n’avait pu échapper aux flammes. C’est non seulement le matin en se rasant que le natif de Barcelone se voyait déjà en haut de l’affiche, c’est aussi le soir en reposant sa brosse à dents dans le verre à eau.

 

 

Homme de réseaux, et celui de ses frères maçons n’est pas le moindre, Valls bétonne depuis longtemps les piliers de son avenir. Tournant le dos à l’idéologie du Grand Orient de France, où il est en loge, Valls oublie quand il le veut les règles établies par les maîtres qui veulent que la religion soit un opium du peuple. Ainsi, par le truchement de deux états, Manuel n’hésite pas à flirter avec les communautés religieuses. Pour être l’ami des musulmans, Valls s’appuie sur le Qatar, pour être celui des juifs, sur Israël. Finalement ce patron de l’Intérieur était très « extérieur », très braqué depuis longtemps vers l’étranger avant de devenir Premier ministre.

 

 

Aux petits soins pour le Qatar

 

 

Il y a longtemps que les Qataris, qui ne sont pas des sots, ont compris qu’ils pouvaient investir à long terme sur le jeune éléphant socialiste. L’ambassadeur de l’émirat-dictature en France, l’ineffable Mohamed Jaham Al-Kuwari (aujourd’hui affecté à Washington), a depuis longtemps couché le nom de Valls dans la liste de ses « poulains ». Quittant la place de l’Étoile, où il réside, le diplomate fait guider sa limousine jusqu’à Évry où il copine avec Valls. En 2009 le député-maire socialiste est invité au Forum de l’Éducation et de la Culture à Doha, une pantalonnade. En réalité, le but des Qataris n’est pas de mesurer le QI des ministres et députés français, mais de s’attacher, à long terme, leurs bonnes grâces. En 2009, en marge du « Forum », on verra même le jeune Manuel se faire bronzer sur les bords de la piscine de l’Ambassade de France, aux côtés de Fadela Amara, ministre de Sarkozy. Valls pense que le Qatar peut investir dans sa ville. On imagine même une joint-venture pour le lancement d’une entreprise de haute technologie… Le futur Premier ministre, qui ne sait pas tout, ignore que le plaisir du Qatar est d’investir dans la pierre et le sport, pas dans l’industrie française. Tant pis, cette déconvenue n’entame pas l’amitié.

 


Fin décembre 2011, c’est un Valls tout excité qui, en tant que directeur de la campagne de Hollande, travaille pour établir un pont entre son champion et l’émir totalitaire de Doha. À l’hôtel Royal Monceau, propriété qatarie, Valls prend le café avec son ami l’ambassadeur. Finalement, en janvier 2012, dans le plus strict secret, Hollande rencontre « HBJ », Hamad Ben Jassim, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Doha, l’homme le plus riche du monde. Le socialisme ayant la pureté du cristal, il est bien entendu que la conversation n’a pas porté sur un quelconque « sponsoring » qatari à la cause socialiste, mais uniquement sur l’avenir de la Corrèze. Pendant longtemps Valls manifestera une forme d’inquiétude sur une éventuelle fuite à propos de ce rendez-vous, plus discret qu’une rencontre galante.

 

 

« Talent », « gentillesse », « élégance »

 

 

Puis, alors qu’il est devenu ministre de l’Intérieur, Doha va être un fidèle soutien d’un pan de la politique de Valls, celle des Cultes. L’argent du Qatar wahhabite, c’est-à-dire salafiste, va aider le gentil Manuel à tenir en main les musulmans comme Sarkozy avait commencé à la faire. En finançant des mosquées, des centres culturels et autres universités islamiques, Doha assure une sorte de paix coranique. Le ministre semble ignorer que, dans son dos, Doha rêve d’embrigader la jeunesse de nos « quartiers ».


À l’automne 2013, lors de la cérémonie de départ du très regretté Mohamed Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur, la ministre est présent. La fête est œcuménique puisque deux autres anciens « Premier flic » Guéant et MAM sont également présents. Valls, au moment des larmes d’adieu, y va de son couplet : « Nous voulons vous témoigner toute l’amitié que nous vous portons. Plus de dix ans passés en France, ce n’est pas rien. Quand on connaît votre talent, votre gentillesse, votre élégance », au service d’un « partenariat stratégique. Nous savons tous ce que nous vous devons… Le Qatar est un ami de la France ». Tant pis si, de son côté le méfiant Ayrault, que l’on regrettera peut-être bientôt, déclare : « Moi, avant d’aller au Qatar, je réfléchirai »…

 


Après la sortie du livre « Le Vilain Petit Qatar », un peu inquiet de se voir exposé en ami aux côtés de ces nababs de Doha qui financent le jihad au Mali, Valls prend contact avec Nicolas Beau l’un des auteurs du livre : « Vous me décrivez comme un ami du Qatar, mais pas du tout. Je suis contre l’islam wahhabite et l’influence qu’il exerce en France. J’ai l’intention de réformer le mode de financement des mosquées en France… ». La duplicité est une autre face du nouveau Premier ministre.

 

 

La main tendue à Israël

 

 

Son lien avec Israël, qu’il exprime au grand jour dès qu’il en a l’occasion, Valls dit le tenir de la rencontre avec sa seconde épouse qui est de religion juive : « Par ma femme je suis lié pour toujours à la communauté juive et à Israël. » Dès cet instant celui qui est aujourd’hui le Premier ministre vit dans un état fusionnel avec l’état hébreu. En novembre 2012, lors de l’anniversaire de Radio J, celui qui est ministre de l’Intérieur se déclare « résolument engagé aux côtés d’Israël ». De cette prise de position à son combat contre Dieudonné, Valls ne va pas dériver d’un pouce de sa trajectoire. Déjà, en 2011, il signe dans Le Monde une tribune déclarant le boycott d’Israël comme « une arme indigne » avant de s’opposer à la reconnaissance de la Palestine par l’ONU. Le 3 avril 2012, quelques jours avant l’élection présidentielle, le futur patron de Beauvau signe, à la Maison de la Mutualité, « Le Pacte des Amis d’Israël ». Ministre, dès qu’il voyage là où existe une organisation confessionnelle juive, comme aux États-Unis, Valls lui rend visite. En France, ses amis comme le journaliste Claude Askolovitch, le publicitaire Stépane Fouks ou le criminologue et chef franc-maçon Alain Bauer sont autant de passerelles vers la « communauté ».

 


Lors d’une soirée à la grande synagogue de la Victoire, le ministre de l’Intérieur invite les jeunes juifs « à ne pas avoir honte de porter la kipa dans la rue ». Une certitude, cet homme sans convictions restera l’ami numéro 1 d’Israël. Si, par hasard, la diplomatie française devait reprendre du poil de la bête, on se demande comment le Premier ministre de la France pourrait jouer un rôle crédible dans un dossier du Moyen-Orient.

 

 

Son ami le Roi

 

 

Un autre pays ami de Valls, c’est le Maroc. En 2011, après avoir récolté la dernière place à la « primaire » socialiste, le jeune militant « rouge » reçoit les insignes de commandeur du Wissam alaouite, le club très fermé des meilleurs amis du Maroc en France. Voilà qui fait joli au revers de la veste et ouvre bien des portes. Lors de l’une de ces si conviviales cérémonies que le futur chef du gouvernement semble adorer, petite fête présidée par l’ambassadeur du Maroc en France, Mostafa Sahel, le maire d’Évry se dit « ému par le geste de Sa Majesté le Roi Mohamed VI ».


Il n’y a qu’un pas de la République au trône alors qu’au même moment un « printemps » vient d’embraser le monde arabe. Les premières manifestations ont lieu à Rabat et Casablanca. Mohammed VI annonce alors une réforme constitutionnelle… qui sera adoptée à 99 % des voix ! « Ce qui se passe en ce moment au Maroc est un élément très important en termes d’exemplarité pour les autres pays de la région » déclare Valls qui s’entraîne à la politique étrangère. En réalité, sauf aux yeux de Valls et des flagorneurs, cette "exemplarité" était passée inaperçue. Mais saisissant pour en faire un gros titre, le jugement du ministre français de l’Intérieur la presse marocaine, aux ordres, peut entonner son clairon. Manuel avait à se faire pardonner. Pour avoir un jour exprimé qu’au sein d’une manifestation culturelle « ça manquait un peu de blancs », Valls s’était mis à dos bon nombre de marocains résidents à Évry.

 

 

Un clin d’œil aux Algériens

 

 

Si, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, Valls a beaucoup voyagé en Afrique, on ne peut pas dire que l’Algérie ait déroulé sous ses pas des parterres de fleurs. À l’automne 2012, lors d’une rencontre bizarre, le ministre est venu à Alger pour parler du Sahel, prérogative qui, théoriquement, semble dévolue à Laurent Fabius… À cette occasion, le Premier ministre rencontre son homologue de l’Intérieur, mais aussi le Premier ministre, celui des Affaires étrangères et le Président.


Valls avait alors parlé de la « très grande détermination de la France dans sa lutte contre toutes les formes de terrorisme ». Et ajouté : « Sur ce point de vue nos amis algériens partagent la même détermination ». Dans un dossier abordé avec le ministre des Affaires étrangères (l’actuel président du conseil constitutionnel), il y était question d’une résolution pressant les pays de l’Ouest-africain de préciser leurs plans en vue d’une intervention militaire pour reconquérir le nord du Mali contrôlé par des islamistes extrémistes. Sur ce sujet, qui peut fâcher, puisque Alger a la réputation de couver « ses » islamistes » comme des œufs, Valls avait fait une déclaration très conciliante : « Je crois que le ministère des Affaires étrangères de l’Algérie, en disant qu’il se reconnaissait dans cette résolution, indique bien que les divergences entre l’Algérie et la France sont quelquefois surfaites sur ce sujet ».


Contrairement à ce que Hollande avait suggéré maladroitement dans l’une de ses célèbres petites blagues – « Valls est revenu vivant d’Algérie ? » - le pouvoir algérien n’a jamais eu l’intention de retenir Valls en otage. La vraie blague, grandeur nature, c’est que l’ami Hollande ait nommé Premier ministre son directeur de campagne, le plus mauvais candidat à la « primaire » socialiste.

 

Par ailleurs, victime collatérale, avec cette arrivée de Valls à Matignon, Georges Ibrahim Abdallah est en passe de devenir le plus vieux prisonnier politique de la planète. Un haut fonctionnaire en poste dans un cabinet d’un ministère « régalien », aujourd’hui libéré de sa mission, nous a fait des révélations. Selon ce serviteur de l’État, dès que Valls est arrivé au ministère de l’Intérieur, ce ne sont plus les ambassadeurs des États-Unis et d’Israël qui se sont rendus place Beauvau en cas de doléances, mais c’est le ministre lui-même qui se déplaçait directement dans ces ambassades afin d’y discuter des affaires communes. Ainsi, alors que Fabius et Taubira sont favorables à la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Manuel Valls se faisant par là le porte-parole de Washington et de Tel-Aviv, met son veto à la libération.


Abdallah est accusé d’avoir commis trois attentats, en France en 1984, contre trois diplomates, deux Américains et un Israélien. Deux seront tués et le troisième grièvement blessé. On peut rappeler que le sort réservé à ce prisonnier libanais a toujours été étrange. Dans ses mémoires Jacques Attali n’évoque, comme accusation, que le fait de « détenir un faux passeport algérien »…


La France s’est plusieurs fois engagée sur la libération de ce responsable des Fractions Armées Libanaises, avant, à chaque fois, de se raviser. Puis, la DGSE a placé, au sein de la défense du militant marxiste, un avocat français lui-même agent des services spéciaux. Enfin, lors du procès, les observateurs médusés ont eu à analyser un dossier d’instruction étrangement monté. Ainsi, Abdallah était-il accusé par l’investigation d’un policier ayant découvert une valise qualifiée « d’accablante », dans une ancienne cache du militant libanais. Première remarque, dès que la valise est ouverte, ce policer magicien s’est montré capable de désigner, entre plusieurs revolvers, celui utilisé pour commettre les attentats… Puis, toujours dans la valise, les enquêteurs ont aussi retrouvé une bouteille de Corrector portant les empreintes d’Abdallah. Mais, hélas pour la bonne marche de la vérité, un dernier élément vient détruire les arguments précédents. Dans cette si bizarre valise, on trouve aussi un journal datant d’une période postérieure à l’arrestation du militant nationaliste arabe… Autrement dit, il est impossible que le guérillero planétaire ait lui-même rempli cette valise. Une main innocente a donc accumulé les objets à l’intérieur du bagage après qu’Abdallah ait été mis en prison…

 

Au mois d’octobre prochain, Abdallah va « fêter » sa trentième année de cellule. Alors que les membres d’Action Directe ont tous été libérés. Ce n’est pas la dernière ascension de Valls qui va faciliter un élargissement de ce nationaliste. Liberté réclamée aussi par de nombreux citoyens français et libanais.

Ainsi va le monde.

Jacques-Marie Bourget

Origine jeune Afrique  

Grand reporter et écrivain, Jacques-Marie Bourget commence sa carrière chez Gallimard à la NRF puis enchaîne l’ORTF, L’Aurore, Le Canard Enchaîné, L’Express, VSD, le Sunday Times, Paris-Match et Bakchich.
 En 1986, il a obtenu le Prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 17:12

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 janvier 2014.

Le « Pacte d’avenir pour la Bretagne » a été présenté le 4 décembre 2013 et signé le 13 entre le Premier ministre JM. Ayrault et le président de la région Bretagne Pierrick Massiot. Approuvé à une courte majorité par le Conseil régional (élus PS et communistes), il s’inscrit dans une logique ultra-libérale et de destruction des fondamentaux de la République.

 

 

D’emblée, le pacte situe son orientation en affirmant qu’il faut « des mesures de soutien à la compétitivité des entreprises et des territoires », alors que la nécessité est aujourd’hui de mettre fin à la concurrence entre les peuples et les Etats. En outre, le gouvernement admet qu’il faut licencier et entend à ce titre assurer « un accompagnement des restructurations économiques », alors qu’il faut mettre d’urgence un terme à la destruction de l’outil de travail et des emplois.

 

Le pouvoir socialiste garantit les intérêts patronaux par le biais de « l’activité partielle » et la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) » afin de maintenir les bénéfices réalisés par les entreprises, au détriment des salaires et de l’emploi : 15 millions d’euros sont ainsi dépensés pour « aider les entreprises agroalimentaires des filières élevage à financer leurs investissements (modernisation, automatisation, robotisation, adaptation au marché...) ». Autrement dit l’Etat subventionne les licenciements !

 

A cela il faut ajouter que pour assurer « un soutien effectif à l’activité économique », l’Etat et les collectivités locales s’engagent « à mettre en place en 2014 les financements de toutes les opérations dont l’état d’avancement permet une réalisation rapide, notamment dans le cadre du CPER 2007-2013. » Autrement dit la dépense publique va servir à alimenter les profits privés. Cette attitude ne manque par ailleurs pas de constituer un paradoxe lorsque le gouvernement affirme au niveau national que les dépenses publiques doivent être comprimées pour le bien de tous… Le texte égrène également toutes les dépenses d’infrastructure (très haut débit, chemins de fer…) qui seront aussi aidées par l’Etat.

 

Dans la logique de mise au service des intérêts privés de fonds publics, le Pacte ne manque pas de promouvoir la « recherche partenariale public / privé ». Nul ne doute au vu des résultats des partenariats public-privé mis en œuvre dans la construction de bâtiments publics que ce seront les acteurs privés qui tireront profit de cette organisation.

 

De même, le texte situe le problème économique au niveau de l’insuffisance des profits puisqu’il faut « contribuer à la croissance des entreprises et au développement de l’emploi par la régénération des marges ». Comme si les patrons de l’agroalimentaire ne s’étaient pas enrichis au cours des dernières années.

 

On voit apparaître également une veine libérale, pour ne pas dire poujadiste, dans le « volet de simplification des procédures », notamment « de simplification et de sécurisation du cadre juridique envers les entreprises ». Rappelons que les procédures administratives ne sont pas des gadgets de technocrates ; ce sont des garanties de démocratie et de transparence, qui devraient être renforcées et non supprimées afin de conforter l’Etat de droit ; ce sont également des moyens indispensables pour protéger notre santé, en particulier alimentaire. Le remplacement de ces procédures par une « obligation de résultat », même « renforcée », constitue une véritable attaque contre la démocratie, car elles ne sont pourvues d’aucune sanction légale et ouvre la porte à tous les abus.

 

 

Rien de cela ne fonctionnera, car personne ne veut envisager un seul instant de remettre en cause le « modèle breton » qui n’a d’ailleurs de breton que le nom. Ce « modèle breton », largement représenté par l’agriculture et l’industrie agroalimentaire est basé sur le productivisme, l’agriculture industrielle intensive, privilégiant la quantité sur la qualité, et l’exportation. Cela a fonctionné grâce aux bas salaires, aux exonérations de cotisations sociales et aux subventions à l’export de l’UE.

 

L’agriculture pratiquée ici est coincée dans une chaine de production infernale. En amont, dominée par les fabricants d’intrants – engrais, graines, aliments pour les animaux - de matériels agricoles de plus en plus gros et coûteux, voraces en énergie fossile. En aval par les transformateurs de l’agroalimentaire, eux-mêmes dépendants de la grande distribution qui impose des prix bas au nom de la défense du pouvoir d’achat des consommateurs. Ce mode de production complètement dépendant a conduit de façon mécanique à la disparition de nombreuses exploitations et à l’impossibilité pour les jeunes de s’installer, le ticket d’entrée étant trop élevé. Pour résister à la grande distribution, les industriels de l’agroalimentaire se sont regroupés, ont pratiqué du développement externe, sans que leurs investissements se traduisent par une modernisation de l’outil industriel ni d’innovation dans les produits. Dans ce contexte économique et politique libéral, la concurrence libre et particulièrement faussée joue à plein contre les salariés et les petits agriculteurs.

 

C’est tout ce système qu’il faut remettre en cause. Il faut développer une agriculture qui s’affranchisse d’intrants qui plombent les coûts et détruisent la terre. Sortir de la spécialisation des exploitations pour mettre en place des productions complémentaires, sources d’économies, de meilleure qualité, d’autonomie des exploitations. Il faut sortir de la politique des prix bas qui oppose agriculteurs et consommateurs. Il faut sortir de la politique de l’exportation pour réinvestir le marché national (70% des volailles consommées par la restauration collectives sont importées). Il faut sortir du libre-échange et introduire des mesures protectionnistes pour combattre le dumping social.

 

 

Sous couvert de décentralisation, le gouvernement Ayrault mène une attaque frontale contre le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

 

On peut d’abord noter une hypocrisie dans la posture du Premier ministre et des élus de Bretagne. Si d’un côté ils souhaitent plus de décentralisation, de l’autre ils ne manquent pas de mobiliser les ressources de l’Etat. Par exemple, le gouvernement va installer des institutions nationales en Bretagne : « Le Pacte affirme l’engagement de l’Etat à créer en Bretagne un pôle d’excellence en cyber-défense, priorité nationale inscrite au Livre Blanc pour la Défense et la Sécurité Nationale de 2013. » Le CNAM est lui aussi mis à contribution.

 

Mais ce paradoxe n’empêche pas le projet d’être marqué par une orientation très claire. Il s’agit de défaire les institutions héritées de la Révolution française en mettant en place une organisation à la carte des régions. Ainsi le pacte affirme-t-il : « les propositions innovantes que les acteurs bretons, et notamment les collectivités locales, pourraient bâtir en termes d’organisation différenciée des institutions publiques en Bretagne (transferts de compétences, délégations de compétences, mutualisations de compétences et de moyens, regroupements institutionnels etc...) seront étudiées avec attention, notamment en mobilisant les possibilités ouvertes par la future loi de modernisation de l’action publique ».

 

Cette volonté se manifeste aussi par « une convention spécifique sur les langues de Bretagne [qui] portera notamment sur la formation et le recrutement d’enseignants des langues de Bretagne, sur le développement de l’enseignement bilingue ainsi que sur le soutien à l’action de l’Office de la langue bretonne, établissement public de coopération culturelle. La convention encouragera le développement de l’usage de ces langues dans la vie quotidienne ». Lors du déplacement du Premier ministre en Bretagne le 13 décembre 2013, celui-ci a dévoilé ce que cache cette affirmation : la volonté de faire ratifier la Charte des langues régionales et minoritaires qui conduirait à réintroduire en France la conception ethnoculturelle de la nation, au détriment de son acception politique issue de 1789. C’est l’objectif que poursuivent les autonomistes de tout poil, Bretons, Basques, Corses ou Alsaciens qui, bien que très minoritaires dans leur région, veulent imposer à travers le lobbying de la Fédération peuples et ethnies solidaires auprès de l’Union européenne, une Europe des régions et la destruction des Etats Nations.

 

La possibilité d’adapter la législation va conduire à une mise en concurrence des territoires et à un nivellement par le bas. On peut en avoir un début d’illustration : le pacte prévoit une dérogation aux interdictions de circulation des poids lourds. Outre que cela est contradictoire avec le souci, affirmé de façon récurrente, de protéger l’environnement, on se demande ce qui empêchera d’autres régions et d’autres secteurs de réclamer les mêmes dérogations.

 

On voit poindre les risques que cette « décentralisation » peut comporter à terme pour les normes sociales et environnementales. Le Pacte d’avenir pour la Bretagne est dans la droite ligne de l’acte III de la décentralisation dont la première partie concernant la mise en place des Métropoles a été votée par l’Assemblée nationale et dont les deux autres lois, concernant l’une les régions et l’autre les intercommunalités sont en discussion. Il s’agit à travers ces textes de lois de détruire à terme les Etats-nations et les communes au profit d’euro-régions et d’euro-métropoles « compétitives » au sein de l’Union européenne libérale, dans lesquelles les salariés qui seront en concurrence pour le plus grand profit des entreprises multinationales qui s’empareront de toutes les activités y compris les services publics.

 

De façon significative, alors même que cela constituait un argument phare en matière de décentralisation, le terme de démocratie ne figure pas une seule fois dans le texte.

 

 

Le Pacte d’avenir se situe dans la droite ligne de la politique ultra-réactionnaire menée par le gouvernement du Parti socialiste depuis l’arrivée de F. Hollande au pouvoir : les problèmes de la France résident dans le manque de compétitivité de notre économie. La spécificité du Pacte est qu’il met également l’accent sur le volet institutionnel : à l’évidence, il faut pour le PS reconfigurer les territoires pour les mettre au service des intérêts du capital, les mettre en concurrence et préparer l’avènement des euro-régions, soumises inconditionnellement au droit de l’UE mais plus au droit national.

 

Le Premier ministre a annoncé vouloir aller plus loin en matière de décentralisation lors de son déplacement du 13 décembre 2013. Ce n’est pas anodin : c’est un véritable changement de régime qui est en cours de préparation. Les principes d’unité et d’indivisibilité de la République, celui d’égalité des citoyens devant la loi sont battus en brèche. Ce sont des acquis fondamentaux de la Révolution française qui sont en passe d’être effacés. Le gouvernement PS est en train de ramener notre pays à l’avant 1789. Il s’agit purement et simplement d’un retour à l’Ancien régime.

 

Les vrais ennemis que les salariés, petits agriculteurs, artisans, citoyens de notre pays, y compris les Bretons, doivent combattre ne sont pas les salariés des autres pays d’Europe dans une compétition acharnée. Ce sont le libre-échange et le libéralisme que défendent si bien le Medef et la FNSEA. C’est l’Union européenne qui est leur bras armé.

 

Le M’PEP appelle à dénoncer et combattre les lois de décentralisation en cours de discussion, à sanctionner les socialistes et leurs alliés lors des élections municipales, à boycotter les élections au parlement européen pour délégitimer l’Union européenne et ses institutions.

 

NB: Je ne boycotterai les prochaines élections européennes que dans le mesure ou aucune des listes en présence ne tiendrait compte des préconisation du M’PEP dans le texte ci-dessus. Jack Freychet.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 16:14

Beaucoup de larmes de   crocodiles et d’opportunisme

 

Par Manlio Dinucci

Nelson Mandela avait consacré sa vie à la réconciliation nationale plus qu’à la lutte contre l’apartheid. L’hommage que lui ont rendu tous les États qui l’ont combattu, à l’occasion de ses funérailles, était donc sa victoire. Cependant, leur tentative de réécrire l’Histoire en niant ce qui avait précédé jette un doute sur la sincérité de leur démarche. Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 11 décembre 2013

Au premier rang de la cérémonie funèbre pour Nelson Mandela, symbole de la lutte contre l’apartheid, il y aura le président et deux ex-présidents des États-Unis et le Premier ministre de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire les représentants des États qui soutinrent le plus le régime de l’apartheid, surtout pendant la présidence de Reagan (qui définissait comme terroriste l’organisation anti-apartheid de Mandela) et le gouvernement Thatcher.

David Cameron —qui en habit de Premier ministre britannique exprime aujourd’hui une « extraordinaire tristesse pour la disparition du héros de la lutte anti-apartheid »— quand Mandela était encore en prison, et qu’il était, lui, une étoile montante des conservateurs, effectua en 1989 un voyage en Afrique du Sud, organisé et financé par la société Strategy Network International, un puissant lobby qui s’opposait aux sanctions contre le régime d’apartheid.

Le démocrate Bill Clinton, qui ira en Afrique du Sud pleurer la mort d’ « un vrai ami », essaya de toutes les manières, quand il était président, d’empêcher que Mandela (devenu président d’Afrique du Sud en 1994) se rendit en 1997 en Libye, alors sous embargo, et qu’il invitât Khadafi en Afrique du Sud en 1999. Mandela répondit ainsi : « Aucun pays ne peut prétendre être le policier du monde et aucun État ne peut dicter à un autre ce qu’il doit faire. Ceux qui hier étaient des amis de nos ennemis ont aujourd’hui l’impudence de me dire de ne pas aller rendre visite à mon frère Khadafi », ils veulent « nous faire tourner le dos à la Libye qui nous a aidés à obtenir la démocratie ».

Le républicain Georges Bush, qui ira en Afrique du Sud pleurer la mort de Mandela « grand combattant pour la liberté », a été l’artisan en tant que président de la création de l’AfriCom, l’instrument militaire et politique d’une nouvelle conquête de l’Afrique.

Le président démocrate Barack Obama, qui à la cérémonie funèbre répètera « je ne peux pas imaginer ma vie sans l’exemple donné par Mandela », est celui qui a détruit par la guerre la Libye qui avait aidé Mandela dans les moments les plus durs, et a potentialisé l’AfriCom pour amener le plus de pays possibles dans l’orbite de Washington, en s’appuyant sur les élites militaires africaines (que le Pentagone recrute en leur offrant une formation, des armes et des dollars).

Aux funérailles de Mandela il y aura aussi Hillary Clinton, qui comme secrétaire d’État et aspirante président, a été particulièrement active dans la « promotion de la croissance économique » de l’Afrique. Comme ont fait Cameron, Merkel et d’autres, elle a visité divers pays africains, dont l‘Afrique du Sud, accompagnée par les exécutifs des plus grandes multinationales. Celles qui s’accaparent la moitié du pétrole nigérian, pour plus de 30 milliards de dollars annuels, en laissant plus de la moitié des Nigérians sous le seuil de pauvreté. Celles qui s’accaparent des terres fertiles en Afrique, en expulsant des populations entières, avec une augmentation consécutive de la pauvreté et de la faim.

Le président français François Hollande, qui a fait mettre les drapeaux en berne en signe de deuil, avant d’aller en Afrique du Sud a célébré Mandela à la réunion de 40 leaders africains à Paris. Il y a annoncé que, en plus d’envoyer de nouvelles troupes en Afrique, la France entraînera 20 000 soldats africains par an. Renaissent ainsi les troupes coloniales.

Ces « Africains et autres grands leaders » de l’Occident seront aux funérailles de Mandela, en exhibant en mondovision leur douleur pour la disparition de celui qui a dédié sa vie à la lutte contre le colonialisme et l’apartheid. Alors qu’ils cherchent à imposer à l’Afrique un nouveau colonialisme et un nouveau grand apartheid.

 

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 17:21
Il est désormais clair que l’année prochaine s’annonce sous de lugubres auspices.

Par Jacques Sapir

28 novembre 2013

La consommation intérieure n’est plus aujourd’hui soutenue que par un mouvement de désépargne qui touche plus particulièrement les classes populaires. La contraction du volume du Livret A en est la preuve. Par ailleurs, l’environnement économique international s’avère bien plus sombre que ce que l’on pouvait penser au début de 2013. Les Etats-Unis auront une croissance plus faible que prévue, ceci résultant tant de la baisse des gains de productivités (tombés autour de 1% par an) que d’une lente remontée des taux d’intérêts qui pénalisent fortement la demande. En Europe, la situation est catastrophique. L’Italie continue d’être en récession et si l’Espagne semble voir sa situation économique se stabiliser, on ne voit aucun signe de reprise. Par ailleurs, le fait que les prix aient baissé est très inquiétant. Le spectre de la déflation plane sur la péninsule ibérique. Quant à l’Allemagne, les croyants seront déçus : le gouvernement de coalition n’a nullement l’intention de se livrer à une relance salariale importante. Le SMIC, accepté du bout des lèvres par Angela Merkel, ne sera finalement mis en place qu’en…2017. Cela, les réalistes le savaient. Le gouvernement français va donc faire face à trois risques majeurs.

 

Les trois risques

 

Le premier de ces risques est celui de la déflation. Certes, l’inflation est toujours positive, mais elle est de plus en plus faible. D’ores et déjà sa baisse rapide entraîne une forte hausse des taux d’intérêts réels, qui sont désormais revenus au-dessus du niveau qu’ils avaient lors de la mise en place de l’Euro. D’ores et déjà, on commence à noter les signes de pressions patronales visant à la baisse nominale des salaires. Les effets d’une telle baisse ont toujours été catastrophiques. Quand bien même les prix des produits baisseraient à la même vitesse que les rémunérations, les frais fixes (charges d’endettement) garderaient leur valeur nominale et verraient donc leur poids augmenter en termes réels. Mais l’on sait bien que dans un mécanisme de déflation, les salaires baissent plus rapidement que les prix, contractant d’autant la demande. Que l’on se souvienne que la politique de déflation du chancelier Brünning en Allemagne (1930-1932) fit passer le taux de chômage de 16% à 32% de la population active.

 

Le deuxième risque est celui de ruptures graves dans le système productif français. Ces ruptures seront provoquées par la combinaison d’une contraction de la demande et d’une concurrence internationale accrue contre laquelle nous restons sans protection, que ce soit monétaire (taux de change) ou tarifaire (droits de douanes). Elles ne prendront que secondairement la forme de la faillite spectaculaire d’une entreprise importante. Bien plus sûrement, c’est par la faillite de sous-traitants, voire de sous-sous-traitants, que se manifesteront ces ruptures.On estime déjà que les plans sociaux à venir dans l’industrie vont concerner 250 000 salariés. Dans le cas d’une chute brutale de la consommation, ce chiffre pourrait être doublé. Par ailleurs, pour tout emploi industriel détruit, il faut compter de 1,2 à 1,5 emplois connexes détruits. Le nombre de chômeurs pourrait ainsi augmenter de 500 000 dans l’année 2014.

 

Le troisième risque est un risque politique. Le gouvernement est déjà confronté à des mouvements de révoltes, certes pour l’instant relativement segmentés, mais qui devraient progressivement faire tache d’huile. Quand il deviendra clair, au début de 2014, que l’on ne voit nulle inversion de la courbe du chômage, la colère sera à la mesure des espérances déçues et des mensonges proférés par le Président. Mais, ce qui se passe en France pourrait bien n’être que le premier acte d’une crise politique européenne majeure. Aujourd’hui l’Euro tue l’Europe. On en aura la preuve avec les élections européennes. Le risque prendra la forme d’un gouvernement acculé, le dos au mur, au niveau intérieur et confronté à des crises graves en Europe.

 

A nouveau sur l'hypothèse chevènement

 

Le moment de la décision arrivera. Il se produira entre les élections municipales (mars 2014) et l’été 2014. Il est possible que le Président ne réagisse pas. Son caractère d’ailleurs le pousse à temporiser, toujours et encore, à espérer un je ne sais quoi qui lui sauverait la mise. Dans ce cas, la France entrera dans une période de crise qui n’a pas de précédents. Face à des révoltes populaires de plus en plus violentes, la police ou l’armée ne pourront pas être une garantie permanente. Il peut aussi se décider à agir. J’ai exposé les différentes hypothèses possibles dans une note publiée au début du mois de novembre. L’une de ces hypothèses mérite que l’on s’y attarde, c’est celle de la nomination de M. Jean-Pierre Chevènement au poste de Premier Ministre. L’écho qu’elle a reçue dans la presse et les médias m’a surpris. J’avais évoqué cette hypothèse comme une des issues logiques à la crise actuelle, mais non comme une issue probable. L’aggravation de la situation, et plus encore la détérioration que l’on connaîtra au premier semestre 2014, m’invitent à y revenir.

 

Je pars du postulat suivant : François Hollande constatera l’échec de sa politique, mais ne pourrait ni ne voudrait assumer « l’autre politique ». Je fais l’hypothèse qu’il veut se représenter, et espère avoir des chances raisonnables, en 2017. Il doit donc organiser l’équivalent d’une cohabitation, mais sans provoquer d’élections anticipées. L’appel à un politicien de droite est exclu, compte tenu de sa majorité. Mais, Jean-Pierre Chevènement fait techniquement partie de ce que l’on appelle la « majorité présidentielle ». Quant au poste de Premier Ministre, on a tendance à oublier que, dans la Constitution, il est d’une grande importance puisque le Premier Ministre « dirige l’action du Gouvernement » (1) et que ce même Gouvernement “…détermine et conduit la politique de la Nation” (2) suivant le texte même de la Vème république. Le Président pourrait ainsi se mettre « entre parenthèses » pour une période de dix-huit mois à deux ans, de juin 2014 à juin 2016, revenant progressivement dans le jeu un an avant l’élection. Si la politique de Jean-Pierre Chevènement est un succès, il sait que ce dernier ne se présentera pas à l’élection présidentielle de 2017. Il pourra alors assumer la continuité avec cette politique, tout en lui donnant un tour à la fois plus libéral (on sait que Jean-Pierre Chevènement n’est pas spécialement en phase avec la politique boboïsante) et plus européiste. Bien sûr l’Euro aura été dissous entre temps, mais, en homme intelligent le Président, sait que l’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Si cette politique ne rencontre pas tout le succès espéré, il pourra se démarquer de son Premier Ministre et se présenter comme une « alternance » au sein de son propre quinquennat.

 

Une question se pose : Jean-Pierre Chevènement aurait-il la majorité à l’Assemblée Nationale ? Il est clair qu’une partie – voire la totalité – des députés de EELV passerait dans l’opposition (même si on ne doit pas exclure des contorsions personnelles dont les Verts nous ont donné moult exemples pour rester dans la majorité au point que l’on pourrait dire que les Verts sont désormais avancés…). Mais, les députés du Front de Gauche (lisez les députés communistes) soutiendraient le gouvernement, et celui-ci pourrait même compter sur le ralliement d’au moins 30 députés de l’UMP dont les positions anti-Euro sont connues. Il n’est d’ailleurs pas impossible que Jean-Pierre Chevènement ouvre son gouvernement à des personnalités tant communistes que de la droite (on pense ici à Nicolas Dupont-Aignan, mais d’autres noms sont aussi possibles), considérant que sur un sujet de l’importance de la sortie de l’Euro, une union nationale s’impose. Notons enfin que dans une telle hypothèse, les plus embêtés seraient les dirigeants du Front National. Devraient-ils conserver leur ligne d’opposition absolue, et s’allier de fait avec la fraction la plus européiste de l’UMP, ou appelleraient-ils à une neutralité, voire à un soutien critique ? Ce serait l’occasion de tester, en vrai grandeur, la réalité de la nouvelle ligne du Front National.

 

D’autres hypothèses sont possibles, mais elles présentent toutes de graves inconvénients pour le Président. Une dissolution et c’est la perspective d’un gouvernement de véritable cohabitation, qui n’aura de cesse d’obtenir sa démission. Mettre Vals au poste de Premier Ministre, outre que c’est une opération hautement hasardeuse vue l’inanité des réponses du Ministre de l’Intérieur face à la crise, fait prendre le risque à François Hollande d’installer son futur successeur à Matignon. La logique montre que l’hypothèse d’un gouvernement Chevènement est celle qui minimise les risques pour François Hollande tout en lui assurant les meilleures chances pour tenter de se faire réélire. Elle est aussi celle qui offre le plus d’opportunités à la France, qui lui permettrait une sortie de crise « par le haut », mais il n’est pas sûr que cet argument porte sur le Président. Pourtant, l’on sait aussi que la logique est, en politique, une des choses les moins partagées.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 16:35

Par Salim Lamrani

Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/31578/francois+hollande+e+socialista.shtml

 

            Avec la nouvelle réforme du système des retraites, le gouvernement de François Hollande devient le premier gouvernement de gauche de la Ve République à porter atteinte aux acquis sociaux.

 

            Le Premier Ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé le 27 août 2013 une nouvelle réforme du système des retraites avec un allongement de la durée de cotisations à 43 ans. C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’une majorité de gauche s’en prend à ce symbole du progrès social acquis au prix de nombreuses luttes : le droit à une existence digne pour les dernières années de vie. Ni le Président Jacques Chirac (1995-2007), ni le Président Nicolas Sarkozy (2007-2012) – tous deux de droite et de sensibilité néolibérale – n’avaient osé retarder à ce point l’âge de départ à la retraite

 

            Pourtant, lorsqu’il se trouvait l’opposition, François Hollande avait vigoureusement condamné l’allongement de la durée de cotisations à 41 ans suite aux réformes de 2003 (Loi Fillon) entreprises par Chirac : « Le projet du gouvernement Raffarin appelle trois refus majeurs de la part des socialistes : Le refus d’une philosophie qui consiste à demander aux salariés de travailler plus longtemps pour gagner moins. L’allongement de la durée de cotisations – 40, 41, 42 ans et davantage encore si c’est nécessaire- était la position du Medef, c’est la solution du gouvernement Raffarin ».

 

            Lorsqu’en 2010, Nicolas Sarkozy a de nouveau allongé la durée de cotisations, Hollande n’avait pas manqué de stigmatiser cette atteinte à un acquis social cher aux citoyens français : « C’est la réforme la plus injuste qui a été arbitrée par le Président Nicolas Sarkozy. Il a voulu avant tout envoyer un signal aux marchés et aux partenaires européens. Il a choisi de faire payer les pauvres et ceux qui ont commencé à travaillé tôt. Cette réforme va pénaliser ceux qui sont rentrés tôt dans la vie active qui pouvaient partir à 60 ans, qui avaient tous leurs droits, mais qui devront travailler non plus 41 années, mais 42 ans, 43 ans, voire 44 ans».

 

            Mais une fois au pouvoir, loin d’abroger les réformes Fillon et Sarkozy, François Hollande les a validées et est allé plus loin, portant ainsi atteinte à toute une catégorie de personnes vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées. En effet, pour pouvoir partir avec une retraite pleine, les travailleurs devront cotiser davantage, jusqu’à 43 années. Or, il est de notoriété publique que le chômage des seniors est de plus en plus important, tout comme celui des jeunes. La conséquence prévisible et inévitable sera qu’un nombre de plus en plus élevé de personnes seront contraintes de partir à la retraite sans avoir cotisé assez pour bénéficier d’une pension complète, ce qui entrainera une hausse de la pauvreté et de la précarité des gens du troisième âge.

 

            L’argument brandi par Hollande – d’habitude évoqué par les néolibéraux – est que la hausse de l’espérance de vie, désormais considéré comme un handicap, appelle un allongement de la durée de cotisations. Or, si l’espérance de vie augmente, c’est précisément parce que les gens travaillent moins longtemps et peuvent profiter de leur retraite en bonne santé. Ainsi, la réforme Hollande aura un impact sur l’état de santé des travailleurs et donc sur leur espérance de vie.

 

            Par ailleurs, cette réforme – exigée par la Commission européenne –, qui prévoit également une hausse des cotisations vieillesse et donc une baisse des salaires, est un contresens économique. En effet, elle aggrave l’austérité à la fois pour les personnes âgées n’ayant pas atteint le nombre d’années nécessaires de travail – dont les pensions diminueront automatiquement –, et pour les jeunes qui entreront plus tardivement sur le marché de l’emploi en raison du départ différé de leurs ainés. Ainsi, la baisse des salaires due à la hausse des cotisations et la baisse des pensions de retraite entraineront une diminution de la consommation, donc une réduction de l’activité économique, laquelle se traduira par une hausse du chômage, pour déboucher sur une baisse des recettes de l’Etat (impôts non payés par les nouveaux sans-emploi) et une hausse de ses dépenses (pour payer les allocations-chômage).

 

            Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a multiplié les décisions favorables aux puissances d’argent, avec notamment le crédit d’impôt pour les entreprises de 20 milliards d’euros et le refus de réguler la finance malgré les promesses électorales. Il a également adopté des mesures contre l’intérêt général et les catégories les plus modestes, avec la hausse de la TVA et la réforme du système de retraites. La conséquence a été immédiate : sur les huit élections partielles tenues sous la présidence de Hollande depuis mai 2012, dont cinq circonscriptions étaient tenues par la majorité présidentielle, le Parti socialiste les a toutes perdues.

 

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.


http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A9/dp/2953128433/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1376731937&sr=1-1

 


 

 


 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:32

 Jean ORTIZ

 

Monsieur le ministre,

 

...Je vous ai écouté à France Inter puis à RMC, chez Jean Jacques Bourdin. Mal réveillé, j’ai cru entendre un dirigeant du Front national. J’ai même un moment pensé que, journaliste bien-pensant, vous interviewez le ministre de gauche J.J. Bourdin.

 

...Un peu d’eau fraîche sur le visage comme jadis le matin dans les "camps de concentration" d’Argelès, de Barcarès, où furent accueillis nos parents Républicains espagnols, et me voilà lucide.

 

...Non je ne rêvais pas. Il s’agit bien du ministre hollandien de l’Intérieur, Catalan naturalisé Français en 1982, et pas d’Albert Sarraut ni de Daladier, déjà ministres des barbelés "de gauche" dans les années 1930.

 

...Il y a en France environ 20.000 Roms, oui vous avez bien lu : "seulement" 20.000, mais si l’on en croit le ministre des "expulsions forcées" (dénoncées par l’agence moscoutaire Amnesty International), ils menacent la sécurité de notre pays, plus que le chômage, les huit millions et demi de pauvres, les coûts ravageurs de l’accumulation du capital, la "Françafrique", les ripoux en col blanc, les vampires du CAC40, les licencieurs boursiers....

 

Les Roms, les "voleurs de poules", voilà le danger, voilà le nouveau bouc-émissaire stigmatisé pour faire peur au "petit peuple", pour faire avaler l’austérité "de gauche", les trahisons, les reniements de ce gouvernement "caniche des Etats-Unis", un rôle que ne veulent même plus jouer les Anglais.

 

...Comme nous ne sommes pas aux Etats-Unis, on ne peut pas autoriser le port d’armes contre les Roms...Mais il y a des mots souvent aussi redoutables que les armes. Ecoutons le ministre "socialiste" tourner en rond : "Il est illusoire de penser que l’on règlera le problème (des Roms) par l’insertion". Pas besoin par conséquent de "stratégie d’intégration" comme le demande Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les Roms "ont vocation à retourner en Roumanie et en Bulgarie". Place donc aux pandores. Les Roms sont sans doute insolubles dans la civilisation... "Une majorité doivent être reconduits à la frontière"(M.Valls). Au nom de cette "libre circulation" garantie par les accords et traités européens ? Les Roms, c’est bien connu, sont réfractaires à "l’insertion", au droit à la santé, à l’éducation, au logement...Le ministre se flatte d’avoir démantelé 242 "campements" depuis le premier janvier 2013 ...11.982 migrants jetés à la rue et confrontés à une exclusion et une précarité redoublées. Rien ou si peu leur est proposé à la place.

 

"Etre de gauche" pour vous paraphraser Monsieur, ce n’est pas valser avec Guéant et Hortefeux, ce n’est pas être le chouchou de la droite pour des raisons carriéristes, c’est faire la chasse aux exploiteurs sans foi ni loi, à ceux qui "s’enrichissent en dormant", pas aux pauvres.

 

"Etre de gauche", c’est avoir un coeur solidaire ce n’est pas patauger dans les marécages pourris qui font le jeu du Front National nous resservir la "guerre des civilisations", c’est préférer Jaurès à ce Clémenceau que vous aimez tan,t
c’est être avec les communards contre Thiers et les Versaillais, c’est considérer que l’autre, "l’étranger", est un autre vous-même que vous n’existez que par lui.

 

Mais pour comprendre tout cela, Manolo, il faut être de gauche.

 

...Qu’escomptez-vous Manuel Valls ? Donner des gages à l’extrême-droite pour acquérir le statut de "présidentiable" ? A ce prix, vous vous déshonorez, et avec vous la fonction que vous occupez.

 

Jean Ortiz Hernandez Né en 1948 dans le Tarn,   est le fils d'un combattant républicain espagnol de la guerre d’Espagne, par la suite résistant dans l'Aveyron. Il fait des études supérieures à Montpellier et Toulouse.

Dans le Tarn et l'Aveyron, il participe aux grandes batailles ouvrières pour défendre le textile, la sidérurgie, la métallurgie, la mine… Après un séjour en Amérique latine en tant que journaliste de L'Humanité, il enseig dans ne  l'Aveyron le lot et Garonne et à Toulouse. Il est maître de conférence  de Conférences à l’Université de Pau, syndicaliste  universitaire adhérent au SNESUP, il travaille sur la République espagnole, l'anti-franquisme, les maquis, et sur le vingtième siècle latino-américain (les révolutions cubaine, vénézuélienne, bolivienne…).( Source Wikipédia)

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 14:17

 

En août 2012, le Conseil d'Etat avait confirmé l'annulation de l'élection cantonale partielle de juin-juillet qui avait vu le communiste Claude Gilardo, maire de Brignoles, l'emporter de seulement 13 voix face au candidat du FN, Jean-Paul Dispard.

 

Ce scrutin, marqué par une forte abstention de 66,65% (contre 56,86% et 61,89% lors des précédentes élections de 2011 et 2012), sonne comme un coup de semonce pour l'UMP et le PS à 150 jours des élections municipales.

 

Avec 40,4% des voix pour le candidat FN Laurent Lopez et 9,1% pour celui du "Parti de la France" Jean-Paul Dispard, l'extrême droite a nettement amélioré dimanche le score obtenu en 2011 puis en 2012 par le candidat frontiste (32,97% et 34,9% des voix).

 

La candidate UMP Catherine Delzers est arrivée en deuxième position avec 20,8% des voix, dans ce canton gagné par la gauche en 2012.

 

Le candidat du Parti communiste, Laurent Carratala, soutenu par le Parti socialiste, a obtenu 14,6% des voix, et la candidate d'Europe Ecologie Les Verts, Magda Igyarto-Arnoult, 8,9%.

 

Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait appelé à voter pour le candidat communiste, le PS ne présentant pas de candidat.

 

Sitôt le résultat connu dimanche soir, le Parti socialiste et le PCF ont  appelé à faire "barrage au FN" au second tour.

 

Point de vue personnel

 

Faire barrage au FN, après avoir fait barrage à la Droite c’est tout ce qui reste à la « gauche », désavouée par l’opinion,  en guise de programme . Qu’elle continue, elle est sur «  la bonne voie » et nous ( les exclus ou en voie de l’être et les couches moyennes inférieures), nous pataugeons chaque jour un peu plus dans la merde.

 

Il est de plus en plus nécessaire de prendre  la relève afin  d’ouvrir une perspective progressiste à Villiers comme ailleurs en remobilisant ceux qui se réfugient dans l’abstention ou pensent à tort que le vote Front National pourrait provoquer une réaction salutaire dont  les partis dits de gauche ne peuvent en l’état,bénéficier ; ils ne font,  d’ élection en élection,  que servir d’ascenseur à un dangereux extrémisme, pas seulement à l’initiative du Front National, qui a montré jusqu’à quelles

dérives  il pouvait se laisser aller, mais beaucoup trop  parmi les générations de l’après guerre ne veulent pas  le savoir.

 

Pas plus que le PS, le PCF le PG ne proposent de s’émanciper de la troïka, dont l’Union Européenne, pour retrouver notre souveraineté monétaire afin  regagner en compétitivité.

 

Qui plus est le PG recherche une alliance avec les verts, sans doute dans la perspective d’accélérer l’abandon du nucléaire civil  ce qui est un non sens économique.

                                            

J’ai cru un instant que nous nous étions émancipé de ces fadaises eh bien NON ça revient périodiquement comme le chien dent. Il y aura bientôt beaucoup de résultats électoraux identiques à celui de Brignoles.

 

L’Humain d’abord, cher au Front de gauche,  ne signifie rien si on ne précise pas ce qu’il y a derrière c'est-à-dire, au-delà des déclarations d’intentions, rien de concret qui permette de faire une  politique autre que celle d'austérité  mise en œuvre hier par la droite, aggravée aujourd’hui par le PS les verts et leurs alliés.


A poursuivre nous n’aurons bientôt d’autre alternative que de la boucler, la censure, le désinformation règnent déjà, ou d’entrer dans la clandestinité.

 

 

        Brignoles,suite, après le second tour

 

Négliger l'avertissement qui vient de Brignoles serait suicidaire. La « gauche» y a disparu !

 

                      Taux de participation en hausse (+ 12 %)   47,7 % selon les chiffres de la préfecture,

 

                                                   UMP                                               46,1 %

 

                                                Front national                                53,9 % soit 27,17 % des inscrits,

 

27,17% reportés au corps électoral national représente 11 411 400 suffrages.

 

A rapprocher des 24 % d'intentions de votes pour le Front national à l'occasion des prochaines élections européennes, la tendance est là, mais la courbe n'est pas encore asymptotique. (Une droite asymptote à une courbe est une droite telle que la distance de la courbe à la droite tend vers 0 lorsque l'abscisse ou l'ordonnée tend vers l'infini.).

 

Qui peut  oser dire "Continuons nous sommes sur la bonne voie"


  Souvenons-nous

 

Des démissions morales et politiques de même nature  qui ont conduit les SS à

 

Oradour sur Glane et Lidice,

 

 tous les ingrédients sont là : La Crise, l’austérité, la xénophobie

Construisons une alternative au libéralisme et à la politique du bouc émissaire

 

Les générations suivantes n’ont pas à faire repentance en notre nom.

 

 


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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 17:26

Une lette article de Jean-Claude Lefort député Honoraire Fils d'un manouche  brigadiste, transmis par un ancien collègue.

 

 

Manuel, tu avais "vocation" à retourner en Espagne en 1982

 

 

Manuel, tu as déclaré hier soir sur BFM TV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé Français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu Français il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement de même que je comprends totalement ton souhait de devenir Français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms.

Celui qui t’écris, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et Français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme les armes à la main dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que 9 ans et ma sœur 18.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à 16 ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leurs pays d’origine, ces « Etrangers et nos frères pourtant »...

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député je suis allé à Bruxelles auprès de la Commission pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figures- toi.

Et aujourd’hui dans ces pays la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien : aggravée. Et ils ont « vocation » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures ? C’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant.

Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. A juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche on n’a pas la matraque en guise de cœur.

C’est un Français d’origine manouche qui t’écris et qui écris au Français de fraiche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t-en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».

Pour l’heure Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers et nos frères pourtant. »

 

                                                                                                                                                 Le 1 octobre 2013

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 15:56
Note de Bruno Arfeuille

mardi 20 août 2013, par Comité Valmy

Pour Schäuble, la Grèce aura besoin d’un troisième plan d’aide.


Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré mardi que la Grèce aurait besoin d’un nouveau plan d’aide international.

"Il faudra qu’il y ait un autre plan en Grèce", a-t-il dit lors d’un meeting électoral dans le nord de l’Allemagne.

Il a toutefois réaffirmé l’opposition du gouvernement à une nouvelle décote ("haircut") sur la dette grecque.

Jusqu’à présent, Wolfgang Schäuble avait déclaré que les créanciers internationaux d’Athènes pourraient devoir envisager un nouveau plan d’aide pour succéder au plan actuel, qui arrive à échéance fin 2014. Mais il n’avait jamais affirmé que cette issue était inévitable, ce qu’il a semblé reconnaître mardi.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/reuters-00543680-pour-schauble-la-grece-aura-besoin-d-un-troisieme-plan-d-aide-596494.php

 

En clair :


- Les deux premiers plans d’aide ont déjà coûté 240 milliards d’euros aux contribuables européens, mais la Grèce est toujours en faillite.

Donc maintenant, les Etats européens qui sont déjà surendettés vont emprunter des dizaines de milliards d’euros supplémentaires, et ensuite ils vont prêter cet argent à la Grèce : ce sera le troisième plan d’aide.

 Dans deux ans, la Grèce sera toujours en faillite.

Donc dans deux ans, les Etats européens qui sont déjà surendettés vont emprunter des dizaines de milliards d’euros supplémentaires, et ensuite ils vont prêter cet argent à la Grèce : ce sera le quatrième plan d’aide.

 Dans quatre ans, la Grèce sera toujours en faillite.

Donc dans quatre ans, les Etats européens qui sont déjà surendettés vont emprunter des dizaines de milliards d’euros supplémentaires, et ensuite ils vont prêter cet argent à la Grèce : ce sera le cinquième plan d’aide.

Etc, etc.

L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus, pour pouvoir prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais.

 

L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.


 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 08:55

23 juillet 2013 |  Par Martine Orange

MEDIAPART

 

Les banques, qui convoitaient l’épargne du Livret A, ont enfin réussi. Le gouvernement leur offre aujourd’hui 30 milliards d’euros supplémentaires en provenance de l’épargne réglementée, en attendant plus. Un cadeau fait aux banques sans la moindre contrepartie.

 

L’annonce a été faite le plus discrètement possible, par un simple communiqué du ministère des finances et de la Caisse des dépôts, samedi 20 juillet au matin. Mais qu’a donc à cacher le gouvernement pour faire une communication qui ne peut passer qu’inaperçue dans la touffeur d’un matin d’été ? Rien de moins qu’un énorme fric-frac sur l’épargne la plus partagée des Français : le Livret A. Les banques, après avoir pris en otages l’État et les contribuables, sont en train de faire main basse sur une partie de l’épargne des Français.

 

Comme nous l’avions annoncé la semaine dernière (voir Banques : l’entente cordiale avec le gouvernement), les banquiers ont obtenu, à l’issue de leur rencontre avec François Hollande vendredi19 juillet, de pouvoir garder pour eux une partie des sommes collectées par l’intermédiaire du Livret A et du livret de développement durable, et non de les remettre à la Caisse des dépôts, comme cela se faisait jusqu'ici. Officiellement, il s’agit de mieux utiliser les excédents de l’épargne réglementée, inutilisée pour le financement du logement social ou la politique de la ville, en les remettant à la disposition des banques.

Le brouillard est soigneusement entretenu autour de l’avenir du Livret A. Tout semble appelé à changer tant sur l’utilisation que sur la sécurité de ce placement, mais tout est fait pour persuader les Français que leur épargne reste intouchée.

Le silence est organisé au plus haut niveau politique. Bien que la Caisse des dépôts, dès sa création en 1816, ait été constituée comme une entité indépendante, placée sous le contrôle du Parlement, le gouvernement n’a prévu aucune communication, encore moins un projet de loi, à l’Assemblée nationale et au Sénat pour expliquer aux élus les évolutions majeures auxquelles est promis le Livret A. Les changements d’utilisation de quelque 364,2 milliards d’euros – encours du Livret A et du livret de développement durable au 30 juin dernier – sont tranchés par un simple décret, sans que cela semble émouvoir un seul élu.

 

Tout est donc laissé à la discrétion de Bercy. Et là, il y a tout à craindre. Cela fait des années que la haute administration des finances, alliée objective du monde bancaire, milite pour la fin du Livret A, de l’épargne réglementée, et entend d’une façon ou d’une autre avoir la haute main sur cette manne d’épargne qui lui échappe. Pour elle, ces dispositifs pour le logement social datent d’un autre temps. Les marchés sont censés pourvoir à tout.

 

Dans un rapport de 2010, la Cour des comptes s’inquiétait pourtant des tensions existantes dans le fonds d’épargne, qui gère l’ensemble de l’épargne centralisée à la Caisse des dépôts. Elle parlait de la concurrence d’autres produits d’épargne qui avaient détourné les Français du Livret A, de la difficulté à financer certains de programmes de logement sociaux même sur le très long terme, et des risques portés par le fonds d’épargne, sollicités bien au-delà de sa mission, pour le financement des PME ou la recapitalisation de Dexia – 480 millions d’euros totalement perdus depuis lors.

 

Elle recommandait alors de créer une structure totalement indépendante pour mieux isoler les engagements du fonds d’épargne, d’éviter de le solliciter pour des questions hors de sa mission, de baisser les taux et les commissionnements de collecte afin de faciliter les opérations de logement social mais de centraliser en retour 100 % de l’épargne collectée dans le cadre du Livret A afin de garantir à la fois l’épargne et le financement social.

 

Le ministère des finances n’a retenu que deux recommandations : la baisse des taux du Livret A et des frais de collecte. Pour le reste, elle a fait totalement l’inverse. Elle entretient le mélange et l’opacité, redonne encore plus d’épargne aux banques que ne leur avait concédé le gouvernement Sarkozy.

 

Combien ? La semaine dernière, Bercy évoquait la somme de 25 milliards d’euros supplémentaires pour les banques. Le communiqué du ministère des finances parle de 30 milliards d’euros. Lundi, Les Échos avançait la somme de 50 milliards d’euros. Une somme que dément une porte-parole de la Caisse des dépôts, mais sans pouvoir en dire plus. 

 

Car bien des inconnues, bien des mystères persistent. La Caisse des dépôts se dit aujourd’hui dans l’incapacité d’indiquer le niveau de ressources qu’elle pourra conserver par rapport à ses emplois. C’est juste le ratio prudentiel destiné à garantir la politique du financement social et garantir l’épargne ! Le ministère des finances nous avait indiqué  las emaine dernière le maintien  d'un ratio de 135 % des ressources sur emplois. Il nous l'a confirmé ( voir boîte noîre)


Ce qui paraît n’être qu’un détail technique est lourd de conséquences. Car c’est l’équilibre fragile entre une épargne disponible à tout moment et des financements à très long terme pour le logement social, la politique de la ville ou des missions d’intérêt général, qui a fait ses preuves depuis plus de cinquante ans qui est remis en cause.

 

Alors que les besoins en logements sociaux sont immenses – il manque environ 100 000 logements sociaux par an –, les opérations ont déjà beaucoup de mal à voir le jour, tant les conditions financières sont tendues. Qu’adviendra-t-il demain si la caisse des dépôts voit capter une partie de ses excédents, qui lui servaient justement par d’autres placements financiers à compenser des taux d’intérêts bonifiés et à garantir des opérations engagées à très long terme ? Le risque est grand que seuls les programmes, soutenus par ailleurs par les collectivités locales, puissent voir le jour. Compte tenu de la situation des finances locales, les opérations de logement social pourraient se réduire comme peau de chagrin .

 

Qu’en dit le ministère du logement et de l’aménagement des territoires, dirigé par Cécile Duflot ? Bien que directement concerné par la question, il est curieusement très silencieux sur le sujet. Il n’a pas répondu à nos questions pour savoir s’il avait été associé à la concertation sur le Livret A. Bercy semble avoir décidé seul que les financements pour le logement social étaient largement excédentaires.

Dérivation

C’est que le ministère des finances a d’autres vues sur cette manne. Tant d’argent ne saurait dormir dans des mains publiques. Il convient de le remettre dans le circuit monétaire, de le transmettre aux banquiers. Officiellement, il s’agit d’aider au financement des PME, objet de toutes les attentions politiques.

 

Mais en quoi ces quelques dizaines de milliards d’euros supplémentaires vont-ils faciliter l’augmentation des crédits des entreprises ? Des dispositifs, comme Oseo, sollicitant des milliards d’euros d’argent public, y compris du fonds d’épargne, ont été instaurés depuis des années. De leur côté, les banques gèrent déjà des centaines de milliards d’épargne des Français – la deuxième du monde – par le biais des assurances vie et des OPCVM. Pourtant, les entreprises ont toujours autant de mal à lever de l’argent, à trouver des capitaux, à augmenter leurs fonds propres et à obtenir des crédits.

 

Alors que font les banques de tout cet argent ? Selon Alternatives économiques, la distribution de crédit aux entreprises et ménages – c’est-à-dire les métiers traditionnels de la banque – représente 27 % de leurs activités. Pour le reste, il y a des activités de couverture et la spéculation sur les marchés.

 

Le financement des PME risque donc de n’être à nouveau qu’un prétexte. Mais l’important n’est pas là. Le pli est pris : la dérivation de l’épargne du Livret A est en place. Aujourd’hui, le ministère des finances peut dire qu’il ne s’agit que de 30 milliards d’euros. Demain, compte tenu de la fragilisation du système de financement du logement social qui sera mis en place, il sera aisé de dire que les excédents sont encore plus élevés, donc que plus d’argent encore doit aller aux banques. Simple vue de l’esprit ? Lorsque la distribution du Livret A a été accordée à toutes les banques en 2009, le gouvernement avait alors juré que le taux de centralisation de l’épargne collectée était de 70 %, et que tout était inscrit dans le marbre. On mesure aujourd’hui ce qu’il en est.

 

Ces changements sont tout sauf anodins pour les épargnants aussi. Pour l’instant, un épais silence entoure le statut futur de l’épargne conservée par les banques. Dans l’esprit des Français, les sommes placées sur le Livret A bénéficient de la garantie implicite de l’État. Mais ce ne sera plus le cas à l’avenir, pour une part d’entre elles. L’argent qui ne sera plus centralisé par la Caisse des dépôts mais conservé par les banques dépendra des banques elles-mêmes. Les montants déposés seront-ils inclus dans la garantie générale des dépôts fixée à 100 000 euros dans toute l’Europe ? Où y aura-t-il une extension de garantie particulière ?

 

Depuis la mise en faillite de Chypre en mars dernier, ces questions juridiques ne sont pas que des simples cas d’école. Les déposants des banques ont été mis directement à contribution lors du renflouement des banques chypriotes en faillite.

Ce qui devait être une exception est appelé à devenir la règle. Si les responsables européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur l’union bancaire, ils se sont entendus au moins sur une chose : à l’avenir, le modèle de résolution bancaire mis en œuvre à Chypre doit être la référence. Les actionnaires, les créanciers, et les déposants s’il le faut, doivent être appelés pour le renflouement. Cela change tout dans les rapports entre les clients et les banques. Compte tenu de l’opacité qui entoure le monde bancaire en France, qui peut être sûr que sa banque ne fera jamais faillite ? Dès lors, le Livret A, censé être sûr et rémunéré comme tel, ne peut plus être considéré comme un produit sans risque.

 

Se cachant derrière la technicité, le gouvernement feint d’ignorer ces bouleversements majeurs. Pire : ce nouveau cadeau fait aux banques – car il s’agit de mettre à leur disposition une liquidité qui leur fait cruellement défaut – n’est accompagné d’aucune exigence, d’aucune contrepartie.

 

Aucun contrôle ne semble être prévu sur l’utilisation par les banques de  l’épargne du Livret A. La leçon de la crise de 2008 aurait pu pourtant être retenue : à l’époque, 16 milliards d’euros, puisés déjà dans le Livret A, avaient été mis à leur disposition, pour assurer déjà le financement des PME. Comment a été utilisé cet argent ? Mystère. Mais à l’époque, les crédits aux PME se sont effondrés. Jamais les chefs d’entreprise n’ont autant parlé de leurs difficultés pour trouver des financements.

 

De même, le gouvernement n’a posé aucune condition au secteur bancaire pour l’obliger à diminuer sa taille et renforcer sa solidité. L’addition des bilans des trois premières banques françaises – BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole – représente trois fois et demi le PIB de la France. Mais officiellement, elles n’ont aucun problème ni d’exposition, ni de taille, ni de fonds propres, ni d’engagements. Alors que, pour renforcer leur bilan, les banques allemandes ou britanniques font des augmentations de capital, à prix bradé s’il le faut, les banques françaises, elles, n’ont aucunement besoin de solliciter leurs actionnaires. Quand la Deutsche Bank annonce sa volonté de diminuer ses effets de levier d’un cinquième d’ici à 2015 – sur injonction discrète semble-t-il de la Bundesbank et du gouvernement allemand –, les banques françaises n’ont officiellement aucun besoin de diminuer leur bilan. Pourquoi le feraient-elles d’ailleurs ? Le gouvernement n’exige rien. Mieux : il leur offre l’épargne des Français.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 08:52

Communiqué de presse de la fédération CGT des cheminots

L’heure est à la prudence et aux enquêtes !

 

Trois jours seulement après la catastrophe ferroviaire de Brétigny sur Orge, qui a vu le train inter cités Paris – Limoges n°3657 dérailler et causer le décès de 6 personnes et de nombreux blessés, la Fédération CGT des cheminots  renouvelle ses condoléances aux familles et aux proches des victimes et apporte tout son soutien aux blessés.

 

La Fédération CGT des cheminots se doit aussi de souligner une nouvelle fois la réactivité et l’efficacité des secours lors de ce drame et la mise à disposition spontanée de nombreux cheminots en conformité avec les valeurs du Service

Public qui les animent au quotidien.

 

Pour autant, la Fédération CGT des cheminots ne peut que déplorer l’emballement médiatique, autour souvent d’annonces infondées, de spéculations, de contre vérités, ainsi que l’utilisation de l’évènement à d’autres fins ou encore les conclusions hâtives qui ont déferlé en moins de 72h.

 

De ce point de vue, la fédération CGT des cheminots appelle en particulier la Direction de la SNCF à plus de retenue et de prudence lorsqu’elle évoque comme avérées les premières hypothèses faisant de la défaillance d’une éclisse l’origine de cet accident.

 

Comme à la première heure de ce drame, la fédération CGT des cheminots exige que l’ensemble des enquêtes en cours, et en particulier celle des CHSCT, bénéficient de tous les moyens d’investigation nécessaires pour faire toute la lumière sur cette catastrophe.

 

De plus, la fédération CGT des cheminots considère qu’il y aura un avant et un après Brétigny sur Orge et que de ce point de vue, il convient de regarder attentivement la structuration, le fonctionnement, les moyens attribués au

système ferroviaire.

 

Le débat engagé sur l’avenir du système ferroviaire doit impérativement être l’occasion pour le Gouvernement de

réellement remettre à plat l’organisation de la production au regard des exigences de sécurité et de qualité légitimement demandées par les cheminots, les usagers et la collectivité.

 

Montreuil, le 15 juillet 2013 – 17 H

01.55.82.84.32

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 08:36

mercredi 10 juillet 2013, par Comité Valmy

 

Depuis plusieurs mois, le débat sur la rupture avec l’Euro et l’Union européenne traverse les organisations communistes. Au sein de l’AKEL, la question est désormais tranchée sur l’Euro.


La politique de casse sociale, d’agression impérialiste, orchestrée par l’Union européenne et le FMI a touché brutalement l’île de Chypre : taxation inédite sur les dépôts bancaires, dissimulant l’ampleur d’une offensive sur les salaires, les retraites et sur le secteur public.

 

Les illusions sur l’Euro et sur l’Union européenne volent en éclats. Désormais, 89% des Chypriotes ne croient plus l’Union européenne et 67% des habitants de l’île se disent partisans d’une sortie de l’Euro.

 

L’AKEL, le parti communiste chypriote, a lui aussi été à faire son auto-critique, à revenir aux fondamentaux de son analyse. Parti de masse, l’AKEL est le premier parti de gauche du pays. Avec 32,7% aux dernières élections législatives, il est le deuxième parti parlementaire du pays

Auto-critique du côté de l’AKEL et retour à l’analyse fondamentale sur l’Union européenne du capital

Critique sur la nature de l’Union européenne, le parti avait néanmoins soutenu avec réserve l’entrée du pays dans l’UE en 2004 puis dans l’Euro en 2008, essentiellement sur la base de la promesse de la résolution de l’épineuse question chypriote.

 

Au pouvoir depuis 2008, le président communiste Demetris Christofias a dû subir l’assaut de l’Union européenne, utilisant cyniquement l’instrument de la monnaie unique. Une offensive à laquelle il a d’abord résisté, cherchant des alternatives au face-à-face avec l’UE.

 

Acculé, l’AKEL a dû entamé les négociations avec la « Troika » en 2012 sans parvenir à un accord, le parti communiste refusant de mettre en œuvre des plans d’austérité salariale ou de privatisation.


L’élection en 2013 d’un président de droite, Nikos Anastasiades, a relancé le plan d’austérité imposé par l’UE. Depuis, le mouvement populaire de rejet d’une UE au service des banques a atteint des niveaux inédits.

 

Du côté des communistes chypriotes, une sévère auto-critique de certaines positions de conciliation sur la question européenne a été entreprise.


Les débats internes à l’organisation n’ont guère filtré, mais dès le mois de mars le Comité central du Parti a entamé les débats sur la question de la sortie de l’Euro.

Du débat à la radicalisation de la position de l’AKEL sur la question européenne

Plusieurs articles du responsable aux questions internationales du parti Costas Christodoulides ont précisé le changement de cap du Parti sur la question européenne.

 

Dans son article du 8 mars publié dans le journal « Haravaghi », il rappelait que « la fonction de l’Union européenne était la maximisation du profit du capital » et que cette position historique de l’AKEL se reflétait dans l’attaque entreprise contre les droits sociaux, le secteur public.

 

Pour le responsables aux questions internationales de l’AKEL, la contradiction entre le processus d’intégration européenne et les intérêts des travailleurs chypriotes était de plus en plus patente.


L’intervention d’un autre dirigeant de l’AKEL, Stavros Evagorou, à la Conférence organisée en avril par le Parti communiste portugais à Lisbonne sur « Une autre Europe des travailleurs et des peuples », allait dans le même sens.

 

Selon le dirigeant communiste chypriote, « les dernières évolutions soulignent bien que l’Union européenne ait sans aucun doute l’option des monopoles et des classes dominantes de nos pays, mais cela n’est pas, et ne peut être, l’avenir de nos peuples ».

 

La position adoptée alors par l’AKEL était de demander un référendum sur la question de l’Euro afin que le peuple chypriote puisse lui-même trancher la question du maintien ou de la sortie de l’Euro.

Du référendum sur la sortie de l’Euro à la proposition de sortie de l’Euro soutenue par le parti

Depuis, la position a été tranchée au sein de l’AKEL et répercutée le 14 mai dernier lors de la Conférence de presse du secrétaire-général Andros Kyprianou, présentant les « propositions de l’AKEL pour l’économie chypriote ».

 

Après avoir analysé les conséquences désastreuses qu’aura le mémorandum de mars, comparant avec la situation dans les autres pays, et les effets néfastes des baisses de salaire, de la casse des systèmes de sécurité sociale ou encore de la privatisation des secteurs-clés, l’AKEL pose comme point de départ la recherche d’ « une alternative qui nous libérerait du mémorandum ».


Sur la base d’une étude réalisée par l’AKEL, avec l’aide d’économistes étrangers, l’AKEL soutient désormais « des négociations avec l’Union européenne afin d’entamer une sortie ordonnée de Chypre de l’Euro, dans le respect du droit international ».

 

Le secrétaire-général de l’AKEL, en rappelant qu’il n’y a aucune « solution facile », rappelle néanmoins les avantages que pourrait tirer Chypre du retour à une monnaie nationale :

 

« renforcement de la compétitivité par la dévaluation de la monnaie ; récupération d’une indépendance nationale, par la fixation de notre propre politique économique ; capacité à gérer la dette publique ; développement de l’économie chypriote ».

 

Selon l’AKEL, la question principale est désormais celle des conditions de la rupture, en proposant un « plan de transition » qui intégrerait les défis en termes de politique monétaire et de change posés par la sortie de Chypre de l’Euro.

Enfin, l’AKEL encourage, toujours dans le cadre de ce plan de transition, la mise en place d’alliances inter-étatiques non seulement au sein de l’UE mais surtout en dehors de ce cadre.

 

Partout en Europe, les travailleurs manifestent un rejet de plus en plus fort des politiques orchestrées par les divers gouvernements, et de l’Union européenne qui les coordonne. A Chypre, comme ailleurs en Europe, les positions de rupture avec cette Europe-là seront désormais portées avec encore plus de résolution par les communistes.

Source :


Article AC pour solidarité internationale-pcf

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:53

 

Lettre ouverte au syndicat de la magistrature par Charles Hoareau

http://www.rougemidi.org/spip.php?article7784

 

Chers amis


Permettez-moi cette familiarité pour avoir participé à quelques combats communs, avoir eu l’honneur d’être invité à vos congrès et être abonné à votre revue J’essaime).


J’ai pour une fois un reproche à vous faire au sujet de votre mur des cons : il n’est pas à jour !


En effet je doute fort que depuis hier vous ayez eu le temps de rajouter sur le tableau blanc de bureau devenu le plus célèbre de France, toutes les photos de tous les méritants qui s’expriment doctement sur le grave sujet de société qu’il constitue et qui préoccupe tant de chômeurs dont nous apprenons aujourd’hui que leur nombre bat des records sans que cela ne soulève de colère de la part des mêmes.


Si je peux me permettre un conseil bien que n’étant pas un spécialiste, dépêchez-vous d’enrichir votre galerie de portraits avec quelques-uns de ceux qui nous assomment avec ce qui est présenté comme la nouvelle du jour au point que même une ministre (curieusement celle de la justice alors qu’à faire parler un ministre il eut été plus judicieux de faire parler celui des arts photographiques ou celui de la connerie humaine) s’est cru obligée de dire son avis sur une œuvre d’art qu’elle n’a peut-être même pas vue en vrai.


Rajoutez s’il vous plait, ce chroniqueur du Figaro qui s’affole et parle « d’une liste de personnes à abattre », qui dit que le juge qui a mis Sarkozy en examen n’est pas impartial puisqu’il a signé une pétition.


Rajoutez s’il vous plait toutes celles et ceux qui depuis hier parlent de magistrats politisés (les autres, ceux qui ne sont pas au SM doivent être politiquement corrects ou pas politisés du tout et donc voter à droite si j’ai bien compris le discours et les écrits de nos aspirants cons).


Rajoutez celles et ceux qui nous parlent d’impartialité des juges et qui « oublient » l’arsenal judiciaire qui permet de condamner à la prison un voleur de mobylette et laisse libres les protagonistes de la caisse noire de l’UIMM.


Rajoutez les complices de l’affaire ADOMA, Société nationale d’économie mixte, où se mêlent des financements publics allant du Conseil Général 13 à l’Etat et qui ont de fait obligé 40 salariés mis à la porte au sens littéral du terme et en toute illégalité, à saisir la justice plus d’une 20aine de fois sans avoir obtenu le moindre début de réparation à ce jour.


Rajoutez celles et ceux qui n’ont jamais rien dit quand des employeurs s’assoient délibérément sur des décisions de justice comme à Mac Do Marseille où depuis 6 ans des délégués CGT se battent pour une réintégration pourtant ordonnée par la justice de la première instance jusqu’à la cour de cassation.


Rajoutez s’il vous plait tous les impunis des accidents du travail si souvent mortels, les coupables du scandale de l’amiante qui dans chaque procédure nient leurs responsabilités et font tout pour échapper à la 

justice.


Rajoutez celles et ceux, et donc pas seulement les journalistes mais les ministres qui nous gouvernent qui ne disent rien à UNILEVER dont le PSE à FRALIB a été annulé et qui refuse délibérément d’appliquer la décision de justice.


Rajouter aussi celles et ceux qui ne veulent pas voter la (timide) loi d’amnistie sociale trahissant une fois de plus les syndicalistes qui se battent pour leur emploi (et je ne parle même pas des des mêmes qui ont voté l’ANI et ses dispositions qui renforcent l’impunité de la délinquance patronale).

Rajoutez, s’il vous plait celles et ceux qui « oublient » que 200 ans après La Fontaine les animaux sont toujours malades de la peste capitaliste et que selon qu’ils soient puissants ou misérables la justice de classe les rend blancs ou noirs.


Si je repasse par vos locaux je me ferai un plaisir de rajouter des photos si certaines vous manquent.

 

                                                                                                                                le 26 avril 2013


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