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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 12:23

Par Roland Weyl

Le débat sur l’identité nationale aura tendu à enfermer la notion même de référence nationale dans un piège dont il est urgent de la libérer pour lui restituer la valeur démocratique et même révolutionnaire qu’elle a acquise au fil des luttes et que la mondialisation capitaliste rend plus actuelle que jamais à condition d’en élucider l’approche et, comme cela s’était déjà posé à propos du procès du souverainisme, de tordre le cou à toutes les confusions sémantiques.

Première question : pourquoi les mêmes qui ont fait la guerre en Yougoslavie au nom du droit des peuples à l’indépendance nationale nous prêchent d’accepter la soumission à l’Europe de la finance parce que la souveraineté nationale est un vieux machin ?

Deuxième question : est-ce qu’il y a identité entre revendication nationale et nationalisme ?

Il est de fait que depuis son éclosion la valeur nation a toujours été un enjeu disputé entre les défenseurs de ses valeurs de progrès libérateur et les artisans de sa dénaturation confiscatrice.

Cette dénaturation confiscatrice peut être identifiée dans deux types de démarche: D’une part celle de la bourgeoisie française des débuts du XVIIIe siècle  : le concept de souveraineté de la nation était utilisé contre celui de souveraineté populaire. Les révolutionnaires n’ont cessé de revendiquer de donner à la démocratie un contenu de souveraineté populaire (1848, la Commune) et la bourgeoisie y opposait la souveraineté de la nation qu’elle était censée représenter.

D’autre part, la déviance nationaliste a fait du critère national, diverti en chauvinisme, une valeur antagoniste des autres nations. Ces dérives ne doivent pas conduire pour autant à répudier la valeur nation, mais à lui donner son véritable contenu, en prenant en compte qu’elle est objet de combat.

Ce n’est d’ailleurs pas nouveau. Toute l’histoire du PCF, et sans doute facteur exceptionnel de ses racines populaires, est marquée par ses combats pour l’indépendance nationale, par opposition au cosmopolitisme capitaliste, dénoncé comme n’ayant pas d’autre patrie que l’argent, comme la monarchie avait sombré avec les émigrés de Coblence contre les sans-culottes de Valmy, et comme d’autres plus tard allaient dire « plutôt Hitler que le Front populaire ».

Et ce n’est pas par hasard si aujourd’hui le capitalisme mondialisé, même si, comme souvent, il est complété par des nihilismes à la phrase révolutionnaire, emploie ses moyens de domination idéologique à périmer l’idée de nation, au moment même où la charte des Nations unies lui a, pour la première fois, conféré une valeur universelle, précisément sous le drapeau de la notion de souveraineté nationale. C’est que la notion de souveraineté nationale est aussi diamétralement antithétique du souverainisme que du nationalisme.

En effet, sa donnée essentielle, qui est bien évidemment la première occultée, est son contenu populaire, qui lui aussi est le contraire du populisme. Le populisme consiste à flatter le peuple pour obtenir de lui la délégation du pouvoir à un ou des hommes providentiels. La souveraineté populaire consiste pour le peuple à exercer le pouvoir lui-même par ses représentants élus, et qui lui sont subordonnés. Le caractère révolutionnaire de la charte tient à ce qu’elle fonde tout sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire à être les maîtres de leurs affaires, leurs gouvernements ne devant être que leurs instruments de souveraineté.

Et la notion de souveraineté nationale intervient alors pour prendre en compte qu’il n’y a pas un seul peuple mondial homogène, mais des peuples, avec chacun son implantation géographique, ses besoins et possibilités différents qui en découlent, et son histoire, la souveraineté populaire devant alors s’exercer par chaque peuple, mais dans l’obligation du respect mutuel de leurs différences. Alors, la souveraineté nationale n’est rien d’autre que la référence d’identification de ses compétences territoriales d’auto-administration.

De contenu fondamentalement démocratique, elle suppose que, sur un territoire où cohabitent plusieurs peuples, ceux-ci exercent ensemble leur souveraineté par le moyen d’un État multinational, et la notion de souveraineté nationale est si peu assimilable au nationalisme que l’histoire française des luttes populaires, à contenu manifestement national, s’est illustrée par la promotion de Schiller comme citoyen d’honneur, le Polonais Dombrowski comme héros de la Commune, et ceux de l’Affiche rouge. La notion de souveraineté nationale n’est donc pas une référence conflictuelle, mais un aliment d’essor personnalisé. Sinon, comment pourrait-on revendiquer le droit pour les Palestiniens ou les Sahraouis à leur indépendance ?

Il est clair que les données objectives de mondialisation génèrent des échanges qui tendront de plus en plus à interpénétrer les composantes nationales respectives et il est possible (probable  ?) qu’un jour viendra où il y aura un seul peuple mondial, mais nous n’en sommes pas là, et pour le moment, outre qu’une partie des échanges tient aux migrations forcées de ceux dont l’épanouissement national est opprimé, la négation nationale ne peut que servir à l’écrasement de la personnalité des peuples, de la richesse de leurs différences, au service de leur exploitation universelle. Ne nous y prêtons pas.

Texte publié dans l’Humanité du 11 février 2010. Roland Weyl est avocat, né le 18 mars 1919 à Paris, est un avocat, résistant et militant politique français.. Inscrit au barreau de Paris en 1939, interdit d'exercice pendant l'Occupation, il est doyen de l'ordre des avocats de Paris depuis 2010.

Note de JF : Hélas les responsables actuels du PCF pas plus que les dirigeants du journal l’Humanité n’ont rien retenu de ce texte.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 15:12

L’emblème de la République, une et indivisible,
de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire - par Jean LE
VY

vendredi 27 novembre 2015, origine Comité Valmy

Le drapeau tricolore

François Hollande a proposé aux Français de participer à l’hommage national qui sera rendu vendredi 27 aux victimes des attentats du 13 novembre en accrochant chez eux un drapeau français...

Cette ferveur patriotique soudaine donne à réfléchir.

 

Le temps n’est pas lointain où les dirigeants de notre pays, qu’ils soient de "gauche" ou de droite, priorisaient le drapeau européen "qu’il fallait accrocher aux frontons de toutes nos mairies".

 

La notion même d’Etat national était brocardée comme une survivance surannée d’un patriotisme hexagonal démodé. Le temps était venu, nous disait-on, de considérer "l’Europe" comme notre nouvelle patrie. Et ceux qui ne s’inclinaient pas devant une telle évidence, étaient pour le moins considérés comme des « nationalistes » attardés, égarés dans notre époque, ou le plus souvent désignés à la vindicte publique comme "populistes", terme d’opprobre qui devait vous assigner à l’isolement politique.

 

Cette attitude n’était seulement un positionnement sémantique. Car nos moines européens ne se limitaient pas à des prêches fanatiques. Ils modifiaient nos lois et nos principes pour les adapter à leur nouvelle idéologie.

 

C’est ainsi que notre budget, celui de la France, pour être adopté, devait recevoir préalablement l’aval de l’étranger sis à Bruxelles, que toute notre législation ou presque devait répondre aux critères définis au-delà de nos frontières.

 

Tel est le crédo de l’Union européenne, devenue notre nouvel Etat.

 

Et de prôner une "Europe" des régions, celle des Nations étant, nous disait-on, dépassée. Finie la République "Une et indivisible", dont la langue se limite au français...

 

Nous en étions-là quand les attentats terroristes ont répandu une mare de sang dans notre pays.

Cet évènement suscitant une émotion profonde et un vaste mouvement de solidarité, c’est alors que nos gouvernants, le Président en premier, ont repris à leur compte une initiative citoyenne de brandir le drapeau de la République comme symbole du ressaisissement populaire face à l’agression.

 

Faudrait-il que ce geste, le drapeau tricolore aux fenêtres, ne soit pas pour nos dirigeants une manière provisoire de jouer la carte patriote, alors qu’ils démantèlent la France, ses richesses et ses entreprises vendues à l’étranger, le principe de la République "Une et indivisible" relégué aux magasins d’accessoires et son drapeau sorti opportunément, pour cause d’élection.

 

Il faut redonner au drapeau tricolore son sens premier, son sens révolutionnaire.

 

Celui qui flottait à Valmy le 20 août 1792, le jour d’avant de la Première République.

Celui des Révolutions tout au long du XIXème siècle, avant sa prise de guerre par la bourgeoisie, collaboratrice des Prussiens, contre les Communards.

Celui de la Résistance contre l’envahisseur fasciste, et des FTP en première ligne.

 

Il ne peut être l’emblème de ceux qui enferment la France dans la prison européenne.

Il doit être le drapeau du peuple rassemblé pour sa libération et sa souveraineté.

 

Celui de l’indépendance nationale

 

 

 

Commentaire  à la suite copié sur Comité Valmy

Pour le boycott de l’hommage national du 27 novembre rendu aux victimes du massacre du 13 novembre 2015.

 

Mille fois, je soutiens l’idée que leur mémoire soit honorée en tous moments, en tous lieux, à jamais. Je forme le vœu que d’innombrables initiatives soient lancées pour célébrer leur souvenir, notamment, à l’école, lieu où l’ignorance et la confusion des esprits se sont par trop répandues ces dernières années.

De surcroît, j’appuie toutes les initiatives pour aider les familles en ces instants douloureux, leur apporter réconfort, tendresse et amour.

Cependant, je rejette l’idée d’un hommage national en la présence de responsables politiques qui par leur aveuglement, leur lâcheté, leur manque de discernement et leur inaction ont rendu possible ce massacre.

Depuis longtemps, beaucoup se complaisent à des jeux, des combinaisons et des arrangements qui ont autant desservi la France qu’ils ont favorisé une insécurité chronique laquelle a connu son point d’orgue, ce 13 novembre.

En un jour de souvenir, j’appelle plutôt tous les élus de France à poser sur le fronton de leur Mairie les visages de toutes les victimes du terrorisme et ce autant de temps que la violence perdure, jusqu’à son éradication.

François de la Chevalerie

Membre de la Fondation Charles de Gaulle

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 18:09

Association des Amis de Léo Figuères

Malakoff, 21 novembre 2014

 

Intervention d’Anicet Le Pors Ancien Ministre

 

Enregistrement  de la conférence :

 

Je remercie l’Association des Amis de Léo Figuères de m’avoir invité à parler de la souveraineté nationale et populaire.

Parce que c’est l’occasion d’évoquer une nouvelle fois le souvenir et la personnalité de Léo Figuères, incontestablement souverain de sa propre personnalité.

Je l’ai fréquenté de près puisque j’étais son voisin de travée au Conseil général des Hauts de Seine et que ses interventions ne pouvaient être ignorée à un mètre de lui, pour leur fond, leur forme et leur tonalité.

Nous nous sommes beaucoup fréquentés également ailleurs et en particulier à Malakoff où j’ai de nombreuses attaches.

J’ai toujours beaucoup apprécié sa libre pensée et sa capacité à combiner l’engagement du militant et la légitimité de l’élu. Exercice difficile dans lequel il faut faire preuve de souveraineté dans sa propre conduite.

Léo s’est toujours clairement positionné sur la question de la souveraineté, en particulier lors du traité de Maastricht où, sans une adresse à la population de Malakoff il montrait que ce traité était annonciateur de chômage, de précarité, de soumission à la finance et à des autorités supranationale susceptible d’affecter gravement la liberté d’action de la France, sa souveraineté.

Les questions de la nation, de la souveraineté et de la citoyenneté sont liées. Elles ont émergé dans le temps long, et c’est à l’échelle de l’histoire qu’il convient d’aborder ces questions.

1. La sécularisation du pouvoir politique

L’idée de souveraineté émerge de notre histoire à travers un processus de sortie de la religion, d’affranchissement de la monarchie absolue et d’affirmation simultanée de l’existence de l’État-nation et de la communauté des citoyens ; le processus correspond à trois ruptures ou mutations depuis la fin du Moyen Âge soit sur quelque sept siècles, ce que le sociologue Marcel Gauchet a appelé « Le désenchantement du monde.

Première mutation. Philippe Le Bel, fin XIII° siècle crée le Conseil d’État du Roi entrainant une franche distinction public-privé, Installe le pape Clément V en Avignon pour signifier qu’il’ est moins monarque « par la grâce de Dieu » que par son autorité propre, il fait décapiter ses créanciers et bruler les Templier. Dans le même esprit François 1er par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 impose le français comme langue administrative officielle contre le latin, langue du sacré, et s’approprie le droit d’asile en matière civile qui était jusque-là le monopole de l’Église. Le souverain, ce n’est plus tellement Dieu, c’est le ; Roi.

Deuxième mutation sous Louis XIV durant son long règne de 72 ans, commencé par l’affirmation « l’État c’est moi » et qui se termine par « Je meurs, mais il reste l’État ». L’établissement d’un appareil d’État a abouti à son autonomisation, à sa séparation même de la personne du monarque. Cela pose la question du lieu et de la nature de la souveraineté. Quoi qu’il en soit, ce n’est déjà presque plus la personne du monarque. C’est au sein même de l’État que siège la souveraineté si l’on parvient pas encore à identifier le souverain.

Troisième mutation préparée par les Lumières au XVIII° siècle et formalisée par Jean-Jacques Rousseau, notamment dans Du Contrat Social en 1762. Il propose que ce soit une abstraction : le concept de Peuple qu’il conçoit comme la communauté des citoyens mais distincte de l’ensemble des citoyen qu’il définit ainsi : « À l’égard des sociétés, ils prennent collectivement le nom de Peuple, et s’appellent en particulier citoyens comme participant à l’autorité souveraine ».
Il annonçait ainsi le transfert de la souveraineté du monarque au peuple.
La nation sera introduite par l’article 2 de la Déclaration des droits de 1789 : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ». La constitution de 1793 ajoutera en son article 7 : « Le peuple souverain est l’universalité des citoyens français ». Dès lors le souverain est le peuple et/ou l’État-nation, ce qui dès le départ introduit les notions à la fois proches et distinctes de souveraineté populaire et de souveraineté nationale ;

Non seulement l’histoire n’est pas finie mais elle s’accélèrera au XIX° siècle mettant en confrontation les citoyens et l’appareil d’État. Au plan européen s’affirment les nationalités. Se combineront alors les luttes pour la République, pour le socialisme, pour la laïcité, pour de grandes conquêtes sociales, débouchant sur le XX° siècle « prométhéen », ses expressions totalitaires, son échec ouvrant sans doute la voie à une nouvelle mutation, « métamorphose » selon Edgard Morin), mais « Pendant la mue le serpent est aveugle », titre d’un livre que j’ai écrit en 1993 pour caractériser cette phase de transition délicate et dangereuse. La souveraineté doit désormais s’analyser dans le cadre d’une bipolarisation (une quatrième mutation) entre d’une part une revalorisation de la responsabilité individuelle, le citoyen étant appelé à tirer la leçon de l’échec du siècle prométhéen et de la persistance de « religions séculières et, d’autre part le mouvement de mondialisation qui n’est pas seulement celle du capital mais qui affecte tous les aspects de l’activité du genre humain : le genre humain comme souverain à venir.

Comment, dans ces conditions situer la souveraineté de la nation et du peuple ?

2. La problématique actuelle de la souveraineté

La souveraineté est une en ce qu’elle légitime l’exercice du pouvoir politique et de ses instruments (création monétaire, État de droit, politiques publiques, relations internationales …). La France, dans cette recherche a connu 15 constitutions en deux siècles.. Il est courant d’en distinguer deux aspects, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire. La première ne prétend pas à la seule représentation des citoyens existants, mais veut aussi traduire les aspirations de la continuité des générations, elle privilégie la démocratie représentative. La seconde tend à privilégier la démocratie directe dans une conjoncture déterminée.
Le programme du CNR était fortement imprégné de l’idée de souveraineté nationale et populaire La constitution de la IVème République retiendra la notion de souveraineté nationale et populaire que l’on retrouve dans la constitution de la V° République en son article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et la voie du référendum ».

La souveraineté ne saurait être déléguée si certaines compétences peuvent l’être. C’est dans le contexte très particulier du lendemain de la deuxième guerre mondiale que le préambule de la constitution de 1946 a prévu que, sous réserve de réciprocité, « La France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix. ». Restera constante, par ailleurs, la règle selon laquelle « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois » (article 55 de la constitution). J’ai connu un ami qui voyait là un moyen juridique le l’internationalisme prolétarien (mais c’était dans une époque lointaine et pour une échéance indéterminée …).

La souveraineté ne saurait cependant être préservée par le seul respect formel des règles du droit positif. On a vu comment le gouvernement est parvenu à contourner par la voie parlementaire le rejet par le peuple français, en 2005, du traité constitutionnel de l’Union européenne pour aboutir à ses fins avec le traité de Lisbonne.

Au-delà de ces manœuvres juridiques, il y a aussi perte de souveraineté sur le plan économique. La France a abandonné à la Banque centrale européenne son pouvoir monétaire. Avec l’inscription dans les traités européens de la « règle d’or » de l’équilibre budgétaire sous peine de sanctions, elle perdrait aussi son pouvoir budgétaire, c’est-à-dire la conduite de l’ensemble des politiques publiques et, par là, serait mise en cause l’existence même de ses services publics et la notion d’intérêt général qui fonde leur existence. Y compris en ce qui concerne le problème de la dette, la France perdrait la maîtrise de sa gestion sous couvert de coordination des politiques budgétaires et financières soumises aujourd’hui au diktat des marchés financiers mondiaux et de leurs agences de notation dépourvus de toute légitimité politique.
La souveraineté, c’est donc aussi la reprise en mains par la nation de sa politique économique : le Japon est deux fois et demie plus endetté que la France et pourtant il ne connaît pas les tourments européens pour la simple raison que les titres de la dette japonaise sont possédés, non par les marchés financiers mondiaux, mais par … les Japonais.

L’abandon de la souveraineté c’était aussi, pour le pouvoir sarkozyste, l’occasion de mettre la France aux normes exigées par l’ultralibéralisme prévalant au sein de l’Union européenne. La souveraineté nationale et populaire a permis : un service public occupant un quart de la population active, un système de protection sociale basé sur la solidarité, un principe de laïcité fondant la responsabilité civique, un modèle d’intégration établi sur le droit du sol, une démocratie locale aux multiples foyers. C’était, pour le ce pouvoir d’alors, autant d’ « anomalies » qu’’il voulait supprimer. Comme l’a écrit le philosophe Marcel Gauchet : « Le programme initial du sarkozysme, c’est un programme de banalisation de la France ».

La nouvelle majorité présidentielle ne rompt pas vraiment avec cette démarche si on doit relever ce qui en diffère néanmoins. Une plus grande prudence concernant les politiques publiques et une tentative de donner le change (MAP, CGSP) ; la conservation du statut général des fonctionnaires malgré un manque total d’ambition (30° anniversaire, loi Lebranchu, rapport Pêcheur) ; une politique de l’immigration et de l’asile qui change peu si elle est moins ostentatoirement hostile. En revanche on peine à faire la différence sur l’Acte III de la décentralisation et même sur la laïcité (en dépit de la Charte Peillon).
L’option libérale conduit le pouvoir actuel à faire allégeance à une union européenne en crise économique et politique défavorable à la souveraineté nationale sans profit pour le peuple.

3. La mise en perspective universelle de la souveraineté nationale

À l’inverse, la défense de la souveraineté nationale c’est, pour le peuple français, le moyen de se réapproprier son histoire, la démarche rationnelle et la morale républicaine. C’est aussi le moyen de s’inscrire dans une autre conception de l’histoire qui prend appui sur la montée de l’ « en commun », privilégie l’universalisme sur la politique des blocs, participe à l’émergence de valeurs universelles. Le monde à venir est celui des exigences d’interdépendances, de coopérations, de solidarités qui conduisent à l’idée d’un XXI° siècle « âge d’or » du service public.
Cela contribue activement à la création des moyens d’une mondialisation qui ne soit pas seulement celle du capital, s’inscrit dans une dynamique qui établit une dialectique progressiste entre le monde, les grands continents et la nation. Ernest Renan dans sa célèbre conférence à la Sorbonne du 11 mars 1882 : « Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel, elles ont commencé, elle finiront […] La confédération européenne probablement les remplacera. Mais telle n’est pas la loi du siècle où nous vivons ». C’était il y a 132 ans …

Cela nous apprend que l’on ne bouscule pas les créations de l’histoire par décret. Qu’il ne suffit pas que le traité de Maastricht ait décrété en 1992 : « Il existe une citoyenneté de l’Union. Est citoyen de l’Union toute personne de l’Union ayant la nationalité d’un État membre », pour que cette citoyenneté existe. Elle n’existe pas à l’évidence. Elle n’existe pas davantage lorsqu’elle se subordonne aux dogmes religieux ou partisans. Tirant les leçons du siècle passé, la citoyenneté est appelée à se définir sur la base des engagements propres et responsables des individus caractérisés pour chacun d’eux par leur « génome » de citoyenneté.

Entre mondialisation et cette individuation, c’est la nation qui est, par son histoire et la réflexion sur cette histoire, la créatrice d’universalité. La nation est et demeure le niveau le plus pertinent d’articulation du particulier et de et du général.

Anicet Le Pors

Source : pcf bassin d’Arcachon via comité Valmy

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 09:43

Par le Général Pierre-Marie Gallois (1911-2010)

Source http://www.comite-valmy.org/spip.php?article35

 

Dans cette analyse datant de mai 2004, reprise sur le site du Comité Valmy le général Gallois exprimait son point de vue à propos de la construction européenne...

Certains, en France se déclarent membres de « l’Alliance pour l’Europe des nations ». C’est le cas de M. Charles Pasqua dont le groupe « Union pour l’Europe des nations » serait un « espace de résistance à la dérive fédéraliste et bureaucratique de l’Union européenne (Le Figaro du 18 mai 2004, p.15 : « Non à la dérive fédéraliste »).

 

Si l’on veut respecter la France, et que lui soit restituée sa pleine souveraineté et son indépendance ce n’est pas de « l’Europe des Nations » qu’il faut parler mais, tout simplement, des « nations d’Europe » ainsi qu’on le faisait avant d’être atteints par le mortel virus Jean Monnet.

 

« L’Europe des nations » est une expression dépourvue de signification politique. Ou bien les nations qui composent cette Europe géographique sont des Etats souverains n’obéissant à d’autres lois que celles adoptées par les représentants de leurs populations respectives ou bien ces populations vivent sur des divisions territoriales administratives d’un Etat qui s’appellerait « Europe ». Il n’existe pas, et il n’a jamais existé de système politique intermédiaire qui fut viable.

 

« L’Europe des nations » conduit à la fédération des « Etats-nations » de M. Jospin, autre expression qui demeure une vue de l’esprit. Pas plus que les précédentes, de telles Institutions n’ont existé. Pas davantage les Institutions confédérales dont on vous rebat les oreilles afin de justifier la « Construction européenne » en faisant mine d’écarter son objectif réel qui est l’Europe fédérale. L’idée confédérale est l’attrape-nigauds usuel des européistes, c’est-à-dire des destructeurs – entre autres nations – de la France souveraine, en spéculant sur l’ignorance institutionnelle de l’opinion et en lui faisant croire que par le confédéral on pourrait à la fois mettre sur pied un Etat européen souverain formé d’Etats nationaux également souverains. Ce qui n’a aucun sens.

 

Outre-atlantique, en 1783, les « pères fondateurs » avaient tenté de s’en remettre à des Institutions confédérales. Leur flagrante inefficacité, le chaos politique et social qui en est rapidement résulté ont conduit à bref délai à un régime fédéral pur et dur avec la Constitution de 1787. Toujours en vigueur, et ayant évolué avec le passage des ans grâce à de nombreux amendements.

 

La « Construction européenne » ne peut que nourrir la « dérive fédéraliste ». Une fois entrés dans l’engrenage européen, ce qui semble être le cas, des membres de l’ « Union pour l’Europe des nations », il n’y a d’autre choix que l’inefficacité, le désordre, le chaos, d’une part, ou le fédéralisme intégral d’autre part avec la disparition de toutes les souverainetés et de toutes les indépendances nationales.

 

Il ne s’agit pas, comme le dit, en conclusion, le signataire de cet article de « défendre les intérêts de la France en Europe », mais de les défendre, ces intérêts, dans le monde, au besoin aux dépens d’un ou de plusieurs de ses voisins géographiques si les circonstances l’exigent et si la France y gagne.

 

On ne défend pas l’intérêt de la France dans l’Europe si l’on cherche à faire de l’Europe une entité politique. A elle seule l’idée européenne suffit à compromettre ces intérêts.

 

La preuve en est que les européistes ont déjà réussi à installer le fédéralisme dans la gestion des plus importantes activités des pays membres de cette désastreuse Union. L’économie et la monnaie unique sont fédéralisées, ce n’est pas une dérive mais un fait accompli. Les directives de Bruxelles ayant force de loi, le droit européen l’emportant sur le droit français, les arrêts de la Cour de Justice européenne invalidant ceux de le l’Institution judiciaire de la France, l’anglais langue européenne supplantant le français, à ranger dans les patois régionaux, sont autant de manifestations du fédéralisme. Parler de « dérive » c’est tromper les Français.

 

La vérité c’est qu’il faut, exercice difficile entre tous, revenir en arrière, redonner aux Français la souveraineté qu’ils exerçaient il y a moins d’un demi-siècle, à leur profit, un peuple de 60 millions étant parfaitement à la mesure de relever souverainement les défis du monde, à commencer, par ceux de l’inéluctable mondialisation.

 

L’ « idée européenne », avec son inévitable fédéralisme final c’est pour les Français :

la vassalité,

la désindustrialisation et la dépendance financière, économique, industrielle

l’appauvrissement, le chômage, l’évasion des capitaux,

le pillage de leurs ressources,

la mainmise par l’étranger sur leurs outils de travail,

l’évasion des capitaux,

la transformation de leur territoire en parc de loisirs

l’invasion par la montée du sud vers le nord et l’insécurité

la fin d’une Histoire millénaire.

 

L’ « idée européenne » ce n’est pas une dérive à contrôler, c’est tout simplement la création d’un super-Etat fédéral, et la « provincialisation » des ex-Etats membres de cette fédération. Le salut exige de reléguer l’idée européenne aux côtés des tentatives avortées et maléfiques de l’Histoire et de redonner à la France la maîtrise de son destin. Tant qu’on parlera d’Europe politique et que des centaines de milliers de prébendiers vivent – grassement – de l’idée européenne et en font la propagande, politiciens compris, les Français seront dépouillés de leurs droits. « Contrôler la dérive fédéraliste » n’est qu’un pauvre artifice conciliant politicaillerie et apparent patriotisme.

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