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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 18:22

Origine Spoutnik 07:23 19.03.2016

Lors de la prochaine bataille pour Palmyre, l'unité des Faucons du désert (milice loyale au pouvoir de Damas) sera la principale force militaire. Connue dans le monde entier pour ses joyaux de l'antiquité, cette ville syrienne est occupée par les terroristes depuis mai 2015.

 

Les Faucons du désert constitueront la principale force de frappe lors de l'opération de libération de Palmyre qui se trouve actuellement sur le joug islamiste. Sous commandement de l'armée syrienne, ces miliciens sont prêts à prendre d'assaut la ville, déclare Mohammad Djaber, fondateur et commandant en chef de cette brigade.

 

"Nous avons reçu l'ordre d'avancer vers Palmyre pour la libérer du groupe terroriste Etat islamique (interdit en Russie, ndlr). Lors de la prochaine bataille, nous serons la force de frappe de la progression offensive. Bientôt nous entamerons l'assaut de la ville. Très prochainement, nous annoncerons à tous nos amis que Palmyre est passée sous notre contrôle", dit M. Djaber.

 

Qui sont ces Faucons du désert

L'unité des Faucons du désert a été formée il y a trois ans par Mohammad Djaber. La troupe compte de 4.000 à 5.000 combattants de toutes les confessions et de toutes les provinces de la Syrie.

 

"La Russie fournit son soutien à l'Armée syrienne dans le cadre de la coopération militaire et technique. Le commandement des forces armées nous transmet une partie de l'aide reçue, si bien que nous considérons que les victoires signés par les +faucons+ sont devenues possibles grâce à l'aide russe", souligne-t-il.

 

Offensive sur Palmyre

L'avancée vers Palmyre est menée de l'ouest, de l'est et du sud. Sur certains tronçons du front, les troupes de l'Armée arabe syrienne et des milices sont déjà à deux kilomètres de la ville. Les troupes d'élite Tigres, sous le commandement de Souheil Al-Hassan, avancent depuis l'ouest. De l'est avancent les milices formées à base de tribus arabes. Les Faucons du désert viennent du sud.

 

L'armée syrienne avance vers Palmyre

C'est la direction sud qui est la plus complexe, une partie des hauteurs se trouvant des deux côtés de la voie étant occupées par Daech. Qui plus est, ce territoire qui s'étend entre deux chaînes de montagnes est absolument désert. L'une des tâches principales des troupes avançant de l'est et de l'ouest est de couper les voies d'apprivoisement et de maintenir le contrôle des hauteurs dominantes.

 

© AFP 2016 Joseph Eid

Daech poursuit la destruction de la cité antique de Palmyre

 

Quelle est l'importance de Palmyr

Cette ville, dont les vestiges sont classés au patrimoine mondial par l'Unesco, a une importance aussi bien historique que stratégique. Un désert s'étend au nord et au nord-ouest de Palmyre. Dès que l'armée reprend la ville, Daech perdra le contrôle sur 20% des territoires occupés. Une fois cette tâche remplie, le commandement des forces armées syriennes pourrait entamer une progression offensive vers la ville de Raqqa, "capitale" de Daech, et entamera le déblocage de Deir ez-Zor, assiégée par les terroristes.

 

 

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:22

par Thierry Meyssan

L’annonce du retrait partiel de l’armée russe en Syrie a soulevé de très nombreux commentaires qui illustrent les partis pris des uns et des autres plus que la réalité. Non seulement, observe Thierry Meyssan, les faits attestent que les désaccords entre Moscou et Damas ont été résolus, mais la Russie —qui est parvenue à faire basculer l’Occident dans le camp anti-terroriste— entend laisser les Syriens libérer eux-mêmes leur territoire.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 17 mars 2016

 

L’annonce par le président russe du « retrait du regroupement principal de son contingent » [1] a provoqué une nouvelle campagne de désinformation. Selon la presse occidentale et du Golfe, Vladimir Poutine serait « irrité » par l’intransigeance du président Bachar el-Assad et aurait décidé de quitter la Syrie pour le placer en face ses responsabilités. Les mêmes commentateurs ajoutent que n’ayant plus d’allié, ce dernier devra faire des concessions à Genève et accepter d’abandonner son pays. Moscou aurait fait un beau cadeau à Washington pour les cinq ans de la guerre « civile ».

 

Or, tout ceci est absurde.

1- L’intervention militaire russe a été négociée dès 2012 par le général Hassan Tourekmani. Elle n’est advenue que trois ans plus tard, Moscou souhaitant terminer la mise au point de ses nouvelles armes avant de se déployer. Les troupes russes ont commencé à s’installer en juillet 2015 et nous avons été les premiers à l’annoncer, information immédiatement reprise par la presse israélienne, puis par les médias internationaux [2]. Il était convenu que la campagne de bombardement débuterait après la réunion du Conseil de sécurité qui devait se tenir en marge de l’Assemblée générale de l’Onu et dureraient jusqu’à la Noël orthodoxe, le 6 janvier 2016.

Il était également prévu que, lorsque la paix reviendrait, une force de l’OTSC serait déployée pour la maintenir ; ce qui n’a pour le moment pas pu avoir lieu.

 

2- Cependant, au vu des difficultés de la Maison-Blanche à contrôler ses alliés, la campagne de bombardements a été étendue jusqu’à la reprise des négociations de Genève, finalement fixée au 15 mars. Il va de soi que jamais la Russie n’a pris cette date comme l’anniversaire d’une pseudo-révolution. Tout a commencé le 12 décembre 2003 avec la promulgation par George W. Bush de la déclaration de guerre (Syria Accountability Act), puis s’est poursuivi d’année en année (sommet de la Ligue arabe de Tunis en 2004 sur la « démocratisation » forcée du Liban et de la Syrie, assassinat de Rafic Hariri en 2005 et accusation contre les présidents Lahoud et el-Assad de l’avoir commandité, invasion du Liban en 2006 pour provoquer l’intervention de la Syrie, création du Front de salut national par les Frères musulmans en 2007, destruction des moyens de communication et d’approvisionnement du Hezbollah en 2008, etc.) en passant par l’arrivée des hostilités sur le territoire syrien en 2011, jusqu’à aujourd’hui.

 

3- La Russie a amorcé ostensiblement le retrait de son contingent. Des plans de vol ont été régulièrement déposés quatre jours à l’avance pour tous les avions cargos chargés de replier les hommes et le matériel. La date elle-même n’était pas une surprise. Ainsi le chef d’état-major jordanien, le général Mishal Al-Zaben, en avait été informé à Moscou en janvier par le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu et par son homologue syrien, le général Fahd Jassem Al-Freij [3]. Il est donc ridicule de lier cette décision à de supposés désaccords qui seraient intervenus dans les derniers jours.

 

Les désaccords politiques ont été résolus. Le premier était relatif à la proposition russe d’un système fédéral —repoussée aussi bien par Damas que par Riyad— qui renvoie à l’expérience soviétique. Or, les minorités du Proche-Orient, à la différence de celles de l’ex-URSS, sont entremêlées et parlent la même langue. Le second était à propos des élections législatives du 13 avril que les Russes voulaient repousser pour les inclure dans les négociations de Genève alors que Damas refusait de violer la Constitution.

 

4- Au plan militaire, l’Armée russe se retire du champ de bataille, mais pas du Quartier général. Il n’est plus nécessaire d’accumuler les avions parce qu’il n’y a plus guère d’objectifs à frapper : les fortifications construites par les jihadistes et leurs moyens de transport du pétrole volé ont été détruits. Par contre, le dispositif anti-aérien —les missiles S-400 et Pantsir-S2— ne bouge pas. La livraison d’armes et de munitions, ainsi que l’accès aux renseignements satellitaires russes se poursuivent. La Russie a renouvelé le matériel et formé les soldats de l’Armée arabe syrienne, laquelle était placée sous embargo depuis dix ans [4]. Désormais, celle-ci n’est plus simplement en position de défendre la population civile face aux jihadistes, mais de libérer le territoire occupé, ce qu’elle a commencé à faire. L’aide russe est alors un soutien aérien aux troupes terrestres —et non plus un simple bombardement—, comme on l’a vu hier à Palmyre.

Après avoir investi des centaines de milliards de roubles en Syrie, la Russie ne se retire pas du Proche-Orient à un moment où la Turquie, l’Arabie saoudite et le Liban sont au bord de la guerre civile. Respectueuse, elle laisse aux Syriens la gloire de leur Victoire.

Thierry Meyssan

Source
Al-Watan (Syrie)

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 10:23
Par Moon of Alabama

Repris sur  Comité Valmy

Poutine : Les forces russes commenceront à se retirer de Syrie le 15 mars

Voilà une décision très intéressante et certainement fort intelligente. Poutine prend à nouveau tout le monde par surprise.

Selon l’agence TASS :

Poutine ordonne le retrait des forces russes de Syrie à partir du 15 mars

 

14 mars, 20h40 UTC + 3

 

Le dirigeant russe espère que le retrait des troupes russes incitera les différentes forces politiques du pays à lancer les négociations.

MOSCOU, 14 mars / TASS /. Poutine ordonne au ministre russe de la défense de commencer le retrait des forces russes de Syrie le 15 mars.

Le président russe a déclaré qu’il espérait que le commencement du retrait des troupes russes inciterait les différentes forces politiques du pays à lancer les négociations, et il a dit à son ministre des Affaires étrangères que la Russie devait prendre une part plus active dans l’organisation du processus de paix en Syrie.

 

Selon d’autres sources Poutine a déclaré : Les forces armées ont atteint leurs objectifs en Syrie. Les deux bases, aérienne et navale, en Syrie, vont continuer à fonctionner normalement. La décision a été prise en concertation avec le gouvernement syrien.

 

Je crois que cela n’aurait pas été possible sans un accord avec les Etats-Unis pour régler la situation en Syrie. Qu’est-ce que Poutine a obtenu en échange ?

 

Et quelles unités vont effectivement se retirer ? Est-ce qu’on va retirer trois cuisiniers militaires pour les remplacer par trois civils ?

 

Le vent de la guerre en Syrie a tourné. Il n’y a plus de danger qu’Assad perde la guerre.

 

Quelques unités des forces spéciales et de l’artillerie russes participaient aux opérations au sol au nord de Latakia. Latakia est maintenant globalement nettoyée et les bases russes qui s’y trouvent ne sont plus en danger. (La défense aérienne S-400 restera bien sûr en place). Ces troupes vont-elles maintenant être retirées ?

 

Ou s’agit-il, comme cela a été dit, d’une « incitation » à accélérer le lancement des négociations de Genève ? (Une « incitation » sur laquelle on pourrait revenir si elle n’avait pas les résultats escomptés.)

 

On peut aussi penser qu’il s’agit là d’inciter les Etats-Unis à se conduire de manière plus responsable : « Ne croyez pas que notre aide dans la lutte contre ISIS vous soit acquise. Nous pouvons nous contenter de sécuriser Assad et plus partir en vous laissant nettoyer tout seul le gâchis djihadiste que vous avez créé ».

Moon of Alabama
14 mars 2016

Traduction : Dominique Muselet

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 15:38
Lors de sa conférence de presse du 13 mars Monsieur Walid al-Mouallem, vice-premier ministre et ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a déclare à l’intention de Staffan de Mistura envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie :
« Nous n’accepterons plus votre transgression de l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie »

 

Mes frères et sœurs,

Nous nous réjouissons de la présence parmi nous du Docteur Bachar al-Jaafari, chef de la délégation arabe syrienne, ainsi que des membres de cette délégation qui quittera demain [Dimanche 13 mars] pour Genève. Naturellement, que Dieu les protège, car leur mission est nationale.

 

Nous avons reçu une lettre de Stephan de Mistura nous informant que la date de sa réunion avec notre délégation, dans les locaux des Nations Unies, est fixée au lundi matin 14 mars, et que la session débutera par cette première rencontre.

 

C’est une bonne chose, mais notre délégation ne répétera pas les erreurs de la session précédente, c’est-à-dire qu’elle ne restera pas à attendre, à Genève, l’arrivée des autres délégations au siège des Nations Unies plus de 24H avant d’entamer le dialogue.

 

Nous espérons que ce dialogue aura lieu avec la plus grande participation « des oppositions » conformément au mandat confié à M. de Mistura par le Conseil de sécurité et les communiqués de Vienne et Munich, notamment avec la participation des représentants de l’ « opposition nationale », lesquels n’ont pas élu domicile dans les hôtels cinq étoiles à l’étranger et ne sont pas tenus par des agendas étrangers. Raisons pour lesquelles nous espérons leur présence, d’autant plus que nulle opposition ne peut prétendre représenter, à elle seule, toutes les autres.

 

La semaine dernière a vu un flot de déclarations émanant de M. de Mistura, dont sa conférence de presse du 9 courant où il a précisé le programme de la session qui débutera donc le 14 mars, en disant qu’elle concernera le gouvernement, la Constitution, les élections parlementaires et présidentielles, lesquelles devront avoir lieu dans les 18 mois à partir de cette date.

 

Premièrement, les documents des Nations Unies n’accordent pas à M. de Mistura le droit de proposer l’ordre du jour des réunions, car c’est sur ce sujet que doivent s’entendre les interlocuteurs, le dialogue étant censé se dérouler entre Syriens et sous direction syrienne. Notre délégation est prête pour en discuter.

 

Ensuite, lorsque M. de Mistura parle de la Constitution, il sait que c’est au futur « gouvernement d’union nationale » d’en discuter et que c’est à lui de désigner le comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution ou de modifier la Constitution actuelle, avant de la soumettre à l’approbation effective du peuple syrien par referendum.

 

L’autre point sur lequel je voudrais revernir concerne ce que M. de Mistura a déclaré à propos des élections dans les 18 mois à venir. S’agissant des élections parlementaires, elles sont prévues dans les textes des communiqués de Vienne et de la résolution du Conseil de sécurité. En revanche, nul n’a le droit, ni M. de Mistura, ni qui que ce soit d’autre, de parler des élections présidentielles. C’est un droit réservé exclusivement au peuple syrien et, par conséquent, je répète que ce qu’a déclaré M. de Mistura constitue une transgression à l’ensemble des textes des Nations Unies et des communiqués de Vienne et de Munich, lesquels précisent que c’est au peuple syrien de décider de l’avenir de la Syrie.

 

C’est pourquoi, je dis à M. de Mistura :

 

« Dorénavant, nous refuserons que vous transgressiez l’objectivité pour satisfaire telle ou telle partie et que notre délégation rejettera toute tentative visant à mettre cette question des élections présidentielles à l’ordre du jour. Notre délégation n’est pas autorisée à le faire. Ce droit n’appartient qu’au peuple syrien et à lui seul ».

 

Quant aux élections parlementaires, actuellement en cours de préparation, elles répondent à une échéance constitutionnelle qui doit être respectée et ne contreviennent pas au « dialogue » de Genève. C’est pourquoi nous n’acceptons pas les réserves de quiconque sur ce sujet, étant donné que nous attendons de la part de ceux qui préconisent la démocratie de respecter l’application des exigences constitutionnelles, non de s’en offusquer. Nous sommes heureux de constater la motivation populaire avec plus de 11 000 candidats inscrits. Ce qui prouve que les Syriens tiennent à la vie et à façonner l’avenir de leur pays. J’invite donc nos concitoyens à voter massivement lors de cette échéance pour que nous puissions offrir à la communauté internationale une image claire de la nature de notre peuple.

 

Concernant « l’arrêt des combats », nous nous y sommes engagés à partir du 27 février dernier. Nous le sommes toujours. Vous vous rappelez qu’au moment où nous avons cessé les combats, nos Forces armées progressaient sur tous les fronts. Par conséquent, la raison de cet accord consenti par la direction syrienne ne peut être interprétée autrement que par son souci d’arrêter l’effusion du sang syrien. Il n’empêche que des violations de la part des groupes armés ont eu lieu ; certaines violations contre lesquelles l’Armée arabe syrienne a riposté, d’autres qu’elle a négligées.

 

Ici, il nous faut réaffirmer le droit de nos Forces armées de répondre à ces violations et je dis aux membres de la commission compétente à Genève -laquelle, à notre grand regret, compte une majorité de représentants d’États qui ont conspiré et continuent de conspirer contre la Syrie- que le droit de réponse à de telles violations est légitime. Il ne peut être considéré comme une violation par lui-même et c’est ce que notre Armée est amenée à faire.

 

À cette occasion, j’invite tous ceux qui portent illégalement des armes à profiter de l’arrêt des combats et à prendre le chemin de la « Réconciliation » et du règlement de leur situation. Tous ceux qui ont été dupés doivent réaliser que l’arrogance n’est plus de mise et que la crise se dirige vers sa fin. Nous accueillerons donc favorablement tous ceux qui souhaitent participer, aux côtés de notre Armée, à la lutte contre le terrorisme de Daech, du Front al-Nosra et des organisations qui leur sont liées.

 

Ces deux derniers mois nous avons assisté à une guerre médiatique particulièrement féroce. Elle a commencé par des annonces d’intervention militaire au sol, puis est passée aux projets de partition. Je vous dis que nul n’ose prendre le risque d’une intervention terrestre, d’où le recul sur ces propos.

Ils ont dit : « Nous voulons que toutes les forces de la Coalition interviennent… », et la dernière déclaration du Président Obama a prouvé qu’il n’interviendra pas. Que ceux qui veulent intervenir seuls, commencent donc par l’emporter au Yémen. De même, ils ont parlé d’un plan B, et il y a deux jours John Kerry a déclaré qu’il n’y avait pas de plan B.

 

Ces propos sont sans fondement. Ils n’existent que dans l’esprit de certains. Certains à qui je rappellerai l’Histoire et plus particulièrement ce qui s’est passé en Syrie en 1925, lorsque la Grande Révolution syrienne a éclaté parce que le colonialisme français projetait la partition de la Syrie en mini-États.

 

C’est donc en toute confiance que je vous dis que notre peuple refusera toute tentative de partition. D’ailleurs, le Président Al-Assad n’a cessé de dire dans tous ses discours que nous libérerons chaque pouce de la terre syrienne du terrorisme takfiri.

 

Quant à la piste du fédéralisme promue par les médias étrangers citant le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, sachez qu’ils en ont fait une lecture irréaliste, étant donné qu’il a bien dit : « à condition que les Syriens soient d’accord… ».

 

Et moi, je dis en ma qualité de citoyen syrien ma conviction que vous êtes tous d’accord avec moi pour refuser le discours sur le fédéralisme.

 

Nous sommes tous pour l’unité de la Syrie, de sa géographie et de son peuple. Nous sommes tous pour son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale. C’est du moins ce qu’affirment tous les documents internationaux concernant la Syrie, y compris ceux qui tentent de remédier à la situation actuelle.

Je vous remercie.

Walid al-Mouallem

Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Expatriés

Damas

Source : Vidéo / Al-Fadaiya [Syrie]

https://www.youtube.com/watch?v=OMDSvjs3WvA&feature=youtu.be&app=desktop

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 17:07

par Giulietto Chiesa

 

 

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:16

Le ministre russe des Affaires étrangères a exclu l’existence, présente ou future, d’un plan B concernant le règlement de la crise en Syrie, contrairement à ce qu’a commenté John Kerry, qui a prévu la partition de la Syrie en cas d’échec.

 

 «On a tout dit sur ce plan B : il n’y en a pas, et il n’y en aura pas. Personne [ni la Russie, ni les Etats-Unis] ne l’envisage», a martelé Sergueï Lavrov, en répondant à la question des journalistes lui demandant de commenter la proposition des Etats-Unis sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de la Syrie.

 

Le 22 février, les présidents russe et américain ont annoncé qu’un accord sur un plan de paix en Syrie avait été atteint. Le cessez-le-feu entre les troupes militaires syriennes et les groupes d’opposition entrera en vigueur le 27 février. Cependant, cet accord ne s’applique pas à l’Etat islamique et au Front al-Nosra. Vladimir Poutine a déclaré que ces organisations terroristes seraient prises pour cible jusqu’à leur anéantissement complet.

 

Le 23 février déjà, le secrétaire d’Etat John Kerry avait annoncé que les Etats-Unis discutaient d’un soi-disant plan de sauvegarde qui pourrait avoir des conséquences, notamment sur la fin de l’unité de la Syrie. «Si nous attendons plus longtemps, il risque d'être trop tard pour conserver l'unité de la Syrie», a-t-il déclaré devant la commission du Sénat américain. Dans ce plan alternatif, John Kerry n’a pas écarté le renforcement de l’engagement militaire américain en Syrie.

 

La Russie et la Syrie ont réagi négativement à cette proposition ambiguë. Ainsi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov a déclaré que Moscou ne prévoyait aucun plan alternatif. «Nos partenaires occidentaux nous rendent perplexes, notamment les Etats-Unis, qui mentionnent l’existence d’une sorte de plan B», a-t-il indiqué. Quant à Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, il a déclaré que la priorité russe restait de «réaliser le plan, l’initiative exprimée par les deux présidents».

 

Damas n’est pas non plus au courant du plan B américain, a déclaré un conseiller du président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban. «Je ne sais pas si ces déclarations ont été faites pour exercer une pression. De toute façon, aucune pression n’a besoin d’être exercée sur le gouvernement syrien, qui est d’accord avec l’initiative russo-américaine», a-t-il dit.

23 février 2016

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 20:28
"Si l'Occident veut nous aider, qu'il nous aide à rester chez-nous"

Selon sputnitnews

En 2015, le Vieux Continent s'est retrouvé confronté à un défi inattendu: près d'un million de réfugiés sont entrés en Europe, un record depuis l'époque de la Seconde Guerre mondiale. Et pendant que les pouvoirs européens peinent à trouver une solution, la voix d'un évêque s'élève à Alep. Son message est simple: aidez-nous... à rester en Syrie.

Ces dernières semaines, la ville syrienne d'Alep est de nouveau en tête des bulletins d'informations: tandis que les autorités syriennes, dont les troupes poursuivent leur progression dans le nord, définissent la prise du contrôle de cette ville comme leur priorité stratégique, l'Occident dénonce les victimes civiles et la Turquie voisine enregistre un nouvel afflux de réfugiés. La voix des habitants de la ville, de ceux qui vivent la guerre depuis près de quatre ans au jour le jour se perd derrière tous ces enjeux. A quoi aspirent-ils? Retrouver la paix et rester dans leur pays, confie Monseigneur Jeanbart, archevêque d'Alep, dans un entretien accordé à Sputnik.

 

"Si l'Occident veut nous aider, si quelqu'un veut nous aider, qu'il nous aide à rester chez-nous, qu'il pousse vers la paix, vers une solution à cette crise", a indiqué l'archevêque.

 

D'ailleurs, aider les gens sur le terrain, prévenir les nouvelles vagues de réfugiés coûterait à l'Occident, "1.000 fois moins chers", estime-t-il. Et de rappeler que l'Allemagne avait octroyé cinq milliards d'euros à la Turquie pour que cette dernière s'occupe des réfugiés syriens. Et pourtant, selon l'homme d'Eglise, un à deux milliards pourraient suffire à aider les Syriens de toutes les confessions à rester au pays.

 

Mais c'est surtout la bonne volonté d'arrêter les combats qui aurait suffi pour venir en aide aux Syriens, juge-t-il. "Avec très peu d'argent et un peu de bonne volonté pour arrêter les batailles, empêcher ceux qui envoient des mercenaires de les financer, les choses iraient bien et il n'y aurait pas besoin d'envoyer des milliards pour s'occuper des réfugiés", indique-t-il.


Excédés par des années de guerre et incapables de gérer la crise par eux-mêmes, les Syriens placent tout leur espoir dans le succès des négociations internationales, tout en réalisant que le chemin menant à l'entente sera épineux. Mais leur reste-t-il un autre espoir?

 

"J'attends beaucoup et je souhaite qu'elles (les négociations, ndlr) réussissent, même s'il y a eu quelques difficultés en chemin", confie Mgr. Jeanbart, avant de rajouter: "Tout le monde a besoin de la paix: que ce soit le gouvernement, que ce soit l'opposition, et surtout les citoyens. Ce sont les pauvres citoyens qui paient, c'est nous qui payons les frais de ces batailles".

 

En attendant, il vit dans l'espoir qu'un jour son pays, que les Syriens aiment comparer à une "mosaïque de confessions et d'ethnies", renaisse des cendres pour redevenir la terre de la paix, de la multiculture et de la tolérance. "Je demande au Seigneur de faire en sorte que cette guerre finisse le plus tôt possible, qu'il y ait un dialogue et que l'on retrouve la Syrie que nous avons toujours connue: une Syrie où vivent ensemble chrétiens, musulmans, druzes, alaouites, où nous vivons en frères", rêve aujourd'hui l'archevêque d'Alep.

 

Regardant au-delà de la pensée binaire, l'archevêque tente de trouver un signe, un sens profond dans l'épreuve à laquelle sont confrontés son peuple et son pays. Ne serait-ce qu'"une rencontre œcuménique, historique, tant attendue entre l'Eglise de Russie et l'Eglise Catholique", s'interroge-t-il, se référant à l'entrevue entre le Pape François et le patriarche Cyrille prévue le 12 février à Cuba.

 

"J'ai beaucoup d'espoir, un grand espoir, que j'attends de la rencontre du St-Père François Ier et du Patriarche Cyrille, je crois que cela va beaucoup aider à pousser vers une solution. Cela va pousser l'Occident, la Russie, la Syrie et tout le monde à faire un supplément d'efforts pour réaliser la paix", a conclu Mgr. Jeanbart.

 

Resté à l'abri des troubles au cours des premiers mois suivant le début de la crise, Alep semblait être un des rares havres de stabilité en Syrie. Des tensions éclataient çà et là, mais rien ne se passait à Alep. La donne a changé en 2012: premiers attentats-suicides, premières manifestations, et voilà qu'à l'été 2012 la deuxième ville du pays figurait dans tous les bulletins d'informations comme le "Benghazi syrien" (en référence au fief de l'opposition libyenne). Quatre années de combats et de destruction ont suivi…

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 17:08

Pourquoi Pujadas attribue des images de frappes russes en Syrie à la coalition?

 

 

 

Une fois n'est pas coutume, lorsque les informations touchent la Russie, la machine politico-médiatique tourne bien. Mais là, nous sommes tombés très très bas, dans les bas-fonds peu fréquentables de la propagande bon marché. Cette fois-ci, France 2 et son journaliste vedette David Pujadas ont franchi la ligne rouge en montrant des images truquées de frappes russes en Syrie contre l'état islamique et en les attribuant à la coalition, dans le 20 h présenté par Julian Bugier ce jour là.

 

Ceux qui ont vus le JT de France 2 le 4 février 2016 ont dû être agréablement surpris: contrairement à ces barbares russes qui frappent n'importe où et n'importe comment, massacrant la population civile et les gentils terroristes opposants au passage, les pays civilisés de la coalition américaine, eux, font des frappes chirurgicales, certes moins nombreuses, mais dont la précision remplace la quantité. 

 

C'est à ce moment du discours que les membres du Parti doivent tous comme un seul homme, se lever, la larme à l'oeil, pour applaudr bien fort.

 

Voici en substance le message, pas vraiment subtile, diffusé au JT de David Pujadas sur France 2 et présenté ce jour-là par Julian Bugier. Et pour illustrer tout cela, des images évidemments. Mais des images de frappes russes présentées comme portées par la coalition. Or, pour des frappes russes, donc devant tuer un bon millier de civils (chiffre sorti d'un joli chapeau), celles-ci sont extrêmement précises, je dirais même "chirurgicales", bizarre. Pas si barbares ces russes, finalement ... Seulement, pour pouvoir les attribuer à la coalition, les sous-titres en cyrillique ont été gommés, et près netoyage et maquillage, elles furent resservies à nos/vos yeux ébahis d'admiration. Nous sommes forts, quand même? Nous frappons bien! Le bon peuple doit être rassuré. Le bon peuple est rassuré. Les affaires peuvent continuer.

 

Rien à voir avec les déclarations de Kerry ou de Merkel, demandant instamment à la Russie de cesser les frappes pour protéger la population civile et les gentils terroristes, certainement ceux qui vendent le pétrole à la Turquie ou qui sont formés par des instructeurs payés par le Congrès américain, qui n'a d'ailleurs pas apprécié les résultats et remet en cause le programme de financement de cette "opposition" qui recule devant la Russie et Assad.

 

A propos des Etats Unis. Il faut rendre à César ce qui est à César: France 2 n'a pas innové. Et, oui, ici aussi, il a fallu copier une technique déjà utilisée outre-Atlantique. Puisque en novembre dernier, la chaîne PBS avait déjà utilisé des images de frappes russes pour les attribuer à l'aviation américaine.

 

A partir de deux fois, cela n'est plus une erreur, c'est une politique. Toutefois, l'ambassadeur russe à Paris, A. Orlov, déclare à l'agence d'information russe Ria Novosti, qu'il y a peu de chances que la Russie ne donne de suite judiciaire à cette manipulation, car il s'agit avant tout d'un problème éthique. Et ce serait faire trop de publicité à une chaîne qui ne le  mérité  pas.

 

Certes, cette position est respectable et force le respect. Mais encore faudrait-il que les responsables de cette "farce" ait une conscience. Toutefois, la manipulation a été volontairement faite, car il a bien fallu "nettoyer" les images. Soit le journaliste vedette D. Pujadas n'était pas courant et l'on peut se demander en fait quel est son rôle. Car il se rapprocherait alors plus d'un perroquet, répétant, sans avoir la possibilité de s'interroger, un texte pré-digéré. Soit il était au courant et c'est une faute professionnelle grave. Dans les deux cas, il n'a plus sa place au JT. A moins, qu'il n'ait exécuté des ordres.

 

Mais voyons, la France, patrie des droits de l'homme, de la liberté, etc, etc, etc. Serait-il possible que la télévision d'état ne soit devenue qu'un simple instrument de propagande?

 

Comme disait Coluche:

"Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent. C'est pire."

 

David Pujadas, reporter incontournable, présente le JT de 20H sur France 2 depuis 2001, il est le journaliste des Présidents, de formation à Sciences Po et qualifié de "bagarreur" par certains de ses collègues. Remplacé parfois, pas de chances. Personnellement, il y a quelque chose qui m'échappe. On a envie de demander: tout ça pour ça? Lorsqu'il est devenu journaliste, c'était vraiment pour finir comme ça, comme simple caution propagandiste? Quitter l'Espagne de la dictature dans les années 60 pour la liberté et finalement contribuer à instaurer une dictature de la pensée. Triste destin.

 

Publié par Karine Bechet-Golovko

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:07

Par Pépé Escobar

 

 

Le médiateur de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura © Denis Balibouse / Reuters

 

Le prétendu processus de paix en Syrie s’apprête à arriver au stade de la mascarade genevoise, qui pourrait se prolonger pendant des mois. Attendez-vous à des doses massives de cabotinage et de fanfaronnades capables de faire rougir Donald Trump lui-même.

 

L’idée même de toutes ces pantomimes en costard-cravate cherchant à personnifier Damas à Genève est d’un ridicule consommé. L’envoyé de l’ONU, le très élégant Staffan de Mistura, reconnaît lui-même que la tâche à accomplir est sisyphéenne, même si tous les acteurs qui comptent étaient réunis autour de la table.

 

Voilà maintenant que la figure de l’opposition George Sabra annonce qu’il n’y aura pas de délégation du Haut comité des négociations, basé à Riyad, à la table des négociations. Comme si les Syriens avaient besoin d’une opposition instrumentalisée par l’Arabie saoudite.

 

Pour remettre les choses dans leur contexte, voici donc une récapitulation extrêmement concise des faits décisifs observés récemment sur le territoire syrien, que la nouvelle capitale Genève pourrait ignorer à ses risques et périls.

 

Remontons à l’été dernier, lorsque le commandant iranien et superstar de la Force Al-Qods, Qasem Soleimani, déterminé à se faire entendre, s’est rendu en personne à Moscou pour présenter crûment la gravité de la situation dans l’ensemble du théâtre des opérations en Syrie.

 

Pour l’essentiel, Soleimani a dit au Kremlin et aux services secrets russes qu’Alep pourrait prochainement tomber, que le Front al-Nosra était aux portes de Damas au sud, qu’Idlib était tombé et que Lattaquié, où se trouve une base de l’armée russe, allait suivre.

 

On peut facilement imaginer l’effet de cet électrochoc de realpolitik dans l’esprit du président Poutine. D’où sa résolution d’empêcher que la Syrie ne s’écroule et devienne une nouvelle Libye, version remixée.

 

La campagne de l’Armée de l’air russe était devenue le dernier moyen pour modifier les règles du jeu. Elle est en passe de sécuriser l’axe Damas-Homs-Lattaquié-Hama-Alep, la zone urbaine et développée dans l’ouest de la Syrie où vit 70 % de la population du pays. Daesh et le Front al-Nosra (alias al-Qaïda en Syrie) n’ont aucune chance de s’emparer de ce territoire. Le reste est en grande partie désertique.

 

Jaysh al-Islam, une bande armée hétéroclite équipée par l’Arabie saoudite, occupe encore quelques positions au nord de Damas. La menace peut être contenue. Les péquenauds se trouvant dans la province de Daraa, au sud de Damas, ne pourraient foncer vers la capitale que dans le cadre d’une impossible reprise de l’opération Tempête du désert (1991).

 

Les rebelles modérés, une concoction préparée à l’intérieur du périf de Washington, ont bien tenté de garder Homs et Qousseir en coupant le réapprovisionnement de Damas, mais ils ont été repoussés. Quant à la bande de rebelles modérés qui ont pris toute la province d’Idlib, elle se fait bombarder sans relâche, depuis maintenant quatre mois, par l’Armée de l’air russe. Le front au sud d’Alep est également sécurisé.

 

Ne bombardez pas nos rebelles !

Il est facile de pointer du doigt ceux que les actions des Russes rendent livides : l’Arabie saoudite, la Turquie et, dernier acteur et non le moindre, l’Empire du Chaos, qui sont tous à la table des négociations à Genève.

 

Le front al-Nosra, qui est commandé à distance par Ayman al-Zawahiri, est intimement lié aux salafo-djihadistes de l’Armée de la conquête, parrainée par les Saoudiens, en plus d’être allié tactiquement à une myriade de groupes symboliquement liés à l’Armée syrienne libre (ASL), qui n’existe pratiquement plus que de nom.

 

La CIA, qui se sert des Saoudiens comme déni plausible, a armé jusqu’aux dents des éléments de l’ASL jugés sûrs en leur fournissant, entre autres, des missiles antichars TOW. Devinez qui a intercepté pratiquement toutes les armes ? Le front al-Nosra.

 

La suite était hilarante. Washington, Ankara et Riyad se sont mis à dénoncer furieusement Moscou parce qu’il bombardait leurs rebelles modérés plutôt que Daesh.

 

Lentement mais sûrement, l’Armée arabe syrienne (AAS), parallèlement à l’offensive russe, a repris l’initiative. Les 4+1 – la Russie, la Syrie, l’Iran (ses forces spéciales, dont bon nombre viennent de l’Afghanistan) et l’Irak, plus le Hezbollah – ont commencé à coordonner leurs efforts. La province de Lattaquié, où se trouvent non seulement Tartous, mais aussi la base aérienne de Khmeimim, est maintenant entièrement sous le contrôle de Damas.

 

Ce qui nous amène à parler des cauchemars d’Ankara. L’Armée de l’air russe a réduit en cendres la grande majorité de ses mandataires turkmènes (largement infiltrés par des fascistes turcs [Les loups gris, NdT]) au nord-ouest de la Syrie. C’était la principale raison expliquant le geste désespéré du sultan Erdogan d’abattre le Su-24.

 

Il est maintenant clair, à l’heure qu’il est, que les gagnants sur le terrain sont les 4+1, et que les perdants sont l’Arabie saoudite et la Turquie. Il n’y a donc pas de quoi s’étonner si les Saoudiens veulent voir au moins une partie de leurs mandataires à la table des négociations à Genève, et si la Turquie cherche à changer de sujet en bloquant la présence des Kurdes syriens, accusés d’être des terroristes bien pires que Daesh.

 

C’est à Jerablus que ça se passe, pas à Genève !

Comme si les choses n’étaient pas assez confuses, tous ces think tanks formant le royaume du baratin aux USA nous rabâchent maintenant qu’il y a une entente entre Washington et Ankara pour ce qui sera, à toutes fins utiles, une invasion turque au nord de la Syrie, sous le prétexte d’écraser Daesh au nord d’Alep.

 

C’est de la foutaise. Le jeu d’Ankara comprend trois volets : soutenir ses mandataires turkmènes lourdement meurtris ; assurer le maintien des activités dans le corridor menant à Alep (où passe la cruciale autoroute djihadiste liant la Turquie à la Syrie) ; et surtout empêcher par tous les moyens les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) de relier Afrin à Kobané et d’unir ainsi les trois cantons des Kurdes syriens à proximité de la frontière turque.

 

Tout cela n’a rien à voir avec la lutte contre Daesh. Le plus dingue, c’est que Washington aide actuellement les Kurdes syriens en leur fournissant un appui aérien. Le Pentagone doit ou bien soutenir les Kurdes syriens, ou bien soutenir Erdogan dans son invasion du nord de la Syrie. La schizophrénie n’a pas sa place ici.

 

Un Erdogan au désespoir pourrait être assez cinglé pour affronter l’Armée de l’air russe pendant sa supposée invasion. Poutine a dit officiellement que la réponse à toute provocation sera immédiate et fatale. Pour couronner le tout, les Russes et les Américains coordonnent maintenant leurs sorties aériennes au nord de la Syrie.

 

C’est donc là que ça va chauffer, en plus d’éclipser la pantomime de Genève. Les YPG kurdes et leurs alliés planifient une attaque majeure afin de saisir la bande de cent kilomètres le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie encore sous le contrôle de Daesh, qui assurerait ainsi l’union des trois cantons.

 

Erdogan a été catégorique. Si les YPG passent à l’ouest de l’Euphrate, ce sera la guerre. Il semble bien que ce soit la guerre alors. Car les YPG se préparent à attaquer les villes stratégiques de Jerablus et de Manbij. La Russie va sûrement aider les YPG à reconquérir Jerablus. Ce qui dressera (de nouveau) la Turquie contre la Russie sur le terrain.

 

Genève dites-vous ? C’est pour les touristes. La capitale de l’horreur syrienne, c’est maintenant Jerablus.

 

 

 29 janvier 2016 – Source Russia Today

 

Traduction : le Saker francophone

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 18:33
Par Nasser Kandil repris sur Comité Valmy

 

Bachar al-Assad, le 6 janvier 2013 à Damas

L’Initiative du Président syrien, Genève 3 et le gibet de potence de l’Histoire

Il y a trois ans, le 6 janvier 2013, le président Bachar al-Assad a exposé devant les comités et organisations populaires syriennes sa vision de la solution politique à ladite « crise syrienne » [1].

Trois ans durant lesquels la Syrie s’est vue envahir par des dizaines de milliers de terroristes venus des quatre coins de la planète en préparation d’une invasion militaire concrétisée, l’été 2013, par le positionnement de la VIe flotte des États-Unis devant les côtes syriennes [2], suivi de l’instauration de l’EIIL [État Islamique en Irak et au Levant ou DAECH], puis du parrainage ouvertement déclaré du Front al-Nosra [branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie] par la Turquie, l’Arabie saoudite et Israël…

 

En bref : toutes les options ennemies de mise sous tutelle ou d’invasion de la Syrie ont été testées. Mais le temps a passé et les projets étatsunien, turc, saoudien et israélien s’appuyant sur une solution politique fondée sur la destitution du président syrien avec remise du pouvoir à une prétendue opposition syrienne inféodée à l’étranger ont échoué. La Syrie a résisté. En conséquence, ses alliés ont résisté aussi. L’accord sur le nucléaire iranien a quand même été ratifié. La Russie s’est décidée à intervenir militairement et la contre-attaque de la Syrie et de ses alliés a commencé.

 

C’est ainsi que les concepts de « la solution politique à la crise syrienne » sont passés de celui adopté dans le communiqué final communément désigné par « Genève 1 » [3], à ceux de Vienne 1 et de Vienne 2 [4] , puis à celui de la Résolution 2254 [5] ; Genève 3 se préparant à accueillir pour la deuxième fois des pourparlers entre une délégation du gouvernement syrien et une délégation de l’opposition ; [Genève 1 s’est tenue en l’absence de représentants du gouvernement syrien ; NdT].

 

Une délégation de l’opposition ressemblant fortement à celle qui a participé à la réunion de « Genève 2 » [6] en janvier 2014, cramponnée au Communiqué final de la réunion de Genève 1, du 30 juin 2012 ; lequel communiqué fut approuvé par les ministres des Affaires étrangères des USA et de la Russie, mais dont la mesure de mise en place d’un organe de « gouvernement transitoire qui aurait les pleins pouvoirs exécutifs » était suffisamment imprécise pour suggérer à certains qu’elle impliquait implicitement le départ ou la destitution du président syrien.

 

Ceci, alors que la Résolution 2254 du Conseil de sécurité [adoptée à l’unanimité le 18 décembre 2015 ; NdT] se fonde sur un appel au dialogue censé aboutir à un accord sur le cessez-le-feu, le retour des personnes déplacées, la formation d’un gouvernement d’union nationale chargé de l’élaboration d’une nouvelle Constitution, suivie de nouvelles élections.

 

Données que le Secrétaire d’État, John Kerry, a dû préciser aux membres de l’opposition [notamment ceux qui se sont réunis le 9 décembre 2015 à Riyad sous la férule des Saoudiens, des Qataris et d’Erdogan ; NdT] en leur expliquant qu’il s’agit d’une transition politique conduite et prise en main par les Syriens, [laquelle souscrit au Communiqué de Genève 1 et avalise les Déclarations de Vienne ; NdT] ; autrement dit, de la formation d’un gouvernement de transition avec maintien du président actuel et de ses prérogatives constitutionnelles, les futures élections devant décider qui gouvernera la Syrie [7].

 

Ci-dessous le texte de la solution politique proposée par le président Bachar al-Assad il y a trois ans. Le lecteur sera surpris de constater que sa vision et son vocabulaire semblent constituer la principale source de la résolution 2254 et des Déclarations de Vienne, avec cependant plus de clarté et de détails sur les différentes étapes du processus politique et davantage de tolérance politique et humaine par son appel au pardon et à la réconciliation :

 

« Partant de nos constantes de principe ; à savoir, la souveraineté de l’État, l’indépendance de sa décision, les principes et objectifs de la Charte des Nations Unies, le Droit international ; lesquels confirment tous, la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale des États, ainsi que la non-ingérence dans leurs affaires internes. Et, étant donné que nous sommes convaincus de la nécessité du dialogue entre les enfants de la Syrie, sous direction syrienne, pour rétablir la sécurité et la stabilité ; la « solution politique en Syrie » se fera comme suit :

Première étape :

1. Les États concernés, régionaux et internationaux, s’engagent à cesser de financer, armer, et héberger les combattants armés ; parallèlement à l’arrêt des opérations terroristes de ces derniers. Ceci, facilitera le retour des Syriens déplacés vers les lieux de leur résidence d’origine, dans le calme et la sécurité. Ce n’est qu’ensuite que nos forces armées mettront fin à leurs opérations militaires, tout en se réservant le droit de riposter au cas où la sécurité de la patrie, des citoyens, des entreprises publiques et privées, serait menacée de n’importe quelle attaque.

 

2. Trouver une procédure pour s’assurer que toutes les parties respectent le précédent engagement avec, en particulier, le contrôle des frontières.

 

3. Le gouvernement en exercice se charge d’initier directement les prises de contact avec toutes les catégories de la société syrienne, les partis, et les organisations pour permettre les échanges et préparer à une « Conférence de dialogue national », à laquelle participeront toutes les forces extérieures et intérieures, désireuses de trouver une solution en Syrie.

 

Deuxième étape :

1. Le gouvernement en exercice invite à tenir une conférence de dialogue national et global, pour décider d’une « Charte nationale » qui affirme la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie, le rejet de toute ingérence dans ses affaires, ainsi que le renoncement au terrorisme et à la violence sous toutes ses formes. C’est cette charte qui tracera l’avenir politique de la Syrie et qui dessinera le système constitutionnel et judiciaire, les caractéristiques politiques et économiques, et les projets de lois issus du consensus, concernant les partis, les élections, l’administration locale etc.

 

2. La charte devra être soumise à référendum national.

 

3. Elle sera suivie de la formation d’un gouvernement élargi à toutes les composantes de la société syrienne, chargé de la mise en œuvre des dispositions de la « Charte nationale ».

 

4. Organisation d’un référendum sur la Constitution. Après son adoption, le gouvernement élargi adoptera les lois consensuelles issues de la « Conférence du dialogue national » conformément à la nouvelle constitution, dont celles portant sur la loi électorale qui permettra de tenir de nouvelles élections législatives. Ceci dit, tout ce qui concerne la Constitution et les lois pourrait être précédé du conditionnel « si », autrement dit en cas d’accord lors de la « Conférence du dialogue national », une conférence permettra de débattre des nouvelles lois ou de la nouvelle constitution ; le gouvernement travaillant à sa visibilité.

 

Troisième étape :

1. Formation d’un nouveau gouvernement conformément à la Constitution adoptée selon les modalités précédentes.

 

2. Tenue d’une « Conférence de Réconciliation Nationale », et déclaration d’une amnistie générale pour ceux qui ont été emprisonnés en raison des événements, avec maintien de leurs droits civils.

 

3. Travaux préparatoires pour la réhabilitation des infrastructures, la reconstruction, et l’indemnisation des citoyens pour les dommages subis du fait des événements.

 

Concernant l’amnistie générale, elle se fera en effet avec la conservation des droits civils, car l’État a le droit d’accorder la grâce dans le domaine du Droit public, alors qu’il ne dispose pas de cette possibilité dans le domaine du Droit des personnes… Je pense que lorsque nous serons arrivés à ce stade, il faudra que le pardon soit l’affaire de tous, non seulement par amnistie de l’État. Ce n’est qu’alors que nous parviendrons pratiquement à la « Réconciliation nationale », tout un chacun ayant pardonné à tous » !

 

Après tout ce qui s’est passé en Syrie, l’opposition qui refusera de participer aux pourparlers de Genève 3 devra assumer, devant les Syriens et le monde, la responsabilité d’avoir transformé la Syrie en foyer et couloir de passage à la pire espèce de terroristes ensauvagés, d’avoir été sourde aux avertissements et d’avoir vendu son âme au Diable.

 

Quant à l’opposition qui participera à ces mêmes pourparlers de Genève 3, elle devra expliquer, aux Syriens et au monde, pourquoi elle accepte maintenant ce qu’elle a refusé il y a trois ans, pourquoi ce qui est devenu halal aujourd’hui était haram hier, et qui sont les responsables du sang versé et de la dévastation du pays tout au long de ces années.

 

La seule différence entre ces deux types d’opposants, ceux qui refusent de participer et ceux qui acceptent, réside dans l’identité de ceux qui les exploitent et les financent. Ils sont dans la position de l’esclave obéissant ; avec d’une part, un maître qui ne cherche que le chaos et la destruction ; d’autre part, un projet où la Syrie est devenue l’arène de toutes sortes de pressions et de marchandages. Mais leurs effets sont désormais inopérants et leur fardeau est devenu plus lourd que les intérêts que leurs maîtres pouvaient en attendre.

 

Aucun de ces opposants n’a le droit de parler de trahison ou de coup dans le dos. Tous savent qu’ils ont ruiné leur pays et détruit sa civilisation, assouvissant la haine qui habite les dirigeants des Pays du Golfe, d’Ankara et de Paris [8] envers la Syrie pour ce qu’elle représente d’un point de vue historique et géographique. Tous savent que rien de ce qu’ils ont fait n’était syrien et que rien de ce qu’ils feront ne le sera, qu’ils participent aux pourparlers de Genève 3 ou pas.

 

Une telle opposition ne mérite que le gibet de potence de l’Histoire !

Nasser Kandil
28/01/2016
Mise en ligne CV : 29 janvier 2016

Source : Al-Binaa
http://www.al-binaa.com/ ?article=93669

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] Le président al-Assad lance une solution politique de la crise en Syrie.
Texte intégral du discours du 06/01/2013
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article3119

[2] La vraie bataille pour la Syrie, celle dont les médias ne vous parleront jamais
http://reseauinternational.net/la-vraie-bataille-pour-la-syrie-celle-dont-les-medias-ne-vous-parleront-jamais/

[3] Communiqué final de la Réunion du Groupe d’Action pour la Syrie, à Genève le 30 juin 2012.
http://discours.vie-publique.fr/notices/122001263.html

[4] Syrie : de Vienne 1 à Vienne 2, un champ de mines ?
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article6554

[5] Résolution 2254 (2015). Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 7558e séance, le 18 décembre 2015
http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp ?symbol=S/RES/2254%282015%29

[6] Syrie / Genève 2 : Nous sommes venus vous mettre face à vos responsabilités !
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article4263

[7] Encore et toujours, l’impasse pour l’opposition syrienne
https://www.lorientlejour.com/article/966856/encore-et-toujours-limpasse-pour-lopposition-syrienne.html

Plusieurs membres du CNS ont dénoncé, ces derniers jours, les propos de Kerry concernant la formation d’un gouvernement d’union nationale et la candidature d’Assad aux élections futures…

[8] Communiqué final de la réunion des « forces de la révolution et de l’opposition syriennes » (10 décembre 2015)
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/la-france-et-la-syrie/actualites-2015/article/communique-final-de-la-reunion-des-forces-de-la-revolution-et-de-l-opposition

NB : Aux dernières nouvelles de cette nuit sur Al-Mayadeen TV, les membres du haut comité des négociations [HCN] de ces « forces de la révolution et de l’opposition syriennes » dont le négociateur en chef est Mouhamad Allouche du groupe terroriste armé Jaïch al-Islam, auraient déclaré qu’ils ne participeront pas aux pourparlers de Genève 3.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 15:27

L'Analyse de Subhi Toma spécialiste de l'Irak et du Moyen Orient.

Interview réalisée par Frédéric Saillot le 15 octobre 2015.

Vidéo en bas de page

 

A l’heure où Paris est endeuillé, de plus en plus de responsables politiques et de géo-stratèges militaires mettent lucidement en avant l’efficacité opérationnelle des frappes russes qui, en une semaine, ont eu davantage d’impact que les Américains en une année…

 

Présentation synthétique actualisée, par Rachid Marwane

Suite aux récentes velléités de changement d’alliance, opérationnelles puis stratégiques, qui accompagnent les intenses bombardements de l’armée russe initiés en Syrie fin septembre, il paraît utile de se pencher sur l’unique question qui vaille et qui perdure douloureusement depuis le début de ce conflit, il y a de cela plus de quatre années : à savoir, l’exigence d’un indispensable règlement politique, dont seules les aspirations endogènes à une transition démocratique peuvent faire au monde l’économie d’une guerre interminable (et dont même la nécessité d’une guerre ne peut en réalité faire l’impasse).

 

Pour Subhi Toma, sociologue et ancien exilé irakien, natif de Mossoul et réfugié en France après un séjour dans les geôles de Saddam Hussein, cette exigence ne peut aujourd’hui se concrétiser que sous la forme d’une « troisième voie », que se doit de soutenir la communauté internationale du moment qu’elle est souhaitée par une majorité du peuple syrien. D’autant que pour ce militant acharné de la levée de l’embargo qui a affecté l’Irak dès 1991, devenu ensuite un farouche opposant à la guerre d’invasion de 2003 ; ce débat autour de la résolution du conflit syrien rappelle un autre combat qu’il continue de mener pour l’avenir d’un Irak libre, souverain et laïc. En effet, il s’agit là de ne plus voir, comme en triste et inadmissible miroir, réitérer en Syrie les erreurs ou plutôt les fautes qui ont conduit aux crimes contre le peuple irakien – dont l’honneur de la France demeure de s’être dès le départ opposée au caractère injuste et dangereux d’une guerre pour rien, sous la présidence de Jacques Chirac.

 

Presqu’étranger pour la première fois à son pays qu’il considère comme « parti », ce témoin direct de « ce qui n’a pas constitué un changement de régime mais le démantèlement d’un pays totalement dévasté et occupé » ne s’inscrit pas davantage dans le concert mainstream servi depuis par des experts virtuoses de la pensée unique et du droit d’ingérence, qui ont dénié au peuple irakien sous occupation jusqu’à son droit légitime à la résistance.

 

« Concurrence » russo-américaine anti-Daech

A l’aune de pareille expérience, cet analyste ne peut voir que d’un bon œil, comme vu d’Irak puis sans doute de Paris dans la foulée du rapprochement encore frais entre Poutine et Obama, l’inclination de plus en plus forte en faveur d’une alliance unifiée, à l’instar de celle constituée pour abattre le nazisme. Et, à l’heure où Paris est endeuillé, de plus en plus de responsables politiques et de géo-stratèges militaires mettent lucidement en avant l’efficacité opérationnelle des frappes russes qui, en une semaine, ont eu davantage d’impact que les Américains en une année… En dépit des fortes réticences de ces derniers, apparemment toujours mus par le « nouvel ordre mondial » jadis proclamé et décrété dès 1991 par Bush père ; semblable prouesse militaire peut s’expliquer par-delà la force mise en œuvre : en effet, ces mêmes Russes sont surtout parvenus à intégrer les autorités irakiennes, iraniennes et syriennes autour d’une structure unique de coordination du renseignement anti-Daech, basée à Bagdad.

 

Dès lors, à l’instar de cet insaisissable mais saisissant dilemme qui perdure étrangement dans l’esprit de François Hollande (qui ne saurait longtemps rester l’égal de l’Arabie saoudite dans son indéfectible soutien à une vision définie par la seule hyper-puissance des Etats-Unis), le gouvernement irakien actuel est lui aussi l’enjeu d’une « concurrence » russo-américaine, qui se déroule sous les yeux des populations de la région ainsi que des nôtres. Or, à défaut de pouvoir rivaliser avec les Russes en termes de « percée » et d’avancées militaires sur le terrain, les Américains multiplient généreusement en Irak les tractations et offres de fourniture d’armement qu’ils avaient pourtant jusque-là catégoriquement refusée au précédent gouvernement d’Al- Maliki…

 

Ce même Al-Maliki auquel l’on doit sans doute la radicalisation des populations sunnites, dont il a parachevé l’exclusion et desquelles sont issus en réaction les officiers et hauts-gradés de l’ancien régime baassiste qui conseillent dorénavant le prétendu et démentiel calife terroriste de Daech, Aboubaker Al-Baghdadi, structurant notamment les trafics à l’origine de son colossal financement.

 

Irak, Syrie : du « nouvel ordre mondial » au chaos généralisé

Enfin, après avoir rappelé que c’est bel et bien la prise de Mossoul, tragiquement sous-estimée en juin 2014, qui avait sonné le glas de cette cité autant – si ce n’est plus – cosmopolite que notre Paris ; Subhi Toma ne peut que continuer de nous dissuader d’adopter la grille de lecture ethniciste ou pseudo-confessionnelle que tentent d’imposer ceux qui ont intérêt à créer ou aviver des antagonismes et revendications jusque-là peu affleurants. Aussi (probablement pour l’historien qu’il est aussi) la centralité géostratégique de l’ensemble de la zone conduit-elle, aujourd’hui comme hier, à suspecter toute visée impérialiste – traditionnellement anglo-saxonne ou atlantiste dans la région – d’user une fois de plus du joug du confessionnalisme, divisant ainsi pour mieux régner. Tel est le triste sort auquel les Etats-Unis ont livré l’Irak, en s’appuyant à l’intérieur du pays uniquement sur des membres de la communauté chiite majoritaire – du moins, d’après un dernier recensement datant des années 60. En quelque sorte, cela a eu pour effet que « [, sous l’impulsion des Américains,] Al-Maliki a jeté les Sunnites dans les bras d’Al-Baghdadi ! »

 

Mais, heureusement, les Chiites du Sud de l’Irak manifestent de plus en plus de revendications socio-économiques, à l’unisson des populations sunnites qui oeuvrent quant à elles, de surplus, à se délivrer de l’oppression totalitaire de Daech. Il convient de noter que les terroristes n’étaient pas plus de quelque 500 lorsqu’ils sont entrés dans Mossoul « comme dans du beurre », à défaut d’une armée irakienne digne de ce nom puisque toujours en état de débandade depuis son démantèlement en 2003, et ce en dépit de centaines de milliards de dollars dépensés, évaporés on ne sait où…

 

« L’occupation de l’Irak a été bâtie sur des mensonges, et les mensonges continuent » : après l’aveu d’Hillary Clinton, paru dans les mémoires d’ancienne Secrétaire d’Etat rédigée par la future probable candidate démocrate qui affronterait l’improbable Donald Trump, au sujet de la création d’Al- Qaïda par les Etats-Unis ou, plus précisément, par l’administration Bush fils ; on ne peut plus ignorer qu’Al-Nosra, sa filiale ou succursale en Syrie, a été formée par la C.I.A. avec l’entremise des services saoudiens, et qu’elle reste préservée par son protecteur américain, comme en attestent d’ailleurs les réactions publiques de l’ancien candidat républicain John Mc Cain ou même du ministre français des Affaires étrangères. En conséquence, les tenants de l’argument confessionnel sont les principaux agitateurs du phantasme que représenterait l’avènement d’un soi-disant « croissant ou arc-en-ciel chiite ».

 

En définitive, en Lybie et en Syrie, le scénario américain de remodelage du Proche et Moyen- Orient a été le même qu’en Irak : à l’image de ce qui s’est avéré un échec en Egypte avec la destitution du président Morsi, Obama ne se cache d’ailleurs pas de vouloir confier le leadership régional dans son ensemble à la confrérie des Frères musulmans – longtemps réprimée et néanmoins très structurée au sein de nombreuses sociétés du monde arabe. Même s’il est vrai que, quelque peu échaudés et instruits de l’expérience du tragique fiasco irakien, les Etats-Unis avaient d’abord misé sur un retournement de l’armée syrienne, à travers la fomentation d’une mutinerie d’un nombre de ses cadres, avant de se rabattre sur l’encouragement de la formation d’Al-Nosra. Ce chaos en expansion paraît traduire une sorte de politique de la terre brûlée, inspirée au préalable en Irak par l’expérience des « escadrons de la mort » sud-américains, déjà inventés par le redoutable ambassadeur John Negroponte que l’on a tous vu tapi dans l’ombre de Colin Powell agitant ses fioles devant le Conseil de sécurité ! Une stratégie à laquelle les Etats-Unis semblent cyniquement recourir lorsqu’ils rencontrent une forte opposition ou résistance authentiquement patriotique. D’un biais plus optimiste, ce chaos à éradiquer témoigne donc également, hélas en filigrane rouge sang, de la forte unité nationale des peuples irakien et syrien ainsi que de l’ancrage historique de leur reliquat étatique respectif. Mais aussi de l’espoir nécessaire d’un règlement global incluant les différentes puissances régionales – « Iran, Irak et Arabie saoudite, condamnés à vivre côte à côte ».

 

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 16:06

Résolution 2254

 

Le Conseil de sécurité,

 

Rappelant ses résolutions 2042 (2012), 2043 (2012), 2118 (2013), 2139 (2014), 2165 (2014), 2170 (2014), 2175 (2014), 2178 (2014), 2191 (2014), 2199 (2015), 2235 (2015) et 2249 (2015), et les déclarations présidentielles des 3 août 2011 (S/PRST/2011/16), 21 mars 2012 (S/PRST/2012/6), 5 avril 2012 (S/PRST/2012/10), 2 octobre 2013 (S/PRST/2013/15), 24 avril 2015 (S/PRST/2015/10) et 17 août 2015 (S/PRST/2015/15),

 

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne, et aux buts et principes de la Charte des Nations Unies,

 

Se déclarant extrêmement préoccupé par les souffrances que continue d’endurer le peuple syrien, la situation humanitaire terrible, qui continue de se détériorer, la poursuite d’un conflit qui demeure caractérisé par une violence brutale, les conséquences néfastes du terrorisme et l’idéologie extrémiste violente qui le nourrit, l’effet déstabilisateur que la crise exerce sur la région et au-delà, y compris l’augmentation du nombre de terroristes que les combats attirent en Syrie, les dégâts matériels que subit le pays et la montée du sectarisme, et soulignant que cette situation continuera de s’aggraver en l’absence de règlement politique,

 

Rappelant qu’il a exigé que toutes les parties prennent toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils, notamment les membres des communautés ethniques et des groupes religieux et confessionnels, et souligne, à cet égard, que la responsabilité de protéger la population incombe au premier chef aux autorités syriennes ;

 

Réaffirmant que le seul moyen de régler durablement la crise syrienne est un processus politique ouvert, conduit par les Syriens, répondant aux aspirations légitimes du peuple syrien et mené dans la perspective de l’application intégrale des dispositions du Communiqué de Genève du 30 juin 2012, approuvé dans la résolution 2118 (2013), notamment la mise en place d’une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs, formée sur la base du consentement mutuel et dans des conditions propres à assurer la continuité des institutions de l’État,

 

Appuyant, à cet égard, les initiatives diplomatiques qu’entreprend le Groupe international d’appui pour la Syrie (GIAS) pour aider à mettre un terme au conflit syrien,

 

Se félicitant que le GIAS soit déterminé, comme il est indiqué dans la Déclaration conjointe sur l’issue des pourparlers multilatéraux sur la Syrie qui se sont tenus à Vienne le 30 octobre 2015 et dans la Déclaration du GIAS en date du 14 novembre 2015 (ci-après « les Déclarations de Vienne »), à assurer une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux, fondée sur l’ensemble des dispositions du Communiqué de Genève, et soulignant que toutes les parties syriennes doivent d’urgence s’employer diligemment, dans un esprit constructif, à atteindre cet objectif,

 

Exhortant toutes les parties au processus politique mené sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies à se conformer aux principes définis par le GIAS, notamment le respect de l’unité, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et du caractère non sectaire de la Syrie et la nécessité d’assurer la continuité des institutions de l’État, de protéger les droits de tous les Syriens, indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse, et de garantir l’accès humanitaire dans tout le pays,

 

Souhaitant la participation effective des femmes au processus politique mené pour la Syrie sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies,

 

Ayant à l’esprit l’objectif consistant à réunir l’éventail le plus large possible d’éléments de l’opposition, choisis par les Syriens, afin qu’ils décident de ceux qui les représenteront dans les négociations et définissent leurs positions de sorte que le processus politique puisse commencer, prenant note des réunions qui se sont tenues à Moscou et au Caire et des autres initiatives allant dans le même sens, et notant en particulier l’utilité de la réunion qui s’est tenue à Riyad du 9 au 11 décembre 2015, dont l’issue a contribué à la préparation des négociations sur un règlement politique du conflit devant se tenir sous les auspices de l’ONU, conformément au Communiqué de Genève et aux Déclarations de Vienne, et attendant avec intérêt que l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie mène à bonne fin les démarches nécessaires à cette fin,

 

1. Confirme à nouveau qu’il souscrit au Communiqué de Genève du 30 juin 2012, avalise les Déclarations de Vienne, ayant pour objet l’application intégrale du Communiqué de Genève, fondement d’une transition politique conduite et prise en main par les Syriens et visant à mettre fin au conflit syrien, et souligne que c’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir de la Syrie ;

 

2. Prie le Secrétaire général de réunir, en usant de ses bons offices ou de ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, les représentants du Gouvernement syrien et de l’opposition pour qu’ils engagent d’urgence des négociations officielles sur un processus de transition politique, en visant le début du mois de janvier 2016 pour le début des pourparlers, conformément au Communiqué de Genève et comme indiqué dans la Déclaration du Groupe international d’appui pour la Syrie du 14 novembre 2015, en vue d’un règlement politique durable de la crise ;

 

3. Confirme le rôle qui revient au GIAS, principal mécanisme de facilitation des initiatives de l’ONU visant à parvenir à un règlement politique durable en Syrie ;

 

4. Appuie, à cet égard, un processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’Organisation des Nations Unies, qui mette en place, dans les six mois, une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, et arrête un calendrier et des modalités pour l’élaboration d’une nouvelle constitution, et se dit favorable à la tenue, dans les 18 mois, d’élections libres et régulières, conformément à la nouvelle constitution, qui seraient conduites sous la supervision de l’ONU, à la satisfaction de la gouvernance et conformément aux normes internationales les plus élevées en matière de transparence et de responsabilité, et auxquelles pourraient participer tous les Syriens, y compris de la diaspora, qui en ont le droit, comme prévu dans la Déclaration du Groupe international d’appui pour la Syrie du 14 novembre 2015 ;

 

5. Est conscient du lien étroit existant entre un cessez-le-feu et un processus politique mené en parallèle, conformément au Communiqué de Genève de 2012, considère que les deux initiatives doivent avancer rapidement et, à cet égard, se dit favorable à un cessez-le-feu s’étendant à tout le territoire syrien, auquel le Groupe international d’appui pour la Syrie est convenu d’apporter son soutien et dont il s’est engagé à faciliter l’application, qui prenne effet aussitôt que les représentants du Gouvernement syrien et de l’opposition auront pris les premières mesures sur la voie d’une transition politique sous les auspices de l’ONU, sur la base du Communiqué de Genève, comme indiqué dans la Déclaration du 14 novembre 2015, et les engage à le faire d’urgence.

 

6. Prie le Secrétaire général de prendre la direction, par l’intermédiaire du bureau de son Envoyé spécial et en consultation avec les parties intéressées, des efforts visant à arrêter les modalités et les conditions d’un cessez-le-feu, ainsi que de continuer à planifier l’appui à l’application du cessez-le-feu, et exhorte les États Membres, en particulier les membres du Groupe international d’appui pour la Syrie, à soutenir et à accélérer tous les efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu, notamment en pressant toutes les parties intéressées de conclure un tel cessez-le-feu et de le respecter ;

 

7. Souligne qu’il faudra surveiller et vérifier le cessez-le-feu et mettre en place un mécanisme de communication des informations, prie le Secrétaire général de lui indiquer, au plus vite et au plus tard un mois après l’adoption de la présente résolution, les options possibles pour un tel mécanisme, et encourage les États Membres, notamment les membres du Conseil de sécurité, à apporter leur appui, en particulier sous forme d’expertise et en nature, à un tel mécanisme.

 

8. Demande aux États Membres, comme il l’a déjà fait dans sa résolution 2249 (2015), de prévenir et de réprimer les actes de terrorisme commis en particulier par l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), ainsi que par le Front el-Nosra et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés à Al-Qaida ou à l’EIIL, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a désignés comme tels ou qui pourraient par la suite être considérés comme tels par le Groupe international d’appui pour la Syrie et qualifiés comme tels par lui, conformément à la Déclaration du Groupe en date du 14 novembre 2015, et d’éliminer le sanctuaire qu’ils ont créé sur une grande partie des territoires de la Syrie, et note que le cessez-le-feu susmentionné ne s’appliquera pas aux actions offensives ou défensives dirigées contre ces individus, groupes, entreprises et entités, comme l’indique la Déclaration du Groupe en date du 14 novembre 2015 ;

 

9. Se félicite de l’action que le Gouvernement jordanien a menée pour aider à définir une position commune au sein du Groupe international d’appui pour la Syrie au sujet des personnes et des groupes susceptibles d’être qualifiés de terroristes et examinera sans tarder la recommandation formulée par le Groupe aux fins de la détermination des groupes terroristes ;

 

10. Souligne qu’il faut que toutes les parties en Syrie prennent des mesures de confiance pour contribuer à assurer la viabilité d’un processus politique et d’un cessez-le-feu durable, et demande à tous les États d’user de leur influence auprès du Gouvernement et de l’opposition syriens afin de promouvoir le processus de paix, les mesures de confiance et les démarches en faveur d’un cessez-le-feu ;

 

11. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport dès que possible, mais au plus tard un mois après l’adoption de la présente résolution, sur de nouvelles mesures de confiance envisageables ;

 

12. Demande aux parties d’autoriser immédiatement les organismes humanitaires à accéder rapidement, en toute sécurité et sans entrave, dans l’ensemble de la Syrie, et par les voies les plus directes, à toutes les personnes dans le besoin, en particulier dans toutes les zones assiégées et difficiles d’accès, de libérer toute personne détenue arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants, engage les États membres du Groupe international d’appui pour la Syrie à faire immédiatement usage de leur influence à ces fins, et exige l’application intégrale des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014) et de toutes autres résolutions pertinentes ;

 

13. Exige de toutes les parties qu’elles mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les populations ou les biens civils, y compris celles dirigées contre les installations et le personnel médicaux, ainsi qu’à l’emploi aveugle d’armes, tels que les tirs d’obus et les bombardements aériens, se félicite que le Groupe international d’appui pour la Syrie se soit engagé à faire pression sur les parties à cet égard, et exige en outre de toutes les parties qu’elles s’acquittent immédiatement des obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des droits de l’homme applicables ;

 

14. Souligne qu’il importe au plus haut point de créer des conditions permettant aux réfugiés et aux personnes déplacées de retourner de leur plein gré et en toute sécurité dans leur région d’origine et aux régions touchées de se relever, conformément au droit international, notamment aux dispositions de la Convention et du Protocole relatifs au statut des réfugiés, et en tenant compte des intérêts des pays qui accueillent des réfugiés, exhorte les États Membres à prêter leur concours à cette fin, attend avec intérêt la Conférence de Londres sur la Syrie, qui sera organisée en février 2016 par le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Koweït, la Norvège et l’Organisation des Nations Unies et qui devrait apporter une contribution importante dans ce contexte, et exprime également son soutien au relèvement et à la reconstruction de la Syrie après le conflit ;

 

15. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport dans un délai de 60 jours sur l’application de la présente résolution, notamment sur la progression du processus politique facilité par l’ONU ;

 

16. Décide de rester activement saisi de la question.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 15:58
L’Otan va dans le mur en Syrie, c’est écrit… sur le mur
Par Pepe Escobar

Repris sur  Comité Valmy

 

 

 

Le nouveau plan : donner le contrôle de la Syrie du Nord aux rebelles modérés anti-Assad (dominés par al-Qaïda) et tolérer ISIS battu mais consolidé dans l’ouest du pays

Les Services de renseignement russes, FSB, SVR et GRU, en décryptant toutes les bonnes connexions, ne peuvent pas s’empêcher de conclure que Washington laisse la guerre froide 2.0 dégénérer jusqu’au point d’ébullition.
Mettez-vous à la place des Services de renseignement russes arpentant l’échiquier géopolitique.

 

Un avion civil commercial russe est détruit en vol par une filiale de ISIS / ISIL / Daesh. Un avion de chasse russe tombe dans une embuscade, abattu par la Turquie ; voici un scénario, encore partiel mais crédible, de l’évènement.

 

Les casseurs d’extrême droite ukrainiens sabotent l’approvisionnement en électricité de la Crimée. Une base de l’armée syrienne près de Deir Ezzor – un avant-poste important contre ISIS / ISIL / Daesh dans l’est de la Syrie – est frappé par la Coalition US des Opportunistes des Coups Tordus (OCT). Le FMI pardonne à l’Ukraine le non-paiement de sa dette à la Russie, rejoignant ainsi, de fait, la guerre froide 2.0.

 

Et cela n’est qu’une courte liste.

La progression est logique. L’Otan et le CCG [les pays du Golfe, NdT] sont dévorés par l’angoisse. L’entrée de la Russie sur le théâtre de la guerre syrienne – une guerre par procuration, pas une guerre civile – a jeté aux orties tous les plans de changement de régime carrément criminels.

 

Si la coalition des OCT menée par les USA était vraiment résolue à lutter contre ISIS / ISIL / Daesh, ils travailleraient côte à côte avec l’armée arabe syrienne (SAA), et n’essaieraient pas de l’entraver par des bombardements.

 

Et ils essaieraient activement de fermer les principaux passages entre la Turquie et la Syrie ainsi que le couloir de Jarablus qui est en fait une autoroute djihadiste 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

 

Le jeu de l’Otan en Syrie se vautre dans l’ambiguïté poisseuse. Les discussions avec des diplomates de l’UE à Bruxelles, dissidents mais pas nécessairement vassaux de l’Otan, révèlent un contre-narratif de la façon dont le Pentagone a clairement dessiné la stratégie de la Russie ; comment ils ont interprété que les forces russes étaient relativement isolées ; et comment ils ont décidé de permettre à Ankara et au Sultan Erdogan de partir en vrille – un alibi parfait pour un déni plausible.

 

Ce qui nous ramène à la chute du chasseur Su-24. Faisant un pas de plus, l’expert russe Alexei Leonkov soutient que l’Otan n’a pas seulement enregistré toute l’opération à partir d’un AWACS, mais qu’un autre AWACS de l’Arabie saoudite a effectivement guidé les F-16 turcs.

 

Les F-16 sont incapables de lancer des missiles air-air sans le guidage d’un AWACS. Des données russes et syriennes – qui peuvent être vérifiées de façon indépendante – ont repéré les AWACS américain et saoudien dans la région au moment de l’attaque contre le Su-24. Et pour couronner le tout, l’accord US-Turquie sur la procédure d’utilisation des F-16 stipule qu’une autorisation US est obligatoire pour le déploiement des jets contre un pays tiers.

 

Tout cela suggère une hypothèse extrêmement grave ; un coup monté direct Otan-CCG contre la Russie, qui peut encore être clarifiée par la boîte noire du Su-24 récupérée par les Russes.

 

Comme si cela ne suffisait pas pour soulever plusieurs sourcils, cela pourrait signifier tout simplement le premier pas sur un échiquier en expansion. L’objectif final étant de maintenir la Russie loin de la frontière turco-syrienne.

 

Mais cela ne se produira pas pour un certain nombre de raisons – dont l’une des moindres n’est pas le déploiement russe des S-400 ultra efficaces. La Force aérienne turque a tellement peur que tout – même hiboux et vautours – est abattu à la frontière.

 

Pendant ce temps, la composante humaine du renseignement (Humint) est renforcée ; encore plus de bottes otanesques sur le terrain, Allemands inclus, présentés comme de simples conseillers – qui, si elles sont déployées sur le champ de bataille, vont inévitablement entrer en conflit avec l’Armée arabe syrienne (AAS).

 

Pour encadrer l’opinion publique, la faction allemande des bombardeurs humanitaires néocons est déjà en train de bricoler le narratif selon lequel Assad est le véritable ennemi, et non pas ISISI / SIL / Daesh. Enfin, les Allemands ont clairement fait savoir qu’ils ne travailleront pas aux côtés de la Russie ou de de l’AAS, mais prendra ses ordres au Centcom en Floride et au QG de la coalition OCT au Koweït.

 

Le plan directeur de l’Otan pour le nord de la Syrie dans les prochaines semaines et mois consiste à envoyer des avions de combat US, britanniques, turcs, et des Français encore dans la balance (on collabore avec les Russes, ou c’est juste pour rire ?). Ce plan est vendu à l’opinion publique mondiale comme une coalition des efforts – avec la Russie à peine mentionnée.

 

Le plan directeur, sous le couvert de bombarder l’antre du faux califat à Raqqa, serait idéalement d’ouvrir la voie à une zone de sécurité de facto concoctée pour Erdogan dans le couloir de Jarablus, qui est en réalité une zone d’exclusion aérienne taillée sur mesure pour abriter un troupeau de rebelles modérés, alias inconditionnels salafistes-jihadistes du type al-Nusra mouvance al-Quaida.

 

En parallèle, attendez-vous à un torrent de baratin turc centré sur la protection de la minorité turkmène dans le nord de la Syrie, effectivement cinquième colonne de la Turquie, fortement infiltrée par les islamo-fascistes du type Loups Gris. Cela a commencé avec Ankara accusant Moscou de nettoyage ethnique. Sans scrupules, Erdogan trouvera même attrayante la théorie du R2P (responsabilité de protéger inventée par les harpies du Département d’État US) déjà employée par l’Otan pour libérer la Libye.

 

Et voici où l’Otan est totalement en phase avec Ankara ; après tout, une zone de sécurité protégée par l’Otan bourrée de rebelles modérés est l’outil parfait pour le démantèlement de l’État syrien en mode turbo.

 

C’est pas légal mais on s’en fout

L’intervention de l’Otan en Syrie est bien sûr absolument illégale.

La résolution 2 249 du Conseil de sécurité des Nations Unies ne relève pas du chapitre 7 de la charte des Nations Unies. Pourtant, une fois de plus le langage créatif – de style artifice rhétorique français – brouille la non-justification de la force militaire pour donner l’impression que l’ONU approuve.

 

Et voilà exactement comment Lawrence Cameron d’Arabie l’a interprétée. Le rideau de fumée est intégré dans le processus, avec Londres s’engageant à travailler côte à côte avec Moscou.

 

La résolution 2 249 est encore un autre cas de réduction en miettes du droit international. Les frappes aériennes – sporadiques – du Royaume-Uni et de la France, couvertes par le prétexte de frapper ISIS / ISIL / Daesh, n’ont jamais été autorisées par Damas, et le Conseil de sécurité n’a même pas été consulté.

 

L’intervention de la Russie, pour sa part, a été entièrement autorisée par Damas.

 

En plus de cela, la coalition des OCT de 60 ou 65 pays n’est pas une coalition, contrairement à ce que l’administration voudrait frénétiquement nous faire croire. En vérité, ils sont sept : Allemagne, France, Royaume-Uni, États-Unis, Turquie, Qatar et Arabie saoudite. En un mot : un composé épuré jusqu’à l’os de l’Otan et du CCG.

 

Ceux qui sont réellement en lutte contre le faux califat sur le terrain sont la SAA ; le Hezbollah ; les Chiites irakiens assistés de conseillers iraniens ; et à l’extérieur de l’alliance « 4 + 1 » (la Russie, la Syrie, l’Iran, l’Irak, plus le Hezbollah), une coalition du parti kurde (GPJ) et de petites milices arabes et chrétiennes, désormais unies sous un parapluie politique, le Conseil démocratique syrien qui abhorre Ankara comme on s’en doute.

 

Les provocations d’Ankara ne cesseront pas – y compris les moyens créatifs pour entraver le passage des navires russes du Syrian Express dans le Bosphore et les Dardanelles sans violer la Convention de Montreux.

 

Donc le nouveau plan directeur de l’Otan se dirige maladroitement vers l’objectif principal : la libération à la sauce libyenne du nord de la Syrie pour l’occuper soit par des rebelles modérés ou, dans le pire des cas, des Kurdes syriens, qui en théorie devraient être facilement manipulés.

 

ISIS / ISIL / Daesh serait dans ce cas contenu (jargon de l’administration Obama) non pas dans l’Est de la Syrie, mais en fait expulsé vers le désert occidental irakien où ils se solidifieraient en un Sunnistan. Erdogan veut aussi absolument un Sunnistan, mais sa version est encore plus ambitieuse, elle englobe Mossoul.

 

Tout cela se passe alors qu’une tripotée de rebelles modérés syriens, venus de partout, se sont réunis au Comité central wahhabite du salafisme-jihadiste à Riyad pour choisir un groupe de 42 personnes qui sélectionnera les négociateurs des futurs pourparlers de paix.

 

Une fois de plus ils ont convenus que « Assad doit partir », même pendant le processus de transition. Et que les forces étrangères doivent quitter la Syrie. Évidemment, le tsunami de mercenaires payés par Riyad et en armes aux côtés de Doha et Ankara n’est pas concerné.

 

Tout esprit sain se demande comment la Maison des Saoud s’arrange avec tout ça : choisir qui est un modéré dans une nation complètement déstabilisée par son implication sans faire s’esclaffer le monde entier. Simple : parce Riyad possède un troupeau de lobbyistes américains et récompense grassement les gourous en relations publiques tels que Edelman, la plus grande agence privée de relations publiques sur la planète.

 

Et, pas par accident, le Conseil démocratique syrien n’a pas été invité à se rendre à Riyad.

 

Les dés sont jetés. Quoi que puisse concocter Ankara – sous le couvert de l’Otan – pour empêcher la coalition « 4 + 1 » d’avancer sur le terrain en Syrie, l’écriture (mortelle) est sur le mur. Elle évoque des missiles de croisière livrés par la flotte russe de la mer Caspienne ou par des sous-marins. Et elle va suivre à la lettre ce que le président Poutine lui-même a dit à la collégiale du ministère russe de la Défense :

 

« Je vous ordonne d’agir extrêmement sévèrement. Toutes les cibles qui menacent les forces russes ou notre infrastructure sur le terrain doivent être immédiatement détruites. »

 

Le 15 décembre 2015 – Source Russia Insider

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 18:04

par Thierry Meyssan

Les termes de la Résolution 2254 confirment pour l’essentiel ceux du Communiqué de Genève adopté il y a trois ans. Les deux plus grandes puissances militaires du monde s’accordent pour le maintien de la République arabe syrienne, tandis que les impérialistes —au premier rang desquels la France— poursuivent leur rêve de changer le régime par la force. Mais le monde s’est transformé durant ces années et il semble difficile de faire capoter ce nouvel accord comme cela avait été fait en 2012.

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 21 décembre 2015

 

Les relations Washington-Moscou

Les États-Unis et la Russie viennent, pour la seconde fois, de trouver un accord entre eux et de conclure un plan de paix pour la Syrie.

 

- La première fois, c’était lors de la Conférence de Genève de juin 2012 [1]. Il s’agissait d’apporter la paix à la fois en Syrie et dans l’ensemble du Proche-Orient en se divisant la région en zones d’influence [2]. Cependant cet accord fut immédiatement saboté par la secrétaire d’État Hillary Clinton et son groupe de « faucons libéraux » et de « néo-conservateurs ». De sorte que la France organisa moins de deux semaines plus tard la relance de la guerre, lors de la conférence de Paris des « Amis de la Syrie » [3], puis avec l’opération « Volcan de Damas et tremblement de terre de la Syrie » [4]. À ce contentieux s’ajouta, fin 2013, le coup d’État en Ukraine. Les deux événements marquèrent la suspension quasi-complète des relations diplomatiques entre Washington et Moscou.

 

- La seconde, c’est lors de la visite de John Kerry à Vladimir Poutine au Kremlin, le 15 décembre 2015 [5]. La rencontre fut immédiatement suivie de la réunion de la Haute commission de l’opposition syrienne, et de l’adoption des résolutions 2253 [6], interdisant le financement d’Al-Qaïda et de Daesh, et 2254 [7], institutionnalisant les efforts déployés à Genève et à Vienne pour la Syrie. À la surprise générale, la Haute commission de l’opposition élit l’ancien Premier ministre baasiste Riad Hijab —issu d’une tribu présente en Arabie— pour conduire sa délégation. Pour éviter les erreurs d’interprétation, le secrétaire d’État Kerry déclara au Kremlin que l’avis des États-Unis sur le président Assad ne ferait pas obstacle au vote des Syriens, puis il affirma au Conseil de sécurité que le « processus politique n’offre pas un choix entre Assad et Daech, mais entre la guerre et la paix ».

Le retrait des conseillers militaires iraniens avait débuté peu avant le sommet du Kremlin.

 

La Russie s’est mise en conformité avec le Communiqué de Genève. Celui-ci prévoit en effet d’intégrer des éléments de l’opposition dans une sorte de gouvernement d’union nationale de la République arabe syrienne. Afin de montrer qu’elle lutte contre les terroristes, mais pas contre les opposants politiques fussent-ils armés, la Russie a conclu un accord avec l’Armée syrienne libre et avec son sponsor, la France. Alors que cette armée n’a jamais eu l’importance sur le terrain que les médias atlantistes lui ont donnée et qu’elle n’existe plus depuis la fin 2013, 5 000 combattants, sortis d’on ne sait où, collaborent désormais aussi bien avec l’armée russe qu’avec celle de la Syrie contre Al-Qaïda et Daesh ; une mise en scène bien surprenante lorsqu’on sait que l’ASL était censée être implantée au Sud, mais qu’elle combat désormais au Nord du pays.

 

Depuis le fiasco de la Conférence de Genève de juin 2012, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Certains protagonistes ont été éliminés et les rapports de force se sont inversés.

 

- Le président Obama semble avoir retrouvé une partie de son pouvoir et clos le projet du « Printemps arabe ». Ainsi, il est parvenu à se débarrasser successivement du général David Petraeus (qu’il fit arrêter menottes au poignet, en novembre 2012), d’Hillary Clinton (en janvier 2013) et du général John Allen (contraint à la démission il y a juste deux mois, en octobre 2015). De même, il a épuré son administration —y compris le Conseil national de sécurité— des Frères musulmans. Toutefois Jeffrey Feltman reste le numéro 2 des Nations unies. Il y a rédigé un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie et a fait trainer les négociations de paix en espérant la défaite de l’Armée arabe syrienne [8].

 

- La Maison-Blanche a contraint, en juin 2013, l’émir Hamad al-Thani du Qatar à abdiquer et son Premier ministre Hamad ben Jassem à se retirer de la vie politique [9]. Toutefois, ce dernier est devenu le co-président de la Brookings Intitution Doha, tandis que le nouvel émir Tamim a maintenu le financement des Frères musulmans et de leurs organisations terroristes jusqu’à la crise diplomatique avec son voisin saoudien, en mars 2014 [10].

 

- Malgré les mises en garde de la Defense Intelligence Agency (DIA), le groupe de David Petraeus est parvenu, à la mi 2014, à piloter le développement d’une organisation qu’il avait créée en 2004, avec le colonel James Steele, le colonel James Coffman et l’ambassadeur John Negroponte, sous le nom d’« Émirat islamique en Irak ». Ils l’ont utilisée pour nettoyer ethniquement une partie de ce pays en vue de sa partition. Cette opération a été soutenue par des États (l’Arabie saoudite, Chypre, les Émirats arabes unis, la France, l’Italie, Israël, le Qatar, la Turquie et l’Ukraine) et des multinationales (Exxon-Mobil, KKR, Academi).

 

- La Maison-Blanche est parvenue à éliminer aussi bien le clan de l’ancien roi Abdallah que celui du prince Bandar ben Sultan de la direction saoudienne et à ne confier celle-ci qu’aux princes Mohamed ben Nayef et Mohamad ben Salmane, sous l’autorité du nouveau roi Salmane. Cette nouvelle distribution affaiblit le pouvoir, mais rend un changement de politique envisageable.

 

- L’accord 5+1 avec l’Iran a marqué le renoncement de Téhéran à son ambition révolutionnaire [11], de sorte qu’un modus vivendi avec les Saoudiens devient envisageable [12], même si l’épisode yéménite est venu compliquer la tâche.

 

- Aussi bien Washington que Moscou ont pris en grippe le président turc, Recep Tayyip Erdoğan [13]. Cependant, l’appartenance de la Turquie à l’Otan contraint la Maison-Blanche à la prudence, d’autant qu’Ankara s’est allié à Kiev [14], autre théâtre de guerre important pour la stratégie globale des États-Unis [15].

 

- Le rapport de forces entre Washington et Moscou s’est progressivement inversé, en juin 2012 et en septembre 2015. L’Otan a perdu sa supériorité à la fois en matière de missiles intercontinentaux [16] et en matière de guerre conventionnelle [17] de sorte que la Russie est désormais la première puissance militaire du monde.

 

Par conséquent, les rôles se sont inversés. En 2012, le Kremlin entendait se hisser à un niveau d’égalité avec la Maison-Blanche. Aujourd’hui, cette dernière a besoin de négocier au plan politique la perte de sa domination militaire.

 

Signe du temps, la Rand Corporation, think tank emblématique du complexe militaro-industriel, vient de publier son Plan de paix pour la Syrie. Ce puissant groupe de réflexion avait déjà choqué l’establishment états-unien, en octobre 2014, en affirmant que la victoire du président el-Assad était la meilleure issue pour Washington [18]. Il propose désormais un cessez-le-feu qui permette de justifier la présence de représentants de l’opposition et des Kurdes dans le futur gouvernement d’union nationale [19].

 

L’opposition à la nouvelle donne mondiale

L’opposition à la politique de Barack Obama n’a pas pour autant disparu. Ainsi, le Washington Post l’accuse d’avoir capitulé sur la question du changement de régime en Syrie face à la Russie [20].

En 2012, on pouvait interpréter l’opposition du clan Petraeus-Clinton à la paix comme une volonté de profiter au maximum de la supériorité militaire US. Mais avec le développement des nouvelles armes russes, cela n’a plus de sens. Dès lors, la seule interprétation possible est le pari de provoquer sans tarder un affrontement mondial, sachant que les Occidentaux pourraient éventuellement encore le gagner ; chose qu’ils ne pourraient aucunement espérer lorsque la Chine sera capable d’aligner également son armée.

 

Comme lors de la Conférence de Genève, la France est intervenue dès la résolution 2254 adoptée. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a à nouveau déclaré que si tous les groupes d’opposition devaient pouvoir participer à la transition en Syrie, le seul président el-Assad devait en être exclu ; une idée contraire aux principes du Communiqué de Genève et de la résolution 2254.

 

Si l’on pouvait interpréter, en 2012, la position française comme une volonté de changer le régime en substituant un gouvernement des Frères musulmans à celui du Baas, dans la continuité du renversement des régimes laïques arabes (« Printemps arabe ») ; ou comme une tentative de « faire saigner l’armée syrienne » pour faciliter la domination régionale par Israël ; ou tout simplement comme une ambition de recolonisation ; ce n’est plus possible aujourd’hui parce que chacun de ces trois objectifs passe par une guerre contre la Russie.

 

La France instrumente la question syrienne pour le compte des faucons libéraux et des néo-conservateurs US. Ce faisant, elle est soutenue par les sionistes messianistes qui, comme Benjamin Netanyahu, considèrent comme un devoir religieux de hâter la venue du Messie en provoquant l’affrontement eschatologique.

 

La paix en Syrie ou la Guerre nucléaire ?

Il serait extrêmement étonnant que les faucons libéraux, les néo-conservateurs et les sionistes messianiques parviennent à imposer leur politique aux deux Grands. Toutefois, il sera difficile de parvenir un résultat définitif avant janvier 2017 et l’arrivée d’un nouveau président à la Maison-Blanche. Dès lors, on comprend mieux le soutien affiché de Vladimir Poutine pour Donald Trump qui semble le mieux placé pour faire barrage à son amie Hillary Clinton [21].

 

En réalité, tout est prêt pour conclure une paix qui permette aux perdants de conserver la tête haute.

À retenir :
- La Résolution 2253 interdit aux sponsors de Daesh et d’al-Qaïda de poursuivre leur action. La Résolution 2254 confirme le Communiqué de Genève de juin 2012. Les deux Grands s’accordent pour maintenir la République arabe syrienne et soutenir un gouvernement d’union nationale.
- L’opposition armée soutenue par l’Arabie saoudite a élu l’ancien Premier ministre bassiste Riad Hijab, en fonction à l’époque du Communiqué de Genève, pour conduire sa délégation. Tandis que la Russie a conclu un accord avec l’Armée syrienne libre et son sponsor, la France.
- Tout est prêt pour conclure une paix qui permette aux perdants de garder la tête haute. Mais, comme en 2012, la France a relancé ses exigences dès la Résolution 2254 adoptée.

Thierry Meyssan

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 09:40
Rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie !
Coopérer avec Bachar Al Assad et Vladimir Poutine pour éradiquer DAESH !
Ecarter L. Fabius du Gouvernement compradore !
Comité Valmy

mercredi 18 novembre 2015, par Comité Valmy

 

 

Le Comité Valmy a entrepris une analyse collective des tueries takfiristes qui ont frappé la France, de leurs origines et de leurs conséquences, comme prétexte à l’aggravation annoncée des conditions concrètes du développement de l’euro dictature occidentaliste dans notre pays.
Nous y reviendrons.

Le Comité Valmy adresse dans un premier temps, ses condoléances aux familles endeuillées par les massacres du 13 novembre 2015 en Ile-de-France. La France officielle avait pour ennemi la Syrie souveraine présidée par Bachar al Assad, tout en faisant semblant de combattre l’État islamiste. Les actions terroristes nous montrent l’échec dramatique de cette politique ambiguë et criminelle, caractérisée notamment par le soutien de l’organisation terroriste Al Nosra à propos de laquelle, Laurent Fabius a affirmé qu’en Syrie ses adeptes « font du bon boulot ».

Par les 128 assassinats qu’il a perpétrés, l’État islamiste nous démontre la fausseté de la politique étrangère menée par François Hollande et Laurent Fabius d’alliance avec la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, fournisseurs d’armes des djihadistes.


La France doit relever le défi terroriste et changer de camp. Elle doit :

  • Rétablir les relations diplomatiques avec les autorités légales syriennes dont les troupes luttent au sol contre le terrorisme,
  • établir une coopération policière avec les autorités de Damas pour prévenir de nouveaux attentats en France organisés par l’État islamique,
  • participer à l’action militaire internationale contre l’État islamique proposée par Wladimir Poutine aux Nations Unies

La nouvelle politique étrangère qui s’impose ne pourra être menée par Laurent Fabius, aussi le Comité Valmy demande sa démission de ministre des Affaires Etrangères.


Profitant de l’émotion suscitée par les massacres, le gouvernement a décrété l’état d’urgence. Cette mesure liberticide ne frappera pas les terroristes, mais comme d’habitude ceux qui luttent contre le terrorisme. Le Comité Valmy demande la levée de cette mesure.

Comité Valmy
Paris le 14 novembre 20
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 11:18

par Karl Müller source Horizons et débats

 

En été 2013, alors que les Etats Unis, de pair avec la «coalition des volontaires», se préparaient à attaquer la Syrie, le pape François s’adressa à Rome, sur la place Saint Pierre, à la foule lors d’une veillée pour la paix: «Que les armes se taisent! La guerre signifie toujours l’échec de la paix, elle est toujours une défaite de l’humanité.» Deux ans plus tard, lors de l’intervention militaire russe en Syrie, la vérité de ce témoignage n’a rien perdu de son intensité.


Cependant la plainte des médias et des politiciens occidentaux au sujet de l’intervention de la Russie est hypocrite – et la vérité reste sur le carreau. Cette hypocrisie ne se dirige pas seulement (à nouveau) contre la Russie, mais elle se dirige aussi contre tous ceux qui veulent mettre un terme à la guerre en Syrie et qui sont conscients de la nécessité d’un effort commun – et dans ce contexte le mot est approprié – de la communauté mondiale.

 

Une tâche pour la communauté mondiale

Ce n’est pas seulement le gouvernement russe qui en est convaincu – le discours du président russe devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 28 septembre 2015 à New York, les efforts de la présidence russe au sein du Conseil de sécurité, le projet de résolution de la Russie pour le Conseil de sécurité du 1er octobre 2015 et les prises de position du ministère des Affaires étrangères de la Russie le prouvent maintes fois. Des voix prudentes, issues de l’Occident, partagent également ce point de vue. Mais ces voix doivent se battre vigoureusement et sont menacées de s’effondrer dans la grêle propagandiste de la nouvelle guerre froide. Il suffit de lire les médias à n’importe quel jour de la semaine pour saisir ce qu’il en est.

 

pas seulement des médias avec un arrière plan transatlantique...

Exemple, le 22 octobre 2015: le lendemain de la visite du président syrien à Moscou, les commentaires mordants dans les quotidiens allemands semblent se mettre au pas. Peu importe qu’il s’agisse du quotidien soi-disant conservateur «Die Welt», de la «tageszeitung» se déclarant alternative de gauche, de la «Süddeutsche Zeitung» soi-disant du centre-gauche, ou du «Handelsblatt», journal prétendument économique libéral – leurs critiques n’épargnent pas la tentative du président russe, en commun avec le président syrien, de mettre fin à la guerre civile dans ce pays en détresse. On n’hésite même pas à rendre la Russie responsable du problème des réfugiés au Proche-Orient. A qui viendrait-il à l’idée que ces médias sont impliquées dans des réseaux transatlantiques?

 

...mais aussi de voix en faveur d'une coopération avec la Russie

 

Mais peu de temps après, on entend dans le Deutschlandfunk d’autres sons de cloche, non pas par la station elle-même mais par ses partenaires d’interview. Jochen Hippler de l’Institut für Entwicklung und Frieden de l’Université de Duisburg trouve: «Il est très probable qu’on ne pourra pas résoudre le problème de la Syrie sans Assad. Ce n’est pas seulement Vladimir Poutine qui en est convaincu; également à l’Occident cette idée semble s’imposer de plus en plus.» Et Hippler d’ajouter: «L’opposition, les insurgés sont totalement fractionnés, s’attaquent en partie mutuellement. Et puis nous avons l’EI qui guette encore à l’arrière-plan. Sans alternative politique, sans savoir qui peut prendre la relève, l’abdiction de la dictature relève plutôt du domaine de la réthorique que d’un concept politique.» Le même matin, Deutschlandfunk donne aussi la parole à Harald Kujat. Kujat fut inspecteur général de la Bundeswehr et avait la présidence du comité militaire de l’OTAN. Tout au contraire des médias, pour lui, l’intervention militaire russe en Syrie représente un signe d’espoir: «Je pense que nous avons actuellement un développement qui fait au moins penser que la raison s’impose.» Quelques jours auparavant, le 10 octobre, à la Deutschlandradio Kultur, l’ancien inspecteur général de la Bundeswehr avait amplement pris position au sujet de la Syrie. Kujat, confronté au fait que l’OTAN critique vivement l’offensive russe en Syrie rappelle: «Je recommanderais ici plus de calme.»

 

Concrètement, il répond à l’affirmation du gouvernement turc que des avions russes auraient pénétré dans l’espace aérien turc. L’OTAN avait avancé une critique acerbe. Kujat par contre: «Je recommande de ne pas dégénérer ici – ni sur le plan verbal ni militaire. La Turquie, en particulier, est enclin à faire de sorte que l’OTAN doive se montrer solidaire de la Turquie et s’investir dans sa défense. Je pense qu’il faudrait être prudent avec de telles déclarations. Comme je viens de le dire, le désarmement verbal est actuellement de mise.» Et Kujat de continuer: «La Russie n’a aucun intérêt à attaquer la Turquie».

 

L'ancien général Kujat : l'exigence d'un retrait immédiat d'Assad est aberrante

Kujat précise qu’il y a des intérêts communs de l’Occident et de la Russie en Syrie: la lutte contre l’EI. Mais pour cela il faut aussi des troupes déployées sur le terrain, et celles-ci ne peuvent être mises à disposition que par le président Assad. Selon Kujat l’exigence occidentale qu’Assad devrait d’abord démissionner est aberrante. En outre, elle est opposée aux décisions des conférences internationales: «C’était une position sur laquelle on s’était largement mis d’accord en 2012 [à Genève]. En fait, il ne s’agit pas d’une situation totalement nouvelle. Au fond, il ne faut que retourner à ce qu’on avait décidé raisonnablement à ce moment-là.»


Kujat n’est pas porte-parole du gouvernement russe. Il lui reproche même de suivre ses propres intérêts en Syrie. Mais pour lui, la lutte contre l’EI semble être prioritaire, mettre un terme à la guerre en Syrie: «On peut chasser l’EI hors de la Syrie.» On pourrait atteindre cela en commun avec la Russie après que l’Occident ait laissé aller les choses, dixit Kujat.


On peut réellment se demander pourquoi – au sujet de la Syrie – les médias et les politiciens occidentaux ont déclanché une telle propagande antirusse. Pour les politiciens et les médias occidentaux (jusqu’alors dominants) la lutte contre la Russie passerait-elle avant la lutte contre l’EI? L’Occident a-t-il même activement promu l’avance de l’EI? Les indices sont multiples. C’est entretemps un fait reconnu que le gouvernement turc et quelques gouvernements arabes appartiennent aux promoteurs de l’EI. Quelle est la part des gouvernements des Etats occidentaux?

 

N’est-ce pas une déclaration de banqueroute juridique et morale que de faire en secret chose commune avec un régime comme l’EI – seulement pour imposer sa propre politique de force et ses propres buts impériaux? La caste politicomédiatique responsable de cette politique ne devrait-elle pas rentrer dans le rang et céder la place à une autre politique s’orientant aux valeurs auparavant déterminantes pour la communauté mondiale et le droit international? Le monde en est encore bien loin. Les anciennes puissances ne sont pas encore prêtes à accepter que le monde est en train de devenir multipolaire. Et que dans un monde multipolaire, il n’y a qu’un seul chemin acceptable: celui du dialogue honnête et sur un pied d’égalité des Etats et de leurs gouvernements à la table de négociation. Ainsi l’impératif du pape, «Que les armes se taisent», aurait une chance de se réaliser. •

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