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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 09:42

Mgr Jacques Hindo, affirme que les raids russes sont efficaces contre les djihadistes. Il critique en revanche la stratégie américaine, décrite comme inefficace et « ambiguë ».

Origine La Croix via Comité Valmy

 

Pour Mgr Hindo, archevêque syro-catholique d’Hassaké, au nord-est de la Syrie, les offensives russes de ces derniers jours ont démontré leur efficacité contre le groupe Daech. Elles auraient provoqué le recul de l’organisation en direction du désert irakien, selon des témoignages locaux.

 

« L’intervention de Moscou est positive, assure l’archevêque syrien, parce qu’elle cible réellement Daech, et la milice est en train de fuir. Ils ont fui la région [d’Hassaké, ndlr.], dans l’empressement, à bord d’environ 20 véhicules. Ils ont dû abandonner 20 autres voitures sur place. C’est le signe qu’ils ont vraiment dû battre en retraite ».

 

Passivité américaine  ?

L’archevêque, cité vendredi 9 octobre 2015 par l’agence de presse américaine CNS, critique en revanche les opérations de Washington, qui seraient juste « pour la galerie » et qui laisseraient les terroristes agir librement. Les Américains ne bombarderaient pas les milices djihadistes, mais le gouvernement syrien.

 

« Il ne s’agit pas d’être pour ou contre le gouvernement, souligne l’archevêque. Mais les gens d’ici n’ont jamais cru dans les attaques américaines. Seuls les Kurdes ont réellement combattu sur le terrain, mais pour tenir leurs positions ».

 

Mgr Hindo relève que les Kurdes ne peuvent pas, à eux seuls, régler le problème. Il affirme que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, mais pas le Front al-Nosra et les autres milices islamistes liées à Al-Qaida.

 

Mgr Hindo déplore en particulier que les frappes américaines n’aient pas empêché l’enlèvement de centaines de chrétiens, notamment après l’offensive de Daech dans la vallée du Khabour, en février. Les inquiétudes pour ces otages sont de plus en plus vives après la récente exécution de trois chrétiens assyriens, dont la vidéo a été diffusée sur les réseaux islamistes.

 

« La nuit du 23 février, quand Daech a attaqué, les avions américains ont survolé la zone pendant longtemps, sans intervenir, assure-t-il. Ensuite, pendant trois jours, nous n’avons plus vu d’avions. Ils ont laissé le champ libre aux militants. Ceci nous fait penser que, d’une certaine manière, les djihadistes ont été aidés par l’attitude ambiguë des Américains ».

 

 » Lire aussi  : En Syrie, trois chrétiens d’Hassaké exécutés par Daech

 

Mgr Hindo accuse les gouvernements occidentaux de « travailler pour la sécurité d’Israël et pour diviser la Syrie et l’Irak, afin de mettre la main sur les richesses de ces pays. Il ne s’agit pas seulement de pétrole, parce que, au large de nos côtes, un très grand gisement de gaz a récemment été découvert. Il existe également un enjeu concernant les pipelines que l’Arabie saoudite et le Qatar voudraient construire vers l’Occident », affirme-t-il. Damas n’a pas accepté leur passage sur son territoire, et voilà le résultat », martèle l’archevêque syro-catholique.

 

Le problème est « extrêmement complexe », avertit Mgr Hindo. Il déplore la vision occidentale selon laquelle il ne s’agirait que d’une guerre de religion entre les sunnites, les chiites, les chrétiens et les musulmans. « Dans cette guerre, Daech dissimule des intérêts économiques et a pour but de diviser le pays, contre la volonté d’un peuple, dont une majorité est unie et veut rester unie », lance l’archevêque

.

L’archevêque vit sous la menace constante de Daech  : « Je réside à moins de trois kilomètres de la ville. Il y a un mois, l’offensive des djihadistes a été repoussée et ils se sont déployés autour de la ville. Ces deux dernières semaines, grâce à l’attaque des Russes, ils ont commencé à se retirer. »

12 octobre 2015

La Croix avec Apic et CNS

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 15:16
Ca va se passer à New York !

 

Les journalistes parisiens sont, parfois proprement désopilants ! La petite Isabelle Lasserre du Figaro, qui nous annonçait régulièrement une chute imminente et souhaitable de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, ose écrire, le 16 septembre dernier : « en décidant de rejoindre la coalition en Syrie, la France, ENFIN, a nettement infléchi sa position… » Gonflée ! Sans fausse honte ni la moindre pudeur, et comme plusieurs de ses collègues qui appelaient la France éternelle à bombarder la Syrie en septembre 2013, voilà les mêmes qui aujourd’hui se félicitent du revirement de François Hollande. Revirement, oui ! Il y a quelques mois encore, le président de la République répétait à qui voulait l’entendre qu’il était absolument exclu de bombarder Dae’ch en Syrie parce que « cela pourrait aider le boucher de Damas… »

 

Que s’est-il passé ? Deux événements ayant totalement échappé à la sagacité de nos plumitifs parisiens, ces « résistants » de la dernière heure, « ENFIN » convertis à une participation à la Coalition en Syrie… Le 28 avril dernier, François Hollande recevait en catimini le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Rahi. Celui-ci pouvait « ENFIN » lui répéter ce qu’il avait eu l’occasion de dire à Laurent Fabius en 2013 et 2014, à savoir les viols collectifs, les décapitations, l’amputation des seins, des mains et des pieds des femmes des villages chrétiens conquis par Dae’ch en Syrie. Tranchant singulièrement avec les descriptions de la gentille rébellion syrienne « laïque et modérée », relayées par le conseiller « arabe » de l’Elysée Emmanuel Bonne (aujourd’hui ambassadeur à Beyrouth), les informations du Patriarche auraient littéralement ébranlé François Hollande, peu habitué à entendre ce genre de vérités… d’autant que les notes de la DGSE allant dans le même sens étaient systématiquement poubellisées par la cellule diplomatique présidentielle ! Regard tourné vers l’horizon 2017, le Président a immédiatement compris que ce dossier évoluerait vite comme une question de politique intérieure. La crise des migrants lui a donné raison et il a dû littéralement botter les fesses de Laurent Fabius pour que ce dernier daigne organiser, le 8 septembre à Paris, une conférence internationale pour la protection des Chrétiens d’Orient et des autres minorités. Sans surprise, cela n’a rien donné de concret, mais il s’agissait surtout de produire un affichage susceptible de préparer l’opinion au « revirement ».

 

Le 29 juin dernier, le patron des services spéciaux syriens – le général Ali Mamlouk (numéro deux du régime) – s’est rendu à Riyad à bord d’un avion russe pour y rencontrer son homologue saoudien en présence du vice-prince héritier Mohammad Ben Salman. Après l’accord sur le nucléaire iranien et encouragés tant par Moscou que par Washington, Saoudiens et Iraniens sont condamnés à instaurer une espèce de « Yalta oriental » entre le pôle sunnite (autour de l’Arabie saoudite et de l’Egypte) et le pôle chi’ite (Iran, Syrie, Hezbollah libanais et factions irakiennes). De plus, et depuis six mois, le nouveau représentant du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, le merveilleux Staffan de Mistura, ne cesse de répéter que « Bachar al-Assad fait partie de la solution… »

 

Dans ce conteste, l’engagement affiché de l’armée russe en Syrie à la veille de la prochaine Assemblée générale des Nations unies (où Vladimir Poutine doit parler cette année), complète le changement de la donne. Sur le plan militaire, la présence de chasseurs, de ravitailleurs en vol et d’avion de renseignement américains (britanniques et ENFIN français), russes et syriens, nécessite un minimum de coordination. Celle-ci est d’ores et déjà en action, étant assurée par un état-major commun américano-russe baptisé « FX-34 ». Bien évidemment Paris ne pouvait rester en retrait, n’en déplaise à Laurent Fabius qui continue d’affirmer qu’ « il n’est pas question d’aider Bachar… » Aux dernières nouvelles, celui-ci pourrait ENFIN passer à la trappe à l’issue du prochain remaniement ministériel qui devrait normalement suivre le désastre des prochaines élections régionales et le résultat mitigé de la COP-21 sur le climat.

 

Depuis plusieurs jours, les couloirs de l’Assemblée générale des Nations unies bruissent de trois rumeurs insistantes : Poutine arriverait avec des propositions (soutenues par la Chine) pour la formation d’un conseil militaire syrien susceptible d’associer l’ « opposition de l’intérieur » à l’ouverture d’une négociation sur la base des acquis de Genève I et II. Pour l’instant : pas question de sacrifier Bachar al-Assad, puisqu’il continue à incarner le gouvernement légal de Damas ! Cette approche rejoindrait celle de Staffan de Mistura qui, ces derniers mois, a multiplié rencontres et échanges avec les représentants de l’ « opposition de l’intérieur » et la plupart des ministres des Affaires étrangères de la région.

 

Sans partager l’ensemble de cette convergence russo-onusienne, le secrétaire John Kerry n’émettrait pas d’opposition majeure afin de laisser s’enclencher le processus, tout en cherchant à consolider un « leadership américain » des opérations militaires contre Dae’ch. Enfin, et c’est une autre des conséquences induites par l’accord sur le nucléaire iranien, Téhéran pourrait être pleinement associé à cette double avancée diplomatique et militaire. Les grands perdants – Ankara et Tel-Aviv – devraient avaler la couleuvre…

 

L’engagement militaire russe et son calendrier anticipent parfaitement la préparation de cette étape newyorkaise. Contrairement à ce que prétendent quelques « experts militaires » – dont l’ancien porte-parole des Forces libanaises (extrême-droite), reconverti dans un improbable Observatoire de pays exotiques -, les soldats russes ne vont pas se contenter de « sécuriser » le réduit alaouite de Tartous et Lattaquié. Cette fantasmagorie, très Wishful thinking, tablant déjà sur la fin du régime syrien et la partition du pays, ne correspond ni à l’état réel des forces sur le terrain, ni aux discussions newyorkaises. Russes, Américains, Britanniques et, ENFIN Français, sont désormais décidés à lutter sérieusement contre Dae’ch en évitant la répétition du désastre des implosions étatiques et territoriales afghane, irakienne, yéménite et libyenne !

 

La mission des forces russes (terre, air, mer) engagées en Syrie est nettement plus large : appuyer l’armée gouvernementale syrienne dans sa défense du « pays utile » – Damas et l’axe Homs, Hama, Alep) – avant d’aider à une stabilisation territoriale complète du pays incluant Deir ez-Zor (à l’est ), la région de Deraa (au sud) et les zones frontalières de la Jordanie, ainsi que Jisr al-Choughour (au nord-ouest), le long de la frontière turque. Vladimir Poutine l’a répété à plusieurs reprises : la stabilisation territoriale et politique de la Syrie constitue l’une des articulations majeures d’une pacification du Caucase et de la Tchétchénie ainsi que d’une lutte efficace contre les factions terroristes qui menacent Moscou et d’autres villes de Russie.

 

Evidemment, à New York tout ne se passe jamais comme initialement prévu, mais cette 70ème session de l’Assemblée générale de l’ONU devrait marquer une étape très importante pour la lutte contre Dae’ch et la résolution de la crise syrienne.

 Richard Labévière
21 septembre 2015

 http://prochetmoyen-orient.ch/editorient-du-21-septembre-2015/

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 14:13

Depuis le début de la « guerre colonialiste » contre la Syrie, nombre de journalistes et d’organes de presse se sont comportés en récepteurs et consommateurs de la propagande occidentale et sioniste, si bien que le panorama médiatique actuel est envahi par une sémiotisation mise au service de cette agression, au point que même certains de nos collègues arabes participent candidement à la promotion des mythes fabriqués à cet effet et dont voici les derniers :

1. Le mythe des migrants fuyant le régime syrien

Un mythe tombé devant le fait que la majorité de ceux qui sont prouvés faire partie de l’exode de citoyens syriens venait des zones contrôlées par les groupes terroristes.

Ainsi, depuis que le père de l’enfant Aylan a déclaré que sa famille fuyait l’enfer de DAECH, la fièvre de l’exploitation médiatique de son petit corps étendu sur une plage deTurquie s’est relativement calmée d’elle-même, sans la moindre enquête sérieuse pour mettre un terme à la désinformation première, sans jamais admettre que ces gens fuyaient les terroristes takfiristes soutenus par les États occidentaux et, à plus forte raison, sans jamais mettre en lumière les millions de déplacés qui ont préféré rester dans leur pays en rejoignant les zones contrôlées par l’État syrien accusé de tous les maux.

La vérité a quand même explosé devant les caméras des chaînes européennes quand des réfugiés syriens ont ouvertement déclaré que leur tragédie était la conséquence du terrorisme, certains allant jusqu’à dire que les États occidentaux avaient détruit leur pays en leur expédiant les terroristes qui les avaient poussés à l’exil et qu’en conséquence, ils avaient le droit d’exiger accueil et assistance pour leur propre sécurité. Un état d’esprit qui n’a pas pu échapper aux observateurs et qui pourrait expliquer le revirement de certains États européens en direction de Damas.

2. Le mythe d’une discrimination de la part du régime Syrien

Un mythe fondé sur l’idée que cet exode, concernant une certaine catégorie de Syriens résidant dans les campagnes et favorables aux terroristes, allégerait le fardeau de l’État syrien ; idée scabreuse, pour ne pas dire raciste, en totale contradiction avec la réalité syrienne.

L’État syrien continue à assumer, autant que possible, toutes ses obligations dans toutes les régions du pays, même celles qui sont actuellement sous le contrôle des organisations terroristes, prenant à sa charge une vaste opération de secours et de soutien aux millions de déplacés à l’intérieur du pays. C’est la conception même du président Bachar al-Assad qui, depuis le début des événements, a donné ses instructions et veille à ce que les salaires et les produits subventionnés continuent à être régulièrement distribués à tous les citoyens, notamment à ceux qui sont piégés dans les zones où sévissent les terroristes, et s’acharne à poursuivre les réconciliations [Mousalaha] pour récupérer ceux qui se sont compromis dans la « rébellion armée » selon une vision globale axée sur la libération de toute la Syrie du fléau terroriste.

3. Le mythe de la Syrie « utile »

Un mythe censé s’appliquer aux régions densément peuplées, pour nourrir sciemment un autre mythe tournant autour de la partition prétendument inévitable du pays, en régions dites « utiles » contrôlées par l’État syrien et régions supposées « inutiles » dont les territoires et les habitants seraient livrés aux terroristes takfiristes.

Un mythe qui a pour objectif de faire croire aux habitants des régions supposées « inutiles », qu’ils sont eux-mêmes inutiles afin qu’ils se résignent à l’idée d’avoir été abandonnés par leur État, leur Armée et leur Président, qui n’ont jamais cessé de résister et se battent pour récupérer chaque pouce du territoire, quel que soit le coût de la victoire.

Un mythe qui est d’autant plus criminel lorsqu’il est repris par des Syriens inconscients du piège tendu par la propagande colonialiste et du service rendu à l’ennemi.

Un mythe qui est d’un non-sens absolu lorsqu’il s’agit d’une patrie et que c’est justement dans les régions supposées « inutiles » que se concentrent les ressources agricoles et pétrolières, ainsi que d’importants centres industriels, sans parler des joyaux de l’histoire de l’humanité et de la civilisation, ni de la mémoire de leurs habitants qui ont contribué à l’histoire de la Syrie libre, indépendante et souveraine.

4. Le mythe d’une participation militaire accrue de la Russie et de l’Iran

Ces dernières semaines la presse sioniste a lancé une campagne d’informations « fuitées » concernant l’augmentation du niveau de soutien militaire de la Russie et de l’Iran à l’Armée arabe syrienne [1][2], le but évident de la manœuvre étant de fournir à la diplomatie étatsunienne une carte politique susceptible de faire pression lors des futures négociations internationales et régionales.

Mais au bout de bientôt cinq années d’une guerre mondiale au cours de laquelle :

  le chef d’État-Major des armées des États-Unis, le général Martin Dempsey, a été dépêché à Istanbul, à la base d’Incirlik en Turquie, à Aman en Jordanie et ailleurs, pour diriger les cellules des opérations militaires contre Damas ;

  une centaine de pays menés par les États-Unis, notamment par Hillary Clinton suivie de John Kerry, ont mobilisé leurs capacités politiques, financières et militaires pour abattre la Syrie qui luttait seule contre le terrorisme international qu’ils nourrissent encore ;

  tous les gouvernements de cette alliance mondiale notamment ceux des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, d’Israël, d’Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie, de la Jordanie, ont dépassé toutes les limites au mépris de toutes les règles et de toutes les chartes internationales, envoyant secrètement des unités spéciales de leurs armées pour encadrer les terroristes sur le terrain, en plus de les soutenir ouvertement ;

qu’est-ce qui devrait empêcher les alliés russes et iraniens d’expédier des unités combattantes pour soutenir l’Armée arabe syrienne, étant donné que l’Occident colonialiste et ses agents tenteront de pousser le terrorisme dans leur direction à partir de leurs deux laboratoires en Irak et en Syrie, comme ils l’ont déjà réorienté d’Afghanistan vers les pays arabes sous couvert du cadeau printanier empoisonné par la confrérie islamiste ?

Ghaleb Kandil
11/09/2015

Source : New Orient News
http://www.neworientnews.com/index.php/news-analysis/17581-2015-09-11-08-04-28

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Notes :

[1] Russian jets in Syrian skies : Russia has begun its military intervention in Syria, deploying an aerial contingent to a permanent Syrian base, in order to launch attacks against ISIS and Islamist rebels ; US stays silent.
Alex Fishman
Published : 08.31.15, 15:34 / Israel News

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4696268,00.html

[2] Moscou n’a pas entamé d’opération militaire en Syrie, contrairement aux dires des médias israéliens
http://francais.rt.com/international/6343-moscou-pas-doperation-syrie

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 10:25

Repris sur Comité Valmy

 

 

 Par Roland Hureaux origine  FIGAROVOX/TRIBUNE -Roland Hureaux est essayiste et élu local. Il revient d’un déplacement en Syrie.

 

Laurent Fabius ne gardera pas un grand souvenir de sa visite à Téhéran de la fin juillet. Elle avait été précédée d’un déchaînement d’attaques personnelles sur le thème du sang contaminé. Il voulait se faire accompagner d’une délégation d’hommes d’affaires . Mais les Iraniens ont fait savoir qu’il n’y aurait que des discussions politiques, très froides au demeurant : de contrats, pas question. Le ministre des Affaires étrangères français s’attendait-il à autre chose après avoir tout tenté pour faire échouer les négociations entre Washington et Téhéran ?

Il fut un temps, sous Mitterrand notamment, où la France suivait les Etats-Unis mais en gardant un profil assez bas pour sauver la mise. Avec Hollande, la France suit les Etats-Unis mais en tentant de faire de la surenchère : cela fut le cas avec l’Iran ; c’est toujours le cas avec la Syrie.

Il fut un temps où la France se démarquait suffisamment de la position des Etats-Unis pour jouer, le jour venu, un rôle d’intermédiaire , ce en quoi Fabius a échoué piteusement en juin dernier entre Israéliens et Palestiniens. Il fut un temps, sous Mitterrand notamment, où la France suivait les Etats-Unis mais en gardant un profil assez bas pour sauver la mise.

 

Avec Hollande, la France suit les Etats-Unis mais en tentant de faire de la surenchère : cela fut le cas avec l’Iran ; c’est toujours le cas avec la Syrie. C’est là le moyen le plus sûr de rester au bord de la route le jour où la notre grand allié décide de changer de cap. C’est ce qui risque de nous arriver en Iran malgré la sympathie que notre pays inspire aux Iraniens.

 

Le décollage économique de l’Iran, imminent une fois les sanctions levées, pourrait se faire sans la France. II est peu probable par exemple que Peugeot récupère jamais le marché de 600 000 véhicules qu’il avait dans ce pays. C’est ce qui nous pend au nez aussi avec la Syrie.

 

« Traiter ses ennemis comme s’ils devaient être un jour nos amis ; traiter ses amis comme s’ils devaient être un jour nos ennemis » . Vieux proverbe arabe ou pas, c’est en tous les cas depuis belle lurette le B.-A.-BA de la diplomatie. Il est clair que ce B.-A.-BA, Fabius l’ignorait quand il est allé dire à la tribune des Nations-Unies en 2012 que le président Assad «  ne méritait pas de vivre ». Un peu plus tôt, Juppé avait prétendu que le même Assad ne tiendrait pas plus de quelques jours. Trois ans et demi après, il est toujours là.

 

Ce n’est pas faute que la France ait engagé des moyens lourds pour le renverser. Fourniture massive d’armes et de matériels aux opposants, assistance technique de plusieurs dizaines de militaires français ( dont plusieurs sont morts ). A la fin du mandat de Sarkozy, un accord entre la France et le gouvernement de la Syrie nous avait permis de récupérer une trentaine de prisonniers faits par l’armée syrienne. A son arrivée, Hollande a relancé la guerre.

 

Aide de la France aux djihadistes

Inutile de dire que nos armes et notre appui logistique sont allés exclusivement aux djihadistes, en particulier au Front al-Nosra , nouveau nom d’al-Qaida, dont les différences avec Daech sont bien minces. Les mêmes qui enlèvent ou massacrent les chrétiens - et d’autres. La soi-disant Armée syrienne libre qui, disait-on , était l’objet de notre sollicitude demeure un fantôme - et un alibi pour aider les islamistes.

Le plus probable est que ce régime pris en grippe par notre diplomatie avec un rare acharnement tiendra. Il paraît certes aujourd’hui sur la défensive mais s’appuie sur un dispositif solide autour de Damas et de la frontière libanaise. La Russie ne le lâchera pas.

Pourtant le plus probable est que ce régime pris en grippe par notre diplomatie avec un rare acharnement tiendra. Il paraît certes aujourd’hui sur la défensive mais s’appuie sur un dispositif solide autour de Damas et de la frontière libanaise. La Russie ne le lâchera pas. La population est mobilisée , notamment les femmes dont bien peu , même chez les sunnites, souhaitent tomber ente les mains des « barbus ». Ceux qui soutiennent les forces rebelles, Israël en tête, ne veulent pas vraiment qu’aucune des deux , Daech ou al-Nosra, remplace le régime de Damas, se contentant de le maintenir en état de faiblesse.

 

La nouvelle politique américaine

Les accords entre Washington et Téhéran prévoient le maintien d’Assad jusqu’à la fin de son mandat et le relâchement progressif de la pression des islamistes, qui pourraient être recyclés contre la Russie.

 

La France qui avait de solides positions en Syrie, son ancien mandat, où on n’a pas oublié que Jacques Chirac fut le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques d’Assad père (eut-il raison d’y aller ? C’est une autre question), sera-t-elle cette fois encore prise de court par le revirement américain, déjà perceptible ? Ce serait confirmer l’amateurisme dans laquelle a sombré notre diplomatie : Mitterrand qui fut le mentor tant de Fabius que de Hollande doit se retourner dans sa tombe.

 

Les arguments moraux ne sont plus pris au sérieux. Meurtres d’enfants à Homs, utilisation de gaz, lâchage de bidons d’essence sur les populations : au moins ces accusations là , portées à l’encontre du régime syrien, n’ont pas été avérées, ce qui n’en fait pas pour autant un régime tendre.

 

Un premier geste serait d’accorder une reconnaissance officielle au Lycée Charles de Gaulle de Damas que les parents d’élèves syriens ont continué de faire fonctionner en autogestion quand la France l’a fermé en 1991, témoignage émouvant d’ un attachement aujourd’hui rare à la culture française.

 

Le second serait de lever l’embargo sur les produits pharmaceutiques particulièrement odieux quand on sait les dégâts que cette guerre absurde continue de faire dans la population civile.

 

Mais pour renouer le fil d’une relation interrompue, peut-être Hollande devra-t-il trouver un autre ambassadeur que Laurent Fabius ?

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 09:11
par Jacques MYARD, Député de la Nation

Adressé par  par Comité Valmy

 

COMMUNIQUE DE PRESSE
de Jacques MYARD
Député de la Nation
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République

Le 27 FÉVRIER 2015

 

A/S : Retour de Damas

J’ai effectué avec trois parlementaires de l’Assemblée Nationale du groupe amitié France Syrie, un voyage à Damas du 23 au 26 février.

 

Ce voyage a été organisé avec le concours d’un certain nombre de personnes connaissant bien le proche orient et ayant des cabinets de consultants pour les entreprises françaises au Liban et en Syrie.

 

Ce voyage a suscité la colère des plus hautes autorités de l’Etat. Si le sujet n’était pas sérieux, je pourrais en rire. En effet, la diplomatie n’est pas l’art de parler qu’avec ses amis mais d’essayer de trouver des solutions politiques à une guerre civile qui a déjà fait plus de 200 000 morts.

 

Camper sur des postures dites morales, la main sur le cœur et refuser d’agir en prenant en compte les réalités est 100 fois pire qu’une faute morale. C’est une faute politique géostratégique qui ne peut aboutir qu’à la continuité de la guerre civile, avec son cortège d’horreurs.

 

Nous avons rencontré sur place du côté des autorités gouvernementales, le Président du Parlement, Jihad Allaham, le ministre des Affaires Etrangères, Walid Moallem, le Vice- Ministre des Affaires Etrangères, le docteur Ayman SOUSSAN francophone, ainsi que l’Ambassadeur de Syrie à Beyrouth et nous avons été reçus à dîner par le grand Mufti, Ahmad Badr Al Din Hassoun, entouré du patriarche catholique Grégorius III et du patriarche Grec Orthodoxe, Ignace IV Hazim. Les deux patriarches chrétiens nous ont fait part de leur soutien à la politique du gouvernement.

 

Nous avons rencontré également Sœur Agnès Mariam de la Croix, de manière inopinée, dans le hall de l’hôtel.

 

Nous avons visité un hôpital généraliste où nous avons malheureusement vu des fillettes entre la vie et la mort. Il nous a été indiqué qu’il y avait un embargo sur les médicaments et les pièces de remplacement des équipements médicaux. Ce n’est pas acceptable .

 

Nous avons visité une ancienne école qui accueille 40 familles de réfugiés, rendu visite au centre sanitaire du Croissant Rouge où nous avons pu obtenir des informations intéressantes sur la situation sanitaire, rencontré la responsable de la Croix Rouge, Mariam Gasser, visité le Lycée Charles de Gaulle où malgré l’adversité, 250 enfants franco-syriens, continuent à apprendre le français dans des conditions périlleuses, deux roquettes étant tombées sur cet établissement sans faire heureusement de morts. Le lycée ne reçoit plus de subsides du gouvernement français : c’est inadmissible.

 

De plus, à l’hôtel où nous étions nous avons rencontré une délégation américaine dirigée par l’ex-Attorney-General à la Cour Suprême, Ramzy Clark ce qui prouve qu’il existe bien des contacts certes indirects avec les Américains.

 

De l’ensemble de ces prises de contact et aussi des entretiens que nous avons eus avec des responsables libanais à Beyrouth, très inquiets de la situation en Syrie, je retiens les éléments suivants à l’exclusion de notre conversation avec Bachar Al Assad dont je rendrai compte personnellement par écrit au Président de la République.

 

1) Il n’existe pas à ce stade de possibilités de victoire militaire sur le terrain d’un parti ou de l’autre.

 

Le gouvernement tient une grande partie du pays (60 % ? ) mais il existe toujours des zones d’insécurité y compris dans le voisinage de Damas. Les terroristes syriens seraient entre 50 et 80 000 selon diverses sources.

 

2) L’ensemble de nos interlocuteurs nous ont clairement indiqué que si la France continue à exiger le départ de Bachar au motif qu’il est infréquentable, la Syrie éclatera car il est le seul à pouvoir maintenir l’unité de l’armée, le Liban sera balayé, le chaos s’installera sur tout le Proche et Moyen Orient.

 

3) Seul un règlement politique peut ramener la paix.

 

A ce titre, il convient de relever :

- que Damas a donné son accord pour un cessez le feu de 5 semaines au représentant de Benkimoun. Stéphane de Mistoura négocie avec 5 groupes d’insurgés à Alep,

 

- qu’il y a eu récemment des négociations directes entre le gouvernement de Damas et des opposants à Moscou,

 

- que le gouvernement a mis en place un comité de conciliation nationale avec des députés Kurdes qui "déclarent leur volonté de rester dans la patrie syrienne".

 

L’amnistie a été accordée à des terroristes repentis qui ont déposé les armes.

 

Il est évident qu’au-delà des postures qui ne font en rien avancer la sortie du conflit, il faut des initiatives pour avancer à petits pas. Le point n’est pas de savoir si on aime ou pas Bachar, il est un élément du conflit incontournable. Exiger son départ, c’est à coup sûr, poursuivre une guerre civile pendant des années.

 

4) Droits de l’Homme : j’avais avec moi une dépêche AFP mentionnant que des défenseurs de la liberté d’expression, membres du centre syrien pour les médias, étaient emprisonnés.

 

J’ai donné cette liste au Vice-ministre des Affaires Etrangères en disant qu’il serait bien de faire un geste. Sur ce point précis, j’en ai personnellement parlé à Bachar Al-Assad lors de notre entretien.

 

De retour à Beyrouth, mercredi soir dans la nuit, j’ai appris qu’Ulaï Hussein avait été libéré sous caution.

 

Je n’ai pas la prétention de dire que c’est à la suite de mon intervention mais je le constate.

 

La France doit urgemment changer de politique en Syrie. Certains experts dénoncent l’incohérence de la France dans la lutte contre les terroristes. Nous luttons contre eux au Sahel, au Mali, au Nord Nigéria, en Irak, mais nous avons une politique confuse et brouillée en Syrie.

 

Je rappelle qu’à l’Assemblée Nationale, Alain Marsaud a montré aux députés des fusils Famas, livrés à l’opposition dite modérée et qui se sont retrouvés dans les mains d’Al Nosra.

 

Tous nos interlocuteurs, au-delà du cercle gouvernemental, ont dénoncé le double langage et la complicité de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, ce dernier pays commerce avec Daech et lui permet ainsi d’avoir des subsides financiers importants.

 

5) Un dernier point : nous avons appris qu’un gouvernement arabo-musulman emblématique devrait établir prochainement des relations diplomatiques avec Damas...

A suivre !

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 07:54
Par Michel Raimbaud ex ambassadeur

Repris sur site  Comité Valmy

 

La Syrie est confrontée à une guerre sauvage, cruelle, impitoyable : 150 000 morts, des centaines de milliers de blessés, des millions de déplacés et de réfugiés (un habitant sur trois), la destruction des habitations, des écoles, des hôpitaux, des usines, des infrastructures, le pillage du patrimoine archéologique et culturel.

 

L’opposition prétendument pacifique que soutiennent nos dirigeants et leurs amis islamistes de Turquie, d’Arabie et du Qatar a longtemps réussi à faire illusion et à escamoter son écrasante responsabilité dans ce bilan.

 

Maintenant que les langues se délient, nul ne peut plus ignorer que la dite opposition n’a pas attendu d’être submergée par les djihadistes sauvages que nous voyons à l’œuvre depuis deux ans pour prendre les armes, ayant eu recours dès les premiers jours de la crise à la provocation, à la violence et au terrorisme. On ne perçoit donc pas ce qui la prédestinait à devenir la représentante légitime du peuple syrien, mais les subtils personnages qui nous gouvernent, se prenant pour les petits maîtres du monde, en ont décidé ainsi. Ils vont d’ailleurs plus loin dans le cynisme en gardant le silence sur les horreurs commises par les djihadistes modérés et les terroristes démocrates et en attribuant au « régime » la responsabilité du calvaire que vivent les Syriens.

 

Or ceux-ci, dans leur grande majorité - il suffit d’écouter les innombrables témoignages pour s’en convaincre - ne voient qu’une issue pour sortir de l’enfer : l’armée nationale, dont l’intervention - n’en déplaise aux tricheurs qui camouflent les réalités dérangeantes - est souhaitée et non pas redoutée, représente seule le salut. Recrutée par conscription, elle est le symbole de l’unité du pays. Avec le Président Bachar al Assad, elle est la garante de la pérennité de l’Etat et de ses institutions. Les habitants des quartiers touchés par la disgrâce de la « révolution » font spontanément la différence entre l’armée régulière et les mercenaires sauvages qui prétendent leur imposer un ordre d’un autre âge, et il n’y a pas photo. Ou, si photo il y a, c’est pour immortaliser l’accueil fait aux soldats venus les délivrer de leurs soi-disant « libérateurs », comme dernièrement à Homs.

 

La mystification n’a que trop duré. Il faut arrêter de mentir aux Français et de s’enliser dans la défense d’une cause pourrie. La France, déjà partie prenante au démantèlement de la Libye, ne peut rester complice de la destruction de la Syrie en y soutenant les terroristes d’Al Qaida qu’elle prétend combattre en Afrique, traquer Boko Aram au Nigéria et fermer les yeux sur le martyre infligé à la ville d’Alep par ses amis djihadistes. Cette schizophrénie est indécente.

 

Alep est un cas d’école. Voilà deux ans déjà que la capitale économique de la Syrie est assiégée et en partie occupée par une « opposition armée » infréquentable, sa population étant punie de ne pas avoir adhéré à la « révolution » islamiste. Vigoureusement et ouvertement aidés par un régime turc qui a levé le masque et perdu toute raison, djihadistes, terroristes, mercenaires (souvent venus du Caucase et de l’Asie Centrale) s’efforcent de briser la résistance des Alépins. On le sait maintenant, les « grandes démocraties » ne sont pas très chatouilleuses sur le choix de leurs alliés et l’on constate qu’elles assimilent volontiers le djihad à une guerre pour la liberté et les droits de l’homme (et/ou de la femme). « Les gars du « Jabhat al Nosra » », succursale d’al Qaida dans la région, « font du bon boulot », a osé dire un ministre qui restera dans les annales. Cette fine remarque, que l’on excuserait à la grande rigueur dans la bouche d’un pilier de café du commerce, ne serait-elle pas déplacée dans celle du chef de la diplomatie d’une « grande démocratie » donneuse de leçons ?

 

« Nous ne savions pas », diront tous ceux qui n’ont pas voulu savoir. L’expression rappelle des souvenirs. Savoir quoi ? Que les habitants d’Alep sont systématiquement affamés et assoiffés par les rebelles qui les ont pris en otages ainsi que par leurs parrains turcs, déjà instigateurs du pillage et du démontage de leurs usines ? Qu’ils sont privés d’eau potable, d’électricité, de ravitaillement, de médicaments, au gré des caprices de leurs « libérateurs », sans que la fameuse « communauté internationale » (qui rassemble les Européens et les Américains de l’Axe du Bien) ne pipe mot, toute à sa fébrilité dans la recherche de lycéennes enlevées au Nigéria. Pas un mot des ONG, de la Croix-Rouge, du HCR, de Navy Pillay (l’ineffable du Conseil des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme), du placide M. Ban, des caciques de l’humanitaire méchant, pour dénoncer ce blocus couvert par des Etats qui se disent grands. Nous ne savions pas ? Pas besoin d’être président, ministre, responsable politique, intellectuel, journaliste, pour se renseigner et percer le mur de béton de l’indifférence sélective, de la désinformation massive, du mensonge collectif. Il suffit d’être raisonnablement honnête. L’espèce serait-elle en voie de disparition dans nos pays si contents d’eux-mêmes et si confits en dévotion s’agissant des droits et libertés chez les autres ?

 

Les victimes de la guerre universelle menée en Syrie (la moitié d’entre elles appartenant d’ailleurs à l’armée, aux forces de sécurité et aux comités de défense) seront mortes victimes de la barbarie, du mensonge, de l’indifférence. Nous ne savions pas, diront-ils. Eh bien si, ils savaient. Ils savaient même si bien qu’ils ont sciemment, systématiquement, enfumé leurs concitoyens dans un nuage opaque de fausses affirmations, de contre vérités, de valeurs factices, de tromperies. Qui osera donc leur demander des comptes ? Resteront-ils impunis comme c’est souvent le cas, tant il est vrai qu’ils sont si puissants et si nombreux ? Si un seul d’entre eux dans le vaste monde était pris pour cible par la Cour Pénale Internationale, comme un africain ou un arabe du commun, cela nous redonnerait espoir dans les valeurs que nous voyons chaque jour bafouées, bafouées par ceux-là mêmes qui les brandissent afin de mieux cacher leurs turpitudes./.

Michel Raimbaud - Ex-ambassadeur
13 mai 2014

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 16:13

Bassam Tahham est franco Syrien, professeur de géopolitique et de géostratégie.

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 18:13

Par Mouna Alno-Nakhal (repris par J.Freychet sur Comité Valmy)

 

Attention la vidéo, adresse ci après, présentée à Genève par le comité syrien D.O.K [Défense of Knowledge] est dure, très dure, en particulier la première partie, elle n'est pas destinée aux enfants, personnes trop sensibles  s'abstenir.


https://www.youtube.com/watch ?feature=player_embedded&v=x0uXGoD2rQA

 

La personne qui interroge les témoins est le Docteur Nabil Fayad, citoyen syrien, originaire de la région de Homs mais résidant à Damas. Il est pharmacien, polyglotte, et versé en Théologie comparée des religions monothéistes.

 

La première partie [jusque vers 5’33’’] correspond à des séquences filmées par les terroristes de la brigade dite des soldats du Levant, ou « Jounoud al-Cham », dans l’enceinte du Krak des Chevaliers, libéré le jeudi 20 Mars 2014 par l’Armée arabe syrienne ; ce qui devient « Syrie : le régime reprend le Krak des Chevaliers aux rebelles » sous la plume de Georges Malbrunot du Le Figaro [1].

 

• Le « régime », et non les soldats d’une Armée qui a donné des milliers de vie pour défendre la patrie ! Encore heureux qu’il n’ait pas écrit le « régime alaouite ». Il a sans doute fini par comprendre, ce qui est rare parmi les journalistes et experts de l’Hexagone, que le Gouvernement syrien est non seulement farouchement laïc, mais que les Syriens sont absolument réticents à toute forme de confessionnalisme. Il leur parait donc inconvenant, aujourd’hui comme hier, de préciser le nombre de leurs ministres alaouites. Mais les journalistes ont certainement les moyens d’en faire le décompte. Si ce n’est déjà fait, ils seront vraiment très surpris.

 

• Aux « rebelles » ! Rebelles à quoi et à qui, sinon à « autrui » ? Mais l’inversion de la réalité [2] demeure indispensable pour nier que la Syrie fait face à une sale guerre où le terroriste est devenu rebelle, quand ce n’est pas le respectable révolutionnaire qui fait du « bon boulot » selon M. Laurent Fabius. Espérons, qu’il jugera la qualité de leurs performances, de visu.

 

La deuxième partie correspond aux témoignages des rescapés du massacre de la « Cité ouvrière de Adra » [3]. Elle est sous-titrée en Anglais. Vous constaterez qu’il est inutile de distinguer les Syriens par les malheurs qui frappent telle ou telle communauté. Distinction qui ne correspond pas, non plus, à la réalité. Le terrorisme a logé tous les Syriens à la même enseigne ; les Alaouites étant visés autant, sinon plus, que tous les autres.

 

Mais avant de visionner l’horreur, voici la traduction du « cantique des terroristes » qui ne figure pas en sous-titre.

 

Avez-vous vu les « Jounoud al-Cham » sur le terrain des batailles ?
Les avez-vous vus tracer la route vers le paradis des anges ?
Ils ont refusé de se soumettre aux offenses et humiliations.
Ils ont pris les armes pour la victoire du Miséricordieux.
Ils s’en sont allés rugissant tels des lions : Allah est grand !
Ô toi Homs la fière, reçois la bonne nouvelle,
La patience sera couronnée par la victoire, mes frères !
Ô Dieu, annonce-nous la victoire de notre Cham [Damas ou Levant],
Offre la victoire aux soldats de la justice de tous les temps !

 

Une « justice angélique » en effet, le démon est devenu ange !

Mouna Alno-Nakhal 21/03/ 2014

Notes :

[1] Syrie : le régime reprend le Krak des Chevaliers aux rebelles
http://www.lefigaro.fr/international/2014/03/20/01003-20140320ARTFIG00244-syrie-le-regime-reprend-le-krak-des-chevaliers-aux-rebelles.php

 

[2] « Ce qui se passe en Syrie n’est pas une révolution ». Par le Président Bachar al-Assad.
http://www.mondialisation.ca/president-bachar-al-assad-ce-qui-se-passe-en-syrie-nest-pas-une-revolution/5342188

 

Extrait :
« L’Occident par la voix de ses médias cherche inlassablement à nous faire tomber dans le piège des réalités inversées. Oui, je dirais comme vous que le renversement opéré est radical, que le juste est devenu illégitime et que l’injuste est devenu légitime. Ceux qui ont contribué à légitimer cette réalité inversée ont usé de stratagèmes politiciens et d’une large couverture médiatique. Oui, tout cela est sans doute bel et bien arrivé, mais cela n’implique absolument pas que nous adoptions leur point de vue ou celui de leurs médias ».

[3] Syrie : Un massacre nommé « Adra » http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article4167

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:20

La Syrie, miroir du Proche et du Moyen-Orient

 

Nous savons depuis Nietzsche que les Etats sont « les plus froids des monstres froids » et qu’ils n’ont pas d’amis à défendre mais des intérêts.

 

La crise syrienne est une illustration tragique de cette réalité brutale qu’il serait dangereux de refuser de voir.

 

Menaces nucléaires

 

Fin août-début septembre dernier, le monde a vécu une dizaine de jours fous avec la menace d’abord, puis la décision et la préparation américaine à des frappes sur la Syrie, la France s’associant à ce projet qui aurait pu déclencher un embrasement de toute la région et même dégénérer en guerre nucléaire. La Russie maintenait en Méditerranée des navires de guerre de détection électronique et dotés de missiles de croisière et avait en effet renforcé sa présence navale au large de la Syrie, trois bâtiments dotés de capacités nucléaires et de missiles anti-missiles franchissaient le Bosphore fin août. Simultanément des navires chinois et iraniens avaient emprunté le canal de Suez pour entrer en Méditerranée orientale. La première réaction salutaire est venue des Britanniques dont le Parlement a refusé le 29 août l’autorisation de participer à l’opération américaine que le Premier Ministre David Cameron lui demandait. Enfin, avec la renonciation à ces frappes après des tergiversations avec le Sénat et finalement le 14 septembre l’acceptation de la proposition russe de destruction de l’arsenal chimique syrien, annoncée le 12 septembre par le gouvernement syrien, puis en signant la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l’ONU le 27 septembre, les Etats-Unis entérinaient un revirement radical de leur stratégie au Proche-Orient et même plus largement à l’échelle de la planète. Le soulagement de la tension internationale qui s’en suivit avait une analogie avec celle qui se produisit en octobre 1962 lors de la renonciation par l’URSS d’installer à Cuba des missiles menaçants face à la fermeté des Etats-Unis que la France de de Gaulle avait soutenus en premier. Khroutchev avait perdu son pari contre Kennedy sans gloire et, le monde communiste s’étant lassé de ses rodomontades répétées et improductives -y compris la Chine de Mao- il devait être renversé deux ans plus tard. Dans l’affaire syrienne au contraire, la diplomatie russe a su offrir à la puissante Amérique une porte de sortie honorable de l’impasse dans laquelle elle s’était engagée, les services secrets des uns et des autres œuvrant sans doute en coulisses pour donner des informations convainquant les dirigeants américains de la détermination russo-chinoise à ne pas céder.

 

Pour comprendre les évènements de Syrie il faut en effet prendre du recul pour saisir les forces qui s’y affrontent.

 

Le nouvel ordre mondial entériné par les États-Unis

 

S’il est parfois difficile de comprendre et suivre la politique américaine, l’exécutif étant constamment obligé de répondre aux pressions des différents groupes qui agissent au Congrès, à la Maison Blanche, au Pentagone, grâce à des moyens financiers énormes qui utilisent en outre les médias qu’ils possèdent pour parvenir à leurs objectifs, au point qu’on se demande souvent qui emportera la décision, il fut cependant clair pour les observateurs attentifs que le deuxième mandat Obama allait apporter des changements radicaux à une politique qui visait depuis l’époque Bush père à imposer au monde « l’American way of life », ressenti après l’effondrement du bloc soviétique au début des années 90 comme idéal universel, porteur des valeurs du droit et de la justice, ossature d’une civilisation occidentale présentée comme la panacée que les autres cultures du monde, jugées archaïques et même maléfiques, devaient nécessairement accueillir pour le bien de tous.

 

La nomination aux deux postes clés de la Défense et des Affaires étrangères de Chuck Hagel et John Kerry était l’annonce évidente de ce changement, peu à peu confirmé dans les faits, même si les vicissitudes de la vie politique américaine devaient encore produire quelques retours aux errements antérieurs (1)

 

Première puissance militaire pour encore longtemps, les États-Unis sont et seront inattaquables dans une période longue à l’échelle humaine, mais ils subissent déjà une compétition économique qui les oblige à y faire face par divers moyens, notamment du fait de la montée inexorable de la Chine qui entend faire valoir ses droits à la place qui fera d’elle à court terme, du fait de ses dimensions géographique et démographique, de « la capacité patiente, laborieuse et industrieuse de sa population » (2), la première puissance économique mondiale, appuyée par les autres pays émergents ou ré-émergents comme la Russie, l’Inde ou des nations d’Amérique du Sud, pour ne citer que certains des plus importants.

 

Menacée par des problèmes internes structurels, comme la montée des revendications ou simplement les conceptions différentes de minorités de plus en plus agissantes, éloignées de celle des pères fondateurs, la désindustrialisation marquée, même si elle reste limitée, de son économie, la critique de sa politique d’endettement et de sa monnaie comme base des échanges internationaux, l’Amérique doit surtout faire face à la contestation de sa puissance en Asie où la Chine exige avec de plus en plus de force la reconnaissance de sa zone d’influence.

 

Il lui faut donc, pour se concentrer sur ses priorités asiatiques, après avoir mené à grands frais humains et financiers plusieurs campagnes militaires désastreuses au Moyen-Orient qui se sont toutes soldées par des échecs dramatiques, se désengager de la région après l’avoir apaisée au mieux en mettant un terme au conflit instrumenté entre les deux grandes branches rivales de l’islam, ce qui implique la fin de l’ostracisme prononcé contre l’Iran depuis plus de trente ans.

 

Les révoltes arabes initiées en Tunisie, laissant souvent désemparé un Occident qui les interpréta mal mais essaya de les accompagner pour préserver ses intérêts, virent les renversements successifs de chefs d’états jusqu’alors ses alliés, voire ses amis, avec l’assentiment sinon l’appui des Etats-Unis et des pays européens. Il serait trop long de décrire les erreurs d’appréciation et les revirements des pays occidentaux mais on peut dire que le renversement et l’assassinat de Kadhafi en Libye fut l’apogée de la courbe décrivant le déploiement de la stratégie américaine dans la région, les Britanniques et les Français ayant étés dans cette opération les exécuteurs. On sait maintenant que Russie et Chine ont jugé que l’action occidentale avait outrepassé les termes de la résolution 1973 de l’ONU, votée au nom du droit d’ingérence initié par la résolution du 5 avril 1991 au sujet de l’Iraq, désormais considéré comme paravent de la stratégie américaine d’intervention, et ont décidé alors que la limite de l’inacceptable était atteinte et même dépassée. Depuis lors les deux états opposent systématiquement leur veto à tout projet d’opération militaire ou humanitaire en Syrie proposé par l’occident au Conseil de Sécurité. La situation actuelle de la Libye où le chaos s’est installé entre les tribus rivales et les milices islamistes ne peut que renforcer le constat des conséquences catastrophiques de l’intervention, sentiment partagé par les Américains depuis l’assassinat à Benghazi le 11 septembre 2012 de leur ambassadeur Christopher Stevens par un groupe islamiste, dans des circonstances qui ont horrifié tout le pays et même divisé l’exécutif à Washington.

 

Fin du Pacte du Quincy de 1945

 

Apaiser le Moyen-Orient consiste à mettre un terme à la guerre sainte menée par l’islam wahhabite contre non seulement les chiites mais aussi les sunnites opposés à la doctrine rigoriste de cette secte née au XVIIIème et qui aida Mohammed Ibn Séoud à entreprendre l’unité du royaume d’Arabie Séoudite par son alliance avec Abdel Wahhab, le fondateur de la doctrine, et son adhésion ainsi que celle de son peuple à la croyance. De nombreuses péripéties guerrières contre les chiites du Koweït et d’Iraq qui n’étaient pas constitués en états à l’époque, de même contre l’empire ottoman ou égyptien émaillent cette histoire mais c’est vraiment Abdel Aziz Ibn Séoud qui à partir de 1902 réalisa l’unité, notamment en arrachant le trône à la tribu bédouine rivale des Ibn Rachid qui s’en était emparée et parvint ensuite à imposer sa puissance régionale pendant la première guerre mondiale grâce à l’appui des Britanniques, notamment de Lawrence, qui l’utilisa contre les Turcs et aurait voulu étendre son royaume jusqu’à la Syrie et le Liban.

 

En février 1945, Roosevelt rencontra le roi Abdel Aziz Ibn Séoud sur le croiseur Quincy et le reconnut comme seul responsable des lieux saints de l’Islam, chef des croyants et référentiel naturel des peuples arabes, l’assurant de défendre la monarchie séoudienne, y compris contre ses rivaux arabes, tandis que le roi assurait la priorité aux États-Unis pour l’exploitation du pétrole. Ce pacte, renouvelé en 2005 par Georges Bush pour à nouveau 60 ans, qui a permis aux États-Unis de combattre victorieusement les Soviétiques en Afghanistan, continuait de fonctionner encore récemment sur d’autres théâtres comme l’Iraq ou la Tchétchénie, tandis que le minuscule état du Qatar, voisin adepte du même wahhabisme, ajoutait sa richesse immense au financement des guerriers chargés de faire adhérer à leur doctrine tous les musulmans, de gré ou de force, trouvant des alliés de circonstance chez différents types de salafistes mais aussi parfois des rivaux.

 

La Syrie, miroir des rivalités des grandes puissances

 

Les premières manifestations pour réclamer plus de libertés qui se produisirent en mars 2011 à Deraa, ville du sud de la Syrie aux confins jordano-israéliens furent aussitôt instrumentées par les spécialistes de l’escalade, les slogans sur les réseaux sociaux se multipliant et surtout les armes arrivant rapidement pour transformer des revendications pacifiques en révoltes armées.

 

La Syrie, en effet, ne présentait pas les caractéristiques des autres pays qui avaient connu des révolutions car les réformes engagées par le jeune président Bachar el Assad avaient le soutien d’une majorité de la population, même si une frange irréductible de sunnites adeptes des Frères musulmans attendait depuis plus de trente ans l’occasion de venger l’écrasement brutal de la révolte de Hama en 1982.

 

Je voudrais citer ici Annie Laurent, qu’on ne peut soupçonner d’être partisane, puisqu’elle a dénoncé et critiqué dans ses articles la Syrie d’Hafez el Assad occupante du Liban, qui dans une conférence de grande qualité et très documentée à Saint Cyr le 29 novembre 2012, expliquant aux élèves-officiers les erreurs d’appréciation de la situation commises leur a dit :

 

« A cause de cela, je n’hésiterai pas à qualifier la politique française de fautive. Mon jugement est partagé par un élu syrien, Boutros Merjaneh, Député indépendant d’Alep. De Passage à Paris en octobre 2012, il déclarait : « Je pense que ni l’ancien ni le nouveau gouvernement français n’ont bien étudié ce qui se déroule en Syrie. Depuis le début du conflit en mars 2011, ils ont cru que la situation était comparable à celle de la Tunisie, de l’Egypte ou de la Libye. C’était faux. Ils ont gravement sous-estimé la capacité du régime à survivre. Paris aurait dû appuyer davantage les réformes qui allaient dans le sens du pluralisme faites par Bachar El Assad avant que la guerre éclate. Une grande partie du peuple syrien le soutenait dans ces efforts-là. Au lieu de cela, la France a coupé les relations diplomatiques, fermé l’ambassade et commencé à soutenir de facto l’opposition, dont l’Armée Syrienne Libre »

 

Les États-Unis ont cru, eux aussi, qu’après le renversement de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, le renversement de Bachar el Assad ne serait qu’une formalité, quitte à aider la rébellion par une intervention ciblée analogue à celle de Libye. Car, de même qu’autrefois l’Iraq, la Syrie était considérée comme un pays opposé aux États-Unis et à Israël, elle qui avait de tout temps soutenu la cause arabe, accueilli généreusement sur son sol un millions de réfugiés palestiniens et autant de réfugiés iraquiens lors de l’invasion américaine. Un changement de pouvoir à Damas était dans la stratégie américaine qui voyait d’un bon œil l’arrivée des Frères Musulmans comme en Égypte et, contrairement à mes analyses initiales, Israël également.

 

Mais nous savons maintenant que malgré les milliers de combattants étrangers fanatiques le régime a tenu, les institutions sont restées en place, et s’il y a eu quelques désertions non significatives, le personnel diplomatique, politique et militaire est resté fidèle au poste. L’intervention militaire écartée par la fermeté de la Russie et de la Chine s’appuyant sur l’immense majorité des pays et grâce à l’ouverture offerte par Moscou de destruction du stock d’armes chimiques syrien, les États-Unis se sont engagés dans un processus de règlement négocié de la crise avec une première rencontre fin janvier à Montreux puis Genève.

 

Il faut savoir que la coalition occidentale qui menaçait de frapper la Syrie pour punir son Président d’avoir utilisé l’arme chimique sur des allégations qui n’ont toujours pas été prouvées, et dont tout porte à croire que les services de renseignement russes ont donné à leurs homologues américains des informations incriminant les rebelles, cette coalition vertueuse derrière les États-Unis ne représentait que 800 millions de personnes, contre le reste du monde qui y était opposé derrière la Russie et la Chine et j’ajoute le Pape François, même s’il n’a pas de divisions pour appuyer ses prières, c’est-à-dire environ 6 milliards d’habitants. Mais des moyens de communication énormes entre les mains des idéologues de l’atlantisme sont aujourd’hui capables de dire où sont le bien et le mal en définissant les pays voyous et d’en convaincre l’opinion, en allant parfois jusqu’à diffuser des mensonges éhontés à des lecteurs ou auditeurs médusés.

 

La Syrie, révélateur du nouvel ordre mondial

 

Aujourd’hui, la première puissance mondiale a changé son fusil d’épaule et, pour le bien de tous, décidé de s’entendre avec les parties prenantes pour mettre un terme à cette crise syrienne et à d’autres. On ne sait pas ce qui sera négocié en Suisse fin janvier, et sans doute pas grand-chose car les jeux sont faits : en acceptant la résolution 2118 les États-Unis décidaient de mettre un terme au conflit et admettaient que le Président syrien était chargé de mettre en œuvre cette résolution : aux Syriens de Syrie ensuite de dire démocratiquement quel président ils veulent et pas aux groupuscules hétéroclites soutenus par l’Occident, qui se réunissent périodiquement de Paris à Londres, Istamboul, Doha ou Cordoue en étalant leurs désaccords. Désormais, compte tenu de la maîtrise du terrain par les seuls combattants takfiristes, on ne voit pas quelle entité politique autre que le régime actuel pourrait émerger pour mettre en œuvre les décisions d’arrêt des combats, but de la négociation en cours, que la communauté internationale sous l’égide de l’ONU pourrait promouvoir.

 

Les États-Unis ont changé les acteurs zélés de son ancienne politique, comme au Qatar où le nouvel émir s’est empressé d’envoyer à Damas une délégation pour faire amende honorable, et veut reprendre avec l’Iran des relations apaisées ; l’Iran qui voit son influence grandir et reçoit de plus en plus de délégations de pays qui l’ont compris, notamment de la Turquie qui a réalisé que sa politique a échoué et qui cherche à éviter le sort du Qatar. Mais on sent bien que ce qui se passe actuellement dans le pays n’est pas fortuit, surtout lorsqu’on sait que l’influente confrérie de Fethullah Güllen qui soutenait jusqu’ici Erdogan le lâche maintenant. M. Güllen vit dans le Maryland aux Etats-Unis.

 

Lors de la visite à Téhéran fin novembre dernier du ministre des AE turc David O Glu, un communiqué commun, impensable deux mois plus tôt a été publié disant solennellement :

 

-Les deux pays sont d’accord pour travailler à mettre un terme aux combats en Syrie avant la tenue de la conférence de Genève,

-Les deux pays travailleront ensemble pour mettre un terme à la discorde (fitna) entre chiites et sunnites,

-Le Président Rouhani se rendra en visite officielle à Ankara et le Premier ministre Erdogan viendra à Téhéran en visite officielle.

 

Entre les lignes de ce communiqué on comprend que la direction turque est consciente de son erreur stratégique et demande à l’Iran de l’aider à retrouver une posture crédible. Ce n’est pas aller à Canossa mais cela y ressemble beaucoup.

 

En tout cas la Turquie a montré sa bonne volonté nouvelle en arrêtant plus d’un millier de combattants salafistes et des camions chargés d’armes à destination de la Syrie, créant un conflit entre les services de renseignement, les autorités locales administratives, de police et judiciaires.

 

Un autre pays en pointe dans l’ancienne politique américaine est l’Arabie Séoudite, qui se rebiffe contre ce changement et montre son vrai visage de responsable du terrorisme salafite mondial, se rapprochant ouvertement d’Israël, espérant ainsi éviter sa chute, ses responsables critiquant ouvertement le Président Obama, comme le Prince Talal bin Abdel Aziz et son fils Walid pourtant détenteurs d’une immense fortune aux États-Unis et ailleurs, notamment à Paris où ils ont rebaptisé l’hôtel George V du nom de leur chaîne « Four Seasons ». Il est certain que les milliers de terroristes qui mènent leur œuvre de mort, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Iraq en Tchétchénie et ailleurs sont dirigés par les services séoudiens du prince Bandar bin Sultan qui n’a pas hésité à en menacer le Président Poutine lors d’une rencontre en juin dernier, mettant sa menace récemment à exécution à Volgograd, réalisant ainsi la promesse de la Secrétaire d’Etat du précédent mandat d’Obama, Hillary Clinton : « La Russie et la Chine paieront pour leur soutien à Bachar el Assad ».

 

Je crois que c’est surtout l’Arabie qui va devoir payer, sans doute cher, son refus de s’aligner sur la nouvelle stratégie américaine. Mais en attendant un changement de pouvoir à Riyad, l’équipe en place à un pouvoir de nuisance comme elle le démontre aujourd’hui au Liban et en Russie surtout. Nous verrons dans les prochaines semaines ce qui va se passer et il est probable que les services russes ne sont pas inactifs mais on sait la finesse d’analyse de la diplomatie russe qui doit préparer une réponse appropriée. Elle ne saurait tarder car les jeux olympiques de Sotchi sont en février. Le principal acteur de cette politique agressive, le Prince Bandar sera sans doute sacrifié sur l’autel du revirement américain, d’autant qu’il représente un danger pour l’avenir, compte tenu du rôle obscur que les terroristes séoudiens ont joué dans les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, alors qu’il était à l’époque à Washington et contrôlait déjà les agissements dans le monde des différents groupes terroristes, dont Al Qaïda. D’ailleurs, cette nébuleuse, bien plus structurée que certains experts le disent, a le même objectif général d’instaurer le califat wahhabite d’abord dans les pays musulmans, puis dans le monde, et les différentes appellations que les brigades de combattants peuvent prendre, comme en Syrie ou en Iraq, n’indiquent que des rivalités d’organisation mais pas de doctrine.

 

Résultat paradoxal de l’intervention américaine en Iraq la majorité chiite proche de l’Iran est désormais au pouvoir à Bagdad, subissant maintenant chaque jour des attentats et même des prises de villes comme récemment Ramadi et Fallouja. La frontière entre Syrie et Iraq est poreuse et les takfiristes la franchissent régulièrement pour mener le même combat contre les « impurs » dans les deux pays où ils annoncent dans leur appellation même leur projet d’un califat unique. Autrefois rivaux les deux états voisins sont maintenant alliés contre le même terrorisme. Les Etats-Unis qui ont retiré leurs soldats d’Iraq ont promis de soutenir le régime démocratique installé par eux mais on voit que le Sénat est réticent à autoriser la livraison d’hélicoptères et de chasseurs-bombardiers modernes que réclame le gouvernement de Maliki pour lutter contre l’insurrection. L’avenir géopolitique des deux voisins est lié qui se trouvent au centre d’un axe ayant le Liban à l’ouest et l’Iran, voire l’Afghanistan à l’est.

 

Avec le retrait programmé de la coalition de la FIAS d’Afghanistan, le nouvel ordre régional va avoir un impact sur le Pakistan, allié trouble à la fois des Etats-Unis et de l’Arabie Séoudite, dont les liens avec les Talibans peuvent être utiles au gouvernement de Kaboul, suivant la posture qu’il adoptera pendant et après le retrait, notamment lors du changement inéluctable des autorités de Riyad. Face à son ennemi héréditaire indien, l’intérêt stratégique du Pakistan lui impose d’avoir des relations équilibrées avec la Chine, la Russie et l’Iran, mais il a aussi besoin d’entretenir avec les Etats-Unis des relations cordiales, qu’un Moyen-Orient apaisé devrait faciliter.

 

Israël est aussi en position délicate avec la destruction du stock d’armes chimiques syrien et l’accord en vue avec l’Iran, car cela entraînera la réactualisation du projet de Proche-Orient sans armes de destruction massive. En outre les Etats-Unis vont sans doute se montrer désormais plus exigeants à leur égard dans l’interminable processus de paix avec les Palestiniens auxquels le gouvernement actuel refuse toute reconnaissance digne et juste. Mais Israël est capable de s’adapter aux nouveaux équilibres mondiaux, peut-être pas avec l’actuelle direction mais une nouvelle qui reconnaîtra enfin les droits des Palestiniens à un état indépendant sur des terres reconnues par la communauté internationale, sans menace pour autant sur la sécurité d’Israël, prétexte sans arrêt invoqué pour refuser un accord juste avec les Palestiniens. Mais les Etats-Unis, s’ils veulent calmer le Moyen-Orient et s’en désengager pour concentrer ailleurs leurs efforts doivent obtenir, sinon le règlement complet du conflit israélo-arabe, au moins un apaisement qui ne peut se produire que par la reconnaissance d’un état palestinien sur les territoires reconnus par les nations Unies, ce que beaucoup de juifs de la diaspora, et aussi en Israël réclament de plus en plus fort, sans être entendus pour l’instant par l’actuel gouvernement qui ne conçoit l’existence d’Israël que dans une épreuve de force permanente avec ses voisins, les agissements des terroristes wahhabites ne l’ ayant jamais vraiment menacé puisque ceux-ci concentrent finalement leur énergie sur les ennemis de l’état hébreu.

 

Le Hamas avait lui aussi pris l’option perdante sur la Syrie qui hébergeait pourtant depuis des années ses chefs et de nombreux Palestiniens. Khaled Mechaal avait quitté Damas pour Doha en 2012, misant sans doute sur une chute prochaine du régime, et avait organisé une visite à Gaza de ses nouveaux hôtes et amis. Il s’est lui aussi aperçu de son erreur et depuis peu rapproché de l’Iran qui n’a d’ailleurs jamais cessé son soutien à la cause palestinienne, ce qui montre bien que cette lutte est politique, unissant chiites et sunnites pour un même objectif, et non pas religieuse, d’où aussi les liens entre Hamas et Hezbollah qui se sont renforcés. Il est probable que le règlement de la crise amènera le Hamas, lui aussi, à se rappeler le million de ses congénères accueillis dans des camps en Syrie, dont celui d’Al Yarmouk près de Damas où sa direction avait sans doute fomenté les soulèvements avortés de 2012, l’Armée syrienne ayant ramené l’ordre et contrôlant toujours les abords de ce quartier où vivent environ 20.000 Palestiniens dont certains se sont engagés dans les brigades takfiristes. Avec l’aide de l’Iran encore, on doit s’attendre à l’amende honorable des fautifs.

 

Le règlement de la crise syrienne va donc déboucher sur de grands bouleversements dans la région, l’Iran débarrassé des sanctions retrouvant l’influence qu’il n’avait d’ailleurs jamais complètement perdue et invitant le monde à des relations apaisées par la modération dans les règlements des conflits d’intérêts entre les nations, comme le Président Rouhani l’a proposé à l’ONU en septembre dernier. Il paraît probable que l’islam politique de la confrérie Ikhwan a connu son chant du cygne en Egypte après avoir démontré son inadaptation à gouverner des pays qui, s’ils sont musulmans ne veulent pas moins vivre avec le siècle, la Tunisie en apportant aussi la démonstration en ce moment même où l’élaboration d’institutions indépendantes de la charia, ce qui ne veut pas dire non plus laïques à l’occidentale, est en cours. L’Egypte post Morsi a pris une position modérée vis-à-vis de la Syrie, en tout cas hostile aux salafistes qu’elle affronte sur son propre territoire, et s’est aussi rapprochée de l’Iran. Ce grand pays arabe, une fois la période de transition achevée, devrait jouer aussi un rôle clé dans les équilibres régionaux en influant, grâce à son magistère spirituel reconnu dans l’ensemble du monde islamique, sur les règlements des conflits, dès lors que les extrémistes takfiris verront leurs soutiens financiers coupés. Une fois retrouvée, après la période de transition actuelle, la stabilité indispensable au développement de sa principale ressource, le tourisme, ce grand pays de près d’un million de km², peuplé de plus de 80 millions d’habitants, voisin d’Israël et de Gaza dans le Sinaï, héritier d’une ancienne culture et de l’aura de Gamal Abdel Nasser, occupant une place stratégique en Orient, aura besoin de relancer son économie, développer son agriculture et son industrie avec l’appui et la coopération, notamment financière, de l’ensemble des pays qui s’intéressent à son poids géopolitique et au marché potentiel qu’il représente. Dernièrement on a assisté à un rapprochement de la Russie qui s’est engagée à fournir les armements refusés par les États-Unis.

 

Reste à éradiquer les combattants qui sont sur le terrain en Syrie mais aussi en Iraq, en Libye, au Yémen, au Maghreb et ailleurs en Afrique, et ceux qui seraient prêts à venir barouder dans les pays européens ou aux États-Unis. C’est pourquoi il est urgent que les commanditaires de ces fanatiques incapables d’être raisonnés cessent de les financer, or nous savons qu’il n’y a pas que des financements étatiques mais que des fortunes privées alimentent certains groupes combattants. Reste à savoir combien de temps l’Arabie Séoudite tirera ses dernières cartouches meurtrières.

 

Quoi qu’il en soit, il est certain que non seulement les états arabes mais aussi l’Europe et les États-Unis doivent avoir pour priorité de lutter contre la mouvance takfiriste qui utilise la Syrie et l’Iraq maintenant comme terrain d’opération et de formation de ses milliers de combattants, qui sont prêts à déplacer leur action chez eux ou encore en Afrique où ils sont déjà nombreux depuis l’affaire libyenne. Or les services de renseignement les mieux informés sur l’organisation mondiale, les réseaux, les hommes, les « modus operandi » de ces brigades fanatiques sont les services syriens qui en ont fatalement renforcé leur connaissance depuis trois ans, ayant sans aucun doute pénétré certains groupes et étant même capables de les manipuler.

 

Dans l’Orient compliqué, les chrétiens qui étaient sur place six siècles avant l’islam ont un rôle essentiel de liaison et de médiation à jouer entre les différentes composantes musulmanes : s’ils sont minoritaires, ils ont toujours participé à la direction des affaires, servant souvent de passerelle modératrice dans les divergences entre leurs frères musulmans. Je ne parlerai pas du Liban, exemple unique de cohabitation entre chrétiens et musulmans qui mériterait une étude pour lui tout seul, et où les Séoudiens veulent ranimer les conflits confessionnels, mais pour terminer je voudrais citer le Patriarche maronite libanais Bechara el Raï, lui aussi peu suspect d’être un suppôt de la Syrie, mais connaisseur des réalités orientales et observateur avisé, qui disait déjà en Septembre 2012 lors de la visite du Pape Benoît XVI à Beyrouth : « La guerre en Syrie n’est pas une guerre civile entre Syriens, c’est une guerre entre grandes puissances à travers les Syriens ».

Alain Corvez

Notes relatives à l’article :

1-) Voir mon analyse d’avril 2013 parue dans la RDN le 3 mai : « La crise syrienne, révélateur tragique du nouvel ordre mondial ».

2-) Conférence de presse à l’Elysée du Général de Gaulle le 31 janvier 1964 expliquant les raisons pour lesquelles la France a décidé de reconnaître la Chine de Pékin.

3-) Sur le rôle des chrétiens d’Orient, voir mon analyse du 26 octobre 2013 parue dans la RDN : « Syrie-Liban-Iran-Arabie : nouvel ordre mondial ».

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:41
Par walid al-Mouallem (traduction intégrale)
Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés 22/01/2014

mardi 4 février 2014, par Comité Valmy

 

À lire la presse française officielle de cette fin de semaine, nous sommes en droit de nous demander si « l’échec consommé », ou encore le « fiasco », de la Conférence internationale dite de Genève 2, concerne uniquement la Syrie. Il est clair, que ces courageux journalistes, qui se sont présentés en grand nombre à Montreux, n’ont pas cherché à savoir le contenu de l’intervention du chef de la délégation de la République arabe syrienne, M. Walid al-Mouallem, et si jamais ils ont fait cet effort, ils n’ont rien voulu entendre. Une fois de plus !

 

Pour mémoire, voici la traduction intégrale de cette intervention. [NdT].

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je vous salue au nom de la délégation de la République arabe syrienne... « République laïque » que certains, présents dans cette salle, ont tenté de ramener au Moyen Âge... « République arabe » fièrement et fortement enracinée dans son arabité, malgré les agissements de certains arabes censés être des frères... Je vous salue au nom de « la Syrie » dont l’Histoire est sept fois millénaire !

 

Je n’ai jamais connu une situation aussi difficile que celle d’aujourd’hui. Sur mes épaules, et celles de la délégation syrienne, pèsent toutes les souffrances qu’a endurées mon pays depuis trois années, tout le sang des martyrs, toutes les larmes des veuves, tous les espoirs des familles qui endurent l’absence d’un proche enlevé ou porté disparu, tous les cris de chaque écolier tétanisé par les explosions visant son école, toutes les attentes d’une génération qui voit ses rêves d’avenir se fracasser, tout le courage des pères et mères qui ont envoyé leurs enfants défendre la patrie, toute la détresse des familles qui ont perdu leur foyer et se retrouvent déplacés ou réfugiés...

 

Sur nos épaules, Mesdames et Messieurs, pèsent les espoirs du peuple syrien pour les années à venir, le droit de chaque enfant de se rendre à l’école en sécurité, le droit de chaque femme de sortir de chez elle sans risquer d’être enlevée ou violée et assassinée, le droit de chaque jeune de construire son avenir comme il l’entend, le droit de chaque citoyen de pouvoir rentrer chez lui en toute sérénité.

 

Aujourd’hui, nous sommes face à un moment de vérité. Une vérité qu’on a systématiquement essayé de défigurer par la désinformation et les mensonges, jusqu’à en arriver aux meurtres et au terrorisme ! Une vérité que nous venons délivrer, debout, à tous les juges et censeurs ; nous, la délégation de la République arabe syrienne qui représentons son peuple, son gouvernement, ses institutions, son Armée, et son Président Bachar al-Assad.

 

Je regrette, Mesdames et Messieurs, oui... je regrette et le peuple de « la Syrie qui résiste » regrette que des représentants de pays ayant le sang syrien sur les mains soient ici présents... Pays qui ont exporté le terrorisme et qui se posent en distributeurs des indulgences, allant jusqu’à empêcher certains fidèles de se rendre à la Mecque ; comme si Dieu les avait chargés d’ouvrir le paradis à certains et de le fermer à d’autres...Pays qui ont encouragés les terroristes, les ont financés, les ont aidés, et ont décidé de la légitimité ou non des uns et des autres comme bon leur semblait... Pays qui ne se sont jamais souciés de leurs maisons de verre fêlées, mais qui se sont mis à lapider nos châteaux forts séculaires et à nous donner, toute honte bue, des leçons de démocratie, de développement et de progrès alors qu’ils sont plongés dans l’ignorance et l’arriération. Pays qui accordent, refusent, légitiment, renient, distribuent dons et gratifications à leur guise et par habitude ; l’habitude de ceux dont le pays appartient à un roi ou à un prince, qui en donne ce qu’il veut à qui il veut, et en prive qui il veut comme il veut !

 

Ils ont vilipendé la Syrie civilisée, souveraine et indépendante... Ils s’en sont pris à l’honneur et à la liberté de ses femmes et de ses filles, alors qu’eux-mêmes se noient dans la fange de leurs discriminations abominables et leur ignorance.

 

Ils ont commis tout cela... Mais maintenant que leurs masques sont tombés, la vraie vérité de leur dessein s’est dévoilée. Celui de déstabiliser la Syrie et de la détruire par l’exportation de leur produit national premier : le terrorisme ! Avec leurs pétrodollars, ils ont acheté les armes, recruté les mercenaires, inondé l’espace médiatique de leurs mensonges, pour dissimuler la sauvagerie de ce qu’ils font sous un voile qu’ils ont fini par appeler : « La Révolution syrienne voulue par le peuple syrien » !

 

Qu’est-ce que tout cela à a voir avec ce qui se passe en Syrie ? Comment un terroriste tchéchène, afghan, saoudien, turc, français ou britannique pourrait répondre aux aspirations du peuple syrien ? Comment ? En installant un État islamique qui ne connaît rien de l’Islam, mais se nourrit de la déviance de l’idéologie wahhabite !?

 

Qui vous a dit, et qui leur a dit, que le peuple syrien cherchait à revenir des milliers d’années en arrière ?

 

En Syrie, Mesdames et Messieurs, les femmes enceintes sont éventrées et les fruits de leurs entrailles sont assassinés... les femmes sont violées avant et après avoir été tuées, selon un rituel hideux et obscène qui n’est inspiré que par les exportateurs de cette idéologie !

 

En Syrie, Mesdames et Messieurs, les pères sont découpés à l’arme blanche devant leurs enfants au nom de la « révolution »... Pire encore, les propres enfants de ceux-là qui les découpent, soi-disant pour répondre à nos aspirations de Syriens, piaillent et dansent.

 

En Syrie, l’on dévore le cœur du Syrien en prétendant réaliser l’ambition de sa victime ; l’ambition d’une vie libre, prospère, tranquille et démocratique ! Quelle absurdité est-ce là ? Et de qui se moque-t-on ?

 

Au nom d’une prétendue « glorieuse révolution syrienne », on massacre des civils parmi les vieux, les femmes et les enfants... On pulvérise les infrastructures et les institutions sans même se soucier de l’orientation politique, idéologique ou intellectuelle de ses victimes... On brûle les livres et les bibliothèques... On farfouille dans les tombes... On vole les reliques et les trésors archéologiques...

 

Au nom de « la révolution », les enfants sont assassinés dans leurs écoles et les étudiants, dans leurs universités... On s’autorise à déshonorer la femme à travers toutes sortes de « fatwas perverses » légitimant le Jihad sexuel, l’inceste ou autres interdits... On bombarde les mosquées pendant que les fidèles sont en prière... On coupe les têtes qu’on exhibe dans les rues... On rôtit des personnes encore vivantes, en un véritable holocauste que l’histoire retiendra et que beaucoup de pays dénonceront, mais sans jamais parler d’antisémitisme !

 

Toujours au nom de la « révolution », un père en est réduit à se faire exploser avec femme et enfants pour échapper à des étrangers ayant pénétré dans sa maison. Des étrangers qui prétendent être venus lui offrir la démocratie et le libérer du joug et de l’oppression « du régime » !?

 

Mesdames et Messieurs ; vous, dont la plupart sont des parents, imaginez les sentiments qui poussent un père à tuer sa famille, de ses propres mains, pour les soustraire à des monstres déguisés en humains et qui disent se battre pour la liberté ! C’est ce qui s’est passé à Adra... Adra, où ces étrangers ont fait irruption dans la Cité et ont tué, pillé, pendu, découpé, brûlé des personnes bien vivantes.

 

Vous n’avez peut-être pas entendu parler de Adra, mais vous avez certainement entendu parler d’autres cités où ils ont commis les mêmes horreurs en désignant de leurs doigts accusateurs, dégoulinant du sang des innocents, l’État et l’Armée syrienne. Ce n’est qu’une fois que leur mensonge insensé n’a plus réussi à convaincre qu’ils ont arrêté de le raconter !

 

En cela, ces monstres ont exécuté ce qu’ils ont été chargés de faire par des États devenus aujourd’hui le fer de lance déchiquetant le corps syrien... Des États finalement arrivés au devant de la scène, après avoir écarté d’autres États... D’autres États qui ont essayé, moyennant tout autant le sang des Syriens, de s’imposer comme des puissances régionales, en achetant les consciences et les influences, en finançant ces monstres d’apparence humaine ; monstres imrégnés de la détestable idéologie wahhabite avant d’être lâchés à l’assaut de tout le territoire syrien.

 

Mais, me voici à cette tribune pour vous dire que vous savez, comme moi, qu’ils ne se contenteront pas de rester en Syrie, bien que nous sachions que certains des participants à cette assemblée ne veulent ni comprendre, ni entendre !

 

Mesdames et Messieurs, tout ce qui ce précède n’aurait pas été possible si, profitant de la crise, des pays voisins de la Syrie n’avaient dérogé aux relations de bon voisinage. Celui du Nord l’a poignardée dans le dos. Ceux de l’Ouest sont restés spectateurs et ont tu la vérité. Ceux du Sud ont dû obéir aux ordres parce que faibles. Alors que celui de l’Est est lui-même éreinté par tout ce qui a été programmé contre lui depuis de longues années, pour le détruire... avant de détruire la Syrie !

 

Tout ce qui précède n’aurait pas été possible si « le gouvernement Erdogan » n’avait usé du territoire turc pour accueillir, entraîner, armer, puis expédier les terroristes vers la Syrie. Un gouvernement qui a refusé de voir que la magie finirait par se retourner contre le magicien. Mais le voilà qui commence à goûter à la coupe de l’amertume, car le terrorisme n’a pas de religion et n’est fidèle qu’a lui-même. Le voilà passé de zéro problème avec ses voisins, à zéro en politique étrangère, en diplomatie internationale, en crédibilité politique et en toute chose ; ce qui ne l’empêche toujours pas de persister dans son ignoble agression.

 

Et ceci, parce que le gouvernement d’Erdogan s’est imaginé que le rêve historique d’Al-Qotb et de son prédécesseur, Mohamed Abdel Wahab, était sur le point de se concrétiser. D’où son offensive semant la corruption depuis la Tunisie, jusqu’en Libye, en Égypte et en Syrie, avec la ferme décision de réaliser une chimère qui n’existe que dans son cerveau malade. Un gouvernement qui, malgré l’échec et la nullité de ses ambitions, persiste et signe. Autant de comportements qu’on ne peut raisonnablement mesurer qu’à l’aune de la bêtise... Celui qui ne tire pas les leçons de l’Histoire perdra le présent... Celui qui allume le feu chez son voisin ne peut espérer rester en sécurité !

 

D’autres voisins ont contribué à allumer le feu, certains allant jusqu’à importer les terroristes du monde entier... Mais là, est apparu un paradoxe drôle, quoique des plus iniques. Quatre-vingt-trois nationalités se battent en Syrie, sans que nul ne s’en plaigne, ne dénonce, ne modifie son regard, ne cesse de parler effrontément de « la glorieuse révolution syrienne » ; alors que lorsque quelques dizaines de jeunes combattants de la Résistance se sont joints à l’Armée syrienne pour défendre certaines régions, tout ce petit monde s’est retrouvé sens dessus-dessous parlant d’« intervention étrangère » et exigeant la sortie de ceux qu’il a qualifiés de « troupes étrangères » venues violer « la souveraineté de la Syrie » !

 

Concernant la souveraineté syrienne, je vous affirme que la Syrie, pays libre et indépendant, fera tout ce qu’exige sa propre défense et par tous les moyens qu’elle jugera nécessaires. C’est une décision strictement syrienne, et elle le restera !

 

Malgré tout ce qui précède, le peuple syrien résiste. Il résiste, malgré les sanctions censées le faire plier en visant son pain quotidien et le lait des ses enfants. Il résiste, malgré les pillages, les destructions et les sabotages de sa nourriture, de ses usines de médicaments, de ses hôpitaux, de ses cliniques, de ses chemins de fer, de ses lignes électriques. Même ses lieux de culte, chrétiens et musulmans, n’ont pas été épargnés par les hordes terroristes !

 

Mais ils ont échoué... Et c’est à partir du moment où ils ont constaté leur échec que les États-Unis ont brandi leur menace d’attaquer la Syrie. Avec ceux qui en Occident et parmi les arabes partagent leurs convoitises, ils ont fabriqué de toute pièce l’histoire nous accusant d’avoir utilisé des armes chimiques ; histoire qui n’a pas convaincu leur propre peuple, pas plus qu’elle n’a convaincu le nôtre.

 

Autant de comportements qui, malheureusement, soulignent le fait que ces États prônant la démocratie, la liberté, et les droits humains ne disposent que d’un langage guerrier, sanguinaire, colonialiste et dominateur. Leur démocratie s’impose par le feu, leur liberté signifie frappes aériennes, leurs droits humains autorisent de tuer l’Humain ! Ils se sont habitués à l’idée qu’ils sont les maîtres du monde, que ce qu’ils veulent sera, et que ce qu’ils ne veulent pas ne sera pas !

 

Ils ont oublié, ou font semblant d’avoir oublié, que ceux qui se sont fait exploser à New York sont de la même veine que ceux qui se font exploser en Syrie... même idéologie... même source ! Ils ont oublié, ou font semblant d’avoir oublié, que ce terrorisme qui était hier aux États-Unis est aujourd’hui en Syrie, sans que l’on sache où il sera demain. Ce qui est sûr c’est qu’il ne s’arrêtera pas là. L’Afghanistan est un parfait exemple pour qui consentirait à retenir la leçon... pour qui consentirait... mais la plupart s’y refusent.

 

Ni les États-Unis, ni certains de leurs alliés occidentaux civilisés - dont celui qualifié de « Pays des Lumières » et celui qui pouvait autrefois s’enorgueillir d’être à la tête d’un « Empire où le soleil ne se couche jamais » – ne veulent y consentir. Et alors qu’ils ont tous goûté à l’amertume du terrorisme, les voilà qui se déclarent subitement solidaires d’un groupe de pays dits « Amis de la Syrie », au côté de quatre royaumes dictatoriaux et répressifs, ne sachant rien de la laïcité ou de la démocratie... Des pays qui autrefois ont colonisé la Syrie, l’ont pillée et l’ont disloquée voilà une centaine d’années ; mais des pays qui, aujourd’hui, se réunissent en congrès pour déclarer, haut et fort, leur amitié au peuple syrien, s’inquiéter de son horrible « situation humanitaire », pendant qu’ils l’assiègent, lui imposent toutes sortes de sanctions possibles, et soutiennent secrètement le terrorisme qui le frappe !

 

Mesdames et Messieurs, si vous êtes tellement inquiets de la situation humanitaire et des conditions de vie en Syrie, arrêtez donc l’afflux des armes... Arrêtez de soutenir les terroristes... Annulez vos sanctions... Levez le siège imposé au peuple syrien... Revenez à la raison et à la logique dans votre politique ! Dès lors, nous vous assurons que nous serons aussi bien que nous l’avons été et vous délivrerons de votre immense inquiétude à notre égard.

 

Maintenant, certains pourraient se demander si tout ce qui se passe en Syrie est de source étrangère. Non, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas le cas ! Des Syriens, présents dans cette salle, ont contribué à tout ce qui précède. Ils ont exécuté et ont tout légitimé, sans pour autant être en accord les uns avec les autres ! Tout cela, aux dépens du sang syrien dont ils prétendent vouloir stopper l’hémorragie !

 

Ces Syriens se sont politiquement divisés une centaine de fois et leurs chefs se sont réfugiés aux confins de la terre. Ils se sont vendus à Israël et sont devenus ses yeux qui enregistrent et ses bras qui détruisent. Et lorsqu’ils ont échoué, Israël est intervenu directement pour leur éviter les coups de l’Armée syrienne et les aider dans l’exécution de ce qu’il a projeté pour la Syrie, depuis des décennies. De l’aveu même de leurs partisans sur le terrain, ils se prélassent dans les hôtels cinq étoiles pendant que notre peuple est saigné. Ils se sont opposés à partir de l’étranger. Ils se réunissent à l’étranger. Ils trahissent la Syrie à partir de l’étranger...

 

Celui qui veut parler au nom des Syriens est invité à venir en Syrie. Qu’il vive comme un parent syrien qui, tous les matins, embrasse son enfant en se demandant s’il rentrera de l’école ou sera emporté d’une bombe lancée par un révolutionnaire instrumenté par l’étranger... Qu’il vienne supporter la morsure du froid parce que nous sommes privés de pétrole... Qu’il fasse la queue pendant des heures pour nourrir les siens parce que les sanctions nous interdisent d’importer du blé, alors que nous étions des exportateurs... Celui qui veut parler au nom de la Syrie, qu’il vienne témoigner de la solidité de celui qui résiste face au terrorisme et le combat, depuis bientôt trois années. Une fois qu’il l’aura fait, qu’il revienne parler au nom des Syriens devant cette assemblée !

 

La République arabe syrienne - État et Peuple - a fait et continue de faire ce qu’on attendait d’elle ! Elle a ouvert notre territoire aux journalistes qui l’ont parcouru pour ensuite vous rapporter la réalité de ce qui s’y passe, mais toujours après être retournés à l’étranger ! Une réalité que nombre de médias occidentaux n’ont pu supporter, parce qu’elle ne correspondait pas à ce qu’il voulait dire ou filmer sur la Syrie. Nous avons autorisé l’entrée d’organisations internationales de secours, mais les instrumentalisés par l’étranger - dont certains sont ici présents - leur ont fait obstacle en les mettant en danger sous les tirs des terroristes ; quand nous, nous faisions notre devoir en les protégeant et en facilitant leur mission. Nous avons libéré, de façon répétée, un grand nombre de prisonniers dont certains avaient usé de leurs armes contre les citoyens, ce qui a suscité le mécontentement de beaucoup de Syriens « de l’intérieur » ; mais ils ont fini par comprendre et accepter l’idée que la Syrie étant plus précieuse que tout le reste, nous devons dépasser nos blessures et surmonter les haines et les rancunes.

 

Et vous qui prétendez parler au nom des Syriens, qu’avez-vous fait ? Quelle est votre vision pour ce merveilleux pays ? Quelles sont vos intentions et quel est votre programme politique ? De quels instruments disposez-vous sur le terrain, mis à part les groupes terroristes armés ? Je suis persuadé que vous ne disposez de rien du tout, ce qui est évident pour tout le monde et notamment dans les régions occupées par vos mercenaires, autrement dit « les régions libérées » selon votre étrange terminologie ?

 

Avez-vous vraiment libéré les habitants de ces régions ? Ou bien avez-vous dérobé leur culture tolérante pour imposer votre extrémisme répressif ? Avez-vous construit des écoles et des centres de soin ? Ou bien avez-vous détruit les hôpitaux et permis à la poliomyélite de ressurgir en Syrie, alors que nos enfants ont vécu indemnes de cette maladie depuis des décennies ? Avez-vous sauvegardé et protégé les trésors archéologiques et les musées de la Syrie ? Ou bien les avez-vous pillés et en avez tiré profit ? Avez-vous respecté les principes de la Justice et des droits humains ? Ou bien avez-vous exécuté des peines de mort par décapitation, et en public ?

 

Pour résumer, vous n’avez rien réalisé de bon, rien du tout ! Vous n’avez amené que le déshonneur et la honte en suppliant les États-Unis de lancer une attaque militaire contre la Syrie. Même l’opposition, dont vous prétendez être les maîtres et les gardiens, ne veut pas de vous ! Elle refuse votre gestion de vous-mêmes, avant même que de songer à ce que vous gériez le pays.

 

Ils veulent un pays d’une seule couleur !? Et je ne parle pas ici d’ethnie ou de confession, car toute personne qui n’est pas d’accord avec eux est autre, et cet autre est un infidèle, quelle que soit sa religion et son environnement. Ils ont donc tué des musulmans de toutes les branches de l’Islam et ont sévèrement ciblé les chrétiens. Mêmes les religieuses en habit ne leur ont pas échappé. Ils les ont enlevées après avoir frappé Ma’aloula, dernier endroit au monde où l’on parle encore couramment la langue du Christ, pour contraindre les Syriens chrétiens à quitter la Syrie !

 

Mais là aussi, ils ont échoué. Car tous les Syriens sont Chrétiens lorsqu’on s’attaque au christianisme ; tous les Syriens sont Musulmans lorsqu’on s’attaque aux mosquées ; et tous les Syriens sont de Raqqa, de Lattaquié, de Soueida, de Homs, ou d’Alep la blessée... quand l’une ou l’autre de ces régions sont frappées. D’où l’horreur devant leurs tentatives de semer la discorde et le sectarisme religieux, la pire des laideurs qu’un syrien ne peut tolérer. Bref, Messieurs, votre prétendue « grande révolution syrienne » n’a laissé aucune transgression condamnable ici bas, sans la commettre !

 

En revanche, derrière la noirceur de ce sombre tableau, la lumière est toujours restée tout au bout du chemin. Ceci, grâce à la détermination du peuple dans sa résistance, grâce à la détermination de l’Armée dans sa défense, et grâce à la détermination de l’État dans sa cohésion et sa continuité... Et aussi, parce que malgré tout, certains États se sont tenus à nos côtés et au côté du Droit et de la Justice. Parmi ces États, la Russie à qui je m’adresse au nom du peuple syrien pour lui exprimer ses plus sincères remerciements, la Chine que nous remercions tout autant que la Russie pour leur respect de la souveraineté et de la liberté de décision de la Syrie.

 

La Russie s’est comportée en véritable ami dans toutes les arènes internationales et a fermement défendu, en paroles et en actions, les principes de l’Organisation des Nations Unies quant à la souveraineté des États et les droits humains. La Chine et les pays du BRICS se sont tenus à ses côtés, ainsi que l’Iran, l’Irak, et certains États arabes musulmans, des États d’Afrique et d’Amérique latine. Autant d’États qui n’ont cessé de protéger, en toute honnêteté, les aspirations du peuple syrien, non celles d’autres États qui voudraient nous imposer ce dont nous ne voulons pas !

 

Oui, Mesdames et Messieurs, le peuple syrien aspire tout comme les autres peuples de la région à plus de liberté, de justice, et de droits humains. Il aspire à plus de pluralisme et de démocratie. Il aspire à une Syrie meilleure, une Syrie tranquille, prospère, et en bonne santé. Il aspire à un État fort reposant sur des institutions, non à la démolition des siennes. Il aspire à protéger ses monuments et ses sites archéologiques ainsi que son patrimoine national, non à leur pillage et leur destruction. Il aspire à ce que son Armée nationale reste forte pour protéger sa terre, son honneur et ses biens, défendre ses frontières, la souveraineté et l’indépendance de son pays ; non à une armée de mercenaires « libre » de kidnapper des civils et de les rançonner ou de les transformer en boucliers humains ; « libre » de s’accaparer les donations, de voler les pauvres et de vendre la partie ; « libre » de s’enrichir par le trafic d’organes prélevés sur des hommes, des femmes et des enfants bien en vie.

 

Une armée de mercenaires dont certains éléments mangent les cœurs et les foies humains, font griller les têtes d’humains sur des barbecues, recrutent des enfants soldats, violent les femmes sous la menace de leurs armes. Des armes expédiées par des États, ici présents, sous prétexte d’un prétendu « soutien aux groupes modérés ». De grâce, dites-nous où est la modération dans tout ce que je viens de vous exposer !

 

Où sont donc ces « éléments modérés », aux dénominations fumeuses, derrière lesquels vous vous cachez et que vous soutenez médiatiquement et militairement, notamment ceux que vous rebaptisez ? Des éléments préexistants sur le terrain, auxquels vous donnez une nouvelle peau, un nouveau nom, prétendant qu’ils combattent le terrorisme alors qu’ils sont encore pire que leurs prédécesseurs, pendant que vos médias retravaillent leur image après les avoir revêtus de l’habit griffé : « modération ». Ils savent, comme nous savons, qu’il s’agit du même extrémisme et du même terrorisme sous des noms différents. Ils savent, comme nous savons, que sous le prétexte du « soutien aux groupes modérés » on continue à armer ceux qui, finalement, appartiennent à Al-Qaïda et à plusieurs de ses organisations sévissant en Syrie, en Irak, et dans d’autres pays de la région.

 

Telle est la vérité, Mesdames et Messieurs. Réveillez-vous ! L’Occident soutient et certains arabes exécutent pour qu’en fin de parcours, les armes tombent aux mains d’Al-Qaïda. Par conséquent, l’Occident prétend lutter contre le terrorisme en public, mais le nourrit en secret. Celui qui ne voit pas cette vérité est aveugle ou ignorant. Ou alors, il ne veut pas la voir et a décidé de poursuivre dans cette voie !

 

Est-ce la Syrie que vous voulez malgré les milliers de martyrs, l’installation de l’insécurité, et les destructions systématiques ? Est-ce cela les aspirations du peuple syrien que vous voudriez réaliser ? Non, Mesdames et Messieurs, la Syrie ne restera pas dans cette situation. Et c’est pour vous le dire que nous sommes ici.

 

Nous sommes venus, malgré tout ce qui a été fait par certains d’entre vous.

 

Nous sommes venus pour sauver la Syrie, pour arrêter les décapitations, les bouffeurs de foie, de cœurs, et les éventreurs.

 

Nous sommes venus pour ramener les mères et leurs enfants chassés de leurs foyers par des terroristes.

 

Nous sommes venus pour protéger notre État laïc, notre civilisation, et l’avancée des Tatars et des Mongols dans notre région.

 

Nous sommes venus pour empêcher l’effondrement de l’ensemble du Moyen-Orient.

Nous sommes venus pour protéger la richesse et la diversité de notre culture, pour protéger le dialogue entre les civilisations et les religions, à la source même de ces religions.

 

Nous sommes venus pour protéger l’Islam tolérant qu’on a défiguré.

 

Nous sommes venus pour protéger et garder les Chrétiens du Moyen orient !

 

Nous sommes venus dire aux Syriens de l’étranger : revenez dans votre pays, car l’étranger reste un étranger, aussi proche soit-il, et le Syrien reste un frère pour le Syrien, quelle que soit l’intensité des adversités.

 

Nous sommes venus pour arrêter le terrorisme, comme l’ont fait tous les États du monde qui ont goûté sa douloureuse amertume. Certes, nous avons dit et nous continuons à dire que le dialogue entre les Syriens est la solution. Mais, nous avons agi et agissons comme tous les autres pays du monde lorsqu’ils ont été frappés par le terrorisme. Nous avons cherché et nous chercherons toujours à défendre notre peuple, car tel est notre devoir constitutionnel... Et, de cette tribune, je vous dis que nous continuerons à frapper le terrorisme qui a gravement nui à tous les Syriens, abstraction faite de leurs affiliations politiques.

 

Nous sommes venus vous mettre, tous, face à vos responsabilités. Car, tant que certains États que vous connaissez, et que nous connaissons, continueront à soutenir le terrorisme, cette conférence ne connaîtra pas le succès ; l’action politique et le terrorisme étant incompatibles lorsqu’il s’agit d’un même terrain. La politique implique « la lutte contre le terrorisme » et ne pousse pas dans son ombre !

 

Nous sommes venus en tant que représentants du peuple syrien. Oui... Monsieur Kerry... je dis que l’expérience prouve que personne au monde n’a le droit d’accorder, de conférer ou de retirer la légitimité à un président, à un État, à une Constitution, ou à quoi que ce soit, sauf les Syriens eux-mêmes !

 

C’est leur droit et leur devoir constitutionnel. Tout ce sur quoi nous pourrions nous accorder ici, et quoi qu’il en soit, sera soumis à un référendum populaire. Nous sommes ici pour faire savoir la volonté du peuple syrien, non pour décider de son avenir ! Par conséquent, celui qui ne veut pas entendre cette volonté ferait mieux de ne pas parler en son nom. Lui seul a le droit de décider de ses dirigeants, de son gouvernement, de son parlement, et de sa Constitution. Toute autre décision est inacceptable.

 

Pour conclure, je m’adresse aux personnes, ici présentes, ainsi qu’au monde entier qui nous regarde et nous écoute : en Syrie nous vivons une guerre contre le terrorisme !

Un terrorisme qui a beaucoup détruit et qui continue de détruire. Un terrorisme contre lequel la Syrie s’est dressée depuis les années quatre-vingt du siècle dernier tout en appelant, haut et fort, à former un front uni pour le combattre ; mais personne n’a voulu entendre.

 

Un terrorisme dont vous avez horriblement souffert aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, en Russie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan, et la liste ne fait que s’allonger, car le voici qui se répand partout. Coopérons tous ensemble, main dans la main, pour le combattre et stopper la noirceur de son idéologie obscurantiste, et terrifiante.

 

Quant à nous, les Syriens, dressons-nous comme un seul homme et concentrons-nous sur la Syrie pour commencer à la reconstruire humainement et structurellement. Certes, le dialogue est fondamental, comme je l’ai déjà dit. Mais, bien que nous remerciions ce pays qui nous accueille, nous disons que le vrai dialogue entre les Syriens doit avoir lieu en Syrie, sous le ciel de la patrie !

 

Il y’a un an, le gouvernement exposait sa vision de la solution, mais là aussi personne n’a entendu ! Que de vies innocentes auraient été épargnées si certains États avaient opté pour le langage de la raison, plutôt que pour celui de la terreur et de la destruction ! Une année entière que nous appelons au dialogue, alors que le terrorisme n’a cessé de frapper l’État syrien, ses institutions, son gouvernement et son peuple.

 

Mais, mieux vaut tard que jamais. Aujourd’hui, nous voici réunis pour prendre une très importante décision dont dépendra notre destin, la décision de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme tout en engageant le processus politique ; ce qui est d’autant plus opportun que tous sont là, aussi bien les arabes que les occidentaux !

 

Maintenant, si certains États, parmi vous, continuent à soutenir le terrorisme en Syrie, ce sera votre décision... Vous connaissez la nôtre. Sinon, écartons les obscurantistes et les menteurs qui vous tendent la main et vous sourient en public, mais nourrissent le terrorisme dans l’ombre. Un terrorisme qui frappe la Syrie, mais qui finira par se répandre pour nous brûler tous.

 

C’est donc l’instant de vérité et l’instant du destin, soyons à la hauteur du moment !

Je vous remercie.

Dr Walid al-Mouallem

Texte traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Sana / Syrie
http://sana.sy/print.html ?sid=523707&newlang=ara

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:13

Par Ghaleb Kandil

 

Certains milieux politiques pensent que la Russie et les Etats-Unis se sont entendus sur des compromis dans la région, et que tout ce qui se passe sur les plans politique et militaire en Syrie fait parti d’un scénario pour mettre en œuvre ces arrangements.

 

En fait, les relations internationales passent par une période transitoire qui verra se dessiner les contours des nouveaux équilibres. Ceux-ci ont pu émerger grâce à la résistance de l’Etat syrien face à l’agression coloniale conduite par les Etats-Unis. Il est clair que l’ère post-domination unilatérale américaine est en construction. Les règles de la nouvelle guerre froide ne sont pas encore définitivement dessinées. La reconnaissance par les Etats-Unis de la fin de l’hégémonie unilatérale s’accompagne de tentatives continues pour influencer les nouvelles équations et équilibres qui sont en train d’émerger.

 

C’est dans ce cadre que s’inscrivent les pressions et les ingérences américano-occidentales dans l’arrière-cour de la Russie. La crise en Ukraine est la meilleure illustration de cette attitude, au même titre que la poursuite du partenariat entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, pour prolonger le bain de sang en Syrie, dans l’espoir de modifier à l’avantage de leurs agents les rapports de force qui sous-tendent tout compromis politique à venir.

 

Telles sont les réalités qui ressortent de la Conférence de Genève II, où les Américains ont négocié, indirectement, avec la délégation officielle syrienne, à travers une délégation mise sur pied par leur ambassadeur à Damas Robert Ford. C’est dans ce même cadre que s’inscrit la décision d’écarter l’Iran de cette conférence, et qui était un message destiné à la Russie, digne de l’époque de l’hégémonie unilatérale, à travers des ordres donnés au secrétaire général des Nations unies. La réforme de cette organisation et le rééquilibrage des rapports de force en son sein sont d’ailleurs des conditions inévitables pour établir une monde multipolaire.

 

Dans cette période transitoire, la confrontation continue pour l’élaboration des nouveaux rapports de force entre les puissances internationales, et la Syrie constitue le miroir des nouvelles réalités internationales. Aussi, le fait de croire à l’existence de supposés arrangements internationaux et au sérieux des Américains dans la lutte contre le terrorisme, est une pure illusion. Pire, cela peut fausser les calculs et produire des analyses erronées.

 

Ce sont les Etats-Unis qui ont exporté vers la Syrie le terrorisme qaïdiste, en coopération avec le régime saoudien, la Turquie et le Qatar. C’est Washington qui a hébergé et couvé les Frères musulmans, et il continue de le faire bien qu’il sache que cette confrérie promeut la pensée takfiriste et le terrorisme dans le monde musulman. Le refus américain de considérer la lutte contre le terrorisme comme une priorité en Syrie, comme l’a réclamé la délégation officielle syrienne, est un aveu de Washington de sa détermination à utiliser le terrorisme pour saigner l’Etat syrien. Les arguments présentés par Barak Obama, lors d’un entretien au New Yorker, pour expliquer les raisons de son soutien au Front islamique, illustrent parfaitement cette réalité. Il a qualifié de "jihadistes" les combattants de cette organisation terroriste, appelant à faire une distinction entre eux et Al-Qaïda. Ce Front est un pur produit américano-saoudien qui est actif uniquement à l’intérieur de la Syrie et ne constitue pas une menace terroriste, comme le prétend la revue Foreign Policy dans un article publié il y a quelques jours. La revue a couvert de louanges le chef de Brigades "Ahrar al-Cham", Abou Khaled le Syrien, en tentant de minimiser l’importance de propos de ce terroriste rendant hommage à Oussama Ben Laden.

 

La prochaine étape sera caractérisée par une recrudescence des combats sur le terrain et la poursuite du soutien américano-saoudien, qatari, britannique et français aux mouvements extrémistes. En dépit de la dernière manœuvre verbale de Recep Tayyeb Erdogan, lors de sa visite à Téhéran, qui ne s’est accompagnée d’aucune mesure concrète sur le terrain, la Turquie va également poursuivre son appui aux terroristes.

 

L’administration américaine a reconnu l’échec de son pari de la destruction de l’Etat syrien, sous couvert de la chute du régime. Sa nouvelle stratégie consiste à installer durablement des lignes de démarcations entre l’Armée arabe syrienne et les rebelles, à travers un soutien massif en armes, argent, renforts en hommes et en conseils techniques. Certains milieux à Washington évoquent ouvertement le partage de la Syrie en séparant les provinces d’Idleb, d’Alep, de Raqqa, de Deir Ezzor et de Hassaka, de l’Etat central. D’autres projets parlent de la division de la Syrie en trois régions : la première, sous le contrôle de l’Etat central et de ses forces armées ; la deuxième sous l’hégémonie des groupes armés ; et la troisième sous la domination des Kurdes.

 

L’armée arabe syrienne combat donc pour l’unité de la Syrie et pour son indépendance. Les Américains et leurs agents découvriront que tous leurs plans ne sont que des mirages, car quand c’est l’unité et l’indépendance de leur pays qui est en jeu, le peuple syrien son armée sont prêts à consentir autant de sacrifices qu’il le faut.

 

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com
Tendances de l’Orient No 172 lundi 3 février 2014.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 08:52

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Par Bruno Guigue

 

En 1956, le socialiste Guy Mollet mena contre l’Egypte nassérienne une désastreuse expédition militaire. En 1991, François Mitterrand participa à la coalition internationale contre l’Irak. En 2013, François Hollande rêve de bombarder la Syrie de Bachar Al-Assad. Cette remarquable continuité en dit long sur l’acharnement des socialistes français à combattre le nationalisme arabe, l’une des rares forces politiques de la région à n’avoir jamais pactisé avec Israël.

Résolument moderniste, le régime nassérien entendait assurer le développement de l’Egypte en recouvrant sa souveraineté sur le canal de Suez. Cette nationalisation déchaîna les foudres de la Grande-Bretagne, menacée dans ses intérêts économiques. Ulcérée par le soutien de Nasser au FLN algérien, la France emboîta le pas à son allié britannique. Avant-garde occidentale au cœur du Proche-Orient, Israël, enfin, voulait liquider la résistance palestinienne à Gaza.

La guerre de Suez est née de cette connivence entre les deux puissances européennes et leur clone israélien. Unies par un pacte secret, les trois Etats attaquèrent l’Egypte par surprise, déchaînant leur puissance conjuguée contre une jeune nation à peine sortie du carcan colonial. Militairement victorieux, mais sans gloire, ils subirent un échec retentissant lorsque les Etats-Unis et l’URSS leur intimèrent l’ordre de rapatrier leurs troupes.

Outre le fiasco de l’expédition de Suez, l’héritage socialiste de Guy Mollet, c’est aussi la guerre d’Algérie avec son sinistre cortège (le bourrage des urnes, l’envoi du contingent et la banalisation de la torture). Défenseurs jusqu’au bout d’un empire condamné par l’histoire, les socialistes français ne parviendront jamais à se défaire de ce tropisme colonial. Dans leur vision du monde, l’Occident est le dépositaire de l’universel et la colonisation un généreux tutorat bénéficiant à des peuples attardés.

C’est pourquoi ils ont toujours été les chantres passionnés de l’aventure israélienne : l’Etat d’Israël est leur alter ego colonial. Cet Etat est le seul de la planète qui colonise ouvertement en violation du droit international. Mais ses dirigeants sont reçus à Paris avec les honneurs. Lorsque l’armée d’occupation bombarde Gaza, en novembre 2012, Laurent Fabius incrimine la résistance palestinienne. Et si l’Elysée se montre intraitable à l’égard de Damas, il trouve toujours des circonstances atténuantes aux crimes sionistes.

La diplomatie française se réclame volontiers d’une morale humaniste, mais elle l’applique de façon sélective. Atteinte du syndrome des « deux poids, deux mesures », elle ne convainc que les convaincus. Ainsi l’utilisation présumée du gaz de combat en Syrie est un crime abominable, passible d’une sanction exemplaire, mais on ne dit pas un mot lorsque l’armée d’occupation israélienne assassine les enfants de Gaza en utilisant des bombes au phosphore.

Que les socialistes français mesurent leur responsabilité historique : parti colonial sous la 4ème République, la SFIO est devenue le parti belliciste sous la 5ème. Pour quel résultat ? En jouant le rôle ingrat du boutefeu refroidi (à la dernière minute), la présidence française s’est ridiculisée. Même les opposants au régime syrien ne lui montreront aucune reconnaissance, puisque Paris a dû faire machine arrière, le petit doigt sur la couture du pantalon, à l’instant même où les Américains l’ont décidé.

Inféodée à Washington jusqu’à la caricature, complice du colonialisme israélien, hostile à toute résistance arabe, complaisante à l’égard des dynasties obscurantistes, alliée objective d’Al-Qaida : telle est la politique proche-orientale de François Hollande. Comme sous Guy Mollet, l’invocation sélective de nobles principes, la posture du redresseur de torts, le recours tonitruant à l’intimidation militaire et le mépris pour la légalité internationale tiennent lieu de diplomatie.

Et pourtant, la frustration de la nation syrienne, à l’origine de la conquête du pouvoir par les militaires baasistes, est le fruit de la politique française durant la période mandataire (1920-1946) : amputations territoriales, refus de l’autodétermination nationale, morcellement politique sur une base ethno-confessionnelle. Les conseillers de l’Elysée ignorent sans doute que c’est l’armée française qui a écrasé la révolte arabe à Meyssaloun en 1920 et bombardé Damas en 1925.

Ils feignent de méconnaitre la profondeur des blessures infligées au Proche-Orient arabe par les manipulations dont les puissances occidentales, complices de l’envahisseur israélien, se sont rendues coupables. Ils s’imaginent que l’on peut donner des leçons à ceux que l’on a floués durant des décennies, comme si « la patrie des droits de l’homme », compte tenu de son passé colonial, était habilitée à distribuer des certificats de bonne conduite aux autres nations.

Les Etats arabes issus de la décolonisation sont jeunes, fragiles, en quête d’une stabilité que l’expansion israélienne, l’avidité pétrolière et les interventions militaires occidentales ont mise en péril. La véritable menace qui pèse sur le Proche-Orient, ce n’est pas le régime de Damas, mais l’implosion communautaire dont la guerre civile syrienne est le banc d’essai, au bénéfice des deux entités qui ont intérêt à cette fragmentation : Israël et les pétromonarchies.

Les millions de dollars versés aux factions jihadistes par le nouvel ami de la France, le Qatar, sont autant de bûches jetées dans ce brasier. Comme sous la 4ème République, les socialistes misent sur la diabolisation du nationalisme arabe pour déblayer le terrain en faveur d’Israël. Décidés à liquider le dernier régime laïc du Proche-Orient avec l’aide d’Al-Qaida, les socialistes sont prêts à jeter la France dans une guerre absurde pour perpétuer le rapt sioniste et son frère jumeau, le parasitisme wahabite.

En 1956, Guy Mollet voulait écraser le FLN et humilier Nasser, ennemi d’Israël. Le raïs égyptien a tiré de cette calamiteuse expédition un prestige inégalé, le FLN a arraché l’indépendance de l’Algérie et la SFIO a fini à 5% des voix aux élections. Manifestement, les socialistes n’ont tiré aucune leçon de ce fiasco inaugural qui marqua leur entrée dans l’arène internationale. Et ils oublient qu’à voir le Proche-Orient avec des lunettes israéliennes, on finit par ne plus rien voir du tout.

 

Bruno Guigue

Normalien, énarque, aujourd'hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont "Aux origines du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident (L'Harmattan, 2002).

 

Source : Oumma.com

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 16:11

par  auteurs à lire

 

 

Après avoir lu la "Synthèse nationale de renseignement déclassifié" de la République Française, portant "Programme chimique syrien - Cas d’emploi passé d’agents chimiques par le régime - Attaque chimique conduite par le régime le 21 août 2013" et visionné les vidéos jointes, un ami, Hafid de son prénom, a tenu à faire certaines remarques.

 

D’ordinaire devant un document aussi solennel, émanant de la présidence de l’une des prétendues plus grandes puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, le quidam est figé dans un respect quasi religieux, mais la perspicacité a été plus forte. Se documentant sur le sujet à propos des "fumées blanches" signalées, il constate ceci : "un débutant en chimie affirmera sans l’ombre d’un doute que le Sarin, à température ambiante, est incolore, inodore et liquide". Il ajoute qu’à l’utilisation "il s’évapore rapidement sous la forme d’un nuage incolore et inodore également".


Mieux encore, dans son investigation, Hafid se rend très vite à l’évidence que les vidéos "déclassifiées" (un grand mot) sont en fait les mêmes qui figurent sur Youtube depuis un certain temps. Dans ces vidéos, les corps d’enfants, supposés morts, sont propres et ne présentent aucune crispation des muscles, ni d’autres caractéristiques physiques, consécutives à une exposition au gaz Sarin. Là, notre ami, cite la réaction d’une pédopsychiatre étasunienne qui considère que cela ressemble fort à "une mise en scène de cours d’école", tout en jugeant du caractère "pédopornographique" des images exhibées.

 

Ainsi le pouvoir français n’a pas seulement abusé de son autorité morale pour tromper son peuple et le monde entier, mais a démontré le peu de cas qu’il fait de sa réputation. A telle enseigne que la prestation du secrétaire d’État étasunien, Colin Powell devant le Conseil de sécurité, à propos des armes de destruction massive en Irak, peut paraître moins ridicule. Powell doit même en être soulagé de ne plus se trouver seul dans ce cas.

 

Autre constat de Hafid, l’incapacité des "révolutionnaires" à utiliser le gaz faute de moyens, est rapportée à l’affaire du métro de Tokyo où des illuminés ont pu réaliser l’opération, sans "fumées blanches" ironise-t-il. Mais faut-il croire que le gouvernement français se préoccupe de la vérité ? Même si cela était, de quelle autorité morale dispose-t-il pour se porter en justicier ? Celle peut-être de la longue série de cadavres qui jalonnent l’histoire de la France coloniale et que les "socialistes" avec leurs "pouvoirs spéciaux" ont su faire, il n’y a pas si longtemps ?

 

Question crédibilité, le plus cynique reste quand même le prix Nobel de la paix, Barak Obama, qui nous sert un couplet pathétique : "Ce n’est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des États-Unis et du Congrès est en cause". Lui qui devrait mériter aussi se voir plonger la tête dans les mares de sang versé partout dans le monde, presque exclusivement par son pays. Histoire qu’il use, peut-être, d’un peu plus de circonspection en matière d’humanisme outré et qu’il affiche franchement la barbarie qu’il représente.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

« Les analyses conduites ont confirmé l’emploi de sarin » affirme le document publié sur le portail du gouvernement.

 

Mais, sic nouvel obs

 

Nous avons donc cherché à contacter le centre de recherche du Bouchet ainsi que le Ministère de la défense afin de nous procurer ces rapports d'analyse susceptibles de prouver la présence de sarin dans les échantillons récupérés sur le terrain. Mais ni la Direction Générale de l'Armement ni le ministère n'ont souhaité communiquer à ce sujet.   (lire fin  de page pour  gens pressé)

 

« Les éléments que vous mentionnez ne sont pas publics et n'ont pas vocation à l'être » nous a ainsi répondu Sacha Mandel, le conseiller pour la communication et les relations avec la presse auprès du cabinet de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.


Note de Jack Freychet les preuves ne peuvent être déclassifiées car elles n’existent pas. Le reste n’est que sophisme  destiné à nous induire en erreu de la part de nos dirigeants.

 

Consulter également l’entretien accordé par Le Président Bachar Al-Assad à Russia 24

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 13:43

Par Ghaleb Kandil


La décision de Barak Obama de déclarer la guerre à la Syrie ne vient pas de nulle part. Elle est le résultat d’une série de facteurs qui, du point de vue du président américain, constituent une dernière tentative pour éviter la fin de l’hégémonie unilatérale de l’empire américain sur le monde. L’impasse des Etats-Unis reflète aussi celle d’Israël, qui voit croitre, avec impuissance, la force de dissuasion régionale de l’axe de la résistance, dont le maillon central est la Syrie. C’est ce qui explique largement l’argument de la "sécurité nationale américaine", avancé par Obama pour vanter la guerre contre la Syrie.

 

Le premier de ces facteurs est l’échec de la guerre indirecte menée depuis deux ans pour détruire l’Etat syrien. Un échec d’autant plus retentissant que des moyens colossaux ont été mobilisés par les Etats-Unis et leurs agents pour atteindre cet objectif. Mais l’Etat syrien a résisté, sous le leadership de son président Bachar al-Assad, et toutes les tentatives se sont heurtées à la solidité de l’Armée arabe syrienne, qui a repris l’initiative sur le terrain et a absorbé puis repoussé les vagues successives lancées par des dizaines de milliers de mercenaires étrangers venus de 80 pays. La dernière vague venait de Jordanie, où le prince saoudien Bandar Ben Sultan, le véritable chef d’Al-Qaïda, a massé 20000 extrémistes, entrainés pendant des mois par des troupes spéciales américaines, françaises et britanniques.

 

Les groupuscules d’Al-Qaïda en Syrie sont le principal outil des Américains. Leur dernier plan consistait à opérer une percée à Damas. Mais les vagues de jihadistes-takfiristes se sont brisées sur le rempart de l’armée syrienne, qui a lancé un offensive préventive. autour de la capitale.

 

Deuxième facteur : Il est clairement apparu que la résistance de l’Etat syrien tout ce temps a été le principal catalyseur pour l’émergence de nouveaux équilibres internationaux. Cette résistance a servi de levier aux pays opposés à l’hégémonie unilatérale des Etats-Unis, comme la Russie, la Chine et plus généralement les membres des brics, qui ont fait preuve de dynamisme. Lors des différents épisodes de l’agression contre la Syrie, Washington a dû se plier aux exigences d’un nouveau partenariat international en acceptant, du moins théoriquement, les arrangements conclus avec la Russie, notamment les accords de Genève 1 et 2. Mais très vite, les Etats-Unis ont tenté de vider de leurs contenus ces arrangements, avant d’essayer de les torpiller.

 

L’agression directe contre la Syrie reste donc, pour les Etats-Unis, la seule et dernière voie pour tester leurs capacités de renverser la table, de protéger et de renouveler leur hégémonie unilatérale sur le monde, et de se retourner sur le partenariat qu’ils ont fait semblent d’accepter. Car la fin de l’hégémonie signifie la fin des privilèges et des intérêts que les Américains ont accumulé ce dernier quart de siècle, en tant que puissance unique sur la scène mondiale, depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Accepter un monde multipolaire conduira, forcément, à une révolution dans les rapports internationaux et à un changement de la structure des Nations unies, instrumentalisées toutes ces années par Washington pour servir ses intérêts.

 

Troisième facteur : Le sort d’Israël et des Etats-fantoches arabes se situe au cœur de l’agression contre la Syrie. En effet, l’alliance constituée par l’Occident, Israël, les pétromonarchies rétrogrades et la Turquie, sait pertinemment que la victoire de la Syrie et du président Bachar al-Assad va déclencher une vague nationaliste arabe hostile au mouvement sioniste et aux forces colonialistes dans la région. Cette victoire va renforcer la Syrie, l’Iran et les mouvements de résistance, qui ont déjà réussi à briser la force de dissuasion israélienne lors des guerres successives, notamment celle de juillet 2006, au Liban. C’est, d’ailleurs, le véritable objectif de l’agression contre la Syrie depuis mars 2011.

 

Quatrième facteur : Une éventuelle victoire de la Syrie constituerait un danger stratégique pour les Etats-Unis et leurs auxiliaires, surtout à l’ère des changements décisifs qui sont en train de s’opérer en Egypte, après la chute retentissante des Frères musulmans. Une telle victoire resserrerait forcément l’étau sur Israël. L’Amérique et ses agents n’ont donc plus qu’une dernière carte à jouer : celle de l’intervention militaire directe en Syrie.

 

Mais la Syrie n’est pas seule sur le terrain. Contrairement à l’Irak de Saddam Hussein et à la Libye de Moammar Kadhafi, elle est au cœur d’un axe régional qui a enregistré des victoires successives sur Israël depuis 1982 dans quatre guerres majeures, en plus de dizaines d’autres affrontements militaires et bras de fer politico-diplomatiques. Cet axe est aujourd’hui soutenu par une grande puissance, la Russie, longtemps humiliée par les Etats-Unis, et qui est aujourd’hui déterminée à retrouver sa place centrale sur la scène internationale.

 

Dans ce nouveau bras de fer, imposé par l’Amérique, l’axe de la résistance et ses alliés internationaux font preuve de solidité. C’est surtout la résistance de la Syrie, de son président, de son peuple et de son armée, qui les encourage à ne pas céder aux menaces de l’Amérique. Et lorsque ces menaces se concrétiseront en acte, les Etats-Unis et leurs auxiliaires seront surpris par la capacité de riposte de cet axe qui s’étend de Téhéran à Moscou, en passant par Bagdad, Damas, Beyrouth et Pékin.

 

Tendances de l’Orient

New Orient News (Liban)
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf
khalafpierre@gmail.com
Tendances de l’Orient No 151 lundi 9 septembre 2013.
Bulletin hebdomadaire d’information et d’analyse, spécialisé dans les affaires de l’Orient arabe.

Mise en ligne CV : 9 septembre 2013

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:11

Par Mère Agnès-Mariam de la Croix

Mere Marie Agnes-2

dimanche 8 septembre 2013, par Comité Valmy

 

 

Syrie : Sans couverture internationale, les terroristes n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

 

Entretien accordé à la chaîne de télévision « Russia today »


RT : Mère Agnès, soyez la bienvenue. La Syrie est donc menacée d’une frappe militaire sous prétexte que l’Armée nationale syrienne aurait utilisé l’arme chimique dans une région de « la Ghouta est » contre les civils désarmés. Que ressentez-vous ?


Mère Agnès : Je ressens une sorte d’immense désolation face à la dégradation des valeurs universelles qui fait que des grandes puissances, motivées par des intérêts immédiats, en arrivent à vouloir frapper un peuple paisible sans se soucier de la vie des innocents. Je crois néanmoins que nous sommes à un « tournant historique » dans la mesure où l’ensemble des courants de pensée de la communauté internationale disent : assez ! Assez de violations des lois internationales censées garantir la paix. Il n’est plus question d’accepter de soutenir la loi du plus fort.

 

RT : Les États-Unis ont présenté des photos et des séquences de vidéos pour étayer leurs accusations contre le régime syrien. En avez-vous pris connaissance ? Et qu’en pensez-vous ?


Mère Agnès : Cela fait plus d’une semaine, et plus précisément depuis le 22 Août, que j’examine ces éléments nourrissant l’attaque médiatique dirigée contre le peuple syrien. Ce que je peux vous assurer, et que je me prépare à consigner dans un rapport, est qu’ils ont été « délibérément préfabriqués ».

La première preuve en est que Reuters a commencé à diffuser plus d’une dizaine de documents à partir de 6h05 en disant que l’attaque chimique s’était produite entre 3h et 5h du matin. Dans ces conditions, comment est-il possible qu’en l’espace de 3h au maximum on ait pu aller chercher, chez eux, plus de 200 enfants et 300 jeunes adultes, avant de les transporter, de les rassembler, de les aligner comme nous les avons vus, ou encore de prendre le temps de les secourir et de nous le montrer ? Comment se fait-il que nous ayons assisté à toute cette séquence et que les médias ne soient arrivés qu’ensuite ? Comment expliquer que 90% des enfants étaient si jeunes ? Où étaient leurs pères ? Où étaient leurs mères ? Comment a-t-on procédé à une telle sélection pour nous présenter ces horribles images ? J’assume la responsabilité de ce que j’affirme : ces documents ont été préfabriqués !

 

RT : Dernièrement, vous vous êtes rendue à Lattaquié où vous avez recueilli des témoignages sur les massacres commis par des groupes armés de « Jabhat al-Nosra » contre les citoyens de cette région. Que pouvez-nous dire à ce sujet ?


Mère Agnès : Je crierai mon indignation en me demandant encore comment est-il possible que la communauté internationale ait pu fermer les yeux sur le « génocide » qui a eu lieu la nuit du 4 au 5 Août... « La Nuit du Destin » ! Plus de 500 enfants et personnes âgées ont trouvé la mort, sauvagement massacrés à l’arme blanche. Les témoignages sont terrifiants, mais mis à part quelques lignes dans l’Independant je crois, personne n’en a parlé ! Nous avons dépêché une de nos équipes vers ces villages de la région de Lattaquié. Elle a rencontré les familles des victimes... Tout ce que je peux vous dire est que ces massacres sont d’une extrême gravité et que nous ne comprenons toujours pas « les deux poids deux mesures » dans le traitement des massacres, selon qu’ils aient été sanglants ou non !

 

RT : Il semble que les groupes armés aient aussi fait des prisonniers parmi les habitants et qu’ils les retiennent dans les environs de Lattaquié. Savez-vous ce qu’ils sont devenus ?


Ce que nous savons, nous le tenons des familles des victimes. Ainsi, dans le village d’Al-Sarba, les maisons ont été incendiées et tous ceux qui étaient présents ont été passés à l’arme blanche. À Al-Kharata, un lotissement de 67 âmes, 10 seulement ont échappé à la mort. Au total, 12 villages peuplés d’Alaouites ont vécu les décapitations, les démembrements... nous avons même les clichés d’une jeune femme découpée vivante. Les massacres dans cette région de Lattaquié se sont soldés par plus de 400 martyrs et 150 à 200 prisonniers dont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Nous travaillons toujours à leur libération.

 

RT : Que pouvez-vous nous dire sur les victimes supposées avoir succombé à l’attaque chimique du 21 Août dans la Ghouta de l’est de Damas ?


Je ne peux qu’aligner les points d’interrogation et répéter qu’une analyse sérieuse des documents en notre possession - et qui seront inclus dans le rapport que je remettrai en mains propres à la Commission des droits de l’Homme à Genève - aboutit à dire qu’il s’agit d’une production préfabriquée dans le but de criminaliser l’État syrien.

Je ne récuse pas le fait qu’il y ait eu du « chimique », mais qui sont ces victimes qu’on a filmé ? Étaient-elles en vie au moment de l’attaque chimique ? Sinon, d’où sont-elles venues et pourquoi ? Comment se fait-il qu’il n’y aurait qu’une seule femme parmi elles ? S’agissant des enfants, comment se fait-il qu’ils ont tous pratiquement le même âge ?

 

RT : De telles accusations préfabriquées serviraient donc de prétexte pour agresser les États et les peuples ? Qu’en dites-vous ?


Je dis qu’il faudrait requalifier ces crimes d’un genre nouveau. Car s’il est clair qu’il s’agit d’un crime contre l’Humanité, il s’agit également d’un crime contre la crédibilité de la communauté internationale et ses lois !

Un crime qui laisse à penser que ses instigateurs considèrent que le plus fort est au- dessus de ces lois. Si l’ONU est toujours l’organisation qu’elle est censée être, la Loi devrait être par-dessus tous ! Si nous voulons vraiment travailler pour la paix du monde, il ne saurait y avoir des lois pour le petit et des lois pour le grand.

Or, c’est ainsi que cela se passe depuis plusieurs années. Ils fabriquent des « News » pour s’ingérer dans les affaires des peuples. Ils mettent en danger la paix civile, la sécurité des innocents, et l’avenir des peuples. Nous ne pouvons même pas dire qu’ils nous ramènent aux époques des Tatares, des Mongols, et des Barbares qui envahissaient, tuaient et occupaient par la force. En ce XXIe siècle, nous risquons pire encore, car ces comportements anciens reviennent sous la forme d’une « culture » qui autorise la violation des lois et qui fait que tout est permis à ceux qui détiennent la force matérielle !

RT : Quand est-ce que vous publierez votre rapport, surtout qu’une frappe se prépare contre la Syrie ?

Je vais essayer de le remettre à des responsables à l’ONU ou à Genève, le 8 Septembre, autrement dit la veille de la réunion du Congrès des USA.

 

RT : Cette guerre en Syrie a déplacé des millions de citoyens syriens. Abstraction faite de leurs confessions, quel regard porte l’Église sur la situation ?


L’Église est à la fois mère et témoin et il est impossible qu’elle se comporte en « faux témoin », d’où l’appel de sa Sainteté le Pape à prier pour la [bien aimée] Syrie. Lui, ainsi que tous les patriarches, dont le Patriarche de Moscou, s’accordent pour dire que ce qui se prépare contre ce pays est inacceptable, constitue un danger pour la paix du monde, et que nous devons tous nous rassembler en un seul front de refus ; leur prétendue « Responsabilité de protéger » n’étant, dans ce cas, qu’un faux prétexte qui couvre le viol et le génocide de la société civile syrienne. Nous les avons déjà vus à l’œuvre en Irak et en Lybie... ils ne peuvent plus nous abuser.

L’Église a pris ses responsabilités et, en tant que religieuse, je me rendrai à Rome le 7 Septembre pour joindre mes prières à tous ceux qui s’y seront rassemblés pour supplier d’une seule haute voix le Créateur du Ciel et de la Terre qu’Il accorde à l’Humanité la force de se débarrasser de ces « néo-barbares » !

 

RT : Nous recevons sans cesse des informations sur les exactions subies par des hommes du clergé. Hier, Ma’loula, cette ville à majorité chrétienne a vécu une attaque... Est-il vrai que les chrétiens sont désormais menacés en Syrie ?


Tout un chacun est désormais menacé en Syrie. Rappelez-vous combien de religieux musulmans ont été enlevés, torturés, décapités... Rappelez-vous que l’ensemble des communautés ont subi toutes sortes de tortures et de modalités d’extermination groupée... les Ismaéliens, les Druzes, les Chrétiens... les Syriens de toutes les confessions ont été livrés aux massacreurs ; lesquels, s’ils n’avaient disposé d’une « couverture internationale » n’auraient jamais osé franchir les lignes rouges !

Oui et c’est malheureux, aujourd’hui existe cette couverture internationale des violations des droits humains travaillant à l’extermination du peuple syrien ! Nous demandons à la communauté internationale qu’elle cesse sa politique de double standard dans l’intérêt exclusif d’une certaine catégorie de « grandes puissances »... Le peuple syrien subit un génocide perpétré par des mercenaires étrangers, entrainés, financés, armés avant d’être envoyés sur son territoire. Et cette aide perdure dans le but d’assassiner autant de Syriens qu’ils pourront atteindre.

C’est en toute honnêteté que je vous dis qu’il n’y a pas une seule région syrienne qui n’ait été menacée. Le peuple syrien est livré à toutes les exactions... on le kidnappe, on le vole, on le viole, on l’atteint dans son honneur. Tout cela sans la moindre sanction parce que les grandes puissances utilisent désormais le « terrorisme international » comme moyen pour attaquer des États souverains. C’est ce qu’elles ont déjà pratiqué dans d’autres pays que la Syrie, et elles continueront cette série de la terreur si la véritable communauté internationale ne se mobilise pour leur dire : « nous en avons assez » !

 

RT : Vous déclarez posséder des éléments de preuve... ne craignez-vous pas pour vous-même ? Avez-vous été menacée ?


Certainement ! En France un livre est en cours de publication... on m’accuse d’être une tueuse... on raconte beaucoup de choses. Mais celui qui agit selon sa conscience, celui qui a foi en l’humanité et qui est témoin de telles exactions se doit d’agir pour, en premier lieu, protéger les innocents. Ma vie n’est pas plus précieuse que celle de n’importe quel enfant syrien massacré pour que son corps serve de pièce à conviction médiatique... c’est là une forme de criminalité des plus odieuses de toute l’Histoire.

 

RT : À votre avis, que doivent faire les Syriens pour mettre fin à cette tragédie ?


Les Syriens ne peuvent pas faire grand chose. C’est à la communauté internationale, aux pays amis, aux grandes puissances telle que la Russie, la Chine, l’Inde et même la Grande Bretagne, dont le parlement a pris la décision honorable de refuser cette « guerre terroriste » contre la Syrie, de l’aider. Tous ceux-là doivent se tenir ensemble pour s’opposer à cette agression par tous les moyens disponibles ; ce danger qui s’est abattu sur la Syrie menace la paix mondiale !

 

RT : Selon vous, qu’attend-on du Vatican et des organisations chrétiennes à travers le monde pour mettre fin à cette épreuve ?


Le Pape a déclaré depuis le Vatican : « Je n’ai ni avions, ni forces militaires... mais une parole de vérité ». Il a dit la parole de vérité... Des voix s’élèvent du monde entier, qu’il s’agisse d’hommes du clergé, de personnalités reconnues ou nobélisées... Toutes déclarent qu’il n’est pas acceptable de prétendre résoudre la guerre par la guerre mais, qu’au contraire, elle ne contribuera qu’à ajouter de l’huile sur le feu...

L’Église a témoigné, mais personne ne veut entendre. Les USA n’entendent pas, alors que l’opinion publique s’exprime contre leurs dirigeants. Les USA prétendent que dix États les soutiennent. Je dis que c’est faux, car les peuples de ces mêmes États les désapprouvent.

 

RT : Dernière question Mère Agnès. Croyez-vous que la Syrie réussira à s’en sortir et redeviendra la patrie de tous, quelles que soient leurs confessions ?


J’en suis certaine ! Je ne suis pas syrienne, mais je vis en Syrie depuis vingt ans et j’ai appris à connaître son peuple... Je vous rappelle que Damas est la plus vieille ville encore habitée de la planète. Je vous rappelle que la Syrie est la terre des civilisations, la Terre sainte qui a vu naître toutes les religions célestes, une « école de coexistence pacifique » depuis toujours.

Je suis certaine que le peuple syrien résiste et résistera. Il dépassera les blessures et la discorde et adoptera le pardon. Il chassera de son territoire chacun des mercenaires terroristes. Il ramènera la paix. Mais pour cela, il a besoin de l’aide de la vraie communauté internationale !

 

                                                                                                             Mère Agnès-Mariam de la Croix

 

Texte transcrit et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo / You Tube http://www.youtube.com/watch ?v=ujtizJxBUGk

Lire aussi :

 

Syrie : les protestations à elles seules ne suffiront pas pour empêcher la guerre. Par Mahdi Darius Nazemroaya
http://www.mondialisation.ca/syrie-les-protestations-a-elles-seules-ne-suffiront-pas-pour-empecher-la-guerre/5348503

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 17:14

  

Par Alain Corvez analyste article repris sur Comité Valmy

 

" La crise syrienne n’est pas une guerre civile entre syriens mais une guerre entre grandes puissances au travers des syriens."

C’est ainsi que présentait la crise syrienne de façon magistralement synthétique un homme qui ne peut être accusé d’être un suppôt du régime de Damas, lui qui dénonça en son temps l’occupation militaire de son pays par Damas. Je veux parler du Patriarche maronite du Liban et de tout l’Orient, Béchara El Raï lors de la venue du pape Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012.

 

Cette affirmation est chaque jour  vérifiée un peu plus. Le nombre de combattants « takfiristes » de nationalités étrangères, notamment européennes, soutenus et armés principalement par le Qatar et l’Arabie Séoudite avec le soutien de la Turquie, de la Jordanie et des services occidentaux ayant atteint des dizaines de milliers de non syriens, prouve que nous sommes en présence d’un complot international pour renverser le régime en place à Damas, jugé indésirable par les monarchies du Golfe dont la doctrine féodale wahhabite est à l’opposé de l’islam sunnite modéré qui a toujours caractérisé la Syrie, comme la cohabitation harmonieuse entre de nombreuses confessions religieuses différentes.

 

Bien sûr, une frange irréductible de Syriens sunnites proches ou membres des Frères Musulmans, héritiers des insurgés de 1982 à Hama, ajoutés à ceux de la révolte commencée il y a deux ans sont décidés à renverser le pouvoir par les armes, moins pour établir la démocratie, déjà proposée dans les nouveaux textes constitutionnels, mais par hostilité fondamentale à Bachar El Assad.

 

Il faut en effet prendre un peu de recul pour porter un regard serein et objectif sur cette crise dramatique qui continue à tuer de nombreux innocents en plus des combattants des deux bords, souvent de façon inhumaine et odieuse, et remonter aux origines.

 

Dès son arrivée au pouvoir en 2000 alors qu’il ne l’avait pas cherché, le jeune Président Bachar El Assad s’est attelé à la tâche énorme de moderniser son pays pour l’adapter au monde présent, gêné par la conjoncture internationale qui le confrontait à d’autres priorités, comme l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005 puis la guerre entre Israël et le Liban à l’été 2006, et par une « vieille garde », lucide contrairement à ce qui a été dit, mais obnubilée par la crainte que les libertés accordées trop vite dans divers domaines ne débouchent sur une « perestroïka » qui entraînerait le même écroulement qu’en URSS.

 

Le « printemps arabe » qui éclata en Tunisie puis en Egypte fin 2010 ne devait pas se produire en Syrie qui ne présentait pas le même immobilisme dictatorial que ces pays. Pourtant en mars 2011 des manifestations pacifiques au nom de la démocratie se produisirent à Deraa, ville aux confins jordano-israéliens, rapidement instrumentées afin de tuer manifestants et forces de l’ordre et provoquer l’enchaînement de la violence.

 

Conscient de la gravité des évènements le régime engagea alors un train de réformes accélérées pour déboucher sur une nouvelle Constitution totalement démocratique avec la suppression du parti unique et l’attribution des libertés dans tous les domaines. Ces réformes furent noyées par ceux qui n’étaient pas intéressés par la démocratisation de la Syrie mais par le renversement d’un régime qui défend depuis longtemps la cause arabe face à Israël, accueillant des réfugiés palestiniens et iraquiens par millions.

 

Paradoxalement, ce sont les états les moins démocratiques au monde qui sont le fer de lance des attaques pour renverser le pouvoir de Damas, états qui se voient encouragés par un Occident semblant avoir perdu ses repères, armant ou facilitant l’armement de djihadistes qu’il combat partout ailleurs dans le monde, notamment au Mali.

Mais le régime a montré sa force et sa cohésion en résistant depuis plus de deux ans à ces attaques brutales. L’Armée constituée majoritairement de sunnites est, dans son immense majorité, restée fidèle et disciplinée, aux ordres de ses chefs et avec le soutien de la population qui l’appelle souvent pour la protéger des exactions des rebelles ; quant au monde politique et diplomatique il est aussi globalement resté à son poste.

 

Les takfiristes dominant depuis des mois les mouvements rebelles, et l’opposition politique extérieure, créée et soutenue par les occidentaux, ne parvenant ni à s’entendre ni à s’organiser, de nombreux opposants déposent les armes depuis quelques semaines, conscients que l’islam prôné par les rebelles n’est pas celui qu’ils souhaitent pour leur pays et ne veulent plus être associés à ces extrémistes.

 

D’autant plus qu’il existe maintenant une quinzaine de partis politiques qui proposent des programmes inspirés par la démocratie et les libertés fondamentales, et qu’un ministère de la réconciliation nationale sous l’égide duquel un dialogue constructif s’est installé est à l’œuvre depuis plus d’un an.

 

Le caractère international de la crise syrienne est renforcé par les soutiens extérieurs de Damas, Russie et Chine ayant clairement signifié qu’elles n’accepteraient pas un changement de régime provoqué en Syrie, jugeant que le nouvel ordre mondial multi polarisé imposait la fin de ces affrontements par une solution négociée entre les grandes puissances. Après avoir cru possible une chute rapide du régime, l’Amérique en a convenu depuis peu et nous nous dirigeons désormais vers cette issue pacifique.

 

Il faut enfin que cesse la désinformation propagée par les médias d’un tyran sanguinaire qui prendrait plaisir à tirer sur son peuple, et même à employer les armes chimiques, pour aller plus vite ou plus loin dans son œuvre. La vérité est que le régime se défend contre un complot international visant à le renverser et qu’il combat des forces militaires commettant des exactions souvent insoutenables, avec l’appui de la majorité de son peuple, toutes confessions et ethnies confondues.

 

La « paix des braves » a été déjà proposée aux rebelles syriens et, comme je viens de le dire a été acceptée par certains ; mais reste à régler le sort des milliers de combattants islamistes étrangers qui pourraient transporter ailleurs dans le monde leur soif de sang et de massacres odieux, au nom d’un dévoiement pervers des principes de l’Islam, alimentant dramatiquement les haines pour la noble religion des fidèles du Coran.

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