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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 17:21

Un abus de pouvoir, une escroquerie caractérisée au mépris de la législation française

 

 

Le 30 juin, les départements du Trésor et de la Justice des États-Unis et l’État de New York ont imposé une amende record de 8,970 milliards de dollars à la banque française BNP Paribas pour ne pas s’être soumise au système de sanctions unilatérales que le gouvernement des États-Unis impose contre plusieurs pays. Dans le cas concret de Cuba, cette institution bancaire est accusée, selon le Procureur général des États-Unis Eric Holder, d’avoir « traité des milliers de transactions avec des entités cubaines, pour un montant dépassant les 1,7 milliards de dollars ».

 

Cette amende, qui est la plus lourde de l’histoire que le gouvernement des États-Unis ait imposée pour des violations du blocus contre Cuba et de ses sanctions contre des pays tiers, viole les normes du Droit international. Elle constitue une application extraterritoriale et illégale de la législation US contre une entité étrangère.

 

Au moment où un Accord de libre échange est en cours de négociation entre les États-Unis et l’Union européenne, il y a lieu de se demander si tel est le traitement que le gouvernement des États-Unis entend continuer à réserver à ses alliés et quelle est l’utilité des législations antidotes européennes si elles ne sont pas appliquées pour protéger la souveraineté et les intérêts nationaux et ceux des entités touchées par ces comportements arbitraires.

 

BNP Paribas fait maintenant partie de la longue liste des entités financières, commerciales, économiques et autres, états-uniennes et étrangères, victimes de mesures punitives, dans le contexte de recrudescence du blocus et, tout particulièrement, de la persécution financière dont Cuba fait l’objet.

 

Par cette nouvelle amende, le gouvernement du président Obama surpasse tous ses prédécesseurs, en cumulant contre plusieurs dizaines d’entités des pénalités, dont le montant dépasse les 11 milliards de dollars, appliquées sous couvert de divers régimes de sanctions.

 

Une fois de plus, le gouvernement des États-Unis fait l’impasse sur le rejet international écrasant, tant de fois exprimé, contre cette politique criminelle et ratée dont notre Nation fait toujours l’objet. Par des actions comme celle-ci, il ignore, en plus, les revendications croissantes de divers secteurs de la société états-unienne en faveur d’un changement fondamental dans la politique envers Cuba.

 

Le ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba dénonce cette violation flagrante de la souveraineté des États, des normes du commerce et du Droit international.

 

La Havane, le 2 juillet 2014

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:55
Par Sonia Baker

Repris sur Comité Valmy

 

Un document rendu public par un think tank américain révèle que le « printemps arabe » est loin d’être un mouvement spontané de populations avides de changements politiques, mais bel et bien une reconfiguration mûrement réfléchie et orchestrée par l’administration américaine.


L’organisation Middle East Briefing (MEB), qui se base sur un rapport officiel du département d’Etat américain, confirme l’implication de la Maison-Blanche dans les « révolutions » ayant secoué de nombreux pays dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le document en question, qui date du 22 octobre 2010 et intitulé « Middle East Partnership Initiative : Overview », est confidentiel et le MEB n’a réussi à le consulter que grâce à la loi Freedom of information Act. Le pays de l’Oncle Sam a concocté dans ses officines de nombreuses stratégies pour défaire les régimes dans les pays ciblés en s’appuyant sur « la société civile » qu’il arrive à contrôler après avoir effectué un travail de fond sur les organisations non gouvernementales (ONG).

 

L’approche américaine consiste à manipuler ces ONG pour qu’elles s’inscrivent en droite ligne de sa politique étrangère et de ses objectifs en matière de sécurité interne, note MEB. « The Middle East Partnership Initiative (MEPI) est un programme régional qui renforce les citoyens du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord afin de développer des sociétés plurielles, participatives et prospères. Comme le démontrent les chiffres fournis dans cette évaluation, le MEPI a évolué depuis son lancement en 2002 pour devenir un outil flexible dans la région pour un appui direct aux sociétés civiles autochtones, appui qui est intégré dans la diplomatie du gouvernement américain dans la région », peut-on lire dans le rapport du département d’Etat qui use et abuse du langage diplomatique pour masquer la nature hégémonique de cette initiative.


Dans la section intitulée « comment le MEPI fonctionne », il y est clairement expliqué que les principaux objectifs du MEPI sont de « constituer des réseaux de réformateurs qui échangeront leurs connaissances et s’entraideront, et de catalyser le changement dans la région ».

 

La subversion financée par les ambassades américaines

 

L’administration Obama ne lésine pas sur les moyens pour réussir son ingérence dans les affaires internes des pays en point de mire. Les subventions locales « apportent un soutien direct à des groupes de citoyens autochtones, et représentent désormais plus de la moitié des projets de MEPI », note le rapport. « Des agents désignés dans les ambassades américaines gèrent le financement et sont en liaison directe avec les différentes ONG et les groupes composant la société civile » qui bénéficient de ces subventions. « Les projets spécifiques aux pays visent à répondre aux besoins locaux en matière de développement tels qu’identifiés par les ambassades, les réformateurs locaux et notre propre analyse du terrain.

 

Les développements politiques dans un pays peuvent induire de nouvelles opportunités et de nouveaux défis pour la réalisation des objectifs de la politique du gouvernement américain, et le MEPI va transférer les fonds nécessaires pour répondre à ces besoins », souligne-t-on encore. Il va sans dire que les initiateurs de ce programme zappent les institutions locales et les gouvernements. Il y est en effet indiqué que le MEPI a pour seuls interlocuteurs les acteurs de la société civile à travers les ONG parties prenantes basées aux Etats-Unis et dans la région concernée. « Le MEPI ne fournit pas des fonds aux gouvernements étrangers et ne négocie pas des accords d’assistance bilatéraux », relève le rapport.


Selon MEB, le document énumère une liste de pays ciblés en priorité par les desseins inavoués de l’establishment américain. Il s’agit du Yémen, l’Arabie Saoudite, la Tunisie, l’Egypte et le Bahreïn. La Libye et la Syrie ont été ajoutées une année après l’élaboration de ce rapport du département d’Etat. Pour ce qui est de l’Egypte, on y apprend que l’administration américaine misait sur le mouvement des Frères musulmans, jugé compatible avec la politique étrangère du gouvernement américain.

 

L’administration d’Obama assure même « le service après-vente » de « ces révolutions » qui participent à remodeler le « Grand Moyen-Orient » selon la vision américaine. Un bureau de coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient a été créé en septembre 2011. William B. Taylor a été nommé à sa tête. Ce diplomate s’y connaît en révolution, puisqu’il était l’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine durant « la révolution orange », de 2006 à 2009. Selon le rapport du département d’Etat, le bureau du coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient coordonne l’assistance du gouvernement américain « aux démocraties naissantes » dans la région du Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dont l’Egypte, la Tunisie et la Libye.

 

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:20

 

Lors du dernier sommet du G8, le chanteur de U2 s'est encore une fois autoproclamé "ambassadeur des pauvres". Mais dans son univers de milliardaires et de décideurs économiques, les pauvres ne sont plus invités à s'exprimer.

 

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Le chanteur Bono visite un hôpital dans le township de Soweto, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 24 mai 2002 - AFP

En 2005 déjà, il n'avait pas été très glorieux. Cette année-là, lors du sommet du G8 en Ecosse, Bono et Bob Geldof avaient tressé des lauriers à Tony Blair et George W. Bush, tout auréolés de leur boucherie irakienne. Geldof s'était assis sur les genoux du Premier ministre britannique, au sens propre comme au figuré, et des militants africains les avaient alors accusés de confondre leur campagne pour la justice mondiale avec un vaste mouvement de charité.

Cette fois, c'est pire. Alors que le Royaume-Uni a accueilli un nouveau sommet du G8, la campagne menée par Bono – et avec laquelle Geldof travaille étroitement – semble aujourd'hui absoudre l'action des pays du G8 en Afrique.

L'idée d'une "Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition" a été lancée en 2012 aux Etats-Unis, alors hôte du G8. Cette alliance pousse les pays africains à signer des accords permettant à des sociétés étrangères de faire main basse sur leurs terres, de breveter leurs semences et de verrouiller des monopoles sur leurs marchés alimentaires. Restant sourds aux voix de leurs peuples, six gouvernements africains ont déjà signé des accords avec des entreprises comme Monsanto, Cargill, Dupont, Syngenta, Nestlé et Unilever en échange de promesses d'aides de la part du Royaume-Uni et d'autres nations du G8. 
De nombreux militants, aussi bien en Afrique qu'en Europe, dénoncent les pratiques de cette "nouvelle alliance", mais la campagne ONE – dont  Bono est cofondateur – prend sa défense. Les responsables de ONE ont d'ailleurs publié un article la semaine dernière. Un article remarquable : il laisse complètement de côté l'intérêt des responsables africains et de leurs peuples, il exagère le rôle de petites entreprises africaines, mais surtout il ne mentionne à aucun moment l'injustice au cœur de la "nouvelle alliance", à savoir la nouvelle vague d'accaparement des terres qu'elle soutient. Cela a naturellement piqué ma curiosité. 
Conflits d'intérêt

 

J'ai d'abord découvert que Bono avait déjà fait l'éloge de la "nouvelle alliance" juste avant l'ouverture du sommet du G8 de l'année dernière aux Etats-Unis. J'ai ensuite appris que la campagne One était essentiellement financée par la fondation de Bill et Melinda Gates, dont deux responsables exécutifs figurent parmi les  membres du conseil d'administration . Cette fondation travaille avec le géant de l'agroalimentaire Cargill et le spécialiste des biotechnologies Monsanto (dont elle détient une part importante du capital).

Répondant aux accusations d'accaparement des terres en Afrique, Bill Gates a répondu que "bon nombre de ces accords étaient bénéfiques et qu'il serait dommage d'en bloquer certains à cause de l'approche particulière des sociétés occidentales" (vous remarquerez qu'une fois encore il n'est pas question des Africains).

Enfin, j'ai découvert que tout cela durait depuis bien longtemps. Dans la biographie brillante et caustique de Bono qui vient de paraître au Royaume-Uni (The Frontman : Bono, in the Name of Power), Harry Browne affirme que "depuis près de trente ans, Bono, en tant que personnalité publique, amplifie le discours des élites, défend des solutions inefficaces, fait la leçon aux pauvres et lèche les bottes des riches et des puissants". Son raisonnement est "un mélange habile de colonialisme commercial et missionnaire, dans lequel les pays pauvres ne sont qu'un défi que doivent relever les pays riches".

Browne accuse Bono d'être devenu "le visage compatissant de la technocratie mondiale", un homme qui, sans aucun mandat, s'est autoproclamé porte-parole de l'Afrique et a servi de "couverture humanitaire" aux responsables occidentaux. En présentant les pays occidentaux comme les sauveurs de l'Afrique sans parler des dégâts causés par le G8, il a affaibli les mouvements pour la justice et la transparence tout en apportant une légitimité au projet néolibéral.

Bono dit représenter "les plus pauvres et les plus vulnérables" mais après avoir discuté avec de nombreux militants des pays riches et pauvres depuis la publication de l'article de ONE, j'ai été frappé de voir que tous dénonçaient le même problème : Bono et ses pairs s'expriment au nom des Africains et occupent précisément leur espace politique. Puisque Bono est considéré comme le porte-parole des pauvres dans le monde, les pauvres ne sont pas invités à parler. Tout cela fonctionne à merveille. Sauf pour eux.

Un club de multimillionnaires

La campagne ONE ressemble à mes yeux au genre d'organisation tout droit sortie de l'imagination d'un John le Carré ou d'un Robert Harris.

Elle prétend œuvrer au nom des plus pauvres mais son conseil d'administration se compose essentiellement de multimillionnaires, de grands barons de l'industrie et de défenseurs de l'ordre américain. Vous y trouverez notamment Condoleeza Rice, l'ancienne secrétaire d'Etat de l'administration Bush qui avait promu avec zèle la guerre en Irak, autorisé les agents de la CIA à recourir à la torture et qui a joué la carte de l'intimidation pour obtenir le soutien de plus petites nations aux objectifs américains.

Vous y verrez également le nom de Larry Summers, ancien économiste en chef lors de la période d'ajustement structurel et qui, en tant que secrétaire au Trésor, a contribué à la déréglementation de Wall Street (avec toutes les joyeusetés que cela a entraîné pour la population). Il y aussi Howard Buffett, ancien membre du conseil d'administration du géant Archer Daniels Midland, de Coca-Cola ainsi que de ConAgra et Agro Tech, deux groupes agroalimentaires. 
Alors que l'Afrique est censée être au cœur de la campagne ONE, seuls deux de ses membres sont africains. L'un est un grand nom de la téléphonie mobile, l'autre est le ministre des Finances du Nigeria, ancien responsable de la Banque mondiale. Qui d'autre pourrait mieux représenter les plus pauvres ?

Lorsqu'une organisation ne cesse de répéter qu'elle possède un "ancrage local", ainsi que le font les représentants de ONE, il y a fort à parier que c'est exactement l'inverse. Cet éventail de multimillionnaires et de technocrates me semble être un condensé de puissance industrielle et américaine. 
Je trouve l'appel lancé par Bono la semaine dernière pour "plus de transparence" particulièrement indécent. Ainsi que le rappelle Harry Browne, la nébuleuse de sociétés autour de U2, les arrangements financiers du chanteur avec la campagne Product Red et ses investissements par le biais de sociétés de capitaux privés dont il est cofondateur sont tout sauf transparents. On ne s'étonnera même pas de voir que la justice fiscale ne figure pas parmi les objectifs de ONE. 
On raconte – bien que l'anecdote semble peu vraisemblable – que lors d'un concert à Glasgow, Bono aurait tapé dans ses mains en lançant à la foule : "A chaque fois que je tape dans mes mains, un enfant meurt en Afrique.” Ce à quoi un membre du public aurait répondu : "Ben putain, arrête de faire ça alors !" Un judicieux conseil. J'espère qu'il l'a entendu. 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 08:41

lundi 22 juillet 2013, par Comité Valmy

 

Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances et spécialiste du Proche-Orient * : « Il pourrait y avoir de la violence en Egypte, mais point de guerre civile ouverte »


L’Egypte n’arrête pas de surprendre. Et pour cause, révolution et contre-révolution cohabitent. Tantôt le pouvoir paraît être tombé entre les mains des militaires, tantôt entre les mains du peuple de la place Tahrir. Le pays est entré brutalement en ébullition, faisant ainsi craindre le pire. Ce qui se passe ne peut laisser indifférent, vu l’influence de l’Egypte sur le reste du monde arabe et musulman, et ce, depuis les temps les plus reculés. Pour comprendre les évènements qui se déroulent dans ce grand pays arabe et africain, nous nous sommes adressés à M. Gorges Corm, l’un des plus grands spécialistes des questions de la mondialisation et du Proche-Orient.


Reporters : En Egypte, l’armée est intervenue pour destituer un président islamiste élu après une année de pouvoir au sommet de l’Etat. Selon vous, ce scénario était-il prémédité ?


Georges Corm : Non, je ne le pense pas du tout. L’armée était loin d’être hostile aux Frères musulmans après la chute de Moubarak. Le président de la Commission de réforme de la Constitution nommé par elle, Tarek Bichri, était proche de ces milieux. Je pense qu’ils ont vu dans l’arrivée des Frères en dernière minute dans la première vague révolutionnaire un élément de stabilité face aux demandes libertaires. Par la suite, ils se sont aperçus qu’ils avaient été bernés par eux (limogeage du maréchal Tantaoui et du général Annan) et que les Frères investissaient l’Etat de toutes parts et probablement tentaient d’infiltrer l’armée. L’ampleur du mouvement populaire de révolte contre ce mouvement des Frères a précipité l’intervention de l’armée à leur côté pour chasser le président Morsi qui n’avait guère montré de souplesse.

 

Reporters : Pour certains observateurs de la scène égyptienne, la guerre civile a déjà commencé dans ce pays. Partagez-vous cet avis ?


Georges Corm : Non. La longue histoire de l’Egypte n’est pas caractérisée par des mouvements populaires violents de contestation. Même la révolte de 2011 est restée totalement pacifique, tout comme celle de la Tunisie. Par contre, le mouvement des Frères musulmans a toujours eu un double visage : celui d’un mouvement politique moderne ouvert au dialogue en apparence et celui d’un mouvement clandestin fascisant pouvant pratiquer la violence, comme il l’a souvent fait au cours des décennies précédentes : assassinats de personnalités politiques, tel le président Sadate, ou tentatives d’assassinat comme par exemple sur le président Nasser ou sur le célèbre écrivain Najeeb Mahfouz, prix Nobel de littérature (et bien d’autres), ou encore attaques sanglantes de groupes de touristes étrangers. Il pourrait donc y avoir de la violence en Egypte, mais point de guerre civile ouverte.

 

Reporters :Qu’est-ce qui aurait pu se passer si l’armée égyptienne s’était gardée de ne pas faire le coup contre le président Morsi ?


Georges Corm : Je pense qu’en tout état de cause, l’armée serait intervenue, car la mise sous contrôle de l’Etat et de la société d’un parti politique à référent religieux massif, s’érigeant en seul interprète de l’islam, aurait été intolérable pour l’armée égyptienne, gardienne de la stabilité politique de l’Egypte depuis le coup d’Etat des officiers libres en 1952 et l’appui populaire massif dont a pu jouir le président Gamal Abel Nasser.

Reporters : Qu’en est-il des anti-Morsi ? Les masses qu’ils représentent font-elles partie d’un même camp idéologique ?

 

Georges Corm : Oui, je pense que le mouvement Tamarroud porte bien son nom. Il rassemble vraiment tous les Egyptiens qui veulent en finir avec le règne de la gabegie et de la corruption, la confiscation des libertés individuelles par des mouvements théologico-politiques, les profondes inégalités sociales et une politique étrangère qui a mis l’Egypte à la traîne sur le plan régional. Le parti salafiste Al Nour n’a fait, en principe, alliance avec lui que pour marquer son opposition aux Frères musulmans et non parce qu’il serait dans une mouvance libertaire. Il a d’ailleurs refusé de participer au nouveau gouvernement. Cela dit, il y a dans la coalition Tamarroud des sensibilités très différentes : des libéraux et néo-libéraux, des nationalistes nassériens, des tendances socialisantes en économie.

 

Reporters :La chute de Morsi illustre-t-elle l’incapacité de l’islam politique à gérer les affaires de la cité comme l’avancent certains analystes ?


Georges Corm : Cette chute illustre surtout l’échec du mouvement des Frères musulmans à coexister avec les autres nombreuses forces politiques de l’Egypte, mais aussi avec les Coptes qui se sont vus encore plus minorisés qu’avant ; en sus de leur échec à mieux gérer les problèmes socioéconomiques et financiers aigus de l’Egypte. Par ailleurs, ces présupposés doctrinaires n’ont pris de l’importance que dans le cadre de la lutte anticommuniste et antinationaliste arabe où la coalition des Etats-Unis, du Pakistan et de l’Arabie saoudite a pratiqué une instrumentalisation scandaleuse de la religion musulmane qui dure hélas jusqu’aujourd’hui et qui sème des discordes violentes dans beaucoup de pays arabes et musulmans entre les pratiques différentes de l’Islam par diverses communautés se réclamant de cette religion.

 

Reporters : Quelles sont, aujourd’hui en Egypte, les forces susceptibles d’assurer une transition sans heurt ?


Georges Corm : Il faut espérer que la coalition actuelle restera soudée et qu’elle pourra rapidement faire du bon travail économique et social, car la situation est vraiment très mauvaise. Cette coalition représente massivement la classe moyenne, les syndicats ouvriers et toutes les forces de la société civile à tendance laïque.

 

Reporters : Sitôt le président Morsi tombé, certaines monarchies du Golfe n’ont pas hésité à venir à la rescousse des nouvelles autorités. Comment analysez-vous ce fait ?


Georges Corm : Il est effectivement intéressant de noter que l’Arabie saoudite, première puissance musulmane au monde exportatrice de radicalisme religieux, les Emirats arabes unis et le Koweït ont immédiatement apporté leur soutien au changement survenu en Egypte. C’est une chose que de soutenir des mouvances islamiques clientes, c’en est une autre de les voir arriver au pouvoir et par les urnes dans le plus grand pays arabe ! Ce qui pourrait à terme menacer les régimes monarchiques conservateurs et usés de la Péninsule arabique. Je pense que le changement survenu de façon abrupte à la tête de la principauté de Qatar (retrait du pouvoir de l’Emir et de son cousin Premier ministre, tous les deux hyperactifs sur la scène arabe par leur soutien aux diverses mouvances islamiques, y compris les plus radicales et les plus violentes, notamment en Syrie) doit s’interpréter dans ce contexte et dans celui de la rivalité du Qatar et de l’Arabie saoudite dans la prééminence hégémonique sur le monde arabe.

 

Reporters :L’Egypte est au centre du Monde arabe, quel impact aura la crise que ce pays connaît sur l’avenir de cet ensemble géopolitique ?


Georges Corm : L’Egypte traverse une période difficile, mais fertile de son histoire contemporaine, dont le déroulement futur influencera largement le reste du Monde arabe. Les manifestants contre le pouvoir des Frères ont eu des slogans très hostiles aux Etats-Unis. Le rétablissement de la dignité nationale égyptienne, ce n’est pas seulement des élections et plus de libertés individuelles, c’est aussi une révision du traité inégal de Camp David qui limite la souveraineté égyptienne sur le Sinaï (ce qui permet aux mouvances radicales islamistes d’y sévir à leur aise) et le droit naturel de l’Egypte d’aider les Palestiniens à résister efficacement à la poursuite scandaleuse de la colonisation de la Cisjordanie contraire au droit international et du blocus économique de la population asphyxiée et misérable de la bande Gaza. L’avenir dira si le mouvement révolutionnaire laïc en Egypte pourra aller jusqu’au bout de sa logique, ce qui pourrait contribuer de façon fondamentale à sortir le monde arabe de sa stagnation et de son sous-développement.

 

Reporters :Comment peut-on expliquer la réaction défavorable de l’Occident à la destitution du chef de l’Etat, Morsi, alors qu’il semblait avoir d’excellents rapports avec l’oligarchie militaire égyptienne ?


Georges Corm : Comme à l’accoutumée, notamment en janvier 2011, il y a eu beaucoup de tergiversations, et les médias occidentaux ont adopté le verdict du « coup d’Etat » militaire. L’ambassadrice américaine en Egypte s’est faite copieusement conspuer par les manifestants en raison de la sympathie ouverte qu’elle a exprimée à Morsi et aux Frères musulmans. De façon générale, depuis le début des révolutions arabes, l’Occident a manifesté une très grande sympathie pour les mouvances islamiques et panislamiques. Leur cauchemar serait le retour au nationalisme arabe laïc des années cinquante et soixante que les anciennes puissances coloniales, tout comme les Etats-Unis, ont férocement combattu. Ce type de nationalisme s’il revenait au pouvoir mettrait en danger les intérêts politiques et économiques et l’hégémonie de l’Occident sur cette région stratégique du monde, ainsi que, entre autres, la scandaleuse colonisation de la Cisjordanie par Israël en infraction patente au droit international, de même que le blocus de la bande de Gaza qui fait de sa population une des plus miséreuses au monde. Aussi, les Etats occidentaux ont-ils toujours eu beaucoup de tendresse et d’affection pour les différentes formes d’islam radical cosmopolite qui considère le nationalisme arabe comme impie et à combattre.

 

Par Farid Allouache Algérie
reporters.dz

22 juillet 2013

 

* Natif d’Alexandrie et de nationalité libanaise, Georges Corm est ancien ministre des Finances du Liban. Docteur en droit de la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris (1969) et diplômé de l’Institut d’Etudes politiques de Paris - section économique et financière (1961), M. Corm a consacré à aux thèmes de la mondialisation et du Proche-Orient de nombreux ouvrages. On peut citer, entre autres, Le nouveau désordre économique mondial (La découverte, 1993, 1994) ; Histoire du pluralisme religieux dans le bassin méditerranéen (L.G.D.J., 1972 et Geuthner, 1998) ; L’Europe et l’Orient. De la balkanisation à la libanisation. Histoire d’une modernité inaccomplie (La Découverte, 1988, 2002, 2004) ; Le Proche-Orient éclaté (Folio/histoire, 1983, 1988, 1997, 1990, 1999 – prix de l’Amitié franco-arabe, 2002, 2004, 2005, 2007) ; Orient-Occident : la fracture imaginaire (La Découverte 2002, 2004) ; Histoire du Moyen-Orient. De l’Antiquité à nos jours (La Découverte, 2007, 2008) ; L’Europe et le mythe de l’Occident. La construction d’une histoire (La Découverte, 2009).

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 12:06

 

 

Merci Amnesty France, via mondialisation.ca

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:48

Extrait d’un entretien le vendredi 28 octobre 2005 de Danielle Mitterrand, Présidente de "France libertés" avec Hernando CALVO OSPINA journaliste colombien réfugié en France et collaborateur, entre autres, du Monde Diplomatique. Sa présence dans un avion régulier d’Air-France en avril 2009 effraya à ce point les USA qu’ils lui interdirent le survol de leur territoire et exigèrent son déroutage. Voir : http://www.legrandsoir.info/article8459.html

 

 

Texte repris par http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=liste_articles_derniers&debut_articles=20

 

A sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.

 

Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ?

Danielle Mitterrand  : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.

HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?

DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.

HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire...

DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ?

Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?

HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?

DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme - juillet 1989 - j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités... ? » Ce fut une honte.

HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes...

DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner... ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !

HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.

DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. »

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.

HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?

DM : Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.

HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?

DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.

Hernando Calvo Ospina.

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