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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 17:05

Table ronde du 19 avril 2014, animée par Ahmad Nokhostine, Bassam Tahhan, syrien d'origine, professeur d'arabe et géopoliticien, Pierre Dortiguier, philosophe politologue sont interviewés au téléphone, à propos du récent accord de Genève entre la Russie, Etats-Unis, l'Ukraine et l'Union .européenne.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 17:05
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 17:37
MOSCOU, 8 avril - RIA Novosti

La position de l'élite politique occidentale sur la réunification de la Crimée et de la Russie est empreinte de doubles standards, une attitude qui sert les intérêts des USA  mais ne profite en rien à l'UE, considèrent des experts français et suisse interrogés par RIA Novosti.

Evoquant ce "deux poids deux mesures", François Asselineau, président du parti politique Union populaire républicaine (UPR), parle d'une ironie de l'histoire, rappelant que lorsque le chef de la diplomatie américaine actuel John Kerry occupait le poste de président de la commission des Affaires étrangères du Sénat US, il avait soutenu le référendum au Sud-Soudan.

"Il est allé soutenir le référendum en disant que c'est formidable, que c'était la diplomatie (…) alors qu'il s'agissait d'un référendum limité à une petite région du Soudan et maintenant, trois ans après, qu'il est le secrétaire d'Etat, il s'indigne, se scandalise de l'organisation d'un référendum en Crimée qui est exactement de la même chose", a indiqué l'homme politique français avant d'ajouter que les exemples étaient nombreux. 

Charles Sannat, directeur économique du site AuCoffre.com,  partage son avis: "Aujourd'hui on transforme la réalité, on explique que le référendum qui a été fait en Crimée (…) est illégal, tandis que le droit à l'autoidentification des peuples existe. Le résultat du vote est incontestable: la Crimée souhaite se rattacher à la Russie et nous en France nous sommes en train de défendre un pouvoir qui est issu d'un coup d'Etat, et que le président Obama a qualifié lors d'une conférence de presse de gouvernement légitime et élu".

François Asselineau, président du parti politique Union populaire républicaine

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D'après M.Sannat, la France a été entraînée par ses élites politiques dans un "schéma de propagande" antirusse ou plutôt américanophile. 

Pour comprendre ce qui se passe actuellement en Ukraine et dans le monde en général, François Asselineau propose de se souvenir de l'histoire: à l'issue des trois Conférences qui ont suivi à la Seconde Guerre mondiale, "l'Europe a été partagée entre l'URSS et les Etats-Unis comme zones d'influence", rappelle-t-il. 

De son côté, "Joseph Staline a organisé des coups d'Etat dans les pays de l'est européen pour y placer des régimes communistes. Du côté occidental, ce n'était pas aussi facile que ça car les Etats-Unis prétendaient être un pays démocratique. (…) Washington a lancé la construction européenne à partir de 1950". 

Au moment où l'Union soviétique s'est effondrée, l'OTAN devait perdre sa raison d'être, tel était l'avis du le général De Gaulle. Mais c'est le contraire qui s'est produit. Washington a lancé deux projets en même temps: l'OTAN d'une part et l'UE de l'autre, souligne M.Asselineau. 

"Il s'agit d'une entreprise de domination géopolitique. Le programme se poursuit et le projet américain est de faire entrer maintenant l'Ukraine dans l'UE et dans l'OTAN. (…) Les Etats-Unis veulent refouler au plus profond du continent eurasiatique la puissance russe". Quant aux Français, ils sont les jouets de toutes ces opérations, considère-t-il. 

"Du côté occidental, on s'est efforcé depuis vingt ans de gagner, de conquérir, d'annexer idéologiquement, économiquement et militairement, essentiellement en soutenant le nationalisme, ceux des nationalismes qui étaient pro-occidentaux contre des identités qui étaient anti-occidentales", note de son côté Slobodan Despot, écrivain et éditeur suisse. 

La position des pays de l'UE sur la question s'expliquerait par la méconnaissance de la réalité sur le terrain. 

"Je pense que la France et les pays occidentaux, et notamment l'Europe, ne bénéficient pas d'une information objective sur la situation réelle d'une part de la Russie mais aussi de l'Ukraine. Je pense que beaucoup de gens n'ont pas tout à fait intérêt à ce que l'on prenne la mesure de ce qui se passe réellement", précise Christian Cambon, sénateur-maire de Saint-Maurice.

D'après ce dernier, l'Europe reste marquée par l'image que les Américains ont imprimée à la Russie, alors que les temps ont changé et que l'Union soviétique a donné naissance à un autre pays.  

Charles Sannat ajoute de son côté que les médias jouent un rôle important dans la formation de cette image erronée. On "crée un ennemi de toute pièce, on le dépeint d'une manière absolument horrible, on fait monter progressivement le ressentiment". 

Selon lui, les Français commencent à se rendre compte que les choses sont beaucoup plus complexes que la formule "Vladimir Poutine le méchant d'une part et nous, les gentils, de l'autre".

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 15:25

 

 

 

 

Les citoyens de la Crimée ont décidé eux-mêmes de leur destin par référendum et déclaré nettement et clairement leur désir d’être avec la Russie.

La Fédération de Russie n’est pas intéressée à voir l’Ukraine divisée, elle est prête à entretenir les relations amicales avec elle, à continuer à coopérer, mais elle protégera les millions des citoyens russes résidant sur le territoire de ce pays, a déclaré le 18 mars le président Vladimir Poutine au Kremlin dans le message extraordinaire adressé au parlement russe et à la direction de la République de la Crimée.

Immédiatement après l’intervention du président, l’accord intergouvernemental sur le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie a été signé. Ce jour entrera dans tous les manuels d’histoire.

Voici ce que le président a dit au sujet des événements dramatiques en Ukraine.

« Tout ce qui se passe maintenant en Ukraine nous inquiète beaucoup, et cette inquiétude est bien claire : en effet, nous ne sommes pas simplement des voisins proches, nous sommes en réalité un seul peuple. Kiev est la mère des villes russes. L’ancienne Russie est notre source commune. Nous ne pourrons pas nous passer les uns des autres. Je dirai encore une chose. En Ukraine, vivent et vivront des millions de Russes, de citoyens russes. Et la Russie protégera toujours leurs intérêts par des moyens politiques, diplomatiques, juridiques. Cependant, avant tout, l’Ukraine elle-même doit être intéressée à ce que les droits et les intérêts de ces gens soient garantis. C’est le gage de la stabilité de l’État ukrainien et de l’intégrité territoriale du pays. »

Mise en ligne CV : 19 mars 2014

Vladimir Poutine a déclaré que la péninsule avait été et resterait russe, aussi bien qu’ukrainienne, et celle des Tatars de Crimée, et que sa séparation de la Russie et son rattachement à l’Ukraine en 1954 ont été réalisées en violation des normes constitutionnelles et pour des raisons opaques. Le président a promis que chacune des trois langues sur le territoire de la Crimée aurait le statut de langue d’État. Parmi les projets les plus proches, il y a la réhabilitation des Tatars de Crimée qui ont souffert des répressions dans les années soviétiques.

« Après la disparition du système bipolaire, la planète n’est pas devenue plus stable pour autant. Les institutions internationales clés ne s’affermissent pas, elles dégénèrent souvent. Nos partenaires occidentaux, les États-Unis en tête, préfèrent se guider dans leur politique non pas sur le droit international, mais sur le droit du plus fort », a dit le président russe a dit au sujet de l’ordre mondial qui a amené aux événements ukrainiens.

À titre d’exemple, Vladimir Poutine a cité les opérations en Yougoslavie, en Irak, en Afghanistan, en Libye. Selon le président, on a imposé à ces pays des standards étrangers, à la suite de quoi, au lieu de la démocratie et de la liberté, le chaos s’est établi. Un scénario semblable a été réalisé en Ukraine que l’on continue à « entraîner » dans l’OTAN.

Aux dires du chef de l’État, on tente de pousser la Russie dans ses derniers retranchements à cause de sa position indépendante, tandis qu’elle propose sincèrement la coopération sur tous les axes. Cependant, il y a des limites à tout, a résumé Poutine.

« Nous ne voyions pas de démarches similaires de leur côté, au contraire, on nous a constamment trompés, les décisions étaient prises derrière notre dos, on nous mettait devant le fait accompli. C’était le cas avec l’élargissement de l’OTAN vers l’Est, et avec le déploiement du système d’ABM, avec l’éternisation des négociations sur les problèmes des visas, avec les promesses de concurrence honnête et de libre accès aux marchés globaux. »

Le président russe a déclaré que dans le cadre de la situation en Ukraine, les partenaires occidentaux de la Russie avaient franchi la ligne rouge et a réaffirmé que les intérêts de la Russie devaient être respectés.

Le président a spécialement noté que, selon les sondages, plus de 90 % de Russes, ainsi d’habitants de la Crimée, ont soutenu la réunification de la république avec sa patrie historique. L’accord sur le rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie a été soumis au parlement pour ratification. Tout de suite après cette procédure, l’Accord aura force de loi, cependant, comme le stipule le texte du document, il « est appliqué provisoirement » dès le moment de sa signature, c’est-à-dire dès le 18 mars.

Ilia Kharlamov 18 mars 2014

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:04

Domenico Losurdo à Algérie patriotique :

Entretien 14. mars 2014

 

 

Algeriepatriotique : Comment analysez-vous la situation en Ukraine en ce moment ?

 

 

Domenico Losurdo : A Kiev, un président démocratiquement élu a été renversé avec violence lors d’un coup d’Etat organisé, financé et encouragé par l’Occident. Le 3 décembre 2013 déjà, Il Giornale, un quotidien italien d’obédience occidentale et atlantiste éprouvée, reconnaissait qu’un coup d’Etat était en cours en Ukraine, exécuté par des groupes nationalistes encadrés de manière paramilitaire et avec des parrains forts comme les voisins Polonais et la puissante Allemagne. Aucun autre pays dit démocratique n’aurait toléré la violence des manifestants qui cherchaient de manière explicite et déclarée à rendre impossible le fonctionnement des institutions, à bloquer les points névralgiques du pouvoir et à imposer le changement de régime.

 

 

Chaque intervention des forces de l’ordre était à priori étiquetée par l’Occident comme une violence inadmissible envers des manifestants pacifistes et non violents. Washington et Bruxelles n’hésitaient pas à menacer de sanctions économiques. Des représentants de premier plan de l’Union européenne accourraient à Kiev pour encourager les manifestants, à savoir les rebelles. Selon une mise en scène soignée, il fallait bloquer le pouvoir et empêcher le rétablissement de l’ordre, il était nécessaire de prolonger le chaos et l’incertitude aussi longtemps que possible. Déjà insatisfaits de leurs conditions économiques, tôt ou tard, les forces de police de l’Ukraine occidentale se seraient rendues compte de l’impuissance de leurs dirigeants et de l’inutilité de résister aux groupes paramilitaires qui jouissaient de l’impunité et de la protection des patrons du monde. Le coup d’Etat en Ukraine jette un éclairage rétrospectif sur la série de coups d’Etat précédents qui se sont vérifiés tels que les prétendues révolutions colorées, et qui ont tous abouti à la création de « protectorats démocratiques » contrôlés par l’Occident.

 

 

Plus le débat sur la fin du capitalisme est devenu inévitable, y compris dans les cercles capitalistes eux-mêmes, plus on a une bourgeoisie compradore qui, elle, s’acharne à vouloir asservir les peuples en liant son sort à une idéologie qui a montré ses limites. Comment l’expliquez-vous ?

 

 

La fin du capitalisme peut être considérée inévitable à long terme, mais agiter ce mot d’ordre aujourd’hui est trompeur et contre-productif. Il est vrai que le capitalisme est frappé par une crise économique grave, mais n’oublions pas que la grande dépression qui a débuté en 1929 a entraîné le fascisme et la guerre, avant de provoquer un grand essor révolutionnaire. Evidemment, chaque situation historique est différente des autres. Et pourtant, l’histoire du siècle dernier nous fournit une leçon précieuse. Nous devons penser à l’avenir de la révolution à partir des défis et des dangers du présent.

 

 

Peut-on dire que nous sommes dans la dérive totalitaire capitaliste qui nous ramène le fascisme dans différents pays, en Ukraine, en Grèce, en Italie même, etc. où l’extrême droite est devenue dans certains cas la première force politique ?

 

 

Dans un pays comme la Grèce, il y a dans l’opposition une présence inquiétante de forces néofascistes et même néo nazies. Mais en Ukraine, ces forces occupent officiellement d’importantes positions au pouvoir grâce au coup d’Etat organisé et mis en œuvre par Washington et Bruxelles. Au Moyen-Orient, l’Occident est prêt à former une alliance avec les forces islamistes les plus réactionnaires comme celles qui réintroduisent la polygamie en Libye, et en Europe de l’Est. Afin de contenir la Russie, l’Occident s’est allié avec les partis néofascistes ou néonazis. C’est de cette politique qu’il faut tenir compte si l’on veut identifier la droite la plus dangereuse. Le fascisme de nos jours doit être discerné en premier lieu dans la politique mise en œuvre par l’Otan qui, avec des guerres, des agressions et des manœuvres de déstabilisation, a recours à tous les moyens nécessaires pour se débarrasser des pays coupables d’entraver sa marche

expansionniste.

 

Les régimes politiques issus du capitalisme sont-ils des modèles de démocratie pour nos peuples du tiers-monde, sachant que leurs propres citoyens, otages de la consommation, sont soumis aux dictats des multinationales, qu’ils sont surveillés par des écoutes téléphoniques, que les syndicats sont soumis aux partis dominants ? Les chantres du capitalisme peuvent-ils nous donner des leçons à nous, citoyens du Sud ?

 

 

En Europe occidentale, la démocratie s’est développée dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est-à-dire dans la période où l’Occident a étendu sa domination coloniale dans tous les coins du monde. En d’autres termes, à la démocratie réalisée dans des pays comme la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, correspondait un despotisme exercé par ces pays sur le plan international au détriment des peuples colonisés. De nos jours, en dépit de la révolution anticoloniale qui a frappé le monde entier au XXe siècle, nous sommes bien loin de la démocratisation des relations internationales. L’Occident, et surtout son pays phare, déchaîne des guerres et des embargos économiques ravageurs de manière souveraine, même sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, menaçant d’installer des bases militaires dans tous les coins du monde, enveloppant la planète entière de son réseau d’espionnage. Imposant en dernière analyse un régime de terreur, l’Occident rend impossible, surtout dans les pays les plus faibles, le développement de la démocratie qu’il dit pourtant vouloir promouvoir.

 

 

Pensez-vous que l’impérialisme, avec ses différentes variantes, peut se passer des guerres de domination pour assurer sa survie ?

 

 

A partir de 1989, c’est-à-dire à partir du triomphe obtenu dans la guerre froide, l’Occident a agressé Panama, l’Irak, la Yougoslavie, la Libye, la Syrie, sans parler du peuple palestinien depuis des décennies sous un régime d’occupation et d’expropriation coloniale, et est à présent plus pressant que jamais. Ces guerres d’agression sont intimement liées aux coups d’Etat déguisés en révolutions colorées. Jusqu’où ira cette politique ? Jusqu’à une intervention en Iran également ? Et que signifie le « pivot américain », à savoir le déplacement annoncé et déjà commencé de la majeure partie de l’appareil militaire étasunien en direction du Pacifique et de la Chine ? Aux Etats-Unis, certains caressent un rêve scélérat dans les cercles politiques et militaires : la seule superpuissance pour quelque temps encore pourrait tenter de consolider et de rendre sa primauté définitive, et de se débarrasser de la crise et du déclin, en déchaînant une attaque dévastatrice et résolue en premier lieu contre la République populaire de Chine.

 

 

A votre avis, pourquoi le monde arabo musulman, dont fait partie mon pays l’Algérie, est devenu un terrain de prédilection pour les guerres impérialistes ? Est-ce à cause de nos richesses naturelles ou y aurait-il une idéologie sous-jacente qui ne dit pas son nom ?

 

 

Certainement, le pétrole joue un rôle considérable. Les Etats-Unis, qui contrôlent déjà avec leurs navires de guerre les principales voies de communication maritimes, espèrent mettre le grappin sur le robinet du pétrole. De cette façon, Washington serait en mesure d’exercer un chantage sur un pays comme la Chine qui, à tout moment, pourrait être soumise à un embargo ou à un blocus naval et être ainsi privée d’une matière première essentielle pour le fonctionnement de l’industrie et de l’appareil productif.

 

 

En même temps, trois facteurs facilitent les agressions de l‘impérialisme au Moyen-Orient. Premièrement, la révolution anticoloniale a eu une extension limitée, elle n’a jamais atteint l’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe. En second lieu, l’idéologie qui a conduit à la révolution anticoloniale varie selon les pays et les situations : cette idéologie peut être d’empreinte laïque ou islamique, sunnite ou chiite.

 

 

Troisièmement, si dans un pays comme l’Algérie, la révolution anticoloniale a été un vaste mouvement de masse, dans un pays comme la Libye, la révolution anticoloniale a été conduite par les secteurs patriotiques de l’armée et a eu une base sociale assurément plus restreinte. L’enchevêtrement de ces trois facteurs permet à l’impérialisme de diviser les forces progressistes et d’intervenir relativement facilement au Moyen-Orient.

 

 

Quel est le rôle de l’intellectuel révolutionnaire dans ce monde qui se délabre ?

 

 

L’intellectuel en tant que tel, et à plus forte raison l’intellectuel engagé à critiquer et transformer le système international actuel, doit avoir le courage de résister aux séductions et aux pressions de l’idéologie et du pouvoir dominants. Ce devoir n’a jamais été aisé, mais aujourd’hui il est devenu plus difficile que jamais.

 

 

D’une part, nous avons eu l’écroulement du socialisme en Europe de l’Est, d’autre part, grâce surtout au net avantage militaire dont ils jouissent, les Etats-Unis ont réussi à unifier sous leur tutelle le monde capitaliste et impérialiste dans son ensemble.

 

 

Le résultat est que les Etats-Unis disposent aujourd’hui non seulement d’un appareil militaire gigantesque, mais aussi d’une puissance de feu multimédia sans précédent dans l’Histoire. Promouvoir et organiser une résistance active contre l’industrie impérialiste du mensonge : voilà le devoir prioritaire de l’intellectuel, et principalement de l’intellectuel révolutionnaire.

 

 

Que pouvez-vous dire au peuple algérien dont la souveraineté territoriale est menacée, tant par la bourgeoisie compradore que par les différents impérialismes qui sévissent dans la région ?

 

 

L’Algérie a été protagoniste d’une grande révolution anticoloniale. De plus, un grand théoricien de la révolution anticoloniale algérienne, à savoir Franz Fanon, a clarifié comment se comporte une puissance colonialiste une fois qu’elle est placée dos au mur par le soulèvement de tout un peuple, elle est contrainte à concéder l’indépendance, mais cherche à condamner le pays nouvellement indépendant à la faim, au sous-développement et au chaos. Et donc, la conquête de l’indépendance politique doit être suivie par la conquête de l’indépendance économique.

 

 

Pour citer Lénine : en plus de se débarrasser de l’annexion politique propre au colonialisme classique, un peuple engagé dans la révolution anticoloniale doit se débarrasser aussi de l’annexion économique propre au néocolonialisme. Au Moyen-Orient comme dans le reste du monde, la lutte contre le colonialisme classique qui continue à peser sur le peuple palestinien systématiquement exproprié de sa terre s’entrecroise avec la lutte pour la défense de l’indépendance et de la souveraineté nationale et pour un développement économique et technologique indépendant. A ce nouveau chapitre de la révolution anticoloniale et anti-impérialiste en cours au niveau mondial, l’Algérie peut fournir une contribution précieuse.

 

 

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen

 

Qui est Domenico Losurdo ?


Philosophe italien né en 1941, il a obtenu son doctorat en 1963 et enseigne l’histoire de la philosophie à l’université d’Urbino en Italie. Il est directeur de l’Institut de sciences philosophiques et pédagogiques « Pasquale Salvucci » de la même université. Il est également président de la Société hégélienne internationale « Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken » et membre de la « Leibniz Sozietät ». Auteur de nombreux ouvrages dont Le révisionnisme en histoire : Problèmes et mythes (ed. Albin Michel), Gramsci : Du libéralisme au « communisme critique » (ed. Syllepse), Fuir l’histoire ? : La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui (ed. Delga), Staline : Histoire et critique d’une légende noire (ed. Aden), il publie régulièrement des articles engagés via son blog et participe à des conférences un peu partout en Europe.

 

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 09:20

Un texte qui date un peu, octobre 2011, en commentaire d'un article d' Allain Jules sur la Libye

 

" Arrêtons de spéculer, revenons-en aux faits.

 

A supposer qu’il soit mort Kadhafi avait-il autre chose à dire que nous ne sachions déjà sinon il l’aurait dit ou fait dire à la face du monde.

 

Quel intérêt pour son fils Saïf al Islam de se présenter face à un tribunal aux ordres de l’impérialisme occidental ? Au mieux il serait muselé au pire il subirait le sort de Milosevic. S’il sait ce que nous ne savons pas il y a d’autres moyens pour le diffuser que de se jeter dans la gueule du loup.

 

Même s’il a mis quelques intégristes, djihadistes et autres à la raison, Kadhafi n’était pas un tyran sanguinaire et corrompu et la démocratie bourgeoise n’est pas le pouvoir du peuple. Les libyens selon l’ONU, bénéficiaient d’un Indice de Développement Humain très élevé, le pays dispose de ressources importantes : Pétrole, gaz, eau, il était en pleine expansion y compris la cyrénaïque d’où serait partie la rébellion. Un groupe dirigeant qui ne dispose pas d’un large soutien de sa population ne résiste pas sept mois aux forces conjuguées de l’occident, aux mensonges qu’il répand. Présupposé mort Kadhafi est encore plus grand que vivant, il fait peur à ses assassins qui souhaitent effacer jusqu’au souvenir de son existence. Le CNT se sent si peu assuré sur ses arrières qu’il demande le maintien des forces de l’Otan sur le terrain.

 

Ce n’était pas tant  les ressources naturelles de la Libye que convoitaient les prédateurs occidentaux mais l’usage qui en était fait pour le développement de ce pays et l’émancipation de l’Afrique de la tutelle du FMI et de l’OMC et de leurs satellites, c’était aussi un pavé jeté dans la mare de la francafrique. L’assassinat de Kadhafi est un coup de semonce envoyé à la chine et à la Russie qui n’ont pas encore des moyens militaires à la hauteur de ceux des USA mais ça ne saurait tarder. Les frères musulmans ont donné des gages ils ont le champ libre. L’éclatement de la Syrie laïque est programmé, ensuite l’Iran sera mis au pas et nous serons à l’aube d’une troisième conflagration mondiale.

 

Autre certitude la gauche européenne qui a déjà les mains tachées de sang n’aura rien voulu voir venir engluée qu’elle est dans son union sacrée avec ce qu’il y a de plus rétrograde dans l’opinion.

 

Mais en fait, dans quelque organisme que ce soit, nous n’avons jamais que les dirigeants que nous avons élus ou tolérés. Nous sommes tous coupables soit pour avoir œuvré en faveur du crime soit pour ne pas nous y être opposés avec assez de force. Aujourd’hui la démarche des gens qui nous gouvernent ou aspirent à le faire n’est pas sans de proches similitudes avec celle de ceux qui ont livrés l’Europe à Hitler, la France à Pétain, Lidice et Oradour aux SS, l’Espagne à Franco et à ses intégristes catholiques. Quand je vois Syrte détruite par l’Otan dans l’indifférence quasi générale je me remémore Guernica réduite en cendres par la légion Condor.

 

L’aboutissement sera le même, nous en paierons le prix à courte échéance, mais c’est peut être la condition de la prise de conscience en prévision d’une éventuelle renaissance si l’humanité survit! "

 

L’échéance se rapproche…Jack Freychet (10-mars-2014)

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 18:21


Maire de Maisons-Laffitte


Président du Cercle Nation et République

 

Membre de la commission des Affaires Etrangères

 

Le 2 MARS 2014

 

UKRAINE : ON SE CALME !

 

En droit international et conformément à la Charte des Nations unies , aucun Etat n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’un pays indépendant , et encore moins avec la force militaire , sauf

décision du conseil de sécurité ,

en cas de légitime défense individuelle et collective ( article 51 de la Charte )

et en cas d’intervention humanitaire qui doit être proportionnée et limitée ( Kolvesi : 13 mai 1978 )

Ces principes , la France elle-même a failli les oublier dans l’affaire syrienne , alors qu’elle est membre permanent du conseil de sécurité !

 

Cela étant , dans l’affaire ukrainienne une intervention militaire russe est certainement contraire au droit international pour autant que l’on fasse abstraction des réalités géostratégiques et du fort poids de l’histoire entre Kiev et Moscou , l’imbrication des deux peuples est totale.

 

Dans ces conditions l’attitude de certaines personnes de l’Union européenne est plus que problématique , voir Catherine Ashton en compagnie de Oleh Tyahnybok du parti ukrainien Svoboda qui se définit comme anti sémite , dont l’emblème est la "Rune du loup " nazie et qui dénonce la mafia judéo-moscovite laisse pantois !

 

Dans le même registre , laisser entendre que l’Ukraine puisse entrer dans l’UE et même dans l’OTAN est proprement inadmissible et irresponsable !

 

On le sait l’enjeu de la Crimée est pour Moscou non négociable , toute proportion gardée cette situation est comparable au contrôle du canal de Panama pour Washington .

 

Alors inutile de crier au scandale et de vouer aux gémonies Vladimir Poutine , cessons l’activisme pro-ukrainien qui ne peut mener qu’à une impasse . A ce titre posons nous une question , que veut Berlin ?

 

Ouvrons les yeux , notre influence est limitée et sachons l’utiliser avec lucidité en prenant en compte les équilibres géostratégiques qui prévaudront en tout état de cause !

 

Boycotter le G8 ne fera que pousser la Russie à radicaliser sa position , mieux vaut travailler à mettre sur pied une solution juridique pour la Crimée qui peut être la complète autonomie dans une fédération , voire l’indépendance !

 

N’oublions pas que son rattachement à l’Ukraine ne résulte que d’une décision administrative de N. Kroutchev dans le cadre de l’URSS en 1954 .

 

Le réalisme se doit de l’emporter . Personne ne moura pour Kiev !

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:17

En Ukraine il se passe des choses inimaginables depuis quelques années.

 

Le fascisme agit comme pouvoir réel dans un pays qui vit une situation de chaos politique et social.

 

Certains des principaux dirigeants tiennent des discours toujours encapuchonnés, mais leurs chemises exhibent un svastika stylisé (croix gammée) comme symbole de leurs options idéologiques.

 

Des bandes de scories assaillent et détruisent les sièges du parti communiste, exigent l’expulsion des russes et des juifs, l’exécution sommaire des adversaires politiques, envahissent la Rada (Parlement) et en expulsent en les humiliant des députés qui les critiquent.

 

Ces bandes agissent avec une discipline militaire, exhibant un armement moderne, fourni par les pays centraux de l’Union Européenne, et selon certains observateurs par la CIA.

 

L’appui officiel de l’Occident fasciste est transparent.

 

Les dirigeants d’Allemagne, de France, du Royaume Unis ne cachent pas leur satisfaction. La baronne britannique Catherine Ashton, responsable des relations internationales et l’Union Européenne, a couru à Kiev pour offrir son appui au « nouvel ordre » ukrainien.

 

Van Rompuy, le président de l’union Européenne ne cache pas sa joie face à ce nouveau cap de l’Ukraine. Il est question d’allouer une aide de 35 mille millions de dollars de l’U.E., des USA et du FMI dès le moment où sera installé à Kiev un « gouvernement démocratique ».

 

Une étrange conception de la démocratie, que celle que profilent les messieurs de Bruxelles et de Washington.

 

Viktor Yanoukevitch laisse un très coûteux héritage. Totalement négatif. Il a gouverné comme un despote et laissera le souvenir d’un politicien corrompu, qui a accumulé une grande fortune par des commerces illicites.

 

Mais ceux qui contrôlent aujourd’hui la Rada et reçoivent la bénédiction de l’Union Européenne, sont-ils des démocrates ? A quelques rares exception près, les partis qui se présentent aujourd’hui comme des apôtres de la démocratie et défenseurs de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne maintiennent des relations étroites avec l’oligarchie qui, sous la présidence de Yanoukovitch et pendant le gouvernement de Julia Timoshenko, vola le peuple et ruina le pays, le menant au bord de la faillite.

 

Ces gens manquent de légitimité pour se présenter comme des interlocuteurs des gouvernements européens, qui avec hypocrisie, leur transmettent leurs félicitations.

 

La situation existante est en plus tellement chaotique qu’il n’est pas évident de savoir qui exerce le pouvoir partagé par la Rada avec les organisations fascistes, qui décident et disposent et qui dans des dizaines de villes, perpétuent des crimes répugnants face à la passivité de la police et de l’armée.

 

L’hypocrisie de l’Occident

 

L’hypocrisie des dirigeants de l’Union Européenne et des Etats-Unis n ’a rien de surprenant.

 

Le discours sur la démocratie est pharisaïque et circule depuis Washington jusqu’à Londres et Paris.

 

Invoquant invariablement des valeurs démocratiques, ces dirigeants sont responsables des agressions commises contre des peuples sans défense, et quand cela les intéresse, ce sont des organisations islamiques fondamentalistes fanatiques qu’ils arment et financent.

 

C’est ce qui s’est produit en Irak, en Lybie, dans les monarchies féodales du Golf.

 

En Amérique Latine, Washington maintient les meilleures relations avec quelques dictatures, et promeut les coups d’état pour installer des gouvernements fantoches. Entre-temps, ils montent des conspirations contre des gouvernements démocratiques qui ne se soumettent pas toujours au nom de la démocratie dont ils se disent gardiens.

 

Les gouvernements progressistes – Venezuela, Bolivie, Equateur – sont harcelés comme ennemis de la démocratie, pendant que les gouvernements aux matrices fascisantes – Colombie, Honduras – sont traités comme des alliés privilégiés et définis comme démocratiques.

L’ascension du fascisme en Europe n’est pas un phénomène nouveau

Depuis que le Tribunal de Nuremberg a jugé les criminels les plus notables du 3ème Reich on affirme de façon répétitive que le fascisme serait éradiqué dans le monde.

C’est une illusion romantique. Avant même que ne soit énoncées les sentences, déjà l’administration Truman avait organisé l’évasion clandestine menée par les E.U. de célèbres personnalités nazies, quelques-uns contractées par des universités traditionnelles.

Simultanément, les gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis maintenaient d’excellentes relations avec le fascisme ibérique. Salazar et Franco furent traités comme des alliés.

 

Quand la Yougoslavie de désagrégea, la Serbie qualifiée de communiste, fut traitée comme un état ennemi, mais Washington, Londres et l’Allemagne Fédérale établirent des relations d’une grande cordialité avec la Croatie dont le gouvernement était infesté d’ex-nazis.

 

Après la disparition de l’Union Soviétique, quand la Russie se transforma en pays capitaliste, le fascisme commença à relever la tête en Europe Occidentale.

 

En France, Le Pen parvint à disputer la présidence de la République à Chirac au second tour. En Allemagne, le pays néo-nazi affirma publiquement sa nostalgie du Troisième Reich Hitlérien. En Autriche, en Hollande, en Italie, dans les Républiques Baltes les partis d’extrême droite conquièrent des secteurs importants de l’électorat. Dans le premier de ces pays le leader néonazi participe à la coalition gouvernementale.

 

En Espagne, l’extrême droite fait preuve d’une agressivité croissante. Jusqu’à la Suède, le Danemark, la Norvège, des groupes néonazis ressortent dans les rues avec arrogance.

Au Portugal, le fascisme, est infiltré dans les partis de droites qui gouvernent le pays.

 

Raviver la mémoire

 

La tragédie Ukrainienne – j’accomplis un devoir en rappelant cette évidence – n’aurait pas été possible sans la complicité de l’Union Européenne et des États-Unis.

 

Face à sa stratégie de rapprochement avec la Russie (dont le pouvoir nucléaire dérange), les gouvernements impérialistes de l’Occident et leurs services de renseignement catalysèrent les forces extrémistes qui semèrent le Chaos en Ukraine occidentale, ouvrant la porte à l’onde de barbarie en cours.

 

Ce furent les auto dénommées démocraties occidentales qui financèrent et armèrent les bandes fascistes qui rêvaient de programmes de pogroms communistes et exigeaient avec arrogance l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

 

Ces scories ne sont pas apparues comme par magie d’un jour à l’autre.

 

Le fascisme a des racines anciennes en Ukraine, par-dessus tout dans les provinces de Galitzia, en majorité catholique uniate, qui ont appartenu à l’Empire Austro Hongrois et, après la première guerre mondiale furent annexées par la Pologne.

 

Il faut se souvenir des 100 000 Ukrainiens qui luttèrent contre l’Union Soviétique incorporés dans les rangs de la Wehrmacht et des SS nazis.

 

Ces collaborateurs furent, heureusement, une infime minorité. L’écrasante majorité du peuple résista dans cette République Soviétique avec bravoure et héroïsme contre la barbarie allemande, responsable durant l’occupation de la mort de 4 millions d’Ukrainiens et Ukrainiennes.

 

Mais ce n’est pas fortuit que des traîtres comme Stefan Bandera, alliés aux hordes d’envahisseurs, aient été proclamés héros nationaux par les extrémistes de droite de Kiev.

 

Aujourd’hui, la jubilation des gouvernements de l’Union Européenne face aux événements d’Ukraine remet en mémoire la trahison de Chamberlain et Daladier, quand ils célébrèrent les accords de Munich, prologue de l’holocauste de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Loin de moi l’idée d’établir un parallèle entre des époques et des situations tellement différentes.

 

Le proche avenir de l’Ukraine se présente chargé d’inconnus.

 

Mais rappeler Munich, c’est prendre conscience de ce que le fascisme n’a jamais été éradiqué de la Terre, patrie de l’être humain. Il faut combattre sans pitié le fascisme à l’échelle mondiale.

 

Miguel Urbano

Vila Nova de Gaia, le 25 février 2014

Mondialisation.ca
27 février 2014

Article original en espagnol :

La Unión Europea y los EEUU cómplices del fascismo ucraniano – Resumen Latinoamericano

Traduction Anne Wolff

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