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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 17:25

Par Thierry Meyssan Source Al-Watan (Syrie)

 

Deux mois après son entrée à la Maison-Blanche, le président des États-Unis, Donald Trump, devrait clarifier sa position par rapport au plan de ses prédécesseurs de remodelage du Moyen-Orient élargi. S’il souhaite réellement mettre fin au jihadisme, il devra reconnaître la résilience de la Syrie et repositionner à la fois le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et la Turquie.

 

 

 

Après avoir tenu des propos à l’emporte-pièce sur diverses questions militaires, le président Trump s’en est remis à son secrétaire à la Défense, le général James Mattis, pour tous les aspects stratégiques et tactiques. La Maison-Blanche fixera les objectifs et les moyens politiques, tandis que le Pentagone aura carte blanche pour la mise en œuvre. Cette distinction entre le politique et le militaire n’avait pas cours dans l’administration Obama : le Pentagone devait soumettre toute action létale à la Maison-Blanche.

 

Dès la nomination du nouveau secrétaire à la Défense, le général James Mattis, le président Donald Trump lui avait demandé de préparer des plans permettant non pas de déplacer des jihadistes ici ou là, ou de s’appuyer sur certains et pas sur d’autres, mais de les éliminer tous.

 

Lors de son discours devant le Congrès, le 28 février, il a confirmé que son objectif était d’en finir avec le « terrorisme islamique radical ». Pour prévenir des erreurs d’interprétation, il a précisé que les musulmans et les chrétiens étaient les victimes de ce terrorisme. Sa position n’est donc pas contre l’islam, mais contre cette idéologie politique qui utilise des références musulmanes.

 

Il semble que la chaîne de commandement états-unienne soit bientôt corrigée. Une fois l’objectif et les moyens fixés par le président Trump, les militaires auraient carte blanche pour mener l’opération comme il leur semble. Les responsabilités seraient donc partagées à l’avance : au Pentagone d’assumer les bavures et à la Maison-Blanche les défaites.

 

C’est pourquoi il convient de préciser au plus vite la position des États-Unis face à la République arabe syrienne. Elle devrait être annoncée le 22 mars à Washington, lors d’une réunion de la Coalition anti-Daesh à laquelle participera le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson. Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour le moment, rien n’a changé sur ce point : l’ambassadrice Nikki Haley a soutenu au Conseil de sécurité un énième projet de résolution franco-britannique contre la Syrie et a essuyé le sixième veto chinois et le septième russe.

 

L’ambassadeur syrien Bachar Jaafari a dénoncé —derrière la manœuvre franco-britannique d’accuser sans preuve, sur la simple base de prétendus témoignages émanant des groupes agresseurs— une tentative de justifier un changement de régime et d’absoudre Israël, coupable de détenir la bombe atomique malgré le Traité de non-prolifération nucléaire.

 

En finir avec le jihadisme signifierait abandonner le plan conjoint de Londres et de Washington de remodeler le Moyen-Orient élargi et d’y placer partout au pouvoir les Frères musulmans. Ce serait reconnaître que les « printemps arabes » n’étaient que la réédition par la CIA et le MI6 de la « Révolte arabe » de 1916. Cela contraindrait le Royaume-uni à abandonner une carte qu’il construit patiemment depuis un siècle ; l’Arabie saoudite à démanteler la Ligue islamique mondiale, qui coordonne les jihadistes depuis 1962 ; la France à renoncer à son fantasme d’un nouveau mandat sur la Syrie ; et la Turquie à cesser de parrainer leurs organisations politiques. Il ne s’agit donc probablement pas d’une décision uniquement états-unienne, mais impliquant au moins quatre autres États.

 

Malgré les apparences, cette décision dépasse largement la Syrie. Elle renvoie à la possible fin de la politique impériale anglo-saxonne et à ses innombrables conséquences dans les relations internationales. Il s’agit bien du programme électoral de Donald Trump, mais nul ne sait s’il pourra effectivement le mettre en œuvre face à l’extraordinaire opposition des élites US.

 

Le chef d’état-major interarmées US, le général Joseph Dunford, a tenu quant à lui une réunion à Ankara avec ses homologues russe et turc. Il s’agissait de prévenir les interférences des armées les unes sur les autres dans un conflit aux multiples acteurs. L’Iran n’avait pas été invité, considérant que sur le terrain, ses forces armées —à la différence du Hezbollah— se contentent depuis longtemps déjà de défendre les seules populations chiites.

 

Alors que l’armée arabe syrienne a de nouveau libéré Palmyre, le contingent de militaires US illégalement présent sur le sol syrien a été porté à 900. Il a traversé le nord de la Syrie en se faisant le plus remarquer possible.

 

La question pratique la plus importante est de savoir sur quelles troupes les États-Unis comptent s’appuyer pour attaquer Rakka. La presse ne cesse de dire que le Pentagone compte sur les kurdes du YPG, mais d’autres sources évoquent une possible reproduction du schéma de Mossoul : des conseillers US encadrant l’armée nationale.

 

Au cours de la réunion d’Ankara, le général Dunford semblait préoccupé par de prévisibles affrontements turco-kurdes, d’autant qu’une partie du YPG a choisi de se placer sous la protection de Damas face à l’annonce d’un possible déferlement turco-mongol.

 

Ce n’est qu’au mieux le 22 mars que nous saurons si le président Trump admet que l’administration Obama a perdu sa guerre contre la Syrie et s’il est sérieux en prétendant vouloir éradiquer le jihadisme. Que deviendront alors ceux qui furent, durant un siècle, les fidèles exécutants de la politique britannique ?

Thierry Meyssan

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 16:15

Bachar al-assad a annoncé que la libération de la Ville de Raqqa searit désormais le prochain objectif prioritaire de l'armée syrienne. elle poursuivra en parallèle la libération d'autres villes et localités de syrie

 

« Après Alep et Palmyre, Raqqa est notre nouvel objectif. À ce jour, nous sommes proches de Raqqa. Nos forces ont atteint l'Euphrate (pour la première fois depuis quatre ans, ndlr) qui est très proche de Raqqa, fief de Daech. Pour autant, cela ne signifie pas que les autres villes ne sont pas prioritaires, cela pourrait se dérouler parallèlement », a déclaré Bachar al-Assad lors d'une interview accordée à la chaîne hongkongaise Phoenix.

 

Parlons perspectives. Du point de vue stratégique, Raqqa représente peu. C'est une relativement petite ville dans un milieu désertique. Rien à avoir avec Alep, grande mégalopole et capitale économique de l'État syrien, ou encore Palmyre, la « Perle du désert », qui tout en étant peu peuplée, était et reste un grand symbole culturel pour la Syrie et pour toute l'humanité. Raqqa, elle, n'a de symbolique que son statut de « fief » de Daech, selon les déclarations mêmes du président Assad il y a quelques mois. Néanmoins, et au moment où les É.-U. et leurs alliés s'activent pour tenter de remporter au moins une victoire digne de ce nom sur le théâtre syrien, Damas démontre qu'elle est amplement en mesure de libérer cette ville elle-même, avec l'aide de ses alliés, à l'instar d'autres parties du territoire.

 

Pour rappel, le gouvernement syrien contrôle les cinq plus grandes villes du pays: Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Hama. D'autre part, et cela est tout aussi important, entre 70 et 80 % de la population de Syrie se trouve dans des territoires sous contrôle gouvernemental. Chiffres hautement symboliques lorsqu'on se souvient comment le mainstream médiatique et les élites politiques occidentales ont répété sur tous les tons que les civils fuyaient massivement « les troupes du régime »…

 

D'ailleurs, quelle sera la réaction du mainstream et des élites politiques face à une éventuelle reprise de la « capitale » de Daech par les forces gouvernementales? Réponse: très probablement la même que celle lors de la libération d'Alep et de Palmyre, à savoir révolte ou au moins une simple déception. Quoi qu'il en soit, cette hypocrisie ne stoppera pas le gouvernement syrien dans la poursuite de la libération du territoire du pays de la présence terroriste. La déclaration d'Assad n'a fait que le confirmer.

 

Mieux que cela, le leader syrien pense que le conflit qui déchire son pays depuis maintenant six ans pourrait être entièrement résolu cette année, tout en ajoutant que les forces étrangères présentes en Syrie sans invitation compliquent la situation. Par ces propos, il viserait clairement en premier lieu les É.-U., principaux instigateurs du chaos orchestré dans son pays, comme dans la région en général. La présence turque est également contestée, mais plus ou moins tolérée, car elle est coordonnée avec la Russie. Or, la Turquie continue de se rapprocher de la Russie à différents niveaux, la toute récente visite d'Erdogan à Moscou l'a bien confirmé. En Syrie, les deux capitales coordonnent leurs efforts diplomatiques avec le processus d'Astana et militaires en opérant des frappes conjointes contre Daech dans le nord de la Syrie, qui ont abouti à la libération d'Al-Bab. Dans ce contexte, il est raisonnable de penser que la présence de la Turquie en Syrie ne sera pas permanente, ni même un problème insurmontable.

 

Une fois encore, le problème majeur reste bien la politique étasunienne dans la région, celle qui consiste à diviser pour mieux régner, ou du moins pour mieux semer le chaos — l'élite US en est la championne absolue. Mais lorsqu'il s'agit d'en réparer les conséquences, le plus souvent catastrophiques, les É.-U. et ses « alliés » ouest-européens sont presque toujours aux abonnés absents. Simple constat de la réalité.

 

Dernier point. L'armée syrienne reste en effet sur l'offensive, avec plusieurs objectifs stratégiques en vue: rompre l'encerclement des troupes d'élite syriennes à Deir ez-Zor et nettoyer la zone, avancer sur Raqqa, le fief de Daech, sans oublier évidemment Idlib, le fief de l'autre groupe takfiriste Hayat Tahrir al-Cham (ex al-Nosra et Fatah al-Cham, la filiale d'Al-Qaida en Syrie). Des efforts militaires qui s'ajoutent donc aux efforts diplomatiques d'Astana, lesquels reprendront dans les prochains jours, pour avancer vers la fin du conflit syrien, qui a été imposé par le néocolonialisme occidental s'appuyant une fois encore sur des extrémistes déclarés.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 10:49

Quand le parti des médias pratique un hold-up démocratique

Par OJIM — 10 mars 2017

 

APRÈS LE BREXIT, LA VICTOIRE DE DONALD TRUMP, ET L’ÉLECTION-SURPRISE DE FRANÇOIS FILLON AUX PRIMAIRES DE LA DROITE, LES MÉDIAS OCCIDENTAUX PANIQUENT ET RÉVÈLENT D’UNE MANIÈRE TOUJOURS PLUS FLAGRANTE LEUR FONCTION DE PURS PROPAGANDISTES DU SYSTÈME LIBÉRAL-LIBERTAIRE, QUITTE À INTERFÉRER COMME JAMAIS DANS LE PROCESSUS DÉMOCRATIQUE, TENTANT, PAR DES LEVIERS TOUT À FAIT INDIFFÉRENTS AU DÉBAT D’IDÉES, DE PROPULSER MACRON D’UN CÔTÉ ET DE DÉTRUIRE FILLON DE L’AUTRE.

 

Nous l’avions étudié dans un dossier spécial de l’OJIM : l’élection de François Fillon, à l’automne dernier, aux primaires de la droite, représentait un nouveau camouflet à l’encontre de médias français qui avaient dans leur majorité fait campagne pour Alain Juppé depuis qu’ils avaient pris la mesure de la faillite irrémédiable du PS. Nous ne pouvions imaginer, alors, que ces médias dominants ne s’avoueraient pas vaincus pour autant, mais qu’ils mettraient tout en œuvre pour faire élire quoi qu’il en soit Alain Juppé, que celui-ci s’appelle Alain Juppé ou… Emmanuel Macron. Ces élections présidentielles de 2017, plus rocambolesques et absurdes que jamais, où aucun débat d’idées ou véritable confrontation de programmes n’ont encore pu avoir lieu à peine deux mois avant le scrutin, dans la décomposition des partis de gouvernement et de l’agora présumée du débat public, fait néanmoins émerger pour la première fois la cohérence sous-jacente de tout un système sous la bannière d’une même idéologie à l’emprise transversale, l’idéologie libérale-libertaire. Si le système démocratique moderne est fondé sur la règle, édictée par Montesquieu, de la séparation des pouvoirs : judiciaire, législatif et exécutif, auquel on peut adjoindre le quatrième pouvoir – médiatique, la dérive progressive de nos démocraties occidentales a finalement vu s’organiser, de manière sans doute plus ou moins volontaire, une collusion inédite pour un nouveau genre, subtil, travesti, sophistiqué, de tyrannie, où tous les pouvoirs, s’ils ne sont fondus ensemble, s’articulent néanmoins ensemble, autour d’un programme à la fois unique et indiscutable.

 

UN TOTALITARISME SOFT

L’exécutif, depuis au moins une vingtaine d’années, comme l’a éloquemment démontré le philosophe Jean-Claude Michéa, n’est jamais issu que d’une alternance de façade qui n’oscille qu’entre la mise en œuvre des deux pans du même programme. Soit la droite est aux affaires, et elle piétine les intérêts de la nation pour se consacrer exclusivement à des réformes libérales. Soit la gauche est aux affaires, et elle fait oublier son abandon du peuple et des questions sociales en faisant progresser en grandes pompes le libéralisme des mœurs (ce fut la loi Taubira du « Mariage pour tous » lors du dernier quinquennat), qui est le revers inéluctable d’un libéralisme économique qu’elle soutient de la même manière que la droite (loi Macron). À côté de cet exécutif dont la légitimité plébiscitaire est donc devenue tout à fait illusoire, le législatif a été mis sous tutelle des instances de Bruxelles, et donc d’une technocratie non élue qui ne vise qu’à mettre en œuvre de manière homogène et sur tout le continent le même programme libéral-libertaire. L’indépendance du judiciaire, après un scandale comme celui du « Mur des cons », dans les bureaux du syndicat de la Magistrature, ne peut que paraître tout à fait improbable. Sa conformité à l’idéologie libérale-libertaire régnante est telle qu’on peut, dans les couloirs, se lâcher contre ses opposants avec la virulence la plus décomplexée, sans risquer de heurter qui que ce soit de la maison. Cette idéologie est celle, encore, qui est divulguée avec une force de frappe inégalée par les médias dominants, le quatrième pouvoir ayant acquis une puissance tout à fait inédite à notre époque, et alors que son rôle est passé d’une action critique à une action essentiellement prescriptive (« voilà ce qu’il est de bon ton de penser sur tel ou tel sujet »).

 

UNE GUERRE OUVERTE

Le constat est donc simple : tous les pouvoirs ne sont pas concentrés dans les mains de la même personne, mais ils sont concentrés dans les mains d’un seul système idéologique, dual mais cohérent, structuré, au-dessus des partis de gouvernement devenus de simples exécutants de son programme, au-dessus des patries devenues de simples territoires où exercer un tel programme, au-dessus des peuples, simple matériau humain interchangeable à disposition d’un même programme, entretenus dans un simulacre de souveraineté, méprisés voire purement et simplement haïs. Ces derniers, globalement récalcitrants à tous les paramètres de mise en œuvre du programme libéral-libertaire, notamment à celui qui prévoit leur dissolution par l’immigration massive, sont conditionnés par tous les moyens, directs ou indirects, jusque dans leurs feuilletons du soir, soumis à un chantage moral inique et permanent, abaissés dans leur propre estime afin de briser leurs réflexes, symboliquement exclus de l’humanité au cas où ils se rebellent trop ouvertement. Et depuis qu’a commencé d’enfler en Europe comme en Amérique une vague dite « populiste », c’est-à-dire s’insurgeant au nom des intérêts de cette plèbe immonde, la guerre est ouverte, tous les moyens sont permis, et la peinture de démocratie cosmétique s’effrite pour laisser de mieux en mieux voir l’acier du pilon.

 

FRANÇOIS FILLON CONTRE AMEL JUCRON

L’élection de François Fillon aux primaires de la droite, dont le résultat semblait pour beaucoup d’observateurs, alors, se confondre déjà avec celui de la présidentielle, a donc pris à revers le Parti des médias. On aurait pu croire néanmoins qu’il en reste là, d’autant que Fillon n’en demeurait pas moins un libéral pur jus, réformiste, européiste, mondialiste, quasi thatchérien. Oui, mais d’un autre côté, sur le plan des mœurs, il montrait en revanche très clairement un réalignement sur les valeurs originelles de la droite promu à la fois par un mouvement comme « Sens commun » issu de la Manif pour tous, que par la tendance « dextrogyre » des opinions occidentales. Idem sur le plan géopolitique, en prônant un rapprochement avec la Russie et l’élaboration d’un monde multipolaire, il se démarquait franchement de la doxa mondialiste. En somme, à la synthèse libérale-libertaire, Fillon tentait d’opposer une alternative libérale-identitaire, dont la pertinence, ou même la possibilité, peut paraître très discutable. Quoi qu’il en soit, cette prise de distance par rapport au programme officieux s’avéra intolérable pour le système, au point qu’il décida de contester ce premier résultat des urnes en détruisant méthodiquement le candidat Fillon, tout en propulsant un nouveau Juppé, moins libéral-libertaire que libertaire-libéral, encore plus fantoche que le précédent, hystérique là où l’autre était rébarbatif, juvénile voire immature, là où l’autre était à demi sénile, illuminé, là où l’autre était soporifique, sans programme parce qu’appliquant précisant Le Programme quand l’autre prétendait encore qu’il s’agissait du sien : Emmanuel Macron.

 

UNE MÉCANIQUE DE HAUTE PRÉCISION

Cette collusion de pouvoirs redevenus indivis permet au système de déployer, avec un remarquable tempo, dans une saisissante harmonie, et avec l’efficacité d’une broyeuse, sa stratégie multimodale d’élimination du candidat Fillon au profit du zombie hyperactif. Tous les rouages s’enclenchent mutuellement afin qu’aucune friction ne vienne perturber la machine en raison d’un choix imprévu au niveau de l’exécutif. Autrefois, la dictature, c’était du gros rouge qui tâche et de la coercition manifeste. Aujourd’hui, au XXIe siècle, loin des temps primitifs, la tyrannie s’exerce comme une mécanique de haute précision. Le Canard enchaîné se déchaîne et mène la contre-offensive du système en jouant de sa gouaille anarchisante, puisque plus que jamais, au stade où nous en sommes et comme l’avait prophétisé Guy Debord : tout est inversé, et plus une entité nous est présentée comme « rebelle » et « subversive », plus on peut être certain qu’elle constitue un ramassis de mâtons. Le Canard, donc, depuis fin janvier, c’est-à-dire très précisément depuis l’ouverture de la campagne, se met à feuilletoner des révélations, France 2 enchérit en ressortant un vieil entretien de Madame Fillon avec une journaliste américaine, le Parquet National Financier embraye, les instituts de sondage – dont on sait qu’ils servent essentiellement à réaliser les prophéties de la presse qui sont en réalité ses désirs -, tambourinent crescendo la chute de Fillon et l’ascension de Macron.

 

ASSASSINAT POLITIQUE

C’est sur un blog hébergé par Médiapart que le 7 février Régis Desmarais signe un papier qui démonte point par point la manœuvre et en identifie les bénéficiaires. « M. Fillon a ainsi rémunéré sa femme sur un poste d’attaché parlementaire. Sur ce sujet, rien de neuf dans le monde politique. La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif (…). La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros… bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’État a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable. Qui aurait alors travaillé pendant 24 ans sans rémunération pour François Fillon ? Personne assurément. De fait, Mme Fillon n’est certainement pas restée inerte pendant toute cette période. » Dans tous les cas, cette affaire qui n’en est pas vraiment une aurait pu être éventée depuis longtemps : « François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Étrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque.»

LE FILTRE

« Dans un monde ou plus de 99% des richesses planétaires sont entre les mains de 1% de la population mondiale, il est hors de question que la démocratie, qui par nature est la loi de la majorité donc des moins fortunés, laisse passer des candidats qui ne sont pas autorisés et souhaités par le système. Ce que les électeurs citoyens doivent comprendre dans cette affaire, c’est que nos démocraties contemporaines sont des simulacres. Oui, on choisit les candidats puis celui qui occupe la fonction suprême mais à la condition que ces candidats soient validés et pré-filtrés par le système (…). La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle. Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. » À une époque où les journalistes ne sont plus que des propagandistes, il arrive que certains bloggeurs remplissent la mission à leur place.

 

COMPLOTISME ?

Comme le système tremble sur ses bases, ses manœuvres sont de plus en plus brutales, désespérées et… visibles. Si bien que la dénonciation, au moins au premier degré, des procédés que nous tentons de mettre en lumière, finissent par se multiplier. Quelle est la défense du système médiatique ? Accuser de « complotisme » ceux qui le critiquent. Or, qui dit « complotisme » dit « théories nazies à la mode durant les heures les plus sombres de notre Histoire ce qui prouve que le ventre de la bête est encore fécond » et qu’il serait bon de vous pendre à Nuremberg pour le bien de l’Humanité. Certes. Le levier est tout de même sacrément usé. Que le système libéral-libertaire lutte naturellement, spontanément et par toutes les armes à sa disposition pour sa préservation n’implique pas forcément des conspirateurs conscients et organisés. Les faits sont néanmoins là : depuis vingt ans, les peuples européens sont menés là où ils ne veulent pas aller, que ce soit dans l’Europe sous des espèces technocratiques et libérales ou que ce soit vers la dissolution de leurs identités respectives. Tous les sondages le prouvent. Ces peuples sont officiellement consultés. C’est donc qu’il existe quelque part un hiatus ! Et il faut, par conséquent, être parfaitement déraisonnable pour ne pas en conclure que si ces peuples sont objectivement dépossédés de leur souveraineté au gré d’un perpétuel ramdam pseudo-démocratique, c’est que leur dépossession est le fruit d’un complot, d’autant que l’intérêt du complot en question se mesure à l’explosion parallèle des bénéfices de ceux qui profitent de l’ultra-libéralisme.

 

RÉPLIQUES DIVERSES

Le complot est d’ailleurs tellement manifeste que les derniers événements ne font que révéler une manœuvre toujours plus caricaturale. Si, le 5 mars, François Fillon organise sa réplique par un appel au peuple, c’est bien parce qu’il connaît la répartition des forces antagonistes. Immédiatement, le Point Godwin est bégayé hystériquement par un système aux abois : « Si cet appel à une manif dimanche contre « le coup d’État des juges » se confirme, le camp Fillon basculerait dans le factieux », juge le chef du service France de Libération. « Un mauvais remake du 6 février 1934 ? », commente le conseiller de Paris Jacques Baudrier. « Irresponsable et anti-républicain. #6février1934 », twitte l’ex-ministre Corinne Lepage. Quand il se révolte contre la tyrannie libérale-libertaire effective, le peuple est systématiquement accusé par celle-ci de fascisme imaginaire. « La liberté, c’est le fascisme », ânonne ainsi Big Brother par tous ses divers canaux qui s’imaginent chacun bien à tort des personnalités indépendantes.

 

Après le succès du rassemblement, Juppé renonce officiellement, ce qui implique qu’il se tenait donc prêt, jusque là, à reprendre la place que les médias lui avaient confiée dès l’origine. Il n’abandonne pas sans donner des gages au système qui l’a chéri, allant jusqu’à accuser la droite de « radicalisation » : « Comme l’a montrée la manifestation d’hier au Trocadéro, le noyau des militants et sympathisants LR s’est radicalisé. », ose affirmercelui qui montre comment il fut toujours le candidat des médias auxquels il donne des gages en partant, et non de la droite, semblant confondre le Trocadéro et le Bataclan. Quel incident ? Quel bras tendu ? Quel lynchage de Musulman peut bien lui permettre d’évoquer une quelconque radicalisation ? Enfin, comment celui qui, en 1990, défendait au RPR la préférence nationale, la fermeture des frontières et l’arrêt total de l’immigration, peut-il se permettre de reprocher à son parti un simple retour progressif à ses fondamentaux ? Avant que celui-ci ne revienne sur 25 ans de course à la conformité idéologique décrétée par la gauche, il reste une sacrée marge pour qu’on puisse évoquer une quelconque « radicalisation ».

 

TO BE CONTINUED…

Et comme par hasard, après le succès de ce rassemblement, tiens donc, une nouvelle « révélation » du Canard, le 8 février, sur un prêt non déclaré du candidat des Républicains, vient prouver, si cela était encore nécessaire, comment s’organise l’étrange agenda médiatico-judiciaire… Chaque pseudo-découverte se manifeste bien comme un coup porté à la candidature de Fillon, exploité selon la posture ou la réplique de la cible. Comme par hasard, le second Alain Juppé, après extinction définitive du premier, est annoncé devant Le Pen dans les sondages du 7 mars, devenu désormais l’ultime carte du système. Nous verrons bientôt comment se poursuit la campagne présidentielle la plus invraisemblable de la Ve République, ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’elle n’est invraisemblable que parce que la nature parodique de notre prétendue démocratie s’y dévoile pour la première fois avec autant d’éclat.

Par l’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique – 1o mars 2017

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 18:08
Par Bruno Guigue

repris sur  Comité Valmy

 

 

 

Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Si les élections servaient vraiment à quelque chose, disait Coluche, il y a longtemps qu’on les aurait interdites. Avant d’aborder les enjeux du futur scrutin, il faut sans doute en passer par cette cure de réalisme. Car, on le sait d’expérience, il n’y a pas grand-chose à espérer des élections, elles ont rarement changé le cours des événements, et elles se résument souvent à un rituel où le peuple s’imagine qu’il a le choix. Cette illusion de la démocratie formelle est entretenue par ceux qui en tirent bénéfice, le simulacre électoral ayant pour principal effet de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

A la limite, le processus électoral pourrait passer pour un acte de souveraineté si les dés du jeu politique n’étaient pas pipés. Il exprimerait la volonté du peuple si cette volonté pouvait se formuler, librement, au terme d’une délibération collective digne de ce nom. On peut toujours rêver qu’il en soit ainsi, mais ce n’est pas le cas. Les médias de masse sont les larbins du capital, le débat démocratique s’apparente aux jeux du cirque et la confrontation des idées est dénaturée par les intrigues politiciennes. Dans ces conditions, la question se pose : faut-il céder, une fois de plus, le 23 avril, au fétichisme du bulletin de vote ?

 

On dira aussi, à juste titre, que c’est le mouvement populaire, et non le scrutin électoral, qui a arraché les principales avancées collectives qui ont fait de la France un pays doté d’un indice de développement humain élevé. C’est vrai. Sans les grèves massives et les occupations d’usines de 1936 et 1968, la condition des couches populaires serait pire. Sans la démonstration de force de la classe ouvrière organisée, dans ce grand moment fondateur que fut la Libération, nous n’aurions ni sécurité sociale, ni services publics, ni droits des travailleurs.

 

Or sa puissante volonté de changement, dans ces circonstances historiques, le peuple l’a également manifestée dans les urnes. Avec un PCF à 28%, en 1945, le rapport de forces était favorable. Le patronat collabo rasait les murs, la droite était aux abois, Maurice Thorez était vice-président du conseil et l’ouvrier Ambroise Croizat, ministre communiste, créa la “Sécu”. Présidé par de Gaulle, ce fut le meilleur gouvernement que la France aie connu. Il accomplit les réformes de structure dont le pays avait besoin, ces mêmes réformes qui subissent les assauts des forces réactionnaires depuis un quart de siècle.

 

En accompagnant le mouvement des masses, il arrive donc que le vote lui donne une traduction politique. On peut toujours vanter les charmes du spontanéisme (il a sa noblesse), on peut dénoncer la mascarade électorale, mais s’abstenir au moment crucial revient à laisser l’adversaire dicter ses conditions. Voter ou ne pas voter, au fond, c’est surtout une affaire de circonstances, de conjoncture politique. La question n’est donc pas : faut-il s’abstenir aux élections ? Elle est plutôt : en s’abstenant le 23 avril, obtiendra-t-on un résultat plus intéressant qu’en allant voter ?

 

Comme disait Yvon Gattaz, père et prédécesseur de l’actuel président du MEDEF dans les années 70, on ne fait pas la même politique économique et sociale avec un PC à 10% et un PC à 25%. Si nous en doutons parfois, les détenteurs de capitaux, eux, le savent bien. Une élection n’est jamais qu’un moment d’un processus plus vaste, et même si l’essentiel se joue ailleurs, elle contribue à cristalliser un rapport de forces. En appliquant cette maxime patronale à la situation actuelle, on voit bien qu’un vote significatif en faveur de la « France insoumise » ferait peser la balance du bon côté. Car le programme de Jean-Luc Mélenchon, certes, n’a rien de révolutionnaire, sans mouvement social il est voué à l’échec, mais il ouvre des perspectives intéressantes.

 

A y regarder de près, c’est le seul programme qui entend consolider les défenses immunitaires de ceux qui vivent modestement de leur travail, qu’ils soient ouvriers, employés, artisans, paysans, fonctionnaires, chômeurs ou retraités. Ce n’est pas un programme communiste, loin de là, mais un projet keynésien de gauche, à contenu fortement redistributif, qui associe relance par la demande, investissement public et rétablissement des droits sociaux. Son financement au moyen d’une réforme fiscale audacieuse, à rebours des pratiques libérales, en fait un programme socialement progressiste.

 

Là où le bât blesse, c’est que ce projet n’est réalisable qu’en dehors de la zone euro, voire de l’UE, et que le candidat ne le dit pas clairement. Selon lui, le plan A consistera à renégocier le contenu des traités européens et on appliquera le plan B (sortie de l’UE) si cette négociation échoue. Or il faudrait parvenir à s’extraire du monde réel pour parier sur le succès d’une telle négociation. Elle supposerait en effet que 26 Etats, subitement, se mettent à satisfaire les demandes françaises. Cette fausse alternative est donc une erreur, car elle brouille le message du candidat et entretient le doute sur ses intentions.

 

Cette ambiguité est d’autant plus regrettable que Jean-Luc Mélenchon se réclame à juste titre d’un « indépendantisme français » et préconise la rupture de la France avec l’OTAN. Contrairement à MM. Fillon, Macron et Hamon, il prend au sérieux l’héritage gaullien, il milite pour une diplomatie souveraine et stigmatise le suivisme d’un François Hollande qui a mis la France à la remorque des intérêts américains. En refusant de prôner explicitement le Frexit, la « France insoumise », par conséquent, manque de cohérence politique.

 

Sur ce plan, c’est François Asselineau qui a raison. On ne peut restaurer la souveraineté nationale - condition expresse de la souveraineté populaire - qu’en rompant les amarres avec l’OTAN et avec l’UE. Il faut sortir de l’OTAN, cette machine de guerre dont la raison d’être est de servir les ambitions impérialistes de Washington. Mais il faut aussi rompre avec l’UE, car la fonction de cette instance supranationale est de soustraire la politique économique à la délibération démocratique. Ni plan A, ni plan B. La seule réponse, c’est le Frexit. Et le seul moyen d’y parvenir, c’est le référendum.

 

Marine Le Pen, dira-t-on, veut aussi restaurer la souveraineté nationale. Mais son programme renoue avec l’ADN droitier du FN dès qu’il s’agit d’expliquer ce qu’on entend faire, une fois au pouvoir, de cette souveraineté rétablie. Son programme n’inclut ni redistribution des revenus, ni nationalisation des banques, ni contrôle des mouvements de capitaux, ni rien qui fâche de près ou de loin les possédants. Le rétablissement du franc ne manque pas de panache, mais ce changement restera purement cosmétique s’il ne s’accompagne de réformes de structure. Mme Le Pen n’en a prévu aucune. Pas plus qu’il ne conteste les hiérarchies sociales, le FN n’entend faire plier les puissances d’argent.

 

Comme l’expérience l’a montré, le FN prétend défendre les travailleurs, mais il les abandonne en chemin lorsque l’oligarchie s’attaque à leurs droits. Lors des grèves contre la Loi-Travail, Mme Le Pen réclamait l’intervention de la police contre les grévistes. Si elle est élue, le discours à tonalité sociale de Florian Philippot ne résistera pas deux mois. Il est stupide de qualifier ce projet de fasciste. En fait, c’est un projet banalement réactionnaire. On ne peut mener une politique progressiste qu’en sortant de l’UE, c’est vrai. Mais ce n’est pas parce qu’on veut sortir de l’UE qu’on va mener une politique progressiste !

 

Son discours monomaniaque contre l’immigration, bien sûr, offre au FN une rente de situation électorale. Comme s’il suffisait de mettre fin aux flux migratoires pour créer des emplois, le FN répète cette formule magique comme un mantra. Caresser dans le sens du poil l’islamophobie ou la xénophobie ambiante, toutefois, ne fait pas une politique. On se demande si ses électeurs croient vraiment aux fabuleuses économies que permettrait de réaliser la suppression de la prétendue facture migratoire, tant la ficelle est grosse. Pour séduire l’électorat populaire, en tout cas, le parti a besoin d’entretenir cette mythologie vieille comme le monde.

 

Du coup, non seulement il oppose les Français entre eux, mais il les berne en leur faisant croire qu’il y a un trésor de guerre, quelque part, dont il suffirait de se saisir. La stratégie du bouc-émissaire, chez Le Pen, est à double emploi. Elle fournit un dérivatif aux hantises et aux frustrations des victimes de la mondialisation. Mais, en même temps, elle masque les incohérences d’un projet qui entend redistribuer aux ouvriers sans toucher aux intérêts des possédants. La mono-causalité immigrée réconcilie tout le monde ! Véritable martingale, elle permettra d’augmenter les salaires tout en baissant les charges, et de financer de nouvelles dépenses régaliennes sans augmenter les impôts sur les riches.

 

Cette quadrature du cercle lepéniste, au fond, est la figure inversée du cercle carré des eurobéats (Macron, Fillon, Hamon) qui veulent perpétuer à tout prix la tutelle des marchés sur les Etats. Mme Le Pen veut la souveraineté sans la redistribution tout en prétendant le contraire, ce qui est à la fois incohérent et réactionnaire. M. Fillon, lui, ne veut ni la souveraineté ni la redistribution, ce qui est à la fois cohérent et réactionnaire. M. Hamon veut la redistribution mais pas la souveraineté, ce qui est absurde. M. Macron veut tout et son contraire, et d’ailleurs il se moque des programmes. M. Mélenchon veut la redistribution, mais il devra imposer la souveraineté (plan B) pour y parvenir. Car une chose est sûre : les marchés ne lui offriront pas l’opportunité de temporiser.

Bruno Guigue
11 mars 2017

Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

 

Addendum:  Faute d'alternative clairement énoncées et en l'absence de luttes pour contrer le pouvoir du capital une élection n'est qu'un aparté, fugace, qui des abstentionnistes au voix accordées aux semeurs d'illusions permet, au mieux, de mesurer le degré compréhension de nos concitoyens . Mélenchon, s'il en avait véritablement l'intention ne sera pas en position de mettre en application son plan B, d'ailleurs il a bien d'autres casseroles à la queue.

Elle peut cependant aider à infléchir le cours des évènements par un vote utile.

S'abstenir étant démissionner, je  ferai  en sorte de sanctionner la gauche autoproclamée, dans son ensemble, coresponsable du marasme actuel pour la renvoyer dans les cordes. Le fondé de pouvoir des banques, le poulain de Hollande, candidat du grand patronat Macron de même.  

Au premier tour le seul vote protestataire possible sera porté par le bulletin Marine Lepen qui n'a aucune chance en l'état de devenir présidente de la République car tous les autres courants d'opinions en appelleront, au second à faire barrage au populisme, dit  d'extrême droite, qui n'est que l'expression d'une immaturité politique. La faute à qui? 

 Pour l'heure Fillon  fait de la surenchère droitière, et son parti avec lui, comme s'il cherchait à renvoyer  le centre droit chez Macron  qui  n' oppose que quelques bémols à un  programme antisocial qui ressemble au sien à part peut être dans le domaine des relations internationales.

On doit reconnaître à  Fillon une certaine  honnêteté intellectuelle lorsqu'il annonce  clairement la couleur. Sa Victoire devrait s'accompagner d'un réveil des consciences de tous ceux et celles qui ronronnent d'aise face à une nouvelle érosion du pouvoir d'achat, et de la protection sociale et à l'envolée du chômage qui l'accompagnera. JF

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:17

Par Jean Lévy
Du Bureau national du Comité Valmy

En vue des présidentielles,les chiens de garde du capital aboient le même mot d’ordre : « Votez utile ! » « Votez Macron ! »

Et cette fois, cette stratégie n’attend pas le second tour. Dès le 2 avril, les électeurs sont fermement priés de s’aligner derrière Emmanuel Macron, seul capable, nous répète-t-on sur tous les tons, de faire échec à Marine Le Pen. Le Président de la République, lui-même, donne de la voix dans ce sens. « La Patrie – non bien sûr, l’Europe – serait en danger de mort ! »

 

La mobilisation est générale, radios, télés, journaux, les politiciens du PS, rabâchent le mot d’ordre : « Votez Macron ! » dès le premier tour.

 

Pourtant, jusqu’à ces jours derniers, les mêmes regrettaient l’absence de programme du leader du mouvement « En Marche ». Ce qui était faux : non seulement l’ancien associé -gérant de la banque Rothschild a fait ses preuves durant deux années au ministère de l’Economie – c’est lui qui a mis au point toutes les lois massacrant le Code du Travail, c’est lui qui a voulu imposer l’ ubérisation  de l’économie, c’est lui, par ses fameux cars, la mise en concurrence de la SNCF – mais c’est encore lui qui , aujourd’hui, voudrait généraliser le saccage des dernières lois qui protègent encore les couches salariés et populaires de notre pays.

 

Donc, c’est pour cet homme-là, qu’il faudrait voter ?

Il représente, nous dit-on, le seul obstacle au Front National…

Les panzers frontistes seraient-ils en vue des Champs-Elysées ?

Pourtant, tous les sondages donnent, au second tour, Marine Le Pen battue à plus de 60%…

De deux choses l’une : ou ces chiffres sont faux et volontairement trafiqués, ou la menace annoncée n’est pas réelle.

 

Alors, pourquoi cette campagne alarmiste de la part des tenants du Capital ?

L’objectif de l’oligarchie financière est de mettre en place en France une « grande coalition à l’allemande », une union des sociaux-démocrates et des conservateurs, une UMPS officielle aux manettes de la France, car chacun des deux partis n’est plus en mesure de gouverner seul. PS et « Républicains » paient cher, l’un comme l’autre, des décennies d’alternance et leur même politique anti populaire. Les deux formations rejetées par les Français risquent fort d’être absentes du second tour. Comment, dans ces conditions, poursuivre et aggraver la politique conforme aux objectifs que s’est donnée l’Union européenne : une fédéralisation plus contraignante encore pour traduire plus avant dans la législation française la libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises et la concurrence libre et non faussée ?

 

Cette alliance de gouvernement « droite-gauche » recherchée, ils pensent en avoir fabriqué une mouture, camouflée à travers la candidature Macron, « ni gauche, ni droite », placée là par la banque Rothschild . L’oligarchie n’est pas sectaire : elle se sert d’auxiliaires pris dans tout le spectre politique, du moment où ceux-ci servent leurs intérêts.

 

Faut-il encore pour que ce plan réussisse faire en sorte que Macron affronte Marine Le Pen au second tour. Cela suppose d’abord de mettre en orbite un candidat « socialiste », "frondeur" de préférence, afin de donner le change et réduire ainsi l’audience de Jean-Luc Mélenchon. Cette stratégie permet d’ éliminer dès le premier tour tout candidat se réclamant d’une gauche contestataire. Ainsi, le chemin d’Emmanuel Macron parait déblayé. Certes, le risque est nul de craindre les effets des propositions de Benoît Hamon, celui-ci se rangeant délibérément dans le camp des européistes convaincus et des ennemis de Vladimir Poutine…

 

Pour parfaire le coup, des "poids lourds" du PS, appellent dès à présent à voter Macron. Peut importe que ces prises de position réduisent le champ du candidat choisi par les électeurs socialistes. L’objectif, pour eux, c’est Macron.

 

Et de d’ordonner au peuple la consigne : pour éviter Marine Le Pen, un seul bulletin de vote, celui du candidat de la banque Rothschild !

Mais le peuple, notre peuple, va-t-il mordre à l’hameçon ?

Va-il renier son combat social mené tout ce printemps contre le dépeçage du Code du travail, contre la loi Khomry, mise au point par Emmanuel Macron et le gouvernement PS, au nom du danger frontiste ?

 

En quoi le programme de Marine Le Pen est plus dangereux que celui de l’oligarchie ?

« Le Medef veut des changements rapides et profonds dès 2017 », titrait Le Figaro du 24 février.

Et Emmanuel Macron est l’homme du Medef…

Marine Le Pen défend, elle, une politique contraire. On peut être logiquement sceptique sur la fibre sociale du Front national et juger ses propositions démagogiques.

Faut-il pour autant, comme la grenouille de la fable, sauter dans la mare pour éviter d’être mouillée par la pluie ?

 

En savoir plus sur Macron, son parcours, ses promoteurs, ses soutiens avérés ou occultes : https://networkpointzero.wordpress.com/2017/03/08/macron-cible-par-la-cia/

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 18:44

Ses liens avec l’oligarchie

Texte repris sur agoravox

 

Faisant rigoler les travailleurs dans toute la France, avec ses égosillements ridicules dans ses meetings pour cacher le manque d’originalité absolu d’un programme politique dicté par le MEDEF, l’énarque Emmanuel Macron, ex banquier de la Banque Rothschild et ministre des finances de F. Hollande, ose se présenter comme un candidat hors du Système. Avec l’aide de l’appareil médiatique du système capitaliste. La machine à bourrer les crânes tournant à plein régime. Pourtant les éléments s’amoncellent qui prouvent que Macron est bien l’un des candidats de l’oligarchie capitaliste

On dit que l’on reconnait un arbre à ses fruits, et c’est instructif d’appliquer ce proverbe aux soutiens de Macron.

Les idéologues Attali, Alain Mainc, Cohn Bendit, le patron de presse Baylet (la dépêche du midi), le richissime patron de la grande distribution Henry Hermand. Mais cela ne s’arrête pas là. www.initiative-communiste.fr vous révèle les dessous de la candidature Macron.

Macron : le candidat du MEDEF

De Macron – le candidat promu par le système médiatique comme le candidat hors du système, le patron des patrons Pierre Gattaz déclare :

« J’aime bien l’initiative d’Emmanuel Macron, je trouve que c’est rafraîchissant » P Gattaz – 2016

Selon l’hebdomadaire Marianne, Bernard Arnault (LVMH), Alexandre Bompard (Darty et la Fnac), Marc Simoncini (Meetic) et Vincent Bolloré (Vivendi), parmi les plus gros oligarques français soutiennent le candidat Macron. Mais également l’ex PDG d’AXA Henri de Castries désormais dirigeant du groupe de pression patronal ultra libéral Institut Montaigne.

C’est d’ailleurs au domicile de l’un des dirigeants de cet Institut Montaigne, Laurent Bigorgne qu’est hébergé le parti de Macron, (En Marche) à son lancement en avril 2016.

Membre ‘un autre groupe de pression patronal, En Temps Réel, Macron fait ce dirige ce think tank au coté de Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext, la multinationale de la Bourse qui contrôle notamment les cotations de la Bourse de Paris ou de Bernad Spitz, l’influent président de la fédération française des sociétés d’assurance qui est également l’un des dirigeants du MEDEF. Mais également de Laurent Joffrin le directeur de la rédaction de Libération.

Patrick Drahi : oligarque des médias, et des télécommunications

Mais qui est Patrick Drahi ? vous ne le connaisses sans doute pas, mais vous connaissez sans aucun doutes ses entreprises. Financier spécialisé dans le rachat financé par des banques, (la fameuse méthode des LBO) d’entreprises, ce polytechnicien vit en Suisse où il bénéficie d’un statut fiscal privilégié tandis que sa holding Altice a son siège aux Luxembourg, mais sa holding personnelle est elle immatriculée à Guernesey, deux lieux généralement assimilés à des paradis fiscaux.

Milliardaire (on parle d’une fortune personnelle estimé à 14 milliards d’euros), Drahi est le propriétaire d’une multinationale des télécom Altice comprenant notamment les groupes SFR et Numéricable en France. Et il s’est également acheté un joli portefeuille de médias. Jugez plutôt :

  • média audiovisuel Groupe Next Radio avec les chaines d’info en continue BFM TV et RMC info. BFM TV et RMC Info compte parmi les toutes premières chaines télé et radio d’info en France.
  • presse écrite : le quotidien Libération, les principaux magasines du groupe Roularta (L’Express, L’Expansion, …)

Auditionné en mai 2015 en tant que président-directeur général du groupe Altice par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale, Drahi milite pour réduire drastiquement les congés payés et une augmentation du temps de travail au nom de la compétitivité. « Les Chinois travaillent 24 heures sur 24 et les Américains ne prennent que deux semaines de vacances… », « C’est là, le problème pour nous… »

La « compétitivité » c’est justement le cheval de bataille de Macron, qui veut augmenter le temps de travail, supprimer les cotisations sociales etc.

Macron le candidat de Drahi ?

Mais quels sont les liens du ministre des finances Macron avec l’oligarque Drahi ?

En 2014 Drahi est en concurrence avec BOUYGUES TELECOM pour racheter SFR. En mars 2014 Montebourg alors Ministre de l’Economie et des Finance avant d’être débarqué du gouvernement s’oppose au rachat de SFR par Drahi estimant qu’il doit se mettre en règle fiscalement avec la France alors que sa Holding ALTICE est au Luxembourg, qu’il vit en Suisse et qu’il a la double nationalité israélienne. Une enquête est même lancée par Bercy. Mais au final, c’est bien Drahi avec l’accord de Bercy qui rachète SFR. Que s’est-il passé ?

Dès son arrivée à Bercy le 28 octobre 2014 Emmanuel MACRON nouveau ministre de l’Économie et des Finances, signe le décret en faveur de DRAHI l’autorisant à racheter SFR et déboute BOUYGUES Télécom. Ce feu vert était nécessaire suite au décret sur les investissements étrangers, signé le 14 mai 2014 par Arnaud Montebourg justement. Ce décret soumet à l’approbation de Bercy tout rachat dans les télécoms. En clair, Macron a provoqué un changement de pied complet du gouvernement en faveur de l’oligarque Drahi.

Cela expliquerait-il le fait que Macron bénéficie d’un puissant soutien médiatique de la part des influents médias du groupe Drahi ? En tout cas, le fait est que des proches de Drahi figure dans la garde rapprochée de la campagne de Macron.

Le directeur financier de la campagne de Macron : un proche de Drahi

En 2015, lors que Drahi rachète le groupe France Next Radio propriétaire de BFM TV à Weil, c’est un certain Bernard Mourad, ancien banquier d’affaire chez Morgan Stanley, qui l’aide. On retrouve ce Bernard Mourad dans l’organigramme de la campagne de Macron, en tant que Conseiller spécial chargé du financement de sa campagne.

Barbier, porte drapeau médiatique officieux de la campagne de Macron : un homme de Drahi

Christophe Barbier, l’homme à l’écharpe rouge qui écume les plateaux de télés est l’éditorialiste de l’Express dont il est le porte parole sur les chaînes de télé. Nommé directeur de l’Express par Drahi, il doit être écarté en octobre 2016 devant la fronde des syndicats alors qu’il vient de supprimer de plus 200 emplois. Il rejoint alors également la rédaction de BFM TV la chaîne télé de Drahi. Devinez pour qui Barbier fait campagne sur les plateaux télé et dans son journal l’Express ? Macron…

Macron le candidat de Henry Hermand : le magnat des centres commerciaux

Du passage de Macron au gouvernement, les français retiendront six 49.3 pour faire passer en force les anti populaires Loi Macron et Loi Travail.

Ce que peut savent c’est que parmi les soutiens – notamment financier – de la première heure de Macron figure un richissime patron, le magnat des centres commerciaux Henry Hermand. Un hasard donc si Macron une fois à Bercy a fait des pieds et des mains pour étendre l’ouverture le dimanche des centres commerciaux…

En tout, cas le patron ne s’en cachait pas et ce jusqu’à son décès à l’automne dernier : il soutient et finance Macron, qu’il pousse en avant depuis sa sortie de l’ENA

JBC pour www.initiative-communiste.fr

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:19

Thierry Meyssan, réseau Voltaire, nous invite à observer Donald Trump sans le juger avec les critères de ses prédécesseurs, mais en essayant de comprendre sa propre logique. Il observe que le président états-unien tente de restaurer la paix et de relancer le commerce mondial, mais sur une base nouvelle, totalement différente de l’actuelle globalisation.

 

Cherchant à renverser le pouvoir qui l’a précédé et qui tente de se maintenir malgré lui, le président Trump ne peut pas composer son administration en s’appuyant sur la classe politique ou sur de hauts fonctionnaires. Il a donc sollicité des personnes nouvelles, des entrepreneurs comme lui, malgré le risque que cette confusion des genres comporte.

 

Selon l’idéologie puritaine, en vogue depuis la dissolution de l’Union soviétique, confondre la politique d’un État et ses affaires personnelles est un crime ; raison pour laquelle on a instauré une stricte séparation entre ces deux mondes. Au contraire, durant les siècles passés, on n’abordait pas la politique sous un angle moral, mais sous celui de l’efficacité. On considérait alors normal d’associer des entrepreneurs à la politique. On ne qualifiait leur enrichissement personnel de « corruption » que lorsque ils s’engraissaient au détriment de la Nation, pas lorsqu’ils la développaient.

 

Concernant ses relations avec les deux Grands, le président Trump aborde la Russie au plan politique et la Chine au plan commercial. Il s’appuie ainsi sur Rex Tillerson (ancien patron d’Exxon Mobil), un ami personnel de Vladimir Poutine, comme secrétaire d’État ; et sur Stephen Schwarzman (le patron de la société de capital investissement Blackstone), un ami personnel du président Xi Jinping, comme président du nouvel organe consultatif chargé de proposer la nouvelle politique commerciale : le Forum stratégique et politique (Strategy and Policy Forum) qui a été inauguré par le président Trump, le 3 février à la Maison-Blanche [1]. Il réunit 19 entrepreneurs de très haut niveau. Contrairement aux pratiques précédentes, ces conseillers n’ont pas été choisis sur le critère de savoir s’ils avaient soutenu ou non le président durant sa campagne électorale, ni en fonction des entreprises qu’ils dirigent, de leur taille et de leur influence, mais de leurs capacités personnelles à les diriger.

Rex Tillerson

En tant que directeur d’Exxon Mobil, Rex Tillerson a conçu une forme de partenariat avec ses homologues russes. Gazprom, puis Rosneft ont autorisés les États-uniens à venir travailler chez eux à la condition que ces derniers les autorisent à coopérer ailleurs avec eux. Ainsi, les Russes ont investi pour un tiers dans les opérations d’Exxon Mobil au Golfe du Mexique, tandis que la multinationale a participé aux découvertes du gigantesque champ d’hydrocarbures de la mer de Kara [2].

C’est ce succès partagé qui a valu à Rex Tillerson de recevoir la Médaille de l’Amitié des mains du président Vladimir Poutine.

La presse a souligné les liens personnels qu’il a développés avec le président russe, ainsi qu’avec Igor Sechin, son homme de confiance.

À la tête d’Exxon Mobil, il s’est affronté à la famille Rockefeller, fondatrice de la société. En définitive, il a imposé son point de vue et les Rockefeller ont commencé à vendre leurs actions en vue de quitter la compagnie [3].

 

Selon les Rockefeller, le pétrole et le gaz sont des ressources épuisables qui arrivent bientôt à leur fin (théorie vulgarisée dans les années 70 par le Club de Rome). Leur usage dégage du carbone dans l’atmosphère et provoque ainsi le réchauffement climatique de la planète (théorie vulgarisée dans les années 2000 par le GIEC et Al Gore) [4]. Il est temps de passer aux sources d’énergies renouvelables. Au contraire, selon Rex Tillerson, rien ne permet de valider l’idée selon laquelle les hydrocarbures sont une sorte de compost de détritus biologiques. On ne cesse de découvrir de nouveaux gisements dans des zones dépourvues de roche mères et à des profondeurs toujours plus importantes. Rien ne prouve que les hydrocarbures vont s’épuiser dans les siècles à venir. Rien ne prouve non plus que le carbone relâché par l’homme dans l’atmosphère, soit la cause des évolutions climatiques. Dans ce débat, chacun des deux camps a financé un intense lobbying pour convaincre les décideurs politiques en l’absence d’argument déterminant [5].

 

Or, les deux camps défendent par ailleurs des positions diamétralement opposées en politique étrangère. C’est pourquoi le combat entre les Rockefeller et Tillerson a certainement eu un impact sur la politique internationale. Ainsi, en 2005, les Rockefeller ont conseillé au Qatar —dont les revenus proviennent d’Exxon Mobil— de soutenir les Frères musulmans, puis, en 2011, de s’investir dans la guerre contre la Syrie. L’émirat y a englouti des dizaines de milliards de dollars pour soutenir les groupes djihadistes. Au contraire, Tillerson a considéré que si la guerre clandestine est bonne pour la politique impériale, elle ne fait pas avancer le business. Depuis la défaite des Rockefeller, le Qatar se retire progressivement de la guerre et consacre ses dépenses à la préparation du Mondial de football.

 

Quoi qu’il en soit, pour le moment, l’administration Trump n’a pris aucune décision face à la Russie, hormis l’abrogation des sanctions prises en réaction à une ingérence russe dans la campagne électorale présidentielle qui aurait été observée par la CIA.

 

Stephen Schwarzman

Le président Trump a d’abord choqué la Chine populaire en acceptant un appel téléphonique de la présidente de Taïwan, malgré le principe « Une Chine, deux systèmes ». Puis il s’est excusé auprès de Xi en lui souhaitant chaleureusement une « Bonne année du Coq de feu ».

 

Simultanément, il lui a accordé un cadeau somptueux en annulant le Traité trans-Pacifique. Cet accord, qui n’avait pas encore été signé, avait été conçu comme l’ensemble de la globalisation des quinze dernières années pour exclure la Chine du pouvoir décisionnel.

 

Le président Trump a ouvert un canal de négociation avec les principales autorités commerciales et financières chinoises, via les membres de son Forum stratégique et politique. La société de Stephen Schwarzman, Blackstone, est détenue depuis 2007 à hauteur de 9,3 % par le fonds souverain de la République populaire, China Investment Corp. [6], dont le directeur de l’époque, Lou Jiwei, est aujourd’hui ministre des Finances de son pays.

 

Schwarzman fait partie du Conseil consultatif de l’École d’économie et de management de l’université de Tsinghua [7]. Or ce Conseil, placé sous la présidence de l’ancien Premier ministre Zhu Rongji, réunit des personnalités chinoises et occidentales des plus importantes. Parmi celles-ci : Mary Barra de General Motors, Jamie Dimon de JPMorgan Chase, Doug McMillon de Wal-Mart Stores, Elon Musk de Tesla Motors et Indra K. Nooyi de PepsiCo qui siègent également au nouveau Forum stratégique et politique de la Maison-Blanche.

 

Dans un article précédent, j’ai indiqué que depuis sa rencontre avec Jack Ma d’Alibaba (également membre du Conseil consultatif de l’université de Tsinghua), Donald Trump envisage que son pays adhère à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures. Si tel était le cas, les États-Unis cesseraient de brider la Chine et s’engageraient dans une véritable coopération pour développer les « routes de la soie » rendant ainsi inutiles les conflits en Ukraine et en Syrie [8].

 

La coopération par le commerce

Depuis la dissolution de l’URSS, la politique des États-Unis était fixée par la « doctrine Wolfowitz ». Pour faire de leur pays le « premier », les administrations successives n’ont pas hésité à livrer consciemment quantité de guerres qui les ont appauvries [9].

 

Bien entendu, cet appauvrissement n’a pas été pour tous. On a donc assisté à un conflit interne au capitalisme entre les sociétés ayant intérêt à la guerre (aujourd’hui BAE, Caterpillar, KKR, LafargeHolcim, Lockeed Martin, Raytheon, etc.) et celles ayant intérêt à la paix.

 

L’administration Trump entend relancer le développement du pays en rompant avec l’idéal du « premier » et en devenant le « meilleur ». Cela suppose de faire vite. Il faudra des années pour ouvrir les routes de la soie, même si leur construction est largement entamée. Par conséquent, les États-Unis n’ont pas le temps de renégocier les grands Traités commerciaux multilatéraux actuels. Ils doivent conclure sans attendre des accords bilatéraux de sorte que les contrats soient immédiatement mis en œuvre.

 

Sachant l’extrême difficulté à reconvertir une économie de guerre en économie de paix, Donald Trump a associé à son Forum stratégique et politique un entrepreneur d’une des sociétés qui pourraient se développer aussi bien en temps de paix que par la guerre : Jim McNerney (Boeing).

Thierry Meyssan

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:30

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy réagit aux déclarations du président français accusant la Russie de « s’affirmer en tant que puissance »… ce qui est précisément l’ambition affichée de l’UE.

Repris sur comité  Comité Valmy

 

 

 

On l’avait presque oublié, en ces temps d’étrange campagne électorale: François Hollande règne toujours sur l’Elysée.

 

Le 6 mars, il recevait les chefs des gouvernements allemand, italien et espagnol. Ce mini directoire qui ne dit pas son nom s’est retrouvé à Versailles, dans le château du Roi-Soleil ; il visait à préparer le sommet européen prévu les 9 et 10 mars, et surtout celui du 25 mars. Avec cette question lancinante qui torture les dirigeants des Vingt-sept : quel avenir pour l’UE ? Alors que cette dernière s’avère de plus en plus impopulaire.

 

C’est sur ce thème que le président de la République française avait choisi de s’exprimer le jour même dans les colonnes de six grands quotidiens européens, dont Le Monde daté du 7 mars. Il n’a cependant pas manqué de répondre aussi à des questions sur les rapports avec Moscou. Des questions totalement neutres et même bienveillantes, puisque la première fut ainsi formulée : « Quel niveau de menace représente la Russie actuellement ? »

 

Cette évocation de la « menace » russe a été accueillie tout naturellement par le chef de l’Etat, qui a pointé la volonté du Kremlin de « peser sur les espaces qui étaient autrefois les siens dans l’ex-Union soviétique ». Et de citer évidemment l’Ukraine.

 

Si un lecteur débarquait aujourd’hui et découvrait les événements internationaux des dernières années, il comprendrait donc que Vladimir Poutine a été subitement pris de l’envie de conquérir militairement l’ex-République soviétique, en commençant par la Crimée.

 

Peut-être la mémoire de François Hollande se brouille-t-elle ? Il faudrait alors lui rappeler que les événements de Maïdan, avec les suites qu’on leur connaît, sont la conséquence directe des années de pression intense sur Kiev exercée par l’Union européenne. Avec un but tout à fait officiel : mettre en place un « partenariat oriental » et « arrimer » ainsi – le terme est celui qui est traditionnellement employé à Bruxelles – les pays d’Europe de l’Est et du Sud-est.

 

Mais que veut donc dire « arrimer », si ce n’est récupérer dans sa zone d’influence ? Ce dont les dirigeants de l’UE ne faisaient au demeurant pas mystère. Mais ce qui est naturel pour l’UE – qui ne cesse d’afficher ouvertement sa volonté « de jouer un rôle majeur dans le monde » (il est vrai heureusement sans grand succès) – est détestable dès lors que ces intentions sont attribuées à la Russie. Ainsi, cette dernière « s’affirme comme une puissance ; elle teste nos résistances et mesure à chaque instant les rapports de force », accuse le maître de l’Elysée.

 

Faut-il donc comprendre que cette coupable volonté de s’affirmer en tant que puissance est une exclusivité russe ? Jamais les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et… la France n’auraient imaginé une telle ambition…

 

Ni employé des moyens aussi déloyaux que Moscou qui – que les personnes sensibles évitent de lire ce qui suit – n’hésite pas à mettre en œuvre une « stratégie d’influence, de réseaux ». Jamais, par exemple, le département d’Etat américain n’oserait mettre en place – certes discrètement, mais tout à fait officiellement – des relais dans les banlieues françaises pour « recruter des talents », ni des institutions sélectionnant les « young leaders » appelés à devenir les futurs dirigeants français, moyennant des stages de haut niveau outre-Atlantique.

 

Quant aux réseaux français, il faudra un jour révéler à l’ancien maire de Tulle – avec les précautions nécessaires pour les âmes sensibles – ce qu’étaient (ce que sont) les structures de la « Françafrique » sur le Continent noir.

 

Enfin, le chef de l’Etat fait part d’une indignation particulière quant à une Russie qui « utilise tous les moyens pour influencer les opinions publiques ». Dans le contexte, chacun comprend l’allusion au chef du Kremlin quotidiennement accusé de tirer les ficelles des élections françaises puis allemandes, après avoir réussi à installer Donald Trump à la Maison-Blanche.

 

Le pire, avec ces affirmations, c’est que leurs auteurs finissent par eux-mêmes les croire. Le rejet croissant de l’Union européenne, de la mondialisation, du politiquement correct ? C’est le poison de l’influence russe qui le fabrique, ou à tout le moins, qui est déterminant pour bouleverser les tranquilles donnes électorales qui prévalaient depuis plus de trois décennies…

 

S’ils finissent par se convaincre de la véracité de leur propre propagande, et ainsi par faire l’impasse sur les analyses lucides de la réalité, les dirigeants européens se préparent décidément des lendemains de plus en plus agités, pour ne pas dire cauchemardesques.

 

Et le maître de l’Elysée conclut : « Il faut démasquer les opérations idéologiques [et] dire très clairement qui est avec qui, qui est financé par qui. »

Chiche ?

Pierre Lévy

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:21

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

par Alain Corvez,
Repris sur comité valmy
Introduction:
L’état d’Israël : un état de fait

Nul n’est besoin d’être grand exégète du général de Gaulle pour savoir qu’il considérait comme une erreur la création en 1948 de l’état d’Israël, décidée à New-York après bien des difficultés et des hésitations par les grandes puissantes gagnantes de la guerre mondiale toute récente, fin 1947, création résultant des abominables persécutions que la barbarie nazie avait déployée contre les Juifs- et d’autres minorités considérées elles aussi comme inférieures et nuisibles. Mais cet état de fait regrettable à ses yeux devait être respecté puisque résultant d’une décision de l’ONU, seule instance internationale justifiée, même s’il l’appelait « le machin ».

« On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains mêmes redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. »

Lors de cette conférence de presse à l’Elysée du 27 novembre 1967, il dira plus loin qu’il avait dit aux amis arabes de la France qu’ils ne devaient pas remettre en question cet état de fait en attaquant les premiers Israël. Il l’avait dit également aux dirigeants israéliens. « La France considèrerait comme agresseur celui qui tirerait le premier. »

Et la guerre est venue par l’attaque israélienne de juin 1967 ; le Général a alors des mots implacables pour dénoncer Israël :

« Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »

Rappelons que la résolution 181 de l’ONU décidant la création de l’état d’Israël n’a été acceptée que le 29 novembre 1947 après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947, les votes favorables des états étant insuffisants. Sous les pressions des Etats-Unis, huit états, dont la France, ont changé leur vote en quatre jours du 25 au 29 novembre.

Une imposante conférence qui fera date

Les 21 et 22 février 2017, 700 responsables politiques et spécialistes de 80 pays d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Afrique, d’Inde, de Chine, de Russie, parmi lesquels 22 présidents de parlements ont débattu dans l’immense Centre de conférences internationales de Téhéran du présent et de l’avenir de la lutte pour les droits des Palestiniens à avoir un état sur la terre de leurs ancêtres.

De façon lancinante me revenait la confidence que m’avait faite le général Pierre-Marie Gallois, un des plus grands stratèges d’après-guerre, dans les années 90. Me prenant à part lors d’une réunion sur la question yougoslave, sachant que je revenais d’un voyage au Moyen-Orient, il me dit en substance : « Il n’y a pas de solution durable à deux états au conflit israélo-arabe, car ils seraient en permanence en belligérance, larvée ou pas ; et pour des raisons démographiques, historiques, géographiques, politiques, cet état ne peut être que l’état palestinien, avec des garanties de sécurité pour les populations juives historiques. »

Introduits par un discours magistral du Guide Suprême de la Révolution Islamique, Ali Khamenei, dirigés par le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, conclus par le Président Rouhani accompagné de plusieurs ministres dont le Ministre des AE, M. Zarif, les débats ont été intenses et riches.

Unifier la Résistance et refuser la compromission

Si les différents orateurs ont apporté chacun leur sensibilité sur le sujet, et des propositions pour l’avenir, le sentiment général qui émane des interventions est la nécessité impérieuse d’unifier la Résistance en oubliant les rivalités internes pour s’entendre sur l’essentiel de la stratégie de lutte contre l’ennemi, excluant tout essai d’entente avec l’occupant. L’essai de négociation avec la puissance occupante a montré son inanité depuis les accords d’Oslo qui n’ont fait que faciliter la négation des droits les plus élémentaires des Palestiniens et l’annexion renforcée de terres.

Le discours introductif du Guide a fait ressortir avec une logique implacable les fondements du sujet et comment « la question de Palestine peut et doit être le pivot de l’unité de tous les pays islamiques. » Il a affirmé que la troisième intifada était fortement réprimée mais remportait des succès en laissant augurer la victoire finale, car l’ennemi devait affronter la réprobation de pays de plus en plus nombreux. Il a stigmatisé la politique de compromis avec l’occupant qui a eu des effets destructeurs sur la Résistance en la divisant. Seule l’intifada est légitime face à l’injustice car le compromis tend à justifier la présence de l’occupant. La Résistance, depuis le début a remporté des victoires grâce à ses alliés comme le Hezbollah libanais, l’Iran et tous les groupes impliqués comme le Jihad Islamique, le Hamas, le Fatah ou le FPLP. La Résistance doit dépasser les divergences entre pays arabes et islamiques, ou les divergences nationales, ethniques ou confessionnelles qui existent dans certains pays. « Notre position sur la Résistance », a-t-il dit, « est une position doctrinale qui n’a rien à voir avec un groupe particulier. »

Il indiquait par-là que les divisions instillées par l’ennemi entre chiisme et sunnisme, ou entre tendances religieuses ou culturelles devaient s’effacer devant le but ultime de libération de la Palestine. L’Unité nationale sur la base d’un plan djihadiste est une nécessité nationale pour la Palestine a-t-il martelé.

« Cette conférence peut-être un modèle pour tous les musulmans et toutes les nations de la région et les aider à contrôler leurs divergences en s’appuyant sur leurs points communs. »

Il serait trop long de rapporter les nombreuses interventions pourtant souvent très enrichissantes car apportant une sensibilité différente venue d’Asie, d’Afrique, des Amériques ou d’Europe, le sentiment général étant pour dénoncer le refus d’Israël de respecter les résolutions internationales et les droits des Palestiniens et d’appeler à l’unité de la Résistance en oubliant les divergences culturelles ou confessionnelles.

Aucun parlementaire français n’avait fait le déplacement.

Le Président du Parlement libanais, Nabih Berri a eu un franc succès du fait de son habituelle aisance oratoire pour convaincre son auditoire, énonçant des propositions concrètes pour donner une suite à ces deux jours de rencontres :


1. Si les Etats-Unis mettent à exécution leur intention de transférer à Jérusalem leur capitale, que tous les pays qui soutiennent la Résistance ferment leur ambassade à Washington.


2. Insistant, lui aussi, sur l’impérieuse nécessité de l’unité du front de résistance, il suggère que cette conférence assure le suivi de cette résolution.

Le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, le remerciera pour ces suggestions et lui demandera de bien vouloir assurer ce suivi : un centre de coordination pourrait s’installer à Damas ou Beyrouth.

Le président du Parlement irakien, Salim Al Jabouri, insistera sur les crimes commis par Israël contre les Palestiniens et sur le fait que la résistance en Palestine est une cause commune.

Un représentant du Front Démocratique de Libération de la Palestine FDLP insiste à son tour sur la nécessité de l’unité des différents mouvements de résistance et propose d’établir un comité de suivi logistique des prises de décisions de la conférence, dont le secrétariat pourrait être à Téhéran.

Abou Ahmad Fouad, Directeur Général du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), dénoncera particulièrement les accords d’Oslo qui reconnaissaient le gouvernement sioniste.

Ahmed Jibril, du FPLP (CG), Front Populaire de Libération de la Palestine, Commandement Général, remarque qu’un nouveau Front de Résistance réclamé par certains est inutile puisqu’il existe depuis 30 ans, constitué par le Hezbollah et l’Iran et que ceci indique qu’il y a union de destins entre chiites et sunnites. Il propose la création d’un fonds islamique pour empêcher l’achat des terres palestiniennes.

L’Ayatollah Amoli Larijani (frère du Président Ali Larijani), président du pouvoir judiciaire iranien, insiste aussi sur l’universalité de la cause palestinienne, qui concerne en tout cas tout l’islam, et sur l’arrogance de l’Occident qui met partout en avant les droits de l’homme mais soutient Israël qui y contrevient journellement. La Palestine est une cause qui comporte une surface – les territoires occupés- et une profondeur-la confrontation des idéologies, sionisme contre l’islam monothéiste- s’appuyant sur la force des Etats-Unis ; il cite Fukuyama et sa théorie de la fin de l’Histoire avec la fin de l’URSS, qui fait adopter à l’Occident les thèses sionistes contre l’islam. L’Islam appelle à la paix mais en restant vigilant face aux menaces. La République Islamique d’Iran est un exemple de fermeté face à l’outrecuidance de l’Occident qui l’accuse de vouloir fabriquer des armes atomiques alors qu’il soutient les exactions d’Israël qui a l’arme atomique.

Deux rabbins antisionistes étaient parmi les délégués et ont participé aux travaux des commissions de cette conférence.

En conclusion de ces deux jours, Ali Larijani dénoncera les crimes contre l’humanité commis par Israël et affirmera que les débats ont montré que la Palestine est une cause commune à tous les pays musulmans et au-delà, à tous les hommes épris de justice et de liberté.

Conclusion

Les arguties diplomatiques concernant la solution du conflit israélo-palestinien sur un ou deux états me paraissent depuis longtemps hors de propos ; cette conférence internationale m’a convaincu qu’un front puissant se constitue pour orienter les diplomates raisonnables vers la seule création d’un état palestinien sur l’ensemble des territoires concernés qui assurerait des garanties aux populations juives ayant des droits justifiés pour vivre dans cet état.

Il est clair, comme me le disait le général Gallois que la coexistence pacifique de deux états est devenue impossible après 70 ans d’accumulations de haines qui alimentent d’ailleurs l’antisémitisme dans le monde, au grand dam de nombreux de mes amis juifs. Il semble que les extrémistes qui sont au pouvoir à Tel Aviv se permettent depuis l’origine toutes les atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens parce qu’ils ont eu jusqu’ici le soutien de la plus grande puissance du monde, où l’influence de leur diaspora est déterminante.

Mais le monde a changé, les Etats-Unis sont affaiblis pour diverses raisons et de nouvelles puissances mondiales rivalisent avec eux. Ils doivent s’adapter à ce nouveau monde et, bien que le nouveau Président américain reste parfois énigmatique dans ses projets, il a clairement l’idée de sortir du système figé qui dirige les EUA, comme il l’a annoncé dans sa campagne, ce qui l’a fait élire, et veut adapter son pays aux nouvelles donnes internationales. Car c’est un entrepreneur qui n’est pas prisonnier des idéologies mais raisonne sur les réalités : les liens avec Israël que nous lui connaissons, liés à son pragmatisme, peuvent l’aider à prendre des décisions radicalement différentes de ses prédécesseurs, ne serait-ce que pour mettre un terme à l’hostilité récurrente de nombreuses populations du monde qui reprochent aux Etats-Unis de soutenir des tyrans ou des injustices. Les liens de ses services avec DAESH sont désormais de notoriété publique et il arrivera à comprendre que l’Iran qu’il invective n’est pas à confondre avec les terroristes islamistes mais qu’il est au contraire un pays essentiel et au premier rang dans la lutte contre cette plaie mondiale.

Il est possible enfin que de nombreux juifs américains qui ne partagent pas les vues de l’influent AIPAC (American Israëli Public Affairs Committee), qui sont très nombreux et lassés de soutenir une cause qui dessert autant Israël que les Etats-Unis, amènent le Président Trump à comprendre que les intérêts des Etats-Unis ne se confondent pas avec ceux d’un Israël « sûr le lui-même et dominateur » qui développe l’exécration contre eux.

Alain Corvez est Conseiller en stratégie internationale

PS. 1. On peut accéder au texte intégral de la conférence de presse du 27 novembre 1967 à l’Elysée du général de Gaulle sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :www.charles-de-gaulle.org/

2. On pourra lire sur Google une analyse de la vision du général de Gaulle sur le sujet telle qu’elle apparaît dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, que j’ai écrite en 2006 : De Gaulle et sa vision du Proche-Orient IMPERIALISME-TERRORISME-ISLAMISME, Analyse par Alain Corvez

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 15:06

Plus de frein, pas d’airbag, accélérateur coincé, à fond vers le mur.

28 février 2017Régis de Castelnau 3 commentaires  

 

comment donner raison à Marine Le Pen et lui abandonner la défense des libertés publiques.

Emmanuel Todd avait parlé de « flash totalitaire » au moment de l’organisation par le pouvoir socialiste des manifestations après les massacres de Charlie hebdo et de l’Hyper-casher en janvier 2015. Cette façon de qualifier fut accueilli par un violent concert de désapprobation. Cela aurait pourtant mérité discussion, surtout à la lumière des jours qui ont suivi. Cette expression fait aujourd’hui un retour fracassant, pour qualifier le comportement hallucinant d’un système aux abois. Une presse aux ordres, à la fois de ses patrons oligarques et du pouvoir d’État, fait la promotion d’un télévangéliste sorti de nulle part, et affublé de tous les attributs de ce que les Français ne supportent plus. Ayant connu toutes les élections présidentielles depuis 1965 je n’ai jamais vu un tel déferlement de propagande. Et je n’ai jamais assisté non plus à une telle instrumentalisation de la justice et de la police à des fins directement politiciennes.

 

Avec esprit de responsabilité les Français sont restés stoïques face à la catastrophe démocratique et politique de la présidence Hollande, s’en remettant pour s’en débarrasser à l’élection la plus importante des institutions de la Ve République. Ils constatent effarés toute une série de manipulations visant à confisquer ce scrutin, pour faire élire Emmanuel Macron à la faveur d’un deuxième tour contre Marine Le Pen. Manipulations qui utilisent sans vergogne les services de l’État dont beaucoup abandonnent une neutralité qui devrait pourtant leur être constitutive.

 

On a déjà dit ce qu’il fallait penser de la crédibilité et de l’impartialité du Parquet National Financier, pas seulement à cause du rôle qu’il a joué dans l’opération anti-Fillon, ou de l’incroyable acharnement vis-à-vis de Nicolas Sarkozy mais aussi du peu d’empressement à intervenir dès lors qu’il s’agissait de proches du chef de l’État. De ce point de vue, le Pôle Financier qui de son côté assure l’instruction n’est pas en reste. On aura compris l’utilité du renvoi en pleine période électorale de Nicolas Sarkozy en correctionnelle, qui ne présentait pourtant aucune urgence. Il fallait fermer la porte à un plan B Sarkozien après le déclenchement du bombardement de François Fillon. On aura également compris l’utilité, dans la perspective du deuxième tour, d’affaiblir Marine Le Pen en déclenchant contre elle et son entourage des rafales d’actes de procédure qui eux non plus ne présentaient pourtant aucune urgence.

 

Que l’on comprenne bien, le propos n’est pas de considérer que François Fillon n’a rien à se reprocher, ou que le Front National est exempt de tout agissement à caractère pénal. Le problème, est que cette accélération à ce moment-là d’affaires anciennes poursuit un but politique évident : empêcher le débat de fond. À tout prix. Prenons l’exemple de la transmission aux duettistes du Monde, amis du pouvoir, de pièces de procédure couvertes par le secret. Cette transmission effectuée par des fonctionnaires chargés de veiller à son respect est un manquement doublé d’une infraction pénale gravissime. Et puis, la phrase rituelle : « la justice doit passer, il n’y a pas de trêve » est une hypocrisie destinée à justifier toutes les manipulations. Évidemment, que des procédures pour des affaires ou des faits anciens ne sont marquées d’aucune urgence, et peuvent être suspendues pendant une campagne électorale présidentielle. À titre d’exemple, la publication des lettres d’observations des Chambres Régionales des Comptes, sur la gestion des collectivités locales est interdite six mois avant les élections locales. Pour justement éviter les manipulations.

 

Et ce qui est paradoxal, c’est qu’ainsi le Front National présenté comme une organisation pré-fasciste et que personnellement, j’ai toujours combattu, peut prendre la posture de victime de l’arbitraire, et sa candidate se présenter en défenseuse des libertés publiques. Parce que sur les deux derniers incidents, intervenu la semaine dernière, c’est Marine Le Pen qui avait raison.

 

Tout d’abord, pour faire bon poids après perquisitions, gardes à vue et mise en examen spectaculaires et médiatisées, la police judiciaire s’est permis de convoquer une parlementaire couverte par son immunité. Comment peut-on considérer que cette convocation illégale soit légitime et que le refus de Marine Le Pen d’y déférer soit un scandale ? L’immunité parlementaire est une protection accordée aux représentants du peuple régulièrement élus, face à l’arbitraire dont pourrait faire preuve le pouvoir en place. Cette inviolabilité est tout simplement une liberté publique fondamentale, que la police judiciaire, sur ordre, et pour faire du buzz, s’apprêtait à violer. C’est donc bien la candidate du Front National qui en la circonstance l’a défendue. Il convient de féliciter les ânes bâtés qui lui ont offert cette opportunité.

 

Il y a ensuite le discours de Nantes où Marine Le Pen a dit précisément ceci : «les fonctionnaires à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs de l’Etat pour surveiller les opposants ou organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus ou des cabales». «Dans quelques semaines ce pouvoir politique aura été balayé, mais ces fonctionnaires devront assumer le poids de ces méthodes illégales et ils mettent en jeu leur propre responsabilité »

 

Eh bien, Marine Le Pen fait simplement, et à sa façon, brutale, référence à la loi française. Et elle rappelle aux fonctionnaires leur devoir, en leur précisant fermement qu’en cas de violation de celui-ci leur responsabilité serait engagée. C’est en particulier l’article 28 du statut de la fonction publique qui met à la charge du fonctionnaire un devoir d’obéissance. « Loi n°83.634 du 13 juillet 1983, article 28 Le fonctionnaire « doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. » »

 

Une seule exception est donc prévue, si l’ordre « est manifestement illégal ». Cela veut dire que tout fonctionnaire qui accepte en connaissance de cause de commettre un acte en exécution d’un ordre illégal engage sa responsabilité. Pénale si l’acte en question consiste en une infraction prévue au code pénal, simplement professionnelle si ce n’est pas le cas. Cette question de « l’ordre manifestement illégal » a donné lieu à une importante jurisprudence pénale et administrative. L’essentiel de ces décisions ont été consécutives à des procédures engagées après des alternances qu’elles soient locales ou nationales. Prenons à nouveau un exemple, l’infraction pénale, celle-là incontestable, commise ces dernières semaines, qui a consisté à fournir aux duettistes du Monde des éléments de procédure frappées du plus strict secret professionnel. Comme l’a relevé Éric Dupont Moretti, on peut penser que cela ne peut être le cas que des policiers chargés de l’enquête, ou des magistrats du PNF. Une fois les responsabilités éventuelles établies, il serait normal que la justice pénale et les procédures disciplinaires suivent leur cours. Une plainte a été déposée par François Fillon, on peut gager qu’elle ne connaîtra dans l’immédiat aucune suite mais il serait légitime, si celui-ci devenait Président de la République, qu’il demande à son Garde des Sceaux « que la justice passe sans désemparer ».

 

Qualifier cet appel à la responsabilité des fonctionnaires de volonté d’épuration n’est pas sérieux. Mais il est reçu comme tel au sein des couches populaires par tous ceux qui sont en rage et ne supporte plus l’arrogance irresponsable de la cohorte qui rêve de garder ses places dans le sillage du télévangéliste. Encore bravo d’avoir permis à nouveau à Marine Le Pen de jouer sur le velours.

 

Hypnotisés par la vipère Macron et l’anaconda Le Pen, Fillon est atone, Mélenchon mutique, Hamon à l’ouest, et tous les autres inaudibles. La voiture n’a plus de frein, pas d’airbag, l’accélérateur est coincé, et on fonce vers le mur.

Frédéric Lordon, a choisi une métaphore marine… « Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré, qui ne nous laissera que le choix de la candidate de l’extrême droite et du candidat qui fera nécessairement advenir l’extrême droite ».

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:31
Ou le niveau zéro de la compréhension du phénomène national
Par Collectif
Marxisme et nation

Repris sur Comité Valmy

NATURE ET FONCTIONNEMENT D’UNE MACHINE À BROYER LES PEUPLES

Contrairement à la vieille rengaine, l’Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l’être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d’imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.

 

Le paradigme imprescriptible sur lequel les trotskistes fondent leur doctrine politique est une négation pure et simple de l’existence matérielle de la nation. Pour eux, il n’existe au monde que des classes sociales sans aucune distinction résultant de leur histoire ou de leurs modes de vie.

 

Pour faire simple, on pourrait dire que, pour les gauchistes, le marxisme est une sorte de catéchisme dont ils dégagèrent très vite les textes apocryphes qui n’adhèrent pas à leur utilisation dogmatique. C’est en cela que toute l’expérience acquise par le mouvement communiste au XX siècle leur est tout à fait exotique, préférant le slogan et l’incantation stérile des masses qui les laisse propres de toute erreur ou des sales besognes inhérentes à l’exercice du pouvoir.

 

Ils se trouvent en cela incapables de comprendre que le marxisme est une science expérimentale dans laquelle, mêmes les fondateurs du matérialisme historique, Marx et Engels, peuvent se tromper, soit pour n’avoir pas étudié la question dans sa globalité, soit parce qu’ils ne pouvaient prévoir les bouleversements historiques ultérieurs. Ainsi, le paradigme imprescriptible sur lequel les trotskistes fondent leur doctrine politique, est une négation pure et simple de l’existence matérielle de la nation. Pour eux, il n’existe au monde que des classes sociales sans aucune distinction résultant de leur histoire ou de leurs modes de vie.

 

En conséquence, tout ce qui tend à rapprocher les membres d’une même classe à l’intérieur de la nation (des traditions, des combats communs) leur est parfaitement étranger. Dès lors, leur compréhension de la Révolution française reste fort limitée, incapables qu’ils sont de voir le progrès social qu’elle a engendré, malgré son caractère bourgeois et national.

 

Dans la même logique, s’il n’y a plus de nation, il ne peut y avoir de lutte nationale. Ils seront ainsi totalement incapables de comprendre la spécificité des guerres de décolonisation, comme la nécessité de la lutte contre la « construction » européenne. Les conséquences directes de ce point de vue sont connues, Lutte Ouvrière disant ne pas voir de différence entre l’exploitation par le capital au niveau français ou européen, appela à s’abstenir lors du référendum sur Maastricht, pesant lourd dans une balance qui ne pencha en faveur du Oui que pour seulement 54 000 voix [1].

 

De même, il n’est pas étonnant de trouver en la LCR l’un des meilleurs soutiens à « une autre constitution européenne plus sociale », relégitimant du même coup la machine à broyer les peuples.

 

Il est ainsi de bon ton, chez eux, de rabâcher la phrase bien connue de Marx : « Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur prendre ce qu’ils n’ont pas. » Cependant, ils oublient toujours la seconde partie de cette citation du Manifeste : « Comme le prolétariat doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie. » [2] En fin de compte, jamais les trotskistes ne seront capables de comprendre que le développement de l’internationalisme suppose au préalable ... l’existence des nations.

 

Notes
[1] A comparer avec les 600 000 voix obtenues par la candidature Laguiller en 1988 et les 1 600 000 voix obtenues en 1995.

[2] K. Marx, Manifeste du Parti communiste, Editions sociales, Paris 1976, p. 54.

Mise en ligne CV : mars 2009

Source :
Pour citer cet article, merci d’utiliser ces indications :
Collectif, Le « gauchisme » ou le niveau zéro de la compréhension du phénomène national, L’idéologie européenne (http://www.ideologie-europeenne.fr)
http://www.ideologie-europeenne.fr/Le-gauchisme-ou-le-niveau-zero-de.html

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 17:31
Par le Général (2S) Dominique DELAWARDE
(Ancien chef du bureau Situation-Renseignement-Guerre Électronique » de l’État major Interarmées de Planification Opérationnelle).
Repris sur Comité Valmy

L’étude des relations bilatérales de ces trois pays, pris deux à deux, est très intéressante car ces relations conditionnent et expliquent bon nombre d’événements géopolitiques majeurs qui agitent la planète aujourd’hui.

On connaît les excellentes relations USA Israël sans en connaître tous les ressorts, les relations très froides teintées d’hostilité entre les USA et la Russie sans en connaître non plus toutes les raisons, mais ce dont on a moins conscience, c’est que ces relations USA Russie découlent pour une large part des relations Israël Russie dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont, malgré les apparences, tout sauf cordiales.

Examinons donc ces relations très particulières Israël Russie et voyons comment elles conditionnent largement les relations USA Russie, et pourquoi, malgré la volonté affichée de Trump, ces relations USA Russie auront beaucoup de difficultés à s’améliorer.

I - RELATIONS RUSSIE-ISRAEL

Derrière les poignées de main et les sourires de circonstance lors des rencontres bilatérales entre Poutine et Netanyahu, la relation entre la Russie et Israël, ne peut pas être bonne pour au moins dix raisons.

 

1 – La Russie a reconnu, dès novembre 1988, l’état de Palestine dans ses frontières de 1967 à l’ONU en entraînant derrière elle tous ses alliés des BRICS et de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et de très nombreux états indécis (137 pays au total à ce jour).*

 

2 – La Russie milite inlassablement, avec ses alliés BRICS et OCS, pour la reconnaissance par le reste de la communauté internationale (56 pays) du droit des Palestiniens à un État. Ce point est régulièrement évoqué dans les déclarations finales des congrès annuels des BRICS.

 

3 – La Russie a toujours voté à l’ONU pour les palestiniens, contre l’état hébreux sur tous les projets de résolutions opposant les deux parties, et notamment sur la résolution 2334 du 23 décembre 2016 dans le vote unanime du conseil de sécurité de l’ONU (14 à 0, abstention US) condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée.

 

4 – La Russie est un allié fidèle et solide de la Syrie de Bachar el Assad, ennemi déclaré d’Israël. Son intervention militaire, en soutien des forces armées du seul gouvernement légal de Syrie, a entraîné l’échec d’un démembrement programmé de ce pays dont Israël espérait tirer profit (en annexant, entre autre, le Golan, château d’eau de la région).

 

5 – La Russie est un allié solide de l’Iran, principal ennemi déclaré d’Israël, auquel il livre de l’armement défensif (missiles S-300, commande iranienne de 9,3 milliards de $ d’armement en Novembre 2016 pour des chars T 90 et des avions).

 

Vladimir Poutine soutient aussi la candidature de Téhéran qui souhaite être membre à part entière de l’OCS (l’Iran en est « membre observateur » depuis plusieurs années). Une appartenance de l’Iran à l’OCS et les livraisons d’armes et de technologies russes pourraient rendre plus délicate, voire plus coûteuse, une intervention militaire préemptive du binôme israélo-arabe. Quant à la remise en place, contre l’Iran, de sanctions approuvées par l’ONU, elle est peu probable car la Russie, elle même objet de sanctions USA-UE, appliquerait son droit de veto et serait probablement suivie par la Chine).

 

6- La Russie entretient de bonnes, voire d’excellentes relations avec la Turquie et l’Irak, l’Égypte et la Libye, qui ne sont pas vraiment de grands amis d’Israël.

 

7 – La Russie a toujours condamné, avec ses alliés des BRICS et de l’OCS, la politique de colonisation, d’apartheid, de répression brutale et disproportionnée de l’état hébreu en Palestine, notamment à Gaza.

 

8 – La Russie a été, historiquement, terre de très forte présence juive et surtout terre de pogroms, notamment au XIXème et au début du XXème siècle. Une émigration récente et considérable des juifs de Russie (près d’un million depuis 1990) vers Israël ou vers les pays de la coalition occidentale a pu, à tort ou à raison, être perçue comme une forme de désertion par les autorités russes. Elle a considérablement réduit l’effectif et donc le poids politique de la communauté juive en Russie. En 1960 il y avait encore 2,3 millions de juifs en URSS (sur 212 millions d’habitants). Ils ne sont plus que 200 000 aujourd’hui dans la Russie de Poutine (sur 145 millions d’habitants).

 

9 – Pour assurer son pouvoir, Poutine a dû affronter une nomenklatura et une oligarchie ayant une très forte composante issue de la communauté juive (25% sur les 200 principaux oligarques, beaucoup plus sur la nomenklatura héritée de Eltsine). Pour éliminer ses principaux opposants membres de cette oligarchie, Poutine a dû frapper fort et faire des exemples (Berezovski, Goussinski, Mikhaïl Khodorkovski, Vladimir Yevtushenkov…..). S’agissant de la nomenklatura, il remplacé progressivement les proches de Eltsine par des hommes à lui à tous les postes clefs.
L’influence du Congrès juif de Russie s’en est trouvé, peu à peu, considérablement réduite.

 

10- Poutine sait depuis longtemps qui a monté, contre les intérêts russes, le coup d’État de Maidan en Ukraine alors qu’il préparait et tentait de réussir ses jeux olympiques de Sotchi. Il sait que Victoria Nulland, maître d’oeuvre US de ce coup d’état, est une néoconservatrice pure et dure d’ascendance ashkénaze. Il connaît les liens très étroits qui lient les néoconservateurs US à l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Commitee) et l’AIPAC à Israël. Il connaît ceux qui, au Congrès US, s’opposent aujourd’hui à toute amélioration des relations USA Russie, pourtant souhaitée par . Il sait l’influence qu’exerce Benjamin Netanyahu sur ces « néocons » du Congrès US.

 

Au total, le simple examen des faits ci dessus évoqués montre que la Russie de Poutine et l’État Hébreu de Benjamin Netanyahu ne peuvent être que des adversaires irréductibles.

Ces deux hommes qui ne respectent que la force et les chefs d’état forts qui leur ressemblent, ne peuvent que se respecter, voire s’estimer, tout en s’opposant farouchement et froidement l’un à l’autre.

Tous les moyens vont être utilisés par les deux partis pour isoler, affaiblir, neutraliser l’adversaire. S’agissant d’Israël ces moyens utilisés vont inclure l’action conjointe de tous les lobbies qui le soutiennent dans de grands pays (USA, France, GB, Canada, Australie, mais aussi Russie, Brésil, Argentine). Ces lobbies qui lui sont attachés sont particulièrement actifs dans la politique, les médias, les affaires et chez les people.

Le russian bashing dans les médias occidentaux et l’attaque systématique dans ces mêmes médias de tous ceux qui, de près ou de loin, soutiennent la Russie ou veulent simplement dialoguer avec, ou avec tout autre adversaire d’Israël, peuvent facilement se comprendre ainsi.

II - RELATIONS USA-ISRAEL

La relation « fusionnelle » entre les États Unis et Israël est mieux connue, plus ouverte, mais rares sont ceux qui en identifient tous les ressorts et connaissent la véritable ampleur de l’influence de l’état hébreu sur la politique étrangère US.

Il faut se souvenir que le vote de la résolution 181 des Nations Unies sur le plan de partage de la Palestine et la reconnaissance d’un État juif n’a été obtenu le 29 novembre 1947 qu’après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947. Les votes favorables n’étant pas suffisants en septembre et toujours pas le 25 novembre, le Yichouv représentant le mouvement sioniste en Palestine, a fait appel à la riche communauté juive américaine et en particulier à la « Zionist Organization of America (ZOA) » pour faire pression sur le gouvernement US afin qu’il incite certains états, en situation de dépendance, à changer leur vote.

Cet appel a porté ses fruits puisque 8 états (dont la France, fortement dépendante du plan Marshall) ont changé leur vote en 4 jours, entre le 25 et le 29 novembre 1947 permettant enfin la reconnaissance de l’état d’Israël. Notons, pour l’anecdote, que Staline, croyant que Ben Gourion allait faire du nouvel état un état communiste, a fait voter en faveur du plan de partage.

A la suite de cette première réussite dans l’instrumentalisation de la communauté juive américaine, l’état hébreu a compris tout l’intérêt d’organiser et de cultiver sa relation avec les États Unis, pays surpuissant, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto.

Dès 1951, l’AIPAC (American Israeli Public Affairs Comittee), principal outil d’influence d’Israël sur le gouvernement des États-Unis, est créé. Il se donne six objectifs principaux :

 

• Faire du lobbying auprès du Congrès américain et de la Maison Blanche pour préserver les intérêts israéliens,

• S’assurer du veto des États-Unis contre toute résolution de l’ONU condamnant les actions israéliennes,

• Assurer une aide financière et militaire généreuse envers Israël,

• Préparer la future génération de leaders US pro Israéliens,

• Surveiller les votes et les propos des élus américains concernant les affaires liées de près ou de loin à Israël,

• Coordonner et orienter les donations des juifs américains pour les candidats aux élections, notamment présidentielles.

 

Il est important de noter que ce puissant lobby est riche, bipartisan et plutôt transparent.
Après plus de 65 ans d’existence, il est particulièrement efficace tant chez les Démocrates que chez les Républicains. Il ne cache pas grand-chose de ses objectifs et de ses méthodes.
C’est peut être, en partie, ce qui fait sa force.

Il est également important de noter qu’au travers des donations aux candidats aux élections, l’AIPAC « achète » évidemment le vote du parlementaire élu grâce à son aide, ou la position de politique étrangère du Président des États-Unis élu grâce aux donations de ses membres, ou des postes clefs de conseillers dans la haute administration US, notamment dans la politique étrangère, dans le secteur de la défense et dans le renseignement.

L’AIPAC peut évidemment compter sur une très forte majorité des médias qu’il contrôle et qui lui est dévouée et sur de nombreux « people » qu’il a contribué à promouvoir.

A noter que ce système qui fonctionne de manière ouverte aux USA, existe aussi, mais de manière plus occulte, dans certains autres pays de la « coalition occidentale ».

Pour compléter ce dispositif, le Mossad a mis en place, principalement aux USA mais aussi ailleurs, un dispositif très efficace facilitant le renseignement et l’action directe. Il s’agit du système unique des sayanims, individus de bon niveau et bien placés dans la société, membres de la diaspora et acceptant d’aider Israël. . Ce système est parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa courte conférence consultable sur You Tube : https://www.youtube.com/watch ?v=2FYAHjkTyKU Selon lui, ils seraient environ 15 000 aux USA.

Ce dispositif est également évoqué par Victor Ostrovsky, ancien agent du Mossad ayant fait défection, ou par Gordon Thomas, dans son livre : « l’histoire secrète du Mossad ».

Enfin l’AIPAC, outil d’influence d’Israël au coeur de la gouvernance US, est très lié à l’idéologie néoconservatrice. Ce lien apparaît clairement dans l’article de Laurent Guyenot de mars 2013.

Extrait : « Le néoconservatisme, qui est généralement perçu comme une droite républicaine extrême, est en réalité un mouvement intellectuel né à la fin des années 1960 au sein de la rédaction de la revue mensuelle Commentary, l’organe de presse de l’American Jewish Committee qui a remplacé le Contemporary Jewish Record en 1945.

The Forward, le plus ancien quotidien juif américain, écrit dans un article de 2006 : « S’il y a un mouvement intellectuel en Amérique dont les juifs peuvent revendiquer l’invention, c’est bien le néoconservatisme. Cette pensée horrifiera sans doute la plupart des juifs américains, majoritairement libéraux.

Et pourtant c’est un fait qu’en tant que philosophie politique, le néoconservatisme est né parmi les enfants des immigrants juifs et qu’il est actuellement le domaine particulier des petits-enfants de ces immigrants ». L’apologiste du néoconservatisme Murray Friedman explique cela par la bénéficience inhérente au judaïsme, « l’idée que les juifs ont été placés sur terre pour en faire un monde meilleur, peut-être même plus sacré. »

On peut effectivement constater que les principaux néoconservateurs américains qui ont fondé le PNAC ( Project for a New American Century ) en 1997, et rédigé son texte de référence « Rebuilding America’s Defenses » en 2000, sont d’ascendance juive Krauthammer, Kristol, Podhoretz, Perle, Kagan, Horowitz, Wolfowitz, etc.)

Depuis septembre 2001, ce sont bien les néoconservateurs qui ont initié la politique d’ingérence US tous azimuts et tous prétextes de Bush (Irak, Afghanistan), et qui ont continué, à un moindre degré sous Obama, à influencer la politique étrangère (printemps arabes, Libye, Syrie, Yémen, Ukraine). Si le PNAC est bien mort en 2006 suite au conflit irakien, l’idéologie néoconservatrice, elle, imprègne encore les esprits dans la politique et la haute administration US.

Obama n’a réussi à échapper à cette influence « néoconservatrice-AIPAC » qu’à troisoccasions, lors de son second mandat, alors qu’il ne cherchait plus la réélection :


le refus d’appliquer des frappes sur les forces du régime syrien du 30 août 2013,

l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015,

l’abstention US lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la poursuite des implantations israéliennes en Palestine occupée du 23 décembre 2016.

L’influence incontournable et la puissance de l’AIPAC se sont clairement exprimées lorsque Benjamin Netanyahu a pu se faire inviter par le président du Congrès US à prononcer un discours, devant les parlementaires, le 3 mars 2015, contre la volonté du Président Obama, ce qu’aucun autre chef d’état au monde n’est capable de faire, et ce qu’il a probablement payé le 23décembre 2016.

Quid de la relation entre l’AIPAC et Trump aujourd’hui ?

Le 21 Mars 2016, Hillary Clinton et Trump ont effectué leur « grand oral » à la conférence annuelle de l’AIPAC. Le flamboyant Trump a fait un tabac auprès des congressistes mais pourtant, c’est la prévisible et plus « docile » Hillary qui a été adoubée par la direction de l’AIPAC au grand dam de ses militants.

Notons au passage un élément important de ce choix : H. Clinton affichait son hostilité, voire une véritable agressivité à l’égard de la Russie tandis que Trump proclamait qu’il fallait s’entendre avec les russes et coopérer avec eux dans la lutte contre le terrorisme.

La position de Trump sur la Russie ne pouvait qu’indisposer l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, adversaire de la Russie, et les néoconservateurs (liés à l’AIPAC), partisan d’une suprématie sans partage des USA et donc d’une lutte sans merci contre tout « challenger » pouvant contester leur monopole de superpuissance.

Conformément aux objectifs qu’il s’est fixé, l’AIPAC a orienté les donateurs vers les deux candidats, en privilégiant très fortement H. Clinton. Dans les dix derniers jours de campagne, anticipant une possible victoire de Trump, l’AIPAC a fait un petit effort en sa faveur pour faire valoir son image bipartisane et surtout pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Bien lui en a pris.

Plusieurs journaux de l’état hébreu tel Haaretz, le Jerusalem Post, JSS News, se sont réjouis du niveau des donations de la communauté juive américaine aux deux candidats : Selon JSS News et le Jérusalem Post, 50% des donateurs de Clinton et 25% des donateurs de Trump étaient juifs.
Selon Haaretz qui nous a livré leurs noms, les 5 plus gros donateurs de Clinton étaient également juifs. Cela donne une idée du niveau de l’investissement de l’AIPAC, représentant les intérêts d’Israël, dans la campagne présidentielle US. Cela donne aussi une idée du niveau des retours sur investissement attendus par l’AIPAC.

Quels ont été ces retours jusqu’à présent ? Ils semblent à la hauteur de l’investissement mais sans plus. Il y a :


La promesse de campagne de transférer l’ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem, dont nul ne sait si Trump la tiendra,

Le projet de décret présidentiel contre l’ONU qui a osé défier Israël par une condamnation de la politique d’implantation en Palestine occupée, à l’unanimité du conseil de sécurité (14 à 0, abstention US). Nul ne sait encore si Trump va signer ce décret.,

La nomination comme ambassadeur en Israël de David Friedman, soutien de la colonisation israélienne en Cisjordanie et adversaire déclaré d’une solution à deux Etats,

La nomination comme conseiller spécial sur les affaires du Proche et Moyen orient de Jared Kushner, 36 ans, gendre de Trump et mari d’Ivanka, juif orthodoxe, soutien assumé d’IDF (Israeli Defense Forces), sayan dont l’impartialité sur le problème israélo-palestinien est loin d’être évidente.

La nomination de quelques membres du cabinet : Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, Gary Cohn, directeur au budget entre autres.

Mais Trump a également mis en place de puissants contre-pouvoirs en nommant Steve Bannon, haut conseiller à la stratégie. Directeur de campagne de Trump mais trop indépendant de l’AIPAC, Bannon dérange au point qu’une campagne est organisée contre lui pour obtenir son départ. Il est qualifié de raciste, de suppôt de l’extrême droite et d’antisémite par ses opposants dont il n’est pas très compliqué de savoir qui les instrumentalise en sous-main.

Trump a également nommé au département d’État (ministère des affaires étrangères) Rex W Tillerson, un proche de Vladimir Poutine, décoré par lui de l’ordre russe de l’amitié en 2013. Ceci ne fait les affaires ni de l’AIPAC, ni d’Israël. Lors de son audition par la commission des affaires étrangères, Tillerson a dû simuler une prise de distance suffisante avec la Russie pour pouvoir obtenir sa confirmation mais il a du aussi promettre de prendre Elliot Abrams, candidat de l’AIPAC, comme adjoint.

Sur le conseil de Steve Bannon, Trump a refusé d’attribuer le poste d’adjoint de Tillerson à Elliot Abrams, néoconservateur pur et dur, gendre de Norman Podhoretz, gourou de l’idéologie néoconservatrice et membre éminent du lobby pro-israélien. C’est un échec de l’AIPAC qui tentait d’infiltrer l’un des siens au plus haut niveau de la politique étrangère US. Les choses sont parfaitement claires : Trump et Bannon ne veulent pas d’une politique étrangère inspirée par les néocons et par l’AIPAC.

Enfin Trump a nommé à des poste clefs 4 généraux (un record) qui ne semblent pas avoir de liens avec l’AIPAC. Flynn, conseiller à la Sécurité Nationale ; Mattis, secrétaire à la Défense ; Kelly, secrétaire à la sécurité du territoire ; Zinke, secrétaire à l’intérieur.

Lors de la période de transition et alors que Trump était en conflit avec la CIA sur l’ingérence présumée des russes dans la campagne électorale US, c’est le directeur du MOSSAD Yossi Cohen qui est venu, le 17 décembre 2016, exposer à l’équipe de Trump sa vision de la situation internationale, notamment au Proche et Moyen Orient et sur le conflit israélo-palestinien, en présence de Yaakov Nagel, chef du conseil de sécurité national israélien et de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux États Unis. C’est encore Israël qui a lancé la première invitation pour une visite d’État au nouveau président US.

Ceux qui souhaitent creuser le sujet des relations USA-Israël peuvent se référer à l’excellent ouvrage de John Mearsheimer et Stephen Walt, deux universitaires de très haut niveau en science politique des l’universités de Chicago et d’Harvard : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine ». (Résumé en français sur :
http://republique-des-lettres.fr/10050-mearsheimer-walt.php

Les deux universitaires ont évidemment perdu leur poste et leur carrière (la liberté d’expression a des limites aux USA et les vérités ne sont pas toutes bonnes à dire), mais cela donne de la crédibilité à l’ouvrage qui est intéressant et très argumenté.

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, examinons maintenant où en sont les relations USA Russie et leur possible évolution.

III- RELATIONS USA-RUSSIE.

Sous l’influence des néoconservateurs US, démocrates et républicains, liés à l’AIPAC, et avec l’appui quasi unanime des médias états-uniens dont on sait qui les contrôle, le Russian Bashing (dénigrement systématique de la Russie), est devenu très à la mode Outre-Atlantique. Dans ces conditions, les relations USA-Russie ne peuvent être bonnes et auront bien du mal à s’améliorer.

Il y a, bien sûr, l’héritage lointain de la guerre froide dont on laisse entendre aux populationsoccidentale qu’elle est de retour en raison de la volonté et des actions du « dictateur ( ?) » Poutine ;

Il y a « ce méchant Poutine, allié de Bachar, qui ne combat pas DAESH ???, mais qui massacre les pauvres « terroristes modérés » qui veulent promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Syrie » ; « Ce méchant Poutine qui écrase ALEP sous les bombes, et qu’il faudrait juger au TPO (Tribunal Pénal Occidental) pour crime de guerre et crime contre l’humanité ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui agresse la pauvre Ukraine et annexe la Crimée (on n’ose pas ajouter contre la volonté de sa population) » ; et qui soutient les deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk contre le gouvernement légitime ( ?), issu du coup d’état de Maidan ; »

Il y a « ce méchant Poutine qui provoque l’OTAN et menace l’occident tout entier par ses actions en Ukraine et au Proche orient ; » et qui ose faire transiter sa flotte par la Manche.

Il y a aussi« ce méchant Poutine qui vient perturber les élections US en favorisant l’élection de Trump » et qui, avec Wikileaks et Julien Assange complote contre les États-Unis ; »

Il y a, encore et toujours, « ce méchant Poutine, qui envoie 100 hooligans, super entraînés au combat, rosser 2 000 supporters (et hooligans) anglais lors de la coupe du monde de football ; »

Il y a ce méchant Poutine qui dope ses athlètes et dont le pays doit être interdit de JO, alors que nous, gentils occidentaux, ne dopons jamais nos sportifs (sauf exceptionnellement tout de même : Lance Armstrong et beaucoup d’autres).

Il y a enfin « ce méchant Poutine qui, à l’ONU, met son veto, avec la Chine, à toutes les excellentes résolutions que nous proposons pour favoriser la paix dans le monde et l’instauration de la démocratie ; »

Il y a même, pour les météorologues, ces vagues de froid désagréables qui nous viennent de Sibérie, pays du méchant Poutine.

Depuis que Trump a exprimé sa volonté d’améliorer la relation USA-Russie ..., l’hystérie russophobe a véritablement explosé dans tous les milieux sous forte influence AIPAC (camp démocrate, néocons, médias, sayanims, people).

Qu’on en ait eu conscience ou non, Israël a certainement indiqué sa préférence à la direction de l’AIPAC, son relais aux États-Unis, pour qu’il soutienne prioritairement la russophobe Clinton dans l’élection présidentielle. L’AIPAC l’a fait de manière très officielle en mars 2016. Si Tel Aviv ne l’avait pas voulu, il ne l’aurait pas fait.

Aujourd’hui, Israël n’a pas changé d’avis. Trump, le russophile, élu malgré tous les efforts consentis pour le faire battre, avec 95% des médias contre lui, un budget de campagne de 800millions de $, très inférieur à celui de Clinton (1,3 milliard de $) n’est pas le Président espéré parTel Aviv et il faut donc le mettre dans une situation telle qu’il ne puisse pas réaliser un rapprochement avec la Russie, préjudiciable aux intérêts israéliens.

Soutenus par l’AIPAC, les néoconservateurs et les sayanims de tous les secteurs, les médias et les people sont à la manoeuvre. Le milliardaire SOROS, 87 ans, d’ascendance ashkénaze, bien connu pour avoir financé toutes les « révolutions colorées » dans le monde, expert de classe mondiale dans la création du chaos, fervent soutien et second principal donateur de la campagned’Hillary, dirige la dissidence en finançant très ouvertement les manifestations anti-Trump dans quelques grandes villes à forte majorité démocrate. Ces manifestations sont évidemment relayées et leur ampleur fortement exagérée par des médias complices, y compris en Europe.

Du côté du Congrès, Netanyahu et l’AIPAC comptent aussi sur l’appui de leurs nombreux soutiens néocons démocrates mais aussi républicains.

Dans le propre camp du Président élu, le sénateur Mc Cain, président de la commission de la défense, et le sénateur Lindsay Graham, président de la commission des affaires étrangères, ont déjà déclaré leur opposition déterminée à toute levée par Trump des sanctions contre la Russie.
Ils ont même menacé Trump de passer par la voie législative pour interdire tout rapprochement jugé contraire aux intérêts des États Unis et à la sécurité nationale.

Les jeunes sénateurs Rubio et Cruz, anciens concurrents de Trump à la primaire républicaine, qui souhaitent évidemment poursuivre une brillante carrière politique, se sont prononcés, eux aussi, contre tout rapprochement avec « l’ennemi » Russe.

Dans de telles conditions, Trump aura du mal à faire valoir son point de vue et à tenir ses promesses de campagne. Il rencontrera beaucoup d’obstacles sur le chemin de la normalisation des relations avec la Russie. Il n’a pas la majorité au Congrès sur tous les sujets si l’on tient compte des parlementaires néocons de son propre camp qui travaillent directement pour l’état hébreu.

Pour conclure, sur les relations USA-Israël, le seul homme qui dispose vraiment de la majorité absolue au Congrès US aujourd’hui est bien Benjamin Netanyahu.

Mais Trump est un homme fort, déterminé et malin qui sait parler au peuple américain.
Contre toute attente, il a gagné les primaires républicaine. Contre toute attente, contre 95% des médias et des instituts de sondage, et avec moitié moins de dépenses que son adversaire, il a gagné la présidentielle. Il ne renoncera peut être pas à la normalisation des relations avec la Russie. Son Secrétaire d’État Tillerson est populaire. Il peut, à petit pas, y parvenir en obtenant, par exemple, un nouvel accord sur le désarmement.

En conclusion, on peut vraiment se demander si l’action bipartisane et combinée de l’AIPAC,des néoconservateurs et des sayanims US, tous étroitement unis dans la défense des intérêts de l’état hébreu, ne décide pas souvent de la politique étrangère des États Unis et donc de la paix ou de la guerre dans telle ou telle partie du monde.

Il est aussi fascinant de constater qu’Israël, petit État de 22 000 km² (2 fois le département de la Gironde), peuplé de 8,6 millions d’habitants (30% de moins que l’Île De France) puisse exercer une telle influence au niveau planétaire.

Ce système « pro-Israël » qui fonctionne parfaitement aux États Unis existe-t-il à l’identique dans d’autres pays ? La réponse est oui.

Un tel système existe, mais plus opaque, dans une bonne dizaine de pays au moins, parmi lesquels la France, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie mais aussi le Brésil, l’Argentine et même la Russie où il est, aujourd’hui, maîtrisé par Poutine.

En France, il existe bien un lobby dont l’influence a été évoquée par François Mitterand. Il existe bien des néocons qui influencent les décisions de politique étrangère et de défense. Le journaliste d’investigation Vincent Jauvert en a débusqué tout un groupe qui contrôlerait le Quai d’Orsay et serait gentiment surnommé par leurs collègues : « la secte ».

Quant aux sayanims, ils seraient environ 2000 en France selon Jacob Cohen. On les trouve évidemment dans le gouvernement et la haute administration, au parlement (60 députés francoisraéliens), aux Affaires Étrangères, à la Défense, dans le renseignement, dans la presse, dans l’audiovisuel, à la culture, dans les affaires et chez les people.

Ceci explique que notre politique étrangère soit strictement alignée sur celle des USA depuis 2007. Ceci explique aussi que notre presse se soit strictement alignée sur la presse US pour porter la candidature d’Hillary, la russophobe, contre Trump le russophile. Ceci explique enfin pourquoi nos médias poursuivent le dénigrement systématique de Trump avec leurs partenaires US.

On peut aussi se demander si le « système » décrit ci dessus, en essayant de promouvoir, pour les prochaines présidentielles française, un candidat à sa botte, ne fait pas payer à Mr François Fillon sa volonté affichée de dialogue avec Poutine et Bachar el Assad, deux adversaires d’Israël.

Le simple examen des noms, des CV et des entreprises des patrons des médias les plus agressifs envers Mr Fillon est, en effet, assez révélateur.

Il y a le groupe Le Monde avec Louis Dreyfus, Pierre Berge, et Niel (Le Monde, La Vie, Le Huffington Post, Le courrier international, le Nouvel observateur, rue 89, …etc….)

Mais il y a surtout les médias du franco-israélien DRAHI, sayan émérite, qui a reçu le prix Scopus de l’université hébraïque de Jérusalem le 18 mars 2015 : (L’Express, L’Expansion, L’Étudiant, Libération, BFMTV, RMC, I24 …etc... ),

Le nombre et la notoriété des titres coalisés autour de la candidature de Mr Macron, donc contre celle de François Fillon, sont impressionnants. Le bon peuple sera-t-il dupe ? Rien n’est moins sûr.

A noter, pour l’anecdote, quatre faits incontestables :

1 - Mr Macron, ministre des finances, a aidé Mr Drahi, en lui accordant un feu vert de Bercy le 28 octobre 2014 pour racheter SFR. Ce feu vert avait été refusé par son prédécesseur parce qu’il posait des problèmes importants de surendettement, de fiscalité, et de concurrence. Mr Montebourg, ministre précédant Mr Macron, disait de Mr Drahi : « Il a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey, dans un paradis fiscal, et lui-même est résident suisse ».

2 – L’empire Drahi a aujourd’hui une dette colossale de 50 milliards d’euros, plus élevée que celle de Madoff au moment de sa faillite. Il va avoir besoin de soutien dans les années à venir , pour sortir du surendettement dans lequel il se trouve, d’autant que la valeur de ses actifs ne cessent de chuter en bourse. A moins que l’épilogue de cette aventure Drahi ne ressemble à celle des affaires Stavisky ou Madoff.

3 – Le banquier de Mr Drahi, Bernard Mourad, ancien de la banque Morgan Stanley, devenu patron de Altice média (du Groupe Drahi), a démissionné de ses fonction en Octobre 2016 pour devenir conseiller spécial d’Emmanuel Macron.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/bernard-mourad-ancien-banquier-de-patrickdrahi-rejoint-emmanuel-macron_5008158_823448.html

4 – L’empire médiatique de Drahi soutient aujourd’hui avec une énergie farouche la candidature de Mr Macron en tentant d’écraser Mr Fillon. Il ne s’agit peut être que de coïncidence, mais cela ressemble furieusement à un renvoi d’ascenseur pour le feu vert d’octobre 2014 et à nouvel investissement de l’empire Drahi pour les années à venir. Une campagne électorale coûte cher. Qui donc finance celle de Mr Macron ?

Les médias de Drahi et de Bergé décideront-ils, à eux seuls, de l’issue du scrutin d’avril prochain , en « travaillant » quotidiennement au corps les électeurs français ?

Les français auront-ils un sursaut de lucidité en rejetant cette forte incitation médiatique à voter selon le plan des Drahi, Bergé et consorts, et en faisant mentir les sondages comme ils l’ont fait en novembre et janvier dernier ?

L’avenir nous le dira.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 17:42

Par Karine Bechet-Golovko source   https://russiepolitics

 

 

Les actualités regorgent des exploits de la Russie. Elle fait élire Trump, elle s'apprête à envahir l'Europe, elle fausse les élections en France, elle sauve le tyran Assad, elle soutient les "séparatistes" ukrainiens. Que ne fait-elle encore? Il serait certainement plus rapide d'énumérer les évènements marquants qui ne sont pas le fait de la Russie. Autrement dit, à en croire les politiciens occidentaux, nous sommes entrés dans l'ère d'une gouvernance russe globale. J'ai bien compris? Ce qui, en effet, justifie le renforcement de l'OTAN et des Etats Unis en Europe. J'ai toujours bien compris?

 

Nous apprenons avec beaucoup d'inquiétude que la Russie, après avoir retourné l'équipe de Trump (continuant pourtant la même politique à l'égard de la Russie) et fait perdre H. Clinton, va s'occuper des élections françaises. Ceci est une conclusion très sérieuse de la non moins sérieuse DGSE. D'autant plus que la Russie aurait déjà sévit contre ce divin E. Macron en piratant son site En Marche. Et tout cela pourquoi? Pour faire élire M. Le Pen, what else? Car bien évidemment, les élections ne se gagnent pas avec les voix populaires. Comme toujours, c'est le Canard national qui révèle l'info. Il est très actif en politique cette année, mais peu importe, il remplit sa fonction, qui n'a rien de journalistique. Bref, la Russie constitue une menace en matière de cyberterrorisme.

 

Mais pas uniquement, car bien entendu les pays de l'Est, entrés dans l'UE faute de pouvoir ajouter une étoile au drapeau américain, et pour leur plus grand malheur restant toujours "à l'Est" (la géographie politique a ses limites que la raison reconnaît encore), se font l'écho d'une prochaine invasion russe. Si, si ... les chars arrivent. En l'occurrence, ils sont américains. Mais c'est une chance, c'est l'Atlantic resolve. L'on attend 3500 soldats américains, 87 chars et 550 blindés. Les premiers chars sont arrivés en Pologne et en Bulgarie et les pays baltes sont impatients de recevoir leurs unités de réactions rapides, qui permettent une intervention en 24h vers les frontières russes, évidemment, en cas d'attaque. Bon, pour l'instant, cela reste très théorique, car il faut encore y construire les infrastructures, qui sont inadaptées aux structures de l'OTAN. Et vue la faible importance du contingent, heureusement pour ces pays que la menace est toute virtuelle. En revanche, l'agression politique est bien réelle, mais de celle-là nous garderons un pieux silence, car la Russie est bien sûr responsable d'avoir rapproché ses frontières des bases de l'OTAN. Il ne s'agit donc pas d'une agression, mais d'une défense. Ouf, l'honneur est sauf.

 

Les Etats Unis, eux, se sont bien organisés. La Lituanie et l'Estonie, qui après tant d'années en vain dans l'Alliance viennent enfin de trouver leur place, ont signé avec les Etats Unis les accords SOFA sur le statut des troupes américaines dans ces pays. Ces accords prévoient l'exclusivité de juridiction américaine pour tout ce qui concerne ses soldats. Seuls les crimes graves pourront, peut-être, ressortir de la compétence des juridictions nationales. Les pays qui abritent des troupes américaines depuis longtemps, comme le Japon, savent ce dont ils sont capables au quotidien, dans un pays occupé.

 

Dans tous les cas, les pays de l'Est sont heureux et soulagés. Heureux de trouver une protection contre cette mystérieuse et incontournable "menace russe". Ce qui permet à J. Mattis, le nouveau secrétaire à la défense US, de mettre les points sur les i: si vous voulez notre protection, il faudra jouer selon nos règles, les temps ont changé:

L'Alliance reste un socle fondamental pour les États-Unis. (...) l'Amérique va assumer ses responsabilités, mais si vos nations ne veulent pas voir l'Amérique modérer son engagement envers cette Alliance, chacune de vos capitales doit montrer son soutien à notre défense commune. (...) Les Américains ne peuvent pas se soucier davantage de la sécurité future de vos enfants que vous ne le faites vous-mêmes.

Tout a un prix, les prostituées paient bien leur part à leur protecteur, ici, il s'agit de 2% du budget national. Sinon, les pays de l'Alliance peuvent toujours changer de souteneur ou bien s'autonomiser, ce dont ils ont une peur panique. Aujourd'hui les autres 27 membres sont rassurés, le chef a envoyé son représentant, tout restera comme avant, il faudra juste payer un peu plus cher. Qu'à cela ne tienne, l'indépendance serait par trop dangereuse. Surtout face à cette "menace russe".

 

Mais au fait, quelle est cette "menace russe"? Est-ce le risque pour ce Système, dont la plus grande force est son absence totale de morale, de montrer son visage inique? La rupture réelle qui existe et s'agrandit entre les aspirations des populations et les choix idéologiques des groupes dirigeants? Est-ce le fait que nos sociétés ne sont gouvernées que par une minorité à laquelle il faut donner le masque de la supériorité pour justifier sa position?

 

Quelle est cette "menace russe"? L'excuse sans laquelle il ne serait plus possible de justifier les politiques anti-sociales, les politiques liberticides, les tendances totalitaires - dans le sens où ces sociétés veulent créer un homme nouveau, sans racines, sans passé, qui vit ici et maintenant, donc un être sans avenir?

 

Quelle est la "menace russe"? Sinon la peur que le Système (1) a de lui-même, de son inconsistance et de sa vacuité.

 

Addendum :

1 Système de prédation occidental. En fait le capitalisme qui entend asservir l’ensemble des peuples de la planète à ses appétits de lucre par le mensonge, le sophisme jusqu’à la force des armes et des moyens de destruction les plus massifs. C’est le pouvoir de quelques nantis d’imposer leur volonté, aidés de leurs valets conscients ou inconscients, au détriment du plus grand nombre : C’est cela la règle d’or de la démocratie bourgeoise dont les représentants se font élire sur la base de promesses jamais tenues.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 10:49

Conférence de presse du Dr Bachar al-Jaafari, représentant permanent de la République Arabe Syrienne à L’ONU, suite à la réunion d’Astana 2 :

Reprise sur réseau international

 

Merci à vous tous, je m’exprimerai en arabe, mais je pense que vous aurez la traduction simultanée

Notre évaluation du processus d’Astana est positive tant qu’il sert le noble but pour lequel nous sommes venus jusqu’ici. Et c’est essentiellement :

 

  • la consolidation effective de l’accord de cessation des hostilités,
  • le suivi de la séparation des groupes armés ayant signé cet accord de ceux qui ont refusé de le signer, c’est-à-dire la séparation entre ceux qui croient en une solution politique et les terroristes,
  • pour qu’ensuite, tous les signataires, y compris les trois États garants et les groupes terroristes ayant consenti à signer cet accord, soient obligatoirement engagés à combattre le terrorisme et à soutenir les efforts de l’Armée arabe syrienne, de ses amis et de ses alliés.
  •  

À notre avis, Astana 2 a préparé la voie au prochain congrès de Genève, lequel devra tenir compte des résultats d’aujourd’hui et de la réunion d’Astana 1 [23 et 24 janvier 2017] , de telle sorte que les travaux de ces deux réunions soient au cœur de ce qui sera discuté à Genève, car nous ne pouvons pas éternellement repartir de zéro en faisant mine d’oublier tous les acquis des réunions précédentes.

 

Nos rencontres avec les amis russes et les frères iraniens ont été fructueuses et ont largement contribué à la tenue de la réunion d’aujourd’hui. Nous remercions nos amis kazakhstanais des efforts consentis pour sa préparation.

 

La Syrie, soucieuse d’arrêter l’effusion du sang syrien, s’est engagée à respecter les dispositions de l’accord de cessation des hostilités, mais se réserve le droit de riposter à toute violation de ces dispositions par les groupes terroristes armés. Toute personne qui les violerait sera considérée comme une cible terroriste et légitimement combattue par l’Armée arabe syrienne, ses amis et ses alliés.

 

Mon pays poursuivra ses efforts afin de libérer chaque pouce de son territoire de l’emprise des organisations terroristes notoirement connues, c’est-à-dire Daech, le Front al-Nosra et dérivées, ainsi que celles qui ne se seront pas engagées dans le processus de cessation des hostilités.

 

Je voudrais souligner que la non publication d’un communiqué final est essentiellement due à l’arrivée très tardive de la délégation turque et de la délégation des groupes terroristes armés. Comme vous le savez, elles ne sont arrivées qu’aujourd’hui [non la veille comme prévu], ce qui indique non seulement leur manque de sérieux, mais aussi leur volonté évidente de mettre obstacle à cette réunion et de la faire échouer ; d’autant plus que la délégation turque est arrivée réduite à un niveau de représentativité incompatible avec les prétentions d’un État garant de l’accord tripartite [Russie-Iran-Turquie] et s’est opposée au projet du communiqué final de la réunion d’aujourd’hui.

 

Ici, nous tenons à rendre justice au pays hôte, le Kazakhstan, et aux deux délégations amies russe et iranienne pour avoir réussi à cerner et à contenir ces manœuvres cherchant à bloquer le processus d’Astana et à gaspiller tous les efforts déployés depuis Astana 1, pour nous ramener à zéro. Ceci en ce qui concerne la forme adoptée par la délégation turque, qui a donc lamentablement échoué.

 

Quant au fond, je veux dire que la Turquie est responsable des violations de la souveraineté syrienne. Comme vous le savez tous, le gouvernement turc est censé contrôler une frontière commune de 910 Kms. Il ne le fait toujours pas et continue à faciliter l’entrée de dizaines de milliers de mercenaires étrangers, venus des quatre coins de la planète, dans mon pays. Par conséquent, s’il se prétend garant du processus d’Astana, il doit obligatoirement fermer sa frontière au déferlement de terroristes en Syrie. Il ne peut pas jouer le rôle d’un pyromane et d’un pompier à la fois. Et, actuellement, il joue le rôle de pyromane.

 

La Turquie doit aussi retirer ses forces d’invasion de notre territoire et respecter le communiqué d’Astana 1 « se fondant sur le principe du plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne », comme vous le savez.

 

Voici, globalement, ce que je souhaitais porter à l’attention des médias quant à l’évaluation des travaux d’Astana 2 par la délégation syrienne. Maintenant, je répondrai seulement à quelques questions.

________________________________________________

Question 1 : Un tel comportement de la part des délégations de la Turquie et des factions armées, n’embarrasse-t-il pas les deux autres États garants ? Et dans ce cas, qu’attendent-ils de la prochaine réunion à Genève ?

Bachar al-Jaafari : Évidemment que l’arrivée si tardive de la délégation turque à Astana, sa représentativité réduite et son refus d’adhérer au projet du communiqué final sont embarrassants pour les autres États garants et le pays hôte. Quant à la deuxième partie de votre question, il serait plus opportun de la poser aux trois États garants.

 

Question 2 : Il a été question d’intégrer d’autres régions peuplées au processus de cessation des hostilités. En avez-vous discuté ?

Bachar al-Jaafari : Non, ce sujet n’a pas été discuté. Il sera étudié par les experts militaires.

 

Question 3 : Nombre de fuites parlent de désaccords sur le projet de Constitution et sur d’autres sujets. Pourquoi cette évaluation positive de votre part ? Et s’il existe des points de désaccord, quels sont-ils ?

Bachar al-Jaafari : Je répète que notre évaluation du processus d’Astana est positive. Il est fondé sur l’initiative du président Vladimir Poutine et du président Noursoultan Nazarbaïev, que nous remercions. Il repose, comme je viens de le dire, sur des principes acceptés par le gouvernement syrien : la lutte contre le terrorisme ; la séparation des groupes terroristes armés des groupes armés ayant signé l’accord de cessation des hostilités ; le combat commun contre le terrorisme ; la fermeture des frontières.

Autant de principes censés être respectés par les signataires, car ils constituent l’essence même d’Astana 1. Nous aurons sans doute besoin de patience pour voir la partie turque les mettre en pratique, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas. En l’occurrence, s’il y a du « négatif », c’est précisément le comportement turc.

 

Question 4 : Les trois États garants se sont entendus sur la formation d’un groupe de travail chargé de surveiller le cessez-le-feu. Comment cela devrait-il être appliqué sur le terrain ? Et sur ce sujet précis, qu’attendez-vous des factions armées dont les représentants ont participé aux réunions d’Astana ?

Bachar al-Jaafari : Premièrement, le document en rapport avec l’ensemble des opérations communes, auquel vous faites allusion, a été publié au nom des trois États garants et non au nom de l’ensemble des participants. C’est une précision que vous devez prendre en considération. Deuxièmement, ce document a certes fait l’objet de discussions entre les participants. Damas l’étudiera et donnera son avis ultérieurement.

 

Question 5 : [Question inaudible concernant le projet de Constitution russe pour la Syrie…]

Bachar al-Jaafari : Ce sujet de Constitution syrienne n’a absolument pas été discuté à cette réunion Astana 2. C’est un sujet exclusivement syrien qui ne supporte aucune ingérence étrangère.

 

Question 6 : Le chef de la délégation iranienne a parlé d’un accord sur un document et de désaccord sur deux autres, lesquels devront être discutés lors de futures réunions d’ici un mois. Pourriez-vous nous éclairer sur quoi portent ces désaccords et sur votre évaluation du rôle de la Jordanie qui a participé en tant qu’observateur ?

Bachar al-Jaafari : Un seul document a été soumis à discussion entre les trois États garants, les deux autres sont remis aux réunions prochaines à Astana.

Quant à la Jordanie, nous avons naturellement beaucoup, beaucoup de reproches concernant sa politique envers notre pays. Par son accueil de la salle d’opération MOK [de Military Operation Center au royaume de Jordanie, NdT] à Amman [*], comme par les facilités accordées aux mouvements terroristes à travers notre frontière commune, elle porte atteinte aux relations de bon voisinage, de fraternité et d’appartenance qui unissent nos deux pays.

Depuis quatre jours, huit factions terroristes mènent des attaques contre la ville de Daraa. Ces huit factions bénéficient toutes du soutien de la Jordanie. Elles ont lancé des milliers d’obus sur nos concitoyens innocents. C’est pourquoi nous attendons que les paroles de ses représentants soient conformes à ses actes sur le terrain. Les paroles mielleuses ne suffisent pas.

La Jordanie a été et reste une importante source de douleur et de perturbations pour notre peuple. Peut-être que sa participation à la réunion d’Astana en tant qu’observateur, comme je l’ai compris, contribuera à ce que Amman révise sa politique erronée à l’égard de la Syrie.

Merci Mesdames et Messieurs.

Dr Bachar al-Jaafari

Chef de la délégation de la République arabe syrienne à Astana

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

Source : Vidéo Al-Akhbariya (Syrie)

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/1337467149609634/

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:42

Par Gearóid Ó Colmáin repris sur Comité Valmy

 
 
 
 

 

 
Trump et la question du fascisme

Les élites européennes n’apprécient pas la victoire de Donald Trump. Les « gauchistes » universitaires pleins de suffisance en sont tout aussi malheureux. Le faux journal de gauche français Libération a dénommé le Président élu Trump « American Psycho » . Ils sont terriblement déçus que le politiquement correct puisse devenir passé de mode. Leurs sophistes professionnels ont été rameutés pour clarifier les choses. La liberté d’expression, écrivent-ils, n’est pas la liberté d’exprimer votre pensée mais le devoir de respecter les pensées des autres que soi : ainsi, je ne peux dire que ce qui plaira aux autres, ce qui n’offensera ou ne blessera personne. Nous sommes tout au fond de la poubelle intellectuelle libérale. Les lecteurs de Bret Easton Ellis seront surpris du choix d’ « American Psycho » pour décrire Trump. Dans le roman d’Ellis, Patrick Bateman est un banquier psychopathe de Wall Street dont le passe-temps est le meurtre – ça ressemble davantage à Hillary Clinton qu’à Donald Trump ! En ces temps de ténèbres, se diffuse la sensation étrange du pressentiment de Macbeth : « Rien n’est, que ce qu’il n’est pas. »

 

Le site web faussement de gauche financé par la haute finance Democracy Now ! déplore et se lamente également de la victoire de Trump. Ils ont publié la Une suivante : « Du premier président afro-américain à un président soutenu par le Klu Klux Klan : Trump l’emporte par surprise ». Democracy Now ! fait référence à David Duke, un « nationaliste blanc » qui fut naguère Grand Sorcier [Grand Wizard, NdT] du Klu Klux Klan. Il existe une différence fondamentale entre David Duke et Amy Goodman, l’animatrice de Democracy Now !. Duke a quitté le KKK il y a de nombreuses années et affirme ne plus les soutenir. Amy Goodman affirme s’opposer au KKK. Toutefois, quand des terroristes appuyés par la CIA ont pris le contrôle de la Libye en 2011, lynchant et décapitant publiquement des Libyens noirs, Amy Goodman soutenait la « révolution » raciste tandis que Duke s’y opposait. Il y a eu depuis lors des milliers de lynchages en Libye et en Syrie, et Goodman n’a pas une seule fois parlé des réelles causes de la guerre ; Goodman n’a pas interviewé une seule fois le moindre journaliste exposant les mensonges et la désinformation des médias corporatistes à l’endroit de deux dirigeants mondiaux de l’anti-racisme, Mouammar Qaddafi et Bachar al-Assad.

 

Duke et Goodman ont beaucoup plus de choses en commun qu’il y paraît à la plupart des gens. Duke fonde toute sa carrière sur le rabâchage de mensonges et de fables à propos de l’Union Soviétique et de l’idéologie communiste. Le même anti-communisme enragé forme le socle de l’idéologie anarcho-libérale de Democracy Now !. Mais j’ai davantage de respect pour Duke. Bien que tout ce qu’il avance sur le communisme repose sur la propagande et les mensonges impérialistes de la Guerre Froide diffusés par des agents du renseignement tel que Robert Conquest et des historiens malhonnêtes comme Timothy Snyder, Duke est honnête vis-à-vis de ses principes : il désire le retour de l’élite chrétienne blanche au pouvoir et la fin de la domination juive en Amérique. Il veut remplacer une caste dirigeante par une autre. Il ne fait pas semblant d’être de gauche.

 

Goodman sera heureuse de voir les États-Unis sombrer dans la guerre civile. Elle n’a pas besoin de s’en faire, étant massivement riche et protégée par la CIA. En fait, la guerre civile profitera à Demcracy Now !. Ils auront peut-être l’opportunité de faire semblant d’être des « révolutionnaires », dans le style « Printemps Arabe ». Quand vous avez d’anciens collabos des Nazis comme George Soros qui vous soutiennent, vous avez déjà de bonnes chances de succès dans la poche. Peut-être Goodman s’en fait-elle pour sa tribu juive, ce qui expliquerait pourquoi le Sionisme la finance. Le Sionisme n’a pas fait grand-chose pour les foules de Juifs des classes laborieuses qui se battent pour survivre dans les déserts du Moyen-Orient sous la férule réactionnaire du Likoud – encerclés par des terroristes wahhabites créés par ce même régime du Likoud – mais vous n’en entendrez pas parler sur le plateau de Democracy Now !. Donc avec Duke et Goodman, il y a le suprématisme blanc et le suprématisme juif. Peut-être ont-ils besoin l’un de l’autre !

 

Et désormais, les « anti-racistes » urbains blancs défilent dans les rues et deviennent de plus en plus violents. Quand Trump visitera l’Europe, nous verrons des manifestations gigantesques et des débordements de violence. Les « révolutionnaires à capuche » seront dans les rues. Les gens affirment que Trump est le nouvel Hitler, ce qui est à peu près aussi stupide que d’affirmer que Sanders est socialiste.

 

La géopolitique et l’extrême-droite

Le fascisme a été un mouvement social et politique réactionnaire créé par la bourgeoisie européenne afin d’empêcher une révolution prolétarienne à une époque où le premier état socialiste du monde était en train de prouver, par le biais d’une planification centralisée par l’état, qu’il était capable de générer un modèle supérieur de production. Les mouvements fascistes étaient une réaction à la menace d’une révolution sociale accomplie par les exploités contre leurs exploiteurs. Les gauchistes petits-bourgeois libéraux aiment pontifier sur la nécessité de l’établissement d’une « république sociale ». En France, l’un des chefs de file du mouvement Nuit Debout, Frédéric Lordon, a plusieurs fois fait référence à cette notion d’une république sociale. Mais une république sociale n’est possible que sur la base d’une alliance des classes sous la direction d’une bourgeoisie nationaliste volontariste et forte.

 

Il est par conséquent ironique de trouver des soi-disant « anti-fascistes » et des « fascistes » comme Marine Le Pen tous appeler de leurs vœux une « république sociale ». La différence entre les années 1930 et maintenant, cependant, est qu’à l’époque tout le monde parlait de socialisme. Les Soviétiques construisaient le socialisme selon les préceptes du marxisme scientifique, alors que l’Italie et l’Allemagne construisaient des états capitalistes dotés d’une orientation sociale. Mais si les petits-bourgeois gauchistes voulaient vraiment une « république sociale » de nos jours, ils devraient voter pour le Front National, qui appelle à la fondation d’une « république sociale » ! Les petits-bourgeois d’extrême-gauche et les petits-bourgeois d’extrême-droite veulent tous une république sociale. Les premiers sont des idéalistes et n’y parviendront jamais tandis que les seconds sont dans une certaine mesure des réalistes, mais profondément cyniques et désespérément obtus.

 

Dans les années 1930, la Grande-Bretagne et les États-Unis avaient besoin d’une Allemagne forte pour contrer l’URSS, ce qui explique leur soutien initial en faveur d’Hitler. Ils avaient également besoin de créer un contre-mouvement pouvant être présenté aux travailleurs comme du « socialisme ». Le national-socialisme en a été le résultat. Le régime national-socialiste fut utilisé par l’Occident pour détruire l’URSS – un fait reconnu par les Soviétiques après la guerre. L’Occident ne pouvait pas soutenir ouvertement le régime allemand car il aurait essuyé des révoltes domestiques de travailleurs. Les partis communistes en Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis étaient bien organisés et des grèves auraient pu bloquer toute l’activité économique dans ces pays. Puisque l’URSS n’existe plus, l’échiquier géopolitique est considérablement différent de nos jours, en comparaison des années 1930.

 

Aujourd’hui, des forces « progressives » sont à nouveau alliées à la Russie mais il existe une différence fondamentale : en Europe, l’extrême-droite est pro-russe. Cela n’exempte pas l’extrême-droite de tout reproche. L’extrême-droite et les partis populistes en général représentent une idéologie nationaliste bourgeoise et ont émergé suite à des décennies d’opposition à l’URSS révisionniste et à la RPC (République Populaire de Chine) d’une part, et au gauchisme trotskiste d’autre part. Lorsque ces deux idéologies anti-communistes sont devenues « La Gauche », il est malaisé de reprocher aux gens d’être de droite ! Un énorme segment du soutien à Donald Trump provient de l’ « Alt-Right » [droite « alternative », NdT], qui consiste en un galimatias d’idées contradictoires et de positions paradoxales. Le populisme d’aujourd’hui est favorable à l’intégration européenne et se présente comme formellement démocratique tandis que les mouvements fascistes des années 1930 étaient dictatoriaux, et ont servi aux puissances atlantiques pour séparer la péninsule européenne de la masse continentale eurasienne.

 

Aujourd’hui, le régime nazi en Ukraine est l’allié de l’élite impériale occidentale. Le fascisme des années 1930 était un instrument géopolitique de l’impérialisme anglo-saxon sur le continent européen. Le populisme de nos jours devient de plus en plus un allié de la diplomatie russe contre l’impérialisme occidental. Les médias russes en France, par exemple, offrent une couverture médiatique beaucoup plus favorable de l’actualité de Marine Le Pen que les médias grand public français. Le Pen a été contrainte de souscrire un emprunt dans une banque russe pour financer sa campagne électorale puisqu’elle affirme que toutes les banques françaises ont refusé de la financer. Les Russes n’ont pas de temps à perdre avec le gauchisme petit-bourgeois : ils ont abattu les Trotskistes dans les années 1930 et même pendant les heures les plus sombres du révisionnisme soviétique, les Russes et leurs frères d’Asie centrale n’ont jamais oublié l’homme que Lénine appelait « Judas Trotsky ». C’est l’une des principales raisons pour lesquelles il faut toujours respecter la Russie !

 

Par de nombreux aspects, la réémergence d’une Russie nationaliste hors des ruines de l’espace post-soviétique a généré une configuration des forces géopolitiques et idéologiques qui est totalement nouvelle. Ce qui était naguère considéré d’extrême-droite et réactionnaire est plus ou moins devenu progressiste et même révolutionnaire de nos jours. En Espagne dans les années 1930, les rebelles fascistes et les ultra-gauchistes trotskistes ont écrasé le front populaire des communistes et des libéraux, conservant l’oligarchie au pouvoir. Dorénavant, la bourgeoisie internationaliste « compradore », « l’élite au pouvoir », les « mondialistes » semblent être menacés par l’essor du populisme de la même manière que les oligarques étaient menacés par les démocrates sociaux dans les années 1930, et une fois de plus les agents de l’oligarchie sont les gauchistes trotskistes, qui appellent à une « république sociale » mais ne voient aucun inconvénient quand les élites occidentales qu’ils affirment combattre bombardent des républiques sociales telles que la Libye et la Syrie ; des gauchistes qui hurlent « fasciste » et « raciste » au service de la forme la plus brutale de néocolonialisme occidental.

 

D’un point de vue communiste, les populistes ne sont pas moins des ennemis de classe que les libéraux progressistes l’ont été durant les années 1930. Mais, contrairement à la situation des démocrates sociaux du siècle dernier, il n’y a aujourd’hui presque plus de communistes pour constituer une menace réelle au capitalisme monopolistique. De nos jours, les marxistes-léninistes manquent de l’unité et de la vision nécessaires pour devenir une force démocratique révolutionnaire. Beaucoup d’entre eux se préoccupent davantage de légitimer la confusion des genres sexuels sur les réseaux sociaux que de stimuler la révolution prolétarienne. Les contradictions du système impérialiste mondial mènent à la montée du populisme. Et il semble de plus en plus probable que le populisme soit en train de devenir la nouvelle phase de transition du capitalisme. Mais cette nouvelle période de transition sera-t-elle porteuse, ou néfaste ? C’est extrêmement difficile à dire. Beaucoup de valeurs sociales promues par le populisme, c’est-à-dire la famille, la tradition, l’authenticité culturelle etc. sont plus proches des valeurs prolétariennes que les valeurs promues par le libéralisme. Par conséquent, les communistes devront jouer un rôle-clé dans la gestion de la transition du populisme au socialisme. Mais il faudra au moins une décennie pour effectuer une révision historique et idéologique, ainsi qu’un activisme infatigable pour que s’opère une telle synthèse. Donc, tandis que le populisme de droite ne reste qu’une nouvelle formulation de la dictature de la bourgeoisie, il exprime néanmoins une capitulation devant des valeurs plus proches de celles du prolétariat. En termes léninistes, il représente une « Nouvelle Politique Économique » de l’impérialisme dans le projet capitaliste mondial : ils veulent faire un pas en arrière pour faire deux pas en avant. Notre objectif doit être de rendre ce pas en arrière celui d’une irrévocable déroute !

 

J’ai déjà théorisé ce schisme au cœur de l’impérialisme comme une guerre civile entre la bourgeoisie nationale et la bourgeoisie « compradore », ou entre le capitalisme financier et le capitalisme industriel. L’étendue du paradoxe mis en exergue par tout cela dans la définition de « la droite » et de « la gauche » trouve un exemple dans la visite de Poutine en Hongrie l’année dernière, où le dirigeant russe a rendu hommage aux soldats de l’Armée Rouge morts pendant la répression de la contre-révolution de la Hongrie populaire et démocratique, en 1956. [Viktor] Orban et ses disciples ont procédé à la réécriture de l’histoire hongroise de façon à présenter la droite horthiste comme des héros nationalistes, pendant que Poutine a apaisé les communistes et les nationalistes en Russie en présentant ses respects à l’Armée Rouge. Orban et Poutine sont idéologiquement similaires, pourtant les deux dirigeants se tiennent à l’intersection de courants historiques, idéologiques et géopolitiques contradictoires.

 

L’émergence d’un nouveau discours

L’ordre mondial impérialiste contemporain est en train de s’effondrer. Nous parvenons au dénouement d’une crise planétaire du capitalisme. Les États-Unis sont confrontés à la réalité qu’ils ne peuvent plus extérioriser toute leur industrie en Asie. Bien qu’il soit vrai que Donald Trump dispose d’une pléthore de néoconservateurs bellicistes en charge de son appareil de politique étrangère, il se profile la possibilité qu’une reconfiguration des alignements géopolitiques issue de l’échec de l’OTAN en Syrie et d’une nouvelle définition de ce qui peut être considéré comme progressif dans les réseaux sociaux, offre l’éventualité d’un changement dans le sens des forces anti-capitalistes. Que le discours soit droitiste ou gauchiste, le consensus croissant s’accorde que le capitalisme est le problème et que comme le disait [William Butler] Yeats, « le centre ne tient plus ».

 

Certaines éventualités sont à considérer vis-à-vis du régime Trump. Il ne fera pas la promotion de la pseudo-science LGBT avec autant de zèle pour lessiver l’esprit de nos jeunes enfants. L’Association Nationale pour la Recherche et la Thérapie de l’Homosexualité [NARTH, National Association for Research and Therapy of Homosexuality, NdT] ne sera peut-être plus poursuivie juridiquement ni mise au ban social par une interdiction judiciaire. Le Vice-Président Pence, bien que belliciste néoconservateur, possède néanmoins une opinion progressiste au regard de la sexualité et approuve le travail de NARTH. Cela ne fait pas de Pence un « progressiste » per se. Mais cela peut permettre aux leaders du mouvement de libération des Afro-Américains de se faire entendre. Ils ont dénoncé le rôle du mouvement LGBT dans son implication dans une guerre dirigée contre le mâle noir pour le compte d’une suprématie blanche – et juive en particulier.

 

Les milliers de scientifiques distingués qui ont exposé les problèmes de la théorie de Roger Revelle sur le réchauffement climatique anthropique sont maintenant peut-être mieux placés pour remettre en cause l’opinion de l’establishment sur la météorologie, qui a des effets dévastateurs sur les vies des gens qui travaillent ; cela serait un coup sérieux porté à la mondialisation, et orienterait également l’attention du public vers le projet mortifère et insensé de la géo-ingénierie – l’un des périls les plus extrêmes qui menacent l’Humanité.

 

Donald Trump s’est tant fait détester de l’establishment au pouvoir, qu’il a dû se tourner vers des sources médiatiques alternatives pour se faire entendre convenablement. Ceci démontre que l’oligarchie régnante, qui dépend tellement du contrôle de l’opinion publique, cherche désormais à coopter les voix alternatives pour les réorienter vers les intérêts de la faction trumpienne [sic] de la classe dirigeante. Alors que des agences d’information comme InfoWars d’Alex Jones diffusent régulièrement des nouvelles importantes et des analyses incisives, leur anti-communisme fanatique et l’influence sioniste y siégeant en fait un atout-clé de l’establishment trumpien en gestation.

 

La part d’Alex Jones dans l’élection de Trump traduit un développement positif dans la mesure où elle démontre le fait que l’appareil médiatique corporatiste traditionnel ne possède désormais plus la moindre crédibilité, et pourtant Jones est fait du même tissu que les ennemis de la classe laborieuse comme Trump. Une grande partie de l’agenda d’InfoWars consiste à déblatérer des mensonges à propos de tout système offrant une alternative au capitalisme. Le fait qu’ils ne proposent même pas de débat ou de discussion sur ce thème témoigne d’un manque de sincérité dans leur activisme en faveur de la « vérité ». Le comportement erratique, agressif et psychotique d’Alex Jones discrédite l’activisme authentique. Dans une nation où des centaines de milliers d’individus travaillent dans la « communauté du renseignement », il importe de conserver une attitude de vigilance scrupuleuse et constante.

 

Une attention poussée mérite d’être portée à la façon dont InfoWars couvrira le prochain attentat terroriste aux USA ou en Amérique, car cela pourra révéler de nombreuses choses à propos de l’establishment trumpien qui émerge. L’ « État Islamique » est d’ores et déjà actif et l’attention sera portée sur l’ « Islam radical ». Le fait qu’Abdul al-Wahhab, le taré qui a fondé la secte anti-islamique violente qui porte son nom – wahhabisme – au dix-huitième siècle était un Juif faussement converti à l’Islam sera gardé sous silence. Mais c’est le Sionisme qui est l’ennemi des États-Unis, pas l’Islam.

 

Un fait notable à propos de Trump et des populistes de droite en général, c’est la fonction caricaturale et vulgaire incluse dans l’articulation de leur discours, estimée être « taboue » ou « politiquement incorrecte » par l’establishment. Faire des appels du pied aux instincts les plus bas des masses lobotomisées est une stratégie classique de la classe dirigeante – surtout pendant une époque où la confiance en l’idéologie de la classe dirigeante est quasi-inexistante parmi la population. Vladimir Poutine de Russie a également eu recours à la vulgarité dans un effort destiné à plaire à « l’homme ordinaire ».

 

Mais la dissonance cognitive trumpienne qui repose sur l’évocation de sujets tabous et la prise de positions controversées comme sur l’agenda du mouvement LGBT et du réchauffement climatique figure des thèmes où l’analyse scientifique marxiste pourrait infiltrer et déconstruire ces débats spécieux, en démontrant comment la prolifération de la pseudo-science et de la perversion sexuelle sont les symptômes d’une économie politique capitaliste en déclin terminal.

 

C’est pourquoi un contre-mouvement issu de la gauche voulant lutter contre Trump ne peut pas « se rallier à » des vendus trotskistes comme Bernie Sanders, comme le plaident les philosophes Alain Badiou et Slavoj Zizek. Les gauchistes ont besoin de comprendre que le trumpisme est plus roche des valeurs prolétariennes telles qu’elles existent dans le régime capitaliste étasunien ; beaucoup de ces valeurs reflètent des attitudes agraires pré-capitalistes et Trump a gagné précisément parce que les travailleurs pouvaient davantage s’identifier à sa démagogie provinciale et raciste qu’avec les postures pseudo-internationalistes des petits-bourgeois. Ils devraient également relever, comme James Petras l’a souligné, que beaucoup d’électeurs ayant voté pour Trump venaient de la classe moyenne éduquée mais déshéritée.

 

Les attitudes agraires pré-capitalistes envers la famille et la sexualité sont plus propices aux relations altruistes d’amour et de parenté nécessaires à la formation d’une société socialiste. Le scepticisme à l’égard de la « science » officiellement admise qui se conforme avec un agenda libéral de capitalisme financier d’imposition de gouvernance mondiale par le biais d’une taxation draconienne ou d’une économie de service parasitaire est un aspect ignoré par de nombreux suiveurs de Trump, et par une faction considérable de la classe dirigeante industrielle.

 

Une faction de l’oligarchie fait la promotion de la pseudo-science pour justifier un agenda de gouvernance mondiale par la taxation, tandis que l’autre faction fait la promotion de l’économie réelle. En ce sens, les climatosceptiques chez les Républicains sont plus « à gauche » que les défenseurs de la taxe carbone à Wall Street. Cela ne signifie pas qu’ils ne s’embrassent pas tous avec effusion quand ils se rencontrent aux sessions du Council on Foreign Relations et de la Commission Trilatérale. Ils servent tous les mêmes intérêts de classe fondamentaux, mais il y a des divergences en termes de politique.

 

Il n’y aura pas de « révolution » en Amérique si les hommes sont tous des hipsters efféminés, sans armes et fumeurs de joints qui réclament de leur gouvernement la fabrication de nuages au-dessus de leurs têtes par la vaporisation de produits chimiques toxiques afin de « sauver la planète ». L’arrogance et l’orgueil sont les traits les plus dominants de nombreux Sanderistas et Sorosites (sic) de gauche ; il n’y a pas d’autre façon de le dire – ils sont incorrigiblement stupides, alors que les suiveurs de Trump ne sont pas tous stupides et beaucoup d’entre eux pourraient devenir une force progressive si et seulement si ils voient Trump pour ce qu’il est : un escroc et un gangster (peut-être encore pire mais j’espère me tromper !) qui a été sélectionné par une section de l’oligarchie pour gérer plus efficacement un empire en effondrement.

 

À beaucoup d’égards, Trump pourrait être décrit comme un autre Obama. Obama jouait le bon flic, noir, libéral et cultivé mais responsable de la tuerie de masse vendue sous le label « interventions humanitaires ». Trump est le méchant flic, blanc, conservateur et brutal qui ne veut pas tuer seulement les terroristes mais leurs femmes et leurs enfants avec. Obama proposait d’être plus conciliant avec Cuba et avec l’Iran et l’a été dans une certaine mesure, mais il a laissé partout ailleurs la destruction dans son sillage. Trump prend la pose d’un Russophile qui soutiendra le Président Assad de Syrie, mais il entend renforcer le Sionisme en ouvrant une Ambassade US à Jérusalem. Il y a même des enragés la bave aux lèvres dans son administration de politique étrangère qui voudraient bombarder l’Iran !

 

Ceci dit, nous devons maintenant réfléchir et tenter de découvrir les perspectives pour la construction d’un front populaire contre l’oligarchie qui prenne en compte les nouvelles luttes géopolitiques et de classes de notre époque. J’ai récemment été interrogé lors d’une émission de PressTV French sur la philosophie du libéralisme. Il m’a été demandé d’expliquer ce qu’est le libéralisme et pourquoi son ère semble s’être achevée. J’ai commencé en évoquant le célèbre essai de Marx « Zur Judenfrage« , « sur la question juive », où le philosophe allemand critique le concept des droits de l’homme comme étant l’expression philosophique des droits de propriété bourgeois – un concept singulièrement juif. Nous avons ensuite écouté un enregistrement du philosophe français de la « droite alternative » Alain de Benoist qui a entrepris, avec beaucoup plus d’éloquence que moi, d’expliquer le même texte. Les communistes et les populistes partagent les mêmes plateformes, que cela nous plaise ou non, et nous sommes en accord sur de nombreux sujets fondamentaux.

 

La nécessité d’un front populaire

Il est temps de mûrir et de confronter la réalité que les forces matérielles de ce monde ont rassemblé des gens issus de traditions philosophiques et politiques opposées, représentant ou pensant représenter des classes antagonistes. Les acquis sociaux du siècle dernier ont été gagnés grâce à la vision stratégique de dirigeants qui ont été capables de plaider la cause de leur classe sur des plateformes où se trouvaient aussi leurs ennemis de classe. S’il y a quoi que ce soit de bon à dire de la victoire de Trump, c’est que le trotskisme, l’anarchisme, la démocratie sociale et leurs trésoriers libéraux démocrates sont en crise et vont perdre l’hégémonie dont ils avaient joui jusqu’ici.

 

Nous communistes sommes face à un choix clair : ni le populisme ni la démocratie libérale (« ni la paix ni la guerre ») mais un front stratégique ou – au moins – l’engagement d’un dialogue avec le populisme contre la réaction sorosite petit-bourgeoise au service de l’impérialisme libéral et du Sionisme. Si nous défendons le slogan ultra-gauchiste antérieur nous deviendrons sans aucun doute des agents de chaos et de destruction. Si nous défendons le second, nous avons au moins la possibilité de mener un mouvement contre la mondialisation, le terrorisme des droits de l’homme, les guerres perpétuelles et la réification de la vie humaine. Les gens vont devoir comprendre qu’il existe de nombreux fronts dans cette guerre – le climat, le genre, les libertés civiques, la santé, et beaucoup d’autres. La guerre est menée par les capitalistes internationalistes qui sont pleinement conscients de leurs intérêts de classe et sont unis sur ces bases. Nous avons besoin de faire la même chose !

 

Gearóid Ó Colmáin is an Irish journalist and political analyst based in Paris. His work focuses on globalisation, geopolitics and class struggle.

Traduit par Lawrence Desforges

Source :http://www.gearoidocolmain.org/trump-question-fascism/

En complément :

http://www.marx.be/fr/content/le-trotskisme-au-service-de-la-cia-contre-les-pays-socialistes

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 18:39

par Thierry Meyssan Réseau Voltaire 11 février 2017

 

Comment ne pas être frappé par la ressemblance entre les campagnes visant à abattre Donald Trump et François Fillon ? Comment ne pas observer que ces deux hommes, à la personnalité et à l’idéologie fort différentes, menacent les mêmes intérêts ?

 

 

Simultanément de très vastes campagnes de presse se développent dans le monde occidental à la fois contre le président états-unien Donald Trump et, à une moindre échelle, contre un candidat à l’élection présidentielle française, François Fillon. Le premier est accusé d’être un suprémacisme blanc irresponsable ; le second est accusé d’avoir commis ce qui est décrit comme une faute morale non sanctionnée par la loi.

 

Jamais, il y a seulement un an, on aurait pu imaginer de telles campagnes contre un ancien Premier ministre français et plus encore contre le président en exercice des États-Unis d’Amérique.

 

Ces campagnes déclinent les dix arguments traditionnels de la propagande de guerre, tels qu’observés en 1928 par Lord Arthur Ponsonby (Falsehood in Wartime) puis précisés par le professeur Anne Morelli (Principes élémentaires de propagande de guerre) :


Nous déplorons cet affrontement avec un président en exercice (USA) et durant une campagne présidentielle (France).


MM. Trump & Fillon sont les seuls responsables de ce qui arrive.


MM. Trump & Fillon sont des personnalités dangereuses.


Nous défendons une noble cause, celle des principes de notre Constitution (USA) et celle de l’égalité (France), tandis que MM. Trump & Fillon ne se préoccupent que de leur fortune personnelle.


MM. Trump & Fillon se comportent très mal. Le premier s’en prend aux musulmans, le second est un voleur. Certes, nous avons nous aussi commis des erreurs, mais pas du tout à la même échelle.


MM. Trump & Fillon utilisent des méthodes non orthodoxes.


MM. Trump & Fillon sont en déroute. Le premier vient d’être désavoué par les tribunaux fédéraux, le second par les sondages.


Les artistes et intellectuels partagent notre indignation.
Notre cause a un caractère sacré.


Ceux qui mettent en doute nos médias ne sont ni de vrais « Américains », ni de vrais Français.

 

Dans les deux cas, cette campagne s’accompagne d’actions judiciaires vouées à l’échec. La première vise à invalider un décret relatif à l’immigration bien que celui-ci soit parfaitement légal et constitutionnel, la seconde à justifier des investigations policières alors que la cible n’est suspectée d’aucun manquement à la loi. Ces actions prospèrent contre toute logique.

 

Qui est en mesure d’actionner à la fois les médias et la Justice ?

Compte-tenu du caractère international de ces campagnes, il est clair que leurs commanditaires ne réagissent pas à des enjeux nationaux et ne sont pas eux-mêmes de simples États-uniens ou Français.

 

Dans les années précédentes, de telles campagnes ont eu lieu à l’instigation de l’Otan. Les plus récentes visaient la République arabe syrienne. Cependant rien ne permet d’accuser cette fois l’Otan d’agir contre la Maison-Blanche, ni de perturber l’élection présidentielle française.

 

Outre l’hypothèse de l’Otan comme donneur d’ordre, on peut imaginer une coalition d’intérêts financiers transnationaux capable d’influer sur les quelques magnats de la presse ; l’effet grégaire provoquant le reste pour entraîner les autres médias.

 

Quels intérêts se sentent-ils menacés par ces deux hommes au point d’organiser de telles campagnes ?

Le seul point commun entre MM. Trump et Fillon est de vouloir mettre fin à l’impérialisme en substituant, partout où cela est possible, de la coopération à de l’affrontement. Si bien d’autres responsables politiques dans le monde défendent cet objectif, MM. Trump et Fillon sont les seuls à aller au bout de cette logique. Selon eux, il ne sera pas possible de restaurer la paix et la prospérité sans en finir d’abord avec l’instrumentation du terrorisme islamique, sans libérer le monde musulman de l’emprise des jihadistes, et sans aller jusqu’à attaquer la matrice du terrorisme : les Frères musulmans.

 

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