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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 15:05

Vers une recomposition révolutionnaire du paysage politique

Par Xavier Théry

Origine http://www.causeur.fr/regionales-droite-front-national-35728.html

 

 

Aux élections régionales de 2010 – qui avaient été un naufrage pour la droite parlementaire puisque toutes les régions sauf une étaient passées à gauche (21 régions sur 22) – l’UMP, le Modem et les divers droite cumulaient 30,2 % des voix au premier tour. Hier au premier tour des régionales, les mêmes composantes (LR + UDI + Modem + DVD) cumulent 27,6% des suffrages exprimés. C’est un recul de 2,6% par rapport à la situation précédente, qui avait été analysée comme un échec cuisant de la droite !

 

Par rapport au précédentes régionales, la gauche (hors Front de gauche) a elle aussi fortement reculé, passant de 43% (PS + écologistes + DVG) à 32% hier (PS + EELV + DVG). Mais cet effondrement est principalement dû au recul très fort des écologistes, le PS passant de 28,6% en 2010 à 23,1% hier. Mais si l’on regarde le bloc de gauche gouvernementale (socialistes et écologistes, hors front de gauche), on remarque sa stabilité depuis 2012 : 30,9% des voix au premier tour des présidentielles de 2012 (François Hollande + Eva Joly), 30% des voix aux départementales de 2015. On peut même noter un progrès significatif par rapport aux européennes de 2014, où le bloc de gauche gouvernementale (PS + EELV) ne faisait que 26%.

 

En dehors de la percée exceptionnelle du Front national dans le premier tour d’hier, le fait majeur de ces élections est donc la déroute de la droite gouvernementale, dite « classique ». Elle perd 10 points entre les départementales de 2015 et le premier tour des régionales, les listes UMP + UDI + DVD passant de 37% à 27,6%… Elle perd 9 points par rapport au premier tour des présidentielles que la droite a perdues, passant de 36,4% (Sarkozy + Bayrou) à 27,6% aux régionales 2015.

 

La droite parlementaire est donc en déroute. Même si cette déroute sera masquée par le gain de 4 ou 5 conseils régionaux. C’est là le paradoxe de ces élections.

 

Comment inscrire ce résultat dans la durée et comment esquisser son évolution future ?

 

La droite « classique » se vide de ses électeurs au profit du Front national. Il est certain que les premières victoires du FN, le menant de quelques points à environ 15% de l’électorat, se sont faites sur un fond d’électorat ouvrier. Dans un premier temps, le FN a siphonné les voix du PC. Mais aujourd’hui la dynamique qui permet au FN de passer des 17% réalisés par Jean-Marie Le Pen au premier tour des présidentielles de 2002 à près de 28% aux régionales de 2015, en faisant le premier parti de France, repose sur le siphonage des voix de la droite classique. Les 9% que la droite a perdus entre les présidentielles de 2012 et les régionales d’hier sont bien passées au FN. Il est clair que la droite travaille, volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment, à faire avancer les idées du FN. C’est toute la stratégie sarkozyste de reconquête du pouvoir qui est remise en question.

 

Il ne faut pas être grand devin pour annoncer que cette dynamique va se poursuivre. Mais elle pourra prendre deux formes. Les deux étant révolutionnaires, au sens où la situation qui en sortira va révolutionner la vie politique française.

 

La révolution populiste est une première possibilité : la droite prend conscience qu’elle est en ruines, que feux le RPR et l’UDF qui faisaient jadis près de 50% des voix n’en font plus que 25 aujourd’hui et peut-être demain 20% seulement. Et sous l’influence d’une idéologie buissono-zémourienne, elle décide de faire une alliance de gouvernement avec le FN sur un programme identitaire et relativement protectionniste au plan économique.

 

La révolution conservatrice est l’autre éventualité : la gauche socialiste ayant fait sa révolution macronienne, elle prend conscience que seule une feuille de papier à cigarettes la sépare désormais de la droite parlementaire, surtout après les attentats qui ont vu Hollande se muer en chef de guerre, et elle décide de faire alliance d’une manière ou d’une autre avec la droite face au FN. Programme européiste, libéral au plan économique, discrètement atlantiste et néo-conservateur au plan international.

 

Si on se réfère aux analyses sociopolitiques d’Emmanuel Todd, on voit que la droite et la gauche parlementaires ont en commun de s’appuyer sur les familles sociologiques « inégalitaires », alors que le FN s’appuie sur la France « égalitaire » dans les régions qui ont engendré la Révolution. Cette analyse plaide plus pour la seconde hypothèse formulée.

 

Dans les deux cas, la vie politique française en sortira bouleversée. La déflagration sera forte. Les prochaines présidentielles, et en particulier les primaires à droite, vont déterminer laquelle de ces deux déflagrations va retentir.

                     Régionales 2010                       31,5  %

                     UMP+modem+DVD

 

 Présidentielles 2012                 36,4  %             Régionales 2015            27,5  %

                     Sarkozy+ Bayrou                                                     LR+Modem+DVD

                                                   

                     Départementale 2015            37,0  % 

                     UMP+UDI+DVD

 

 

Et à Villiers sur Orge (Ajout de Jack Freychet )

Ci-dessous tableau comparatif des régionales 2010 aux régionales 2015 avec, à gauche et à droite les candidatures de personnalités locales aux départementales de 2015 dont la prise en compte des résultats fausserait l’analyse.

On observe une légère érosion des suffrages recueillis par Valérie Pécresse  qui ne conserve comme réserve guère plus de 1 % des divers droites car il n’est pas acquis qu’elle puisse bénéficier du report de l’électorat de Dupont Aignan qui ne se maintient pas mais n’a pas donné de consignes de vote. Le PS perd 2,5 %, mais il a néanmoins quelques réserves.

Le Front national est proche du triplement de son score des régionales 2010.

 

 

 

Reg. 2010

Présid. 2012

Départ. 2015

Rég. 2015

Pecresse

27,78

 

UD 37,35

26,53

Sarkozy

 

26,92

 

 

Bayrou

 

12,31

 

 

Dupont Aignan

 

1,80

3,61

12,61

PS

27,49

27,95

UG 35,34

24,03

FN

7,72

15,37

21,29

22,52

 

 

 

 

 

 

 

Résultats globaux  au 1er tour à VSO

Liste conduite par

Nuances

Voix

% Inscrits

% Exprimés

Mme Valérie PECRESSE

LUD

404

13,09

26,53

M. Claude BARTOLONE

LUG

366

11,86

24,03

M. Wallerand DE SAINT JUST

LFN

343

11,11

22,52

M. Nicolas DUPONT-AIGNAN

LDLF

192

6,22

12,61

Mme Emmanuelle COSSE

LVEC

95

3,08

6,24

M. Pierre LAURENT

LFG

54

1,75

3,55

Mme Nathalie ARTHAUD

LEXG

28

0,91

1,84

M. François ASSELINEAU

LDIV

18

0,58

1,18

M. Aurelien VERON

LDVD

16

0,52

1,05

Mme Valérie SACHS

LDVD

5

0,16

0,33

M. Dawari HORSFALL

LDIV

1

0,03

0,07

M. Sylvain DE SMET

LDIV

1

0,03

0,07

M. Nizarr BOURCHADA

LDIV

0

0,00

0,00

 

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

3 087

 

 

Abstentions

1 517

49,14

 

Votants

1 570

50,86

 

Blancs

37

1,20

2,36

Nuls

10

0,32

0,64

Exprimés

1 523

49,34

97,01

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 10:04
Nos démocrates vont dézinguer la République
par Jean-Paul Brighelli
http://www.causeur.fr/author/brighelli

mardi 8 décembre 2015

 

 

Régionales: Le déni

Homme politique, franchement, je ne pourrais pas. Pas comme ça. Pas comme eux.


Le PS vient de se prendre la pire raclée de son histoire. Le PR s’est révélé incapable d’en profiter. Le Front de Gauche rêve, de loin, de très loin, d’être un Podemos à la française. Les écolos sont dans les choux. Quant aux « petits partis », ils restent petits, parce qu’en état d’urgence, les votes vont vers les gros effectifs. Dommage.


Le FN tire les marrons du feu. Logique. « On n’a pas tout essayé », disent les désespérés de la France périphérique. Et ce ne sont pas seulement les scrogneugneus hors d’âge qui ont voté pour lui. Non : les jeunes aussi ont massivement apporté leurs voix au FN. La désespérance aussi est un parti politique.

 

Même si le plus grand parti de France est l’abstention — mais on s’en aperçoit un peu tard, dans un système qui a toujours refusé de comptabiliser les votes blancs, de peur que les hommes politiques (les femmes aussi, et on en connaît qui ne sont pas piquées des vers) ne réalisent à quel point ils sont démonétisés.

 

Assez intelligemment, ni Marine Le Pen ni Florian Philippot n’ont particulièrement pavoisé dimanche soir. Contents — on le serait à moins — mais conscients que l’establishment va s’insurger. Comment ? Le FN ? Et nous ? Et nos places ? Nos prébendes ? Nos bénéfices sur la collecte d’ordures ? Nos petites habitudes ? Nos petits arrangements ?


Pas une fois — et je me suis imposé l’écoute attentive des uns et des autres — le PS ou le PR n’ont mis en cause leur politique. Pas un seul pour dire : « Si les Français votent massivement contre nous, c’est que nous menons une politique nulle, niaise et nocive ».

 

Il faut dire que les principaux responsables de cette déroute, à commencer par le Premier ministre, sont restés loin des micros — et pourtant, ce n’est pas leur genre. Pimprenelle n’est pas venue s’excuser d’une mauvaise réforme du collège qui a dressé nombre d’enseignants de gauche contre la Gauche — ou ce qu’il en reste, des bourgeois parlant à gauche en tâtant leur portefeuille à droite. Emmanuel Macron n’a pas paru pour fustiger son néo-libéralisme qui fait les affaires des banquiers en remplissant leurs poches avec nos sous. Laurent Fabius ne s’est pas montré pour s’excuser d’une politique moyen-orientale aberrante. Et le capitaine en chef n’a rien dit sur son obédience européenne qui a fait de lui le toutou de « la chancelière » — ah, la chancelière !

 

De l’autre côté, Sarkozy ne doute de rien, Jean-Luc Mélenchon ne rompra pas avec le PC, qui drague le PS pour quelques places dans des mairies de seconde zone, les Verts s’obstineront dans la défense des plantes vertes — leurs semblables, leurs frères.


Non, ils n’ont rien dit, alors qu’ils auraient dû venir corde au cou comme des bourgeois de Calais (où par parenthèse Marine Le Pen est presque à 50% — y aurait-il une exaspération locale ? La politique migratoire ne serait-elle pas du goût des Calaisiens ? Ah, que de questions…) demander pardon au peuple de la politique aberrante qu’ils mènent depuis des années — eux, et leurs prédécesseurs, renvoyés pareillement dans les cordes.

 

Le PS, réuni à Matignon autour de Valls, a dû se féliciter du bouillon bu par Sarkozy et ses amis. Les Régionales, ils s’en tapent : comment rester en place en 2017 ? Ah, nos places !

 

Fin septembre, j’ai interviewé Florian Philippot dans Le Point.fr sur la politique d’Education du FN. En préambule à cette discussion, j’écrivais : « On m’a beaucoup déconseillé d’offrir une tribune à Florian Philippot, c’est-à-dire au FN. Des démocrates convaincus pensent légitime d’ignorer un parti qui rassemble, sondage après sondage, au moins 30 % des Français. Ce n’est pas ma façon de penser. Qu’il soit par ailleurs bien entendu que publier ses réponses à des questions qui se posent effectivement n’est ni un acte d’allégeance ni un appel du pied. » 30% ! Une poignée d’illuminés m’ont sommé de dire d’où je tirais ce chiffre fantaisiste…


Et aujourd’hui, ils le demandent encore ? Le FN est à 30% ! « Le FN est le premier parti de France, a dit dimanche soir Marine Le Pen, alors qu’il est à peine représenté au Parlement ». C’est vrai, et c’est sans doute ce que les démocrates qui ont la bouche pleine de « barrage républicain » appellent la démocratie — ou la république. C’est qu’ils entendent y rester, au Parlement ! C’est confortable !
Ils vont finir par me dégoûter de la démocratie.

 

Et surtout, ils vont dézinguer la République. « Front républicain ! » Mais si la semaine prochaine le FN, arrivé en tête dans la plupart des régions, est renvoyé dans les cordes de façon à ce que les nantis restent à leurs postes comme des morpions dans des poils pubiens ; si dans un an et demi avec des scores encore améliorés le FN est réduit à la portion congrue à l’Assemblée, après avoir été l’épouvantail qui permettra la réélection de Hollande — eh bien ça se passera dans la rue.
Nous sommes quelques-uns, et un peu plus même, à sentir monter l’émeute. Quand la démocratie se caractérise par le déni de démocratie, le peuple choisit toujours la rue — ils devraient réviser leurs cours d’Histoire, les uns et les autres. Et d’un gouvernement né d’une insurrection ou d’une réaction à l’insurrection, on peut tout craindre — y compris l’élimination de la République.

 

Ce déni de démocratie est le produit du déni de réalité : rien de la politique menée depuis quinze ans ne convient à la France — sinon des réformes « sociales » cosmétiques, celles qui ne coûtent rien. Ah, mais si on adopte une autre politique, on va se faire taper sur les doigts par tata Merkel ! Ma foi, on pourrait aussi se passer de marâtre. Sinon, on se passera de démocratie — et ce serait bien dommage.

Jean-Paul Brighelli

*Photo : © AFP PHILIPPE HUGUEN.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:33
LE PS EST-IL DEVENU FOU ?
Par Jean Lévy

repris sur Comité Valmy

 

 

Ainsi, la direction du Parti dit « socialiste », Manuel Valls en tête, jette le masque. Elle appelle les électeurs de gauche à voter pour les candidats de droite, en particulier de la nuance la plus extrême. Telle celle incarnée par Christian Estrosi en PACA, qui a basé toute sa campagne sur un programme xénophobe et raciste encore plus radical que celui mis en avant par Marion Maréchal-Le Pen.

 

C’est tout dire…

Alors pourquoi cette stratégie suicidaire pour un parti qui se prive volontairement de toute représentativité pour six ans au niveau de régions et d’une tribune de contestation des mesures éventuellement prises par la droite… ou le FN ?

Le Premier ministre et le PS sont-ils devenus fous ?

 

Allons-donc.

La violente campagne menée de l’Elysée contre le Front national n’est pas motivée par un souci de « défense républicaine » comme les stratèges « socialistes » le prétendent.

 

Ils sont mal venus de se poser en défenseurs des salariés quand ils appellent à voter pour un Xavier Bertrand, dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, dont les médias, peu suspects de « gauchisme », considèrent le programme comme violemment anti social, plus Gattaz que Gattaz lui-même !

 

Le PS a l’outrecuidance de se poser en protecteur des libertés, alors que son gouvernement instaure l’état d’urgence, et envisage, à travers une Constitution modifiée à cet effet, de rendre celui-ci permanent.

 

Bonjour les droits des citoyens, menacés de perquisitions sans mandat, d’espionnage légalisé !

 

Pourquoi alors le parti de François Hollande et de Manuel Valls, qui prétend incarner « les valeurs de la République », étend cette qualité à ses concurrents de droite, aux « Républicains » de Nicolas Sarkozy, pour faire front ensemble contre le mouvement de Marine Le Pen, justifiant jusqu’à l’absurde le terme d’ « UMPS » ?

 

En fait le Front national sert de leurre à l’attention des électeurs qui rejettent massivement la politique de misère pratiquée depuis des décennies tant par la vraie droite que par la fausse gauche.

 

Le pouvoir et l’oligarchie financière craignent la colère populaire et son explosion subite. Celle-ci pourrait rééditer l’exploit des patriotes de 1789, et s’en prendre aux nouvelles bastilles.

 

Il faut, pour les puissants, l’en détourner.

 

Rien n’est mieux que de forger un ennemi de carton, une cible sans objet, un attrape-mouches qui détourne les pauvres et les démunis sur une voie de garage.

 

C’est à cet effet, qu’en premier, le Front national sert.

 

Mais parallèlement, celui-ci inquiète le pouvoir.

 

Si pour sa propagande, Marine Le Pen utilise le sentiment national, l’indépendance et la souveraineté de la France, c’est sans pousser aux conclusions qui s’imposent : l’appel clair à se soustraire à la dictature que l’Union européenne fait peser sur notre pays, en brisant avec ses structures.

 

Pourtant, les critiques et les réserves du FN vis-à-vis de Bruxelles, indisposent, malgré leurs limites, le pouvoir PS et ses maîtres européens.

 

Elles questionnent les Français sur leur vassalisation.

 

C’est encore trop pour nos gouvernants.

La montée du Front national devient, sur ce point, dangereuse.

 

N’est-ce pas une raison déterminante de l’offensive du PS à son égard ?

Le 8 décembre 2015

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 17:13
par Paul Craig Roberts

repris sur comité Comité Valmy

 

Mise à jour : Un ami, George Abert, a suggéré une raison du pourquoi les Turcs ont descendu le bombardier russe au-dessus de la Syrie. Les Russes ont une technologie de pointe qu’ils ont récemment démontrée contre le plus moderne des croiseurs lance-missiles américains (NdT : l’incident en Mer Noire en 2014 du passage d’un avion russe près du croiseur USS Cook, équipé du système ultra-sophistiqué AEGIS et qui a été électroniquement anéanti en deux passages, forçant le navire à faire escale à Odessa en Ukraine et son commandant de bord à demander son transfert immédiat..) et contre les avions israéliens de fabrication américaine. Cette technologie éteint tous les sytèmes de communication des forces hostiles, les laissant totalement aveugles. Il se demande si l’appareil n’a pas été abattu pour forcer les Russes à utiliser cette technologie pour protéger leurs appareils à chaque fois qu’ils se trouvent proches de l’aviation de l’OTAN ou d’Israël, ce qui leur permettrait d’étudier le système soit pour le copier, soit pour le neutraliser. Il parie que les Etats-Unis ont tous les spécialistes Raven et ELINT à l‘écoute, prêts à étudier le phénomène.

 

L’agression non provoquée de la Turquie qui a abattu un avion militaire russe au-dessus de la Syrie pose des questions intéressantes. Il semble fort peu probable que le gouvernement turc commettrait un tel acte de guerre contre un voisin bien plus puissant que lui à moins que Washington ait donné le feu vert à cette attaque. Le gouvernement turc n’est pas très compétent, mais même les incompétents savent éviter de se mettre dans une position qui les verrait faire face à la Russie seuls.

 

Si l’attaque a reçu le feu vert de Washington, Obama a t’il alors été doublé par les néo-conservateurs en contrôle de son gouvernement ou Obama est-il lui-même complice de l’acte ? De manière évidente, les neo-cons sont perturbés par l’appel du président français pour une union derrière la Russie contre l’EIIL/Daesh et ils auraient très bien pu utiliser leurs connexions en Turquie pour mettre en scène un évènement que Washington pourrait utiliser pour empêcher une coopération avec la Russie.

 

La complicité de Washington est certainement indiquée, mais il n’est pas complètement hors de question que les Turcs bien placés qui achètent le pétrole de l’EI ait pris leur revanche contre la Russie pour avoir détruit leurs flottes de camions-citernes et leur affaire très lucrative. (NdT : n’oublions pas que ce business est géré par le fils d’Erdogan avec quelques généraux de l’armée turque…) Mais si l’attaque a une origine privée ou semi-privée en connexions avec des gangsters et l’armée, le président turc aurait-il défendu cet abattage d’avion sur de telles bases foireuses de “défense nationale” ? (NdT : possible dans la mesure où son fils est le “parrain” du pétrole volé acheminé en Turquie…) Personne ne peut croire qu’un bombardier russe serait une menace à lui seul pour la sécurité de la Turquie.

 

N’attendez pas que la pressetituée regarde de près ces questions. La pressetituée occidentale comme la branche de la BBC à Moscou et sa correspondante Sarah Rainsford, est déjà en train de pirouetter l’affaire de la perte de l’avion russe et plus tôt, celle de l’avion de ligne au dessus du Sinaï , en disant que cela prouve que la politique de Poutine de raids aériens contre Daesh a complètement été retournée et que les Russes ne sont pas plus en sécurité pour autant.

 

Les réponses à l’attaque sont toutes aussi intéressantes. De ce que j’ai entendu de la conférence de presse d’Obama, sa définition de “rebelles syriens modérés” inclut tous les groupes djihadistes extrémistes comme Al Nosra et l’EIIL, qui sont les cibles des attaques russes. Seul Assad est un extrémiste. Obama, suivant la ligne néo-conservatrice, dit qu’Assad a trop de sang sur les mains pour pouvoir continuer à être le président de la Syrie (NdT : Obama lui par contre, il n’en a pas de sang sur les mains hein ?… Le premier prix Nobel de la Paix va t’en guerre… Qu’est-ce qu’il ne fait pas entendre nom de dieu !).

 

Obama n’est pas spécifique au sujet du “sang sur les mains d’Assad”, mais nous pouvons l’être. Le sang est celui des forces terroristes de l’EIIL/Daesh qui combattent l’armée syrienne. Obama ne réfère pas quant à lui au sang sur les mains de l’EI alors que même la pressetituée nous a montré les horreurs perpétrées par les psychopathes de l’EIIL et du sang qu’ils ont sur les mains ; ces gens avec lesquels Obama nous a allié.

 

Quand est-il du sang sur les mains d’Obama ? On parle d’une très grande quantité là, le sang de pays entiers, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie et le sang que les marionnettes d’Obama à Kiev ont versé des Russes ethniques habitants en Ukraine, sans oublier bien sûr le sang palestinien versé par Israël utilisant des armes américaines.

 

Si le sang sur les mains d’Assad le disqualifie pour la présidence, alors la bien plus grande quantité de sang sur les mains d’Obama le disqualifie d’autant plus, ainsi que Cameron, Hollande, Merkel et Netanyahou.

 

Durant tous les conflits orchestrés par Washington au Moyen-Orient, en Afrique et en Ukraine, le gouvernement russe a parlé de manière plus que raisonnable et a répondu de manière diplomatique à biens des provocations. Le gouvernement russe s’est reposé sur les gouvernements européens réalisant que l’Europe ne tire aucun bénéfice des conflits générés par Washington et devant se séparer d’une politique qui est contre leurs intérêts. Mais l’Europe a prouvé n’être qu’une collection de vassaux américains et non pas des pays indépendants capables de mener des politiques étrangères indépendantes.

 

Dans sa campagne en Syrie contre l’EI/Daesh, le gouvernement russe s’est reposé sur l’accord établi avec les pays de l’OTAN évitant l’engagement dans les airs. Maintenant la Turquie a totalement violé cet accord.

 

Je serais très surpris si maintenant le gouvernement russe place quelque confiance que ce soit dans les mots de l’occident ainsi que d’un espoir dans la diplomatie avec ce même occident. Le gouvernement russe et son peuple ont dû maintenant comprendre que la doctrine Wolfowitz veut dire ce qu’elle énonce et qu’elle est déployée en force contre la Russie.

 

De l’attaque ukrainienne sur les sources d’énergie de la Crimée et les pannes de courant qui affectent toute celle-ci, le gouvernement russe a aussi appris que le gouvernement marionnette de Washington à Kiev a l’intention de faire monter la sauce du conflit avec la Russie.

 

Washington a été clair dès le départ qu’il focalisait sur le renversement d’Assad et non pas celui de l’EIIL/Daesh. Malgré l’attaque imputée à Daesh en France, le ministère des affaires étrangères US en la personne de son porte-parole l’amiral John Kirby, a dit que la Russie ne pouvait pas être membre de la coalition contre Daesh tant que la Russie continuerait à soutenir Assad.

 

Si on veut regarder le bon côté dans cette affaire de l’abattage d’un avion russe, l’incident a donc très sûrement évité au gouvernement russe de faire partie d’une coalition dans laquelle la Russie aurait perdu le contrôle de sa guerre contre l’EIIL et aurait dû accepter la défaite du renversement d’Assad.

 

A chaque étape de tous ces processus le gouvernement russe a gardé de bonnes cartes qu’il n’a pas jouées, faisant plutôt confiance à la diplomatie. Celle-ci est maintenant pour sûr une impasse. Si la Russie ne rejoint pas le véritable jeu et ne commence pas à jouer ses fortes cartes (NdT : les infos qu’elle conserve sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York, sur l’attaque du vol d’Air Malaysia MH17 en Ukraine et sur son propre vol au-dessus du Sinaï…), la Russie sera vaincue.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 15:42

Un assaut du RAID a été donné ce 18 novembre au petit matin à Saint-Denis pour interpeller les auteurs et complices présumés des attentats du 13 novembre à Paris. Dans un numéro exceptionnel de Marianne paru lundi, l’universitaire Fewzi Benhabib, menacé de mort par les islamistes du FIS dans son Algérie natale, arrivé à Saint-Denis en 1994, amoureux de la laïcité, nous raconte la progression lente d’une idéologie mortifère dans son département. Extraits de son témoignage.

 

 

Librairie religieuse à Saint-Denis où l’on cherche en vain fictions et romans - Myr Muratet pour Marianne

 

"A Saint-Denis, une fracture s’est ouverte que mon expérience algérienne m’empêche d’ignorer. Elle se creuse là, le long des trottoirs, au milieu des rues, au marché le dimanche et, pourtant, des citoyens politisés refusent de savoir qu’un projet de société alternatif, obscurantiste et communautariste ronge le ciment démocratique d’une société qu’ils veulent – que nous voulons tous – plurielle. Cette cécité volontaire ne heurte pas seulement mon esprit scientifique ; elle porte en elle un danger pour la démocratie et pour l’humanité entière qu’il est urgent de pointer – à moins qu’il ne soit déjà trop tard.

[...]

Une enseigne, à mes yeux, symbolise cette conquête des esprits. Sur la grande avenue, face à l’arrêt de tram, à côté de l’énorme Mak d’Hal, ce fast-food qui reprend les codes graphiques de McDonald’s, jusqu’à la borne interactive de commande, pour des hamburgers 100 % halal, elle n’attire pas le regard. Mixte coiffure pourtant, n’est pas un salon banal. Comme son nom ne l’indique pas, ce salon est réservé aux femmes et, en fait de mixité, la patronne donne à ce mot riche un sens particulier.

Alors que je suis en arrêt devant le message publicitaire collé sur sa vitrine, elle sort et m’explique : « Quand j’ai ouvert le salon, ça fait neuf ans, j’ai voulu l’appeler “Mixte” parce que j’aime bien ce mot. Mais ici, c’est mixte parce qu’il y a une salle spéciale pour les femmes voilées, à l’abri des regards. » Cette femme est d’Oran, comme moi. Elle vient d’un quartier plus bourgeois que celui où j’habitais. D’abord en français puis en arabe, on badine. Pour dire qu’elle ne porte pas le voile, elle dit : « Je sais que c’est un commandement, mais moi, c’est comme ça, je suis en décapotable. » Je lui dis : « D’où t’est venue cette idée de coiffer les voilées à part ? Je n’ai jamais vu ça, même à Oran... » Pas décontenancée, la coiffeuse : « Tu ne vas pas comparer Oran et Saint-Denis, quand même ! »

 

Ici, m’explique- t-elle, les musulmans vont au bout de leur foi. Ce constat, combien de fois l’ai-je entendu, ces temps- ci ? D’Alger ou de Sétif, les amis reviennent effarés. « Au marché de Bab-El-Oued, les amoureux se tiennent par la main », me rapporte un ami comme s’il avait croisé un canard parlant anglais en allant chercher sa baguette. « Des femmes qui prennent un verre en terrasse, entre copines, c’est naturel là-bas alors qu’ici, ça nous surprendrait », se désole un autre compagnon.

[...]

Je suis ici, je suis en France, je marche dans une artère qui ose encore porter le nom de rue du Jambon, m’approche de l’une des librairies récemment inaugurées et je désespère. Où sont les poètes, où sont les romanciers ? En devanture, les affiches destinées aux enfants enseignent les bonnes pratiques de l’islam, ne pas se moquer des autres, dormir sur le côté droit, boire en trois fois. Sur les présentoirs trônent les grandes vedettes de l’islam politique, Hani et Tariq Ramadan, bien sûr, ainsi que Sayyid Qutb et Hassan el-Bana.

 

Dans cette librairie musulmane, aucune place n’est faite à des islamologues humanistes comme Tahar Haddad, Mohamed Arkoun ou Abdelwahab Meddeb. Et que dire de la place qui est faite au roman, à la fiction, à la poésie et à la connaissance universelle ? Kateb Yacine, Assia Djebbar, Driss Chraïbi, Aboul Qassem Echebbi, Nizar el-Kebbani ou Naguib Mahfouz, ce géant de la littérature arabe et prix Nobel de littérature qui a été poignardé en 1994 par un membre de la Gamaa al-Islamiya au Caire, ou bien le romancier algérien Kamel Daoud qui vient d’essuyer une fatwa pour « atteinte aux principes de l’islam », y sont persona non grata. On aurait pu s’attendre à y trouver au moins le plus grand poète palestinien, Mahmoud Darwich. Que nenni ! Il ne rentre pas dans les clous d’un système de pensée obscurantiste, pour lequel la question palestinienne n’est qu’un fonds de commerce ! Dans ces lieux où la culture se résume au politico-cultuel, le verrou sur la pensée libre pèse lourd.

[...]

Dans les années 90, j’ai vu mes concitoyens algériens pareillement désemparés face à la redoutable machinerie intellectuelle et logistique des intégristes algériens. L’islamisme progressait à bas bruit, par petites audaces successives, d’abord soucieux de n’effrayer personne, avant de basculer, un jour, dans le terrorisme et la barbarie. Lorsque j’ai voulu sonner l’alarme, avec d’autres, sur cette stratégie éprouvée de la contamination oblique et lente, notre réunion a été perturbée. Nous essaierons de la tenir le 3 décembre, en espérant que se soulève enfin la chape de plomb qui pèse sur notre ville et que se brise, avant qu’il ne soit trop tard, le chapelet des petites lâchetés quotidiennes. "

Fewzi Benhabib avec Daniel Bernard

http://Retrouvez ce témoignage dans son intégralité dans le numéro exceptionnel de Marianne en kiosques.

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 16:10

Par Jacques Sapir · 20 novembre 2015

 

Il est désormais clair que nous sommes en train de vivre, en France, un retournement d’importance des conceptions politiques. On peut parler ici d’un grand retournement.

 

Ce retournement, nous l’avons payé de 132 morts, de dizaines de blessés. C’est un prix atroce. C’est un prix qui aurait pu, et qui aurait dû, être évité. Car, les causes de ce retournement s’annonçaient par de multiples indices et ce depuis des années. La responsabilité de ce prix incombe ici uniquement à notre personnel politique qui n’a ni su, ni voulu, voir les réalités, quoi qu’il en dise. Mais, au-delà, on peut penser que si l’on avait tenu compte du référendum de 2005, si l’on avait su écouter le peuple, il est possible que ce prix ait été moins lourd, voire qu’il eut pu être évité.

 

Il faudra, en son temps, débattre des responsabilités dans les attentats qui ont eu lieu ce vendredi 13 novembre. Aujourd’hui, il importe de prendre conscience du grand retournement auquel nous assistons.

 

Retournement vis-à-vis de l’Europe

Ce retournement, c’est d’abord la prise en compte de l’impuissance, voire de la nocivité, des institutions de l’Union européenne. Nous avons vu, dès 2013, que dans la lutte contre les fanatiques et les terroristes la France était seule, ou peu s’en faut. La prise d’otage de Bamako ce vendredi 20 novembre confirme l’importance de cette région dans la stratégie des groupes terroristes. En même temps que Paris était ensanglanté par les attentats du vendredi 13 novembre, le groupe criminel Boko Haram et ses divers supplétifs ensanglantaient le Nigéria, comme ils le font hélas régulièrement depuis des mois. On a peu parlé de ces attentats, mais ils ne sont pas moins cruels, pas moins inacceptables que ceux qui ont endeuillés Paris. La France porte donc seule en Europe le poids de cette lutte quotidienne. Nous voyons aujourd’hui que les mêmes pays dont les dirigeants parlent si fort de fédéralisme ont refusé la mise en commun des renseignements qui, peut-être, auraient pu empêcher que les attentats du 13 novembre aient lieux.

 

L’Union européenne est en faillite, morale et politique. Cette évidence aujourd’hui s’impose. Mais, cette faillite est aussi économique. Au risque de me répéter il me faut rappeler que l’Euro, que l’on nous a présenté paré de toutes les vertus, garanti de la prospérité, a plongé dans la misère et la dépression de nombreux pays. Ces derniers ne sont plus cantonnés à l’Europe du Sud. La Finlande est aujourd’hui touchée[1]. Cette misère et cette dépression nourrissent le désespoir. Mais, elles s’accompagnent aussi de politiques imbéciles qui en aggravent les effets et qui mettent en cause notre propre sécurité.

 

Le Président de la République l’a dit, lundi 16 décembre devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Le pacte de sécurité est plus important que le pacte de stabilité. Mais, cette sécurité impose que nous retrouvions la route d’une forte croissance au plus vite. Il n’y a pas de solution de moyen ou de long terme dans le sécuritaire. Après l’acceptation normale des mesures proposées par le gouvernement, dans trois ou six mois, ce sont des questions légitimes qui seront posées. Il faudra alors y répondre. Là, on verra de manière évidente que le problème fondamental ne peut être réglé par un accroissement, aussi justifié soit-il, des budgets du Ministère de la Défense ou de l’Intérieur. On comprendra ce qui est dès aujourd’hui évident. Le texte des traités adoptés depuis des années pour préparer puis sécuriser l’Euro est contradictoire avec la prospérité, et donc la sécurité, du pays. L’institution de la monnaie unique empêche le pays de retrouver cette prospérité.

 

Ce Président et ce gouvernement devront, qu’ils le veuillent ou non, en tirer les leçons. Nul ne doute que ce sera pénible. La rupture avec l’illusion dans laquelle ces dirigeants ont vécu, ce retour d’un réel déchirant les voiles de l’idéologie, est pénible pour tout individu. Mais, le chômage qui est directement ou indirectement le lot de plus de 6 millions de français, l’insécurité de l’emploi qui frappe plus de quinze millions de foyers sont bien plus pénibles que ce retour à la réalité. Il serait bon que nos gouvernants le comprennent et qu’ils en tirent les conclusions.

 

Retournement vis-à-vis de la Russie

Mais, ce retournement qui est en train de se produire ne concerne pas seulement notre rapport avec l’Union européenne et avec l’Euro. La politique étrangère de la France, telle qu’elle a été menée sous deux présidents successifs, est un complet échec. Si la priorité donnée à l’Union européenne fut désastreuse, le fait de choisir la politique américaine se révèle encore plus calamiteux.

 

Ah, certes, il fait beau voir notre Ministre des Affaires Etrangères prétendre que ce sont les autres qui ont changé quand, en réalité, c’est notre propre position, devenue aujourd’hui à tout plein intenable, qui doit être d’urgence abandonnée[2]. Nous le voyons sur la Syrie, nous le constatons dans la lutte contre les organisations terroristes : il est nécessaire de se rapprocher de la Russie.

 

Les chefs des deux armées ont engagé les procédures de coordinations. Gageons qu’elles étaient déjà discutées sous le manteau depuis quelques jours. Au-delà du symbole, mesure-t-on ce qu’a eu d’odieux la politique des membres de ce gouvernements envers la Russie depuis trois ans ? L’absence d’un représentant officiel au défilé du 9 mai, l’annulation du contrat pour les 2 BPC de la classe « Mistral », ont été autant d’insultes aussi délibérées qu’elles étaient inutiles et contre-productives. Le fait qu’elles se soient accompagnées de gestes multiples « d’amitiés » avec des pays dont l’attitude est pour le coup bien plus ambiguë sur le soutien aux terroristes ou du moins à l’idéologie qui les inspire, n’ a fait que rendre cette situation encore plus insupportable.

 

Ici aussi, un retournement était demandé par des voix nombreuses, tant à gauche qu’à droite. Il est en train de se produire. Gageons, encore, qu’il fera grincer bien des dents. L’important est qu’il ait lieu, et qu’il ne se limite pas au seul, mais important, domaine militaire. Il faut que ce retournement s’étende à une coopération politique avec la Russie et à une reprise (elle n’a d’ailleurs jamais complètement cessé) de la coopération économique.

 

Retour de la souveraineté

Enfin, ce retournement concerne la question fondamentale de la souveraineté. En décidant d’imposer l’état d’urgence, François Hollande a fait acte de souveraineté. En procédant, certes par petites touches, certes avec des sous-entendus, enfin certes à son cœur défendant, à ces divers réajustements de la politique tant extérieure qu’économique, il fait encore acte de souveraineté.

 

Car, en prenant indirectement ses distances avec les institutions de l’UE, en décidant de ne pas respecter le trop fameux « pacte de stabilité », notre Président reconnaît qu’il y a un « intérêt général » des français qui est distincts de celui des allemands, des italiens, et de quelques autres. Il prend acte du fait que l’UE ne peut être qu’une coalition d’Etats souverains. Ceci signe l’acte de décès officiel des thèses fédéralistes, qu’il en ait conscience ou pas, que cela lui plaise ou non.

 

[1] http://www.telegraph.co.uk/finance/12001895/Finlands-depression-is-the-final-indictment-of-Europes-monetary-union.html

[2] http://www.lefigaro.fr/international/2015/11/19/01003-20151119ARTFIG00250-syrie-comment-la-ligne-fabius-du-ni-assad-ni-daech-a-vole-en-eclats.php

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 15:58

« L’islamisme, voilà l’ennemi ! » Cela ne vous rappelle rien ? En plein ordre moral triomphant, Gambetta, l’homme qui avait quitté en montgolfière la Commune de Paris assiégée par les Versaillais pour organiser la résistance en province, déclarait ainsi la guerre au cléricalisme. Les hommes politiques de cette trempe, ça n’a plus cours aujourd’hui. Dommage !

 

Oui, aujourd’hui c’est sûr l’islamisme est l’ennemi. Mais la question se pose de savoir si c’est l’unique ennemi.

 

1991, première guerre d’Irak c’est-à-dire contre l’Irak, pays en voie de grand développement, arabe, mais laïque. Une formidable coalition conduite par Washington avec tout l’occident, comme on dit et les grandes démocraties d’Arabie saoudite et autres principautés richissimes et sunnites du golfe arabo-persique. La France du socialiste et humaniste Mitterrand ne manque pas à l’appel.


L’Irak ramené à l’âge de pierre, proclame le protestant et grand démocrate James Baker en juin de la même année. L’âge de pierre pour le pays héritier d’une des plus anciennes civilisations.
500 000 enfants irakiens morts ? Le prix à payer selon Madeleine Albright en 1995

 

2002 : L’OTAN sous la conduite des Etats Unis fonce sur l’Afghanistan pour une guerre de dix ans et plus. La France de Chirac ne s’y presse pas. Enfin pas tout de suite mais un peu plus tard oui, en particulier avec Sarkozy. Les Soviétiques s’y étaient cassés le nez. Ce ne sera guère mieux avec l’OTAN.

 

2003 : la deuxième guerre d’Irak avec les « démocraties » rassemblées sous la bannière étoilée pour mettre enfin l’Irak à l’heure du paradis occidental et démocratique. Triomphe que l’on connait bien.
La France de Chirac et de Villepin, refuse de s’y rendre. Le monde, celui des pays du tiers et des non alignés dit son admiration, Le mensonge des armes de destruction massive propagé par Washington et Londres est dénoncé. Avec un groupe décidé à en faire la démonstration, nous nous rendons en Irak. A mon retour madame Alliot Marie , ministre de la défense me fait envoyer par son directeur du cabinet militaire une lettre comminatoire pour me rappeler au devoir de réserve ! Peut être avait elle des vues différentes de celles du Président sur ce sujet ?

 

2010; Sarkozy Président, Londres et Paris s’unissent pour semer le chaos en Libye et faire assassiner dans des conditions pornographiques le président Kadhafi. Belle opération militaire sous traitée par Washington à ses deux vassaux auxquels il apporte le soutien logistique de pourvoyeur d’armes et de munitions. Nous en connaissons tous les conséquences.


Mais cela ne suffit pas. Un autre chaos est en train de mijoter.

 

Contre Amiral Claude gaucherand

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 17:23

Déclaration du Président du Comité central du Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

 traduite pour histoire et societe par Marianne Dunlop…

 

Le monde entier est choqué par les événements sanglants survenus dans la capitale française. De nombreux citoyens innocents sont morts. Ces terribles événements ont suscité des sentiments de tristesse et d’indignation de millions de personnes à travers le monde. Les communistes russes expriment leurs sincères condoléances aux familles et aux amis des personnes tuées dans la série d’actes terroristes méprisables planifiés et exécutés par les radicaux fanatiques. Nous pleurons avec le peuple de France, peuple qui par le passé a apporté au monde la lumière de la Grande révolution et le progrès, et maintenant est devenu la cible de l’obscurantisme réactionnaire et de la barbarie. Nous exprimons notre indignation face au meurtre brutal de personnes innocentes et demandons un juste châtiment pour tous ceux qui sont impliqués dans ces crimes commis contre l’humanité.

 

Les conséquences de tout cela peuvent devenir beaucoup plus graves, si dans des délais très courts on ne tire pas les bonnes conclusions. Ce n’est pas la première fois que l’Europe fait face à la terreur. Cependant, ce qui est arrivé à Paris dépasse l’échelle d’une simple attaque. La coordination et la cohésion de ceux qui ont commis ce crime terrible, montre que derrière eux se trouve une force puissante, bien organisée et structurée. Il n’y a aucune raison de croire qu’ils s’arrêteront de leur propre volonté.

 

Produit de l’étape contemporaine du développement du capitalisme, le terrorisme, enveloppé dans des vêtements religieux, porte en lui une menace contre la civilisation. Il nie les normes et les principes fondamentaux développés au cours de la longue histoire de l’humanité. Il devient le fléau du XXI siècle. Comme le fascisme allemand dans le XX e siècle, le terrorisme a émergé de la crise du système capitaliste mondial. Il est apparu en réponse à la politique d’ingérence flagrante dans les affaires d’États souverains, leur asservissement et leur pillage. Prospérant sur les ruines de l’Irak, de l’Afghanistan et la Libye, il a acquis une énorme force destructrice à l’échelle internationale.

 

Aujourd’hui, il est primordial d’arrêter l’attaque de terreur généralisée. Cela ne peut être fait que par la compréhension de ses racines profondes. Le terrorisme est devenu l’un des principaux problèmes d’aujourd’hui principalement parce que les politiciens occidentaux pour une longue période ont été très disposés à recourir à ses services. Ils ont pris l’habitude de diviser les terroristes en « bons » et « mauvais ». Les « bons » sont ceux qui sont utiles pour une raison ou une autre. Contre les « mauvais » on peut employer n’importe quels moyens, même en contournant le droit international et la souveraineté et en détruisant des nations entières.

 

Le drame de Paris est l’aboutissement de ce qui s’est passé dans le monde au cours des dernières décennies. De nombreux pays ont connu des attaques terroristes violentes. C’est avec ce genre d’actions qu’ont commencé les guerres civiles en Libye, en Egypte, en Syrie. Cependant à l’époque les politiciens occidentaux s’intéressaient à des questions très différentes. Ils étaient occupés à renverser les gouvernements légitimes de ces pays, les empêchant de se battre contre les formations terroristes.

 

La Russie se souvient de la guerre terroriste au Nord Caucase, les tragédies à Boudionnovsk, Kizlyar et Beslan. Leurs instigateurs utilisaient les mêmes méthodes qu’en France aujourd’hui. Mais à l’époque les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait pression sur les autorités russes et qualifié les opérations anti-terroristes d’ « usage excessif de la force. » En outre, les émissaires occidentaux et des organisations apportaient leur aide aux structures extrémistes.

 

Un bon exemple de l’utilisation du terrorisme dans l’intérêt des États-Unis et de l’OTAN est le coup d’Etat en Ukraine en 2014. L’Occident a apporté son plein appui aux militants sur le Maidan qui utilisaient des armes contre les forces de l’ordre. Il a cyniquement passé sous silence la tragédie d’Odessa, lorsque des extrémistes ont brûlé vif des dizaines de personnes en plein centre de la ville. Les dirigeants de l’OTAN continuent à ce jour de ne pas remarquer les bombardements meurtriers de bâtiments résidentiels à Donetsk et Lougansk. Et tout cela parce que, selon l’Occident, la guerre fratricide en Ukraine répond pleinement à ses intérêts géopolitiques. Voilà pourquoi à l’égard des terroristes Bandera, les tribunaux internationaux ne sont pas convoqués, les sanctions ne sont pas déclarées, pas même de simples paroles de condamnation venant des dirigeants politiques des États-Unis et de leurs alliés.

 

Le terrorisme d’aujourd’hui est le produit d’une absence totale de principe du grand capital mondial. Ses agents ont depuis longtemps utilisé les méthodes terroristes comme une arme dans leurs batailles pour le repartage des marchés mondiaux et l’écrasement des luttes de libération nationale des peuples. Dans un effort pour capter les ressources des pays indépendants, les mondialistes ont vivement encouragé les formations paramilitaires à travers le monde. Ils les ont utilisées pour établir un système de néo-colonialisme en Afrique et en Amérique latine dans les années 1960-1970. Ils ont armé des terroristes en Afghanistan pour lutter contre l’Union soviétique dans les années 1980. En 1990-2000 a été détruit le système de sécurité existant au Moyen-Orient et créées des armées entières de terroristes. Ces jeux ont abouti à ce que la vague de terreur commence à échapper au contrôle de ses maîtres. Il est arrivé la même chose que dans le milieu du XXe siècle, quand l’Occident a commencé à jouer à soutenir le fascisme.

 

Au cours des dernières décennies, le monde a connu des tendances très inquiétantes. Après la destruction de l’URSS, les États-Unis et leurs alliés ont déclenché une véritable terreur contre la population de pays entiers. Il en a été ainsi sur le territoire de la Yougoslavie et en Irak, où des civils ont péri sous les frappes de l’OTAN. L’OTAN qui a commencé à déclencher des invasions militaires en contournement des décisions de l’ONU. Le droit international a cédé de plus en plus devant l’affirmation de la force brutale.

 

Les peuples occidentaux sont les victimes de la politique de leurs propres gouvernements. Les systèmes de sécurité européens ont fait preuve d’une incapacité totale. La stratégie du multiculturalisme a échoué. Le problème des réfugiés est hors de contrôle. L’UE apprendra le prix de la collusion avec les magnats de l’étranger. Les représentants de l’Union européenne ont toutes les raisons d’opter pour une politique plus indépendante et de peser activement sur les Etats-Unis pour infléchir la politique euro-atlantique dans son ensemble.

 

Dans ce contexte, il est important de se tourner vers l’expérience soviétique de lutte contre le banditisme et le terrorisme. L’Union soviétique a été confrontée à ce genre d’événements dès les premières années de son existence. Le camp impérialiste, Europe occidentale, Etats-Unis et Japon a fourni un soutien actif aux terroristes. Contre le premier état socialiste, ils ont pensé qu’il était possible d’utiliser tous les moyens. L’Occident a commencé par financer généreusement les Blancs, engagés sur la voie de la guerre avec leur propre peuple. Il a continué en protégeant les Basmatchis, les « frères de la forêt », les Banderistes et autres bandits nuisibles. Les victimes de ces malfaiteurs furent non seulement les dirigeants militaires et civils de l’Union soviétique, mais surtout des citoyens soviétiques ordinaires.

 

Dans leur lutte contre l’Etat soviétique tous les groupes anti-gouvernementaux ont échoué. Et ce n’est pas seulement dû à l’efficacité de nos services de renseignement, qui ont fait montre du plus grand professionnalisme. La principale raison est que l’Union soviétique a éradiqué les causes du terrorisme. Elle a vaincu la pauvreté et réduit le fossé entre les couches sociales.

 

Dans la société soviétique, le terrorisme n’avait aucune chance de succès, précisément du fait que sa base sociale avait disparu. L’Etat socialiste prévoit l’égalité des chances à tous ses citoyens. Ils ont la possibilité de travailler honnêtement, pour créer une famille et élever des enfants, et jouissent des plus larges garanties sociales. C’est sur cette base que l’Union soviétique a créé un système de sécurité efficace, grâce auquel chaque personne se sent en sûreté et confiante dans l’avenir.

 

Il ne faut pas nous enfouir la tête dans le sable : la source du terrorisme moderne ce sont les divisions sociales, la pauvreté et le désespoir de millions de personnes dans différentes parties du monde. Voilà pourquoi les nombreux groupes armés ont la possibilité de reconstituer en permanence leurs rangs. Sans une politique sociale forte le phénomène du terrorisme ne peut être vaincu. Ni en Russie ni en Europe ou dans le monde entier.

 

La situation dans la société russe d’aujourd’hui est très différente de l’époque soviétique. Le pays est divisé par une terrible inégalité de répartition de la richesse. La pauvreté et le désordre sont devenus une réalité quotidienne de la majorité des citoyens. Rien qu’au Daghestan, un jeune sur deux est au chômage. Dans une telle situation les chefs de gangs n’ont aucune difficulté pour recruter de nouveaux combattants. Les extrémistes nationalistes et religieux développent leur propagande aussi bien envers les peuples autochtones de Russie, que parmi les travailleurs migrants privés de droits, humiliés par les fonctionnaires et opprimés par le capital.

 

La réalité nous fait littéralement un devoir d’adopter l’expérience soviétique. Mais comment répondent les autorités à cette exigence ? Elles lancent à nouveau une vague d’antisoviétisme et de russophobie, rouvrent les cicatrices de la confrontation civile des époques passées. De cette façon, les cercles dirigeants eux-mêmes exacerbent la fracture sociale et élargissent les possibilités pour les groupes terroristes.

 

La question de la lutte internationale contre le terrorisme doit prendre une place centrale dans l’agenda de la politique mondiale. Toutefois, ce combat ne sera vraiment efficace que lorsque les racines de la terreur seront arrachées. La communauté mondiale devrait refuser de faire confiance à tous les politiciens et les sociétés qui se livrent à un soutien direct ou indirect des terroristes. Les peuples de tous les pays doivent lutter pour freiner le grand capital devenu fou qui entraîne le monde dans un nouveau conflit mondial.

 

L’humanité fait face à un défi, et nous ne pouvons pas rester à l’écart. Mais la lutte contre le terrorisme ne connaîtra un véritable succès qu’avec le rejet du système économique actuel, basé sur l’exploitation des peuples entiers et l’injuste distribution des revenus dans le monde entier. En d’autres termes, pour vaincre le terrorisme comme un attribut du capitalisme moderne, il est nécessaire de surmonter le capitalisme lui-même. Vous ne pouvez pas compter sur le succès si vous vous battez contre les conséquences et non les causes.

 

Le Parti communiste préconise de donner une rebuffade dure et décisive à tous ceux qui portent atteinte à la vie et la santé des citoyens, qui cherchent à imposer au monde leur ordre criminel. La nature mondiale de la menace implique la coordination de la lutte contre le terrorisme à l’échelle internationale la plus large. En partageant la douleur de la France, la Russie doit être prête à de nouveaux défis. Notre société a besoin urgent d’un ensemble de mesures efficaces visant à modifier la législation nationale, la révision d’un certain nombre d’accords internationaux, l’assainissement de l’économie et de l’élargissement des garanties sociales.

 

Pour faire face de manière adéquate aux défis extérieurs, nous devons devenir plus forts et plus avisés !

                                                                                           Guénnady Ziouganov.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:05
Après le vendredi noir de Paris

Cinq constats par Richard Labévière

L’Envers des Cartes du 16 novembre 2015

Repris sur Comité Valmy source Proche&Moyen-Orient.chObservatoire Géostratégique

L‘organisation « État islamique » (Dae’ch) a revendiqué, – ce samedi 14 novembre – les attentats de la veille au Bataclan, (salle de spectacle située au 50, boulevard Voltaire à Paris), dans les Xe et XIe arrondissements de la capitale française et les explosions survenues aux abords du Stade de France à Saint-Denis, qui ont fait 129 morts et 352 blessés, selon un bilan provisoire. Le communiqué du groupe terroriste précise que « huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d’assaut ont visé des sites choisis soigneusement au cœur de Paris ». D’une quarantaine de lignes, le communiqué décrit aussi le Stade de France comme un lieu où s’est déroulé un match entre « deux pays croisés » et le Bataclan comme abritant des « centaines d’idolâtres pour une fête de la perversité ».

 

Un premier constat doit ramener à la dimension géopolitique de l’événement : Paris n’est pas le centre du monde… Cette nouvelle tragédie intervient après celles de Beyrouth, qui a fait une cinquantaine de victimes le 12 novembre dernier (cf Editorient de ce jour) et de Bagdad, le 13 novembre, causant la mort de 18 personnes. Quelques jours auparavant, le crash d’un avion russe dans le Sinaï, vraisemblablement causé par une valise piégée et, également revendiqué par Dae’ch, a tué l’ensemble des 224 personnes à bord, tandis qu’à Gaza et en Cisjordanie de jeunes Palestiniens tombent quotidiennement sous les balles de la soldatesque israélienne.

 

Depuis près d’un an, prochetmoyen-orient.ch écrit que l’existence même, territoriale, financière, sinon institutionnelle de Dae’ch n’est pas un fait acquis. Malgré les atermoiements et l’inefficacité d’une Coalition internationale anti-terroriste – qui a plus gesticulé et communiqué qu’effectué de véritables opérations éradicatrices -, l’état des forces de Dae’ch sur le terrain ne peut s’inscrire dans la durée. Rappelons nous l’évolution qu’a connue Al-Qaïda : dès lors qu’elle était réellement menacée par les forces américaines dans ses sanctuaires afghano-pakistanais en novembre 2001, la nébuleuse Ben Laden s’est largement délocalisée, décentralisée et redéployée avant de se remettre à frapper l’ « ennemi lointain » dans plusieurs pays européens.

 

Avec la montée en puissance de l’engagement militaire russe en Syrie, Dae’ch est désormais confronté à la même évolution, subissant nombre de revers signant le début de la fin de son existence territoriale en Syrie, ainsi qu’en Irak. Partant de là, il n’est pas très étonnant de voir ainsi Dae’ch multiplier des attentats spectaculaires au Liban, en Irak, en Egypte et à Paris, destinés à montrer à l’opinion internationale qu’il conserve intact sa capacité de nuisance et d’initiative.

 

Un deuxième constat ré-actualise, ce que nous écrivons dans prochetmoyen-orient.ch depuis le début, à savoir qu’on ne riposte pas efficacement au terrorisme exclusivement de manière militaire. Après les attentats de Paris, la France est-elle en guerre, comme le martèle le premier Ministre Manuel Valls ? Attention au contre-sens : la guerre, le recours à la force est l’ultime moyen pour créer les conditions d’un règlement d’un différend entre des Etats, quand celui ci n’a pas été obtenu par des moyens pacifiques. Or Dae’ch n’est ni un Etat ni une armée et aucune négociation n’est possible avec lui. Sans doute l’option militaire est elle un pis aller et peut elle servir à gagner du temps, mais en l’occurrence le recours aux forces armées ne saurait mettre fin au phénomène terroriste ni réussir à en éradiquer durablement les causes et les logiques. Faire la guerre au terrorisme ? Le terrorisme n’est pas une substance mais un mode opératoire. On ne fait pas la guerre à un modus operandi, mais sans doute faut-il agir contre des groupes clairement identifiés. En amont, c’est clairement la tâche des services spéciaux et de renseignement ; en aval, des services de police et de justice. En amont et en aval, la diplomatie doit pouvoir jouer pleinement son rôle et on se rappelle les mots d’Hubert Védrine alors ministre des Affaires étrangères, devant l’Assemblée générale des Nations unies après les attentats du 11 septembre 2001 : « assécher le terreau du terrorisme en réglant diplomatiquement les crises des Proche et Moyen-Orient, à commencer par le conflit israélo-palestinien… »

 

Un troisième constat éclaire crûment les multiples contradictions de la politique étrangère française. En fermant l’ambassade de France à Damas – le 6 mars 2012 -, Alain Juppé alors ministre des Affaires étrangères, a pris une décision stupide et contraire aux principes fondamentaux de l’action diplomatique. C’est justement lorsqu’une relation bilatérale se dégrade qu’il faut, au contraire, chercher à maintenir un dialogue même a minima avec l’adversaire , notamment par l’entremise des services spéciaux, et ce pour préserver l’avenir. En fermant les services de la représentation française de la rue Ata al-Ayyoubi de Damas, Paris se privait, hélas, d’une coopération des espions syriens dont les renseignements avaient pourtant servi, entre autres, à empêcher un attentat majeur à Nancy entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007.

 

En prenant fait et cause pour les dit -« révolutionnaires » contre le gouvernement syrien légal, la diplomatie française sortait de sa tradition gaullo-mitterrandienne de médiation et d’interposition, et marquait l’engagement de notre pays comme l’une des parties liées à un conflit, dont il était pourtant évident qu’il évoluerait en guerre civilo-régionale généralisée.

 

Plutôt que de rectifier le tir du gouvernement précédent, Laurent Fabius forçait le trait en proclamant que « Bachar al-Assad n’a pas le droit d’être sur terre ». D’une « politique arabe » héritée de quarante ans d’investissement diplomatique continu, Paris basculait dans une « diplomatie sunnite de la France », essentiellement motivée par des contrats d’armements juteux à destination de l’Arabie saoudite (démocratie exemplaire comme chacun sait !) et d’autres pays du Golfe. Cette contradiction majeure de la diplomatie française fut soulignée par le président Abdelaziz Bouteflika lors de la visite d’Etat de François Hollande en Algérie en décembre 2012. Celui-là posa cette simple question à son homologue français : comment pouvez-vous simultanément faire la guerre aux jihadistes dans le sahel alors que vous les aidez en Syrie ?…

 

Un quatrième constat concerne les différentes couches d’un « mal français » composite et récurrent. Le 27 octobre 2005, des émeutes dans les banlieues françaises et leur cortège de violences urbaines ont débuté à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents alors qu’ils cherchaient à échapper à un contrôle de police. Ces révoltes devaient ensuite s’étendre à un grand nombre de banlieues, fortement touchées par le chômage, le trafique de drogue, d’armes et la prostitution. L’état d’urgence fut déclaré le 8 novembre 2005, puis prolongé pour une durée de trois semaines consécutives, donnant de la France une image inquiétante de pays en quasi-guerre civile. Résultat de la brillante politique de la ville menée depuis des décennies par nos gouvernements successifs, cette déglingue sociale a fait l’objet de moult réunions et colloques sans trouver de réponses pertinentes et durables.

 

Même constat sur la situation carcérale lorsqu’on sait depuis plusieurs années que le recrutement de jihadistes s’effectuent largement dans nos prisons. Pourquoi et comment les auteurs des attentats de janvier 2015 ont-ils pu rencontrer – en prison – et y nouer une relation suivie avec Djamel Beghal, l’un des cadres français d’Al-Qaïda ? Quant à l’école de la république, voilà aussi plusieurs décennies qu’on se gratte la tête en se demandant pourquoi elle fabrique de moins en moins de citoyens fiers d’appartenir à une République laïque, pluraliste et démocratique… Ajoutées à ce mille-feuille de crises récurrentes, symptomatique d’un effritement du lien, sinon du contrat social français, les dérives des médias audiovisuels comme de la presse française constituent un cinquième problème, voire un facteur de confusion, d’incompréhension et d’égarement idéologique.

 

En janvier dernier, se proclamant « Je suis Charlie », des millions d’anonymes – de « zombies », pour reprendre l’expression heureuse du démographe Emmanuel Todd -, estimaient défendre le pluralisme et la liberté d’expression si chers à notre vieille démocratie-témoin tellement soucieuse des droits humains. Or, et bien avant les derniers attentats de Paris, on assiste à un déferlement en continu d’une propagande unidimensionnelle et dominante qu’on peut qualifier de « néo-conservatrice » donnant la parole quasi exclusivement à quelques soi disant experts peu recommandables dont on évite de s’interroger sur les antécédents et les bailleurs de fonds…

 

Cette idéologie dominante, cette absence de débat critique et d’expertise fondée sur une réelle connaissance du terrain, font pleinement partie du problème et contribuent aussi à nourrir le jihadisme européen. Elle conforte aussi les options moralisantes d’une diplomatie française, axée sur l’immédiateté, rivée aux sondages d’opinions et au service des copinages et des passations de marchés d’armements ! En décrétant que l’avenir de la Syrie doit se faire « sans Bachar al-Assad », François Hollande prétend apporter, sinon imposer nos « valeurs » au peuple syrien ! Que ne le fait-il pour l’Arabie Saoudite ??? Au-delà de cette posture néo-coloniale se parant des plumes du « devoir d’ingérence », cher aux « idiots utiles » de l’idéologie dominante, le président de la République française réitère la vieille politique de la canonnière et du « regime change » qui a échoué partout : en Afghanistan, en Irak, en Libye et au Yémen… ! Quelle arrogance de la France et quelle incompétence de nos élites et de nos medias qui ne savent pas tirer le moindre enseignement de l’histoire !

 

Alors que faire ? D’abord remettre à plat notre politique étrangère et le calendrier de ses priorités, en travaillant avec tous les pays susceptibles de lutter efficacement contre Dae’ch, à commencer par la Russie, l’Iran et… la Syrie. Dans cette perspective, la vieille option française d’une « conférence régionale-globale », centrée sur le règlement de l’ensemble des crises proche et moyen-orientales, reprend toute sa pertinence. La Feuille de route internationale (sur laquelle s’accordent désormais Washington et Moscou) doit remanier un calendrier devant impérativement privilégier un objectif opérationnel clair et simple : la neutralisation de Dae’ch. Face à une telle évidence, cessons de mettre la charrue avant les bœufs en proclamant que l’avenir de la Syrie doit se faire « sans » ou « avec » un tel ou tel autre… L’avenir politique de la Syrie est, avant tout l’affaire des Syriens eux-mêmes et ils ne pourront se prononcer que lorsque la situation militaire et sécuritaire garantira durablement l’unité et la souveraineté territoriale de leur pays.

 

Dans la perspective d’un temps plus long, il s’agit de mettre en œuvre, dans les pays directement confrontés aux guerres civiles et régionales, comme dans les pays européens qui leur servent à la fois de déversoirs et de réservoirs, des programmes lourds susceptibles d’endiguer la décomposition sociale et étatique. Répétons : les bombardements ne peuvent avoir d’effet sur les causes profondes du terrorisme. Ces interventions militaires servent seulement à gagner du temps… un temps nécessaire sans doute à l’ouverture sérieuse et déterminée de ces énormes chantiers diplomatiques, économiques, sociaux, culturels et politiques…

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 15:12

L’emblème de la République, une et indivisible,
de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire - par Jean LE
VY

vendredi 27 novembre 2015, origine Comité Valmy

Le drapeau tricolore

François Hollande a proposé aux Français de participer à l’hommage national qui sera rendu vendredi 27 aux victimes des attentats du 13 novembre en accrochant chez eux un drapeau français...

Cette ferveur patriotique soudaine donne à réfléchir.

 

Le temps n’est pas lointain où les dirigeants de notre pays, qu’ils soient de "gauche" ou de droite, priorisaient le drapeau européen "qu’il fallait accrocher aux frontons de toutes nos mairies".

 

La notion même d’Etat national était brocardée comme une survivance surannée d’un patriotisme hexagonal démodé. Le temps était venu, nous disait-on, de considérer "l’Europe" comme notre nouvelle patrie. Et ceux qui ne s’inclinaient pas devant une telle évidence, étaient pour le moins considérés comme des « nationalistes » attardés, égarés dans notre époque, ou le plus souvent désignés à la vindicte publique comme "populistes", terme d’opprobre qui devait vous assigner à l’isolement politique.

 

Cette attitude n’était seulement un positionnement sémantique. Car nos moines européens ne se limitaient pas à des prêches fanatiques. Ils modifiaient nos lois et nos principes pour les adapter à leur nouvelle idéologie.

 

C’est ainsi que notre budget, celui de la France, pour être adopté, devait recevoir préalablement l’aval de l’étranger sis à Bruxelles, que toute notre législation ou presque devait répondre aux critères définis au-delà de nos frontières.

 

Tel est le crédo de l’Union européenne, devenue notre nouvel Etat.

 

Et de prôner une "Europe" des régions, celle des Nations étant, nous disait-on, dépassée. Finie la République "Une et indivisible", dont la langue se limite au français...

 

Nous en étions-là quand les attentats terroristes ont répandu une mare de sang dans notre pays.

Cet évènement suscitant une émotion profonde et un vaste mouvement de solidarité, c’est alors que nos gouvernants, le Président en premier, ont repris à leur compte une initiative citoyenne de brandir le drapeau de la République comme symbole du ressaisissement populaire face à l’agression.

 

Faudrait-il que ce geste, le drapeau tricolore aux fenêtres, ne soit pas pour nos dirigeants une manière provisoire de jouer la carte patriote, alors qu’ils démantèlent la France, ses richesses et ses entreprises vendues à l’étranger, le principe de la République "Une et indivisible" relégué aux magasins d’accessoires et son drapeau sorti opportunément, pour cause d’élection.

 

Il faut redonner au drapeau tricolore son sens premier, son sens révolutionnaire.

 

Celui qui flottait à Valmy le 20 août 1792, le jour d’avant de la Première République.

Celui des Révolutions tout au long du XIXème siècle, avant sa prise de guerre par la bourgeoisie, collaboratrice des Prussiens, contre les Communards.

Celui de la Résistance contre l’envahisseur fasciste, et des FTP en première ligne.

 

Il ne peut être l’emblème de ceux qui enferment la France dans la prison européenne.

Il doit être le drapeau du peuple rassemblé pour sa libération et sa souveraineté.

 

Celui de l’indépendance nationale

 

 

 

Commentaire  à la suite copié sur Comité Valmy

Pour le boycott de l’hommage national du 27 novembre rendu aux victimes du massacre du 13 novembre 2015.

 

Mille fois, je soutiens l’idée que leur mémoire soit honorée en tous moments, en tous lieux, à jamais. Je forme le vœu que d’innombrables initiatives soient lancées pour célébrer leur souvenir, notamment, à l’école, lieu où l’ignorance et la confusion des esprits se sont par trop répandues ces dernières années.

De surcroît, j’appuie toutes les initiatives pour aider les familles en ces instants douloureux, leur apporter réconfort, tendresse et amour.

Cependant, je rejette l’idée d’un hommage national en la présence de responsables politiques qui par leur aveuglement, leur lâcheté, leur manque de discernement et leur inaction ont rendu possible ce massacre.

Depuis longtemps, beaucoup se complaisent à des jeux, des combinaisons et des arrangements qui ont autant desservi la France qu’ils ont favorisé une insécurité chronique laquelle a connu son point d’orgue, ce 13 novembre.

En un jour de souvenir, j’appelle plutôt tous les élus de France à poser sur le fronton de leur Mairie les visages de toutes les victimes du terrorisme et ce autant de temps que la violence perdure, jusqu’à son éradication.

François de la Chevalerie

Membre de la Fondation Charles de Gaulle

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:27

Compte rendu succinct et commentaires

 

Tous les Villiérains et les villiérains, souhaitant assister à la  séance du 16 novembre 2015,  arrivés après 19h 30 aurait trouvé porte close  face à une affichette invitant à appeler le 0606619792 afin d’en obtenir l’ouverture. Ce  numéro SFR est aujourd’hui non attribué.

 

Dans ces conditions les personnes ne possédant pas de portables étaient contraintes  de renoncer ou  d’interpeller un quidam passant par là afin de pénétrer au sein des saints ce fut mon cas pour y apprendre que les réunions et les attroupements étant interdits après les attentats madame le maire avait obtenu  une dérogation de  la préfecture pour tenir la séance sous la réserve de contrôler strictement les accès.

 

Ne possédant pas les moyens humains  nécessaires, plutôt  que reporter la date du conseil, dont l’urgence n’était pas évidente, madame Leroux  usa d’un palliatif et fit fermer  la serrure  à double tour.

 

Pour qui sait qu’une séance du Conseil doit être publique il y là recours possible, collectif pour ne pas être inopérant,  en annulation des deux décisions prises et la justification d’un refus de siéger de la part  l’opposition comme de tout  élu soucieux du respect de la légalité démocratique. Ils ont préféré, par leur présence, cautionner la démarche.

 

Si une mesure de cette nature devait s’étendre dans le temps  conseillons aux élus de voter les crédits nécessaires à l’achat de quelques portables communautaires à prêter, 4 ou 5, compte tenu du peu d’empressement de nos concitoyen à assister au séance du conseil qui se déroulent quasiment comme à  huis clos.

 

Après les salamalecs d’usage, l’appel des élus, la séance commença par l’approbation du procès verbal de la réunion précédente à la majorité puis  un échange s’est instauré  entre  la première magistrate et « l’opposition » qui a demandé le maintien de la parole donnée aux auditeurs à la fin de chaque conseil, possibilité supprimée lors du précédent conseil pour des motifs futiles.

 

Madame le Maire a encore confondu pugilat, qui est une rixe à coups de poings, en fait un combat de boxe non réglementé, sans commune mesure avec quelques échanges verbaux, un peu vifs qui ont  servi de prétexte à son refus d’autoriser le public à s’exprimer à l’issue du conseil.

 

Elle a enfin admis qu’elle ne pouvait réglementer une réunion publique dans le cadre des dispositions prévues pour les réunions d’un conseil municipal ce qui est d’une logique indépassable. Il ne lui  reste donc d’autre possibilité  que de demander le respect des règles de bienséances et de les faire appliquer dans le cadre des pouvoirs de police qui sont les siens et de rester isolée dans sa  tour d’ivoire.  Ce quelle fait déjà alors que chacun devrait savoir qu’à refuser le dialogue, c'est-à-dire d’accepter d’entendre des points de vues contraires il n’est d’autre issue que l’enchaînement de la violence.

 

Elle a fait état de propos diffamatoires, à son encontre ou à celle d’autres élus, qui auraient été rapportés sur un site Internet dont on peut affirmer qu’ils ne le sont pas puisqu’elle n’a pas jugé bon d’engager un recours en justice, les autres non plus d’ailleurs, mais autant s’adresser à un mur.

 

Les deux points de l’ordre du jour ont ensuite été abordes :

 

Le premier concernant  la composition du futur conseil  communautaire regroupant le Val d’Orge et l’Arpajonnais ou quelques élus se sont étonnes du fait que Villiers ne dispose que d’un représentant alors que le nombre aurait pu être augmenté afin que les communes les moins importantes ne soient pas défavorisées, madame  a rétorqué que ce serait une mesure malvenue en cette période d’austérité. En admettant le bien fondé de cette assertion pourquoi ne propose-t-elle pas la réduction des indemnités versées aux élus qui, avec la charge de la dette, est le seul chapitre en augmentation constante dans le budget communal. J’ajoute pour ma part que les décisions étant prises par consensus avoir un représentant  ou plusieurs ne changerait guère au déroulement du film   dont nous subissons les conséquences une fois les décisions prises en l’absence de concertation préalables avec les populations.

 

Le second portant sur le compte rendu d’activité 2014 de l’agglo du val d’Orge  dont il est possible de lire l’intégralité à l’adresse ci après  en attendant le suivant et le futur du regroupement avec l’Arpajonnais qui ne changera rien au fond: http://www.agglo-valdorge.fr/publications_en_telechargement.html

 

On y retrouve les mêmes poncifs que dans les publications gouvernementales, l’agglo prétend soutenir un dynamisme  économique dont la croissance est en berne comme un peu partout en France, le nombre de chômeurs, catégorie A,  a  augmenté de 42 000 unités en octobre, il serait surprenant que la tendance ne soit pas la même sur le territoire de la CAVO, à part ça tout va très bien madame la Marquise. Au-delà des déclarations lénifiantes nous n’y trouvons aucune garantie pour  la création d’une véritable Régie publique de l’eau, surtout dans le cadre du rapprochement  avec la communauté de l’Arpajonnais.  Affaire à suivre attentivement si nous ne voulons nous réveiller avec une nouvelle délégation de service public au privé…

 

Aujourd’hui la Poste, France télécom, Gaz de France, ont été privatisé, EDF partiellement qu’ont dit les élus de l’agglo, comme ceux de Villiers sur orge ? Ils ont opiné ou laissé faire et lancent des appels d’offres à l’international.

 

La France est  diluée en Régions (consulter à ce sujet le dossier http://www.m-pep.org/Le-grand-Paris-Le-tour-de-la-question-au-coeur-des-elections-regionales-en-Ile ) qui de plus en plus dépendent  de la commission européenne et de son parlement croupion, globalement au service de la finance, agiter un drapeau tricolore aux fenêtres comme le demande président est un coup d’épée dans l’eau. Si nous avons aujourd’hui accès au haut débit fibré c’est pour la bonne et simple raison que nous avons mis la main è la poche pour la réalisation du réseau auquel nous sommes raccordés. La collecte sélective des ordures ménagères était en service à Villiers avant même la création de l’Agglo…A partir de la mutualisation des moyens la CAVO peut faire mieux.

 

Enfin pour revenir à sujet douloureux  notons que quelques barrières reliées par un ruban plastifié sont une protection illusoire contre un éventuel acte de terrorisme à Villiers sur Orge côté Place de la libération alors que la majeure partie de la journée le portail d’accès à l’école primaire reste ouvert. Rue Guy Môquet le stationnement aurait du être interdit sauf riverains et personnes dûment autorisées.  Les abords et les accès de l’école maternelle et du centre de l’enfance doivent être mieux protégés. Dans un cas comme dans l'autre des rondes doivent être effectuées par les fordes de police, éventuellemnt par le personnel communal pour signaler les anomalies. C’est ce que j’avais l’intention de préconiser si la parole avait été offerte aux trois personnes  présentes à l’issue du dernier Conseil Municipal.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 11:30

Pour info quelques échanges et prises ou absencs de prisesde position après les recours exercés auprès de madame le maire et le représentant de l’Etat dans le département

 

Première réaction de Simons, élus municipal, 31 octobre 2015

 

Je vois que tu as agi ! on ne sera donc pas les seuls à aller toujours devant le tribunal.

Mais n'oublie pas les procédures...

Comme d'habitude le préfet ne te répondra pas. Tu as donc deux mois de délai (à partir de ton intervention auprès du préfet) pour aller devant le TA.

Et comme les actions au TA prennent des années, si tu veux que ce soit efficace pour empêcher cette augmentation, et non un baroud d'honneur, il faut faire en parallèle une action en référé et sur le fonds...

Bon courage.

 

Réponse de Jack Freychet 8 novembre ( copies à Chevrier et Dhondt)

 

Ce n’est pas un baroud d’honneur mais un investissement sur les moyen et  long termes en commençant par la démolition de l’existant afin d’asseoir les bases d’une société moins inhumaine. Même si je ne suis pas le mieux placé en termes de durée c’est encore mon objectif.

 

Je n’ai jamais pensé que le représentant de l’Etat dans le département m’approuverait mais il m’a répondu, contrairement à la logique la plus élémentaire, que la décision de supprimer la part communale de l’abattement à la base ne souffrait d’aucun vice de forme. Il ne pouvait faire autrement car il a été formaté pour ça.

 

Comme,  contrairement à Valls, je ne crois pas à l’indépendance de la justice, sans exclure formellement un recours en TA, sous une forme à déterminer (elles sont multiples), j’ai la conviction  que la meilleure réponse ne peut être que politique à partir d’un rassemblement le plus large possible, au delà des clivages traditionnels,  nationaux et  locaux, qui interdisent toute action d’envergure.

 

Potentiellement ça fait beaucoup de monde à conditions de ne pas se renvoyer la balle, c’est pas moi c’est l’autre, de poser les bonnes questions et de retenir les vraies solutions. En fait de dénoncer la démarche « austéritaire » quels qu’en soient les initiateurs ce qui n’ jamais été fait, officiellement, en conseil municipal à Villiers sur Orge. A part moi seul Dhondt a manifesté quelques velléités.

 

J’ai déjà tranché en mon âme et conscience, pour moi l’austérité est consubstantielle à l’Union Européenne et à l’euro dans le cadre de la mondialisation en cours de l’économie. Nous devons nous  attendre à devoir consentir, de gré ou de force, de nouveaux sacrifices, en attendant  une explosion de violence si tous ceux qui se réclament de la gauche  campent  sur leurs positions  qui  sont en fait très voisines de celles du Parti Républicain.

 

 Il est à peu près certain que le PS et ceux qui gravitent autour vont prendre une raclée à l’occasion des régionales, le Front National va encore conforter ses positions. Comme à son habitude Sarkozy en bon opportuniste après avoir frayé avec Bush se rapproche aujourd’hui de Poutine le nouvel homme fort dont la démarche, de concert avec les BRICS, est appréciable   dans la mesure ou elle permet de contre balancer l’hyper puissance étasunienne et d’aller vers un monde multipolaires et non pas de remplacer un impérialisme par un autre impérialisme. De cet aspect nous devons rester vigilants.

 

Ça, c’est mon côté gaullien mais je n’en reste pas moins communiste de cœur, de raison et de luttes mais désencarté compte tenu des dérives de l’actuelle direction du PCF.

 

Retour Simons 8 novembre 2015-11-23

 

Bon, à part tes grands discours, qui ne sont pas forcément faux, que fais-tu concrètement. Mais comme d'habitude tu travestis la vérité, car nous sommes intervenus dans le débat et avons voté contre, il n'y a pas que Dhont.

Tu as lancé une action, que tu peux transformer l'essai et essayer de faire casser la décision, qui pourrait empêcher l'augmentation des impôts en 21016.

Mais, si je comprends bien,  tu ne semble pas décidé à y aller.

 

 Réponse Freychet à Simons

 

J’aurais pu te rétorquer :  

 

Qu’as tu fait concrètement  qui ait abouti  auprès du TA ?

                                   

Qu’attends-tu de la bataille d’arrière garde, sans espoir, que vous tentez de mener contre le PUP au rabais conclu par TLL dans le cadre de la loi ALUR : Lièvre soulevé par Dhondt mais un peu tard ?

 

Quelques remarques supplémentaires :

 

1) A relire attentivement mes courriers tu t’apercevras que mon recours était motivé par un vice de forme et n’allait pas jusqu’à demander l’annulation de la décision au mieux sa suspension pour  la remise à plat du dossier, l’information de la population puis retour en CM pour évaluation des conséquences de son annulation, de son maintien.

 

Quelles pourraient être les solutions alternatives : A mon avis il y en a deux

 

  1. Dépenser moins avec toutes les conséquences que cela suppose au niveau des prestations servies, l’entretien du patrimoine, les subventions à la vie associative, l’arrêt des investissements…

 

  1. Augmenter les taux, qui comme tu dois le savoir sont liés, n’aurait, pas les mêmes conséquences 

            selon la nature de la taxe en fonction de la fiscalité

 

  1. Je n’ai pas écrit que je renonçais au pourvoi en TA, mais en terme de lecture fine que je m’interrogeais mais si tu es convaincu qu’il y ait une réelle chance de succès je te propose de t’associer  à la démarche.

 

3) A quel débat fais tu référence ? Si tu es en mesure de produire des documents antérieurs à la dernière réunion du conseil, ou même deux membres de son groupe ont lâché TLL,  attestant des protestations de ton groupe contre la réduction des allocations de l’Etat, sans oublier la CAF, aux collectivités locales depuis l’élection de Hollande à la présidence je te serais très obligé de bien vouloir m’en adresser copies.

 

La droite à toujours cautionné Sarkozy et vous Hollande, en fait vous vous êtes neutralisés. Le 25 octobre vous avez voté contre la suppression de la part communale de l’abattement à la base proposée par TLL. Ce   n’est pas la même chose et n’a pas la même signification que l’absence de Chevrier.

 

Tout ce que j’écris n’est pas à prendre pour argent comptant mais  j’ai  noté que selon toi mes grands discours ne seraient pas forcément faux. C’est une évolution appréciable.

 

En complément le 27-11-2015 :

 

Lors de la pseudo séances de conseil municipal du 16-11-2015 qui a failli se tenir se tenir à huis clos, 3 personnes étaient présentes car l’accès était fermé à double tour pour cause de terrorisme, ce qui représente, il convient de le noter, un vice de forme de nature à annuler les décisions prises en séance ou une opposition autrement que pour la forme aurait du refuser de siéger.

 

Une intervention de monsieur Simons, qui fut maire, sur les conséquences de la suppression de la part communale de l’abattement à la base a montré  que ses connaissances en matière de fiscalité locale étaient des plus réduites. A l’issue du conseil je lui ai  renouvelé ma demande d’effectuer un recours conjoint auprès du tribunal administratif, il a répondu par la négative alors qu’une réaction collective aurait eu des  chances d’aboutir malgré la caution apportée par le représentant de l’Etat dans le département à la suppression de l’abattement à la base dont les contribuables locaux subiront les conséquences. Monsieur chevrier n’a pas donné suite à la proposition faite oralement.

 

Monsieur Simons   n’a toujours pas produit les documents auxquels j’ai fait référence au point 3 et  a fait l’impasse  sur  les différentes questions que  soulevées.

 

Enfin il est à noter qu'une  juridiction, quelle qu'elle soit  est chargée de faire applique la législation en vigueur même si elle est contestable, en outre elle n'est pas à l'abri des pressions du pouvoir politique que seule une action populaire de masse ou une nouvelle majorité sortie des urnes peut remplacer.

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 09:40
Rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie !
Coopérer avec Bachar Al Assad et Vladimir Poutine pour éradiquer DAESH !
Ecarter L. Fabius du Gouvernement compradore !
Comité Valmy

mercredi 18 novembre 2015, par Comité Valmy

 

 

Le Comité Valmy a entrepris une analyse collective des tueries takfiristes qui ont frappé la France, de leurs origines et de leurs conséquences, comme prétexte à l’aggravation annoncée des conditions concrètes du développement de l’euro dictature occidentaliste dans notre pays.
Nous y reviendrons.

Le Comité Valmy adresse dans un premier temps, ses condoléances aux familles endeuillées par les massacres du 13 novembre 2015 en Ile-de-France. La France officielle avait pour ennemi la Syrie souveraine présidée par Bachar al Assad, tout en faisant semblant de combattre l’État islamiste. Les actions terroristes nous montrent l’échec dramatique de cette politique ambiguë et criminelle, caractérisée notamment par le soutien de l’organisation terroriste Al Nosra à propos de laquelle, Laurent Fabius a affirmé qu’en Syrie ses adeptes « font du bon boulot ».

Par les 128 assassinats qu’il a perpétrés, l’État islamiste nous démontre la fausseté de la politique étrangère menée par François Hollande et Laurent Fabius d’alliance avec la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, fournisseurs d’armes des djihadistes.


La France doit relever le défi terroriste et changer de camp. Elle doit :

  • Rétablir les relations diplomatiques avec les autorités légales syriennes dont les troupes luttent au sol contre le terrorisme,
  • établir une coopération policière avec les autorités de Damas pour prévenir de nouveaux attentats en France organisés par l’État islamique,
  • participer à l’action militaire internationale contre l’État islamique proposée par Wladimir Poutine aux Nations Unies

La nouvelle politique étrangère qui s’impose ne pourra être menée par Laurent Fabius, aussi le Comité Valmy demande sa démission de ministre des Affaires Etrangères.


Profitant de l’émotion suscitée par les massacres, le gouvernement a décrété l’état d’urgence. Cette mesure liberticide ne frappera pas les terroristes, mais comme d’habitude ceux qui luttent contre le terrorisme. Le Comité Valmy demande la levée de cette mesure.

Comité Valmy
Paris le 14 novembre 20
15

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 15:21

L’horreur, l’innommable c’est certain, et maintenant l’union sacré comme en 1914 dont chacun devrait connaître le sinistre bilan.

 

Les attentats étaient prévisibles.

 

Ainsi que me disait mon grand père, un homme de bon sens " à cracher en l’air ça te retombe presque toujours sur la figure pour peu que le vent s’y prête."

 

Sous couvert d’émotion factice nous assistons aujourd’hui au bal des faux culs  oublieux de leurs crimes passés, présents et programmés car rien ne laisse présager un changement d’orientation de leur part :

Les uns  font part de leur indignation tout en présentant leurs condoléances mais passent soigneusement sous silence le fait qu’ils sont à l’origine du crime. La liste en a été dressée sur Sputnik. Nous savons en outre, aujourd’hui, qui finance Daech et ses satellites,  les pays limitrophes qui lui achètent du pétrole ou du gaz,  voire même certains pays occidentaux via des intermédiaires, les grands médias s’en sont fait l’écho.

 

Les autres, la France en particulier, ses gouvernants d’hier et d’aujourd’hui, qui ne sont intervenus que timidement, comme les USA, lorsque Daech a commencé à paraître à leur yeux comme un concurrent sérieux pour le contrôle économique du Moyen Orient poussent des cris d’orfraies et en appellent au rassemblement de l’exploiteur et de l’exploité, à l’union sacré comme avant le déclenchement de la première guerre mondiale en1914, alors que l’urgence n’est pas là mais à un changement de politique intra muros, ils ont même trouvé un substitut,  prétendument plus fréquentable selon Fabius, Al  Nostra  qui n’a rien à  envier à Daech en termes d’atrocités.

 

D’aucuns voient Hollande en chef de guerre, alors qu’il  est déjà engagé dans de multiples  conflits armés  et n’est pas facteur de paix sociale, car il mène le combat aux côtés des nantis.

 

Myard, de droite, qui n’est pas le pire,  déclare, Assad a du sang sur les mains - qui n’ a pas en occident ne serait-ce que par procuration, celui  des victimes  libyennes, irakiennes, syriennes, algériennes sans remonter plus avant  (note du rédacteur du présent texte)  - , mais c’est un interlocuteur incontournable, ce disant il se retrouve  sur la ligne de ceux qui clamait « Kadhafi est un dictateur sanguinaire et corrompu » mais il ne faut pas bombarder la Libye, en fait c’était  un appel à le faire. Les mots ont leur importance, leur agencement encore plus.

 

Ceux qui s’interrogent sur l’efficacité des services de renseignements et de préventions, tels Mourad Budjellal président du RC Toulon de rugby sont priés de se taire : consulter à ce sujet la vidéos  stade 2 du 15 novembre http://www.francetvsport.fr/stade-2  Une heure  huit minutes à partir de la trente cinquième pour qui n’aurait le temps de visionner l’ensemble.

 

On peut  être légitimement inquiet lorsque  le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier déclare « Le calendrier concret sur lequel nous nous sommes entendus aujourd'hui (14-11-2015) est celui d'élections dans 18 mois en Syrie, à l'issue d'"un processus qui comprendra la formation d'un gouvernement de transition d'ici six mois », il a ajouté « L'objectif est aussi d'organiser d'ici le 1er janvier une rencontre entre représentants de l'opposition syrienne et du régime de Damas… » Pour lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20151114/1019522420/vienne-syrie-accord-elections.html#ixzz3rZAqX2v1

 

Quelle est la  réalité, plus encore  la légitimité de l’opposition syrienne reconnue par l’occident qui ne reconnaît pas le gouvernement syrien, qualifié de régime de Damas, pourtant  désigné  tout aussi démocratiquement que les parlements et les exécutifs occidentaux  qui entretiennent des relations les plus courtoises avec les dirigeants du Qatar et de l’Arabie Saoudite ou les droits des femmes sont inexistants?

 

Ne s’agit-il pas de la  manifestation  de la volonté d’abuser encore du « droit » d’ingérence même si, dans la foulée, Lavrov, ministre Russe des affaires étrangères,  a rétorqué que l’avenir de la Syrie appartenait au peuple syrien dans la diversité de ses composantes. Le respect des droits fondamentaux des  peuples  n’est-il pas la condition première du maintien ou du retour de la paix au moyen orient comme ailleurs ?

 

Interrogeons- nous également : Le monde unipolaire voulu par les Etats-Unis d’ Amérique a du plomb dans l’aile, mais il n’a pas rendu les armes. Même si nous en arrivions là est-ce pour autant que la répartition de la planète en zones d’influences, c'est-à-dire la fragmentation de l’impérialisme, dans le cadre de la concurrence transfrontière dite libre et non faussée, garantirait la paix pour l’éternité ? Je ne le pense pas et suis même convaincu du contraire. A ce sujet lire ou relire «  l’impérialisme stade suprême du capitalisme » de  Lénine écrit il y a plus d’un siècle pour en tirer les conclusions qui s’imposent et  de fil en aiguille s’approcher de la solution.

 

En attendant les peuples subissent et continueront de subir  les conséquences de la mondialisation de la terreur sous l’œil réjoui des tireurs de ficelles, de leurs sbires élus ou non,  des médias menteurs, de tous les gobeurs de sornettes jusqu’à l’avènement d’un Homo trois fois sapiens  et par conséquent un peu mieux éduqué, moins barbare, moins manipulable et plus solidaire urbi et orbi.

 

Ne nous comportons pas en moutons de Panurge derrière ceux qui nous tondent la laine sur le dos et nous exposent aux coups de l’Etranger.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 11:18

par Karl Müller source Horizons et débats

 

En été 2013, alors que les Etats Unis, de pair avec la «coalition des volontaires», se préparaient à attaquer la Syrie, le pape François s’adressa à Rome, sur la place Saint Pierre, à la foule lors d’une veillée pour la paix: «Que les armes se taisent! La guerre signifie toujours l’échec de la paix, elle est toujours une défaite de l’humanité.» Deux ans plus tard, lors de l’intervention militaire russe en Syrie, la vérité de ce témoignage n’a rien perdu de son intensité.


Cependant la plainte des médias et des politiciens occidentaux au sujet de l’intervention de la Russie est hypocrite – et la vérité reste sur le carreau. Cette hypocrisie ne se dirige pas seulement (à nouveau) contre la Russie, mais elle se dirige aussi contre tous ceux qui veulent mettre un terme à la guerre en Syrie et qui sont conscients de la nécessité d’un effort commun – et dans ce contexte le mot est approprié – de la communauté mondiale.

 

Une tâche pour la communauté mondiale

Ce n’est pas seulement le gouvernement russe qui en est convaincu – le discours du président russe devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 28 septembre 2015 à New York, les efforts de la présidence russe au sein du Conseil de sécurité, le projet de résolution de la Russie pour le Conseil de sécurité du 1er octobre 2015 et les prises de position du ministère des Affaires étrangères de la Russie le prouvent maintes fois. Des voix prudentes, issues de l’Occident, partagent également ce point de vue. Mais ces voix doivent se battre vigoureusement et sont menacées de s’effondrer dans la grêle propagandiste de la nouvelle guerre froide. Il suffit de lire les médias à n’importe quel jour de la semaine pour saisir ce qu’il en est.

 

pas seulement des médias avec un arrière plan transatlantique...

Exemple, le 22 octobre 2015: le lendemain de la visite du président syrien à Moscou, les commentaires mordants dans les quotidiens allemands semblent se mettre au pas. Peu importe qu’il s’agisse du quotidien soi-disant conservateur «Die Welt», de la «tageszeitung» se déclarant alternative de gauche, de la «Süddeutsche Zeitung» soi-disant du centre-gauche, ou du «Handelsblatt», journal prétendument économique libéral – leurs critiques n’épargnent pas la tentative du président russe, en commun avec le président syrien, de mettre fin à la guerre civile dans ce pays en détresse. On n’hésite même pas à rendre la Russie responsable du problème des réfugiés au Proche-Orient. A qui viendrait-il à l’idée que ces médias sont impliquées dans des réseaux transatlantiques?

 

...mais aussi de voix en faveur d'une coopération avec la Russie

 

Mais peu de temps après, on entend dans le Deutschlandfunk d’autres sons de cloche, non pas par la station elle-même mais par ses partenaires d’interview. Jochen Hippler de l’Institut für Entwicklung und Frieden de l’Université de Duisburg trouve: «Il est très probable qu’on ne pourra pas résoudre le problème de la Syrie sans Assad. Ce n’est pas seulement Vladimir Poutine qui en est convaincu; également à l’Occident cette idée semble s’imposer de plus en plus.» Et Hippler d’ajouter: «L’opposition, les insurgés sont totalement fractionnés, s’attaquent en partie mutuellement. Et puis nous avons l’EI qui guette encore à l’arrière-plan. Sans alternative politique, sans savoir qui peut prendre la relève, l’abdiction de la dictature relève plutôt du domaine de la réthorique que d’un concept politique.» Le même matin, Deutschlandfunk donne aussi la parole à Harald Kujat. Kujat fut inspecteur général de la Bundeswehr et avait la présidence du comité militaire de l’OTAN. Tout au contraire des médias, pour lui, l’intervention militaire russe en Syrie représente un signe d’espoir: «Je pense que nous avons actuellement un développement qui fait au moins penser que la raison s’impose.» Quelques jours auparavant, le 10 octobre, à la Deutschlandradio Kultur, l’ancien inspecteur général de la Bundeswehr avait amplement pris position au sujet de la Syrie. Kujat, confronté au fait que l’OTAN critique vivement l’offensive russe en Syrie rappelle: «Je recommanderais ici plus de calme.»

 

Concrètement, il répond à l’affirmation du gouvernement turc que des avions russes auraient pénétré dans l’espace aérien turc. L’OTAN avait avancé une critique acerbe. Kujat par contre: «Je recommande de ne pas dégénérer ici – ni sur le plan verbal ni militaire. La Turquie, en particulier, est enclin à faire de sorte que l’OTAN doive se montrer solidaire de la Turquie et s’investir dans sa défense. Je pense qu’il faudrait être prudent avec de telles déclarations. Comme je viens de le dire, le désarmement verbal est actuellement de mise.» Et Kujat de continuer: «La Russie n’a aucun intérêt à attaquer la Turquie».

 

L'ancien général Kujat : l'exigence d'un retrait immédiat d'Assad est aberrante

Kujat précise qu’il y a des intérêts communs de l’Occident et de la Russie en Syrie: la lutte contre l’EI. Mais pour cela il faut aussi des troupes déployées sur le terrain, et celles-ci ne peuvent être mises à disposition que par le président Assad. Selon Kujat l’exigence occidentale qu’Assad devrait d’abord démissionner est aberrante. En outre, elle est opposée aux décisions des conférences internationales: «C’était une position sur laquelle on s’était largement mis d’accord en 2012 [à Genève]. En fait, il ne s’agit pas d’une situation totalement nouvelle. Au fond, il ne faut que retourner à ce qu’on avait décidé raisonnablement à ce moment-là.»


Kujat n’est pas porte-parole du gouvernement russe. Il lui reproche même de suivre ses propres intérêts en Syrie. Mais pour lui, la lutte contre l’EI semble être prioritaire, mettre un terme à la guerre en Syrie: «On peut chasser l’EI hors de la Syrie.» On pourrait atteindre cela en commun avec la Russie après que l’Occident ait laissé aller les choses, dixit Kujat.


On peut réellment se demander pourquoi – au sujet de la Syrie – les médias et les politiciens occidentaux ont déclanché une telle propagande antirusse. Pour les politiciens et les médias occidentaux (jusqu’alors dominants) la lutte contre la Russie passerait-elle avant la lutte contre l’EI? L’Occident a-t-il même activement promu l’avance de l’EI? Les indices sont multiples. C’est entretemps un fait reconnu que le gouvernement turc et quelques gouvernements arabes appartiennent aux promoteurs de l’EI. Quelle est la part des gouvernements des Etats occidentaux?

 

N’est-ce pas une déclaration de banqueroute juridique et morale que de faire en secret chose commune avec un régime comme l’EI – seulement pour imposer sa propre politique de force et ses propres buts impériaux? La caste politicomédiatique responsable de cette politique ne devrait-elle pas rentrer dans le rang et céder la place à une autre politique s’orientant aux valeurs auparavant déterminantes pour la communauté mondiale et le droit international? Le monde en est encore bien loin. Les anciennes puissances ne sont pas encore prêtes à accepter que le monde est en train de devenir multipolaire. Et que dans un monde multipolaire, il n’y a qu’un seul chemin acceptable: celui du dialogue honnête et sur un pied d’égalité des Etats et de leurs gouvernements à la table de négociation. Ainsi l’impératif du pape, «Que les armes se taisent», aurait une chance de se réaliser. •

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 20:33

Par Mikhail Gamandiy-Egorov 29-12-2015,  repris sur Spoutnik

Les médias occidentaux ont consacré depuis plusieurs mois une grande attention au soi-disant rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. L’accent était bien évidemment mis sur la "bonne volonté" du leadership étasunien à passer le cap de relations difficiles, datant de plus d’un demi-siècle.

 

La rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba est illusoire

C'est aussi le message que tentait de faire passer les représentants de la Maison-Blanche depuis Washington.

 

L'ambassade US a même rouvert ses portes dans la capitale cubaine, La Havane. Et l'ambassade cubaine en terre étasunienne. Même si, des deux côtés, la rhétorique du désaccord sur plusieurs points des relations bilatérales n'a jamais disparu, néanmoins les médias mainstrimois ont tout fait pour présenter ladite situation comme une nouvelle page révolutionnaire dans l'histoire des relations entre les deux pays.

 

De notre côté, dès le départ on comprenait que le coup "amical" des USA était surtout stratégique. D'un côté, il fallait reprendre pied dans un petit pays courageux, qui résiste à des sanctions arbitraires depuis plus de cinquante ans et qui n'a toujours pas fléchi. D'un autre, à l'heure de la guerre des sanctions visant la Russie, il fallait réduire le nombre de "fronts" (la question du nucléaire iranien peut-être vue également dans cette optique). Last but not least, les USA (qui adorent utiliser la rhétorique de l'isolation vis-à-vis des nations n'étant pas sous leur diktat), avaient (enfin) compris que dans l'espace américain (dans le grand sens du terme), c'est eux qui se retrouvaient ouvertement isolés. Le dernier sommet des Amériques à Panama en avril dernier en était la preuve nette. Obama était attaqué de tous les côtés par les critiques des dirigeants latino-américains, en arrivant même à être obligé de se justifier et de faire son mea culpa, pour lui et son pays: un comble pour un président US devant les dirigeants de pays que Washington aimerait tellement continuer à considérer comme son pré-carré.

 

En effet, du leader vénézuélien à la présidente brésilienne, des présidents bolivien et équatorien à la chef de l'Etat argentin, Obama a passé un moment fort difficile et son petit sourire ne pouvait aucunement cacher le stress et la pression subie. Les USA ont donc essayé de jouer la carte cubaine. Cuba a répondu favorablement pour la simple et bonne raison que l'île de la liberté n'a jamais été opposée au dialogue. Après tout, ce n'est pas Cuba qui avait tenté à maintes reprises de faire tomber le gouvernement étasunien, mais bien le contraire. Mais ce que les médias US et consorts avaient fortement "oublié" de mentionner, et qui était confirmé à notre niveau par les journalistes et experts cubains, c'est que Cuba ne se faisait aucune illusion quant à la bienveillance étasunienne. Pour les Cubains, ce n'était rien d'autre qu'une nouvelle bataille remportée. Car malgré tous les "pronostics" qui annonçaient la fin de pouvoir socialiste à Cuba après la chute de l'URSS, celui-ci ne s'est non seulement pas affaibli mais est devenu au contraire l'allié par excellence et l'inspiration pour la grande partie des Etats d'Amérique latine.

 

Maintenant pour revenir à l'actualité. Hier, l'Assemblée générale de l'ONU a une fois encore réclamé, à une écrasante majorité de membres, la fin de l'embargo étasunien contre Cuba. Sur 193 votants, 191 ont soutenu la résolution, dont l'allié russe de Cuba avec une belle allocution de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'ONU, qui n'a pas manqué de rappeler toute l'illégitimité des actions étasuniennes à l'encontre de Cuba.

 

Seuls deux pays se sont (sans surprise) opposés à ladite résolution: les USA et Israël. L'ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l'ONU, se sentant clairement isolé et voyant la délégation cubaine aux grands sourires, n'a pas manqué de se justifier en affirmant que "le texte de la résolution est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l'esprit d'engagement que le président Obama a défendu"… En d'autres termes, "nous sommes gentils (comme toujours) et vous nous attaquez". Si seulement c'était vrai.

 

En tout cas, cela n'a fait que confirmer une fois encore que Cuba ne compte nullement reculer et renoncer à ses principes. Et que d'autre part, le rapprochement annoncé en grande pompe par les relais de l'impérialisme est encore loin. Comment d'ailleurs un tel rapprochement serait possible entre une nation défendant ses valeurs anticolonialistes et une autre se croyant toujours "exceptionnelle et unique" pouvant dicter sa volonté néocoloniale à tous. Illusions, illusions…

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