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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 09:26
La fraude scientifique, fléau de la littérature biomédicale...

 

Pour en savoir plus et rester humble après les derniers échanges sur sur le protocole du professeur Raoult

 

https://reseauinternational.net/la-fraude-scientifique-fleau-de-la-litterature-biomedicale/

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 13:54

Histoire/10 mai 2020/Réseau International /7 Commentaires/541 vues
par Bruno Guigue.

Célébration de la victoire sur le nazisme, le 8 mai est l’occasion de rappeler qui a payé le prix fort pour nous en débarrasser : l’Union Soviétique. De Moscou à Stalingrad, de Stalingrad à Koursk, de Koursk à Berlin, l’Armée rouge a éliminé la machine de guerre hitlérienne. Mais demander simplement qu’on le reconnaisse est sans doute beaucoup trop demander. Admettre que l’Armée rouge a libéré le monde de cette folie meurtrière fait partie des aveux dont l’Occident est incapable. Abreuvé des sornettes de Hannah Arendt, il croit dur comme fer qu’Hitler et Staline étaient des frères jumeaux et qu’ils conspiraient pour dominer le monde. Rien de tel, décidément, pour alimenter la nouvelle guerre froide, calomnier la Russie, et se présenter comme un parangon de vertu.

Mauvaise foi sans limite d’une propagande qui réécrit l’histoire à sa guise. Autopromotion d’un Occident qui occulte ses propres turpitudes. Il ne lui suffit pas d’avoir attendu juin 1944 pour ouvrir un second front contre le Reich, laissant ainsi à l’armée soviétique la tâche colossale de vaincre la Wehrmacht. Il faut qu’il nie avoir commis cet abandon, qu’il se vante de ses exploits et qu’il se présente ingénument comme son propre libérateur. Quel lycéen français a entendu parler de l’opération Bagration, conduite par Joukov à l’été 1944, qui a détruit plusieurs armées allemandes et rendu possible le débarquement allié en Normandie ?

On va nous raconter que le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 est la cause de la Seconde Guerre Mondiale, oubliant au passage ces accords de Munich, le 30 septembre 1938, où les glorieuses démocraties ont vendu la Tchécoslovaquie pour le plat de lentilles d’une paix illusoire. Mais peu importe : en histoire, la chronologie est secondaire, disent les nouveaux pédagogues. Il ne manquera pas non plus d’experts pour accréditer la thèse d’une connivence entre Moscou et Berlin, alors que les élites occidentales ont joué Hitler contre Staline, et obstinément refusé les offres soviétiques visant à constituer un front commun contre les fascismes.

L’occultation de l’histoire, dès lors qu’elle ne souscrit pas aux présupposés de l’idéologie occidentale, est tellement commode. Ce n’est pas un hasard s’il est à la base de l’enseignement historique en France : le mythe des jumeaux totalitaires accrédité par Hannah Arendt fournit à cette réécriture de l’histoire un argumentaire en béton armé. Reductio ad hitlerum, la doctrine prescrit de voir dans le totalitarisme un monstre à deux visages. Elle prête à Hitler le vœu de s’entendre avec Staline pour écraser l’Occident libéral, mais sans dire pourquoi la machine de guerre nazie s’est déchaînée contre le peuple soviétique, Hitler invitant ses généraux à mener une guerre totale et à exterminer les cadres communistes.

Cette doctrine assène que l’idéologie et la terreur sont la caractéristique du régime totalitaire, alors qu’ils définissent parfaitement le régime infligé par les puissances européennes aux peuples colonisés. De manière absurde, elle identifie l’idéologie nazie et l’idéologie soviétique, alors qu’il n’y a rien de commun entre la mystique de la race et le marxisme-léninisme. Elle prête au régime totalitaire (à deux faces) des ambitions conquérantes et agressives, en oubliant que la conquête territoriale et le pillage colonial, historiquement, caractérisent à merveille l’Occident capitaliste.

L’inconvénient de la vulgate arendtienne, c’est qu’elle regarde le monde d’un seul œil et qu’il est myope. Au lieu de corriger son interprétation à la lumière des faits, elle tord les faits pour les conformer à son interprétation. Les contradictions de l’histoire passent à la trappe, et elle enfile les abstractions comme on enfile des perles. Prouesses conceptuelles qui tournent à vide, et qui laissent la pensée orpheline d’une matière historique qu’elle a décidé d’ignorer. Loin de ces élucubrations, il y a urgence à ne plus s’en laisser compter. La romance occidentale, d’ailleurs, a-t-elle le moindre succès ailleurs qu’en Occident ?

Comme on connaît la réponse à cette question, il ne reste plus qu’à balayer devant la porte. En ce 8 mai 2020, rendons hommage à nos libérateurs au drapeau rouge.

illustration: Les habitants de Prague accueillent des soldats soviétiques après la libération de la ville de l’armée nazie

source : https://francais.rt.com
 

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 09:26

Par le professeurs Raoult

 

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 17:23

                                          
Texte repris sur Comité Valmy


La diminution du nombre de morts, le désengorgement des hôpitaux et l’annonce de la fin du confinement devraient normalement avoir atténué la peur du virus. On peut donc se demander pourquoi on continue, sur les plateaux de télévision, à entretenir l’hystérie, à grand coups de propagande anxiogène. Comme les médias dominants sont la voix de leurs maîtres, c’est sans doute que l’oligarchie a intérêt à maintenir un certain niveau d’hystérisation.


A mon avis, il y a deux raisons, à cela. D’une part il ne faut pas perdre le contrôle de la population et d’autre part il faut la préparer à de plus grandes souffrances. Noémie Klein a expliqué tout ça dans la Stratégie du choc. Une population submergée par des émotions fortes ne peut plus penser logiquement. Ses défenses tombent et elle accepte de se soumettre à des mesures restrictives et/ou abusives qu’elle n’aurait jamais acceptées autrement. Tétanisée, elle se laisse dépouiller de ses libertés, de ses droits, de ses biens collectifs ou personnels, en échange de vagues promesses de sécurité.


Le gouvernement par la peur et la haine, dans sa version hystérique, a commencé, pour l’Occident, après les attentats du 11 septembre 2001 avec la guerre de Georges W. Bush contre le terrorisme, une guerre sans fin, puisque l’ennemi est à la fois partout et nulle part. Les Etats-Unis peinaient à maintenir sur le monde une hégémonie remise en cause par la Chine, la Russie, et les Républiques bolivariennes. La guerre contre le terrorisme a permis aux Etats-Unis d’entraîner la nation et ses satellites dans des guerres de pillage tous azimut. Cerise sur le gâteau, les dirigeants étasuniens ont pu imposer le Patriot Act, et les dirigeants français l’Etat d’urgence à leurs populations. A l’époque, on nous a répété sur tous les tons qu’il fallait nous habituer à vivre avec le terrorisme et, aujourd’hui, on nous rabâche qu’il faut s’habituer à vivre avec le coronavirus. Nos dirigeants ne cessent de nous désigner des ennemis, au dehors et au-dedans, qui changent tout le temps. On ne peut s’empêcher de penser à 1984 de Georges Orwell :


« Au sixième jour de la Semaine de la Haine … Alors que « la haine générale contre l’Eurasia avait atteint son point culminant … juste à ce moment, on annonça qu’après tout l’Océania n’était pas en guerre contre l’Eurasia. L’Océania était en guerre contre l’Estasia … Il n’y eut naturellement aucune déclaration d’un changement quelconque. On apprit simplement, partout à la fois, avec une extrême soudaineté, que l’ennemi c’était l’Estasia et non l’Eurasia … L’orateur, qui étreignait encore le tube du microphone, les épaules courbées en avant, la main libre déchirant l’air, avait sans interruption continué son discours. Une minute après, les sauvages hurlements de rage éclataient de nouveau dans la foule. La Haine continuait exactement comme auparavant, sauf que la cible avait été changée. »


La Macronie veut que nous comprenions bien qu’il n’y aura pas de « retour à la vie normale » Nous serons en liberté surveillée, un peu comme des prisonniers qui viennent de finir leur peine. Et la réinsertion ne sera pas facile. Car le monde que nous allons retrouver dehors n’a rien de réjouissant !


Pendant que nous étions en prison, les Ehpad ont été décimés. Cela a beaucoup choqué à l’étranger. “Sacrifiées”, “abandonnées”, “stigmatisées” : le drame des personnes âgées en France a titré le journal québécois, le Devoir : « L’un des exemples les plus flagrants de ce que l’on pourrait qualifier de mépris à l’égard des aînés est le fait que les autorités françaises, notamment, n’ont pas comptabilisé le nombre de décès résultant du Covid-19 dans les maisons de retraite [au début de la crise]. Faut-il en conclure que leurs décès étaient insignifiants par rapport à ceux des jeunes adultes ? »


En France on est habitué. Depuis que les maisons de retraites ont été bradées au privé par des gouvernements aux ordres de la finance, les scandales succèdent aux scandales dans l’indifférence générale. L’essentiel étant que les profits des actionnaires augmentent sans cesse. Il y a un an, on lisait sur France Inter : « Personnel insuffisant et désemparé, tarifs élevés, seniors livrés à eux-mêmes et rationnés… Le groupe Korian, qui affiche des bénéfices record, est à nouveau pointé du doigt depuis la mort de cinq personnes dans une de ses maisons de retraite, des suites d’une probable intoxication alimentaire … En 2016, il avait déjà doublé les dividendes versés à ses actionnaires, en l’espace de cinq ans »


Et on vient d’apprendre, dans un article titré : Dépistage : les salariés de Korian payent leur protection que « Le groupe Korian instaure une campagne de dépistage de ses salariés, conformément aux instructions et annonces gouvernementales pour les EHPAD. Mais il impose à tous ses salariés de régler la facture du dépistage à travers leur carte Vitale et leur mutuelle, donc au frais de la princesse et de la Sécurité sociale. » Et le journaliste de s’indigner naïvement : « Le traitement et la pilule sont durs à avaler mais jusqu’où la marchandisation de la santé va-t-elle aller ? » Eh bien, je peux lui répondre sans difficulté : jusqu’où nous les laisserons aller !


La médecine libérale, elle aussi, a été abandonnée. Le président de la fédération des médecins des Bouches-du-Rhône, dans un article intitulé : Il y a de quoi se jeter d’un pont » la détresse des médecins libéraux, alerte sur la détresse et l’angoisse des généralistes et médecins libéraux face au manque de moyens pour lutter contre le coronavirus.


Le tourisme est en perdition. Cette activité, non essentielle, est actuellement généreusement renflouée par le contribuable. Elle était pourtant la fierté de nos dirigeants, tous acharnés à transformer la France en un gigantesque Disney Land, où nous serions tous réduits à vendre des souvenirs fabriqués en Chine à des touristes chinois.


A vrai dire, il n’y a quasiment plus rien qui marche en France. Les petites entreprises sont en train de faire faillite en cascade, les salariés et indépendants vont se retrouver au chômage sans indemnités puisque Macron les a supprimées, et les Français vont glisser toujours plus dans la précarité, la pauvreté, la morosité, la dépression.


La crise sanitaire a, bien sûr, fait quelques gagnants, les mêmes que d’habitude, les multinationales et les mafias :


Les multinationales, parce que la situation leur profite (nouvelles technologies, surveillance, formation, armement, big pharma, etc.) ou que, « too big to fall », elles bénéficient de la « solidarité nationale ». C’est le capitalisme socialiste à usage exclusif des multinationales que nous connaissons bien puisque nous en faisons les frais : privatisation des profits et socialisation des pertes.


Les mafias, parce qu’elles remplacent des gouvernements défaillants, en distribuant nourriture et matériel médical, pour redorer leur image et laver leur argent.


Au plan politique, un événement capital s’est produit, selon Politis, pendant que nous étions en prison :
« L’abandon des contre-pouvoirs ». Politis s’en prends naïvement au Conseil d’État : « Ultime recours administratif vanté comme le garant des libertés fondamentales, le Conseil d’État, assailli de requêtes contre l’action du gouvernement, agit tel un soutien indéfectible du pouvoir et rejette à tour de bras. Son échec traduit celui des contre-pouvoirs français … Au 15 avril : 41 rejets avaient été prononcés sur 46 requêtes, soit 90% ».


Nous, ça fait longtemps qu’on le sait que « l’ensemble des contre-pouvoirs vacillent » dans les régimes dits démocratiques et tout particulièrement en France. Nous écoutons assidûment les Pinçon-Charlot et la corruption et la collusion des soi-disant « élites » n’ont plus de secret pour nous. Nous savons parfaitement que l’élite médiatique fricote avec l’élite entrepreneuriale qui fricote avec l’élite de la fonction publique, qui fricote avec l’élite judiciaire, qui fricote avec l’élite politique. Tout ce joli monde se tient par la barbichette et s’entend comme larrons en foire pour nous esclavagiser et nous dépouiller à qui mieux mieux. La seule question qu’on se pose encore, c’est jusques à quand ? Jusques à quand les gens vont-ils supporter ça ?
Il y a quand même quelque chose qui m’a fait plaisir, aujourd’hui, en dehors de prendre un peu le soleil à la fenêtre. La côte de popularité de la Macronie a encore dégringolée, selon un sondage que même Macron ne peut pas contester car il vient d’un institut de Sciences Po : « Méfiance et peur sont au maximum dans le pays et les Français ont du ressentiment envers leur gouvernement qu’ils jugent inefficace ». Tiens donc ! « Seulement 32% des français ont confiance dans le gouvernement contre 60% des Allemands et des Britanniques ». Voilà ce qui arrive quand on érige en doctrine l’incohérence et l’amateurisme !


Nous savions déjà que nous entretenions le plus grand nombre d’élus du monde (618 384 soit 1/108 hab) mais, pendant que nous étions enfermés, le Conseil d’Etat nous a appris que tous ces élus ne servent absolument à rien, que ce sont des incapables, et que seule la Macronie sait ce qu’il faut faire. Les maires ne sont pas d’accord et franchement, moi non plus je ne vois pas comment on pourrait être plus incapable que la Macronie.


D’ailleurs, nos élus, infatigables et imaginatifs, ne ménagent pas leurs efforts pour résoudre les problèmes de transport et de pollution. « La présidente de la région Valérie Pécresse, travaille « avec le RER-vélo », un collectif d’associations qui a imaginé neuf lignes cyclables, jusqu’à Mantes-la-Jolie ou Melun ». Vous voyez, on est sauvé !


Pour finir, je ne saurais trop vous conseiller de regarder Ruy Blas, une merveilleuse pièce de Victor Hugo, le grand pourfendeur de « Napoléon le petit », qui n’a pas pris une ride, et dont la tirade contre les ministres vous rappellera sûrement quelque chose :


« Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

Tout se fait par intrigue et rien par loyauté.
L’Espagne est un égout où vient l’impureté
De toute nation. – tout seigneur à ses gages

L’alguazil, dur au pauvre, au riche s’attendrit.
La nuit on assassine, et chacun crie : à l’aide !
– Hier on m’a volé, moi, près du pont de Tolède ! –
La moitié de Madrid pille l’autre moitié.
Tous les juges vendus. Pas un soldat payé.


Dominique Muselet
22 avril 2020

 

Note de JF : Qu’en des termes choisis ces choses là sont décrites: C'est ça la macronie !

 

Avec en outre une analyse révélatrice  du CEVIPOF (SciencesPo) : https://theconversation.com/les-effets-politiques-de-lepidemie-lefficacite-contre-la-democratie-134828

 

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 16:59

Elle se traduira par des centaines de millions de vies humaines  sacrifiés sur l'autel du profit en l'espace de quelques générations. Ce futur a déjà commencé...

L'analyse de Valérie Bugault

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 10:07

Nombre de spécialistes et les grands médias   clamant qu'il n'y aurait pas de thérapie convaincante contre le covi19 ont poussé à la poursuite du confinement ad vitam aeternam pourtant le profeseur Raout et son équipe obtiennent des résultats...

 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 19:06

par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale et expert en santé publique, Genève.

Je me demande souvent ce que les gens comprennent réellement de ce qui est en train de se passer. En ce qui me concerne, c’est évidemment un peu différent puisque cela fait depuis plus de trente ans que mon métier consiste à décoder la recherche et les pratiques médicales.

Ces deux dernières semaines, j’ai écrit article après article sur le Covid. Le plus apprécié d’entre eux a été lu par près d’un million de personnes en Suisse et en France, devenant l’article le plus consulté de toute l’histoire des blogs de Mediapart. J’ai rédigé un appel à M. Alain Berset et à M. Mauro Poggia, respectivement Conseiller fédéral et Conseiller d’État genevois, tous deux en charge de la santé. Appel relayé par deux mille personnes. En vain.

 

 Mais que savent et comprennent réellement mes contemporains de cette réalité plus choquante que tout ce que j’ai connu en trente ans de carrière – et croyez-moi, j’en ai vu ?! En France comme en Suisse, les autorités politiques et sanitaires ont aujourd’hui du sang sur les mains, avec en l’occurrence des centaines de morts sur la conscience. Des personnes qui ne seraient pour la quasi-totalité d’entre elles pas mortes si on les avait traitées à temps. Au lieu de les laisser atteindre des états désespérés, ceci alors même que nous disposons d’un traitement efficace, sans danger lorsqu’il donné par un médecin, qui fait baisser la charge virale en quelques jours.

Oui, vous lisez bien : les gouvernements suisse et français (et d’autres pays hélas) ont laissé des centaines de personnes mourir en les privant de la possibilité de disposer d’un traitement simple, archi-connu et peu coûteux, qu’il convient impérativement de donner au début d’une infection par le SARS-CoV-2.

Or qu’ont fait nos autorités depuis plus de quinze jours maintenant que l’efficacité de ce traitement a été confirmée ? Eh bien, elles n’ont rien trouvé de mieux que de réserver les stocks d’hydroxychloroquine pour l’hôpital, rendant impossible la prescription par les médecins-généralistes et les gardant pour les personnes pour qui il est déjà trop tard, alors même que l’indication pertinente est de prescrire le traitement avant que les complications adviennent, précisément pour les empêcher.

Mesure-t-on simplement à la dire non seulement l’absurdité, mais aussi la monstruosité de la chose ?!

Certes, des polémiques existent encore quant à la démonstration « scientifique » de l’efficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid. Mais en fait, la question n’est pas là ! Les médecins sont capables de se faire une opinion par eux-mêmes, et le protocole de traitement élaboré à Méditerranée-Infection (le plus important centre en infectiologie clinique d’Europe rappelons-le) est aisément applicable par n’importe lequel d’entre eux.

Le droit de prescrire les bons remèdes à leurs patients est un droit inaliénable de tout médecin au bénéfice d’une autorisation de pratique. Le fait que l’État, en une période de pandémie, attente sans raison valable à ce droit fondamental des médecins-généralistes, mettant par-là leurs patients en danger, est une violation dont je ne vois pas d’autre destination finale possible pour ses responsables qu’un tribunal pénal.

’hydroxychloroquine du point de vue de la santé publique

Des personnalités médicales et des mouvements de médecins s’activent vigoureusement pour exiger la correction immédiate de cette monstruosité, rien n’y fait pour l’instant. Le professeur Xavier Deparis, spécialiste en épidémiologie et santé publique, révèle un singulier  décompte pour la France, facile à extrapoler pour la Suisse. Cela fait toujours du bien de lire un collègue compétent dans son travail. Voici ce qu’il indique comme 5ème pilier d’un ensemble de mesures à mettre en œuvre pour sortir de la crise sanitaire :

 « Traiter les cas dépistés en amont pour éviter qu’ils ne s’aggravent et ne deviennent des cas sévères nécessitant une hospitalisation.

Problème : il faut un traitement.

Solution : le traitement par hydroxychloroquine et azithromycine semble adapté à cette situation. 

À condition d’être délivré sur ordonnance par un médecin qui en assurera la surveillance, ce traitement est très bien toléré et il peut être administré à grande échelle. 

L’efficacité de ce traitement est contestée : certains médecins disent qu’elle n’a pas été démontrée, d’autres affirment le contraire. Face à ce débat, faut-il ou non utiliser l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine ? 

Pour éclairer notre décision, explorons ce scénario assez réaliste de l’épidémie de COVID, à l’échelle d’une population : 

-       Lorsqu’on est infecté, dans 99% des cas, nous aurons soit une infection asymptomatique (c’est-à-dire que nous resterons en bonne santé apparente), soit une affection bénigne qui guérira en quelques jours. Dans 1% des cas, nous présenterons une forme sévère qui nécessitera une hospitalisation. Le risque de décès sera alors d’une chance sur six. Donc, sur 10’000 personnes infectées, nous observerons 9900 cas asymptomatiques ou bénins et 100 cas sévères, dont 17 décéderont (un sur six : environ 17%).

-       Pour que l’épidémie cesse, il faudra atteindre une immunité de masse. Par exemple, pour la rougeole, le seuil est de 95%. Ceci signifie que lorsque 95% de la population est immunisée contre la rougeole, le virus de la rougeole ne peut plus circuler dans la population et les cas de rougeole disparaissent ou sont extrêmement rares. Dans le cas du COVID-19, compte-tenu de sa contagiosité heureusement moindre que celle de la rougeole, il est possible de considérer qu’une immunité de masse de l’ordre de 75% stoppera l’épidémie. Seuls quelques cas ou foyers ponctuels continueront à être observés, passé ce seuil. Donc, pour un million de personnes exposées au COVID-19, nous décompterons en fin d’épidémie 750’000 personnes contaminées. Sur ces 750000 personnes, 1% auront fait une forme sévère de la maladie nécessitant une hospitalisation, soit 7500, dont une sur six sera décédée, soit 1250.

-       L’intérêt du traitement par hydroxychloroquine et azithromycine réside dans sa capacité à diminuer la contagiosité et à diminuer la survenue des formes sévères, s’il est prescrit suffisamment tôt, en fonction de critères cliniques définis. 

    • Si ce traitement ne possède aucune capacité à empêcher la survenue des formes sévères de la maladie, nous n’observerons aucun changement. 
    • Si ce traitement réduit de 10% l’apparition des formes sévères, alors nous observerons une réduction de 750 formes sévères, dont 125 décès. 
    • Si ce traitement réduit de 30% l’apparition des formes sévères, nous aurons empêché la survenue de 2250 formes sévères dont 375 décès.
    • Si ce traitement réduit de 50% l’apparition des formes sévères, alors nous observerons une réduction de 3250 formes sévères, dont 625 décès. 

Avec une extrapolation personnelle (JDM) dès lors que le succès indiqué par l’IHU de Marseille étant de 90% de disparition de la charge virale à 7 jours :

    • Si ce traitement réduit de 90% l’apparition des formes sévères, alors nous observerons une réduction de 6250 formes sévères, dont 1’125 décès.  

La diminution du nombre de formes sévères réduira d’autant la pression sur les services de réanimation hospitaliers. Ce qui signifie que les cas sévères restants pourront être soignés plus efficacement, d’où l’espoir d’une réduction supplémentaire de la létalité par un gain qualitatif dans la prise en charge des cas.

Qui prescrira l’hydroxychloroquine et l’azithromycine ? Ce seront les médecins hospitaliers et généralistes, mais aussi, pourquoi pas, les médecins du travail dont un décret en préparation élargit déjà les compétences face au COVID. 

La mise en œuvre du traitement par hydroxychloroquine et l’azithromycine, s’il est efficace, sera également un pilier essentiel pour faciliter la sortie du confinement et la reprise économique. En effet, si le confinement a pour objectif d’étaler les cas sévères dans le temps, il a aussi comme effet « pervers » de nous empêcher de nous immuniser et donc d’atteindre le seuil des 75% de personnes immunisés. Pour sortir du confinement, reprendre une vie normale et relancer l’économie sans craindre un rebond épidémique, les trois piliers de la stratégie seront le port du masque et les mesures barrière pour tous, le dépistage et le traitement précoce ! En fait, la bonne stratégie de sortie de confinement consistera à mettre en place la stratégie que la Corée du Sud a suivi d’emblée et qui lui a permis d’éviter un confinement et de conserver une activité économique.

Quel est le seul vrai risque à utiliser le traitement par hydroxychloroquine et l’azithromycine ? C’est qu’il ne soit pas efficace. Dans ce cas, nous pourrons l’arrêter. Quel est son bénéfice ? Si son efficacité est comprise entre 10% et 50% : de non négligeable à considérable. 

Alors, pourquoi attendre encore sa mise en œuvre en France ? C’est pour moi inexplicable, d’autant que de plus en plus de pays décident de l’utiliser. »

Voilà donc le scénario monstrueux dans lequel nous sommes : les autorités violent la liberté de médecins, et celle de la population de recevoir le meilleur traitement face au Covid.  Pire, en France, elles viennent de faciliter la prescription de Rivotril dans les Ehpad, soulevant le soupçon de favoriser l’euthanasie active de personnes âgées. Tout en interdisant de les protéger par l’association hydroxychloroquine + azithromycine, comme cela fut magnifiquement bénéfique à cette dame de 95 ans remise sur pied de son Covid+ avec complications respiratoires à l’hôpital du Locle, en Suisse !

Scary shit, mind you !

 Malade et soigné

Pendant que je m’activais pour apporter quelques éclairages sur cette pandémie à partir de mon domaine de compétences, je vivais par ailleurs une singulière aventure personnelle en étant moi-même touché par le Covid. La méthodologie de connaissance de l’anthropologie est l’observation participante : nous explorons d’autant mieux une réalité culturelle ou sociale que nous la vivons au moins en partie. Là, ç’aura même été plus qu’en partie, et bien sûr diablement intéressant.

J’ai longtemps hésité à en parler, pour deux raisons : la première est que je n’aime pas beaucoup la « personnalisation » des questions sanitaires. Ma petite personne n’est évidemment pas intéressante. Par contre, si mon vécu peut illustrer ou faire comprendre une réalité particulière, cela peut parfois rendre légitime une exception à cette pudeur.

L’autre raison est que l’anecdotique (ce que vit une personne en particulier) n’a pas forcément de pertinence en termes de santé publique. On entend par exemple ces jours pas mal d’exemples, évidemment tragiques, d’enfants ou de personnes jeunes que l’on présente comme décédées du Covid. Il ne s’agit pas contester la réalité de tels drames, ni de manquer d’empathie pour les familles si terriblement endeuillées. La réalité n’en reste pas moins : les décès de personnes jeunes (moins de 65 ans) et ne souffrant pas d’autres pathologies préexistantes sont très rares. Ils constituent moins de 1% de tous les décès. Autant il convient de relever l’existence de telles exceptions, autant il importe de rappeler qu’elles sont Dieu merci fort rares.

Je suis trop bien placé donc pour savoir qu'un expérience personnelle, aussi convaincante soit-elle, n'a pas valeur universelle dès lors qu'il s'agit de rétablissement. Ce qui peut donner une telle confirmation, ce sont bien sûr les données consolidées - en ce qui concerne le protocole de traitement de Marseille, cette consolidation est déjà aussi probante qu'il est possible de l'être pour tout esprit un tant soit peu capable de sagacité épistémique.

A ce stade donc, et après avoir activement milité pour le droit de prescrire des médecins-généralistes, je peux sereinement partager mon expérience. M. François Schaller, journaliste qui a récemment réalisé un portrait de mon combat, avait élégamment deviné la réponse à une question qu'il s'est gardé de me poser (in Paris-Match Suisse, le 3 avril).

J’ai donc contracté le Sars-CoV-2 dans la semaine du 9 au 13 mars. Quand exactement ? je serais bien embarrassé de le dire. J’avais adopté (comme les membres de ma famille et de mes équipes professionnelles) les bonnes pratiques de distanciation sociale et je n’ai donc, littéralement, ni fait la bise ni serré la main à qui que ce soit ces jours-là. Le samedi 14, j’ai toutefois commencé à avoir des frissons de fièvre doublés d’un fort mal de tête.

Dès le 15, mars je me suis volontairement confiné dans une chambre de mon appartement, interagissant désormais à distance d’avec mes proches. J’ai pris contact par téléphone avec mon médecin-traitant, qui m’a conseillé le repos et la prise éventuelle d’un fébrifuge (Dafalgan). La fièvre constituant la meilleure réponse de défense de l’organisme aux virus, je m’en suis abstenu dès lors que ma température n’a jamais dépassé 39°5.

Le mercredi 18 mars, mon médecin m’informe que le centre médical où il travaille dispose de quelques tests de dépistage du Covid et il me suggère de passer me faire tester. Je débarque donc au milieu d’assistantes médicales masquées qui me font me laver les mains à plusieurs reprises en me tendant un masque à placer sur mon visage.

Je vois mon médecin arriver avec une panoplie qui le fait ressembler à un décontamineur chinois. Il m’enfonce une tige dans les sinus avant de la sceller dans une éprouvette. Nous échangeons un peu au sujet des recherches de Méditerranée-Infection avec l’hydroxychloroquine, que je suis de près et dont il a également entendu parler.

Le même jour je me lance dans la rédaction de mon texte « Covid-19 : fin de partie ?! » Je suis si motivé que je rédige ce long texte en une seule nuit, avec plus de 39° de fièvre. Les stratégies de vitalité cérébrale et de performance cognitive que j’ai mis au point avec mes collègues de l’Institut BrainFIT font une nouvelle fois leurs preuves, et je connais évidemment mon sujet. En quelques heures, le texte est finalisé.

Je suis sincèrement convaincu qu’il n’aura aucun succès : il est beaucoup trop long, il donne un point de vue divergent sur la pandémie et présente une perspective (celle de l’anthropologie médicale) qui reste peu connue, même si elle est aussi pertinente qu’il est possible de l’être pour ce sujet. L’envoyant le lendemain à tout hasard au rédacteur en chef d’un excellent quotidien, il me répond en effet rapidement : « Bonjour et merci. Intéressant, mais gigantesque et avec trop d’idées, ça part dans tous les sens. En une phrase, votre propos central serait....? » A quoi je m’offre le luxe de répondre : « En une phrase : Si c’est trop court c’est con?! Ce n’était pas pour publication de toute manière... merci pour votre message et meilleures salutations ! » Je ne lui en veux pas et il ne s’en formalise pas : c’est vraiment un excellent journaliste.

Diagnostiqué

Mon médecin m’appelle le lendemain, jeudi 19 mars, pour confirmer le diagnostic : je suis bel et bien Covid +. Nous discutons un long moment et je partage avec lui ma conviction que jusqu’à preuve du contraire, l’infection étant bénigne pour l’immense majorité des gens, je ne redoute pas de risque particulier me concernant (je suis dans l’ensemble en bonne santé). A quoi j’ajoute que j’aimerais toutefois avoir l’assurance en cas d’aggravation de pouvoir disposer du protocole de traitement mis au point à Marseille. Nous n’abordons pas encore la question du Plaquenil, mais mon médecin accepte de me prescrire de l’azithromycine en réserve, cet antibiotique doté par ailleurs d’une action antivirale inclus dans le protocole marseillais.

Je poursuis mon bonhomme de chemin, toujours avec de la fièvre et des maux de tête, en restant actif dans la production de différents articles pour couvrir la gabegie sanitaire en cours. Je reçois des centaines de mails en réaction à mes écrits, presque tous positifs et pleins d’un encouragement qui me fait bien sûr du bien.

Je suis aussi en contact avec une connaissance à l’hôpital, un médecin travaillant aux urgences. Il suit de manière critique mes analyses et propositions, attirant mon attention sur ce qu’il vit avec ses collègues jour après jour. Il me pose aussi des questions sur mon état, ce qui me touche - un médecin reste toujours un médecin et j’aime leur sollicitude envers les autres. Il m’indique notamment de surveiller ma respiration, m’invitant à faire 40 pas dans mon appartement (en fait je vis dans une seule pièce !) et de vérifier si cela m’essouffle.

Le mardi 24 mars, les choses se péjorent : j’en suis à mon 10ème jour de Covid, et je sens en effet une gêne respiratoire apparaître. J’ai suffisamment potassé la littérature médiale disponible sur le Covid pour savoir qu’une telle aggravation n’est vraiment pas bon signe. Il s’agit en effet d’un seuil reconnu, et si les choses se dégradent à partir de là, cela peut aller très vite dans la mauvaise direction.

Je rappelle mon médecin et lui fait part de ma préoccupation. Je partage avec lui mon sentiment que ce début d’aggravation nous donne une fenêtre de tir de 48h pour débuter le traitement hydroxychloroquine + azithromycine. Mais que si nous laissons passer cette chance, je risque de me trouver pris dans le toboggan conduisant aux soins intensifs sans moyen d’agir.

Je redoute évidemment qu’en dépit de la solidité de mes arguments et de son intégrité en tant que médecin, il n’ose pas franchir le pas de me prescrire un traitement « hors indications habituelles » et qui continue à être l’objet de beaucoup de dénigrement et de méfiance de la part des autorités sanitaires.

« J’ai conscience de vous mettre la pression, lui dis-je, et je m’en excuse. Mais je suis aussi convaincu qu’il est possible de l’être de ce que j’avance et je vous demande d’accepter de m’accompagner sur ce chemin. » Il veut m’envoyer faire un scanner des poumons, ce qui est entretemps devenu compliqué puisque seuls les HUG (hôpitaux universitaires de Genève) pratiquent encore cet examen pour les patients Covid+.

Je lui demande un acte de foi de plus : « Si je vais aux HUG, je vais être pris dans la filière de soins alors que le traitement que je vous demande a pour fonction de curer la charge virale d’une manière qui prévienne le développement de tout problème. Que j’aie déjà des microlésions pulmonaires ou non, le traitement en prendra soin. » A mon grand soulagement, mon médecin répond à ma demande. Nous passons en revue ensemble les points à vérifier (interactions médicamenteuses, absence d’antécédents cardiaques personnel et familial) et il me délivre la précieuse prescription pour l’hydroxychloroquine (Plaquenil).

J’en suis tellement soulagé et si positivement admiratif de mon médecin ! Il a ce mélange d’humilité et de compétence qui font les plus grands. Un homme qui par ailleurs depuis trente ans assure pendant deux demi-journées par semaine une permanence médicale de quartier, accueillant le tout-venant pour ces consultations qui constituent le cœur authentique de la médecine. Son courage, son audace et sa prise de responsabilité à enjamber la ligne au moment où je sens en avoir besoin me réconfortent et m’emplissent de gratitude.

J’appelle la pharmacie pour vérifier qu’ils ont bien reçu le fax de mon médecin et voir comment organiser la livraison. « Ah, mais nous ne pouvons plus délivrer ce médicament, Monsieur, il est placé sous réserve hospitalière ! » m’entends-je répondre au téléphone. J’invoque évidemment le serment d’Hippocrate et le côté scandaleux de cette prohibition, rien n’y fait.

Prohibition !

Aucune pharmacie en Suisse n’a plus le droit d’honorer la prescription de mon médecin. Qui vise à me mettre à l’abri de toute mauvaise surprise au moment où, infecté par le Covid depuis dix jours, ma respiration se péjore ! Message des autorités : « Déclinez en paix si tel est votre destin et on vous emportera toutes sirènes hurlantes vers un lit de misère où nous vous intuberons si vous en avez besoin. Mais vous protéger avec un traitement prescrit par votre médecin, vous n’y pensez pas, nous vous l’interdisons ! »

Techniquement, les autorités se réfugient derrière la nécessité de bien gérer les stocks et d’assurer l’approvisionnement des malades qui ont déjà besoin de ce médicament. Nobles motifs, masquant mal cet autre réalité concomitante : les autorités refusent l’offre des pharmas de produire rapidement des montagnes de Plaquenil. Et en réservent l’usage à l’hôpital, le prescrivant uniquement pour les cas les plus graves, c’est-à-dire lorsqu’il est trop tard selon Méditerranée-Infection pour obtenir l'effet bénéfique du traitement. Comment dit-on « débile » en français fédéral ?!

Ce n’est évidemment pas le fait de se trimballer avec telle ou telle marque de montre à son poignet qui fait qu’on s’en est pas trop mal sorti à mon âge. C'est bien plutôt d’avoir accumulé suffisamment d’expérience de la vie pour être au moins un peu street-smart. Je résoudrai mon approvisionnement en Plaquenil en organisant vite et bien une transaction illégale, au bord d’un parking, au cours de laquelle mon épouse se vit remettre une précieuse boîte du précieux médicament. Passée de la main à la main, dans la clandestinité, comme une substance prohibée. Un remède peut-être vital pour ma santé !!! Une lectrice me soufflera le qualificatif qui me manquait : c'est simplement sordide.

 Soigné et traité

Je commence le traitement le mercredi 25 au soir. Les deux jours suivants, mon souffle continue de se raccourcir. Franchement, c’est assez flippant. Une longue expérience du travail psychocorporel et notamment d’exercices de souffle (le pranayama et l’apnée font partie des pratiques que j‘ai explorées) me permettent de calmer l’anxiété et d’auto-réguler ma saturation en oxygène sanguin.

La nuit du vendredi au samedi 28 mars est particulièrement pénible. Je tousse beaucoup, suis vite à court de souffle et commence à redouter d’avoir commencé mon traitement trop tard. Mon ami de l’hôpital prend des nouvelles, puis m’invite à appeler l’ambulance pour un éventuel transfert. Je ne me sens pas en danger de détresse respiratoire aiguë mais n’exclut pas à ce stade d’avoir besoin d’une oxygénation accrue. L’ambulance arrive en bas de mon immeuble et je descends par mes propres moyens, avec un masque de protection sur le visage.

Je suis accueilli avec beaucoup d’humanité par deux ambulanciers-décontamineurs qui me filment par smartphone pendant qu’ils me posent des questions. Je l’apprendrai peu après, mon ami médecin de l’hôpital et une collègue m’observent pour m’évaluer. Le verdict tombe : pas besoin d’hospitalisation à ce stade, ils me suggèrent de rentrer chez moi. Ce que je fais au grand soulagement de ma femme et de ma fille, un peu inquiètes bien sûr à l’idée de me voir partir sans date de retour prévue.

A partir de là, les choses s’améliorent rapidement. Le lendemain, l’essoufflement disparaît pour laisser place à une toux assez vive mais supportable. Qui disparaîtra ensuite également en 24h. Bref, trois jours plus tard, au 6ème jour du traitement hydroxychloroquine + azithromycine, les symptômes disparaissent, je retrouve l’appétit, et comme des milliers de personnes qui ont bénéficié du même traitement que moi, je me retrouve hors d’affaire.

 Now what ?!

La suite, les lecteurs fidèles de ce blog la connaissent. Je décrypte avec aisance -tant elles me paraissent évidentes-  la pertinence mais aussi la démarche épistémologique sous-tendant le travail du Pr Raoult et de ses équipes. Je décrypte également autant qu’il m’est possible les graves manipulations mises en œuvre par le gouvernement français et les autorités pseudoscientifiques. Je m’active tant et plus pour faire comprendre la logique criminelle à l’œuvre, veilant à rendre indisponible le seul traitement actuellement efficace contre le Covid, au prix de milliers de vies !

Bien sûr, je pourrais me contenter égoïstement de m'être débrouillé pour obtenir ce traitement quand j’en ai eu besoin. Mais ce privilège constitue avant tout une injustice de plus, qui m’indigne et me révolte. Même si je n’ai jamais « fait carrière » (on se moque sur les réseaux sociaux paraît-il de cet « expert suisse sans notice Wikipedia »), la raison pour laquelle je me suis toujours tenu à l’écart des institutions a résidé dans ma détermination à garder une entière liberté de pensée et de parole.

J’ai souvent été invité à partager mes travaux et le fruit de mes recherches, dans des cadres aussi prestigieux qu’on en peut rêver, avec la confiance bienveillante de sommités dans leurs domaines.  Comme le Pr Guy Dubreuil, fondateur du Département d'anthropologie de l'Université de Montréal et pionnier de l'ethnopsychologie ; le Pr Luc Chabot, initiateur de programme de formation communautaires novateurs à l'Université de Montréal également ; le Pr Ilario Rossi, un des tous meilleurs anthropologues de la santé, à l’Université de Lausanne ; le Pr Jacques Hainard, directeur du Musée d'ethnographie de Genève ; le Pr François Ferrero, pionnier de la psychiatrie communautaire et sociale à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et ancien médecin-chef de la psychiatrie adulte ; le Pr Stéphane Rossini, référence académique en matière d’action et de politique sociale ; ou encore le Pr Jacques Besson, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Lausanne et un des grands pionniers mondiaux de la recherche sur les liens entre spiritualité et santé.

Même donc si je reste un modeste spécialiste avec quelques succès d'estime dans mon domaine professionnel, je suis quand même dans une position privilégiée qui a rendu facile pour moi (aidé par un médecin exceptionnel et des complicités secrètes) d’obtenir le traitement salvateur dont j’avais besoin.

Parlons français : n’importe quel ministre, député, haut fonctionnaire, médecin, chercheur ou privilégié qui en aurait besoin trouverait facilement les ressources nécessaires pour se faire prescrire ce même traitement. Les décisions scandaleuses des gouvernements français et suisse ne visent en définitive que les « gens qui ne sont rien » pour parler comme Emmanuel Macron, les « gueux », les « sans-dents », les «sans-voix », les « M. et Mme Tout le monde », ceux qui sont priés de fermer leur gueule et de laisser les gouvernants les mettre honteusement en danger. Celles et ceux à qui j'ai consacré ma vie professionnelle parce que j'ai toujours trouvé chez les "regardés-de-haut" et les "personnes en situation de précarité sociale ou d'altérité psychique" des trésors d'humilité et de bonté qui sont habituellement rares parmi les élites au pouvoir.

Les appels se multiplient, pour l’instant rien n’y fait : les gouvernements suisse et français laissent mourir leurs concitoyens par centaines ou par milliers plutôt que de rendre disponible aux médecins-généraliste un traitement efficace. Décision criminelle, qui se terminera selon toute bonne logique devant une cour pénale. Comme l’écrit l’avocat Régis de Castelnau dans l’hebdomadaire Marianne : « Le passage des responsables devant le juge pénal est inéluctable. »

Le Pr Perronne affirme: « Nous sommes désormais à 500 morts par jour. Combien de milliers de morts ce gouvernement aura-t-il sur la conscience ? Mais qui les conseille ? C'est révoltant. »

En Suisse et à Genève, comment faire entendre raison à MM. Berset et Poggia, bien mal conseillés en l’occurrence ?!

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 12:52
Médecine et corruption systémique : quand même pas chez nous ?!

source : http://jdmichel.blog.tdg.ch

Par Jean-Dominique Michel.

Parmi les termes que j’ai beaucoup employés ces derniers temps pour essayer de faire comprendre l’état actuel de la recherche et de la pratique médicale, figure celui de « corruption systémique ». Il s’agit certes d’un terme fort, à risque de blesser les praticiens intègres et de donner de fausses impressions. Pourtant, il importe de le comprendre et de mesurer comment et en quoi la médecine est aujourd’hui prise en otage par des intérêts véreux, indépendamment de la sincérité et de l’honnêteté des médecins et des soignants.

Certains journalistes ont essayé de me faire passer pour un « mandarins-basher ». S’ils savaient à quel point ils ont tort ! J’entretiens à l’inverse depuis toujours d’excellents rapports avec les médecins et les professeurs de la faculté comme des hautes écoles en santé. J’apprécie leur immense culture, leur intérêt sincère et leur engagement admirable pour l’humain, ainsi que l’humilité qui constitue le fruit d’une longue pratique. Bien sûr, il y a aussi des arrivistes et des potentats abusifs dans ce monde, comme partout ailleurs. Les neurosciences révèlent en l’occurrence qu’occuper une position de pouvoir est à haut risque d’endommager les circuits relationnels et sociaux du cerveau (réflexivité, empathie). Cette observation a été intitule « le paradoxe du pouvoir » par le professeur en psychologie de Berkeley Dacher Keltner : accéder à une position dominante met à risque de perdre les compétences humaines qui ont été nécessaires pour y arriver.

Ceci dit, et sans l’ombre d’un doute : les médecins dans leur immense majorité sont des personnes profondément intègres et honnêtes. Ce sont de plus, c’est mon expérience, des hommes et des femmes délicieux à fréquenter.

De par mon métier et ma position, j’ai le privilège de beaucoup interagir et communiquer avec les pontes de la faculté. Parfois, c’est même sur le terrain que les liens se nouent. J’ai entre autres le souvenir, ayant dû passer par les Urgences des Hôpitaux Universitaires de Genève il y a quelques années, d’un entretien lumineux avec le médecin-chef du service, le Pr François Sarrasin. Cela fait toujours un peu bizarre de parler à un grand professionnel en étant mal fagoté dans une chemise de nuit verte en papier et les fesses à l’air… Les vingt minutes passées en sa compagnie (il venait simplement s’enquérir de mon état en tant que chef de service) resteront comme un grand moment d’intelligence soignante et d’humanité.

Tout ceci pour dire que je suis, sincèrement, le premier à souffrir pour ces grands professionnels que je respecte tant de l’état de corruption systémique du milieu qui est le leur.

Définissons, de grâce !

Oui, définissons urgemment les choses avec précision, notamment en effectuant cette distinction essentielle entre la corruption directe, la corruption systématique et la corruption systémique. Il s’agit en effet de trois réalités très différentes.

Dans la corruption directe, une personne en position de pouvoir est soudoyée directement pour accorder une faveur indue. Elle abuse de ses responsabilités pour son profit personnel, au détriment du bien commun et de l’équité du système.

La corruption systématique – que l’on observe dans de nombreux pays à culture clanique ainsi que dans des contextes comme celui des anciens pays de l’Est- est un système au sein duquel il est impossible de ne pas participer activement à la dynamique de corruption. Pour devenir professeur d’université, par exemple, vous devez impérativement soudoyer les doyens et la faculté. Une fois le poste de professeur acquis, vous vous remboursez de votre investissement et complétez votre maigre traitement par les bakchichs de vos étudiants (passage obligé s’ils souhaitent réussir leurs examens), de vos assistants, etc.

Hors de ce fonctionnement, pas d’opportunité. Chacun est donc acteur, victime et complice à la fois de la dynamique de corruption. Ce que résume en l’occurrence correctement l’adage : « tous pourris ». Tout en comprenant que quiconque se mettrait en rupture (vertueuse) avec ce fonctionnement collectif s’en verrait lourdement pénalisé dans ses perspectives professionnelles.

La corruption systémique n’a rien à voir avec cela. Bien sûr, il y a des collusions et des compromissions délictueuses sinon criminelles à certains étages décisionnels, des largesses qui engagent, une somme de magouilles à large échelle. Mais ce qui caractérise ce système, c’est que nul en particulier n’est pourri : le système l’est dans son ensemble d’une manière qui contraint chaque acteur à jouer le jeu, et interdit à quiconque (par effet systémique justement) de le mettre en échec.

J’utilise donc le terme de « corruption systémique » parce que c’est le terme consacré par l’usage, celui qu’emploient par exemple les centres d’éthique des universités. Tout comme les revues médicales elles-mêmes lorsqu’elles abordent cette dynamique perverse qui gouverne le système de santé.

Quelques traits encore caractéristiques de la corruption systémique : d’abord, de toutes les actions qui l’instaurent et l’entretiennent, beaucoup ne sont en rien illégales. Comme le fait par exemple pour de nombreux parlementaires influents de bénéficier des largesses des caisse-maladie. On a donc un parlement de milice noyauté par les intérêts sectoriels, avec un déséquilibre évident de représentation en faveur des assureurs, mais rien de ceci n’est illégal. Récemment, les parlementaires bourgeois à la botte des caisses-maladie ont par exemple bloqué l’accès à la commission de la santé au conseiller national et médecin Michel Matter, vice-président de la FMH ! Malsain, néfaste pour l’intérêt collectif assurément, mais les partis (de droite en particulier) s’accommodent depuis belle lurette de telles dérives. Qui quoique sordides ne sont en effet pas illégales.

Ensuite, quelles que soient vos valeurs ou votre intégrité (et elles sont solides dans l’ensemble chez les médecins), vous participez forcément en tant qu’acteur à la perpétuation du système, sans forcément en retirer des avantages personnels. En fait, la grande masse des médecins « anonymes » ne palpe plus grand’ chose depuis que quelques toussotements se sont fait entendre. Aquila non capit muscas… Lorsqu’on s’élève vers les sommets, les largesses sont plus libérales.

Concrètement…

Je l’ai soulevé dans de nombreux articles, les scories de la corruption systémique sont connues et répertoriées. Je renvoie le lecteur qui découvrirait ces réalités aux descriptions de : la mauvaise science et des innombrables tricheries en la matière ; le mensonge d’état en cours en France (et en Suisse dans une moindre échelle) ; la « posture » scientifique de rupture de Méditerranée-Infection et du Pr Raoult ; la nécessité éthique et sanitaire de laisser les médecins-généralistes prescrire le traitement de Marseille ; la propagande anti-chloroquine des autorités de santé et des médias ; les aberrations épistémologiques de l’Evidence-Based Medecine mal comprise et appliquée (développée à nouveau dans un second article) ; sans oublier le récit de ma propre galère face au Covid et comment le traitement de référence m’a permis de guérir en 72h.

Je me permets donc de renvoyer la lectrice ou le lecteur intéressés à ces différents textes, où ils trouveront l’exposé détaillé de ce que je peux exprimer ailleurs avec des raccourcis. Résumons quand même les principaux éléments de cette dynamique de corruption systémique :

Il y a la recherche tout d’abord, qui est un océan de misère à force de manipulations et de trucages. Grâce aux facilités offertes par l’Evidence-Based Medecine, méthodologie manipulable à volonté, l’industrie pharmaceutique truque et bidouille les études au point d’avoir fait de la fraude un élément central de leur business model. Je rappelle juste ici dans ses grandes lignes les facilités permises par les manipulations de la « mauvaise science » :

L’adoption massive de la démarche EBM dans le domaine de la recherche médicale tient entre autres au fait qu’elle fournit des possibilités inépuisables de manipulation et de fraude. Les compagnies pharmaceutiques en particulier en font grand usage (avec des dérives soigneusement documentées) pour pouvoir :

  • Mettre sur le marché des médicaments sans bénéfice thérapeutique réelscomme les antidépresseurs IRS, dont le seul effet vérifié est un impact négatif sur la libido ainsi que la qualité de vie, et l’augmentation dramatique du nombre de suicides chez les jeunes.
  • Remplacer d’anciennes molécules efficaces par de nouvelles qui ne le sont pas plus, mais sont facturées beaucoup plus cher.
  • Enfumer des résultats gênants avec des études formatées pour aboutir à un résultat opposé, permettant de contredire des données sérieuses et honnêtement acquises. Par exemple, les données sur l’utilité réelle du vaccin contre le papillomavirus s’avèrent être d’une faiblesse extrême. Des chercheurs ont donc fait des méta-analyses (consolidation de nombreuses études) en veillant à ne retenir comme matériau de départ que des études faussées. La méta-analyse fournit donc le résultat espéré -même s’il est fallacieux- et on peut prétendre que la science a parlé. C’est en l’occurrence la mise au grand jour de cette manipulation qui aura conduit à l’expulsion brutale de Peter Gotzsche, un des meilleurs épidémiologues actuels, de la revue Cochrane.
  •  

Bref, magouilles à tous les étages, d’une manière évidemment connue de tous. Les braves médecins eux sont pris dans ce système malsain et se débrouillent tant bien que mal. En privé, ils admettent volontiers qu’ils ne peuvent plus décemment prêter crédit aux études publiées par l’industrie. Mais ils restent les prisonniers inconfortables d’une industrie de la maladie devenue malhonnête et perverse. Ils souffrent, atteints qu’ils sont dans leur intégrité.

Les conflits d’intérêts ensuite sont généralisés. Les pharmas par exemple infiltrent l’enseignement médical. Voici ce qu’en disait un rapport datant de 2017 pour la France :

« Zéro: c’est la note désastreuse obtenue par les trois quarts des facultés françaises de médecine à la première évaluation des moyens mis en œuvre pour protéger leurs étudiants des conflits d’intérêts. L’étude, dont les résultats ont été publiés mardi dans la revue scientifique Plos One , est à l’initiative du Formindep, une association qui milite pour une formation et une information médicales indépendantes. »

Les responsables (professeurs, médecins-chefs, membres des comités d’experts) sont eux aussi largement arrosés par l’industrie pharmaceutique, avec évidemment toutes sortes de bénéfices pour les généreux bailleurs de fonds. On a ainsi pu observer que les plus virulents opposants au protocole de Marseille (deux médicaments peu coûteux et efficaces contre le Covid) étaient tous bénéficiaires des largesses de Gilead (le groupe qui espère mettre sur le marché son antiviral Remdesivir, au prix de $ 1’000 par patient, là où l’association Plaquenil azothromycine côute une quinzaine d’euros par patient). Ces même experts touchent également des enveloppes des autres grands groupes comme Merck Sharp & Dohme, Roche, Boehringer. Johnson & Johnson, Sanofi, GSK, Abbvie, Pfizer, Noartis et Astrazeneca.

Les enquêteurs du magazine Marianne relèvent ainsi que « sur les huit médecins originellement membres du conseil scientifique (nommé par le président Macron pour le conseiller), seuls deux (Arnaud Fontanet et Didier Raoult) ont touché zéro euro des pharmas. Les journalistes précisent :

« En cinq ans, entre les déjeuners, les dîners, les hébergements à l’hôtel, les frais de transport et les honoraires, les industriels ont payé pour 449.389 euros d’avantages à neuf experts du conseil scientifique placé auprès d’Emmanuel Macron ainsi que du Comité analyse et expertise (Care) chargé de l’éclairer sur les questions purement scientifiques liées au Covid-19. Ce qui recouvre des situations très différentes, dont certaines témoignent d’un compagnonnage suivi entre les médecins et les fabricants de médicaments. »

Au-delà même de ces cas particuliers (aussi significatifs soient-ils) c’est l’envergure du « système » qui fait tomber les chaussettes quand on le découvre :

« Les relations entre les laboratoires et les médecins sont loin d’être étanches. En 2018, les industriels pharmaceutiques ont ainsi versé quelque 1,36 milliard d’euros d’avantages aux professionnels de santé, a révélé une enquête de la presse quotidienne régionale. Une vieille habitude du secteur. « Il y a une culture du lien avec les labos, les médecins y sont biberonnés dès leurs études. Les représentants des firmes viennent dans les services, distribuent des invitations, ils font partie du paysage », note le médecin généraliste Pierre Frouard, co-auteur d’une étude de l’Université Rennes 1 sur les prescriptions des médecins et leurs liens avec les lobbys, en novembre dernier. Cette étude, publiée dans le prestigieux British Medical Journal, a montré que les médecins qui reçoivent des cadeaux de l’industrie pharmaceutiques prescrivent… plus et moins bien, par rapport aux indicateurs de l’Assurance maladie. « Et puis il y a un autre élément, ajoute Pierre Frouard. Qui relève plutôt du bon sens. Si ça n’était pas efficace, les firmes ne mettraient pas autant d’argent dans le lobbying ».

Est-il besoin de faire un dessin ?!

Une infiltration à tous niveaux est bien le constat qui est à poser, ce qu’ont fait aussi bien (je l’ai souvent cité) une commission d’enquête du parlement britannique, les centres d’éthique des Universités de Harvard et d’Oxford, et les rédacteurs en chef des plus prestigieuses revues médicales –références dans mon article précédent sur la « mauvaise science ».

Mais cela va encore plus loin : il est désormais évident que l’industrie pharmaceutique a adopté comme business model rien moins que celui du crime organisé. Tout comme d’ailleurs d’autres « industries criminelles ». J’écrivais ainsi le 24 mars :

« On retrouve ce pattern dans tous les secteurs de l’industrie qui est devenue aujourd’hui largement criminelle. C’est qu’ont fait les constructeurs automobiles allemands en truquant les logiciels d’évaluation embarqués de la pollution -provoquant des milliers de décès prématurés en Europe année après année. Ou Boeing en mettant sur le marché un nouvel avion qu’ils savaient défaillant -crash ! Ou Monsanto et ses faux papiers scientifiques, ses fausses associations de paysans amoureux de pesticides et son catalogue de produits toxiques, dont bien sûr le glyphosate. Si vous avez utilisé une poêle en Téflon au cours de votre vie, saviez-vous qu’il s’agit d’une substance toxique lorsqu’elle surchauffe ? Dupont de Nemours a été condamné en 2016 à 671 millions de dollars à cause d’une fuite de produits toxiques nécessaires à sa fabrication empoisonnant durablement la population. Quant à la crise des subprimes, produit elle aussi d’une logique criminelle, elle n’a conduit aucun criminel en col blanc devant la justice pendant que des milliers et des milliers d’innocents se retrouvaient à la rue ou en subissaient l’impact délétère de multiples manières. »

En ce qui concerne les pharmas, voici ce qu’en disent Peter Gotzsche, co-fondateur de la Nordic Cochrane review et Richard Smith, ancien rédacteur en chef du British Medical Journal (désolé pour l’auto-citation, je trouve difficilement de telles analyses ailleurs que sous ma plume…) :

« Un livre écrit par un des plus rigoureux spécialiste de la validité des recherche médicales, co-fondateur du chapitre nordique de la Revue Cochrane, reçut en 2014 le prix de l’association médicale britannique dans la catégorie « les bases de la médecine ».

Son titre ? « Remèdes mortels et crime organisé : Comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé ».  Le Pr Peter Goetzsche, choqué comme nombre de ses collègues par les scandales sanitaires à répétition (ce qui mettra éventuellement la puce à l’oreille des lecteurs français) en fit un décodage systémique. Le point commun de ces différents scandales peut être résumé par la séquence suivante :

  • Autorisation de mise sur le marché par une instance étatique de régulation pétrie de conflits d’intérêts (en France, selon le journalistes d’investigation Thierry Souccar et le docteur en droit et avocate en droit de la santé Isabelle Robard, sur 675 personnes siégeant à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (nom du service à l’époque du Mediator), près de 415 personnes (donc 62,4 %) déclarent avoir des intérêts dans l’industrie pharmaceutique, cosmétique ou autre.
  • Cette mise sur le marché est obtenue par le groupe pharmaceutique en toute connaissance de cause d’effets dangereux ou létaux, qu’elle omet délibérément de déclarer.
  • Des professeurs en médecine renommés sont au besoin payés pour nier tout lien de causalité entre des pertes et dommages et le médicament consommé. Certains par exemple ont touché $50’000.- par expertise (rédigées par les pharmas elles-mêmes) pour nier l’implication de certains médicaments dans des suicide de jeunes, alors même que les pharmas connaissaient parfaitement un effet d’augmentation des cas de suicide dans cette population.
  • Lorsque le scandale éclate, la molécule toxique est retirée, mais non sans avoir au passage rapporté un énorme pactole. Le Vioxx ainsi a rapporté à Merck 11 milliards de dollars pendant le temps de sa commercialisation. Causant tout de même plus de 25’000 morts pour les Etats-Unis uniquement.
  • Le régulateur inflige une « amende » pour mauvaise conduite à la pharma repentante, qui reste peanuts au regard du blé engrangé ($950 millions face donc à 11 milliards pour le Vioxx) et bien sûr, aucun responsable ne va en prison malgré les milliers de personnes tuées au passage.
    •  

Voici comment Richard Smith, rédacteur en chef du British Medical Journal, présenta l’ouvrage primé de Goetzsche dans cette prestigieuse revue :

« Il doit y avoir beaucoup de gens qui tremblent lorsqu’ils entendent que Peter Gøtzsche va parler lors d’une réunion ou lorsqu’ils voient son nom sur la liste du contenu d’un journal. Il est comme le jeune garçon qui non seulement a pu voir que le roi était nu, mais n’a pas non plus hésité à le dire. La plupart d’entre nous ne peuvent pas voir que le roi est nu ou ne l’annonceront pas quand nous verrons sa nudité, c’est pourquoi nous avons grandement besoin de personnes comme Peter. Ce n’est pas un intriguant ou un dissimulateur, et il a un goût certain pour les mots forts et les métaphores colorées.  Certaines personnes, peut-être beaucoup, pourraient être rebutées par l’insistance de Peter à comparer l’industrie pharmaceutique à la mafia, mais ceux qui se détournent du livre manqueront une occasion importante de comprendre quelque chose d’important sur le monde.

Il est en effet effrayant de voir combien de similitudes il y a entre cette industrie et la mafia. La mafia gagne des sommes d’argent obscènes, tout comme cette industrie. Les effets secondaires du crime organisé sont des meurtres et des morts, et les effets secondaires sont les mêmes dans cette industrie. La mafia corrompt les politiciens et autres, tout comme l’industrie de la drogue…

L’industrie a certainement été victime du ministère américain de la justice à de nombreuses reprises dans des affaires où des entreprises ont été condamnées à des milliards d’amendes. Peter décrit en détail les dix principales affaires, mais il y en a beaucoup d’autres. Il est également vrai qu’elles ont récidivé, calculant peut-être qu’il y a de gros profits à faire en bafouant la loi et en payant les amendes. Les amendes peuvent être considérées comme « le coût des affaires », comme le fait de devoir payer le chauffage, la lumière et le loyer.

Beaucoup de gens sont tués par l’industrie, beaucoup plus que par la mafia. En effet, des centaines de milliers de personnes sont tuées chaque année par des médicaments sur ordonnance. Nombreux sont ceux qui considèrent cela comme presque inévitable, car ces médicaments sont utilisés pour traiter des maladies qui tuent elles-mêmes. Mais un contre-argument est que les bénéfices des médicaments sont exagérés, souvent à cause de graves distorsions des preuves qui se cachent derrière les médicaments, un « crime » que l’on peut attribuer en toute confiance à l’industrie.

Et, comme pour la mafia, malheur à ceux qui dénoncent ou témoignent contre l’industrie. Peter raconte plusieurs histoires de dénonciateurs traqués. »

Là non plus, pas besoin de dessin, j’espère…

Dictature sanitaire vs démocratie sanitaire ?

La dictature sanitaire enfin est le résultat observable de toutes ces magouilles et manipulations. L’EBM est à nouveau fallacieusement mise à profit pour museler et contrôler les médecins jusque dans leur droit inaliénable à prescrire les traitements qu’ils estiment potentiellement utiles à leurs patients, en leur âme et conscience. Le Dr Nicole Delépine, pédiatre et oncologue, ancien chef de service en cancérologie pédiatrique à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et inlassable militante de la démocratie sanitaire, a alerté de longue date sur l’abus fait aux médecins autour des nouveaux traitements en oncologie. Dénonçant l’asservissement du système de soin à la finance, qui serait devenu maltraitant pour les patients comme pour les médecins. Elle a notamment publié avec Gérard Delépine Médicaments anti-cancer, peu efficaces, souvent toxiques et hors de prix (ed Michalon).

Voici ce qu’elle indiquait dans un article d’Alternative Santé rédigé en 2018 :

« Le problème majeur n’est pas limité au cancer, il est que les patients, et surtout les médecins, n’ont plus le choix du meilleur traitement à donner en fonction des acquis de la science. Les ravages de la finance sur l’organisation des soins et du système de santé français mais aussi international sont catastrophiques. Les patients atteints de cancer sont mon quotidien depuis les années 1980. Le drame, aujourd’hui, c’est que les patients n’ont plus la possibilité de faire un choix éclairé quant à leur traitement. Défendre le droit au choix thérapeutique pour nos enfants atteints de cancer, pour leurs parents en l’occurrence, c’est donner les meilleures chances de survie à long terme à ces enfants et ce en recourant à des traitements rodés et efficaces, quitte à passer ensuite à un essai thérapeutique. On ne peut plus procéder ainsi aujourd’hui, car la totalité des cancers de l’enfant se traitent dans le cadre de protocoles standardisés, au nom du « progrès ». Ce qui est faux, parce que non seulement, contrairement à ce qui se dit, il n’y a pas de progrès notable dans le traitement des cancers de l’enfant, mais aussi parce que cette uniformisation des pratiques conduit de surcroît à utiliser des nouveaux traitements (« innovants »), peu efficaces et hors de prix.»

L’actuelle interdiction faite aux médecins-généralistes de proposer le protocole de traitement hydroxychloroquine + azithromycine constitue un nouvel exemple de violation grave des droits des médecins-traitants. Que des petits cénacles de personnalités au mieux compromises et au pire corrompues bloquent l’accès au traitement de millions de personnes à risque est une dérive dont j’ai déjà eu l’occasion de partager ma conviction qu’elle n’est rien moins que criminelle et finira en cour pénale.

Alors cette corruption systémique ?!

J’espère que la lectrice ou le lecteur aura pu mesurer l’étendue de la dérive dans laquelle se trouve embourbée la politique sanitaire. J’ai dit -et je le répète ici- toute l’admiration et le respect que j’ai pour les médecins et les soignants.

Avec un bémol : je trouve excessivement compliquée l’omerta de fait dans laquelle ils se retrouvent pris. Les éléments que j’indique au long de mes articles sont de notoriété publique. Les analyses que je partage proviennent des meilleures sources en la matière. Le silence gêné qui accueille ces constats partout où certains prennent la responsabilité de les exprimer (et vous vous en doutez, je ne me prive pas de faire usage de ma liberté de parole) est une triste réalité.

J’ai partagé ces analyses par exemple lors du 2ème Congrès européen de psychiatrie sociale. Grand silence gêné, et aucun retour des éminences (association mondiale de psychiatrie, départements universitaires de psychiatrie). Je les ai partagées avec le ministre de la santé de la Confédération, M. Alain Berset et le Conseiller d’État du canton de Genève, M. Mauro Poggia. Aucun retour, silence gêné. Je les partage avec les associations de médecins. Grand silence gêné. Avec les responsables des filières de formation en santé (hautes écoles). Grand silence gêné.

C’est aussi là que le bât blesse, et il est temps que les médecins et les soignants eux-mêmes osent mener leur juste combat face à cette toxicité systémique. Il en va de leur liberté, et il en va de leur âme.

Heureusement, les consciences percutent et se mobilisent. J’aimerais terminer cet article avec des citations de messages que j’ai reçus au long des dernières semaines de la part de médecins, de chirurgiens, d’infectiologues, de professeurs en médecine, d’infirmiers et de psychologues. Je vous invite à les lire, non pas pour les quelques éloges qui me sont adressés, mais pour entendre la sincérité de leur malaise et de leur indignation. Oui, la lutte contre la corruption systémique n’est évidemment pas un combat ou une attaque contre les médecins et les soignants. Mais pour eux. Avec eux. Pour que l’intérêt des patients et des soignants prime simplement sur les intérêts et appétits d’industries corruptrices et toxiques.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 11:07

« Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. »

paru dans lundimatin#234, le 21 mars 2020

 

Faites taire, chers humains, tous vos ridicules appels à la guerre. Baissez les regards de vengeance que vous portez sur moi. Éteignez le halo de terreur dont vous entourez mon nom. Nous autres, virus, depuis le fond bactériel du monde, sommes le véritable continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour, non plus que la première cellule.

[Traductions : مونولوج فيروس Ο μονόλογος ενός ιού What the virus said Viruksen monologi 病毒独白 Monolog eines Virus’ Monólogo do vírus Monólogo del Virus Monologo del virus مونولوگِ ویروس ウイルスの独白 Վիրուսը Խոսում է A vírus monológja]

Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres et les algues, et bien plus que les singes. Nous sommes partout où vous êtes et là où vous n’êtes pas aussi. Tant pis pour vous, si vous ne voyez dans l’univers que ce qui est à votre semblance ! Mais surtout, cessez de dire que c’est moi qui vous tue. Vous ne mourez pas de mon action sur vos tissus, mais de l’absence de soin de vos semblables. Si vous n’aviez pas été aussi rapaces entre vous que vous l’avez été avec tout ce qui vit sur cette planète, vous auriez encore assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux dégâts que je pratique dans vos poumons. Si vous ne stockiez vos vieux dans des mouroirs et vos valides dans des clapiers de béton armé, vous n’en seriez pas là. Si vous n’aviez pas changé toute l’étendue hier encore luxuriante, chaotique, infiniment peuplée du monde ou plutôt des mondes en un vaste désert pour la monoculture du Même et du Plus, je n’aurais pu m’élancer à la conquête planétaire de vos gorges. Si vous n’étiez presque tous devenus, d’un bout à l’autre du dernier siècle, de redondantes copies d’une seule et intenable forme de vie, vous ne vous prépareriez pas à mourir comme des mouches abandonnées dans l’eau de votre civilisation sucrée. Si vous n’aviez rendu vos milieux si vides, si transparents, si abstraits, croyez bien que je ne me déplacerais pas à la vitesse d’un aéronef. Je ne viens qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes. Pardonnez-moi, mais c’est vous, que je sache, qui avez inventé le nom d’ « Anthropocène ». Vous vous êtes adjugé tout l’honneur du désastre ; maintenant qu’il s’accomplit, il est trop tard pour y renoncer. Les plus honnêtes d’entre vous le savent bien : je n’ai d’autre complice que votre organisation sociale, votre folie de la « grande échelle » et de son économie, votre fanatisme du système. Seuls les systèmes sont « vulnérables ». Le reste vit et meurt. Il n’y a de « vulnérabilité » que pour ce qui vise au contrôle, à son extension et à son perfectionnement. Regardez-moi bien : je ne suis que le revers de la Mort régnante.

Cessez donc de me blâmer, de m’accuser, de me traquer. De vous tétaniser contre moi. Tout cela est infantile. Je vous propose une conversion du regard : il y a une intelligence immanente à la vie. Nul besoin d’être un sujet pour disposer d’une mémoire ou d’une stratégie. Nul besoin d’être souverain pour décider. Bactéries et virus aussi peuvent faire la pluie et le beau temps. Voyez donc en moi votre sauveur plutôt que votre fossoyeur. Libre à vous de ne pas me croire, mais je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. Je suis venu suspendre le fonctionnement dont vous étiez les otages. Je suis venu manifester l’aberration de la « normalité ». « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie à d’autres était une folie »… « Il n’y a pas de limite budgétaire, la santé n’a pas de prix » : voyez comme je fais fourcher la langue et l’esprit de vos gouvernants ! Voyez comme je vous les ramène à leur rang réel de misérables margoulins, et arrogants avec ça ! Voyez comme ils se dénoncent soudain non seulement comme superflus, mais comme nuisibles ! Vous n’êtes pour eux que les supports de la reproduction de leur système, soit moins encore que des esclaves. Même le plancton est mieux traité que vous.

Gardez-vous bien, cependant, de les accabler de reproches, d’incriminer leurs insuffisances. Les accuser d’incurie, c’est encore leur prêter plus qu’ils ne méritent. Demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner. Vanter les mérites de l’option chinoise contre l’option britannique, de la solution impériale-légiste contre la méthode darwiniste-libérale, c’est ne rien comprendre à l’une comme à l’autre, à l’horreur de l’une comme à l’horreur de l’autre. Depuis Quesnay, les « libéraux » ont toujours lorgné avec envie sur l’empire chinois ; et ils continuent. Ceux-là sont frères siamois. Que l’un vous confine dans votre intérêt et l’autre dans celui de « la société », revient toujours à écraser la seule conduite non nihiliste : prendre soin de soi, de ceux que l’on aime et de ce que l’on aime dans ceux que l’on ne connaît pas. Ne laissez pas ceux qui vous ont menés au gouffre prétendre vous en sortir : ils ne feront que vous préparer un enfer plus perfectionné, une tombe plus profonde encore. Le jour où ils le pourront, ils feront patrouiller l’armée dans l’au-delà.

Remerciez-moi plutôt. Sans moi, combien de temps encore aurait-on fait passer pour nécessaires toutes ces choses inquestionnables et dont on décrète soudain la suspension ? La mondialisation, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, le spectacle des compétitions sportives, Disneyland, les salles de fitness, la plupart des commerces, l’assemblée nationale, l’encasernement scolaire, les rassemblements de masse, l’essentiel des emplois de bureau, toute cette sociabilité ivre qui n’est que le revers de la solitude angoissée des monades métropolitaines : tout cela était donc sans nécessité, une fois que se manifeste l’état de nécessité. Remerciez-moi de l’épreuve de vérité des semaines prochaines : vous allez enfin habiter votre propre vie, sans les mille échappatoires qui, bon an mal an, font tenir l’intenable. Sans vous en rendre compte, vous n’aviez jamais emménagé dans votre propre existence. Vous étiez parmi les cartons, et vous ne le saviez pas. Vous allez désormais vivre avec vos proches. Vous allez habiter chez vous. Vous allez cesser d’être en transit vers la mort. Vous haïrez peut-être votre mari. Vous gerberez peut-être vos enfants. Peut-être l’envie vous prendra-t-elle de faire sauter le décor de votre vie quotidienne. A dire vrai, vous n’étiez plus au monde, dans ces métropoles de la séparation. Votre monde n’était plus vivable en aucun de ses points qu’à la condition de fuir sans cesse. Il fallait s’étourdir de mouvement et de distractions tant la hideur avait gagné de présence. Et le fantomatique régnait entre les êtres. Tout était devenu tellement efficace que rien n’avait plus de sens. Remerciez-moi pour tout cela, et bienvenue sur terre !

Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plus, vos enfants n’iront pas à l’école, et pourtant ce sera tout le contraire des vacances. Les vacances sont cet espace qu’il faut meubler à tout prix en attendant le retour prévu du travail. Mais là, ce qui s’ouvre devant vous, grâce à moi, ce n’est pas un espace délimité, c’est une immense béance. Je vous désoeuvre. Rien ne vous dit que le non-monde d’avant reviendra. Toute cette absurdité rentable va peut-être cesser. A force de n’être pas payé, quoi de plus naturel que de ne plus payer son loyer ? Pourquoi verserait-il encore ses traites à la banque, celui qui ne peut de toute façon plus travailler ? N’est-il pas suicidaire, à la fin, de vivre là où l’on ne peut même pas cultiver un jardin ? Qui n’a plus d’argent ne va pas s’arrêter de manger pour autant, et qui a le fer a le pain. Remerciez-moi : je vous place au pied de la bifurcation qui structurait tacitement vos existences : l’économie ou la vie. C’est à vous de jouer. L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez le vôtre. Soit vous vous attachez aux vérités qui se font jour, soit vous mettez la tête sur le billot. Soit vous employez le temps que je vous donne maintenant pour figurer le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci achèvera de se radicaliser. Le désastre cesse quand cesse l’économie. L’économie est le ravage. C’était une thèse avant le mois dernier. C’est maintenant un fait. Nul ne peut ignorer ce qu’il faudra de police, de surveillance, de propagande, de logistique et de télétravail pour le refouler.

Face à moi, ne cédez ni à la panique ni au déni. Ne cédez pas aux hystéries biopolitiques. Les semaines qui viennent vont être terribles, accablantes, cruelles. Les portes de la Mort seront grand’ouvertes. Je suis la plus ravageuse production du ravage de la production. Je viens rendre au néant les nihilistes. Jamais l’injustice de ce monde ne sera plus criante. C’est une civilisation, et non vous, que je viens enterrer. Ceux qui veulent vivre devront se faire des habitudes nouvelles, et qui leur seront propres. M’éviter sera l’occasion de cette réinvention, de ce nouvel art des distances. L’art de se saluer, en quoi certains étaient assez bigleux pour voir la forme même de l’institution, n’obéira bientôt plus à aucune étiquette. Il signera les êtres. Ne faites pas cela « pour les autres », pour « la population » ou pour « la société », faites cela pour les vôtres. Prenez soin de vos amis et de vos amours. Repensez avec eux, souverainement, une forme juste de la vie. Faites des clusters de vie bonne, étendez-les, et je ne pourrai rien contre vous. Ceci est un appel non au retour massif de la discipline, mais de l’attention. Non à la fin de toute insouciance, mais de toute négligence. Quelle autre façon me restait-il pour vous rappeler que le salut est dans chaque geste  ? Que tout est dans l’infime.

J’ai dû me rendre à l’évidence : l’humanité ne se pose que les questions qu’elle ne peut plus ne pas se poser.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 16:11

François Jacquart, secrétaire départemental du PCF, appelle à débloquer des financements pour permettre aux médecins étrangers d'exercer en France. © Photo : Pauline Prin

 

La lutte pour le maintien de la maternité de Privas semble être le fer de lance de cette rentrée politique. C'est en tout cas ce qu'a tenu à souligner le Parti communiste français (PCF) de l'Ardèche par la voix de son secrétaire départemental et conseiller régional, François Jacquart. « Nous recevons des courriers qui affirment que la maternité est déjà fermée, or elle ne l'est pas ! s'indigne-t-il. La preuve, un accouchement en urgence a eu lieu la semaine dernière. Ça montre bien que la maman n'a pas pu aller plus loin que Privas ! » Dans un communiqué envoyé cet été à l'ambassadeur de Cuba en France et à l'ARS (Agence régionale de Santé) Auvergne-Rhône-Alpes, François Jacquart proposait un partenariat international avec des médecins cubains pour combler le déficit de professionnels de santé sur le territoire ardéchois.

Régénérer les médecins

Après l'annonce de la suspension de la maternité de Privas, le Parti communiste d'Ardèche a été le premier à proposer des solutions concrètes. Vendredi 6 septembre, François Jacquart a souhaité tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme. « Avec le vieillissement des médecins, on va droit à la catastrophe. 38 000 habitants du département sont concernés par un risque de désert médical dans les dix prochaines années. » Et pour cause, 60 % des médecins ont plus de 55 ans. La première solution soulevée par les communistes est de « régénérer les médecins libéraux ». Problème : les jeunes médecins français ne souhaitent pas s'installer en zone rurale. Faute de loi qui imposerait aux médecins de s'installer dans une région fragilisée, le PCF propose de faire appel à des médecins étrangers. Aujourd'hui, 55 % des médecins exerçant en Ardèche ont obtenu leur diplôme à l'étranger. Ce ne serait donc pas une première. Mais cette fois-ci, François Jacquart propose de faire appel à la coopération internationale et de travailler avec Cuba.

Pourquoi Cuba ?

La proposition du PCF de faire venir des médecins cubains est loin d'être un hasard. « Dans un texte de loi du Sénat, Cuba est clairement citée, explique le secrétaire départemental du PCF. Nous n'avons pas sorti ça au hasard, nous avons simplement repris ce qui était déjà proposé. À Cuba, ils ont beaucoup de médecins par habitant, ce qui n'est pas du tout notre cas en Ardèche ». François Jacquart, qui affirme avoir déjà reçu des demandes de médecins cubains souhaitant venir exercer en France, appelle le président de la Région, Laurent Wauquiez, à débloquer des financements. « L'exemple du pédiatre afghan résidant en Ardèche illustre parfaitement la difficulté financière pour un médecin étranger d'acquérir le droit d'exercer en France », insiste le conseiller régional. L'ambassade cubaine, de son côté, se dit prête à explorer cette piste, et a d'ores et déjà accepté de participer prochainement à une table ronde en Ardèche.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 11:13

Source Sputnik

Interviews

Par Jean-Baptiste Mendès

Confronté à la propagation du coronavirus en Guadeloupe, Martinique et Guyane, l’État français a décidé de faire appel à des médecins cubains dans ces territoires ultramarins, en déficit de personnels soignants. Sputnik a interrogé à ce sujet le député François-Michel Lambert, qui a récemment lancé un appel dans ce sens.

Après cinquante-quatre médecins et infirmières accueillis en Italie, trente-neuf en Andorre, c’est au tour de la France, confrontée à la crise du coronavirus, de faire appel au personnel médical de Cuba. Un décret du Premier ministre datant du 31 mars a acté cette décision, réclamée par de nombreux élus des départements d’outre-mer, en particulier la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, considérées comme des déserts médicaux.

Entretien avec François-Michel Lambert, député

Parmi les quarante-six parlementaires qui ont lancé ou rejoint cet appel, François-Michel Lambert, député de sensibilité écologiste des Bouches-du-Rhône (ex-LREM, maintenant inscrit au parti Régions et peuples solidaires) et président du groupe d’amitié France-Cuba, a répondu à nos questions:

«Face à cette situation d’urgence, nous avons demandé à ce que les territoires, notamment ultramarins, puissent bénéficier de renforts d’experts, en tout premier lieu d’experts cubains, qui sont les experts mondiaux sur ce type de crise sanitaire.»

Jusque-là, l’exercice de la médecine sur le territoire de l’Union européenne par des professionnels de santé extraeuropéens était interdit.

​Le décret publié par Édouard Philippe le 31 mars permet ainsi, pour la «durée de l’état d’urgence sanitaire», de faire appel à du personnel médical, notamment cubain, dans les territoires d’outre-mer suivants: Guyane, Martinique, Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

«Deux navires militaires au large de la Guadeloupe et de la Martinique»

Les élus des Antilles n’ont pas attendu l’épidémie de Covid-19 pour réclamer davantage de moyens médicaux. Cela fait de nombreuses années qu’ils alertent sur le déficit sanitaire de leurs territoires, notamment sur le manque de spécialistes en diabète, gynécologie, ophtalmologie, néphrologie et épidémiologie. Au-delà de ces manques structurels, le député François Michel-Lambert explique la décision de l’exécutif:

«La France a décidé d’envoyer dans quelques semaines deux navires militaires au large de la Guadeloupe et de la Martinique, mais ça ne saurait suffire, donc il faut trouver des moyens. Les moyens de L’Hexagone ne peuvent pas être mobilisés sur l’outre-mer, puisque nous subissons la pandémie de plein fouet sur la partie européenne de la France.»

Pour le moment, les DOM-TOM sont moins touchés par l’épidémie que la métropole. Sur la chaîne de télévision Outre-mer la 1ère, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, a avancé le chiffre de 666 contaminés au 31 mars. Mais face à un système de santé plus précaire dans ces régions, l’État tente de prendre ses précautions, explique le député: «Il ne peut pas y avoir, notamment dans les territoires ultramarins, de citoyens de seconde zone par rapport à ceux qui sont dans l’Hexagone.»

 

Santé: "les cubains sont au-dessus des Etats-Unis"

 

Quant à la décision d’envoyer un contingent cubain, l’annonce ne saurait tarder. Pourquoi Cuba en particulier? Premièrement, pour «une logique de proximité», justifie le parlementaire né à La Havane. Deuxièmement, le personnel médical cubain est formé à ce genre de pandémies, notamment avec Ebola en Afrique. Présents dans 38 pays afin de lutter contre le coronavirus, François-Michel Lambert estime que «ce sont les plus grands experts au monde d’intervention sur ce type de crise sanitaire». Détenant le record mondial du nombre de médecins par habitant, soit plus de huit pour 1.000 habitants, l’île longtemps dirigée par Fidel Castro a perfectionné son système sanitaire:

«L’espérance de vie, les différents indicateurs sanitaires qui existent au niveau international, montrent que les Cubains sont au-dessus des États-Unis dans quasiment tous ces indicateurs, que ce soit la survie des enfants en bas âge, la qualité de vie jusqu’à un âge avancé. Ceci est dû au nombre important de médecins, mais aussi à une politique de prévention sanitaire élevée.»

Une réussite dans le domaine de la santé qui permet à Cuba d’exporter ses services médicaux, représentant l’une des premières rentrées de devises pour le pays. Ainsi, le député écologiste évoque le chiffre de «3.000 à 4.000 dollars par mois» pour chaque médecin, et bien moins pour les infirmiers. Peut-on alors parler d’une forme de soft power cubain?

«Certains envoient leurs experts militaires qu’ils font payer aux autres pays pour mener une guerre, Cuba envoie ses experts médicaux, qu’ils font évidemment payer aussi, pour sauver des vies.»

Sous embargo américain renforcé depuis peu par Donald Trump, Cuba tente de développer une approche différenciée en termes de recherche médicale. Confronté à des difficultés d’accès à certains matériels de pointe, l’île est pourtant en capacité de produire des médicaments. François Michel Lambert évoque ainsi la production de l’Interferon Alpha 2b, qui pourrait se révéler efficace pour guérir du Covid-19:

«Ce médicament a été testé en Chine et en Corée avec des résultats qui semblent positifs. Nous continuons à travailler avec les autorités cubaines pour regarder si ce médicament pourrait être utilisé en France. Il faut une consolidation de la justesse de l’apport de ce médicament dans le cadre de la crise.»

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 10:51

Pandémie et socialisme :
une magistrale leçon politique !

Par Bruno Guigue

Des démocraties occidentales décomposées, au bord de l'implosion sanitaire, incapables de faire face à l'épidémie alors que nous n'en sommes qu'au début, et dont les dirigeants versatiles nous disaient en janvier qu'il n'y avait aucun problème, en février que ce n'était qu'une mauvaise grippe, et début mars qu'il fallait aller voter et nous agglutiner en chœur sur les terrasses des bistrots.

Des dirigeants occidentaux qui comptent sur une immunité collective synonyme d'extermination de nos aînés pour éteindre l'épidémie, mais qui se gardent bien de le dire et invoquent une guerre qu'ils ont déjà perdue faute de vouloir la gagner ; des incompétents et des corrompus vendus à Big Pharma qui répugnent à admettre des résultats qui semblent faire leurs preuves et qui méritent d'être testés de façon massive ; qu’il s’agisse du confinement, du dépistage ou du traitement, une indécision et une cacophonie qui donnent l’impression qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion.

 Sous les projecteurs, de curieux médecins qui, faute d'aller au front en blouse blanche, passent leur temps à pérorer sur les plateaux télé en compagnie de crapules journalistiques dont la vilenie transpire dans le moindre de leurs propos ; loin des projecteurs, en revanche, des personnels soignants qui se battent héroïquement sous le mépris de cette classe dominante qui a exigé le démantèlement de l'hôpital public pour accroître ses profits.

Un système de soins qui faisait la fierté de la nation, et qu'on a sacrifié sur l'autel du capital à coups de réformes néo-libérales ; une sécurité sociale exemplaire créée par les communistes en 1945, qui a sauvé des millions de vies, mais que l'oligarchie a démantelée au détriment de la santé publique ; un abandon massif des populations à la logique du profit individuel, aujourd'hui, quand il faudrait mobiliser l'esprit de solidarité et saisir fermement les richesses là où elles se trouvent.

 Un échec patent, une incurie massive des soi-disant démocraties devant les défis que nous lance cette pandémie qui n'est pas la première et qui ne sera pas la dernière ; le désarmement unilatéral des populations les plus fragiles devant la maladie orchestré par des gouvernements qui ont livré le peuple de France à ses pires ennemis ; qui l'ont offert en pâture à une oligarchie qui vendrait sa mère pour épaissir son portefeuille dans le but illusoire de remplir une existence vide et plongée, comme dit Marx, "dans les eaux glacées du calcul égoïste".

                     https://img.over-blog-kiwi.com/1/44/00/64/20200328/ob_444ecb_screenshot-2020-03-28-coronavirus-covi.png#width=1600&height=729

 A l'autre bout du monde, des Chinois vilipendés sans relâche par nos médias, calomniés sans vergogne par les dirigeants des États-Unis, alors qu'ils ont tout fait pour juguler l'épidémie, en deux mois, sous l'égide d'un État pour qui la santé publique est une priorité nationale et la solidarité autre chose qu'un slogan de campagne électorale sponsorisée par des banquiers d'affaires ; des puissances asiatiques qui réussissent à endiguer le mal en mobilisant des moyens colossaux, s'appuyant sur des valeurs collectives qui n'y ont pas subi comme chez nous le laminage néolibéral ; un grand pays, la Russie, qui a réussi à contenir la progression de l’épidémie sur le sol national.

          

              https://img.over-blog-kiwi.com/1/44/00/64/20200328/ob_cafdd0_5e6b444620302716331d1048.jpg#width=980&height=551

Vu, dans la même livraison du parangon de la presse libre et libérale : à gauche les magnifiques efforts de l'Italie pour faire face à la catastrophe, à droite les souffrances totalitaires infligées à sa population impavide par l'odieux régime communiste chinois.
Dans les deux cas il s'agit de rapporter le confinement de 60 millions de personnes, mais c'est seulement dans l'exemple "totalitaire" que la question est posée de savoir si le remède ne serait pas pire que le mal !

 Des équipes médicales chinoises, cubaines et vénézuéliennes qui volent au secours de l'Italie, pays européen trahi par ses partenaires ; une Union européenne dont l'inutilité est patente, l'impuissance pathétique, le délabrement exposé au regard de tous dans cette incapacité à faire jouer le moindre mécanisme de solidarité intracommunautaire ; des médecins cubains autorisés par le gouvernement français à intervenir en Martinique*, véritable camouflet infligé à une grande puissance capitaliste contrainte d'appeler à la rescousse le seul État socialiste de la Caraïbe, lui-même soumis depuis soixante ans au blocus américain.

 * NdE : Noter quand même que les services hospitaliers de Martinique ont recruté depuis déjà belle lurette des médecins et surtout des chirurgiens cubains, du fait de la pénurie "endémique" en la matière.

 Ce même pays, Cuba, qui contient l'épidémie en mobilisant un système de santé exemplaire, loué par l'OMS, et qui vaut au peuple cubain une espérance de vie de 80 ans, désormais supérieure à celle des États-Unis ; la réussite incontestable, donc, des pays dotés d'un État fort, souverain et soucieux de la santé publique ; des États prêts à consentir un ralentissement de la croissance, s'il le faut, pour sauver des vies humaines ; tandis que les dirigeants occidentaux font le choix inverse, au risque de sacrifier à la fois l'économie et la santé, au bout du compte, en laissant la situation empirer.

Une formidable leçon de choses administrée aux peuples, une magistrale leçon politique, en définitive, sur les vertus comparées des soi-disant démocraties qui les abandonnent à leur sort et des soi-disant dictatures qui font tout pour les sauver d'une mort annoncée ; une leçon sur la supériorité du socialisme chinois ou cubain, et pour tout dire du vrai progressisme, sur des régimes qui n'ont que les droits de l'homme à la bouche, mais qui font comme si la pandémie était l'effet de lois naturelles et ont les yeux rivés sur les cours de la Bourse pendant que se poursuit l'hécatombe.

Bruno Guigue

Tag(s) : #Bruno Guigue, #coronavirus, #géopolitique

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 13:42

Qui tire les ficelles en coulisses

Pour nous aider à décrypter les déclarations de nos ministres et de leurs conseilleurs sur le corona virus et ses conséquences le constat révélateur et sans appel du Professeur Even …Posté le 22 août 2017

En décembre dernier( pour rappel 2016)  dans une vidéo publiée sur YouTube (à voir ci dessous), le Professeur Philippe Even* faisait le même constat qu’un récent rapport de l’ONU, qui concluait ainsi :

« L’industrie pharmaceutique corruptrice s’est infiltrée dans toutes les instances décisionnaires, parlementaires, gouvernementales, administratives, universitaires, hospitalières, médicales et médiatiques. Elle est aujourd’hui hors de tout contrôle. »

http://www.cancer-et-metabolisme.fr/big-pharma-cest-quoi-le-constat-sans-appel-du-professeur-even/

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 10:07

 «la science a toujours été politisée», d'après l'ex-directeur scientifique d’Airbus

Le Désordre mondial

18:21 27.03.2020(mis à jour 18:25 27.03.2020) URL courte

Par Rachel Marsden

La France et l’Europe lancent des appels d’offres pour l’innovation scientifique contre le coronavirus, tandis que le traitement à base de chloroquine du Dr Didier Raoult à Marseille vient juste d’être autorisé. Jean-François Geneste, ancien directeur scientifique d’Airbus, revient sur ces procédures et leurs enjeux au micro de Rachel Marsden.

Le ministère des Armées a lancé un appel d’offres de dix millions d’euros pour des projets innovants de lutte contre le coronavirus. La demande souligne que la technologie doit pouvoir être appliquée dans le combat d’aujourd’hui et non dans une quelconque pandémie ultérieure.

D’ailleurs, le 10 février, selon l’Agence nationale de la recherche (ANR), le gouvernement français a annoncé 500.000 euros de financement pour la recherche sur le coronavirus, bien avant le premier tour des élections municipales, qui a été suivie quelques heures plus tard par une mise en quarantaine stricte à l’échelle nationale. Ce budget est depuis passé à trois millions d’euros. Et la Commission européenne dispose également d’un budget de 164 millions pour faire face à l’épidémie. Quel genre d’innovation pouvons-nous réellement attendre de cet argent, et dans quels domaines?

Jean-François Geneste, ancien vice-président et directeur scientifique d’Airbus S.A.S., est maintenant à la tête de Warpa, une entreprise de soutien à l’innovation dans les domaines scientifiques, d’ingénierie et de finance. Il réagit à ces annonces:

«La recherche, il faut la faire avant les ennuis. Après, c’est un peu trop tard. Les appels d’offres demandent des innovations rapides, mais ce sont avec des choses qui existent déjà.»

Geneste commente la polémique autour du traitement innovant à base d’hydroxychloroquine contre le coronavirus, proposé par le Docteur Didier Raoult en France, qui fait le buzz dans le monde entier et qui a été autorisé en France quelques jours après l’enregistrement de cette émission:

«Ce protocole [d’essai, ndlr] a été fait relativement vite avec un effectif faible... Mais il devrait être regardé au vu de l’expérience connue du Pr Raoult d’une part et du fait que son traitement d’association d’hydroxychloroquine et d’azithromycine est efficace sur d’autres coronavirus, si j’ai bien compris.»

 

© AFP 2020 GERARD JULIEN

Prendre ou ne pas prendre de la chloroquine? Un virologue français répond

Est-ce que la science et la recherche scientifique sont politisées? Le scientifique réagit:

«La science a toujours été politisée, avec des rivalités, des groupes de pression, et ce que je dirais de plus inquiétant, depuis pas mal d’années maintenant, c’est une science qui doit être rentable et qui est donc liée à des intérêts financiers. Pour moi, c’est un des très, très gros problèmes. Et donc c’est une forme de politisation, une politisation financière.»

Quid de la réactivité et de la préparation du gouvernement français face à cette pandémie? Geneste évoque à titre d’exemple la logique de la lutte contre le terrorisme du gouvernement depuis dix ans:

«Du terrorisme bactériologique, c’est quelque chose qui malheureusement est plausible. Et donc, si on avait une vraie pensée stratégique et peut-être militaire, pour le coup, on devrait avoir mis en place un système qui pourrait réagir très rapidement à l’apparition d’une épidémie d’origine terroriste bactériologique. Manifestement, ça n’existe pas.»

L’expert qualifie aussi le confinement de symptôme de manque de préparation et de moyens:

«Le confinement que l’on vit aujourd’hui est lié au manque de moyens... Vous testez toute la population et vous triez, et donc les bien-portants n’ont pas de raison d’être confinés du tout, à condition qu’ils ne soient pas en contact avec des gens qui sont atteints.»

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 10:23

Publié le 26/03/2020

par Israël Adam Shamir

En ces temps de Corona, j'écoute souvent le conseil des Monty Python : "Prends la vie du bon côté". Ce nuage noir est bordé d'un liseré d'argent. Tandis que le virus rôde au dehors, les ados daignent passer plus de temps avec leurs parents; les épouses sont à la maison et vous mijotent des petits plats au lieu de traîner avec de beaux étrangers dans des cafés classe, nous n'avons pas à planifier des vacances chères sur des îles lointaines, il y a plus de temps pour lire ou pour jouer aux dames avec les gosses. Les habitudes forcément plus modestes (pas de resto, pas de soirée) s'accordent avec le Carême, cette sombre période qui précède Pâques. On peut tenir un bon moment avec ce Carême calme à la maison, style année 1956.

Malgré mon âge, la maladie ne me fait pas peur du tout. On ne meurt qu'une fois, et c'est inévitable. C'est l'interférence des gouvernements à la main lourde, ce qui nous pèse vraiment sur la nuque. C'est le confinement, et non la maladie ce que je redoute. Considérez l'exemple d'Israël, ce projet pilote des Maîtres du discours.

En Israël, comme dans un petit nombre d'autres pays, le confinement le plus sévère a été ordonné: les gens n'ont pas le droit de quitter leurs appartement sauf pour aller acheter à manger. Même une promenade solitaire au bord de la mer ou dans le jardin public: interdit, tout ça, et il y a la police et l'armée pour faire respecter l'ordre. Le temps exquis , la Méditerranée toute bleue, les collines toutes vertes, mais il faut rester enfermés. Cette recommandation de rester à la maison et de bien le prendre peut nous sembler louche; cet emprisonnement des citoyens est une étape qu'aucun tyran n'avait pu envisager jusque là.

Les autorités nous tiennent comme ils l'ont toujours voulu, par la peur, la recherche du pain restant l'unique activité permise, plus de manifs ni de rassemblements, la distanciation sociale à la place de la solidarité. Le premier mort du coronavirus en Israël, c'est un vieux survivant de l'Holocauste de 88 ans (sans le virus, il aurait été éternel); la deuxième victime, c'est une vieille dame qui avait toutes les maladies possibles, couronnées par le corona. La troisième et dernière, c'est un nonagénaire. La maladie n'est pas si grave, le remède est bien pire. Une fois le confinement annoncé, 600 000 Israéliens se sont inscrits sur les listes de demandeurs d'emplois, parce que les petites et moyennes entreprises ont renvoyé leurs salariés sans les payer. Les employés mis à pied pourraient demander des prêts, à rembourser avec intérêt une fois l'état d'urgence levé; mais personne ne dit où ils trouveront l'argent pour rembourser.

La sécurité intérieure (le Shabak), et la sûreté extérieure (le Mossad) ainsi que les forces de police se sont unies pour créer et activer un système futuriste de surveillance totale. Maintenant ils repèrent et suivent tous les résidents israéliens, tout le temps. Si une personne a de la fièvre et qu'elle est considérée comme potentiellement porteuse du virus, le système de surveillance trace toute personne qui ait été en contact avec elle depuis peu, ou qui soit juste passée à côté, et leur fait savoir par texto qu'ils doivent aller en quarantaine pour quinze jours. Désormais, ils pistent tous les déplacements et toutes les rencontres de tous les résidents israéliens tout le temps. Les effectifs de la police secrète du monde entier n'avaient jamais eu pareilles capacités magiques; maintenant ça y est. L'État juif est le terrain de test pour le projet de surveillance mondiale totale. Le corona passera, mais la surveillance absolue est en train de s'installer pour toujours, a prédit Yuval Noah Hariri. Seule la peur de la pandémie aurait pu faire que les gens acceptent une chose pareille, et la panique au corona l'a fait.

Les migraines que nous donne le virus, c'est de la petite bière, à côté des conséquences terribles du confinement massif. L'économie réelle va se désintégrer, les travailleurs et les gens en situation de précarité vont être ruinés et appauvris. Ils vont devoir travailler pour une bouchée de pain quotidien ou mourir. Seuls les financiers vont survivre et prospérer, eux et leurs troupes libérales. En tout cas, c'est ce qu'ils espèrent. La peur et la pauvreté, voilà ce qui nous attend s'ils ont la voie libre.

Le monde se partage entre ceux qui ont envie de se soumettre au confinement et ceux qui gardent un peu de santé mentale. Les Maîtres du Discours, les médias libéraux et leurs adeptes sont tous pour le confinement. Le Guardian et le New York Times prêchent le danger mortel du virus. Les réseaux de TV répandent la panique. J'ai essayé de suivre les infos israéliennes à la télé; il n'y avait pas de nouvelles, que de l'hystérie en ligne.

Le président Trump avait essayé vaillamment de maintenir l'Amérique en état de marche, mais se voyant accusé par le New York Times de complicité de meurtre de masse des seniors américains, il s'est couché et a autorisé le confinement dans certains États. Il rumine encore quelques moyens pour sauver l'Amérique, mais osera-t-il aller jusqu'au bout? Son collège Boris Johnson a déjà déposé les armes, après une résistance initiale. 

Il reste des îlots de santé mentale. La Suède reste sur ses positions, comme un grand exemple positif. Même si les gens ont été encouragés à ralentir leur activité et à minimiser leurs sorties, l'industrie tourne, les écoles et les garderies sont ouvertes; les cafés et les restaurants fonctionnent, les trains circulent et il n'y a pas de patrouille de l'armée dans les villes suédoises. Les médias libéraux suédois propriété de Bonnier ont essayé de répandre la panique, mais ont été vite arraisonnés par la menace d'une OPA hostile sur les journaux. Les élites suédoises comprennent que si elles autorisent les industries suédoises à s'effondrer grâce au confinement, la Suède va se retrouver ramenée à sa misère du 19° siècle. C'est trop cher comme prix à payer pour continuer à obéir à la ligne du parti. La Suède a sa propre mentalité indépendante et un solide instinct de préservation qui lui a permis de refuser l'euro et de naviguer entre les camps en guerre tout au long du 20° siècle.

La Russie reste libre et ouverte, plus ou moins. Le président russe s'en tient à une voie médiane. Il est allé rendre visite aux patients attaqués par le Corona dans un hôpital près de Moscou, comme Napoléon était allé [voir les pestiférés] à Jaffa. Dans un discours à la nation, il a garanti à chacun une semaine de congés payés qui commence ce weekend. Pas de confinement pour Mr Poutine et ses sujets, donc les Russes peuvent passer ces vacances exceptionnelles comme ils  veulent. Il a aussi déclaré un report des remboursements pour les prêts au logement et les impôts, et pour stimuler la dépense, il a taxé les Russes riches avec un impôt sur les transferts d'argent à l'étranger et sur les intérêts des dépôts bancaires, en signalant que la crise du Corona ne sera pas mise à profit pour voler les travailleurs au bénéfice des banquiers. Au préalable, il avait approuvé certaines mesures de protection, et fermé les frontières, mais la Russie reste libre. Le très petit nombre de Russes infectés semble justifier la stratégie de Poutine.

Le bras de fer continue, entre les adeptes russes des Maîtres du Discours et ceux qui soutiennent Poutine. Les ennemis de Poutine, les libéraux de Moscou, ont appelé à suivre le modèle israélien, en mettant fin à la production nationale. En même temps, ils se sont tiré une balle dans le pied en fermant les musées et théâtres, ce qui les prive de leurs revenus. Poutine a beaucoup ajouté à sa popularité dans le pays en refusant le confinement, tandis que le maire de Moscou, Sergueï Sobyanine est libre d'introduire plus de restrictions locales, ce qui lui vaut les applaudissements des libéraux.

Le Bélarus est le dernier bastion de la liberté, ils se fichent complètement du virus, mais ils ont fermé leurs frontières. J'ai toujours admiré leur président Loukatchenko, celui que les médias européens appelaient le dernier dictateur européen. Il a dit que le  travail physique au grand air et un petit coup de vodka au déjeuner, c'est bon pour la santé, et il a probablement raison.

Après avoir vu ces différentes ripostes, nous en concluons que les libéraux, les troupes de choc des Maîtres du Discours, veulent un état de siège et un confinement assuré par la police et par l'armée. Ils veulent que notre société fasse son harakiri économique, condamne nos enfants à la pauvreté à laquelle nos parents avaient échappé. La peur, la pauvreté, la surveillance, voilà tout ce qu'ils nous suggèrent.

Comme toujours, ils tentent de se raccrocher au terrain de la morale en disant qu'ils le font pour le bien des vieux vulnérables. Comme toujours, il mentent. Ce n'est pas moral de prolonger la vie des gens vieux et malades au prix de l'avenir de nos enfants, au prix de la dévastation économique. Et les vieux ne manquent pas de pouvoir!  L'UE et les US sont dirigés par des gens âgés, parce que ce sont des pays stables et sûrs, où l'ascenseur social est en panne depuis des années. Trump a 73 ans, Joe Biden 77; Soros et Nancy Pelosi sont encore plus vieux: ils sont terrifiés par le Corona.

Les financiers qui sont derrière eux voient la crise du Corona comme une superbe occasion de faire peur à l'humanité et de racheter leurs biens aux gens à bas prix avec l'argent qu'ils vont tirer maintenant du système de la Réserve fédérale. Les trillions de dollars offerts par celle-ci vont être tendus aux gros financiers, et ils vont racheter le monde. Ils vont mettre l'humanité en esclavage, instaurer la surveillance totale, en finir avec l'âge pathétique des libertés individuelles. S'ils peuvent vous punir pour être allés faire un tour, ils peuvent tout faire. 

Qui a créé le Covid 19? C'est une question intéressante mais moins importante, désormais. Qui a créé la panique et qui s'en sert pour atteindre ses buts, voilà ce qui est important. J'appelle cette entité obscure les "Maîtres du Discours". Ils ont les médias, ils ont les têtes parlantes et les experts. La panique du Corona n'est pas un phénomène naturel, le virus n'est pas particulièrement mortel, les gens vieux et malades vont peut-être subir un coup d'accélérateur, mais ce n'est pas mauvais, car les tentatives actuelles pour garder tout le monde en vie pour toujours, ça ne tient pas, puisqu'ils ne peuvent pas survivre à une épidémie aussi faible que le Corona, les vieux.

 Le comte Alexis Tolstoi, écrivain russe, parent lointain et plus jeune que Léon Tolstoï, avait brossé une tentative imaginaire de gens méchants pour s'emparer du monde ["L'union des cinq", récit, 1925]. Cinq magnats américains avaient répandu la panique en disant que la lune était sur le point de fondre sur la terre et de tuer tout le monde. À l'insu de tous, ils bombardent la lune de leurs missiles puissants, et la réduisent en miettes. Comme les gens paniquent et que la Bourse plonge, les cinq magnats achètent tout et deviennent les maîtres du monde. Mais la crainte qui était supposée piéger tous les citoyens les libère. Ils n'en ont rien à faire, de la Bourse, et ils estiment que l'appropriation privée du monde entier, ça ne compte pas. A la fin de l'histoire, un jeune homme entre dans le sanctuaire très confiné des cinq magnats, et leur demande de sortir parce qu'il a besoin de l'emplacement pour le club de jeunes.

Dans la vraie vie, le schéma est tout aussi net. On fait peur à l'humanité avec la maladie. La panique met fin à la production, les actions sont en chute libre, les sales types soutirent à la Fed des trillions et des trillions de dollars, et ils se servent de cet argent pour acheter le monde. Le monde va être dévasté par le confinement, les gens vont perdre leurs moyens d'existence. Le système de surveillance totale une fois instauré ne leur permettra pas de se révolter. A la fin, les gens obéissants et utiles se verront nourris par leurs généreux maîtres, et les  désobéissants n'auront qu'à crever.

 En un sens, c'est une mise à jour du complot de Joseph en Égypte, selon la Bible. Dans le récit biblique, Joseph accapare le grain quand la moisson est bonne, et vend des aliments avec un beau bénéfice quand les moissons sont maigres. Il en profite pour mettre les Égyptiens en esclavage. Mais nos maîtres n'attendent pas pendant des années. Ils créent les temps difficiles en forçant les gens à rester loin de leur travail, et aussitôt, les voilà qui  achètent tout ce qui peut l'être.

C'est un schéma très fragile, en fait. Son succès dépend de notre passivité, et nous ne devons pas être passifs. Nous pouvons refuser la panique, nous asseoir sur les confinements, interdire le renflouement des banquiers et des magnats. A la place du socialisme pour les riches et du capitalisme pour les pauvres que nous avons en ce moment, nous pouvons faire que les riches payent pour les autres, en faisant le plus grand transfert de capital depuis Reagan et Thatcher, dans la direction opposée. Laissons les frais de la crise du Corona à la charge de Bill Gates, de Jeff Bezos et d'autres bénéficiaires de ces dernières années d'abondance. Au minimum, les Européens et les Américains peuvent emprunter une idée au plan de Poutine, et garantir leur salaire complet à leurs employés mis au chômage. Je pense que ces mesures suffiront à en finir avec le désir des Maîtres de répandre la panique.

Et là nous allons voir la crise du Corona comme une bonne occasion de passer plus de temps avec nos êtres chers, et peut-être de soulager les gens vieux et malades du fardeau épuisant d'une vie devenue improductive à jamais.

 Joindre Israël Shamir: adam@israelshamir.net 

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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 11:16
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