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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 16:35
Par Karine Bechet-Bolovko,

Repris sur comité Valmy

 

Plusieurs guerres simultanées sont menées aujourd’hui autour du conflit ukrainien. En Ukraine elle-même, une guerre chaude et sanglante. On dirait presque entre les putschistes de Kiev contre les loyalistes du Donbass. En Occident, une guerre d’influence et de prise de contrôle des Etats Unis sur l’Europe, qui a tourné à l’avantage des Etats Unis. En générale, une guerre idéologique qui débouche sur une guerre économique et politique entre les Etats Unis, envoyant en tête de proue les Etats inféodés, et la Russie, cela sur fond de conflit ukrainien. Et comme la clé de toutes ces confrontations est la vision du monde qui en découle, l’imbroglio se défera, en grande partie, en fonction de la guerre politique que se mènent les clans russes.

 

D’une part se trouve le néolibéralisme triomphant, qui ne veut d’aucun conflit pouvant porter atteinte à ses bénéfices et se moque du chef, qu’il soit russe, américain ou chinois, l’importe peu, son mode de fonctionnement est mondialisé. Il fait de l’argent, il est conditionné pour cela. D’autre part, l’on trouve les libéraux classiques, qui fonctionnent dans un cadre étatique national et ont besoin d’un Etat souverain et fort. Ils comprennent que perdre ce cadre conduit à la destruction des repères identitaires de la population.

L’alternative est donc relativement simple : soit la Russie oppose sa souveraineté, rejette le cadre économique mondialisé et doit renforcer son indépendance économique, soit la Russie fait l’impasse sur sa souveraineté et accepte la domination économique étrangère qui se transformera en domination politique à très court terme.

Et tout cela sur fond de conflit ukrainien, qui sert de catalyseur.

Les signes de la tension politique intérieure russe

La cristallisation de la tension intérieure en Russie est palpable. Deux évènements peuvent être relevés : le discours de Jirinovsky à Yalta le 14 août et la sortie médiatique de Chubais (le dirigeant de l’entreprise d’Etat Rosnano) contre l’escalade des sanctions économiques aujourd’hui.

 

Lors du Forum politique russe de Yalta, Jirinovsky a fait une intervention remarquée. La voici :

 

Avec Jirinovsky, il faut lire entre les lignes et écouter entre les mots. Dans le paysage politique russe, il joue le rôle du faux-opposant et du vrai clown politique. Mais il a parfois un rôle important de fou du roi, celui qui peut tout dire au Chef d’Etat en y mettant les formes de la farce. Et c’est justement ce rôle-là qu’il a tenu à Yalta il y a quelques jours. Enrobant son discours d’excès et de pitreries, il a pu faire passer un message très fort aux membres de la classe politique russe. Voici le decryptage des leçons historiques de Jirinovsky :

•la Russie a toujours peur d’attaquer, elle se place systématiquement en position défensive et elle doit subir de fortes pertes avant de finalement gagner ;

 

•la grandeur des hommes forts de la Russie éternelle fut de répondre fortement aux insultes, pour faire passer le message que l’on n’insulte pas la Russie sans risques, ils n’auraient pas envoyer un convoi humanitaire quand des russes se font massacrer ;
•la faiblesse de la Russie vient de la traitrise de ses élites, dont Chubais aujourd’hui est une figure-clée. La production doit être nationale, elle doit être au service de l’Etat, tout ne peut pas être importé. Evidemment, pour faire passer un tel message, en public et devant caméra, il vaut mieux l’entourer de pitreries et d’exagération. Mais le message est passé - il suffit pour cela de voir la face déconfite de certains participants - et ce message est soutenu - il suffit d’entendre les applaudissements spontanés.

 

C’est le premier round. Le deuxième, juste après les négociations de Berlin du 17 août entre les ministres des affaires étrangères d’Ukraine, de France, d’Allemagne et de Russie, est la sortie médiatique de Chubais, l’incarnation de la destruction économique de la Russie dans les années 90, l’homme gris du néolibéralisme russe.

 

Depuis que la Russie a adopté des sanctions économiques contre les pays ayant eux-mêmes adoptés de nombreuses sanctions contre elle, le clan néolibéral russe monte au créneau. Et sur tous les fronts, les médias inféodés sont mobilisés, tout comme les réseaux sociaux. Attention, Strelkov sera candidat aux présidentielles et battra Poutine ! Attention, nous allons revenir au fameux "déficit", tout va manquer, on va faire la queue dans les magasins ! Attention, regardez, les camions d’aide humanitaire en fait sont vides, c’est louche ! etc, etc, etc. Aucune de ces sorties ne fut prise au sérieux et leurs auteurs se sont simplement décrédibilisés. D’autant plus que l’UE affiche des plans d’urgence face aux sanctions russes qui produisent leurs premiers effets sur l’économie européenne. Que l’Ukraine reconnait le caractère humanitaire du convoi. Que d’autres pays sont prêts à fournir la Russie en fruits et légumes. etc.

 

Mais ce clan n’est pas prêt à renforcer la production intérieure, le maître actuel du business mondial lui convient parfaitement, pourquoi en changer ? Donc, l’entrée personnelle de Chubais en scène est surprenante. Il apparaît peu sur le devant de la scène dans ce type de problème. Cela officialise, en quelque sorte, le conflit intérieur. C’est le deuxième round : il a fallu sortir de l’ombre et faire tomber le masque.

 

Les enjeux pour les différents clans

Or, les enjeux sont de tailles. Car ces figures incontournables du business d’Etat, qui sont à la tête des grosses compagnies, comme Rosnano, dirigent des compagnies, certes appartenant en partie à l’Etat, mais relevant du droit privé et ayant des compétences énormes en matière de contrôle du domaine économique dans lequel elles interviennent. Bref, elles fusionnent et l’exploitation et la réglementation du domaine d’activité.

 

Donc lancer Chubais faire une interview à Itar-Tass pour prêcher contre les sanctions économiques, notamment russes, en fait surtout russes, est un signe très fort. Il ne s’est absolument pas prononcé tant que la Russie était la cible des sanctions économiques. Mais il tire le signal d’alarme lorsque la Russie se défend. Surprenant, non ? Il est vrai que la situation se complique pour lui. D’une part, il doit remplacer un fournisseur à cause des sanctions, d’autre part la Procuratura générale a lancé une enquête contre lui début juillet, pour détournements de fonds et diverses fraudes, notamment à l’impôt. Comme ça, d’un autre côté, si jamais les fraudes sont prouvées, il pourra toujours se présenter comme une victime des répressions politiques.

 

L’impact pour le conflit ukrainien

Mais tout cela a un impact presque direct quant à l’issue possible du confit en Ukraine. Tout d’abord, on notera que cette montée en puissance médiatique du conflit intérieur russe s’est déroulé juste "autour" des négociations de Berlin sur le contrôle des frontières russo-ukrainiennes, un cessez-le-feu et le sort du convoi humanitaire russe toujours en attente à la frontière.

 

Jirinovsky a fait passer son avertissement juste avant. Lors de la conférence de presse ayant fait suite à ces négociations, il est apparu que rien n’a été réellement obtenu - sauf peut être en ce qui concerne le convoi humanitaire. Et Chubais apparait ensuite.

 

Si le clan Chubais gagne, Novorossia n’a que quelques heures à vivre et tout le monde fermera les yeux sur le massacre qui s’en suivra. Les crimes déjà commis seront oubliés, puisque traditionnellement on ne juge pas les vainqueurs. Et à l’intérieur, de la Russie, une certaine destabilisation politique est à attendre. Je dirais même une destabilisation certaine.

 

Si le clan Chubais perd, une réelle pacification et stabilisation de la situation est envisageable, car l’armée ukrainienne est en mauvaise posture, le moral des troupes est au plus bas et bientôt des négociations internes devraient avoir un sens. Mais la pression est forte. La presse libérale annonce des négociations directes entre Poutine et Poroshenko sous la pression de la Commission européenne, puis le porte-parole de Poutine dément. La guerre d’information est à son comble.

 

La pression exercée sur la Russie, depuis l’intérieur même, ressemble parfois à un dernier sursaut. Mais sera-t-il décisif ? Le combat pour l’Ukraine, c’est aussi le combat pour la forme de gouvernance en Russie.

 

Le résultat de la guerre en Ukraine passe par celui des clans russes

Plusieurs guerres simultanées sont menées aujourd’hui autour du conflit ukrainien. En Ukraine elle-même, une guerre chaude et sanglante. On dirait presque entre les putschistes de Kiev contre les loyalistes du Donbass. En Occident, une guerre d’influence et de prise de contrôle des Etats Unis sur l’Europe, qui a tourné à l’avantage des Etats Unis. En générale, une guerre idéologique qui débouche sur une guerre économique et politique entre les Etats Unis, envoyant en tête de proue les Etats inféodés, et la Russie, cela sur fond de conflit ukrainien. Et comme la clé de toutes ces confrontations est la vision du monde qui en découle, l’imbroglio se défera, en grande partie, en fonction de la guerre politique que se mènent les clans russes.

 

D’une part se trouve le néolibéralisme triomphant, qui ne veut d’aucun conflit pouvant porter atteinte à ses bénéfices et se moque du chef, qu’il soit russe, américain ou chinois, l’importe peu, son mode de fonctionnement est mondialisé. Il fait de l’argent, il est conditionné pour cela. D’autre part, l’on trouve les libéraux classiques, qui fonctionnent dans un cadre étatique national et ont besoin d’un Etat souverain et fort. Ils comprennent que perdre ce cadre conduit à la destruction des repères identitaires de la population.

 

L’alternative est donc relativement simple : soit la Russie oppose sa souveraineté, rejette le cadre économique mondialisé et doit renforcer son indépendance économique, soit la Russie fait l’impasse sur sa souveraineté et accepte la domination économique étrangère qui se transformera en domination politique à très court terme.

Et tout cela sur fond de conflit ukrainien, qui sert de catalyseur.

 

Les signes de la tension politique intérieure russe

La cristallisation de la tension intérieure en Russie est palpable. Deux évènements peuvent être relevés : le discours de Jirinovsky à Yalta le 14 août et la sortie médiatique de Chubais (le dirigeant de l’entreprise d’Etat Rosnano) contre l’escalade des sanctions économiques aujourd’hui.

 

Lors du Forum politique russe de Yalta, Jirinovsky a fait une intervention remarquée. La voici :

 

Avec Jirinovsky, il faut lire entre les lignes et écouter entre les mots. Dans le paysage politique russe, il joue le rôle du faux-opposant et du vrai clown politique. Mais il a parfois un rôle important de fou du roi, celui qui peut tout dire au Chef d’Etat en y mettant les formes de la farce. Et c’est justement ce rôle-là qu’il a tenu à Yalta il y a quelques jours. Enrobant son discours d’excès et de pitreries, il a pu faire passer un message très fort aux membres de la classe politique russe. Voici le decryptage des leçons historiques de Jirinovsky :

•la Russie a toujours peur d’attaquer, elle se place systématiquement en position défensive et elle doit subir de fortes pertes avant de finalement gagner ;


•la grandeur des hommes forts de la Russie éternelle fut de répondre fortement aux insultes, pour faire passer le message que l’on n’insulte pas la Russie sans risques, ils n’auraient pas envoyer un convoi humanitaire quand des russes se font massacrer ;


•la faiblesse de la Russie vient de la traitrise de ses élites, dont Chubais aujourd’hui est une figure-clée. La production doit être nationale, elle doit être au service de l’Etat, tout ne peut pas être importé. Evidemment, pour faire passer un tel message, en public et devant caméra, il vaut mieux l’entourer de pitreries et d’exagération. Mais le message est passé - il suffit pour cela de voir la face déconfite de certains participants

- et ce message est soutenu - il suffit d’entendre les applaudissements spontanés.

C’est le premier round. Le deuxième, juste après les négociations de Berlin du 17 août entre les ministres des affaires étrangères d’Ukraine, de France, d’Allemagne et de Russie, est la sortie médiatique de Chubais, l’incarnation de la destruction économique de la Russie dans les années 90, l’homme gris du néolibéralisme russe.

 

Depuis que la Russie a adopté des sanctions économiques contre les pays ayant eux-mêmes adoptés de nombreuses sanctions contre elle, le clan néolibéral russe monte au créneau. Et sur tous les fronts, les médias inféodés sont mobilisés, tout comme les réseaux sociaux. Attention, Strelkov sera candidat aux présidentielles et battra Poutine ! Attention, nous allons revenir au fameux "déficit", tout va manquer, on va faire la queue dans les magasins ! Attention, regardez, les camions d’aide humanitaire en fait sont vides, c’est louche ! etc, etc, etc. Aucune de ces sorties ne fut prise au sérieux et leurs auteurs se sont simplement décrédibilisés. D’autant plus que l’UE affiche des plans d’urgence face aux sanctions russes qui produisent leurs premiers effets sur l’économie européenne. Que l’Ukraine reconnait le caractère humanitaire du convoi. Que d’autres pays sont prêts à fournir la Russie en fruits et légumes. etc.

 

Mais ce clan n’est pas prêt à renforcer la production intérieure, le maître actuel du business mondial lui convient parfaitement, pourquoi en changer ? Donc, l’entrée personnelle de Chubais en scène est surprenante. Il apparaît peu sur le devant de la scène dans ce type de problème. Cela officialise, en quelque sorte, le conflit intérieur. C’est le deuxième round : il a fallu sortir de l’ombre et faire tomber le masque.

 

Les enjeux pour les différents clans

Or, les enjeux sont de tailles. Car ces figures incontournables du business d’Etat, qui sont à la tête des grosses compagnies, comme Rosnano, dirigent des compagnies, certes appartenant en partie à l’Etat, mais relevant du droit privé et ayant des compétences énormes en matière de contrôle du domaine économique dans lequel elles interviennent. Bref, elles fusionnent et l’exploitation et la réglementation du domaine d’activité.

 

Donc lancer Chubais faire une interview à Itar-Tass pour prêcher contre les sanctions économiques, notamment russes, en fait surtout russes, est un signe très fort. Il ne s’est absolument pas prononcé tant que la Russie était la cible des sanctions économiques. Mais il tire le signal d’alarme lorsque la Russie se défend. Surprenant, non ? Il est vrai que la situation se complique pour lui. D’une part, il doit remplacer un fournisseur à cause des sanctions, d’autre part la Procuratura générale a lancé une enquête contre lui début juillet, pour détournements de fonds et diverses fraudes, notamment à l’impôt. Comme ça, d’un autre côté, si jamais les fraudes sont prouvées, il pourra toujours se présenter comme une victime des répressions politiques.

 

L’impact pour le conflit ukrainien

Mais tout cela a un impact presque direct quant à l’issue possible du confit en Ukraine. Tout d’abord, on notera que cette montée en puissance médiatique du conflit intérieur russe s’est déroulé juste "autour" des négociations de Berlin sur le contrôle des frontières russo-ukrainiennes, un cessez-le-feu et le sort du convoi humanitaire russe toujours en attente à la frontière.

 

Jirinovsky a fait passer son avertissement juste avant. Lors de la conférence de presse ayant fait suite à ces négociations, il est apparu que rien n’a été réellement obtenu - sauf peut être en ce qui concerne le convoi humanitaire. Et Chubais apparait ensuite.

 

Si le clan Chubais gagne, Novorossia n’a que quelques heures à vivre et tout le monde fermera les yeux sur le massacre qui s’en suivra. Les crimes déjà commis seront oubliés, puisque traditionnellement on ne juge pas les vainqueurs. Et à l’intérieur, de la Russie, une certaine destabilisation politique est à attendre. Je dirais même une destabilisation certaine.

 

Si le clan Chubais perd, une réelle pacification et stabilisation de la situation est envisageable, car l’armée ukrainienne est en mauvaise posture, le moral des troupes est au plus bas et bientôt des négociations internes devraient avoir un sens. Mais la pression est forte. La presse libérale annonce des négociations directes entre Poutine et Poroshenko sous la pression de la Commission européenne, puis le porte-parole de Poutine dément. La guerre d’information est à son comble.

 

La pression exercée sur la Russie, depuis l’intérieur même, ressemble parfois à un dernier sursaut. Mais sera-t-il décisif ? Le combat pour l’Ukraine, c’est aussi le combat pour la forme de gouvernance en Russie.

Karine Bechet-Golovko

mardi 19 août 2014

Russie politics

 

 

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 16:12
Par Jean-Phllippe Tanguy (Debout la République) qui rappelle rappelle ses avantagestandis que la loi de transition présentée  par Ségolène Royal ambitionne de ramener à 50% la part de l’énergie nucléaire en 2025,

Sur FIGAROVOX/TRIBUNE

 

Alors que les Etats Unis ont franchi un pas décisif dans la maîtrise des piles à combustible, les orientations présentées sur la « transition écologique » confirment le suicide organisé de la politique énergétique française.

 

Si les mesures concernant la rénovation thermique vont dans le bon sens, malgré le manque évident de financement, le projet de Ségolène Royal s’obstine à poursuivre la politique menée depuis six ans sur l’évolution du mix énergétique français. Au lieu d’investir massivement dans des projets de recherche viables, nos dirigeants persistent dans une fuite en avant malthusienne qui fait l’impasse sur notre dépendance aux hydrocarbures tout en asphyxiant la rente nucléaire au profit d’énergies renouvelables qui ont échoué en tout point.

 

Ce programme, comme le consensus mou qui l’entoure, méprise l’un des plus beaux accomplissements de notre pays : la France est la seule puissance à avoir réussi sa première transition énergétique, celle d’une production électrique presque entièrement décarbonnée. En alliant nucléaire et hydro-électrique, nous avons concilié des prix parmi les plus bas du monde avec une sécurité exemplaire, une indépendance remarquable et une baisse considérable de la pollution.

 

Nos émissions de CO2 par habitant sont, de loin, les plus basses du G8. Notre pays est l’un des très rares signataires du protocole de Kyoto à avoir non seulement rempli mais dépassé ses objectifs. Si l’ensemble des pays développés avait suivi cette voie, le réchauffement climatique serait une menace encore réelle mais sous contrôle.

 

A titre indicatif, un Allemand émet aujourd’hui autant de carbone qu’un Français au temps du pétrole roi, en… 1973 ! L’Allemagne s’est enfermée dans une politique énergétique qui va d’échec en échec, enchainant les revers industriels, les hausses sans contrôle de tarif et les désillusions sur les « emplois verts » dont 80% ne sont assurés que par des subventions. Cet échec est d’ailleurs propre à la politique de « libéralisation » du marché électrique voulue par l’Union Européenne.

En réalité, les bavardages sur la mort du nucléaire permettent de dissimuler l’absence de stratégie de rupture technologique quant à la fin de notre dépendance aux hydrocarbures.

Par pur clientélisme politique, la France continue de saboter ce formidable succès, avec pour seul résultat le coût exorbitant des énergies renouvelables : en deux ans, la facture électrique des ménages a bondi de 180 euros ! Depuis 2008, la Contribution pour le Service Publique de l’Electricité, qui finance l’électricité « renouvelable » est passée de 1,5 milliard à près de 6,5 milliards d’euros par an !

 

En ciblant le nucléaire, le gouvernement se trompe complètement de cible. L’urgence est de mettre fin aux énergies carbonées, à la menace du réchauffement climatique et aux 3 millions de morts que cette pollution provoque chaque année.

 

Sans investissement dans de nouveaux réacteurs après Flamanville, le nucléaire français est voué à un déclin lent et certain qui n’apporte pas le début d’une solution, bien au contraire. Les éoliennes, le photovoltaïque et les smart grids peuvent contribuer à l’avenir du mix énergétique mondial mais ne suffiront pas à répondre aux attentes légitimes de milliards d’individus qui attendent d’accéder à l’électricité et à la mobilité.

 

En réalité, les bavardages sur la mort du nucléaire permettent de dissimuler l’absence de stratégie de rupture technologique quant à la fin de notre dépendance aux hydrocarbures. La rente nucléaire ne doit pas être asséchée et dilapidée dans des champs photovoltaïques dispendieux. Il faut au contraire la renforcer pour qu’elle contribue à un effort d’innovation sans précédent.

 

La transition énergétique française doit poursuivre sa voie plutôt que de copier les échecs des autres : arrêter toute subvention aux énergies éoliennes et photovoltaïques, stopper les chantiers offshore ; investir pour prolonger le parc nucléaire actuel, donner une suite au chantier de Flamanville pour capitaliser l’expérience acquise, développer des réacteurs de moindre puissance et avancer sur ASTRID, le prototype de 4eme génération développé par le CEA ; utiliser enfin la rente nucléaire pour garantir de lourds financement à la recherche dans le stockage de l’énergie, de nouvelles formes de production électrique et des alternatives aux hydrocarbures.

 

Le modèle nucléaire français n’est pas le problème, mais le début de la solution. Ségolène Royal ne l’entend pas ainsi et engage la France sur la voie d’un avenir déjà périmé alors que notre pays a tout son rôle à jouer pour offrir au monde une énergie propre et abondante.

 

Jean-Philippe Tanguy Ancien ESSEC et ScPo Paris, Jean-Philippe Tanguy a travaille pour le conglomérat Hitachi au Japon avant de rejoindre le cabinet de Clara Gaymard, PDG de GE France. Ancien candidat aux Européennes (4,2%) pour Debout la République, il est aujourd’hui délégué national aux fédérations.

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 17:22

La stratégie russe face à l’impérialisme anglo-saxon

Par Thierry Meyssan

Repris sur Réseau Voltaire le 11 août 2014

 

L’agression des Anglo-Saxons contre la Russie prend la forme d’une guerre financière et économique. Cependant Moscou se prépare aux hostilités armées en développant l’autarcie de son agriculture et en multipliant ses alliances. Pour Thierry Meyssan, après la création du califat au Levant, Washington devrait abattre une nouvelle carte en septembre à Saint-Petersbourg. La capacité de la Russie à préserver sa stabilité intérieure déterminera alors la suite des événements.

 

L’Organisation de coopération de Shanghai représentera, à partir de son élargissement probable en septembre 2014, 40 % de la population mondiale

 

L’offensive menée par les Anglos-Saxons (États-Unis, Royaume-Uni et Israël) pour dominer le monde se poursuit sur deux lignes simultanées : à la fois la création du « Moyen-Orient élargi » (Greater Middle East) en attaquant simultanément l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, et la séparation de la Russie de l’Union européenne à travers la crise qu’ils ont organisée en Ukraine.

Dans cette course de vitesse, il semble que Washington veuille imposer le dollar comme monnaie unique sur le marché du gaz, la source d’énergie du XXIe siècle, à la manière dont il l’a imposé sur le marché du pétrole [1].

Les médias occidentaux ne couvrent presque pas la guerre du Donbass et leur population ignore l’ampleur des combats, la présence des militaires US, le nombre des victimes civiles, la vague des réfugiés. Les médias occidentaux traitent par contre avec retard les événements au Maghreb et au Levant, mais en les présentant soit comme la résultante d’un prétendu « printemps arabe » (c’est-à-dire, en pratique, d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans), soit comme l’effet destructeur d’une civilisation violente en soi. Plus que jamais, il serait nécessaire de venir en aide à des arabes incapables de vivre paisiblement en l’absence de colons occidentaux.

La Russie est aujourd’hui la principale puissance capable de conduire la Résistance à l’impérialisme anglo-saxon. Elle dispose de trois outils : les BRICS, une alliance de rivaux économiques qui savent ne pouvoir grandir qu’avec les autres, l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance stratégique avec la Chine pour stabiliser l’Asie centrale, et enfin l’Organisation du Traité de sécurité collective, une alliance militaire d’anciens États soviétiques.

 

Les dirigeants des BRICS : Dilma Rousseff (Brésil), Vladimir Poutine (Russie), Narendra Modi (Inde), Xi Jinping (Chine) et Jacob Zuma (Afrique du Sud)

 

Au sommet de Fortaleza (Brésil), qui s’est tenu du 14 au 16 juillet, les BRICS ont franchi le pas en annonçant la création d’un Fonds de réserve monétaire (principalement chinois) et d’une Banque BRICS, comme alternatives au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au système-dollar [2].

 

Avant même cette annonce, les Anglo-Saxons avaient mis en place leur réponse : la transformation du réseau terroriste Al-Qaïda en un califat afin de préparer des troubles parmi toutes les populations musulmanes de Russie et de Chine [3]. Ils ont poursuivi leur offensive en Syrie et débordé à la fois en Irak et au Liban. Ils ont par contre échoué à expulser une partie des Palestiniens vers l’Égypte et à déstabiliser plus profondément encore la région. Enfin, ils se tiennent à l’écart de l’Iran pour donner au président Hassan Rohani la chance d’affaiblir le courant anti-impérialiste des khomeinistes.

 

Deux jours après l’annonce des BRICS, les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir détruit le vol MH17 de Malaysia Airlines au-dessus du Donbass, tuant 298 personnes. Sur cette base, purement arbitraire, ils ont imposé aux Européens d’entrer en guerre économique contre la Russie. Se plaçant comme un tribunal, le Conseil de l’Union européenne, a jugé et condamné la Russie, sans la moindre preuve et sans lui donner l’occasion de se défendre. Il a promulgué des « sanctions » contre son système financier.

 

Consciente que les dirigeants européens ne travaillent pas pour les intérêts de leurs peuples, mais pour ceux des Anglo-Saxons, la Russie a rongé son frein et s’est interdite jusqu’à présent d’entrer en guerre en Ukraine. Elle soutient en armes et en renseignements les insurgés, et accueille plus de 500 000 réfugiés, mais s’abstient d’envoyer des troupes et d’entrer dans l’engrenage. Il est probable qu’elle n’interviendra pas avant que la grande majorité des Ukrainiens ne se révolte contre le président Petro Porochenko, quitte à n’entrer dans le pays qu’après la chute de la République populaire de Donetsk.

 

Face à la guerre économique, Moscou a choisi de répondre par des mesures similaires, mais concernant l’agriculture et non pas les finances. Deux considérations ont guidé ce choix : d’abord, à court terme, les autres BRICS peuvent pallier aux conséquences des prétendues « sanctions » ; d’autre part, à moyen et long terme, la Russie se prépare à la guerre et entend reconstituer complètement son agriculture pour pouvoir vivre en autarcie.

 

En outre, les Anglo-Saxons ont prévu de paralyser la Russie de l’intérieur. D’abord en activant, via l’Émirat islamique (ÉI), des groupes terroristes au sein de sa population musulmane, puis en organisant une contestation médiatique lors des élections municipales du 14 septembre. Des sommes d’argent considérables ont été apportées à tous les candidats de l’opposition dans la trentaine de grandes villes concernées, tandis qu’au moins 50 000 agitateurs ukrainiens, mêlés aux réfugiés, sont en train de se regrouper à Saint-Petersbourg. La plupart d’entre eux ont la double nationalité russe. Il s’agit à l’évidence de reproduire en province les manifestations qui ont suivi à Moscou les élections de décembre 2011 —la violence en plus— ; et d’engager le pays dans un processus de révolution colorée auquel une partie des fonctionnaires et de la classe dirigeante est favorable.

 

Pour ce faire, Washington a nommé un nouvel ambassadeur en Russie, John Tefft, qui avait préparé la « révolution des roses » en Géorgie et le coup d’État en Ukraine.

Il importera pour le président Vladimir Poutine de pouvoir faire confiance à son Premier ministre, Dmitry Medvedev, que Washington espérait recruter pour le renverser.

 

Narendra Modi

Considérant l’imminence du danger, Moscou serait parvenu à convaincre Pékin d’accepter l’adhésion de l’Inde contre celle de l’Iran (mais aussi celles du Pakistan et de la Mongolie) à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La décision devrait être rendue publique lors du sommet prévu à Douchambé (Tajikistan) les 12 et 13 septembre. Elle devrait mettre un terme au conflit qui oppose depuis des siècles l’Inde et la Chine et les engager dans une coopération militaire. Ce retournement, s’il est confirmé, terminerait également la lune de miel entre New Delhi et Washington, qui espérait distancier l’Inde de la Russie en lui donnant accès notamment à des technologies nucléaires. L’adhésion de New Dehli est aussi un pari sur la sincérité de son nouveau Premier ministre, Narendra Modi, alors que pèse sur lui le soupçon d’avoir encouragé des violences anti-musulmanes, en 2002, au Gujarat dont il était le ministre-chef.

 

Ayatollah Ali Khamenei

En outre, l’adhésion de l’Iran, qui représente une provocation face à Washington, devrait apporter à l’OCS une connaissance précise des mouvements jihadistes et des moyens de les contrer. Là encore, si elle était confirmée, elle réduirait la volonté iranienne de négocier une pause avec le « Grand Satan » qui l’avait conduit à élire cheik Hassan Rohani à la présidence. Ce serait un pari sur l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

 

De fait ces adhésions marqueraient le début du basculement du monde de l’Occident vers l’Orient [4]. Reste que cette évolution doit être protégée militairement. C’est le rôle de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), constituée autour de la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie. À la différence de l’Otan, cette organisation est une alliance classique, compatible avec la Charte des Nations unies puisque chaque membre conserve le choix d’en sortir s’il le veut. C’est donc en s’appuyant sur cette liberté que Washington a tenté, au cours des derniers mois, d’en acheter certains membres, notamment l’Arménie. Cependant, la situation chaotique en Ukraine semble avoir refroidi ceux qui y rêvaient d’une « protection » états-unienne.

La tension devrait donc s’accroître dans les prochaines semaines.

Thierry Meyssan

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 17:12

Par Dominique de Villepin, ancien Premier ministre,

 

Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c’est aujourd’hui, je l’écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l’existence et à la sécurité d’Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d’État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l’éternel retour de la guerre qu’il est temps de parler et d’agir. Il est temps de mesurer l’impasse d’une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s’est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd’hui que la France appelle à la « retenue » quand on tue des enfants en connaissance de cause ? Comment comprendre que la France s’abstienne lorsqu’il s’agit d’une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés ? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d’Israël ? Quelle impasse pour la France que cet esprit d’alignement et de soutien au recours à la force.

 

Je crois que seule la vérité permet l’action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C’est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.

 

L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire.

 

Ayons le courage de dire une première vérité : il n’y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l’occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd’hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n’y a plus que l’engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C’est la spirale de l’Afrique du Sud de l’apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d’iniquité et de bantoustans humiliants. C’est la spirale de l’Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.

 

Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort : il ne saurait y avoir de responsabilité collective d’un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur ? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu’on assassine ces derniers, d’autant moins qu’on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu’on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA ? Londres a-t-elle bombardé l’Irlande dans les années 1970 ?

 

Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici : oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu’on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d’entendre que ce qui se passe en Palestine n’est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu’on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d’« eau sale » et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu’on nie qu’il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.

 

Il n’y a aujourd’hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d’en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n’est pas « comment ? », c’est « qui ? ». Il n’y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d’Israël. La logique de force a légitimité hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd’hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s’engager dans une logique où il n’y aurait plus que la soumission ou l’élimination.

 

Il n’y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd’hui c’est une logique folle qui s’est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d’une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d’une partie du peuple israélien est aujourd’hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères. Il n’y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s’interroge sur l’utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l’Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.

 

Face à l’absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C’est au premier chef la responsabilité de la France.

 

Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu’il ne soit trop tard, tout particulièrement à l’heure où il est question d’une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution condamnant l’action d’Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d’assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu’elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.

 

Le deuxième outil, c’est la justice internationale. L’urgence aujourd’hui, c’est d’empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d’adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd’hui le meilleur garant de la loi internationale. C’est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale. Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c’est l’interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l’imposer par la mise sous mandat de l’ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales.

 

Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l’économie et la société sur ces territoires par un plan d’aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l’ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.

 

Nous n’avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu’elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l’espoir même d’un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l’idée même de la justice.

 

Dominique de Villepin

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 16:28
En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible

 

Je viens juste d’entendre deux choses sur la radio publique nationale [NPR] qui ont complètement anéanti le peu de confiance qu’il me restait encore dans l’Administration américaine. J’en ai conclu que l’expression « un Américain intelligent » est un oxymore.

 

Les élites américaines ont décidé que les Américains n’étaient pas suffisamment menacés par la guerre et le chaos économique, aussi nous apportent-elles le virus Ebola en Amérique. La radio publique nationale [NPR] a annoncé que deux personnes infectées par le virus Ebola, qui est incurable et généralement mortel, ont été conduites à l’hôpital universitaire d’Emory à Atlanta, en Géorgie. Il suffit d’une toux, d’un éternuement, d’une goutte de salive, et le virus est relâché dans l’un des principaux centres du réseau de transport des États-Unis.

 

Une pandémie, ça vous tente ? Il y a peu de doutes que toute la planète ou presque pousserait un grand soupir de soulagement d’être débarrassé de Washington.

 

Les porteurs de l’Ebola seront prétendument mis en quarantaine dans des locaux spéciaux. Mais nous savons déjà que les hôpitaux américains ne sont même pas capables de contenir les infections nosocomiales [http://rt.com/usa/177408-nightmare-bacteria-antibiotic-southeast/ ]. Qu’advient-il des couverts, assiettes, bols et verres qu’utilisent les personnes infectées pour manger et boire ? Et qui s’occupe de nettoyer les lits ? Une bourde faite par une personne, une déchirure dans un gant en caoutchouc, et le virus est lâché dans la nature.

 

Si on ne meurt pas d’Ebola, on devra encore échapper à une guerre nucléaire.

 

J’ai écouté une partie de la conférence de presse d’Obama. Obama accuse Poutine de faire tout ce qu’Obama est le seul à faire. Si Obama croit ce qu’il a dit à la presse, il se laisse mener en bateau par ses conseillers. S’il ne croit pas en la propagande grossière dont il parle, il nous mène tout à fait consciemment vers une guerre avec la Russie, ce qui signifie probablement aussi la guerre avec la Chine et notre fin à tous.

 

Gardez à l’esprit qu’en huit ans, l’armée américaine a été incapable d’occuper l’Irak avec succès, et qu’en 13 ans, les États-Unis ont été incapables de venir à bout de quelques milliers de Talibans faiblement armés en Afghanistan.

 

La Russie et la Chine ne sont pas l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan.

 

La guerre avec la Russie sera nucléaire. Washington s’y est préparé. Washington a abandonné le traité ABM, a créé ce qu’il pense être un « bouclier anti-missiles balistiques », et a changé sa doctrine de guerre pour permettre aux USA de lancer les premiers une attaque nucléaire . Tout ceci évidemment dirigé contre la Russie, ce que son gouvernement sait très bien. Combien de temps la Russie va-t-elle rester les bras croisés à attendre la première frappe de Washington ?

 

La Russie n’a rien fait d’autre que d’opposer des obstacles tardifs aux mensonges de Washington, ceux que Washington utilise pour déclencher des guerres. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington et les armes de destruction massive irakiennes. La Russie (et la Chine) se sont laissées berner par Washington sur la soi-disant traque de 13 ans de Ben Laden, qui aurait nécessité la conquête et l’occupation de l’Afghanistan. La Russie (et la Chine) sont tombées dans le panneau lorsque Washington a affirmé que la résolution des Nations unies établissant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye avait pour but d’empêcher l’armée de l’air de Kadhafi de bombarder son propre peuple. Avant de découvrir que Washington faisait un usage abusif de cette résolution en envoyant la force aérienne de l’OTAN renverser le gouvernement libyen.

 

Lorsque Washington a tracé une « ligne rouge » concernant l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre les forces extérieures – celles que Washington avait organisées et envoyées en Syrie pour renverser le gouvernement – ne cessant de prétendre que ces mercenaires islamistes étaient les vrais représentants de la démocratie en Syrie, la plus grande partie du monde a su que Washington était sur le point d’organiser une attaque chimique et d’accuser Assad. Quand l’attaque a eu lieu au moment prévu, cette fois la Russie et la Chine ne s’y sont pas laissé prendre. Pas plus que le Parlement britannique. Washington n’a pu produire la moindre preuve des accusations que Washington avait montées de toute pièce, et qui lui auraient au moins valu le concours des Britanniques pour un assaut militaire contre la Syrie. La Russie, en revanche, fut capable d’apporter des preuves, et celles-ci ont déjoué le complot de Washington à l’encontre de la Syrie.

 

Cette intervention de la Russie a provoqué la colère de Washington, tout comme celle qui avait déjoué les manigances de Washington en vue d’attaquer l’Iran. Washington, sans aucune preuve, et en contradiction avec les rapports des inspecteurs de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique opérant sur le terrain, selon lesquels il n’y avait jamais eu de détournement d’uranium du programme nucléaire légal vers un programme d’armement, avait quand-même mis en place ce qu’il fallait pour une attaque de l’Iran. Celle-ci s’est retrouvée encerclée par une quarantaine de bases militaires américaines et menacé par deux des flottes de Washington au large de ses côtes.

 

Mais la Russie s’est interposée et a élaboré un plan que Washington a été obligé d’accepter : maintenir l’enrichissement d’uranium iranien à un niveau suffisant pour produire de l’énergie, mais bien trop bas pour servir à l’armement.

 

Deux mauvaises notes pour la Russie, dont le gouvernement a empêché des guerres que Washington voulait. La Russie (et la Chine) étaient censées avaliser les mensonges de Washington, à l’instar des États-pantins de l’Europe et autres pays lui ayant abandonné leur souveraineté depuis belle lurette : Canada,

Australie, et Japon.

 

Malheureusement pour elle, en montrant qu’elle avait à présent suffisamment de pouvoir et d’influence pour bloquer les plans de guerre de Washington, la Russie a, de facto, déclenché la doctrine Wolfowitz à son encontre. J’ai déjà cité cette doctrine dans des articles récents, mais vous pouvez chercher sur Google et la découvrir par vous-même. Cette doctrine est la base de la politique étrangère de Washington. Elle affirme que l’objectif principal de Washington est d’empêcher la montée de tout pays qui pourrait faire obstacle à son hégémonie sur le monde. (La doctrine mentionne explicitement la Russie, mais elle s’applique aussi à la Chine.)

 

Washington est perturbé parce que la Russie a, par deux fois, déjoué ses intentions belliqueuses et parce que le Parlement du Royaume-Uni, État fantoche des US, a voté du côté des Russes.

 

Washington est aussi préoccupé par la montée des relations économiques et politiques entre ses marionnettes européennes et la Russie. Les pays européens, particulièrement l’Allemagne, ont des liens économiques nombreux et fructueux avec la Russie, et toute l’Europe est dépendante de la fourniture d’énergie russe.

 

Washington a donc conclu qu’il risquait de voir le contrôle de l’Europe lui échapper. Pendant que le gouvernement russe s’endormait aux commandes lors des Jeux olympiques, Washington a réussi son coup à Kiev.

 

Le néoconservatrice Victoria Nuland, appointée par Obama comme Sous-secrétaire d’Etat, a annoncé en conférence de presse en décembre dernier que Washington avait dépensé cinq milliards de dollars, achetant des ONG ukrainiennes pour former une “cinquième colonne” pouvant s’introduire dans des manifestations en vue de déstabiliser un gouvernement, manipulant et achetant des politiciens ukrainiens destinés à servir de larbins à Washington. Nuland,bien sûr, a présenté cet achat de l’Ukraine par Washington comme étant “une grande avancée” de la démocratie.

 

Le coup d’État de Washington contre un gouvernement démocratiquement élu a mis au pouvoir des extrémistes proclamant leur haine des Juifs et des Russes. Ces extrémistes ont détruit les mémoriaux russes commémorant la libération de l’Ukraine du Troisième Reich par la Russie, ont proscrit le russe comme langue officielle régionale, et s’en sont violemment pris physiquement aux russophones.

 

L’Ukraine a toujours été une zone aux frontières changeantes. Comme l’ont dit certains, « l’Ukraine est un pays à la recherche de frontières ». Quand l’Ukraine était une province soviétique, les dirigeants soviétiques rattachèrent, pour diverses raisons, des provinces traditionnellement russes à la République Socialiste Soviétique d’Ukraine. Après l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991, la pression de Washington sur une Russie affaiblie conduisit à séparer l’Ukraine de la Russie, y compris la Crimée qui faisait partie de la Russie depuis les années 1700 et constituait son accès aux mers chaudes.

 

Les populations russes des ex-territoires russes rattachés à l’Ukraine, de manière inconsidérée, par les dirigeants soviétiques ont été alarmées par l’extrême russophobie du gouvernement mis en place à Kiev par Washington. Les ex-territoires russes ont voté pour rejoindre leur pays d’origine et quitter l’Etat fantoche russophobe établi à Kiev par les États-Unis.

Le gouvernement russe a accepté la demande de la Crimée, mais a repoussé les demandes émanant d’autres ex-provinces russes afin de démontrer à l’Europe que la Russie ne faisait pas de provocation et n’était pas à l’origine de cette crise. Poutine a même fait annuler par la Douma son pouvoir d’intervenir en Ukraine pour protéger les provinces sécessionnistes. Cette retenue a gêné plus qu’aidé la position du gouvernement russe. Washington a usé de sa machine de propagande pour qualifier l’autodétermination des Criméens d’« invasion et annexion de la Crimée par la Russie ».

La retenue de la Russie à l’égard des demandes des autres anciennes provinces russes pour rejoindre la Russie a eu pour conséquence une attaque militaire déclenchée par le gouvernement fantoche de Kiev, encouragé par Washington, contre les provinces séparatistes, attaque que la Russie a refusé d’accepter. La propagande de Washington a ensuite réussi à accuser la Russie d’être responsable de la guerre que Washington a lancée sur les provinces séparatistes.

 

Washington n’a aucun intérêt pour la vérité. De ce fait, la Russie ne peut pas gagner la propagande de guerre lorsque Washington en contrôle la langue : l’anglais. Les médias occidentaux, quant à eux, sont des abrutis donnant les mains libres à Washington pour exterminer toute vie sur Terre.

 

Si le gouvernement russe avait accepté la demande des provinces séparatistes, il n’y aurait eu aucune guerre. Le gouvernement ukrainien est certes cinglé et contrôlé par Washington, mais pas au point d’attaquer les territoires reconnus par la Russie comme étant les siens.

 

En faisant preuve de retenue, la Russie n’a fait que persuader Washington qu’elle était faible, et Washington a augmenté la pression. La Russie a convaincu l’Europe qu’il ne lui en coûterait rien de se plier aux sanctions de Washington contre la Russie. En comptant sur la bonne volonté, la raison, la vérité et les preuves, la Russie s’est trompée sur Washington et ses serviles marionnettes européennes.

 

Ce qu’Obama voulait dire lors de sa conférence de presse à la Maison Blanche aujourd’hui (1er août) lorsqu’il a dit que Poutine devrait utiliser la diplomatie – ce que Poutine n’a cessé de faire en vain – c’est que Poutine devrait rendre la Crimée au gouvernement de pantins de Washington à Kiev, malgré l’opposition des habitants de Crimée et du peuple russe. Cela permettrait à Washington d’expulser la Russie de son port de mer chaude et de son accès à la mer Méditerranée et rendrait inutile la base navale de la Russie à Tartous, en Syrie. Obama veut aussi que Poutine envoie des forces militaires russes dans les zones séparatistes de l’Ukraine, régions qui faisaient traditionnellement partie de la Russie, pour soumettre ces territoires séparatistes au gouvernement de pantins de Washington à Kiev.

 

Telle est la position « diplomatique » de Washington. Seule une personne totalement démente pourrait considérer la position d’Obama comme réaliste.

En tant que personne considérée comme saine d’esprit par les médias mondiaux, et parvenant à des conclusions raisonnables malgré la propagande de Washington, je suis souvent interviewé par des médias étrangers ainsi que des médias américains indépendants. Dernièrement, les médias russes se sont tournés vers moi à de nombreuses occasions. Ce que j’ai appris est que l’hostilité de Washington envers la Russie rend perplexes les médias russes.

 

La Russie n’agit pas dans le vieux Sud Confédéré pour essayer de monter les États sudistes contre Washington du fait des vols, des meurtres et de la destruction de la culture sudiste commis par Washington. Mais Washington se permet d’agir dans le sud de la Russie en essayant de monter l’Ukraine, longtemps partie intégrante de la Russie, contre la Russie.

 

Comme les Russes, sauf peut-être au sein du gouvernement, ignorent l’existence de la doctrine Wolfowitz, ils ne savent pas que le but principal de Washington est d’empêcher l’avènement de toute autre puissance qui pourrait limiter son rôle de Moi-le-Pouvoir-Unique, d’Hegemon sur la Terre. Au lieu de comprendre la véritable nature de la menace, les médias russes me demandent si les finances russes peuvent se permettre de répondre aux sanctions de Washington et de l’UE en coupant les approvisionnements en énergie de l’Europe.

 

Je suis surpris à chaque fois que j’entends cette question. La Russie peut provoquer l’arrêt d’une grande partie de l’industrie européenne et priver les Européens de chauffage pendant l’hiver, et les médias russes me demandent si la Russie peut se le permettre ?!

 

La Russie peut-elle se permettre d’être diabolisée par des mensonges, ensevelie sous un tas de sanctions propagandistes qui affecteront l’Europe et certaines sociétés américaines, de montrer une image d’elle-même si faible et si démunie face aux sanctions occidentales qu’elle doive les accepter sans même en faire peser le coût sur l’Europe et les États-Unis ?

 

Les Russes, à leur tour, auraient-ils subi un lavage de cerveau de Washington ?

 

Je suis préoccupé par la crise que Washington a orchestrée, parce que je pense qu’elle va mener à la guerre, et qu’elle sera nucléaire. Êtes-vous prêts à être détruits suite aux mensonges de Washington concernant un avion de ligne malaisien ? Je suis convaincu que Washington est derrière la destruction du vol MH-17, car leur propagande était déjà prête et est entrée immédiatement en action. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington ne veut pas publier les photos satellites de la zone au moment de la destruction de l’avion de ligne. Que Washington soit responsable est la raison pour laquelle Washington répond aux preuves factuelles de la Russie avec des mensonges et de la propagande. C’est Obama et ses larbins à Kiev qui refusent de négocier, pas la Russie.

 

La Russie a autant de têtes nucléaires que Washington, et le « bouclier ABM » de Washington n’est qu’une farce. Si ce gouvernement américain insensé engendre une crise menant à la guerre, que seul Washington aura causée, nous allons tous mourir, et pour quoi ? La réponse est : pour un MENSONGE de Washington.

 

Voulez-vous mourir pour un mensonge ? Un autre mensonge de Washington ?

 

Si vous ne voulez pas, vous feriez bien d’en faire part à Washington.

 

La Russie ne peut mettre fin à cette crise sans taper du poing sur la table. J’ai soutenu l’idée que la Russie devrait plaider son cas aux Nations Unies. Ou alors, le gouvernement russe doit poser à l’Europe deux questions. La première : l’Europe veut-elle que la Russie lui coupe ses approvisionnements en énergie, énergie que Washington, malgré ses mensonges, ne pourra remplacer avant 3 ans voire plus, si tant est qu’elle le puisse ? L’autre question est : l’Europe veut-elle la guerre avec la Russie et l’Europe pense-t-elle que ces pays idiots qui hébergent les missiles de Washington ne se retrouveront pas atomisés et exterminés ?

 

Cette crise en Ukraine continuera aux dépens de la Russie et de toute l’humanité jusqu’à ce que la Russie explique à l’Occident stupide, arrogant et empli d’hubris que les actions criminelles et agressives de l’Occident contre la Russie comportent un coût réel et que la Russie est prête à le faire payer.

 

Les Occidentaux qui subissent la propagande n’ont aucune idée du destin vers lequel leurs gouvernements déments les conduisent. Il faut que la Russie signifie clairement aux Occidentaux victimes de la propagande et du lavage de cerveau qu’elle ne sera pas le jouet de l’Occident et n’acceptera pas l’agression gratuite du fou de la Maison Blanche.

Si la Chine en faisait autant, cela pourrait contribuer à sauver la vie sur terre. Le plus tôt serait le mieux.

 

Si le monde ne freine pas les criminels déments de Washington, le monde a signé son propre arrêt de mort.

 

Auteur Paul Craig Roberts

1er août 2014

repris sur  http://www.les-crises.fr/pcr-russie-faible/ traduction collective par les lecteurs du blog www.les-crises.fr

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 15:30

Un modèle selon l’Organisation mondiale de la santé

 

Un article de Salim Lamrani

 

Opera Mundi

 

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/babel/37221/cuba+un+mod%E8le+selon+lorganisation+mondiale+de+la+sante.shtml

 

            Selon l’organisme onusien, le système de santé à Cuba a valeur d’exemple pour tous les pays du monde.  

 

            Le système de santé cubain est mondialement reconnu pour son excellence et son efficacité. Malgré des ressources extrêmement limitées et l’impact dramatique causé par les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle, Cuba a réussi à universaliser l’accès aux soins à toutes les catégories de la population et à obtenir des résultats similaires à ceux des nations les plus développées.

 

            Lors de sa récente visite à La Havane en juillet 2014, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, a fait l’éloge du système de santé cubain et s’est montrée impressionnée par les réussites dans ce domaine. «  Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre, car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation », a-t-elle déclaré. Elle a salué « les efforts de la direction de ce pays pour faire de la santé un pilier essentiel de développement[1] ».

 

Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. Selon Margaret Chan, le monde doit suivre l’exemple de l’île dans ce domaine et remplacer le modèle curatif, inefficace et plus couteux, par un système basé sur la prévention. « Nous souhaitons ardemment que tous les habitants de la planète puissent avoir accès à des services médicaux de qualité, comme à Cuba », a-t-elle souligné[2].

 

L’OMS rappelle que le manque d’accès aux soins dans le monde n’est en aucun cas une fatalité découlant d’un manque de ressources. Il traduit, au contraire, un manque de volonté politique de la part des dirigeants de protéger les populations les plus vulnérables. L’organisation cite à ce titre le cas de l’île de la Caraïbe comme étant le parfait contre-exemple[3]. D’ailleurs, en mai 2014, en guise de reconnaissance à l’excellence de son système de santé, Cuba a présidé la 67ème Assemblée mondiale de la Santé[4].

 

            Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l’île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l’impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes. Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des Etats-Unis et se situe parmi les plus bas au monde[5].

 

            Avec une espérance de vie de 78 ans, Cuba est l’un des meilleurs élèves du continent américain et du Tiers-monde, avec un indicateur similaire à celui des nations les plus développées. En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens. En 2025, Cuba disposera de la plus grande proportion de personnes de plus de 60 ans d’Amérique latine[6]

 

Un système de santé au service des peuples du Tiers-monde 

 

            Cuba fait également bénéficier les populations du Tiers-monde de son expertise dans le domaine de la santé. En effet, depuis 1963, Cuba envoie des médecins et autres personnels de santé dans les pays du Tiers-Monde afin de soigner les déshérités. Actuellement, près de 30 000 collaborateurs médicaux travaillent dans plus de 60 pays de la planète[7].

 

L’exemple emblématique de cette solidarité vis-à-vis des plus démunis est l’Opération Miracle lancée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chávez. Cette campagne humanitaire, mise en place au niveau continental dans le cadre du projet d’intégration de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), consiste à opérer gratuitement les Latino-américains pauvres atteints de cataractes et autres maladies oculaires[8].

 

            En une décennie, près de 3,5 millions de personnes ont pu retrouver la vue grâce à l’internationalisme cubain. Ce programme social, créé dans un premier temps pour le Venezuela, a été étendu à tout le continent avec l’objectif d’opérer un total de 6 millions de personnes. En plus des opérations chirurgicales, la Mission Miracle fournit gratuitement des lunettes et des lentilles de contact aux personnes atteintes de troubles de la vue[9].

 

            Au total, près de 165 institutions cubaines participent à l’Opération Miracle, qui dispose d’un réseau de 49 centres ophtalmologiques et de 82 blocs opératoires dans 14 pays d’Amérique latine : la Bolivie, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Grenade, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, Saint-Vincent et les Grenadines, le Venezuela et l’Uruguay[10].

 

            La solidarité médicale cubaine s’étend également à l’Afrique. En 2014, LABIOFAM, l’entreprise de production chimique et biopharmaceutique cubaine, a lancé une campagne de vaccination contre le paludisme en Afrique de l’Ouest, dans pas moins de 15 pays[11]. Selon l’OMS, ce virus, qui affecte en majorité les enfants, coûte la vie à pas de moins de 630 000 personnes par an, « la plupart étant des enfants âgés de moins de cinq ans vivant en Afrique ». « Cela signifie que 1 000 jeunes enfants meurent chaque jour de paludisme[12] », rappelle l’Organisation.

 

            De la même manière, Cuba forme de jeunes médecins du monde entier au sein de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM). Depuis sa création en 1998, l’ELAM a diplômé plus de 20 000 médecins de plus de 123 pays. Actuellement, 11 000 jeunes en provenance de plus de 120 nations suivent une carrière de médecine au sein de l’institution cubaine. Selon Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, l’ELAM est « l’école de médecine la plus avancée au monde ». Il a également fait l’éloge des médecins cubains qui travaillent dans le monde entier et notamment à Haïti : « Ce sont toujours les premiers arrivés et ce sont les derniers à partir. Ils restent sur place après les crises. Cuba peut montrer au monde entier son système de santé, un modèle pour beaucoup de pays[13] ». 

 

            En faisant l’éloge de Cuba, l’Organisation mondiale de la santé souligne qu’il est possible pour un pays du Tiers-monde aux ressources limitées de mettre en place un système de santé performant et d’offrir à l’ensemble des populations une protection sociale digne de ce nom, s’il y a la volonté politique de placer l’être humain au centre du projet de société. 

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 17:21

Un abus de pouvoir, une escroquerie caractérisée au mépris de la législation française

 

 

Le 30 juin, les départements du Trésor et de la Justice des États-Unis et l’État de New York ont imposé une amende record de 8,970 milliards de dollars à la banque française BNP Paribas pour ne pas s’être soumise au système de sanctions unilatérales que le gouvernement des États-Unis impose contre plusieurs pays. Dans le cas concret de Cuba, cette institution bancaire est accusée, selon le Procureur général des États-Unis Eric Holder, d’avoir « traité des milliers de transactions avec des entités cubaines, pour un montant dépassant les 1,7 milliards de dollars ».

 

Cette amende, qui est la plus lourde de l’histoire que le gouvernement des États-Unis ait imposée pour des violations du blocus contre Cuba et de ses sanctions contre des pays tiers, viole les normes du Droit international. Elle constitue une application extraterritoriale et illégale de la législation US contre une entité étrangère.

 

Au moment où un Accord de libre échange est en cours de négociation entre les États-Unis et l’Union européenne, il y a lieu de se demander si tel est le traitement que le gouvernement des États-Unis entend continuer à réserver à ses alliés et quelle est l’utilité des législations antidotes européennes si elles ne sont pas appliquées pour protéger la souveraineté et les intérêts nationaux et ceux des entités touchées par ces comportements arbitraires.

 

BNP Paribas fait maintenant partie de la longue liste des entités financières, commerciales, économiques et autres, états-uniennes et étrangères, victimes de mesures punitives, dans le contexte de recrudescence du blocus et, tout particulièrement, de la persécution financière dont Cuba fait l’objet.

 

Par cette nouvelle amende, le gouvernement du président Obama surpasse tous ses prédécesseurs, en cumulant contre plusieurs dizaines d’entités des pénalités, dont le montant dépasse les 11 milliards de dollars, appliquées sous couvert de divers régimes de sanctions.

 

Une fois de plus, le gouvernement des États-Unis fait l’impasse sur le rejet international écrasant, tant de fois exprimé, contre cette politique criminelle et ratée dont notre Nation fait toujours l’objet. Par des actions comme celle-ci, il ignore, en plus, les revendications croissantes de divers secteurs de la société états-unienne en faveur d’un changement fondamental dans la politique envers Cuba.

 

Le ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba dénonce cette violation flagrante de la souveraineté des États, des normes du commerce et du Droit international.

 

La Havane, le 2 juillet 2014

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 13:45

Déclaration, commentaires, analyse sur quelques points de l'ordre du jour.

 

I Très haut débit – RTT – ERDF – RTE - SIGEIF

 

Madame le Maire

 

Tout vient à point pour qui sait attendre :

 

Interviewée  par le magazine  de l’agglo n° 70, à la question :

 

Pourquoi l’agglo n’a-t-elle pas attendu que les opérateurs privés installent leurs réseaux ?

 

Vous répondez fort justement:

 

« Les opérateurs allant là ou les investissements sont les plus rentables, si nous avions laissé le main aux initiatives privées, les premières zones desservies auraient été celles ou les connexions sont déjà satisfaisantes, laissant pour compte les zones les moins denses qui auraient du attendre jusqu’en 2020 pour avoir un service équivalent. »

 

Mais si l’appréciation est juste et montre bien la supériorité d’un service public sur des sociétés dont le seul souci est le profit le plus important dans le laps de temps le plus court il serait prématuré de conclure que, sur l’agglomération du val d’orge, le réseau fibre restera  public,

 

Pour au moins deux raisons car : 

 

D’une part s’il est  co- financé  par des fonds publics via l’agglo il l’est aussi par des capitaux privés qui ne laisseront pas leur part aux chiens,

 

D’autre part tous les fournisseurs d’accès privés devront y avoir accès conformément aux directives européennes qui interdisent tout obstacle à la concurrence dite libre et non faussée.

 

Ainsi nous nous retrouverons  dans la situation actuelle ou le réseau filaire cuivre est accessible à tous après avoir été bradé au privé. Ce sera toujours la foire d'empoigne.

 

Il en est  d’ailleurs de même des réseaux de transport - RTE-  et de distribution - ERDF- de l’énergie électrique comme de Réseau Ferré de France  -RFF-. Après le " plombier"  voici le " cheminot polonais" qui s’avance  en attendant l’Ukrainien et les autres. C’est dans la logique du pouvoir socialiste après celle de la Droite qui demande encore plus d’austérité.

 

Ces réseaux servent et serviront de faire valoir à la concurrence transfrontière pour générer des profits supplémentaires en abaissant les coûts salariaux sans que les concédants en particulier  les collectivités territoriales ne disent mot.

 

Pire encore beaucoup, dont Villiers sur Orge à l’unanimité des élus municipaux, se sont inscrites dans le cadre de la dérégulation de la distribution de l’énergie en adhérent au SIGEIF qui vient de confier leur approvisionnement en gaz à des entreprises privées :

 

  • Direct Energie de Louis Dreyfus (Le patron de l’Olympique de Marseille) qui a racheté POWEO, 

 

  • Antargaz filiale de l’entreprise américaine UGI Corporation,

 

  • EGF SUEZ engagé dans la course à l’internationalisation, dont l’Etat ne contrôle plus que 35,7 % du capital et les investisseurs institutionnels, les « fameux » zinzins plus de 52 %.

 

Or le Syndicat Intercommunal pour le Gaz et l’Electricité en Ile-de-France ne fédère semble-t-il que 176 communes, soit 4,9 millions d’habitants pour la compétence service public de la distribution qui, répartie en trois appels d'offres ne peut garantir un coût d’approvisionnement du  même niveau qu’un appel d’offre de niveau national  même diversifié à l’international.

 

 

Il s’agit par conséquent d’une prime, octroyée au privé, de même nature que celle du système bancaire qui prélève sa dîme après s’être approvisionné à la Banque centrale Européenne ce qui représente un surcoût pour les collectivités comme pour l’Etat qui pouvait auparavant emprunter à la Banque de France à des taux dérisoires voire nuls. C’est une  interprétation de la loi du marché toujours en faveur des nantis.

 

II La réforme Peillon

 

De l’avis quasi général  cette réforme se traduit par une fatigue accrue pour les élèves que dénoncent aussi bien les enseignants que les parents.

 

Les contribuables locaux ne pourront se satisfaire d’avoir à honorer la facture lorsque la majorité locale sera contrainte d’augmenter les taxes locales pendant  que l’ opposition s’abstiendra, comme à son  habitude, au motif qu’il y aurait encore des économies à réaliser sur d’autres chapitres budgétaires.

 

Améliorer la qualité de l’enseignement passe par toute une série de réformes sur lesquelles il serait trop long de revenir en aparté, disons que cela nécessite que l’Etat dégage  les moyens nécessaires, sinon nous irons de plus en plus vers une école à deux vitesses et l’échec scolaire ne fera que s’accentuer.

 

Les communes n’ont  pas à palier les carences de l’Etat en matière d’enseignement.

 

Tous les points sont d’importance et ne doivent pas être traité en catimini mais au grand jour, c’est  l’affaire de tous et non pas de quelques-uns fussent-ils élus aussi il est nécessaire  de faire appel à toute les bonnes volontés au travers de commissions extra municipales et ou de groupes de travail et non pas seulement  de réunion publiques, comme pour la fibre, qui n’apportent que des réponses parcellaires, le plus souvent toujours les mêmes, à défaut d’avoir au préalable recensé les vraies questions.

 

Il est nécessaire  que les différents groupes d’élus, la majorité comme l’opposition affichée se positionnent sur le sujet.

 

Si le projet de règlement avait fait l’objet d’études préalables entre les différents groupes le maigre  auditoire aurait fait l’économie de près d’une heure d’échanges fastidieux pour n’aboutir à aucun résultat tangible. Il ne faut pas chercher ailleurs l’origine de la désaffection des Villiéraines et de Villiérains à l’égard des réunions du conseil municipal qui se déroulent le plus souvent dans un langage ésotériques.

 

Pour ce qui concerne la réforme Peillon    la commune avait, lors de la séance précédente, demandé son report à la rentrée 2015, c’était une  juste décision, par contre les débat du 24 juin laisse subodorer sa mise en œuvre dès la rentrée de septembre ¹. Le temps dégagé par la réduction des horaires d’enseignement serait transformé en garderie récréative. Le projet aurait reçu l’aval de l’inspection académique. La restauration scolaire serait assurée le mercredi en complément de celle du centre de loisirs sans hébergement. Les coûts pour la commune seraient ainsi minimisés sans que pour autant madame le maire soit en mesure de donner les chiffres exacts faute d’avoir recensés  l’effectif concerné.

 

Monsieur Chevrier s’est étonné de  cette mise en œuvre au rabais tout en soulignant timidement les insuffisances  de l’Etat en la matière. Les représentants de Elan  Solidaire n’ont pas jugé utile, comme à l’habitude,  de dénoncer la politique d’austérité et de transferts de charges de l’actuel  gouvernement Valls - Hollande.

 

Les représentants des parents d’élèves étaient absents.

 

¹ Il se confirme que la mise en œuvre de la réforme des horaires scolaires sera mise en œuvre au rabais dès la rentrée de septembre 2014. Obtempérez  a dit le ministre, il n’y  pas à discuter. L’école à deux vitesses est sur les rails.

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:55
Par Sonia Baker

Repris sur Comité Valmy

 

Un document rendu public par un think tank américain révèle que le « printemps arabe » est loin d’être un mouvement spontané de populations avides de changements politiques, mais bel et bien une reconfiguration mûrement réfléchie et orchestrée par l’administration américaine.


L’organisation Middle East Briefing (MEB), qui se base sur un rapport officiel du département d’Etat américain, confirme l’implication de la Maison-Blanche dans les « révolutions » ayant secoué de nombreux pays dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le document en question, qui date du 22 octobre 2010 et intitulé « Middle East Partnership Initiative : Overview », est confidentiel et le MEB n’a réussi à le consulter que grâce à la loi Freedom of information Act. Le pays de l’Oncle Sam a concocté dans ses officines de nombreuses stratégies pour défaire les régimes dans les pays ciblés en s’appuyant sur « la société civile » qu’il arrive à contrôler après avoir effectué un travail de fond sur les organisations non gouvernementales (ONG).

 

L’approche américaine consiste à manipuler ces ONG pour qu’elles s’inscrivent en droite ligne de sa politique étrangère et de ses objectifs en matière de sécurité interne, note MEB. « The Middle East Partnership Initiative (MEPI) est un programme régional qui renforce les citoyens du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord afin de développer des sociétés plurielles, participatives et prospères. Comme le démontrent les chiffres fournis dans cette évaluation, le MEPI a évolué depuis son lancement en 2002 pour devenir un outil flexible dans la région pour un appui direct aux sociétés civiles autochtones, appui qui est intégré dans la diplomatie du gouvernement américain dans la région », peut-on lire dans le rapport du département d’Etat qui use et abuse du langage diplomatique pour masquer la nature hégémonique de cette initiative.


Dans la section intitulée « comment le MEPI fonctionne », il y est clairement expliqué que les principaux objectifs du MEPI sont de « constituer des réseaux de réformateurs qui échangeront leurs connaissances et s’entraideront, et de catalyser le changement dans la région ».

 

La subversion financée par les ambassades américaines

 

L’administration Obama ne lésine pas sur les moyens pour réussir son ingérence dans les affaires internes des pays en point de mire. Les subventions locales « apportent un soutien direct à des groupes de citoyens autochtones, et représentent désormais plus de la moitié des projets de MEPI », note le rapport. « Des agents désignés dans les ambassades américaines gèrent le financement et sont en liaison directe avec les différentes ONG et les groupes composant la société civile » qui bénéficient de ces subventions. « Les projets spécifiques aux pays visent à répondre aux besoins locaux en matière de développement tels qu’identifiés par les ambassades, les réformateurs locaux et notre propre analyse du terrain.

 

Les développements politiques dans un pays peuvent induire de nouvelles opportunités et de nouveaux défis pour la réalisation des objectifs de la politique du gouvernement américain, et le MEPI va transférer les fonds nécessaires pour répondre à ces besoins », souligne-t-on encore. Il va sans dire que les initiateurs de ce programme zappent les institutions locales et les gouvernements. Il y est en effet indiqué que le MEPI a pour seuls interlocuteurs les acteurs de la société civile à travers les ONG parties prenantes basées aux Etats-Unis et dans la région concernée. « Le MEPI ne fournit pas des fonds aux gouvernements étrangers et ne négocie pas des accords d’assistance bilatéraux », relève le rapport.


Selon MEB, le document énumère une liste de pays ciblés en priorité par les desseins inavoués de l’establishment américain. Il s’agit du Yémen, l’Arabie Saoudite, la Tunisie, l’Egypte et le Bahreïn. La Libye et la Syrie ont été ajoutées une année après l’élaboration de ce rapport du département d’Etat. Pour ce qui est de l’Egypte, on y apprend que l’administration américaine misait sur le mouvement des Frères musulmans, jugé compatible avec la politique étrangère du gouvernement américain.

 

L’administration d’Obama assure même « le service après-vente » de « ces révolutions » qui participent à remodeler le « Grand Moyen-Orient » selon la vision américaine. Un bureau de coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient a été créé en septembre 2011. William B. Taylor a été nommé à sa tête. Ce diplomate s’y connaît en révolution, puisqu’il était l’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine durant « la révolution orange », de 2006 à 2009. Selon le rapport du département d’Etat, le bureau du coordonnateur spécial des transitions dans le Moyen-Orient coordonne l’assistance du gouvernement américain « aux démocraties naissantes » dans la région du Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dont l’Egypte, la Tunisie et la Libye.

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 17:30

 

Hôtel de Ville  - Salle du Conseil le 24 juin 2014

 

AFFAIRES GENERALES

 

Approbation du Compte Administratif  de la commune exercice 2013,

 

Approbation du Compte de Gestion du Trésorier Principal exercice 2013,

 

Approbation des résultats reportés du compte de gestion 2013 : budget Caisse des Ecoles,

 

Affectation du résultat de l'exercice 2013 dans le cadre du budget communal,

 

Décision Modificative n°1 au Budget Primitif de la Commune de l'année 2014 : équilibre budgétaire,

 

Approbation du Compte-rendu Annuel à la Collectivité Locale (CRACL) de la SORGEM - Opération «

Clos de la Vigne››, pour l'exercice 2013,

 

Bilan des acquisitions et cessions foncières 2013,

 

Taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) : Actualisation,

 

Adhésion au groupement de commandes pour l'achat de gaz naturel du Sigeif ¹,

 

Approbation du règlement intérieur du Conseil Municipal,

 

Formation des élus,

 

Désignation des membres de la Commissio d’appel d’offre (CAO),

 

Désignation des représentants du Conseil Municipal au sein d'organismes extérieurs,

 

Commission Communale Impôts Directs - Proposition de membres à la DGFIP,

 

Composition du Comite Technique

 

POINTS D'INFORMA TION

 

Les rythmes scolaires,

 

L'avancement des travaux : Ecoles Malraux et  Brossolette- Salle de danse - le Clos de la Vigne-  Médiathèque.

 

Résidence la Seigneurie

 

QUESTIONS DIVERSES

 

 

Consulter à la suite pour SIGEIF:

 

http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=CE6A8188CC965A4DCA9BAAF53B5E1718.tpdjo11v_1?cidTexte=JORFTEXT000028738036&dateTexte=29990101

http://www.lagazettedescommunes.com/227816/une-nouvelle-success-story-gaziere-pour-le-sigeif/

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 16:36

 27 mai 2014 - 19 h 30 en Mairie

 

Ordre du jour

 

Moratoire pour l’application des rythmes scolaires au 1° septembre 2015

 

Modification du règlement intérieur du multi accueil.

 

Commentaires, de ma part,  volontairement provocateurs:

 

En clair la majorité municipale propose de reporter la mise en œuvre locale de la refondation Peillon d’un an supplémentaire. C’est déjà ça en attendant mieux ! Il serait préférable de la refuser.

 

Notons que cette mesure concerne :

 

Les parents,

 

Les enseignants.

 

L’ensemble des contribuables locaux

 

Car n’étant  accompagnée d’aucun financement pérenne de la part de l’Etat, la réforme si elle se concrétise  se traduira, par  conséquent, par  des charges supplémentaires pour la commune alors que déjà Madame le Maire a laissé entendre lors du vote du budget pour 2014, le 28 avril dernier, qu’il serait l’année prochaine difficile d’équilibrer dépenses et recettes en l’absence d’augmentation des impôts locaux.

 

Cela fait beaucoup de personnes  qui pourraient souhaiter assister à cette réunion, à condition d’être informées de l’enjeu et de pouvoir accéder à la salle du conseil municipal qui ne peut accueillir qu’un auditoire d’une dizaine de personnes.

 

De cela aucun des groupes d’élus ne s’en est apparemment préoccupé subodorant, sans doute, que les contribuables locaux allaient encore une fois se comporter en vaches à fric dociles.

 

S’il est responsable,

 

  • Qu’une majorité municipale se préoccupe du financement des équipements nécessaires à la satisfaction des besoins des familles qu’elle a contribué à faire venir sur sa commune,

 

  • Qu’elle palie en cas de force majeure, la réduction des aides l’Etat, de la Région, du département de la Caisse d’allocations Familiale  décidées unilatéralement et sans concertation au mépris d’engagements antérieurs, sans quoi les chantiers resteraient en rade.

 

Il est proprement scandaleux que l’Etat tente de surcroît de lui faire supporter les conséquences de la réforme Peillon qui ne se traduira par aucune retombée positive au plan pédagogique pour les élèves comme pour les enseignants de Villiers sur Orge. Il suffit de lire et d’analyser le texte pour en être convaincu.

 

Qui connaît le dossier, qui est disposé à en débattre réellement ?

 

L’Ecole, au sens large, n’a que faire de mesurettes:

 

Des apprentissages fondamentaux jusqu’à une  formation professionnelle permettant l’accès à l’emploi, mais là d’autres conditions sont à remplir, tout est à revoir :

 

La formation des enseignants, la pédagogie, les programmes mais il faudrait commencer par le diagnostic qui ne doit pas être seulement le fait de quelques « spécialistes » mais également de ceux  qui souhaitent un système éducatif à même de contribuer à réduire les inégalités d’origine socio culturelles qu’il reproduit, aujourd’hui, toujours  fidèlement.

 

A défaut « Egalité des chances » restera un slogan vide de sens.

 

Les contribuables locaux n’ont pas à supporter les conséquences de l’impéritie et de l’ignorance de l’immense  majorité des élus à quelque niveau que ce soit qui, pour la plupart, ont démissionné face au diktat, du laisser faire également des  parents et de leurs associations.

 

A l’Etat ses compétences régaliennes en matière d’enseignement, aux communes les leurs, mais seulement les leurs. Dans cette période d’austérité c’est aux parents de supporter les conséquences de mesures qu’ils ont avalisées après, pour certains, les avoir sollicitées.

 

Que chacun assume les conséquences financières de ses actes Après tout, à Villiers sur Orge l’accueil péri et post scolaire n’était-il pas affaire privée avant mars 1977 date ou il fut pris en charge par une municipalité à direction communiste.

 

Les services publics avaient encore le vent en poupe, aujourd’hui ils sont progressivement démantelés sans que nul, ou très peu, n’y trouve à redire, dans le respect des directives européennes traduite en droit français par le  parlement.

 

Jusqu’où irons-nous si nous ne ruons pas dans les brancards ?  

 

Pour faire et valoir ce que de droit ce 26 mai en l’An de grâce 2014.

 

                                                                                                               Jack Freychet

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 13:05

Dossier en 3 parties.

 

Contrairement à ce qu’affirment péremptoirement les européistes l’ Union Européenne, l’euro atlantisme, l’OTAN, ce n’est pas la Paix et le progrès social.

 

  • C’est la  VIOLENCE des ARMES, LA MORT, les destructions un peu partout sur la planète sous les prétextes les plus fallacieux les uns que les autres, y  compris à nos portes,  en  Europe, dans l’ex Yougoslavie pour nourrir des intérêts égoïstes.

 

  • C’est l’exacerbation des nationalismes, les poussées de l’extrême droite jusqu’à la prise de pouvoir des néonazis en Ukraine avec l’aval les dirigeants occidentaux…

 

  • C’est la guerre économique et les délocalisations qui s’ensuivent, le chômage, les jeunes qui galèrent les vieux qui désespèrent ou les deux à la fois, la misère qui s’étale…


Il nous faut sortir  de ce système qui nous écrase pour retrouver notre souveraineté monétaire et relancer notre économie.
 
L'important ce sont les valeurs de la république aujourd’hui bafouées et la défense des acquis sociaux que l'institution européenne entend réduire à néant.

 

Ne livrez pas la France, ses usines, aux apatrides du portefeuille.

 

Le 25 mai, n’élisez pas des candidats européistes qui toujours promettent l’embellie pour plus tard et  cautionnent le pire en permanence,  abstenez  vous, mieux encore  accordez vos suffrages à L’UPR, un mouvement de libération nationale, qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions. Il entend rassembler, au-delà des clivages traditionnels, afin de faire sortir juridiquement la France de l'euro, de l'Union européenne, et de l’asservissement aux Etats Unis d’Amérique.

 

 

Ci-dessous quelques extraits de la profession de foi de Union Populaire Républicaine à l’occasion du scrutin de 25 mai.

 

 

« Une vision fidèle aux idéaux républicains, rejetant tout extrémisme et garantissant la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes pour sortir  l’UE !

 

C’est le principe même de « construction européenne » qu’il faut remettre en cause

 

  • Les traités européens nous ont été imposés (référendum de 2005 trahi en 2008) ; les technocrates qui dirigent l ’UE ne sont élus par personne.

 

  • La politique de l’UE est contraire aux attentes des Français ; les programmes électoraux appelant au changement sont incompatibles avec les traités européens.

 

  • Changer l’Europe » est impossible car il faut l’unanimité des 28 États (article 48 du TUE*) ; tout projet d ’« autre Europe » relève de l’illusion, voire de la tromperie.

 

  • Le traité transatlantique, actuellement négocié dans notre dos pour le bénéfice des grands groupes industriels et financiers mondiaux, sera inévitable si nous restons dans l’UE.

 

  • Notre appartenance à l’OTAN nous entraîne dans les guerres illégitimes et illégales voulues par Washington, contre nos intérêts fondamentaux.

 

  • ­ Il est parfaitement possible de sortir de l’UE sereinement et légalement (article 50 du TUE*), ce que seule l’UPR propose vraiment. Tous les autres partis ne proposent que de « renégocier les traités », allez vérifier leurs programmes !

 

Depuis 2007, nous expliquons précisément (analyses détaillées et conférences en ligne sur www.UPR.fr) pourquoi les traités européens et l ’euro sont directement responsables du désastre actuel, et pourquoi

 l’appartenance  à l’ OTAN est néfaste pour la France.

Il est vraiment urgent de mettre provisoirement de côté le clivage  droite, centre, gauche, afin de se rassembler pour sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. »

 

Les structures de l’Union Européenne :

 

  • La commission Européenne dont les membres ne sont pas élus mais désignés par leurs gouvernements respectifs.
  • Le conseil Européen qui est composé des chefs d’Etats de l’UE (A ne pas confondre avec le Conseil (ou Conseil des ministres ou Conseil de l’Union européenne) qui réunit les ministres de l’UE, ni avec le Conseil de l’Europe qui est une organisation tout à fait distincte de l’Union européenne.

Véritable centre de décision politique le Conseil Européen  donne les impulsions nécessaires au développement de l’Union et en définit les orientations politiques générales et les priorités. (Il n’exerce officiellement  pas de fonction législative njf. mais il tient le manche et maintien le cap)

 

Le président de la Commission européenne est élu à la majorité par le Parlement européen sur proposition du Conseil européen qui désigne son candidat à la majorité qualifiée. Si ce candidat n’est pas élu, le Conseil européen en propose un nouveau dans un délai d’un mois, et selon la même procédure (art. 17 TUE).

 

Les autres commissaires sont désignés par les Etats membres Le président répartit les portefeuilles entre eux. La liste des commissaires est ensuite adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée. Le Collège ainsi constitué fait l’objet d’un vote d’approbation au Parlement européen après audition des candidats devant les commissions parlementaires concernées.

 

Après approbation du Parlement, les chefs d’État et de gouvernement (le Conseil européen) nomment officiellement la Commission en statuant à la majorité qualifiée.

 

Enfin il convient de noter que si la grande majorité des lois européennes sont prises selon la procédure législative ordinaire, PLO (art. 294 TFUE) qui confère le même poids au Parlement européen et au Conseil (Avant le traité de Lisbonne c’était la   co-décision) mais cette  procédure prévoit que la Commission a le monopole de l’initiative : Elle seule peut présenter des propositions d’actes. Même si une majorité du parlement le souhaitait elle ne pourrait intervenir qu’à la marge sur des points qui ne remettent pas en cause le système.

 

Que reste-il aux parlementaires s’il leur prenait l’envie de ruer dans les brancards, ce qu’ils n’ont pas osé faire depuis des décennies, sinon se démettre ? Mais la place est trop bonne. Ils y tiennent.

 

Au lendemain du 25 mai les gouvernements resteront ce qu’ils étaient la veille et conserveront les mêmes critères pour désigner les commissaires européens.

 

Même en imaginant par l’absurde un changement de majorité au sein du parlement Européen, ainsi que l’écrit   le parti socialiste dans un tract récent,  qui permettrait d’élire  Martin Schulz (PSE) à la présidence du parlement ça n’en ferait pas pour autant un homme du changement car il sort du même tonneau que les Hollande, Ayrault, Fabius et Valls qui nous tondent la laine sur le dos encore plus ras que ne l’avait fait Sarkozy dont les  rodomontades actuelles ne changeront rien car c’est la Chancelière allemande qui décide.

 

L’UMP quant à elle lui a abandonné son héritage gaulliste, d’autres proposent ce qui équivaut à un cautère sur une jambe de bois ou remettent à plus tard, lorsque nous mangerons les pissenlits par la racine, ce qui s’impose aujourd’hui.

 

Quelques têtes tomberons peut être au sein des instances européennes, elles seront recasées, mais la politique mise en œuvre ne fera qu’aggraver nos conditions de vie, de survie pour un nombre grandissant, jusqu’à ce que nous nous affranchissions nationalement de ce carcan.

 

C’est dans cette perspective que j’apporte, cette année, et sans renier aucune de mes convictions, mon soutien à L’UPR de François Asselineau, comme je l’aurais apporté au général de Gaulle, lors de la seconde Guerre mondiale si j’avais été en âge de le faire. Avec l’appui de la résistance intérieure, ou le Parti Communiste Français avait joué un rôle prépondérant,  il  avait évité que la France soit mise sous protectorat des Etats-Unis, au travers de l’Amgot, un plan qui visait à imposer un gouvernement militaire pour ensuite y installer un gouvernement  à leur dévotion.

 

Aujourd’hui ça n’a pas changé la pratique s’est simplement étendue à l’ensemble de la planète.

                                                                                                   Jack Freychet

 

Photo reprise sur comité Valmy

 

 

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 07:54
Par Michel Raimbaud ex ambassadeur

Repris sur site  Comité Valmy

 

La Syrie est confrontée à une guerre sauvage, cruelle, impitoyable : 150 000 morts, des centaines de milliers de blessés, des millions de déplacés et de réfugiés (un habitant sur trois), la destruction des habitations, des écoles, des hôpitaux, des usines, des infrastructures, le pillage du patrimoine archéologique et culturel.

 

L’opposition prétendument pacifique que soutiennent nos dirigeants et leurs amis islamistes de Turquie, d’Arabie et du Qatar a longtemps réussi à faire illusion et à escamoter son écrasante responsabilité dans ce bilan.

 

Maintenant que les langues se délient, nul ne peut plus ignorer que la dite opposition n’a pas attendu d’être submergée par les djihadistes sauvages que nous voyons à l’œuvre depuis deux ans pour prendre les armes, ayant eu recours dès les premiers jours de la crise à la provocation, à la violence et au terrorisme. On ne perçoit donc pas ce qui la prédestinait à devenir la représentante légitime du peuple syrien, mais les subtils personnages qui nous gouvernent, se prenant pour les petits maîtres du monde, en ont décidé ainsi. Ils vont d’ailleurs plus loin dans le cynisme en gardant le silence sur les horreurs commises par les djihadistes modérés et les terroristes démocrates et en attribuant au « régime » la responsabilité du calvaire que vivent les Syriens.

 

Or ceux-ci, dans leur grande majorité - il suffit d’écouter les innombrables témoignages pour s’en convaincre - ne voient qu’une issue pour sortir de l’enfer : l’armée nationale, dont l’intervention - n’en déplaise aux tricheurs qui camouflent les réalités dérangeantes - est souhaitée et non pas redoutée, représente seule le salut. Recrutée par conscription, elle est le symbole de l’unité du pays. Avec le Président Bachar al Assad, elle est la garante de la pérennité de l’Etat et de ses institutions. Les habitants des quartiers touchés par la disgrâce de la « révolution » font spontanément la différence entre l’armée régulière et les mercenaires sauvages qui prétendent leur imposer un ordre d’un autre âge, et il n’y a pas photo. Ou, si photo il y a, c’est pour immortaliser l’accueil fait aux soldats venus les délivrer de leurs soi-disant « libérateurs », comme dernièrement à Homs.

 

La mystification n’a que trop duré. Il faut arrêter de mentir aux Français et de s’enliser dans la défense d’une cause pourrie. La France, déjà partie prenante au démantèlement de la Libye, ne peut rester complice de la destruction de la Syrie en y soutenant les terroristes d’Al Qaida qu’elle prétend combattre en Afrique, traquer Boko Aram au Nigéria et fermer les yeux sur le martyre infligé à la ville d’Alep par ses amis djihadistes. Cette schizophrénie est indécente.

 

Alep est un cas d’école. Voilà deux ans déjà que la capitale économique de la Syrie est assiégée et en partie occupée par une « opposition armée » infréquentable, sa population étant punie de ne pas avoir adhéré à la « révolution » islamiste. Vigoureusement et ouvertement aidés par un régime turc qui a levé le masque et perdu toute raison, djihadistes, terroristes, mercenaires (souvent venus du Caucase et de l’Asie Centrale) s’efforcent de briser la résistance des Alépins. On le sait maintenant, les « grandes démocraties » ne sont pas très chatouilleuses sur le choix de leurs alliés et l’on constate qu’elles assimilent volontiers le djihad à une guerre pour la liberté et les droits de l’homme (et/ou de la femme). « Les gars du « Jabhat al Nosra » », succursale d’al Qaida dans la région, « font du bon boulot », a osé dire un ministre qui restera dans les annales. Cette fine remarque, que l’on excuserait à la grande rigueur dans la bouche d’un pilier de café du commerce, ne serait-elle pas déplacée dans celle du chef de la diplomatie d’une « grande démocratie » donneuse de leçons ?

 

« Nous ne savions pas », diront tous ceux qui n’ont pas voulu savoir. L’expression rappelle des souvenirs. Savoir quoi ? Que les habitants d’Alep sont systématiquement affamés et assoiffés par les rebelles qui les ont pris en otages ainsi que par leurs parrains turcs, déjà instigateurs du pillage et du démontage de leurs usines ? Qu’ils sont privés d’eau potable, d’électricité, de ravitaillement, de médicaments, au gré des caprices de leurs « libérateurs », sans que la fameuse « communauté internationale » (qui rassemble les Européens et les Américains de l’Axe du Bien) ne pipe mot, toute à sa fébrilité dans la recherche de lycéennes enlevées au Nigéria. Pas un mot des ONG, de la Croix-Rouge, du HCR, de Navy Pillay (l’ineffable du Conseil des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme), du placide M. Ban, des caciques de l’humanitaire méchant, pour dénoncer ce blocus couvert par des Etats qui se disent grands. Nous ne savions pas ? Pas besoin d’être président, ministre, responsable politique, intellectuel, journaliste, pour se renseigner et percer le mur de béton de l’indifférence sélective, de la désinformation massive, du mensonge collectif. Il suffit d’être raisonnablement honnête. L’espèce serait-elle en voie de disparition dans nos pays si contents d’eux-mêmes et si confits en dévotion s’agissant des droits et libertés chez les autres ?

 

Les victimes de la guerre universelle menée en Syrie (la moitié d’entre elles appartenant d’ailleurs à l’armée, aux forces de sécurité et aux comités de défense) seront mortes victimes de la barbarie, du mensonge, de l’indifférence. Nous ne savions pas, diront-ils. Eh bien si, ils savaient. Ils savaient même si bien qu’ils ont sciemment, systématiquement, enfumé leurs concitoyens dans un nuage opaque de fausses affirmations, de contre vérités, de valeurs factices, de tromperies. Qui osera donc leur demander des comptes ? Resteront-ils impunis comme c’est souvent le cas, tant il est vrai qu’ils sont si puissants et si nombreux ? Si un seul d’entre eux dans le vaste monde était pris pour cible par la Cour Pénale Internationale, comme un africain ou un arabe du commun, cela nous redonnerait espoir dans les valeurs que nous voyons chaque jour bafouées, bafouées par ceux-là mêmes qui les brandissent afin de mieux cacher leurs turpitudes./.

Michel Raimbaud - Ex-ambassadeur
13 mai 2014

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 15:54

L’erreur est Humaine. Il n’est jamais trop tard pour  reconnaître cette vérité première.  Pour dénoncer la junte néonazie qui s"est emparée du pouvoir en Ukraine et sème la terreur parmi les populations civiles nos gouvernants pourraient s' inspirer  du discours de Salamanque prononcé le 12 octobre 1936 par MIGUEL de UNAMUNO, face aux phalangistes.

 

Le philosophe basque Miguel de Unamuno était recteur de l'Université de Salamanque quand éclata la rébellion militaire en juillet 1936. D'abord favorable au mouvement phalangiste, l'opinion d'Unamuno évolua au cours des premiers mois. Il prit en horreur, selon ses propres termes, "le tour que prenait cette guerre civile, vraiment horrible, du fait d'une maladie mentale collective, une épidémie de folie, avec un fond pathologique". Le 12 octobre 1936, "Jour de la Race", une cérémonie eut lieu dans le grand amphithéâtre de l'Université de Salamanque, en zone nationaliste.

 

Voici le récit qu'en fait l'historien Hugh Thomas dans "La Guerre d'Espagne" (Ed. R. Laffont) :

 

Il y avait là, le Docteur Pla y Deniel, évêque de Salamanque, et le général Millan Astray, le fondateur de la Légion Etrangère, qui était à l'époque un conseiller très écouté de Franco, même si à titre non officiel. Son bandeau noir sur l'oeil, son bras unique, ses doigts mutilés faisaient de lui un héros du moment ; quant au fauteuil de la présidence, il était occupé par Unamuno, le recteur de l'Université.

 

Cette réunion se tenait à moins d'une centaine de mètres du quartier général de Franco, installé depuis peu dans le palais épiscopal de Salamanque, sur l'invitation du prélat. La cérémonie d'ouverture fut suivie de discours (...). Au fond de l'amphithéâtre, quelqu'un lança la devise de la Légion Etrangère : Viva la Muerte ! Alors, Millan Astray cria son habituel mot d'ordre pour exciter la populace : "Espagne !". Un certain nombre de gens répondirent : "Une !". Il reprit : "Espagne !". "Grande !" fit en choeur l'assistance. Mais, quand Millan Astray poussa son dernier "Espagne !", ses gardes du corps hurlèrent "Libre !". Quelques phalangistes en chemises bleues firent le salut fasciste devant la photographie sépia de Franco, accrochée au dais au-dessus de l'estrade.

 

 Tous les yeux étaient maintenant fixés sur Unamuno, qui, ce n'était un mystère pour personne, haïssait Millan Astray, et qui se leva pour prononcer le discours de clôture. Il déclara (reconstitution):

 

“Vous êtes tous suspendus à ce que je vais dire. Tous vous me connaissez, vous savez que je suis incapable de garder le silence. En soixante treize ans de vie, je n’ai pas appris à le faire. Et je ne veux pas l’apprendre aujourd’hui. Se taire équivaut parfois à mentir, car le silence peut s’interpréter comme un acquiescement. Je ne saurais survivre à un divorce entre ma parole et ma conscience qui ont toujours fait un excellent ménage. Je serai bref. La vérité est davantage vraie quand elle se manifeste sans ornements et sans périphrases inutiles. Je souhaite faire un commentaire au discours, pour lui donner un nom, du général Millan Astray, présent parmi nous. Laissons de côté l’injure personnelle d’une explosion d’invectives contre basques et catalans. Je suis né à Bilbao au milieu des bombardements de la seconde guerre carliste. Plus tard, j’ai épousé cette ville de Salamanque, tant aimée de moi, sans jamais oublier ma ville natale. L’évêque, qu’il le veuille ou non, est catalan, né à Barcelone. On a parlé de guerre internationale en défense de la civilisation chrétienne, il m’est arrivé jadis de m’exprimer de la sorte. Mais non, notre guerre n’est qu’une guerre  incivile.

 

Vaincre n’est pas convaincre, et il s’agit d’abord de convaincre ; or, la haine qui ne fait pas toute sa place à la compassion est incapable de convaincre…On a parlé également des basques et des catalans en les traitant d’anti-Espagne ; eh bien, ils peuvent avec autant de raison dire la même chose de nous. Et voici monseigneur l’évêque, un catalan, pour vous apprendre la doctrine chrétienne que vous refusez de connaître, et moi, un Basque, j’ai passé ma vie à vous enseigner l’espagnol que vous ignorez. (Premières interruptions, « Viva la muerte ! » etc.) Je viens d’entendre le cri nécrophile « Vive la mort » qui sonne à mes oreilles comme «A mort la vie ! » Et moi qui ai passé ma vie à forger des paradoxes qui mécontentaient tous ceux qui ne les

Comprenaient pas, je dois vous dire avec toute l’autorité dont je jouis en la matière que je trouve répugnant ce paradoxe ridicule. Et puisqu’il s’adressait au dernier orateur avec la volonté de lui rendre hommage, je veux croire que ce paradoxe lui était destiné, certes de façon tortueuse et indirecte, témoignant ainsi qu’il est lui-même un symbole de la Mort.

 

Une chose encore. Le général Millan Astray est un invalide. Inutile de baisser la voix pour le dire. Un invalide de guerre. Cervantès l’était aussi. Mais les extrêmes ne sauraient constituer la norme. Il y a aujourd’hui de plus en plus d’infirmes, hélas, et il y en aura de plus en plus si Dieu ne nous vient en aide. Je souffre à l’idée que le général Millan Astray puisse dicter les normes d’une psychologie des masses. Un invalide sans la grandeur spirituelle de Cervantès qui était un homme, non un surhomme, viril et complet malgré ses mutilations, un invalide dis-je, sans sa supériorité d’esprit, éprouve du soulagement en voyant augmenter autour de lui le nombre des mutilés. Le général Millan Astray ne fait pas partie des esprits éclairés, malgré son impopularité, ou peut-être, à cause justement de son impopularité. Le général Millan Astray voudrait créer une nouvelle Espagne – une création négative sans doute- qui serait à son image. C’est pourquoi il la veut mutilée, ainsi qu’il le donne inconsciemment à entendre. (Nouvelles interruptions » A bas l’intelligence ! «Etc.) Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas.

 

Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit. »

 

Il y eut un long silence. Autour de la tribune, des légionnaires menaçants commencèrent à se resserrer autour de Millan Astray. Son garde du corps braqua son fusil-mitrailleur sur Unamuno. C'est alors que la femme de Franco, Dona Carmen, vint au-devant d'Unamuno et de Millan Astray, et pria le Recteur de lui donner le bras, ce qu'il fit, et ensemble, ils se retirèrent discrètement. Ce devait cependant être l'ultime allocution publique d'Unamuno. (...)

 

Le conseil de l'Université "demanda" et obtint sa révocation du rectorat. Unamuno mourut le cœur brisé, le dernier jour de 1936.

 

Sources : le web pédagogique.com

Espana 36.voila.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 17:16

Par Jacques Sapir

1 mai 2014

Cher Guillaume Etievant,

Vous êtes Secrétaire National du Parti de Gauche à l’économie et au travail. Vous êtes aussi un des co-auteur de « Que faire de l’Europe ? Désobéir pour reconstruire. »(0).

Vous avez publié à la fois sur la revue « À Gauche » ainsi que sur votre blog un article consacré à l’Euro[1]. Cet article contient des confusions, des inexactitudes et des contre-vérités. Mais, surtout, je considère que sa position de fond est fausse et extrêmement dangereuse dans la situation actuelle, à la veille des élections européennes. Or, vous avez d’importantes responsabilités politiques. On peut considérer que ce que vous dites représente la position officielle du PG. C’est pourquoi je vous adresse cette « lettre ouverte », dont je regrette la dureté du ton, mais celle-ci s’impose tant au regard du contenu de votre propre texte qu’à celui de vos responbalitiés.

 

Un étrange rapport avec la réalité...

Votre article contient aussi des choses qui me semblent très justes, que ce soit sur la description des conséquences et de la logique de la déflation, ou sur la politique de la BCE. Mais, ces points sont hélas gâchés par des erreurs de logique.

1.Vous écrivez « L’euro vaut aujourd’hui 1,39 dollar, soit le taux le plus élevé depuis trois ans. Ses conséquences sont connues de tous : accentuation de la désindustrialisation, explosion du chômage à plus de 12% dans la zone euro ». Cela implique que vous reconnaissez la pertinence de l’effet des prix et du taux de change sur la compétitivité. Mais, à la fin de votre article vous écrivez ensuite : « le problème fondamental de l’économie française, c’est le coût du capital beaucoup trop élevé et la compétitivité hors-prix ». C’est incohérent. Si votre seconde affirmation est vraie, alors la première ne peut l’être. Et si la première est vraie, la seconde est nécessairement fausse. Soit il y a un problème de compétitivité prix, et le taux de change de l’Euro est un vrai problème, soit il n’y a que des problèmes de compétitivité « hors-prix » et le taux de change ne joue plus. En fait, il est connu, et les nombreuses notes de Patrick Artus de NATEXIS le montrent bien, que le problème de l’industrie française est bien la compétitivité prix. Les études faites au Ministère des Finances le confirment, qui établissent qu’une dévaluation de 10% entraîne une hausse de la croissance de 1,8% sur deux ans. L’invocation des phénomènes de compétitivité hors-prix est incohérente dans votre article. Non que ces phénomènes n’existent pas, mais leur rôle est aujourd’hui mineur, comme le démontrent tous les travaux faits sur cette question, dans le cas français.

 

2.Quand vous écrivez : « Le Front de Gauche, lui, n’oublie pas les rapports de force entre capital et travail. Et la sortie de l’euro n’est pas la condition préalable pour l’inverser dans le sens des salariés ». Vous vous trompez profondément. Frédéric Lordon dans son ouvrage La Malfaçon[2] établit, après d’autres[3], que l’euro est bien la clé de voûte de la politique libérale en Europe et en France, ce qui en fait un objectif stratégique pour tous ceux qui entendent casser l’emprise du libéralisme sur notre pays. Plus grave encore ; vous écrivez « Nous pouvons donc la faire bouger, contrairement à ce qu’affirment les partisans d’une sortie immédiate de la zone euro, pour lesquels la monnaie unique est à jeter avec les poubelles du néolibéralisme ». C’est très exactement ce que disent ceux que vous qualifiez, et je ne vous en fait pas le reproche, de « solfériniens ». L’Euro, dans sa construction comme dans ses structures est consubstantiel au néolibéralisme. Nous ne parlons pas d’une hypothètique monnaie unique, mais bien d’une monnaie réelle, à laquelle nous sommes confrontés. Dans l’idée que vous introduisez qu’il y aurait une possibilité d’un euro meilleur, il y a une grandissime illusion. Celle qui consiste à penser que nos idées sont plus importantes que la réalité. Et cette illusion n’a qu’une fonction : justifier la position que vous prenez et qui consiste à ne pas s’attaqueur de front à la monnaie unique.

3. Vous appelez à une modification des statuts de la BCE et à la « désobéissance » en matière de politique monétaire. Pour ce qui est de la BCE, vous n’êtes pas sans savoir qu’un changement de statut se fait à l’unanimité. Tenter de convaincre les 17 autres pays prendra du temps, et vous aurez – si jamais vous y réussissez – une longue barbe blanche… Quant au principe de « désobéissance », il faut savoir de quoi l’on parle. Soit c’est un slogan, cela fait bien dans les meetings et permet d’amples mouvement de manche. Soit il faut regarder qu’est-ce que cela veut dire dans la réalité. « Désobéir » signifie se mettre en contradictions avec un traité (celui de Lisbonne) et/ou avec des réglementations européennes. Or, un certain nombre de points des traités ont été inscrits dans la Constitution française. Si vous procédez par la loi, vous serez confronté à la censure du Conseil Constitutionnel. Bien entendu, on peut recourir à l’article 50 du traité de Lisbonne, et sortir de l’UE. Mais, c’est une procédure longue. Par contre, si vous annoncez la sortie de l’Euro comme une « mesure d’urgence » relevant uniquement des compétences gouvernementales, le Conseil Constitutionnel n’aura rien à dire, et les événements consécutifs à cette décision rendront rapidement caducs les points qui furent modifiés dans notre Constitution pour s’adapter aux traités. Donc, sur ce point l’argument de la « désobéissance » est soit purement propagandiste et pédagogique, et il n’a pas sa place dans votre article ni dans la discussion, soit une manière camouflée de dire que l’on va ne rien faire. Dans ce cas, c’est de la malhonnêteté pure et simple.

 

4. Vous appelez aussi à refuser de rembourser la dette publique. Sachez que c’est une mesure désespérée qu’il vaut mieux éviter. Elle nous isolerait du reste du monde et ceci bien plus que la perte de valeur que provoquerait une dévaluation de 20% du franc retrouvé. Sur ce point, toutes les banques savent qu’elles sont exposées à ce type de risque, et elles s’en protègent, plus ou moins bien. Par ailleurs, la position du gouvernement français serait, en l’occurrence, appuyée par un arrêt datant de 1930 de la Cour Internationale de La Haye, établissant qu’une dette – privée ou publique – doit être remboursée dans la monnaie ayant cour légal dans le pays où elle a été émise. Ceci coupe court à toute tentative d’aller devant des tribunaux. Mais, ce n’est pas la même chose en cas de défaut, et encore plus dans le cas d’un défaut asymétrique où seuls les non-résidents porteraient le coût du défaut. Donc, la seule position juridiquement possible est celle d’un défaut, total ou partiel, touchant la totalité des détenteurs de titre émis par l’État. Mais, sachant qu’aujourd’hui une part non négligeable de la dette française est détenue par des banques françaises, comment règlerez-vous le problème de l’actif de ces banques ? Légalement la dette est honorée ou n’est pas honorée, mais on entre dans des problèmes juridiques sans fin si on l’honore pour certains et pas pour d’autres. Cette proposition manque totalement de sérieux et de crédibilité. Cela peut constituer un point de propagande, mais certainement pas la base d’une politique.

 

5.Vous affirmez que je serai un partisan de l’austérité salariale, déformant sciemment mes propos : « L’économiste Jacques Sapir, partisan d’une sortie de l’euro, l’affirme lui-même quand il écrit qu’en cas de sortie il faudrait « un blocage temporaire (3 mois) des prix et des salaires, et la constitution d’une“conférence nationale sur les rémunérations” avec le gouvernement, les syndicats et le patronat pour négocier les conditions de sortie du blocage ». Or, vous ne pouvez ignorer le contexte de cette déclaration. Elle vise à contenir un risque de dérapage inflationniste trop important et à redonner du pouvoir aux travailleurs en sortant les négociations salariales de la logique d’entreprise et en l’installant dans une logique globale où le gouvernement pourra intervenir. C’est donc très précisément le contraire de ce que vous prétendez me faire dire. Ici aussi, il y a beaucoup de malhonnêteté dans vos propos. Tout ceci contribue à faire penser que vous entretenez un étrange rapport à la réalité. On ne sait jamais de quel point de vue vous parlez. Est-ce celui du militant ou de l’expert ? En fait, vous jouez sur les deux tableaux pour ne pas dire les choses. Mais, pourtant, elles sont dites, et elles ne vont pas dans le bon sens.

 

Une incompréhension majeure.

Ce que révèlent ces différents points, c’est que vous ne comprenez pas le rôle de verrou central, de clef de voûte, que joue l’Euro dans la financiarisation[4] et la politique néo-libérale mise actuellement en œuvre[5]. Ceci a pourtant été compris par de nombreux économistes de gauche et d’extrême-gauche[6], Bernard Maris étant le dernier, mais non le moindre.


L’Euro permet de faire jouer à plein la concurrence entre les travailleurs des pays inclus dans le système de la monnaie unique, avec les conséquences néfastes que l’on connaît et qui ont été remarquées d’emblée dans le domaine de…la finance[7] ! Le Système monétaire européen en effet ne satisfaisait nullement l’Allemagne. Il laissait trop de possibilités aux autres pays de rééquilibrer leur position par des dévaluations successives. Il fallait, pour les dirigeants allemands, sécuriser l’accès des produits de leur industrie aux marchés de leurs voisins. Mais, d’un autre côté, il fallait aussi pour l’Allemagne éviter à tout prix la solution de l’union de transfert. Les gouvernants allemands percevaient clairement dès cette époque que toute union budgétaire, ne serait-ce que partielle, conduirait leur pays à devoir subventionner les autres pays membres.

 

C’est pourquoi l’acte fondateur de la monnaie unique insiste-t-il sur la notion de la responsabilité budgétaire individuelle de chaque pays. Pour les dirigeants allemands il ne pouvait donc être question d’une union de transfert et il faut comprendre pourquoi. L’effondrement de la démographie allemande impliquait que ce pays ne renouvellerait plus ses générations. Le taux de fécondité[8], qui était encore de 2,03 à l’orée des années 1970, était tombé en 1990 à 1,45[9]. Le versement des retraites futures allait donc, et de plus en plus, dépendre de la richesse accumulée et capitalisée. Ceci avait deux conséquences importantes. Tout d’abord, il fallait à tout prix éviter tout prélèvement extérieur sur la richesse nationale. La thésaurisation de cette dernière devait servir à payer les retraites futures des Allemands. L’Euro garantissait à la fois un libre accès à l’industrie allemande aux marchés des pays membre de l’Union monétaire, mais elle pérennisait aussi les institutions de la financiarisation, dont on perçoit mieux désormais les effets profondément pervers[10].Par ailleurs, il faut toujours se souvenir que l’idée de l’Euro est née dans la logique néo-classique d’une parfaite circulation des capitaux, ce qui est la base même de la financiarisation. Sous sa forme moderne, elle fut lancée par Robert Mundell en 1961[11]. Elle partait du constat théorique qu’une économie, en régime de libre-échange et de libéralisation des capitaux, ne pouvait plus avoir de politique monétaire indépendante si l’on était en présence d’une mobilité parfaite – ou quasi parfaite – des capitaux[12]. C’est donc l’argument de l’inanité d’une politique monétaire nationale qui fut utilisé, tant auprès de l’opinion que dans les cercles gouvernementaux, pour faire accepter la monnaie unique. En effet, renoncer à quelque chose dont on n’a plus les moyens ne coûte guère, du moins en apparence. Un article publié il y a dix ans de cela dans une revue d’histoire de la pensée économique révèle bien que la liberté de mouvements des capitaux constitue une hypothèse absolument centrale et, en réalité, fondatrice aux travaux de Mundell et à ceux qu’il a inspirés[13] En fait, on constate qu’il y a une dimension pathologique, une dimension que l’on peut considérer comme folle dans ce projet. J’ai, dans un texte récemment posté sur mon « carnet » RussEurope, insisté sur le lien qu’il y avait entre le refus de prise en compte de l’hétérogénéité et le refus de la souveraineté, y compris monétaire[14]. On retrouve ce raisonnement à chaque fois que l’on est confronté à la théorie néoclassique et à ses fantasmes glaçants d’homogénéité des agents et des situations[15], de négation du temps et d’absence de la monnaie[16]. Parce que l’on croit détenir un savoir d’une essence supérieure, on veut à tout prix que la réalité s’y conforme. Telle est d’ailleurs la base de la dérive totalitaire de nombreux économistes[17].

 

Ajoutons ici le fait que les rythmes d’inflation dans les États membres sont restés fortement divergents. Une étude des dynamiques de l’inflation réalisée dans les pays de la zone euro revêt ici une importance particulière[18]. Le travail de Christian Conrad et Menelaos Karanasos démontre qu’il n’y a pas de dynamique unique de l’inflation au sein des pays de la zone euro[19].

 

À contrario, si les capitaux ne sont plus libres de se déplacer, ils sont obligés de se soumettre aux taux d’intérêt du pays dont ils sont issus. Une politique monétaire nationale, une fois délivrée de la pression des marchés financiers, retrouve son efficacité et peut avoir sa cohérence avec une politique économique. L’introduction de contrôles des capitaux est aussi une condition nécessaire à la limitation des risques de crise financière[20]. Mais, nous savons bien qu’il sera impossible d’arriver à un accord sur ce point avec les 17 autres pays de la zone Euro. C’est aussi un argument important en faveur d’une sortie de l’Euro.

 

En fait, la monnaie est une construction sociale[21]. Mais, comme toute institution, elle ne peut se concevoir isolément, en dehors des effets et de l’existence d’autres institutions dont la présence assure sa stabilité. Mais, si vous changez les conditions de fonctionnement de la monnaie, si vous modifiez de manière importante cette institution – ce qui sera la cas quand nous passerons de la monnaie unique à nos monnaies nationales – cela entraînera nécessairement le besoin de modifier les autres institutions.

 

Une sortie de l’Euro aurait bien des avantages, et vous le savez pertinemment. Bien entendu, elle ne réglerait pas tous les problèmes, et je n’ai jamais prétendu qu’elle serait une panacée. Mais, une sortie de l’Euro est la condition nécessaire pour que se mette en œuvre une autre politique, et en particulier pour pouvoir reconstruire un rapport de force plus favorable aux salariés. C’est ce qui fait la différence entre condition nécessaire et condition suffisante. Cela imposerait aussi de revenir à un système de réglementation strict des mouvements de capitaux, ce que le FMI désormais admet[22]. Faute d’avoir compris cela, vous n’avez rien compris.

 

Une responsabilité Historique.

Cette incompréhension des problèmes me semble hélas massive chez vous. Mais, vos propos ne sont pas ceux d’un simple collègue, d’un économiste ordinaire. Vous avez des responsabilités au Parti de Gauche et il me faut donc considérer votre texte comme une prise de position officielle. En persistant à vouloir ménager le chèvre et le chou, en vous refusant d’assumer l’attaque contre l’Euro en tant que clef de voûte du système actuel, non seulement vous contribuez à répandre la confusion et le désespoir autour de vous, mais vous vous constituez de fait en soutien à ceux qui sont bien déterminés à défendre ce système à tout prix. De fait, c’est à cause de vos positions que le Front National continue de monter dans l’opinion.

 

Cher Guillaume Etiévant, une porte doit être ouverte ou fermée. Sinon, on se fait coincer les doigts dans la charnière et l’on se prend le battant sur le nez. Demandez-vous quelle est la cause de la stagnation du Parti de Gauche et du Front de Gauche, en dépit d’une situation qui devrait hélas vous avantager. Je lis donc votre texte comme une preuve que vous vous débattez toujours avec vos ambiguïtés et que celles-ci risquent de peser de manière considérable sur les résultats aux élections européennes. Je vous le dis en amitié et en toute franchise : si vous deviez vous attarder trop longtemps sur ces positions erronées je me verrai obligé de considérer que le Front de Gauche et le Parti de Gauche auraient rejoint le camp des eurolatres. Il est grand temps, il est plus que temps, que vous précisiez votre position et que vous affirmiez que la sortie de l’Euro est, en raison de la place centrale de la monnaie unique dans le système néo-libéral et financiarisé, un objectif central à la construction de toute politique alternative.

Mise en ligne CV : 1er mai 2014


(0) ATTAC/Fondation Copernic, éditions les liens qui libèrent, avril 2014

[1] Etiévant G., L’euro : on peut s’en sortir !, URL :
http://guillaumeetievant.com/2014/04/27/leuro-on-peut-sen-sortir/

[2] Lordon F., La Malfaçon, Paris, Les Liens qui libèrent, 2014.

[3] J’ai consacré moi aussi des développements importants sur ce point dans Sapir J., Faut-il Sortir de l’Euro ?, Paris, Le Seuil, 2012.

[4] P. Arestis et S. Basu, “Financial Globalization and Regulation”, The Levy Institute of Bard College, Working Paper n° 397, Annandale on Hudson, NY, Decembre 2003

[5] Lordon F., La Malfaçon, op.cit..

[6] Par exemple Bibow J., « Global Imbalances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This » in J. Bibow, A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy : Global Player or Global Drag ?, New York, Palgrave Macmillan, 2007

[7] Scalera C et A. Zazzaro, « The Unpleasant Effects of Price Deregulation in the European Third-Party Motor Insurance Market : A Theoretical Framework », The B. E. Journal of Economic Analysis & Policy, vol. 7, 2007, disponible sur le site Bepress.com www.bepress.com/bejeap/vol7/iss1/art50

[8] Qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer.

[9] J. Schmidt, « Die Verschiesbung der Bevölkerungsstruktur in der Bundesrepublik und ihre Folgen », in R. Hettlage (dir), Die Bundesrepublik. Eine historische Bilanz, Munich, C. H. Beck, 1990, p. 35-58. Ce qui est très insuffisant pour assurer le renouvellement des générations.

[10] Rodrik D., « Why Did Financial Globalization Disappoint ? » (avec A. Subramanian), IMF Staff Papers, vol. 56, n° 1, mars 2009, p. 112-138. G. L. Kaminsky, C. M. Reinhardt, C. A. Vegh, « When it Rains, it Pours : Procyclical Capital Flows and Macoreconomic Policies », IMF Discussion Paper, Washington (D. C.), FMI, août 2004.

[11] R. A. Mundell, « A Theory of Optimum Currency Area », American Economic Review, vol. 51, n° 3, 1961, p. 657-665.

[12] C’est un des résultats du modèle de Mundell-Fleming. Voir R. A. Mundell, International Economics, Londres, Macmillan, 1968, chap. 16-17 ; et J. Frenkel et A. Razin, « The Mundell-Fleming Model a Quarter of Century Later », IMF Staff Paper, vol. 34, n° 4, décembre 1987, p. 567-620.

[13] W. Young et W. Darity Jr., « IS-LM-BP : An Inquest », History of Political Economy, vol. 36, suppl. 1, 2004, p. 127-164.

[14] Sapir J., « Nature politique de la souveraineté », texte posté le 24 avril 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2216

[15] J. Sapir, K Ekonomitcheskoj teorii neodnorodnyh sistem – opyt issledovanija decentralizovannoj ekonomiki [Théorie économique des systèmes hétérogènes – Essai sur l’étude des économies décentralisées], trad. fr. E. V. Vinogradova et A. A. Katchanov, Moscou, Presses du Haut Collège d’Économie, 2001.

[16] J. Sapir, Les Trous noirs de la science économique. Essai sur l’impossibilité de penser le temps et l’argent, Paris, Albin Michel, 2000.

[17] Sur les relations plus que conflictuelles entre les économistes néoclassiques ou « orthodoxes » et la démocratie, J. Sapir, Les Économistes contre la démocratie. Les économistes et la politique économique entre pouvoir, mondialisation et démocratie, Paris, Albin Michel, 2002, et « L’économie est-elle une anti-politique ? », Cahiers d’économie politique, n° 47, automne 2004, p. 111-126.

[18] C. Conrad, M. Karanasos, « Dual Long Memory in Inflation Dynamics across Countries of the Euro Area and the Link Between Inflation, Uncertainty and Macroeconomic Performance », Studies in Nonlinear Dynamics & Econometrics, vol. 9, n° 4, novembre 2005, publié par The Berkeley Electronic Press et disponible sur le site Bepress.com (www.bepress.com/snde).

[19] Car l’inflation n’est que secondairement monétaire : Voir J. Sapir, « Articulation entre inflation monétaire et inflation naturelle : un modèle hétérodoxe bi-sectoriel », texte présenté au séminaire franco-russe, Stavropol, octobre 2006 ; « Kakim dolzhen byt’ uroven’ infljacii ? (O znatchenii davnykh diskuccij dlja opredelenija segodnjachej strategii razvitija Rossii) [Quel niveau pour l’inflation] », Problemy Prognozirovanija, n° 3, 2006, p. 11-22

[20] Gallegati M, B. Greenwald, M. G. Richiardi, J. E. Stiglitz, « The Asymmetric Effect of Diffusion Processes : Risk Sharing ad Contagion », Global Economy Journal, vol. 8, n° 3, 2008, disponible sur le site Bepress.com (www.bepress.com/gej/vol8/iss3/2 ).

[21] Deutschmann C., “Money as a Social Construction : on the Actuality of Marx and Simmel”, Thesis Eleven, n°47, novembre 1996, pp. 1-20.

[22] Ostry J. et al., « Capital Inflows : The Role of Controls », International Monetary Fund Staff Position Note, Washington (D. C.), FMI, 2010

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 16:50

Source:http://www.les-crises.fr/traduction-exclusive-washington-cherche-la-mise-a-mort-de-la-russie-par-paul-craig-roberts/

 

 

Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981-1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics. Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Sa vision décape…Olivier Berruyer

 

[Traduction exclusive] Washington cherche la mise à mort de la Russie, par Paul Craig Roberts

 

Washington n’a pas l’intention de faire en sorte que la crise en Ukraine puisse être résolue. N’ayant pas réussi à s’emparer du pays et expulser la Russie de sa base navale de la mer Noire, Washington voit dans cette crise de nouvelles opportunités.

 

L’une d’elles consiste à redémarrer la guerre froide en forçant le gouvernement russe à occuper les zones russophones en Ukraine, où les manifestants s’opposent aux marionnettes du gouvernement anti-russe installé à Kiev par le coup d’Etat américain. Ces régions de l’Ukraine sont d’anciennes parties de la Russie elle-même. Elles étaient rattachées à l’Ukraine par les dirigeants soviétiques au 20ème siècle, quand l’Ukraine et la Russie faisaient partie du même pays, l’URSS.

 

Les manifestants ont essentiellement mis en place des gouvernements indépendants dans les villes. La police et les unités militaires envoyées pour réprimer les manifestants, appelés « terroristes » à la mode américaine, ont, pour la plupart, fait jusqu’à présent défection et ont rejoint les manifestants.

 

Avec leur incompétence Obamaïesque, la Maison Blanche le Département d’Etat ont raté la reprise de l’Ukraine par Washington, ainsi Washington a tout mis en œuvre pour en rejeter la responsabilité sur la Russie. Selon Washington et ses presstitués de médias [de l’argot presstitute], les manifestations sont orchestrées par le gouvernement russe et n’ont aucune réelle légitimité. Si la Russie envoie ses troupes pour protéger les citoyens russes dans ses anciens territoires, cette action sera utilisée par Washington pour confirmer sa propagande d’une invasion russe (comme dans le cas de la Géorgie), et la Russie sera encore diabolisée.

 

Le gouvernement russe est dans une situation difficile. Moscou ne veut pas assumer la responsabilité financière de ces territoires, mais ne peut pas non plus rester à l’écart et laisser les Russes être mis à terre par la force. Le gouvernement russe a tenté de garder l’Ukraine intacte, en s’appuyant sur les élections à venir en Ukraine pour laisser émerger des dirigeants plus réalistes que les « vendus » installés par Washington.

 

Néanmoins, Washington ne veut pas d’une élection qui pourrait remplacer ses pantins et qui amènerait à une coopération avec la Russie pour résoudre la situation. Il y a de bonnes chances que Washington dise à ses laquais à Kiev de déclarer que la crise provoquée en Ukraine par la Russie empêche la tenue de cette élection. Les marionnettes de l’OTAN vendues à Washington soutiendraient bien sûr cette déclaration.

 

Il est presque certain que, malgré ses espoirs, le gouvernement russe soit confronté à la poursuite de la crise [diplomatique] autant qu’au gouvernement fantoche de Washington installé en Ukraine.

 

Le 1er mai, l’ancien ambassadeur de Washington en Russie, désormais « commandant en second » [NdT : en fait secrétaire général adjoint] de l’OTAN mais en fait l’individu qui, étant américain, décide des frappes, a déclaré que la Russie n’était désormais plus un partenaire mais un ennemi. L’Américain, Alexander Vershbow, a déclaré aux journalistes que l’OTAN renonçait à « se rapprocher de Moscou » et qu’elle allait bientôt déployer un grand nombre de forces de combat en Europe de l’Est. Vershbow a appelé cette politique agressive de déploiement les “éléments défensifs de la région“.

 

En d’autres termes, nous sommes encore confrontés au mensonge que le gouvernement russe va oublier tous ses problèmes en Ukraine et lancer des attaques sur la Pologne, les pays Baltes, la Roumanie la Moldavie, ainsi que sur les régions d’Asie centrale de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Le pipeauteur Vershbow veut moderniser les forces armées de ces états fantoches à la botte des américains et « saisir l’occasion de prendre en compte la réalité du terrain en acceptant l’adhésion des pays candidats à l’OTAN ».

 

Ce que Vershbow a dit au gouvernement russe est qu’il doit compter sur la bonne volonté et le caractère raisonnable de l’Ouest pendant que nous mettons en place des forces militaires suffisantes pour empêcher la Russie de venir en aide à ses citoyens opprimés en Ukraine. Notre diabolisation de la Russie fonctionne bien. Elle vous a fait hésiter à agir lors de la courte période où vous pouviez nous devancer et saisir vos anciens territoires. En attendant vous nous donnez le temps de masser des forces à vos frontières ; de la mer Baltique à l’Asie centrale. Cela va vous distraire et vous éloigner de l’Ukraine.

 

L’oppression que nous allons infliger aux Russes d’Ukraine va vous discréditer, et les ONG que nous finançons en Fédération de Russie feront appel aux sentiments nationalistes pour renverser votre gouvernement que ne sera ainsi pas venu à l’aide des Russes et n’aura pas protégé les intérêts stratégiques de la Russie.

 

Washington se lèche les babines, y voyant une occasion de convertir la Russie en Etat fantoche.

 

Poutine va-t-il rester assis tranquillement avec ses espoirs tout en attendant la bonne volonté de l’Occident afin de trouver une solution alors que Washington tente d’organiser sa chute ?

 

Le moment de vérité approche ; la Russie devra soit à agir pour mettre fin à la crise, soit accepter l’enlisement actuel et les distractions dans son arrière-cour. Kiev a lancé des frappes aériennes sur les protestataires à Slavyansk. Le 2 mai le porte-parole du gouvernement russe Dmitri Peskov a déclaré que l’utilisation de la violence par Kiev avait détruit l’espoir de désescalade suite à l’accord de Genève. Pourtant, le porte-parole du gouvernement russe a de nouveau exprimé l’espoir du gouvernement russe que les gouvernements européens et Washington allaient faire en sorte d’interrompre les frappes militaires et mettre la pression du gouvernement de Kiev pour satisfaire les manifestants de manière à maintenir l’unité Ukrainienne et rétablir des relations amicales avec la Russie.

 

C’est un faux espoir. Il suppose que la doctrine Wolfowitz [1] n’est que des mots, mais ce n’est pas le cas. La doctrine Wolfowitz est la base de la politique américaine envers la Russie (et la Chine). La doctrine stipule que tout pouvoir assez fort pour rester indépendant de l’influence de Washington doit être considéré comme « hostile » :

 

« Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui constituerai une menace sur l’ordre [des relations internationales] équivalente à celle posée auparavant par l’Union soviétique. C’est une considération [dominante] sous-jacente à la nouvelle stratégie de défense régionale et qui demande que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région dont les ressources pourraient, sous contrôle consolidé, être suffisantes pour produire l’énergie mondiale. »

 

La doctrine Wolfowitz fournit la justification de la domination de Washington sur toutes les régions. C’est cohérent avec l’idéologie néoconservatrice des Etats-Unis comme étant le pays « indispensable » et « exceptionnel » donnant droit à l’hégémonie mondiale.

 

La Russie et la Chine sont sur le chemin de l’hégémonie mondiale des États-Unis. Sauf si la doctrine Wolfowitz est abandonnée, la guerre nucléaire en sera la conséquence probable.

Paul Craig Roberts (http://www.paulcraigroberts.org/2014/05/02/washington-intends-russias-demise-paul-craig-roberts/)

[1] La doctrine Wolfowitz est la description d’une stratégie globale américaine qui devait rester confidentielle mais qui a été dévoilée dans le New York Times le 8 Mars 1992
(http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/us-strategy-plan-calls-for-insuring-no-rivals-develop.html).

Elle repose sur les 6 piliers suivants :

1.maintien des USA comme seule superpuissance dans le monde (et visant à saboter toute émergence d’une superpuissance concurrente, Russie ou autre)
2.établissement du leadership des USA dans l’ordre des relations internationales
3.défense des interventions unilatérales ; minimiser le rôle des coalitions internationales
4.institution des interventions [entre autres militaires] préventives
5.prise en compte du danger causé par un potentiel renouveau de la Russie [du point de vue militaire]
6.défense des intérêts occidentaux pour la mainmise sur les ressources pétrolières du Moyen-Orient et de l’Asie du sud-ouest [péninsule arabique]

 

 

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